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mardi 14 juillet 2026

Lettre de Broadstairs 14 (juillet 2026)

Lettre de Broadstairs 14 (Juillet 2026)

Nova et Vetera

Rome et Écône

Suite aux consécrations épiscopales d'Écône du 1er juillet 2026 et aux « sanctions », prononcées par la Rome moderne, qui en découlent, quelques brèves observations s'imposent :

  • Après les sacres de 1988, Mgr Lefebvre déclara que s'il devait consacrer à nouveau, il ne demanderait pas la permission à Rome car les autorités ecclésiastiques étaient allées trop loin dans leur éloignement de l'enseignement catholique…
  • L’appel lancé par la Fraternité à Léon XIV pour qu’il autorise ces consécrations récentes témoigne d’une perception bien différente de la profondeur de la
    crise qui secoue l’Église…
  • La lettre du Supérieur général au Pape, datée du 3 juillet 2026, proclame sa détermination inébranlable à se mettre au service du Souverain Pontife, comme s'il était véritablement catholique…

Initiative de Broadstairs.

À Broadstairs, nous venons d'installer une modeste bibliothèque grâce à un don précieux d'un fidèle défunt. Ce don est providentiel, car plusieurs jeunes hommes souhaitent suivre une année d'études cléricales à la Maison Regina Martyrum. Nous entamerons donc une première année expérimentale, inspirée du programme initial de l'Année de Spiritualité élaboré par Mgr Lefebvre. Les matières principales seront la théologie ascétique et mystique, les Actes du Magistère, la liturgie, le latin et l'Écriture Sainte.

Nous vous demandons de prier pour cette initiative modeste mais importante.

Le père Faber et l'enfer.

Parmi les auteurs spirituels de notre bibliothèque, le père Frederick Faber (1814-1863), compositeur du cantique « La Foi de nos pères », occupe une place de choix. Ses neuf ouvrages comprennent : « Conférences spirituelles », « Progrèsde l’âme dans la vie spirituelle », « Le Créateur et la Créature » ​​et « Vies de saints modernes ».

Dans son ouvrage « Tout pourJésus », le père Faber examine s'il est préférable de prier pour la conversiones pécheurs ou pour les âmes du Purgatoire. En guise de prélude à ce débat, il s'attarde sur la pensée salutaire de l'Enfer : « Il est un lieu où la gloire de Dieu semble vaine, un lieu d'où ne s'élèvent ni plainte, ni joie, ni remerciement, ni aspiration. C'est la demeure de ceux qui ont été mis à l'épreuve et ont perdu leur cause, et avec elle, ont perdu Dieu à jamais. » « Pourtant, il est de foi que la moisson de gloire de Dieu, issue des ténèbres indicibles, est immense, car l'âme perdue est autant une adoration involontaire de Sa justice que l'âme convertie est une adoration volontaire de Son amour. » « Ce lieu horrible n'est pas non plus sans un fruit béni pour le salut de nombreuses âmes, par la crainte sainte et salutaire qu'il suscite en elles et par la conception erronée et vile de Dieu qu'il corrige chez les insouciants. » « Il est vraiment bon pour nous de penser parfois à cet endroit horrible ! Aussi réel que la belle France se trouve de l'autre côté de la Manche [et qu'on l'aperçoit par beau temps depuis Broadstairs], aussi réel que le soleil brille sur les murs blancs, les ponts élégants, les jardins lumineux et les palais à plusieurs étages de sa magnifique capitale, aussi réel que des milliers d'hommes et de femmes y mènent une vie pleine de sens et accomplissent leurs destins, aussi réel est l'Enfer, un lieu vibrant en ce moment même de souffrances innombrables et de désespoirs aux degrés infinis. » « Il n'est pas impossible que nous y allions, nous aussi. Il n'est pas impossible que nous y ayons déjà envoyé quelques-uns. » « Mais que se passerait-il si tout cela était plus vrai encore ? Que se serait-il passé s'il y avait eu un jour où nous y aurions dû y aller si nous étions morts ? » « Et combien de temps persévérerions-nous à servir Dieu si nous avions la certitude que l'Enfer n'existe pas ? Aurions-nous abandonné nos péchés si l'Enfer n'existait pas ? » « Que nul ne détourne jamais le regard de l'Enfer, de peur que, peu à peu, une bonne opinion de lui-même ne se développe en son âme et ne le conduise finalement à cet horrible exil. Il est bon, il est même très bon, de penser à l'Enfer et de s'étonner de ne pas y être déjà à cette heure. Il nous suffit de savoir qu'un tel lieu existe, qu'à cette heure il est plein d'âmes, et que de plus en plus d'âmes y affluent, et qu'il n'est pas un seul d'entre nous qui ne coure aucun risque ou pour lequel il n'est pas impossible que ce lieu soit son héritage et sa part pour l'éternité. Ceux qui servent Jésus par amour n'oublient pas ces choses pour autant. Bien au contraire, ils s'en souviennent d'autant plus qu'ils aiment tant. »

Ô mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l'enfer et conduisez toutes les âmes au Ciel, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde.

samedi 13 juin 2026

Lettre de Broadstairs 13 : Consécrations épiscopales à Écône

 



Lettre de Broadstairs 13 (Juin 2026)

Nova et vetera

Consécrations épiscopales d'Écône

Suite à l'annonce que la Fraternité Saint-Pie X a l’intention de consacrer quatre nouveaux évêques sans mandat pontifical en juillet prochain, quelques mots à ce sujet pourraient s'avérer opportuns.

L’Église a assurément besoin d’évêques validement consacrés, non seulement pour administrer les sacrements, mais surtout pour prêcher la Foi et dénoncer les erreurs modernes qui la menacent.

Nul doute que la Fraternité a également besoin d'évêques pour poursuivre son apostolat mondial, notamment parce que les deux évêques restants ne rajeunissent pas.

Ceci étant dit, il est important de comprendre que les consécrations à venir n’entraîneront pas automatiquement le retour de la Fraternité à sa position antérieure de distanciation vis-à-vis de l’Église conciliaire. « Il est impératif pour tout prêtre qui souhaite demeurer catholique de se séparer de l’Église conciliaire jusqu’à ce qu’elle soit revenue au magistère traditionnel de l’Église et à la foi catholique », [Mgr Marcel Lefebvre, « Itinéraire spirituel », 1990].

A cette époque, le principe directeur était de ne conclure aucun accord pratique avec la Rome moderne tant que celle-ci ne serait pas revenue à la Tradition catholique. Un tel retour se manifesterait par l'adhésion de Rome aux encycliques anti-libérales et anti-modernistes, au serment anti-moderniste, au règne social du Christ Roi et à une véritable consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie.

Ce principe a changé en 2012 lorsque des discussions doctrinales et la multiplication des contacts avec Rome ont abouti à ce que Benoît XVI propose à Mgr Fellay « la Rolls-Royce des accords », et ceci sans se soucier de la persévérance de Rome dans les erreurs modernes du libéralisme, du modernisme et du faux œcuménisme. Cet accord n'a pas été conclu en raison du refus de la Fraternité d'accepter la nouvelle messe et Vatican II, mais le mal avait été fait.

L’ « Année de la Miséricorde » (2015-2016), sous le pape François, a fait de la réintégration de la Fraternité au sein de « l’Église officielle » l’un de ses principaux buts. Cette intention était placée au même titre que celle de la réhabilitation des couples divorcés remariés hors de l’Église, ainsi que celle des couples homosexuels vivant des relations stables.

À cette même occasion, la Fraternité s'est vu octroyer, apparemment de manière unilatérale, une juridiction ordinaire pour les confessions, du fait qu'elle se trouvait sur la voie dite de la pleine communion avec Rome.

En 2017, la Société a conclu un accord pratique avec la Rome moderne concernant ses mariages, remettant de fait ces derniers dans les mains de la hiérarchie conciliaire locale.

Par conséquent, dans l'hypothèse peu probable où la Fraternité entendrait réellement renouer avec sa position ferme d'antan, telle que défendue par la dite Résistance, elle devrait faire une déclaration sans équivoque à cet effet. À défaut de cela et quoi qu’il en soit de possibles sanctions, la Fraternité continuerait simplement à souhaiter être reconnue par les autorités conciliaires et à cohabiter avec elles, espérant obtenir un jour une chapelle latérale dans leur basilique œcuménique.

Une telle déclaration devrait également inclure explicitement un rejet de l'accord pratique relatif aux mariages conclu en 2017, qui soumettait les bastions de la Tradition à la hiérarchie moderniste. Il s'agit d'une démarche bien différente d'une simple renonciation aux prétendues concessions obtenues jusqu'à présent. Auparavant, les mariages célébrés par la Fraternité étaient régis par la juridiction de suppléance, et les documents signés par les parties concernées en précisaient clairement les justifications.

Les mariages célébrés en vertu de cet accord, que ce soit par le délégué de l'ordinaire du lieu ou par délégation directe à un prêtre de la Fraternité, sont, dans les deux cas, soumis au nouveau Code de droit canonique et aux tribunaux matrimoniaux conciliaires. Ils sont donc potentiellement exposés à des procédures d'annulation accélérées et douteuses auxquelles les parties concernées peuvent désormais recourir de bonne foi ! Loin de renforcer le lien matrimonial, comme l'affirmaient alors les supérieurs de la Fraternité, cet accord pratique a en réalité affaibli les mariages et les familles catholiques traditionnels.

D'autres sujets devraient également figurer dans une déclaration : la pseudo-consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie par le pape François en 2022 (officiellement acceptée par la Fraternité à l'époque) ; la décision de ne plus procéder systématiquement à des ordinations conditionnelles pour les prêtres issus de l'Église conciliaire ; le dilemme moral posé par la position officielle de la Fraternité concernant la vaccination contre le Covid-19…

C’est pourquoi nous sommes quelque peu alarmés par le ralliement d’individus et de communautés jusque-là lucides à propos de la Fraternité Saint-Pie X, comme si tout allait revenir à la normale dans le combat pour la Foi en raison des sacres annoncés !

Nous voyons dans la confusion actuelle qui règne au sein de la Tradition catholique un exemple de la désorientation diabolique prophétisée par la Vierge Marie à Fatima. Puissions-nous continuer à œuvrer et à prier pour une véritable consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie, afin que, dans le triomphe qu'elle a promis, l'Église soit délivrée des fléaux et des agents du libéralisme, du modernisme et du naturalisme.

+ Paul Morgan

Le 12 juin 2026, fête du Sacré-Cœur

jeudi 14 mai 2026

Lettre de Broadstairs 12 (Mai 2026)

 


Lettre de Broadstairs 12 (Mai 2026)

Nova et vetera

Veillez et priez

Nous avons achevé notre étude sur l'Église et la fin des temps. Pour envisager les événements futurs, nous nous sommes fondés exclusivement sur les prophéties qui font partie intégrante des Écritures divinement inspirées. Ainsi, notre travail s'appuie sur les sources mêmes qui fondent la Foi, et il serait donc imprudent de nier ce qui a été dit concernant la venue de l'Antéchrist, les apparitions d'Énoch et d'Élie, la conversion des Juifs et les signes annonciateurs du Jugement dernier.

Là où nous avons pu nous tromper, c'est dans les commentaires des différents passages de l'Apocalypse, ainsi que dans le déroulement des événements cités plus haut. Mais si nous avons eu raison, c'est bien en suivant les interprètes compétents, le plus souvent les Pères de l'Église.

Nous pensons ne pas nous tromper en voyant dans l'état actuel du monde les préludes à la crise finale décrite dans les Écritures saintes. Nous ne pouvons rien imaginer de pire que l'apostasie des nations chrétiennes, la perte de la foi chez tant d'âmes baptisées, le plan satanique de la guerre menée contre l'Église et la position de pouvoir des sectes maçonniques.

Cela dit, nous ne devons pas faire preuve d'une rigidité excessive dans notre réflexion. Notre époque est marquée par l'indécision et les tourments. L'humanité est anxieuse et hésitante. La bonté existe encore, et face à la propagande révolutionnaire et satanique, un mouvement de renaissance catholique se manifeste par de nombreux actes de générosité et d’initiatives religieuses. Ces deux courants s'affirment de jour en jour, et seul Dieu Tout-Puissant sait lequel l'emportera.

Il est certain également que la mission terrestre de l'Église est loin d'être terminée. Notre Seigneur a fait savoir que la fin des temps n'arriverait pas avant que l'Évangile n'ait été prêché au monde entier, ce qui n'est pas le cas pour le cœur de l'Afrique, la Chine ou le Tibet.

Comment l’Église portera-t-elle l’Évangile aux nations qui l’ignorent encore ou qui ne l’ont que partiellement reçu ? Sera-ce en temps de paix ou en temps de persécution ? Les deux hypothèses sont envisageables, car la vie de l’Église dépasse les calculs humains. On se souvient par exemple des victoires éclatantes remportées contre les infidèles au plus fort de la révolte protestante.

En réalité, la confiance la plus absolue dans le magnifique destin futur de l'Église n'est pas du tout incompatible avec nos réflexions et considérations sur la gravité de la situation actuelle.

Tout en pensant que nous participons aux prémices de la crise qui mènera à la venue de l'Antéchrist, nous devons nous garder de vouloir être précis quant au lieu et au moment exacts. De même qu'un voyageur peut voir, mais ne peut estimer la distance jusqu'à un horizon montagneux, il en va de même pour nous qui pouvons observer le déploiement du plan satanique sans connaître l'échelle de temps ni le cours exact des événements. Seul le Père céleste connaît le jour et l'heure…

En ces temps d'incertitude, mais toujours sous la protection divine, il nous faut veiller et prier. Veiller et prier car ces temps sont incontestablement périlleux (2 Timothée 3,1), parce que le danger de perdre la foi, à cette époque de scandale, est très grand.  

Veillez et priez afin que l'Église puisse poursuivre son œuvre d'illumination des âmes dans ce monde de ténèbres.

Veillez et priez afin de ne pas succomber à la tentation.

+ Paul Morgan

[Ceci achève le résumé de l'œuvre du Père Emmanuel André : « Le drame de la fin des temps », écrite en 1885]

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Postface de Mgr Jean-Joseph Gaume (1860) :

Voyez ce qui se passe autour de vous et discernez les signes des temps. La séduction est partout : dans les lois, dans la morale, dans les livres et les discours, dans les comportements publics et privés de la multitude. Le nombre et l'autorité des vérités catholiques diminuent de jour en jour. Comprenez bien et soyez convaincus que jamais votre position ne fut plus critique. Mais plutôt que de vous retirer du monde, efforcez-vous de vous préserver du mal.

Plus qu’en aucun temps, le chrétien doit être un soldat jusqu'à son dernier souffle. Si vous comprenez cela, les grandes épreuves qui nous attendent vous rempliront d'un grand courage et d'une sainte joie. En effet, ces événements sont la preuve inébranlable de votre Foi et le fondement inébranlable de votre espérance, car ils sont l'accomplissement tangible des prophéties de notre Divin Maître.

Tenez donc ferme, car le grand combat antichrétien annonce l'aube du jour de la Justice, où tout sera rétabli pour toujours. Ne vous contentez pas de voir, mais priez. Beaucoup ne surent pas discerner les signes annonçant le Déluge, et nombreux furent ceux qui ne reconnurent pas les signes précurseurs de la destruction de Jérusalem ; il en sera de même à la fin des temps…

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Rappel : Il est désormais possible de recevoir la version française des lettres et documents publiés sur Respice Stellam (Apostolat de la Maison de la Reine des Martyrs à Broadstairs) en en faisant la demande à lettredebroadstairsfrancais@gmail.com

mardi 14 avril 2026

Lettre de Broadstairs 11 (Avril 2026)

Voici la nouvelle Lettre de Broadstairs, rédigée par Mgr Paul Morgan qui poursuit l'apostolat à Broadstairs depuis le décès de Mgr Williamson. Il est désormais possible de recevoir la version française des lettres et documents publiés sur Respice Stellam (Apostolat de la Maison de la Reine des Martyrs à Broadstairs) en en faisant la demande à lettredebroadstairsfrancais@gmail.com

Nova et vetera

L’avènement du souverain Juge

Il est superflu de chercher l'heure précise du retour de Notre Seigneur, car c'est un secret impénétrable, inconnu de toute créature.

Toutefois, ce moment suprême, qui mettra fin au monde actuel de péché sera précédé de signes frappants qui captiveront l'attention des croyants comme des impies : la persécution de l'Antéchrist et l'apparition d'Énoch et d'Élie. Saint Paul affirme que le Jésus-Christ terrassera l'Antéchrist du souffle de Sa bouche, comme si le châtiment de l'homme de péché coïncidait avec le Second Avènement. Cependant, cette interprétation n'est pas partagée par tous, car les paroles de saint Paul pourraient signifier que la destruction de l'Antéchrist ne serait consommée qu'au jour du Jugement général, bien que sa mort soit déjà survenue quelque temps auparavant.

De plus, les Évangiles laissent clairement entendre qu'il y aura un certain laps de temps, quoique relativement bref, entre le châtiment du monstre et la consommation de toutes choses. Saint Thomas d'Aquin [Suppl. qu. 81, art. 1] répand une vive lumière sur le temps qui s'écoulera entre la mort de l'Antéchrist et la venue du Seigneur : « Avant l'apparition des signes du jugement, les impies se croiront en paix et en sécurité, car ils ne verront pas la fin du monde telle qu'ils l'imaginaient auparavant. » Dès lors, il est possible de formuler les conjectures plausibles suivantes, bien qu'elles ne relèvent que du domaine des simples probabilités.

Nous avons déjà parlé du triomphe retentissant de l'Église après la défaite de l'Antéchrist et de la façon dont elle ouvrira son cœur et ses bras à tous, à ses enfants, aux Juifs convertis, aux hérétiques convertis, aux descendants des enfants de Noé (Cham, Sem et Japhet) ; en un mot, réalisant la grande unité acquise par le Sang de l'Agneau de Dieu, lorsqu'il n'y aura qu'un seul troupeau et un seul berger.

Il y aura sans doute encore des personnes mauvaises et impies, même en ce temps de triomphe, mais il est permis de penser qu'elles seront cachées dans l'immensité de l'exaltation publique.

Cependant, ces jours merveilleux ne dureront que jusqu'à ce que les gens commencent à oublier ces événements solennels qui les ont conduits au bonheur, et alors une certaine tiédeur s'installera après la ferveur initiale, et cette transition se produira rapidement étant donné que l'Église n'aura plus d'ennemis à combattre.

Le même thème est développé par l'abbé Arminjon dans son ouvrage « Fin du monde présent. Mystères de la vie future ». Il écrit : « L'humanité, par un abus criminel des grâces, retournera à ses souillures. Tournant ses aspirations vers le monde, elle se détournera de Dieu Tout-Puissant, au point de ne plus voir le Ciel et ne plus se souvenir de Ses justes jugements. Toute foi sera éteinte dans les cœurs. La Divine Providence jugera qu'il n'y a plus aucun remède. »

« Ce sera comme au temps de Noé, lorsque les hommes vaquaient à leurs occupations habituelles jusqu'à ce que le déluge arrive et submerge le monde entier. De même, la catastrophe finale surviendra lorsque le monde se sentira le plus en sécurité, la civilisation sera à son apogée, l'argent abondant, avec des fêtes nationales et de grandes expositions. L'humanité se complaira dans une prospérité matérielle sans précédent, à l'image de cet homme de l'Évangile qui, se croyant à l'abri, ses greniers remplis, entendra soudain, au milieu de la nuit, un grand tumulte et une voix s'écrier : « Dieu est là, sortez à Sa rencontre ! » (Matthieu 25,6). »

Et l'auteur ajoute que ces hommes n'auront pas le temps de se repentir, bien que nous devions diverger sur ce point car la grande catastrophe sera en effet précédée de signes effrayants qui, ensemble, constitueront un appel suprême de la Miséricorde divine.

Le soleil s'obscurcira, la lune ne brillera plus et les lois du mouvement des astres sembleront suspendues. Les mers seront en proie à une grande turbulence, accompagnée de vagues gigantesques, et la terre sera secouée par des tremblements de terre, si bien que les hommes ne sauront où se réfugier. Enfin, la terre s'ouvrira et crachera un brasier infernal, tandis que dans le ciel apparaîtra une croix éclatante, annonçant la venue du Juge Souverain.

Nul ne peut dire combien de temps dureront ces signes. L'Écriture sainte affirme seulement que les hommes seront saisis de crainte, mais que certains se convertiront, comme au temps du Déluge, selon saint Pierre.

Quant aux justes, ils lèveront la tête avec confiance, et la croix resplendissante les comblera de joie. Ainsi l'Église aura accompli sa mission terrestre et le monde aura attendu qu'elle ait moissonné le dernier des élus.

(à suivre.)

Note reçue de Respice Stellam (sur telegram) :

Nous avons le plaisir de vous présenter le nouveau site Respice Stellam, entièrement remanié. Vous y trouverez les archives officielles de la « Lettre de Broadstairs » ainsi que tous les « Commentaires Eleison » en plusieurs langues, regroupés dans une base de données consultable. N’hésitez pas à le visiter pour vous familiariser avec son fonctionnement. Ce site comporte également une page dédiée aux dons en ligne destinés à soutenir la suite de l’apostolat de Mgr Williamson. Que Dieu vous bénisse.

samedi 28 mars 2026

Lettre de Broadstairs 10 (Mars 2026)

Voici déjà la dixième Lettre de Broadstairs, rédigée par Mgr Paul Morgan qui poursuit l'apostolat à Broadstairs depuis le décès de Mgr Williamson. Il est désormais possible de recevoir les lettres et documents publiés en en faisant la demande à lettredebroadstairsfrancais@gmail.com

Nova et Vetera

La conversion des Juifs


1.Le peuple juif est au cœur de l'histoire de l'humanité, ayant reçu une vocation divine en la personne d'Abraham. Il est, avant Notre-Seigneur, le peuple sacerdotal par excellence, dont l'état, selon saint Augustin, est tout entier prophétique. Il a donné naissance à la Vierge Marie et au Sauveur du monde. Il a formé le noyau de l'Église naissante. Tous ces privilèges font du peuple juif un peuple exceptionnel, dont les destinées demeurent mystérieuses.

Mais, par un renversement étrange et lamentable, dès l'instant où elle engendra le Sauveur du monde, la race élue mérita d'être rejetée, ayant refusé de reconnaître et d'adorer humblement Sa grandeur invisible. Il semble que Dieu Tout-Puissant ait voulu montrer par là que la vocation au christianisme n'a rien de charnel, puisque ceux qui sont liés au Christ par la chair sont rejetés pour leur orgueil tenace et charnel.

Leur rejet est-il définitif ? Non, car le Tout-Puissant a réservé une miséricorde infinie à ce peuple qui fut jadis le sien. Après de longues années sans roi, sans prince et sans sacrifice, les enfants d’Israël chercheront le Seigneur, leur Dieu ; et cela se produira à la fin des temps. (Osée 3,4-5)

Comme l’a annoncé le prophète Malachie, Élie sera l'instrument de ce merveilleux retour, rétablissant l'harmonie entre les saints ancêtres du peuple juif et leurs derniers descendants. Saint Paul établit un lien entre la réprobation des Juifs et la vocation des païens. Lorsque ces derniers seront tous entrés dans l'Église, alors tous les Juifs y entreront, et ce dans une joie universelle (Romains 11, 25-27).

Pour comprendre la profonde joie que cet événement capital suscitera dans l'Église à travers le monde, il convient de se tourner vers les épisodes prophétiques des Saintes Écritures qui l'annoncent. L'entrée du peuple juif dans l'Église est symbolisée par la réconciliation d'Ésaü avec Jacob, et plus particulièrement par l'acclamation, par ses frères, de Joseph squ'ils avaient rejeté (Genèse 45). Dans la parabole de l’enfant prodigue, les Juifs sont représentés par le fils aîné qui s'irrite du retour de son frère au foyer paternel. Finalement, il cède aux supplications de son père et se joint lui aussi au festin.

Quelle joie indescriptible pour l'Église, notre Sainte Mère, lorsque les enfants de Jacob reconnaîtront et proclameront Notre Seigneur béni !

2.Sans savoir quand aura lieu ce grand événement, nous espérons apporter un éclairage sur le sujet.

Au regard de la tradition, il semble certain que l'Antéchrist sera juif. Il apparaîtra comme le fruit de cette haine grandissante qui, depuis des siècles, aigrit le cœur des Juifs contre le Christ Jésus, leur tendre frère et ami incomparable.

Il semble également certain qu'une bonne partie des Juifs acclameront le faux messie avec honneur et inciteront le monde à faire de même par le biais des médias corrompus et de la haute finance.

Cependant, dans les temps qui précéderont la venue de l'homme de péché, un mouvement de conversion à l'Église se produira parmi les Juifs. Comme toujours, les grands événements sont annoncés par des préludes.

Saint Grégoire le Grand, dans son commentaire sur la mystérieuse prophétie d'Ézéchiel (chapitre 3), affirme que la fureur de la persécution sous l'Antéchrist s'abattra principalement sur les Juifs convertis, dont nul n’égalera la constance à supporter les souffrances pour le nom béni de Jésus. Il affirme également que la venue et la prédication du prophète Élie convertiront finalement le reste de sa nation.

Le saint pape, dans ses commentaires sur le Livre de Job, affirme également que la conversion de la plus grande partie d'Israël aura lieu sous les yeux mêmes de l'Antéchrist enragé.

3.Si l’Église jouit de telles consolations au temps de la grande persécution, combien plus encore au temps de son triomphe.

De même que le Tout-Puissant se sert même des anges déchus pour accomplir ses desseins, l'Antéchrist, malgré lui, sera utilisé comme le fléau du Seigneur. Ce fléau de fer anéantira les schismes, les hérésies, les fausses religions, le paganisme, l'islamisme et le judaïsme, en préparation du règne universel de l'Évangile.

Les Juifs eux-mêmes seront les principaux artisans de l'établissement du royaume de Dieu, ce qui amène saint Paul à s'exclamer : « Si le péché des Juifs a fait la fortune du monde, si les païens se sont enrichis par leur propre iniquité, que devons-nous espérer lorsqu'ils seront sauvés ? Si leur perte a signifié un monde réconcilié avec Dieu, que peut signifier leur conversion, sinon la vie ressuscitée d'entre les morts ? » (Romains 11, 12 et 15)

Revigorée par cette infusion de vie, l’Église prendra possession du monde avec la majesté d’une reine et la tendresse d’une mère.

La prochaine fois, nous verrons si ces événements constituent le prélude immédiat au Jugement dernier ou à une ère nouvelle.

(à suivre)

mardi 10 février 2026

Lettre de Broadstairs 9 (Février 2026)

 Source


Nova et Vetera

La crise finale

1.Portons quelques instants notre regard sur les intrépides missionnaires de Dieu et sur l'occasion divine de leur apparition.

Selon saint Pierre, à la fin des temps viendront des séducteurs, des imposteurs, qui mettront en doute les promesses faites par Notre Seigneur, ainsi que Sa venue (II Pierre 3, 3-4).

Ces séducteurs, nous les voyons de nos propres yeux et nous les entendons de nos propres oreilles. Il s'agit des rationalistes, des matérialistes, des positivistes. Ils nient toute cause première et tout événement surnaturel, et ils ne se soucient pas de savoir d'où ils viennent ni où ils vont, tout comme les insensés décrits dans le livre de la Sagesse. Ainsi, à leurs yeux, l'homme doit profiter au maximum du moment présent, car tout le reste est incertain.

Ces faux sages relèguent les écrits inspirés de Moïse au rang de fables et refusent d'accorder une quelconque valeur historique aux Saintes Écritures. Tous ces textes, affirment-ils, sont l'œuvre d'un certain Esdras, un Juif présomptueux qui voulait exalter sa propre nation. Quant à la seconde venue de Jésus-Christ, la résurrection générale, le jugement dernier et la récompense ou le châtiment éternels, ils les considèrent tous comme absurdes et fantaisistes. Ils sont convaincus que l'humanité est sur la voie d'un progrès indéfini et qu'elle trouvera un jour le paradis sur terre.

Afin de confondre ces imposteurs, Dieu Tout-Puissant suscitera Enoch, lui-même représentant de la période antérieure au Déluge, presque contemporain de l'origine du monde. Il suscitera également Élie, représentant l'Ancienne Loi, qui fait le lien entre d’un côté, Salomon et David, et de l’autre, Isaïe et Daniel.

Ces grandes figures viendront avec une autorité indiscutable, pour établir l'authenticité de la Bible, ainsi que le rapport du christianisme avec les prophètes et Moïse, comme avec les patriarches et Adam. En leurs personnes, tous les siècles se lèveront pour rendre témoignage à la véracité de la révélation divine. Jamais la divinité de l'Agneau de Dieu n'aura brillé d'un tel éclat.

En même temps, ils annonceront avec force l'approche du Jugement dernier, prêchant le repentir: Hénoch, avec une grande majesté, annoncera Notre Seigneur aux nations ; Élie manifestera aux Juifs, qui attendent sa venue, la divinité du Christ.

En dépit des menaces et des tourments, ces prédications seront suivies de conversions innombrables et éclatantes, notamment parmi les Juifs.

Les deux témoins prêcheront parfois ensemble, parfois séparément, à travers le monde, pendant une période de trois ans et demie. Malgré la conspiration du silence à laquelle ils seront confrontés de la part des médias (comme ce fut le cas à Lourdes), ils attireront l'attention du monde entier. L'Antéchrist tentera en vain de les faire arrêter, mais le feu détruira tous ceux qui oseront le faire, et ils passeront donc indemnes parmi les hommes, frappant les sensuels et les débauchés d'horribles plaies.

Néanmoins, tout comme pour Notre Seigneur lui-même, leur mission sera de durée limitée. À un moment donné, ils perdront leur assistance et leur protection surnaturelles, comme l'a prédit l'apôtre saint Jean.

2. Dans le chapitre onze de l'Apocalypse, saint Jean décrit la défaite apparente d'Hénoch et d'Élie :

« Quand ils auront achevé leur témoignage, la bête qui monte des profondeurs leur fera la guerre et les mettra à mort. Leurs corps resteront exposés pendant trois jours et demi, à la vue de tous, au centre de la grande ville, Jérusalem, tandis que les peuples du monde se réjouiront de leur disparition. »

« Mais après trois jours et demi, Dieu Tout-Puissant leur insufflera un souffle de vie et ils se relèveront, à la grande consternation de tous. Au son d'une grande voix venant du Ciel, ils seront enlevés dans une nuée, sous les yeux de leurs ennemis, et à ce moment-là, un grand tremblement de terre détruira un dixième de la ville, causant la mort de sept mille hommes, tandis que ceux qui seront épargnés, remplis de crainte, rendront gloire à Dieu ! »

Quelle conclusion bouleversante et quelle intervention surnaturelle en ce drame incroyable ! Après s'être réunis à Jérusalem, ils partageront les faiblesses divines de Notre Sauveur, étant arrêtés, condamnés, tourmentés et mis à mort, peut-être même crucifiés.

Tout semblera être fini, avec l'Antéchrist apparemment triomphant, mais que fera-t-il lorsque les deux témoins seront ramenés d'entre les morts ? Il sera furieux de savoir qu'il est vaincu et que l'heure de la justice approche.

Selon le prophète Daniel, il semble que le châtiment définitif du monstre sera retardé de trente jours après l'assomption triomphante des deux témoins. Pendant ce temps, l'Antéchrist tentera de regagner sa domination perdue, avant d'être tué par le souffle de la bouche même de Notre Seigneur, peut-être, comme le décrit sainte Hildegarde, au moment de sa propre pseudo-ascension.

C'est ainsi que son immense empire sera réduit à néant et que le monde sera délivré de son poids écrasant. Cela sera suivi d'une conversion massive, comme nous l'expliquerons dans le prochain article.

(à suivre)

samedi 17 janvier 2026

Lettre de Broadstairs 8 (Janvier 2026 )

 


Nova et Vetera

Hénoch et Élie

[Extrait de « Le drame de la fin des temps », par le Père Emmanuel André, 1885]

Les événements merveilleux que nous allons rappeler ne sont pas des scénarios imaginaires ; ce sont des vérités tirées de la Sainte Écriture et il serait téméraire de les nier.

Avant la fin des temps, et pendant la persécution de l'Antéchrist, deux personnages extraordinaires réapparaîtront, à savoir Enoch et Élie.

I.Le patriarche Enoch est l'un des descendants de Seth, fils d'Adam. Il est le chef de la sixième génération d'hommes. Le livre de la Genèse dit qu'il vécut 365 ans et marcha dans les voies du Seigneur, avant d'être emmené vivant par le Tout-Puissant dans un lieu connu de Dieu seul.


Quant à Élie, son histoire est mieux connue, car il a vécu à l'époque du royaume d'Israël, moins de mille ans avant Notre Seigneur. Il est le grand prophète de la nation juive. Sa vie dramatique, telle que racontée dans les troisième et quatrième livres des Rois, est une prophétie en action concernant l'état de l'Église à l'époque de la persécution par l'Antéchrist.

Il est constamment en mouvement, menacé de mort, mais toujours protégé par la main de Dieu. Tantôt caché dans le désert, où il est nourri par des corbeaux, tantôt se présentant devant le roi Achab qui tremble devant lui. Le Tout-Puissant lui donne le pouvoir d'ouvrir les cieux pour faire tomber la pluie ou la foudre, Il lui accorde une vision mystérieuse sur le mont Horeb, comme un autre Moïse, avec lequel il accompagnera Notre Seigneur sur le mont Thabor.

La disparition d'Élie correspond à sa vie singulière. Marchant avec son disciple Élisée, il ouvre un passage à travers le Jourdain en frappant les eaux avec son manteau, puis annonce qu'il va être emmené au ciel. Soudain, un char de feu, tiré par des chevaux ardents, sépare les deux hommes et Élie est emporté, par un tourbillon, vers une région mystérieuse dans les cieux où il rejoint son ancêtre Hénoch.

Personne ne peut dire où se trouve cette région cachée, si elle se trouve dans un endroit inaccessible sur terre ou dans les cieux. On peut seulement affirmer qu'ils sont pour l'instant hors des contraintes de la condition humaine, insensibles au passage du temps.

II.Leur réapparition sur la scène terrestre n'est pas moins certaine que leur disparition, comme le décrit le Livre de l'Ecclésiastique, conformément à toute la tradition juive : «Enoch plut à Dieu, et il fut transporté au paradis, pour prêcher la pénitence aux nations » (44, 16). Dans le Livre de Job, on peut lire : « Qui peut se glorifier à l’égal de toi, ô Élie ?  Toi qui as été enlevé par le tourbillon des flammes et par le char aux coursiers de feu, tu es inscrit dans les jugements des temps futurs afin d'apaiser la colère du Seigneur, afin de ramener le cœur du père vers le fils, et afin de rétablir les tribus d'Israël » (48, 1-11).


Ces paroles de l'Écriture Sainte indiquent clairement qu'Hénoch et Élie ont une dernière mission à accomplir. Hénoch doit prêcher la pénitence aux nations, afin de les amener à la repentance, tandis qu'Élie doit rétablir les tribus d'Israël à leur place légitime dans la véritable Église.

Les docteurs de l'Église comprennent unanimement que cette double mission sera réalisée vers la fin du monde. Élie en particulier est considéré comme le précurseur de Notre Seigneur, venant des cieux en tant que juge, comme l'affirment les Évangiles eux-mêmes (Mt 17, Mc 9).

Ainsi, le temps viendra où les hommes verront, non sans terreur, Énoch et Élie descendre parmi eux avec une splendeur extraordinaire afin de prêcher la repentance. Saint Jean les nomme les deux témoins de Dieu et les décrit dans le chapitre 11 de son Apocalypse :

 « Ils prophétiseront pendant 1 260 jours, vêtus de sacs. Ce sont les deux oliviers et les deux chandeliers qui se tiennent devant le Seigneur. Si quelqu'un veut leur faire du mal, le feu sortira de leur bouche et dévorera leurs ennemis. Ils auront le pouvoir de fermer les cieux afin qu'il ne pleuve pas pendant qu'ils prêchent. De plus, ils auront le pouvoir de changer les eaux en sang et de frapper la terre de toutes sortes de fléaux aussi souvent qu'ils le voudront. »

Nous voyons dans cette description l'Élie de l'Ancien Testament qui avait fermé les cieux pendant environ trois ans et qui avait ensuite fait tomber la foudre sur les soldats venus l'arrêter.

Les 1 260 jours indiquent la durée de la persécution finale, donc la venue des deux témoins coïncidera avec la persécution de l'Antéchrist. Une fois encore, nous voyons comment l'aide promise à l'Église sera proportionnée à la grandeur du péril.

Vêtus comme des pénitents austères, les deux témoins iront partout en toute invulnérabilité, prêchant en toute liberté, même en présence de l'Antéchrist enragé lui-même.

(à suivre)

samedi 20 décembre 2025

Lettre de Broadstairs 7 (décembre 2025)

Mgr Thomas d'Aquin présente ainsi la Lettre de Broadstairs 7 : Dans sa dernière Lettre de Broadstairs, Mgr Paul Morgan réfléchit aux conséquences de la persécution de l'Antéchrist à la fin des temps et au drame que les catholiques devront traverser pour rester fidèles à leur foi.


Nova et Vetera

L'Église durant la tourmente

[Extrait de « Le drame de la fin des temps », par le Père Emmanuel, 1885]

I. Saint Grégoire le Grand, dans ses commentaires lumineux et prophétiques sur le Livre de Job, nous donne les aperçus les plus profonds sur toute l'histoire de l'Église.

Il contemple l'Église à la fin des temps, sous les traits de Job dans ses humiliations et ses souffrances, exposé aux insinuations perfides de sa femme et aux reproches amers de ses amis. Tel sera le sort de l'Église vers le terme de son pèlerinage, lorsqu'elle sera privée de tout soutien temporel.

De plus, elle sera même privée de l'éclat de ses dons surnaturels : « La puissance des miracles sera retirée, la grâce de guérison sera enlevée, la prophétie cessera... Cela ne veut pas dire qu'il n'y aura plus rien de tout cela, mais plutôt que tout sera diminué. Néanmoins, la récompense des bons sera encore plus grande, car ils resteront fidèles, uniquement pour la récompense céleste, tandis que les méchants s'éloigneront en raison de l'absence de toute attraction temporelle. »

Si l'Église ne pourra jamais être entièrement réduite au silence, ceux qui devraient prêcher sur les toits seront fortement intimidés par la peur.

Saint Grégoire parle à maintes reprises de trois catégories de personnes au sein de l'Église : les hypocrites ou faux chrétiens, les faibles et les forts. Dans ces moments d'angoisse, les hypocrites manifesteront leur apostasie secrète ; les faibles périront en grand nombre ; et même parmi les forts, certains s'égareront parce qu'ils auront trop confiance en leur propre force.

Cependant, l'Église ne perdra ni son courage ni sa confiance. Elle sera soutenue par les promesses de Notre Seigneur qui a promis que ces jours seraient abrégés pour le bien des élus, et elle se consacrera donc avec une énergie infatigable au salut des âmes.

II. Malgré le terrible scandale qui régnera en ces temps de perdition, il ne faut pas penser que les petits et les faibles seront nécessairement perdus. La voie du salut restera ouverte et accessible à tous, mais ceux qui périront se seront éloignés de la Sainte Mère l'Église.

L'Église elle-même ne sera pas privée de moyens de préservation proportionnés à la gravité du danger, comme l'indique l'Écriture Sainte. Elle se souviendra de l'avertissement donné par Notre Seigneur Lui-même concernant la destruction de Jérusalem, mais applicable également à cette persécution finale : « Quand vous verrez l'abomination de la désolation établie dans le lieu saint, comme l'a prédit le prophète Daniel, que ceux qui sont en Judée fuient dans les montagnes... »

Conformément à ces instructions, l'Église protégera les frères les plus faibles dans leur fuite vers des lieux inaccessibles où la Bête ne pourra les atteindre. On peut se demander comment de tels endroits pourront exister, compte tenu des moyens de communication mondiaux, mais la Divine Providence assurera la sécurité de ces fugitifs, comme l'a prédit saint Jean au chapitre XII de l'Apocalypse. Ici, l'Apôtre présente l'image d'une femme vêtue du soleil et couronnée d'étoiles, représentant l'Église, et ses douleurs d’enfantement rappellent comment l'Église donne naissance aux élus au milieu des souffrances.

Devant elle se tient un dragon rouge, image du diable et de ses pièges, mais elle s'enfuit dans un lieu désert, préparé par le Tout-Puissant, où, en la personne des fidèles faibles, elle est protégée et nourrie pendant une période de trois ans et demi, durée de la persécution sous l'Antéchrist.

La fin de ce chapitre contient des détails sur la fuite elle-même. La femme reçoit les grandes ailes d'un aigle, pour la transporter dans le désert. Le diable, qui la poursuit, crache sur elle une masse d'eau semblable à un fleuve, mais la terre vient à son secours et avale le déluge. Cette représentation énigmatique fait référence à un événement capital que Dieu Tout-Puissant réalisera en faveur de son Église

Tandis que les faibles prieront dans le lieu de refuge, les forts et les courageux seront engagés dans une lutte formidable avec le dragon enragé, sous les yeux du monde entier.

III. Il ne fait aucun doute que, dans ces derniers temps, il y aura des saints à la vertu héroïque, comparables aux apôtres eux-mêmes. Saint Augustin décrit ces vaillants soldats comme étant prudents et forts, sages et pourtant patients. Il affirme également que, même si les conversions seront plus rares, elles n'en seront que plus frappantes, afin que la grâce de Dieu apparaisse d'autant plus forte face à l'ennemi et au dragon furieux.

Parmi les saints des derniers temps, il y aura des soldats, héritiers de la glorieuse lignée des Maccabées et des croisés, des Vendéens et des zouaves pontificaux, qui tiendront tête aux armées de l'Antéchrist. Mais comme ce dernier sera avant tout un imposteur et un séducteur, ses principaux adversaires seront les vrais apôtres armés du crucifix, alliant la patience des martyrs à la science des docteurs. À la tête de cette phalange intrépide apparaîtront deux extraordinaires envoyés de Dieu, deux géants de sainteté, deux survivants des temps anciens, Enoch et Elie, dont nous parlerons dans le prochain article.

[à suivre]

samedi 15 novembre 2025

Lettre de Broadstairs 6 (Novembre 2025)


Novus et Vetera

Les sbires de l'Antéchrist – la vision de saint Jean

[Extrait de l'œuvre du Père Emmanuel « Le Drame de la fin des temps », 1885]

I. L’Écriture Sainte, qui contient de nombreux détails concernant l’Homme du Péché, révèle l’existence d’un mystérieux agent de séduction qui dominera le monde. Selon saint Grégoire le Grand, cet agent est une sorte de corps enseignant voué à propager partout les doctrines perverses de la Révolution.

L'Antéchrist aura ses propres généraux et officiers, et commandera une immense armée. Mais plus encore, il aura à son service de faux prophètes, des disciples du diable, des maîtres du mensonge. En tant qu'ennemi personnel de Notre Seigneur, il imitera le Divin Sauveur en s'entourant de nombreux « apôtres ».

II. Au chapitre 13 de l'Apocalypse, saint Jean décrit une vision très semblable à celle du prophète Daniel. Émergeant de l'océan, il voit un monstre qui présente toutes les caractéristiques des quatre bêtes vues par le prophète.

Ce monstre, la Bête, représente l'empire de l'Antéchrist, formé de toutes les corruptions de l'humanité. Il représente l'Antéchrist lui-même, qui est au centre de cette violente cohorte d'éléments disparates. En contemplant cette créature, saint Jean vit l'une de ses sept têtes mortellement blessée puis guérie, à la stupéfaction du monde entier. Les commentateurs y voient un des prodiges de l'Antéchrist : lui-même, ou l'un de ses principaux lieutenants, est grièvement blessé et apparemment mort, puis, par une ruse diabolique, revient soudainement à la vie, semant la panique générale grâce à la crédulité des médias.

Ensuite, poursuit saint Jean, les hommes adoreront le dragon – le diable – qui a donné un tel pouvoir à la Bête. Ainsi, le diable sera adoré publiquement avec l’Antéchrist, et la persécution contre l’Église s’ensuivra pendant quarante-deux mois, soit trois ans et demi.

« Et il ouvrit la bouche pour blasphémer contre Dieu, pour blasphémer Son nom, Son tabernacle et ceux qui habitent dans le Ciel. Il lui fut donné de faire la guerre aux Saints et de les vaincre ; et il reçut pouvoir sur toute tribu, toute langue et toute nation. Tous les habitants de la terre l’adoreront, ceux dont le nom n’est pas écrit dans le livre de vie de l’Agneau immolé dès la fondation du monde. Si quelqu’un a des oreilles, qu’il entende ! Celui qui mène en captivité ira en captivité ; celui qui tue par l’épée périra par l’épée. C’est ici la persévérance et la foi des saints… »  (Apocalypse 13, 3-10)

Voici comment l’Apôtre décrit la terrible persécution. À toutes ces funestes menaces, s’ajouteront toutes les séductions par lesquelles un fanatisme délirant jettera le monde entier aux pieds de la Bête. Mais toutes les attaques de l’enfer échoueront devant la patience et la foi des Saints.

III. Saint Jean, dans les versets 11 à 18 du même chapitre, décrit ensuite le grand manipulateur qui amènera les hommes à adorer la Bête. Saint Grégoire, comme nous l'avons déjà vu, interprète ce passage mystérieux en référence à l'Antéchrist et à son entourage de faux prédicateurs et de faux apôtres. Ces « docteurs du mensonges » seront en quelque sorte semblables aux savants modernes, mais dotés de pouvoirs apparemment magiques.

Ils se présenteront comme l'Agneau de Dieu et imiteront les maximes évangéliques de paix, d'harmonie, de liberté et de fraternité humaine, par lesquelles ils propageront l'athéisme le plus effronté.

Leur auditoire sera composé de tous les réprouvés ; leur tactique consistera à proclamer que l'humanité, aux temps de la Foi, a été plongée dans les ténèbres ; et ils annonceront la venue de l'Antéchrist comme l'aube d'une ère nouvelle.

Ces proclamations séduisantes hypnotiseront les masses avec leurs faux prodiges et leurs pouvoirs mystiques, allant jusqu'à donner la parole aux images de l'Antéchrist où qu'elles soient installées.

De plus, ils contraindront les hommes, sous peine de mort, à adorer ces images parlantes et les obligeront à porter sur leur main droite ou sur leur front le signe de la Bête. Quiconque ne portera pas cette marque ne pourra ni acheter ni vendre, car il sera hors-la-loi et coupable d'un crime capital.

Nous voyons déjà les prémices de cette tyrannie, et de l'Antéchrist, dans ces autorités qui imposent un enseignement laïque. La Révolution veut se doter d'un corps enseignant officiel, investi de la mission de déchristianiser la jeunesse, afin d'imprimer dans les esprits la marque du « Dieu-État ». L'enseignement laïque obligatoire n'a pas d'autre but et prépare ainsi la venue de l'Antéchrist.

On pourrait espérer que l'opinion publique soit trop chrétienne pour accepter un tel supplice, d'où tous les efforts déployés pour plonger les hommes dans un état de stupeur.

Mais il y a une consolation à savoir que toutes ces choses manifesteront la patience et la foi des Saints, conformément aux desseins mystérieux de Dieu.

[À suivre]

lundi 20 octobre 2025

Lettre de Broadstairs 5 (Octobre 2025)

 


Nova et Vetera

L'Empire de l'Antéchrist


(Tiré du « Drame de la fin des temps » du Père Emmanuel André, 1885.)

I. Une nuit, le prophète Daniel eut une vision dans laquelle il vit quatre bêtes monstrueuses, représentant quatre empires. La dernière avait dix cornes, et une autre, plus petite, poussait au milieu. Il lui fut lui expliqué qu'elles représentaient dix rois, la dernière représentant celui qui dominerait le monde entier avec une puissance inouïe.

« Il vomira des blasphèmes contre Dieu, il écrasera sous ses pieds les saints du Très-Haut ; il pensera pouvoir changer les temps et la loi… » (Dan. 7)

II. Ce roi est interprété par tous comme l'Antéchrist. La bête sur laquelle il s'élèvera est la Révolution, c'est-à-dire le corps de l'impiété, obéissant à un moteur occulte qui se rebelle contre Dieu. La Révolution est satanique et bestiale, animée par un esprit infernal et livrée à tous les instincts de la nature corrompue. Elle forge des lois despotiques aux moyens desquelles elle broie la liberté humaine et cherche à s'emparer des rois et des gouvernements qui devront s'y soumettre.

L'Antéchrist, dit Daniel, apparaissant comme une petite corne, viendra d'origines obscures, non pas d'une famille royale, mais plutôt d'un « Mahdi », qui s'élèvera progressivement par la force de ses impostures, de mèche avec le diable.

Ce nouveau roi sera un faux prophète, séduisant davantage par la force de ses paroles que par la puissance des armes et la ruse politique. Tous les regards seront braqués sur cet imposteur dont les exploits seront salués par une presse complaisante. Sa popularité éclipsera celle des autres souverains apostats de cet empire révolutionnaire, et après une lutte acharnée, l'Antéchrist vaincra ses rivaux.

A ce moment-là, tous les peuples, fanatisés par ses prodiges et ses victoires, l'acclameront comme le sauveur de l'humanité, marquant le début d'une crise terrible pour l'Église de Dieu et pour ses saints contre lesquels la guerre sera menée.

III. Il est probable que durant cette première période qui pourrait durer plusieurs années, l'homme de péché prendra une affectation de modération hypocrite.

Étant juif, il se présentera aux Juifs comme le messie tant attendu et le restaurateur de la Loi de Moïse. Il essaiera de tourner en sa faveur les mystérieuses prophéties d'Isaïe et d'Ézéchiel et, selon plusieurs Pères de l'Église, reconstruira également le Temple de Jérusalem. Les Juifs, à leur tour, éblouis par ses faux miracles et son faste, mettront à son service la haute finance, la presse et les loges maçonniques du monde entier.

Il est fort concevable que l'Antéchrist s'attire d'abord les faveurs de toutes les fausses religions par respect pour la liberté religieuse, elle-même un des mensonges et des maximes de la bête révolutionnaire. Il dira aux bouddhistes qu'il est un Bouddha, aux musulmans que Mahomet est un grand prophète, ou même qu'il est lui-même un nouveau Mahomet. Il pourrait aller jusqu'à vouloir, comme Hérode, adorer le Christ Jésus ! Malheur aux chrétiens qui acceptent sans indignation que l'adorable Sauveur soit placé au même niveau que Bouddha ou Mahomet dans quelque panthéon de faux dieux.

Tous ces complots gagneront le monde à l’ennemi de Notre Seigneur, et une fois au pouvoir, il se révélera comme le tyran le plus terrible que l’humanité ait jamais connu.

IV. Saint Paul dit que l'homme de péché, le fils de perdition, « s'élèvera au-dessus de tout ce qu'on nomme Dieu ou de ce qu'on adore, jusqu'à s'asseoir dans le temple de Dieu comme étant Dieu lui-même » (2 Thess. 2,4).

Ainsi, une fois que l'Antéchrist aura asservi le monde avec ses lieutenants partout, il emploiera les moyens d'une autorité hautement centralisée pour proclamer l'abolition de toutes les religions, imposant par la force à chaque habitant de la terre de l'adorer, lui seul comme l'unique divinité, et ce sous la menace des plus terribles tourments. Ce monstre d'impiété et d'orgueil, à l'exact opposé de Celui qui est doux et humble de cœur, se fera adorer par l'humanité terrifiée et séduite, ayant choisi ce maître de préférence à Notre Seigneur.

Le siège de ce faux culte sera le Temple de Jérusalem mais saint Jean l'Apôtre nous dit que l'image du monstre sera partout présente pour être adorée par les hommes. (Apoc. 13,24)

Même si toutes les religions sont réprimées et abolies, la fureur du monde se tournera contre Notre Seigneur et son Église. La Sainte Messe ne sera célébrée que dans des grottes et des lieux cachés, tandis que les églises profanées verront l'image du monstre élevée sur les autels du vrai Dieu, accomplissant ainsi « l'abomination de la désolation, annoncée par les Écritures ».

Cependant, après trois ans et demi, toujours selon la vision de Daniel, la main de Dieu se fera sentir et ces jours d’angoisse suprême seront abrégés.

(à suivre)

lundi 15 septembre 2025

Lettre de Broadstairs 4 (Septembre 2025)


Nous éprouvions une sorte de terreur à considérer les conditions funestes de l'humanité à l'heure présente. Peut-on ignorer la maladie si profonde et si grave qui travaille, en ce moment bien plus que par le passé, la société humaine, et qui, s'aggravant de jour en jour et la rongeant jusqu'aux moelles, l'entraîne à sa ruine ?

Cette maladie (…) c'est, à l'égard de Dieu, l'abandon et l'apostasie. (…) Qui pèse ces choses a droit de craindre qu'une telle perversion des esprits ne soit le commencement des maux annoncés pour la fin des temps, et que véritablement "le fils de perdition" dont parle l'Apôtre n'ait déjà fait son avènement parmi nous.

                                                                                    Pape Saint Pie X : E Supremi Apostolatus (1903)

Nous continuons ci-dessous notre résumé de l'étude du Père Emmanuel André (1826-1903) sur le Drame de la Fin des Temps :

Même si les efforts généreux des fidèles pouvaient retarder quelque temps l'œuvre de déchristianisation, par la grâce de Dieu et leurs prières, comme une sorte de dimanche des Rameaux, les ennemis de l'Église poursuivraient leur œuvre satanique avec une haine renouvelée. L'état de l'Église ressemblerait alors à celui de Notre-Seigneur aux jours précédant sa Passion.

Le monde sera profondément troublé, comme le fut le peuple juif rassemblé pour la Pâque. D'intenses rumeurs circuleront sur l'Église, certains évoquant sa divinité, d'autres la niant. Elle sera l'objet des attaques les plus insidieuses des libres penseurs, mais elle les réduira au silence en détruisant leurs sophismes.

En bref, le monde sera mis en face de la vérité et sera frappé par la splendeur divine de l’Église mais il détournera son visage en disant : Je n’en veux pas !

Ce mépris de la vérité, cet abus de la grâce, amèneront la révélation de l'Homme de péché. L'humanité aura voulu ce maître immonde et elle l'aura. Et par lui, viendra une séduction d'iniquité, un exemple d'erreur qui punira les hommes pour avoir rejeté et haï la Vérité.

En parlant ainsi, nous suivons simplement l'apôtre saint Paul qui écrit à propos de ceux qui rejettent la Vérité qui aurait pu les sauver, préférant croire au mensonge et consentir à l'iniquité. (II Th. 2, 10-11)

C'est ainsi que l'Homme de Péché apparaîtra en son temps, lorsque le corps des hommes mauvais, endurci contre les traits de la grâce et obstiné dans son iniquité, réclamera sa personne.

Il se lèvera et Satan manifestera en lui toute l'étendue de sa haine contre Dieu et les hommes. L'Antéchrist ne sera pas le diable incarné, car il n'a pas le pouvoir d'assumer une nature humaine, mais un simple mortel de souche juive, comme l'affirment unanimement tous les Pères de l'Église, issu de la tribu de Dan, qui n'est pas citée dans l'Apocalypse comme ayant fourni des élus à Notre Seigneur.

Cette croyance est d'autant plus forte que la Franc-Maçonnerie étant d'origine juive et les Juifs contrôlant ses tentacules à travers le monde, le chef de l'empire antichrétien sera lui-même juif et ils le vénéreront comme leur messie. « Je suis venu au nom de mon Père, et vous ne m'avez pas reçu ; si un autre vient en son propre nom, vous le recevrez », dit Notre-Seigneur dans l'Évangile selon saint Jean (5,43), et les Pères comprennent cela comme une référence à l'Antéchrist.

Père Emmanuel André

Bien que cet individu ait connu la grâce et la vérité et ait un ange gardien, il sera perdu par sa propre faute. Dès l'âge de raison, il entrera en relation constante et directe avec l'esprit des ténèbres, à tel point qu'il s'abandonnera au mal avec une obstination et une rébellion contre Dieu sans limites. Par cette application constante au mal, il atteindra un degré d'impiété jamais atteint auparavant par aucun homme, avec la détermination irrémédiable d'un damné, d'où son nom de « fils de perdition ».

Étant diamétralement opposé à Notre-Seigneur, il sera pour Satan un instrument de choix, un objet de prédilection. De même que le Fils de Dieu incarné avait le pouvoir d'accomplir des miracles, de même l'homme de péché recevra de Satan le pouvoir d'accomplir de faux miracles (prodiges). Notre divin Sauveur n'a accompli des miracles que par bonté, sans ostentation, mais l'Antéchrist se délectera de ses monstrueuses démonstrations de puissance trompeuse, et les hommes seront fascinés à leur vue.

Il s’ensuit donc que l’Antéchrist se présentera au monde comme l’exemple le plus parfait de ces faux prophètes qui rendent les masses fanatiques, les conduisant à tous les excès sous prétexte d’une réforme religieuse, telle que préfigurée par d’autres au cours de l’histoire…

(à suivre)

mercredi 13 août 2025

Lettre de Broadstairs 3

 

Nova et Vetera (Matthieu 13,52)

[Dans la lettre précédente, nous avons présenté l'étude du savant Père Emmanuel André sur le Drame de la Fin des Temps, qui montrait comment, selon les Saintes Écritures, l'Église connaîtrait une véritable passion avant la fin du monde, à l'image de Notre-Seigneur Lui-même. Voici une version abrégée du deuxième article, publié en 1885 dans son bulletin « Notre-Dame de la Sainte-Espérance » au Mesnil-Saint-Loup, en France.]

Les signes de la fin des temps

La question de la fin du monde est abordée depuis les débuts de l'Église. Saint Paul a donné un précieux enseignement à ce sujet aux premiers chrétiens de Thessalonique, troublés par diverses rumeurs et prédictions infondées. Le monde ne finira pas avant l'apostasie générale, la disparition d'un obstacle providentiel (sur lequel l'Apôtre avait personnellement instruit les fidèles) et l'apparition de l'homme de péché, le fils de la perdition. (Voir II Épître aux Thessaloniciens II, 1-6)

La grande apostasie dont parle saint Paul, par opposition à une défection partielle, est l'abandon massif de la foi par les États chrétiens qui renoncent à leur baptême, tant socialement que civilement. [NdT : selon les rapports sociaux entre individus, comme selon les lois] Il s'agit de la défection générale de ces mêmes nations que Jésus-Christ a incorporées à son Église. Seule une telle apostasie rendra possible la manifestation et la domination de l'Antéchrist.

Notre Seigneur Lui-même a demandé si le Fils de l'homme, à son retour, trouverait la foi dans le monde (Luc XVIII, 8). Le divin Maître a vu que la foi déclinerait avec le temps, en raison du confort matériel et du rejet de la foi, celle-ci étant perçue comme un inconvénient ! Tournant le dos à la foi, le monde « éclairé » préfère les ténèbres et devient le jouet des illusions et des mensonges.

En reniant Notre Seigneur, le monde tombera inévitablement entre les griffes de Satan, le Prince des Ténèbres. Il ne peut rester neutre, car son apostasie le place directement sous le pouvoir du diable et de ses sbires.

Cette apostasie a commencé avec Luther et Calvin, et se poursuit sous le nom de Révolution qui est l'insurrection de l'homme contre Dieu. Son slogan est la laïcité, qui est l'élimination de Dieu et de son divin Fils.

C'est ainsi que nous voyons des sociétés secrètes, investies de pouvoirs publics, déchristianiser agressivement la France [et d'autres nations aussi], en lui retirant tous les éléments surnaturels que quinze siècles de foi lui avaient donnés. Ces forces n'ont qu'un seul but : sceller l'apostasie définitive et préparer ainsi la voie à la personne de l'Antéchrist.

Les chrétiens auraient dû réagir vigoureusement contre cet abominable programme, tant dans la vie privée que dans la vie publique, mais la semi-apostasie bien établie avait déjà produit des semi-chrétiens incapables ou peu disposés à contrecarrer les plans bien élaborés de l'ennemi, notamment au moyen de l'éducation laïque.

Saint Paul parlait à mots couverts d'un obstacle qui empêcherait la venue de l'homme de péché. Les premiers Pères grecs et latins voyaient là l'Empire romain. L'Apôtre faisait sans doute allusion à un futur empire converti et à ces nations chrétiennes qui serviraient à étendre le royaume du Christ Jésus. Tant que cet état de fait perdurerait, l'Antéchrist ne pourrait apparaître, jusqu'à ce que ces mêmes nations et sociétés perdent la foi. Ainsi, saint Paul, au sens large, voulait dire que tant que la domination du monde resterait aux mains chrétiennes de la race latine, l'ennemi personnel de Notre Seigneur n'apparaîtrait pas.

C'est ainsi que la franc-maçonnerie s'oppose avant tout à la restauration de l'ordre chrétien. Si un homme d'État se présente comme chrétien, tous les moyens sont mis en œuvre pour s'en débarrasser, car seule une autorité véritablement catholique est capable de contrecarrer les desseins perfides de la secte maçonnique. [Le cas du grand président catholique de l'Équateur, Garcia Moreno, assassiné par les francs-maçons en 1875, dix ans avant la publication de cette étude, est un exemple frappant de cette sombre réalité.]

Il convient également de noter que les races latines sont destinées à exercer une influence catholique dans le monde ou à abdiquer. Leur influence politique est liée à cette mission de diffusion de l'Évangile. Par conséquent, si elles y renonçaient par une apostasie totale, elles seraient anéanties et l'Antéchrist, surgissant d'Orient, les piétinerait. 

L'église et le monastère du Mesnil-Saint-Loup

Le Père André, qui pensait encore qu’il était possible de contrecarrer l’agenda antichrétien, appelait les fidèles à influencer la pensée publique et à faire revenir les gouvernements aux traditions chrétiennes, sans lesquelles il ne pouvait y avoir que décadence pour les nations européennes, en particulier la France…

La prochaine fois : l'Antéchrist