Affichage des articles dont le libellé est sacres dans FSSPX. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est sacres dans FSSPX. Afficher tous les articles

mercredi 22 juillet 2026

L'abbé Pagliarani laisse tomber le masque

L’abbé Girouard commente la lettre de l’abbé Pagliarani parue le 19 juillet 2026 

Sources:

Chers amis,

Hier, l’abbé Pagliarani, Supérieur général de la Néo-FSSPX, a publié une lettre d’«encouragement » et de « consolation » aux fidèles de la Néo-FSSPX, en particulier à ceux qui ont assisté à la cérémonie d'Écône le 1er juillet.

Sa lettre témoigne d'un manque de discernement consternant. Franchement, le fait qu'elle ait été publiée sur le site officiel de la Néo-FSSPX montre que l’abbé Pagliarani est entouré de courtisans et de flagorneurs. Personne n'était là pour lui dire qu'il aurait dû y réfléchir davantage.

Ci-dessous, le texte intégral, avec mes commentaires en gras

-----------------------------------------------------------------------------------------------
Menzingen, le 19 juillet 2026 (...)

COMMENTAIRE : Jusqu'ici tout va bien. Au moins, la date est correcte.

(...) Chers fidèles,

Quelques jours après la cérémonie du 1er juillet, je souhaite vous adresser ces quelques mots.

Tout d'abord, je tiens à vous remercier. Pendant plusieurs années, j'ai prié la Très Sainte Vierge pour qu'elle prépare les cœurs à cet événement historique. (...)

COMMENTAIRE : « Pendant plusieurs années ». Ah ! D'accord… Combien d'années cela représente-t-il ? Cinq ? Dix ? De toute évidence, c'était avant le décès prématuré de Mgr Tissier (2024). Était-ce après l'élection de l’abbé Pagliarani en juillet 2018 ? Je pose cette question car, en 2015, en réaction au sacre de Mgr Faure par Mgr Williamson, la Fraternité Saint-Pie X (Néo-FSSPX) a déclaré que cette consécration sans mandat papal était injustifiée, faute d'« état de nécessité ». Alors, combien de temps s'est-il écoulé entre cela et les débuts de l’abbé Pagliarani pour prier la Vierge Marie « afin de préparer les cœurs » aux sacres de la Fraternité sans mandat papal ? Je soupçonne que ce soit après son rejet des dernières propositions de Rome en décembre 2018 (souvenez-vous de la déclaration de Mgr Pozzo). Un exemple flagrant de deux poids, deux mesures. Et cela me rappelle une boutade de Chris Plante, animateur radio conservateur : « Si la gauche n’avait pas deux poids, deux mesures, elle n’aurait aucune norme ! » Et que signifie exactement : « elle préparerait les cœurs à cet événement historique » ? On ne peut certainement pas s’attendre à ce que les traditionalistes purs et durs s’y opposent. Il doit donc parler des prêtres et des fidèles libéraux de la Fraternité. Il sait que les vrais conservateurs ont été exclus ou ont quitté en 2012 et après. Il craint donc maintenant de perdre le soutien des libéraux.


(...) J’avoue avoir été profondément touché de voir comment vous avez tous accompagné les consécrations épiscopales par vos prières et votre gratitude envers la divine Providence. (...)

COMMENTAIRE : Que voulez-vous dire par « j’avoue avoir été profondément touché » ? Comme si c’était une réaction inappropriée. Comme si, normalement, vous n'étiez pas, et ne deviez pas être, touché par la foi de votre peuple ?

(...)Le 1er juillet, de nombreux fidèles du monde entier étaient présents à Écône, et ils vous représentaient tous. Ce fut une immense joie de les voir si nombreux et si fervents. Comme vous le savez certainement, un orage s’est produit pendant la cérémonie : « Devant l’éclat de sa présence, les nuées se sont élancées… Et le Seigneur a tonné du haut du Ciel, et le Très-Haut a fait entendre sa voix » (Ps. 17, 13-14). (...)

COMMENTAIRE : « Devant l’éclat de sa présence (etc.)...voix. » (Ps. 17, 13-14). C’est en effet une citation fort malheureuse ! Si l’abbé Pagliarani, avant de la choisir pour son message, avait pris la peine de consulter le commentaire à ce sujet, il ne l’aurait probablement pas choisie pour illustrer l’averse qui s’est abattue sur les consécrations. En effet, George Haydock affirme que le psaume a été écrit par le roi David, qui se souvenait comment Dieu était intervenu par les nuages, le tonnerre, les éclairs et la grêle pour disperser ses ennemis, les Moabites, qui harcelaient son camp et son armée. Le père Haydock ajoute que cet événement préfigurait la destruction future de Jérusalem après la crucifixion du Seigneur par les Juifs, ainsi que la destruction future des ennemis assiégeant l'Église. Le choix de cette citation est donc tout à fait inapproprié, car l'averse s'abattait sur les fidèles rassemblés autour de la tente de consécration, et son utilisation laisserait entendre que Dieu cherchait à disperser les ennemis de la Fraternité. Un choix de citation et une image assurément malheureux, monsieur l’abbé Pagliarani !

Capture d'écran You Tube

(...) À ce moment-là, ma joie a redoublé. D’un côté, j’étais le témoin privilégié d’une liturgie d’une beauté exceptionnelle ; de l’autre, j’avais sous les yeux une autre beauté, tout aussi touchante : celle d’une foule immense de fidèles demeurant à leur place durant tout l’orage et priant Notre-Dame pour les nouveaux évêques, pour l’Église et pour le Pape. (...)

COMMENTAIRE : Eh bien, c'est formidable ! Sa joie redoubla lorsque l'orage éclata, car il vit une « immense foule de fidèles demeurant à leur place » ! Oui, on vous croit. On sait tous combien la Fraternité Saint-Pie X aime que les fidèles restent à leur place ! J'ai moi-même assisté à la cérémonie, allant d'une étape à l’autre (n'ayant pas six heures à disposition). J'ai vu l'averse et les fidèles vêtus d'imperméables et munis de parapluies ; heureusement, ils étaient venus préparés, grâce à des prévisions météorologiques précises. Puis l’abbé Pagliarani décida de chanter le Rosaire. La mélodie qu'il utilisa pour les « Je vous salue Marie » était inconnue de l'assemblée, et même du clergé. Seul le chœur la chantait sans difficulté. Cela dura 45 longues minutes. Peut-être sa joie était-elle d'autant plus grande que, contrairement aux pauvres gens trempés par la pluie, il avait un endroit chaud et sec où se réfugier (la grande tente). Au lieu de faire preuve d'originalité et d'ingéniosité, il aurait dû penser à eux. S'il fallait 45 minutes pour que l'averse se calme avant que la Sainte Communion puisse être distribuée en toute sécurité, pourquoi ne pas réciter un Rosaire complet avec une récitation normale ? Ou un chapelet normal, suivi d'une méditation sur la Passion du Seigneur (1er juillet : Fête du Saint-Sang), pendant laquelle les fidèles auraient au moins pu s'asseoir au lieu de s'agenouiller dans l'herbe détrempée ?

(...) Parmi eux se trouvaient des dames âgées, à genoux, ainsi que de jeunes mamans portant leurs nourrissons dans les bras. C’était la plus belle image que l’on puisse donner de la Fraternité : des fidèles animés d’une foi inébranlable, que rien ne saurait troubler ; des âmes pour lesquelles le saint sacrifice de la Messe est véritablement le centre de leur vie. Vous ne pouvez pas imaginer la consolation qui fut la mienne à cet instant. Cette scène s’est profondément gravée dans ma mémoire et je ne pourrai jamais l’oublier. (...)

COMMENTAIRE : Oui... Cette image me rappelle comment la Fraternité Saint-Pie X (Neo-FSSPX) a traité ses fidèles depuis 2012, lorsqu'ils ont osé remettre en question sa démarche vers un accord pratique avec l'Église conciliaire : « Taisez-vous ; payez ; priez ; et obéissez ! Ou préparez-vous à être mis à la porte ! » Et je pense que cette image que vous aimez tant, cher abbé Pagliarani, cette image qui vous fait dire : « Vous ne pouvez imaginer la consolation que j'ai ressentie à cet instant. Cette scène est profondément gravée dans ma mémoire et je ne l'oublierai jamais ». Oui, cette image aurait été bien plus belle si vous, et les centaines de prêtres et de séminaristes sous la tente, aviez, à votre exemple, pris la peine d'aller à la rencontre de ces dames âgées et de ces mères portant leurs enfants dans leurs bras. Cela aurait montré à quel point vous vous souciez réellement des fidèles. Je suis désolé que vous trouviez beau et réconfortant de voir ces vieilles dames et ces jeunes mères sous la pluie…

(…) Jusqu’au dernier jour, j’ai espéré un geste de bienveillance, ou du moins de simple compréhension, de la part du Saint-Siège. (…)

COMMENTAIRE : Vraiment ? Comment peut-il être aussi déconnecté de la réalité ? Comment peut-il ignorer, à présent, qu’il a affaire à une Église contrefaite ? Comment peut-il rester sourd aux déclarations claires et unanimes des papes conciliaires et de la hiérarchie : ils ne reviendront pas à l’Église de Pie XII, mais entendent poursuivre leurs projets ? Comment peut-il ne pas comprendre qu’ils considèrent une FSSPX forte et fidèle comme l’épine ultime dans le pied de leur synode ?

(...) Mais les sacres ont été condamnés et la dureté des sanctions prises est sans précédent. Elles visent d’abord les évêques, mais aussi les membres de la Fraternité. Même les fidèles sont concernés. Cette condamnation, parfaitement injuste, représente une humiliation immense pour des personnes qui n’ont d’autre but que de défendre la vraie foi et de travailler au salut des âmes. (...)

COMMENTAIRE : « Une immense humiliation ». Veuillez noter : « immense » signifie «ce qui ne peut être mesuré ». Je suis consterné ! C'est probablement le lapsus freudien le plus révélateur. En effet, cher abbé Pagliarani, votre subconscient s'est dévoilé. Vous avez ressenti une humiliation incommensurable lorsque le Pape a refusé de vous rencontrer et de vous écouter, et lorsqu'il a mis à exécution sa menace d'excommunication. Votre orgueil est incroyable ! Non seulement vous pensez que Mgr Lefebvre avait tort lorsqu'il a déclaré que nous ne devions plus avoir de contacts avec l'Église conciliaire (1989), mais vous croyez aussi pouvoir faire mieux que lui avec Rome ! Et vous dites : « Immense humiliation pour ceux qui n'ont d'autre but que de défendre la vraie Foi et d'œuvrer au salut des âmes ». Je vous en prie : si vous vous êtes sentis humiliés par la façon dont vous ont traités les hérétiques modernistes romains et les idolâtres de la Pachamama, n'étendez pas votre fierté blessée à tous ceux qui se soucient des âmes. Gardez-la pour vous et vos semblables !

(...) Mais je tiens à ce que vous sachiez que cette profonde humiliation, qui touche d’abord les membres de la Fraternité, a un sens aux yeux de Dieu qui ne doit pas vous échapper. En dernière analyse, ces sacres ont été accomplis pour chacun d’entre vous, chers fidèles. Vos âmes sont le véritable trésor confié à la Fraternité, ce qu’elle chérit le plus. Une seule âme possède une valeur infinie. Si, pour lui assurer l’enseignement de la vraie foi et l’administration des vrais sacrements, il faut payer le prix d’une telle humiliation, alors cela en vaut la peine, car une âme n’a pas de prix. La fête du Très Précieux Sang de Notre-Seigneur, prix de notre salut, nous le rappelait avec force le 1er juillet. (...)

COMMENTAIRE : Une fois encore, le mot « humiliation » est mentionné. Deux fois. Comme prix à payer pour offrir aux âmes la vraie Foi et les vrais sacrements. Ces âmes, qui sont le « véritable trésor confié à la Fraternité ». Magnifique ! À propos de trésor : aucune mention de Maximilien Krah, ni du don de 80 millions d'euros des Rothschild reçu après le transfert de la FSSPX à Rome, il y a des années. Si les fidèles sont le véritable trésor de la Néo-FSSPX, pourquoi ne pas les éloigner de l'Église conciliaire ? Pourquoi ne pas la voir pour ce qu'elle est : l'instrument du diable pour détruire la seule et unique vraie Église catholique ? Pourquoi demander la permission à ces gens pour faire le bien ? Au lieu de vous plaindre de votre humiliation, VOUS DEVRIEZ ÊTRE FIER D'AVOIR ÉTÉ EXPULSÉ DE L'ANTI-ÉGLISE CONCILIAIRE !

(...) Les sanctions entendent vous frapper vous aussi d’une manière assez cruelle. Cela est certainement douloureux, mais n’en soyez pas trop surpris. En définitive, c’est la Tradition elle-même, que nous chérissons plus que tout, qui est excommuniée dans tous ceux qui l’incarnent. Il est évident que, devant Dieu, une telle condamnation ne peut pas être valide, car elle condamnerait ce qui est au cœur de la vie même de l’Église. (...)

COMMENTAIRE : Oh, mon Dieu ! Cher abbé Pagliarani, vous êtes si près de découvrir la Vérité ! Écoutez-vous parler et réfléchissez un instant ! Vous dites que le décret du 2 juillet de Rome a excommunié la Tradition ! La conclusion logique serait : l'Église conciliaire ne peut pas être l'Église catholique ! Mais au lieu de cela, vous arrivez à une conclusion illogique : le décret d'excommunication doit être, et est, invalide ! Et le 11 juillet, vous avez fait un appel officiel devant le tribunal de l'Église conciliaire ! Que vous faudra-t-il pour devenir LOGIQUE !

(...) Mais alors, au milieu de ce nouvel orage, une question se pose : qu’est-ce que Notre-Seigneur attend de vous maintenant ? C’est dans l’âme de chacun d’entre vous que la foi doit demeurer intègre et vivante. Si la Providence permet une crise telle que l’enseignement de la foi se trouve mystérieusement obscurci, cette même foi doit continuer de vivre dans les âmes, malgré tous les vents contraires qui cherchent à l’éteindre. Si l’éclat extérieur de la profession officielle de la foi vient à disparaître, la petite bougie que chacun d’entre vous a reçue le jour de son baptême doit rester allumée dans son cœur et dans son esprit jusqu’au dernier jour. C’est, en définitive, la seule chose qui compte. Cette petite flamme est la première chose que nous avons reçue au commencement de notre vie chrétienne, et c’est aussi la seule que nous conserverons jusqu’à la fin. (...)

COMMENTAIRE : Je ne savais pas que l’abbé Pagliarani était un tel poète ! Mais que dit-il ici : « Si la Providence permet une crise telle que l’enseignement de la foi se trouve mystérieusement obscurci... Si l’éclat extérieur de la profession officielle de la foi vient à disparaître » ? Quoi ? Nous savons pourquoi et comment la Foi a été obscurcie : les Modernistes, condamnés depuis saint Pie X, ont pris le contrôle des structures de l’Église lors du Concile Vatican II. Pourquoi tourner autour du pot ? Et pourquoi dire « vient à disparaître » ? Croit-il qu’elle n’a pas déjà disparu de l’Église conciliaire ? S’il pense que Rome enseigne encore la Foi, pourquoi a-t-il envoyé deux « déclarations de foi » à Rome avant le 1er juillet ? Si Rome et la Fraternité partagent la même Foi, pourquoi tant de problèmes entre elles ?

(...) Je vous confie tous à la très sainte Vierge Marie, à laquelle la Fraternité Saint-Pie X a été consacrée à un titre tout particulier. Qu’elle vous protège toujours au milieu de tous les orages et de toutes les difficultés, et qu’elle garde vivante cette petite flamme allumée dans vos âmes lorsque se déchaînent tous les vents contraires. Toutes les grâces nous viennent par ses mains. C’est elle que nous devons remercier pour la grâce des sacres, et c’est elle que nous devons prier afin que les nouveaux évêques soient des instruments toujours plus dociles à ses inspirations, et qu’ils persévèrent jusqu’à la fin dans cette fidélité. (...)

COMMENTAIRE : L’abbé Pagliarani dit : « et qu'elle garde vivante cette petite flamme allumée dans vos âmes lorsque se déchaînent tous les vents contraires ». J'ai d'autres mots en tête. Les paroles de Notre Seigneur (Matthieu 5, 14-15-16) : « Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée. On n’allume pas une lampe pour la mettre sous un boisseau, mais on la met sur son support, et elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison. De même, que votre lumière brille devant les hommes, afin qu’ils voient vos bonnes œuvres et glorifient votre Père qui est dans les cieux. » Il ne suffit pas de maintenir vivante la petite flamme cachée de la Foi dans les âmes. La Fraternité doit être logique et audacieuse! Elle doit aider les âmes précieuses qui se tournent vers elle pour trouver lumière et guidance. Elle doit révéler, du haut des collines, la vérité sur l’Église conciliaire ! Alors, et alors seulement, le but de la Fraternité deviendra clair pour tous. Pour l’instant, elle ressemble seulement à une FSSP en proie à une crise de colère.

(…) La Fraternité ne vous abandonnera jamais. Jamais vos âmes ne perdront leur valeur et leur prix aux yeux de ses prêtres. (...)

COMMENTAIRE : Je suis désolé de le dire, mais la Fraternité a déjà abandonné et trahi les âmes que Dieu lui a confiées. Cela a commencé subrepticement par l'approbation des réunions du GREC par Mgr Fellay en 1997, et par la mise en œuvre subséquente de ses recommandations. Cela s'est poursuivi ouvertement avec l'expulsion de Mgr Williamson et de nombreux prêtres en raison de leur opposition à un accord avec l'Église conciliaire. Cela s'est manifesté à nouveau par la demande d'un mandat papal pour les consécrations et par l'appel du décret d'excommunication. Et cela se manifeste encore aujourd'hui, avec cette dernière lettre « poétique » aux fidèles de la Fraternité.

(...) Que Dieu vous bénisse !

Père Davide Pagliarani

COMMENTAIRE : Merci. Et que Dieu vous bénisse également, avec la grâce de la compréhension, de la logique, du courage et, surtout : de l'humilité. Peut-être devriez-vous vous souvenir (ou découvrir) de la signification de votre nom : PAGLIA : paille, et ceux qui fabriquent des choses avec de la paille. RANI :  qui descend de qui ? Il n'y a rien de mal à ce que des ancêtres aient travaillé avec de la paille. Mais souvenez-vous de l'histoire des Trois Petits Cochons et bâtissez votre Fraternité non pas avec la paille du sentimentalisme et de l'illusion, mais avec les bonnes briques dont je parlais plus haut.

-------------------------------------------------------------------------------------------
Avec ma bénédiction,

Père Girouard

mardi 14 juillet 2026

Lettre de Broadstairs 14 (juillet 2026)

Lettre de Broadstairs 14 (Juillet 2026)

Nova et Vetera

Rome et Écône

Suite aux consécrations épiscopales d'Écône du 1er juillet 2026 et aux « sanctions », prononcées par la Rome moderne, qui en découlent, quelques brèves observations s'imposent :

  • Après les sacres de 1988, Mgr Lefebvre déclara que s'il devait consacrer à nouveau, il ne demanderait pas la permission à Rome car les autorités ecclésiastiques étaient allées trop loin dans leur éloignement de l'enseignement catholique…
  • L’appel lancé par la Fraternité à Léon XIV pour qu’il autorise ces consécrations récentes témoigne d’une perception bien différente de la profondeur de la
    crise qui secoue l’Église…
  • La lettre du Supérieur général au Pape, datée du 3 juillet 2026, proclame sa détermination inébranlable à se mettre au service du Souverain Pontife, comme s'il était véritablement catholique…

Initiative de Broadstairs.

À Broadstairs, nous venons d'installer une modeste bibliothèque grâce à un don précieux d'un fidèle défunt. Ce don est providentiel, car plusieurs jeunes hommes souhaitent suivre une année d'études cléricales à la Maison Regina Martyrum. Nous entamerons donc une première année expérimentale, inspirée du programme initial de l'Année de Spiritualité élaboré par Mgr Lefebvre. Les matières principales seront la théologie ascétique et mystique, les Actes du Magistère, la liturgie, le latin et l'Écriture Sainte.

Nous vous demandons de prier pour cette initiative modeste mais importante.

Le père Faber et l'enfer.

Parmi les auteurs spirituels de notre bibliothèque, le père Frederick Faber (1814-1863), compositeur du cantique « La Foi de nos pères », occupe une place de choix. Ses neuf ouvrages comprennent : « Conférences spirituelles », « Progrèsde l’âme dans la vie spirituelle », « Le Créateur et la Créature » ​​et « Vies de saints modernes».

Dans son ouvrage « Tout pourJésus », le père Faber examine s'il est préférable de prier pour la conversiones pécheurs ou pour les âmes du Purgatoire. En guise de prélude à ce débat, il s'attarde sur la pensée salutaire de l'Enfer : « Il est un lieu où la gloire de Dieu semble vaine, un lieu d'où ne s'élèvent ni plainte, ni joie, ni remerciement, ni aspiration. C'est la demeure de ceux qui ont été mis à l'épreuve et ont perdu leur cause, et avec elle, ont perdu Dieu à jamais. » « Pourtant, il est de foi que la moisson de gloire de Dieu, issue des ténèbres indicibles, est immense, car l'âme perdue est autant une adoration involontaire de Sa justice que l'âme convertie est une adoration volontaire de Son amour. » « Ce lieu horrible n'est pas non plus sans un fruit béni pour le salut de nombreuses âmes, par la crainte sainte et salutaire qu'il suscite en elles et par la conception erronée et vile de Dieu qu'il corrige chez les insouciants. » « Il est vraiment bon pour nous de penser parfois à cet endroit horrible ! Aussi réel que la belle France se trouve de l'autre côté de la Manche [et qu'on l'aperçoit par beau temps depuis Broadstairs], aussi réel que le soleil brille sur les murs blancs, les ponts élégants, les jardins lumineux et les palais à plusieurs étages de sa magnifique capitale, aussi réel que des milliers d'hommes et de femmes y mènent une vie pleine de sens et accomplissent leurs destins, aussi réel est l'Enfer, un lieu vibrant en ce moment même de souffrances innombrables et de désespoirs aux degrés infinis. » « Il n'est pas impossible que nous y allions, nous aussi. Il n'est pas impossible que nous y ayons déjà envoyé quelques-uns. » « Mais que se passerait-il si tout cela était plus vrai encore ? Que se serait-il passé s'il y avait eu un jour où nous y aurions dû y aller si nous étions morts ? » « Et combien de temps persévérerions-nous à servir Dieu si nous avions la certitude que l'Enfer n'existe pas ? Aurions-nous abandonné nos péchés si l'Enfer n'existait pas ? » « Que nul ne détourne jamais le regard de l'Enfer, de peur que, peu à peu, une bonne opinion de lui-même ne se développe en son âme et ne le conduise finalement à cet horrible exil. Il est bon, il est même très bon, de penser à l'Enfer et de s'étonner de ne pas y être déjà à cette heure. Il nous suffit de savoir qu'un tel lieu existe, qu'à cette heure il est plein d'âmes, et que de plus en plus d'âmes y affluent, et qu'il n'est pas un seul d'entre nous qui ne coure aucun risque ou pour lequel il n'est pas impossible que ce lieu soit son héritage et sa part pour l'éternité. Ceux qui servent Jésus par amour n'oublient pas ces choses pour autant. Bien au contraire, ils s'en souviennent d'autant plus qu'ils aiment tant. »

Ô mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l'enfer et conduisez toutes les âmes au Ciel, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde.

vendredi 10 juillet 2026

Mgr Thomas d'Aquin à propos des sacres du 1er juillet

Source

La main tendue de Mgr Thomas d'Aquin


Mgr Thomas d'Aquin vient de publier un petit mot de soutien et d'encouragement aux 4 nouveaux évêques de la SSPX.

C'est tout à son honneur car tout le monde connaît la bonté inaltérable de l'évêque brésilien. Toujours prêt à oublier les injures et calomnies qui lui ont été faites dans le passé par les supérieurs actuels de la SSPX

Il veut aussi croire que la SSPX pourra ainsi se redresser de ces 25 années de glissement ainsi que du funeste chapitre de 2012 qui vit le renvoi de Mgr Williamson et par la suite de dizaines de prêtres.

Il veut aussi croire que ces sacres ont été faits dans le même esprit que celui de Mgr Lefebvre en 1988 et que les 4 nouveaux évêques seront à l'image et dans la lignée des grands évêques antilibéraux comme Mgr Lefebvre, Mgr Tissier, Mgr Williamson etc...

Nous osons croire que cette lettre adressée aux supérieurs de la SSPX ainsi qu'à ses prêtres sera entendue.

On ne pourra ainsi jamais dire que la main ne fut jamais tendue par ceux qui restèrent toujours fidèles au testament de Mgr Lefebvre.

Abbé Matthieu Salenave




Source 

Les Sacres du 1er juillet 2026


La Fraternité Saint-Pie X vient de réaliser un acte de foi et de courage en sacrant quatre évêques sans la permission de la Rome néo-moderniste et néo-protestante qui s'est manifestée au Concile Vatican II et aux réformes qui en découlent, ainsi qu'aux sanctions prises contre tous ceux qui défendent la Tradition de l’Église.

Comme Mgr Lefebvre, la Fraternité n'a pas craint la condamnation de ceux qui sont eux-mêmes condamnés par l'Église, par la bouche de tous les Papes depuis Pie VI jusqu'à Pie XII, et même depuis toujours.

Acte de foi et de courage. Acte de foi, parce qu'il est accompli pour la défense de la foi. Acte de courage, parce qu'il faut du courage pour s'affronter aux ennemis de Notre-Seigneur et de son règne universel.

La Tradition se réjouit de compter désormais quatre nouveaux évêques sur lesquels ne plane aucun doute quant à la validité de leur consécration. Si, un jour, des évêques modernistes se convertissaient et venaient à douter de la validité de leurs ordinations ou de leurs consécrations, ils auraient désormais quatre évêques de plus à qui s'adresser, au besoin.

Non seulement il n'y a pas de doute sur la validité du sacre des quatre nouveaux évêques, mais nous pouvons aussi être sûrs de leur formation. En effet, la Fraternité a hérité de son fondateur d'enseigner, dans ses séminaires, la philosophie et la théologie « selon la méthode, la doctrine et les principes du Docteur Angélique » (Code de droit canon de 1917, c. 1366, § 2).

Quant au combat anti-libéral, ces sacres auront une grande répercussion sur l'ensemble de la Fraternité. Puissent-ils aider la Fraternité à rectifier certaines attitudes prises depuis plus de vingt ans et qui n'ont pas manqué de causer quelques troubles dans la Tradition.

Par ces sacres, la Fraternité réaffirme l'état de nécessité qui a justifié les consécrations épiscopales de 1988, ainsi que celle de Mgr Licínio Rangel, réalisée par Mgr Tissier de Mallerais en 1991, et celles que Mgr Williamson a faites à partir de 2015.

Même si nous avons pu constater quelques points d'ombre dans la Fraternité ces dernières décennies — qui n'en a pas ? —, nous ne pouvons pas ne pas nous réjouir de la voir se donner quatre évêques grâce auxquels l'Église se trouve renforcée pour ce combat dont Mgr Lefebvre avait dit : « Préparez-vous pour un combat de longue durée. » Puisse ce combat être mené comme Mgr Lefebvre l'a mené lui-même. Tels sont nos vœux les plus chers pour le bien de l'Église et de la Fraternité, qui mérite nos félicitations pour l'acte de foi, de courage et d'espérance accompli le 1er juillet 2026.

+ Thomas d'Aquin OSB

mercredi 8 juillet 2026

Retour de la SSPX à 2012

 Source



Comme on pouvait s'y attendre la FSSPX vient d'être "excommuniée" par les modernistes romains. C'est en soi une grande grâce car cette sanction (en soi injuste), que les supérieurs ont tout fait pour éviter, établit un cordon sanitaire entre la tradition et le modernisme.

Mais il est toujours possible de résister à la grâce comme de l'accepter.

Si la SSPX accepte cette grâce de la séparation d'avec les modernistes, elle reconnaît alors que Mgr Williamson a eu raison de s'opposer au chapitre de 2012 et à toute la politique de ralliement par paliers avec Rome. Et que son opération survie (sacre de 6 évêques) était donc bien fondée et salutaire pour l'Église et les âmes.

Si au contraire la SSPX refuse cette grâce et reprend les contacts avec Rome dans plusieurs semaines, quand les passions seront retombées, alors les modernistes romains achèveront leur travail sur cette œuvre déjà très abîmée par 20 années de politique équivoque et malsaine.

Mgr Morgan et Mgr Zendejas [NdeR : article à paraître en français] nous ont mis en garde car pour le moment, rien ne semble gagné. En effet, les sirènes romaines risquent fort de reprendre. Voici par exemple ce que nous avons lu d'une personne adepte du ralliement :

"Ce décret est automatique et attendu. Il n’y a aucune surprise.
Ce qui sera significatif, ce sera la suite: dans quel cadre seront accueillis les transfuges de la SSPX, quel sort sera réservé aux communautés en régularité canonique, est ce que Rome laisse la porte ouverte à une reprise ultérieure du dialogue avec la Fraternité, etc.

Autrement dit, ces sacres sont un point de départ, pas un point d’arrivée. Tout commence…"

On peut hélas craindre que "tout recommence" tant que le mal n'a pas été purgé à la racine. Et ce mal, ce sont les décisions et orientations données par le chapitre de 2012.

Tant que la SSPX n'acceptera pas de revenir sur le chapitre de 2012 - auquel adhèrent les 4 nouveaux évêques - et ne reconnaîtra pas la pleine légitimité des 6 évêques de la Fidélité, il sera impossible aux catholiques fidèles de lui accorder confiance.

Pourquoi Rome englobe-t-elle les fidèles laïcs de la FSSPX dans l'excommunication ?

Le document romain, qui déclare l'excommunication à la suite des sacres conférés par la Fraternité Saint-Pie X, semble étendre cette sanction aux fidèles laïcs qui fréquentent habituellement ses chapelles.

Cette formulation peut surprendre. Peut-on réellement dire qu'un laïc « appartient » à la FSSPX ? En soi, il n'existe aucun formulaire d'adhésion, et la Fraternité Saint-Pie X n'est pas une association de fidèles laïcs, mais une société sacerdotale, comme son nom l'indique.

Un fidèle qui fréquente une chapelle tenue par des jésuites, des récollets ou des sulpiciens n'« appartient» pas pour autant à ces instituts. Il peut les soutenir, partager leur spiritualité ou leur apostolat, mais cela ne fait pas de lui un membre de ces communautés.

Comment, dès lors, Rome peut-elle considérer qu'un fidèle fréquentant les chapelles de la FSSPX « appartient » à cette œuvre ?

Une explication est peut-être possible.

En dehors d'une éventuelle imprécision de traduction, on pourrait comprendre que, depuis cette déclaration du 2 juillet, Rome considère désormais, de fait, l'existence d'une sorte d'« Église SSPX », ayant son centre à Menzingen, à laquelle seraient rattachés les fidèles qui la fréquentent régulièrement.
Si telle est bien l'analyse romaine, cela correspond précisément à la définition d'un schisme : l'existence d'une communauté ecclésiale distincte, structurée autour d'une autorité propre. La question ne serait donc pas d'abord doctrinale, mais disciplinaire et juridictionnelle.

Permettez-moi, à ce propos, une réflexion qui ne manquera sans doute pas de susciter des réactions.

Mgr Lefebvre aurait-il accepté que toute la Tradition catholique soit progressivement concentrée autour d'une seule œuvre ? Aurait-il approuvé la centralisation croissante opérée depuis une vingtaine d'années autour de la Maison générale de la SSPX, au point que presque rien ne puisse se faire, se dire ou se penser sans qu'elle en soit informée et n'intervienne, parfois par des décisions arbitraires et très gravement injustes ?  Mgr Lefebvre aurait il accepté que l'on chasse prêtres et évêques de la Fidélité au prétexte qu'ils ne sont pas DANS la SSPX ?

Aurait-il véritablement cautionné une telle évolution ?

Dès lors, Mgr Richard Williamson n'a-t-il pas, d'une certaine manière, eu raison d'accepter son exclusion de la Fraternité et de chercher ensuite à favoriser une organisation plus décentralisée de la Tradition, redonnant à chaque évêque, à chaque prêtre, à chaque père de famille et à chaque fidèle la responsabilité de ses propres décisions devant Dieu et devant toute l'Église ? Mgr Williamson ne nous répétait-il pas sans cesse que "le pasteur était frappé et les brebis dispersées", ce qui signifiait qu'il est tentant mais impensable de faire une église parallèle ?

Enfin, une dernière question mérite d'être posée. Même si cette sanction émane d'une autorité moderniste, est-elle pour autant entièrement dépourvue de fondement ? Est-elle totalement imméritée ?

Peut-être cette épreuve contribuera-t-elle à rappeler aux catholiques attachés à la Tradition leur responsabilité personnelle dans le combat de la foi, là où la Providence les a placés, plutôt que de s'en remettre systématiquement à une structure centrale.

Abbé Matthieu Salenave

samedi 13 juin 2026

Lettre de Broadstairs 13 : Consécrations épiscopales à Écône

 



Lettre de Broadstairs 13 (Juin 2026)

Nova et vetera

Consécrations épiscopales d'Écône

Suite à l'annonce que la Fraternité Saint-Pie X a l’intention de consacrer quatre nouveaux évêques sans mandat pontifical en juillet prochain, quelques mots à ce sujet pourraient s'avérer opportuns.

L’Église a assurément besoin d’évêques validement consacrés, non seulement pour administrer les sacrements, mais surtout pour prêcher la Foi et dénoncer les erreurs modernes qui la menacent.

Nul doute que la Fraternité a également besoin d'évêques pour poursuivre son apostolat mondial, notamment parce que les deux évêques restants ne rajeunissent pas.

Ceci étant dit, il est important de comprendre que les consécrations à venir n’entraîneront pas automatiquement le retour de la Fraternité à sa position antérieure de distanciation vis-à-vis de l’Église conciliaire. « Il est impératif pour tout prêtre qui souhaite demeurer catholique de se séparer de l’Église conciliaire jusqu’à ce qu’elle soit revenue au magistère traditionnel de l’Église et à la foi catholique », [Mgr Marcel Lefebvre, « Itinéraire spirituel », 1990].

A cette époque, le principe directeur était de ne conclure aucun accord pratique avec la Rome moderne tant que celle-ci ne serait pas revenue à la Tradition catholique. Un tel retour se manifesterait par l'adhésion de Rome aux encycliques anti-libérales et anti-modernistes, au serment anti-moderniste, au règne social du Christ Roi et à une véritable consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie.

Ce principe a changé en 2012 lorsque des discussions doctrinales et la multiplication des contacts avec Rome ont abouti à ce que Benoît XVI propose à Mgr Fellay « la Rolls-Royce des accords », et ceci sans se soucier de la persévérance de Rome dans les erreurs modernes du libéralisme, du modernisme et du faux œcuménisme. Cet accord n'a pas été conclu en raison du refus de la Fraternité d'accepter la nouvelle messe et Vatican II, mais le mal avait été fait.

L’ « Année de la Miséricorde » (2015-2016), sous le pape François, a fait de la réintégration de la Fraternité au sein de « l’Église officielle » l’un de ses principaux buts. Cette intention était placée au même titre que celle de la réhabilitation des couples divorcés remariés hors de l’Église, ainsi que celle des couples homosexuels vivant des relations stables.

À cette même occasion, la Fraternité s'est vu octroyer, apparemment de manière unilatérale, une juridiction ordinaire pour les confessions, du fait qu'elle se trouvait sur la voie dite de la pleine communion avec Rome.

En 2017, la Société a conclu un accord pratique avec la Rome moderne concernant ses mariages, remettant de fait ces derniers dans les mains de la hiérarchie conciliaire locale.

Par conséquent, dans l'hypothèse peu probable où la Fraternité entendrait réellement renouer avec sa position ferme d'antan, telle que défendue par la dite Résistance, elle devrait faire une déclaration sans équivoque à cet effet. À défaut de cela et quoi qu’il en soit de possibles sanctions, la Fraternité continuerait simplement à souhaiter être reconnue par les autorités conciliaires et à cohabiter avec elles, espérant obtenir un jour une chapelle latérale dans leur basilique œcuménique.

Une telle déclaration devrait également inclure explicitement un rejet de l'accord pratique relatif aux mariages conclu en 2017, qui soumettait les bastions de la Tradition à la hiérarchie moderniste. Il s'agit d'une démarche bien différente d'une simple renonciation aux prétendues concessions obtenues jusqu'à présent. Auparavant, les mariages célébrés par la Fraternité étaient régis par la juridiction de suppléance, et les documents signés par les parties concernées en précisaient clairement les justifications.

Les mariages célébrés en vertu de cet accord, que ce soit par le délégué de l'ordinaire du lieu ou par délégation directe à un prêtre de la Fraternité, sont, dans les deux cas, soumis au nouveau Code de droit canonique et aux tribunaux matrimoniaux conciliaires. Ils sont donc potentiellement exposés à des procédures d'annulation accélérées et douteuses auxquelles les parties concernées peuvent désormais recourir de bonne foi ! Loin de renforcer le lien matrimonial, comme l'affirmaient alors les supérieurs de la Fraternité, cet accord pratique a en réalité affaibli les mariages et les familles catholiques traditionnels.

D'autres sujets devraient également figurer dans une déclaration : la pseudo-consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie par le pape François en 2022 (officiellement acceptée par la Fraternité à l'époque) ; la décision de ne plus procéder systématiquement à des ordinations conditionnelles pour les prêtres issus de l'Église conciliaire ; le dilemme moral posé par la position officielle de la Fraternité concernant la vaccination contre le Covid-19…

C’est pourquoi nous sommes quelque peu alarmés par le ralliement d’individus et de communautés jusque-là lucides à propos de la Fraternité Saint-Pie X, comme si tout allait revenir à la normale dans le combat pour la Foi en raison des sacres annoncés !

Nous voyons dans la confusion actuelle qui règne au sein de la Tradition catholique un exemple de la désorientation diabolique prophétisée par la Vierge Marie à Fatima. Puissions-nous continuer à œuvrer et à prier pour une véritable consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie, afin que, dans le triomphe qu'elle a promis, l'Église soit délivrée des fléaux et des agents du libéralisme, du modernisme et du naturalisme.

+ Paul Morgan

Le 12 juin 2026, fête du Sacré-Cœur

mardi 9 juin 2026

Les sacres, réponses à quelques questions

M. l'abbé Dominique Rousseau répond à diverses questions que peuvent se poser les fidèles sur les sacres :

Source



La Fraternité va procéder au sacre épiscopal de quatre prêtres. L’annonce en a été faite le 2 février par son Supérieur général lors des prises de soutane au Séminaire Saint-Curé d’Ars à Flavigny.

Face à cette annonce, comment réagir ? Nous ne parlons pas des ralliés à la Rome conciliaire depuis les sacres de 1988 : tous, plus ou moins, poussent des cris d’orfraie en brandissant les drapeaux usés de « schisme aggravé depuis 1988 », de « bras de fer » avec le Vatican par la FSSPX. Que les personnes intéressées par le sujet aillent naviguer sur la « toile » et regardent le « Forum catholique », les articles de « La Nef ». Tel n’est pas l’objet que nous nous proposons ici de traiter.

  • Doit-on se réjouir des sacres prévus au 1er juillet 2026 ?
Il est clair que l’Église a besoin, de par sa nature, d’évêques catholiques, dont l’épiscopat est certainement valide. Ce fut la raison des sacres de 1988, conférés à quatre prêtres de la Fraternité Saint-Pie X par leurs Excellences Monseigneur Marcel Lefebvre et Dom Antonio de Castro Mayer, venu tout exprès du Brésil pour cette « opération – survie ».

La FSSPX n’a plus à présent que deux évêques, Mgr Williamson en ayant été chassé en 2012 (et décédé le 29 janvier 2025) et Mgr Tissier de Mallerais est décédé le 8 octobre 2024. Seuls restent Mgr de Galaretta et Mgr Fellay, tous deux étant presque septuagénaires et usés après tant d’années à parcourir le monde.

  • Sacrements douteux
Tous les sacrements de « l’Église conciliaire » (l’expression est de Mgr Benelli, du 25 juin 1976) sont douteux, affirmait Mgr Lefebvre, en raison soit de la forme, de la matière et/ou de l’intention du ministre qui les confère. Douteux n’est pas synonyme d’invalide, notons-le bien. Mais si un gâteau est douteux en raison d’un poison qui y a peut-être été inséré, la prudence élémentaire est de ne pas le manger, aussi beau et alléchant soit-il. Il en est de même pour les sacrements.

Dans la Fraternité et de façon officielle, il n’est plus question de faire cette distinction « Église catholique » et « Église conciliaire ». Nous invitons le lecteur à se reporter à la brillante étude qu’avait faite en son temps Mgr Tissier de Mallerais sur cette question importante (voir Sel de la terre n° 85, été 2013, éditorial).

La prudence pastorale exigeait jusqu’à ces dernières années que tous ceux qui avaient reçu des sacrements douteux car réformés depuis les années postérieures à Vatican II reçoivent à nouveau, et sous condition, certains sacrements : la confirmation et l’ordre. C’en est fini de tout cela et nous savons de source certaine que les Supérieurs de la Fraternité ne veulent plus que les prêtres « Novus Ordo » qui se convertissent soient réordonnés sous condition, ce qui, selon eux, serait un acte sacrilège. Il en est de même pour l’épiscopat. Mgr Huonder, décédé à présent, n’a pas été inquiété pour son sacre et a exercé un apostolat épiscopal, en consacrant les saintes Huiles le Jeudi saint 2023 au Séminaire de la Fraternité en Allemagne.

Mgr Viganò, sacré en 1992 par Jean Paul II, a été reconsacré sous condition par Mgr Williamson en 2021. Le fait est suffisamment connu pour être ici noté.

  • Quelle fut la pensée de Mgr Lefebvre sur cette « Église conciliaire » ?
« Quoi de plus clair ! Désormais c’est à l’Église conciliaire qu’il faut obéir et être fidèle, et non plus à l’Église catholique. C’est précisément tout notre problème. Nous sommes suspens a divinis par l’Église conciliaire et pour l’Église conciliaire dont nous ne voulons pas faire partie. Cette Église conciliaire est une Église schismatique, parce qu’elle rompt avec l’Église catholique de toujours. Elle a ses nouveaux dogmes (dignité de la personne humaine), son nouveau sacerdoce (le sacerdoce commun des fidèles), ses nouvelles institutions (synode épiscopal, conseil épiscopal, conseil paroissial etc.), son nouveau culte (nouvelle messe) déjà condamnés par l’Église en maints documents officiels et définitifs. C’est pourquoi les fondateurs de l’Église conciliaire insistent tant sur l’obéissance à l’Église d’aujourd’hui, faisant abstraction de l’Église d’hier comme si celle-ci n’existait plus. L’Église qui affirme de pareilles erreurs est à la fois schismatique et hérétique. Cette Église conciliaire n’est donc pas catholique. Dans la mesure où le pape, les évêques, prêtres ou fidèles adhèrent à cette nouvelle Église, ils se séparent de l’Église catholique. L’Église d’aujourd’hui n’est la véritable Église que dans la mesure où elle continue et fait corps avec l’Église d’hier et de toujours. La norme de la foi catholique, c’est la Tradition. » (Lettre du 29 juillet 1976)

La Fraternité Saint-Pie X n’a plus le même discours depuis des années et ne dénonce plus « l’Église conciliaire ».

  • Avec ces sacres à venir, la Fraternité et la Résistance (ou Fidélité catholique) vont-elles se réunir ?
Apparemment, les obstacles se dissipent tels des nuages présents pendant de longues années (depuis 2012). Les nuages demeurent cependant et ce, pour plusieurs raisons, qui ne sont pas d’ordre sentimental, de susceptibilité froissée ou quoi que ce soit de cette sorte, qui serait somme toute accessoire : dans une famille, il faut se réconcilier après des orages. Le problème est plus profond.

En effet, eu égard à l’état de nécessité (perte de la foi généralisée, maintien de l’épiscopat sur les différents continents avec la période communiste de la soi-disant pandémie), Mgr Williamson a sacré entre 2015 et 2022 six évêques. Trois d’entre eux ont été sacrés de façon publique et les trois autres, secrètement. Ces trois évêques ont fait l’objet de bien des critiques, même de la part de notre clergé « résistant ». Mais ces cas de sacres secrets ont eu des précédents, en particulier celui-ci : Mgr Slipyj a procédé ainsi sous Paul VI en 1977 et la Fraternité a publié un article du Père Joseph OFM (alias abbé Régis de Cacqueray) : https://fsspx.news/fr/news/un-precedent-aux-sacres-la-fsspx-les-sacres-du-2-avril-1977-par-le-cardinal-slipyj-58983 . Que ceux qui, de tous bords, dénigrent ou boudent les sacres opérés par l’évêque britannique lisent attentivement l’article du père capucin.

  • La Fraternité et l’état de nécessité
Les évêques sacrés par Mgr Williamson sont de vrais évêques et la Fraternité devrait tenir compte de leur sacre, et faire appel à eux, sans avoir à sacrer d’autres évêques. Avec ces six évêques, l’état de nécessité invoqué par elle cesse : il y a des évêques. Mais non en fait ! Quelle en est la cause ? Ils ont, à leur passif, commis un péché irrémissible : ils ont quitté la Fraternité (du moins cinq d’entre eux, car Dom Thomas d’Aquin n’a jamais été membre de la FSSPX, puisque moine bénédictin). Nous avons montré, dans un autre texte, que « hors de la Fraternité, il n’y a point de salut » : https://havresaintjoseph-tradition.fr/un-marche-de-dupes-les-sacres-de-juillet-2026/ ).

  • La Fraternité veut-elle perdre ses acquis des années passées ?
Merci de vous reporter à l’article « Un marché de dupes »  pour voir la liste des « acquis ». Il est trop tôt pour savoir ce qui se passera le 2 juillet : excommunication ou non des évêques. Mgr Fellay espère toujours le « miracle », c’est-à-dire l’obtention du mandat de Léon XIV pour les sacres. Il est bien possible qu’il n’y ait pas d’excommunication. Imaginez en effet que Mgr Schneider, qui vante tant les sacres à venir, soit présent à Ecône. S’il assiste à la cérémonie, ce ne sera pas sans l’accord de Rome. Il fut l’ami de François, il l’est tout autant de Léon XIV. S’il célèbre la messe de saint Pie V, il célèbre tout autant la messe de Paul VI. Un évêque dans la ligne exacte de Benoît XVI.

  • Quelles seront (seraient) les conséquences des sacres sans mandat ?
Outre l’excommunication par la Rome néo-moderniste, synodale et courant à l’apostasie, les conséquences seront politiques, financières etc. En effet, que l’on se rappelle qu’au lendemain des sacres de 1988, l’État français bloqua les legs pour le district de France et ce n’est que dans les années 2000, que la Maison du district parvint, à force d’un travail méticuleux, à recouvrer ces biens gelés de façon inique.

Le Supérieur de district a des raisons bien humaines de craindre les sanctions lourdes qui s’abattront sur toutes les œuvres de son district : écoles, prieurés et tout ce qui leur appartient.

La persécution viendra. « Messire Dieu premier servi » sera-t-elle la bannière déployée, ou restera-t-elle au fond d’une poche, soigneusement et frileusement pliée?

  • Qu’aurait dû faire la Fraternité pour les sacres dont elle a besoin ?
Ne rien demander à Rome :
    • Comme la Fraternité le 28 juillet 1991 lors du sacre de Mgr Rangel, quelques mois après le décès de Dom Antonio de Castro Mayer (+ 25 avril 1991). Les consécrateurs furent trois des évêques sacrés en 1988 : Mgr Tissier de Mallerais, assisté de Mgr Williamson et Mgr de Galarreta (voir Revue « Fideliter » n° 83, septembre – octobre 1991.)
    • Comme également Mgr Williamson pour le sacre des six évêques.
    • Sacrer des évêques, les envoyer à des postes stratégiques dans des continents différents, à proximité de liaisons faciles (aéroports, autoroutes etc.). Ces évêques auraient été moins inquiétés (comme ceux sacrés par l’évêque britannique) que les tracas auxquels ils vont devoir s’affronter.

  • Quels sont les quatre élus à l’épiscopat ?
Les abbés Pascal Schreiber, suisse allemand, 53 ans ; Michael Goldade, américain, 45 ans ; Michel Poinsinet de Sivry, français, 42 ans ; Marc Hanappier, français, 36 ans.

Je ne parlerai que du premier mentionné. L’abbé Schreiber était supérieur du district de Suisse lorsque Mgr Huonder prit sa retraite en juin 2019, à l’école de Wangs. Il était bien clair que cet évêque ne ferait pas de ministère épiscopal. L’abbé Schreiber reçut ce prélat au séminaire de Zaitzkofen, dont il est actuellement directeur, le Jeudi saint 2023, et cet évêque consacra alors les saintes Huiles. Enfin, ce même abbé a célébré la messe pour le pèlerinage de la Pentecôte, en la vigile de cette fête. Pas un mot sur la crise de l’Église.

Nous avons déjà abondamment présenté qui fut Mgr Huonder et nous ajoutons, pour mémoire, ce rappel sur la validité des sacrements post-conciliaires, car cela concerne le cas de cet évêque : https://havresaintjoseph-tradition.fr/episcopat-conciliaire-valide-ou-non/ .

Ce court aperçu du « profil » de ce futur évêque n’augure rien de bon pour la défense de la Foi. Aîné des trois autres, il indiquera la route à ses plus jeunes confrères dans l’épiscopat. L’abbé Pagliarani a d’ailleurs bien décrit leur futur apostolat : 

« La cérémonie du 1er juillet n’aura d’autre but que de maintenir l’administration des sacrements de l’ordre et de la confirmation, ainsi que celle des sacramentaux réservés aux évêques, selon le rite traditionnel de la sainte Église romaine, et la foi de toujours. » (26 mai 2026).

Le Supérieur général de la Fraternité omet (et c’est grave) de dire que, de par sa nature, l’Évêque fait partie de l’Église enseignante, et n’est donc pas un « distributeur de sacrements ».

Les deux derniers mentionnés vivent au séminaire des Etats-Unis, depuis plusieurs années, avec Mgr Fellay. No comment !

  • Laissons la conclusion à Mgr Lefebvre : ses dernières paroles écrites
FIDELITER – Qu’est-ce que vous pouvez dire à ceux d’entre les fidèles qui espèrent toujours en la possibilité d’un arrangement avec Rome ?

Monseigneur – Nos vrais fidèles, ceux qui ont compris le problème et qui nous ont justement aidés à poursuivre la ligne droite et ferme de la Tradition et de la foi, craignaient les démarches que j’ai faites à Rome. Ils m’ont dit que c’était dangereux et que je perdais mon temps. Oui, bien sûr, j’ai espéré jusqu’à la dernière minute qu’à Rome on témoignerait d’un petit peu de loyauté. On ne peut pas me reprocher de ne pas avoir fait le maximum. Aussi maintenant, à ceux qui viennent me dire : il faut vous entendre avec Rome, je crois pouvoir dire que je suis allé plus loin même que je n’aurais dû aller. » (Entretien de Mgr Lefebvre à la revue Fideliter n° 79, janvier – février 1991)

Abbé Dominique Rousseau
9 juin 2026

jeudi 4 juin 2026

Hollywood s’invite à Ecône

 Source


Voici l’annonce faite par le canal Telegram des Sacres 2026, d’un documentaire à venir et dont la bande annonce est déjà en ligne: https://www.youtube.com/watch?v=xx0TX7HGF1E

« Réalisée sur deux ans par deux jeunes étudiants, TRADITIO est l’un des projets cinématographiques les plus ambitieux jamais réalisés par la Fraternité. Composée de trois parties, cette série entend présenter l’apostolat des prêtres de la Fraternité à travers le monde ainsi que leur attachement à l’Église catholique et au successeur de saint Pierre. 

Cette série sera également diffusée les 1er et 2 juillet 2026 sur les écrans de la prairie et accompagnera les temps d’attente précédant les célébrations. Une belle occasion pour les participants présents en avance de découvrir cette réalisation. »

Les commentaires ne se sont pas fait attendre et Médias-Presse-Infos commente ainsi la parution de ce documentaire, reprenant en grande partie les mots du canal cité ci-dessus :

« Dans le cadre de la véritable dynamique qui entoure l’annonce des sacres de quatre nouveaux évêques, la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X dévoile un documentaire intitulé TRADITIO – Pour l’amour de l’Église.
Une pépite cinématographique en trois parties.
Réalisée sur deux ans par deux jeunes étudiants de Suisse et d’Allemagne en collaboration avec la Maison générale de la FSSPX, cette production de plus de quatre heures est l’un des projets cinématographiques les plus ambitieux jamais réalisés par la Fraternité.
Composée en trois parties, cette série entend présenter l’apostolat des prêtres de la Fraternité Saint-Pie X à travers le monde ainsi que leur attachement à l’Église catholique et au Successeur de saint Pierre.
Pour l’amour de l’Église est une série documentaire en trois parties, consacrée à la vie et à l’apostolat des prêtres de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X à travers le monde.
La diffusion sur les réseaux sociaux est annoncée ainsi :
  • Une œuvre de foi – 7 juin 2026 
  • Une œuvre d’espérance – 14 juin 2026 
  • Une œuvre de charité – 21 juin 2026
Cette série sera également diffusée les 1er et 2 juillet 2026 sur les écrans de la prairie et accompagnera les temps d’attente précédant les célébrations.
La bande annonce permet de déjà savourer la qualité cinématographique de cette série de trois reportages et de mieux découvrir et apprécier l’apostolat mondial de la FSSPX et le ministère du prêtre catholique au service de l’Église.»

On relèvera, sans forcer le texte, l’enthousiasme de ce média sous la plume d’Alain Depauw, qui note les « pépites », « la bande annonce du magnifique documentaire de la FSSPX ».

Parce que « la mémoire est la faculté qui oublie », dit-on, nous continuons à décrire, après avoir déjà relevé dans un autre texte ( https://havresaintjoseph-tradition.fr/la-fraternite-saint-pie-x-hier-1988-et-aujourdhui-2026/ ), ce que nous avons connu lorsque Ecône était Ecône, du vivant de Mgr Marcel Lefebvre. Nous n’allons pas jouer aux « Anciens » : « J’y étais ».

Cependant, il est bon de comparer deux faits majeurs dans l’Histoire de la Fraternité, avec celui qui arrive : la consécration de la Fraternité au Cœur Immaculé de Marie, puis les sacres de 1988.

Le premier événement eut lieu le 8 décembre 1984, non loin d’Ecône, à Martigny. Mgr Lefebvre consacra la Fraternité à l’Immaculée, en présence d’un grand nombre de prêtres, séminaristes (nous étions alors nombreux à Ecône ; de plus, le Séminaire d’Allemagne vint au complet, Flavigny n’était pas encore séminaire – 1986), de fidèles venus de plusieurs pays. La nuit qui précéda cette consécration et la Messe pontificale fut une nuit de prière et d’adoration continuelle. Pas de film pour « tuer le temps », comme cela va se passer sur la prairie d’Ecône début juillet. En effet les personnes étant passées par le portique électronique devront être présentes dès 6 h du matin pour la cérémonie qui commencera trois heures plus tard.

Il en fut de même pour les sacres du 30 juin 1988. La prière était au rendez-vous pour cette « opération – survie ».

A présent, on utilise le mot de « série », pour cette trilogie « Une œuvre de foi – 7 juin 2026 • Une œuvre d’espérance – 14 juin 2026 • Une œuvre de charité – 21 juin 2026 ». On passe au monde du cinéma. Nous avons déjà mis le doigt dessus : https://havresaintjoseph-tradition.fr/quatre-jours-dexception/ .

Avec ces sacres à venir, l’abbé Pagliarani aura réussi ce que Mgr Williamson annonçait, en le dénonçant, dès 2018, deux mois après son élection au faîte de la Fraternité Saint-Pie X : 

« S’il pense qu’il n’y a rien de plus pressé que d’unir les libéraux et les antilibéraux au sein de la Fraternité en ayant recours à des compromis politiques et des calculs humains, jamais il n’enrayera l’actuelle dégringolade de la Fraternité. Notre foi est notre victoire sur le monde, dit saint Jean (1 Jn 5, 4), et non notre politique. » (Commentaires Eleison, Tome 3, n° 582, p. 169)

Voici un autre aspect sur le même sujet.

Cette présentation des sacres, tous les écrits de l’abbé Pagliarani dans sa communication depuis février 2026, et celle de prêtres passant sur les plateaux
( https://www.youtube.com/watch?v=iW5jYixOZ7s ) donnent à réfléchir sur l’orientation des clercs de la Fraternité.

Nous avons mis en relief ( https://havresaintjoseph-tradition.fr/la-fraternite-saint-pie-x-hier-1988-et-aujourdhui-2026/ ) la différence de vue de la FSSPX dans le cours des années et surtout son glissement : hier on priait pour la conversion de Rome, aujourd’hui (cf. l’interview de l’abbé Gabard sur RCF Anjou, lien ci-dessus) ils cherchent désespérément un Mandat papal pour les sacres. Rien n’est dit sur la conversion du pape, les arguments sur l’état de nécessité manquent par ailleurs d’assise et demeurent dans le flou.

Concluons brièvement.

Ce n’est pas de l’esprit hollywoodien que les fidèles ont besoin ; c’est de celui de la prière et du sacrifice, et non des images et de « projets cinématographiques les plus ambitieux jamais réalisés par la Fraternité ». L’état de l’Église est pitoyable. On ne convertira ni Rome ni les fidèles gavés d’images par encore plus d’images et de musique (sauf par le grégorien et la polyphonie sacrée).

Prions le Rosaire, car nous sommes, disait sœur Lucie de Fatima, dans une « désorientation diabolique ».

Certains de nos amis,

– qui avaient tenu bon à travers les errements de la Fraternité Saint-Pie X,

– qui voyaient clair jusqu’ici 

commencent à vaciller.

Le Titanic sombre…


En la Fête du Très Saint Sacrement, 4 juin 2026
Abbé Dominique Rousseau

lundi 1 juin 2026

Pas de QR code pour assister au Saint Sacrifice de la Messe !

 Source



De nombreux fidèles ont été particulièrement surpris d'apprendre qu'il était désormais obligatoire d'avoir un QR code pour assister à certaines cérémonies catholiques (Jubilé romain de 2025 - sacres dans la SSPX du 1er juillet 2026). Certains prêtres n'y voient aucun problème de Foi et de morale. Est-ce le cas ? Est-il exagéré de refuser ce QR code qui a tout de même bien des avantages pratiques.

A cela nous répondons que dans l'esprit de la tradition catholique, le rejet du QR code et des outils de contrôle électronique ne relève pas d'une simple technophobie, mais d'une analyse théologique, anthropologique et eschatologique profonde.

Voici les principaux arguments qui expliquent pourquoi ces outils sont théologiquement problématiques et doivent être prohibés :

  • Nul n'est désormais censé ignorer le projet de Lucifer d'aboutir à la "Marque de la Bête" tel que le livre de l'Apocalypse nous l'explique (chapitre 13, versets 16-17) : 
« Elle fit que tous, petits et grands, riches et pauvres, libres et esclaves, reçussent une marque sur leur main droite ou sur leur front, et que personne ne pût acheter ni vendre, sans avoir la marque, le nom de la bête ou le nombre de son nom. »

Ainsi lorsqu'un outil technologique devient obligatoire pour participer à la vie en société (acheter, vendre, se déplacer, accéder au culte) et qui lie l'existence physique à un code d'identification, il devient une préfiguration — ou une mise en place technique — de cette "marque". Le fait de devoir être "marqué" (numériquement) ou "masqué" ou "vacciné" pour vivre fait évidemment partie du processus démoniaque de soumission à un pouvoir totalitaire antichristique.
  • L'atteinte à la dignité humaine et à la Création divine
La bonne philosophie et la révélation nous enseignent que l'homme est créé à l'image et à la ressemblance de Dieu (Imago Dei). Il possède une liberté intrinsèque et une dignité qui ne peuvent être conditionnées par un algorithme.

La réification de l'homme : réduire un être humain, temple du Saint-Esprit, à un identifiant numérique (un QR code) est une dégradation de l'homme. Il devient un produit traçable, une simple variable dans un système informatique.

Le libre arbitre étouffé : le contrôle électronique permanent supprime la liberté morale en contraignant les corps et les esprits par la surveillance, ce qui s'oppose à la liberté chrétienne.

  • La substitution de la Providence par le contrôle total
La doctrine sociale et spirituelle de l'Église a toujours enseigné la confiance en la Divine Providence. Inversement, le propre de la mentalité technocratique moderne est de vouloir tout anticiper, tout surveiller et tout contrôler par la machine.

Cette quête d'une sécurité et d'un contrôle absolus à travers des outils électroniques est une forme d'idolâtrie technologique, où l'État ou la machine remplacent Dieu comme gardien et juge des actions humaines.

  • L'exclusion et la rupture de la charité chrétienne !!
L'Évangile nous commande d'accueillir notre prochain, en particulier le pauvre, le marginal ou le malade.

Les outils de contrôle électronique (comme les pass sanitaires, les masques, les QR code ou les systèmes de crédit social) introduisent une ségrégation artificielle entre les "conformes" et les "non-conformes". Pour l'Église, interdire l'accès à un lieu de culte ou à la subsistance de base à cause d'un code numérique est une violation directe de la charité chrétienne et de la mission universelle de l'Église (qui doit appeler tous les hommes, sans condition technique). La petite grand mère qui n'a pas de téléphone portable ou internet sera privée de cérémonie !

En résumé : Dans l'esprit catholique, le QR code et le contrôle électronique ne sont pas de simples outils pratiques. Ils sont le symbole d'une société athée, matérialiste et technocratique qui cherche à inverser l'ordre divin en conditionnant la liberté humaine — don de Dieu — à une validation numérique permanente.

Auriez-vous imaginé un instant, à l'époque du Christ l'obligation d'un QR code pour s'approcher du Sauveur !!

Tout cela sent les prémisses de l'enfer. Fuyons ces procédés indignes de catholiques fidèles à la Tradition.

Abbé Matthieu Salenave 

mardi 26 mai 2026

«Quatre jours d'exception»

 Source


S’il n’y a plus de billets pour le Puy du Fou ou le Zoo de Beauval, il y a un spectacle à Ecône… Le marketing est incroyable !


Depuis les années « branding » la FSSPX s’est en effet mise à la page du monde et le titre de cet article n’est pas de nous : vous pourrez le vérifier en effet sur le site même du Séminaire international de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, Ecône, «Le séminaire de l’espoir », un livre édité en 1986, deux ans avant les sacres conférés à quatre prêtres par Nos Seigneurs Marcel Lefebvre et Antonio de Castro Mayer.

Voici le site d’Ecône, avec ces « Quatre jours d’exception » : https://econe2026.ch

En 1988, beaucoup de fidèles du monde entier sont venus au Séminaire pour ces sacres historiques. Alors, rien de tout cet appareil technologique que l’on va voir trente-huit ans plus tard. Les fidèles se logeaient où ils voulaient, où ils pouvaient, à l’hôtel, chez des amis, en caravane, sous tente, à la belle étoile encore… Pas de QR code…

Car pour cette « édition 2026 », que ne verra-t-on pas ?

La machine mondialiste en marche à Ecône pour les sacres épiscopaux !

Les termes employés ci-dessus ne sont pas exagérés. Voyons de plus près.

La Fraternité Saint-Pie X met en place un bracelet électronique qui sera remis à chaque personne sur place à Ecône. Ce bracelet contiendra une somme que la personne aura mise sur son compte via le site. Aucun n’argent ne circulera sur place. Et les gens paieront avec ce bracelet.

Pour que personne ne puisse affirmer que ce que j’écris est une tromperie, voici les liens du canal Telegram de la FSSPX pour ces futurs sacres :

– QR CODE : https://t.me/econe2026/46

– Bracelet de paiement : https://t.me/econe2026/55


Voici des concessions de taille au système mondialiste. Si on peut ergoter sur le fait que le QR code est répandu abondamment, et qu’il équivaut aux codes-barres, la question du bracelet électronique est un pas en avant vers ce que veulent les mondialistes.

Chers prêtres que nous avons connu durant notre séminaire, vous ne pouvez pas en conscience ne rien dire, ne rien faire. Si vous n’avez pas le courage de parler, du moins abstenez-vous de vous rendre à Ecône fin juin, début juillet !

Chers fidèles, restez chez vous durant cette même période, ou en tout cas ne franchissez pas la frontière suisse pour vous rendre à Ecône !

Résistez tous à ce « show » mondialiste, où l’esprit du monde, ennemi de Dieu est à l’œuvre, sous l’apparence de bien.

En ce lundi de Pentecôte 2026

Abbé Dominique Rousseau

samedi 23 mai 2026

Adresse urgente aux prêtres de la Fraternité Saint-Pie X

Suite à la Déclaration de foi catholique de l'abbé Pagliarani du 14 mai, l'abbé Salenave revient sur ce que devrait vraiment comporter une telle déclaration pour répondre aux urgences actuelles de la crise de l'Église dans la pleine fidélité à la démarche de Mgr Lefebvre ; il en propose un modèle à ses confrères, dont le texte s'inspire au plus près de la protestation de foi publiée en novembre 1974 par le Fondateur lui-même.



Déclaration de Fidélité Catholique

Fidèles à l’héritage de Mgr Marcel Lefebvre, et en particulier à sa mémorable «Déclaration » du 21 novembre 1974, nous adhérons de tout notre cœur, de toute notre âme, à la Rome catholique, gardienne de la foi catholique et des traditions nécessaires au maintien de cette foi, à la Rome éternelle, maîtresse de sagesse et de vérité. 

Selon l’exemple de ce grand prélat, intrépide défenseur de l’Église et du Siège apostolique, nous refusons par contre et avons toujours refusé de suivre la Rome néo-moderniste et néo-protestante qui s’est manifestée clairement dans le concile Vatican II, et après le Concile dans toutes les réformes et orientations qui en sont issues. 

Ces réformes et orientations, en effet, ont contribué et contribuent encore à la démolition de l’Église, à la perte de son esprit missionnaire, à la propagation de l’indifférentisme et du relativisme – par l’œcuménisme et le dialogue interreligieux –, à la ruine du sacerdoce, à l’anéantissement du sacrifice et des sacrements, à l’affaiblissement de l’autorité pontificale, à l’anarchie théologique, à la confusion de l’action pastorale, à la disparition de la vie religieuse, à un enseignement naturaliste et teilhardien dans les universités, les séminaires, la catéchèse, enseignement issu du libéralisme et du protestantisme condamnés maintes fois par le magistère solennel de l’Église.

Aucune autorité, même la plus élevée dans la hiérarchie, ne peut nous contraindre à abandonner ou à diminuer notre foi catholique clairement exprimée et professée par le magistère de l’Église depuis vingt siècles, et à l’époque récente par les textes clés de sa doctrine anti-libérale et antimoderniste, à savoir :

  • Mirari vos, de Grégoire XVI ; 
  • Quanta cura et le Syllabus, de Pie IX ; 
  • Immortale Dei et Libertas, de Léon XIII ; 
  • Pascendi, de Pie X (avec le serment antimoderniste) ; 
  • Quas primas et Mortalium animos, de Pie XI ; 
  • Humani generis, de Pie XII.
« Si nous-même, dit saint Paul, ou si un ange venu du Ciel vous annonçait autre chose que ce que je vous ai enseigné, qu’il soit anathème ! » Et l’Apôtre insiste : «Nous l’avons déjà dit et aujourd’hui je le répète : si quelqu’un vous prêche autre chose que ce que vous avez reçu, qu’il soit anathème ! » (Gal. 1, 8-9) 

Si donc une contradiction vient à se manifester dans les paroles ou les actes du pape, ainsi que dans les actes des dicastères romains, par rapport à la doctrine traditionnelle, alors nous choisissons ce qui a toujours été enseigné et nous faisons la sourde oreille aux nouveautés destructrices de l’Église,  et à  toute «herméneutique» prétendant démontrer la continuité entre ces nouveautés et le magistère constant des siècles passés. 

On ne peut modifier profondément la lex orandi (la liturgie) sans modifier la lex credendi (la règle de la foi). A messe nouvelle correspondent catéchisme nouveau, sacerdoce et séminaires nouveaux, « communautés » nouvelles, pastorale nouvelle (accès des divorcés remariés à l’eucharistie, bénédiction des duos d’homosexuels…), nouvelles formes de dévotion, nouveaux critères de sainteté, nouveau droit canon, Église charismatique, pentecôtiste, œcuméniste et désormais « synodale », poursuivant une chimérique fraternité humaine au détriment de sa mission d’évangélisation et d’annonce du salut, toutes choses opposées à l’orthodoxie, au magistère de toujours et à l’unité catholique. 

Cette Réforme étant issue du libéralisme, du modernisme, est tout entière empoisonnée ; elle sort de l’hérésie et aboutit à l’apostasie. Il est donc impossible à tout catholique conscient et fidèle d’adopter cette Réforme et de s’y soumettre de quelque manière que ce soit. 

La seule attitude de fidélité à l’Église et à la doctrine catholique, pour notre salut, est le refus catégorique d’acceptation de la Réforme, même s’il faut recourir, pour survivre, à des solutions canoniques d’exception – car « le salut des âmes est la loi suprême » – ou subir éventuellement d’injustes condamnations. 

C’est pourquoi, sans aucune rébellion, aucune amertume, aucun ressentiment, nous entendons maintenir la profession intégrale de la foi sous l’étoile du magistère de toujours, persuadés que nous ne pouvons rendre un service plus grand à la sainte Église catholique, au souverain pontife et aux générations futures. 

C’est pourquoi, aussi, nous nous en tenons fermement à tout ce qui a été cru et pratiqué dans la foi, les mœurs, le culte, l’enseignement du catéchisme, la formation du prêtre, l’institution de l’Église, par l’Église de toujours et codifié dans les livres parus avant l’influence moderniste du Concile, en attendant que la vraie lumière de la tradition dissipe les ténèbres qui obscurcissent le ciel de la Rome éternelle. 

En l’état, l’amour de l’Église et notre fidélité à la mémoire et au combat de Mgr Lefebvre requièrent, plus que jamais, une confession vigoureuse et publique de la foi face aux fauteurs d’erreurs quels qu’ils soient. 

Dans cet esprit, et pour hâter, autant qu’il dépend de nous, le retour de l’Église à sa propre tradition bimillénaire, nous supplions instamment le souverain pontife d’accomplir dès que possible, comme vicaire de Jésus-Christ, successeur de Pierre et Docteur de la foi, trois gestes de la plus haute importance : 

  • déclarer qu’il tient fermement, et dans le même sens que ses prédécesseurs, la doctrine de Grégoire XVI, Pie IX, Léon XIII, Pie X, Pie XI et Pie XII, dénonçant les erreurs de la « culture libérale » : ainsi serait réaffirmée, contre la fallacieuse « liberté religieuse » et les « droits-de-l’homme-sans-Dieu », la royauté sociale de Jésus-Christ ; 
  • rétablir le serment antimoderniste, prescrit en 1910 et abrogé en 1967, pour l’accès aux ordres de la hiérarchie ecclésiastique : ainsi serait donné un coup d’arrêt au processus de corruption de la foi dans le clergé et parmi les fidèles, cause de « l’apostasie silencieuse » des masses catholiques ; 
  • faisant usage du privilège de l’infaillibilité pontificale, condamner solennellement les textes de Vatican II contraires aux définitions irréformables du magistère antérieur : ainsi serait révoquée la prétendue autorité d’un concile « pastoral », « nouvelle Pentecôte » de l’Église, qui s’avère avoir été, et reste à ce jour, le plus grand désastre de son histoire. 
Enfin, pour obtenir la paix du monde, nous implorons également du pape qu’il daigne effectuer la consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie, selon la demande du Ciel transmise à Fatima, et dans les formes requises par cette demande. 

Ce faisant, avec la grâce de Dieu, le secours de la Vierge Marie, de saint Joseph, de saint Pie X, nous sommes convaincus de demeurer unis à l’Église, une, sainte, catholique, apostolique et romaine, ainsi qu’aux successeurs de Pierre, et d’être les «fidèles dispensateurs des mystères de Notre-Seigneur Jésus Christ in Spiritu Sancto ». 

En ce 21 novembre 2024, cinquantième anniversaire de la Déclaration de Mgr Lefebvre. 

Trouvez la déclaration sur ce site : 

https://declarationdefidelitecatholique.blogspot.com/2026/06/declaration-de-fidelite-catholique.html