Affichage des articles dont le libellé est Lettres aux amis et bienfaiteurs. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Lettres aux amis et bienfaiteurs. Afficher tous les articles

jeudi 1 juin 2017

Traverser la passion de l'Eglise

 Le soir du jeudi Saint, Notre-Seigneur Jésus-Christ eut avec ses Apôtres un long entretien connu sous le nom de « Discours après la Cène » (Jn 13, 31 à 16, 31). Lors de la Cène, Jésus a ordonné ses Apôtres prêtres et évêques et les a communiés pour la première fois. Il a annoncé la trahison de Judas, qui est sorti dans la nuit pour accomplir son crime.
Jésus est soulagé et peut ouvrir son cœur. Il profite de ces moments d’intimité avec ses Apôtres pour les préparer à son départ prochain et aux persécutions qui vont suivre. Autrement dit, il les prépare à sa passion et leur donne les conseils nécessaires pour bien la traverser. Hélas ! ils n’en tiendront pas compte et la prophétie de Jésus va se réaliser : « Vous serez dispersés, chacun de son côté, et vous me laisserez seul. »

Alors que se déroule sous nos yeux la passion de l’Église, il nous est utile de méditer ce discours. A l’heure où le pasteur est frappé et les brebis dispersées, écoutons les conseils - les consignes - de Jésus pour traverser cette crise en restant fidèles.

Commentaire de Saint Thomas d'Aquin 
 
Saint Thomas d’Aquin a laissé un très beau commentaire de l’Évangile de saint Jean. Résumons brièvement ce qui concerne ce discours.

Après une introduction (Jn 13,31-38), où Jésus indique le but de la passion (la gloire de Dieu rétablie par le sacrifice parfait de la croix) et les conditions pour lui rester unis (la charité et l’humilité), il conforte ses disciples contre deux sentiments qui les troublent : la tristesse provoquée par son départ (chapitre 14) et la crainte des persécutions (chapitre 15).

Son départ ne doit pas les troubler, car il leur apportera trois avantages :

• un libre accès au Père par Jésus, « le chemin » et la parfaite image du Père,
• la venue du Paraclet,
• et son propre retour (de manière nouvelle).


Le Paraclet apportera son don : la parfaite connaissance de Dieu ; et Jésus le sien : la paix, sa paix à lui.
Puis, Jésus fortifie ses Apôtres contre la crainte des persécutions, dont la passion est le prélude. C’est la magnifique allégorie de la vigne : les chrétiens, sarments c’est à dire membres du Corps Mystique, doivent être purifiés par la souffrance pour porter du fruit, non seulement des fruits de sainteté, mais aussi des fruits d’apostolat. Les conditions pour que cette purification et cette fructification s’accomplissent sont : recevoir la parole de Jésus (la foi purifie l’intelligence), la prière (car ce travail est surnaturel) et surtout l’amour de Jésus prouvé par la pratique de son commandement.

Notre-Seigneur ne se contente pas de parler de son Corps Mystique, il veut faire connaître aux Apôtres l’origine des persécutions : le monde, ennemi de Notre-Seigneur. Le monde est uni par la haine, comme l'Église l’est par la charité. La haine du monde pour les amis de Jésus est un motif de consolation : elle les rend conformes à leur maître. De plus, soutenus par le Saint- Esprit, ils en tireront l’occasion de témoigner, jusqu’au martyre s’il le faut.

Le chapitre 16 ajoute quelques précisions sur les deux motifs de trouble des Apôtres et leurs remèdes. Quant aux persécutions, les Apôtres auront à souffrir non seulement des païens, mais aussi des juifs, qui les chasseront des synagogues et croiront plaire à Dieu en les mettant à mort. Quant à l’absence (sensible) de Jésus, les trois personnes divines interviendront pour consoler : le Saint-Esprit convaincra le monde de son péché, Jésus apportera une joie (intérieure) parfaite, enfin le Père écoutera désormais favorablement toute prière faite au nom de Jésus, par ceux qui aiment Jésus.

Un voile de tristesse passe sur le visage de Jésus à la pensée de la défection prochaine des Apôtres, mais aussitôt il leur promet la paix et les encourage : Ayez confiance, j’ai vaincu le monde.

Application à la situation actuelle

Dans la passion de l’Église, nous devons d’abord nous persuader que Dieu ne la permet que pour en tirer plus de gloire (sans doute le triomphe du Cœur Immaculé de Marie promis à Fatima) ; nous devons aussi nous efforcer de rester dans la charité et l’humilité, conditions indispensables pour recevoir les secours promis.

Du fait de la crise dans l’Église, nous ne bénéficions plus des secours spirituels habituels, notamment la facilité d’assister à la messe et de recevoir les sacrements. Nous devons en profiter pour accroître notre vie intérieure, la vie d’union aux trois personnes divines présentes dans l’âme en état de grâce. Prévoyons de réserver chaque jour un temps à la méditation pour mieux connaître Notre-Seigneur Jésus-Christ, la Voie, la Vérité et la Vie, nous laissant guider par le Saint-Esprit. Il faut d’ailleurs nous mettre habituellement sous l’influence de cet hôte invisible de notre âme (« vous, vous le connaîtrez, parce qu’il demeurera avec vous, et qu’il sera en vous ») en suivant ses impulsions quand il nous pousse à la charité ou au sacrifice. Il faut enfin nous maintenir dans la paix de Jésus, fruit de l’ordre et de la justice, ainsi définie par saint Augustin : sérénité de l’esprit (ordre dans l’intelligence), tranquillité de l’âme (dans nos passions), simplicité du cœur (la volonté), concorde avec le prochain et avec Dieu.

Quant aux persécutions, puisque Jésus a prédit aux Apôtres qu’ils auraient à souffrir des juifs (ce qui leur fut particulièrement douloureux), ne nous étonnons pas de souffrir de la part des membres de l’Église, soumis depuis le dernier Concile à l’influence du monde [1], autrement dit la Contre- Église (la franc-maçonnerie, le communisme, les arrière-loges mettant en place le mondialisme neutre, c’est-à-dire anti-chrétien, etc.).

Les souffrances que nous endurons de la part du monde et les privations que nous nous imposons pour nous préserver de son influence, serviront à notre sanctification, à consoler le Cœur Immaculé de Marie, à sauver les pécheurs et, d’une manière mystérieuse, à préparer la victoire de Jésus et de sa Mère : « Ayez confiance, j’ai vaincu le monde. »
 Source : Lettre des dominicains d'Avrillé n°81 - Mai 2017
Télécharger la lettre : ici


[1] — Un des moyens les plus efficaces dont le monde se sert aujourd’hui pour tuer la vie divine dans les âmes, c’est internet. 90% des jeunes consulteraient des sites pornographiques. Indépendamment de l’impureté, les écrans sont anti-contemplatifs, car ils captivent les sens et gênent les opérations les plus nobles de l’intelligence, le jugement et la contemplation. — Le remède ? : la lecture méditée.

lundi 29 juin 2015

L'humilité dans le combat que nous menons - - - Lettre aux amis et bienfaiteurs du monastère San José (Colombie) - été 2015 -

Traduit pour Reconquista (merci de mentionner la source et le lien de l'article si vous le republiez)



Vérité et erreur numéro 32 (Lettre pastorale de Mgr De Castro Mayer), juin 1953:

Vraie affirmation : « L’union dans la charité est le fruit naturel de l'union dans la Vérité, ce qui importe avant tout est de garder l'intégrité de notre foi, sans laquelle on ne peut pas plaire à Dieu (St Paul aux hébreux XI,6)» (1)
Fausse affirmation : « Il est plus facile d’unir les âmes dans la charité que de les unir dans la vérité ».

Chers amis et bienfaiteurs,

Par la grâce et la volonté de Dieu et grâce à votre aide, le Monastère Saint Joseph continue à se développer et à persévérer dans le combat contre le moderniste Goliath au moyen de l’intégrité de la foi qui semble si faible et quasiment éteinte.

Notre Saint Père, Saint Benoît, a établi les bases sur lesquelles ce triomphe de la vérité, ce triomphe de notre foi, aura lieu, en nous disant dans sa sainte Règle :
Si « nous voulons atteindre rapidement à cette exaltation céleste, que nous atteignons au moyen de l’humilité dans notre vie présente ; comme « cette échelle qui est apparue en songe à Jacob », cette descente et cette ascension n’est rien d’autre que ceci : que par l’exaltation de soi, on descend et que par l’humilité, on monte » (Chapitre 7, 5-7).

L’humilité est le moyen de se mouvoir dans la réalité, dans cette vérité qui nous dit que Dieu est tout et que nous ne sommes rien et que néanmoins « nous pouvons tout en Celui qui nous fortifie ». (2)

Ceci est l’Humilité, de se mouvoir en Dieu, de travailler pour Dieu, et de ne pas travailler pour soi.

L’humilité est de sacrer Jésus Christ sur le trône comme roi et de nous faire Ses serviteurs.

L’humilité est de s’efforcer de faire plaisir à Dieu en toutes choses au lieu de se faire plaisir à soi ou de faire plaisir à des hommes, pour le bénéfice des hommes.

L’humilité est donc « de garder l’intégrité de notre foi, sans laquelle personne ne peut plaire à Dieu ». (3)

En même temps, l’humilité fait que nous montons, donc c’est aussi le cas quand nous gardons le combat pour l’intégrité de la foi, le combat pour la vérité. La défense de la foi est en principe, et aussi par besoin, le chemin voulu par Dieu pour atteindre le Ciel. Et personne n’a le droit, sous aucun prétexte, de modifier le chemin ascendant ; parce que « ne pas progresser sur le chemin du Ciel, c’est régresser ». Et c’est la raison pour laquelle la voie de l’orgueil, de l’exaltation de soi, n’est pas le chemin de la réalité, mais au contraire celui de l’illusion, pas celui de la vérité, mais de l’erreur. Cette voie consiste à ne pas servir Dieu, mais au contraire de servir notre orgueil, de servir les créatures. C’est la voie de la damnation, une voie qui descend, qui ne cherche pas à servir Dieu mais à servir l’homme.

Dans notre situation de guerre spirituelle, ne pas progresser, c’est reculer. Ne pas servir le Christ-Roi, à tout prix et à travers toute humiliation, signifie servir une idole avec notre orgueil. Comme nous l’enseigne Saint Pie X : « Ne pas combattre l’erreur (qui s’oppose à notre progrès) c’est approuver l’erreur ».

C’est la raison pour laquelle nous devons chercher les ennemis du Christ et traiter avec eux dans le seul but de les convertir, de sorte qu’ils puissent monter, qu’ils puissent servir le Christ-Roi. Il ne nous est jamais permis de trahir la foi en descendant ensemble avec nos ennemis pour les « aider ». Cela ne nous est jamais permis, la fin ne justifie pas les moyens, « Dieu donne Sa grâce seulement aux humbles et Il résiste aux orgueilleux ».

Alors, c’est une question de principe d’approcher les ennemis du Christ avec la seule intention de les amener à la vérité, de les placer sur l’échelle ascendante, de sorte qu’ils puissent en effet recevoir la grâce de Dieu et leur permettre d’arriver au Royaume du Christ, ici-bas qui est l’Eglise Catholique, en dehors de laquelle, il n’y a pas de salut.

François affirme : « Il n’y a pas de Dieu catholique », en affirmant cela, il montre qu’il ne vit pas et qu’il n’enseigne pas la vérité, la foi. Il est donc « en train de descendre » et avec lui, tous ceux qui le suivent aveuglément. 

Msg Fellay affirme, à propos de ses tractations avec Rome : « Quand deux armées sont en train de discuter de paix, il y a une trêve, et il n’est pas permis d’attaquer l’autre pendant cette période ». Tout d’abord, comment se fait-il que des tractations de paix ont lieu, quand Rome moderniste rejette la paix du Christ, l’Esprit de Vérité, le Saint Esprit ? Cette attitude est aussi libérale que celle de François, parce qu’il ne se laisse pas guider par le principe de Vérité, le principe de foi, et par conséquent pas non plus par les principes de charité.

Cela explique, comme l’affirme Msg De Castro Mayer, que, en principe, la seule union possible est l’union dans la Vérité, dans la réalité, dans la foi, à laquelle nous participons et montons au moyen de l’humilité, car Dieu donne Sa grâce à l’humble. L’union dans la charité peut seulement exister comme conséquence et comme fruit de cette union dans la Vérité, qui est le Christ. Il est donc illusoire et c’est un mensonge de vouloir tout autre type d’union en dehors de la Vérité.

Qui ne vit pas « avec et pour » la Vérité et l’humilité du Christ et de Sa Très Sainte Mère, celui-là n’aura pas part à l’amour de Dieu qui est le fruit de la Vérité.

Cela explique que le dialogue, l’œcuménisme, la liberté, en tant qu’ils sont en dehors de la Vérité, en dehors de la foi, ils ne peuvent être que des armes de l’illusion et au service des apparences dont se servent fréquemment les libéraux, incitant les gens à s’éloigner encore plus de Dieu, les rendant esclaves soit du péché soit du mensonge.

Seule l’humilité, seule la Vérité, peut faire en sorte que le Christ règne sur nous.

Seule l’humilité et l’union dans la foi peut engendrer la vraie charité. Ce sont les seuls moyens pour arriver à la vie éternelle.

Et toute autre union voulue en dehors de la Vérité devient une union illicite, adultère, prohibée par Dieu.

Que Dieu éclaire nos esprits par le Saint Esprit durant cette Octave de la Pentecôte de sorte que nous soyons conduits par l’Esprit de Vérité et non pas par l’esprit diabolique du mensonge qui règne partout.

Nous demandons à tous nos amis et bienfaiteurs de continuer à nous aider, en particulier par leurs prières, afin que nous puissions continuer le combat si essentiel à la sauvegarde de l’intégrité de notre foi.

Nous vous assurons de nos prières quotidiennes pour chacun d’entre vous. Nous vous bénissons.

Père Rafael, OSB

(1) Msg Castro Mayer - juin 1953
(2) Saint Paul - Philippe IV, 13
(3) Msg Castro Mayer - juin 1953

mercredi 25 février 2015

Lettre aux amis et bienfaiteurs du Séminaire Notre Dame du Mont Carmel (Boston KY)



Le 3 décembre 2014
Saint François-Xavier, Goa, India

Chers amis et bienfaiteurs,
Cette lettre fait suite à une brève visite en Inde, ou une centaine de nos fidèles indiens de la Résistance, dont 4 prêtres de la Résistance, sont venus pour voir le corps incorruptible de Saint François-Xavier. Il y a encore 500,000 autres indiens qui sont venus pour voir le corps de ce Saint qui fut un Grand Missionnaire. Son corps n’est exposé à la vue qu’une fois tous les dix ans. Le combat pour la Foi continue. Continuons à rester fort avec confiance en Notre Dame et en sa victoire. Dans ces temps de grande confusion, il est bon de se rappeler que l’Ecriture nous dit : « sans la Foi, il est impossible de plaire à Dieu. » (Hebreux 11:6). Et donc le premier devoir de l’homme dans sa nature rationnelle est de s’assurer que sa société, son pays, sa famille, son bureau, l’endroit où il se récrée existent « avec la Foi » car nous devons plaire à Dieu en toutes choses « semper et ubique » toujours et partout. La Foi est première et tout le reste doit être animé par elle. La Foi est de croire avec certitude dans la Vérité et dans tout ce que la Vérité nous enseigne. Et donc le grand ennemi de cette Vérité Vivante est appelé avec justesse « le Père de tous les mensonges. » (Jean 8 :44).

Méfiez-vous des mensonges de la télévision et de tous les Media de communication modernes, dont l’objectif est de semer la confusion et le doute ainsi que des erreurs et mensonges dans vos pièces de séjour et dans vos chambres. Prenez garde aux faux choix entre des mensonges et d’autres mensonges, entre péché et péché, entre hérésie et hérésie etc. La crise actuelle de la FSSPX est une crise de la Foi, pas une crise de prudence ni une crise de la diplomatie. Même deux ans après la présentation en 2012 d’une nouvelle doctrine dans la FSSPX, beaucoup d’âmes continuent à parler du danger « d’un accord avec Rome ». La Néo-FSSPX, avec ses sites internet DICI et SSPX.org, son Cor Unum de mars 2013, sa Déclaration de 2012 de la foi qui est « différente » de celle transmise depuis les apôtres par les mains de l’Archevêque Marcel Lefebvre, présente maintenant aux brebis fragiles, un faux choix entre les nombreux mensonges explicites de la Rome Moderniste et les mensonges moins explicites mais essentiellement identiques de la Néo-FSSPX de Menzingen. (Ces mensonges de la Néo-FSSPX ont reçu une couche de peinture de la Tradition et sont enrobés d’encens de la Tradition).

La seconde année de notre séminaire du Kentucky progresse avec plus de 14 candidats qui y sont entrés depuis le mois d’octobre. Certains d’entre eux se préparent pour devenir frères. Environ 8 candidats étrangers attendent leur visas pour rejoindre ceux qui sont déjà présents, parmi eux, il y a des représentants de l’Europe, d’Asie, d’Amérique du Nord et du Sud (un des futurs candidats à arriver vient d’Afrique). Donc, des représentants du monde entier à cause de la crise mondiale de la Foi. Nous ressuscitons l’ancienne petite maison d’école (sans le chauffage nécessaire) pour héberger le groupe que le Bon Dieu et Sa Sainte Mère nous ont envoyé. Nous avons besoin de radiateurs, de machines à laver, de lave-vaisselles industriels, etc. En plus, nous essayons d’aider les prêtres de la résistance et les fidèles à travers le monde, cela le plus possible. Vatican II continue, et donc le combat contre Vatican II doit continuer comme l’a prévu le plus grand des prélats du 20ème siècle, l’Archevêque Marcel Lefebvre.

La Résistance compte maintenant plus de 80 prêtres dans le monde [Note de Reconquista: ce chiffre nous parait inexact, d'après notre liste, réalisée avec plusieurs prêtres, le nombre de prêtres serait aux alentours de 65), la plupart opérant de façon indépendante ou bien opérant comme le font les moines à partir de 3 monastères situés en France (les Dominicains d’Avrillé) et au Brésil (les Bénédictins et le Monastère de l’abbé Jahir). Les prêtres au Kentucky visitent maintenant 40 centres de la Résistance, de façon régulière ou irrégulière. En Asie, l’abbé Chazal, l’abbé Valan et leurs confrères visitent aussi environ 40 centres de Résistance. De nouveaux endroits nous appellent et demandent la visite d’un prêtre. Nous essayons de répondre à tous, avec l’aide de Dieu. Et il nous faut aussi nous occuper sans arrêt des classes du séminaire, etc. Presque chaque mois, toujours plus de prêtres sont expulsés ou mis de côté d’une façon ou d’une autre, de la ligne principale de la FSSPX parce qu’ils sont mécontents avec les nouveaux enseignements et sa mauvaise direction.

Il ne nous faut pas réinventer la roue, comme le dit le dicton. L’Archevêque Lefebvre et les saints des 1900 années qui l’ont précédé ont montrés la direction à suivre. Il nous suffit de faire ce qu’ils ont fait. Il ne nous faut pas « découvrir » une façon de faire « nouvelle » ou « différente », ce qui, justement à cause de sa nouveauté ou de sa différence, est déjà condamné par le Saint Esprit d’après l’Apôtre des Gentils. « Si un ange du Ciel vous enseigne quelque chose de différent … » (Galates 1 :8). Le chemin à suivre est le chemin de la profession publique de la Vraie Foi sans équivoque et dans un langage clair et simple, l’organisation des moyens de la Grâce que sont les paroisses, les séminaires, les écoles, etc. pour rebâtir la Chrétienté et étendre le Royaume éternel du Christ, avec des instruments humains faibles, inadéquats et blessés. Ces instruments de la Grâce dépendent entièrement du Christ et de Sa Sainte Mère.

Saint Louis de Montfort a dit que la victoire finale contre le démon est réservée à la Bienheureuse Vierge Marie. Pourvu que nous soyons autorisés à en être témoin. Elle pourrait vaincre par elle-même sans l’aide d’aucun d’entre nous, mais cela ne ressemble pas du tout à une Mère d’aller sans être entourée de ses petits. Si nous désirons voir sa grande victoire, alors efforçons d’être ses enfants occupés à porter des cruches d’eau à des autorités incroyantes et à des experts en vin, simplement parce que notre Mère nous dit de « faire ce qu’Il dit. » (Jean 2:5). Nous œuvrons avec la peur de nous faire crier dessus, d’être puni, qu’on nous refuse les sacrements, qu’on nous mette à la porte de la Synagogue, etc. Nos peurs sont déraisonnables. Mais comment peut-on nous faire du mal quand on lui obéit, elle « qui est plus terrible qu’une armée rangée en bataille. » (Cantique des Cantiques 6 :9). Soyons des fidèles disciples de Marie en ne permettant aucune diminution de son Fils dans nos cœurs,

Dans le Christ

Abbé Joseph Pfeiffer

samedi 4 octobre 2014

Abbé Joseph Pfeiffer: Gladium aut spes: Lettre ouverte à un evêque désorienté (30 novembre 2013)



(Open Letter to a confused Bishop [1])

[1] Ce titre reprend celui de l'ouvrage de Mgr Lefebvre: Lettre ouverte aux catholiques perplexes traduit en anglais sous le titre: Open Letter to confused Catholics


Le 30 novembre 2013, en la fête de Saint André, Apôtre

Depuis Tagbilaan, Philippines




Chers amis et bienfaiteurs,


Beaucoup d’âmes inquiètes ont été réconfortées et ont retrouvés grand espoir, en écoutant Mgr Fellay nous dire que la Fraternité n’a pas changé et que « tout va très bien, Madame la Marquise »
[Note de la traduction : littéralement « tout est va bien au pays du Danemark » (en référence à la phrase célèbre de Shakespeare dans Hamlet qui permet à Monsieur l’abbé Pfeiffer de comparer les dirigeants de Menzingen à la classe dirigeante du Danemark à l’époque de Shakespeare)].


VRAIMENT, RIEN N’A CHANGE ?

Le 13 octobre, lors de son sermon à Kansas City, il a dit ce qui suit : 
« Certains, malheureusement ébranlés par le Démon, disent que la Fraternité a changé. Ils vont même jusqu’à l’appeler la Néo-Fraternité. Mais cela ne nous désigne en aucune façon. Nous n’avons pas changé, nous ne changeons pas, nous n’avons rien changé de nos positions sur le Concile, sur la messe, sur toutes ces réformes. Et précisément ces dernières années lors de nos discussions avec Rome, nous avons traité de ces problèmes avec Rome. A aucun moment, vraiment à aucun moment nous n’avons présenté un quelconque compromis ! C’est de la propagande mensongère, de la science-fiction de prétendre qu’à un moment donné, nous aurions réduits notre position en échange d’un prétendu quelconque privilège ou avantage.”(13:25-14:37 minute) 

L’Evêque donc nous affirme en premier lieu que rien n’a changé dans la position de la FSSPX sur le Concile, la nouvelle messe, les Réformes qui en découlent, et en deuxième lieu, que les textes présentés à Rome le 15 avril 2012 sont corrects et exempt de compromis. En conséquence, selon Mgr Fellay :

1. Quand il dit que Vatican II “éclaire et approfondit la doctrine première de l’Eglise … non encore conceptuellement formulée” (Déclaration Doctrinale du 15 avril 2012), cela ne contredit pas Mgr Lefebvre quand il dit : « Plus on analyse les documents de Vatican II, plus on se rend compte que ce qui est en jeu n’est pas simplement des erreurs superficielles, quelques erreurs, œcuménisme, liberté religieuse, collégialité, un certain libéralisme, mais bien une perversion complète de l’esprit, une entière nouvelle philosophie basée sur la philosophie moderne, sur le subjectivisme. » (Mgr Lefebvre, conférence de 1990). Mgr Fellay a dit que Vatican II « éclaire la Foi » alors que Mgr Lefefebvre enseignait que Vatican II « est une perversion totale de l’esprit. » Donc, vraiment, rien n’a-t’ il changé ?

2. Quand il dit que la Nouvelle Messe a été « légitimement promulguée » (Déclaration Doctrinale du 15 avril 2012), ceci ne contredit donc pas l’enseignement de Mgr Lefebvre qui déclarait que « la nouvelle messe est une messe bâtarde (illégitime). » (Sermon de Lille, en 1976). Donc, rien n’a-t’ il changé ?

3. Quand il dit que la nouvelle messe est « promulguée légitimement », il ne s’est pas contredit lui-même non plus, quand il a dit le 12 octobre 2013 dans une conférence à Kansas City que « nous n’accepterons jamais la nouvelle messe comme étant légitime. » Donc, rien rien n’a-t’ il changé ?

4. Quand Mgr Fellay déclare : « nous osons dire que même dans le Concile Vatican II, on peut trouver quelque chose de catholique » (Sermon du 13 octobre 2013 à Kansas City) et « nous acceptons 95% du Concile » (en 2001), cela ne contredit il pas Mgr Lefebvre quand il dit « le plus grand service que nous pouvons donner à L’Eglise, est de rejeter l’Eglise Réformée et libérale … je ne suis pas de cette religion-là. Je n’accepte pas cette nouvelle religion. Il s’agit d’une religion libérale et moderniste … deux religions se confrontent ; … il est impossible d’éviter de faire un choix. » (Mgr Lefebvre, en 1986, Lettre Ouverte aux Catholiques Perplexes, Chapitre 18). Mgr Fellay déclare que nous acceptons 95% du Concile comme étant catholique alors que l’Archevêque enseignait « il s’agit d’une religion libérale et moderniste. » Donc, rien n’a-t’ il changé ?

Les opinions de Mgr Fellay et de Mgr Lefebvre dans ces domaines sont aussi semblables que le noir l’est au blanc et aussi semblables que la Vérité l’est aux mensonges. Nous devons choisir un de ces deux enseignements. Nous ne pouvons pas les accepter tous les deux.


A PROPOS DES « DEUX PAPES »

Le 1er juin 2008, dans un sermon à Paris, Mgr Fellay déclarait à propos du Pape Benoît XVI : « maintenant, nous avons un pape parfaitement libéral, bien chers frères … et il est catégorisé comme étant traditionnel ! Et ceci est véridique, c’est la vérité, il est parfaitement libéral et parfaitement contradictoire. Il a certains bons côtés, que nous saluons, par exemple ce qu’il a fait avec la liturgie traditionnelle. »

Le 13 octobre à Kansas City, à propos du Pape François, dans une occasion similaire, il a déclaré : « nous avons en face de nous un moderniste authentique, un moderniste qui est compétent, et qui connait sa Foi, et qui est capable d’en parler et même peut être de l’aimer ! Mais en même temps, il dit le contraire, le contraire. Combien de temps sera-t-il nécessaire pour que les gens de l’Eglise, les autorités se lèvent et disent « cela suffit ! » Si nous continuons de cette façon, j’espère vraiment et je prie pour que ceci arrive – ce qui provoquera une division gigantesque dans l’Eglise. Comme nous avons déjà deux papes vivants, il n’est pas difficile de comprendre et de penser que les gens qui sont un tout petit peu conservateurs – ils vont se tourner vers l’autre, vers Benoît. Cela créera le désordre. C’est ce que veut le Pape (François). Il invite les jeunes, il l’a dit à plusieurs reprises. Il veut que les jeunes créent le désordre (42:07-35 minute mark). .. le Pape veut que tout change … »

Le dernier passage de Ms Fellay est terriblement scandaleux. Cela ne devrait pas être toléré par qui que ce soit de catholique. Dans les jours de prospérités de l’Eglise, il serait suspendu de prêcher, d’enseigner, de toute position d’autorité, déclaré suspect d’hérésie et amené devant le Saint Office de l’Inquisition pour répondre de ses enseignements faux et pour fomenter la sédition.

1. Un moderniste est ambigu et recourt à la « vérité » pour répandre ses mensonges (c.f. Pascendi de St Pie X) et donc il est impossible pour un moderniste d’être « quelqu’un qui connaisse sa Foi, et est capable d’en parler. » C’est particulièrement grave pour un pasteur d’âmes de parler ainsi parce que cela va amener les fidèles à chercher la « vérité » dans le Pape François (et les 95% de vérité dans Vatican II) conduisant à la perte de la Foi dans les âmes.

2. Cela n’est pas possible, ni aujourd’hui ni jamais qu’il y ait deux papes dans l’Eglise. C’est une hérésie – qui plus est, une hérésie qui fomente la rébellion. Cette attitude peut même être qualifiée de « sédévacantisme pratique » pour utiliser les mots de Mgr Fellay lui-même. Le Cardinal Ratzinger n’est pas plus Pape que n’est Président, Jimmy Carter [Note de la traduction : Jimmy Carter a été Président des Etats-Unis]. Il est absurde de lui donner le titre de Pape. Il a démissionné. C’est un objet de scandale qu’il garde son titre, qu’il garde son anneau, et sa soutane de Pape.

3. Mgr Fellay a déclaré « je mets beaucoup d’espoir et je prie pour que ceci arrive – cela veut dire une division gigantesque dans l’Eglise …. Ceux qui sont un peu conservateurs … se tourneront vers Benoît. » Dire cela est de la subversion, un scandale particulièrement sérieux. Si le complot de Mgr Fellay réussit, alors, selon ses propres termes, nous aurons l’effet désiré «d’un Pape parfaitement libéral, parfaitement contradictoire » (Benoît) qui remplace le Pape «authentiquement moderniste » qui dit le contraire, le contraire. » Il [Mgr Fellay] dit qu’il espère et prie pour le retour du bon vieux temps du Pape Benoît ?

4. Notez la déclaration « combien de temps sera nécessaire pour que les gens dans l’Eglise, ceux qui détiennent l’autorité se lèvent et déclarent « cela suffit ! » Notez que Mgr Fellay a parlé du fait que les autorités se lèvent. Il n’a pas dit aux fidèles de se lever et de déclarer «cela suffit ». A la fin de ce même sermon, Mgr Fellay a déclaré « quand vous en arriverez au terme de votre vie, Notre Seigneur demandera « avez-vous obéi, avez-vous suivi les commandements ? » Ce subtil changement de mots a l’apparence du langage d’un serpent. Est-ce un lapsus ? Avez-vous noté que l’obéissance est placée avant ou même au-dessus des Commandements ? Est-ce que cela révèle la vraie pensée de Mgr Fellay que seules les autorités peuvent se lever, que les subalternes doivent seulement obéir, faire leur devoir et ne jamais sortir de leur position? Si cela était vraiment ainsi que les choses sont, Daniel enfant aurait dû prier pour des juges meilleurs et plus saints qui gouvernent les gens. Il aurait dû prier pour le repos de l’âme de la pauvre Susanne. David, le petit berger n’aurait jamais dû avoir l’audace d’agir comme un soldat et combattre le géant Goliath. Ce n’était pas de son ressort. Esther n’aurait jamais dû outrepasser son rôle, même simplement pour sauver les Juifs. Elle aurait dû attendre des jours meilleurs, etcéteri etcétera. Or Saint Paul a résisté à Saint Pierre « il a confronté Saint Pierre parce que Saint Pierre était blâmable. »

Mgr Fellay a ajouté que le Pape François désire une « révolution dans l’Eglise, il veut tout changer. » Un vrai catholique de la tradition devrait se demander : qu’est ce qui a changé depuis que François est devenu Pape ? Quelles sont les nouveautés mises en place par François ? La réponse est essentiellement qu’il n’a rien changé du tout. Le Pape François ne lance pas une révolution ! Il ne fait que continuer la révolution de Vatican II. Il ne veut rien changer à la direction de Vatican II. Il se contente de mettre en place le Concile de plus en plus. La révolution a été et est toujours Vatican II, « la révolution française dans l’Eglise », comme le disait Mgr Lefebvre. Prétendre que le Pape François veut une révolution est faux, trompeur et insensé. Il ne fait que continuer la Révolution en marche du « Concile diabolique». De quoi peuvent donc bien se réjouir les catholiques en ce qui concerne le Pape Benoît (lui, le faux dirigeant dans les coulisses), lui qui est le Pape qui nous a donné son fils spirituel, le Pape François qu’il continue de soutenir ? Ces « deux Papes » sont comme Anne et Caïphe. Notre Seigneur a-t-il dit à ses disciples que les choses seraient mieux si Anne était resté le Grand Prêtre. Non, au contraire, il a dit en face de Anne « si j’ai mal fait, montre-moi ce qu’il y a de mal, sinon, pourquoi m’as-tu frappé. » Le Pape Benoît a frappé les catholiques fidèles à la vraie tradition quand il a donné au monde son décret diabolique intitulé «Summorum Pontificum » dans lequel il affirme que la nouvelle messe est la « messe Ordinaire » de l’Eglise et que la Vraie messe ancienne est permise seulement en tant que «extraordinaire », « ad experimentum » pour une période de 3 ans débutant le 14 septembre 2007, à la condition que ceux qui assistent à la vraie messe acceptent la nouvelle messe et Vatican II. Quand Mgr Fellay a demandé aux catholiques de chanter un Te Deum en l’honneur d’un pareil blasphème, il a appelé la colère de Dieu sur la FSSPX et non pas Sa bénédiction.


Mgr FELLAY, SERAIT-IL SEDEVACANTISTE ?

Mgr Fellay a dit dans son sermon du 13 octobre 
« si il (le Pape François) continue dans la même ligne qu’aujourd’hui, peut être allons-nous être obligé de dire ‘il ne peut être le Pape !’ Je dis ‘peut être’, je ne sais pas. Mais je dis qu’il ne faut pas précipiter ses jugements (23:24-24:01) … ne prenez pas sur vous de résoudre ces problèmes qui sont hors de votre portée et hors de ma portée. Dieu ne nous demande pas de résoudre ces problèmes. Je peux vraiment vous dire que quand vous paraitrez en face de Dieu à la fin de votre vie, Dieu ne vous demandera pas ‘est ce que François était Pape ou pas ?’ Dieu demandera ‘avez-vous obéi, avez-vous suivi les commandements ?(51:08 et suivants)”
Si nous ne devons pas « précipiter de tels jugements » et si « ces problèmes sont hors de votre et ma portée », alors c’est un scandale pour un évêque de précipiter de tels jugements en priant pour une rébellion et une division dans l’Eglise contre le Pape François, « lui qui connaît sa Foi » en faveur du « Pape » Benoît « le parfait libéral ». C’est aussi un scandale de dire aux fidèles que nous pourrions un jour devoir dire que François n’est pas Pape. Ce genre de déclaration crée le trouble dans les âmes, indique une confusion chez le pasteur qui fait ces déclarations et conduit à une plus grande confusion dans l’Eglise. Mgr Lefebvre n’a rien en commun avec ces propos confus, contradictoires et contraires, et aucun de ses fils spirituels ne devrait rien avoir en commun avec de tels propos. L’an dernier, quiconque contestait Mgr Fellay était targué de « sédévacantiste en pratique ». Maintenant ces mêmes âmes déclarent «vous voyez que Mgr Fellay reste traditionnel, il va jusqu’à dire que François n’est peut-être pas Pape. » Nous rejetons avec force une déclaration qui est une telle sottise. Le Pape François est Pape. En particulier nous rejetons tout complot qui implique de remplacer un Caïphe par un Anne ou un Hitler par un Staline.

Nous prions pour le Pape François dans chacune de nos messes. Nous prions en particulier pour sa conversion, pour qu’il se détourne de son modernisme diabolique et se tourne vers la Foi catholique de la Rome éternelle. Nous prions pour qu’il obéisse à Notre Dame et consacre la Russie au Cœur Immaculé. En attendant, pour obéir à ses prédécesseurs et à son Dieu, nous le combattons et nous rejetons son modernisme parce que c’est le seul moyen d’être de vrais et fidèles fils de lui en tant que Pape. Nous vivons au temps du gladium (le glaive) et non pas au temps du faux Spes (espoir) ou de la fausse paix. Notre Maitre divin a dit « Je ne suis pas venu pour la paix mais pour le glaive.” Mt. 10:24). Il a dit cela à ses Apôtres, ses fidèles disciples, leur rappelant à eux comme à nous que nous sommes plongés dans un combat perpétuel ”contre les puissances des ténèbres en place”, comme le dit Saint Paul. 



ACCORD AVEC ROME

Mgr Fellay a aussi parlé dans ce même sermon de l’accord avec Rome. Notez avec soin ce qu’il a dit 20 minutes après avoir débuté son sermon : 
« et donc dire ou prétendre que nous voulons coûte que coûte un accord avec Rome et avec les modernistes. Nous ne voulons pas d’accord avec les modernistes, nous n’en avons jamais voulu. Comment voulez-vous trouver un accord avec des gens qui ne croient même pas que Dieu existe. Qui ne croient pas que Notre Seigneur est dans la Sainte Hostie. Comment voulez-vous trouver un accord avec ces gens ? Non, ce n’est pas avec ces gens-là, c’est avec ce qui reste de l’Eglise. Si nous déclarons que l’Eglise catholique existe, nous devons dire que l’Eglise est visible. Cela fait partie de la doctrine de la Foi et cette Eglise qui est visible a un chef et ce chef est le Pape. C’est la raison pour laquelle nous prions pour lui au canon de la messe. Cela ne veut pas dire que nous sommes d’accord avec lui.” (20:49-21:52)
1. Il a déclaré clairement « Nous n’avons jamais cherché coûte que coûte un accord avec Rome et avec les modernistes (comme le Pape François « un vrai moderniste » ?) – coûte que coûte. » Notez les deux petites formules astucieuses. La première : pas d’accord «coûte que coûte». En d’autres termes, si le prix est correct, nous désirons alors un accord, mais si le prix est trop bas, pas d’accord. Ce langage est trompeur. Cela donne l’impression qu’il ne désire pas d’accord, mais en fait cela signifie le contraire. Le deuxième petit piège : pas d’accord (coûte que coûte) avec Rome et avec les modernistes. Notez la conjonction « et ». Cela tend à dire que Rome peut être une chose et que les modernistes sont une autre chose. Et donc, il a dit qu’il ne voulait pas d’accord avec les modernistes tout en donnant l’impression qu’il ne voulait pas d’accord avec Rome. Ceci s’appelle des tactiques politiciennes bas de gamme. Un évêque de l’Eglise n’a pas le droit de recourir à de telles tactiques. De plus, aucun catholique informé ne devrait être assez fou pour croire à de telles ruses.

2. Il a déclaré « Nous désirons un accord avec ce qui reste de l’Eglise » - avec le Pape François chef visible de l’Eglise. « Cela fait partie de la Doctrine de la Foi. » En d’autres termes, Mgr Fellay déclare qu’il veut un accord avec le Pape François en tant que chef de l’Eglise visible sous prétexte que la Doctrine de la Foi exige que nous voulions être accepté par lui en tant que catholique. Ce langage est digne de l’avocat le plus véreux. Mgr Lefebvre n’a jamais parlé de la sorte. Notre Divin Maître nous a dit « que votre oui soit oui et votre non, non. » De plus, notre Foi ne prend pas appui sur la reconnaissance que nous donnent les autorités modernistes. Nous ne sommes pas catholiques en vue d’être « reconnus ». Nous sommes catholiques pour répandre la Vraie Foi dans le monde entier.

3. « Cet accord » ne signifie pas que nous sommes d’accord avec lui. » Alors que veut donc dire accord ? En conséquence, d’après le sermon du 13 octobre, nous pouvons résumer le sermon du Supérieur de la FSSPX comme suit : les doctrines qui se trouvent dans la Déclaration Doctrinale du 15 avril 2012 sont correctes et exemptes de compromis. Elles sont la copie conforme des enseignements de la FSSPX depuis ses débuts. Nous n’avons jamais voulu d’accord avec les modernistes « coûte que coûte» - comme le Pape François « un authentique moderniste » - mais nous voulons un accord avec le Pape François – en tant que Pape de l’Eglise visible, pas en tant que authentique moderniste (sauf s’il persévère tel qu’il est et dans ce cas « il ne peut pas être Pape »). Nous devons vouloir un accord avec lui en tant que Pape de l’Eglise visible. Ce qui revient à dire que nous voulons être reconnus comme catholiques. L’accord, bien sûr, doit être compris dans le sens que nous acceptons d’avoir un accord avec lui en tant que Pape, mais cela ne signifie pas que nous sommes d’accord avec lui sur cet accord. Cependant, Mgr Fellay « espère » et prie vraiment pour qu’une gigantesque division secoue l’Eglise » de sorte que nous puissions détrôner le Pape François de son trône papal et le remplacer par le Cardinal Ratzinger qui reviendrait alors en tant que Pape Benoît XVII (Note de la traduction : Benoît 17). Et alors, nous pourrions conclure un accord encore meilleur que celui que nous aurions pu souhaiter conclure avec le Pape François, mais cette fois avec le Pape Benoît, en tant que Pape de l’Eglise visible, qui serait alors, rappelons-le, ex-Pape-redevenu-Pape,.

Si les enseignements ci-dessus, tous contenus dans le sermon «encourageant » du 13 octobre 2013 à Kansas City, semblent contradictoires et confus – c’est simplement parce qu’ils le sont. La confusion ne vient pas de Dieu.

Les catholiques doivent connaître leur Foi. Chaque catholique devrait savoir qu’un Pape ne peut pas être détrôné. Il ne pourra jamais y avoir deux Papes. Un Pape qui a donné sa démission ne peut rester Pape. Personne qui est « parfaitement libéral, parfaitement contradictoire » ne peut être préféré à un « authentique moderniste ». Aucun catholique ne peut jamais approuver un complot contre un Pape, même s’il s’agit d’un mauvais Pape. Aucun catholique ne peut faire une « Déclaration Doctrinale » qui admette d’être ambiguë ! Toute personne qui déclare qu’une « Déclaration Doctrinale » qui approuve la nouvelle messe comme « étant promulguée légitimement », et qui déclare que Vatican II « éclaire et approfondit la Doctrine de l’Eglise », est « d’aucune façon un compromis » doit être solennellement réprimandé et ses enseignements doivent être rejetés, parce qu’un tel individu représente un danger pour la Foi des fidèles catholiques. Les pasteurs doivent être vigilants, et garder leur glaive en mains pour contrer un enseignement aussi dangereux. Saint Paul nous dit que la Vérité est un glaive. C’est notre arme principale contre le Père des mensonges. Le Père des mensonges répand ses tromperies à notre époque de plus en plus qu’à n’importe quelle époque du passé. Adoptez le glaive aiguisé de la Doctrine claire, le glaive manié si bien et avec bravoure par notre saint fondateur, Mgr Lefebvre.

Qui donc, doté d’un esprit catholique sain, pourrait être « encouragé » par la doctrine de Mgr Fellay, prince de l’Eglise du Christ, un prince qui est supposé être le fils de Mgr Lefebvre, lui qui était clair et sans équivoque ? Même une brève analyse de ses récentes non-rétractations, de ses non-clarifications confuses etc. suffit pour prouver à toute âme de bonne volonté que l’enseignement de Mgr Fellay se démarque totalement de l’enseignement de la vraie FSSPX. Nous sommes en présence de l’enseignement d’une néo-FSSPX. Et seulement un prêtre de cette néo-FSSPX peut garder un silence coupable face à de telles fausses doctrines. Les anciens prêtres de la FSSPX ont condamnés en termes clairs toute équivoque à propos de notre très Sainte Foi. Il y a maintenant 50 prêtres qui ont été mis à la porte ou qu’on a isolés de cette néo-FSSPX en l’espace de seulement 18 mois depuis que cette crise visible a fait surface en mai 2012. D’autres prêtres sont mis à la porte chaque mois. Les vocations de la néo-FSSPX diminuent. Les revenus de la FSSPX diminuent. La participation aux messes de la FSSPX diminue globalement. La descente libérale vers un modernisme plus profond progresse dans la néo-FSSPX.


Un autre signe que quelque chose est pourri à Menzingen (« tout va très bien Madame la Marquise ») est que n’importe qui pourrait être encouragé par la dernière confusion scandaleuse proféré par la bouche de celui qui devrait être l’embout buccal de la Vérité claire sans équivoque. Nous prions maintenant pour la conversion de Mgr Fellay. Qu’il retourne à la Foi de sa Consécration dont l’objectif était de préserver la Vraie Foi Catholique de toutes les époques. Répétons les mots de Mgr Lefebvre dans son sermon du 20 août 1976 à Lille, dans les Flandres, pendant « l’été chaud de 1976 ». « Nous ne pouvons prêter nos mains à la destruction de l’Eglise » … pas non plus à la destruction de la Fraternité qui a été fondée pour combattre la destruction de l’Eglise.


NOUVELLES DE LA RESISTANCE

Les sept séminaristes sont entrés à Notre Dame du Mont Carmel en octobre. Trois sont entrés à Batangas aux Philippines et quatre attendent au Brésil leur visa pour venir au Kentucky. Deux autres attendent leur préparation pour la prêtrise en Inde. Parmi les quatorze qui sont entrés, il y a aussi quelques-uns intéressés à devenir frères. D’autres sont intéressés à entrer. Dieu bénit notre petite résistance, qui combat pour la Foi dans la fidélité à Mgr Lefebvre et comme l’a été la Fraternité, notre petite résistance est internationale dans ses débuts. Nous proposons des cartes pour une neuvaine de Noël qu’on peut se procurer sur le site www.inthissignyoushallconquer.com. Certaines cartes sont inclues dans ce courrier. Envoyez-les et les prêtres de la FSSPX-Compagnie de Marie se souviendront de vos intentions dans la neuvaine de messe de Noël célébrées à l’intention de Notre Dame du Mont Carmel. L’espace nous manque pour accueillir des jeunes gens de Philippines, du Brésil et d’autres pays d’Amérique du Sud et d’Inde qui souhaitent rejoindre nos jeunes irlandais, philippins et américains déjà avec nous dans notre humble séminaire du Kentucky situé à quelques kilomètres à peine du 1er séminaire américain du Far West fondé en 1811 dans une cabane en rondins près de Bardstown au Kentucky. Plus de 100 anciens missionnaires prêtres des pionniers sont enterrés dans le voisinage de notre petit séminaire. Nous faisons appel à leur sagesse et à leur prière à eux qui sont enterrés et nous faisons appel à votre soutien pour nous aider à réorganiser et à étendre les structures existantes. Après maintenant seulement un an, nous avons déjà plus de 55 centres de messe en Asie, aux Etats-Unis, au Canada, en Irlande, en Angleterre, en Ecosse, en Allemagne, non compris les 15 à 20 centres de messe au Mexique et en Amérique du Sud. Ce sont des centres du combat qui se poursuit pour la Vérité contre le Modernisme et contre les tendances modernistes où qu’elles apparaissent. Mgr Williamson a été bien occupé à visiter nos centres, à administrer les sacrements aux fidèles qui cherchent à être confirmés dans la Foi de toujours. Que le Bon Dieu le bénisse pour son aide et vous pour votre aide sans laquelle nous ne pourrions pas continuer le combat, le seul combat qui vaille la peine, le combat pour le règne social et entier de Notre Roi si merveilleux, le Roi des rois.


Pour le Christ Roi,

Abbé Joseph Pfeiffer


P.S. Monsieur l’abbé Valan nous a envoyé quelques catéchismes en images depuis l’Inde. Nous disposons donc de très beaux catéchismes pour qui le souhaite et nous demandons un don de 20 dollars par livre. C’est un beau catéchisme avec de belles couleurs. Nous enverrons une partie des dons en Inde pour soutenir notre apostolat là-bas sous la direction de Monsieur l’abbé Valan, un des prêtres de la FSSPX mis à la porte l’an dernier.


P.S. Joint à ce courrier, vous trouverez un dépliant pour la neuvaine à la fête de Noël que vous pouvez nous renvoyez si vous le souhaitez. Et aussi la première édition de notre revue trimestrielle « Gladium ». Cette revue s’intitule Gladium en mémoire de la lettre d’information que les Cristeros publiaient lors de la guerre des Cristeros.


P.S. Au moment de la sortie de presse de cette missive, je me trouve aux Philippines en visite dans les missions et aussi pour rencontrer nos quatre séminaristes logés dans la splendide maison mise à notre disposition à Batangas, à une heure de route de Manille. Grâce à vos dons, nous avons déjà donné 5.000 dollars aux pauvres qui ont soufferts du tremblement de terre à Bohol et du super-typhon Hainan dans le centre Visayas. Notre chapelle de Bohol doit être reconstruite. Je vous remercie de vos dons généreux pour venir en aide à nos fidèles philippins. Monsieur l’abbé Chazal fait un travail magnifique dans ces vastes contrées d’Asie, pour répondre à l’appel de l’Evangile de voyager sans « portefeuille ni titre ni souliers » (Luc 10 :4) – mais, ou qu’il aille, il a les pieds chaussés de sandales qui transportent l’Evangile de la Paix avec le glaive de la Vérité. Nous avons maintenant plus de 50 petits centres de tradition affiliés avec notre organisation de prêtres de la FSSPX membres de la Compagnie de Marie, apôtres de Jésus et de Marie. Vous êtes de plus en plus nombreux à faire appel à nous. Suppliez le Seigneur d’envoyer beaucoup d’ouvriers à la récolte.


samedi 27 septembre 2014

Dom Rafael OSB: Lettre aux fidèles (août 2014)


Lettre aux fidèles, août 2014 : Monastère bénédictin San José (Saint Joseph)


+

PAX


Août 2014
Monastère San José (Saint Joseph)
Santa Sofía, Boyacá, Colombia
Colombia


Chers amis et bienfaiteurs,
Nous vous saluons en suppliant notre Très Sainte Mère la Bienheureuse Vierge Marie de vous protéger et de vous combler sans cesse de ses bénédictions.

La crise sans précédent que nous vivons dans l’Eglise et dans le monde actuel nous oblige aujourd’hui plus que jamais à « veiller et prier » pour ne pas être entraînés par le courant infernal qui veut la destruction de tout ce qui est bon et sacré. Les crises sont permises pour châtier les mauvais et les gens sacrilèges, et pour éprouver la vertu et la fidélité des bons. Mais l’épreuve est d’une sévérité d’une telle ampleur que cela nous oblige à prendre toutes les armes que Dieu met à notre disposition et à nous tenir spirituellement prêts au combat.


Mais ce n’est pas tout, la vertu de prudence exige de nous une très bonne connaissance de l’ennemi pour pouvoir lutter efficacement. L’ennemi tient sous son pouvoir et sous sa domination tout le domaine économique, politique et religieux des sociétés modernes. Pour ce qui est de la doctrine et de la morale, l’ennemi est celui qui communique son enseignement en se servant de tous les moyens de communication. Ce sont eux qui décident de nos jours ce en quoi il faut croire et comment il faut agir. Les lignes ennemies sont très avancées, la destruction et les ténèbres n’ont jamais été aussi terribles ni si effrayantes. Devant le panorama si sombre que je viens de vous brosser, nous devons rassembler notre courage pour continuer de vivre dans cette réalité des choses même si cela est la dure réalité, et nous devons nous mobiliser et nous convaincre de la nécessité de « veiller et prier » constamment sans repos. Veiller et conserver les trésors de grâce et de vérité que nous avons reçue, veiller et les défendre, veiller et combattre nos ennemis qui sont ceux de Jésus-Christ. Prier pour que nous restions unis à notre Général et Chef, Jésus-Christ Notre Seigneur ; prier et ouvrir les yeux à notre prochain dans le but de les libérer de la ruse et de la destruction pour les enrôler dans l’armée de Notre Seigneur. Nous devons nous appliquer à vivre dans cette réalité si nous désirons prendre part au triomphe qui est celui de Jésus-Christ et si nous désirons ne pas être trompés. Nous sommes en état de guerre et celui qui souhaite ignorer cet état de fait, nécessairement succombera.



Cette guerre nous oblige à une prudence aiguisée pour ne pas utiliser les armes de l’ennemi, ni sa doctrine ni sa morale ; en nous maintenant éloignés de ses méthodes d’enseignement : les moyens de communications des masses, son esprit libéral et moderniste qui pénètre partout. Nous ne devons jamais traiter aucune mesure de prudence comme étant suffisante. La prière doit être ininterrompue. Ne nous endormons pas, ne nous laissons pas tromper par les illusions de l’ennemi, que l’amour de la vérité, que l’amour à Jésus, Marie, et Joseph nous gardent fermes dans ce combat qui peut être se termine dans le martyr, nous ne le savons pas et Dieu seul le sait, mais l’essentiel est que si nous nous gardons cette attitude de « veiller et prier », dans cette attitude de combat, nous serons prêts avec la grâce de Dieu à donner nos vies pour Lui si nécessaire.


Grâce à votre générosité, les œuvres du monastère ont progressés spirituellement et matériellement. S’il vous plaît, continuez à nous venir en aide pour que nous puissions continuer à combattre le bon combat pour Jésus-Christ et pour vos âmes.

Avec la bénédiction et l’assurance de nos prières quotidiennes pour chacun d’entre vous.

Père Rafael, OSB et la communauté.

Prieur du Monastère San José (Saint Joseph)