dimanche 15 janvier 2017

Doutes à propos des Dubia des Cardinaux

  Atila Sinke Guimarães



http://www.traditioninaction.org/bev/199bev12_30_2016.htm

Traduction par les soins de Reconquista

Ces deux derniers mois, les catholiques ont beaucoup entendu parler des Dubia – la lettre envoyée par quatre Cardinaux au Pape François demandant des clarifications sur les parties ambiguës de l’Exhortation Amoris Laetitia (AL).  Les quatre Cardinaux sont l’Américain Raymond Burke, l’Italien Carlo Cafaro et les Allemands Walter Brandmuller et Joachim Meisner.  Burke est le seul prélat actif, les trois autres sont à la retraite.

Cardinal Burke, Meisner, Cafarra, Brandmuller
Les Dubia sont cinq questions adressées au Pape et demandant une réponse.  C’est de tradition dans l’Eglise  que les prélats présentent aux Sacrées Congrégations du Saint-Siège, et même au Pape, leurs questions écrites très clairement et brièvement.  Normalement, ils reçoivent de concises réponses, un simple oui ou non.

Ces questions –dont l’entièreté du texte et du contexte peut être lu ici – à la base posent cette question : Est-il possible pour un catholique civilement divorcé et remarié de recevoir la Communion ?  Cette question est motivée par le fait que certaines parties d’Amoris Laetitia insinuent en termes énergiques que cette permission est accordée.  En d’autres termes, la question basique des Cardinaux est celle-ci : Est-il possible, pour une personne en état de péché mortel, de communier ?

Ces questions furent d’abord envoyées au Pape et au Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, mais, vu que les Cardinaux n’ont pas reçu de réponse, ils ont rendu leur document public le 14 novembre 2016.  Depuis lors, des interviews et déclarations variées de Burke et Brandmüller ont alimenté les discussions.

A cette vive interpellation, nous devons ajouter un lettre publique de soutien, suivie d’interviews et communiqués, d’un autre nouvel héros du conservatisme, Mgr Athanasius Schneider, qui a mis plus de poivre dans la sauce en parlant de schisme qui croît à l’intérieur de l’Eglise.  Ces schismatiques seraient les progressistes de la tendance de Kasper qui veulent libéraliser la Communion pour les catholiques divorcés et remariés.

Vu l’état de la question, que devrions-nous penser de ces Dubias ?

Pour être objectif et clair, distinguons trois perspectives différentes mêlées dans ce problème.

1.    Du point de vue logique

A.   Si nous considérons le contenu de ces deux documents (Amoris Laetitia et le document des Cardinaux) selon une perspective logique, nous voyons que les Prélats dissidents ont pris une position avantageuse pour tous.  Il est évident que le Pape ne peut pas explicitement permettre à quiconque de recevoir la Communion s’il est en état de péché mortel.

Si le Pape en arrivait à le permettre explicitement, il commettrait directement un sacrilège, qui induirait l’Église entière à faire de même et à se séparer elle-même du Magistère antérieur de l’Église.  Il est donc évident que le Pape ne va pas ouvertement dire : « Oui, je permets à une personne en état de péché mortel de communier. »

Il est aussi évident qu’il ne dira pas clairement : « Non, personne ne peut recevoir la communion en étant en état de péché mortel. »  Car, en réalité, il insinue le plus possible que les personnes divorcées/remariées peuvent recevoir la communion.

Donc, s’il est évident qu’il ne peut dire ni oui, ni non, pourquoi les Cardinaux ont-ils écrit leur lettre ?  Étant donné qu’ils savaient qu’ils ne recevraient pas de réponse, ils ont choisi délibérément de placer le Pape dans une situation très embarrassante.  Pourquoi ?  Dans l’analyse stratégique (ci-dessous 3), j’analyserai ce doute au sujet de l’objectif de ces Dubia.

B.   Toujours en nous penchant sur le contenu, pourquoi les Cardinaux ont-ils ignoré de nombreuses autres situations aussi graves que celle sur laquelle ils se concentrent ?  En effet, dans Amoris Laetitia, le Pape François a ouvert la porte non seulement sur la communion aux divorcés/remariés, mais aussi sur une foule d’autres se trouvant dans de scandaleuses situations qui sont objectivement en état de péché mortel, comme tous ceux qui sont engagés dans des rapports sexuels avant le mariage, ceux qui cohabitent habituellement sans être mariés, ceux qui usent de méthodes artificielles[1] de contrôle des naissances et ceux qui pratiquent l’homosexualité.  Ces points ont été considérés dans mon étude précédente sur Amoris Laetitia.

François a marié 20 couples vivant dans le péché...


Cette omission devient de plus en plus suspecte lorsque nous considérons que si les Cardinaux avaient exposé le spectre complet des insinuations d’Amoris Laetitia, il serait devenu évident que François utilise ces insinuations comme méthode pour ouvrir des portes à des abus en matières doctrinales où il ne peut le faire explicitement.  Pourquoi les Cardinaux se sont-ils tu sur cette méthode ?

Si cette méthode de libéralisation de la nécessité d’être en état de grâce pour communier avait été clairement exposée par les Cardinaux, cela aurait confirmé le fait que le Pape ne peut pas répondre à leurs Dubia.  A nouveau, la question se pose : Pourquoi ont-ils écrit leur lettre alors qu’il était évident que François ne pourrait répondre ?

C.   De plus, pourquoi n’ont-ils pas fait mention de la multitude d’autres écrits, discours, actions et initiatives faits par François si fréquemment durant son pontificat qui, directement ou indirectement, étaient favorables à permettre aux personnes en état de péché mortel – même dans le péché d’hérésie – de pouvoir communier ?  Les mêmes doutes qu’au point B sont confirmés par cette omission.


2.    Du point de vue moral

A.   Du point de vue moral, il est très bon pour les Catholiques d’avoir quatre cardinaux qui renforcent l’enseignement traditionnel de l’Église.  Nous vivons dans un monde horrible, moralement parlant, et pour nous, il est de la plus haute importance que les vérités pérennes de l’Église soient réaffirmées par des autorités religieuses.  Nous avons un certain nombre de prêtres traditionalistes et quelques évêques qui rappellent encore la doctrine immuable de l’Église.  Mais il est vraiment salutaire de voir quatre Cardinaux prenant la position correcte.

Burke ne souhaite pas retourner à la Tradition mais au temps de JPII et Benoît XVI

B.   Une grave faute morale que j’ai remarquée dans la lettre explicative faisant suite aux Dubias, c’est que les Cardinaux sont partisans de l’amour comme fin première du mariage.  En prenant cette position, ils adhèrent à la révolution faite lors de Vatican II qui inverse les fins du mariage.  Les fins traditionnelles sont : premièrement, la procréation et l’éducation des enfants ; deuxièmement, le soutien mutuel des époux.  En présentant l’amour comme fin première, les Cardinaux montrent qu’ils ne souhaitent pas revenir au Magistère traditionnel comme ils sont sensés le faire.


C.   Une autre faiblesse que je remarque dans leur déclaration, c’est que, en dépit de quelques mentions des commandements et une citation de l’Évangile, la presque totalité de leur document est basée sur l’enseignement de Jean-Paul II.[2]  Les Cardinaux affirment publiquement qu’ils répètent la doctrine traditionnelle, mais les documents qu’ils citent sont seulement ceux du pape post-conciliaire Wojtyla.

Disons-le, JPII était loin d’être un maître d’une saine moralité.  Bien qu’il répéta parfois l’enseignement traditionnel de l’Église, de manière habituelle, son approche morale était tributaire du personnalisme de Max Scheler, qui est opposé à la philosophie traditionnelle de l’Église.  Sa théologie du corps est clairement immorale ; les éloges du nudisme ne sont pas rares dans ses travaux, et, lors des Journées Mondiales de la Jeunesse, il a implicitement promu l’amour libre parmi les jeunes.  Si les Cardinaux souhaitaient défendre la morale pérenne de l’Église, pourquoi se sont-ils basés eux-mêmes à une source contaminée ?

D.   L’omission des Cardinaux à citer l’immense ensemble des documents de l’Église sur le mariage et la communion est une omission favorisant l’idée que l’Église conciliaire – à laquelle les quatre Cardinaux appartiennent – est différente du Magistère précédent Vatican II. On peut même dire que les Cardinaux eux-mêmes sont dans un schisme pratique par rapport au passé de l’Église.  Cela étant, c’est la véritable accusation portée par Mgr Schneider et, plus récemment, par le Cardinal Brandmüller, contre ceux qui n’acceptent pas les enseignements de Jean-Paul II.  Pourquoi cette position contradictoire ?

3.    Du point de vue stratégique

The Wall Street Journal
Avec l’augmentation de la vitesse de la Révolution bergoglienne, que personne d’autre que Benoît XVI n’a mise sur pied, le nombre de réactions contre le Pape François croît.  Récemment, même un journal comme The Wall Street Journal l’a qualifié de « leader de la gauche globale ».

Pour catalyser ces réactions, rien ne serait plus pratique que l’émergence d’une fausse droite religieuse qui regrouperait ensemble tous les conservateurs mécontents de l’Église et les empêcherait de rechercher un authentique leadership et, éventuellement, de devenir traditionalistes.

C’est ce qui semble être le principal objectif des quatre Cardinaux, principalement du Cardinal Burke, qui est le membre le plus éloquent et virulent de ce groupe.  Son principal acolyte dans la sphère publique est Mgr Schneider, dont j’ai déjà analysé le rôle dans la fausse droite,

Si c’est vrai, ce que je crois, alors cela expliquerait pourquoi les Dubia ont été écrites avec la certitude qu’elles n’auraient pas de réponse.  Son objectif serait de mettre apparemment François dans une position embarrassante.  Mais en réalité, les écrivains joueraient le même jeu, permettant à François d’avancer avec une réaction contrôlée.

Comment cela se finira-t-il ?  Cela peut se terminer comme le suggère le nouveau supérieur des jésuites, le Père Arturo Sosa : « Dans notre langage de jésuites, nous disons qu’il est nécessaire de connaître toutes les opinions dans le but de réaliser un vrai discernement commun. »

En d’autres termes, l’Église progressiste peu utiliser les réactions pour augmenter le « pluralisme » dans l’Église, ce qui signifie que nous pourrions très bien avoir deux parties en apparente opposition et vivant ensemble au Vatican.  Cela aidera l’Église à devenir une démocratie, l’un des objectifs principaux de Che Bergoglio.










[1] L’auteur déplore bien sûr ces méthodes peccamineuses, mais cela ne justifie en aucune manière l’usage des méthodes naturelles de contraception.
[2] La seule exception est un texte du De Malo de St Thomas d’Aquin  qui n’est pas dans les Dubia à proprement parler, mais dans la lettre explicative qui les accompagne.

vendredi 13 janvier 2017

De la prière pour le pape

DE LA PRIÈRE POUR LE PAPE
par un père capucin
 

source : Résistance catholique francophone


Il est indéniable - et cela crève autant nos yeux que nos coeurs - que François surpasse en scandales tous ses prédécesseurs postconciliaires sur le siège de Pierre. Point n’est besoin de les évoquer, il suffit de suivre le sinistre feuilleton des “Nouvelles de Rome” dans le Sel de la Terre. Même des prêtres et des laïcs de paroisse protestent publiquement, jusqu’à ne plus se considérer de son Église (voir MCI-44-8)

A fortiori dans nos rangs de la Tradition, on l’on constate que de plus en plus de fidèles - et même des prêtres - en sont si outrés qu’ils ne veulent plus prier pour le pape, et parlent de lui comme s’il était un antipape, avec un mépris affiché. Paradoxalement, d’autres rêvent toujours de restaurer l’Église en concluant un accord canonique avec lui.

Dans cette affreuse crise de l’Église doublée maintenant d’une crise dans la Tradition elle-même, il ne sera pas inutile de rafraîchir nos mémoires en citant nos anciens du combat de la foi, qui avaient su voir clair avant nous, remonter aux bons principes pour ensuite en tirer les applications concrètes. En particulier celle-ci : plus le pape met la foi et les mœurs en danger, plus il faut prier pour lui.

1)  Un [néo-]moderniste - fut-il pape - est un ennemi de la foi qui ne peut subsister qu’au sein même de l’Église.


*   St Pie X (Pascendi, 8-09-1907) : « Ils se cachent, et c’est un sujet d’angoisse et d’appréhension très vives, dans le sein et au cœur même de l’Église, ennemis d’autant plus redoutables qu’ils le sont moins ouvertement. » (...) « Ennemis de l’Église, certes ils le sont, et à dire qu’elle n’en a pas de pires, on ne s’écarte pas du vrai. Ce n’est pas du dehors, en effet, c’est du dedans qu’ils trament sa ruine ; le danger est aujourd’hui jusqu’aux entrailles mêmes et aux veines de l’Église. »


*  Abbé Berto (Itinéraires d’avril 1967 ; n° 119, p. 69) : « Il ne faut pas oublier qu’entre tous les hérétiques le moderniste possède cette note distinctive de ne jamais s’avouer tel ; la nature de son hérésie exige qu’il se maintienne sous le masque à l’intérieur de l’Église (...) où il travaille à lui faire subir du dedans une mutation substantielle. »


*   R.P. Calmel (Itinéraires de novembre 1971 ; n° 157, p. 37) :
« C’est un hérétique d’un genre très particulier : un hérétique doublé d’un traître. S’il demeure dans l’Église, s’il recherche même et s’il obtient les postes les plus élevés, c’est en vue d’opérer une transformation graduelle, mais radicale. »

*   Marcel de Corte (Itinéraires de mai 1973 ; n° 173, p. 216) :
« L’hérésie s’est infiltrée in sinu atque gremio Ecclesiæ [Pascendi], où elle se refuse d’être hérésie, où elle a tellement bonne conscience d’elle- même qu’elle ne parvient plus à percevoir qu’elle en est une, où elle revendique le titre de véritable Église contre l’Église de toujours, et il s’agit là du danger le plus grand que le christianisme ait jamais connu au cours de son histoire... »

2)  C’est un grand mystère d’iniquité, que le chef même de l’Église puisse ainsi présider à sa démolition. Cependant Dieu ne permettra jamais qu’il use de son infaillibilité pour ériger son hérésie en dogme.

*   Mgr Lefebvre (Sermon du 2-02-1986 ; Fideliter n° 50, p. 17) :
« D’une manière incroyable, mystérieuse et que nous ne pouvons pas comprendre, nous sommes amenés à nous poser la question de savoir comment ceux qui occupent l’Église peuvent-ils essayer, librement, de l’entraîner dans leur modernisme, dans leurs erreurs... »


*   R. P. Calmel (Itinéraires de mai 1973 ; n° 173, p. 36)
   « Lorsqu’ils engageront leur autorité au titre où elle est infaillible, c’est le Christ lui-même qui nous parlera et nous instruira : voilà le privilège dont ils sont revêtus dès l’instant où ils deviennent les successeurs de Pierre. Mais si la Révélation nous affirme ces prérogatives de la papauté, elle ne porte cependant nulle part que lorsqu’il exerce son autorité au-dessous du niveau où il est infaillible, un pape n’en viendra pas à faire le jeu de Satan et à favoriser jusqu’à un certain point l’hérésie. »


*   Marcel de Corte (Ibidem, suite p. 220) :
« Cela ne signifie pas que le Pape et une bonne partie de la hiérarchie soient mis en dehors de l’Église. Ils sont toujours in sinu atque gremio Ecclesiæ... Ils ont fait éclater l’Église. Que leur hérésie soit voulue ou non, formelle ou informelle, le fait est que leur néo-modernisme n’a laissé de l’Église que quelques murs solides. Une théologie de Vin sinu atque gremio Ecclesiæ devrait être entreprise pour établir leurs responsabilités. Il y a du pain - ou plutôt des pierres - sur la planche . »

3)  Nos anciens n’estimaient pas avoir fait leur devoir en se contentant de dénoncer les scandales du pape régnant. Mais il exhortaient à prier encore plus pour lui.

*  Mgr Lefebvre (Aux séminaristes d’Écône, circulaire du 24-02-1977 ; dans “Le coup de maître de Satan”, p. 43-44) :
« On peut dire qu’il n’y a pas de mal pire que d’avoir sur le siège de Pierre un libéral convaincu. (...) De toute manière nous devons prier beaucoup pour le pape, afin qu’il garde fidèlement le dépôt de la foi qui lui est confié.»
(Position officielle de Mgrtefebvre sur la nouvelle messe et le pape du 8 novembre 1979 ; Fideliter N° 13, p. 68 et 70) : « Comment un successeur de Pierre a pu en si peu de temps causer plus de dommages à l’Église que la Révolution de 89 ? On peut se le demander. (...) C’est pourquoi, loin de refuser de prier pour le pape, nous redoublons nos prières et nos supplications pour que i’Esprit-Saint lui donne lumière et force dans l’affirmation et la défense de la foi. »


*   R.P. Calmel (Itinéraires de décembre 1980 ; n° 148, p. 18) :
« Il met son âme en grand péril, le pape qui ne recule pas devant ces innovations énormes, hors de la norme catholique. (...) [Cette pensée] s’impose à ma prière. Elle m’oblige, elle nous oblige à prier beaucoup plus pour le pape. » (Itinéraires de mai 1973, n° 173, p. 37) : « Quand ils sont réduits à l’extrémité d’avoir de tels papes [gravement scandaleux dans l’ordre de la foi et de la morale], les fidèles, les prêtres, les évêques qui veulent vivre de l’Église ont le grand souci non seulement de prier pour le Pontife suprême, qui est alors un grand sujet d’affliction pour l’Église, mais il s’attachent eux-mêmes d’abord, et plus que jamais, à la tradition apostolique... »


*   Luce Quenette (Itinéraires, suppl. de juillet 1970 ; n° 2) :
« Nous prions pour que le pape ne cède pas à l’hérésie. (...) Jamais la prière Pro pontifice nostro, dite chaque jour, n’a été plus fervente... »

*  Maurice de Charette (Itinéraires de mai 1973 ; n° 173, p. 225-226) : « Rien ni personne ne m’empêchera de déplorer les désordres nés de ce concile et la régression de l’Église sous ce pontificat. (...) Nous devons prier, crier, ne pas perdre un instant de repos jusqu’à ce que, le coq ayant chanté trois fois, Pierre se ressaisisse enfin. »

CONCLUSION.


Le Sacré-Cœur de Notre-Seigneur-Jésus-Christ ressentait une haine violente pour le péché, mais aussi une grande miséricorde pour les pécheurs qui le faisaient souffrir sur la croix : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font. » (Le 23, 34).

Il nous faut voir aussi, à son exemple, une grande haine pour le néo-modernisme qui subvertit l’Église, mais accompagnée d’une grande miséricorde pour le misérable pape qui nous fait tant souffrir, en priant encore plus (amplius) pour lui.

Pour ceux qui refusent malgré tout de le considérer comme vrai pape, qu’ils s’en fassent un devoir au moins pour obéir à l’Évangile, qui nous commande de prier pour nos ennemis (Mt 5, 44 ; Le 6, 28), sans aucune exclusion. Qu’ils prient donc pour celui qui est assis sur le siège de Pierre, même s’il est le pire ennemi de la religion catholique, au moins pour qu’il se convertisse, fasse une digne réparation et sauve son âme.

Quant  à ceux qui ne se croient pas compétents pour déposer François de sa charge, et qui l’en présument encore possesseur, ils prieront d’autant plus à cette intention que leur devoir de fils de l’Église les oblige à prier publiquement et privément pour son chef visible. Obligation d’autant plus pressante que la barque de Pierre s’enfonce de plus en plus dans les flots de l’apostasie générale. Et à l’exemple de Jacinthe de Fatima, ils y joindront des sacrifices en plus, pour le “pauvre Saint-Père”.


En la fête de sainte Lucie 2016
Par un père capucin

mercredi 11 janvier 2017

XIIIe congrès théologique du Courrier de Rome et/ou du G.R.E.C. ?

Un lecteur assidu de ce blog nous a transmis les remarques suivantes.  La question se pose vraiment de savoir qui se réunira à Paris samedi prochain ...

"A l'occasion de son 50e anniversaire, la revue Courrier de Rome organise son XIIIe congrès théologique international, en partenariat avec le District de France de la Fraternité Saint-Pie X et DICI, les 14 et 15 janvier 2017, à Paris.

Samedi 14 janvier, de 9 H 00 à 18 H 00 : le congrès se tiendra, sous la présidence de Mgr Bernard Fellay, Supérieur général de laFraternité Sacerdotale Saint-Pie X, à la crypte de la chapelle Notre-Dame de Consolation 23, rue Jean-Goujon 75008 Paris.

Programme:

09 H 00 : Un peu de l’histoire du Courrier de Rome, Abbé Emmanuel du Chalard
09 H 30 : Des prêtres au secours de la Tradition, Jacques-Régis du Cray
 10 H 30 : L’Abbé Dulac et le droit de la messe traditionnelle, Abbé Grégoire Celier
11 H 30 : L’Ecole romaine de théologie et le Cœtus Internationalis Patrum, Professeur Roberto de Mattei
15 H 00 : Dans la continuité du Cœtus Internationalis Patrum, Abbé Jean-Michel Gleize
16 H 00 : Evocation des combats et combattants du Courrier de Rome, Abbé Alain Lorans
17 H 00 : Le combat de la foi continue, Mgr Bernard Fellay

Entrée gratuite, libre participation aux frais.


Dimanche 15 janvier, à 10 H 30 : Messe pontificale célébrée par Mgr Fellay à Saint-Nicolas-du-Chardonnet 23, rue des Bernardins 75005 Paris."
Ce que je voulais dire, à titre de simple remarque, c'est que l'on remarque que parmi les intervenants, il y a notamment:

Réunion du GREC- abbé Lorans- Abbé Lelong- Abbé  Barthe
-Jacques-Régis du Cray,(ex-) membre du G.R.E.C.

-l'abbé Grégoire célier, (ex-)membre du G.R.E.C.

-l'abbé Alain Lorans, (ex-)membre du G.R.E.C.

-l'abbé Emmanuel du Chalard, dont le Père Michel Lelong, dans son ouvrage "Pour la nécessaire réconciliation" le groupe de réflexion entre catholiques (GREC), (NEL, 2011, 162 p.), écrit aux pages 23 et 24:


"Dans les mois qui suivirent la rédaction du document rédigé par Gilbert Pérol, les idées qu'il avait émises furent reprises et développées par Mme Pérol dans son livre "Les sans-papiers de l'Eglise". En évoquant l'histoire de la FSSPX, en présentant sa situation actuelle, ce livre favorisa d'utiles rencontres entre des Catholiques ayant des options théologiques différentes. Il fut pour moi l'occasion de faire la connaissance de M. l'abbé Emmanuel du Chalard,qui avait été un proche de Mgr Lefebvre, et qui m'accueillit très amicalement dans le prieuré d'Albano, près de Rome. Quand Mme Pérol nous proposa de publier, en annexe, à la fin de son livre, un libre débat sur l’interprétation du Concile, M. l'abbé du Chalard accepta aussi volontiers que moi. Et dans les années qui suivirent, il ne cessa d'apporter au GREC un soutien aussi discret qu'attentif."

Avec une telle composition, on ne peut que se douter de l'orientation de ce congrès théologique; et se dire que ce n'est pas Mgr Fellay qui viendra contredire les opinions de ces personnes sur la Tradition, la place de la Fraternité St Pie X dans l'Eglise, ou encore une certaine question d'accords avec la Rome moderniste...

Abbé du Chalard - Abbé Schmidberger- M Pérol
Mgr Fellay- M Pérol


Série de conférences de l'abbé Chazal sur la franc-maçonnerie

Pour nos lecteurs qui comprennent l'anglais, voici une série de conférences qui ne manquera pas de vous intéresser ... 
 





mardi 10 janvier 2017

Qui étaient les parents des 3 voyants de Notre Dame de Fatima ?

Sermon donné en Normandie par l'abbé Salenave à l'occasion de la fête de la Sainte Famille .

 En 1917, Notre-Dame a choisi de parler à trois enfants pour leur révéler 3 grands secrets qui allaient éclairer toute notre histoire contemporaine et prévenir les âmes des grands fléaux qui les menaçaient. Pourquoi Notre-Dame a-t-elle choisi ces enfants ?  Pourquoi a-t-elle préféré ces familles pauvres du Portugal ? Le choix de Notre-Dame n'est pas un hasard. L'abbé nous l'explique.










 Pour télécharger le sermon :

https://mega.nz/#!QhBWWRyD!k6HMiin20SDnUEoigUmibdvvsZE9xo7hZxZIRYgPxd8

mercredi 4 janvier 2017

Un changement théologique imperceptible

Par Don Curzio Nitoglia

  

Après l'analyse plus théorique des rapports avec le modernisme, Don Nitoglia nous livre ici des applications plus concrètes...

Traduction par les soins de Reconquista


La gravité de la situation actuelle : du dialogue à l’accord

Nous sommes aujourd’hui témoins du dernier assaut ultra-moderniste contre les traditionalistes, et ceci par le piège du « dialogue »[i], en arrivant à une co-existence, après avoir accepté, imprudemment et comme par inadvertance, un changement théologique qui est erroné et téméraire.

En particulier, le Pape Bergoglio mène, d’une manière plus ou moins occulte, une guerre psychologique contre les traditionalistes, dont le but n’est pas de détruire mais d’affaiblir, graduellement, leur résistance face aux erreurs du modernisme (1900-1950), du néo-modernisme (1950-2013) et de l’ultra-modernisme (2013-2016).

Apathie et soumission du bien

Parmi de nombreux traditionalistes, vous remarquerez l’état d’un esprit affaibli, enclin au « laisser-faire », à la soumission, qui conduit à la procrastination, le retrait, les concessions tacites et malheureusement au fléchissement final passif et implicite, si bien que nous pouvons dire, paraphrasant Benedetto Croce, « Nous ne pouvons pas dire que nous ne nous modernisons pas », ou « Nous nous sommes tous modernisés, implicitement et tranquillement » (Rahner, Schilleebkx)

Une manipulation théologique bergoglienne

La tactique bergoglienne contre les traditionalistes est d’abord celle du pur « parler », discuter, marcher ensemble, se connaître l’un l’autre, se rencontrer, même sans arriver à un accord explicite, théorique, écrit et signé.  Le marxisme, spécialement la version euro-communiste (Gramsci, Bloch, Togliatti et Berlinguer), a employé avec un considérable succès cette tactique face aux catholiques « adultes naïfs », qui n’ont pas remarqué qu’ils subissaient une manipulation psychologique de la part des marxistes ; ainsi Bergoglio ne veut pas que les traditionalistes prennent conscience d’être manipulés théologiquement et amenés vers le modernisme.

Certainement, les traditionalistes sur le terrain remarquent, quoique vaguement, qu’une évolution se produit, un passage théologique.  Mais ils s’illusionnent eux-mêmes en pensant que c’est vraiment un passage volontaire et bénin, un réel approfondissement, une maturation opportune, même si c’est avec l’aide d’une « belle et généreuse entité » : « le modernisme à visage humain de Bergoglio », auquel vous ne pouvez dire « non », mais qui bien vite jettera son masque et fera d’eux des esclaves de la « synthèse de toutes les hérésies », comme le fait le démon quand il nous tente sous apparence de bien, tout habillé comme un ange de lumière.  Cette manière d’agir et d’être manipulé, je l’appelle « un changement théologique imperceptible », par lequel nous passons de la Tradition au modernisme.

Réaction naturelle à l’irréalisme moderniste et à la persuasion implicite

Comme le bon sens naturel, la saine raison du sens commun de notre nature humaine objective offrent quelques résistances à la doctrine subjective et irréaliste du kantisme moderniste (selon lequel c’est moi qui crée la réalité), ce dernier, avec François Ier, évite une persuasion explicite des traditionalistes (un protocole écrit et signé de reddition et d’acceptation de Vatican II et du Novus Ordo Missae) et il  a commencé la persuasion implicite, qui n’est rien de nouveau, mais qui a déjà été utilisé par le diable au paradis lorsque, sous la forme d’un serpent, il a dit à Eve que si elle mangeait le fruit défendu, elle ne mourrait pas mais deviendrait comme un « dieu » connaissant le bien et le mal. (Gen., III, 5).
Mais ces catholiques, qui sont fermement anti-modernistes et ne voulant pas de dialogue ni de compromis, ils tenteront de les marginaliser, désorganiser, décourager et les réduire au silence par la « police psycho-cléricale » orwélienne.

La « cinquième colonne hostile »

Une « cinquième colonne hostile », bien qu’ayant les apparences d’être sympathique, a infiltré l’intérieur du monde traditionaliste, qui, en définitive, a montré un certain esprit de superficialité et d’optimisme insouciant au sujet de la crise qui affecte la sphère ecclésiastique et le monde entier, et exerce sur lui une influence implicite « modernisante », de telle sorte qu’il accepte, en échange d’un plat de lentilles (« l’arrangement canonique », « la pleine communion »), la bonté de Vatican II, la Messe de Paul VI et la néo-religion de l’holocauste, à lire - selon l’herméneutique de la Tradition – à la lumière de la Tradition.  Cette « cinquième colonne » est d’autant plus efficace lorsqu’elle se présente elle-même comme étant apparemment anti-moderniste.

De la résignation à la chute

Tout ceci a rendu  la plus grande partie du monde traditionaliste « anesthésié », avec les bras croisés et docilement enclins à rester à l’écart des modernistes, qui pour le moment progressent doucement dans le but d’éviter les chocs et réactions.  De la résignation, on passe à une expectative légèrement favorable, et puis à la pleine sympathie pour le « modernisme à visage humain », jusqu’à ce qu’on atteigne une collaboration pratique et finalement l’acceptation de principes, au moins implicites, qui étaient auparavant jugés inacceptables. « Nemo repente fit pessimus » (Personne ne devient mauvais d’un seul coup.)

dimanche 1 janvier 2017

Quinze Pays ( CE 494 )


La « Résistance » ? Quoi ? Des semailles, pas plus.
Mais très riche moisson, quand Dieu aura voulu.

Le dernier jour de l’année peut être un bon moment pour survoler le champ de bataille du combat de la Foi dans 15 différents pays visités par l’auteur de ce « Commentaire » au cours de l’année 2016. C’est un combat à mener dans des conditions bien difficiles, parce que l’Église catholique comme n’importe quelle organisation humaine dépend de son chef, et le Pape François durant toute cette année a donné l’impression qu’il veut détruire l’Église bimillénaire pour la remplacer par n’importe quoi qui plaise aux foules modernes, c’est-à-dire aux médias, c’est-à-dire aux ennemis de Dieu. En vérité, « Le Pasteur est frappé et les brebis sont dispersées », ce qui inclut actuellement la direction de la Fraternité St Pie X. Mais évoquons plutôt comment de pierres le Bon Dieu suscite dans le monde entier des fils à Abraham (Mt. III, 9), car si ceux-ci se taisaient les pierres mêmes devraient crier (Lc. XIX, 40).

Aux Indes, un ancien prêtre de la Fraternité et un ancien séminariste ordonné prêtre depuis, maintiennent l’unique prieuré et paroisse « Résistante » dans tout le sous-continent. Que Dieu soit avec eux. Au Brésil il semblerait que le sacre épiscopal de Mgr. Thomas d’Aquin ait bien fortifié la défense de la Foi autour de son Monastère. Que Dieu en soit remercié. Le Mexique a toujours été fort dans la Foi, et il est actuellement la base de l’excellent site internet en espagnol, Non Possumus. En Suisse un petit groupe de laïcs est content à l’ombre d’Écône d’entendre des choses qui ne s’entendent plus si souvent au Séminaire lui-même depuis le temps où Mgr Lefebvre y a donné tant à tant d’entre nous. Aux États-Unis, où la Fraternité avait réussi à réimplanter la doctrine anti-libérale de l’Église dans tout le continent, le libéralisme reprend le terrain perdu, grâce au désastreux changement de cap de la Fraternité depuis la mort de Monseigneur. Mais les prêtres du District n’ont pas encore dit leur dernier mot, et parmi eux l’abbé Zendejas, autrefois de leur nombre, travaille courageusement à reconstruire.

Deux autres prêtres autrefois de la Fraternité, les abbés Chazal et Picot, voyagent dans tout l’Orient, y compris en Australie et en Nouvelle Zélande. En Corée du Sud une chapelle Résistante est maintenue dans la capitale, Séoul, par une courageuse convertie. Au Japon les Catholiques ont été décimés par la Deuxième Guerre mondiale, Vatican II et maintenant la glissade de la Fraternité, mais il reste quelques contacts Résistants, y compris un vieux prêtre japonais. Par contre dans le pays le plus catholique d’Asie, les Philippines, l’abbé Chazal administre des douzaines de centres de Messe et un séminaire qu’il sera bien plus facile à servir depuis la récente ordination sacerdotale de l’abbé Jean, né aux Philippines.

En Europe, l’ Irlande a un nouveau prieuré de la Résistance au Sud proche de Cork, et la Pologne a un groupe de Catholiques qui ouvrent les yeux à la glissade dangereuse de la Fraternité vers Rome, mais pour le moment ils n’ont qu’un seul vieux prêtre polonais pour les desservir. Patience. Dans la République tchèque il y a un groupe parallèle de Catholiques dont la foi est forte, et qui mettent leur espérance en des prêtres qui reviennent du Novus Ordo à la Tradition. En Belgique aussi il y a un bon groupe en province qui remonte à un prêtre fidèle qui a laissé derrière lui il y a des dizaines d’années un legs de conviction et piété catholiques. En Allemagne, la Résistance décolle lentement à cause d’une obéissance instinctive envers toute autorité, mais cela commence à bouger. En Italie de même le début de la Résistance est lent parce que l e conservatisme des Catholiques y a fait que la Révolution Conciliaire n’a point fait rage comme dans les pays du Rhin, par exemple. Mais laissons faire le Pape François !

Et enfin il y a la France qui mène toujours dans l’Église, en bien ou en mal, par exemple par un Mgr Lefebvre ou par un Teilhard de Chardin. Les prêtres français ont toujours été les plus nombreux dans la Fraternité, et ils le sont maintenant dans la Résistance, et des centaines de laïcs français aujourd’hui viennent assister à des conférences régulières sur la doctrine anti-libérale des Papes pré-conciliaires. Mais la France comme pays se disloque actuellement, parce que les Catholiques n’ont pas de bon Pape pour les unir, et les citoyens n’ont pas de Roi catholique pour les rassembler autour de la cause de Dieu. Patience. Dieu va relever la France, et nous tous avec elle.

Kyrie eleison.

Nouvel an

En ce premier jour de l'an de grâces 2 017, chacun s'active à prendre de bonnes résolutions...




A ceux qui n'aurait pas d'idée, Reconquista  propose de se joindre à une croisade de la Charité ...