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mardi 14 juillet 2026

Lettre de Broadstairs 14 (juillet 2026)

Lettre de Broadstairs 14 (Juillet 2026)

Nova et Vetera

Rome et Écône

Suite aux consécrations épiscopales d'Écône du 1er juillet 2026 et aux « sanctions », prononcées par la Rome moderne, qui en découlent, quelques brèves observations s'imposent :

  • Après les sacres de 1988, Mgr Lefebvre déclara que s'il devait consacrer à nouveau, il ne demanderait pas la permission à Rome car les autorités ecclésiastiques étaient allées trop loin dans leur éloignement de l'enseignement catholique…
  • L’appel lancé par la Fraternité à Léon XIV pour qu’il autorise ces consécrations récentes témoigne d’une perception bien différente de la profondeur de la
    crise qui secoue l’Église…
  • La lettre du Supérieur général au Pape, datée du 3 juillet 2026, proclame sa détermination inébranlable à se mettre au service du Souverain Pontife, comme s'il était véritablement catholique…

Initiative de Broadstairs.

À Broadstairs, nous venons d'installer une modeste bibliothèque grâce à un don précieux d'un fidèle défunt. Ce don est providentiel, car plusieurs jeunes hommes souhaitent suivre une année d'études cléricales à la Maison Regina Martyrum. Nous entamerons donc une première année expérimentale, inspirée du programme initial de l'Année de Spiritualité élaboré par Mgr Lefebvre. Les matières principales seront la théologie ascétique et mystique, les Actes du Magistère, la liturgie, le latin et l'Écriture Sainte.

Nous vous demandons de prier pour cette initiative modeste mais importante.

Le père Faber et l'enfer.

Parmi les auteurs spirituels de notre bibliothèque, le père Frederick Faber (1814-1863), compositeur du cantique « La Foi de nos pères », occupe une place de choix. Ses neuf ouvrages comprennent : « Conférences spirituelles », « Progrèsde l’âme dans la vie spirituelle », « Le Créateur et la Créature » ​​et « Vies de saints modernes».

Dans son ouvrage « Tout pourJésus », le père Faber examine s'il est préférable de prier pour la conversiones pécheurs ou pour les âmes du Purgatoire. En guise de prélude à ce débat, il s'attarde sur la pensée salutaire de l'Enfer : « Il est un lieu où la gloire de Dieu semble vaine, un lieu d'où ne s'élèvent ni plainte, ni joie, ni remerciement, ni aspiration. C'est la demeure de ceux qui ont été mis à l'épreuve et ont perdu leur cause, et avec elle, ont perdu Dieu à jamais. » « Pourtant, il est de foi que la moisson de gloire de Dieu, issue des ténèbres indicibles, est immense, car l'âme perdue est autant une adoration involontaire de Sa justice que l'âme convertie est une adoration volontaire de Son amour. » « Ce lieu horrible n'est pas non plus sans un fruit béni pour le salut de nombreuses âmes, par la crainte sainte et salutaire qu'il suscite en elles et par la conception erronée et vile de Dieu qu'il corrige chez les insouciants. » « Il est vraiment bon pour nous de penser parfois à cet endroit horrible ! Aussi réel que la belle France se trouve de l'autre côté de la Manche [et qu'on l'aperçoit par beau temps depuis Broadstairs], aussi réel que le soleil brille sur les murs blancs, les ponts élégants, les jardins lumineux et les palais à plusieurs étages de sa magnifique capitale, aussi réel que des milliers d'hommes et de femmes y mènent une vie pleine de sens et accomplissent leurs destins, aussi réel est l'Enfer, un lieu vibrant en ce moment même de souffrances innombrables et de désespoirs aux degrés infinis. » « Il n'est pas impossible que nous y allions, nous aussi. Il n'est pas impossible que nous y ayons déjà envoyé quelques-uns. » « Mais que se passerait-il si tout cela était plus vrai encore ? Que se serait-il passé s'il y avait eu un jour où nous y aurions dû y aller si nous étions morts ? » « Et combien de temps persévérerions-nous à servir Dieu si nous avions la certitude que l'Enfer n'existe pas ? Aurions-nous abandonné nos péchés si l'Enfer n'existait pas ? » « Que nul ne détourne jamais le regard de l'Enfer, de peur que, peu à peu, une bonne opinion de lui-même ne se développe en son âme et ne le conduise finalement à cet horrible exil. Il est bon, il est même très bon, de penser à l'Enfer et de s'étonner de ne pas y être déjà à cette heure. Il nous suffit de savoir qu'un tel lieu existe, qu'à cette heure il est plein d'âmes, et que de plus en plus d'âmes y affluent, et qu'il n'est pas un seul d'entre nous qui ne coure aucun risque ou pour lequel il n'est pas impossible que ce lieu soit son héritage et sa part pour l'éternité. Ceux qui servent Jésus par amour n'oublient pas ces choses pour autant. Bien au contraire, ils s'en souviennent d'autant plus qu'ils aiment tant. »

Ô mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l'enfer et conduisez toutes les âmes au Ciel, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde.

vendredi 5 juin 2026

Même les saints ont eu leurs défaillances ! A notre tour d'être forts !

 Source

Pour une raison bien mystérieuse, le Bon Dieu permet aux saints ou aux saints personnages de tomber provisoirement dans des fautes assez graves. Pensons à la trahison de Saint Pierre, la signature de Sainte Jeanne d'Arc et, plus proche de nous, une signature bien troublante de Mgr Lefebvre le 5 mai 1988. Signature bien vite rétractée et regrettée.

Pourquoi s'agissait-il d'une faute de Monseigneur Lefebvre ?

Ce document était en effet en rupture avec toute sa ligne de conduite depuis le concile.

Si l'on cherche les éléments objectifs du protocole qui paraissent en tension avec sa ligne habituelle, on en trouve principalement quatre.

1. Acceptation du magistère de Vatican II

Le protocole signé affirme :

« Nous déclarons accepter la doctrine contenue dans le n° 25 de Lumen Gentium sur le Magistère ecclésiastique et l'adhésion qui lui est due ».

Or Mgr Lefebvre avait passé près de vingt ans à dénoncer certains enseignements de Vatican II, notamment sur :
  • la liberté religieuse ;
  • l'œcuménisme ;
  • la collégialité épiscopale.
Dans sa célèbre Déclaration du 21 novembre 1974, il écrivait :

« Nous refusons et avons toujours refusé de suivre la Rome de tendance néo-moderniste et néo-protestante. »

Cette déclaration est devenue le texte de référence de la FSSPX.

Ce protocole ne se contente pas de dire que certains textes du concile sont acceptables ; il reconnaît explicitement le principe d'adhésion au magistère décrit par Vatican II.

2. Fin de la polémique publique contre Rome

Le protocole stipule :

« nous nous engageons à avoir une attitude positive d'étude et de communication avec le Siège apostolique, en évitant toute polémique ».

Ceci contraste fortement avec les sermons, conférences et ouvrages de Mgr Lefebvre durant les années 1970-1980, où les critiques contre les réformes postconciliaires étaient extrêmement directes.

Le protocole l'engageait à une démarche beaucoup plus diplomatique avec Rome.

3. Reconnaissance explicite de la validité de la nouvelle messe

Le protocole affirme :

« Nous déclarons reconnaître la validité du Sacrifice de la messe (...) selon les rites promulgués par les papes Paul VI et Jean-Paul II ».

Est-ce une rupture ?
Oui, car Mgr Lefebvre déclarait que le nouveau rite était dangereux pour la foi et portait une orientation protestantisante. Reconnaître la validité semblait cohérent avec beaucoup de ses déclarations mais donnait l'impression d'une approbation pratique du rite.

4. Réconciliation canonique avec Rome

Le protocole prévoyait :
  • une reconnaissance officielle de la FSSPX ;
  • un statut canonique stable ;
  • une commission romaine ;
  • la possibilité d'un évêque issu de la Fraternité.
Pourquoi cela paraît-il contradictoire ?

Depuis plusieurs années, Mgr Lefebvre affirmait que les autorités romaines étaient profondément marquées par les erreurs postconciliaires.  Lui-même expliquera, dès le lendemain de la signature, qu'il avait perdu confiance dans les garanties proposées par Rome, surtout concernant la date de nomination d'un évêque. C'est l'une des raisons principales pour lesquelles il revint sur sa signature.

Si l'on cherche le point le plus délicat, ce n'est pas la nouvelle messe, mais plutôt l'article sur Lumen Gentium n°25 et l'acceptation du cadre magistériel de Vatican II.

Le raisonnement des critiques est : pendant vingt ans, Mgr Lefebvre a présenté certains enseignements conciliaires comme incompatibles avec la Tradition ; puis il signe un texte affirmant accepter la doctrine sur le magistère enseignée par Vatican II.

Conclusion

Si l'on compare le texte du protocole à la ligne publique de Mgr Lefebvre depuis 1974, les points qui peuvent être considérés comme des ruptures sont :
  • l'acceptation de la doctrine de Lumen Gentium n° 25 ;
  • l'engagement à éviter la polémique contre Rome ;
  • l'intégration canonique sous l'autorité romaine ;
  • dans une moindre mesure, la formulation sur la validité des rites réformés.
Le piège du protocole vient du fait qu'il contient simultanément des concessions à Rome et la reconnaissance explicite que certains enseignements de Vatican II paraissaient toujours « difficilement conciliables avec la Tradition ». C'est précisément cette ambiguïté qui explique pourquoi il a pu être signé le 5 mai puis rejeté par Mgr Lefebvre dès le lendemain.

Si Dieu a permis ce faux pas de Mgr Lefebvre dans le combat de la Foi contre les modernistes romains, n'est-ce pas pour nous apprendre à notre tour à ne pas tomber dans leurs pièges ?
Abbé Salenave

mercredi 4 mars 2026

Mgr Williamson à propos des négociations entre la FSSPX et Rome

Ce qu'écrivait déjà Mgr Williamson en 2003 reste d'actualité et nous donne une bonne grille de lecture des événements auxquels nous assistons.

Source

 


Lettres du recteur du séminaire Saint-Thomas-d'Aquin
Volume 4 Les Lettres de Winona, Partie 3
Monseigneur Richard Williamson
Lettre n° 232

5 mai 2003

Deux rumeurs – et d'autres à venir ?

Comme on pouvait s'y attendre, Rome ne laisse pas la Fraternité Saint-Pie-X tranquille. Un cardinal de la Nouvelle Église déclare : « Tant que la FSSPX agira de la sorte, nous ne pourrons avoir la paix. » Par tous les moyens, la Nouvelle Église doit absolument contrer la FSSPX, aussi insignifiante soit-elle numériquement, car ce qu'elle représente finira tôt ou tard par nuire à la Nouvelle Église, comme c'est déjà le cas.

Ces dernières semaines, deux rumeurs ont circulé en provenance de Rome. La première prétend que trois des quatre évêques de la FSSPX seront « réintégrés dans la communion » lors d'une messe tridentine publique célébrée par le cardinal Castrillón dans une grande basilique romaine le samedi 24 mai. La seconde affirme que l'indult de la messe tridentine sera étendu à tous les prêtres catholiques avant la fin de l'année 2003. Seul Dieu sait si Rome a voulu donner raison à ces rumeurs, ni même si elle en a le pouvoir. Quoi qu'il en soit, ces deux rumeurs sont de nature à mettre la FSSPX sous pression. Et comme beaucoup d'autres pourraient ébranler sa stabilité, il nous faut rester vigilants. Au risque de répéter ce que nous avons déjà dit, et même à maintes reprises, permettez-moi d'expliquer pourquoi, même si Rome semble faire preuve d'une grande générosité, la FSSPX doit être extrêmement prudente.

Le problème fondamental réside dans la « modernisation » de l'Église catholique, amorcée – ou du moins manifestée – dans les années 1960 par le Concile Vatican II (1962-1965), dont les seize documents ont révolutionné la doctrine catholique, et par le Nouvel Ordo de la Messe (1969), qui a bouleversé l'essence même de la pratique de l'Église, à savoir la liturgie de la messe. Puisque, par principe, l'Église catholique ne peut changer, les modernisateurs ont prétendu – et prétendent encore – que cette mise à jour n'avait rien changé d'essentiel. Or, les « catholiques » modernisés ressemblent si peu aux catholiques traditionnels que le changement était manifestement fondamental, et, rétrospectivement, Vatican II et le Nouvel Ordo de la Messe ont clairement posé les fondements de ce qui se voulait une religion nouvelle.

Aujourd'hui, l'ancienne religion catholique, centrée sur Dieu, et la nouvelle religion conciliaire, centrée sur l'homme, s'opposent. Or, comme toute guerre est en fin de compte une guerre de religion, une contradiction entre religions ne peut mener qu'à la guerre. Les conciliaristes se doivent, par fidélité à leur nouvelle foi, d'extirper et d'anéantir l'ancienne foi, tandis que les catholiques ont le devoir de refuser et de condamner cette fausse religion, avec tous ses fastes et toutes ses œuvres. C'est pourquoi, peu après Vatican II, les conciliaristes prétendaient qu'il s'agissait du concile le plus important de l'histoire de l'Église, tandis qu'une minorité de catholiques le dénonçait comme l'introduction, au sein de l'Église catholique, des principes anti-catholiques du monde moderne. De même, en 1969, le pape conciliariste Paul VI affirmait que la messe traditionnelle était abolie, alors qu'une poignée d'évêques et de prêtres catholiques la maintenaient en vie, notamment – ​​mais pas exclusivement – ​​Mgr Lefebvre et la Fraternité Saint-Pie-X qu'il avait fondée.

Voici le cœur du problème, qu'il ne faut jamais perdre de vue. Nous sommes face à une guerre entre deux religions qui ne peut prendre fin qu'avec la disparition de l'une ou de l'autre. Les catholiques doivent mener ce combat avec les armes de la Vérité. Les conciliaristes, quant à eux, peuvent le mener par tous les moyens à leur disposition. Par la juste punition divine infligée à de nombreux catholiques pour leur tiédeur, les conciliaristes ont pu occuper la quasi-totalité des postes de pouvoir et d'influence au sein de l'Église. Ils s'en sont pleinement servis pour établir leur nouvelle religion.

Cependant, les catholiques avaient et ont toujours pour eux la Vérité, qui « est puissante et triomphera ». Les conciliaristes n'ont pu empêcher Mgr Lefebvre de dénoncer Vatican II et de préserver l'ancienne messe. Ils se sont jusqu'à présent montrés incapables d'empêcher la FSSPX de poursuivre sur cette voie. Or, la survie de leur nouvelle religion repose sur la destruction de l'ancienne, qui démontre la fausseté de Vatican II et de la nouvelle messe. C'est pourquoi ils doivent détruire, démanteler, paralyser ou corrompre la FSSPX, qui représente pour l'instant la plus importante résistance organisée au conciliarisme.

Une stratégie romaine aussi vieille que le monde est bien connue : « Diviser pour mieux régner ». D'où la première rumeur, prétendant que trois des quatre évêques de la FSSPX pensent d'une certaine manière, tandis que le quatrième en pense une autre. Mais l'un puis l'autre des trois évêques ont d'abord nié ces allégations, et le troisième l'aurait sans doute fait publiquement lui aussi, mais il n'en avait probablement pas envie. (Quant au quatrième, il s'est délecté de la publicité !) Et si, comme le voulait la rumeur, Rome pense que 70 % des prêtres de la FSSPX seraient heureux d'être « réintégrés » auprès des trois prétendus évêques, alors Rome connaît nos prêtres aussi peu qu'elle connaît nos évêques.

La seconde rumeur évoque une autre stratégie, aussi vieille que le monde : « les noyer sous les compliments », par exemple en promettant d'accorder en 2003 la condition préalable exigée en 2001 par la FSSPX pour entamer des négociations avec Rome, à savoir l'autorisation pour tous les prêtres d'utiliser librement l'ancien rite de la messe. Or, il est loin d'être certain que Rome puisse tenir une telle promesse en raison d'une partie des évêques conciliaires du monde. Mais si tel était le cas, la FSSPX se réjouirait de voir que la libre utilisation du véritable rite de la messe entraînerait une diffusion croissante de la grâce dans toute l'Église, les prêtres prenant conscience du trésor qui leur serait rendu. Cependant, même si Rome avait également « réintégré » les quatre évêques de la FSSPX, les autres conditions préalables de 2001 étant remplies, la FSSPX ne s'était engagée en 2001 que pour entamer des négociations de réconciliation avec Rome. Or, il est presque certain que les conciliaristes exigeraient désormais de la FSSPX qu'elle reconnaisse d'une manière ou d'une autre Vatican II, ce qu'elle ne peut faire. Ce sont les documents mêmes de ce concile, et non ses suites, qui sont imprégnés de la nouvelle religion.

Néanmoins, la stratégie de « l'étouffement par la bienveillance » présente de réels avantages pour Rome. Imaginons que Rome passe outre l'avis de ses propres évêques et déclare unilatéralement : « La FSSPX est simplement réconciliée avec Rome et réintégrée dans l'Église, y compris ses quatre évêques, sans conditions, sans exigences » ! Que ferait alors la FSSPX ? Si elle refusait, elle passerait pour une personne malhonnête. Mais si elle acceptait, notre marginalisation actuelle, motivée par une volonté de protection, prendrait fin, et nous serions exposés à une multitude de contacts néfastes avec des «catholiques » qui, ignorant tout du problème du conciliarisme, n'ont aucune compréhension véritable du catholicisme. Cela pourrait signifier la fin de la défense de la Foi par la FSSPX.

Une telle proposition de Rome est peut-être improbable, voire impossible, mais, pour affaiblir la FSSPX, ce serait sans doute la solution la plus judicieuse. Quoi qu'il en soit, elle met en lumière le problème fondamental. Même si ces Romains parlaient exactement le même langage que la FSSPX, leur religion moderniste les empêcherait d'interpréter les choses de la même manière. La « réconciliation » serait donc purement verbale, et non réelle, et la FSSPX perdrait la protection que lui confère sa marginalisation actuelle.

Alors pourquoi même envisager de négocier quoi que ce soit avec ces Romains ? Premièrement, « ils occupent le siège de Moïse » (Mt 23,2), ce qui leur confère une influence considérable sur le salut ou la damnation éternelle de millions d’âmes. Deuxièmement, avec les lourdes responsabilités qui en découlent, ils ont eux-mêmes des âmes à sauver, et certains d’entre eux pourraient encore tirer profit d’un contact avec des catholiques anti-conciliaires. C’est pourquoi l’archevêque Lefebvre a maintenu des contacts avec les Romains jusqu’en mai 1988.

Cependant, ces contacts prirent fin avec les consécrations épiscopales de juin de la même année, lorsque, comme le déclara l'archevêque, Rome avait démontré par ses actes un tel mépris pour les âmes que le problème était passé résolument du domaine diplomatique à celui du dogme. Ainsi, chaque fois qu'un cardinal Castrillón Hoyos insiste aujourd'hui sur la diplomatie, il compromet, de notre point de vue, tout contact avant même qu'il ne commence. Car si la FSSPX négociait sur autre chose que le dogme, les conséquences seraient désastreuses pour la Foi, comme on vient de le constater une fois de plus avec les prêtres de Campos, au Brésil.

Mais un dogme inflexible peut-il seulement être conçu par des esprits malléables, pour qui les mots n'ont de sens que dans une perspective flexible ? Personnellement, je pense que la plupart des esprits sont aujourd'hui tellement perdus dans l'imaginaire que seul un châtiment pourra les ramener à la réalité, et pour cela, il faudra arracher un grand nombre d'âmes à cette vie. Priez, chers lecteurs, pour que la FSSPX agisse selon la volonté de Dieu.

La nature particulièrement insidieuse du conciliarisme, de par sa ressemblance apparente avec le catholicisme, sera un thème central de la session doctrinale masculine qui se tiendra à Winona cet été. Le sujet sera complexe : trois encycliques majeures de Jean-Paul II, consacrées à Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu le Saint-Esprit, seront au programme. Les ouvrages du professeur Dörmann, disponibles aux éditions Angelus Press, nous serviront de guide précieux.

Durant tout le mois de mai, implorons tout particulièrement l'aide et la protection de la Mère de Dieu, et prions le Rosaire pour l'aider à obtenir le salut de millions d'âmes perdues dans un monde en proie à la confusion.

Richard Williamson

lundi 23 février 2026

Un dialogue est il possible entre les modernistes et la tradition catholique ?

Ce dimanche 22 février; l'abbé Salenave a donné les explications suivantes aux fidèles.

Le dialogue est une stratégie maçonnique classique. Elle consiste à mettre à égalité la vérité et l'erreur. C'est là son premier crime.

Puis ensuite de négocier : comme si la lumière devait négocier avec les ténèbres ? Pour cela on emploie soit la méthode douce des propositions alléchantes, soit par la peur du coup de massue.

Devant cette méthode ne vaut que le combat, la joute. On ne discute pas avec des pervers (de la Foi que sont les modernistes). On ne discute pas avec un système perverti de haut en bas comme l'est l'église concilaire. On continue tranquillement son oeuvre, on dénonce le pervers et on prie pour la conversion des pervers. 

jeudi 19 février 2026

Que devons-nous retenir de la réponse de Menzingen ?

Nous recopions ici une partie de la Réponse envoyée par l'abbé Pagliarani au Cardinal Fernandez en date du 18 février 2026.  Nous terminerons par quelques considérations 




(.....)

Ainsi, dans le constat partagé que nous ne pouvons pas trouver d’accord sur la doctrine, il me semble que le seul point sur lequel nous pouvons nous rejoindre est celui de la charité envers les âmes et envers l’Église.

En tant que cardinal et évêque, vous êtes avant tout un pasteur : permettez-moi de m’adresser à vous à ce titre. La Fraternité est une réalité objective : elle existe. C’est pourquoi, au fil des années, les Souverains Pontifes ont pris acte de cette existence et, par des actes concrets et significatifs, ont reconnu la valeur du bien qu’elle peut accomplir, malgré sa situation canonique. C’est également pour cela que nous nous parlons aujourd’hui.

Cette même Fraternité vous demande uniquement de pouvoir continuer à faire ce même bien aux âmes auxquelles elle administre les saints sacrements. Elle ne vous demande rien d’autre, aucun privilège, ni même une régularisation canonique qui, dans l’état actuel des choses, s’avère impraticable en raison des divergences doctrinales. La Fraternité ne peut pas abandonner les âmes. Le besoin des sacres est un besoin concret à court terme pour la survie de la Tradition, au service de la sainte Église catholique.

Nous pouvons être d’accord sur un point : aucun d’entre nous ne souhaite rouvrir des blessures. Je ne répéterai pas ici tout ce que nous avons déjà exprimé dans la lettre adressée au pape Léon XIV, et dont vous avez directement connaissance. Je souligne seulement que, dans la situation présente, la seule voie réellement praticable est celle de la charité.

Au cours de la dernière décennie, le pape François et vous-même avez abondamment prôné « l’écoute » et la compréhension des situations particulières, complexes, exceptionnelles, étrangères aux schémas ordinaires. Vous avez également souhaité une utilisation du droit qui soit toujours pastorale, flexible et raisonnable, sans prétendre tout résoudre par des automatismes juridiques et des schémas préétablis. La Fraternité ne vous demande rien d’autre dans le moment présent – et surtout elle ne le demande pas pour elle-même : elle le demande pour ces âmes dont, comme déjà promis au Saint-Père, elle n’a d’autre intention que de faire de véritables enfants de l’Église romaine.

Enfin, il est un autre point sur lequel nous sommes également d’accord, et qui doit nous encourager : le temps qui nous sépare du 1er juillet est celui de la prière. C’est un moment où nous implorons du Ciel une grâce spéciale et, de la part du Saint-Siège, de la compréhension. Je prie en particulier pour vous le Saint-Esprit et – ne le prenez pas comme une provocation – son épouse très sainte, la Médiatrice de toutes les grâces.

Je tiens à vous remercier sincèrement pour l’attention que vous m’avez accordée, et pour l’intérêt que vous voudrez bien porter à la présente question.

(.....)


Nous avons distingué en rouge les passages qui portent le message essentiel de ce texte, à savoir la demande d'une tolérance romaine et d'une "compréhension" pour les positions de résistance catholique de la Fraternité, afin de respecter son souci prioritaire du bien des âmes qui viennent à elle du fait des circonstances dramatiques de la crise actuelle.

Face à cette posture "minimaliste" d'une FSSPX timorée, il faut rappeler la seule urgence incontournable : que des voix épiscopales se lèvent pour demander aux autorités romaines - au Cardinal Fernandez, mais surtout à Léon XIV -, non pas d'organiser une co-existence - plus ou moins pacifique... - entre la Tradition et l'Église issue de la révolution de Vatican II, mais de proclamer solennellement la foi authentique de l'Église éternelle !

Ce serait se placer ainsi dans la fidélité et la continuité de la protestation catholique de Mgr Lefebvre de novembre 1974.

Et c'est, sans aucun doute, la seule voix que la Rome d'aujourd'hui, toujours "conciliaire" et désormais "synodale", DOIT IMPÉRATIVEMENT ENTENDRE !

mercredi 1 septembre 2021

Mgr Lefebvre le Sage - II

Commentaire Eleison 737 (28 août 2021)

Mon Seigneur Dieu, je crois, mais augmentez ma foi !
Le monde tout autour s’est détourné de Toi !

Outre les conceptions antagonistes du libéralisme et du sédévacantisme (cf. les "Commentaires" de la semaine dernière), une autre approche permet de voir la sagesse avec laquelle Mgr Lefebvre a su « faire face » aux papes Paul VI et Jean-Paul II. En effet, comment concevoir à l’époque qu’une telle résistance ait été absolument nécessaire à la survie de l'Église ? Très peu d’hommes d’Église l’ont vu en ce moment-là. A preuve : lorsque Mgr Lefebvre fit sa déclaration du 21 novembre 1974, qui était une sorte de Charte du mouvement Traditionnel à venir, Rome suspendit officiellement, en 1975, la Fraternité Saint-Pie X dont il était le fondateur ; et, en 1976, il fut encore suspendu personnellement de toute activité en tant qu'évêque. Sa résistance paraissait alors totalement inacceptable, au point que la grande majorité de ses frères dans l'épiscopat se rangèrent du côté de Rome, et beaucoup d'entre eux exercèrent sur lui une pression continuelle pour qu'il cédât à Paul VI, et cessât de "désobéir".

Jusqu'à la Consécration de quatre évêques en 1988 pour la Tradition catholique, Monseigneur entretint l’espoir de constituer un petit groupe de quatre ou cinq évêques traditionnels qui pourraient sérieusement s’opposer à la dissolution de l'Église par les néo-modernistes. Mais il n’en fut rien. Bien qu’il rendît visite à de nombreux confrères, il n'en trouva aucun qui acceptât de le soutenir dans sa prise de position publique contre les destructeurs romains. Ce n'est qu'en 1981 qu'un confrère se rangea enfin publiquement à ses côtés. Il s’agit de Mgr de Castro Mayer qui venait d’avoir 75 ans (âge de la retraite) et qui avait dû démissionner de son poste d'évêque diocésain de Campos, au Brésil. Cet évêque, bien qu’officiellement en retraite, resta publiquement aux côtés de l'Archevêque, notamment lors de la cérémonie des Consécrations épiscopales en 1988. Ce geste fut très apprécié par Mgr Lefebvre, car c’était bien la preuve qu’il n’était pas le seul à juger que la crise de l'Église justifiait une action aussi radicale que des Consécrations épiscopales sans l’approbation du Pape.

Ces deux évêques clairvoyants restèrent ensemble jusqu'à leur mort qui intervint en 1991 à un mois d'intervalle. Mais, après leurs décès, leurs propres disciples ne les suivirent pas très longtemps, ce qui montre à quel point la clairvoyance de ces deux-là avait été exceptionnelle. Au Brésil, le groupe de prêtres de Campos réinterprétèrent rapidement l’épiscopat de Mgr de Castro Mayer en le divisant en deux périodes : d’abord, celle du pasteur obéissant, avant sa rébellion "contre Rome", puis celle du "rebelle désobéissant". Ils déclarèrent alors que leur loyauté allait à "Castro I", excuse pour se soumettre en groupe à la juridiction de Rome. Quant à la Fraternité St-Pie X que l'Archevêque avait laissée derrière lui dans le monde entier, elle vit ses dirigeants, au bout de quelques années, prendre contact en privé avec des représentants de l'Église officielle dans le cadre de discussions organisées par le GREC. Et, quelques années plus tard, le Supérieur de la Fraternité annonça publiquement que seul un coup de tampon manquait encore pour entériner un accord officiel entre la Fraternité et Rome. À la décharge des dirigeants de la Fraternité, aucun accord officiel n'a jamais été conclu, mais à leur charge, ce n'est pas faute d'avoir essayé, et il y a bien en place un accord officieux.

Mais comment ose-t-on discréditer de manière aussi nette les dirigeants de la Fraternité alors qu’ils ne visaient qu’à trouver un statut légitime par lequel la Fraternité serait reconnue au sein de l'Église officielle ? Répondons à cette question en examinant les fruits portés par ces efforts. Depuis que les successeurs de l’Archevêque essaient de s’entendre avec Rome, la Fraternité porte-t-elle des fruits comparables à ceux qu’elle produisait lorsqu’elle rejetait clairement, derrière son Archevêque, tout contact avec les Romains prévaricateurs, destructeurs de la Foi ? Certes, on n’affirmera pas que la Fraternité ne produit plus aucun fruit depuis qu’elle traite ces Romains comme s'ils étaient catholiques, mais dans la crise actuelle de l'Église qui ne cesse de s'aggraver – et non de s'atténuer ! – combien plus de fruits réels la FSSPX n’aurait-elle pas obtenus si seulement les âmes n'avaient pas été fourvoyées par son message équivoque, disant : "Oui, bien sûr, les Romains sont mauvais, mais enfin, ils ne sont pas aussi mauvais que cela ! Et ils finiront par nous reconnaître, si seulement nous savons les ménager !"

Or, en réalité, ces Romains sont très mauvais. Ils sont les premiers responsables de la destruction de l'Église dont dépend le salut ou la damnation de millions et millions d'âmes. Le dernier Motu Proprio du Pape François ne montre-t-il pas clairement qu’ils sont toujours aussi mal orientés ? Ils n’ont pas changé depuis les 60 dernières années. Alors posons-nous la question : comment Mgr Lefebvre a-t-il su voir cela aussi clairement, à la différence de ses confrères et de ses successeurs ? Assurément, par la pureté et la force de sa foi.

 Kyrie eleison.

 

 

mercredi 21 juillet 2021

La FSSPX et le Motu proprio Traditionis custodes

Révélation d’une double trahison



Dès le 28 mai 2021, puis de nouveau le 14 juillet, à l’approche de la parution du Motu proprio réformant le régime de la messe tridentine, la Fraternité Saint-Pie X a pris le soin de préciser qu’elle « ne pourrait se sentir concernée » par d’éventuelles limitations à la libre célébration de la forme dite « extraordinaire » du rite romain reconnue par Benoît XVI en 2007, faisant valoir notamment qu’elle s’était «toujours appuyée, à la suite de son fondateur Mgr Marcel Lefebvre, sur les droits imprescriptibles de ce rite » :

FSSPX News – 28 mai 2021

https://fsspx.news/fr/news-events/news/une-menace-contre-la-messe-traditionnelle-est-elle-a-craindre-66594

FSSPX News – 14 juillet 2021

https://fsspx.news/fr/news-events/news/quelles-seront-les-restrictions-apport%C3%A9es-%C3%A0-summorum-pontificum-67447
 
Revenant sur le sujet le lendemain de la publication de Traditionis custodes, la Maison générale n’hésite pas à se décerner elle-même, sur le mode autosatisfait, un brevet de fidélité au fondateur et à son combat pour la Foi et le Règne social de Jésus-Christ :

FSSPX News – 17 juillet 2021

https://fsspx.news/fr/news-events/news/de-summorum-pontificum-%C3%A0-traditionis-custodes-ou-de-la-r%C3%A9serve-au-zoo-67514

« (…) Quant à la Fraternité Saint-Pie X, elle y trouve une nouvelle raison de fidélité à son fondateur, Mgr Marcel Lefebvre, et d’admiration de sa clairvoyance, de sa prudence et de sa foi.

Alors que la messe traditionnelle est en voie d’élimination et que les promesses faites aux sociétés Ecclesia Dei sont si bien tenues, elle trouve dans la liberté que lui a léguée l’évêque de fer, la possibilité de continuer à combattre pour la foi et le règne du Christ-Roi. » 

Mais si la Fraternité n’avait pas besoin en juillet 2007 du Motu proprio Summorum pontificum de Benoît XVI pour conserver et promouvoir l’usage exclusif de la messe tridentine…

«  La Tradition n’a pas encore gagné la guerre, mais elle vient certainement de remporter une importante bataille.

Car si, dès l’abord, il faut avouer que le combat général pour la pleine restauration de la Tradition catholique dans l’Église est loin d’être achevé, il serait stupide de ne pas reconnaître, au moins dans certains aspects du Motu proprio de Benoît XVI, une réelle, éclatante et importante victoire. 

Mgr Fellay, demandant que soit chanté dans tous les lieux de culte de la Fraternité Saint-Pie X un Te Deum « pour rendre grâce à Dieu de cet événement tant attendu et enfin réalisé » (lettre de l’abbé Sélégny le 7 juillet 2007), n’en a certainement pas minimisé la portée. »

  • Pourquoi a-t-elle accepté à partir de 2015 de se placer sous la juridiction de l’Eglise « conciliaire » (et de recevoir des diocèses les délégations nécessaires aux mariages) pour dispenser « validement et licitement » les différents sacrements à ses fidèles, alors qu’elle avait vécu antérieurement, et durant plusieurs décennies, sous le régime des exceptions canoniques reconnues par le droit de l’Eglise ?

La FSSPX a beau se déclarer « non concernée » par l’actuel débat ecclésial sur les restrictions affectant l’usage de l’ancienne messe, elle se reconnaît en réalité, et en même temps, pleinement « concernée » et dépendante de la juridiction de l’Eglise « conciliaire » sur les sacrements, l’ayant reçue (avec remerciements !) des mains du pape François, selon un processus « par paliers » convenu dès septembre 2014 entre ses Supérieurs et la Congrégation pour la Doctrine de la foi.

Refuser de se soumettre pour la messe mais accepter les sacrements, alors que les deux démarches procèdent ensemble d’une seule et même autorité en chemin vers l’apostasie, c’est nager en pleine hypocrisie, dans la contradiction et l’incohérence.

Rappeler de tels faits revient à accuser nommément Mgr Bernard Fellay, ancien Supérieur général, d’avoir détourné et corrompu le combat doctrinal du Fondateur

  • en juillet 2007, en ne rejetant pas, par une protestation publique, le motu proprio Summorum pontificum qui mettait sur un pied d’égalité l’antique rite romain de Saint Pie V et la messe de Paul VI ; en laissant croire au contraire que cette évolution liturgique serait l’amorce encourageante d’un retour de Rome à sa tradition bimillénaire (et l'on voit aujourd'hui ce qu'il en est !),
  • en juillet 2012, en laissant acter par le Chapitre FSSPX l’assouplissement des conditions d’une éventuelle normalisation canonique de la Fraternité face à des instances romaines pourtant – et plus que jamais – enferrées dans leurs erreurs « conciliaires ».

Faute de les avoir dénoncées depuis sa nomination en juillet 2018 à la tête de la FSSPX, l’abbé Davide Pagliarani doit être considéré comme assumant « fidèlement » les dérives de son prédécesseur, partageant donc avec lui, devant l’Eglise, la responsabilité de cette double trahison du message du Fondateur, d’une part sur la messe, d’autre part sur les sacrements.

Après la diffusion du Motu proprio du 16 juillet 2021, qui laisse présager de sombres perspectives pour l’ensemble des sociétés, communautés et instituts liés à la Tradition, la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X aura-t-elle l’humilité de reconnaître qu’elle a été trompée depuis près de vingt ans par la Rome conciliaire, mais aussi par ses propres Supérieurs qui ont recherché, en dépit des consignes de Mgr Lefebvre, un compromis impossible entre fidélité catholique et normalisation canonique dans le contexte hérité de Vatican II.

Dans l’esprit d’un recentrage sur les positions du Fondateur, est-il déraisonnable d’espérer que la Maison générale de Menzingen se décide un jour – mais il lui faudra du courage ! - à restituer au pape François le cadeau empoisonné de ses sacrements « conciliaires » ?

dimanche 17 janvier 2021

Questions sur la FSSPX

Kyrie eleison DCCV - 705 - (16 janvier 2021)

Les prêtres de la Frat., se feront-ils berner ?
Le bavardage du monde, sans trêve, avance masqué !

Un lecteur de ces "Commentaires", nous dit s’inquiéter de ce qu'il voit et entend au sujet de la fidélité de la Fraternité Saint Pie X. Il craint qu’elle ne se montre plus aussi fidèle qu’autrefois et qu’elle ne déçoive l’attente des fidèles. Ce lecteur a en tête plusieurs explications possibles. C’est pourquoi l'auteur de ces "Commentaires" propose quelques considérations en réponse à quelques-unes de ses questions :-

1. On a entendu des rumeurs d'infiltration de la FSSPX. D’après certaines de ces rumeurs, une conspiration visant à infiltrer la Fraternité existait dès le début de son existence. Cependant, d’autres sont d’avis qu'il a fallu attendre longtemps avant que la Fraternité n’ait été infiltrée. 

Sans doute les ennemis classiques de l'Eglise, qui déjà du temps de Notre Seigneur épiaient de très près ce qu’Il faisait, ont rapidement discerné la menace que représentait, pour eux et pour leur Concile, Mgr Lefebvre avec sa Fraternité Sacerdotale St Pie X et sa nouvelle génération de prêtres fidèles. Pour ma part, je ne peux cependant pas dire que j'aie jamais clairement identifié des ennemis infiltrés, et conscients de l’être. Mais ce que j’ai pu observer, ce sont les fils dans le sacerdoce de Monseigneur qui, après avoir reçu de lui toute la formation voulue, ont cessé de reconnaître ce qu'ils reconnaissaient sous lui, à savoir la nécessité de n'obéir que de manière sélective aux ordres émanant des autorités de l'Église conciliaire, à Rome comme dans les diocèses. Ces prêtres ont beaucoup œuvré, pas tant pour infiltrer que pour changer la FSSPX de l'intérieur. Si, aujourd'hui, l’œuvre de Monseigneur défendait encore la Foi comme le faisait Monseigneur lui-même, elle pourrait faire un bien immense à une masse considérable de catholiques qui sont maintenant en train d’ouvrir les yeux sur la trahison de Vatican II. Elle les aiderait à voir comment et où survit la vraie Église. Au lieu de cela, la loyauté des dirigeants de la FSSPX semble maintenant s’être vouée aux ecclésiastiques romains de Vatican II, et de nombreuses âmes qu'elle aurait pu convertir, sont maintenant dans la confusion plutôt que sur le chemin de la conversion. 

2. La FSSPX a-t-elle donc été infiltrée, et si oui, par qui ? 

A proprement parler, par une opération formelle d’infiltration, peut-être pas. Mais d’une manière plus générale, par l’abandon souvent inconscient de ce que voulait Monseigneur face à Vatican II et à ses responsables, alors, oui, il y a eu un changement de cap. Le problème, c’est qu’on s’est progressivement laissé emporter par le courant de la fantaisie moderne, perdant ainsi le sens des réalités. Ce changement est d’ailleurs imputable davantage aux dirigeants de la FSSPX qu’aux humbles prêtres œuvrant sur le terrain. Et le problème de ces dirigeants se situe moins dans leur doctrine catholique que dans l’application qu’ils font de cet enseignement au XXIe siècle, car ils ne parviennent pas à saisir toute la profondeur du mal de notre siècle. Pour eux, les gens sont bien braves et bien gentils. 

3. Certains blogs font référence à une famille juive autrichienne du nom de "Von Gutmann", à laquelle les Rothschild auraient initialement donné un "coup de pouce" financier. Selon Maximilian Krah, cette famille a donné beaucoup d’argent à la FSSPX via une fondation. Qui est cette famille et pourquoi donne-t-elle tant d’argent à la FSSPX ? 

C'est une famille juive d'Autriche, mais, autant qu’il m’en souvienne, Mme Von Gutmann que vous nommez était une convertie de bonne foi, et elle a laissé cette somme à la FSSPX en Autriche pour y aider au développement de la Tradition catholique. 

4. Il y a une rumeur sur Internet comme quoi Mgr Lefebvre était sédévacantiste ?  Qu’en est-il ? 

À partir de Paul VI, Monseigneur a toujours eu une certaine sympathie pour l’option sédévacantiste en tant qu’elle offrait une solution possible au problème théologique extrêmement grave des Vicaires du Christ qui s’employaient à détruire l'Église. À deux reprises, il a envisagé publiquement la possibilité – en 1976 et en 1985 – que les papes régnant ne le fussent qu’en apparence, et qu’en fait ils n'étaient pas véritablement papes. Toutefois, il ne s'est jamais décidé à adopter cette solution. Souvent, il ne l'a envisagée que pour la rejeter. Il considérait qu'elle soulevait plus de problèmes qu'elle n'en résolvait. 

5. Pourquoi les dirigeants actuels de la FSSPX ne se réconcilient-ils pas avec Rome ? Qu'en pensez-vous ?

Je crois que beaucoup de bons prêtres de la Fraternité restent encore proches de la pensée de Mgr Lefebvre, et c’est pour cela que les dirigeants de la FSSPX n’osent pas encore se glisser dans les bras de la Rome conciliaire. Mais ces prêtres feraient bien de faire attention !

Kyrie eleison.


lundi 11 mai 2020

Coupez les ponts – II

Kyrie eleison DCLXIX (9 mai 2020 )

Tant qu’à Rome régnera la Pachamama
Nul besoin d’un dessin : à l’écart te tiendras !


La semaine dernière, nous rappelions dans ces « Commentaires » les propos de Mgr Lefebvre en 1990 décrivant l’état d’esprit des responsables de l’Église conciliaire à Rome. Il terminait par cette conclusion énergique –

« Il n’y a plus qu’à tirer l’échelle ! Nous n’avons rien à faire avec ces gens-là, car nous n’avons rien de commun avec eux ».

De tels propos peuvent sembler manquer de charité, à tout le moins être dépourvus du respect dû aux princes de l’Église de Notre-Seigneur. Mais il n’en est rien. En fait, ils ne manquent ni de charité ni de respect, car l’Église de Notre-Seigneur a toujours en vue 1/ la Foi sur laquelle 2/ doit reposer la charité et 3/ le respect des ecclésiastiques chargés de veiller sur l’Église.

1/ « Sans la foi, il est impossible de plaire à Dieu. Car quiconque veut s’approcher de Dieu doit croire qu’Il existe et qu’Il récompense ceux qui le cherchent ». (Hébreux XI, 6). (Athées, si vous le souhaitez, vous pouvez croire en Dieu, car, notez-le bien : « Il récompense ceux qui Le cherchent », et si vous persévérez dans votre recherche, votre récompense sera très probablement que vous Le trouverez, comme en témoignent de nombreux passages de l’Ecriture ; mais c’est un sujet que nous verrons une autre fois). Toutes les âmes humaines, seul principe de vie des êtres humains, sont d’essence spirituelle. Elles viennent de Dieu. Mais, conformément au souhait du Très-haut, elles doivent profiter de leur bref passage sur terre pour choisir de retourner à Lui dans la béatitude éternelle du Ciel. Cependant si d’un côté ce choix est encouragé par toute la bonté de la création, il est toutefois découragé par les trois grands ennemis de l’âme, à savoir : le monde, la chair et le démon, avec en plus tout le mal que Dieu choisit de permettre dans sa création ; de sorte qu’il ne reste réellement qu’un seul choix à faire : celui de la vie vertueuse, hors de laquelle je m’éloignerais de Dieu et m’orienterais vers le mal.

Or, la bonté de la création de Dieu est si manifeste que ceux qui la voient, tout en refusant de croire en Dieu, sont qualifiés par saint Paul d’ « inexcusables » (Romains, I, 20). Toutefois, Dieu lui-même reste d’ordinaire invisible (par exemple, Col. I, 15), de sorte que la première des vertus nécessaires pour nous orienter vers Lui est la vertu de foi ; par la foi je décide de monter de ce que je vois de mes propres yeux à Celui dont mon esprit, éclairé par la Foi, sait qu’Il se tient derrière ce que je vois de mes yeux. C’est pourquoi le Concile de Trente (VI, 6) appelle la Foi « le fondement du Salut », et l’Église catholique, par ses Credos, ne fait qu’énoncer ce que je dois croire sur Dieu pour avoir la Foi véritable, et non croire à un tissu de mensonges.

2/ Or, aucun de désir ne peut exister dans la volonté humaine sans qu’il ne soit précédé d’une pensée formée dans l’esprit de la même personne. Un désir sans objet est un non-désir. C’est l’esprit humain qui présente cet objet à la volonté humaine.

Or, la Charité est un désir inscrit dans la volonté. Elle présuppose donc une pensée. Et si la charité doit être vraiment surnaturelle et non simplement humaniste ou sentimentale, elle présuppose dans l’esprit un objet surnaturel. On doit donc croire, de Foi surnaturelle, à cet objet surnaturel. Par conséquent, la vraie charité présuppose la vraie foi et, sans la vraie foi surnaturelle, il ne peut y avoir de vraie charité. Il s’ensuit que, si les responsables ecclésiastiques actuels à Rome ont une foi pour tout le moins moins gravement contaminée par Vatican II, alors les personnes qui souhaitent garder la vraie foi doivent être sérieusement incitées à se tenir à l’écart, de peur que leur propre foi ne finisse par être, elle aussi, contaminée. En d’autres termes, il faut leur dire « Coupons les ponts ! ».

3/ Et si pour ceux qui « siègent sur la chaire de Moïse » (Mt. XXIII, 2), on devait le respect dû à la chaire de Moïse, à plus forte raison en va-t-il de même du Siège de Rome. De plus, la charité due envers les supérieurs de l’Église sera d’autant plus grande que leurs âmes portent une énorme responsabilité dont ils devront rendre compte à leur Jugement particulier. N’empêche, par-dessus tout, la foi catholique vient toujours en premier, de sorte que ni le respect ni la charité ne peuvent m’obliger à exposer ni ma propre âme, dont je répondrai devant Dieu, ni l’âme de quelqu’un d’autre, à la contamination par des contacts imprudents risquant justement de provoquer une diminution de la foi. Or, Pachamama indique qu’en 2020 les Conciliaires ne sont toujours pas rentrés de leur croisade pour l’idole humaine. Mgr Lefebvre avait raison : Il n’y a plus qu’à tirer l’échelle. Les catholiques et les conciliaires sont dans une guerre de religion, une guerre à mort.

Kyrie eleison.

dimanche 22 décembre 2019

Deux Évêques

Mgr Williamson revient ici sur les positions des deux autres évêques de la FSSPX (Mgr Tissier et Mgr de Galaretta). Les deux évêques ont fini par abandonner la ligne de Foi et de prudence fixée par Mgr Lefebvre. Mgr Williamson nous explique les tristes raisons qui ont fait basculer les deux évêques dans le camp du ralliement par étapes. 

Kyrie eleison DCXLIX (21 décembre 2019)


Les compromis humains ne sont pas convenables.
La Vierge, à Fatima, donna conseil fiable.

Lors de l’été et de l’automne 2012, deux des trois évêques de la Fraternité Saint Pie X ont clairement changé de position par rapport aux termes de la lettre en date du 7 avril 2012 qu’ils venaient d’adresser à Menzingen, concernant les relations de la Fraternité avec Rome. Les prêtres et les fidèles de la FSSPX s’en sont étonnés. Peu de gens ont alors, ou depuis lors, interprété leur changement de position comme une question de personnes ou de personnalités. La plupart des gens ont bien vu dans leur volte-face de quoi il s’agissait : ils s’étaient convertis au nouveau principe venant du Supérieur Général, à savoir de reprendre des contacts avec les Romains sans attendre leur conversion du modernisme. Cette nouvelle politique contredisait à angle-droit leur lettre du 7 avril dans laquelle ils mettaient sévèrement en garde contre l’abandon de ce qu’enseignait Mgr Lefebvre : pas de contacts avec la Rome conciliaire avant sa conversion. Or, entre 1988 – année de leur sacre sans l’accord de Rome – et 2012, cette Rome conciliaire n’avait guère évolué, sinon en pire. Alors, pour quelles raisons les deux évêques ont-ils changé d’avis ?

C’est une question centrale qui aujourd’hui encore garde toute son importance ; on peut la formuler ainsi : Qu’est-ce que peut gagner la Fraternité pour la Foi (et non la Foi pour la Fraternité !)  grâce à des contacts amicaux avec les Romains conciliaires, alors que ceux-ci persistent dans leur attachement à l’œcuménisme de Vatican II, allant même jusqu’à la vénération dans les jardins du Vatican de l’idole de la Pachamama en présence du Pape ? Une chose semble certaine : depuis 20 ans, la FSSPX a tout misé pour son avenir sur cette amitié. Y renoncer maintenant ne signifierait-il pas que la politique des 20 dernières années n’a été qu’une une grossière erreur ? En conséquence de quoi, bien que la FSSPX ait à l’heure actuelle terriblement besoin de nouveaux évêques pour assurer son apostolat traditionnel dans le monde entier, elle se trouve obligée de renoncer à sacrer des évêques traditionnels qu’elle choisirait elle-même, car cela déplairait fortement aux Romains conciliaires. Ainsi, on peut dire que les deux évêques se sont mis, en 2012, une lourde croix sur leurs propres épaules, une croix plus lourde chaque année, car ils ont contribué à pousser la Fraternité dans une impasse : en 2019, la Fraternité ne peut plus avoir – et pourtant ne peut pas ne pas avoir – ses propres évêques.

De récentes informations, maintenant accessibles, aident quelque peu à comprendre la décision des deux évêques d’abandonner la position de Mgr Lefebvre – conversion de Rome avant les contacts – à laquelle ils avaient pourtant si récemment adhéré. En ce qui concerne Mgr de Galarreta, on apprend qu’à peine la lettre du 7 avril venait-elle de paraître sur le net, qu’il s’est empressé de se rendre au siège de la FSSPX pour présenter ses excuses, assurant le Supérieur Général qu’il désapprouvait totalement la parution intempestive du texte sur internet. Mais comment pouvait-il désapprouver la parution de la lettre sans se dissocier également de son contenu ? Il semble qu’une implosion imminente de la Fraternité lui ait paru plus redoutable que le fait d’engager la Fraternité dans une impasse en abandonnant la voie suivie par Mgr Lefebvre, voie essentielle à la défense de la foi. La survie de la Fraternité lui était-elle plus importante que celle de la Foi ?

Mgr Tissier de Mallerais a mis plus de temps à rétracter, pour ainsi dire, sa signature sur la lettre du 7 avril. Mais, début de 2013, c’était effectivement chose faite. A un de ses amis alors il donnait, en tant qu’Évêque, les indications suivantes : aujourd’hui la conversion de Rome ne peut pas se produire subitement. Mais une reconnaissance officielle nous permettrait d’y travailler plus efficacement depuis l’intérieur de l’Église. Nous devons patienter et agir avec tact, en prenant notre temps afin de ne pas brusquer les Romains qui continuent de désapprouver notre remise en question du Concile. Nous avançons tout doucement – n’est-ce pas ainsi que les saints ont toujours procédé ? Nous devons continuer à dénoncer les scandales et à accuser le Concile, mais nous devons agir intelligemment, nous efforçant de comprendre la façon de penser de nos adversaires, qui incluent, après tout, le Siège de Pierre. La politique de Mgr Fellay n’a pas vraiment échoué : rien n’a été signé le 13 juin 2012, rien de catastrophique, rien de notable ne s’est passé depuis 17 mois. Quelques prêtres nous ont quittés, par manque de prudence et de jugement, ce que je trouve déplorable. Mais la faute leur en incombe. En bref, essayez de faire d’avantage confiance aux autres et soyez moins confiant en vous-même. Faites confiance à la Fraternité et à ses dirigeants. Tout est bien qui finit bien. Voilà ce qui devrait être l’esprit de vos prochaines décisions et de vos prochains écrits.

Ici s’achèvent les arguments que cet Évêque mettait en avant pour recommander à son ami de suivre Mgr Fellay. Mais, NN. de Galarreta, Tissier de Mallerais et Fellay ont-ils bien compris les raisons pour lesquelles Mgr Lefebvre voulait couper les contacts avec les Romains conciliaires ? N’ont-ils pas tous les trois gravement sous-estimé la crise de l’Église sans précédent que cause la trahison continuelle de la Vérité et de la Foi par l’Eglise conciliaire ? Comment une simple politique humaine ou un compromis doctrinal avec Rome pourraient-ils résoudre cette crise pré-apocalyptique ?

Kyrie eleison.

lundi 20 mai 2019

Communiqué spécial de la FSSPX


Communiqué conjoint 
de Mgr Huonder et de M. l'abbé Pagliarani

Ce lundi 20 mai 2019, le pape François a relevé Mgr Vitus HUONDER de sa charge d’évêque du diocèse de Coire, en nommant un administrateur en vue de l’élection de son successeur.
Selon une volonté exprimée depuis longtemps, Mgr Huonder se retire dans une maison de la Fraternité Saint-Pie X. Le seul et unique but de cette démarche est de se consacrer à la prière et au silence, de célébrer exclusivement la messe traditionnelle, et d’œuvrer pour la Tradition, unique moyen de renouveau de l’Eglise.
La Fraternité Saint-Pie X apprécie la décision courageuse de Mgr Huonder, et se réjouit de pouvoir lui fournir le cadre spirituel et sacerdotal qu’il désire si vivement. Puisse cet exemple être suivi par d'autres, afin de « tout restaurer dans le Christ ».
Le 20 mai 2019
Monseigneur Vitus HUONDER
Évêque émérite de Coire 
Don Davide PAGLIARANI
Supérieur de la FSSPX
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 Commentaires de Reconquista (mis à jour le 22 mai) 

1) Nous faisons nôtre le commentaire pertinent de Francesca de Villasmundo paru sur Medias-Presse.Info à la suite de ce "Communiqué conjoint" :

« Travailler avec la Fraternité pour cheminer vers l’unité » en l’aidant à considérer “les documents du Concile Vatican II (…) davantage comme un développement de la période précédente” a pourtant déclaré le mois dernier Mgr Huonder dans une entrevue au Die Tagespost dont MPI * avait donné la traduction de quelques extraits significatifs.  Est-ce vraiment cela “tout restaurer dans le Christ” ?

 * GloriaTV -  juriste catholique

2) Le Vatican officialise cette nomination puisque l'agence Zenit* annonce que le pape accepte la démission de Mgr Huonder et sa nouvelle résidence dans une maison de la FSSPX en vue de  "contribuer à  l'unité de l'Eglise" (sic). 

 * Zenit

3) Mgr Huonder écrit ce qui suit dans une lettre adressée * ce même 20 mai à ses diocésains de Coire :

"Comme vous le savez, je vais m'installer dans la Maison sacerdotale de l'Institut Sancta Maria de Wangs, dans le canton de Saint-Gall. Cet institut appartient à la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X. Conformément aux vues du pape François, je m'engage à contribuer à l'unité de l'Eglise, non pas en pratiquant l'exclusion, mais en faisant la part des choses et en assumant un rôle d'accompagnement en vue d'une intégration".

* Lettre de Mgr Huonder à ses diocésains 

En accord avec le pape, ... Mgr Huonder va donc travailler à "intégrer" la Fraternité : c'est clair !

4) On rappelle qu'au Chapitre FSSPX de juillet 2012, l'abbé de Jorna avait mis en difficulté Mgr Fellay, Supérieur général à l'époque, reprochant à sa déclaration doctrinale du 15 avril 2012 de véhiculer "l'herméneutique de la continuité" du pape Benoît XVI.

Dans l'interview au Tagespost (citée en 1), lorsqu'il évoque le Concile Vatican II comme "un développement de la période précédente", Mgr Huonder est parfaitement dans la ligne de la position (moderniste) du "pape émérite".

On attend avec intérêt la réaction du même abbé Benoît de Jorna, devenu depuis lors Supérieur du district de France.

5) Pour ceux qui savent encore lire, la manœuvre du Vatican apparaît donc désormais pour ce qu'elle est, à savoir une magistrale récupération de l'Oeuvre de Mgr Lefebvre au profit de la révolution conciliaire !

Nous ne saurions trop rendre grâce au Ciel de la deuxième opération survie - les trois sacres conférés par Mgr Williamson - et de l'existence de la Fidélité Catholique.

dimanche 17 juin 2018

Des préparatifs de Rome ?

Kyrie eleison DLXX ( 16 juin 2018 )

Comment prétendre ainsi qu’il n’y a pas conflit ?
Un combat pour la Foi, c’est tout ce que l’on vit !


Dans le contexte de crise qui submerge l’Église catholique depuis Vatican II (1962–1965), voilà subitement deux initiatives récentes des autorités romaines qui paraissent bien surprenantes. En effet, toutes deux ont l’air de favoriser la Tradition catholique que par ailleurs le pape François semble par maint côté vouloir éliminer une fois pour toutes. Le Grand Méchant Loup voudrait-il vraiment se montrer gentil envers le Petit Chaperon Rouge, ou bien ces deux gestes ne sont-ils que des ruses destinées à piéger la Fraternité Saint-Pie X dans la tanière conciliaire ? Serait-ce que Rome aussi prépare le Chapitre Général de la Fraternité prévu pour la mi-juillet ?

La première de ces deux initiatives est venue de la Commission Ecclesia Dei. On se souvient que cette institution fut créée à Rome en 1988 pour ralentir la tradition catholique qui menaçait de se développer à un rythme accéléré. Or, à la mi-février de cette année, Ecclesia Dei accordait à la Fraternité Saint-Pierre, d’orientation semi-traditionnelle, l’usage des rites liturgiques hautement traditionnels de la Semaine Sainte. Ces rites ont été utilisés durant plusieurs siècles avant que la réforme liturgique lancée par le cardinal Bugnini dans les années 1950 n’ait conduit à la nouvelle messe introduite à la fin des années 1960. Cette ancienne liturgie de la Semaine Sainte devient de plus en plus populaire auprès des catholiques qui répudient la nouvelle messe. La raison en est qu’elle contient de nombreux traits allant à l’encontre de la nouvelle liturgie moderniste que Paul VI, par une astuce administrative, a réussi à imposer à l’Église universelle en 1969. Faut-il croire que Rome se désengage enfin de la nouvelle messe ?

Non pas. Comme dit le célèbre vers de Virgile : « Quoi qu’il en soit, je crains les Grecs, même lorsqu’ils font des cadeaux ». Ce don fait à la Tradition peut très bien avoir été conçu par Rome pour persuader tous les Petits Chaperons Rouges, en particulier les participants au Chapitre Général de Juillet, qu’après tout le Grand Méchant Loup n’est pas aussi méchant qu’on le dit. Le Chapitre de juillet prochain est important pour Rome car ce bastion de la Foi, érigé par Monseigneur Lefebvre, doit être démantelé, parce qu’il a constitué de par son intense combat pour la Foi un véritable barrage entravant la marche du Nouvel Ordre Mondial, entrave sans aucune proportion avec la force numérique de la Fraternité Saint Pie X. Depuis la mort de Mgr Lefebvre, ce combat a été gravement affaibli, mais Rome peut craindre que le Chapitre ne le ressuscite. La volonté de Rome est qu’on élise comme Supérieur Général encore un libéral, à la rigueur un candidat de compromis, mais en tout cas pas un combattant de la Foi !

L’autre action inattendue de Rome a eu lieu le 16 mai dernier, lorsqu ’un journaliste bien connue du Vatican, Andrea Tornielli, a mis en lumière un extrait d’un livre publié récemment par un fonctionnaire romain sur le Pape Paul VI (1963–1978). L’extrait est un compte-rendu détaillé de la conversation de septembre 1976 entre le pape et Mgr Lefebvre, tenue dans les deux mois qui suivirent la messe de Lille célébrée par l’archevêque devant une foule immense. Cette messe a marqué le début du mouvement traditionnel, de sorte que le pape a voulu freiner l’archevêque. La conversation dura un peu plus d’une demi-heure et les Romains prirent des notes. Peu après, Mgr Lefebvre en donna une version quelque peu différente du script maintenant dévoilé par Rome. Mais pourquoi les Romains ont-ils gardé par devers eux cette relation plus complète pendant 42 ans ? Et pourquoi décident-ils de la publier maintenant ?

La réponse doit se situer dans le “quelque peu différente”. L’admirable site Internet d’Amérique Latine, Non possumus, a publié côte à côte la version romaine et le propre récit de Mgr Lefebvre. Les lecteurs de Non possumus peuvent vérifier par eux-mêmes comment les Romains ont blanchi l’aveuglement de Paul VI et leur propre vilenie. Exemple emblématique : Paul VI y a accusé l’archevêque de demander à ses séminaristes de prêter serment contre le pape, ce qui était absolument faux. L’archevêque a déclaré qu’il était prêt à jurer sur un crucifix que le pape l’avait accusé de faire prêter un tel serment. Un porte-parole romain a alors officiellement démenti qu’il ait été fait mention dans la conversation d’un tel serment.

De même, la version de Rome dissimule l’abîme qui sépare de la foi de l’Archevêque le modernisme de Paul VI. Tout se passe comme si les Capitulants n’auraient nul besoin de s’inquiéter de cette distance infinie séparant la Rome Conciliaire de la Fraternité Saint Pie X : qu’ils élisent c omme Supérieur encore un libéral, mais un candidat de compromis fera aussi l’affaire !

Kyrie eleison.

mercredi 17 mai 2017

Situation à Rome, dans la Tradition et perspective d'avenir

Conférence donnée en Normandie par l'abbé Salenave .
Etat de Rome - état de l'actuelle fraternité et avenir de la Tradition.


samedi 4 mars 2017

Tu ne mentiras pas


Note : Le premier dimanche du carême nous dépeint l'action du démon et son arme favorite :  le mensonge. Mais il y a diverses sortes de mensonges. L'auteur de cet admirable article nous montre qu'un certain langage flou peut s'apparenter à du mensonge. Tous les ralliements (Dom Gérard, Mgr Rifan, l'abbé Wach etc ..) ont toujours usé de ce procédé pour arriver à leur fin. Bonne lecture ! 

Tu ne mentiras pas.
                                             
La guerre interminable menée par les armées modernistes contre la Tradition catholique prend une tournure nouvelle depuis quelques mois. Brandissant tantôt le bâton, pour présenter bientôt une carotte appétissante, les autorités en place, inspirées par les techniques bien connues de la subversion, veulent intégrer les œuvres de la Tradition dans leur système, les faire monter dans leur bateau. Soyons plus malins qu’eux, nous dit-on, jouons leur jeu, suivons-les quelques pas pour faire valoir nos principes, camouflons-nous, faisons semblant d’être des leurs. En d’autres termes, jouons la carte de la diplomatie, plutôt que celle de la prédication
             Que la diplomatie ait son rôle à jouer dans la guerre, c’est une chose entendue. Cependant, elle n’est pas sans dangers, que nous voudrions exposer ici tout simplement, celui, nous semble-t-il, d’une certaine duplicité. Il est facile, en effet, de glisser de la diplomatie dans le dialogue, et du dialogue dans l’oubli des principes.
            Commençons par rappeler la loi fondamentale de la morale qui interdit le mensonge. Nous en verrons ensuite trois réalisations plus ou moins voilées : la restriction mentale indue, l’ambiguïté, l’omission.
  

Le mensonge


La malice du mensonge est évidente. Pour la mettre en lumière, saint Thomas d’Aquin donne plusieurs arguments dont nous retiendrons les trois premiers[1] :

            - Mentir nous rend semblable au diable et nous fait son fils.
            La première raison (de ne jamais mentir) est qu’elle nous rend semblables au diable ; le menteur devient en effet le fils du diable. (…) Certains hommes sont de la race du diable, et sont dits ses fils, à savoir ceux dont le langage est menteur, car « le diable est menteur et père du mensonge, comme l’a dit Notre Seigneur (Jn 8, 44). Il mentit en effet quand il dit (à nos premiers parents) : « Assurément vous ne mourrez pas » (Gn 3, 4). Mais les autres hommes sont les fils de Dieu, à savoir ceux qui disent la vérité, car Dieu est vérité.
            - Le mensonge est la ruine de la société.
            La seconde raison de ne pas mentir c’est que le mensonge est la ruine de la société. Les hommes en effet vivent ensemble ; et cette vie en société serait impossible, si entre eux ils ne disaient pas la vérité, comme le demande l’Apôtre : « Rejetez le mensonge et que chacun de vous dise la vérité au prochain, puisque nous sommes membres les uns des autres » (Eph, 4, 25).
            - Le menteur perd sa bonne réputation.
            Le troisième motif de se détourner du mensonge, c’est que le menteur perd sa bonne réputation. En effet, on ne croit pas aux paroles de celui qui a l’habitude de mentir, même s’il dit la vérité. « Que peut purifier ce qui est impur, et quelle vérité peut sortir de la bouche du menteur ? » (Eccli. 34, 4).

            On aura noté l’ordre de ces trois premiers motifs de rejeter le mensonge. Le premier voit le mensonge face à Dieu. Ce sont les droits de Dieu qui touchent d’abord saint Thomas. Dieu est vérité, Dieu est lumière. Celui qui dit la vérité est de Dieu, il marche dans la lumière. En revanche, celui qui ment ressemble au diable et se fait ennemi de Dieu[2]. Puis le mensonge est considéré en regard du bien commun de la société, qui est le plus « divin » des biens humains, comme dit Aristote. Les hommes se rassemblent en société précisément pour échanger la vérité. La vérité est le ciment et le bien commun de toute société humaine. Ceci est très bien résumé dans la citation de saint Paul. Le menteur ne se contente donc pas d’offenser Dieu, mais il s’en prend à l’ordre social et politique. Il est révolutionnaire[3]. Enfin saint Thomas montre que le mensonge nuit au menteur lui-même. Et il le voit toujours dans sa vie en société. Celui qui a menti une fois perd tout crédit auprès des hommes. Il s’exclut lui-même de la société[4].

            On objectera peut-être que le mensonge est permis, ou au moins toléré, quand il est fait pour le bien de l’autre. Nullement, répond saint Thomas, « d’une telle conduite il faut se garder, comme le dit saint Augustin ; car il est dit dans l’Ecclésiastique (4, 26) : ‘N’ayez pas égard à la qualité des personnes contre le salut de votre propre personne et ne vous laissez pas aller au mensonge au détriment de votre âme’. »
            La raison est simple. « Non faciamus mala ut eveniant bona », dit saint Paul. Nous ne pouvons faire le mal afin qu’un bien arrive. En d’autres termes, la fin ne justifie pas les moyens.

            Peut-être ne sera-t-il pas inutile d’approfondir la question, toujours avec saint Thomas d’Aquin[5].
            La parole exprimée, explique le saint docteur, se tient par rapport à l’intention comme le corps vis-à-vis de l’âme (comme la matière pour la forme, dit-il plus exactement en termes philosophiques). Si je dis une erreur sans avoir l’intention de tromper, je me trompe, tout simplement, mais je ne mens pas. Ce n’est qu’un cadavre de mensonge. Mais lorsque je sais que cette phrase est fausse et que je la dis, avec donc la connaissance et l’intention de dire quelque chose de faux, le mensonge est bien là. À cela s’ajoute une autre malice, celle qui concerne les effets de ce mensonge, le fait de vouloir induire le prochain en erreur, de le tromper. Le mensonge est alors parfait. Et il est une parfaite horreur. Il blesse Dieu, il blesse la société, il blesse l’intelligence de celui qui le commet et de celui qui en est la victime, il blesse la justice, la charité et l’honneur. Il n’est jamais permis de mentir.
            C’est là un des arguments contre l’acceptation, par la Fraternité saint Pie X, du statut juridique proposé par la Rome moderniste. En acceptant ce statut, nous faisons profession d’obéir aux autorités en place. Nous remettons dans leurs mains les œuvres de la Tradition. Or, il est bien entendu par tout le monde que, dans le cas fort probable où les Romains nous imposeraient des réformes inacceptables, nous les refuserons. Si la Congrégation pour la Doctrine de la Foi agit envers nous comme avec l’Institut du Bon Pasteur, nous serons dans l’obligation de désobéir. Ainsi, avant même de signer cette promesse d’obéissance, nous savons que nous désobéirons dans six mois ou plus. Cette promesse est donc mensongère, sauf si elle mentionne explicitement notre refus des nouveautés du concile Vatican II et celles qui l’ont suivi.
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La restriction mentale

            La malice du mensonge est facile à comprendre et je ne connais personne, parmi les défenseurs de la Tradition, qui ait la moindre envie de mentir. Cependant une difficulté pratique apparaît. S’il n’est jamais permis de mentir, n’est-il pas permis, ou toléré, de ne dire qu’une partie de la vérité ? « Toute vérité n’est pas bonne à dire », affirme-t-on. C’est la question de la restriction mentale[6].
            Voyons-la tout d’abord dans sa généralité. La restriction mentale consiste à voiler la vérité, par exemple par des propos ambigus ou par des silences. La secrétaire dira « la patron n’est pas là », pour signifier qu’il n’est pas libre ou pas disposé à vous recevoir. Dans quelle mesure une telle façon de parler est-elle permise ?