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vendredi 28 mai 2021

Avis à ceux qui tergiversent au sujet de la soupe infernale

Chaque période de l'Eglise a connu son combat. Les catholiques doivent, pour rester fidèles, se tenir sur la brèche pour ne pas tomber dans les pièges de l'ennemi. 

Pour le moment, le combat se situe au niveau de la vaccination car tout le monde est ou sera prochainement concerné (professionnels, écoles, familles, etc) .... Or nous savons désormais qu'il ne s'agit pas d'une thérapie (soin médical) puisque ce vaccin n'a pas pour but de protéger d'une maladie quelconque ou d'un virus (totalement bénin), mais qu'il s'agit d'une injection spéciale qui a une finalité précise.

La moralité de l'acte ne dépend pas seulement du produit injecté (développé à partir de lignées cellulaires de fœtus humains avortés et disséqués vivants); elle dépend surtout de la fin, affichée par les responsables depuis bien longtemps, et pour laquelle cette injection a été imposée aux peuples : éliminer une grande partie de la population mondiale et contrôler dans le détail les individus de façon électronique. 

Accepter de recevoir cette soupe chimique, c'est accepter in fine ce pouvoir direct de la Bête sur nos corps et nos âmes. 

Si le clergé est divisé sur cette affaire, c'est d'abord parce que le pape a donné son accord sur cet acte grave. D'autre part, la grande majorité du clergé est ignorante des questions mondialistes et se borne à penser qu'il ne s'agit que d'un problème médical ou de gros sous pour les laboratoires. Le clergé (y compris FSSPX) n'a pratiquement aucune notion du combat anti-mondialiste que les catholiques devraient normalement mener. Même un Mgr Tissier déclarait ces derniers jours au sujet du salaire mondial après le "great reset" que le "smic avait toujours existé". Voilà l'état spirituel et moral d'une grande partie du clergé qui a abandonné les fidèles alors que se lève devant eux la plus puissante œuvre démoniaque de toute l'histoire humaine. Même l'abbé de Jorna, supérieur du district de France a écrit à ses prêtres (BO 273 b, avril 2021), reprenant et développant un titre célèbre du philosophe Marcel De Corte : 

« Il est à craindre qu’un nouveau débat n’envenime la tradition. L’intelligence est en péril de mort, mais il semble bien qu’il n’y ait pas de vaccin. Le voilà le principal danger. La Covid ronge peut-être les poumons, mais son vaccin gangrène les cerveaux. On se dispute, on tranche, on se déchire même. (...) » 

Or il ne s'agit ni du covid ni du vaccin, mais de la soumission des âmes au diable. L'abbé de Jorna semble l'ignorer et il invite finalement ses prêtres à ne pas entrer dans cette polémique, se contentant de faire de l'intellectualisme en chambre. 

D'un autre côté, il reste encore un clergé, très peu nombreux mais décidé à ne pas transiger sur ce combat : l'abbé Lang en Allemagne, ainsi que l'abbé Frey, tous deux de la FSSPX, ont rappelé les bons principes et, contrairement à leurs supérieurs, ont eu le courage de dire la vérité (certes dure) aux fidèles pour qu'ils fassent le bon choix quoi qu'il en coûte. 

En cette octave de la Pentecôte, que l'Esprit-Saint nous communique Sa force et nous garde fidèles ! 

Ci-dessous : 

 Abbé Salenave et la moralité du vaccin,













vendredi 2 avril 2021

Un dimanche de Pâques non sanctifié ??

Notre confrère, M l'abbé Dominique Rousseau, vient de publier un article pour mettre en garde tous les prêtres et les fidèles de la Tradition de ne pas tenir compte de la directive aberrante qui a été publiée par le supérieur de district de France de la Fraternité St-Pie X au sujet de la Messe de Pâques. Le dimanche de Pâques est en effet le plus solennel des dimanches de l'année car l'Eglise universelle se réjouit de la Résurrection du Sauveur. Il est dont aberrant d'inviter les fidèles à sanctifier la veille pour se dispenser de sanctifier le Saint Jour de Pâques. Que Dieu nous préserve d'une telle impiété ! 


« Nous sommes bien obligés de constater... »

Ainsi s’exprimait régulièrement Mgr Lefebvre, obligé de constater la dégringolade des Autorités romaines face à la doctrine immuable de l’Église enseignant la Vérité.

Nous constatons nous-mêmes, par les écrits, les faits, que la FSSPX dans ses Supérieurs s’écarte de ce que son Fondateur lui a légué.

Et même, aujourd’hui, davantage encore. Un fait, un écrit le montre : la Semaine sainte connaît, cette année encore, des difficultés pour la célébration des Offices. Couvre-feu, confinement pour certains départements (avant que cela ne soit étendu à tout le pays !).

L’abbé de Jorna par une circulaire officielle datée du 25 mars dernier, vient d’établir des consignes pour les Jours saints. Nous publions ci-joint sa lettre, dont nous transcrivons l’essentiel. Soit dit en passant, en ce jour anniversaire de la mort de Mgr Lefebvre (25 mars 1991), le Supérieur de district aurait pu faire au moins allusion au saint Archevêque. Que nenni. Monseigneur a depuis quelques mois son mausolée à Ecône, requiescat in pace...

Voici l’essentiel de cette lettre :

« On peut dire plusieurs messes du jeudi saint dans le même lieu de culte de façon que les fidèles puissent rentrer avant 19h00. De même le vendredi saint : on peut célébrer plusieurs actions liturgiques vespérales. Ces deux cérémonies ne peuvent pas être anticipées avant 14h00.
Par contre le samedi saint, on ne peut pas célébrer plusieurs vigiles dans le même édifice, car on ne peut en aucun cas séparer la messe du samedi de la bénédiction de l’unique cierge pascal.
La vigile pascale peut être célébrée dès 16h00 : elle dispense les fidèles qui y assistent de la messe du dimanche de Pâques ainsi que les prêtres des matines et laudes du dimanche. »
Nous n’avons rien à dire sur les horaires. Couvre-feu oblige bien que les Anges gardiens soient là pour protéger prêtres et fidèles de la maréchaussée ! Mais passons, l’essentiel de ce que j’ai à dire est ailleurs et largement plus sérieux et grave.

Car en ce qui concerne le Samedi saint et la messe du Dimanche de Pâques, il y a à redire et je transcris à présent le commentaire autorisé du RP Marcel Dubois, Rédemptoriste canadien, qui a rédigé les lignes suivantes en 1957, suite à la réforme de la Semaine sainte sous Pie XII en 1955.

La veillée pascale – Précepte dominical (n. 21, p. 173) : « Ceux qui assistent à la cérémonie de nuit, et donc à la messe après minuit, ont rempli le précepte de l’assistance à la messe le jour de Pâques. Là où la célébration aura lieu dans la soirée, il faudra avertir les fidèles qu’ils sont obligés d’entendre le lendemain la messe dominicale. »

Voici maintenant en relief les consignes de l’abbé de Jorna et le commentaire du Père Dubois.

- Abbé de Jorna, 2021 : « ... La vigile pascale peut être célébrée dès 16h00 : elle dispense les fidèles qui y assistent de la messe du dimanche de Pâques ainsi que les prêtres des matines et laudes du dimanche... »

- Père Dubois, 1957 : « ... Là où la célébration aura lieu dans la soirée, il faudra avertir les fidèles qu’ils sont obligés d’entendre le lendemain la messe dominicale. »

Il faut choisir. Pour nous, nous nous en tiendrons à la Tradition et souhaitons vivement que des prêtres de la FSSPX et des fidèles réagissent aux directives déviantes.

N’est-ce pas un palier de plus, après celui des confessions (2015), des mariages (2017), dans la pente irrémédiable et sans retour du libéralisme ?

Après le concile, la messe anticipée du dimanche passa comme une lettre à la poste. Et demain, la Fraternité Saint-Pie X par la faute de ses supérieurs, sombrera dans les mêmes errements. C’est mathématique.

Saintes fêtes pascales aux bons fidèles qui assisteront aussi à la messe du dimanche de Pâques !

Abbé Dominique Rousseau

28 mars, dimanche des Rameaux

mardi 14 janvier 2020

Honte à l'abbé de Jorna ! Explications (Partie II)

Cette seconde partie fait suite à l'explication de la circulaire interne de l'abbé de Jorna sur les "nouveaux" mariages dans la FSSPX. Raphaël nous avait expliqué en quoi ce texte était une imprudence au regard du combat de la Foi. Ici, CMS nous montre que cette circulaire prouve que la Fraternité continue son processus d'intégration canonique dans l'Eglise conciliaire. 

Récemment  décryptée par Raphaël, la circulaire du 2 juillet 2019 apparaît pour ce qu’elle est : un tissu d’affirmations abruptes relevant du seul « argument d’autorité », et présentées sous le masque de la prudence surnaturelle. Le milieu ecclésiastique est expert sur ce registre, hélas !

Pauvre Saint Thomas d’Aquin, appelé à la rescousse par l’abbé de Jorna… pour justifier une capitulation doctrinale et un alignement inconditionnel sur les nouvelles orientations de la Maison générale. Acceptées dans leur principe par le Chapitre de 2012, ces orientations se sont clairement traduites deux ans plus tard à l’issue de la rencontre entre Mgr Fellay et le Cardinal Müller : « les parties ont convenu » d’une démarche « par paliers » censée aboutir « dans un délai raisonnable » à « dépasser les difficultés » … « d’ordre doctrinal et canonique » entre Rome et la FSSPX, « dans la perspective désirée d’une pleine réconciliation » (cf. communiqué romain du 23 septembre 2014).

A partir de cet accord, la « juridiction ordinaire de l’Eglise » a été concédée de 2015 à 2017 par le Saint-Siège sur les différents sacrements, comme on sait. Par ce procédé (nb : que Mgr Huonder, alors évêque de Coire, a reconnu avoir lui-même suggéré au pape François – cf. son interview par Oliver Maksan pour le Tagespost du 11.04.2019), la Fraternité s’est trouvé placée graduellement sous le contrôle canonique de la Rome conciliaire actuelle,  celle du pape François,  celle de la Pachamama, celle de Vatican II et de son nouveau Droit canon ; parallèlement, on a pu constater un affaissement de la combativité sur les thèmes doctrinaux majeurs de Mgr Lefebvre, lui qui tenait pour préalable à tout « accord pratique » le retour de Rome à sa tradition bimillénaire.

Ce détournement de la discipline sacramentelle de l’Eglise dans un but manifestement étranger à la « miséricorde » alléguée à l’époque par le pape, l’abbé de Jorna ne peut l’ignorer, encore moins l’approuver, ni même paraître le tolérer depuis qu’il a été promu à la tête du district de France en 2018. C’est pourquoi Raphaël a raison de placer le débat à son vrai niveau, celui des risques spirituels pris pour eux-mêmes par les responsables de la FSSPX, mauvais pasteurs qui conduisent la Fraternité à l’abîme en poursuivant sa prétendue «normalisation» canonique au détriment de la profession de la foi et de l’intérêt des âmes, dans le mépris des consignes historiques du Fondateur.

Sur le terrain particulier des mariages, cette nouvelle attitude a provoqué la confusion au sein des prieurés de France, les prêtres ne sachant plus comment accorder leur pleine fidélité doctrinale avec une remise de leurs sacrements entre les mains des évêques conciliaires ; on les invite en outre à observer désormais des distinguos acrobatiques entre confrères « in nigris », célébrants « non una cum », rattachés « Ecclesia Dei », ou étiquetés « résistants » ! 

A Suresnes, on vit dans la contradiction, et on ne craint pas le ridicule…

Que le Supérieur du district se soit vu dans l’obligation de diffuser un pareil document normatif à usage interne est la preuve que la position actuelle de la FSSPX est INCOMPRISE, et en pratique INTENABLE.

Evoquant l’obéissance à accorder au « prince » (!) dans l’ordre politique, et s’exprimant sur un ton doctoral, le Supérieur de district croit nécessaire d’expliquer, tel un professeur à ses élèves (pourtant formés au séminaire), la « règle de trois » des nouveaux mariages FSSPX :

1 – Etant présupposé que Rome ne veut pas de mal à la Fraternité…
2 – Il ne faut donc pas « participer à une opposition par jugement péremptoire » (sic) sur la faculté concédée par le pape (au nom de l’Eglise conciliaire, faut-il préciser), acceptée par nos Supérieurs, validée par notre Chapitre, et qui nous est retransmise par la délégation reçue des « gentils » évêques de France,
3 – Si certains évêques restent « méchants » avec nous, alors on se passe de délégation, et on reprend la forme extraordinaire du sacrement (pratiquée pendant 40 ans à la suite de la suspense a divinis du Fondateur).

Pour brouiller les pistes, l’abbé de Jorna n'hésite pas à écrire que ses prêtres pratiqueront dans ce cas « comme d’habitude par nécessité », alors qu’il s’agit justement, comme le relève Raphaël, d’une dérogation au régime canonique concédé par Rome et accepté de façon assez générale par les évêchés de France.

En résumé, appliquant les dispositions du Chapitre de 2018, l’abbé de Jorna propose tout simplement à ses prêtres un sacrement « à deux vitesses » - forme canonique normale ou forme dite « extraordinaire » - en fonction des diocèses et de l’humeur pastorale de l’évêque du lieu ; ce qui revient à admettre que « l’état de nécessité » se trouverait circonscrit à certains territoires, alors qu’en réalité c’est au niveau de la planète entière que l’Eglise souffre aujourd’hui de la peste conciliaire et d’un très grave « état de nécessité » !

Au surplus, on n’ose pas imaginer comment seront traités en pratique les cas de nullité, à supposer qu’il s’en produise (aussi) parmi les mariages conclus dans les prieurés. Le régime des nullités sera-t-il uniforme pour tous les mariages FSSPX, célébrés ou non par délégation de l’Ordinaire ? Sur quelle base, le cas échéant, empêcher les conjoints d’invoquer les nouveautés du Code de 1983, ou leur refuser de soumettre leur cas à l’Officialité du diocèse ? A-t-on le droit de leur prescrire, comme l’ont prévu les actes du Chapitre 2018, que « tout problème qui pourrait surgir dans le mariage … (soit) traité par la Fraternité Saint-Pie X » ? Comment en outre priver les conjoints du bénéfice de la procédure expéditive du Motu proprio Mitis Judex du pape François ? 

Ces « casse-têtes » canoniques sont-ils d’ores et déjà résolus dans la « tête » du Supérieur de district, ou compte-t-il sur l’ultime paragraphe de son instruction pour régler au jour le jour – et de quelle autorité, on se demande ! – « tous les autres cas, très divers d’ailleurs » (cf. point 5 de la circulaire) ?

Dans la FSSPX, c’est bien l’arbitraire des Supérieurs qui tient lieu désormais de loi !

Où l’on voit, par conséquent, que la Fraternité nage en pleine contradiction, se rattachant « légalement » d’un côté à la juridiction de l’Eglise (conciliaire) comme source canonique « normale » de ses pouvoirs sacramentels, tout en se réservant par ailleurs d’invoquer la défense de la foi pour soustraire, dans certains cas et de son propre chef, le contentieux canonique de ses mariages au régime juridique "normal" des instances et procédures en vigueur dans cette même Eglise (conciliaire) !

Est-ce dans un tel contexte de double langage que les Supérieurs espèrent aboutir un jour à une "pleine réconciliation" avec Rome ? 

Il faut donc admettre au final que c’est bien le processus de rapprochement entre la FSSPX et la Rome conciliaire, imprudemment mené par la Maison générale depuis huit ans, qui se trouve à la racine des difficultés actuelles. Générant de multiples incertitudes, il a semé la division dans les esprits, autant chez les prêtres que chez les fidèles. La Fraternité paye ainsi les lourdes erreurs de gouvernement de Mgr Fellay, hélas assumées et confirmées par ses successeurs.

Mais au-delà du cas spécifique du mariage, il ne faut pas oublier que les « nouvelles facilités » (abbé Celier dixit) acceptées de Rome par la Fraternité embrassent l’ensemble des sacrements : pour bien traiter le problème, il faut donc remonter à l’origine du processus d’intégration canonique par paliers, c’est-à-dire à la reconnaissance romaine des absolutions délivrées aux confessionnaux de la FSSPX depuis 2015.

Sur ce point, en revanche, la discrétion est de règle. Les prêtres dits de la «résistance interne» (on pourrait citer des noms) rassurent en privé leurs pénitents en prétendant qu’ils continuent à user de l’ancienne juridiction de suppléance canonique. Mais il s’agit là d’une erreur, voire d’un « pieux mensonge », puisqu’il est notoire que tous les prêtres de la Fraternité confessent depuis le 8 décembre 2015, qu’ils le veuillent ou non, sous la juridiction conférée par le pape François en septembre 2015 (lettre à Mgr Rino Fisichella), et reconduite à l’issue de l’Année de la miséricorde.

Mgr Fellay a lui-même confirmé en 2016 que les deux juridictions   (« ordinaire » et « suppléance ») s’excluaient l’une l’autre. Mais, s’agissant précisément du sacrement de pénitence, le district de France n’a pas estimé utile de réaffirmer officiellement ce principe, ni sous le supériorat de l’abbé Bouchacourt, ni sous celui de l’abbé de Jorna. « Prudence » oblige, évidemment, car il est connu que les français ont « la tête près du bonnet » !

Mariages ou confessions, il est grand temps que ces équivoques soient levées,   et les « pendules remises à l’heure ».

De cette situation inadmissible et scandaleuse qui perdure dans son district comme ailleurs dans la Fraternité, l’abbé de Jorna devrait avoir « honte », et à part donner sa démission de Supérieur, on ne voit plus ce qu’il pourrait faire maintenant pour réhabiliter son image auprès des fidèles.

En l’état, pour tenter de préserver le combat catholique de Mgr Lefebvre face à l’apostasie de la Rome conciliaire, la seule issue qui apparaisse encore possible et raisonnable serait que la Fraternité Saint-Pie X renonce officiellement à la juridiction reçue du pape François, et se replace sous le régime de la suppléance canonique pour l’ensemble des sacrements conférés par ses prêtres.

On l’a plusieurs fois proposé, dernièrement encore sur le Forum Fidélité catholique (sous un titre consacré au "Péché originel" du Chapitre FSSPX de 2012).

Une voix autorisée s’élèvera-t-elle enfin pour le demander ?

CMS

PS : en mode de remarque respectueuse, on fera observer à M. l'abbé de Jorna que le texte de sa circulaire est d'autant plus obscur que son expression française laisse par endroits à désirer : par exemple, au paragraphe 3, le membre de phrase : "En veillant à ce qu'aucun des trois des actes ne soit évidemment pas posé par ... etc".


jeudi 9 janvier 2020

Honte à l'abbé de Jorna ! Explications (Ière partie)

De nombreux lecteurs nous ont demandé des explications concernant la directive de l'abbé de Jorna envoyée en juillet 2019.  Les voici donc publiées en 2 parties. 






PARTIE 1

Quelques définitions d’abord.

In nigris signifie en noir, ici, en soutane, sans surplis ni étole, et en dehors du chœur.

Le BAC est le Bureau aux Affaires Canoniques du district de France de la FSSPX. Il soumet les dossiers de mariage aux évêques, valide les préparations, transmet la délégation de l’évêque et assure le « service après-mariage » notamment en cas de problèmes canoniques (procédure d’annulation etc.)

Refus positif et délibéré de la délégation : par exemple ce que fait Mérigny, qui ne veut pas recevoir la délégation diocésaine. C’est en pleine connaissance de cause et en toute liberté que la congrégation agit, manifestant son refus par des paroles et des faits extérieurs sans équivoque possible.

Péremptoire : qui affirme ses opinions sans autres considérations, sans réplique possible. L’intelligence, insuffisamment pourvue de certitude, sollicite la volonté à son secours pour précisément faire prévaloir son opinion.

Expliquons le texte.

1) L’exposé des faits ayant mené à la décision est manquant. Le lecteur apprend qu’il y a risque de divergences et de rupture de l’unité. Il apprend aussi au 4. que le péril a quelque chose à voir avec le refus d’une décision du chapitre de la FSSPX de juillet 2018.

Deux questions : le péril vient-il de la subversion de ceux qui refusent d’appliquer cette décision ? ou vient-il de la décision de 2018 ?

2) Le but de M. l’abbé de Jorna est d’éviter les divergences dans le district et de garder l’unité.

3) L’exposé des principes est en revanche fourni et occupe presque la moitié du texte.

D’emblée, l’abbé de Jorna en appelle aux vertus morales, puisqu’il faut « garder mesure », ce qui ne se conçoit pas pour les vertus théologales, qui ne sont jamais susceptibles d’excès.

Toute discussion portant sur la foi est donc exclue. 
Dommage, c’est là que ça se jouait…

Ensuite il en appelle en particulier à la vertu de prudence, qui règle tous nos actes humains moraux.

Il pose trois affirmations à l’endroit de ceux qui refusent la délégation diocésaine ou participent à une certaine opposition.

a) la prudence commande de ne pas agir seulement par impulsion ou passion, mais de bien régler son choix 
b) quant aux opposants qui objecteraient qu’ils sont mus par la nécessité de la confession extérieure de la foi, il rappelle que même cette dernière est soumise à la prudence. 
c) les opposants doivent se régir eux-mêmes par la prudence politique, au sein même de leur obéissance. 

En réalité, il leur est demandé d’intérioriser les décisions du chapitre de 2018, de les faire leur et de participer à l’agir collectif de la FSSPX.

Quel est le lien entre la confession extérieure de la foi et la prudence ?

Voyons ce que saint Thomas dit (ST, IIa IIae Q3 a2) : 

« [la confession extérieure de la foi] oblige[…] à l'endroit et au moment voulus, et suivant les autres circonstances voulues auxquelles doit se limiter un acte humain pour pouvoir être un acte de la vertu. Ainsi donc confesser la foi n'est pas de nécessité de salut à tout moment ni en tout lieu ; mais il y a des endroits et des moments où c'est nécessaire : quand en omettant cette confession, on soustrairait à Dieu l'honneur qui lui est dû, ou bien au prochain l'utilité qu'on doit lui procurer. »

L’abbé de Jorna a limité volontairement son propos au premier alinéa, comme si la confession extérieure de la foi ne relevait que de la prudence alors que cette confession extérieure relève d’abord de la foi. Mais il a escamoté la discussion sur le deuxième alinéa.

Il aurait sans doute été préférable pour son salut et le salut de ceux qui lui sont confiés, qu’il aborde une discussion courageuse sur ce second alinéa avec ses supérieurs et ses prieurs !

Mais pour lui, la mise à mal de la Foi par la FSSPX, par sa trahison du combat de la Foi, est une affaire réglée : cela n’existe pas. En conséquence, l’acceptation de la délégation pour les mariages relève de la seule prudence du chapitre de la FSSPX. 

Facteur aggravant, l’abbé de Jorna est sans doute influencé par ce que disait en substance Mgr de Galarreta à Villepreux en octobre 2012 : même si la FSSPX se trompait à la majorité du chapitre, je la suivrais…

En matière de prudence, on peut faire mieux, et la manière d’agir du supérieur de district constitue objectivement une imprudence très grave.

Parler dans ces conditions à ses confrères de prudence est complètement déplacé.

Mais c'est surtout un détournement volontaire de l’attention due à la règle, qu'il aurait dû placer précieusement devant ses yeux, toutes ces années passées, pour se déterminer dans son action : la règle de la Foi. 

La prudence vient après, pour garder la mesure et considérer les circonstances.

La prudence de l’abbé de Jorna est donc une illusion et pour le dire clairement une prudence de la chair, car il a manqué de courage, alors qu’il n’en manquait pas naguère. Tout ça pour sauvegarder, à l’instar de Mgr de Galarreta, une unité qui va nécessairement lui échapper, faute de fondement dans la Foi. Car l'intégrité de la Foi de la FSSPX est mise à mal, pour cause de "régularisation" conciliaire, par ses silences, ses compromis, ses injustices etc.

4) Le dispositif du document contient 5 décisions.

a) La délégation diocésaine est entérinée et non-contestable. « Il n’y a pas de raison de s’opposer ou de participer à une opposition. » Si un prêtre de la FSSPX ou d’une communauté amie célébrait le mariage dans le refus de la délégation, ses propres confrères seraient en soutane seulement et hors du chœur ! (n°4)

b) Le prêtre de la Fraternité doit marier, dire la messe ou prêcher, sans dissocier si possible les trois. Dans les chapelles de la FSSPX, cela semble simple (et si l’évêque se présente ?) et les prêtres non-FSSPX sont en soutane seulement. (n°1) Hors de ces chapelles, il peut y avoir dissociation et le prêtre de la FSSPX serait alors en ce cas en soutane seulement (n°2)

c) Les prêtres Ecclesia Dei, non una cum et résistants ne sont pas les bienvenus.

d) Dès qu’une difficulté se présente, prière d’en référer au district bien en avance. (n°5)

e) La juridiction de suppléance subsiste par défaut (n°3). A noter que le « comme d’habitude » est en trop et crée l’illusion : presque tous les diocèses donnent la délégation. Peut-être une nostalgie de l'ancien temps habite-t-elle l'abbé de Jorna ?

Conclusion

- L’opposant serait un imprudent, impulsif ou passionné qui comprend mal ce qu’implique la confession extérieure de la foi. Son jugement est péremptoire et personnel. Il ferait mieux d’intérioriser la décision de la néo-FSSPX et d’arrêter de penser, en en référant dans tous les cas soulevant une difficulté à la maison du district. 

De la part d’un prêtre qui se tait pour se concilier les bonnes grâces de ses nouveaux amis conciliaires, ou du moins des nouveaux amis conciliaires de ses supérieurs, le portrait est savoureux !

- Je renouvelle ma mise en garde envers les résistants de l’intérieur : « Il n'y a plus de motif de refuser ni de s'opposer à cette "régularisation". Que les résistants de l'intérieur considèrent bien ce processus, qui est complet, qui broiera tout sur son passage et ne laissera de répit à personne tant qu'il ne sera pas parvenu à son terme. Toutes leurs précautions et leurs scrupules vont voler en éclats, comme ceux de leur Congrégation. »

- Monsieur le Supérieur de District, nous prions pour que vous reveniez dans la ligne de la vraie prudence de Mgr Lefebvre. Ce n'est pas avec plaisir que je dénonce vos graves et publiques déficiences dans le combat de la Foi, mais c'est dans l'intérêt même de la Foi, qui est notre bien commun. Pensez à votre salut éternel et à celui de vos ouailles.

Par RAPHAEL 

(FIN DE LA PREMIÈRE PARTIE....)


jeudi 13 juin 2019

L’abbé de Jorna au bord de la rupture ?


Sur le forum Fidélité catholique, CMS livre une intéressante analyse concernant la gestion, par le Supérieur du district de France, du cas de l’abbé Dominique Rousseau, qui vient de quitter la Fraternité Saint-Pie X pour protester contre l’arrivée de Mgr Huonder à Wangs (v. Reconquista du 8 juin).

Nous en reprenons ici le texte, pour l’information de nos lecteurs.


La situation de l’abbé de Jorna apparaît de plus en plus intenable.

Sans doute du fait des hésitations et des erreurs de son parcours antérieur, le Supérieur du district de France se trouve actuellement pris dans la tenaille de ses contradictions :

- On lui connaissait des positions très réservées, voire hostiles, au ralliement de la FSSPX à la Rome dite « conciliaire » : c’est lui, on le rappelle, qui avait dénoncé au Chapitre de 2012 la Déclaration controversée de Mgr Fellay du 15 avril précédent, reprochant à ce texte de promouvoir « l’herméneutique de la continuité » du pape Benoît XVI.

- On le devine au surplus fortement opposé à l’arrivée de Mgr Huonder dans l’école de la Fraternité à Wangs : dès l’annonce de l’événement en janvier 2019, le site de la Porte latine a republié intégralement– sans aucun motif annoncé ni commentaire explicatif ! – la longue Profession de foi de Mgr Salvador Lazo du 21 mai 1998, … message crypté en direction de Menzingen, on l’a compris, et de l'évêque candidat à la « retraite » dans les murs de Wangs.

- A l’inverse, il entretient couramment l’image d’un responsable soumis à sa hiérarchie : il n’a pas remis en cause la juridiction acceptée des mains du pape François pour les sacrements, il s’efforce de mettre en application le régime de délégation canonique pour les mariages et parcourt son district pour expliquer et convaincre ses confrères sur ce sujet difficile, il recherche les contacts avec les évêques français en vue de restaurer un climat de dialogue (peut-être aussi d’obtenir des  lieux  de  culte),   et  tout  récemment  il  a  publié  sans  commentaire le  «Communiqué conjoint » du 20 mai co-signé de Mgr Huonder et de l’abbé Pagliarani.

- Le plus souvent respectueux des orientations de ses Supérieurs, il a affiché dès l’origine une complète « ignorance » vis-à-vis de la « Résistance », de ses évêques, prêtres et fidèles, et il ne connaît plus depuis longtemps les dominicains d’Avrillé.

Mais la gestion du cas de l’abbé Dominique Rousseau vient à point révéler et souligner l’embarras, voire le désarroi, qui paralyse désormais l’abbé de Jorna face à une évolution qui, semble-t-il, lui échappe.

Dans sa circulaire à ses prêtres (voir ici), datée du 7 mai, mais diffusée le 7 juin (elle évoque en effet la « préparation de la Pentecôte »), il indique tout d’abord qu’il lui est fait un devoir d’annoncer… etc., ce qui signifie en bon français qu’il ne souhaite pas assumer la responsabilité d’informer l’opinion du départ de son confrère. Point de vue admissible, mais on se demande où se situe l’intérêt d’une telle formulation contournée, dès lors que le choix était déjà arrêté de se conformer aux instructions reçues de Suisse ?

Sous ces précisions formalistes, l’abbé de Jorna ne cache-t-il pas en réalité de graves réticences à l’égard de ses supérieurs sur le fond du dossier « Huonder », réticences dont il a cherché, par ce biais, à alerter ses confrères ?

Il énonce ensuite les termes, très forts, employés par l’abbé Rousseau pour expliquer son geste de rupture : « question de vérité », « loup dans la bergerie », situation « intolérable », alors que rien ne l’obligeait à sélectionner ces traits accusateurs sous la plume de son confrère, ni surtout à les relayer dans sa communication à l’ensemble des prêtres du district, donnant ainsi à ces accusations un écho dans la Fraternité que leur auteur n’aurait pas osé espérer !

A bien relire cette circulaire signée de l’abbé de Jorna, on en vient à supposer qu’il partage (en son for intérieur) le message de protestation de l’abbé Rousseau...

Que valent alors ses « regrets » sur ce « départ inopiné » ? Astucieux méandres de l’esprit ecclésiastique ?

Le Supérieur de district ne pouvait-il donc signifier clairement et simplement à sa hiérarchie qu’il n’est plus en phase avec les orientations actuelles de la Maison générale, et en avertir au moins les prêtres relevant de son autorité ?

Ses tergiversations et états d’âme étant de plus en plus déconcertants, on lui suggère d’y mettre bon ordre sans tarder… en suivant – pourquoi pas ? – l’exemple courageux de son confrère Rousseau.

« Que votre oui soit oui, et votre non soit non » !

Et mieux encore que par des paroles, c'est en actes que se prouve le courage des Pasteurs !

samedi 8 juin 2019

Monsieur l'abbé Dominique Rousseau rejoint la Fidélité Catholique

Abbé Dominique Rousseau
En cette veille de Pentecôte, l'abbé de Jorna annonce qu'on lui a "fait un devoir" d'annoncer aux prêtres  du district de France que Monsieur l'abbé Dominique Rousseau venait de quitter de façon inopinée la FSSPX pour "une question de vérité" car "l'arrivée de Mgr Huonder à Wangs, "loup dans la bergerie", lui est intolérable".  
Nous ne pouvons qu'admirer l'abbé Rousseau et le féliciter pour cette action opportune et courageuse qui aidera  d'autres prêtres à rester fidèles à l'oeuvre de Mgr Lefebvre.