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vendredi 19 avril 2024

L'épiscopat est-il en train de disparaître ?

Aujourd'hui, Mgr Williamson revient sur la question de Mgr Huonder. Il nous explique pourquoi il ne s'agit pas d'une question anodine qui peut être évacuée d'un revers de main au prétexte que Mgr Huonder était gentil, aimait sincèrement la FSSPX et voulait être enterré à Ecône. Pour juger la portée d'un problème et ne pas faire de sentimentalisme, il faut revenir sans cesse aux fondamentaux que sont les principes théologiques traditionnels. Mgr Williamson nous les présente.  A nous d'en tirer les justes conclusions.

Comme le précise Mgr Williamson, ce texte a été rédigé avant le décès de Mgr Vitus Huonder survenu le 3 avril dernier. Ses obsèques ont été célébrées ce mercredi 17 avril 2024 à Ecône par Mgr Felay, en présence de l'actuel évêque de Coire (photos ci-dessous).

KE 874 (13 avril 2024) 


On remarquera la présence de Mgr Bonnemain, actuel évêque de Coire, mais aussi de Mgr Eleganti, ancien évêque auxiliaire de ce diocèse. (Source : https://riposte-catholique.fr/archives/188731)

Quoi ? Plus d’épiscopat ? Monseigneur, vous pensez !
Vous verrez, quand demain vous serez dépassés !

L’automne dernier, un ancien confrère m’a envoyé la lettre qui suit (légèrement abrégée ci-dessous.) Il est toujours prêtre de la FSSPX (peut-être parce que de l’extérieur il pourrait être plus menaçant pour ses Supérieurs qu’il ne l’est de l’intérieur, où il continue à respecter leur ‘autorité’). Que Dieu ait pris avec Lui Mgr Huonder, qui est décédé après la rédaction des lignes ci-dessous !  On peut estimer qu’il était moins rusé que les malfaiteurs qui se sont servis de lui.

Par rapport à ce qu’elle a été pendant 21 ans sous Mgr Lefebvre (1970–1991), la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X est devenue très libérale, abandonnant de fait depuis 2012, et à tous les échelons, la voie tracée par son fondateur. C’est mettre le nom en accord avec la réalité que de l’appeler aujourd’hui ‘Néo-fraternité’, hélas. Je pense que tous les problèmes de cette ‘Néo-fraternité’ ont trouvé pour le moment un point d’orgue avec l’installation de Mgr Huonder.

1. Il a été ordonné prêtre et évêque selon les nouveaux rites d’ordination et de consécration. Or, ceci n’est plus considéré comme un problème dans la ‘Néo-fraternité’. Un appel pour qu’il se laisse réordonner et re-consacrer sous condition est malheureusement resté sans suite. La Néo-fraternité a abandonné le principe, ancien dans l’Église, du ‘tutiorisme’, qui consiste à aller toujours au plus sûr chaque fois qu’il y a le moindre doute sérieux quant à la validité des sacrements reçus, comme c’est le cas pour les consécrations d’évêques dans la nouvelle Église, et peut-être même pour l’ordination des prêtres.

2. Mgr Huonder critique le pape François, Vatican II et la nouvelle messe, mais sans enthousiasme. Et cela suffit pour qu’une grande partie des laïcs de notre Néo-fraternité l’appellent ‘l’homme ou l’évêque qu’il nous faut’. Mais en réalité, il n’a jamais expressément condamné ni Vatican II (1789 dans l’Église) ni la nouvelle messe (la messe de Luther). Mgr Huonder a déclaré à quelqu’un qu’il disait la nouvelle messe avec dignité et qu’il la considérait comme une forme tout à fait louable de la messe. Ceci manifeste sans ambiguïté comment il entend réconcilier l’ancienne messe avec la nouvelle église, tout à fait dans l’esprit du pape Benoît XVI, mais en opposition totale avec Mgr Lefebvre.

3. Dans ses conférences, Mgr Huonder admet ouvertement que sa tâche est de ramener la Néo-fraternité sous l’autorité de Rome. Il est donc un agent infiltré du pape François. Mgr Huonder s’est fixé exactement la même tâche que le pape François : attirer la Néo-fraternité dans le Moloch qu’est la nouvelle Église (François l’a fait en légitimant les confessions, les mariages et les ordinations dans la Néo-fraternité, utilisant la tactique du salami pendant trois années consécutives, de 2015 à 2017). Et tout comme les Supérieurs de la Néo-fraternité, lors de la légitimation officielle de leurs confessions, ordinations et mariages, se sont écriés : «Oh, Saint-Père, nous vous remercions ! », de même nos Supérieurs s’inspirent maintenant de Mgr Huonder, et se réjouissent qu’un évêque de la Nouvelle église ait trouvé son chemin vers la Néo-fraternité, qu’il vive dans l’une de nos maisons, et rejoigne ouvertement la Néo-fraternité comme un sous-marin. Nos Supérieurs sont devenus bien aveugles.

4. Mgr Huonder a écrit sa thèse de doctorat sur une question d’exégèse juive au Moyen-Âge. Mgr Huonder a introduit dans l’Église suisse le « Jour du Judaïsme ». Aucun membre de la Néo-fraternité ne semble s’être demandé si la relation de Mgr Huonder avec les Juifs correspondait à la vision traditionnelle de l’Église catholique.

5. Un collègue m’a écrit que si le nouveau rite de consécration des évêques s’avérait invalide, cela aurait des conséquences désastreuses. Depuis le début des années 1970, il n’y aurait plus de prêtres ou d’évêques valides. Cela impliquerait que toutes les congrégations de rite traditionnel officiellement reconnues dans la Nouvelle Église, comme Saint-Pierre ou le Christ-Roi, n’auraient pas non plus de prêtres valides et que l’Église du Christ n’existerait plus que dans la Néo-fraternité. Ni le pape Benoît XVI ni Mgr Viganò n’auraient été des évêques valides. Ces conclusions, qui relèvent d’une certaine logique, doivent être prises au sérieux.

Le Supérieur Général de la Néo-fraternité, l’abbé Pagliarani, a soulevé cette question lors de sa Conférence à Ecône le 8 septembre dernier. Or si la Néo-fraternité veut absolument l’amour et la reconnaissance de la Rome maçonnique et moderniste, alors mieux vaut ne pas évoquer le problème. C’est pourquoi il a explicitement pris position en faveur de la validité des Consécrations dans le nouveau rite. Une conclusion aussi grave peut-elle être vraie ? On nous répète constamment que Bergoglio a l’intention de réformer la nouvelle messe, et que dans la réforme de la réforme, il n’y aura plus de mots de consécration prononcés sur le pain ou le vin, ce qui signifierait la disparition complète de la messe. D’ailleurs, à mon avis, environ deux tiers des nouvelles messes sont déjà invalides, parce que les prêtres ne croient plus à la Présence Réelle du Christ. Mais si la disparition totale de la Messe est une éventualité, pourquoi pas aussi la disparition totale des évêques consacrés validement ?

Kyrie eleison

Mgr Bonnemain aux obsèques de Mgr Huonder à Ecône



Après la cérémonie, Mgr Fellay s'entretient avec l'évêque et l'évêque auxiliaire de Coire


samedi 13 janvier 2024

Miles Christi XXV (partie II)

 Partie I

Die Huonde Wunde

1.       On pouvait donc s’attendre à ce que, par conséquent, la FSSPX ne fasse jamais entrer en son sein des évêques du Novus Ordo, surtout s’ils agissent et enseignent  comme évêques du Novus Ordo, comme on le voit en promouvant Huonder dans « Die Grosse Wunde », une série de conférences de ce dernier soigneusement présentées sur youtube.

Permettez-moi d’insister sur ce point : Le « munus docendi » de la FSSPX est en train de changer ; et par l’intermédiaire de Huonder, l’hostilité à l’égard de Vatican II s’évapore, ce qui est bien plus grave que le fait qu’il altère les sacrements.

Le nouvel Huonder reprend l’idée que Vatican II peut être accepté « à la lumière de la Tradition »,  et bien que Vatican II ait été bien intentionné et traditionnel, il a été dépassé par des radicaux qui ont causé des dommages signalés à juste titre par la FSSPX.

Avec le Diable et tous ses vieux singes, si quelque chose fonctionne, le tour sera répété encore et encore.  Même François utilise la terminologie « Traditiones Custodes » … pour enterrer la Tradition !  Notez bien que l’expression « à la lumière de la Tradition » se trouve pour la première fois dans le premier décret de Vatican II sur la liturgie, signé par le « Bon » pape Jean, latiniste et conservateur.

Devinez ce qui s’est passé par la suite : il n’y a aucun domaine dans lequel  la dévastation de la révolution ait été plus sévère que dans la liturgie.  Les photos bien documentées du mandat de Mgr Huonder comme évêque de Coire en sont une bonne preuve.  Il a même fréquenté une femme-évêque protestante et il est l’illustre promoteur du « Dies Judaicus » ou Journée juive, qui doit être célébrée dans toutes les paroisses suisses dans le but d’apprendre aux catholiques à se rapprocher de la tradition juive…

…Et c’est lui qui est présenté comme un champion de la Tradition !  Vraiment, en cela, seuls ceux qui veulent être trompés seront trompés.

2.       Et cela nous amène à la deuxième partie de l’argument : « Vous avez été blessés  »

Je retiens mes larmes à la pensée que dans le passé, c’est nous, catholiques traditionnels, qui avons été accusés de blesser notre mère l’Eglise par notre adhésion et notre fidélité à la Tradition.  Maintenant, les rôles sont inversés.

Le nouvel Huonder établit une série d’abus et persécutions subis par ceux dont le seul but était de maintenir la foi catholique et l’accès aux canaux de la grâce.  Tellement vrai, n’est-ce pas ? Depuis six décennies, l’autorité s’est dressée comme persécuteur de la vérité, et maintenant elle se retourne pour s’excuser.  Qui pourrait être impoli et rebelle au point de rejeter cette offre ?

Ce que le Vieux Singe espère toujours, c'est que les gens oublient ce qu'il fait ailleurs, à savoir avec Ecclesia Dei, qui est en train d'être mise en boîte, en partie sans succès, par le Pape François.

Certes, on nous dit que nous sommes "spéciaux", mais est-ce suffisant pour croire que Rome n'essaiera pas de nous mettre en boîte plus tard alors qu'elle essaie de mettre les autres en boîte avec beaucoup d'efforts ? Qui peut être aussi crédule ?

3.       Dans ce stratagème de "discerner et intégrer" se cache aussi un grand désir de restaurer les droits de ceux dont la conscience a été forcée  et de réparer "l'injustice, l'abus de pouvoir".

Le nouvel Huonder propose "un nouveau regard" sur la situation, pour "rétablir la confiance". Pour lui, la miséricorde et la compassion envers ceux qui ont été blessés (cf point 2.) vont de pair avec la prise de toutes les mesures appropriées pour réintégrer les victimes d'abus.

Si l'on en croit les scandales d'abus d'enfants, nous constatons, année après année, la grande capacité des responsables du Novus Ordo à approcher les victimes et à leur dire exactement ce qu'elles ont besoin d'entendre. C'est l'"Église à l'écoute", le "discernement et l'intégration", la "miséricorde et la compassion", ce que les politiciens lancent généralement à l'opinion publique dans le cas d'une situation à laquelle ils ne peuvent pas ou ne veulent pas remédier.  

Et ce qui m'étonne vraiment, c'est que Mgr Huonder ait l'audace de jeter dans son panier de compassion des plaintes concernant Traditiones Custodes et le mauvais traitement des prêtres Ecclesia Dei. Essaie-t-il de nous persuader, nous, les moutons dupes, que François va se laisser convaincre et devenir gentil avec ses détestés catholiques traditionnels "rétrogrades", "fixistes", "hypocritement ritualistes", "gardiens des cendres" ?  Avons-nous vu Huonder faire irruption dans son bureau et se plaindre directement à François (comme l'a fait Mgr Lefebvre avec Paul VI à Castel Gandolfo) et nous rapporter ensuite que ses efforts ont porté leurs fruits et que, pour preuve, François ne coupe désormais  plus les têtes ?

 Qui pourrait croire à de telles paroles en l'air ?


...A moins qu'il ne soit aveuglé par l'orgueil, l'orgueil collectif, bien au chaud dans le raisonnement moutonnier : «Comme nous sommes nombreux et que nous sommes grands, rien de mal ne nous arrivera », « Nous sommes assez grands pour avoir les libéraux d’un côté et nous de l’autre et nous leur survivrons », « Les sacrements douteux ne nous atteindront qu’après quelques années », etc.

La Nouvelle Rome a, plus ou moins, permis à Ecclesia Dei de s'étendre pendant 30 bonnes années, et elle s'est étendue, et puis ? Il en ira de même pour la FSSPX ; aucun d'entre nous ne devrait croire les rumeurs selon lesquelles la FSSPX va obtenir des évêques pour remplacer ceux 
qui vieillissent. Certes, Mgr Fellay, Mgr Tissier et Mgr Galarreta peuvent facilement continuer à travailler pendant 10 ans, mais qu'en sera-t-il dans 20 ans ? Ils auront alors 90 ans de moyenne d'âge et seront probablement tous morts en 2053.

Ainsi, comme leurs prédécesseurs de la FSP, la FSSPX sera favorisée pendant un certain temps biologique ; et nous voyons les séminaristes/vocations Ecclesia Dei migrer vers la FSSPX alors que les séminaires de la FSP sont en train d'être fermés. Au moment de la création de la FSP, le séminaire Mater Ecclesiae a été brusquement fermé, tout comme au moment de la collusion de la FSPX avec le Novus Ordo, la "Commission Ecclesia Dei" a également été fermée.



(à suivre)
 

dimanche 10 septembre 2023

Miles Christi XXV (été 2023 )

 


Vous n’apprenez pas de nouveaux tours à un vieux singe ; et si les vieux tours fonctionnent toujours, ils seront sans cesse répétés.  Nous parlons de vieux singes, dignes, expérimentés ; je ne donnerais pas cette garantie à de jeunes singes, de petits singes, ce que l’on ne trouve pas de nos jours parmi les simiens très expérimentés du Vatican.

En 2012, l’attrape était que « Rome a changé » et que les conditions étaient réunies pour « une reconnaissance canonique »…  Cependant, Rome a seulement changé vers le pire et la reconnaissance canonique a progressé par paliers, et surtout sans signature officielle comme Mgr Fellay l’avait dit à Jean-Pierre Maugendre dans un fameux entretien

En 2023, une dizaine d’années plus tard, l’intrusion du Novus Ordo prend place, graduellement et si adroitement que, cette fois, nous ne sommes pas témoins d’une longue liste d’expulsions et vexations qui se produisirent dix ans plus tôt.  Pourquoi ?  Le nouvel Huonder.  Néanmoins, cette intrusion est beaucoup plus grave parce qu’elle concerne les sacrements.

 

Mgr Lefebvre, pour de bonnes raisons, remit en question ce troisième « pouvoir de sanctifier » dans l’Eglise du Novus Ordo.  Dans son homélie historique du 30 juin 1988, il déclara qu’il procédait à ce sacre de quatre évêques précisément parce qu’on ne peut pas avoir une garantie  de la validité des ordinations (et sacres) dans le Novus Ordo en raison des altérations manifestes de la « réforme liturgique » qui a suivi Vatican II, par lesquelles la forme (« Spiritus principalis ») a été tempérée ; et, un peu comme pour la réforme de Cranmer (et de ses successeurs), presque toutes les annexes qui l’entourent ont été modifiées comme pour ne pas exprimer clairement l’intention de l’Eglise, mais de manière ambiguë, protestante.  (à suivre)

vendredi 4 août 2023

Deux sortes d'évêques II

KE 836 (22 juillet 2023) 

Le léopard, dit-on, ne peut changer ses taches . . .

L’ennemi est dans Rome . . . . Avec lui, pas d’attaches!


Tempora mutantur, nos et mutamur in illis, disaient les Latins : « Les temps changent, et nous changeons avec eux. » Et nous changeons avec eux. Et comme Dieu a créé ce monde pour peupler son Ciel d’anges et d’humains qui ont mérité de partager Son bonheur éternel ; et comme pour punir la chute d’Adam et Ève, Il a permis au plus grand des anges déchus de devenir « le Prince de ce monde » (Jn 12, 31 ; 14, 30 et 16, 11) ; et comme le Monde, la Chair et le Diable créent ensemble un courant puissant qui entraîne un grand nombre d’âmes vers leur damnation éternelle ; alors, certes nous changeons, mais chacun de nous doit s’assurer qu’avec le temps qui passe, nous changions vers Dieu et non pas en nous éloignant de Lui.

La tromperie massive de Vatican II (1962–1965) se poursuit, exemple catastrophique de millions de
catholiques détournés de Dieu, même sous l’apparence d’être conduits vers Lui. Aussi, au milieu du déclin abyssal de l’Église catholique qui a suivi Vatican II, Mgr Lefebvre (1905–1991) a réussi l’exploit miraculeux de créer au sein de l’Église une union sacerdotale, afin de s’opposer à l’abaissement imposé à toute l’Église par ses plus hauts responsables, à Rome ou dans les diocèses : ce fut la Fraternité Saint Pie X, officiellement condamnée par les papes selon les apparences, mais qui, en réalité, a maintenu la vraie foi avec la grâce de Dieu et le soutien d’un reste de vrais catholiques dans le monde entier. Pour sauver sa Fraternité et protéger ces catholiques, Mgr Lefebvre a été conduit, nonobstant l’interdiction expresse de Rome, à consacrer en 1988 quatre évêques choisis par lui et qui ont rendu pendant vingt ans un service fidèle à la Vérité catholique et donc à l’Église, au moins extérieurement.

Intérieurement, cependant, les temps changeaient, et avec eux changeaient les dirigeants de la Fraternité que son fondateur avait laissés après lui lorsqu’il mourut en 1991. En quelques années, les contacts entre la Fraternité et Rome, que Mgr Lefebvre avait rompus en 1988 « jusqu’à ce que Rome revienne à la foi catholique », ont été discrètement renoués, pour ne pas dire secrètement, alors même que Rome imposait toujours plus la tromperie du « printemps conciliaire ». La discrétion voire le secret de ces contacts était nécessaire pour ne pas effrayer de part et d’autre les âmes qui ne pouvaient pas croire, à juste titre, à la possible réconciliation du catholicisme et du conciliarisme. Il fallait donner du temps à ces âmes disposées des deux côtés afin qu’elles évoluassent suffisamment pour accepter qu’il n’y a pas de contradiction insurmontable entre la Foi et Vatican II.

Avec le temps, bien sûr, les hommes ont changé et en 2012, les dirigeants de la Fraternité étaient du moins susceptibles de nier la contradiction. Ainsi, lors de leur Chapitre non-électif de cette année-là, ils ont officiellement changé la politique de leur fondateur, « Pas d’accord pratique sans accord doctrinal », qui plaçait la Foi en premier, en une politique de « Comme il ne peut y avoir d’accord doctrinal, nous devons donc nous contenter d’un accord pratique », qui plaçait la doctrine en second et l’accord en premier, ce que Mgr Lefebvre lui-même, après 1988, n’aurait jamais fait. En effet, comme ces Commentaires l’ont mentionné la semaine dernière, lors des négociations avec Rome en mai 1988, il considérait que les tergiversations du cardinal Ratzinger avaient manifesté une fois pour toutes que Rome ne protégerait pas la Tradition.

Mais, pourrait-on objecter, qu’y a-t-il de mal à faire un accord pratique lorsqu’un accord doctrinal s’avère impossible, comme cela est apparu clairement après les discussions doctrinales infructueuses entre Rome et la FSSPX en 2008–2011 ? Le problème que Mgr Lefebvre avait bien compris au soir de sa vie, était qu’à partir d’un accord pratique, la fragile Fraternité se serait mise à la remorque du poids lourd romain, et que la vraie doctrine, qui est le seul poids réel de la Fraternité, aurait compté de moins en moins jusqu’à ce qu’elle eût été abandonnée en pratique, et la Fraternité anéantie, comme la Rome infidèle, la Rome conciliaire, l’a toujours souhaité.

Il est certain qu’en 2023, Mgr Huonder, malgré toute sa bonne volonté possible, Dieu le sait  !, est placé dans l’arène avec l’accord des deux parties pour faire une contribution importante à cet anéantissement. Dieu le sait !

Kyrie eleison.

mercredi 14 juin 2023

Petite analyse des vidéos de Mgr Huonder

Ce dimanche 4 juin 2023, le Père Bruno a publié une intéressante analyse des vidéos publiées récemment par Mgr Huonder; cela donne un éclairage supplémentaire à l'affaire des "Saintes Huiles". 

 

Mgr Huonder est un évêque suisse de langue allemande, qui a pris sa retraite, il y a quatre  ans, dans une école de la Fraternité. Le communiqué qui l'annonçait précisait dans quel  but : « se consacrer à la prière et au silence» ; ce qui semblait exclure le ministère.  En réalité,  dès le début,  Mgr Huonder s'est vu confier du catéchisme, des confessions, des prédications  pour les élèves.  Par la suite, il a visité différentes chapelles, et à la Pentecôte 2021 il a même  célébré une messe pontificale au séminaire de Zaitzkofen, en Allemagne.  C'est dans ce  même séminaire que, le jeudi saint dernier (6 avril), il a de nouveau célébré une messe pontificale, cette fois pour la consécration des saintes huiles. Il s'agit d'une cérémonie très importante, puisque les saintes huiles sont la matière des sacrements de confirmation et  d'extrême-onction, et sont utilisées également pour le baptême et l'ordre.

Pour qu'un évêque consacre validement les saintes huiles, il faut qu'il soit vraiment évêque, c'est-à-dire qu'il ait été sacré validement, et d'abord qu'il ait été ordonné validement en tant que prêtre. Or Mgr Huonder a été ordonné prêtre en 1971 et sacré évêque en 2007, donc dans les deux cas selon le nouveau rite d'ordination ou de sacre, qui remonte à 1968. Il semble que ce nouveau rite soit valide en soi, mais en pratique il est douteux.  C'est ce qu'affirmait Mgr Lefebvre dans une circonstance très solennelle, le 30 juin 1988 : les sacrements des  évêques conciliaires « sont tous douteux »,

Quand il s'agit d'une chose aussi vitale que les sacrements (qui sont les moyens par lesquels Notre-Seigneur nous communique sa vie surnaturelle), on ne peut rester dans le doute.  Il faut être «tutioriste », comme disent les théologiens, c'est-à-dire aller au plus sûr, avoir la certitude qu'un donne ou qu'on reçoit des sacrements valides. Si Mgr Lefebvre a fondé sa Fraternité, c'est pour préserver le sacerdoce catholique, et du même coup la messe catholique et les sacrements catholiques. Il a sacré quatre évêques dans le même but.

Je reviens à Mgr Huonder: il y a un doute sur la validité de son ordination sacerdotale et de son sacre épiscopal, ce qui entraîne un doute sur la validité de toutes les confirmations et de toutes les extrêmes-onctions qui seront administrées avec les saintes huiles consacrées le jeudi saint dernier à Zaitzkofen. Il s'agit donc d'un événement gravissime, qui malheureusement n'a pas fait beaucoup de vagues; malheureusement, parce que les prêtres qui ne sont pas d'accord auraient dû protester publiquement. Leur silence est un silence complice.  On sait cependant que quelques prêtres allemands refusent d'utiliser les saintes huiles consacrées par Mgr Huonder (ce qui est le signe qu'il y a vraiment un doute).

Dans les semaines qui ont suivi cette cérémonie, le site de la Fraternité a publié trois vidéos  présentées comme un « témoignage de Mgr Huonder », sans doute pour rassurer les prêtres et les fidèles sur ses bonnes dispositions. Nous allons voir que cela ne rassure guère, mais de toute façon nous n'avons pas à juger ses intentions; le problème est objectif : ce Mgr Huonder est-il vraiment évêque?  les huiles qu'il a consacrées il y a deux mois en Allemagne sont-elles vraiment des saintes huiles?  les enfants qui sont confirmés, les malades qui sont extrémisés avec ces huiles reçoivent-ils vraiment les sacrements de confirmation ou d'extrême-onction ? - Ceci dit, même si on pouvait avoir une certitude quant à la validité du sacre de Mgr Huonder (auquel cas les supérieurs auraient dû l'expliquer, au lieu de réclamer une confiance qu'ils ne méritent plus, au moins depuis le 15 avril 2012), même en ce cas on pourrait se demander s'il était convenable de faire célébrer une telle cérémonie par cet évêque. C'est là qu'il est intéressant d'analyser brièvement les trois vidéos.

On y trouve quelques paroles assez fortes au sujet de la crise, par exemple lorsqu'il dit que l'abolition du rite traditionnel est « une injustice, un abus de pouvoir ».  Mais il y a bien des éléments qui montrent qu'il est loin d'adhérer au combat de la foi que nous voulons mener dans le sillage de Mgr Lefebvre. Quelques exemples:

- Il est très bienveillant envers Benoît XVI. Il se trompe d'ailleurs quand il prétend que ce pape a «levé l'excommunication injuste de Mgr Lefebvre et des évêques de la Fraternité» : l'excommunication n'était pas seulement injuste, mais invalide; et Benoît XVI n'a pas parlé de Mgr Lefebvre (ni de Mgr de Castro Mayer).

- Au sujet d'Assise, il emploie les expressions de « choc» et de « perte de confiance », mais il ne semble pas voir qu'il s'agit d'abord et surtout d'un blasphème contre Notre-Seigneur.

- Il reconnaît qu'il porte un « regard nouveau» sur ce qui s'est passé dans l'Église depuis quelques dizaines d'années, mais il ne fait aucune allusion à son propre passé d'évêque très conciliaire, très œcuméniste. Il est par exemple à l'origine du dies judaïcus, le «jour du judaïsme », institué en Suisse en 2011 et adopté ensuite par d'autres pays. Ses vidéos ne constituent pas une profession de foi comme celle de Mgr Lazo en 1998 ou comme la célèbre déclaration de Mgr Lefebvre en 1974. Monseigneur y affirmait clairement son  « refus catégorique d'acceptation de la réforme ».

- Pour Mgr Huonder, la position de Mgr Lefebvre sur le Concile est beaucoup plus nuancée: elle se résume dans une lettre de Monseigneur où il acceptait le Concile «interprété dans le sens de la Tradition ». C'est vrai que Monseigneur avait employé cette formule, mais il faut se souvenir du contexte: c'était fin 1978, juste après l'élection de Jean-Paul II, qui avait fait naître un certain espoir après les quinze années désastreuses du pontificat de Paul VI. Mais Monseigneur en était vite revenu, et il avait émis des jugements beaucoup plus sévères sur Vatican II.

- J'ai remarqué dans les vidéos plusieurs habitudes caractéristiques des ralliés: Mgr Huonder cite le texte du Concile sur la liturgie pour critiquer la messe de Paul VI, alors que Paul VI est inséparablement le pape du Concile et le pape de la nouvelle messe, et que la nouvelle messe  est la messe du Concile. Il se réfère au nouveau code de droit canon. Il évoque « les prêtres qui, pour des raisons de conscience, voulaient rester fidèles à la liturgie traditionnelle », ce qui n'est pas faux mais très incomplet, puisqu'il faudrait dire « pour des raisons de foi ». Il insiste sur le droit à la messe traditionnelle, qui est bien réel mais qui n'est pas l'essentiel : nous refusons la nouvelle messe parce qu'elle est mauvaise, dangereuse, empoisonnée. D'une manière générale, Mgr Huonder insiste davantage sur la loi que sur la foi.

- Un dernier point très important : il explique qu'en janvier 2015 Rome lui a demandé de faire le lien avec la Fraternité, en vue ... d'une reconnaissance canonique. On sait par ailleurs qu'il a été impliqué dans le « cadeau» du pape François à la Fraternité fin 2015 : la juridiction pour les confessions. Il affirme également s'être installé dans une maison de la Fraternité avec la bénédiction de Rome. Et à la fin de la troisième vidéo, il avoue franchement: « J'ai rempli ce mandat [du Saint-Siège], et je suis toujours en train de le remplir.»  Voilà qui est clair: Mgr Huonder travaille, aujourd'hui encore, à l'intégration de la Fraternité dans l'Église conciliaire, intégration qui ne peut aboutir qu'à une désintégration. On peut craindre que  «l'affaire Huonder » ne soit pas terminée, et que d'autres «paliers» se préparent.

Prions pour la Fraternité, qui est de plus en plus en grand danger, et demandons au Saint- Esprit - même si l'octave de Pentecôte est terminée - de nous donner la lucidité et la force: la lucidité pour y voir clair, la force pour marcher droit.

 

mardi 23 mai 2023

Considérations sur les sacres

KE 825 ( 6 mai 2023) et KE 826 (13 mai 2023)


 Consécrations – Rétrospective

 Nous n’avons plus la Foi de l’Évêque de Fer –

Prions pour éviter la folie et l’Enfer !

« Courir avec le lièvre et chasser avec la meute » : cette vieille expression anglaise s’emploie lorsque quelqu’un veut accomplir deux choses qui sont impossibles à faire en même temps. On peut courir avec la bête chassée ou chasser cette bête, mais on ne peut faire les deux à la fois. Un proverbe exprime la même réalité : « On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre. » Si vous achetez le beurre, vous n’aurez plus l’argent. Si vous gardez l’argent, vous n’aurez pas le beurre. Il existe une autre expression : « On ne peut pas jouer sur les deux tableaux. » Soit les femmes ont leur carrière, soit elles ont leurs enfants, soit elles n’ont que la moitié des deux : une carrière passée à se languir d’avoir des enfants. Dans la vie réelle, nous devons choisir et arrêter d’être « assis entre deux chaises. »

Dans l’Église catholique de 1988, Mgr Lefebvre a été confronté à un choix éprouvant : selon ses propres termes, soit il procédait à l’« Opération Survie » en consacrant quelques prêtres comme évêques, pour assurer la survie de sa Fraternité Saint-Pie X, et ainsi défendre l’intégrité de la vraie Foi contre une fausse autorité qui était déterminée à détruire cette Foi – fait sans précédent dans toute l’histoire de l’Église ; soit il commettait l’« Opération Suicide », laissant une Fraternité privée de ses propres évêques, livrée en fin de compte à la merci des destructeurs de la vraie Foi, de la Doctrine, de la Messe et du Sacerdoce – ni plus ni moins.      Devant ce choix, il ne s’est pas épuisé à suivre en même temps ces deux voies contradictoires. Sans l’ombre d’un compromis, il a choisi de consacrer quatre évêques pour la Tradition, et voici les fruits de son choix : la survie, comme déjà dit, de la Foi, de la Doctrine, de la Messe et du Sacerdoce catholiques. La fausse autorité l’a « excommunié », bien entendu, mais il n’y a pas prêté attention. Il savait qu’une telle sanction était nulle en tous points du moment que ses auteurs détruisaient la Foi.

Lorsqu’il prit cette décision, il était complètement isolé, et il n’y eut à ses côtés qu’un seul autre évêque durant la cérémonie des Consécrations : Mgr de Castro Mayer, du Brésil. À l’époque la plupart des prêtres de la Fraternité suivirent Mgr Lefebvre, et ils le firent volontiers et avec fierté. Le résultat d’avoir choisi la Vérité, de s’être attaché à son choix et d’avoir refusé tout compromis jusqu’à sa mort moins de trois ans plus tard, fut que pendant les 20 années suivantes, progressivement, la Fraternité connut ses années les plus fructueuses, administrant à tout l’univers catholique la preuve vivante que la Tradition catholique n’était ni morte, ni dépassée.  Peu à peu, des catholiques toujours plus nombreux se sont rendu compte qu’ils ont été dupes de Vatican II et de ses chefs égarés. Hélas, environ 20 ans après les Consécrations, les dirigeants de la Fraternité ont cessé de s’attacher à ce qui avait été la motivation et l’œuvre de leur Fondateur, à savoir la défense de la Foi trahie, et depuis 15 ans ils cherchent à nouveau une approbation officielle des responsables de l’Église, chefs dénués de cette Foi qu’ils s’efforcent plus que jamais de détruire, comme avec le paganisme de la Pachamama, ou la « Synodalité » à l’allemande.

Mais il existe une lueur d’espoir pour la Fraternité, qui pourrait revenir sur les pas de son Fondateur, le grand Mgr Lefebvre. Aujourd’hui, 18 avril, son Supérieur Général, l’abbé Davide Pagliarani, a tenu une réunion électronique mondiale des Supérieurs de la Fraternité pour leur dire avant tout deux choses. Premièrement, qu’ils doivent commencer à préparer leurs fidèles des prieurés ou des séminaires à l’annonce de la Consécration de nouveaux évêques au sein de la Fraternité. Avec ou sans l’approbation officielle de Rome ? « Telle est la question ». Si c’est avec l’approbation de Rome, il est très probable qu’il s’agisse d’un piège. Si c’est sans leur approbation, c’est plutôt un signe encourageant que les prêtres de la FSSPX sont en train de retrouver la Foi de leur Fondateur.  Et deuxièmement, l’abbé Pagliarani a annoncé qu’un nouveau document du Vatican au sujet du projet de « Synode sur l’Avenir de l’Église » déclare que « les structures hiérarchiques de l’Église doivent être abolies ». En d’autres termes, la colonne vertébrale de l’Église doit être mise en pièces, ce qui revient à atomiser l’Église elle-même. Voilà le but de Vatican II dès l’origine, comme des esprits sagaces, tel Mgr Lefebvre, l’ont vu dès le départ.

Sa Fraternité commence-t-elle maintenant à voir plus clair ? Ou bien se fait-elle duper une fois de plus ? Ceci n’est pas encore clair. Mais ce qui est sûr et certain, c’est que la grande guerre entre les amis et les ennemis de Dieu se poursuit exactement à l’identique à travers les âges. Nous devons prier avec ferveur le Rosaire, aimer la Vérité et nous y tenir, quoi qu’il advienne.

Kyrie eleison

Eclairages sur les sacres


Juger pour condamner, Dieu nous l’a interdit,

Juger pour discerner, Il nous l’a tous prescrit.


Les Commentaires de la semaine dernière exprimaient un vœu pieux : que la Fraternité Saint-Pie X reprenne la position héroïque de son Fondateur en 1988, lorsque ce dernier consacra quatre de ses prêtres comme évêques contre l’interdiction explicite de Rome, pour la survie de la Foi, c’est-à-dire la défense et la protection de cette Foi. Hélas, mieux vaut s’en tenir à la réalité qu’aux illusions. La réalité ? Jeudi Saint dernier, dans le Séminaire de la Fraternité à Zaitzkofen, en Allemagne du Sud, la cérémonie épiscopale de Consécration des Saintes Huiles a été célébrée par un évêque lui-même consacré selon le rite douteux de la Nouvelle église, et non selon le rite de la Tradition Catholique qui, lui, est certainement valide.

Certes, il est exagéré de prétendre que ce nouveau rite est automatiquement invalide, c’est-à-dire invalide dans tous les cas. Comme tous les nouveaux rites sacramentels imposés à l’Église dans les années 1960 et 1970, au nom et dans le sillage de Vatican II (1962–1965), ce rite est ambigu dans son esprit et dans sa nature. C’est-à-dire qu’il veut s’ouvrir à la fois à la Tradition de Dieu et à la Modernité de l’Homme. Par exemple : l’Église de Notre Seigneur est une monarchie, mais dans le nouveau rite, le modèle de l’évêque est d’esprit démocratique. Le nouveau rite a donc été conçu pour inclure à la fois le nouveau et l’ancien et pour n’exclure ni l’un ni l’autre, et ceci était nécessaire pour que la révolution conciliaire ait réussi. En effet, si la Religion ancienne et véritable avait été trop visiblement éliminée, les catholiques s’en seraient rendu compte et n’auraient jamais accepté la Révolution, tandis que si la religion moderniste et Conciliariste n’avait pas été suffisamment incorporée, la Révolution n’aurait pas pu avoir lieu non plus.

C’est pourquoi l’ambiguïté était, et est toujours à l’ordre du jour, afin de corrompre les catholiques fidèles et de les mettre sur la voie de la perte de leur Foi. Ainsi, au catholique traditionnel qui affirme que Mgr Huonder n’a jamais été correctement consacré, on répondra : « Oh non, le nouveau rite est parfaitement valide », alors qu’au catholique moderne qui se plaindrait que Mgr Huonder trahit le Concile en se comportant comme un évêque traditionnel, on répondra : « Oh non, il a convenu au préalable avec le Pape de faire ce qu’il fait ». Et ce « bon » évêque lui-même ne voit sans doute aucune contradiction à servir en même temps le Pape à Rome et la Tradition épiscopale en Suisse. Mais l’ambiguïté n’est pas de Dieu.

Nous sommes au cœur du problème de millions de catholiques, aujourd’hui encore : des siècles de philosophie moderne, de libéralisme et de liberté religieuse ont progressivement effacé de leur esprit, au moins en matière de religion, tout sens d’une Vérité objective correspondant à la réalité, imposant l’unité et excluant la contradiction. Pour l’esprit moderne, une telle « Vérité » n’est pas une libération de l’erreur mais une tyrannie mentale, une privation de liberté, un refus de la dignité humaine, etc. Thomas Jefferson, héros de la révolution américaine, écrivait ainsi à un ami, en 1800 : « J’ai juré sur l’autel de Dieu une hostilité éternelle à toute forme de tyrannie sur l’esprit de l’homme ». Et cette citation est gravée en gloire à l’intérieur du Monument à Jefferson à Washington, D.C.

Bien entendu, le problème de la vérité mise au service de la liberté – et non la liberté au service de la vérité – ne date pas d’hier ou d’avant-hier. Il remonte au moins à Martin Luther (1483–1546), « le premier homme moderne » (Fichte), qui a si violemment jeté à la face de la Vérité catholique son bouillonnant « Moi-Homme ! », que l’Église catholique a eu besoin d’un Concile tout entier pour définir les vérités dogmatiques qu’elle tenait de Dieu, et qui eurent besoin pour la première fois d’être définies, tant elles étaient ébranlées par la révolte de la Subjectivité humaine, partie à la conquête des « droits de l’homme ».

Voici le point de départ de notre monde moderne, qui est si profondément enfermé dans sa défiance envers Dieu – « Voici ma position, je ne puis faire autrement », s’écria Luther. Peut-on donc reprocher à Mgr Huonder de ne pas voir de contradiction dans ce qu’il fait ? Ou au pape Bergoglio de l’avoir chargé d’agir comme cheval de Troie au sein de la FSSPX ? Ou aux successeurs de Mgr Lefebvre à la tête de la FSSPX d’avoir accueilli ce cheval de Troie ? Qui sait . . . . Dieu seul connaît à ce point toutes choses, que Son jugement sur Ses sujets est infaillible. Quant à moi, je n’ai pas à juger des intentions subjectives, mais je suis absolument tenu de juger, du mieux que je peux, des faits objectifs, afin de mourir moi-même non en protestant, mais en catholique : il y va du salut de mon âme.

Kyrie eleison.


samedi 13 mai 2023

Mgr Huonder, un gentil grand-père ?

Epiphanie à Wangs

Nous publions, avec son aimable autorisation, le dossier complet établi par Monsieur l'abbé Dominique Rousseau concernant Mgr Huonder (Consécration des Saintes Huiles le 6 avril 2023, publication de trois vidéos enregistrées le 31 mars précédent) 

Source 


Le renard dans le poulailler

La cérémonie récente (Jeudi saint) au Séminaire de la Fraternité Saint-Pie X (FSSPX) a été très peu médiatisée.

De quoi s’agit-il ?

Mgr Vitus Huonder, ancien évêque de Coire (Suisse) a pris sa retraite dans l’école de Wangs (FSSPX) en mai 2019.

Il était annoncé que ce prélat ne ferait aucun ministère.

Les faits prouvent le contraire. Le dossier que vous lirez sous ce cette rubrique vous donnera des dates, des cérémonies, la dernière étant celle de la consécration des saintes Huiles ce Jeudi saint.

Aucun ministère ?

Allons donc : si la consécration des saintes Huiles n’est pas un ministère épiscopal, il faut réviser le dictionnaire, a minima

Par la suite, a été relayé sur Youtube Certamen (un média de langue allemande) et sur le site officiel de la Fraternité Saint-Pie X un témoignage filmé de Mgr Huonder.

Notre étude est en plusieurs temps : la consécration des Huiles et les doutes sur la personne consacrée puis l’analyse du « témoignage ».

Abbé Dominique Rousseau

Mai 2023

Sommaire :

- Mgr Huonder, suite

ou… une messe pontificale pour la consécration des saintes Huiles

- En réponse à quelques confrères prêtres

- Il a jugé convenable…

- « Dans la prière et le silence… »

- La sûreté des sacrements

- Les documents du Concile

- La nouvelle messe et le Concile Vatican II

- « Je continue mon mandat de 2015 »

ou… l’histoire du renard dans le poulailler


Mgr Huonder, suite
Ou… une messe pontificale pour la consécration des saintes Huiles

Le fait est passé, presqu’inaperçu. Mais pas tout à fait cependant.

Ce Jeudi saint, 6 avril 2023, au Séminaire allemand de la FSSPX, à Zaitzkofen, la messe de consécration des saintes Huiles n’a pas été célébrée par un évêque de la Fraternité Saint-Pie X. Par qui donc alors ?

lundi 24 avril 2023

Mgr Huonder mis en avant. Pourquoi ?

Suite aux polémiques qui sont apparues après la cérémonie de la Messe Chrismale de Mgr Huonder, dans un séminaire de la FSSPX, les responsables de communication de l'actuelle FSSPX se sont empressés de réaliser une série de vidéos pour défendre leur évêque Huonder. En visionnant la première vidéo qui se veut être une présentation de la série qui suivra, vous pourrez déjà constater les techniques de com' très en pointe (musique de fond apaisante, prises de vue professionnelles, lumières tamisées etc...) qui inquiètent plus qu'elles ne rassurent car elles ne sont là que pour compenser le creux des propos de l'évêque moderniste.

Quand on est dans le mensonge, il est difficile d'imiter la vérité...



dimanche 9 avril 2023

Nouveau palier ? Ce Jeudi Saint 2023, Mgr Huonder consacre les Saintes Huiles au séminaire de Zaitzkofen

 


Vous trouverez ci-dessous les différents documents évoqués dans cette vidéo.

https://fsspx.today/chapel/zaitzkofen/#d-2023-04-06



" (...) Au fil des ans, les évêques auxiliaires consacrés par lui ont rempli ce devoir sacré en tant que successeurs des Apôtres, de préparer les huiles saintes et nécessaires pour les sacrements et les sacramentaux dans le rite traditionnel pour les fidèles. Les lieux appropriés pour cela sont les séminaires de la Fraternité.

En cette année 2023, une messe de consécration à l'huile peut à nouveau être solennellement célébrée au séminaire international Sacré-Cœur de Jésus à Zaitzkofen, en Bavière. Le prélat célébrant sera entouré de douze prêtres, sept diacres et sept sous-diacres. (..) "


Par contre, il est public que Mgr Huonder célèbrera la messe de Pâques au séminaire :

 


Dans le reportage photo de la cérémonie chrismale 2023, aucun gros plan pour mettre Mgr Huonder en évidence.  Pourquoi le cachent-ils ainsi ? 

Position de Mgr Lefebvre au sujet des ordinations conciliaires : 
 

Traduction par Reconquista : " (..) Je suis d'accord avec votre désir que ces prêtres soient réordonnés sous condition et j'ai fait de telles réordinations un certain nombre de fois.  Tous les sacrements des évêques et prêtres modernistes sont maintenant douteux.  Les changements se multiplient et leurs intentions ne sont désormais plus catholiques.  Nous sommes dans le temps de la grande apostasie. (...) "

PS : Enfin une photo de face !  (ici)



mercredi 2 juin 2021

Billet d'humeur : "Des prêtres au pays des bisous"


Billet d'humeur d'un fidèle qui s'étonne du silence des prêtres après la venue d'un évêque moderniste dans un séminaire de la FSSPX.  

"En 2019 paraissait un article de l'abbé F. (néo-FSSPX) sur les bises de sortie de messes. Cinglant, incisif. Vous pourrez le retrouver dans le Fideliter année 2019. 

Le moucheron ne passera pas ! 

Nous attendons avec impatience le prochain article de l'abbé F. sur le baiser de paix que n'ont pas manqué de s'échanger Mgr Vitus Huonder et ses assistants à Zaitzkofen ces jours-ci

En effet, M. l'abbé F. ne saurait être fort avec les faibles et faible avec les forts, rampant misérablement devant ses confrères germaniques sous prétexte qu'ils échangent les bisous dans le chœur alors que les fidèles le font sur le parvis. 

Nous attendons donc son article car il ne peut filtrer le moucheron et avaler le chameau... ce ne serait pas très gentleman de sa part. 

Non, le moucheron ne passera pas !" 

mardi 25 mai 2021

Un évêque moderniste pontifie dans un séminaire de la Fraternité Saint-Pie X

Zaitzkofen, Pentecôte 2021


Source
 

Nous venons seulement d'apprendre que l'évêque moderniste Mgr Huonder a célébré la grand messe pontificale de la Pentecôte dans le séminaire allemand de la FSSPX. C'est une nouvelle étape dramatique de la lente chute de la Fraternité. 

EXPLICATIONS 

Beaucoup de fidèles de la Tradition avaient sans doute mal compris pourquoi Mgr Williamson avait sacré trois nouveaux évêques (Mgr Faure, Mgr Thomas d'Aquin et Mgr Zendejas) à partir de 2015. Certains affirmaient qu'il n'y avait pas véritablement état de nécessité car, même si la FSSPX avait trahi dans les principes son fondateur en 2012, il restait tout de même des évêques qui pouvaient encore ordonner les prêtres, confirmer les fidèles et consacrer d'autres évêques, et ainsi assurer une certaine continuité matérielle de la tradition catholique. 

Mais en réalité, il y avait réellement état de nécessité pour plusieurs raisons : d'abord pour des motifs doctrinaux puisque les trois évêques de la  Fraternité ont accepté en 2012 le principe d'un ralliement à la Rome conciliaire sans conversion du pape, et ils ne sont jamais réellement revenus sur la scandaleuse déclaration doctrinale d'avril 2012.  Ils ont ensuite accepté de mettre tous les sacrements de la FSSPX sous l'autorité des modernistes (en particulier les mariages, au prétexte que ceux-ci seraient reconnus par les officialités diocésaines et les autorités romaines, et donc moins susceptibles d'être remis en cause). 

Accepter en principe de se mettre sous l'autorité des modernistes pour des questions sacramentelles, c'était donc aussi accepter le nouveau code de Droit canon qui les régit, c'était aussi accepter de soumettre l'épiscopat catholique à l'autorité des évêques conciliaires ou de collaborer avec eux et, au final, de s'empêcher de sacrer un évêque pleinement catholique et opposé aux erreurs de Vatican II. 

Cette nouvelle étape mortifère vient désormais d'être franchie par la Fraternité dans le cadre du ralliement à l'Eglise conciliaire. Après avoir renvoyé Mgr Williamson, la congrégation a d'abord hébergé amicalement, dans une école suisse, l'ancien évêque de Coire Mgr Huonder. Celui-ci n'a jamais réprouvé les erreurs conciliaires dont il est pleinement imbu puisqu'il est à l'origine des journées œcuméniques avec les juifs en Suisse - dites dies judaïcus - et est un ami du pape François. On ne peut donc faire pire dans le genre ! 

Cette sympathie de la FSSPX pour l'évêque moderniste Huonder s'est  manifestée de bien des manières : d'abord par cet hébergement dans l'école suisse de Wangs où ce dernier pouvait enseigner et confesser les enfants, puis dans un second temps en le faisant circuler dans les divers prieurés et écoles du district suisse. L'étape nouvelle d'une célébration pontificale dans un séminaire de la FSSPX officialise son intégration définitive au sein de cette Fraternité. 

Les conséquences d'une telle collaboration avec l'évêque Huonder ne sont pas minces dans le cadre du combat de la Foi : cela interdit désormais à la FSSPX de sacrer un candidat sans l'aval du Vatican. Et la Rome moderniste pourra même répondre qu'elle n'a pas besoin de nouvel évêque puisque Mgr Huonder fait très bien l'affaire. En tous les cas, il se pourrait bien que cet évêque impose désormais les mains aux futurs candidats au sacerdoce.  

Quant aux  fidèles  qui fréquentent encore les chapelles de la Fraternité, il pourrait bien arriver également qu'ils soient confirmés par lui. 

Cet événement qui arrive au moment de la Pentecôte semblera malheureux à certains. Il n'en est rien. Dieu éclaire parfois les âmes en permettant ce genre de trahison. Le Saint-Esprit veut ainsi nous faire comprendre que le vrai combat de la Foi n'est pas là. Il invite les âmes de bonne volonté à rejoindre les évêques fidèles à l'héritage de la Tradition catholique; sans aucune compromission ou ambiguïté diplomatique avec l'Eglise conciliaire et ses hérésiarques. 

jeudi 6 février 2020

Mgr. Vitus Huonder en visite officielle en Suisse romande

Le bulletin officiel de la FSSPX en Suisse (Le Rocher - février/mars 2020 ) nous présente la tournée officielle de Mgr Huonder dans le district de Suisse. Mgr Huonder, qui n'a jamais rétracté publiquement ses positions conciliaires,  avait déjà prêché à plusieurs reprises dans la chapelle du prieuré d'Oberiet en Suisse alémanique et prêchant même aux fidèles en faveur des décrets conciliaires ! Il élargit désormais son cercle d'action avec l'accord des autorités de la FSSPX.  Cette tournée est une façon d'officialiser l'intégration de Mgr Huonder dans la FSSPX.

Il a ainsi pu visiter les maisons de Genève et aller jusqu'à Glis... en passant par l'école "Fleurs de Mai" où les enfants lui ont chanté un cantique.


samedi 3 août 2019

Sermon de M. le curé de Riddes


Le sermon historique que M. le curé Epiney a prononcé le 26 mai dernier (2019) et qui a fait grand bruit dans le monde de la tradition nous a été récemment retranscrit. Nous vous le proposons à la lecture (et à la méditation).  Nous confions aussi à vos ferventes prières M. le curé en raison d'une lourde opération qu'il vient de subir aux jambes mais qui ne lui a pas enlevé sa bonne humeur d'après nos informations ! 


Source : Le forum de la Fidélité

" Nous avons eu connaissance d'un communiqué signé par le supérieur de la fraternité Don Davide Pagliarani et Monseigneur Vitus Huonder, évêque de Coire, qui vient de donner sa démission. « Ce lundi 20 mai 2019, le pape François a relevé Mgr Vitus Huonder de sa charge d’évêque du diocèse de Coire, en nommant un administrateur en vue de l’élection de son successeur.

« Selon une volonté exprimée depuis longtemps, Mgr Huonder se retire dans une maison de la Fraternité Saint-Pie X. Le seul et unique but de cette démarche est de se consacrer à la prière et au silence, de célébrer exclusivement la messe traditionnelle, et d’œuvrer pour la Tradition, unique moyen de renouveau de l’Eglise.
La Fraternité Saint-Pie X apprécie la décision courageuse de Mgr Huonder, et se réjouit de pouvoir lui fournir le cadre spirituel et sacerdotal qu’il désire si vivement. Puisse cet exemple être suivi par d'autres, afin de « tout restaurer dans le Christ ». »

Le même jour, Monseigneur Huonder dans sa lettre au diocèse de Coire, écrit, entre autres, ceci :

Comme on le sait, je m’installe maintenant dans les locaux de la maison sacerdotale de l’Institut Sancta Maria à Wangs – Canton de Saint-Gall. Cet institut appartient à la Fraternité Saint-Pie X. Dans l’esprit du pape François, je m’efforcerai de contribuer à l’unité de l’Église en n’excluant pas, mais en distinguant, en aidant et en intégrant.

Que penser de tout cela ? D´abord, notre étonnement ! On accepte dans une école de la fraternité à Wangs un évêque conciliaire, disciple de Benoit XVI, ami de François, et d´autres part, on a exclu de la fraternité Monseigneur Williamson, pourtant sacré par Monseigneur Lefebvre en 1988. De plus, Monsieur l’abbé Schreiber, supérieur la Fraternité pour la Suisse, déclare dans une lettre adressée à Monsieur l’abbé Grenon qu´il défend aux fidèles de venir assister à la messe ici à Riddes, en raison de la présence de Monsieur l’abbé Brühwiler. Or vous savez que Monsieur l’abbé Brühwiler est venu ici pour aider en raison de ma maladie et de mon infirmité et il a été exclu de la fraternité ! Quel mal a-t´il fait ? Il a voulu être fidèle à Monseigneur Lefebvre, le fondateur de la fraternité. Et comme d´autres prêtres il a été exclu de la fraternité, tout comme Monseigneur Williamson, et Monseigneur Fellay m´a demandé de le chasser d´ici. Ce que je ne peux pas faire en conscience, car c´est un très bon prêtre, zélé, qui mérite notre confiance et qui a le souci d´être fidèle au fondateur. Alors Monsieur l’abbé Brühwiler, exclu de la fraternité, a rejoint la Société des Apôtres de Jésus et de Marie fondée par Monseigneur Williamson et Monseigneur Faure. Qu´est-ce que c´est que cette société ? C´était le nom qu´avait choisi Monseigneur Lefebvre pour son œuvre. Par la suite il a choisi le nom de Fraternité Sacerdotale Saint Pie X. Mais les statuts de cette société sacerdotale sont les mêmes que ceux de la fraternité, avec la volonté claire et nette d´être totalement fidèle à Monseigneur Lefebvre le fondateur. Monsieur l’abbé Brühwiler n´a donc plus d´ordre à recevoir de la fraternité, puisqu´il a été exclu et il a fait cette demande d´entrer dans cette Société Sacerdotale des Apôtres de Jésus et de Marie, et il a été accepté. Il est donc sous l´autorité de Monseigneur Faure et de Monseigneur Williamson, qui lui permettent de rester ici parmi vous. Pour nous aider.

Mes bien chers frères, l´heure est grave. Ecône est en train de changer, c´est l´heure de serrer les rangs et de ne pas déserter notre chapelle comme on nous recommande de le faire ! Alors que nous avons toujours aidé la fraternité, travaillé pour elle ! Toutes les chapelles qu´on a essayé de faire, on les a données ! Pourquoi celle-ci serait-elle mauvaise maintenant ? Alors qu´elle est la chapelle-mère de toutes les autres ici en Valais. Pour faciliter la messe de toujours. Alors, il ne s´agit pas simplement de la messe, il s´agit de la Foi ! Tous les pères du concile Vatican II, tous les évêques disaient la vraie messe ! Et ils sont tous passés au modernisme, à part quelques-uns qui ont résisté, pour finalement n´y en avoir plus qu´un ! Car Monseigneur Lefebvre est allé jusqu´au bout ! Et il n´a pas seulement sauvé la messe et le sacerdoce, mais la Foi catholique ! Parce que la conséquence de ce renouveau, c´est l´apostasie. Ce n´est plus l´Eglise catholique, c´est l´Eglise œcuménique, et il y a assez d´exemples ! Il n´y a qu´à ouvrir les yeux pour voir que les gens perdent la vraie foi catholique, la vraie morale, la vraie piété. Et les vocations sacerdotales et religieuses diminuent de plus en plus. On fait appel à des prêtres africains pour venir remplacer les nôtres, on n´en a plus assez ! Je vous cite un mot de Monseigneur Tissier de Mallerais.  Il y a quelques années il disait ceci :

« La grande apostasie dont parle Saint Paul n´a cessé de croître. La royauté sociale du Christ est tellement anéantie par la liberté religieuse et les droits de l´homme du concile Vatican II. Sans les sacres de Monseigneur Lefebvre de 1988, nous serions morts ! Pas de fraternité Saint-Pierre ni quoi que ce soit d´autres, ni Ecclesia Dei, ni Motu Proprio des messes, la tradition serait morte !   L´opération-survie a été un succès complet,  grâce à  l'acte héroïque de Monseigneur Lefebvre, toujours excommunié ! » 

Rien n´a changé à Rome. Endurcissement des cœurs, aveuglement des esprits, l´Eglise parallèle c´est la nouvelle Eglise Vatican II, sa nouvelle religion œcuménique. Monseigneur Lefebvre avait raison : Seuls des évêques totalement libres de toute influence de la Rome libérale pourront travailler pour le bien de l´Eglise. D´autant plus que Monseigneur Huonder a été ordonné prêtre en 1971 avec le nouveau rite ! Sacré évêque en 2007 avec le nouveau rite de consécration épiscopale ! Or Monseigneur Lefebvre a dit:

 « Tous les sacrements sont douteux ! » 

Et donc aujourd´hui on ne sait plus trop, dans l´Eglise conciliaire œcuménique, si les prêtres sont prêtres, si les évêques sont évêques ! C´est la confusion ! Et on est en plein protestantisme ! C´est pratiquement la même chose, en pire ! Alors en laissant venir dans les maisons de la Fraternité des évêques de ce type-là, dont on n´est pas sûr de l´ordination sacerdotale et épiscopale, et ayant sans arrêt des contacts avec les autres évêques, qui veulent nous ramener à Vatican II… Parce que c´est le but, ils le disent ! Il s´agit d´aider à « intégrer » ! Et oui ! c´est un disciple de Benoît XVI qui a tiré dehors pas mal de communautés traditionnelles, qui sans doute sont restées fidèles à la messe mais ne combattent plus les erreurs du modernisme. Ils doivent se taire ! On ne peut pas se taire quand il s'agit de la vérité ! Il faut réagir ! Pourquoi ? Parce qu´il s´agit de notre foi, de notre salut, du salut de nos âmes ! Il faut se réveiller ! Il ne faut pas se laisser endormir ! Il ne faut pas fuir ! Avant 2012 c´était l'Eglise conciliaire qui persécutait et excluait les plus fidèles, tandis qu´aujourd´hui, ces mêmes fidèles qui après avoir exclu un de ses évêques, a exclu de nombreux prêtres qui ont voulu rester fidèles à Monseigneur Lefebvre. C´est le monde à l´envers ! On ne peut pas ne pas réagir devant pareil procédé, parce qu´alors tout ce qu´on a fait jusqu´à présent, ce serait pour rien ! On retourne exactement à ce qui s´est passé 40 ans en arrière ou la plupart des catholiques, par obéissance, ont pris la nouvelle messe et les nouvelles orientations, alors que l´obéissance est une vertu relative à la Foi ! Il ne s´agit pas simplement de discipline, il s´agit de garder la Foi ! On doit obéir à Dieu plutôt qu´aux hommes ! On voudrait susciter justement de rester fidèle et de garder courage, de combattre comme disait Notre-Dame de la Salette, avec les armes à disposition : la Sainte Messe de toujours bien sûr, le Rosaire, et la Foi !  La défense de la Foi catholique jusqu´au bout ! Jusqu´au martyre s´il le faut ! Parce que sans la Foi catholique, on ne peut pas être sauvé. S´il y a un sauveur, ce n´est pas Luther, ce n´est pas Bouddha ! Or toutes les semaines, il y a des cérémonies avec les protestants, les bouddhistes les juifs et tout ce que vous voulez ! Ce n´est plus une vie ça ! Ce n´est plus la véritable Eglise ! La véritable Eglise est comme éclipsée au profit d´une fausse Eglise ! Il faut que nous restions comme nous sommes, car nous ne sommes jamais sortis de l´Eglise ! C´est eux qui sont sortis ! C´est Rome qui doit venir à la tradition ! Ce n´est pas la tradition qui doit aller à Rome se faire absorber ! Notre Dame de la Salette disait :

 « Combattez enfants de lumière, vous petit nombre qui voyez clair ! L´Eglise sera éclipsée, Rome perdra la foi ! Que votre zèle vous rendre comme affamé pour la gloire et l´honneur de Jésus-Christ ! »

Nous terminons, mes bien chers frères, ces trois prochains jours le mois de Marie institué par saint Philippe Néri, qui rassemblait à Rome les jeunes pour prier tous les jours du mois de mai la très sainte Vierge Marie et il a obtenu des conversions bouleversantes ! Parmi ces conversions, il y a eu non seulement des prêtres, des évêques, des religieuses, des papes ! Parce qu'en priant la sainte Vierge, on touche le cœur de Notre-Seigneur, qui ne résiste pas à exaucer ce que Notre-Dame demande. Mais aujourd´hui, comme disait Lucie de Fatima :

« Ne vous attendez pas à ce que les papes les évêques, les supérieurs vous donnent l'ordre de prier. » 

C´est vous-même, chacun pour soi, qui devez prendre en main la prière ! Surtout la prière du rosaire ! L´assistance au Saint Sacrifice de la Messe, la connaissance du catéchisme, la doctrine catholique pour garder la Foi et la transmettre ! C´est ça, notre mission. Et alors profitez de ces trois jours de rogations. Ce sont des prières publiques. A l´époque il y avait tout sorte de malheurs, de tremblements de terre et de misères qui arrivaient au point que l´évêque a ordonne pendant 3 jours de grandes processions publiques qui duraient toute la journée pour supplier la très Sainte Vierge de mettre fin à tout ce désastre. Et ça a été obtenu ! Si bien que l´Eglise a fait une obligation de célébrer ces rogations. Mais les rogations, qui en fait cas aujourd´hui ? On parle des engrais, des pesticides et de tout ce que vous voulez ! Le bon Dieu nous a donné la nature ! Chaque année, Il fait refleurir ! Chaque année, Il donne des fruits ! Il faut Le remercier ! Et il faut prier pour que nous sachions en faire un bon usage et prier ensemble avec ferveur la très Sainte Vierge Marie parce que seule, elle peut terrasser le démon infernal qui aujourd´hui règne en plein cœur de Rome, du Vatican ! La cathédrale Notre-Dame de Paris a brûlé, c´est un signe que la Foi de la France est en miettes ! Et si les évêques ne se reprennent pas, ce sera fini de la religion catholique ! Marie-Julie Jahenny avait prophétisé il y a 129 ans que Notre-Dame de Paris allait brûler, mais aussi le Vatican ! Et oui, il faut s'attendre à des châtiments parce que de Dieu on ne se moque pas.

Voyez, mes biens chers frères, la nécessité de resserrer les rangs et de prier ensemble Notre-Dame avec la même ferveur que nous avions 40 ans en arrière, quand nous avions tout perdu et qu´avec la prière, Dieu nous a tout redonné pour conserver la Foi dans notre pays ! C´est maintenant à nouveau nécessaire de refaire cela parce qu'on est en train de perdre ce qu´on avait gagné. Par notre faute ! par la faute des nôtres ! Qui veulent absolument se faire reconnaître pour se faire absorber, alors attention, veillons, prions, gardons courage et confiance.

Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit ainsi soit-il. "


lundi 29 juillet 2019

Contradiction endémique

Kyrie eleison DCXXVIII (27 juillet 2019)

Dans les contradictions, nul ne sait que penser –
Mais les âmes, le vrai, ne peuvent que sombrer.


Revenons à Mgr Huonder, non pour attaquer sa personne, mais pour illustrer la confusion universelle qu’il illustre si bien. Lors de sa démission du diocèse de Coire, en Suisse, et de son installation dans l’école traditionnelle de garçons de Wangs, dans le diocèse de Saint-Gall, école dirigée par la Fraternité St Pie X, son déménagement paraissait si surprenant que Mgr Huonder a publié le même jour deux déclarations : l’une pour la Tradition et l’autre pour l’Église conciliaire. Voici les passages-clés de chacune d’entre elles, qui ne sont point faussés en étant sortis de leur contexte.

A l’adresse de ses anciens collègues et aux fidèles du diocèse de Coire, il écrit à propos de sa retraite à Wangs : « Conformément aux vues du Pape François, je m’efforcerai [à Wangs] de contribuer à l’unité de l’Église, non en pratiquant l’exclusion, mais en faisant la part des choses pour tenir compagnie aux gens en vue de cette intégration ». Simultanément, pour les catholiques traditionnels chez lesquels il est sur le point de s’installer, il co-signe avec le Supérieur Général de la FSSPX, l’abbé Davide Pagliarani, une déclaration commune contenant ces mots : « Le seul et unique but de la retraite de Mgr Huonder dans une maison de la FSSPX est de se consacrer à la prière et au silence, de célébrer exclusivement la Messe tridentine et de travailler pour la Tradition comme étant le seul moyen de renouveler l’Église ».

Cet honorable évêque ne se rend-il pas compte de la contradiction entre ses deux déclarations ? Depuis que François est devenu Pape en 2013, qui n’a pas constaté le flot presque quotidien de propos et d’actes par lesquels ce Pape engage les catholiques à délaisser l’Église de la Tradition ? Qui n’a pas senti sa répugnance profonde et instinctive pour l’Église telle qu’elle était avant le Concile, répugnance partagée avec tous ces hommes d’Église conciliaires qui, comme lui, sont les vétérans de la véritable révolution de Vatican II ? Comment Mgr Huonder ne peut-il pas voir qu’entre « les vues du Pape François » et « la Tradition » il existe un gouffre infranchissable ?

Si Monseigneur s’imagine que « les vues du Pape François » sont autres qu’elles ne sont, ou s’il espère que le Souverain Pontife peut être amené à en changer, il est certain que le Pape ne ratera pas l’occasion de lui faire savoir rapidement et fermement ce qu’il pense en réalité. Par ailleurs, si Monseigneur imagine ou espère que la Tradition n’est pas ce qu’elle est, nous devons sur ce point admettre, hélas, qu’il a bien pu être trompé par le changement opéré en 20 ans dans la Fraternité Saint Pie X : la Néo-fraternité a bien changé depuis qu’elle est dirigée par les successeurs de Mgr Lefebvre. Avec son Fondateur, la FSSPX était la principale forteresse de l’Église, en sauvegardant la doctrine catholique, les sacrements et la morale de toujours. Mais l’autorité personnelle de l’Archevêque a disparu avec lui lors de son décès en 1991, et en conséquence, l’autorité de la Rome officielle, qui attire normalement tout catholique romain, a repris le dessus en l’espace de quelques années seulement. Avec le GREC, la Fraternité a commencé son glissement vers la Néo-fraternité pour s’adapter à la Néo-église de Rome. Et il est probable que Mgr Huonder ne voit là aucune contradiction puisque lui-même veut apporter sa contribution à cette réunion.

Mais qu’en est-il du cosignataire de la Déclaration commune faite pour les Traditionalistes, c’est-à-dire de l’abbé Pagliarani, Supérieur Général de la Néo-fraternité ? Évidemment, il connaît les intentions du pape François, de même qu’il savait certainement il y a 20 ans, ce qu’entendait Mgr Lefebvre par la Tradition. Alors, en cosignant la Déclaration, connaissait-il l’intention de Mgr Huonder de travailler à Wangs simultanément « selon les vues du Pape » et « selon la Tradition » ? Et s’il était au courant de cette intention double, n’y voyait-il, lui non plus, aucune contradiction ? Et s’il y voit maintenant une contradiction, que pense-t-il du fait d’avoir installé un cheval de Troie, aussi bien intentionné soit-il, au sein de la Tradition ? Peut-être se dit-il : « Bof ! ça n’a pas vraiment d’importance. Mgr Lefebvre ne voulait-il pas que nous nous occupions des prêtres de l’Église conciliaire ? (Certes, mais pas pour en faire des chevaux de Troie !) . Mgr Huonder est bien gentil. Nous sommes tous gentils. Nous nous entendons tous. La contradiction est un problème plutôt théorique que pratique, etc . . . »

Si le nouveau Supérieur Général pense de la sorte, c’est qu’il a attrapé la maladie conciliaire, et que la vraie Fraternité est vraiment frappée à mort. Par contre la Néo-fraternité fondante, sur la douce mer de confusion et de contradiction, s’apprête avec joie à naviguer pour toujours de concert avec la Néo-église, elle aussi fondante. Mais malheur aux âmes !

Kyrie eleison.

vendredi 19 juillet 2019

Les supérieurs de la FSSPX défendent Mgr Huonder

Source : Le  forum de la Fidélité

De nombreux fidèles (et quelques prêtres) ont protesté contre la venue de Mgr Huonder au sein de la FSSPX. Un prieur a même écrit une longue lettre (privée...) à l'abbé de Jorna pour lui faire part de sa colère.

Devinez-vous ce qui arriva ?

On fit comprendre à tout ce petit monde (légitimement) mécontent que Mgr Huonder n'est certes pas encore parfait (sic) mais qu'il faut justement faire preuve de compréhension et de patience ... comme ce fut le cas pour "Mgr Lazo qui ne fit une déclaration anti-conciliaire qu'après trois années de contact avec la FSSPX" (sic).

Sauf que la vérité est toute autre au sujet de Mgr Lazo : il avait reçu des livres sur la crise et au moment de ses premiers contacts avec les prêtres de la FSSPX, cet évêque avait tout rejeté de lui-même : plus de nouvelle messe, plus de communion dans la main et surtout rejet total du Concile !! C'est tout autre chose avec Mgr Huonder qui reconnaît avoir été impliqué dans le processus de ralliement de la FSSPX, et déclare publiquement à ses diocésains qu'il arrive dans un prieuré de la FSSPX pour aider à l'intégration de cette congrégation.

Mais hélas, les prêtres et fidèles qui avaient réagi à la venue de Mgr Huonder ont été "bernés" par ces explications des supérieurs et la plupart y croient maintenant : "vous comprenez, on peut lui faire du bien ! Franchement vous manquez de charité, vous les gens de la résistance".

Une fois de plus, il faut redire avec Mgr Lefebvre que ce ne sont pas les inférieurs qui font les supérieurs, mais bien l'inverse. Rester sous l'influence des supérieurs de la FSSPX, c'est à coup sûr être trompé et avancer vers le ralliement. La preuve ? Le prêtre qui avait écrit cette longue missive pour dire sa colère pense aujourd'hui que la venue de Mgr Huonder dans la FSSPX pourra lui faire du bien !

Les 4 nouveaux évêques (photomontage)