mardi 18 juillet 2017

Les ASC invitent les jeunes gens de 17 à 25 ans pour un camp en Tyrol

Vous avez entre 17 et 25 ans ? Vous connaissez des jeunes qui veulent passer un été intelligent et spirituel ? Vous désirez changer d'air cet été ? Vous n'avez pas envie de gâcher vos vacances à ne rien faire ?

Nous vous proposons ce séjour en Tyrol avec des marches, de l' amitié vraie et saine, des découvertes locales sans oublier l'aventure et la bonne humeur. 

Les ASC, qui ont désormais plusieurs années d'expérience et la présence d'une aumônerie , vous proposent ce séjour itinérant du 30 juillet au 21 août.

Si vous désirez plus de renseignements sur ce séjour, n'hésitez pas à contacter notre secrétariat au 06 01 79 36 80 ou ajca@laposte.net qui répondra à toutes vos questions (santé nécessaire, organisation, itinéraire etc ..)

Ne laissez pas passer cette occasion de passer de bonnes vacances !


téléchargement du tract : ici

Belle journée de la Fidélité Catholique à La Villeneuve

Belle journée à La Villeneuve en ce lundi 17 juillet : un jeune postulant de la communauté du prieuré du Christ-Roi recevait l'habit des mains de Mgr Williamson à l'occasion d'une Messe pontificale et portera désormais le nom de Fr. Joseph-Athanase. Le Fr. Marcel de la Croix reçut quant à lui les premiers ordres mineurs des mains du même pontife. La journée s'est prolongée par un grand buffet et tous purent apprécier l'accueil de M. l'abbé Pivert.
Fidèles aux traditions, les fidèles ont pu écouter les allocutions de Mgr Williamson et de l'abbé Pivert à l'ombre du grand cèdre (cf photo)
Le séminaire St Louis-Marie Grignion était aussi présent à travers M. l'abbé Salenave et trois séminaristes pour aider au chant et à la cérémonie.






dimanche 16 juillet 2017

L’erreur de Menzingen – II

Kyrie eleison DXXII (15 juillet 2017)

L’Église est en crise, et Rome n’en croit rien

Et Menzingen ? Piégé, il croit que tout va bien !


Une lettre du 13 juin, émanant du siège de la Fraternité Saint-Pie X à Menzingen en Suisse, est censée « faire le point sur les mariages » en tenant compte de la proposition romaine, en date du 4 avril qui vise simplement à faciliter l’enregistrement des mariages de la Fraternité dans la structure conciliaire. Cette lettre n’est pas sans poser un sérieux problème qui dépasse largement tel ou tel détail, tel ou tel argument. Le problème réside en fait dans la mentalité strictement conciliaire des ecclésiastiques auteurs de la proposition.

Nous ne sommes pas seul à penser ainsi : Lors des « discussions théologiques » de 2009 à 2011, trois théologiens de la Fraternité, sous la conduite de Mgr de Galarreta, ont dû affronter quatre « théologiens » romains. Selon le mot inoubliable d’un des trois théologiens, les quatre Romains étaient des « malades mentaux », mais « ayant l’autorité ». Objectivement, cette maladie mentale des Romains est tellement grave que beaucoup de catholiques fidèles sont tentés de penser que ces prélats ont perdu toute autorité dans l’Église. Mais, hélas, ces ecclésiastiques font encore illusion ! si bien que, grâce à « l’obéissance », ils peuvent objectivement continuer à détruire l’Église, quoiqu’il en soit de leurs intentions dont Dieu seul reste juge.

Ainsi, dans une première partie, la lettre de Menzingen sur les mariages (cf. les « Commentaires » de la semaine dernière) affirme que la proposition de Rome du 4 avril, vise simplement à ramener les mariages de la Fraternité à l’usage antique et raisonnable de l’Église pratiqué depuis le Concile de Trente. Oui, certes ! Mais cette législation raisonnable, que vaudra-t-elle, dès lors que ce sont des « malades mentaux » qui devront en faire usage ? Un axiome scolastique profond énonce que : « Tout ce qui est reçu, est reçu selon le mode de celui qui reçoit ». Une saine tradition, confiée aux mains d’ecclésiastiques (objectivement) insensés, pourra devenir insensée. Par exemple, dans la troisième partie de la lettre, Menzingen affirme que les mariages célébrés dans la Fraternité une fois reconnus par l’Église, ne feront plus de doute pour personne. « Plus de doute », dites-vous ? Alors que les responsables de l’Église d’aujourd’hui en sont à transformer pratiquement les annulations officielles en « divorces catholiques » ?

La deuxième partie de la lettre se propose de réfuter une liste de huit objections importantes qu’on peut faire à la proposition romaine. La plupart de ces objections disent, en substance, que l’acceptation de la proposition de Rome, dans le contexte actuel, équivaudrait à épouser la trahison conciliaire de la Foi en acceptant la théorie et la pratique conciliaires du mariage (1,2) ; en admettant la condamnation conciliaire des mariages célébrés précédemment dans la FSSPX (3) ; en approuvant le nouveau Code de Droit Canonique (8) ; et ainsi de suite. Ces objections sont fondées sur le contexte actuel des mariages. Menzingen répond : abstraction faite du contexte, la proposition romaine, « en soi », revient simplement à mettre à la disposition des couples de la Fraternité une manière supplémentaire de se marier tout en restant en harmonie avec l’Église officielle. Bien sûr, Menzingen, bien sûr, mais comment, dans la vie réelle, un mariage peut-il jamais être célébré en dehors de tout contexte ? Et comment, aujourd’hui, le contexte officiel de l’Église pourrait-il être autre que conciliaire ?

La cinquième objection peut servir d’exemple typique illustrant le raisonnement des bisounours de Menzingen, lorsqu’ils séparent l’inséparable. Ainsi, à l’objection dont le sens est que l’assouplissement de la reconnaissance des mariages de la Fraternité par Rome n’est qu’un fromage masquant le piège de la Prélature personnelle, Menzingen répond que le fromage, “en soi”, n’est jamais qu’un fromage ! Menzingen reconnaît même que Rome mentionne qu’il s’agit d’un pas en avant vers la « régularisation institutionnelle » éventuelle de la Fraternité ; c’est admettre que le fromage, objectivement, fait ici partie intégrante d’un piège. Mais à cela, Menzingen répond que s’il fallait éviter tous les pièges, la Fraternité devrait couper court avec tous les responsables romains, ce que Mgr Lefebvre, en 1975, a déclaré ne pas vouloir faire.

Bien sûr, Menzingen, bien sûr ! Mais 1975, c’était avant les13 années de contacts et de négociations supplémentaires avec les Romains qui finirent par convaincre Mgr Lefebvre que Rome n’avait point l’intention de s’occuper de la Tradition. C’est alors, et alors seulement, qu’il a consacré quatre évêques pour maintenir la Tradition (comme ils l’ont fait jusqu’en 2012). De plus, Mgr Lefebvre n’a jamais refusé tout contact futur avec les Romains. Il a seulement déclaré que dorénavant la doctrine devrait primer la diplomatie, de sorte que les contacts ne pourraient reprendre que lorsque les Romains renoueraient avec les grandes condamnations pontificales du libéralisme et du modernisme. Or, depuis 1988, qu’en est-il ? Menzingen prétend que Rome a changé pour le mieux, de sorte que les pièges ne sont plus des pièges ! Menzingen, attention ! Voilà que vous avez attrapé la « maladie mentale » des Romains, qui nient que la crise de l’Église soit une crise !

Kyrie eleison.

samedi 15 juillet 2017

Nouvelles du séminaire Saint Louis-Marie Grignion de Montfort

Que devient le séminaire Saint Louis-Marie Grignion ?

Les dernières nouvelles sont encourageantes à de nombreux points de vue : alors que la perspective de l'acquisition d'un grand bâtiment est encore une fois reportée, la direction s'inquiétait sur la manière d'accueillir les 7 nouveaux séminaristes s'ajoutant aux 10 déjà installés. L'expérience des bungalows ayant échoué à cause d'une mairie tatillonne, le séminaire a pu trouver une petite annexe à deux pas de la maison pour finir l'année scolaire 2017. 

Mais cela ne résolvait pas la question de la rentrée d'octobre 2017. Là encore la Providence s'est manifestée de façon inattendue et originale : des bienfaiteurs ont mis à sa disposition (pour un an) une maison à deux pas du couvent. L'idéal pour les séminaristes. Cette maison n'a pour le moment que 4 chambres; l'été sera donc consacré à l'aménagement d'urgence de 3 chambres supplémentaires avec des salles d'eau correspondantes (avis aux bonnes volontés qui désirent apporter un peu de leur temps et compétence ) afin d'accueillir les arrivants en octobre.

L'inconvénient de cette situation sera la division du séminaire  en deux parties mais cet inconvénient sera compensé par la présence d'un prêtre supplémentaire (abbé Trincado) si bien qu'on peut presque dire, de façon humoristique, qu'il y aura deux séminaires à Avrillé !  

Les séminaristes qui arrivent d'un pays non francophone ne sont pas oubliés : ils suivent des sessions intensives de français avant la rentrée et tout au long de l'année pour pouvoir suivre les cours.
Au final, le séminaire va donc entamer sa 3ème année d'existence et, malgré les hordes rugissantes de l'enfer déchaîné dans le monde et dans l’Église, cette petite œuvre poursuit donc sa croissance.
Prions pour les vocations et les séminaristes.

vendredi 14 juillet 2017

"Tels que nous sommes" par M. l'abbé Bouchacourt

Source : le forum de la résistance catholique francophone

Les images valent souvent mieux que de longs discours :
 





Le Pape François fait participer 11 personnages d'une autre religion en tant qu'il est oecuméniste, et il fait participer Mgr Schneider et Mgr Fellay (*) en tant qu'il est pape. En raison de ses réserves sur Vatican II, Mgr Fellay a préféré rester en arrière-plan.
 
 (*) montage photo d'après la réunion du 2 décembre 2014

mercredi 12 juillet 2017

Tension maximale chez les prêtres de la FSSPX : les dessous de l’affaire des mariages

Christian Lassale (pseudonyme) nous révèle un fait incroyable : la maison générale de la fsspx continue son coup de force pour imposer les mariages selon la forme conciliaire dans le cadre de la fsspx en court-circuitant les prêtres des prieurés. Désormais la résistance interne se trouve devant une impasse totale (cf image) et chaque prêtre qui fera un mariage sans que le chargé des affaires canoniques ne soit passé par l'ordinaire du lieu (évêque diocésain moderniste) sera dans l'illégalité vis-à-vis des supérieurs de la fsspx. Preuve, une fois de plus, que la subversion dans la fsspx poursuit son chemin et qu'à moins de désobéir ou de quitter la fsspx, il n'est plus possible à un prêtre de la fsspx de rester un digne fils de Mgr Lefebvre. Le lecteur pourra donc déplorer la conclusion de C Lassale qui, face à un constat très réaliste de la situation au sein de la fsspx, n'envisage qu'une seule alternative : attendre 2018 et un hypothétique (impossible) revirement de la situation. En attendant la réalisation de ce rêve qui dispense des vraies décisions crucifiantes, les prêtres marieront et confesseront (et seront ordonnés) dans le cadre conciliaire. 


L’affaire des mariages au sein de la FSSPX est révélatrice d’une problématique bien plus profonde : la divergence toujours plus grande entre la tête et le corps de la FSSPX. En cause, un changement d’attitude de la Maison Générale de la FSSPX, qu’une grande partie de sa base n’entend pas assumer. L’affaire des mariages y a trouvé sa première application réelle, d’où l’opposition massive qu’elle a rencontrée de la part des doyens et de l’ensemble des supérieurs des communautés religieuses traditionnelles.

La tension est donc forte dans la FSSPX. Alors que la Maison Générale, s’octroyant un droit qu’elle semble ne pas avoir[1], impose la délégation de l’Ordinaire pour chaque mariage à célébrer, la majorité des prêtres s’y oppose et refuse de demander une telle délégation. Devant ce refus massif, la Maison Générale a imposé que les districts passent par-dessus leurs prêtres. En France, c’est donc M. l’abbé André qui a désormais la charge de faire la demande de délégation pour chacun des mariages à célébrer.

Retour sur les enjeux de la célébration du mariage


Ce « passage en force » entend occulter la véritable problématique posée par cette demande de délégation à l’Ordinaire, alors que la crise de l’Église va toujours grandissante. L’un des prêtres l’a pourtant fort bien expliquée dans une lettre adressée à ses fidèles, afin d’expliquer pourquoi il ne pouvait en conscience obéir à la demande de ses supérieurs :

« De nos jours, l’assaut principal des enfers contre la pauvre humanité porte sur le mariage. Nul ne peut ignorer cette attaque car la famille est la cellule de base de la société. Tous ont le devoir de défendre l’union matrimoniale dans sa nature, sa fin et ses propriétés. En outre les baptisés qui confessent le caractère sacramentel du mariage chrétien doivent protéger la profession de foi que comporte tout consentement matrimonial. Les futurs époux qui seront les ministres de ce sacrement (un prêtre ne « marie » pas) n’ont pas le droit de le célébrer d’une manière équivoque. Les prêtres ont le devoir de le leur rappeler et de les aider à se protéger des roueries du clergé moderniste.

Le 4 avril 2017, le cardinal Müller faisait part de l’autorisation accordée par le Saint-Père aux évêques du monde entier de déléguer un prêtre diocésain pour bénir le mariage des fidèles de la Fraternité, ou, en cas d’impossibilité, de concéder aux prêtres de la Fraternité les facultés nécessaires. Il a alors été annoncé que cette décision du Saint-Père allait changer notre pratique actuelle. Vous le savez, celle-ci consiste à presser les fidèles de profiter des dispositions du canon 1098. Celui-ci leur permet de se marier sans avoir recours au clergé conciliaire en raison du grave dommage pour la foi que cela comporte. Il allait falloir dorénavant se tourner vers les évêques et agir en fonction de leurs réponses. Certains prêtres proposent une coopération minimale à cette nouvelle pratique en se contentant de s’informer auprès des évêques (sans en parler aux fidèles…) de ce qu’ils pensent faire dans la ligne ou dans le cadre de la lettre du cardinal Müller.

Or c’est là que se pose un vrai problème de conscience. Est-il permis de s’aligner ou d’entrer dans ce cadre ? Il suffit d’envisager les différentes réponses possibles — réponses que l’on aura soi- même provoquées — pour se rendre compte de l’immense difficulté.

La possibilité de faire intervenir par principe un prêtre moderniste lors d’une cérémonie de mariage est évidemment inenvisageable. Je ne pense pas devoir m’étendre sur ce cas de figure.

Maintenant si l’évêque veut envoyer un prêtre de son diocèse (ou venir lui-même), comment lui reprocher de faire exactement ce que le pape l’invite à faire ? Comment peut-on remercier profondément le pape de sa décision, écrire à l’évêque dans le cadre de cette décision, et puis refuser la réponse positive de l’évêque ? Comment peut-on louer une décision et voir un « grave inconvénient » quand elle est appliquée ? Il est par ailleurs impossible d’avoir recours à de faux arguments, comme par exemple de dire que c’est le couple qui refuse cette présence d’un prêtre conciliaire, ou que c’est la perplexité que cela engendrait chez nos fidèles qui nous obligerait à refuser la proposition de l’évêque. Le pasteur doit précéder les brebis. Les prêtres de la Fraternité ne s’abritent pas derrière la perplexité des fidèles mais ils l’éclairent.

Si l’évêque refuse toute délégation, comment peut-on dire alors que le recours au canon 1098 se trouverait renforcé alors que le grave inconvénient serait ravalé à une question personnelle ? Ce ne sont plus les futurs époux qui refusent d’avoir recours à une autorité dangereuse pour la foi, mais c’est tel évêque qui refuse à tel prêtre dans tel lieu à tel moment une délégation que celui-ci s’est cru obligé de demander. La logique de cette démarche ne permet même pas de voir là une injustice qui d’ailleurs n’a jamais été le problème fondamental.

Enfin si l’évêque donne la délégation sans aucune condition mais toujours dans le cadre de la lettre du cardinal Müller, comment le proclamer joyeusement sans provoquer des « débats de conscience chez les fidèles qui adhèrent à la Fraternité », et sans porter atteinte à tous les autres mariages qui ont été ou seront célébrés dans nos chapelles ? En entrant dans les dispositions pontificales, on admettrait que soient célébrés chez nous deux sortes de mariages et on établirait entre eux une hiérarchie injuste. Au lieu d’honorer les courageux fidèles qui ont recours au ministère des prêtres de la Tradition, on les regardera soit avec compassion parce qu’ils n’ont pas eu l’heur de trouver un évêque complaisant, soit avec hostilité parce qu’ils n’auront pas voulu entrer dans des dispositions explicitement établies pour parvenir à une illusoire « pleine communion ».

Enfin ce tampon conciliaire qui est censé « sécuriser » les mariages de nos fidèles n’est-il pas une invitation à se tourner vers les officialités diocésaines qui prononcent par milliers de vrais « divorces catholiques » au nom du code de 1983, révisé de façon encore plus laxiste par François ? Les pauvres époux qui sont prêts à mettre leur foi en danger, à violer leurs engagements matrimoniaux et à se livrer à l’adultère trouveront malheureusement toujours un prêtre pour les bénir, même dans le rite traditionnel. Est-il juste alors de fragiliser les convictions de tous les fidèles afin de rendre moins facile la trahison de quelques-uns[2] ? »

Le changement d’attitude de la Maison Générale

Nous le disions, cette forte tension découle d’un changement d’attitude des plus hautes autorités de la FSSPX face à la crise que traverse l’Église. Nous assistons de sa part à un triple repositionnement :

Relativisation de la nocivité du concile Vatican II
Silence sur les erreurs et scandales de l’Église conciliaire
Relativisation de l’état de nécessité
La relativisation de la nocivité du concile Vatican II

Cette relativisation, en cours depuis quelques années, n’est pas énoncée clairement, mais insinuée, distillée à travers discours, interviews ou lettres.

« Beaucoup de personnes comprennent mal le concile. Quand on regarde les choses de près, j’ai vraiment l’impression que peu de gens savent ce que le concile dit réellement sur la liberté religieuse. Le concile présente une liberté religieuse qui est en fait très, très limitée. » Mgr Fellay, début mai 2012, CNS interview with sspx Bp. Fellay, min.1.28 à 1.44

« Dans la Fraternité, on est en train de faire des erreurs du Concile des super hérésies, cela devient comme le mal absolu, pire que tout de la même manière que les libéraux ont dogmatisé ce concile pastoral. Les maux sont déjà suffisamment dramatiques pour qu’on ne les exagère pas davantage. » Réponse de Mgr Fellay à la lettre du 7 avril des trois évêques de la FSSPX – 14 avril 2012

Les exemples pourraient être multipliés. Ce qui y apparaît, c’est qu’en ces moments d’irénisme, le concile n’est vu que dans sa matérialité, indépendamment de son esprit libéral omniprésent et des plus dangereux, vu que le libéralisme, avec son succédané qu’est le modernisme, sont l’égout collecteur de toutes les hérésies. De telles interventions de la part des supérieurs ne vont pas sans créer des tensions au sein de la FSSPX. Vu que le combat antilibéral est inscrit dans les gènes mêmes de l’œuvre de Mgr Lefebvre, apparaissent alors les « prêtres OGM » face aux « prêtres BIO ».

Le silence sur les erreurs et scandales de l’Église conciliaire 

C’est encore depuis 2011 qu’ont pu être observés des silences quasi systématiques lorsqu’auraient dû être dénoncés les actes scandaleux (portant au péché) posés par le pape lui-même, sa personne étant devenue semble-t-il intouchable. Cela s’est observé dans la communication officielle de la FSSPX lors de la réunion interreligieuse de 2011 à Assise, lors de la canonisation de Jean-Paul II (2014), avant, pendant et après le Synode sur la famille. Cela fut également vrai lors de l’instauration d’un « divorce catholique » ou de la réforme des procédures de nullité de mariage, dans le cas d’Amoris Laetitia ou de la réhabilitation de Luther. Pas un mot non plus sur l’accueil solennel de sa statue au Vatican, le 13 octobre dernier, alors que ce jour-là, toujours au Vatican, « on » marchandait dans la salle d’à côté une éventuelle prélature pour la FSSPX ; « on » se pourfendait même d’un communiqué à ce sujet, sans faire allusion aucune au terrible scandale dont était sali ce jour anniversaire des apparitions de Fatima.

Ce silence a son importance. En avril 2011 était béatifié le pape Jean-Paul II. La FSSPX faisait paraître peu avant ses dubia relativement à cette béatification, publication qui aurait précipité l’achèvement des discussions doctrinales alors en cours entre le Saint-Siège et la FSSPX. On ne peut continuer à tirer sur celui avec qui on négocie, il faut choisir. La FSSPX a donc choisi au cours de cette année 2011, lorsqu’elle a relancé le processus de négociation en septembre, en vue d’un accord simplement pratique. Ce silence est donc un préalable à tout accord. Un préalable : non pas une concession à faire pour l’avenir, à partir du jour où la réconciliation sera actée, mais un préalable à vivre aujourd’hui, et de fait vécu depuis septembre 2011. Ce préalable est non dit, mais en vigueur depuis des années maintenant. Il est d’autant plus dangereux qu’il n’est pas écrit, mais conditionne toute une attitude, que le temps n’a de cesse de rendre de plus en plus ambigüe.

Nous trouvons là encore l’une des causes profondes des tensions existant au sein de la FSSPX. Car si les autorités de la FSSPX ont voulu faire passer ce changement d’attitude pour une simple modernisation de sa communication pour la rendre plus positive et plus attractive (le fameux « branding »), nombre de prêtres de cette société n’ont pas été dupes. Certains se sentaient même le devoir de crier d’autant plus fort que leurs supérieurs se taisaient, et l’on a pu, hélas, assister ainsi à une véritable guerre de communication, opposant entre eux ceux qui étaient autrefois unis dans un même combat.

La relativisation de l’état de nécessité

Conséquemment à ces premiers points de tension, un troisième apparaît aujourd’hui ouvertement avec l’affaire des mariages. Elle consiste à relativiser l’état de nécessité dans lequel nous nous trouvons aujourd’hui, autrement dit à relativiser la quasi universalité de la crise que traverse la crise de l’Église. Depuis quelques années déjà, la communication officielle de la Maison Générale aime à souligner combien se multiplieraient les prélats, évêques et cardinaux censés s’attacher toujours plus à la Tradition authentique de l’Église, fait véritablement nouveau à ses yeux ; comme si Mgr Lefebvre n’avait pas connu des cardinaux Oddi, Stickler, ou autres…

Mais avec l’affaire des mariages, cette relativisation de l’état de nécessité est pour la première fois ouvertement assumée comme telle. Certes, son existence est rappelée par les « commentaire autorisé » et « mises au point » successifs publiés par la Maison Générale, mais avec une limite dont il importe de prendre conscience. Tout d’abord, il n’est plus présenté comme une crise générale de la foi touchant la quasi universalité des évêques (comment alors recourir à eux de façon habituelle ?) mais seulement en raison des carences relatives au mariage, desquels seules il importe de se préserver dans le cas présent.

De plus, à l’heure où peut-être jamais l’attitude du pape n’a été aussi scandaleuse, la communication officielle de la FSSPX affirme pour sa part que le cas de nécessité diminue aujourd’hui. Tel est en effet ce que l’on peut lire sous la plume de M. l’abbé Knittel, dans la revue officielle de la Maison Générale « Nouvelle de Chrétienté » :

« Cet état de nécessité a commencé à reculer avec le Motu Proprio du 7 juillet 2007 où Benoit XVI reconnait que la messe traditionnelle n’a jamais été abrogée. Les décisions relatives du pape François relatives à l’apostolat de la Fraternité St Pie X accentuent ce mouvement. »`

D’un point de vue pratique, un tel discours revient à conditionner l’état de nécessité à l’obtention ou non d’avantages personnels concrets, autrement dit à le subjectiviser, et ce indépendamment de la situation objective toujours plus grave, oubliée d’autant. D’où une nouvelle tension entre les prêtres de la FSSPX, les doyens rappelant pour leur part la véritable nature de cet état de nécessité :

Il n’existe hélas aucun doute sur la situation extraordinairement dramatique que traverse l’Église[3]. Celle-ci subit toujours plus aujourd’hui ce que Mgr Lefebvre appelait “le coup de maître de Satan” : « Diffuser les principes révolutionnaires par l’autorité de l’Église elle-même.[4] » Nous voyons en effet les autorités de l’Église, depuis le siège de Pierre jusqu’au curé de paroisse, porter directement atteinte à la foi catholique par un humanisme dévoyé qui, plaçant au pinacle le culte de la conscience, détrône d’autant Notre Seigneur Jésus-Christ. Ainsi, la royauté du Christ sur les sociétés humaines est simplement ignorée, voire combattue, et l’Église est saisie par cet esprit libéral qui se manifeste spécialement dans la liberté religieuse, l’œcuménisme et la collégialité. A travers cet esprit, c’est la nature même de la Rédemption réalisée par le Christ qui est remise en cause, c’est l’Église catholique, unique arche du salut, qui est niée dans les faits. La morale catholique elle-même, déjà ébranlée dans ses fondements, est renversée par le pape François, par exemple lorsque celui-ci ouvre explicitement la voie à la communion des divorcés « remariés » vivant maritalement.

Cette attitude dramatique des autorités ecclésiales entraine sans aucun doute un état de nécessité pour le fidèle. En effet, il y a non seulement grave inconvénient, mais encore réel danger à remettre son salut entre les mains de pasteurs imbus de cet esprit « adultère[5] » […] L’état de nécessité qui légitime notre façon de faire n’est pas canonique mais dogmatique, l’impossibilité de recourir aux autorités en place n’est pas physique mais morale.

On comprend alors le dernier et suprême point de tension entre prêtres de la FSSPX : les uns, prenant acte de la situation toujours plus grave que traverse la quasi universalité de l’Église, entendent se prémunir avec toujours plus de prudence. Les autres, parce que le danger va diminuant à leurs yeux, n’aspirent qu’à une régularisation totale de leur situation et donc à une reconnaissance canonique. Portée à l’extrême, une telle tension a entraîné et entraînera sans doute encore nombre de départs de prêtres, qui vers les « résistants » (note de reconquista : le lecteur notera avec que C Lassale n'envisage pas la "fidélité" comme solution mais l'attentisme dans une situation objectivement pourrie et désespérée)  ou « sédévacantistes », qui chez les conciliaires. (note de reconquista : mettre la "fidélité" au même rang que le sédévacantisme ou le conciliarisme : le lecteur corrigera de lui-même

Conclusion
La distance parcourue par les autorités de la FSSPX en quelques années devient manifeste si on écoute la prédication donnée par Mgr Fellay, le 4 aout 2009, à St Nicolas du Chardonnet :

« Aussi, mes bien chers frères, ne vous étonnez pas si la Fraternité ne bouge pratiquement pas lorsque viendront des invitations de Rome à une nouvelle réconciliation après la parution d’un tel motu proprio. Car cela prendra du temps. C’est tout un état d’esprit dans l’Église qu’il faut changer et plus encore qu’un état d’esprit, ce sont des principes. Il faut que l’autorité dans l’Église reconnaisse ces principes mortifères qui paralysent l’Église depuis quarante ans. Tant que cela ne sera pas fait, il est bien difficile de penser à un accord pratique. Et pourquoi ? Parce que quand ce sont ces principes qui régissent la vie de l’Église, dès qu’il y aura le moindre différend, il sera réglé au nom et par ces principes mauvais. Cela veut dire qu’un accord pratique dans ces circonstances est perdu d’avance. C’est remettre en cause tout ce combat que nous célébrons aujourd’hui, ce serait une contradiction vraiment totale avec ce que nous disons jusqu’ici. Ce n’est pas cela que nous voulons, évidemment que nous voulons un état normal des choses. Mais cela ne dépend pas de nous. Si nous nous trouvons dans cette situation ce n’est pas parce que nous l’avons voulu. Encore une fois, c’est par nécessité. Et cette nécessité continue. »

Force est de constater que les principes mauvais ainsi dénoncés par Mgr Fellay en 2009 n’ont pas changé à Rome, et que leur application s’en fait chaque jour de plus en plus mauvaise sous la férule du pape François. Mais force aussi est de constater que si Rome n’a pas changé, Menzingen a fait sa révolution. Mais pas tous ses prêtres, d’où les tensions présentes.

En cette tourmente que traverse la FSSPX, le moment décisif appartiendra sans doute au chapitre général de cette société religieuse, prévu statutairement pour juillet 2018. Il lui reviendra en premier lieu de se prononcer sur ce triple repositionnement des autorités de la FSSPX pour le valider ou l’infirmer. En découlera la pérennisation ou l’implosion de la FSSPX.

Christian Lassale

[1] – Cf. article « L’affaire des mariages, de quoi s’agit-il ? » in MPI
[2] – Cf. article de l’abbé Camper : « Exceptionnel »
[3] Quand bien même un doute aurait subsisté quant à l’existence de cette situation d’exception autorisant l’usage de la forme extraordinaire du mariage, il faut souligner que, selon le droit, l’Eglise suppléerait au manque de juridiction (Code de 1917, canon 209 ; Code de 1983, canon 144), gardant donc à l’acte toute sa validité.
[4] Mgr Lefebvre, Le coup de maître de Satan, Editions saint Gabriel, 1977, p. 5-6
[5] Mgr Lefebvre, Déclaration publique à l’occasion de la consécration épiscopale de plusieurs prêtres de la FSSPX, in Fideliter, hors série des 29 et 30 juin 1988

lundi 10 juillet 2017

Voici le programme de François

Le site Reconquista reproduit un article paru dans le journal progressiste "La Croix" du 7 juillet dernier (à l'occasion des 10 ans du Motu Proprio). Alors que certains pensaient que la lettre du cardinal Müller était un coup d'arrêt dans le rapprochement canonique entre Rome et Menzingen, le pape revient et explicite le projet de prélature : preuve que la lettre du cardinal Müller n'était qu'un écran de fumée destiné à rassurer ceux qui s'inquiétaient de la reconnaissance des sacrements de la fsspx. Notons aussi au passage que toutes les reconnaissances canoniques (mariages, ordre, confessions) n'ont pas été remises en cause par le cardinal Müller.  La ralliement continue donc.

François envisagerait-il d’abolir Summorum Pontificum ?  
De Nicolas Senèze 
sur le site du journal La Croix


Le pape François réfléchit à l’avenir du motu proprio
Le pape, qui a conscience des tensions qu’a pu entraîner la possibilité pour les prêtres de choisir leur rite pourrait profiter de l’accord avec les lefebvristes pour réserver l’ancien rite à leur seule prélature personnelle.
Dans les couloirs du Vatican, Summorum Pontificum n’est plus vraiment un texte d’actualité. Plus importantes semblent être aujourd’hui les discussions avec la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX) pour qui le texte de Benoît XVI n’a pas forcément été une bonne nouvelle : en sortant du débat la question liturgique, le pape allemand avait en effet permis d’aller au fond des désaccords théologiques.

Selon la Commission « Ecclesia Dei », chargée à Rome du dialogue avec la FSSPX, ces désaccords seraient aujourd’hui aplanis. Seule manque encore la signature de Mgr Bernard Fellay au bas du document soumis il y a déjà plusieurs années. « S’ils ne signent pas, ils sont vraiment très bêtes, car on leur fait un pont d’or », commente un observateur qui a lu le texte. Le supérieur général de la FSSPX devrait signer après avoir convaincu les plus récalcitrants au sein de la Fraternité. Et probablement avant l’été 2018, date du prochain chapitre général au cours duquel son mandat sera remis en jeu. Être nommé à vie à la tête d’une prélature lui éviterait une réélection compliquée.

Le prêtre ne doit pas choisir son rite
Pour François, il s’agit d’abord d’un geste d’unité : partisan d’une « diversité réconciliée » et non d’une Église uniforme, il est persuadé que, du moment que la FSSPX se dit catholique, elle y a sa place. Reste à savoir si les lefebvristes trouveront leur place dans l’Église plurielle de François. « Que feront les évêques dans les diocèses avec la prélature lefebvriste en face d’eux ? »,interroge un observateur.
Spécialiste de liturgie, le théologien Andrea Grillo se souvient d’ailleurs comment, en son temps, Summorum Pontificum avait mis les évêques en difficulté, pris soudain entre des prêtres choisissant l’ancien rite et une Commission « Ecclesia Dei » ayant une lecture très large du texte. « En introduisant un choix subjectif du rite par le prêtre, le motu proprio a fragilisé l’unité liturgique de l’Église et créé parfois des Églises parallèles jusque dans les paroisses. C’est une rupture de la tradition », estime-t-il.
Ce proche du pape rappelle que, archevêque de Buenos Aires, le cardinal Bergoglio avait demandé à un prêtre plutôt adversaire de la forme extraordinaire de célébrer pour les fidèles traditionalistes. Justement pour souligner que le prêtre ne doit pas choisir son rite.

« l’ordinaire de l’Église n’est pas là »
Car en même temps, le pape argentin partage avec son prédécesseur une vision très pragmatique de l’ancien rite. Comme Benoît XVI parlait du « petit cercle de ceux qui utilisent l’ancien missel », François estime que son prédécesseur « a fait un geste juste et magnanime pour aller à la rencontre d’une certaine mentalité de quelques groupes et personnes nostalgiques qui s’étaient éloignées » (1). Mais il estime qu’il s’agit bien là d’une « exception » et que « l’ordinaire de l’Église n’est pas là ». « Vatican II et Sacrosanctum Concilium doivent être promus tels qu’ils sont », affirme le pape qui refuse toute idée de « réforme de la réforme ».
Selon Andrea Grillo, François envisagerait même, à terme, d’abolir Summorum Pontificum, à partir du moment où l’ancien rite serait préservé au sein de la prélature personnelle offerte à la FSSPX. « Mais il ne mettra pas cela en œuvre tant que Benoît XVI est en vie », prévient-il aussitôt.

En attendant, ce pape pour qui les demandes de certains, « trop jeunes pour avoir connu la liturgie préconciliaire », cachent une « rigidité défensive », se prépare à entamer un nouveau cycle de catéchèses du mercredi, justement sur la liturgie. « Cela montre sa volonté de prendre ce thème au sérieux, affirme Andrea Grillo. Mais ce sera l’occasion pour lui de parler plus du contenu de la liturgie que de sa forme et des rubriques. »
(1) Entretien avec le P. Antonio Spadaro en introduction de Nei tuoi occhi è la mia parola, Rizzoli, 2016

dimanche 9 juillet 2017

Prochains événements à La Villeneuve




Monsieur l’Abbé François Pivert

vous invite à la vêture religieuse de

Damien Brunon

au cours de la messe célébrée
par S. Exc. Mgr Williamson

le lundi 17 juillet 2017
à La Villeneuve

messe solennelle à 10 h. 30

Repas
Après-midi familiale


Pour la bonne organisation du repas, veuillez vous inscrire avec le formulaire ci-dessous. En toute amitié nous vous demandons de participer à l’élaboration du repas soit par une offrande sur place, soit en apportant un ou des plats et Mme Séghiri s’entendra alors avec vous. Merci.
Logement possible sous tente ou dans la maison après accord avec nous.

https://abbe-pivert.com/prise-d-habit-le-17-juillet/


Ce même jour, Mgr Williamson confèrera le sacrement de Confirmation.
https://abbe-pivert.com/confirmations-a-la-villeneuve-17-juillet/
 
A noter : session pour les catéchistes : Session "kis" les 19 et 20 août prochains 

samedi 8 juillet 2017

L’erreur de Menzingen – I


Kyrie eleison DXXI (8 juillet 2017)


Tout libéral est loup ; tout ce qu’il sait, c’est mordre

Le croyant s’en éloigne, ayant peur du désordre.


Certains de nos lecteurs n’apprécient peut-être pas de nous voir revenir régulièrement à ce qui peut leur sembler n’être que des « querelles de prêtres ». Mais que ces lecteurs veuillent bien se rappeler – ou apprendre – que seule l’Église catholique peut sauver les âmes et les conduire au Ciel pour l’éternité, alors que le diable, lui, est un agent hors pair pour les envoyer en enfer pour l’éternité. Dans la mesure où Notre-Seigneur se choisit des prêtres pour être les agents de son Église, le diable les attaque, et l’un des meilleurs moyens de les attaquer, c’est d’utiliser d’autres prêtres. C’est pourquoi, on trouve sans peine nombre d’ecclésiastiques parmi les hérésiarques, tel l’évêque Nestorius, ou le moine augustin Martin Luther. Les « querelles de prêtres » sont sans importance uniquement si plus personne ne veut pas aller au paradis. Mais, dans ce cas-là, le diable a déjà gagné !

Donc examinons le document de 20 pages publié le 13 juin dernier par les prêtres de la Maison générale de la FSSPX à Menzingen, en Suisse. Ils tentent de se justifier d’avoir bien accueilli le document de la Rome conciliaire en date du 4 avril qui propose à la FSSPX de célébrer les mariages en collaboration plus ou moins étroite avec les prêtres conciliaires. Cette Lettre de Menzingen, faite pour donner des éclaircissements ou faire certaines mises au point concernant le mariage, est bien tournée et peut paraître convaincante, pourvu qu’on ne remarque pas les arguments spécieux qu’elle emploie. Mais les responsables actuels de la Fraternité à Menzingen souffrent d’une infirmité rédhibitoire leur faisant prendre les apparences conciliaires pour la substance catholique. Le texte de la « Lettre » reproche au Concile, à plusieurs reprises, ses errements sur des questions générales aussi bien que sur des points particuliers concernant le mariage, mais ce ne sont là que des mots, car, dans les faits, elle traite les conciliaires comme s’ils étaient des ecclésiastiques catholiques normaux, alors qu’il s’agit en réalité de modernistes, donc d’ecclésiastiques en dehors de toutes les normes de l’Église. Dans une Épître à Timothée, St Paul, parlant des faux docteurs des derniers temps, nous avertit qu’ils auront : « les dehors de la piété, tout en ayant renié ce qui en fait sa force » (II Tim. III, 5). Et il ajoute : "Eux aussi, évite-les".

Ainsi, toute la première partie de la Lettre rappelle que la présence de l’ordinaire du lieu, du curé ou de leur délégué comme témoin est nécessaire pour la validité du mariage catholique ; c’est la pratique classique de l’Église, inscrite dans le droit canon depuis le Concile de Trente. Qui le contestera ? Mais depuis Vatican II, l’application de cette loi est aux mains d’ecclésiastiques qui d’ordinaire ont du mariage catholique une vue plus qu’anormale. L’Église ne vit plus aujourd’hui en temps normal ! Se peut-il que Menzingen ne l’ait pas remarqué ? Ou bien préfère-t-il ne plus le remarquer ? Il a fallu plusieurs siècles au protestantisme pour briser l’influence que l’Église catholique exerçait sur le monde ; et quelques siècles de plus pour que le libéralisme parvienne à se frayer un chemin jusqu’au sommet de la hiérarchie de l’Église ; mais dès que Dieu, pour exercer sa justice, finit par permettre ce châtiment, ce fut les élections de Jean XXIII et de Paul VI qui eurent lieu, et ce fut la plus haute autorité de l’Église qui devint libérale. Depuis lors, il n’a jamais été aussi facile pour tous les sujets catholiques de cette autorité, de penser, le plus sincèrement du monde, qu’ils restent catholiques, alors même qu’ils détruisent l’Église.

En 1987, lorsque Mgr Lefebvre appelait « antichrists » certains prélats de l’église conciliaire (cf. la Lettre aux quatre futurs évêques ), il ne visait pas leur subjectivité et leur possible sincérité ; mais il attaquait fermement la nuisance dont ils faisaient objectivement preuve. En 2017, lorsque Menzingen met en exergue la normalité de la présence des prêtres conciliaires lors des mariages catholiques célébrés par la FSSPX, il prend pour argent comptant la sincérité de ces prêtres et ferme les yeux sur leur libéralisme destructeur. Mais de leur côté, les libéraux restent sur leurs positions, avec une conception du mariage facilitant les annulations, etc. Une fois qu’ils auront mis le pied dans la porte entrouverte pour les mariages traditionnels, qu’est-ce qui les empêchera, demain ou après-demain, de mettre en accord avec leurs idées “renouvelées” la loi traditionnelle du mariage catholique ? En fait, comment pourront-ils éviter, demain ou après-demain, d’appliquer en toute sincérité leurs propres convictions ?

Au long des décennies qui ont suivi Vatican II, au fur et à mesure que les catholiques ont compris ce qui se passait dans l’Église, ils sont devenus « traditionalistes » et se sont éloignés des autorités conciliaires. Sans pour autant manquer de courtoisie ni de respect, ils se sont éloignés afin de protéger leur foi et leur morale catholiques. Mais, voilà que maintenant Menzingen s’avance vers ces autorités et veut que tous les traditionalistes fassent de même ! Menzingen a oublié la célèbre citation de l’Énéide de Virgile : « Timeo Danaos et dona ferentes » "Je crains les Grecs, même lorsqu’ils apportent des cadeaux." Hélas ! Menzingen fait confiance aux Grecs !

Kyrie eleison.

vendredi 7 juillet 2017

Formation des cadres des Amis du Sacré-Coeur

En 1989, Mgr Lefebvre donnait une conférence aux jeunes du MJCF. Au début de sa conférence, Mgr Lefebvre reconnaît humblement qu'il était entré au séminaire français de Rome avec des idées assez libérales. Progressivement il prend conscience du combat que les papes ont eu à mener au 19ème et 20ème siècle contre le libéralisme, le sillonisme. Il prend conscience alors du véritable enseignement des papes et va alors s'y attacher de tout son cœur et remerciera le ciel d'avoir eu comme professeurs le RP Le Floch et d'autres de grande valeur qui mettaient le Christ-Roi au sommet de tout l'enseignement catholique.

 En 2017, la situation est tout aussi grave : la jeunesse est totalement imprégnée, égarée par les erreurs condamnées par les papes depuis deux siècles. Aucun redressement catholique ne sera possible dans nos pays sans une jeunesse bien éclairée et formée sur ce sujet. C'est par là que les ennemis tiennent l'avenir du pays. C'est pourquoi les ASC (Amis du Sacré-Cœur) ont organisé une session de formation intensive au séminaire Saint Louis-Marie Grignion. Une quinzaine de jeunes gens de 17 à 24 ans ont suivi une série de conférences pendant 5 jours pour mieux comprendre et connaître la religion catholique, les maux qui la minent et ce qui paralyse les âmes pour se convertir en vérité :  le libéralisme, la subversion ( y compris dans la tradition ),  le concile Vatican II, l'action catholique, l'histoire de la tradition, le mondialisme etc ... Sujets certes brûlants mais qui permettent de tenir le cap de la vérité et de ne pas se voiler la face sur toutes les objections possibles.

A l'issue de cette stage, les jeunes cadres des ASC ont consacré leur mouvement au Sacré Cœur et se sont engagés pour certains à servir le mouvement pendant deux ans.

Que Dieu bénisse cette jeunesse généreuse et que d'autres âmes généreuses les suivent pour que continue le bon combat de la Foi pour le Règne du Christ-Roi,

Un ami du Sacré-Cœur


Les ASC en Italie en 2016

mardi 4 juillet 2017

Voici le programme de Mgr Fellay

Dans les lignes suivantes, M l'abbé Pivert analyse les derniers événements survenus dans les rapports mouvementés entre Rome et la FSSPX, apparemment mouvementés car la réalité est sans doute tout autre.

  1. Il est certain que Mgr Fellay refusera ces conditions. Il pouvait chercher un accord avec les modernistes tout en prétendant ne pas trahir la doctrine, mais il ne peut reconnaître le modernisme ouvertement et en tant que tel.
  2. Il va ainsi restaurer ou se donner une image de « tradi » et va pouvoir blâmer tout ceux qui se sont méfiés de lui et lui ont prêté l’intention de trahir. C’étaient bien eux les subversifs qui, en s’en prenant à une honnête autorité toujours fidèle, ont risqué l’éclatement de la Fraternité Saint Pie X.
  3. Il coupe l’herbe sous les pieds de ceux qui espéraient profiter du prochain chapitre général pour se débarrasser de lui en l’accusant de trahison. Certes, certains pourraient voir la manœuvre et voter malgré tout contre sa réélection, mais ils perdent les accusations les plus voyantes. Au contraire, les défenseurs de Mgr Fellay auront beau jeu de louer son habileté d’avoir maintenu le cap dans des discussions difficiles et délicates.
  4. Les bons prêtres qui ne veulent pas se rallier et qui ont comme seul critère de refuser l’accord signé en bonne et due forme perdent leur unique argument.
  5. Or, le problème est loin d’être résolu et le ralliement loin d’être écarté. C’est toujours le nouveau code moderniste qui régit la vie de la Fraternité Saint Pie X et de ses fidèles. Celle-ci ne forme toujours pas une élite capable de tout sacrifice jusqu’au martyre pour affronter les combats à venir. Et je ne parle pas de l’islam, je parle de la pression du modernisme, de celle du libéralisme, du monde moderne.
  6. Pendant ce temps, Mgr Fellay continuera à soupirer après la reconnaissance de Rome. Une porte lui est fermée, il cherchera une fenêtre par où passer. Il a suffisamment montré vers quoi tendaient son cœur et son esprit. Il a suffisamment montré sa duplicité notamment dans sa lettre de 2012 dont il reconnaissait lui-même qu’elle était plus qu’ambiguë et qu’on pouvait lui donner des significations contradictoires. Il a suffisamment déclaré que Rome demandait de mettre une sourdine aux critiques et qu’elle avait raison. Cette sourdine lui permettra de préserver l’avenir des négociations en attendant des temps meilleurs.
  7. Mgr de Galarreta continuera à faire des sermons convenus, comme celui du 29 juin dernier. Il connaissait pourtant déjà les exigences de Rome et il recommanda aux futurs prêtres « la sainteté de sacerdoce » qu’il présenta comme unique remède à tous les problèmes. Comme si on pouvait être un saint prêtre sans protéger le troupeau contre le loup, même et surtout lorsque le loup fait mine de s’éloigner. Comme si un saint prêtre ne devrait pas rendre compte au souverain juge du nombre de brebis qui lui furent confiées. On est loin des sermons de Mgr Lefebvre lors des ordinations : « À qui aurai-je affaire à Rome ? À des francs-maçons ? »
  8. Mgr Tissier de Mallerais continuera à prêcher la soumission aux supérieurs qui ont grâce d’état. Lui qui, en 1988, dans une lettre qu’il m’écrivait, me déclarait qu’on ne pouvait pas justifier les sacres, mais seulement suivre Mgr Lefebvre qui était le seul à savoir ce qu’il faisait ! Ce qu’il déclara de nouveau dans Fideliter. Lui qui déclarait à M. l’abbé Chazal que ce n’était pas au simple soldat de faire des remontrances à ses chefs. Oh, que l’apparente fermeté de Mgr Fellay semblera lui donner raison de lui avoir fait confiance !
  9. Et tout ce concert engraissera le libéralisme lequel est à deux niveaux. Celui de ceux qui aiment le monde, mais refusent ses excès, celui de ceux qui n’aiment pas le monde, mais jugent plus prudent de ne pas se le mettre à dos. La Fraternité Saint Pie X sera obèse de libéralisme.
  10. La Fidélité Catholique sera protégée de la troisième voie, de ceux qui souhaitaient une voie intermédiaire entre le ralliement à Rome et ce qu’ils appellent la désobéissance subversive des résistants.
       
    Vigilate et orate, dit Notre Seigneur à ses apôtres au moment où arrive la grande tribulation de la Passion : Veillez et priez.

    lundi 3 juillet 2017

    Menzingen arrive sur un nouveau palier.

    Un processus révolutionnaire ne peut s'opérer que par à-coups : il procède  par étapes (paliers) afin de pouvoir mieux arriver à ses fins. Ces étapes peuvent être multiples. Les raisons s'expliquent aisément : chaque étape de la révolution est bien souvent mal acceptée car elle nécessite des sanctions contre les réfractaires. 
    La dernière étape du ralliement s'est en effet mal passée en Franceavec l'histoire de la "reconnaissance" des mariages. Rome, qui est maître de l'agenda de ce ralliement, va donc tenter, par un procédé bien judicieux,  de calmer les mécontents. C'est ce que nous explique  Mikaël dans ce qui suit : 

     Menzingen (ab. Thouvenot ) a communiqué  un extrait d'une lettre récente (fin mai) que le cardinal Müller a envoyé à la maison générale. Voici le texte :
    Citation:
    Extrait d’une lettre récente du cardinal Muller à la FSSPX :

    « ……Comme vous le savez, le Pape François a manifesté, à maintes reprises, sa bienveillance envers votre Fraternité Sacerdotale, en accordant en particulier, à tous les prêtres membres, la faculté de confesser de manière valide les fidèles et en autorisant les Ordinaires des lieux à concéder des licences pour la célébration des mariages des fidèles qui suivent 1’activité pastorale dans votre Fraternité. D’autre part, la discussion se poursuit au sujet des questions relatives au plein rétablissement de la communion de votre Fraternité avec l’Eglise catholique.

    À ce sujet, avec l’approbation du Souverain Pontife, j’ai jugé nécessaire de soumettre à la Session Ordinaire de notre Congrégation, réunie le 10 mai dernier, le texte de la Déclaration doctrinale qui vous a été transmis durant la rencontre du 13 juin 2016, comme condition nécessaire en vue du plein rétablissement de la communion. Voici à ce propos, les décisions unanimes de tous les Membres de notre Dicastère :

    1) Il est nécessaire d’exiger des membres de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X l’adhésion à la nouvelle formule de la Professio fidei datant de 1988 (cf. annexe). En conséquence, il n’est plus suffisant de leur demander d’émettre la Professio fidei de 1962.

    2) Le nouveau texte de la Déclaration doctrinale doit comporter un paragraphe dans lequel les signataires déclarent, de manière explicite, leur acceptation des enseignements du Concile Vatican II et ceux de la période post conciliaire, en accordant aux dites affirmations doctrinales le degré d’adhésion qui leur est dû.

    3) Les membres de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X doivent reconnaître, non seulement la validité, mais aussi la légitimité du Rite de la Sainte Messe et des Sacrements, selon les livres liturgiques promulgués après le Concile Vatican Il.
    …»
    Le cardinal Muller ajoute que « au cours de 1’audience accordée au Cardinal Préfet, le 20 mai 2017, le Souverain Pontife a approuvé ces décisions. »
    -----------------------------------------

    Comment expliquer la diffusion de ce document par Menzingen alors que cette lettre semble marquer un coup d'arrêt au processus de ralliement tout en maintenant ce qui est déjà en place.

    La manœuvre est hélas classique et répétitive (depuis quelques années) chez les supérieurs de la fsspx et il semble aussi que les Romains s'amusent à ce jeu qui semble marcher à tous les coups :

    1) en juin 2012, alors que Mgr Fellay s'était largement compromis avec la déclaration doctrinale et que les prêtres et fidèles sombraient dans l'agitation et l'inquiétude, c'est Benoît XVI qui sauva le supérieur de la fsspx d'une déchéance certaine au chapitre suivant en exigeant une reconnaissance du concile Vatican II de la part des membres de la FSSPX.

    2) en mai 2016, le cardinal Müller pose encore une fois l'exigence d'une reconnaissance de concile alors que le pape venait d'accorder la "reconnaissance" du sacrement de pénitence.

    3) en mai 2017, alors que le pape lie juridiquement les mariages de la fsspx à l'église conciliaire, c'est au tour du cardinal Müller d'envoyer une fois de plus une missive remplie d'exigences impossibles à remplir. Cette lettre arrive à point nommé alors que l'agitation est importante en France.
    Menzingen se précipite alors pour diffuser urbi et orbi (via la "résistance" interne) cette lettre pour rassurer les gens inquiets.

    Le résultat final est excellent pour la politique ralliériste de Menzingen :

    1) les décisions sur le ralliement canonique au niveau sacramentel sont désormais entérinées (confession, ordres, mariages ).
    2) les fidèles français inquiets sont rassurés : "Vous voyez, se disent-ils, aucun accord n'est possible avec ces gens-là" : alors que l'accord canonique est presque achevé ! C'est vraiment du cynisme total.
    3) les opposants au ralliement sont totalement muselés : on leur jette à la figure ce document pour montrer que le fossé existe toujours entre Rome et la FSSPX.
    4) Mgr Fellay se refait une beauté de "pur et dur" sans avoir bougé le petit doigt, sinon d'avoir envoyé ce document vers la France.
    5) Et on rajoute la tarte à la crème du : "C'est la sainte Vierge qui nous a sauvés en ce centenaire de Fatima" et le tour est joué.

    Mais le temps nous montrera une fois de plus encore que tout cela n'est que diplomatie calculée pour avancer, quitte à reculer quelques jours, vers l'union achevée avec la Rome conciliaire.

    dimanche 2 juillet 2017

    Croisade de la Charité

     
    Pour le mois de juillet, nous écouterons les paroles de Mgr Williamson lors du dernier pèlerinage à Notre-Dame du Puy : grande compassion sachant que la Foi est la colonne de la Charité !

    Contexte du Mariage

    Mariage de la fidélité catholique - juillet 2017 en Normandie

     Kyrie eleison DXX ( 01 juillet 2017 )

     Elie a fait choisir les prophètes de Baal.

    Le Concile, ou bien Dieu ? Choisis bien, et non mal !


    De par le péché originel, le mariage d’un homme et d’une femme jusqu’à ce que la mort les sépare n’a rien de nécessairement facile mais, dès le début de la Création, tel était pourtant le dessein originel de Dieu, et tel est-il encore aujourd’hui. Toutefois, lorsqu’un décret divin a promulgué par l’intermédiaire de Moïse la loi de l’Ancien Testament, Dieu y a prévu le divorce « à cause de la dureté du cœur des hommes » (Mt. XIX, 7–8). Mais là n’était pas la façon dont le Seigneur avait conçu le mariage à l’origine. Si bien que, lorsqu’il institua la Loi Nouvelle, Il supprima le divorce en élevant le Mariage au rang d’un des sept sacrements conférant la grâce sanctifiante, faisant de lui un Mystère surnaturel afin que toutes les âmes entrant dans son Église pussent bénéficier de cette aide surnaturelle spéciale qui les aiderait à garder leurs mariages dans l’unité.

    Qui plus est, l’homme et la femme ne sont pas seuls à être impliqués dans le mariage. La bonne éducation des enfants oblige certes les parents biologiques : ils doivent rester ensemble pour offrir un foyer uni et stable. Mais il y va aussi de la santé de la société qui, dans son ensemble, exige que des enfants sains puissent devenir des adultes sains. Quand on y réfléchit, si la chrétienté a pu atteindre des degrés de civilisation jamais dépassés, cela est dû, pour beaucoup, à la force du mariage catholique. En bonne logique, le diable attaque donc constamment le mariage, naturel et catholique, en tant que cela représente pour lui un grand moyen de détruire la chrétienté et d’envoyer toutes les âmes en enfer.

    À notre époque, le déclin de la chrétienté par l’affaiblissement de l’Église a considérablement progressé avec Vatican II (1962–1965). Avant ce Concile, les annulations de mariages catholiques étaient strictement réglementées. A proprement parler, il n’y avait pas de divorce, parce qu’il fallait prouver devant les responsables de l’Église que, pour une raison sérieuse, le contrat de mariage avait été invalide dès l’origine ; ce qui revenait à dire qu’aucun mariage valide n’avait jamais eu lieu. Mais depuis le Concile, le laxisme a remplacé cette rigueur, à tel point que, dans certains pays, l’annulation d’un mariage, autrefois exceptionnelle, est devenu la règle par instauration d’un « divorce catholique ». Par conséquent, lorsque Monseigneur Lefebvre a fondé la Fraternité saint Pie X pour résister à la décadence consécutive à Vatican II, la Fraternité a évité ces annulations faciles faisant tout ce qu’elle pouvait par ailleurs pour aider les couples catholiques à forger un mariage durable malgré la société dissolvante d’aujourd’hui.

    Hélas, les successeurs de Monseigneur Lefebvre, maintenant à la tête de la Fraternité, ont œuvré depuis 20 ans, en sous- main mais de manière opiniâtre, pour rejoindre l’église conciliaire en estompant la résistance de la Fraternité à Vatican II. Si bien que, il y a trois mois de cela, le pape a autorisé les évêques conciliaires à déléguer leurs prêtres conciliaires pour participer activement aux mariages célébrés au sein de la Fraternité. N’était-il pas manifeste que cette décision pontificale modifierait la procédure des mariages de la FSSPX ? Pourtant les dirigeants de la Néo-fraternité ont, pour leur part, accueilli cette décision comme un vrai cadeau venant de Rome, tandis que, d’autre part, sept doyens du District de France protestaient publiquement contre cette ingérence conciliaire de Rome dans la pratique catholique du mariage. Les dirigeants de la Fraternité ont immédiatement dégradé les sept protestataires et ont muté l’auteur du texte de leur protestation.

    Ainsi fait rage la guerre entre libéralisme et catholicisme. On dit qu’au moins trois des sept protestataires restent publiquement sur leur position. En bref, comme l’écrit l’un d’entre eux, tout évêque conciliaire peut désormais envoyer un prêtre à un mariage de la Fraternité – et comment pourrait-on renvoyer un tel prêtre, quand la tête de la FSSPX l’accueille si favorablement ? Certes, il se pourra toujours qu’un évêque diocésain refuse un prêtre, mais ce ne serait là qu’un heureux accident, laissant intact le principe dangereux du droit de l’église conciliaire à interférer. Ou encore, il se pourra que l’évêque délègue un prêtre de la FSSPX, cela pouvant alors déboucher dans tel ou tel prieuré FSSPX sur des célébrations de mariages tantôt conciliaires, tantôt non conciliaires, avec des relations biaisées, si non contradictoires, entre les deux. Les principes du conciliarisme et du catholicisme ne peuvent ni se mélanger ni se concilier.

    Kyrie eleison.

    samedi 1 juillet 2017

    Vers la religion maçonnique mondiale?

     Le 14 juin 2017, un nombre important de "chefs" religieux a fait une déclaration conjointe encourageant les gens dans le monde à se faire des amis dans toutes les religions. Cette vidéo est une compilation faite à partir d'une série d'entretiens avec ces chefs religieux réalisés exclusivement à cette fin
    On aboutit à une confusion totale dans l'esprit du Pape, relativisme extrême ; cette vidéo illustre parfaitement la tactique du dialogue décrite ici par l'abbé Nitoglia. 





    -(Intervention du Pape François se tournant vers son voisin le rabbin Abraham Skorka) Il est très important, parce que ma vie religieuse est devenue plus riche grâce à ses explications, tellement plus riche.  Et je devine que la même chose s'est produite pour lui.

    -(Ce rabbin répond ainsi à l'intervention du Pape) Ce fut au travers de notre appel religieux que nous nous sommes trouvés l'un l'autre dans la vie.  

    Mise à jour : Nous en apprenons plus au sujet de cette vidéo par une interview du rabbin Alon Goshen-Gottstein à Zénith








    Extraits :


    Quelle est la particularité de la contribution du pape François à cette initiative ?

    Nous avons réalisé que l’amitié du pape François avec le rabbin Skorka est l’amitié de haut profil la plus visible parmi les religions dans le monde d’aujourd’hui. Nous avons donc pensé le décrire comme une invitation adressée aux autres à faire de même. Alors que toutes les autres interviews de plus de vingt figures religieuses mondiales se centrent sur leur appel, dans le cas du pape et du rabbin Skorka, nous leur avons demandé de parler de leur amitié comme un modèle pour les autres. Personnellement, je trouve que cette vidéo est la plus touchante du trésor d’interviews enregistrées qui nous aient été accordées par les responsables religieux mondiaux. Elle est touchante précisément parce qu’elle aborde leurs relations personnelles. Et le pape est, de manière touchante, humain et profond à la fois, quand on regarde son langage du corps et son interaction avec le rabbin Skorka.

    Quel est le message que ces deux amis apportent au monde ?

    Cette amitié entre religions n’est pas une simple affaire de raffinement social. C’est plutôt une source d’enrichissement spirituel personnel. Les deux parties ont grandi dans leur identité spirituelle et dans leur vocation à travers cette rencontre et, comme l’affirme le pape, aucun n’a sacrifié son identité en aucune façon.

    (...)


    Quelle est la nouveauté de cette initiative ?

    L’enseignement de l’amitié interreligieuse est en soi une nouveauté. Comme nous l’avons découvert en publiant notre recherche sur ce sujet, nos traditions ne développent pas vraiment cette notion. L’amitié est typiquement limitée au groupe, aux membres de sa propre religion. L’étendre à d’autres est un progrès important dans l’enseignement religieux. Et notre initiative met ensemble les voix de chefs religieux de différentes traditions qui offrent cela en tant qu’enseignement conjoint pour l’humanité aujourd’hui. C’est aussi un moment important où un pas dans l’instruction religieuse est fait conjointement par différents responsables. Pour moi, cette initiative est la preuve que ceux qui considèrent que la religion est « morte » et ne fait que recycler de vieilles vérités ont vraiment tort. S’unir pour donner un enseignement religieux à travers des lignes religieuses est un signe de régénération spirituelle.

    (...)


    Et qu’envisagez-vous au-delà de cette initiative d’amitié ?

    Si nous réussissons à inspirer un mouvement d’amitié entre les religions et, en particulier, si c’est suivi par l’étude de la sagesse des religions, alors nous sommes en train d’établir un nouveau paradigme pour les communautés et responsables religieux locaux. Si Dieu nous fait la grâce d’atteindre ce but, nous pourrons alors continuer de rêver à la manière de donner de l’espérance à l’humanité. Notre projet phare voit l’espérance venir de Jérusalem, sous la forme d’une institution appelée HOPE, acronyme pour House of Prayer and Education, « Maison de prière et d’éducation ». Si les religions du monde peuvent partager un foyer à Jérusalem, et inspirer par l’exemple de l’enseignement, de la prière les uns avec les autres en permanence et par ce signe visible de l’amitié entre les religions, nous pouvons aider à chasser la notion selon laquelle les religions sont en guerre et offrir une nouvelle vision de paix et d’enseignement spirituel à partir de Jérusalem.