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lundi 16 février 2026

La stratégie de la main tendue ou du petit chaperon rouge

Nous avons eu quelques réactions suite à cette caricature. Il est sans doute opportun de l'expliquer car la plupart des catholiques ne comprennent pas le danger du dialogue ou de la main tendue. Il s'agit d'une stratégie communiste en vue de neutraliser l'adversaire. Cette stratégie est aussi celle des modernistes : elle a été celle du Pape François, et elle est maintenant celle de Léon XIV et de ses agents. Explications.

La stratégie néo-communiste de « la main tendue » - avec Gramsci, Togliatti et Berlinguer – a attrapé les chrétiens naïfs qui ont été le cheval de Troie introduit dans le Sanctuaire et ont commencé le phénomène des « chrétiens pour le socialisme ». Ces chrétiens naïfs ont mordu à l’hameçon, en s’appuyant sur la fausse présomption selon laquelle chaque doctrine, bien qu’erronée à l’origine, peut évoluer vers le « bien », mais non nécessairement vers la vérité, laquelle n’intéresse plus les chrétiens pragmatiques du néo modernisme, comme pour les marxistes.

En bref, du domaine des principes modernistes kantiens immanentistes (Benoît XVI, 2005-2013), nous sommes passés au domaine marxiste de la théologie de la libération et de la primauté absolue de la pratique et de la rencontre personnelle (François Ier). Pour cette raison, depuis 2013, on ne parle plus de la continuité de Vatican II avec la Tradition (herméneutique de la continuité), de la pleine orthodoxie de la messe de Paul VI, mais on se rencontre, on se parle, on fraternise et à la fin, on finit par penser comme on agit (« agere sequitur esse »).

Malheureusement, les plus fragiles et vulnérables sont les catholiques fidèles puisque, contrairement aux modernistes, ils sont honnêtes, droits et peut-être un peu naïfs, alors que le modernisme, comme le marxisme, ne s’occupe pas du bien et du vrai, de la métaphysique et de la morale, mais seulement du résultat pratique.

Il ne faut donc pas s’étonner qu’il arrive aux fidèles naïfs ce qui est écrit dans l’histoire du Chaperon rouge qui répond naïvement au loup (comme Eve répondit naïvement au serpent) qui l’invite à entrer dans sa tanière : « Que vous avez de beaux yeux ! - C’est pour mieux te voir. – Que vous avez une belle bouche ! – C’est pour mieux te manger… » C’est dans la nature des choses que le grand poisson mange le petit, que le loup dévore l’agneau, que le chien haït le chat, que le modernisme édulcore et transforme tout doucement, insensiblement, le christianisme de l’intérieur, en laissant seulement les apparences (la belle liturgie) sans plus la substance (la philosophie, la théologie, l’ascétique et la mystique). Pourtant, au temps d’Arius, pour un seul iota (homousios/homoiusios), les catholiques ont été excommuniés et même martyrisés, mais aujourd’hui nous ne voyons pas de Saint Athanase dans la hiérarchie.

En 1945, Palmiro Togliatti (Discours au Comité central du Parti Communiste Italien, 12 avril) relança avec grand style l’idée léniniste/gramscienne de la rencontre, dans les pays à majorité chrétienne, des masses communistes et catholiques, au-dessus des dissensions théoriques, dans les actions syndicales, sociales et pacifistes. Sachant bien que le marxisme ou pratique pure n’avait rien à perdre, alors que le christianisme, dans lequel la primauté est à la théorie, aurait perdu de son sel et serait devenu insipide. « Quand le sel perd sa saveur, il n’est plus bon qu’à être jeté à terre et foulé aux pieds. » (Mt, V, 13)

Togliatti a proposé la rencontre entre communistes et catholiques (comme François Ier le propose entre modernistes et traditionalistes) uniquement sur le plan de l’action, sans aucune référence à l’idéologie (de même François Ier ne fait aucune référence à la théologie). Togliatti disait clairement : « Si on ouvre une discussion théologique, moi je ne veux pas y entrer. » Il en va de même pour François Ier. Togliatti n’a rien cédé de la doctrine communiste, comme François Ier ne cède rien de la théologie ultra-moderniste. Initialement, l’important est d’agir ensemble pour arriver finalement au leadership du mouvement marxiste sur les chrétiens et du modernisme pratique sur le catholicisme romain. A titre d’exemple, lorsque le Pô se jette dans la mer Adriatique, les eaux du fleuve restent bien distinctes sur les premiers mètres bien qu’ « édulcorées », mais après, la mer l’a annexé. Donc si les traditionalistes entrent ou se jettent dans les bras du mondialisme moderniste, au début, ils pourront maintenir leur identité bien qu’un peu édulcorée, mais après ils seront engloutis dans la globalisation du modernisme mondialiste.

L’imprudence, la confiance, l’optimisme exagéré, la présomption de soi-même, l’utopisme malsain ont amené les chrétiens dans la gueule du marxisme, comme cela arriva au Petit Chaperon Rouge qui finit dans la gueule du loup. Espérons que cela puisse servir d’exemple aux traditionalistes.

Antoine Gramsci, en 1920, écrivait : « En Italie, à Rome, il y a le Vatican, le Pape ; l’Etat libéral a dû trouver un système d’équilibre avec l’Eglise ; de la même manière, l’Etat ouvrier doit trouver un équilibre avec le Vatican. » Bergoglio dit : aujourd’hui, dans le Nouvel Ordre Mondial, il reste encore une bonne partie de catholiques non modernistes et non globalisés, donc il faut trouver un système d’équilibre pour les neutraliser. Pour celui-ci, comme pour Hegel, « la ruse de la raison est l’unique principe qui justifie ou non l’action », et Bergoglio est très rusé et très autoritaire. Attention à ne pas le sous-évaluer !

Dans le livre d’interview écrit par Sergio Rubin et Francesca Ambrogetti, intitulé  Jorge Bergoglio- Pape François, le nouveau Pape se raconte (Florence/Milan, Edition Salani, 2013), on lit : « L’obsession de Bergoglio peut se résumer en deux mots : rencontre et unité » (p 7). En effet, Bergoglio se définit lui-même comme le théoricien de « la culture de la rencontre » (p 107). Selon lui, il est nécessaire de donner « la priorité aux rencontres entre les gens, de marcher ensemble. Ce faisant, il sera plus facile d’abandonner les différences » (p 76). En outre, selon Bergoglio, il est bon « de ne pas se perdre dans de vides réflexions théologiques » (p 39).

Le programme proposé par François Ier est de désidéologiser au début, de se rencontrer, de construire des ponts, d’abattre les palissades, d’éviter de stériles discussions doctrinales, mettant en avant le « dialogue, dialogue, dialogue… », agir ensemble pour arriver par la suite à penser accidentellement de la même manière. (« Cogitare sequitur esse »). Ainsi le modernisme, qui, désormais occupe les sommets du milieu catholique et ecclésiastique, demande aux catholiques fidèles à la tradition d’agir ensemble pour vaincre le matérialisme, l’athéisme et de faire partie de la globalisation, du mondialisme et du Nouvel Ordre Mondial. Quelques catholiques fidèles de bonne foi se laissent convaincre et, par le biais d’un transbordement idéologique inaperçu, agissent de concert avec les modernistes et ils finissent par être mangés par eux, comme « le plus petit poisson est mangé par le plus grand ».

Togliatti encore, dans un discours à la conférence de Bergame (20 mars 1963), disait : « Désormais l’Eglise accepte que l’ère constantinienne est terminée avec ses anathèmes, ses discriminations religieuses. »

Dans la proposition communiste et moderniste du « compromis historique », on rend publiques et concrètes des garanties pour l’exercice de la foi catholique, mais délibérément, on ne pense pas à la question qui surgit spontanément : « Et après ? » Ce fut la question précise que Saint Philippe Néri posa au jeune Vincent Zazzera qui lui avait dit qu’il voulait devenir prêtre, puis évêque, cardinal et aussi Pape. Alors Saint Philippe lui demanda  « - Et après ? ».  Le malheureux ne l’écouta pas ; il n’a pas dit comme Saint Philippe Néri  « Je préfère le Paradis ».  Il ne pensa pas à l’éternité, mais à la carrière ; il devint évêque mais ne trouva pas la paix avec le Seigneur. On voit donc la malhonnêteté de la promesse marxiste/moderniste et, au minimum, la naïveté de l’acceptation catholique en ne pensant pas au « et après ? » sur cette terre et dans l’au-delà.

La crise interne au milieu catholique post-conciliaire des années 60/70, qui était favorable à la collaboration pratique avec le marxisme, est similaire à celle que l’on voit aujourd’hui, de façon claire, dans le monde catholique anti-moderniste qui veut fusionner avec le super-modernisme.

En bref, comme on disait dans les années 60, le Christ et Marx ne peuvent aller ensemble, mais les chrétiens et les marxistes peuvent se retrouver ensemble pour collaborer à la conduite des affaires publiques ; ainsi, aujourd’hui, on dit que le modernisme et le catholicisme sont inconciliables, mais les catholiques et les modernistes peuvent marcher ensemble et collaborer dans la conduite de l’Église, l’aidant à surmonter cette longue période de crise et à jeter les fondements d’un Nouvel Ordre Mondial, dans lequel il y aura un seul temple religieux, dans une seule République universelle.

L’important c’est, comme le disait Lénine : « ne pas attaquer l’ennemi frontalement, mais l’engluer dans les compromis. »

En résumé et au sens du présent article, on peut appliquer à Léon tout ce qui est dit de Bergoglio-François.

mardi 18 juin 2024

La "main tendue" du modernisme au catholicisme traditionnel

 


Mgr Fellay et le Pape Benoît XVI
Source

Un glissement théologique involontaire vers le modernisme


Certains catholiques attachés à la Tradition, pour « sortir du ghetto », dans lequel la Néomodernité les a confinés, pourraient accepter - par inadvertance, lentement et concrètement - sinon les idées, du moins la façon d’agir des modernisateurs.

Nous assistons, en bref, à un glissement théologique involontaire vers le modernisme.

Beaucoup d’entre eux ne manquent pas d’amour pour l’Église, une saine doctrine et une morale droite ; cependant, l’intention de trouver un moyen d’adaptation aux circonstances des tristes temps modernes reflète celle du naïf, qui accepte une insidieuse « main tendue », sans se rendre compte que cette main l’attirera alors pour passer le Rubicon, mais vers le Rhin (c’est-à-dire l’erreur et l’injustice) et non vers le Tibre ou la vérité de Rome (cf. Card. ALFREDO OTTAVIANI, Devoirs de l’État envers l’Église, Rome, 1952 ; Ralph Wiltgen, Le Rhin se jette dans le Tibre).

L’ancienne politique de la « main tendue »


Hier, la « main tendue » au catholicisme était celle du communisme au « visage humain » (Gramsci, Bloch, Rodano et Berlinguer) et de nombreux catholiques sont devenus apostats en se tournant vers le communisme matérialiste et athée, affirmant : « Comment peut-on refuser une « main tendue » d’une entité qui semblait si redoutable, mais qui s’est avérée si charitable ? ».

Aujourd’hui, c’est celle du néo-modernisme, qui semble (1) avoir abandonné la haine envers la Tradition (palpable au temps de Paul VI) et être disposé à lui accorder des droits ou au moins une tolérance pratique.

Malheureusement, le même refrain qui était dans la bouche des catholiques progressistes ou démocrates-chrétiens d’hier, se retrouve dans la bouche des traditionalistes d’aujourd’hui : « Enfin un moderniste au 'visage humain' : François! Comment peut-on refuser sa « main tendue » à la tradition ? ».

Le naïf est le cheval du diable


Le tort du traditionaliste « naïf », qui serre - ce qui paraît initialement - une main tendue, qui - ensuite - l’écrasera, est précisément celui de ne pas accepter concrètement, bien qu’en les connaissant en pratique, les armes de vérité que les Pontifes Romains de ce dernier siècle ont transmis aux catholiques, avec des allocutions et des enseignements de toutes sortes dans la lutte contre la Modernité et les forces occultes de la Subversion.

Avec la fronde, la pierre et l'aide du Seigneur


"In funda, in lapide et in nomine Domini David praevaluit contra Goliad" (Antienne des premières vêpres du quatrième dimanche après la Pentecôte). Le petit berger David a vaincu le géant Goliath non seulement avec l'aide de Dieu, mais aussi armé d'une fronde et d'une pierre. L'Église d'ici-bas est "militante", ce n'est qu'au ciel qu'elle est "triomphante". Sans lutte, il n'y a pas de victoire, "seuls ceux qui ont combattu légitimement peuvent être couronnés" (St Paul).

La peur de déplaire au monde ou le "timor mundanus"


Par crainte d'être accusés de vouloir revenir au Moyen Age ou de vouloir rester dans le ghetto, certains catholiques attachés à la Tradition n’ont plus le courage de maintenir les positions doctrinales, politiquement et théologiquement incorrectes bien qu'elles aient été constamment affirmées dans les encycliques comme appartenant à la vie et à la loi de l'Eglise de tous les temps : "Christus heri, hodie et in saecula" (St Paul). * 

Adhérons plutôt à l'avertissement de Léon XIII qui, recommandant la concorde et l'unité dans la lutte contre l'erreur, ajoute : "... et ici nous devons être sur nos gardes pour ne pas nous permettre d'être de connivence avec l'erreur, ou de lui opposer une résistance plus faible que ne l'exige la vérité" (2).

L'intégrité de la vérité


Les vrais catholiques intégralement traditionnels, qui se sentent dans la sûre possession de la vérité et de la justice, ne font pas des transactions et ne cherchent pas à édulcorer le christianisme. Ils exigent le plein respect de leurs droits, qui sont les droits de Dieu.

Ceux, en revanche, qui ne se sentent pas certains de la possession de la vérité (puisque fatigués ou naïfs) ne peuvent exiger de garder seuls le camp, sans se joindre à ceux qui exigent le respect de leurs droits sur la base d'autres principes.

Voici le piège du "compromis historique/théologique" ! Voici David serrant la main de Goliath et ne le frappant pas au front avec la fronde, la pierre et l'aide du Seigneur.

L'opinionisme pluraliste


Le concept d'égalité des cultes (Messe de St Pie V et Novus Ordo Missae) et de tolérance par principe (double appartenance à la Tradition et au Modernisme) est un produit du subjectivisme philosophique relativiste (Descartes), du libre examen religieux (Luther) et de la multiplicité des confessions (Locke) et des conceptions socio-politiques (Rousseau).

Enfin, elle est aussi une conséquence logique des opinions des modernistes qui considèrent que, en matière de religion, il n'y a pas de place pour les dogmes et les formules dogmatiques, et que seule la conscience des individus fournit le critère et la norme pour la profession de foi et l'exercice du culte, ou plutôt de l'"expérience religieuse".

C'est l'acceptation du dialogue avec la Modernité, initié par Jean XXIII, qui ne se fait qu'avec miséricorde ou plutôt reddition et sans justice, c'est-à-dire en réfutant ses erreurs.

Contre le christianisme désarmé


Au contraire, "l'Église catholique insiste sur le principe que la vérité doit l'emporter sur l'erreur et que la vraie religion, lorsqu'elle est connue, doit être aidée dans sa mission spirituelle de préférence aux religions dont le message est plus ou moins lacunaire et dans lesquelles l'erreur est mélangée à la vérité" (3).

Le libéral anonyme


Les traditionalistes "fatigués" ou "naïfs", inconsciemment imprégnés de l'esprit libéral en matière de philosophie spéculative, politique et théologie, voudraient déterminer, selon leurs propres théories, le champ d'action et de compétence de l'Église pour la maintenir enfermée, narcissiquement dans la contemplation du culte traditionnel, dans la sacristie et l'empêcher d'avoir une action sociale de défense doctrinale de la vérité et de réfutation de l'erreur. C'est ce que prétendent tous ceux qui voudraient enfermer l'Église entre les quatre murs du temple, en séparant la religion de la vie, l'Église du monde et de la Société civile.

Or, plutôt que de se plier aux prétentions des hommes, l'Église doit se conformer aux mandats de Dieu. "Praedicate Evangelium omni creaturae". La bonne nouvelle se réfère à l'ensemble de la Révélation, avec toutes les conséquences qu'elle entraîne pour la conduite morale de l'homme, face à lui-même, dans la vie domestique, dans le sens du bien de la polis. "Instaurare omnia in Christo" (St Pie X), l'individu, la famille et l'Etat.

Un suicide imminent ?


Un accord pratique avec le néo-modernisme conduirait évidemment, peu à peu, à l'enfermement de la Tradition dans la sacristie avec reconnaissance officielle par le modernisme, comme ce fut le cas pour les Indiens d'Amérique, enfermés dans des réserves et dûment reconnus.

Mais, l'esprit catholique "ne se laissera jamais enfermer entre les quatre murs du temple. La séparation entre la religion et la vie, entre l'Église et le monde, est contraire à l'idée chrétienne et catholique" (Pie XII, Discours aux curés et aux prêtres de Rome, 16-03-1946).

Ipsa conteret: tota ratio spei meae Maria!


"La Société moderne est atteinte d'une effrayante fièvre de renouveau et infestée d'hommes qui profitent de tant de nos souffrances pour construire l'empire de leur abus, la tyrannie de leurs vices, le nid des luxures et des vols. Jamais le mal n'a revêtu des caractéristiques aussi vastes et apocalyptiques, jamais nous n'avons connu un tel danger. D'une heure à l’autre, nous pouvons perdre non seulement nos vies, mais toute notre civilisation et toute espérance. Il semble qu’à nous aussi le Seigneur dise : "Mon heure n'est pas encore venue", mais l'Immaculée, la Mère de Dieu, la Vierge qui est l'image et la tutelle de l'Église, nous a donné, déjà à Cana, la preuve qu'elle connaît et peut obtenir l'anticipation de l'heure de Dieu.

Et nous avons besoin que cette heure soit anticipée, qu'elle soit avancée, qu'elle soit immédiate, car nous pourrions presque dire : "Ô Mère, nous ne pouvons plus supporter cela !'. Pour nos péchés, nous méritons les derniers massacres, les exécutions les plus impitoyables. Nous avons chassé son Fils des écoles et des ateliers, des champs et des villes, des rues et des maisons. Nous l’avons chassé de ses propres églises, lui préférant Barabbas. Il est vraiment l’heure de Barabbas (...) Avec tout cela, confiants en Marie, nous sentons qu’il est l'heure de Jésus, l'heure de la rédemption [...]. Que Marie dise, comme à Cana : "Ils n'ont plus de vin" ; qu’elle le dise avec la même force d'intercession et, s’Il hésite, Il se nie, qu’elle surmonte Ses hésitations comme elle surmonte, par la pitié maternelle, notre indignité.

Qu'elle soit une Mère miséricordieuse pour nous, une Mère impérieuse pour Lui, qu'elle hâte Son heure, afin qu’il soit notre heure. Nous n’en pouvons faire, ô Marie. La génération humaine périt, si tu n’agis pas. Parle pour nous, ô silencieuse, parle pour nous, ô Marie !(4).

Don Nitoglia

NOTES

1 - En fait, ce n’est absolument pas vrai, voir le cas des Franciscains de l’Immaculée par le P. Manelli...
2 - Léon XIII, Encyclique Immortale Dei, du 1-11-1885.
3 - Jacques Maritain, Droits de l’homme et de la loi naturelle, Vita e Pensiero, Milan 1977, p. 24.
4 - A. Ottaviani, Il baluardo, Arès, Rome, 1961, pp. 279-283.

samedi 15 juin 2024

Tu ne voteras pas




La franc-maçonnerie et les partis politiques

L'image ci-dessus laisserait croire que la franc-maçonnerie gouverne directement notre société. Ce n'est pas tout à fait vrai.  La FM est d'abord et essentiellement une société de pensée qui sait s'y prendre pour changer en profondeur la façon commune de penser (de façon anticatholique surtout). A l'extérieur de ses loges, elle agit, comme à l'intérieur, "par influences personnelles soigneusement couvertes".  C'est une action sur le long terme.

De soi, la FM est inapte au gouvernement direct, précisément à cause de la lenteur de ses mécanismes. Elle suscite donc des PARTIS, des associations qu'elle contrôle. Ces partis ont donc des ambitions plus restreints que les loges.

Quelles sont les grandes ambitions de la franc-maçonnerie ?

  1. La république universelle (le mondialisme)
  2. La religion universelle - sorte de noachisme dominé par le judaïsme talmudique
  3. Le métissage universel ou destruction des patries avec les lois eugéniques.

Le rôle des partis républicains (y compris le RN) sera de prélever un fragment de ce grand dessein des loges.

Le pluralisme ainsi que des oppositions de partis seront nécessaires puisque la FM se refuse à être une sorte de magistère "d'en haut". Voilà pourquoi on verra des loges débattre contre d'autres loges (loges de droite contre les loges de gauche).

Mais au-delà de ces débats qui donnent l'illusion d'une réelle opposition, la FM avance ses pions et réalise son grand dessein.

Moralité : pour sortir de ce cercle infernal et ce mode d'influence et de gouvernement satanique, il faut en finir avec la FM, la république et tous ses votes.

Que Dieu nous soit en aide dans ce combat antimaçonnique et anti-républicain.

jeudi 4 janvier 2024

La ruine de l'Europe - II

 KE 858 (23 décembre 2023)

L’homme refusant Dieu se replie entre humains

Qui, bientôt, proscriront le Beau, le Vrai, le Bien.


La semaine dernière, ces ‘Commentaires’ ont présenté sans trop d’explications ce qui est ni plus ni moins que le résumé d’un excellent article, écrit par un nationaliste français signant « Militant », sur la situation actuelle de la France et de l’Europe (https://jeune-nation.com/nationalisme/natio-france/prenons-un-seul-parti-celui-de-la-france-helleno-chretienne). Dans une revue politique, un tel article peut sembler étranger à la religion, mais c’est là tout son intérêt, car ces Commentaires voudraient prouver que les problèmes les plus graves de la politique humaine ne peuvent être résolus sans la Religion catholique. Prouver cela est plus facile à dire qu’à faire, car la mentalité toute entière de l’homme moderne veut que la politique, l’économie, l’art, la médecine, le droit, la musique, etc., n’aient rien à voir avec la religion, ou que la religion n’ait rien à voir avec eux. Autrement dit, il faut établir que le meilleur des arguments politiques ne peut que tourner court.

Commençons par un résumé de cet article encore plus bref que celui de la semaine dernière, en sept points :

1. La France et l’Europe s’effondrent. Nous, nationalistes, annonçons depuis longtemps la catastrophe.

2.     Mais depuis les années 1950, les catastrophes politiques se succèdent, sans réaction de l’opinion publique.

3.      Depuis le Moyen-Âge, la France exerçait une influence largement bienfaisante sur le monde.

4.    Aujourd’hui, la France et l’Europe s’inféodent à grands pas aux ‘banksters’ de New York et de Londres.

5.   Par leur guerre par procuration en Ukraine, les USA ont tué la concurrence en Europe et en Allemagne.

6.     C’est la fin d’un monde, et pourtant les plus hautes institutions françaises se taisent, dociles et suivistes.

7.   Solution : en politique, il faut être efficace. Préservons nos trésors culturels pour des temps meilleurs.

Et maintenant, voyons si cette solution est de nature à résoudre la catastrophe évoquée au début ...

1.     En effet, les hommes qui aiment leur pays ne se contentent pas d’assister en somnambules à sa destruction. Au moins, les nationalistes voient un problème grave et tirent la sonnette d’alarme, ce qui est tout à leur honneur. Mais s’ils ont des yeux pour voir, ils doivent reconnaître que la ‘politique’ telle qu’on l’entend aujourd’hui est fichue, morte, kaputt. Pourquoi ?

2.  Les nationalistes, observant l’absence même de réaction du public, devraient se demander comment on peut refaire une nation à partir d’êtres humains défaits. Or qui défait l’homme moderne ? Et qui peut encore le refaire ? Une famille et un foyer solides ? Comparée à la religion, que peut apporter la politique à la famille et au foyer ? Il n’y a aucune comparaison possible !

3.    Chers Français, regardez bien cette gloire de la France au Moyen-Âge ! D’où pensez-vous qu’elle vienne ? De la politique ? Pas du tout ! Elle est venue de l’Église. Pas des protestants, des « Humanistes » ou des révolutionnaires français. C’est de l’Église catholique que la France a reçu de Dieu ses dons exceptionnels pour éclairer le monde.

4.  Chers amis français, ne reprochez pas aux Anglo-Saxons vos propres révolutions contre Dieu. C’est ici et non ailleurs que se trouve la source empoisonnée de tous vos problèmes politiques, qui infectent maintenant le monde. Les problèmes coûteux n’ont pas de solution à vil prix : trahir Dieu ne peut avoir de remède purement politique !

5.     Certes, les États-Unis ont beaucoup à se reprocher, comme l’Angleterre, mais ils n’ont jamais été destinés par Dieu à être à la tête des nations. Une France nationaliste et égoïste n’a pas non plus été conçue par Dieu pour être à la tête des nations, mais seulement la France catholique et désintéressée, à la manière de Mgr Lefebvre. Voyez ce que sa piété française a réalisé dans le monde entier.

6.      Mais pourquoi la France est-elle actuellement dirigée par des individus aussi infâmes ? Parce que ce sont ces hommes qui sont actuellement élus, s’il vous plaît, dans un cadre ‘politique’ et ‘démocratique’. Et c’est pareil dans toute l’Europe. L’homme moderne ne croit ni en Dieu ni en la religion, mais en l’homme et en la politique. Faut-il s’étonner des ruines qui en résultent ?

7.    Il n’est pas étonnant que ce bon écrivain nationaliste en arrive à une solution aussi faible. Il est vrai que les moines médiévaux ont sauvegardé des trésors de la culture antique pour le bénéfice de toute l’humanité, des siècles plus tard, mais par quoi étaient-ils motivés ? Non par la politique, mais par cette religion qui enseigne la valeur inaltérable du Beau, du Bien et du Vrai.

À l’évidence, la politique est soumise à la religion, ou à l’absence de religion ; et la religion, ou son absence, gouverne la politique. La raison n’en est pas longue à chercher. Dieu existe, infiniment au-dessus de Ses créatures purement humaines, et en Lui elles « vivent, se meuvent et ont l’existence », à chaque instant (Actes 18, 28). La politique n’est nulle part aussi proche que Dieu de tout homme vivant. En effet, la religion est la relation que tout homme ne peut pas ne pas avoir avec ce Dieu si intime en lui, alors que la politique n’est que la relation extérieure que l’homme établit avec ses semblables. Mais si un homme refuse de croire en Dieu, alors tout naturellement sa politique devient sa religion de substitution. Nationalistes, faites attention !

Kyrie eleison

mardi 2 janvier 2024

La ruine de l'Europe I

KE 857 (16 décembre 2023)

France, tu peux jouer de ton nationalisme,

Mais l’ordre mondial tient par ton Catholicisme!

L’effondrement de la France et de l’Europe en général est une réalité catastrophique. Il ne s’est pas produit en un instant. Le travail de sape est en cours depuis longtemps, comme l’ont bien vu les nationalistes français qui en ont prédit les graves conséquences, aujourd’hui évidentes, pour la société et la civilisation. Des écrivains célèbres et des journaux comme Rivarol ont depuis longtemps tiré la sonnette d’alarme, alors que les événements catastrophiques se sont succédés sans fin.

Après l’effondrement de l’empire colonial français et la trahison de l’Algérie française, le soulèvement étudiant de mai 68 à Paris a montré que le peuple français en général était prêt à accepter le renversement de tout sens commun, de toute tradition, de toute saine morale, c’-à-d. de tout ce qui faisait la grandeur de notre civilisation. Puis ce fut la légalisation de l’avortement, le gouvernement socialiste de 1981, l’antiracisme, l’immigration provoquée, la dissolution de la famille, les LGBT, les transgenres, la pédophilie, l’adrénochrome (une horreur inouïe), la vente d’organes, le ‘changement climatique’, les ‘chemtrails’, etc. Pourtant, l’opinion publique n’a guère réagi. Les gens ont pu être un peu secoués un instant ou deux, mais ils se sont rangés rapidement. Pourtant, on parle d’’amélioration du niveau de vie’, comme s’il y avait eu une réelle amélioration de la vie alors qu’en fait, il ne s’est agi que de progrès techniques — de meilleures machines permettant d’obtenir davantage de biens matériels. Résultat, la nécessité pour le ménage d’avoir deux salaires au lieu d’un seul éloigne la mère du foyer — surtout celle qui n’aime pas élever ses enfants.

Pendant longtemps, la France a rayonné dans le monde entier, généralement en bien. Aujourd’hui cependant, elle s’enfonce elle-même dans un déclin moral et économique, dans une crise sociale et intellectuelle si graves qu’elle ne peut plus exercer une telle influence. Pire encore, elle rejette, méprise et ignore tout ce qu’elle a accompli autrefois. Mais étonnamment, même réduit au rôle de marionnette de maîtres sataniques formant une oligarchie de mondialistes matérialistes et gnostiques, cet ‘Occident’ se comporte encore comme s’il avait vocation à diriger le monde, un peu à la manière des juifs talmudiques qui prétendent être les prêtres de l’humanité.

Et depuis le Covid, monstrueux mensonge destiné à tester jusqu’où peut aller la manipulation de l’homme moderne, les peuples de l’Europe de Charlemagne n’ont cessé de s’asservir aux ‘banksters’ de Londres et de New York. Le plan de dépopulation qui sous-tend le Covid remonte au moins aux années 1970, lorsque Jacques Attali, encore aujourd’hui conseiller du gouvernement français, déclarait dans un entretien public : « Les bouches inutiles ont leur place à l’abattoir. » D’où les ‘vaccinations’ dangereuses et mortelles.

La France, elle, est dépecée et vendue au profit des États-Unis et d’intérêts privés. L’Europe est déchirée par l’attaque des États-Unis et de l’OTAN contre la Russie, avec les vils médias et leurs commentateurs qui vomissent des mensonges contre la Russie tandis que, par-dessus tout, la classe politique dans son entier garde le silence. Par leur guerre par procuration en Ukraine, qui a tué un demi-million de Blancs, les États-Unis ont obtenu au moins une chose : la puissance économique de l’Europe et la concurrence de l’Allemagne sont brisées — les entreprises allemandes s’installent aux États-Unis. Les Américains sont loin de se douter que l’histoire montre que de telles ‘victoires’ sont le signe de la chute imminente d’un empire. En outre, l’Occident a lié son destin à celui de l’État israélien qu’il vénère, au moment où le reste du monde rejette cette arrogance et cette dégénérescence, et n’accepte pas ce que l’Israël fait aux Palestiniens.

Face à cette infamie de la France de Charlemagne, l’absence totale de réaction de toutes les plus hautes institutions françaises signe la fin d’un monde. Elles regardent, silencieuses et dociles, la France rouler vers les poubelles de l’histoire. Certains espèrent que cela durera suffisamment longtemps, d’autres continuent à somnoler, ivres de leur propre propagande. Ceux qui détiennent le pouvoir s’efforcent de faire taire toute opposition, la guerre mondiale étant pourtant suspendue au-dessus de leurs têtes.

Notre tâche en politique est de faire tout ce qui peut avoir un effet, mais elle est principalement de préserver pour des temps meilleurs les meilleurs fruits du glorieux passé de la France, tout comme au 6ème siècle, tandis que l’Empire romain était submergé par les barbares, les moines préservaient dans les monastères les gloires de l’Antiquité. Ces gloires préservées ont joué un rôle important par la suite, dans l’édification de 1500 ans de civilisation européenne et chrétienne.

Kyrie eleison.

jeudi 6 juillet 2023

Soljénitsyne clairvoyant

KE 831 (17 juin 2023 ) et KE 832 (24 juin 2023)



La clairvoyance de Soljénitsyne


L’artiste voit l’éclat de nos cités en feu —

Éteignons l’incendie en nous tournant vers Dieu !


Dans son ouvrage le plus connu et qui l’a rendu célèbre, L’Archipel du Goulag (1973), l’écrivain russe Alexandre Soljénitsyne (1918–2008) dénonça clairement et fermement le communisme soviétique. Ce livre en trois tomes joua un rôle capital en manifestant au monde les horreurs du communisme, et il est le fruit de la propre conversion de l’auteur, revenu à ce qui était autrefois respecté : Dieu et la patrie. Cette conversion est intervenue pendant les huit années (1945–1953) de son emprisonnement dans les goulags soviétiques (camps de prisonniers). Le texte ci-dessous est un extrait légèrement adapté d’un discours prononcé au National Arts Club de New York en 1993. Il y révèle sa claire perception des arts modernes comme reflet d’un grave manque de vie spirituelle dans les âmes, à l’Ouest comme à l’Est.


Notre monde entier vit un siècle de maladie spirituelle, qui se reflète nécessairement dans les arts. Un sentiment de confusion du monde est apparu, non seulement dans les anciens pays communistes, mais aussi en Occident, où l’augmentation sans précédent des avantages matériels de la civilisation, comme l’amélioration constante du niveau de vie, s’est accompagnée d’une érosion et d’un obscurcissement des idéaux moraux et éthiques jusque-là élevés. L’axe spirituel de la vie connaît un crépuscule et il existe des artistes pour qui le monde semble aujourd’hui n’avoir aucun sens, et ressemble à un tas d’ordures aberrant. Oui, la culture mondiale traverse aujourd’hui une crise très grave.


L’une des solutions a consisté à recourir à de nouvelles méthodes ingénieuses, comme si la crise n’avait