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mardi 21 mars 2017

Communiqué du Vatican ( Agence I Media)

Vatican - le 20/03/2017 à 17:10:00 Agence I.Media 

http://www.imedia-info.org/depeches/

Discussions Rome-lefebvristes : “l’identité“ de la Fraternité Saint-Pie X sera préservée, affirme Mgr Pozzo
Dans la perspective d’un accord canonique avec la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX), Mgr Guido Pozzo, secrétaire de la commission Ecclesia Dei, s’est exprimé dans un entretien au journal catholique allemand Die Tagespost, daté du 17 mars 2017. Le prélat confirme que la pleine intégration de la FSSPX au sein de l'Eglise pourrait se faire sous la forme d'une prélature personnelle, qui préservera “l’identité” de la Fraternité.



 

La prélature, à deux doigts d'aboutir, selon un vaticaniste renommé

Note de Reconquista : C’est le journaliste italien Marco Tosatti, spécialiste du Vatican, plume de Vatican Insider, qui nous donne cette information selon laquelle l'accord serait bien à deux doigts d'être signé. Nous ne pouvons pas ne pas publier cet article même si nous pensons que Rome sera très prudente pour finaliser ce processus de prélature car ces mêmes autorités  savent pertinemment qu'il y aura encore quelques résistances au sein de la (néo)fsspx. Mais il est non moins certain que Menzingen et Rome veulent aboutir à cette union tôt ou tard.  

SOURCE - Marco Tossati (blog) - 20 mars 2017
Des sources fiables indiquent que la Fraternité Saint-Pie X et le Vatican sont à deux doigts d’un accord. En fait, on attend juste que Mgr Fellay ait fait quelques retouches internes, pour franchir la grande étape: le retour total et officiel, en tant que prélature personnelle, des lefebvristes dans l'Eglise de Rome. De cette façon, Francis serait en mesure d'achever un processus qui a commencé sous le pontificat de Benoît XVI, et qui a échoué pour des questions théologiques, mais qui sont maintenant dépassées par la volonté du pape de ne pas demander à ce que soient définis et éclaircis tous les points sur les "I". En outre Mgr Lefebvre a écrit que si le Concile Vatican II est interprété dans l'herméneutique de la continuité, il n'y aurait pas de problème pour la pleine Communion avec Rome. Et il n'y a pas de problème parce que dans l'Eglise, comme déjà dit Benoît, le Concile est lu de cette façon. Voyez, ci-dessous, "Inter Multiplices A Vox", avec les intéressantes considérations développées par Mgr Fellay lors de son voyage en Pologne. Et même ceux-ci, mais avec toute la prudence nécessaire, il est entendu que le climat peut être mûr pour une annonce importante. En outre, le pape a une certaine sympathie pour les lefebvristes de mgr Lefebvre (et moins pour les traditionalistes dans sa propre maison), dont il a hérité, apparemment, d’une bonne impression que lui a fait la Fraternité quand il était archevêque de Buenos Aires.

Dans une homélie, en Pologne, Mgr Fellay a démenti les rumeurs sur l'achat d'une propriété appartenant au Vicariat de Rome, Sante Marie Immaculée de l’Esquilino, pour en faire le futur siège de la fraternité. Et il dit vrai. Mais en réalité, dans la perspective d'une régularisation des relations avec le Saint-Siège, la Société s’intéresserait au domaine des Sœurs de l'Immaculée de la rue Monza, un ancien pensionnat, avec une église qui donne sur la rue. Le complexe pourrait devenir le nouveau siège romain de la FSSPX. Les photos que vous voyez sont liées à ce bâtiment.

Au cours de l'homélie de la messe célébrée en Pologne le 3 mars 2017, Mgr Bernard Fellay, Supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X, est revenu sur les rumeurs au sujet de l'acquisition de biens immobiliers à Rome. Il l’a démentie, puis a de fait quelques précisions sur le projet de prélature personnelle proposé à la Fraternité Saint-Pie X à l'été 2015. Comme il l'avait dit dans l'interview à Radio Courtoisie du 26 Janvier 2017, la structure canonique correspond aux besoins et l'apostolat de la Fraternité dans le monde.
Mgr Fellay a dit que la proposition écrite envoyée de Rome....

mardi 31 janvier 2017

"FSSPX, la réconciliation toujours plus proche"


[Andrea Tornielli - La Stampa] Fraternité Saint Pie X, la réconciliation toujours plus proche

SOURCE - Andrea Tornielli - La Stampa - 30 janvier 2017

Le Secrétaire d'Ecclesia Dei, Mgr Pozzo, déclare: «Nous travaillons à perfectionner la forme juridique.»
"En ce moment, nous travaillons à l'amélioration de certains aspects de la structure canonique, qui sera une prélature personnelle." L'archevêque Guido Pozzo, secrétaire de la Commission «Ecclesia Dei» en charge du dialogue avec la Fraternité Saint-Pie X, confirme également à Vatican Insider que l’étape de la pleine communion avec les lefébvristes approche. La finalité de l'accord est désormais en vue, même s’il faudra encore un certain temps.
Le supérieur de la Fraternité Saint-Pie X, Mgr Bernard Fellay, le 29 Janvier, 2017, a participé en tant qu'invité à l’émission "Terres de Mission" de TV Liberté". Il a confirmé dans cet entretien que l'accord avance et que pour arriver à la solution canonique il ne sera pas nécessaire d’attendre jusqu'à ce que la situation de l'Eglise soit redevenue «totalement satisfaisante» aux yeux de la Fraternité Saint-Pie X, qui n’a également, durant toutes ces années [de crise], jamais manqué de mentionner le nom du pape, et de prier pour lui lors de la célébration des messes. Mgr Fellay a situé l'attitude du pape François envers la FSSPX par son intérêt pour les fidèles qu’il considère être à la périphérie [de l’Eglise] et a expliqué l'importance de mettre fin à la séparation d’avec Rome.
Le cheminement vers le rapprochement, après le mini-schisme provoqué par les quatre ordinations épiscopales illégales célébrées par Mgr Marcel Lefebvre en 1988, a commencé en 2000, lorsque les lefebvristes sont venus en pèlerinage à Rome pour le Jubilé. Jean-Paul II a donné son assentiment à de nouvelles discussions doctrinales. Les contacts se sont intensifiés avec Benoît XVI, avec l'examen sans tabou des questions doctrinales. Le pape Ratzinger avait d'abord libéralisé l'utilisation du missel pré-conciliaire puis levé les excommunications des quatre évêques de la Fraternité. Avec François, en plus de la poursuite des contacts, un pas de plus a été franchi avec l'octroi aux prêtres de la Fraternité de confesser non seulement validement mais aussi licitement les fidèles pendant le jubilé de la miséricorde. Une concession qui a ensuite été étendue sans limite de temps dans la lettre «Misericordia et misera».
En ce qui concerne les problèmes doctrinaux, l'essentiel semble dépassé en vue de l’accord. Il serait demandé aux membres de la Fraternité Saint-Pie X ce qui est nécessaire pour être catholiques, à savoir la "professio fidei", la croyance en la validité des sacrements célébrés avec le Novus Ordo (la liturgie issue de la réforme post-conciliaire), et l'obéissance au pape. Il y a eu un dialogue et une confrontation sur le rapport entre le Magistère et la tradition, tandis que sont l'objet d’approfondissement - et même d’un désaccord qui pourrait perdurer - les sujets liés à l'oecuménisme, à la liberté religieuse et à la relation Église-monde.
Dans l'entretien télévisé Mgr Fellay, en plus de rappeler l'octroi de François concernant les sacrements de la réconciliation et de l'onction des malades, a aussi cité les ordinations sacerdotales de la Fraternité, déclarant qu'elles ont lieu avec la permission du Saint-Siègeet sans la nécessité d'obtenir le consentement de l'évêque local. L'état des faits, précise Mgr Pozzo, est plus complexe et remonte à une décision prise par Benoît XVI et la Congrégation pour la Doctrine de la Foi il y a quelques années. "Le Saint-Siège - explique le secrétaire d'Ecclesia Dei - permet et tolère les ordinations sacerdotales de la FSSPX, tout en continuant à les dire valides mais pas licites, à condition de communiquer les noms des ordinands à l'évêque de leur diocèse d’origine. Le pape François a accordé la légitimité seulement à l'administration des sacrements de la pénitence et de l'onction des malades. Mais pour que les autres sacrements, outre que valides deviennent aussi légitimes, il est nécessaire d’arriver à une solution canonique pour la Fraternité."
La voie choisie pour la solution canonique, comme chacun sait, est celle de la prélature personnelle, figure inédite introduite dans le nouveau Code de droit canonique de 1983, et jusqu'à présent appliquée seulement à l'Opus Dei. Au cours de ces quelques dernières années les voix de ceux qui s’opposent à l'accord se sont multipliées. L'un des quatre évêques pour lequel le pape Ratzinger avait levé l'excommunication, Richard Williamson, a quitté la Fraternité, a fondé un groupe plus extrême et a procédé à de nouvelles ordinations épiscopales. La position de Mgr Fellay apparaît être plus en phase avec celle du fondateur, Mgr Lefebvre, qui en 1988 était presque parvenu à un accord avec le Cardinal Joseph Ratzinger, Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, accord qui a capoté à la dernière minute.
Andrea Tornielli


vendredi 29 juillet 2016

Histoire d'un approche: interview de Mgr Pozzo

Histoire d'une approche


Source: France Fidele

 

Note de France Fidèle : Cette analyse est celle des modernistes mais elle n’en demeure pas moins intéressante car la trahison de Mgr Fellay n’en est que plus fragrante .

 Mgr Pozzo – 28 juillet 2016

  
A première vue, le pape François et la FSSPX sont étrangers.  La FSSPX représente un catholicisme traditionaliste, qui célèbre la Messe tridentine et qui reste hostile à quelques-unes des réalisations du Concile Vatican II comme l’œcuménisme ou la liberté religieuse.  Par contre, Jorge Bergoglio passe pour un réformateur libéral.  De nombreux observateurs ont été surpris de l’orientation donnée par François en matière de rapprochement entre le Vatican et la FSSPX fondée à la suite du Concile par Mgr Lefebvre (190(-1991) et excommuniée en 1988 suite à des sacres non autorisés.  Le prédécesseur de Bergoglio, Benoît XVI, avait cherché la réconciliation avec la FSSPX.  Le scandale entourant les déclarations de l’évêques lefebvriste Richard Williamson sur la shoah et la démission de Benoît XVI en février 2013 ont ralenti le processus de rapprochement.  Depuis ce moment, la voie vers une reconnaissance canonique de la FSSPX semble aplanie. 


G & W : Pourquoi une réunion de la FSSPX à l’Eglise catholique est-elle si importante ?


Pozzo : L’Eglise souffre de tout manque d’unité.  La FSSPX se compose d’environ 600 prêtres, 200 séminaristes et d’autres membres, et elle est présente dans 70 pays.  Vous ne pouvez passer outre d’une telle réalité.


G & W : Il y  a eu récemment une accélération des relations.  Pourquoi ?


samedi 2 juillet 2016

Réaction romaine au communiqué de Menzingen

Il semble que Rome soit moins naïve que la plupart des fidèles de la Tradition: d'un communiqué affirmant que la reconnaissance canonique n'est pas le souci premier de la FSSPX, et que cette dernière veut prendre les moyens que la Providence lui donne (et bon nombre de supérieurs ou d'évêques de la FSSPX présentent comme tel une reconnaissance "unilatérale"), Mgr Pozzo conclut simplement qu'il n'y a pas là de "porte fermée au dialogue"... 



Retranscription de l'interview de Mgr Pozzo, secrétaire de la Commission pontificale "Ecclesia Dei"
La commission Ecclesia Dei ne considère pas cette déclaration comme une porte fermée au dialogue. Mais il semble que le communiqué n’entre pas dans le détail des questions concrètes qui sont l’objet d’examen et de dialogue entre la Commission et la Fraternité Saint-Pie X. Le dialogue sur ces questions concrètes doit donc se poursuivre.

Comment interprétez-vous ce communiqué ?
Il ne dit rien de nouveau au regard de positions déjà bien connues de la fraternité, au sujet de la situation de l’Église aujourd’hui.
Je peux éventuellement ajouter que lorsqu’on se réfère au manque de reconnaissance canonique, que la fraternité ne considère pas comme primordiale en ce moment, et bien, je peux dire que la reconnaissance canonique du Saint-Siège est une condition essentielle pour qu’une œuvre catholique soit en pleine communion ecclésiale, selon le Droit (canon). Cette reconnaissance n’existe pas encore, mais nous travaillons à cette fin.

Benoît XVI tenait beaucoup à ce travail afin de parvenir à l’unité avec la fraternité Saint-Pie X. Le Pape François est-il dans la même optique ?
Oui, absolument. Le Pape François a l’unité de l’Église à cœur, ainsi que toute ce qui peut y contribuer. Il est disponible, et cela, je le crois, a été perçu par Mgr Fellay. Mais nous ne pouvons nier qu’il reste des problèmes à résoudre, à affronter.

Donc, de la part du Saint-Siège et de votre commission Ecclesia Dei, il y a ouverture et fermeté…
La fermeté porte sur ce qui est essentiel pour être catholique. De ce point de vue, il n’y a aucun changement. Mais je ne crois pas qu’il s’agisse ici de fermeté. On parle juste d’affronter les problèmes et de les résoudre, de les résoudre ensemble. L’ouverture est dans ce sens. Nous avons identifié les questions à traiter, nous sommes en train d’y travailler, il faudra du temps, ainsi qu’une disponibilité réciproque.
(HD-MA-SB-OB avec I-media)

vendredi 11 mars 2016

Mgr Pozzo: Où en est le dialogue avec les lefebvristes? - 25 février 2016

Sources: Zenit // Traduction LPL

Après la levée de l'excommunication en 2009 , par Benoît XVI , le geste d 'ouverture accompli par le pape François à l'occasion de l'Année Sainte est un nouveau pas vers la reconnaissance canonique.
On a beaucoup parlé ces dernières années du difficile rapprochement de la Fraternité Saint-Pie X, fondée par Mgr Marcel Lefebvre, avec l'Eglise de Rome. La levée de l'excommunication par le pape Benoît XVI n'annule pas encore la position irrégulière dans laquelle se trouvent les lefebvristes.
Il leur reste, en effet, à revenir sur leur rejet du Novus Ordo, de l'œcuménisme et de la liberté religieuse ; cependant la nouvelle ouverture faite par le pape François - qui, pour le Jubilé, a sanctionné la validité de la réception des sacrements de la confession et de l'onction des malades administrés par des prêtres lefebvristes - représente un nouveau pas vers la reconnaissance canonique.
Pour en savoir plus sur la situation actuelle de la Fraternité Saint-Pie X, ZENIT a interviewé Mgr Guido Pozzo, secrétaire de la Commission pontificale Ecclesia Dei, instituée en 1988 par saint Jean-Paul II, dans le but principal d'entamer un dialogue avec les lefebvristes, pour arriver un jour à leur pleine réintégration.


Zenit - Excellence, en 2009, le pape Benoît XVI a levé l'excommunication de la Fraternité Saint-Pie X. Cela signifie-t-il  que maintenant ils sont à nouveau en communion avec Rome?

Mgr Guido Pozzo - Avec la levée par Benoît XVI de la censure de l'excommunication des évêques de FSSPX (2009), ces derniers ne sont plus soumis à cette grave peine ecclésiastique. Avec cette mesure, cependant, la FSSPX demeure encore dans une situation irrégulière, parce qu'elle n'a pas reçu la reconnaissance canonique par le Saint-Siège (1). Tant que la Société n'a pas de statut canonique dans l'Église, ses ministres n’exercent pas de manière légitime le ministère ni la célébration des sacrements. Selon la formulation de celui qui était alors le cardinal Bergoglio de Buenos Aires (2), et confirmée par la pape François à la Commission pontificale Ecclesia Dei, les membres de la FSSPX sont des catholiques en chemin vers la pleine communion avec le Saint-Siège. Cette pleine communion existera quand interviendra la reconnaissance canonique de la Fraternité.


Zenit - Quelles mesures ont été prises par le Saint-Siège durant ces sept années pour favoriser le rapprochement avec la Fraternité Saint-Pie X?

Mgr Guido Pozzo - Suite à la levée de l'excommunication en 2009, ont commencé une série de réunions doctrinales entre experts nommés par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, qui est étroitement liée à la Commission pontificale Ecclesia Dei selon le Motu proprio de Benoît XVI Ecclesiae Unitatem (2009), et d’autre part des experts de la FSSPX (3), pour discuter et échanger sur les principaux problèmes liés à la doctrine qui sont à la racine du conflit avec le Saint-Siège: le lien entre Tradition et Magistère, la question de l'œcuménisme, le dialogue interreligieux, la liberté religieuse et la réforme liturgique, dans le contexte de l'enseignement du Concile Vatican II.
Ces rencontres, qui ont duré environ deux ans, ont permis de clarifier les positions théologiques respectives sur le sujet afin de mettre en lumière les points de convergence et les points de divergence.
Au cours des années suivantes, les échanges doctrinaux ont continué avec quelques initiatives visant à l’approfondissement et la clarification des thèmes en discussion.
Dans le même temps des contacts entre les supérieurs de la Commission Ecclesia Dei et ceux de la FSSPX et de certains de ses membres ont favorisé le développement d'un climat de confiance et de respect mutuel, qui doit être la base d'un processus de rapprochement. Il convient de surmonter la méfiance et les raideurs qui sont compréhensibles après tant d'années de fracture, mais qui peuvent être progressivement dissipées si les changements d'attitude mutuelles et si les différences ne sont pas considérées comme des murs insurmontables, mais comme des points de discussion qui méritent d'être approfondis et développés afin d’aboutir à une clarification utile à toute l'Église.
Nous sommes maintenant à un stade que je crois constructif et propre à obtenir la réconciliation souhaitée. Le geste du pape François d'accorder aux fidèles catholiques la possibilité de recevoir validement et licitement le sacrement de la réconciliation et de l'onction des malades de la part des évêques et des prêtres de la FSSPX au cours de l'Année Sainte de la Miséricorde, est clairement le signe de la volonté du Saint-Père de favoriser le chemin vers la reconnaissance canonique complète et stable.


Zenit - Quels sont les obstacles qui se dressent encore sur le chemin d’une réconciliation définitive?

Mgr Guido Pozzo - Je distinguerais deux niveaux. Celui doctrinal à proprement parler, qui concerne quelques différences sur des sujets particuliers proposés par le Concile Vatican II et le magistère post-conciliaire sur l'oecuménisme, la relation entre le christianisme et les religions du monde, la liberté religieuse, en particulier dans la relation entre l'Église et l'État, et sur certains aspects de la réforme liturgique. Et celui de l'attitude mentale et psychologique qui consiste à passer d'une position de confrontation polémique et antagoniste à une position d'écoute et de respect mutuel, d'estime et de confiance, comme cela doit être entre les membres du même Corps du Christ, qui est l'Église. Nous devons travailler sur ces deux niveaux. Je pense que le rapprochement entrepris a donné des fruits, en particulier pour ce changement d'attitude par les deux parties, et il est utile de poursuivre sur cette ligne.
Même sur la question du Concile Vatican II, je pense que la FSSPX doit réfléchir sur la distinction, que je crois fondamentale et absolument décisive, entre le mens, l’esprit de Vatican II, son docendi intentio, comme il résulte des Actes officiels du Concile, et ce que j’appellerais le "para-concile", à savoir l'ensemble des orientations théologiques et des attitudes pratiques, qui ont accompagné le cours du Concile lui-même, avec la prétention ensuite de se couvrir de son nom, et qui, dans l’opinion publique et grâce à l'influence des mass médias,  se confondent souvent avec la vraie pensée du Concile.
Ainsi dans les discussions avec la FSSPX, l'opposition n’est pas au Concile, mais à l'«esprit du Concile» (4), qui utilise certaines expressions ou formulations des documents conciliaires pour ouvrir la voie à des interprétations et des positions qui sont éloignées de la vraie pensée conciliaire et qui parfois abusent d’elle (5). De même en ce qui concerne la critique lefebvriste sur la liberté religieuse, sur le fond de la discussion, il me semble que la position de la FSSPX se caractérise par la défense de la doctrine catholique traditionnelle contre le laïcisme agnostique de l'Etat et contre le sécularisme et le relativisme idéologique et non pas contre le droit de l’individu à ne pas être contraint ou empêché par l'État dans l'exercice de sa foi religieuse. Il s’agit cependant de questions qui seront des sujets de discussion et de clarification même après la pleine réconciliation.
Ce qui apparaît essentiel c’est de retrouver une convergence totale sur ce qui est nécessaire pour être en pleine communion avec le Siège apostolique, à savoir l'intégrité du Credo catholique, le lien (6) des sacrements et l'acceptation du magistère suprême de l'Eglise. Le Magistère, qui n’est pas au-dessus de la Parole de Dieu écrite et transmise, mais qui la sert, est l'interprète authentique aussi des textes précédents, y compris ceux du Concile Vatican II, à la lumière de la Tradition vivante, qui se développe dans l'Eglise avec l'aide du Saint-Esprit, non pas avec comme une nouveauté contraire (ce serait nier le dogme catholique), mais avec une meilleure compréhension du dépôt de la foi, toujours dans « l’unité du dogme, de sens et de manière de voir » (in eodem scilicet dogmate, eodem sensu et eademque sententia, cf. Concile Vatican, Const. dogm. Dei Filius, 4). (7)
Je crois que sur ces points une convergence avec la FSSPX est non seulement possible mais nécessaire. Cela n'a aucune incidence sur la capacité et la légitimité de discuter et d'explorer d'autres questions particulières, je l'ai mentionné ci-dessus, qui ne concernent pas les questions de foi, mais plutôt des lignes directrices pastorales et les jugements prudentiels, et non dogmatiques, sur lesquels il est possible aussi d'avoir des points de vue différents. Donc, il ne s’agit pas d’ignorer ou de rabaisser les différences sur certains aspects de la vie pastorale de l'Eglise, mais il s’agit de garder à l’esprit que dans le Concile Vatican II il y a des documents doctrinaux dont l’intention est de reformuler la Vérité déjà définie de la foi ou de la vérité de la doctrine catholique (par exemple, la Constitution dogmatique Dei Verbum, la Constitution dogmatique Lumen Gentium), et il y a des documents qui ont pour intention de proposer des orientations ou des lignes directrices pour l'action pratique qui sont pour la vie pastorale comme une application de la doctrine (la déclaration Nostra Aetate, le décret Unitatis Redintegratio, la déclaration Dignitatis humanae).
L'adhésion aux enseignements du Magistère varie selon le degré d'autorité et selon la catégorie de la propre vérité des documents du Magistère. Il ne me semble pas que la FSSPX ait nié les doctrines de la foi ou de la vérité de la doctrine catholique enseignée par le Magistère. Les critiques émises concernent plutôt les déclarations ou les indications concernant le renouvellement de la pastorale dans les relations œcuméniques avec les autres religions, et certaines questions d'ordre prudentiel dans la relation de l'Eglise et de la société, de l'Eglise et de l'Etat.
Sur la réforme liturgique (8), je me borne à mentionner une déclaration que Mgr Lefebvre a écrite au pape Jean-Paul II dans une lettre datée du 8 Mars 1980: « Quant à la messe du Novus Ordo, malgré toutes les réserves qui doivent être faites à son sujet, je n’ai jamais prétendu qu'il serait invalide ou hérétique ». Par conséquent, les réserves envers le Novus Ordo du rite, qui ne doivent évidemment pas être sous-estimées, ne font pas référence ni à la validité de la célébration du sacrement, ni à la rectitude de la foi catholique. Il faudra donc poursuivre la discussion et la clarification de ces réserves (9).


Zenit - A l'occasion de l’année de la Miséricorde, il y a eu un geste d’apaisement du pape François: les fidèles catholiques peuvent aussi recevoir le sacrement de la réconciliation par des prêtres appartenant à la Fraternité. Que signifie cette mesure? Se peut-il que ce geste puisse effectivement rouvrir un dialogue qui, depuis quelque temps, semblait être à l’arrêt ?

Mgr Guido Pozzo - Comme je l'ai dit plus haut, le dialogue avec la FSSPX n'a ​​jamais cessé. Il a plutôt été décidé qu'il continuerait sous une forme moins officielle et moins formelle, pour donner l'espace et le temps de la maturation des rapports dans une attitude de confiance et de compréhension mutuelle afin de favoriser un climat de relations plus appropriés où l’on trouverait également le temps d’aborder les  discussions théologiques et doctrinales.
Le Saint-Père a encouragé la Commission pontificale Ecclesia Dei, dès le début de son pontificat, à poursuivre cette méthode dans ses rapports avec la FSSPX et dans sa confrontation avec elle.
Dans ce contexte, le geste apaisant et magnanime du pape François à l’occasion de l’Année de la Miséricorde a indubitablement contribué à éclaircir un peu plus l'état des relations avec la Fraternité, montrant que le Saint-Siège a la volonté d’un rapprochement et d’une réconciliation qui devront aussi inclure un règlement canonique.
J'espère et souhaite que le même sentiment et la même volonté soient également partagés par la FSSPX.

vendredi 29 mai 2015

L’abbé Bouchacourt : « c’est tout grâce au Pape » ; Pozzo : « la route continue ! »

Source: The Recusant
Traduit pour Reconquista (merci de mentionner la source originale et la source française)


Nous référons le lecteur à un article paru il y a une semaine dans le magazine hebdomadaire français « Famille Chrétienne » (ce magazine n’est pas même un magazine de tendance conservatrice selon le Novus Ordo – il est en effet considéré comme un magazine libéral même par les standards du Novus Ordo !), une traduction de cet article se trouve ICI ou bien sur notre page de documents de référence.

Comme on pouvait s’y attendre, la majorité de cet article n’apporte rien de neuf, mais il contient quelques bribes d’entretien avec l’abbé Christian Bouchacourt (lui qui s’est fait remarquer en disant que « les juifs n’ont pas commis de déicide ») qui saisit l’occasion pour louer le Pape François pour son aide en ce qui concerne la reconnaissance de la FSSPX. Rappelons-nous que ce fut l’abbé Bouchacourt qui le premier a demandé la reconnaissance déjà en 2011. Il avait demandé à celui qui était alors Cardinal Bergoglio (aujourd’hui le Pape François), l’homme, qu’il qualifie de « … celui qui a facilité les choses » [en termes de reconnaissance de la FSSPX]. « Sans lui, cela aurait été impossible. »

Il y a aussi quelques bribes d’entretiens avec Monseigneur Pozzo dans lesquels, parmi d’autres commentaires, il dit que la « route » du « dialogue » entre la FSSPX et Rome « continue ».

Quelqu’un souhaite-t-il demander à l’abbé Daniel Themann ce que cela signifie, lui qui avait dénigré la Résistance en déclarant : « Résistance à quoi donc ? ».

Quelqu’un souhaite-t-il demander à l’abbé Jacques Emily ce que cela signifie, lui qui insistait « qu’il n’y a pas d’accord et qu’il n’y en aura pas ! » (et qui ajoutait que quiconque dit le contraire doit être « d’une telle mauvaise foi » cf ICI) ?

Quelqu’un souhaite-t-il demander à Monseigneur Fellay ce que cela peut signifier, lui qui disait lors de discussions en Angleterre, en Irlande et ailleurs que tout est fini entre la FSSPX et Rome, et que les discussions sont terminées ?

samedi 21 mars 2015

Première réaction romaine au sacre du 19 mars



Source: La Croix: 

Mgr Williamson est excommunié de fait après avoir accompli un « acte illégitime »
Le Vatican a confirmé, vendredi 20 mars, l’excommunication de l’évêque britannique intégriste Richard Williamson qui, le 19 mars 2015, a procédé au Brésil à l’ordination épiscopale d’un prêtre français, l’abbé Jean-Michel Faure.



Interpellé par I.MEDIA, le secrétaire de la Commission pontificale Ecclesia Dei a confirmé qu’après cet « acte illégitime », l’évêque négationniste déjà exclu de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX) était automatiquement excommunié.


EXCOMMUNICATION « LAETAE SENTENTIAE »
« Mgr Williamson a consacré évêque ce prêtre qui n’appartient pas non plus à la Fraternité Saint-Pie-X », explique Mgr Guido Pozzo, précisant que le prélat britannique a « accompli un acte illégitime ». « Lorsqu’un évêque consacre un autre évêque sans mandat pontifical, il est excommunié latae sententiae », c’est-à-dire du simple fait de l’acte accompli, rappelle le prélat romain avant d’ajouter que « les conséquences canoniques devraient être désormais prises par la Congrégation pour les évêques, dont c’est la compétence ».

Aux yeux de Mgr Pozzo, le nouvel évêque ordonné illicitement - le Français Jean-Michel Faure - est également « un de ces extrémistes et jusqu’au-boutistes qui ont quitté la Fraternité Saint-Pie-X ». Agé de 73 ans, ce proche de Mgr Williamson envisage d’ouvrir un séminaire en France pour l’Union sacerdotale Marcel-Lefebvre fondée par le prélat britannique et qui rassemble une soixantaine de prêtres.


DEUXIÈME EXCOMMUNICATION POUR MGR WILLIAMSON
Exclu en 2012 de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X pour ses positions extrêmes et sa vive opposition à tout rapprochement avec Rome, Mgr Williamson est donc excommunié une seconde fois. Illicitement consacré évêque en juin 1988 par Mgr Marcel Lefebvre (1905-1991), alors supérieur de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X, il avait été excommunié par Rome.

En janvier 2009, dans une main tendue visant à permettre un retour de la FSSPX dans le giron de l’Eglise, Benoît XVI (2005-2013) avait choisi de lever l’excommunication des quatre évêques consacrés par Mgr Lefebvre. Mais les propos négationnistes tenus quelques jours plus tôt par Mgr Williamson sur une télévision suédoise avaient mis le Saint-Siège dans l’embarras et déclenché une vive polémique.


LE GESTE DE MGR WILLIAMSON VIVEMENT CONDAMNÉ PAR LA FRATERNITÉ SAINT-PIE-X
« Nous apprécions ce qu’a fait savoir la Maison générale de la Fraternité Saint-Pie-X, qui s’est exprimé très clairement », confie encore Mgr Guido Pozzo. « Mgr Williamson et l’abbé Faure ne sont plus membres de la Fraternité Saint-Pie-X depuis respectivement 2012 et 2014, à cause des vives critiques qu’ils formulaient contre toute relation avec les autorités romaines, dénonçant ce qui était, selon eux, une trahison de l’œuvre de Mgr Marcel Lefebvre », a particulièrement précisé un communiqué. 

La FSSPX a également relevé que « toutes les déclarations de Mgr Williamson et de l’abbé Faure prouvent à l’envi qu’ils ne reconnaissent plus les autorités romaines, si ce n’est de façon purement rhétorique ».


LE DIALOGUE CONTINUE ENTRE ROME ET LA FSSPX
Actuellement, confie par ailleurs Mgr Guido Pozzo, le dialogue « continue » avec la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X. « 

Plusieurs rencontres ont eu lieu et sont encore prévues avec certains prélats pour approfondir les problèmes qui restent à éclaircir, dans un rapport de confiance », poursuit le secrétaire de la Commission pontificale Ecclesia Dei pour qui, au-delà des difficultés doctrinales qui subsistent, les problèmes sont « internes à la fraternité ».

« Le pape, poursuit Mgr Pozzo, attend que la Fraternité Saint-Pie-X décide d’entrer (dans l’Eglise) et nous sommes toujours disponibles, avec un projet canonique qui est déjà connu », à savoir la création d’une prélature personnelle. « Il faut un peu de 
temps, conclut-il, pour que les choses s’éclaircissent en interne et que Mgr Fellay puisse obtenir un consensus assez élargi avant d’accomplir ce geste ».

lundi 6 octobre 2014

Abbé David Hewko: On ne joue pas avec la Foi


“ON NE JOUE PAS AVEC LA FOI”





Par Monsieur l’abbé David Hewko

Le 8 novembre 2013, en la fête des Martyrs Couronnés


1  OBJECTION COURANTE: mais Mgr Lefebvre n’a jamais rejeté le protocole du 5 mai 1988 ! En fait, il était heureux avec la majeure partie de son contenu, excepté le fait que Rome ne lui donnait pas d’évêque à consacrer. La Déclaration Doctrinale du 15 avril 2013 était semblable au Protocole. »

REPONSE : laissons la parole au saint évêque lui-même :
Quand la question lui fut posée sur l’acceptation par Dom Gérard de la proposition du Pape, il a dit : « A notre dernière entrevue, il m’a demandé si je pouvais accepter le Protocole [du 5 mai 1988], celui que j’ai moi-même refusé ! … nous ne devons plus discuter avec les autorités romaines. Ils veulent seulement nous faire accepter le Concile, nous devons couper toute relation avec eux¨ » (Controverse, No. 0, septembre 1988, Le Rocher No. 84).

A propos du Protocole du 5 mai 1988 … « Si seulement vous pouviez connaître la nuit que j’ai passée après avoir signé cet accord infamant » Oui, combien j’attendais le matin avec empressement pour pouvoir donner à l’abbé du Chalard ma lettre de rétractation que j’avais écrite pendant la nuit. » (Marcel Lefebvre, Mgr Tissier de Mallerais page 555).

Nos vrais fidèles – ceux qui comprennent le problème – avaient peur des démarches que j’avais prises avec Rome. Ils me disaient que c’était dangereux et que je perdais mon temps. Oui, bien sûr, j’espérais jusqu’à la dernière minute que Rome allait faire preuve d’un peu de loyauté. Personne ne peut me blâmer de n’avoir pas fait le maximum. Donc, maintenant, à ceux qui me disent que je dois trouver un accord avec Rome, je suis certain de pouvoir dire que j’ai été plus loin que je n’aurais dû ! (Mgr Lefebvre, 1990, Fideliter, No. 79, page 11).

Je lui ai dit [au Cardinal Ratzinger, devenu Pape Benoît XVI] ‘même si vous nous donnez un évêque, même si vous nous donnez une certaine autonomie par rapport aux évêques, même si vous nous octroyez la liturgie de 1962, même si vous nous permettez de continuer à gérer nos séminaires de la manière actuelle – nous ne pouvons collaborer avec vous ! C’est impossible ! Impossible ! Parce que nous travaillons dans des directions diamétralement opposés. Vous travaillez à déchristianiser la société, la personne humaine et l’Eglise, et nous travaillons à les christianiser. On ne peut s’entendre ! » (Marcel Lefebvre, Mgr Tissier de Mallerais, page 548).

Une fois, quelqu’un m’a conseillé ‘signez, signez [le protocole du 5 mai 1988] que vous acceptez tout ; et ensuite vous continuez comme avant ! Non ! ON NE JOUE PAS AVEC LA FOI ! … Nous demander cela, c’est nous demander de contribuer à la disparition de la Foi. Impossible ! (Ils L’ont découronné, Mgr Lefebvre, ch. 31, p. 230.)

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mercredi 24 septembre 2014

Abbé Barthe: La Fraternité Saint-Pie-X en état de « réconciliation imparfaite »

Source: Tradinews et l'Homme nouveau

Au lendemain de la rencontre à Rome du cardinal Müller, préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi et de Mgr Fellay, supérieur de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, l'abbé Claude Barthe a bien voulu nous donner son analyse de cet événement et de ses possibles répercussions. 
Vers la reconnaissance canonique ?
C’est donc hier, mardi 23 septembre, qu’au Palais du Saint-Office (congrégation pour la Doctrine de la foi), s’est déroulé l’entretien annoncé sans date entre le cardinal Müller, Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi et Président de la Commission pontificaleEcclesia Dei, et Mgr Fellay, Supérieur général de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX). Étaient présents à l’entretien : du côté de la Congrégation, Mgr Pozzo, Secrétaire de la Commission Ecclesia Dei, Mgr Ladaria, Secrétaire de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, et Mgr Di Noia, Secrétaire-adjoint de la CommissionEcclesia Dei ; et du côté de la FSSPX, les deux assistants de Mgr Fellay, les abbés Pflüger et Nély. La reconnaissance canonique de la FSSPX, si elle intervenait dans les temps qui viennent, ne présenterait plus l’aspect et l’intérêt de tremblement de terre qu’elle aurait revêtu à l’intérieur de l’Église, à la fin du pontificat de Benoît XVI. En revanche, elle est devenue paradoxalement bien plus facile à réaliser, dès l’instant que le Pape actuel – c’est le moins que l’on puisse dire – n’a pas la réputation de traditionalisme qu’avait son successeur.
Plusieurs commentaires peuvent être faits :
- On note l’espèce de solennité donnée à la rencontre par le Saint-Siège qui, après avoir conservé un secret hermétique sur le jour de sa tenue, l’a fait suivre d’un communiqué officiel à la Salle de Presse, en forme de document diplomatique aux termes dûment pesés.

- Le second est le retour sur le devant de la scène de la petite Commission Ecclesia Dei et de son Secrétaire, Mgr Pozzo. Des fuites ayant fait connaître la brève entrevue de Mgr Fellay avec le Pape, à la Maison Sainte-Marthe, il y a plus de six mois, les observateurs avaient conclu que des discussions visant à donner un statut canonique à la FSSPX, interrompues en juin 2012, s’étaient à nouveau établies. Le très ratzinguérien Mgr Pozzo s’avère en être l’artisan efficace, n’ayant pas hésité, dit-on, à payer d’audace en certaines occasions.

- Le contenu du communiqué d’aujourd’hui reprend d’ailleurs presque mot à mot celui de 2005. En 2005 « La rencontre s’est déroulée dans un climat d’amour pour l’Église et de désir d’arriver à la communion parfaite. Quoique conscients des difficultés, il a été manifesté la volonté de procéder per gradi, par étapes, et dans un temps raisonnable ». Aujourd’hui : « On s’est mis d’accord pour procéder per gradi et dans un temps raisonnable vers le dépassement des difficultés et vers l’avènement souhaité de la pleine réconciliation ». On note la différence : la qualification du statut théologique de la FSSPX fait l’objet d’un concept élaboré pour l’occasion. On ne parle plus pour elle d’arriver à « la pleine communion », en l’assimilant par le fait, peu ou prou, aux communautés séparées auxquelles est réservée l’expression (à tort d’ailleurs, car la communion ne souffre pas de degrés) de « communion imparfaite ». Mais le communiqué dit que la FSSPX doit retrouver la « pleine réconciliation ». La FSSPX, déjà en pleine communion, n’est pas encore en pleine réconciliation.

- À ce propos, on se souvient que le cardinal Castrillón, lorsqu’il était en charge du dossier, tenait à affirmer que la FSSPX n’était aucunement schismatique. On peut faire l’hypothèse, connaissant le mode de fonctionnement de la gouvernance du Pape François, qui aime doubler les circuits officiels d’information de la Curie par les siens propres, que le long rapport oral fait par le cardinal Castrillón sur ce dossier auprès de lui, en octobre 2013, avait eu un grand poids.

- L’aspect le plus important dévoilé par le communiqué de ce jour est « politique ». Il est clair que Mgr Pozzo n’a pu agir, dans cette nouvelle phase jusqu’à ce jour très discrète, qu’avec l’aval exprès du Pape. Selon les usages du Saint-Siège, et sous le Pape François plus que jamais, un communiqué de cette nature reçoit son approbation personnelle avant publication. Si l’on ajoute que, lors d’une récente réunion dite « secrète » de la Conférence épiscopale italienne (CEI) présidée par le Pape, c’est-à-dire une des réunions de la CEI qui ne donnent pas lieu à informations à la presse, le Pape, en réponse à une question épiscopale, a affirmé que la réglementation concernant le Motu Proprio Summorum Pontificum (la Lettre apostolique et l’Instruction d’application) restait en vigueur, on peut dire qu’on se trouve ici en présence de la part « de continuité » du présent pontificat avec celui de Benoît XVI. François le « progressiste » ne serait pas fâché de réussir où a échoué Benoît l’« intégriste ».

- Il reste que le point majeur reste enveloppé d’un profond mystère, inconnu qu’il est de tous, y compris sans doute des plus proches : qu’est-ce que Mgr Bernard Fellay désire faire ou, ce qui revient au même, qu’est-ce qu’il s’estime en mesure de faire ?

Mgr Pozzo aurait été reçu à Econe avant la réunion de septembre


Lefebvristes : Mgr Fellay reçu au Vatican en vue d’une « pleine réconciliation »

ARTICLE | 23/09/2014 | Par I.Media
Mgr Fellay à Paris
Mgr Bernard Fellay, en mars 2013 à la chapelle Notre-Dame de la Consolation à Paris.
©P. RAZZO – CIRIC
Alors que les relations entre Rome et les lefebvristes semblaient au point mort depuis le milieu de l’année 2012, le supérieur de la Fraternité Saint-Pie-X a rencontré le 23 septembre le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi.
Le supérieur de la Fraternité Saint-Pie-X (FSSPX), Mgr Bernard Fellay, a été reçu pendant deux heures au Vatican dans la matinée du 23 septembre par le cardinal Gerhard Ludwig Müller, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi (CDF), a indiqué le bureau de presse du Saint-Siège. Cette rencontre « dans un climat serein » a officiellement permis d’examiner « certains problèmes d’ordre doctrinal et canonique » et de décider de« procéder graduellement et en des temps raisonnables pour le dépassement des difficultés et l’aboutissement espéré d’une pleine réconciliation ».
Lors de cette réunion, le chef de file des lefebvristes est venu avec ses deux assistants, le Père Nikolas Pfluger et le Père Alain-Marc Nély. Le préfet de la CDF était quant à lui accompagné du secrétaire de la congrégation, Mgr Luis Ladaria, du secrétaire adjoint, Mgr Augustine Di Noia, et du secrétaire de la Commission pontificale Ecclesia Dei, Mgr Guido Pozzo.
La poursuite du dialogue voulue par le pape François
« Après un temps assez long sans contact, a précisé par la suite le directeur du bureau de presse du Saint-Siège, il s’agit d’une reprise des contacts, dans un climat serein et cordial, avec l’intention de poursuivre dans une perspective positive. » « Le dialogue se poursuit, espérons qu’il porte des fruits positifs », a seulement ajouté le Père Federico Lombardi, devant une poignée de journalistes.
De fait, c’est le pape François lui-même qui a souhaité que le dialogue ne soit pas rompu. Alors que les relations entre Rome et la FSSPX semblaient au point mort depuis le milieu de l’année 2012, et que les discussions autour d’un préambule doctrinal avaient échoué, Mgr Fellay était venu au Vatican en décembre 2013. Il avait alors rencontré Mgr Guido Pozzo et Mgr Augustine Di Noia, alors vice-président de cette commission. À cette occasion, alors qu’il déjeunait à la maison Sainte-Marthe avec ses hôtes, Mgr Fellay avait très brièvement salué le pape François.
Mgr Guido Pozzo se serait rendu par la suite à Écône (Suisse) à la rencontre des responsables de la FSSPX afin de poursuivre le dialogue encouragé par le Saint-Père. Ce 23 septembre, c’est très officiellement que Mgr Fellay a donc été reçu par le cardinal Müller, pour la première fois depuis la nomination du haut prélat allemand à la tête de la CDF en juillet 2012.
Début 2013, avant l’élection du pape François, Rome avait jeté de nouvelles bases pour une reprise du dialogue en vue d’un retour des lefebvristes dans la pleine communion. Après l’élection du pape argentin, les responsables de la FSSPX n’avaient cependant pas caché leurs craintes, et la famille fidèle à Mgr Marcel Lefebvre (1905-1991) est aujourd’hui traversée par des courants divers, dont certains favorables à un rapprochement avec Rome.
I.Media