mardi 14 juillet 2026

Lettre de Broadstairs 14 (juillet 2026)

Lettre de Broadstairs 14 (Juillet 2026)

Nova et Vetera

Rome et Écône

Suite aux consécrations épiscopales d'Écône du 1er juillet 2026 et aux « sanctions », prononcées par la Rome moderne, qui en découlent, quelques brèves observations s'imposent :

  • Après les sacres de 1988, Mgr Lefebvre déclara que s'il devait consacrer à nouveau, il ne demanderait pas la permission à Rome car les autorités ecclésiastiques étaient allées trop loin dans leur éloignement de l'enseignement catholique…
  • L’appel lancé par la Fraternité à Léon XIV pour qu’il autorise ces consécrations récentes témoigne d’une perception bien différente de la profondeur de la
    crise qui secoue l’Église…
  • La lettre du Supérieur général au Pape, datée du 3 juillet 2026, proclame sa détermination inébranlable à se mettre au service du Souverain Pontife, comme s'il était véritablement catholique…

Initiative de Broadstairs.

À Broadstairs, nous venons d'installer une modeste bibliothèque grâce à un don précieux d'un fidèle défunt. Ce don est providentiel, car plusieurs jeunes hommes souhaitent suivre une année d'études cléricales à la Maison Regina Martyrum. Nous entamerons donc une première année expérimentale, inspirée du programme initial de l'Année de Spiritualité élaboré par Mgr Lefebvre. Les matières principales seront la théologie ascétique et mystique, les Actes du Magistère, la liturgie, le latin et l'Écriture Sainte.

Nous vous demandons de prier pour cette initiative modeste mais importante.

Le père Faber et l'enfer.

Parmi les auteurs spirituels de notre bibliothèque, le père Frederick Faber (1814-1863), compositeur du cantique « La Foi de nos pères », occupe une place de choix. Ses neuf ouvrages comprennent : « Conférences spirituelles », « Progrèsde l’âme dans la vie spirituelle », « Le Créateur et la Créature » ​​et « Vies de saints modernes ».

Dans son ouvrage « Tout pourJésus », le père Faber examine s'il est préférable de prier pour la conversiones pécheurs ou pour les âmes du Purgatoire. En guise de prélude à ce débat, il s'attarde sur la pensée salutaire de l'Enfer : « Il est un lieu où la gloire de Dieu semble vaine, un lieu d'où ne s'élèvent ni plainte, ni joie, ni remerciement, ni aspiration. C'est la demeure de ceux qui ont été mis à l'épreuve et ont perdu leur cause, et avec elle, ont perdu Dieu à jamais. » « Pourtant, il est de foi que la moisson de gloire de Dieu, issue des ténèbres indicibles, est immense, car l'âme perdue est autant une adoration involontaire de Sa justice que l'âme convertie est une adoration volontaire de Son amour. » « Ce lieu horrible n'est pas non plus sans un fruit béni pour le salut de nombreuses âmes, par la crainte sainte et salutaire qu'il suscite en elles et par la conception erronée et vile de Dieu qu'il corrige chez les insouciants. » « Il est vraiment bon pour nous de penser parfois à cet endroit horrible ! Aussi réel que la belle France se trouve de l'autre côté de la Manche [et qu'on l'aperçoit par beau temps depuis Broadstairs], aussi réel que le soleil brille sur les murs blancs, les ponts élégants, les jardins lumineux et les palais à plusieurs étages de sa magnifique capitale, aussi réel que des milliers d'hommes et de femmes y mènent une vie pleine de sens et accomplissent leurs destins, aussi réel est l'Enfer, un lieu vibrant en ce moment même de souffrances innombrables et de désespoirs aux degrés infinis. » « Il n'est pas impossible que nous y allions, nous aussi. Il n'est pas impossible que nous y ayons déjà envoyé quelques-uns. » « Mais que se passerait-il si tout cela était plus vrai encore ? Que se serait-il passé s'il y avait eu un jour où nous y aurions dû y aller si nous étions morts ? » « Et combien de temps persévérerions-nous à servir Dieu si nous avions la certitude que l'Enfer n'existe pas ? Aurions-nous abandonné nos péchés si l'Enfer n'existait pas ? » « Que nul ne détourne jamais le regard de l'Enfer, de peur que, peu à peu, une bonne opinion de lui-même ne se développe en son âme et ne le conduise finalement à cet horrible exil. Il est bon, il est même très bon, de penser à l'Enfer et de s'étonner de ne pas y être déjà à cette heure. Il nous suffit de savoir qu'un tel lieu existe, qu'à cette heure il est plein d'âmes, et que de plus en plus d'âmes y affluent, et qu'il n'est pas un seul d'entre nous qui ne coure aucun risque ou pour lequel il n'est pas impossible que ce lieu soit son héritage et sa part pour l'éternité. Ceux qui servent Jésus par amour n'oublient pas ces choses pour autant. Bien au contraire, ils s'en souviennent d'autant plus qu'ils aiment tant. »

Ô mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l'enfer et conduisez toutes les âmes au Ciel, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde.