jeudi 17 janvier 2019

"Mère de l'Espérance ...", le dernier recours pour une France apostate


Puisque la France semble se diriger dans une tourmente révolutionnaire en raison de la multiplication  des péchés, de crimes de toutes sortes contre les âmes innocentes, de trahisons du clergé y compris traditionaliste, de lâchetés calculées, d'apostasie  aussi bien des petites gens que des chefs, il ne reste au minuscule troupeau des derniers fidèles  qu'à se tourner vers la Reine du Ciel qui, Seule avec son Divin Fils, peut sortir les âmes et la nation de la boue du péché.  C'est tout le message de Notre-Dame de Pontmain que nous fêtons aujourd'hui.

Note sur le changement des paroles du cantique Notre-Dame de l'Espérance après le concile Vatican II. 

En 1848, en plein orage révolutionnaire, Monsieur le chanoine Prud’homme eut l’inspiration de fonder une vaste association de prières pour le salut de la France. Cette association prit de l’ampleur jusqu’à devenir l’Archiconfrérie de Notre-Dame d’Espérance.

Pour appuyer cette oeuvre il composa le fameux cantique Mère de l’Espérance qui se répandit rapidement dans toute la France. En voici les paroles :

R./ Mère de l’Espérance,
Dont le nom est si doux
Protégez notre France.
Priez, priez pour nous! (bis)

Souvenez-vous, Marie, 
Qu’un de nos Souverains 
Remit notre Patrie 
En vos augustes mains. 

La crainte et la tristesse 
Ont gagné notre cœur. 
Rendez-nous l’allégresse, 
La paix et le bonheur. 

Vous calmez les orages,

Vous commandez aux flots, 
Vous guidez au rivage 
Les pauvres matelots. 

De la rive éternelle, 

Secondez nos efforts; 
Guidez notre nacelle 
Vers les célestes ports. 

En ces jours de souffrances 

Sauvez-nous du danger; 
Épargnez à la France 
Le joug de l’étranger. 


Des mères en alarmes 
Raffermissez les cœurs; 
Venez sécher leurs larmes, 
ô Mère des douleurs! 

Au chemin de la gloire, 
Conduisez nos soldats 
Donnez leur la victoire 
Au jour des saints combats. 

Et si, pour la Patrie, 
Bravant les coups du sort 
Ils vont donner leur vie, 
Ah ! couronnez leur mort ! 

Le cantique fut adopté dans la paroisse de Pontmain : il n’y a rien d’étonnant à ce qu’il fut au programme des prières entonnées par les paroissiens pendant le temps l’apparition. Or c’est à ce chant, écrira plus tard Joseph Barbedette, que « la Très sainte Vierge devait réserver son plus beau sourire de toute l’apparition ».

Élevant les mains à hauteur des épaules, elle se mit à remuer les doigts, paraissant accompagner le chant avec une extrême délicatesse. Elle était radieuse. Aussi la joie des enfants devint-elle à ce moment-là exubérante : « Voilà qu’Elle rit, voilà qu’Elle rit ! » disaient-ils, « Oh ! qu’elle est belle ! Oh ! qu’elle est belle ! »

La fidélité Catholique en Irlande

Voici quelques photos qui nous montrent bien le dynamisme de la résistance catholique en Irlande. Elle progresse grâce au zèle courageux de M. l'abbé Ballini.

La cérémonie de confirmation à l'occasion de la fête du Christ-Roi a pu réunir beaucoup de fidèles. 

L'abbé Ballini a aussi organisé au mois d'octobre un pèlerinage pour ses paroissiens à Fatima.

Les séminaristes du séminaire Saint Louis-Marie Grignion de Montfort viennent aussi régulièrement apporter leur aide à l'occasion des  cérémonies de Noël et de Pâques.



dimanche 13 janvier 2019

Fermeture du Piège ?

Kyrie eleison DC ( 12 janvier 2019 )

Quelque chose cèdera, mais pas la Vérité.
On la méprise en vain. Elle a l’éternité.

Voilà que l’Eglise et le monde viennent d’entrer dans une nouvelle année civile. Tout est en place pour une troisième guerre mondiale capable d’effacer l’humanité de la surface de la terre. En même temps, ces “Commentaires” ont atteint leur 600ème numéro. Pourtant, n’était-ce pas hier qu’ils fêtaient leur 500ème parution ? Le monde tourne à folle allure : “volvitur orbis” – mais Dieu reste toujours aux commandes. Sa Croix est fermement plantée, elle ne bougera pas : “stat crux”. Donc Dieu donne toute liberté à ses ennemis pour agir comme un fléau sur une génération impie ; mais ce fléau est pour notre bien, pour permettre aux brebis de se séparer des boucs, et pour empêcher les brebis de tomber en enfer. Mais, si d’aventure ces ennemis pensaient l’emporter sur Lui, mal leur en prendrait : Dieu s’est servi des Assyriens pour châtier les Israélites ; mais malheur aux Assyriens qui pensaient échapper à Sa justice ! (Isaïe X, en particulier, verset 15) On ne se moque pas de Dieu.

Mais au cœur même de ces problèmes du monde se trouve le problème sans précédent de l’Église actuelle. Car l’Église dépend de sa hiérarchie, composée d’évêques et de prêtres, et alors si Dieu a voulu permettre que le déclin de Son Église précède la fin du monde (Lc. XVIII, 8), il est logique que Sa hiérarchie y soit impliquée. Ainsi s’explique le Concile Vatican II (1962–1965). Le temps pour l’Eglise de tenir tête à ce déclin aura duré quatre siècles à partir de la contre-Réforme dans les années 1500, siècles admirables de catholicisme, mais après ces 400 ans, les clercs ont fini par céder. Ils ont substitué à l’Église catholique de Dieu leur propre Néo-église : l’église conciliaire. Or, dans les années 1970, il y avait encore assez de foi chez les catholiques pour permettre qu’une résistance sérieuse continuât, et là Mgr Lefebvre et sa Fraternité Saint Pie X ont joué un rôle majeur. Mais 40 ans plus tard, ses successeurs n’ont plus été capables de cet effort, et les catholiques fidèles ont été plus abandonnés que jamais.

Et en 2019, la vie des catholiques semble s’étioler encore plus. Il est illusoire aujourd’hui d’agir ou de réagir comme si nous étions encore dans les années 1970. “Volvitur orbis”. Le monde a évolué, et avec lui, la situation de l’Église. Des conditions extrêmes exigent des mesures extrêmes. Au fur et à mesure que les institutions catholiques autrefois florissantes prennent l’une après l’autre des allures de mascarades, les catholiques quant à eux se transforment lentement en spectres ambulants de ce qu’ils étaient, et il semble qu’il n’y ait pas grand-chose à faire pour y remédier. On ne trouvera le remède ni dans la rhétorique ni dans les belles paroles, car les belles paroles sont usées et la rhétorique n’est plus qu’une coquille creuse. Les catholiques dépendent de leur hiérarchie, et leur hiérarchie est atteinte. Le berger est frappé à mort, les brebis sont dispersées, et elles ont beau se tourner encore vers lui : il est comme absent !

Selon une information récente (ou rumeur ? Rome décidera en fonction de la réaction des gens) la commission romaine Ecclesia Dei (ED) va rentrer dans la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (CDF). Fondée par Rome immédiatement après les Consécrations épiscopales de la Fraternité en 1988, cette Commission avait pour but de détourner les catholiques de suivre Mgr Lefebvre plutôt que Rome. On nous dit que sa disparition devait être annoncée le 20 décembre, mais Rome y a peut-être réfléchi à deux fois. Sans doute, les dirigeants actuels de la Fraternité seraient bien contents d’échapper à l’emprise d’Ecclesia Dei : ils mettraient ainsi fin à leur propre “schisme” (tel qu’ils le voient), et ils dépendraient alors pleinement et “normalement” de la CDF. Par contre il peut toujours y avoir assez de catholiques assez croyants encore pour espérer que Rome fasse le moindre des gestes en faveur de la Tradition, tel le maintien d’ED. Mais il y a longtemps que la commission Ecclesia Dei n’est qu’une escroquerie. Et les Romains et les dirigeants de la Fraternité veulent que le piège romain se referme.

Alors, que vont faire les catholiques qui ont la Foi et qui veulent la garder ? En premier lieu, faisons le point. Pendant 250 ans, le sang des martyrs a servi à cimenter l’Eglise de Rome, sang versé par des hommes, mais aussi par de nombreuses jeunes filles. Mais où sont aujourd’hui les candidats au martyre ? Le Bon Dieu en a assez des catholiques dont la Foi ne cesse de s’affaiblir depuis des siècles. Il ramène les lions pour susciter des candidats dignes du Ciel. En conséquence, ceignons nos reins, et soyons virils comme l’étaient ces vierges martyrs (sans aucune trace de féminisme !). Humilions-nous sous la Sagesse et la Justice de Dieu. Puis, en troisième lieu, n’oublions pas que parmi ceux qui sont actuellement les derniers, beaucoup pourraient devenir les premiers, et vice versa. Quatrièmement, et toujours : “Veillez et priez le saint Rosaire, chaque jour quinze mystères.”

Kyrie eleison.

jeudi 10 janvier 2019

Le bonheur d'un camp de Noël des ASC

Comme chaque année, les Amis du Sacré Cœur organisent un camp apostolique dans la cadre de la Fidélité Catholique. Cette fois-ci, c'est dans les Pyrénées que nos Amis ont choisi de se rendre à la fois pour trouver de la neige mais aussi pour éviter la mondanité des pistes alpines.

L'atmosphère de ce camp fut excellente au dire de l'aumônier (pourtant malade!) et de tous les participants. Bonne humeur, chants, joie, belle liturgie et offices ont permis à tout le monde de commencer l'année 2019 sous de saints auspices.

Notons un petit événement bien édifiant : certaines filles décidèrent de skier en jupe malgré la difficulté de l'exercice et les éventuelles moqueries des touristes.  Ce fut l'inverse qui se produisit  ! Figurez vous que les moniteurs et les responsables de remontés mécaniques félicitèrent ces courageuses et modestes jeunes filles qui n'étaient finalement pas du tout gênées par cette "nouveauté" bien catholique (et naturelle).


Presque chaque soir, des discussions furent aussi menées avec autant de brio que de simplicité par quelques animateurs. Les topos ne furent pas sopo ! Tout le monde a pu ainsi participer et poser ses questions et objections au sujet desquels le monde, l'église conciliaire et la "tradition molle et mondaine" ne donnent désormais plus aucune réponse à ces jeunes qui n'aspirent qu'à l'entière vérité. Toute la vérité, rien que la vérité ! Qu'elle gêne ou qu'elle soit agréable.

Une solide conférence fut aussi donnée par une spécialiste du Saint Suaire : nos Amis purent mieux découvrir par ces plaies inscrites sur ce linceul la grandeur du sacrifice et la bonté du Seigneur pour nous autres, pauvres pécheurs. Une invitation directe aux jeunes à s'unir à sa passion en ce temps de réelle passion pour l'Eglise.

Ce camp a aussi l'occasion de mesurer le zèle apostolique des membres.  Malgré un climat ambiant de fin d'un monde, cette jeunesse ne recule devant rien pour continuer à vouloir faire connaître la Bonté du Dieu trois fois saint. Des jeunes bien éloignés de l'Eglise et de la Tradition ont pu profiter de ce camp pour toucher du doigt tout un univers spirituel  qu'on leur cachait : celui du monde de la grâce, celui de Jésus Christ et de la Vie Éternelle. Et à la fin du camp, au moment des séparations inévitables, des larmes coulaient sur certaines joues tant la saine amitié catholique les avaient touchés. Mais tous ces jeunes se retrouveront (avec d'autres) pour un autre camp encore plus beau... celui de cet été au Portugal .

Un Ami du Sacré Cœur

Quelques photos ci dessous pour vous prouver que la joie qui s'y trouvait n'était pas du pipeau .























mardi 8 janvier 2019

Trois sermons au choix pour l’Épiphanie

Voici trois sermons donnés par divers prêtres de la Fidélité Catholique à l'occasion de la fête de l’Épiphanie. Ils permettront à nos lecteurs et auditeurs de bien sanctifier cette semaine de l’Épiphanie.


LA VERTU SUPÉRIEURE DE JUSTICE OU EPIKIE - Sermon de l'abbé Pivert

DIEU SE RÉVÈLE AUX PAÏENS - Sermon d'un père dominicain.

L'EXEMPLE HÉROÏQUE DES MAGES POUR LES CATHOLIQUES DE NOTRE TEMPS - Sermon de l'abbé Salenave

lundi 7 janvier 2019

Croisade de la Charité



En cette belle fête de l’Épiphanie, nous voyons ces mages venir rendre à Dieu l'adoration qui lui est due.

Et nous, lorsque nous nous rendons à la Messe, que recherchons en premier ?  C'est la manière la plus adéquate de montrer notre Charité envers Dieu puisque nous nous unissons à la plus visible manifestation de la Charité du Fils pour son Père.

Et pourtant, nous y allons parfois pour obtenir une certaine satisfaction personnelle...   Exemple historique


dimanche 6 janvier 2019

Miles Christi 17 (Partie 2)

Nouvelles locales


- L’abbé Picot prend une année sabbatique, mais sera cependant de retour pour Noël en Corée, au Japon et aux Philippines. Il résidera, la plupart du temps, à Avrillé. Il s’est durement battu, et a considérablement développé les missions : une centaine de fidèles, au minimum, assistent maintenant à la messe à Cebu, la chapelle de Séoul est pleine, Hindang et Bohol se sont aussi développés. Le reste tient, dans la zone de l’abbé Picot. 

Il ne quitte pas la Compagnie de Marie, mais nos constitutions prévoient de telles années de retraite et de repos.

Le Père John aide bien à maintenir les missions aux Philippines ; ses quatre missions de Luzon restent petites, totalisant 70 âmes environ, mais il a aussi développé Camiguin (70 à 100 personnes) et a créé la mission de Gindulman, sur l’île de Bohol. Ce mois de novembre, il a aussi bien aidé pour les classes au séminaire. Il n’a toujours pas de vocations carmes. Il est aussi assez pauvre financièrement. 

- L’abbé MacDonald me remplace en Australie/Nouvelle-Zélande car je suis maintenant interdit d’entrer en Australie, alors que lui-même est interdit en Irlande. C’est un grand soulagement pour moi.  L’abbé Suneel l’aide en Australie en y prenant son mois de vacances, pour y améliorer sa santé. 



- Nous nous sommes tous retrouvés pour notre réunion annuelle : l’abbé Valan, notre hôte, nous a parlé de détails pratiques concernant l’exorcisme; l’abbé MacDonald, sur le cinquantisme et sur le dernier livre (modernisant) de l’abbé Robinson (FSSPX). L’abbé Picot nous a entretenu des martyrs du Japon et de la manière dont cela s’est passé pendant trois siècles de persécutions ; et j’espère que ma conférence sur notre statut légal et financier n’était pas trop ennuyante !

- Nos vocations tiennent bon, ici à Cebu. Et trois nouveaux devraient arriver cette année : un Indien en novembre, un Coréen en février, et si Dieu veut, un Chinois en mars. 

Mgr Zendejas a donné l’habit au frère Louis en juillet dernier, et je pense que celui-ci est heureux de sa vocation : il est maintenant jardinier, confectionne des chapelets et prend grand soin de nos canards. 

- C’est pourquoi nous allons avoir besoin de cette grosse tour de 7 étages (7m sur 7m)… Les fondations sont très imposantes et contiennent tout un bloc sanitaire ; cela devrait nous coûter un million… de pesos (environ 16 000 €). Mais vous, chers bienfaiteurs, ne nous avez pas laissé tomber, à tel point que tous nos autres projets sont en plein élan, à Maasin, à Valencia et à Cebu City même. 

Hissons les voiles, le vent divin viendra quand il le voudra !


vendredi 4 janvier 2019

FSSPX : DOIT-ON LA QUITTER ?

La « preuve par trois » de l'abbé Pagliarani


A plusieurs reprises, on a évoqué ici la question de la juridiction reçue par la Fraternité pour les sacrements à partir de l’année 2015, notamment celui de la confession.

Il faut y revenir une nouvelle fois, tant il apparaît que cette « facilité » canonique concédée par Rome a constitué le premier pas d’un rapprochement en voie de devenir irréversible. 

Dès lors, les consciences s’interrogent : pour rester fidèle à la foi et à l’héritage catholique de Mgr Lefebvre, faut-il maintenant quitter la Fraternité ?


« Dites-moi ce à quoi vous ne voulez pas renoncer, … et je vous dirai qui vous êtes » !

Comme on le sait, Mgr Fellay a accepté le 1er septembre 2015 un cadeau de Rome, à savoir que les absolutions dispensées par les prêtres de la Fraternité sont désormais réputées « licites et valides », et il  a  remercié  le  pape François de ce « geste paternel » (cf. notre article du 19 décembre dernier sur « La Fraternité et ses confessions »).

Depuis sa nomination comme Supérieur général en juillet 2018, l’abbé Davide Pagliarani s’est exprimé trois fois dans des interviews publiées sur FSSPX-News les 12 octobre, 15 décembre, et tout récemment le 28 décembre.

De façon surprenante, dans aucune de ces interviews, il n’a fait la moindre allusion à la question de la juridiction des sacrements.

La première fois, on pouvait concéder que c’était par inadvertance, la seconde fois par négligence regrettable, mais la troisième fois, on est contraint de conclure que ce silence est volontaire.

La « preuve par trois » ainsi administrée par l’abbé Pagliarani lui-même, c’est que la Fraternité n’entend pas renoncer à la juridiction du pape François, alors qu’elle a vécu légitimement pendant 40 ans – pour le bien des âmes – sous le régime de la suppléance canonique, suite à la condamnation de Mgr Lefebvre en 1976.

On mesure aisément les conséquences désastreuses qu’une telle option entraînera sur la poursuite du vrai combat théologique et doctrinal contre les dérives conciliaires, … Il n’est pas d’usage, en effet, de griffer la main dont on a reçu une faveur !

Côme de Prévigny écrivait le 28 décembre sur le site Rorate Caeli que « la situation canonique de la Fraternité Saint-Pie X (était) désormais très largement normalisée » (certains ont ajouté « à 95% »). Il précisait : « La Fraternité est finalement comme une voiture qui a tous les éléments pour rouler : une carrosserie, des roues, un volant, des fauteuils, tout est flambant neuf et rien ne manque (…), il n’y a guère que l’absence de plaque minéralogique qui affecte son état, mais les maréchaussées du monde entier savent désormais que la voiture peut circuler comme elle le veut (…). Ainsi l’a voulu le pape ».

Il faut reconnaître que le laïc Jacques-Régis du Cray, alias Côme de Prévigny, alias Ennemond, un des porte-parole officieux de la Fraternité du temps de Mgr Fellay, toujours actif dans la fonction à ce qu’il semble, dresse là un honnête constat !

La technique du double langage est pratiquée à Menzingen depuis des années : à usage interne, on proclame l’attachement indéfectible à la doctrine et à la défense de la foi, mais on fait passer par la bande, en langage codé destiné aux autorités romaines, qu’on est disposé à accepter une régularisation de la Tradition dans le cadre de l’Eglise actuelle, à condition d’obtenir un statut suffisamment protecteur et des garanties du pape.

D’ores et déjà, on peut pronostiquer qu’il n’y aura pas de mise au point venant de Suisse à l’effet de réfréner l’enthousiasme « accordiste » de Côme de Prévigny, car son « constat » est très proche de celui de la Maison générale : la « plaque minéralogique » qui manque aujourd’hui au véhicule de la FSSPX,  c’est   comme  le  « coup de tampon » qui faisait défaut il y a deux ans pour la prélature (Mgr Fellay à TVLibertés, 29 janvier 2017).

Parallèlement, ce silence persistant du nouveau Supérieur général sur la juridiction – question pourtant centrale dans le dossier de la « normalisation » engagée avec Rome –, apporte un éclairage intéressant sur l’avenir : si la Fraternité ne veut pas renoncer aux « facilités » reçues en 2015-2017 sur les sacrements, elle ne pourra que poursuivre son chemin vers une complète régularisation, car elle ne saurait se maintenir « entre deux eaux » dans une position canonique bancale. En somme, ne pas vouloir reculer … c’est devoir avancer !

Chacun sait que les nouvelles « discussions » réclamées par la Fraternité n’ont aucune chance d’aboutir à un accord doctrinal, vu l’écart impressionnant entre la religion de Mgr Lefebvre  et  celle du  pape  François,   et  en  dépit  de  l’objectif  de  « pleine réconciliation » affiché en septembre 2014 par les deux parties. D’où l’hypothèse – assez crédible – que ces rencontres « doctrinales » puissent (aussi) servir de lieu d’échange pour la négociation d’une « solution de statut canonique » aménageant la place de la FSSPX dans l’Eglise.

Ainsi comprise, l’action de l’ « équipe » de l’abbé Pagliarani se positionne globalement, non dans la rupture, mais dans la continuité avec le gouvernement antérieur de la Fraternité...  n’en  déplaise aux perpétuels attentistes de la soi-disant « résistance interne », qui espèrent d’autant plus ardemment une correction de trajectoire qu’ils diffèrent sans cesse leur entrée effective « en résistance » !

Face aux perspectives qui se précisent, un appel est ici lancé aux fidèles conscients de la situation pour qu’ils entreprennent individuellement ou en groupe des démarches auprès de leur Prieuré, du district de France, ou de la Maison générale de Menzingen, afin de manifester une ferme opposition à tout ralliement canonique de l’œuvre de Mgr Lefebvre à la Rome du pape François, tant que cette dernière ne sera pas revenue à sa tradition bimillénaire par la condamnation solennelle des erreurs de Vatican II et du magistère hétérodoxe des derniers papes.

Comme signe de fidélité à la ligne doctrinale du Fondateur, on demandera concrètement que la Fraternité renonce sans délai, par un communiqué officiel du Supérieur général, à la juridiction sur les sacrements reçue de Rome depuis 2015.

Et si, persistant dans leur silence, les autorités refusent de récuser ces délégations du pape François, les fidèles devront en conclure que la Fraternité est désormais installée et confirmée de façon irréversible dans le processus de ralliement initié en 2012, et ils seront conduits à en tirer les conséquences sur leur participation à la vie des prieurés.

Déjà, à Rome, des rumeurs font état d’une possible suppression de la Commission Ecclesia Dei. Il se dit même que la Fraternité serait favorable à cette suppression, afin sans doute d’accéder au rang d’interlocutrice directe de la Congrégation pour la doctrine de la foi, se plaçant ainsi en position de force dans les négociations sur l’avenir de la « Tradition » au sein de l’Eglise conciliaire.

Mais, dans ces habiles calculs, la FSSPX oublie seulement qu’une société religieuse n’a, d’elle-même, aucune autorité pour négocier avec Rome une position canonique : car dans l’Eglise, c’est bien le pape qui est seul à la manœuvre, et de ce point de vue on ne peut que regretter le surprenant propos de l’abbé Pagliarani dans son interview du 28 décembre : « il n’y a que la Fraternité qui pourra aider l’Eglise » !

La Fraternité se trompe lourdement si elle envisage d’« aider l’Eglise » autrement qu’en recentrant sa démarche sur le terrain de la proclamation, ou plus exactement de la protestation de la foi devant l’apostasie : là était la force de son Fondateur face à Paul VI et à Jean Paul II, là fut le sursaut salvateur des sacres de 1988 !

Mgr Lefebvre ne s’est jamais estimé indispensable. Il a maintenu la foi, le sacerdoce et la messe, et il a effectivement « aidé l’Eglise », non par d’interminables pourparlers avec des théologiens modernistes incurables (2009 - 2011 et bis repetita 2018 - ... ? 2020 ? 2023 ?), mais bien par son héroïque  « opération-survie », acte concret de résistance publique à l’Autorité ecclésiastique !

On n’attend rien d'autre des Supérieurs actuels de la Fraternité…

A négliger les leçons de son passé, et à s’obstiner dans la voie d’un rapprochement téméraire avec Rome en éludant l’exigence du retour préalable de celle-ci à sa tradition, la Fraternité signerait son arrêt de mort. Elle ne pourrait plus, en tout cas, prétendre « faire sienne dans son intégralité » la mémorable Déclaration de 1974 de son fondateur (comme il est écrit dans l’Adresse du 21 juillet clôturant le Chapitre général), car elle l’aurait ainsi reniée à la face de toute l’Eglise.

A cette même Fraternité au bord du gouffre, Mgr Williamson pose une ultime fois le « Vrai Problème », et il lui en donne la solution :

« Quelles affaires vos dirigeants ont-ils encore besoin de traiter et de planifier avec Rome ? Dieu dit à Lot de sortir de Sodome, et de ne pas regarder en arrière. Aussi devez-vous, pour votre salut personnel et celui de votre troupeau, prendre toutes les mesures nécessaires pour vous isoler de la mafia, non seulement de celle de Rome, mais aussi – à moins d’un changement de cap radical – de celle de Menzingen ! Que Dieu vous vienne en aide » (Kyrie eleison n° 598 du 29 décembre 2018).

En ce début d'année 2019, peut-on formuler le vœu que ce « changement de cap radical » soit la récusation par la Maison générale de cette trompeuse juridiction crypto-conciliaire sur les sacrements ?

Un geste fort, et peut-être salutaire… qui sait ?

Sacramentus


jeudi 3 janvier 2019

Miles Christi 17 (Octobre 2018)

Fin de partie pour Troie


François a conçu l’idée et l’a juste laissée sur le rivage ; puis il s’en est allé dans la folie de son bateau ivre d’hérésie, canonisant Romero et Paul VI ; ne prenant même pas la peine de promouvoir, pour faire bonne mesure, une autre personne plus conforme aux critères classiques de sainteté (comme le faisait Benoît XVI). Il s’est juste éloigné sur une autre île, ravageant toute l’Eglise sur son passage, permettant à FSSPX.news d’émettre ses plus « sérieuses réserves » : que les conservateurs s'offusquent est toujours flatteur pour un révolutionnaire du calibre de François. 

Ce qui compte, c’est l’intégration (du côté de François) et la reconnaissance (de la part de la FSSPX). Le « vivre-ensemble » est un slogan favori des maçons en France : arrangeons-nous pour vivre ensemble, tout en exprimant nos différences si nécessaire. C’est ce qui a été laissé sur le rivage : nous vous acceptons et reconnaissons canoniquement.
- « Mais nous continuerons à être ce que nous sommes, même à vous critiquer, vous et même Vatican II »
- « Peu importe, soyez ce que vous voulez être ! Et quant à la critique, allez-y, puisque le débat est l’essence de la démocratie moderne. »


Le piège fonctionne si bien que l’abbé de Jorna insinue que le refus de la juridiction ordinaire est un comportement schismatique, même si elle émane de modernistes. 

L’abbé Pagliarani (lui aussi appartenant à l’aile conservatrice de la FSSPX) est plus prudent : mieux vaut ne pas discourir sur le sujet, et continuer le travail de sanctification des âmes. 

Même Morgon, qui est contre la reconnaissance, est devenu silencieux, car rien de choquant ne s’est produit, rien n’a été fait sur le papier, rien ne leur a été personnellement demandé, et ils disent que de toute façon, ils refuseraient. 

C’est pourquoi Mgr de Galaretta a ordonné deux capucins dans un château voisin. C’est sa ligne qui a prévalu dans la FSSPX, à savoir que les relations avec Rome sont une affaire canonique, sérieuse, qu’on doit traiter avec une extrême prudence, et qu’il vaut mieux ne pas porter à la connaissance des fidèles, surtout sur internet. 

Ce chapitre doit quand même être récapitulé ; en voici un schéma

1) La FSSPX demande la délégation de la juridiction des diocèses conciliaires pour les mariages. Certaines annulations conciliaires sont reconnues par la Fraternité. 

2) La juridiction pour entendre les confessions est indéfiniment étendue par le Vatican.

3) Les ordinations sont notifiées aux autorités conciliaires, qui en retour, au moins tacitement, les approuvent (comme pour les élections) 

4) Les affaires pénales et criminelles sont toutes communiquées aux dicastères romains via l’abbé Angles ; en retour, Rome nomme les supérieurs de la FSSPX pour juger ces cas

5) Le nouveau code est plus ou moins enseigné dans tous les séminaires et a des applications dans chaque district, même s’il reste en concurrence avec l’ancien code ;

6) Enfin, nous avons le §4 de la directive du Chapitre Général, qui confirme le pouvoir du Supérieur Général pour s’engager dans un accord canonique avec Rome mais : 

a. Ne l’appelez pas un accord, mais plutôt de la manière suivante :
  • Une normalisation
  • Une actualisation, une reconnaissance
  • Une solution de notre statut canonique
Que le mot « accord » soit désormais et pour toujours proscrit ! Un accord ? La prochaine fois que le petit Brian est pris la main dans le sac de gâteaux, il pourra dire : « Je ne faisais que normaliser ces gâteaux, ils recherchaient une solution et les mettre dans mon estomac n’est qu’une simple modification de leur statut et je… »  Arrêtons-nous là, car c’est le deuxième point !

b. Le Supérieur Général a le droit de décider s’il est expédient que l’estomac et le gâteau aient des contacts. C’est à lui, prudemment, et quand l’heure sera arrivée, de prendre en considération une modification du statut du cookie, de prendre une décision, sans préjudice de la convocation antérieure de Maman. 
  • Sa petite sœur, la Résistance lui rappelle bien que Maman lui a dit en 1994, 2000 et 2006 de ne pas toucher aux cookies, sans le lui demander avant.
  • Il n’y pas non plus d’ordre de la Providence de toucher à ces cookies pleins de cholestérol, de graisse, de sucre et autres poisons. 
  • Grand-Mère (Mgr Lefebvre) a insisté, avant de mourir sur cette simple vérité : trop de contact avec les cookies est dangereux ; elle a même reconnu qu’elle est allée trop loin le 5 mai 1988.

Autel principal de Maasin


Ces points sont bien problématiques, et l’on peut se demander :

1) Est-ce bien tout ? Y a-t-il d’autres points sur lesquels la Fraternité s’est rendue ? Comme pour le récent accord entre François et les communistes de Chine, on refuse de préciser les termes sur lesquels on s’est mis d’accord. 

Tour de Cebu

2) L’abbé Pagliarani va-t-il faire machine arrière sur ces points ? Quand on le lui a gentiment et indirectement demandé, il a répondu en disant qu’Internet était dangereux … A peu près.

3) François, et l’Eglise conciliaire avec lui, s’enfoncent en eaux profondes : nouvelle Nouvelle Messe, « Saint Paul VI », prêtres mariés… François avance dans ces directions. Quand Faust chevauche avec Mephistopheles, il ne suffit pas de dire : « J’ai les plus sérieuses réserves sur cette chevauchée ». Participer à la juridiction d’hérétiques de plus en plus manifestes est un problème, surtout avec quelqu’un tel que François. 

4) Comment l’abbé Pagliarani (et le tireur de ficelles Mgr de Galarreta) vont-ils s’en tirer avec leur aile gauche ? Mgr Fellay, l’abbé Célier, l’abbé de Tanoüarn assurent maintenant que « c’est fait » et ils ne sont pas démentis…

L’assimilation par le monde est notre plus grand ennemi, et il n’y a pas de doute là-dessus, elle peut aussi toucher la Résistance. Mais nous pensons que la Fraternité, maintenant, n’y échappe plus : Tynong, Brisbane, Wanganui, Highclere, Calgary… L’une après l’autre, les écoles s’alignent sur les exigences du gouvernement. Mgr Lefebvre l'avait bien pressenti et avait écrit dans les statuts que les écoles de la FSSPX devaient être complètement indépendantes de l’Etat. Et maintenant, nous apprenons que ces écoles reçoivent de l’argent du gouvernement et signent de honteux documents, l’un étant lié à l’autre. Les écoles ont besoin de beaucoup d’argent pour fonctionner, surtout si on embauche des enseignants laïcs ; c’est pourquoi Mgr Lefebvre a dit de n’ouvrir que peu d’écoles, avec un personnel religieux (comme le faisaient les Jésuites, les Salésiens…)

L’abbé Pagliarani pourra-t-il dire « Trop, c'est trop ! » et lancer une contre-attaque massive ? Surtout que les écoles françaises, en particulier, ne donnent presque aucune vocation ? Je pense qu’il n’est ni capable ni décidé à affronter un tel problème… Mieux vaut vivre avec et dire aux parents que nous sommes désolés et faisons ce que nous pouvons.

La seule école importante dans la Résistance est à Avrillé : chaque année, la République la menace et lui envoie des inspections punitives… Elle produit aussi un certain nombre de vocations. Il y a des signes sûrs de qualité et de refus de s’assimiler aux idéologies modernes. 


Cathédrale de bambou à Maasin

Dans le même domaine, cette maudite addiction aux téléphones « intelligents » (« smartphones ») est une plaie qui afflige à la fois la Fraternité et la Résistance. Heureusement, nos familles de Cebu sont très pauvres et n’ont pas facilement d’électricité : du coup, la moitié « seulement » de nos bonnes familles ne sont pas affectées...  C’est malgré tout un désastre. 

J’aimerais trompeter et clamer combien nous sommes meilleurs que les autres, chers lecteurs, mais, jusqu’ici nous n’avons pas trouvé le moyen d’éradiquer ce problème. Tonner en chaire et donner l’exemple en n'ayant pas internet au séminaire n’ont pas suffi, tout comme en parler aux gens individuellement. 

Le problème est profond, ce refus de l’assimilation est quelque chose de trop souvent absent, même dans nos rangs. 

Dieu vous bénisse, 

François Chazal+
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