Affichage des articles dont le libellé est Ecclesia Dei. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Ecclesia Dei. Afficher tous les articles

dimanche 13 janvier 2019

Fermeture du Piège ?

Kyrie eleison DC ( 12 janvier 2019 )

Quelque chose cèdera, mais pas la Vérité.
On la méprise en vain. Elle a l’éternité.

Voilà que l’Eglise et le monde viennent d’entrer dans une nouvelle année civile. Tout est en place pour une troisième guerre mondiale capable d’effacer l’humanité de la surface de la terre. En même temps, ces “Commentaires” ont atteint leur 600ème numéro. Pourtant, n’était-ce pas hier qu’ils fêtaient leur 500ème parution ? Le monde tourne à folle allure : “volvitur orbis” – mais Dieu reste toujours aux commandes. Sa Croix est fermement plantée, elle ne bougera pas : “stat crux”. Donc Dieu donne toute liberté à ses ennemis pour agir comme un fléau sur une génération impie ; mais ce fléau est pour notre bien, pour permettre aux brebis de se séparer des boucs, et pour empêcher les brebis de tomber en enfer. Mais, si d’aventure ces ennemis pensaient l’emporter sur Lui, mal leur en prendrait : Dieu s’est servi des Assyriens pour châtier les Israélites ; mais malheur aux Assyriens qui pensaient échapper à Sa justice ! (Isaïe X, en particulier, verset 15) On ne se moque pas de Dieu.

Mais au cœur même de ces problèmes du monde se trouve le problème sans précédent de l’Église actuelle. Car l’Église dépend de sa hiérarchie, composée d’évêques et de prêtres, et alors si Dieu a voulu permettre que le déclin de Son Église précède la fin du monde (Lc. XVIII, 8), il est logique que Sa hiérarchie y soit impliquée. Ainsi s’explique le Concile Vatican II (1962–1965). Le temps pour l’Eglise de tenir tête à ce déclin aura duré quatre siècles à partir de la contre-Réforme dans les années 1500, siècles admirables de catholicisme, mais après ces 400 ans, les clercs ont fini par céder. Ils ont substitué à l’Église catholique de Dieu leur propre Néo-église : l’église conciliaire. Or, dans les années 1970, il y avait encore assez de foi chez les catholiques pour permettre qu’une résistance sérieuse continuât, et là Mgr Lefebvre et sa Fraternité Saint Pie X ont joué un rôle majeur. Mais 40 ans plus tard, ses successeurs n’ont plus été capables de cet effort, et les catholiques fidèles ont été plus abandonnés que jamais.

Et en 2019, la vie des catholiques semble s’étioler encore plus. Il est illusoire aujourd’hui d’agir ou de réagir comme si nous étions encore dans les années 1970. “Volvitur orbis”. Le monde a évolué, et avec lui, la situation de l’Église. Des conditions extrêmes exigent des mesures extrêmes. Au fur et à mesure que les institutions catholiques autrefois florissantes prennent l’une après l’autre des allures de mascarades, les catholiques quant à eux se transforment lentement en spectres ambulants de ce qu’ils étaient, et il semble qu’il n’y ait pas grand-chose à faire pour y remédier. On ne trouvera le remède ni dans la rhétorique ni dans les belles paroles, car les belles paroles sont usées et la rhétorique n’est plus qu’une coquille creuse. Les catholiques dépendent de leur hiérarchie, et leur hiérarchie est atteinte. Le berger est frappé à mort, les brebis sont dispersées, et elles ont beau se tourner encore vers lui : il est comme absent !

Selon une information récente (ou rumeur ? Rome décidera en fonction de la réaction des gens) la commission romaine Ecclesia Dei (ED) va rentrer dans la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (CDF). Fondée par Rome immédiatement après les Consécrations épiscopales de la Fraternité en 1988, cette Commission avait pour but de détourner les catholiques de suivre Mgr Lefebvre plutôt que Rome. On nous dit que sa disparition devait être annoncée le 20 décembre, mais Rome y a peut-être réfléchi à deux fois. Sans doute, les dirigeants actuels de la Fraternité seraient bien contents d’échapper à l’emprise d’Ecclesia Dei : ils mettraient ainsi fin à leur propre “schisme” (tel qu’ils le voient), et ils dépendraient alors pleinement et “normalement” de la CDF. Par contre il peut toujours y avoir assez de catholiques assez croyants encore pour espérer que Rome fasse le moindre des gestes en faveur de la Tradition, tel le maintien d’ED. Mais il y a longtemps que la commission Ecclesia Dei n’est qu’une escroquerie. Et les Romains et les dirigeants de la Fraternité veulent que le piège romain se referme.

Alors, que vont faire les catholiques qui ont la Foi et qui veulent la garder ? En premier lieu, faisons le point. Pendant 250 ans, le sang des martyrs a servi à cimenter l’Eglise de Rome, sang versé par des hommes, mais aussi par de nombreuses jeunes filles. Mais où sont aujourd’hui les candidats au martyre ? Le Bon Dieu en a assez des catholiques dont la Foi ne cesse de s’affaiblir depuis des siècles. Il ramène les lions pour susciter des candidats dignes du Ciel. En conséquence, ceignons nos reins, et soyons virils comme l’étaient ces vierges martyrs (sans aucune trace de féminisme !). Humilions-nous sous la Sagesse et la Justice de Dieu. Puis, en troisième lieu, n’oublions pas que parmi ceux qui sont actuellement les derniers, beaucoup pourraient devenir les premiers, et vice versa. Quatrièmement, et toujours : “Veillez et priez le saint Rosaire, chaque jour quinze mystères.”

Kyrie eleison.

samedi 2 juillet 2016

Réaction romaine au communiqué de Menzingen

Il semble que Rome soit moins naïve que la plupart des fidèles de la Tradition: d'un communiqué affirmant que la reconnaissance canonique n'est pas le souci premier de la FSSPX, et que cette dernière veut prendre les moyens que la Providence lui donne (et bon nombre de supérieurs ou d'évêques de la FSSPX présentent comme tel une reconnaissance "unilatérale"), Mgr Pozzo conclut simplement qu'il n'y a pas là de "porte fermée au dialogue"... 



Retranscription de l'interview de Mgr Pozzo, secrétaire de la Commission pontificale "Ecclesia Dei"
La commission Ecclesia Dei ne considère pas cette déclaration comme une porte fermée au dialogue. Mais il semble que le communiqué n’entre pas dans le détail des questions concrètes qui sont l’objet d’examen et de dialogue entre la Commission et la Fraternité Saint-Pie X. Le dialogue sur ces questions concrètes doit donc se poursuivre.

Comment interprétez-vous ce communiqué ?
Il ne dit rien de nouveau au regard de positions déjà bien connues de la fraternité, au sujet de la situation de l’Église aujourd’hui.
Je peux éventuellement ajouter que lorsqu’on se réfère au manque de reconnaissance canonique, que la fraternité ne considère pas comme primordiale en ce moment, et bien, je peux dire que la reconnaissance canonique du Saint-Siège est une condition essentielle pour qu’une œuvre catholique soit en pleine communion ecclésiale, selon le Droit (canon). Cette reconnaissance n’existe pas encore, mais nous travaillons à cette fin.

Benoît XVI tenait beaucoup à ce travail afin de parvenir à l’unité avec la fraternité Saint-Pie X. Le Pape François est-il dans la même optique ?
Oui, absolument. Le Pape François a l’unité de l’Église à cœur, ainsi que toute ce qui peut y contribuer. Il est disponible, et cela, je le crois, a été perçu par Mgr Fellay. Mais nous ne pouvons nier qu’il reste des problèmes à résoudre, à affronter.

Donc, de la part du Saint-Siège et de votre commission Ecclesia Dei, il y a ouverture et fermeté…
La fermeté porte sur ce qui est essentiel pour être catholique. De ce point de vue, il n’y a aucun changement. Mais je ne crois pas qu’il s’agisse ici de fermeté. On parle juste d’affronter les problèmes et de les résoudre, de les résoudre ensemble. L’ouverture est dans ce sens. Nous avons identifié les questions à traiter, nous sommes en train d’y travailler, il faudra du temps, ainsi qu’une disponibilité réciproque.
(HD-MA-SB-OB avec I-media)

samedi 9 janvier 2016

« Nous reconnaître tels que nous sommes » ? (R.P. Bruno OSB)

Dom Gérard OSB, prieur du Barroux


A la fin du « mot du supérieur général » (1er novembre 2015) du dernier bulletin Cor unum, Mgr Fellay donne quelques précisions aux membres de la Fraternité sur « la situation de l’Eglise et nos relations romaines ».

Bien des points seraient à commenter : « la sainte Eglise, malade, […] perdant chaque jour davantage son unité » (?) – « le pape […] se range plutôt du côté des progressistes » (vous croyez ?) – « la grâce de la fidélité à cette œuvre merveilleuse qu’est la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X »…

vendredi 22 mai 2015

Les messes ralliées (Bulletin Le Parvis) par l'abbé Marcille

LES MESSES RALLIÉES ? Separamini popule meus  (Bulletin Le Parvis, mai 2015)


« Frères, soyez mortifiés et sur vos gardes, car votre adversaire le diable, tourne autour de vous comme un lion rugissant, cherchant qui dévorer. Que la foi vous donne la force de lui résister » (1°épitre de St Pierre, 5)


En cas d'épidémie, il faut non seulement être en bonne santé, mais aussi avoir des anticorps et se protéger. Des anticorps contre l'épidémie présente, pas contre les épidémies du passé. Pour le chrétien, l'épidémie de l'immoralité publique générale, légale et « tendance » est moins mortelle que l'adhésion religieuse à des nouveautés intellectuelles qui font rejeter Notre Seigneur Jésus-Christ avec bonne conscience. Appuyé sur la foi on se relève du péché, on ne se relève pas de l'abandon de la foi. En cas d’épidémie mortelle, la protection de la santé passe avant tout, surtout pour les sauveteurs.


L'erreur religieuse d'aujourd'hui est la pire de toute l'histoire. Elle trouve en tout homme unecomplicité intérieure par sa permissivité, elle est favorisée par la pression du monde apostat, elle est commandée au nom de Dieu par les pasteurs du troupeau. 50 ans d'expérience ne permettent pas de s'aveugler. Depuis Vatican II, ce qui était mal avant est devenu bien aujourd'hui, et ce qui était bien avant est mal aujourd'hui.


Les discussions théologiques entre Rome et la Fraternité en 2012 ont bien mis en

jeudi 23 avril 2015

Un membre de l'Institut du Christ Roi à l'inauguration de la chapelle Saint Joseph à Bruxelles

Source: Non Possumus

Au centre, le chanoine Hudson ICRSP



Le 19 mars dernier, Mgr Fellay a célébré la ré-inauguration de l'église Saint Joseph à Bruxelles. 
Dans le choeur, se trouvait le chanoine William Hudson, prieur de l'Institut du Christ Roi (c'est à dire rallié) à Bruxelles, qui a assisté en surplis à la cérémonie. 
Voici un exemple supplémentaire de rapports avec les ralliés

Alors que le soir même, un communiqué dénonçait le sacre de Mgr Faure et ne voulait rien avoir de commun avec cette action, il ne semble pas gênant à Mgr Fellay d'accueillir au choeur un rallié à Rome. "Dis moi qui sont tes amis, je dirai qui tu es" dit-on... 

Notons également que le supérieur de district de Belgique, l'abbé Legrand, était réputé ferme et anti-accordiste... Voilà un exemple de ce que peut donner à la longue la "résistance interne"... prions pour les prêtres qui croient encore possible de résister à l'intérieur pour qu'ils rejoignent le vrai combat, avant de se faire avoir eux aussi par cette ambiance délétère. 

samedi 21 mars 2015

Première réaction romaine au sacre du 19 mars



Source: La Croix

Mgr Williamson est excommunié de fait après avoir accompli un « acte illégitime »
Le Vatican a confirmé, vendredi 20 mars, l’excommunication de l’évêque britannique intégriste Richard Williamson qui, le 19 mars 2015, a procédé au Brésil à l’ordination épiscopale d’un prêtre français, l’abbé Jean-Michel Faure.



Interpellé par I.MEDIA, le secrétaire de la Commission pontificale Ecclesia Dei a confirmé qu’après cet « acte illégitime », l’évêque négationniste déjà exclu de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX) était automatiquement excommunié.


EXCOMMUNICATION « LAETAE SENTENTIAE »
« Mgr Williamson a consacré évêque ce prêtre qui n’appartient pas non plus à la Fraternité Saint-Pie-X », explique Mgr Guido Pozzo, précisant que le prélat britannique a « accompli un acte illégitime ». « Lorsqu’un évêque consacre un autre évêque sans mandat pontifical, il est excommunié latae sententiae », c’est-à-dire du simple fait de l’acte accompli, rappelle le prélat romain avant d’ajouter que « les conséquences canoniques devraient être désormais prises par la Congrégation pour les évêques, dont c’est la compétence ».

Aux yeux de Mgr Pozzo, le nouvel évêque ordonné illicitement - le Français Jean-Michel Faure - est également « un de ces extrémistes et jusqu’au-boutistes qui ont quitté la Fraternité Saint-Pie-X ». Agé de 73 ans, ce proche de Mgr Williamson envisage d’ouvrir un séminaire en France pour l’Union sacerdotale Marcel-Lefebvre fondée par le prélat britannique et qui rassemble une soixantaine de prêtres.


DEUXIÈME EXCOMMUNICATION POUR MGR WILLIAMSON
Exclu en 2012 de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X pour ses positions extrêmes et sa vive opposition à tout rapprochement avec Rome, Mgr Williamson est donc excommunié une seconde fois. Illicitement consacré évêque en juin 1988 par Mgr Marcel Lefebvre (1905-1991), alors supérieur de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X, il avait été excommunié par Rome.

En janvier 2009, dans une main tendue visant à permettre un retour de la FSSPX dans le giron de l’Eglise, Benoît XVI (2005-2013) avait choisi de lever l’excommunication des quatre évêques consacrés par Mgr Lefebvre. Mais les propos négationnistes tenus quelques jours plus tôt par Mgr Williamson sur une télévision suédoise avaient mis le Saint-Siège dans l’embarras et déclenché une vive polémique.


LE GESTE DE MGR WILLIAMSON VIVEMENT CONDAMNÉ PAR LA FRATERNITÉ SAINT-PIE-X
« Nous apprécions ce qu’a fait savoir la Maison générale de la Fraternité Saint-Pie-X, qui s’est exprimé très clairement », confie encore Mgr Guido Pozzo. « Mgr Williamson et l’abbé Faure ne sont plus membres de la Fraternité Saint-Pie-X depuis respectivement 2012 et 2014, à cause des vives critiques qu’ils formulaient contre toute relation avec les autorités romaines, dénonçant ce qui était, selon eux, une trahison de l’œuvre de Mgr Marcel Lefebvre », a particulièrement précisé un communiqué. 

La FSSPX a également relevé que « toutes les déclarations de Mgr Williamson et de l’abbé Faure prouvent à l’envi qu’ils ne reconnaissent plus les autorités romaines, si ce n’est de façon purement rhétorique ».


LE DIALOGUE CONTINUE ENTRE ROME ET LA FSSPX
Actuellement, confie par ailleurs Mgr Guido Pozzo, le dialogue « continue » avec la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X. « 

Plusieurs rencontres ont eu lieu et sont encore prévues avec certains prélats pour approfondir les problèmes qui restent à éclaircir, dans un rapport de confiance », poursuit le secrétaire de la Commission pontificale Ecclesia Dei pour qui, au-delà des difficultés doctrinales qui subsistent, les problèmes sont « internes à la fraternité ».

« Le pape, poursuit Mgr Pozzo, attend que la Fraternité Saint-Pie-X décide d’entrer (dans l’Eglise) et nous sommes toujours disponibles, avec un projet canonique qui est déjà connu », à savoir la création d’une prélature personnelle. « Il faut un peu de 
temps, conclut-il, pour que les choses s’éclaircissent en interne et que Mgr Fellay puisse obtenir un consensus assez élargi avant d’accomplir ce geste ».

mardi 21 octobre 2014

Complément d'information à propos des conférences sur l'Identité catholique

Source: Non Possumus

Suite de l'article intitulé: Nouveaux progrès d'une répugnante cohabitation



La traduction des textes sur l’affiche des conférences est la suivante :
Le projet Identité Catholique se félicite de présenter …
la Conférence Identité Catholique de 2014 
Pour la défense de l’Identité Catholique sous le règne du Pape François, avec le concours de personnalités parmi les plus prestigieuses aux Etats-Unis 
L’ancienne méthode d’évangélisation : restaurer la liturgie, la mission et la Tradition catholique. En avez-vous assez de la guerre contre Dieu, la famille et les enseignements de l’Eglise Catholique ? 
Ces hommes aussi et justement ils contre-attaquent !  
Séminaires et conférences de qualité, messes traditionnelles quotidiennes, repas soignés et convivialité avec des catholiques qui en ont aussi assez de la Christianophobie !

James Vogel

UN MELANGE HETEROCLITE DE PARTICIPANTS , DE CONFERENCIERS, ET DE PRETRES …


samedi 18 octobre 2014

Néo-FSSPX – Ecclesia dei : nouveaux « progrès » d’une répugnante cohabitation

Source: Non Possumus



UN PAS EN AVANT, UN PAS EN ARRIERE – MOUVEMENT DE BALANCIER

Dans l’annexe à la circulaire envoyée par l’abbé Thouvenot aux membres de la FSSPX, interdisant le livre de l’abbé Pivert Mgr Lefebvre, Nos Relations avec Rome, on trouve l’affirmation suivante à propos des communautés Ecclesia Dei
(…) 5. L'attitude à l'égard des milieux Ecclesia Dei est contre-productive. On ne peut compter le nombre de fois où l’abbé Pivert répète le terme « rallié » dès la présentation du livre. Au fil des pages, on découvre des jugements assez sévères à l’encontre de ces milieux, lesquels ne sont pas remis dans leur contexte. Entre les sacres et sa mort, Mgr Lefebvre n'a guère eu le temps de voir évoluer ces communautés. (…) Il affirmait également qu'il ne donnait guère de temps aux prêtres de la Fraternité Saint-Pierre pour adopter la nouvelle messe. Finalement, les faits ont montré que ces derniers ont su résister aux assauts. (…)

Etant donné le scandale que ces propos ont suscités parmi beaucoup de gens, Mgr Fellay a décidé de faire un pas en arrière : 

mercredi 24 septembre 2014

Abbé Barthe: La Fraternité Saint-Pie-X en état de « réconciliation imparfaite »

Source: Tradinews et l'Homme nouveau

Au lendemain de la rencontre à Rome du cardinal Müller, préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi et de Mgr Fellay, supérieur de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, l'abbé Claude Barthe a bien voulu nous donner son analyse de cet événement et de ses possibles répercussions. 
Vers la reconnaissance canonique ?
C’est donc hier, mardi 23 septembre, qu’au Palais du Saint-Office (congrégation pour la Doctrine de la foi), s’est déroulé l’entretien annoncé sans date entre le cardinal Müller, Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi et Président de la Commission pontificaleEcclesia Dei, et Mgr Fellay, Supérieur général de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX). Étaient présents à l’entretien : du côté de la Congrégation, Mgr Pozzo, Secrétaire de la Commission Ecclesia Dei, Mgr Ladaria, Secrétaire de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, et Mgr Di Noia, Secrétaire-adjoint de la CommissionEcclesia Dei ; et du côté de la FSSPX, les deux assistants de Mgr Fellay, les abbés Pflüger et Nély. La reconnaissance canonique de la FSSPX, si elle intervenait dans les temps qui viennent, ne présenterait plus l’aspect et l’intérêt de tremblement de terre qu’elle aurait revêtu à l’intérieur de l’Église, à la fin du pontificat de Benoît XVI. En revanche, elle est devenue paradoxalement bien plus facile à réaliser, dès l’instant que le Pape actuel – c’est le moins que l’on puisse dire – n’a pas la réputation de traditionalisme qu’avait son successeur.
Plusieurs commentaires peuvent être faits :
- On note l’espèce de solennité donnée à la rencontre par le Saint-Siège qui, après avoir conservé un secret hermétique sur le jour de sa tenue, l’a fait suivre d’un communiqué officiel à la Salle de Presse, en forme de document diplomatique aux termes dûment pesés.

- Le second est le retour sur le devant de la scène de la petite Commission Ecclesia Dei et de son Secrétaire, Mgr Pozzo. Des fuites ayant fait connaître la brève entrevue de Mgr Fellay avec le Pape, à la Maison Sainte-Marthe, il y a plus de six mois, les observateurs avaient conclu que des discussions visant à donner un statut canonique à la FSSPX, interrompues en juin 2012, s’étaient à nouveau établies. Le très ratzinguérien Mgr Pozzo s’avère en être l’artisan efficace, n’ayant pas hésité, dit-on, à payer d’audace en certaines occasions.

- Le contenu du communiqué d’aujourd’hui reprend d’ailleurs presque mot à mot celui de 2005. En 2005 « La rencontre s’est déroulée dans un climat d’amour pour l’Église et de désir d’arriver à la communion parfaite. Quoique conscients des difficultés, il a été manifesté la volonté de procéder per gradi, par étapes, et dans un temps raisonnable ». Aujourd’hui : « On s’est mis d’accord pour procéder per gradi et dans un temps raisonnable vers le dépassement des difficultés et vers l’avènement souhaité de la pleine réconciliation ». On note la différence : la qualification du statut théologique de la FSSPX fait l’objet d’un concept élaboré pour l’occasion. On ne parle plus pour elle d’arriver à « la pleine communion », en l’assimilant par le fait, peu ou prou, aux communautés séparées auxquelles est réservée l’expression (à tort d’ailleurs, car la communion ne souffre pas de degrés) de « communion imparfaite ». Mais le communiqué dit que la FSSPX doit retrouver la « pleine réconciliation ». La FSSPX, déjà en pleine communion, n’est pas encore en pleine réconciliation.

- À ce propos, on se souvient que le cardinal Castrillón, lorsqu’il était en charge du dossier, tenait à affirmer que la FSSPX n’était aucunement schismatique. On peut faire l’hypothèse, connaissant le mode de fonctionnement de la gouvernance du Pape François, qui aime doubler les circuits officiels d’information de la Curie par les siens propres, que le long rapport oral fait par le cardinal Castrillón sur ce dossier auprès de lui, en octobre 2013, avait eu un grand poids.

- L’aspect le plus important dévoilé par le communiqué de ce jour est « politique ». Il est clair que Mgr Pozzo n’a pu agir, dans cette nouvelle phase jusqu’à ce jour très discrète, qu’avec l’aval exprès du Pape. Selon les usages du Saint-Siège, et sous le Pape François plus que jamais, un communiqué de cette nature reçoit son approbation personnelle avant publication. Si l’on ajoute que, lors d’une récente réunion dite « secrète » de la Conférence épiscopale italienne (CEI) présidée par le Pape, c’est-à-dire une des réunions de la CEI qui ne donnent pas lieu à informations à la presse, le Pape, en réponse à une question épiscopale, a affirmé que la réglementation concernant le Motu Proprio Summorum Pontificum (la Lettre apostolique et l’Instruction d’application) restait en vigueur, on peut dire qu’on se trouve ici en présence de la part « de continuité » du présent pontificat avec celui de Benoît XVI. François le « progressiste » ne serait pas fâché de réussir où a échoué Benoît l’« intégriste ».

- Il reste que le point majeur reste enveloppé d’un profond mystère, inconnu qu’il est de tous, y compris sans doute des plus proches : qu’est-ce que Mgr Bernard Fellay désire faire ou, ce qui revient au même, qu’est-ce qu’il s’estime en mesure de faire ?

Mgr Pozzo aurait été reçu à Econe avant la réunion de septembre


Lefebvristes : Mgr Fellay reçu au Vatican en vue d’une « pleine réconciliation »

ARTICLE | 23/09/2014 | Par I.Media
Mgr Fellay à Paris
Mgr Bernard Fellay, en mars 2013 à la chapelle Notre-Dame de la Consolation à Paris.
©P. RAZZO – CIRIC
Alors que les relations entre Rome et les lefebvristes semblaient au point mort depuis le milieu de l’année 2012, le supérieur de la Fraternité Saint-Pie-X a rencontré le 23 septembre le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi.
Le supérieur de la Fraternité Saint-Pie-X (FSSPX), Mgr Bernard Fellay, a été reçu pendant deux heures au Vatican dans la matinée du 23 septembre par le cardinal Gerhard Ludwig Müller, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi (CDF), a indiqué le bureau de presse du Saint-Siège. Cette rencontre « dans un climat serein » a officiellement permis d’examiner « certains problèmes d’ordre doctrinal et canonique » et de décider de« procéder graduellement et en des temps raisonnables pour le dépassement des difficultés et l’aboutissement espéré d’une pleine réconciliation ».
Lors de cette réunion, le chef de file des lefebvristes est venu avec ses deux assistants, le Père Nikolas Pfluger et le Père Alain-Marc Nély. Le préfet de la CDF était quant à lui accompagné du secrétaire de la congrégation, Mgr Luis Ladaria, du secrétaire adjoint, Mgr Augustine Di Noia, et du secrétaire de la Commission pontificale Ecclesia Dei, Mgr Guido Pozzo.
La poursuite du dialogue voulue par le pape François
« Après un temps assez long sans contact, a précisé par la suite le directeur du bureau de presse du Saint-Siège, il s’agit d’une reprise des contacts, dans un climat serein et cordial, avec l’intention de poursuivre dans une perspective positive. » « Le dialogue se poursuit, espérons qu’il porte des fruits positifs », a seulement ajouté le Père Federico Lombardi, devant une poignée de journalistes.
De fait, c’est le pape François lui-même qui a souhaité que le dialogue ne soit pas rompu. Alors que les relations entre Rome et la FSSPX semblaient au point mort depuis le milieu de l’année 2012, et que les discussions autour d’un préambule doctrinal avaient échoué, Mgr Fellay était venu au Vatican en décembre 2013. Il avait alors rencontré Mgr Guido Pozzo et Mgr Augustine Di Noia, alors vice-président de cette commission. À cette occasion, alors qu’il déjeunait à la maison Sainte-Marthe avec ses hôtes, Mgr Fellay avait très brièvement salué le pape François.
Mgr Guido Pozzo se serait rendu par la suite à Écône (Suisse) à la rencontre des responsables de la FSSPX afin de poursuivre le dialogue encouragé par le Saint-Père. Ce 23 septembre, c’est très officiellement que Mgr Fellay a donc été reçu par le cardinal Müller, pour la première fois depuis la nomination du haut prélat allemand à la tête de la CDF en juillet 2012.
Début 2013, avant l’élection du pape François, Rome avait jeté de nouvelles bases pour une reprise du dialogue en vue d’un retour des lefebvristes dans la pleine communion. Après l’élection du pape argentin, les responsables de la FSSPX n’avaient cependant pas caché leurs craintes, et la famille fidèle à Mgr Marcel Lefebvre (1905-1991) est aujourd’hui traversée par des courants divers, dont certains favorables à un rapprochement avec Rome.
I.Media