KE 825 ( 6 mai 2023) et KE 826 (13 mai 2023)
Consécrations – Rétrospective
Nous n’avons plus la Foi de
l’Évêque de Fer –
Prions pour éviter la folie et
l’Enfer !
« Courir avec le lièvre et chasser avec la meute » : cette vieille
expression anglaise s’emploie lorsque quelqu’un veut accomplir deux choses qui
sont impossibles à faire en même temps. On peut courir avec la bête chassée ou
chasser cette bête, mais on ne peut faire les deux à la fois. Un proverbe
exprime la même réalité : « On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du
beurre. » Si vous achetez le beurre, vous n’aurez plus l’argent. Si vous gardez
l’argent, vous n’aurez pas le beurre. Il existe une autre expression : « On ne
peut pas jouer sur les deux tableaux. » Soit les femmes ont leur carrière, soit
elles ont leurs enfants, soit elles n’ont que la moitié des deux : une carrière
passée à se languir d’avoir des enfants. Dans la vie réelle, nous devons
choisir et arrêter d’être « assis entre deux chaises. »
Dans l’Église catholique de 1988, Mgr Lefebvre a été confronté à un choix
éprouvant : selon ses propres termes, soit il procédait à l’« Opération Survie
» en consacrant quelques prêtres comme évêques, pour assurer la survie de sa
Fraternité Saint-Pie X, et ainsi défendre l’intégrité de la vraie Foi contre
une fausse autorité qui était déterminée à détruire cette Foi – fait sans
précédent dans toute l’histoire de l’Église ; soit il commettait l’« Opération
Suicide », laissant une Fraternité privée de ses propres évêques, livrée en fin
de compte à la merci des destructeurs de la vraie Foi, de la Doctrine, de la
Messe et du Sacerdoce – ni plus ni moins. Devant ce choix,
il ne s’est pas épuisé à suivre en même temps ces deux voies contradictoires.
Sans l’ombre d’un compromis, il a choisi de consacrer quatre évêques pour la
Tradition, et voici les fruits de son choix : la survie, comme déjà dit, de la
Foi, de la Doctrine, de la Messe et du Sacerdoce catholiques. La fausse
autorité l’a « excommunié », bien entendu, mais il n’y a pas prêté attention.
Il savait qu’une telle sanction était nulle en tous points du moment que ses
auteurs détruisaient la Foi.
Lorsqu’il prit cette décision, il était complètement isolé, et il n’y eut à ses
côtés qu’un seul autre évêque durant la cérémonie des Consécrations : Mgr de
Castro Mayer, du Brésil. À l’époque la plupart des prêtres de la Fraternité
suivirent Mgr Lefebvre, et ils le firent volontiers et avec fierté. Le résultat
d’avoir choisi la Vérité, de s’être attaché à son choix et d’avoir refusé tout
compromis jusqu’à sa mort moins de trois ans plus tard, fut que pendant les 20
années suivantes, progressivement, la Fraternité connut ses années les plus
fructueuses, administrant à tout l’univers catholique la preuve vivante que la
Tradition catholique n’était ni morte, ni dépassée. Peu à peu, des
catholiques toujours plus nombreux se sont rendu compte qu’ils ont été dupes de
Vatican II et de ses chefs égarés. Hélas, environ 20 ans après les
Consécrations, les dirigeants de la Fraternité ont cessé de s’attacher à ce qui
avait été la motivation et l’œuvre de leur Fondateur, à savoir la défense de la
Foi trahie, et depuis 15 ans ils cherchent à nouveau une approbation officielle
des responsables de l’Église, chefs dénués de cette Foi qu’ils s’efforcent plus
que jamais de détruire, comme avec le paganisme de la Pachamama, ou la «
Synodalité » à l’allemande.
Mais il existe une lueur d’espoir
pour la Fraternité, qui pourrait revenir sur les pas de son Fondateur, le grand
Mgr Lefebvre. Aujourd’hui, 18 avril, son Supérieur Général, l’abbé Davide
Pagliarani, a tenu une réunion électronique mondiale des Supérieurs de la
Fraternité pour leur dire avant tout deux choses. Premièrement, qu’ils doivent
commencer à préparer leurs fidèles des prieurés ou des séminaires à l’annonce
de la Consécration de nouveaux évêques au sein de la Fraternité. Avec ou sans
l’approbation officielle de Rome ? « Telle est la question ». Si c’est avec
l’approbation de Rome, il est très probable qu’il s’agisse d’un piège. Si c’est
sans leur approbation, c’est plutôt un signe encourageant que les prêtres de la
FSSPX sont en train de retrouver la Foi de leur Fondateur. Et
deuxièmement, l’abbé Pagliarani a annoncé qu’un nouveau document du Vatican au
sujet du projet de « Synode sur l’Avenir de l’Église » déclare que « les structures
hiérarchiques de l’Église doivent être abolies ». En d’autres termes, la
colonne vertébrale de l’Église doit être mise en pièces, ce qui revient à
atomiser l’Église elle-même. Voilà le but de Vatican II dès l’origine, comme
des esprits sagaces, tel Mgr Lefebvre, l’ont vu dès le départ.
Sa Fraternité commence-t-elle maintenant à voir plus clair ? Ou bien se
fait-elle duper une fois de plus ? Ceci n’est pas encore clair. Mais ce qui est
sûr et certain, c’est que la grande guerre entre les amis et les ennemis de
Dieu se poursuit exactement à l’identique à travers les âges. Nous devons prier
avec ferveur le Rosaire, aimer la Vérité et nous y tenir, quoi qu’il advienne.
Kyrie eleison
Eclairages sur les sacres
Juger pour condamner, Dieu nous l’a
interdit,
Juger pour discerner, Il nous l’a tous prescrit.
Les Commentaires de la semaine dernière exprimaient un vœu pieux : que la
Fraternité Saint-Pie X reprenne la position héroïque de son Fondateur en 1988,
lorsque ce dernier consacra quatre de ses prêtres comme évêques contre
l’interdiction explicite de Rome, pour la survie de la Foi, c’est-à-dire la
défense et la protection de cette Foi. Hélas, mieux vaut s’en tenir à la
réalité qu’aux illusions. La réalité ? Jeudi Saint dernier, dans le Séminaire
de la Fraternité à Zaitzkofen, en Allemagne du Sud, la cérémonie épiscopale de
Consécration des Saintes Huiles a été célébrée par un évêque lui-même consacré
selon le rite douteux de la Nouvelle église, et non selon le rite de la
Tradition Catholique qui, lui, est certainement valide.
Certes, il est exagéré de prétendre que ce nouveau rite est automatiquement
invalide, c’est-à-dire invalide dans tous les cas. Comme tous les nouveaux
rites sacramentels imposés à l’Église dans les années 1960 et 1970, au nom et
dans le sillage de Vatican II (1962–1965), ce rite est ambigu dans son esprit
et dans sa nature. C’est-à-dire qu’il veut s’ouvrir à la fois à la Tradition de
Dieu et à la Modernité de l’Homme. Par exemple : l’Église de Notre Seigneur est
une monarchie, mais dans le nouveau rite, le modèle de l’évêque est d’esprit
démocratique. Le nouveau rite a donc été conçu pour inclure à la fois le
nouveau et l’ancien et pour n’exclure ni l’un ni l’autre, et ceci était
nécessaire pour que la révolution conciliaire ait réussi. En effet, si la
Religion ancienne et véritable avait été trop visiblement éliminée, les
catholiques s’en seraient rendu compte et n’auraient jamais accepté la
Révolution, tandis que si la religion moderniste et Conciliariste n’avait pas
été suffisamment incorporée, la Révolution n’aurait pas pu avoir lieu non plus.
C’est pourquoi l’ambiguïté était, et est toujours à l’ordre du jour, afin de
corrompre les catholiques fidèles et de les mettre sur la voie de la perte de
leur Foi. Ainsi, au catholique traditionnel qui affirme que Mgr Huonder n’a
jamais été correctement consacré, on répondra : « Oh non, le nouveau rite est
parfaitement valide », alors qu’au catholique moderne qui se plaindrait que Mgr
Huonder trahit le Concile en se comportant comme un évêque traditionnel, on
répondra : « Oh non, il a convenu au préalable avec le Pape de faire ce qu’il
fait ». Et ce « bon » évêque lui-même ne voit sans doute aucune contradiction à
servir en même temps le Pape à Rome et la Tradition épiscopale en Suisse. Mais
l’ambiguïté n’est pas de Dieu.
Nous sommes au cœur du problème de millions de catholiques, aujourd’hui encore
: des siècles de philosophie moderne, de libéralisme et de liberté religieuse
ont progressivement effacé de leur esprit, au moins en matière de religion,
tout sens d’une Vérité objective correspondant à la réalité, imposant l’unité
et excluant la contradiction. Pour l’esprit moderne, une telle « Vérité » n’est
pas une libération de l’erreur mais une tyrannie mentale, une privation de
liberté, un refus de la dignité humaine, etc. Thomas Jefferson, héros de la
révolution américaine, écrivait ainsi à un ami, en 1800 : « J’ai juré sur
l’autel de Dieu une hostilité éternelle à toute forme de tyrannie sur l’esprit
de l’homme ». Et cette citation est gravée en gloire à l’intérieur du Monument
à Jefferson à Washington, D.C.
Bien entendu, le problème de la vérité mise au service de la liberté – et non la
liberté au service de la vérité – ne date pas d’hier ou d’avant-hier. Il
remonte au moins à Martin Luther (1483–1546), « le premier homme moderne »
(Fichte), qui a si violemment jeté à la face de la Vérité catholique son
bouillonnant « Moi-Homme ! », que l’Église catholique a eu besoin d’un Concile
tout entier pour définir les vérités dogmatiques qu’elle tenait de Dieu, et qui
eurent besoin pour la première fois d’être définies, tant elles étaient
ébranlées par la révolte de la Subjectivité humaine, partie à la conquête des «
droits de l’homme ».
Voici le point de départ de notre monde moderne, qui est si profondément
enfermé dans sa défiance envers Dieu – « Voici ma position, je ne puis faire
autrement », s’écria Luther. Peut-on donc reprocher à Mgr Huonder de ne pas
voir de contradiction dans ce qu’il fait ? Ou au pape Bergoglio de l’avoir
chargé d’agir comme cheval de Troie au sein de la FSSPX ? Ou aux successeurs de
Mgr Lefebvre à la tête de la FSSPX d’avoir accueilli ce cheval de Troie ? Qui
sait . . . . Dieu seul connaît à ce point toutes choses, que Son jugement sur
Ses sujets est infaillible. Quant à moi, je n’ai pas à juger des intentions
subjectives, mais je suis absolument tenu de juger, du mieux que je peux, des
faits objectifs, afin de mourir moi-même non en protestant, mais en catholique
: il y va du salut de mon âme.
Kyrie eleison.