mardi 15 novembre 2016

Issam, le musulman qui sert la messe du Pape

Issam, le musulman qui sert la messe du Pape 


Vatican (AsiaNews) -. "Si les Pontifes prient dans les mosquées, pourquoi ne devrais-je pas le faire au Vatican? Je suis toujours musulman, mais ensemble, nous pouvons prier les uns pour les autres, pour la paix dans le monde et ce dimanche je l'ai fait ".

A la messe pour le Jubilé des prisonniers, dimanche dans la basilique Saint-Pierre, le pape François a été assisté par Issam, le premier musulman à porter les vêtements liturgiques.Il a aidé le pape à porter les vêtements pour la célébration solennelle,est entré en procession et a pris sa place au pied de l'autel. Et il l'a fait avec une grande naturalité.

"Je crois au dialogue et au respect. J'ai demandé au Saint-Père de prier pour moi, pour ma famille, pour nous les détenus. Il m'a demandé la même chose. "

Issam a donc été chargé de laver les mains du pape François.

Il n'est pas inutile de rappeler la doctrine de l'Eglise sur la question de la participation des acatholiques au culte catholique. Voici ce qu 'enseignent le RP Merkelbach et deux grands canonistes de référence (le Chanoine Naz et le RP Claeys Bouuaert ) :

Pour ce qui est de donner les sacrements aux non-catholiques, citons encore le père Merkelbach :
« les infidèles et les hérétiques peuvent assister passivement non seulement à la prédication de la parole de Dieu mais aussi aux autres offices, ne peuvent pas cependant y participer activement, parce que cela serait considéré, à raison, comme un signe d’unité religieuse» (ibidem, n° 753).

Le chanoine Naz, à son tour, motive de la façon suivante ce qui est prescrit par le canon 731 § 2 : « Les sacrements sont en effet le bien propre de l’Église catholique, la seule qui ait été instituée par Jésus-Christ, l’auteur des sacrements. Il est dans l’ordre qu’elle n’admette pas à participer à ses biens ceux qui n’admettent pas la divinité de son origine et de sa mission. » (Naz, vol. VII. Col. 819).

Le canoniste Claeys Bouuaert (Manualis juris canonici, t. II De Sacramentis) unit les deux motifs et explique : « les hétérodoxes formels et en mauvaise foi doivent être exclus des sacrements en tant qu’indignes ; les hétérodoxes matériels, ce qui veut dire ceux qui errent en bonne foi, sont à exclure puisque c’est pour ses fidèles que le Christ a confié l’administration des sacrements à Son  Église, comme bénéfice et signe de communion. » (n° 11). 

Cette intransigeance pastorale qui a été remise en cause par Vatican II n'est pas seulement une question de pure discipline ou de circonstance. Elle repose sur la Foi et le dangers moraux qui lèsent l'unité de l'Eglise et cause un grave danger de scandale,d’erreur dans la foi et d’indifférentisme.

Ces règles rejoignent ainsi ce qu'enseignaient les Apôtres  au sujet des acatholiques

« Évite un homme hérétique, après une première et une seconde admonition ; sachant qu’un tel homme est perverti, et qu’il pèche. » (Tite III, 10-11) ;

« Détournez-vous d’eux. » (Rom. XVI, 17) ;

« Si quelqu’un vient à vous et n’apporte point cette doctrine, ne le recevez pas dans votre maison,  ne lui dites pas salut. Car celui qui lui dit salut communique à ses œuvres mauvaises. » (II Jean,
10-11).