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jeudi 6 juin 2019

Actes du chapitre de la FSSPX 2018 : qu'en penser ?



Nous vous proposons d'entendre l'intégralité de la courte conférence donnée à Paris le dimanche 26 mai 2019 par monsieur l'abbé Matthieu Salenave.

1° Les relations avec Rome : les bons et les mauvais.
2° La question de la délégation par l'évêque diocésain pour les mariages dans la FSSPX. 
3° Le projet de la future prélature


Source : youtube Jacques Buffet

Ajoutée le 5 juin 2019

Extraits des actes du chapitre 2018 en pdf : télécharger ici.




mardi 4 juin 2019

Un mauvais signe

Kyrie eleison DCXIX (25 mai 2019)

Prêtres de la Fraternité, ne vous y trompez plus –
Le Chapitre est passé, rien ne changera plus.

Accrochez-vous, chers lecteurs : encore une nouvelle mauvaise. Ce n’est pas la fin du monde, mais c’est une paille de plus volant au vent mauvais, une indication de plus que le vent souffle toujours dans la mauvaise direction, alors que nous espérions qu’il finissait par tourner. Car enfin, quand le Chapitre Général de juillet dernier élisait un nouveau Supérieur Général, n’était-ce pas là un signe encourageant indiquant que la dure emprise des libéraux sur l’orientation de la Fraternité s’était enfin relâchée ? Ne pouvait-on pas espérer que le nouveau Supérieur Général réorienterait la Fraternité dans une direction plus saine que celle qu’avaient choisie les deux derniers Supérieurs, successeurs de Mgr Lefebvre ?

Mais cet espoir s’est brutalement effondré, lorsque nous eûmes connaissance d’une décision prise juste avant la fin du Chapitre : à côté du Supérieur Général et de ses deux Assistants, formant le triumvirat qui est l’organe ordinaire de gouvernance de la Fraternité, nous apprîmes qu’il avait été décidé de créer deux nouveaux postes de Conseillers, chargés d’entourer ce triumvirat. Et qui fut choisi pour ces deux postes ? – Justement, les deux Supérieurs Généraux précédents ! Toutefois, pour dissiper nos craintes légitimes de voir se prolonger et s’amplifier le cauchemar que la Fraternité traverse depuis 20 ans, nous avons été assurés que la tâche des deux nouveaux Conseillers se limiterait à statuer sur l’intégration ou l’exclusion de membres, ou sur l’ouverture ou la fermeture des maisons de la Fraternité. Et qui a voulu croire qu’il en serait bien ainsi, l’a bien cru.

Mais afin d’apaiser des craintes insistantes qu’au sommet de la Fraternité, plus les choses changeaient et plus elles restaient les mêmes, autrement dit : craintes de voir la Fraternité encore sous l’emprise de ses ennemis internes, on nous assura que l’ancien Supérieur général ne vivrait plus à Menzingen, siège de la Fraternité, près de Zurich. Il était prévu qu’il s’installerait dans le principal séminaire de la FSSPX, à Écône, qu’une chaîne de hautes montagnes sépare de Menzingen. Or, la présence de l’ancien Supérieur Général à Ecône ne laissait pas d’effrayer certains qui redoutaient l’ombre qu’il projetterait sur tout le Séminaire et particulièrement sur la formation sacerdotale des futurs prêtres francophones, mais au moins il ne porterait pas ombrage à son successeur à Menzingen. À cet égard, nous pouvions espérer qu’il laisserait son successeur libre de déterminer par lui-même, en tant que Supérieur Général, la future politique de la Fraternité. Et c’est sûrement ce à quoi le déménagement à Écône était censé nous faire croire. Hélas, il semble qu’une fois de plus, on nous ait pris pour des naïfs.

Car d’après la dernière nouvelle, émanant de plusieurs sources et sûrement assez facile à vérifier, l’ancien Supérieur Général a de nouveau plié bagages et s’en est retourné à Menzingen. Il est possible qu’il ait cru que son installation au Quartier Général ne soulèverait plus que peu ou pas de réaction. En tout cas, il a dû estimer que l’araignée pouvait retourner au centre de sa toile, car aucune des mouches n’y ferait objection.

Maintenant, au nom de Mgr Lefebvre, nous en appelons à vous, prêtres de la Fraternité Saint-Pie X ! Croyez si vous devez vraiment le croire que la politique consistant à se soumettre à la Rome conciliaire n’a rien de suicidaire pour la Fraternité, ni pour le but que Mgr Lefebvre s’est assigné en la fondant, mais de pitié, comme le dit Hamlet, “ Ne mettez pas ce baume flatteur sur votre âme” que le changement de Supérieur Général en juillet dernier ait marqué une réelle différence de politique. Ne semble-t-il pas que la même mafia de libéraux soit toujours aux commandes et qu’elle ait toujours le projet – bien sûr avec les meilleures intentions du monde – de défaire ce que Mgr Lefebvre a fait ?

Le problème est profond. Il déborde largement le cadre de la petite Fraternité – restez à l’écoute.

Kyrie eleison.

samedi 25 août 2018

“Jeu de Vidéo Truqué” – II

Kyrie eleison DLXXX ( 25 août 2018 )

Si le Ciel dit qu’ici est la solution,
La voici, et non pas dans la révolution.

A la reine Isabelle, cette grande reine d’Espagne (1451–1504), on demanda un jour ce qu’elle voudrait voir représenté dans un tableau. Elle aurait répondu, “Je voudrais voir un prêtre disant la messe, une femme donnant naissance à un enfant et un criminel pendu au bout d’une corde”. Autrement dit, tout le monde a un rôle à jouer dans la vie et chacun doit jouer son rôle et non un autre. Imaginons ce qu’elle aurait dit à propos d’un monde où les prêtres célèbrent des pique-niques eucharistiques, où les femmes prennent la pilule et avortent en toute liberté, où les criminels sont condamnés à des peines de plus en plus courtes dans des prisons ressemblant à des hôtels de luxe. De nos temps, “Rien n’est que ce qui n’est pas” (Macbeth, I, 3).

lundi 20 août 2018

Jeu-Vidéo Truqué – I

Kyrie eleison DLXXVIII ( 18 août 2018 )

Politique, paix, ou guerre, à l’encontre,Tout tourne autour du Christ, que l’on soit pour ou contre.

La charité commande certainement de prier pour le nouveau Supérieur Général de la FSSPX afin que Dieu lui donne le discernement et la force nécessaires pour ramener la Fraternité sur le chemin que Mgr Lefebvre avait tracé pour elle – et pour le bien de l’Église universelle. Mais, à regarder les choses de façon réaliste, il est probable que l’abbé Pagliarani n’ait pas de tels projets. En réalité, humainement parlant, tout indique qu’il est sur la même longueur d’onde que Mgr Fellay. Ne doit-il pas son élection comme Supérieur Général à un plan prévu et soutenu à la fois par Rome et par Mgr Fellay, au cas où ce dernier ne serait pas réélu, comme, en effet, cela s’est avéré ? Voici une notion de l’accord : si l’abbé Pagliarani consentait à s’occuper des intérêts de Mgr Fellay, en retour celui-ci soutiendrait en cas de besoin la candidature de l’abbé au poste de Supérieur Général. Voici quelques indications permettant de penser qu’ils conspirent pour amener la Fraternité Traditionaliste sous la coupe de la Rome Conciliaire.

On se souvient que, lors du Chapitre Général intermédiaire (non électif) de 2012, c’est l’abbé Pagliarani qui a sauvé Mgr Fellay des arguments dévastateurs présentés au Chapitre exigeant la démission de Mgr Fellay et son remplacement au poste de Supérieur Général. C’est l’abbé Pagliarani qui a affirmé alors devant tous que le Chapitre ne pouvait pas administrer une gifle au Supérieur Général ; et par une veulerie typique, le Chapitre est immédiatement passé à d’autres sujets.

Peu après ce Chapitre, l’abbé Pagliarani a été promu (comme récompensé ?) par Mgr Fellay au poste éminent de Recteur du séminaire de la Fraternité d’Amérique latine, en Argentine, à La Reja. Là-bas, on a entendu plusieurs fois l’abbé Pagliarani critiquer ceux qui ne comprenaient pas la nécessité d ’un accord de la Fraternité avec Rome – ce qui était en parfaite conformité avec la politique de Mgr Fellay.

Quant à l’ajout des deux “Conseillers” au Conseil Général de la Fraternité, rapprochant ainsi Mgr Fellay du pouvoir de la FSSPX dont il venait d’être évincé quelques jours auparavant, il est possible qu’un jour nous sachions exactement comment cela s’est passé. En tout état de cause, est-il probable que les Capitulants, dociles et respectueux comme ils l’étaient, eussent voté pour une telle mesure si elle n’avait pas semblé agréable au nouveau Supérieur Général ? En fait, ne serait-ce pas plutôt l’abbé Pagliarani en personne qui l’a proposée ?

Certes, tant que les faits ne sont pas encore connus, ces questions restent à l’état de spéculations. Cependant, ces spéculations ne sont en rien oiseuses car, au cours des prochaines années, le sort de la Fraternité aura une grande influence sur l’Église universelle. La Fraternité redeviendra-t-elle le rempart majeur de la résistance à l’apostasie conciliaire qui continue ses ravages au sein de l’Église, ou bien va-t-elle se joindre à ce mouvement d’apostasie ? Numériquement, la Fraternité a toujours été négligeable au sein de l’Église universelle en comparaison avec toutes les autres institutions qui la composent. Mais la fidélité sans faille de la Fraternité à la doctrine catholique et aux sacrements de toujours, abandonnés ou pervertis par les plus hauts dignitaires de l’Église, a fait de la Fraternité une force qu’ il fallait prendre en compte. La fermeté de Mgr Lefebvre sur la vérité l’a rendu redoutable. Les Papes conciliaires ne pouvaient ni l’avaler ni le cracher, alors qu’ils ont depuis longtemps avalé et dévoré Mgr Fellay.

Le temps nous dira comment l’abbé Pagliarani assumera ses énormes responsabilités. En attendant, nous prions pour lui, mais humainement, nous n’avons pas trop d’espoir. Le risque est trop grand que les dirigeants de la Fraternité suivent l’ensemble des dirigeants du monde en transformant la Fraternité en un “jeu vidéo truqué”, expression qui est une bonne trouvaille pour décrire le monde qui nous entoure. Pour punir l’humanité qui abandonne Dieu partout, le Créateur semble donner à ses ennemis le pouvoir d’extirper les derniers vestiges du Christ et de la civilisation chrétienne. Cependant, au moins pour un certain temps encore, les apparences du Christ et de son Église doivent être maintenues jusqu’à ce qu’elles n’éveillent même plus de nostalgie chez les hommes en voie de déchristianisation. D’où le jeu vidéo sans réalité d’aujourd’hui sous des apparences d’hier. D’où le truquage des élections et des chapitres pour faire naître le Meilleur des Mondes, sans Christ ni Dieu.

Hélas, pour ces pauvres ennemis. Dieu existe . . . et le bras de Notre Seigneur se fait de plus en plus lourd !

Kyrie eleison.

dimanche 12 août 2018

Chapitre Général – III (CE 578 du 11 août 2018)

Même si tous les signes laissent penser que la "nouvelle" direction de la FSSPX ne changera en rien de l'orientation ralliériste décidée en 2012, Mgr Williamson, en charité, veut cependant laisser une chance au nouveau supérieur général.

Église, ou Fraternité, par Dieu iraient à bon port,
Sauf si les hommes refusent de Lui confier leur sort.

Quand l’autorité catholique se sépare de la vérité catholique, comme cela s’est passé à Vatican II, ce n’est jamais la vérité qui a bougé, car la doctrine catholique ne peut pas changer. C’est donc l’autorité qui a bougé. C’est pourquoi la séparation de l’autorité d’avec la vérité à Vatican II n’est imputable qu’aux seules autorités de l’Église. Raison de plus pour chérir les autorités qui restent fidèles à la Vérité, à l’instar de Mgr Lefebvre et de sa Fraternité Saint Pie X. Raison de plus pour jeter encore un coup d’œil à ce qui est arrivé lors du récent Chapitre Général à Écône. La Fraternité reviendrait-elle sur le chemin de son fondateur après le dérapage de 2012, ou bien doit-on appliquer le proverbe français qui dit : « Plus ça change, et plus c’est la même chose » ?

dimanche 29 juillet 2018

Chapitre Général – I (CE du 28 juillet 2018

Dans ce dernier KE, Mgr Williamson voudrait bien croire à la bonne volonté du nouveau supérieur de la FSSPX mais il constate avec grande inquiétude certains éléments qui entachent déjà le début de son supériorat

Dès qu’échouent les chefs, ils ne sont qu’à virer.
Donc pour quelle raison seraient-ils rappelés ?

Le dernier Chapitre général de la Fraternité Saint-Pie X, le quatrième comportant des élections (1982, 1994, 2006 et 2018), s’est terminé samedi dernier en Suisse, à Écône. L’événement a été suivi avec intérêt dans de nombreux milieux, car la Fraternité, fondée en 1970, est devenue en quarante ans un des plus importants bastions de la foi catholique, réagissant ainsi au travail de sape ouvertement mené depuis le Concile Vatican II (1962–1965). Cependant, au cours des 20 dernières années, la Fraternité a donné de plus en plus clairement des signes indiquant un changement de cap. À mesure qu’elle s’éloignait des positions de son fondateur, Mgr Lefebvre, elle s’est de plus en plus montrée en accord avec les responsables conciliaires de l’Église. On attendait donc du Chapitre Général qu’il indiquât la direction qu’allait prendre la Fraternité.

lundi 23 juillet 2018

La déclaration de 1974 filtrée par le chapitre de 2018 :

Sur le Forum catholique, Gillou a fait pour nous le relevé des passages de la Déclaration de 1974 qui ont été "cachés" dans l’Adresse du 21 juillet publiée à l’issue du Chapitre général de la FSSPX.
On ne saurait reprocher, bien sûr, aux rédacteurs de cette Adresse de ne pas avoir retranscrit l’intégralité de la longue déclaration de 1974, mais ce qu’on peut à bon droit leur reprocher, en revanche, c’est d’avoir osé écrire que la Fraternité la faisait « sienne dans son intégralité », tout en omettant de reprendre au moins l’un ou l’autre des passages forts de cette déclaration, par exemple : "Nous refusons de suivre la Rome de tendance néo-moderniste…" ou bien "cette Réforme étant issue du libéralisme, du modernisme, est tout entière empoisonnée ; elle sort de l’hérésie et aboutit à l’hérésie" etc...
Cette grave « omission » ne saurait être fortuite.
Elle manifeste une intention  : s’approprier le prestige de la Déclaration de 1974 pour lui faire porter en 2018 un autre message que la protestation de foi du Fondateur, la transformant en un simple signal adressé au pape François en vue de faciliter une intégration de la Tradition (« tels que nous sommes » !) au sein du panthéon de l’Eglise conciliaire.
  Jugez par vous même : 

jeudi 12 juillet 2018

Message de l'abbé Girouard à propos de l'élection dans la FSSPX

Dans ce message à ses paroissiens, l'abbé Girouard fait une pertinente
synthèse de la nouvelle situation à la tête de la FSSPX, petit résumé à retenir !



Et bien, non seulement le Chapitre a-t-il choisi un libéral comme Supérieur Général (L’abbé Pagliarani, qui fut celui qui sauva Mgr Fellay de la critique lors du chapitre de 2012), mais ils ont aussi choisi deux archi libéraux pour ses assistants : 

- Mgr De Galarreta, qui, dans sa conférence d’octobre 2012 à Villepreux, a défendu le chapitre de 2012, et il alla si loin qu’il a dit que 50 % + 1 des voix seraient suffisants pour réaliser un accord avec Rome 

- L’abbé Bouchacourt qui, comme supérieur de district en Argentine, a obtenu que le Cardinal Bergoglio « reconnaisse » la FSSPX dans ce pays et qui, comme supérieur du district de France, a continuellement combattu et « cogné » sur la Résistance. 

Mgr Fellay a préparé le chemin depuis 1997 et cette nouvelle équipe de supérieurs semble avoir été bien choisie pour mettre en œuvre la « reconnaissance » par Rome qui sera sans doute annoncée prochainement. 

Si la Fraternité signe un accord, elle dira que c’est un cadeau de la Sainte Vierge en réponse à la dernière Croisade du Rosaire. 

Une raison de plus pour prier et se sacrifier, et participer à ce 13 juillet de jeûne au pain et à l’eau. 

Que Dieu vous bénisse, 

Abbé Patrick Girouard

mercredi 11 juillet 2018

Ce que disent les ennemis de la tradition catholique au sujet du chapitre

Les libéraux de tous bords se penchent sur le chapitre de la FSSPX : cet événement sonne déjà pour eux comme une victoire. Le Figaro, par exemple, souligne le fait que les anti-ralliements n'ont quasi plus voix au chapitre, pour les capitulants, la question principale n'étant plus de s'éloigner de Rome mais de savoir à quelle vitesse il faut achever le processus de ralliement.  


"Chez les lefebvristes, une élection décisive pour le rapprochement avec Rome"
Jean-Marie Guénois  - 10 juillet 2018
Source : Le Figaro

La normalisation des rapports de la Fraternité Saint-Pie X avec le Vatican dépendra du nouveau supérieur.

Le dossier «Écône» pourrait revenir dans l'actualité. Écône, c'est d'abord le nom d'un village fleuri, posé à flanc de montagne, dans le Valais suisse. Mais Écône est surtout un symbole mondial depuis le 30 juin 1988. Mgr Marcel Lefebvre - chef de file de l'opposition aux évolutions du concile Vatican II - ordonnait alors quatre évêques, contre l'avis de Rome. Il entendait assurer l'avenir de la Fraternité Saint-Pie X qu'il avait fondée. Mais il ouvrait de facto une forme de schisme avec Rome. Ses fidèles et ses prêtres étaient alors qualifiés «d'intégristes». Cette rupture historique marqua le pontificat de Jean-Paul II. Elle est en partie résolue aujourd'hui, mais le lien avec Rome n'est pas encore rétabli.

Mgr Lefebvre. mort en 1991, repose dans le prieuré d'Écône. qui est aussi l'un des importants séminaires de la Fraternité (lire ici-dessous). Son successeur. Mgr Bernard Fellay, de nationalité suisse, élu en 1994 - l‘un des quatre évêques qu‘il avait ordonnés - arrive aujourd'hui à la fin d'un deuxième mandat de supérieur général. On saura ce mercredi si les 41 membres du «Chapitre général» réunis à Ecône jusqu'au 11 juillet, vont le reconduire ou non pour un troisième mandat de douze ans. Du résultat pourrait dépendre un déblocage de ce que l'on a appelé «l'affaire Lefebvre». Avec, à terme, le rétablissement de relations formelles entre la Fraternité et le Saint -Siège.


« Les résistants »


Non pas que Mgr Fellay, s‘il est réélu - il est le favori - soit opposé à une normalisation des relations avec Rome. Mais tant au Vatican qu'à Écône, aucune discussion sérieuse ne pouvait être envisagée ces derniers temps sans que celuiqui est amené à présider aux destinées de la Fraternité Saint-Pie X pour les douze années à venir soit connu ou confirmé.

Comme dans toute élection religieuse, il n'y a pas de candidature. Plusieurs autres noms circulent. On parle d‘un Italien, l'abbé Davide Pagliarani, d'un Français, l'abbé Patrick Duverger, d'un Suisse, Firmin Udressy. Pour élire un supérieur général, les deux tiers des 41 capitulants doivent s‘unir sur un nom. Tous votent à bulletins secrets.

Cette élection ne va toutefois pas débloquer d'un coup de baguette magique ce dossier épineux, mais elle pourrait créer les conditions d'un accord final avec Rome.

Il y a bien sûr des opposants à ce rapprochement, au sein de la Fraternité. Ils sont plutôt présents en France et se dénomment «les résistants». Mais ils ont peu voix au chapitre, pourrait-on dire, au sens figuré comme au sens propre, car ils n'auraient pas les voix pour s‘imposer. D'ailleurs, le tristement célèbre Mgr Richard Williamson - l‘un des quatre évêques ordonnés par Mgr Lefebvre - qui avait défrayé la chronique par ses propos négationnistes et avait été exclu de la Fraternité Saint-Pie X en 20l2, ne participe pas a cette réunion. ll vit désormais en Angleterre, son pays natal, où il a lui-même ordonné trois évoques en rupture avec Rome et avec Écône.

A dire vrai, et selon des sources internes bien informées, la tendance dominante n'est donc pas dans l'éloignement de Rome mais dans une problématique de lent rapprochement. Les divergences ne portent pas sur le principe, mais sur la méthode, les conditions, et le calendrier.

Paradoxalement en effet, le pontificat du pape François, qui hérisse les lefebvristes avec ses avancées interreligieuses et œcuméniques, a déglacé la situation par un changement total de méthode.

En théologien scrupuleux. le pape Benoît XVI - qui a tout de même levé les excommunications des évêques ordonnés par Mgr Lefebvre tout en rétablissant, à titre extraordinaire, le rite ancien de la messe en latin - avait créé une commission d'évaluation théologique des désaccords pour trouver la réconciliation. Elle s’est soldée par un échec tant les débats, notamment sur l’œcuménisme et sur le dialogue interreligieux, sont importants a propos du concile Vatican II.

Vers le traditionalisme

En pasteur, le pape argentin ne s'occupe pas des querelles théologiques mais regarde plutôt les prêtres et leur apostolat qu'il appréciait en Argentine.

Ce qui a fait dire à Mgr Fellay, le 28 juin 2018 dans le journal allemand le Tagespost, qu'il est «optimiste» pour une réconciliation dans le cadre d'une «prélature» où la Fraternité garderait une autonomie tout en répondant directement au Pape.

A suivre, donc, mais «le traditionalisme n'est pas en voie de disparition, conclut Gérard Leclerc, auteur de Rome et les lefebvristes (Salvator). Bien au contraire, dans l'Eglise catholique, l‘équilibre se porte vers le traditionalisme».