mardi 9 juin 2026

Les sacres, réponses à quelques questions

M. l'abbé Dominique Rousseau répond à diverses questions que peuvent se poser les fidèles sur les sacres :

Source



La Fraternité va procéder au sacre épiscopal de quatre prêtres. L’annonce en a été faite le 2 février par son Supérieur général lors des prises de soutane au Séminaire Saint-Curé d’Ars à Flavigny.

Face à cette annonce, comment réagir ? Nous ne parlons pas des ralliés à la Rome conciliaire depuis les sacres de 1988 : tous, plus ou moins, poussent des cris d’orfraie en brandissant les drapeaux usés de « schisme aggravé depuis 1988 », de « bras de fer » avec le Vatican par la FSSPX. Que les personnes intéressées par le sujet aillent naviguer sur la « toile » et regardent le « Forum catholique », les articles de « La Nef ». Tel n’est pas l’objet que nous nous proposons ici de traiter.

  • Doit-on se réjouir des sacres prévus au 1er juillet 2026 ?
Il est clair que l’Église a besoin, de par sa nature, d’évêques catholiques, dont l’épiscopat est certainement valide. Ce fut la raison des sacres de 1988, conférés à quatre prêtres de la Fraternité Saint-Pie X par leurs Excellences Monseigneur Marcel Lefebvre et Dom Antonio de Castro Mayer, venu tout exprès du Brésil pour cette « opération – survie ».

La FSSPX n’a plus à présent que deux évêques, Mgr Williamson en ayant été chassé en 2012 (et décédé le 29 janvier 2025) et Mgr Tissier de Mallerais est décédé le 8 octobre 2024. Seuls restent Mgr de Galaretta et Mgr Fellay, tous deux étant presque septuagénaires et usés après tant d’années à parcourir le monde.

  • Sacrements douteux
Tous les sacrements de « l’Église conciliaire » (l’expression est de Mgr Benelli, du 25 juin 1976) sont douteux, affirmait Mgr Lefebvre, en raison soit de la forme, de la matière et/ou de l’intention du ministre qui les confère. Douteux n’est pas synonyme d’invalide, notons-le bien. Mais si un gâteau est douteux en raison d’un poison qui y a peut-être été inséré, la prudence élémentaire est de ne pas le manger, aussi beau et alléchant soit-il. Il en est de même pour les sacrements.

Dans la Fraternité et de façon officielle, il n’est plus question de faire cette distinction « Église catholique » et « Église conciliaire ». Nous invitons le lecteur à se reporter à la brillante étude qu’avait faite en son temps Mgr Tissier de Mallerais sur cette question importante (voir Sel de la terre n° 85, été 2013, éditorial).

La prudence pastorale exigeait jusqu’à ces dernières années que tous ceux qui avaient reçu des sacrements douteux car réformés depuis les années postérieures à Vatican II reçoivent à nouveau, et sous condition, certains sacrements : la confirmation et l’ordre. C’en est fini de tout cela et nous savons de source certaine que les Supérieurs de la Fraternité ne veulent plus que les prêtres « Novus Ordo » qui se convertissent soient réordonnés sous condition, ce qui, selon eux, serait un acte sacrilège. Il en est de même pour l’épiscopat. Mgr Huonder, décédé à présent, n’a pas été inquiété pour son sacre et a exercé un apostolat épiscopal, en consacrant les saintes Huiles le Jeudi saint 2023 au Séminaire de la Fraternité en Allemagne.

Mgr Viganò, sacré en 1992 par Jean Paul II, a été reconsacré sous condition par Mgr Williamson en 2021. Le fait est suffisamment connu pour être ici noté.

  • Quelle fut la pensée de Mgr Lefebvre sur cette « Église conciliaire » ?
« Quoi de plus clair ! Désormais c’est à l’Église conciliaire qu’il faut obéir et être fidèle, et non plus à l’Église catholique. C’est précisément tout notre problème. Nous sommes suspens a divinis par l’Église conciliaire et pour l’Église conciliaire dont nous ne voulons pas faire partie. Cette Église conciliaire est une Église schismatique, parce qu’elle rompt avec l’Église catholique de toujours. Elle a ses nouveaux dogmes (dignité de la personne humaine), son nouveau sacerdoce (le sacerdoce commun des fidèles), ses nouvelles institutions (synode épiscopal, conseil épiscopal, conseil paroissial etc.), son nouveau culte (nouvelle messe) déjà condamnés par l’Église en maints documents officiels et définitifs. C’est pourquoi les fondateurs de l’Église conciliaire insistent tant sur l’obéissance à l’Église d’aujourd’hui, faisant abstraction de l’Église d’hier comme si celle-ci n’existait plus. L’Église qui affirme de pareilles erreurs est à la fois schismatique et hérétique. Cette Église conciliaire n’est donc pas catholique. Dans la mesure où le pape, les évêques, prêtres ou fidèles adhèrent à cette nouvelle Église, ils se séparent de l’Église catholique. L’Église d’aujourd’hui n’est la véritable Église que dans la mesure où elle continue et fait corps avec l’Église d’hier et de toujours. La norme de la foi catholique, c’est la Tradition. » (Lettre du 29 juillet 1976)

La Fraternité Saint-Pie X n’a plus le même discours depuis des années et ne dénonce plus « l’Église conciliaire ».

  • Avec ces sacres à venir, la Fraternité et la Résistance (ou Fidélité catholique) vont-elles se réunir ?
Apparemment, les obstacles se dissipent tels des nuages présents pendant de longues années (depuis 2012). Les nuages demeurent cependant et ce, pour plusieurs raisons, qui ne sont pas d’ordre sentimental, de susceptibilité froissée ou quoi que ce soit de cette sorte, qui serait somme toute accessoire : dans une famille, il faut se réconcilier après des orages. Le problème est plus profond.

En effet, eu égard à l’état de nécessité (perte de la foi généralisée, maintien de l’épiscopat sur les différents continents avec la période communiste de la soi-disant pandémie), Mgr Williamson a sacré entre 2015 et 2022 six évêques. Trois d’entre eux ont été sacrés de façon publique et les trois autres, secrètement. Ces trois évêques ont fait l’objet de bien des critiques, même de la part de notre clergé « résistant ». Mais ces cas de sacres secrets ont eu des précédents, en particulier celui-ci : Mgr Slipyj a procédé ainsi sous Paul VI en 1977 et la Fraternité a publié un article du Père Joseph OFM (alias abbé Régis de Cacqueray) : https://fsspx.news/fr/news/un-precedent-aux-sacres-la-fsspx-les-sacres-du-2-avril-1977-par-le-cardinal-slipyj-58983 . Que ceux qui, de tous bords, dénigrent ou boudent les sacres opérés par l’évêque britannique lisent attentivement l’article du père capucin.

  • La Fraternité et l’état de nécessité
Les évêques sacrés par Mgr Williamson sont de vrais évêques et la Fraternité devrait tenir compte de leur sacre, et faire appel à eux, sans avoir à sacrer d’autres évêques. Avec ces six évêques, l’état de nécessité invoqué par elle cesse : il y a des évêques. Mais non en fait ! Quelle en est la cause ? Ils ont, à leur passif, commis un péché irrémissible : ils ont quitté la Fraternité (du moins cinq d’entre eux, car Dom Thomas d’Aquin n’a jamais été membre de la FSSPX, puisque moine bénédictin). Nous avons montré, dans un autre texte, que « hors de la Fraternité, il n’y a point de salut » : https://havresaintjoseph-tradition.fr/un-marche-de-dupes-les-sacres-de-juillet-2026/ ).

  • La Fraternité veut-elle perdre ses acquis des années passées ?
Merci de vous reporter à l’article « Un marché de dupes »  pour voir la liste des « acquis ». Il est trop tôt pour savoir ce qui se passera le 2 juillet : excommunication ou non des évêques. Mgr Fellay espère toujours le « miracle », c’est-à-dire l’obtention du mandat de Léon XIV pour les sacres. Il est bien possible qu’il n’y ait pas d’excommunication. Imaginez en effet que Mgr Schneider, qui vante tant les sacres à venir, soit présent à Ecône. S’il assiste à la cérémonie, ce ne sera pas sans l’accord de Rome. Il fut l’ami de François, il l’est tout autant de Léon XIV. S’il célèbre la messe de saint Pie V, il célèbre tout autant la messe de Paul VI. Un évêque dans la ligne exacte de Benoît XVI.

  • Quelles seront (seraient) les conséquences des sacres sans mandat ?
Outre l’excommunication par la Rome néo-moderniste, synodale et courant à l’apostasie, les conséquences seront politiques, financières etc. En effet, que l’on se rappelle qu’au lendemain des sacres de 1988, l’État français bloqua les legs pour le district de France et ce n’est que dans les années 2000, que la Maison du district parvint, à force d’un travail méticuleux, à recouvrer ces biens gelés de façon inique.

Le Supérieur de district a des raisons bien humaines de craindre les sanctions lourdes qui s’abattront sur toutes les œuvres de son district : écoles, prieurés et tout ce qui leur appartient.

La persécution viendra. « Messire Dieu premier servi » sera-t-elle la bannière déployée, ou restera-t-elle au fond d’une poche, soigneusement et frileusement pliée?

  • Qu’aurait dû faire la Fraternité pour les sacres dont elle a besoin ?
Ne rien demander à Rome :
    • Comme la Fraternité le 28 juillet 1991 lors du sacre de Mgr Rangel, quelques mois après le décès de Dom Antonio de Castro Mayer (+ 25 avril 1991). Les consécrateurs furent trois des évêques sacrés en 1988 : Mgr Tissier de Mallerais, assisté de Mgr Williamson et Mgr de Galarreta (voir Revue « Fideliter » n° 83, septembre – octobre 1991.)
    • Comme également Mgr Williamson pour le sacre des six évêques.
    • Sacrer des évêques, les envoyer à des postes stratégiques dans des continents différents, à proximité de liaisons faciles (aéroports, autoroutes etc.). Ces évêques auraient été moins inquiétés (comme ceux sacrés par l’évêque britannique) que les tracas auxquels ils vont devoir s’affronter.

  • Quels sont les quatre élus à l’épiscopat ?
Les abbés Pascal Schreiber, suisse allemand, 53 ans ; Michael Goldade, américain, 45 ans ; Michel Poinsinet de Sivry, français, 42 ans ; Marc Hanappier, français, 36 ans.

Je ne parlerai que du premier mentionné. L’abbé Schreiber était supérieur du district de Suisse lorsque Mgr Huonder prit sa retraite en juin 2019, à l’école de Wangs. Il était bien clair que cet évêque ne ferait pas de ministère épiscopal. L’abbé Schreiber reçut ce prélat au séminaire de Zaitzkofen, dont il est actuellement directeur, le Jeudi saint 2023, et cet évêque consacra alors les saintes Huiles. Enfin, ce même abbé a célébré la messe pour le pèlerinage de la Pentecôte, en la vigile de cette fête. Pas un mot sur la crise de l’Église.

Nous avons déjà abondamment présenté qui fut Mgr Huonder et nous ajoutons, pour mémoire, ce rappel sur la validité des sacrements post-conciliaires, car cela concerne le cas de cet évêque : https://havresaintjoseph-tradition.fr/episcopat-conciliaire-valide-ou-non/ .

Ce court aperçu du « profil » de ce futur évêque n’augure rien de bon pour la défense de la Foi. Aîné des trois autres, il indiquera la route à ses plus jeunes confrères dans l’épiscopat. L’abbé Pagliarani a d’ailleurs bien décrit leur futur apostolat : 

« La cérémonie du 1er juillet n’aura d’autre but que de maintenir l’administration des sacrements de l’ordre et de la confirmation, ainsi que celle des sacramentaux réservés aux évêques, selon le rite traditionnel de la sainte Église romaine, et la foi de toujours. » (26 mai 2026).

Le Supérieur général de la Fraternité omet (et c’est grave) de dire que, de par sa nature, l’Évêque fait partie de l’Église enseignante, et n’est donc pas un « distributeur de sacrements ».

Les deux derniers mentionnés vivent au séminaire des Etats-Unis, depuis plusieurs années, avec Mgr Fellay. No comment !

  • Laissons la conclusion à Mgr Lefebvre : ses dernières paroles écrites
FIDELITER – Qu’est-ce que vous pouvez dire à ceux d’entre les fidèles qui espèrent toujours en la possibilité d’un arrangement avec Rome ?

Monseigneur – Nos vrais fidèles, ceux qui ont compris le problème et qui nous ont justement aidés à poursuivre la ligne droite et ferme de la Tradition et de la foi, craignaient les démarches que j’ai faites à Rome. Ils m’ont dit que c’était dangereux et que je perdais mon temps. Oui, bien sûr, j’ai espéré jusqu’à la dernière minute qu’à Rome on témoignerait d’un petit peu de loyauté. On ne peut pas me reprocher de ne pas avoir fait le maximum. Aussi maintenant, à ceux qui viennent me dire : il faut vous entendre avec Rome, je crois pouvoir dire que je suis allé plus loin même que je n’aurais dû aller. » (Entretien de Mgr Lefebvre à la revue Fideliter n° 79, janvier – février 1991)

Abbé Dominique Rousseau
9 juin 2026

samedi 6 juin 2026

Point sur les travaux de construction d'un prieuré au Nigéria




Message du Père Joseph ONUORAH :

Bénie soit la Très Sainte et Indivisible Trinité, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen.

Grâce à l'argent reçu il y a quelques jours, j'ai pu acheter près de 200 sacs de ciment, environ cinq chargements de sable et trois tas de pierres, et nous avons commencé à couler le sol en dalles de la maison du prêtre. Comme vous pouvez le voir sur les photos, le projet avance petit à petit. Nous en sommes là aujourd'hui, samedi 30 mai 2026.

Un grand merci pour votre aide, vos dons, vos contributions et vos prières. Ils sont le pilier de ce travail.

Transmettez encore une fois mes sincères remerciements aux donateurs.








vendredi 5 juin 2026

Même les saints ont eu leurs défaillances ! A notre tour d'être forts !

 Source

Pour une raison bien mystérieuse, le Bon Dieu permet aux saints ou aux saints personnages de tomber provisoirement dans des fautes assez graves. Pensons à la trahison de Saint Pierre, la signature de Sainte Jeanne d'Arc et, plus proche de nous, une signature bien troublante de Mgr Lefebvre le 5 mai 1988. Signature bien vite rétractée et regrettée.

Pourquoi s'agissait-il d'une faute de Monseigneur Lefebvre ?

Ce document était en effet en rupture avec toute sa ligne de conduite depuis le concile.

Si l'on cherche les éléments objectifs du protocole qui paraissent en tension avec sa ligne habituelle, on en trouve principalement quatre.

1. Acceptation du magistère de Vatican II

Le protocole signé affirme :

« Nous déclarons accepter la doctrine contenue dans le n° 25 de Lumen Gentium sur le Magistère ecclésiastique et l'adhésion qui lui est due ».

Or Mgr Lefebvre avait passé près de vingt ans à dénoncer certains enseignements de Vatican II, notamment sur :
  • la liberté religieuse ;
  • l'œcuménisme ;
  • la collégialité épiscopale.
Dans sa célèbre Déclaration du 21 novembre 1974, il écrivait :

« Nous refusons et avons toujours refusé de suivre la Rome de tendance néo-moderniste et néo-protestante. »

Cette déclaration est devenue le texte de référence de la FSSPX.

Ce protocole ne se contente pas de dire que certains textes du concile sont acceptables ; il reconnaît explicitement le principe d'adhésion au magistère décrit par Vatican II.

2. Fin de la polémique publique contre Rome

Le protocole stipule :

« nous nous engageons à avoir une attitude positive d'étude et de communication avec le Siège apostolique, en évitant toute polémique ».

Ceci contraste fortement avec les sermons, conférences et ouvrages de Mgr Lefebvre durant les années 1970-1980, où les critiques contre les réformes postconciliaires étaient extrêmement directes.

Le protocole l'engageait à une démarche beaucoup plus diplomatique avec Rome.

3. Reconnaissance explicite de la validité de la nouvelle messe

Le protocole affirme :

« Nous déclarons reconnaître la validité du Sacrifice de la messe (...) selon les rites promulgués par les papes Paul VI et Jean-Paul II ».

Est-ce une rupture ?
Oui, car Mgr Lefebvre déclarait que le nouveau rite était dangereux pour la foi et portait une orientation protestantisante. Reconnaître la validité semblait cohérent avec beaucoup de ses déclarations mais donnait l'impression d'une approbation pratique du rite.

4. Réconciliation canonique avec Rome

Le protocole prévoyait :
  • une reconnaissance officielle de la FSSPX ;
  • un statut canonique stable ;
  • une commission romaine ;
  • la possibilité d'un évêque issu de la Fraternité.
Pourquoi cela paraît-il contradictoire ?

Depuis plusieurs années, Mgr Lefebvre affirmait que les autorités romaines étaient profondément marquées par les erreurs postconciliaires.  Lui-même expliquera, dès le lendemain de la signature, qu'il avait perdu confiance dans les garanties proposées par Rome, surtout concernant la date de nomination d'un évêque. C'est l'une des raisons principales pour lesquelles il revint sur sa signature.

Si l'on cherche le point le plus délicat, ce n'est pas la nouvelle messe, mais plutôt l'article sur Lumen Gentium n°25 et l'acceptation du cadre magistériel de Vatican II.

Le raisonnement des critiques est : pendant vingt ans, Mgr Lefebvre a présenté certains enseignements conciliaires comme incompatibles avec la Tradition ; puis il signe un texte affirmant accepter la doctrine sur le magistère enseignée par Vatican II.

Conclusion

Si l'on compare le texte du protocole à la ligne publique de Mgr Lefebvre depuis 1974, les points qui peuvent être considérés comme des ruptures sont :
  • l'acceptation de la doctrine de Lumen Gentium n° 25 ;
  • l'engagement à éviter la polémique contre Rome ;
  • l'intégration canonique sous l'autorité romaine ;
  • dans une moindre mesure, la formulation sur la validité des rites réformés.
Le piège du protocole vient du fait qu'il contient simultanément des concessions à Rome et la reconnaissance explicite que certains enseignements de Vatican II paraissaient toujours « difficilement conciliables avec la Tradition ». C'est précisément cette ambiguïté qui explique pourquoi il a pu être signé le 5 mai puis rejeté par Mgr Lefebvre dès le lendemain.

Si Dieu a permis ce faux pas de Mgr Lefebvre dans le combat de la Foi contre les modernistes romains, n'est-ce pas pour nous apprendre à notre tour à ne pas tomber dans leurs pièges ?
Abbé Salenave

jeudi 4 juin 2026

Hollywood s’invite à Ecône

 Source


Voici l’annonce faite par le canal Telegram des Sacres 2026, d’un documentaire à venir et dont la bande annonce est déjà en ligne: https://www.youtube.com/watch?v=xx0TX7HGF1E

« Réalisée sur deux ans par deux jeunes étudiants, TRADITIO est l’un des projets cinématographiques les plus ambitieux jamais réalisés par la Fraternité. Composée de trois parties, cette série entend présenter l’apostolat des prêtres de la Fraternité à travers le monde ainsi que leur attachement à l’Église catholique et au successeur de saint Pierre. 

Cette série sera également diffusée les 1er et 2 juillet 2026 sur les écrans de la prairie et accompagnera les temps d’attente précédant les célébrations. Une belle occasion pour les participants présents en avance de découvrir cette réalisation. »

Les commentaires ne se sont pas fait attendre et Médias-Presse-Infos commente ainsi la parution de ce documentaire, reprenant en grande partie les mots du canal cité ci-dessus :

« Dans le cadre de la véritable dynamique qui entoure l’annonce des sacres de quatre nouveaux évêques, la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X dévoile un documentaire intitulé TRADITIO – Pour l’amour de l’Église.
Une pépite cinématographique en trois parties.
Réalisée sur deux ans par deux jeunes étudiants de Suisse et d’Allemagne en collaboration avec la Maison générale de la FSSPX, cette production de plus de quatre heures est l’un des projets cinématographiques les plus ambitieux jamais réalisés par la Fraternité.
Composée en trois parties, cette série entend présenter l’apostolat des prêtres de la Fraternité Saint-Pie X à travers le monde ainsi que leur attachement à l’Église catholique et au Successeur de saint Pierre.
Pour l’amour de l’Église est une série documentaire en trois parties, consacrée à la vie et à l’apostolat des prêtres de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X à travers le monde.
La diffusion sur les réseaux sociaux est annoncée ainsi :
  • Une œuvre de foi – 7 juin 2026 
  • Une œuvre d’espérance – 14 juin 2026 
  • Une œuvre de charité – 21 juin 2026
Cette série sera également diffusée les 1er et 2 juillet 2026 sur les écrans de la prairie et accompagnera les temps d’attente précédant les célébrations.
La bande annonce permet de déjà savourer la qualité cinématographique de cette série de trois reportages et de mieux découvrir et apprécier l’apostolat mondial de la FSSPX et le ministère du prêtre catholique au service de l’Église.»

On relèvera, sans forcer le texte, l’enthousiasme de ce média sous la plume d’Alain Depauw, qui note les « pépites », « la bande annonce du magnifique documentaire de la FSSPX ».

Parce que « la mémoire est la faculté qui oublie », dit-on, nous continuons à décrire, après avoir déjà relevé dans un autre texte ( https://havresaintjoseph-tradition.fr/la-fraternite-saint-pie-x-hier-1988-et-aujourdhui-2026/ ), ce que nous avons connu lorsque Ecône était Ecône, du vivant de Mgr Marcel Lefebvre. Nous n’allons pas jouer aux « Anciens » : « J’y étais ».

Cependant, il est bon de comparer deux faits majeurs dans l’Histoire de la Fraternité, avec celui qui arrive : la consécration de la Fraternité au Cœur Immaculé de Marie, puis les sacres de 1988.

Le premier événement eut lieu le 8 décembre 1984, non loin d’Ecône, à Martigny. Mgr Lefebvre consacra la Fraternité à l’Immaculée, en présence d’un grand nombre de prêtres, séminaristes (nous étions alors nombreux à Ecône ; de plus, le Séminaire d’Allemagne vint au complet, Flavigny n’était pas encore séminaire – 1986), de fidèles venus de plusieurs pays. La nuit qui précéda cette consécration et la Messe pontificale fut une nuit de prière et d’adoration continuelle. Pas de film pour « tuer le temps », comme cela va se passer sur la prairie d’Ecône début juillet. En effet les personnes étant passées par le portique électronique devront être présentes dès 6 h du matin pour la cérémonie qui commencera trois heures plus tard.

Il en fut de même pour les sacres du 30 juin 1988. La prière était au rendez-vous pour cette « opération – survie ».

A présent, on utilise le mot de « série », pour cette trilogie « Une œuvre de foi – 7 juin 2026 • Une œuvre d’espérance – 14 juin 2026 • Une œuvre de charité – 21 juin 2026 ». On passe au monde du cinéma. Nous avons déjà mis le doigt dessus : https://havresaintjoseph-tradition.fr/quatre-jours-dexception/ .

Avec ces sacres à venir, l’abbé Pagliarani aura réussi ce que Mgr Williamson annonçait, en le dénonçant, dès 2018, deux mois après son élection au faîte de la Fraternité Saint-Pie X : 

« S’il pense qu’il n’y a rien de plus pressé que d’unir les libéraux et les antilibéraux au sein de la Fraternité en ayant recours à des compromis politiques et des calculs humains, jamais il n’enrayera l’actuelle dégringolade de la Fraternité. Notre foi est notre victoire sur le monde, dit saint Jean (1 Jn 5, 4), et non notre politique. » (Commentaires Eleison, Tome 3, n° 582, p. 169)

Voici un autre aspect sur le même sujet.

Cette présentation des sacres, tous les écrits de l’abbé Pagliarani dans sa communication depuis février 2026, et celle de prêtres passant sur les plateaux
( https://www.youtube.com/watch?v=iW5jYixOZ7s ) donnent à réfléchir sur l’orientation des clercs de la Fraternité.

Nous avons mis en relief ( https://havresaintjoseph-tradition.fr/la-fraternite-saint-pie-x-hier-1988-et-aujourdhui-2026/ ) la différence de vue de la FSSPX dans le cours des années et surtout son glissement : hier on priait pour la conversion de Rome, aujourd’hui (cf. l’interview de l’abbé Gabard sur RCF Anjou, lien ci-dessus) ils cherchent désespérément un Mandat papal pour les sacres. Rien n’est dit sur la conversion du pape, les arguments sur l’état de nécessité manquent par ailleurs d’assise et demeurent dans le flou.

Concluons brièvement.

Ce n’est pas de l’esprit hollywoodien que les fidèles ont besoin ; c’est de celui de la prière et du sacrifice, et non des images et de « projets cinématographiques les plus ambitieux jamais réalisés par la Fraternité ». L’état de l’Église est pitoyable. On ne convertira ni Rome ni les fidèles gavés d’images par encore plus d’images et de musique (sauf par le grégorien et la polyphonie sacrée).

Prions le Rosaire, car nous sommes, disait sœur Lucie de Fatima, dans une « désorientation diabolique ».

Certains de nos amis,

– qui avaient tenu bon à travers les errements de la Fraternité Saint-Pie X,

– qui voyaient clair jusqu’ici 

commencent à vaciller.

Le Titanic sombre…


En la Fête du Très Saint Sacrement, 4 juin 2026
Abbé Dominique Rousseau

lundi 1 juin 2026

Pas de QR code pour assister au Saint Sacrifice de la Messe !

 Source



De nombreux fidèles ont été particulièrement surpris d'apprendre qu'il était désormais obligatoire d'avoir un QR code pour assister à certaines cérémonies catholiques (Jubilé romain de 2025 - sacres dans la SSPX du 1er juillet 2026). Certains prêtres n'y voient aucun problème de Foi et de morale. Est-ce le cas ? Est-il exagéré de refuser ce QR code qui a tout de même bien des avantages pratiques.

A cela nous répondons que dans l'esprit de la tradition catholique, le rejet du QR code et des outils de contrôle électronique ne relève pas d'une simple technophobie, mais d'une analyse théologique, anthropologique et eschatologique profonde.

Voici les principaux arguments qui expliquent pourquoi ces outils sont théologiquement problématiques et doivent être prohibés :

  • Nul n'est désormais censé ignorer le projet de Lucifer d'aboutir à la "Marque de la Bête" tel que le livre de l'Apocalypse nous l'explique (chapitre 13, versets 16-17) : 
« Elle fit que tous, petits et grands, riches et pauvres, libres et esclaves, reçussent une marque sur leur main droite ou sur leur front, et que personne ne pût acheter ni vendre, sans avoir la marque, le nom de la bête ou le nombre de son nom. »

Ainsi lorsqu'un outil technologique devient obligatoire pour participer à la vie en société (acheter, vendre, se déplacer, accéder au culte) et qui lie l'existence physique à un code d'identification, il devient une préfiguration — ou une mise en place technique — de cette "marque". Le fait de devoir être "marqué" (numériquement) ou "masqué" ou "vacciné" pour vivre fait évidemment partie du processus démoniaque de soumission à un pouvoir totalitaire antichristique.
  • L'atteinte à la dignité humaine et à la Création divine
La bonne philosophie et la révélation nous enseignent que l'homme est créé à l'image et à la ressemblance de Dieu (Imago Dei). Il possède une liberté intrinsèque et une dignité qui ne peuvent être conditionnées par un algorithme.

La réification de l'homme : réduire un être humain, temple du Saint-Esprit, à un identifiant numérique (un QR code) est une dégradation de l'homme. Il devient un produit traçable, une simple variable dans un système informatique.

Le libre arbitre étouffé : le contrôle électronique permanent supprime la liberté morale en contraignant les corps et les esprits par la surveillance, ce qui s'oppose à la liberté chrétienne.

  • La substitution de la Providence par le contrôle total
La doctrine sociale et spirituelle de l'Église a toujours enseigné la confiance en la Divine Providence. Inversement, le propre de la mentalité technocratique moderne est de vouloir tout anticiper, tout surveiller et tout contrôler par la machine.

Cette quête d'une sécurité et d'un contrôle absolus à travers des outils électroniques est une forme d'idolâtrie technologique, où l'État ou la machine remplacent Dieu comme gardien et juge des actions humaines.

  • L'exclusion et la rupture de la charité chrétienne !!
L'Évangile nous commande d'accueillir notre prochain, en particulier le pauvre, le marginal ou le malade.

Les outils de contrôle électronique (comme les pass sanitaires, les masques, les QR code ou les systèmes de crédit social) introduisent une ségrégation artificielle entre les "conformes" et les "non-conformes". Pour l'Église, interdire l'accès à un lieu de culte ou à la subsistance de base à cause d'un code numérique est une violation directe de la charité chrétienne et de la mission universelle de l'Église (qui doit appeler tous les hommes, sans condition technique). La petite grand mère qui n'a pas de téléphone portable ou internet sera privée de cérémonie !

En résumé : Dans l'esprit catholique, le QR code et le contrôle électronique ne sont pas de simples outils pratiques. Ils sont le symbole d'une société athée, matérialiste et technocratique qui cherche à inverser l'ordre divin en conditionnant la liberté humaine — don de Dieu — à une validation numérique permanente.

Auriez-vous imaginé un instant, à l'époque du Christ l'obligation d'un QR code pour s'approcher du Sauveur !!

Tout cela sent les prémisses de l'enfer. Fuyons ces procédés indignes de catholiques fidèles à la Tradition.

Abbé Matthieu Salenave