mercredi 8 juillet 2026

Retour de la SSPX à 2012

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Comme on pouvait s'y attendre la FSSPX vient d'être "excommuniée" par les modernistes romains. C'est en soi une grande grâce car cette sanction (en soi injuste), que les supérieurs ont tout fait pour éviter, établit un cordon sanitaire entre la tradition et le modernisme.

Mais il est toujours possible de résister à la grâce comme de l'accepter.

Si la SSPX accepte cette grâce de la séparation d'avec les modernistes, elle reconnaît alors que Mgr Williamson a eu raison de s'opposer au chapitre de 2012 et à toute la politique de ralliement par paliers avec Rome. Et que son opération survie (sacre de 6 évêques) était donc bien fondée et salutaire pour l'Église et les âmes.

Si au contraire la SSPX refuse cette grâce et reprend les contacts avec Rome dans plusieurs semaines, quand les passions seront retombées, alors les modernistes romains achèveront leur travail sur cette œuvre déjà très abîmée par 20 années de politique équivoque et malsaine.

Mgr Morgan et Mgr Zendejas [NdeR : article à paraître en français] nous ont mis en garde car pour le moment, rien ne semble gagné. En effet, les sirènes romaines risquent fort de reprendre. Voici par exemple ce que nous avons lu d'une personne adepte du ralliement :

"Ce décret est automatique et attendu. Il n’y a aucune surprise.
Ce qui sera significatif, ce sera la suite: dans quel cadre seront accueillis les transfuges de la SSPX, quel sort sera réservé aux communautés en régularité canonique, est ce que Rome laisse la porte ouverte à une reprise ultérieure du dialogue avec la Fraternité, etc.

Autrement dit, ces sacres sont un point de départ, pas un point d’arrivée. Tout commence…"

On peut hélas craindre que "tout recommence" tant que le mal n'a pas été purgé à la racine. Et ce mal, ce sont les décisions et orientations données par le chapitre de 2012.

Tant que la SSPX n'acceptera pas de revenir sur le chapitre de 2012 - auquel adhèrent les 4 nouveaux évêques - et reconnaîtra la pleine légitimité des 6 évêques de la Fidélité, il sera impossible aux catholiques fidèles de lui accorder confiance.

Pourquoi Rome englobe-t-elle les fidèles laïcs de la FSSPX dans l'excommunication ?

Le document romain, qui déclare l'excommunication à la suite des sacres conférés par la Fraternité Saint-Pie X, semble étendre cette sanction aux fidèles laïcs qui fréquentent habituellement ses chapelles.

Cette formulation peut surprendre. Peut-on réellement dire qu'un laïc « appartient » à la FSSPX ? En soi, il n'existe aucun formulaire d'adhésion, et la Fraternité Saint-Pie X n'est pas une association de fidèles laïcs, mais une société sacerdotale, comme son nom l'indique.

Un fidèle qui fréquente une chapelle tenue par des jésuites, des récollets ou des sulpiciens n'« appartient» pas pour autant à ces instituts. Il peut les soutenir, partager leur spiritualité ou leur apostolat, mais cela ne fait pas de lui un membre de ces communautés.

Comment, dès lors, Rome peut-elle considérer qu'un fidèle fréquentant les chapelles de la FSSPX « appartient » à cette œuvre ?

Une explication est peut-être possible.

En dehors d'une éventuelle imprécision de traduction, on pourrait comprendre que, depuis cette déclaration du 2 juillet, Rome considère désormais, de fait, l'existence d'une sorte d'« Église SSPX », ayant son centre à Menzingen, à laquelle seraient rattachés les fidèles qui la fréquentent régulièrement.
Si telle est bien l'analyse romaine, cela correspond précisément à la définition d'un schisme : l'existence d'une communauté ecclésiale distincte, structurée autour d'une autorité propre. La question ne serait donc pas d'abord doctrinale, mais disciplinaire et juridictionnelle.

Permettez-moi, à ce propos, une réflexion qui ne manquera sans doute pas de susciter des réactions.

Mgr Lefebvre aurait-il accepté que toute la Tradition catholique soit progressivement concentrée autour d'une seule œuvre ? Aurait-il approuvé la centralisation croissante opérée depuis une vingtaine d'années autour de la Maison générale de la SSPX, au point que presque rien ne puisse se faire, se dire ou se penser sans qu'elle en soit informée et n'intervienne, parfois par des décisions arbitraires et très gravement injustes ?  Mgr Lefebvre aurait il accepté que l'on chasse prêtres et évêques de la Fidélité au prétexte qu'ils ne sont pas DANS la SSPX ?

Aurait-il véritablement cautionné une telle évolution ?

Dès lors, Mgr Richard Williamson n'a-t-il pas, d'une certaine manière, eu raison d'accepter son exclusion de la Fraternité et de chercher ensuite à favoriser une organisation plus décentralisée de la Tradition, redonnant à chaque évêque, à chaque prêtre, à chaque père de famille et à chaque fidèle la responsabilité de ses propres décisions devant Dieu et devant toute l'Église ? Mgr Williamson ne nous répétait-il pas sans cesse que "le pasteur était frappé et les brebis dispersées", ce qui signifiait qu'il est tentant mais impensable de faire une église parallèle ?

Enfin, une dernière question mérite d'être posée. Même si cette sanction émane d'une autorité moderniste, est-elle pour autant entièrement dépourvue de fondement ? Est-elle totalement imméritée ?

Peut-être cette épreuve contribuera-t-elle à rappeler aux catholiques attachés à la Tradition leur responsabilité personnelle dans le combat de la foi, là où la Providence les a placés, plutôt que de s'en remettre systématiquement à une structure centrale.

Abbé Matthieu Salenave

Jubilé d’argent de M. l’abbé Salenave

A l'occasion du jubilé sacerdotal de l'abbé Salenave, l'abbé Pivert, qui le connaît depuis de nombreuses années, apporte son témoignage.


M. l’abbé Salenave en 2015 pour l’inauguration du prieuré N. D. du Christ-Roi ― La Villeneuve

M. l’abbé Salenave est un ami de longue date dont j’ai toujours apprécié le dévouement dans l’apostolat, la droiture et la simplicité. C’est pour ces raisons que nous sommes amis et que les épreuves de l’Église nous ont rapprochés. Il fêtera samedi son jubilé d’argent sacerdotal, ayant été ordonné le 29 juin 2001.

La première fois que nous nous sommes connus, il était animateur au MJCF et j’étais aumônier. C’était un camp en Italie plein de joie, de jeunesse, de sérieux et de soleil. Le suivant était en Écosse, toujours plein de joie, de jeunesse, de sérieux, mais la pluie avait remplacé le soleil. Malgré que nous nous soyons ensuite perdus de vue lors de son séjour au séminaire — six ans — et ses premières années de sacerdoce, l’estime mutuelle demeurait car nous partagions le même idéal.

Matthieu Salenave, animateur de province, en août 1994 avec M. l’abbé Pivert après la première communion d’un jeune du MJCF durant un camp en Écosse

Résistance au ralliement

Le ralliement de Mgr Fellay provoqua les mêmes inquiétudes chez nous deux et je me rappelle très bien une discussion après une conférence particulièrement envoûtante mais vide de Mgr Fellay. « C’est du nominalisme », lui dis-je. Chacun à notre poste, nous avons travaillé à maintenir la fidélité à l’héritage de Monseigneur Lefebvre, moi aux affaires canoniques et M. l’abbé Salenave sur Internet pour dévoiler ce que le supérieur de notre Fraternité nous cachait.

C’étaient les débuts d’Internet qui n’arrivait même pas dans mon prieuré et M. l’abbé Salenave fut, au service de la foi et de la vérité, un pionnier en la matière. La Révolution n’aime pas qu’on dévoile ses plans et ses manœuvres. Régulièrement, M. l’abbé pointait la lumière drue et précise de son projecteur sur Mgr Fellay, qui aurait bien préféré maintenir dans l’ombre ses visites chez les modernistes romains et sa trahison à petits pas.

Ce furent des années d’épreuve, car nous étions blessés dans ce que nous avions de plus cher, notre fidélité à l’Église et à la foi, telle que Monseigneur Lefebvre nous l’avait transmise. À côté de cela, les sévices que nous subissions personnellement étaient peu de chose. Heureusement, Monseigneur Williamson, encore plus maltraité que nous, mais courageux et clairvoyant, fut le berger que nous suivîmes tout naturellement.

C’est ainsi qu’avec quelques confrères nous fondions ce que beaucoup appelèrent la Résistance, et que je préférais appeler la Fidélité Catholique. Il y eut la brève Union Sacerdotale Marcel Lefebvre, car nous pensions qu’il fallait une structure, même minime, pour favoriser notre unité. Mais nous comprîmes vite, avec les lumières de Monseigneur Williamson, que la seule structure que la Providence nous demandait d’établir était celle de l’union dans l’esprit de foi et dans la charité fraternelle.

Grâce à Dieu, elle n’a jamais cessé, mais elle est bien mieux mise en valeur ainsi, dépouillée de tout apparat extérieur par la Providence. Des amitiés comme celles que je porte à M. l’abbé Salenave ne sont pas démonstratives. Elles ne mènent pas tambour battant des réalisations communes. Elles n’en sont que plus profondes et, finalement, à la fois plus vraies et plus efficaces. Plus efficaces parce que plus vraies.

Que Dieu bénisse votre courage et votre zèle, cher Confrère !

M. l’Abbé Matthieu Salenave dessert la Mayenne, la Basse Normandie, la Belgique, la Bretagne. Sa résidence habituelle est :

Prieuré Notre – Dame de Pontmain
6, rue Pasteur
53 390 Saint Aignan sur Roë (Mayenne)


Avec Mgr Williamson et M. l’abbé Pivert lors de l’ordination au sous-diaconat du Père Marcel de la Croix au prieuré N. D. du Christ-Roi, juillet 2018.


4 juillet à Saint Aignan : jubilé d'argent de l'abbé Salenave


A l'occasion des 25 années de sacerdoce de l'abbé Salenave, Mgr Ballini est venu d'Irlande et nous a donné un très beau sermon inspiré de saint Jérôme sur le combat catholique. Les fidèles, venus de loin, ont été ravis de cette journée. Merci mon Dieu!











Journée de joie et de paix à l'occasion de ce jubilé sous le regard de Mgr Lefebvre. Du haut des Cieux... Fier de ses successeurs !