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jeudi 16 juin 2016

A propos des disciples de Feeney


A propos des disciples de Feeney


Lettre du Supérieur de district – mai 2001


Pendant ce saint temps de l’année de l’Eglise, nous remercions Dieu de la grâce de notre baptême sacramentel, par lequel nous fûmes ensevelis avec le Christ de sorte que de la même façon que le Christ est ressuscité des morts, nous puissions vivre dans la nouveauté de la vie, en devenant les enfants adoptifs de Dieu et héritiers du Ciel par la grâce sanctifiante que le Bon Dieu a daigné nous accorder.

Néanmoins, que devons-nous dire de tous ceux qui n’ont pas eu la chance de recevoir cette même grâce du baptême sacramentel ? Il peut paraître à première vue que c’est un détail technique d’ordre théologique. Cependant, vous devez être mis au courant d’un certain groupe de gens, disciples de l’abbé Feeney, qui ont essayés d’infiltrer l’Eglise durant ces derniers 50 ans, et qui continuent à le faire, grâce à la paralysie actuelle de la structure de l’autorité de l’Eglise. En prétextant être ultra-rigide et super-stricts, ils nient le baptême de sang et le baptême de désir, malgré l’enseignement universel des Pères de l’Eglise et du Magistère, enseignement qui est repris dans tout catéchisme.

En fait, ils ne sont rien d'autre que des libéraux sous-couverts, qui se basent sur l'affirmation que l'enseignement de l'Eglise à propos du baptême de sang et de désir n'est pas formellement défini et ils en déduisent que c'est optionnel. Et que donc on est libre de croire ce qu'on veut. La fascination entière que certains de ces disciples de Feeney ont au sujet du "dogme", leur effort constant pour faire le prosélytisme de leur opinion, et leur refus d'accepter les affirmations objectives et répétées des Père de l'Eglise, des théologiens et des papes et leur effort incessant pour infecter les catholiques traditionnels, tout cela montre combien leur erreur est réellement dangereuse et non-catholique.

Il est certainement vrai que nous catholiques nous devons vouloir défendre le dogme "hors de l'Eglise, point de salut" ainsi que l'enseignement de l'Eglise sur la nécessité du sacrement de baptême. Etant donné que les libéraux nient si facilement ces doctrines, il est certainement très aisé de comprendre que des catholiques puissent réagir de façon extrême dans leur interprétation de ces enseignements. Néanmoins, il est tout-à-fait inacceptable pour un catholique de nier volontairement et en toute connaissance de cause, l'enseignement explicite de l'Eglise sur la question du baptême de sang et de désir. Car ce n'est pas parce que ces questions n'ont pas été formellement définies qu'elles sont des extras optionnels à prendre ou à laisser.

Il existe en fait différentes façons selon lesquelles l'enseignement de l'Eglise nous est présenté. Et la plus solennelle de toute est la définition "de fide catholica". L'opposé de cette définition est une hérésie. Néanmoins, l'Eglise nous propose plusieurs enseignements d'une manière moins formelle, non comme faisant l'objet d'une définition directe, comme celles qu'on retrouve dans les enseignements constants des Pères de l'Eglise, des Conciles ou des papes. De tels enseignements font partie du dépôt de la Foi, alors qu'ils n'ont pas encore été définis, et incluent des choses comme l'existence des Limbes, ou que Marie est Médiatrice de toutes les grâces, ou les enseignements comme l'Assomption, l'Immaculée Conception et la Transsubstantiation, cela avant qu'ils n'aient été définis formellement.

Ces enseignements ont toujours fait partie du Dépôt de la Foi. Et avant qu'ils n'aient été définis, ils étaient considérés comme "proxima fidei", c'est-à-dire proche de la Foi, de sorte que ceux qui en connaissance de cause les nient sont suspect d'hérésie. C'est dans cette catégorie que l'on trouve les enseignements de l'Eglise à propos du baptême de sang et le baptême de désir. Beaucoup de travaux érudits (je recommande le livre de l'abbé Rulleau, "Baptême de Désir" et le nouveau livre de l'abbé Laisney "le Feeneyism est-il catholique?" publié par Angelus Press) reprennent la liste de textes de Pères de l'Eglise et de théologiens, qui sont unanimes à enseigner que le baptême de sang et de désir est possible. Ce texte du Concile de Trente, à lui seul, devrait néanmoins suffire:

"... ce transport (à l'état de grâce) après la promulgation de la Bible ne peut pas s'effectuer excepté par la purification de la régénération ou son désir ... " (Denzinger [Dz], "Les Sources du Dogme Catholique", 796)

L'erreur des disciples de Feeney est par conséquent une très grave erreur, car en niant la possibilité réelle du baptême de sang et de désir, cela nie que Dieu Lui-même puisse octroyer de façon exceptionnelle la grâce de la justification, et donc le salut éternel à ceux qui meurent en état de grâce sanctifiante. Or, ceci est enseigné de façon explicite par le Concile de Trente dans son Décret sur la Justification (Session vi, ch. 6, Dz 798). Dieu n'est pas limité par les sacrements, mais Dieu qui s'en sert comme moyens ordinaires pour infuser la grâce sanctifiante dans l'âme, peut Lui même fournir directement la grâce qui est normalement reçue à travers les sacrements, en infusant une Foi super-naturelle dans les enseignements de l'Eglise, un espoir super-naturel pour la miséricorde de Dieu, une charité super-naturelle et la contrition parfaite pour tous les péchés. Il s'agit d'une grâce rare et dont on ne peut pas présumer, mais celui qui en nie la possibilité, nie le pouvoir de la grâce, et donne de Dieu l'image d'un monstre injuste qui condamne en enfer les catéchumènes et les martyrs qui meurent sans baptême sans qu'ils y soient pour quoi que ce soit.

On ne peut nier que cette simplification en noir et blanc de l'enseignement de l'Eglise sur la nécessité du sacrement de baptême et sur la nécessité d'appartenir à l'unique vraie Eglise, attire des catholiques attachés à la Tradition. La raison se trouve dans la substitution de l'enseignement de l'Eglise par l'opinion privée, ce qui est typique du libéralisme, mais aussi dans un légalisme d'esprit étroit qui néglige la primauté de la grâce, et donc celle de la vie intérieure, rendant le caractère sacramentel plus important que la grâce du sacrement pour lequel nous recevons le caractère. Les sacrements sont pour les hommes et pas le contraire. Leur unique objectif est de nous faire devenir des membres mystiques du corps du Christ, afin de nous donner la grâce sanctifiante et les grâces actuelles nécessaires pour notre salut. La triste conséquence ce ces attitudes est que beaucoup de disciples de Feeney sont imperméables aux explications de l'enseignement de l'Eglise, qu'ils manquent aussi de docilité dans d'autres aspects de la vie Catholique, qu'ils sortent délibérément des textes isolés hors de leur contexte pour justifier leur fausse opinion, et qu'ils cherchent des arguments légalistes pour discréditer la condamnation de l'abbé Feeney par le Saint Office en 1949, et son excommunication en 1952.

L'objectif des lignes ci-dessus est de vous informer de la gravité du sujet qui n'est pas du tout ouvert au libre choix. Pour parler avec objectivité, les disciples de Feeney commettent un péché grave contre la Foi, même si ils ne s'en rendent pas compte. Cela explique que la Fraternité Saint Pie X ne permette aucun prosélytisme de cette erreur ni dans ses chapelles ni autour d'elles ni à l'égard de ses fidèles, pas même par le bouche-à-oreille ni par des fascicules à distribuer. Si nous étions dans un temps normal pour l'Eglise, Rome continuerait à agir avec autorité, en condamnant cette erreur et peut être en faisant une définition "de fide" à propos du baptême de sang et de désir. Si les disciples de Feeney choisissent de tirer parti de la confusion actuelle provoquée par la perte de l'autorité de l'Eglise, nous n'avons nous aucune excuse pour contribuer à cette confusion soit en fragilisant soit en manquant de clarté dans notre affirmation de l'enseignement de l'Eglise, tel qu'il se trouve dans le "Catéchisme du Concile de Trente".

Que Saint Joseph artisan nous aide à travailler à notre salut dans la crainte et le tremblement, et que la Sainte Mère nous place sous son manteau pour nous protéger de façon toute spéciale pendant ce mois ou abonde la grâce.

Avec l’assurance de mon dévouement en Jésus, Marie et Joseph

Abbé Peter R. Scott

lundi 16 mai 2016

Pie XII - Décret d'excommunication du Père Léonard Feeney

Texte publié sur le site internet Le Doctrinaire

Pie XII - Décret d'excommunication du Père Léonard Feeney 

DÉCRET DU SAINT-OFFICE EXCOMMUNIANTLE R. P. LEONARD FEENEY S. J.(13 février 1953) [i]

Il y a quelques années un groupe d'étudiants et d'étudiantes de l'Université de Harvard se réunissaient régulièrement au Centre d'accueil Saint-Benoît, à Boston, dont l'aumônier était le R. P. Leonard Feeney

Trois professeurs laïques furent exclus du collège des Pères Jésuites par décision du recteur, parce que professant sur la thèse « Hors de l'Eglise pas de salut » des doctrines erronées.

Mais bientôt après le Père Feeney prenait fait et cause pour ces professeurs et il les intégrait dans le corps professoral de son Centre et se rebellait ainsi contre son supérieur. L'archevêque de Boston, S. Excellence Mgr Cushing, se voyait obligé de condamner le Père Feeney et de lui enlever à partir du 1er janvier 1949 les pouvoirs d'entendre les confessions.

Une lettre du Saint-Office dénonçait l'hérésie du Père Feeney, mais celle-ci ne fut pas rendue publique au moment de sa publication en août 1949.

Aussi nous donnons ici le texte de cette lettre du Saint-Office du 8 août 1949.

Cette Suprême Sacrée Congrégation a suivi très attentivement le commencement et le cours de la sérieuse controverse, soulevée par certains associés du St. Benedict Center et du Boston College, concernant l'interprétation de la maxime : « Hors de l'Eglise point de salut ».

Après avoir examiné tous les documents nécessaires ou utiles sur ce sujet — entre autres le dossier envoyé par votre chancellerie, les recours et rapports où les associés duSt. Benedict Center exposent leurs opinions et leurs réclamations, et en outre beaucoup d'autres documents se rapportant à cette controverse recueillis par voie officielle, — la Sacrée Congrégation a acquis la certitude que cette malheureuse question a été soulevée parce que le principe « hors de l'Eglise point de salut » n'a pas été bien compris ni examiné et que la controverse s'est envenimée par suite d'un sérieux manquement à la discipline, provenant du fait que certains membres des associations mentionnées ont refusé respect et obéissance aux autorités légitimes.

En conséquence, les Eminentissimes et Révérendissimes Cardinaux de notre Suprême Congrégation ont décrété en session plénière, le mercredi 27 juillet 1949, et le Souverain Pontife, en l'audience du jeudi suivant 28 juillet 1949, a daigné approuver l'envoi des explications doctrinales, de l'invitation et des exhortations suivantes

Nous sommes obligés par la foi divine et catholique à croire toutes les choses que contient la Parole de Dieu, Ecriture ou Tradition, et que l'Eglise proposé à la foi comme divinement solennelle, mais encore par son magistère ordinaire et universel[ii].

Or, parmi les choses que l'Eglise a toujours prêchées et ne cessera pas d'enseigner, il y a aussi cette déclaration infaillible où il est dit qu'il n'y a pas de salut hors de l'Eglise.

Cependant, ce dogme doit s'entendre dans le sens que lui attribue l'Eglise elle-même. Le Sauveur, en effet, a confié l'explication des choses contenues dans le dépôt de la foi, non pas au jugement privé, mais à l'enseignement de l'autorité ecclésiastique.

Or, en premier lieu, l'Eglise enseigne qu'en cette matière il existe un mandat très strict de Jésus-Christ, car il a chargé explicitement ses apôtres d'enseigner à toutes les nations d'observer toutes les choses qu'il avait lui-même ordonnées[iii].

Le moindre de ces commandements n'est pas celui qui nous ordonne de nous incorporer par le Baptême au Corps mystique du Christ qui est l'Eglise, et de rester unis avec lui et avec son Vicaire par qui lui-même gouverne ici-bas son Eglise de façon visible.

C'est pourquoi nul ne se sauvera sachant que l'Église est d'institution divine par le Christ, il refuse malgré cela de se soumettre à elle ou se sépare de l'obédience du Pontife romain, Vicaire du Christ sur la terre.

Non seulement notre Sauveur a-t-il ordonné que tous les peuples entrent dans l'Eglise, il a aussi décrété que c'est là un moyen de salut sans lequel nul ne peut entrer dans le royaume éternel de la gloire.
Dans son infinie miséricorde, Dieu a voulu que, puisqu'il s'agissait des moyens de salut ordonnés à la fin ultime de l'homme non par nécessité intrinsèque, mais seulement par institution divine, leurs effets salutaires puissent également être obtenus dans certaines circonstances, lorsque ces moyens sont seulement objets de « désir » ou de « souhait ». Ce point est clairement établi au Concile de Trente aussi bien à propos du sacrement de Baptême qu'à propos de la Pénitence[iv].

Il faut en dire autant, à son plan, de l'Eglise en tant que moyen général de salut. C'est pourquoi, pour qu'une personne obtienne son salut éternel, il n'est pas toujours requis qu'elle soit de fait incorporée à l'Eglise à titre de membre, mais il faut lui être uni tout au moins par désir ou souhait.

Cependant, il n'est pas toujours nécessaire que ce souhait soit explicite comme dans le cas des catéchumènes. Lorsque quelqu'un est dans une ignorance invincible, Dieu accepte un désir implicite, ainsi appelé parce qu'il est inclus dans la bonne disposition de l'âme, par laquelle l'on désire conformer sa volonté à celle de Dieu.

Ces choses sont clairement exprimées dans la Lettre dogmatique publiée par le Souverain Pontife Pie XII, le 29 juin 1943, « sur le Corps mystique de Jésus-Christ »[v]. Dans cette Lettre, en effet, le Souverain Pontife distingue clairement ceux qui sont actuellement incorporés à l'Eglise comme membres et ceux qui lui sont unis par le désir seulement.

Parlant des membres qui forment ici-bas le Corps mystique, le même auguste Pontife dit: « Seuls font partie des membres de l'Eglise ceux qui ont reçu le Baptême de régénération et professent la vraie foi, qui, d'autre part, ne se sont pas pour leur malheur séparés de l'ensemble du Corps ou n'en ont pas été retranchés pour des fautes très graves par l'autorité légitime »[vi].
Vers la fin de la même Encyclique, invitant à l'unité, avec la plus grande affection, ceux qui n'appartiennent pas au corps de I'Eglise catholique, il mentionne ceux qui « par un certain désir et souhait inconscient, se trouvent ordonnés au Corps mystique du Rédempteur»[vii]. II ne les exclut aucunement du salut éternel, mais il affirme par ailleurs qu'ils se trouvent dans un état « où nul ne peut être sûr de son salut éternel »[viii], et même qu' « ils sont privés de tant et de si grands secours et faveurs célestes, dont on rte peut jouir que dans l'Eglise catholique »[ix].

Par ces paroles, le Pape condamne aussi bien ceux qui excluent du salut éternel les hommes qui ne sont unis à l’Eglise que par le désir implicite, que ceux qui affirment erronément que tous les hommes peuvent se sauver à titre égal dans toutes les religions[x].

Cependant, il ne faudrait pas croire que n'importe quelle sorte de désir d'entrer dans l'Eglise suffise pour le salut. Le désir par lequel quelqu'un adhère à l'Eglise doit être animé de charité parfaite. Un désir implicite ne peut pas non plus produire son effet si l'on ne possède pas la foi surnaturelle « car celui qui s'approche de Dieu doit croire qu'il existe et qu'il rémunère ceux qui le cherchent »[xi]. Le Concile de Trente déclare[xii] : « La foi est le principe du salut de l'homme, le fondement et la racine de toute justification. Sans elle, il est impossible de plaire à Dieu et de compter parmi ses enfants »[xiii].

Il est évident, d'après ce qui précède, que les idées proposées par le périodique From the Housetops (n. 3) comme l'enseignement authentique de l'Eglise catholique, sont loin de l'être et sont très dangereuses aussi bien pour ceux qui sont dans l'Eglise que pour ceux qui vivent en dehors d'elle

De cet exposé doctrinal découlent certaines conclusions touchant à la discipline et à la conduite que ne peuvent méconnaître ceux qui défendent avec vigueur la nécessité d'appartenir à la véritable Eglise et de se soumettre à l'autorité du Pontife romain et des évêques « que l'Esprit-Saint a désignés pour gouverner l'Eglise »[xiv].

C'est pourquoi il est inexplicable que le St. Benedict Center puisse prétendre être un groupe catholique et désirer être considéré comme tel et qu'en même temps il ne se conforme pas aux prescriptions des canons 1381 et 1382 du Code de droit canonique, et continue d'être une cause de discorde et de révolte contre l'autorité ecclésiastique, et de trouble pour beaucoup de consciences.

En outre, il est difficile de comprendre qu'un membre d'un Institut religieux, le P. Feeney, se présente comme « défenseur de la foi » et qu'en même temps il n'hésite pas à attaquer l'enseignement donné par les autorités légitimes et ne craigne même pas d'encourir les graves sanctions dont le menacent les sacrés canons pour les violations graves de ses devoirs de religieux, de prêtre et de simple membre de l'Eglise.

Enfin, il n'est pas prudent de tolérer que certains catholiques revendiquent pour eux-mêmes le droit de publier un périodique, dans l'intention d'y exposer des doctrines théologiques, sans la permission de l'autorité ecclésiastique compétente, que l'on appelle imprimatur et qui est prescrite par les sacrés canons.

Ceux, donc, qui s'exposent au grave danger de s'opposer à l'Eglise, doivent méditer sérieusement qu'une fois que « Rome a parlé », ils ne peuvent passer outre même pour des raisons de bonne foi. Leur lien à l'Eglise et leur devoir d'obéissance sont certainement plus stricts que pour ceux qui adhèrent à elle « seulement par un désir inconscient ». Qu'ils comprennent qu'ils sont les enfants de l'Eglise, affectueusement soutenus par elle avec le lait de la doctrine et les sacrements, et que, après avoir entendu la voix de leur Mère, ils ne peuvent donc pas être excusés d'ignorance coupable. Qu'ils comprennent que le principe suivant s'applique à eux sans restriction : « La soumission à l'Eglise catholique et au Souverain Pontife est nécessaire au salut».

Ce document était rendu public le 4 septembre 1952.

Le Père Feeney, au lieu de se soumettre, se révolta davantage et commença une campagne de violence contre les autorités religieuses. Le 25 octobre 1952, le Père fut mandé à Rome ; il refusa de s'y rendre ; après un dernier avertissement, il fut excommunié.

Il continue à occuper le Centre Saint-Benoît et a une centaine d'adeptes qui, au milieu de leurs prières, lancent des invectives aux autorités religieuses. Ils se nomment « Esclaves du Coeur Immaculé de Marie ».

Comme le prêtre Léonard Feeney, résidant à Boston (Saint Benedict Center), lequel à cause du grave refus d'obéissance à l'Autorité ecclésiastique avait été déjà suspendu « a divinis », nonobstant les avertissements réitérés et l'instante menace d'excommunication à encourir ipso facto, n'est pas venu à résipiscence, les Eminentissimes et Révérendissimes Pères préposés à la sauvegarde de la foi et des mœurs, dans la séance plénière du mercredi 4 février 1953, l'ont déclaré excommunié avec tous les effets de droit.

Et le jeudi 12 février 1953, Sa Sainteté Pie XII, Pape par la Providence de Dieu, a approuvé, confirmé le décret des Eminentissimes Pères et ordonné qu'il fût rendu public.

Voir pour plus d'information un site ami : Notre Dame des Anges


[i] D'après le texte latin des A. A. S., XXXXV, 1953, p. 100.
[ii] Denzinger, n.1792.
[iii] Matth., XXVIII, 19-20.
[iv] A. A. ., XXXV 1943, pp. 193 et s.
[v] Denzinger , n.797 et 807
[vi] Cf. Encyclique Mystici Corporis Christi.
[vii] Cf. Encyclique Mystici Corporis Christi.
[viii] Ibid.
[ix] Ibid.
[x] Cf. Pape Pie IX, Singulari quadam, Denzinger, n. 1641 s. ; Pie XI, Quanto conficiamur moerore, Denzinger, n. 1677.
[xi] Hébr., XI, 6.
[xii] Session VI, ch. VIII.
[xiii] Denzinger, n.801
[xiv] Act. XX, 28.

mardi 29 septembre 2015

Savoir affirmer les vérités qui choquent

Par Hilaire Belloc
« La confirmation par l’expérience d’une vérité que l’on avait affirmée avec insistance, mais que personne, d’abord, n’avait crue, exerce une puissante influence sur les esprits.

J’irais jusqu’à croire que, de tous les moyens de convaincre, c’est là le plus puissant. C’est une illustration de la doctrine fondamentale, qui veut que la vérité confirme la vérité.

Si vous racontez à un homme une chose qui lui paraît stupide, impossible, simple cliquetis de paroles, alors que vous, personnellement, vous savez fort bien, par expérience que cette chose est réelle et conforme à la vie, alors la vérité sera corroborée dans son esprit : elle s’imposera avec beaucoup plus de force que s’il n’avait jamais douté.

C’est la raison pour laquelle il vaut toujours la peine, à mon avis, de travailler d’arrache-pied à propager des vérités que l’on sait importantes, même celles qui paraissent aux autres complètement absurdes lorsqu’ils les entendent pour la première fois. Car, bien que vous puissiez fort bien mourir avec la réputation d’un homme extravagant et même celle d’un fou, la réalité, néanmoins, viendra couronner vos efforts en son temps. Et quand bien même ce couronnement de vos efforts, le triomphe de la vérité, ne devrait jamais être associé à votre propre nom, il vaudrait encore la peine de l’entreprendre, par égard pour la vérité, à laquelle, c’est ma conviction, nous devons une sorte d’allégeance : non parce qu’elle est la vérité – on ne peut rendre aucune allégeance à une abstraction – mais parce que chaque fois que nous maintenons instamment une vérité nous rendons témoignage au Dieu tout puissant.

Il n’est guère fréquent, à notre époque, de rencontrer, dans l’espace d’une vie, des hommes décidés à proclamer des vérités non reçues, ou mal reçues, ou inconnues ; parce qu’il faut que des hommes pareils aient à souffrir. Et bien peu, aujourd’hui acceptent de souffrir sinon contre quelque rétribution. »
 
Hilaire Belloc (1870-1953), The Cruise of the Nona

mercredi 16 septembre 2015

Campos: 62 raisons pour lesquelles nous ne pouvons pas en conscience assister à la nouvelle messe

 


Résumé : – Compilation par les prêtres du diocèse de Campos au Brésil –
Note : toutes les citations suivies d’une astérisque sont tirées de la lettre des cardinaux A. Ottaviani et A. Bacci au Pape Paul VI, datée du 25 septembre 1969, qui incluait « une étude critique du Nouvel Ordo Missæ ».



La messe traditionnelle

La messe nouvelle
2000 ans d’usage vénérable
Approuvée et fidèle
« Fabriquée » en 1969
Expérimentale
Clairement un sacrifice
Un autel, un prêtre
Clairement un repas
Une table
Centrée sur Dieu
Structurée pour la révérence
Centrée sur l’homme
Structure floue, invitation aux abus
Entièrement catholique
Une, sainte, catholique et apostolique
A moitié protestante
Privée de ces 4 notes
Codifiée au Concile de Trente
par un saint Pape (St Pie V)Une, sainte, catholique et apostolique
Arrangée artificiellement
avec l’approbation de 6 ministres protestants
Féconde (quantité de saints, martyrs, vocations religieuses)Stérile (séminaires vides, baisse de l’assistance à la messe, désertions en masse)
1. Parce que la nouvelle messe n’est pas une profession de foi catholique sans équivoque (ce qu’est la messe traditionnelle), elle est ambiguë et protestante. Donc puisque nous prions selon ce que nous croyons, il s’en suit que nous ne pouvons pas prier avec la nouvelle messe à la manière protestante et croire encore comme des catholiques !
2. Parce que les changements n’étaient pas de petits détails mais avaient en fait « trait à une rénovation fondamentale… un changement total… une nouvelle création ». (Mgr A. Bugnini, co-auteur de la nouvelle messe)
3. Parce que la nouvelle messe nous amène à croire « que les vérités… peuvent changer ou être traitées comme si elles n’existaient pas, sans qu’il y ait infidélité envers le dépôt sacré de la doctrine à laquelle la foi catholique est liée à jamais. »*
4. Parce que la nouvelle messe « s’éloigne de façon impressionnante de la théologie catholique de la Sainte Messe, telle qu’elle a été formulée à la XXIIème session du Concile de Trente » qui, en fixant les « canons », a fourni une « barrière insurmontable pour toute hérésie qui s’attaquerait à l’intégrité des Saints Mystères. »*
5. Parce que la différence entre les deux messes n’est pas purement de détail ou de simple modification de cérémonie, mais « tant de choses éternelles s’y trouvent reléguées à une place mineure (dans la nouvelle messe), – pour autant qu’elles y trouvent encore une place. »*
6. Parce que les « récentes réformes ont suffisamment démontré que de nouveaux changements dans la liturgie ne pourront pas se faire sans conduire au désarroi le plus total des fidèles qui déjà manifestent des signes de troubles et de diminution de la foi. » *
7. Parce qu’en des temps de confusion tels que les nôtres, nous sommes guidés par les paroles de Notre-Seigneur : « Vous les connaîtrez à leurs fruits ». Les fruits de la nouvelle messe sont : une baisse de 30% dans l’assistance à la messe du dimanche aux USA (NY Times 24/5/75), 43% de baisse en France (cardinal Marty), 50% de baisse en Hollande (NY Times 5/1/76).
8. Parce que « dans la meilleure art du clergé le résultat pratique (de la nouvelle messe) est une torturante crise de conscience… »*.
9. Parce que, moins de 7 ans après l’introduction de la nouvelle messe, les prêtres dans le monde sont passés de 413’438 à 243’307 … une baisse de près de 50% ! (Statistiques du Saint-Siège).
10. Parce que « les raisons pastorales avancées pour jstifier une telle rupture avec la tradition… ne nous semblent pas suffisantes. »*
11. Parce que la nouvelle messe ne manifeste pas la foi dans la présence réelle de Notre-Seigneur, la messe traditionnelle la manifeste sans équivoque.
12. Parce que la nouvelle messe établit une confusion entre la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie et sa présence MYSTIQUE parmi nous (se rapprochant de la doctrine protestante).
13. Parce que la nouvelle messe brouille ce qui devrait être une différence bien marquée entre le sacerdoce hiérarchique et le sacerdoce commun des fidèles (comme le fait le protestantisme).
14. Parce que la nouvelle messe favorise la théorie hérétique que c’est la FOI du peuple et non LES PAROLES DU PRÊTRE qui rend le Christ présent dans l’Eucharistie.
15. Parce que l’insertion de la « Prière des fidèles » luthérienne dans la nouvelle messe suit et met en avant l’erreur que tous les fidèles sont des prêtres.
16. Parce que la nouvelle messe supprime le Confiteor du prêtre – le rend collectif avec le peuple -, promouvant ainsi le refus de Luther d’accepter l’enseignement catholique selon lequel le prêtre est juge, témoin et intercesseur avec Dieu.
17. Parce que la nouvelle messe nous donne à entendre que le peuple concélèbre avec le prêtre, ce qui va à l’encontre de la théologie catholique !
18. Parce que six ministres protestants ont collaboré à l’élaboration de la nouvelle messe : George, Jasper, Shepher, Kunneth, Smith et Thurian.
19. Parce que de même que Luther a supprimé l’offertoire – parce qu’il exprimait très clairement le caractère sacrificiel et propitiatoire de la messe – de même les inventeurs de la nouvelle messe l’ont supprimé, le réduisant à une simple préparation des oblats.
20. Parce qu’on en a retiré suffisamment de théologie catholique que les protestants peuvent utiliser le texte de la nouvelle messe sans difficulté, tout en gardant leur antipathie pour la véritable Eglise Catholique romaine. Le ministre protestant Thurian (co-consulteur pour le projet de la nouvelle messe) a dit qu’un fruit de la nouvelle messe « sera peut-être que des communautés non-catholiques pourront célébrer la Cène du Seigneur en utilisant les mêmes prières que l’Eglise catholique. » (La Croix, 4/30/69)
21. Parce que le ton narratif de la consécration dans la nouvelle messe implique que c’est seulement un mémorial et non un vrai sacrifice (thèse protestante).
22. Parce que par de graves omissions, la nouvelle messe nous amène à croire que c’est seulement un repas (doctrine protestante) et non pas un sacrifice pour la rémission des péchés (doctrine catholique).
23. Parce que les changements tels que : la table au lieu de l’autel, l’orientation face au peuple au lieu du tabernacle ; la communion dans la main, etc. accentuent des doctrines protestantes (par ex. la messe n’est qu’un repas ; le prêtre n’est qu’un président de l’assemblée ; l’Eucharistie N’EST pas le Corps, le Sang, l’âme et la divinité de Jésus-Christ, mais simplement un morceau de pain, etc.)
24. Parce que les protestants eux-mêmes ont dit : « les nouvelles prières eucharistiques catholiques ont abandonné la fausse (sic) perspective d’un sacrifice offert à Dieu ». (La Croix, 10/12/69)
25. Parce que nous sommes confrontés avec le dilemme : soit nous devenons protestants en rendant un culte avec la nouvelle messe soit nous préservons la foi catholique en adhérant fidèlement à la messe traditionnelle, la messe de toujours.
26. Parce que la nouvelle messe a été faite selon la définition protestante de la messe : « La Cène du Seigneur ou messe est la synaxe sacrée ou assemblée du peuple de Dieu qui se rassemble sous la présidence du prêtre pour célébrer le mémorial du Seigneur. » (§7 de l’Instructio generalis, définissant la nouvelle messe 6/4/69).
27. Parce qu’au moyen d’ambiguïtés, la nouvelle messe prétend plaire aux catholiques tout en plaisant aux protestants ; ainsi elle parle un double langage et elle offense Dieu qui a en horreur cette sorte d’hypocrisie : « Maudits soient… les hommes au langage double car ils détruisent la paix d’un grand nombre. » (Sirach)
28. Parce que les beaux hymnes catholiques si familiers aux peuples qui les avaient inspiré pendant des siècles, ont été mis aux ordures et remplacé par de nouveaux hymnes de tendance fortement protestante, accentuant encore davantage l’impression que l’on n’assiste plus à un service catholique.
29. Parce que la nouvelle messe contient des ambiguïtés qui favorisent de façon subtile l’hérésie, ce qui est plus dangereux que si elle était clairement hérétique puisque une semi-hérésie ressemble à moitié à la Vérité !
30. Parce que le Christ n’a qu’une seule Epouse, l’Eglise catholique, et son culte ne peut pas servir également des religions qui lui sont hostile.
31. Parce que la nouvelle messe suit la forme de la messe anglicane hérétique de Cranmer, et que les méthodes utilisées pour la promouvoir calquent précisément les méthodes des hérétiques anglais.
32. Parce que notre Sainte Mère l’Eglise a canonisé les nombreux martyrs anglais qui furent tués pour avoir refusé de participer à une messe semblable à la nouvelle messe !
33. Parce que les protestants qui se sont convertis au catholicisme sont scandalisés de voir que la nouvelle messe est la même que celle à laquelle ils assistaient en tant que protestants. L’un d’eux, Julien Green, demande : « Pourquoi nous sommes-nous convertis ? »
34. Parce que les statistiques montrent une grande baisse des conversions au catholicisme à la suite de l’utilisation de la nouvelle messe. Les conversions qui atteignaient les 100’000 par an aux USA, ont diminué jusqu’à moins de 10’000 ! Et le nombre de gens qui quittent l’Eglise excède de beaucoup ceux qui y entrent.
35. Parce que la messe traditionnelle a forgé de nombreux saints. « Des saints innombrables ont été nourris abondamment avec la piété convenable envers Dieu par elle… » (Pape Paul VI, Const. Apost. Missale Romanum).
36. Parce que la nature de la nouvelle messe est telle qu’elle facilite les profanations de la sainte Eucharistie, qui se produisent avec une fréquence jamais connue avec la messe traditionnelle.
37. Parce que la nouvelle messe, en dépit des apparences, véhicule une foi nouvelle, et non la foi catholique. Elle véhicule le modernisme et suit exactement les tactiques du modernisme, utilisant une terminologie vague pour insinuer et faire avancer l’erreur.
38. Parce qu’en introduisant des variations à options, la nouvelle messe sape l’unité de la liturgie, chaque prêtre étant sujet à des déviations selon son gré sous prétexte de créativité. Le désordre résulte inévitablement, accompagné par un manque de respect et de l’irrévérence.
39. Parce que beaucoup de bons théologiens catholiques, de canonistes et de prêtres n’acceptent pas la nouvelle messe, et affirment qu’ils ne peuvent la célébrer en bonne conscience.
40. Parce que la nouvelle messe a éliminé des choses telles que : les génuflexions (il n’en reste que trois), la purification des doigts des prêtres dans le calice, la préservation de tout contact profane des doigts du prêtre après la consécration, les pierres d’autels consacrées et les reliques, les trois nappes d’autel (réduites à une), tout ce qui « sert seulement à accentuer à quel point la foi dans le dogme de la présence réelle est outrageusement et implicitement répudiée. »*
41. Parce que la messe traditionnelle, enrichie et mûrie par ces siècles de tradition sacrée, a été codifiée (non pas inventée) par un pape qui était un saint, Pie V; tandis que la nouvelle messe a été artificiellement fabriquée par six ministres protestants et un franc-maçon du 33ème degré, à savoir Mgr A. Bugnini qui fut plus tard exilé du Vatican à cause de ses liens avec la franc-maçonnerie.
42. Parce que les erreurs de la nouvelle messe qui se trouvent accentuées dans la version vernaculaire sont présentes même dans le texte latin de la nouvelle messe.
43. Parce que la nouvelle messe, avec ses ambiguïtés et son esprit permissif, nous expose à la colère de Dieu en facilitant le risque de consécrations invalides. « Les prêtres dans un avenir proche, qui n’auront pas reçu la formation traditionnelle, et qui comptent sur le Novus ordo Missæ avec l’intention de « faire ce que l’Eglise fait », consacreront-ils validement ? Il est permis d’en douter ! »*
44. Parce que l’abolition de la messe traditionnelle rappelle la prophétie de Daniel (8, 12) : « Et il lui fut donné pouvoir contre le sacrifice perpétuel à cause des péchés du peuple » et la remarque de St Alphonse de Liguori : parce que la messe est la meilleure et la plus belle des choses qui existe dans l’Eglise ici-bas, le diable a toujours cherché au moyen des hérétiques, à nous en priver.
45. Parce que dans les endroits où la messe traditionnelle est préservée, la foi et la ferveur des gens sont plus grandes. Tandis que l’opposé est vrai là où règne la nouvelle messe (Rapport sur la messe, diocèse de Campos, Roma, Buenos Aires n° 69, 8/81).
46. Parce qu’avec la nouvelle messe viennent aussi un nouveau catéchisme, une nouvelle morale, de nouvelles prières, un nouveau code de droit canon, un nouveau calendrier, – en un mot, une NOUVELLE EGLISE, une complète révolution par rapport à ce qui était. « La réforme liturgique… ne vous laissez pas tromper, c’est là que commence la révolution ». (Msgr Dwyer, archevêque de Birmingham, porte-parole du synode épiscopal).
47. Parce que la beauté intrinsèque de la messe traditionnelle attire les âmes par elle-même, tandis que la nouvelle messe dépourvue d’attirance en elle-même, doit inventer des nouveautés et des spectacles pour attirer les gens.
48. Parce que la nouvelle messe rassemble de nombreuses erreurs condamnées par le pape Pie XII (ex. : l’autel en forme de table. Voir Mediator Dei).
49. Parce que la nouvelle messe tente de transformer l’Eglise catholique en une nouvelle église œcuménique embrassant toutes les idéologies et toutes les religions – le bien et le mal, la vérité et l’erreur – un but dont ont longtemps rêvé les ennemis de l’Eglise catholique.
50. Parce que la nouvelle messe, en retirant les saluts et la bénédiction finale quand le prêtre célèbre seul, manifeste un refus et une absence de foi dans le dogme de la communion des saints.
51. Parce que l’autel et le tabernacle sont maintenant séparés, marquant ainsi une division entre le Christ dans son prêtre-et-sacrifice-sur-l’autel et sa présence réelle dans le tabernacle « deux choses qui par leur nature même doivent rester ensemble » (Pie XII).
52. Parce que la nouvelle messe ne constitue plus un culte vertical entre Dieu et l’homme, mais plutôt un culte horizontal entre l’homme et l’homme.
53. Parce que la nouvelle messe, bien que se conformant en apparence aux dispositions du Concile Vatican II, s’oppose en réalité à ses instructions, puisque le concile lui-même a déclaré son désir de conserver et de promouvoir le rite traditionnel.
54. Parce que la messe traditionnelle latine du pape St Pie V n’a jamais été légalement abrogée et en conséquence demeure un véritable rite de l’Eglise Catholique Romaine au moyen duquel les fidèles peuvent remplir leur obligation dominicale.
55. Parce que le pape St Pie V a accordé un indult à perpétuité, valide « pour toujours », pour célébrer la messe traditionnelle librement, licitement, sans scrupule de conscience, sans punition, sentence ou censure (Bulle papale « Quo primum« ).
56. Parce que le Pape Paul VI, en promulguant la nouvelle messe, a déclaré lui-même : « Le rite… en lui-même n’est pas une définition dogmatique. (19/11/69)
57. Parce que le pape Paul VI, quand le Cardinal Heenan d’Angleterre lui a demandé s’il abrogeait ou interdisait la messe tridentine, a répondu : « Ce n’est pas notre intention d’interdire absolument la messe tridentine. »
58. Parce que « dans le Libera nos de la nouvelle messe, la Sainte Vierge, les apôtres et tous les saints ne sont plus mentionnés, leur intercession n’étant ainsi plus demandée, même en temps de péril. »*
59. Parce que dans aucune des trois nouvelles prières eucharistiques (de la nouvelle messe) il n’y a de référence… à l’état de souffrance de ceux qui sont morts, dans aucune d’elles il n’y a la possibilité d’un Mémento particulier; on sape ainsi la foi dans la nature rédemptrice du Sacrifice. *
60. Parce que nous reconnaissons l’autorité suprême du Saint-Père dans son gouvernement universel de la Sainte Eglise, mais que nous savons que même cette autorité ne peut pas nous imposer une pratique qui est si CLAIREMENT contre la foi : une messe qui est équivoque et qui favorise l’hérésie et en conséquence qui déplaît à Dieu.
61. Parce que, comme l’a affirmé le concile Vatican I, « le Saint-Esprit n’a pas été promis aux successeurs de Pierre, pour qu’ils fassent connaître sous sa révélation une nouvelle doctrine, mais pour qu’avec son assistance ils gardent saintement et exposent fidèlement la Révélation transmise par les apôtres, c’est-à-dire le dépôt de la foi. » (DzH 3070)
62. Parce que l’hérésie, ou tout ce qui favorise clairement l’hérésie, ne peut pas être matière à obéissance. L’obéissance est au service de la foi et non la foi au service de l’obéissance ! Ainsi donc, dans le cas concerné, « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes » (Actes 5, 29).

vendredi 31 juillet 2015

Trombinoscope des quatre évêques sacrés en 1988


Sous la Bannière - revue de presse ancienne par Adrien Loubier nov/déc 2013 N° 170
Monseigneur Williamson

Il semblait bien le plus à craindre pour eux. Il est qualifié de "redoutable séducteur"! Sa biographie est brève, mais précise:professeur de lettres, notamment en Afrique noire;abjure l'anglicanisme à trente ans;entre en 1972 à Ecône où il est ordonné prêtre en 1976, puis où il devient professeur, et sous-directeur en 1979. En 1981, il est nommé à Riedgefield (USA) dont il devient en 1983 directeur du séminaire. Golias reconnaît en lui un thomiste notoire.
Le service de renseignement de Golias et ses antennes dans la FSSPX, paraît bien informé.
Qu'en "pense" Golias?]C'est, nous dit-on, le plus extrémiste de la bande des cinq (évêques), mais c'est bien lui qui partira le premier en cas de "rabibochage avec Rome"
Intéressant à lire 25 ans plus tard en 2013!
Il est qualifié de "résolument misogyne", ainsi que d'antisémite. Voire proche "des thèses révisionnistes". (Mon Dieu quelle horreur!)
Son cléricalisme le ferait aspirer à "l'édification d'un État catholique où l'évêque serait enfin le chef suprême!" (!)
Mais on le craint, car on l'avoue "d'une intelligence redoutable"!
"Excellent pianiste", on le voue au mépris pour avoir interdit aux séminaristes de jouer du Bach à cause de son protestantisme.
(Pourtant, je crois bien l'avoir entendu moi-même jouer des morceaux de ce compositeur!)
Et en conclusion, Golias affirme que Monseigneur Williamson "est de loin le plus dangereux des évêques intégristes".
Intéressant, n'est-ce pas?


Monseigneur Tissier de Mallerais

Né en 1945 en Haute-Savoie, quoiqu'originaire de l'Ouest, il fut titulaire d'une maîtrise de biologie. Entré au séminaire Saint Pie X à Fribourg, l'abbé Tissier de Mallerais est ordonné à Ecône en 1975.
Professeur, puis directeur d'Ecône de 79 à 83. En 1984, il devient secrétaire général de la Fraternité.
Golias mentionne qu'il s'est spécialisé dans l'analyse critique de la déclaration de Vatican II sur la liberté religieuse.
En tête de cette notice, Golias juge que cet évêque est "un doctrinaire appliqué".
Que pense-t-on de Monseigneur Tissier de Mallerais chez Golias?
"De tendance plus modéré que Monseigneur Williamson, le personnage n'en demeure pas moins très sectaire".
"Suivait Monseigneur Lefebvre comme Dieu lui-même" dit un de ses proches.
'"Grand timide devant l'éternel, il est l'un des pionniers du mouvement lefebvriste".
"L'homme n'est pas fait pour diriger. C'est un exécutant modèle, de tempérament gentil, voire humble dans certaines situations".
MAIS (!) Demeure cependant très doctrinaire et a tendance à se durcir...
En bref un portrait assez fidèle, quoiqu'il faille le prendre avec des pincettes!
Retenons "gentil", mais "sectaire" et "doctrinaire"... Bref un ennemi pour Golias!
Tant mieux!

Monseigneur de Galarreta

D'emblée, son nom est suivi par une appréciation lapidaire, résumant l'opinion de Golias: un suiviste tranquille.
La notice précise que Monseigneur de Galarreta, né en 1957, est Espagnol. Passé par le séminaire de la Plata (1975-1977), il en sort pour entrer à Ecône pour y retrouver l'idéal sacerdotal traditionnel. Il y "manifeste d'excellentes aptitudes" et est ordonné en 1980. Professeur, puis directeur au séminaire de la Reja en Argentine. En 1985, il fut nommé supérieur du district d'Amérique du Sud.
Qu'en pense Golias?
Peu de choses semble-t-il, car les jugements portés par cette revue tiennent en quatre lignes pas plus. Je les cite donc telles quelles:
"Lui aussi est un homme doux et gentil. Ce traditionaliste d'origine espagnole est donc lion d'être un extrémiste mais rien n'ébranlera sa fidélité au mouvement de Lefebvre. C'est la raison pour laquelle il a été choisi comme évêque".
C'est un peu lapidaire, mais intéressant tout de même.

Monseigneur Bernard Fellay

Avec pour sous-titre: "attention fragile!"
Voilà qui mérite attention et réflexion, vu l'origine de ce jugement lapidaire...
Le "profil de carrière" décrit dans la notice est assez fidèle, comme les autres. Monseigneur Fellay est Suisse, né en 1958 dans le Valais, et avait pour père le directeur de la centrale électrique d'Ecône. Ordonné le 19 juin 1982, après (je cite): "cinq années de solide formation au cours des quelles ses supérieurs décèlent en lui d'excellentes aptitudes". Immédiatement après il devient "économe général de la FSSPX". En 1988 il devient supérieur du district de Suisse. Il parle cinq langues.
Passons aux jugements de valeur de Golias, qui méritent le détour:
"C'est le plus modéré des cinq".
"A fait des études comptables de haut niveau, si bien qu'il s'occupe des affaires économiques de la Fraternité" (en 1991, date de ces articles dans Golias)
"Très doux, très gentil, Bernard Fellay n'est jamais "monté au créneau" dans les moments de crise aiguë avec Rome"
" Pourrait faire une sérieuse "déprime" si un jour les difficultés s'accumulaient..."
"Pas politique pour un sou" (en note:jugement fort douteux) il est avant tout la couverture "modéré" des durs du "régime", d'autant qu'il est un garçon particulièrement
pieux
".

Commentaires d'Adrien Loubier:
Les textes que je viens de rappeler datent de 1991. Ils sont extraits du pur jus progressiste, conciliaire, concoctés par les pire ennemis du combat de la Tradition. Donc à prendre avec des pincettes...

mercredi 15 octobre 2014

Note interne à la suite de l'entrevue de Mgr Fellay avec Mgr Muller (2 octobre 2014)

Note interne confidentielle de Menzingen suite à l'entrevue romaine
Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X
Note interne confidentielle de la Maison générale
Diffusion : membres prêtres
Le 2 octobre 2014

Le mardi 23 septembre 2014, Mgr Bernard Fellay, Supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X, a rencontré le cardinal Gerhard Ludwig Müller, Préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi. Il était accompagné des deux Assistants généraux de la Fraternité. Le cardinal Müller était entouré de Mgr Ladaria, secrétaire de la CDF, de Mgr Joseph Augustin di Noïa o.p., secrétaire-adjoint, et de Mgr di Pozzo, secrétaire de la Commission pontificale Ecclesia Dei et Mgr Descourtieux, de la même commission. La rencontre a eu lieu de 11 h. à 13h.
—   L’impression générale que laisse cette réunion est qu’il n’y a rien de nouveau (Cf. Communiqué de 2005 après l’audience au pape Benoît XVI repris littéralement dans celui de 2014) :
—   Comme précédemment, Mgr Fellay et ses Assistants ont été cordialement reçus.
—   On note que le Pape et la Congrégation pour la doctrine de la foi veulent maintenir les discussions et les contacts. Ils ne veulent pas couper.
—   Il n’y a pas de menace de sanction, mais une insistance sur l’obéissance et une insistance pour que nous régularisions la situation rapidement, en acceptant la déclaration doctrinale de 2012 (et la prélature), ce que nous avons à nouveau refusé en raison des ambiguïtés de ce document.
—   On nous demande d’accepter le magistère de l’Église comme norme de la foi, ce qui par principe n’est pas un problème pour un catholique, mais c’est l’application de cette acceptation à l’enseignement conciliaire et postconciliaire qui pose un grave problème, en raison de la rupture avec le magistère antérieur.
—   Ils ne comprennent pas, ou n’admettent pas, que le Concile lui-même puisse être pris en défaut, et donc ils ne peuvent pas remonter aux causes de la crise.
—   Il est difficile de faire passer notre position, ils ne comprennent pas ou ne veulent pas comprendre. Nous ne parlons pas le même langage.
—   Nos observations et oppositions sont vues comme secondaires ou même illusoires par rapport aux problèmes auxquels ils doivent faire face dans l’Église (prochain Synode sur la famille, etc.).
—   Les différences doctrinales demeurent (œcuménisme, liberté religieuse et collégialité, comme les problèmes posés par la nouvelle messe).
—   Rome demande, dans le cadre de ces discussions, des rencontres entre des membres de la Fraternité et des évêques, qui auront lieu de façon informelle : le choix des lieux et interlocuteurs étant laissé à notre initiative.

Nos intentions :
—   Maintenir le contact surtout lorsque l’initiative vient de Rome, c’est l’esprit et la pratique de Mgr Lefebvre.
—   Il s’agit d’utiliser ces rencontres pour exposer, expliquer notre position sur les causes de la crise de l’Église. C’est l’esprit missionnaire dans l’Église qu’il nous faut conserver.

—   Il faut être ferme sur le fond, la doctrine ; patient et charitable sur la forme.



Ces rencontres étaient déjà annoncées par l'abbé Pflugger à Flavigny, fin décembre 2013:


« On est dans un moment décisif pour la Tradition et la Fraternité. Crise vient du grec crisis qui
s'applique en médecine au cas d'un patient dont le moment est venu de statuer sur son avenir. Arrive-ton à vaincre la maladie ? Nous en sommes à ce point ou il faut décider sur l'avenir par rapport au pape, à l'Église. Donc, comment agir ?

Il faut regarder comment l'Église a agi dans le passé. Aujourd'hui, Suresnes, Mgr Tissier nous
poussent, mettent une certaine pression pour que nous fassions une déclaration claire, pure et dure, une profession de foi, qui mette les points sur les « i ». Ils [Ils ou certains...] demandent que nous ne
discutions pas avec Rome mais que nous proposions des petits textes basés sur la doctrine. Mais
faisons gaffe ! [Ce n'est pas aussi simple.] Dans le Credo, on ne professe pas qu'on renonce à
Vatican II et à la liberté religieuse !
Nous avons consulté quelques confrères sur l'opportunité de la publication de ces déclarations à
l'occasion des 25 ans des sacres ; un confrère français nous a écrit sur l'utilité de ce texte qu'il est
inaudible au clergé moderne [deux déclarations fermes (fin du Chapitre 2012, puis déclaration des
évêques en 2013) rappellent déjà notre position. Nos déclarations restent inaudibles pour le clergé
moderne], même à celui qui nous estime ! Parce qu'il manque d'une philo sérieuse pour nous
comprendre.

1er problème : sur un même texte, chacun voit de sa façon et les modernes ne voient pas ce qu'on y
voit. Exemple : à l'occasion de la manifestation interreligieuse à Buenos-Aires pour mémoriser
l'attaque contre les juifs, personne n'a compris notre lutte contre la liberté religieuse, on a pensé qu'on luttait contre les juifs parce qu'on a des fidèles très intelligents [qui n'ont pas percé le contexte / qui ont parlé en ce sens à la TV].

2ème problème : ils méconnaissent le magistère ante-conciliaire [parce qu'ils / et ils] sont submergés par des préoccupations pastorales. Leurs soucis sont totalement différents des nôtres qui nous focalisons sur Vatican II et la collégialité... [En publiant une telle déclaration.] Nous nous (faisons / ferions] plaisir à nous-mêmes et nous ne [faisons / ferions] pas avancer les choses.
La réforme consiste à travailler, à faire circuler « in capite et in membris », simultanément. In capite, c'est par rapport au pape, à Rome et ça a consisté dans les discussions doctrinales et nos efforts ne sont pas couronnés de succès pour l'instant. In membris c'est par rapport aux fidèles, aux paroisses et au clergé conservateur. Il faut maintenant intensifier le contact in membris.

En remontant plus loin dans l'histoire, on constate que la réforme carolingienne a consisté dans la
multiplication d'initiatives privées qui se sont élaborées en dehors du pouvoir romain sans l'affronter et que celui-ci a fini par approuver en légiférant. Le pape ne lance pas l'initiative mais c'est la base qui les lance, initiatives qui s'épanouissent jusqu'à ce que la tête les reprenne à son compte pour les
officialiser. Pour cela il faut une disposition suffisante des inférieurs pour se laisser conduire sinon la
tête ne peut pas reprendre à son compte la réforme. Le Motu Proprio est une étape, le pape ne peut pas aller plus vite et plus loin pour l'instant. Mgr a bien dit que ce sont les chiffres qui parleront. « De
l'histoire on n'apprend rien », dit... ? Les gens font toujours les mêmes bêtises ! Le changement
viendra de la multiplication de ces initiatives et par leur rencontre et leur union."