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mercredi 22 juillet 2026

L'abbé Pagliarani laisse tomber le masque

L’abbé Girouard commente la lettre de l’abbé Pagliarani parue le 19 juillet 2026 

Sources:

Chers amis,

Hier, l’abbé Pagliarani, Supérieur général de la Néo-FSSPX, a publié une lettre d’«encouragement » et de « consolation » aux fidèles de la Néo-FSSPX, en particulier à ceux qui ont assisté à la cérémonie d'Écône le 1er juillet.

Sa lettre témoigne d'un manque de discernement consternant. Franchement, le fait qu'elle ait été publiée sur le site officiel de la Néo-FSSPX montre que l’abbé Pagliarani est entouré de courtisans et de flagorneurs. Personne n'était là pour lui dire qu'il aurait dû y réfléchir davantage.

Ci-dessous, le texte intégral, avec mes commentaires en gras

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Menzingen, le 19 juillet 2026 (...)

COMMENTAIRE : Jusqu'ici tout va bien. Au moins, la date est correcte.

(...) Chers fidèles,

Quelques jours après la cérémonie du 1er juillet, je souhaite vous adresser ces quelques mots.

Tout d'abord, je tiens à vous remercier. Pendant plusieurs années, j'ai prié la Très Sainte Vierge pour qu'elle prépare les cœurs à cet événement historique. (...)

COMMENTAIRE : « Pendant plusieurs années ». Ah ! D'accord… Combien d'années cela représente-t-il ? Cinq ? Dix ? De toute évidence, c'était avant le décès prématuré de Mgr Tissier (2024). Était-ce après l'élection de l’abbé Pagliarani en juillet 2018 ? Je pose cette question car, en 2015, en réaction au sacre de Mgr Faure par Mgr Williamson, la Fraternité Saint-Pie X (Néo-FSSPX) a déclaré que cette consécration sans mandat papal était injustifiée, faute d'« état de nécessité ». Alors, combien de temps s'est-il écoulé entre cela et les débuts de l’abbé Pagliarani pour prier la Vierge Marie « afin de préparer les cœurs » aux sacres de la Fraternité sans mandat papal ? Je soupçonne que ce soit après son rejet des dernières propositions de Rome en décembre 2018 (souvenez-vous de la déclaration de Mgr Pozzo). Un exemple flagrant de deux poids, deux mesures. Et cela me rappelle une boutade de Chris Plante, animateur radio conservateur : « Si la gauche n’avait pas deux poids, deux mesures, elle n’aurait aucune norme ! » Et que signifie exactement : « elle préparerait les cœurs à cet événement historique » ? On ne peut certainement pas s’attendre à ce que les traditionalistes purs et durs s’y opposent. Il doit donc parler des prêtres et des fidèles libéraux de la Fraternité. Il sait que les vrais conservateurs ont été exclus ou ont quitté en 2012 et après. Il craint donc maintenant de perdre le soutien des libéraux.


(...) J’avoue avoir été profondément touché de voir comment vous avez tous accompagné les consécrations épiscopales par vos prières et votre gratitude envers la divine Providence. (...)

COMMENTAIRE : Que voulez-vous dire par « j’avoue avoir été profondément touché » ? Comme si c’était une réaction inappropriée. Comme si, normalement, vous n'étiez pas, et ne deviez pas être, touché par la foi de votre peuple ?

(...)Le 1er juillet, de nombreux fidèles du monde entier étaient présents à Écône, et ils vous représentaient tous. Ce fut une immense joie de les voir si nombreux et si fervents. Comme vous le savez certainement, un orage s’est produit pendant la cérémonie : « Devant l’éclat de sa présence, les nuées se sont élancées… Et le Seigneur a tonné du haut du Ciel, et le Très-Haut a fait entendre sa voix » (Ps. 17, 13-14). (...)

COMMENTAIRE : « Devant l’éclat de sa présence (etc.)...voix. » (Ps. 17, 13-14). C’est en effet une citation fort malheureuse ! Si l’abbé Pagliarani, avant de la choisir pour son message, avait pris la peine de consulter le commentaire à ce sujet, il ne l’aurait probablement pas choisie pour illustrer l’averse qui s’est abattue sur les consécrations. En effet, George Haydock affirme que le psaume a été écrit par le roi David, qui se souvenait comment Dieu était intervenu par les nuages, le tonnerre, les éclairs et la grêle pour disperser ses ennemis, les Moabites, qui harcelaient son camp et son armée. Le père Haydock ajoute que cet événement préfigurait la destruction future de Jérusalem après la crucifixion du Seigneur par les Juifs, ainsi que la destruction future des ennemis assiégeant l'Église. Le choix de cette citation est donc tout à fait inapproprié, car l'averse s'abattait sur les fidèles rassemblés autour de la tente de consécration, et son utilisation laisserait entendre que Dieu cherchait à disperser les ennemis de la Fraternité. Un choix de citation et une image assurément malheureux, monsieur l’abbé Pagliarani !

Capture d'écran You Tube

(...) À ce moment-là, ma joie a redoublé. D’un côté, j’étais le témoin privilégié d’une liturgie d’une beauté exceptionnelle ; de l’autre, j’avais sous les yeux une autre beauté, tout aussi touchante : celle d’une foule immense de fidèles demeurant à leur place durant tout l’orage et priant Notre-Dame pour les nouveaux évêques, pour l’Église et pour le Pape. (...)

COMMENTAIRE : Eh bien, c'est formidable ! Sa joie redoubla lorsque l'orage éclata, car il vit une « immense foule de fidèles demeurant à leur place » ! Oui, on vous croit. On sait tous combien la Fraternité Saint-Pie X aime que les fidèles restent à leur place ! J'ai moi-même assisté à la cérémonie, allant d'une étape à l’autre (n'ayant pas six heures à disposition). J'ai vu l'averse et les fidèles vêtus d'imperméables et munis de parapluies ; heureusement, ils étaient venus préparés, grâce à des prévisions météorologiques précises. Puis l’abbé Pagliarani décida de chanter le Rosaire. La mélodie qu'il utilisa pour les « Je vous salue Marie » était inconnue de l'assemblée, et même du clergé. Seul le chœur la chantait sans difficulté. Cela dura 45 longues minutes. Peut-être sa joie était-elle d'autant plus grande que, contrairement aux pauvres gens trempés par la pluie, il avait un endroit chaud et sec où se réfugier (la grande tente). Au lieu de faire preuve d'originalité et d'ingéniosité, il aurait dû penser à eux. S'il fallait 45 minutes pour que l'averse se calme avant que la Sainte Communion puisse être distribuée en toute sécurité, pourquoi ne pas réciter un Rosaire complet avec une récitation normale ? Ou un chapelet normal, suivi d'une méditation sur la Passion du Seigneur (1er juillet : Fête du Saint-Sang), pendant laquelle les fidèles auraient au moins pu s'asseoir au lieu de s'agenouiller dans l'herbe détrempée ?

(...) Parmi eux se trouvaient des dames âgées, à genoux, ainsi que de jeunes mamans portant leurs nourrissons dans les bras. C’était la plus belle image que l’on puisse donner de la Fraternité : des fidèles animés d’une foi inébranlable, que rien ne saurait troubler ; des âmes pour lesquelles le saint sacrifice de la Messe est véritablement le centre de leur vie. Vous ne pouvez pas imaginer la consolation qui fut la mienne à cet instant. Cette scène s’est profondément gravée dans ma mémoire et je ne pourrai jamais l’oublier. (...)

COMMENTAIRE : Oui... Cette image me rappelle comment la Fraternité Saint-Pie X (Neo-FSSPX) a traité ses fidèles depuis 2012, lorsqu'ils ont osé remettre en question sa démarche vers un accord pratique avec l'Église conciliaire : « Taisez-vous ; payez ; priez ; et obéissez ! Ou préparez-vous à être mis à la porte ! » Et je pense que cette image que vous aimez tant, cher abbé Pagliarani, cette image qui vous fait dire : « Vous ne pouvez imaginer la consolation que j'ai ressentie à cet instant. Cette scène est profondément gravée dans ma mémoire et je ne l'oublierai jamais ». Oui, cette image aurait été bien plus belle si vous, et les centaines de prêtres et de séminaristes sous la tente, aviez, à votre exemple, pris la peine d'aller à la rencontre de ces dames âgées et de ces mères portant leurs enfants dans leurs bras. Cela aurait montré à quel point vous vous souciez réellement des fidèles. Je suis désolé que vous trouviez beau et réconfortant de voir ces vieilles dames et ces jeunes mères sous la pluie…

(…) Jusqu’au dernier jour, j’ai espéré un geste de bienveillance, ou du moins de simple compréhension, de la part du Saint-Siège. (…)

COMMENTAIRE : Vraiment ? Comment peut-il être aussi déconnecté de la réalité ? Comment peut-il ignorer, à présent, qu’il a affaire à une Église contrefaite ? Comment peut-il rester sourd aux déclarations claires et unanimes des papes conciliaires et de la hiérarchie : ils ne reviendront pas à l’Église de Pie XII, mais entendent poursuivre leurs projets ? Comment peut-il ne pas comprendre qu’ils considèrent une FSSPX forte et fidèle comme l’épine ultime dans le pied de leur synode ?

(...) Mais les sacres ont été condamnés et la dureté des sanctions prises est sans précédent. Elles visent d’abord les évêques, mais aussi les membres de la Fraternité. Même les fidèles sont concernés. Cette condamnation, parfaitement injuste, représente une humiliation immense pour des personnes qui n’ont d’autre but que de défendre la vraie foi et de travailler au salut des âmes. (...)

COMMENTAIRE : « Une immense humiliation ». Veuillez noter : « immense » signifie «ce qui ne peut être mesuré ». Je suis consterné ! C'est probablement le lapsus freudien le plus révélateur. En effet, cher abbé Pagliarani, votre subconscient s'est dévoilé. Vous avez ressenti une humiliation incommensurable lorsque le Pape a refusé de vous rencontrer et de vous écouter, et lorsqu'il a mis à exécution sa menace d'excommunication. Votre orgueil est incroyable ! Non seulement vous pensez que Mgr Lefebvre avait tort lorsqu'il a déclaré que nous ne devions plus avoir de contacts avec l'Église conciliaire (1989), mais vous croyez aussi pouvoir faire mieux que lui avec Rome ! Et vous dites : « Immense humiliation pour ceux qui n'ont d'autre but que de défendre la vraie Foi et d'œuvrer au salut des âmes »Je vous en prie : si vous vous êtes sentis humiliés par la façon dont vous ont traités les hérétiques modernistes romains et les idolâtres de la Pachamama, n'étendez pas votre fierté blessée à tous ceux qui se soucient des âmes. Gardez-la pour vous et vos semblables !

(...) Mais je tiens à ce que vous sachiez que cette profonde humiliation, qui touche d’abord les membres de la Fraternité, a un sens aux yeux de Dieu qui ne doit pas vous échapper. En dernière analyse, ces sacres ont été accomplis pour chacun d’entre vous, chers fidèles. Vos âmes sont le véritable trésor confié à la Fraternité, ce qu’elle chérit le plus. Une seule âme possède une valeur infinie. Si, pour lui assurer l’enseignement de la vraie foi et l’administration des vrais sacrements, il faut payer le prix d’une telle humiliation, alors cela en vaut la peine, car une âme n’a pas de prix. La fête du Très Précieux Sang de Notre-Seigneur, prix de notre salut, nous le rappelait avec force le 1er juillet. (...)

COMMENTAIRE : Une fois encore, le mot « humiliation » est mentionné. Deux fois. Comme prix à payer pour offrir aux âmes la vraie Foi et les vrais sacrements. Ces âmes, qui sont le « véritable trésor confié à la Fraternité ». Magnifique ! À propos de trésor : aucune mention de Maximilien Krah, ni du don de 80 millions d'euros des Rothschild reçu après le transfert de la FSSPX à Rome, il y a des années. Si les fidèles sont le véritable trésor de la Néo-FSSPX, pourquoi ne pas les éloigner de l'Église conciliaire ? Pourquoi ne pas la voir pour ce qu'elle est : l'instrument du diable pour détruire la seule et unique vraie Église catholique ? Pourquoi demander la permission à ces gens pour faire le bien ? Au lieu de vous plaindre de votre humiliation, VOUS DEVRIEZ ÊTRE FIER D'AVOIR ÉTÉ EXPULSÉ DE L'ANTI-ÉGLISE CONCILIAIRE !

(...) Les sanctions entendent vous frapper vous aussi d’une manière assez cruelle. Cela est certainement douloureux, mais n’en soyez pas trop surpris. En définitive, c’est la Tradition elle-même, que nous chérissons plus que tout, qui est excommuniée dans tous ceux qui l’incarnent. Il est évident que, devant Dieu, une telle condamnation ne peut pas être valide, car elle condamnerait ce qui est au cœur de la vie même de l’Église. (...)

COMMENTAIRE : Oh, mon Dieu ! Cher abbé Pagliarani, vous êtes si près de découvrir la Vérité ! Écoutez-vous parler et réfléchissez un instant ! Vous dites que le décret du 2 juillet de Rome a excommunié la Tradition ! La conclusion logique serait : l'Église conciliaire ne peut pas être l'Église catholique ! Mais au lieu de cela, vous arrivez à une conclusion illogique : le décret d'excommunication doit être, et est, invalide ! Et le 11 juillet, vous avez fait un appel officiel devant le tribunal de l'Église conciliaire ! Que vous faudra-t-il pour devenir LOGIQUE !

(...) Mais alors, au milieu de ce nouvel orage, une question se pose : qu’est-ce que Notre-Seigneur attend de vous maintenant ? C’est dans l’âme de chacun d’entre vous que la foi doit demeurer intègre et vivante. Si la Providence permet une crise telle que l’enseignement de la foi se trouve mystérieusement obscurci, cette même foi doit continuer de vivre dans les âmes, malgré tous les vents contraires qui cherchent à l’éteindre. Si l’éclat extérieur de la profession officielle de la foi vient à disparaître, la petite bougie que chacun d’entre vous a reçue le jour de son baptême doit rester allumée dans son cœur et dans son esprit jusqu’au dernier jour. C’est, en définitive, la seule chose qui compte. Cette petite flamme est la première chose que nous avons reçue au commencement de notre vie chrétienne, et c’est aussi la seule que nous conserverons jusqu’à la fin. (...)

COMMENTAIRE : Je ne savais pas que l’abbé Pagliarani était un tel poète ! Mais que dit-il ici : « Si la Providence permet une crise telle que l’enseignement de la foi se trouve mystérieusement obscurci... Si l’éclat extérieur de la profession officielle de la foi vient à disparaître » ? Quoi ? Nous savons pourquoi et comment la Foi a été obscurcie : les Modernistes, condamnés depuis saint Pie X, ont pris le contrôle des structures de l’Église lors du Concile Vatican II. Pourquoi tourner autour du pot ? Et pourquoi dire « vient à disparaître » ? Croit-il qu’elle n’a pas déjà disparu de l’Église conciliaire ? S’il pense que Rome enseigne encore la Foi, pourquoi a-t-il envoyé deux « déclarations de foi » à Rome avant le 1er juillet ? Si Rome et la Fraternité partagent la même Foi, pourquoi tant de problèmes entre elles ?

(...) Je vous confie tous à la très sainte Vierge Marie, à laquelle la Fraternité Saint-Pie X a été consacrée à un titre tout particulier. Qu’elle vous protège toujours au milieu de tous les orages et de toutes les difficultés, et qu’elle garde vivante cette petite flamme allumée dans vos âmes lorsque se déchaînent tous les vents contraires. Toutes les grâces nous viennent par ses mains. C’est elle que nous devons remercier pour la grâce des sacres, et c’est elle que nous devons prier afin que les nouveaux évêques soient des instruments toujours plus dociles à ses inspirations, et qu’ils persévèrent jusqu’à la fin dans cette fidélité. (...)

COMMENTAIRE : L’abbé Pagliarani dit : « et qu'elle garde vivante cette petite flamme allumée dans vos âmes lorsque se déchaînent tous les vents contraires ». J'ai d'autres mots en tête. Les paroles de Notre Seigneur (Matthieu 5, 14-15-16) : « Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée. On n’allume pas une lampe pour la mettre sous un boisseau, mais on la met sur son support, et elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison. De même, que votre lumière brille devant les hommes, afin qu’ils voient vos bonnes œuvres et glorifient votre Père qui est dans les cieux. » Il ne suffit pas de maintenir vivante la petite flamme cachée de la Foi dans les âmes. La Fraternité doit être logique et audacieuse! Elle doit aider les âmes précieuses qui se tournent vers elle pour trouver lumière et guidance. Elle doit révéler, du haut des collines, la vérité sur l’Église conciliaire ! Alors, et alors seulement, le but de la Fraternité deviendra clair pour tous. Pour l’instant, elle ressemble seulement à une FSSP en proie à une crise de colère.

(…) La Fraternité ne vous abandonnera jamais. Jamais vos âmes ne perdront leur valeur et leur prix aux yeux de ses prêtres. (...)

COMMENTAIRE : Je suis désolé de le dire, mais la Fraternité a déjà abandonné et trahi les âmes que Dieu lui a confiées. Cela a commencé subrepticement par l'approbation des réunions du GREC par Mgr Fellay en 1997, et par la mise en œuvre subséquente de ses recommandations. Cela s'est poursuivi ouvertement avec l'expulsion de Mgr Williamson et de nombreux prêtres en raison de leur opposition à un accord avec l'Église conciliaire. Cela s'est manifesté à nouveau par la demande d'un mandat papal pour les consécrations et par l'appel du décret d'excommunication. Et cela se manifeste encore aujourd'hui, avec cette dernière lettre « poétique » aux fidèles de la Fraternité.

(...) Que Dieu vous bénisse !

Père Davide Pagliarani

COMMENTAIRE : Merci. Et que Dieu vous bénisse également, avec la grâce de la compréhension, de la logique, du courage et, surtout : de l'humilité. Peut-être devriez-vous vous souvenir (ou découvrir) de la signification de votre nom : PAGLIA : paille, et ceux qui fabriquent des choses avec de la paille. RANI :  qui descend de qui ? Il n'y a rien de mal à ce que des ancêtres aient travaillé avec de la paille. Mais souvenez-vous de l'histoire des Trois Petits Cochons et bâtissez votre Fraternité non pas avec la paille du sentimentalisme et de l'illusion, mais avec les bonnes briques dont je parlais plus haut.

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Avec ma bénédiction,

Père Girouard

jeudi 20 novembre 2025

« Écartez-vous. La jeune fille n’est pas morte. Elle dort. »


par S.E. Mgr Thomas d'Aquin O.S.B.


« Filia mea modo defuncta est… »
« … non est enim mórtua puella, sed dormit… »
« Et deridebant eum. »

La sainte Église semble morte en ce moment. Elle a été envahie par les modernistes qui ont pris les postes-clé. Les prévisions et les plans de la franc-maçonnerie semblent avoir triomphé. La franc-maçonnerie désirait un pape qui eût les idées de la franc-maçonnerie. Elle ne voulait pas d’un pape franc-maçon ; cela pourrait être dangereux pour elle, mais un pape portant ses idées serait l’idéal. Dieu a permis que cela fût ainsi, comme dans le cas de Job, où Dieu a permis qu’il fût tenté, attaqué, dépouillé et blessé par le démon, au point d’être abandonné par son épouse et par ses amis.

Un concile qui rompt avec la Tradition, c’est-à-dire qui rompt avec Notre-Seigneur Lui-même. Des réformes qui intensifient cette rupture. L’excommunication de Mgr Lefebvre et de Mgr Antônio de Castro Mayer, qui ne furent jamais réhabilités.

Une nouvelle liturgie de la Messe, comme l’avaient prédit les pires ennemis de l’Église. Des rencontres œcuméniques au goût de la franc-maçonnerie, rencontres qui sont la négation de l’exclusivité de l’Église catholique comme unique arche du salut.

De nouveaux saints qui sont, en réalité, de faux saints, comme “saint Jean-Paul II”, “saint Paul VI”, “saint Jean XXIII” et bien d’autres.

L’encouragement donné au mouvement charismatique, d’origine protestante et diabolique.

Des attaques contre les termes corédemption et médiation de Notre-Dame.

La destruction et la corruption des séminaires et de la vie religieuse, la stagnation des vocations.

jeudi 23 janvier 2025

Je te hais. .. moi non plus

 Source



Lors du dernier épisode du Club des Hommes en Noir, M. l'abbé Barthe, généralement bien informé, a indiqué qu'il était probable que François n'accorde pas le mandat apostolique qui permettrait à la FSSPX de consacrer licitement des évêques, mais qu'il la dispenserait de la peine canonique liée à ces consécrations.

Cette hypothèse a aussi été énoncée par M. l'abbé Pivert il y a quelques mois . 

On entrerait alors dans un jeu parfait de dupe et de dupés. 

D'un côté, Mgr Fellay et la clique des ralliéristes seraient ravis car ils pourraient dire que la FSSPX n'est pas condamnée par Rome et reste en communion avec elle .

Les moins favorables au ralliement pourraient dire que le sacre n'est pas entaché de compromission car Rome n'aurait pas donné son accord. 

Le grand perdant de cette manœuvre, c'est  la VÉRITÉ car qui peut soutenir qu'une action soit bonne et mauvaise, vraie et fausse en même temps ?

C'est un peu comme le concile Vatican II : il est suffisamment flou et ambigu pour satisfaire les esprits conservateurs superficiels et, en même temps, laisse la porte ouverte aux novateurs.

Abbé Matthieu Salenave

lundi 12 août 2024

Où en est la résistance au sein de la Fraternité ?

Source

Petit retour en arrière 

Prêtres du district de France et religieux 
signataires de la “Lettre des Doyens”

En 2012, la FSSPX a changé de cap en acceptant la possibilité d'un accord pratique - canonique avec la Rome conciliaire. Même si  rien n'avait abouti en 2012 puisque Benoît XVI et Mgr Fellay avaient fait marche arrière, le principe d'un possible accord était posé, et la FSSPX n'attendait qu'une proposition intéressante de Rome pour valider ces orientations.

C'est en 2015 et 2017 que Rome a finalement proposé à la FSSPX de donner licence à tous les prêtres de la Fraternité de confesser et de marier en accord avec l'Église conciliaire. A l'époque, un certain nombre de prêtres en ministère dans la FSSPX ont perçu le piège et se sont indignés des dispositions  que leurs supérieurs avaient acceptées dans leur dos ; ces prêtres se sont levés pour manifester leur désapprobation, car cette subtile manœuvre de François était en fait  un moyen pour Rome de mettre la main sur les sacrements de la FSSPX et de l'obliger tacitement à accepter le nouveau code de Droit canon. Une sorte  d'OPA à l'amiable, pour utiliser un jargon moderne.

mardi 18 juin 2024

La "main tendue" du modernisme au catholicisme traditionnel

 


Mgr Fellay et le Pape Benoît XVI
Source

Un glissement théologique involontaire vers le modernisme


Certains catholiques attachés à la Tradition, pour « sortir du ghetto », dans lequel la Néomodernité les a confinés, pourraient accepter - par inadvertance, lentement et concrètement - sinon les idées, du moins la façon d’agir des modernisateurs.

Nous assistons, en bref, à un glissement théologique involontaire vers le modernisme.

Beaucoup d’entre eux ne manquent pas d’amour pour l’Église, une saine doctrine et une morale droite ; cependant, l’intention de trouver un moyen d’adaptation aux circonstances des tristes temps modernes reflète celle du naïf, qui accepte une insidieuse « main tendue », sans se rendre compte que cette main l’attirera alors pour passer le Rubicon, mais vers le Rhin (c’est-à-dire l’erreur et l’injustice) et non vers le Tibre ou la vérité de Rome (cf. Card. ALFREDO OTTAVIANI, Devoirs de l’État envers l’Église, Rome, 1952 ; Ralph Wiltgen, Le Rhin se jette dans le Tibre).

L’ancienne politique de la « main tendue »


Hier, la « main tendue » au catholicisme était celle du communisme au « visage humain » (Gramsci, Bloch, Rodano et Berlinguer) et de nombreux catholiques sont devenus apostats en se tournant vers le communisme matérialiste et athée, affirmant : « Comment peut-on refuser une « main tendue » d’une entité qui semblait si redoutable, mais qui s’est avérée si charitable ? ».

Aujourd’hui, c’est celle du néo-modernisme, qui semble (1) avoir abandonné la haine envers la Tradition (palpable au temps de Paul VI) et être disposé à lui accorder des droits ou au moins une tolérance pratique.

Malheureusement, le même refrain qui était dans la bouche des catholiques progressistes ou démocrates-chrétiens d’hier, se retrouve dans la bouche des traditionalistes d’aujourd’hui : « Enfin un moderniste au 'visage humain' : François! Comment peut-on refuser sa « main tendue » à la tradition ? ».

Le naïf est le cheval du diable


Le tort du traditionaliste « naïf », qui serre - ce qui paraît initialement - une main tendue, qui - ensuite - l’écrasera, est précisément celui de ne pas accepter concrètement, bien qu’en les connaissant en pratique, les armes de vérité que les Pontifes Romains de ce dernier siècle ont transmis aux catholiques, avec des allocutions et des enseignements de toutes sortes dans la lutte contre la Modernité et les forces occultes de la Subversion.

Avec la fronde, la pierre et l'aide du Seigneur


"In funda, in lapide et in nomine Domini David praevaluit contra Goliad" (Antienne des premières vêpres du quatrième dimanche après la Pentecôte). Le petit berger David a vaincu le géant Goliath non seulement avec l'aide de Dieu, mais aussi armé d'une fronde et d'une pierre. L'Église d'ici-bas est "militante", ce n'est qu'au ciel qu'elle est "triomphante". Sans lutte, il n'y a pas de victoire, "seuls ceux qui ont combattu légitimement peuvent être couronnés" (St Paul).

La peur de déplaire au monde ou le "timor mundanus"


Par crainte d'être accusés de vouloir revenir au Moyen Age ou de vouloir rester dans le ghetto, certains catholiques attachés à la Tradition n’ont plus le courage de maintenir les positions doctrinales, politiquement et théologiquement incorrectes bien qu'elles aient été constamment affirmées dans les encycliques comme appartenant à la vie et à la loi de l'Eglise de tous les temps : "Christus heri, hodie et in saecula" (St Paul). * 

Adhérons plutôt à l'avertissement de Léon XIII qui, recommandant la concorde et l'unité dans la lutte contre l'erreur, ajoute : "... et ici nous devons être sur nos gardes pour ne pas nous permettre d'être de connivence avec l'erreur, ou de lui opposer une résistance plus faible que ne l'exige la vérité" (2).

L'intégrité de la vérité


Les vrais catholiques intégralement traditionnels, qui se sentent dans la sûre possession de la vérité et de la justice, ne font pas des transactions et ne cherchent pas à édulcorer le christianisme. Ils exigent le plein respect de leurs droits, qui sont les droits de Dieu.

Ceux, en revanche, qui ne se sentent pas certains de la possession de la vérité (puisque fatigués ou naïfs) ne peuvent exiger de garder seuls le camp, sans se joindre à ceux qui exigent le respect de leurs droits sur la base d'autres principes.

Voici le piège du "compromis historique/théologique" ! Voici David serrant la main de Goliath et ne le frappant pas au front avec la fronde, la pierre et l'aide du Seigneur.

L'opinionisme pluraliste


Le concept d'égalité des cultes (Messe de St Pie V et Novus Ordo Missae) et de tolérance par principe (double appartenance à la Tradition et au Modernisme) est un produit du subjectivisme philosophique relativiste (Descartes), du libre examen religieux (Luther) et de la multiplicité des confessions (Locke) et des conceptions socio-politiques (Rousseau).

Enfin, elle est aussi une conséquence logique des opinions des modernistes qui considèrent que, en matière de religion, il n'y a pas de place pour les dogmes et les formules dogmatiques, et que seule la conscience des individus fournit le critère et la norme pour la profession de foi et l'exercice du culte, ou plutôt de l'"expérience religieuse".

C'est l'acceptation du dialogue avec la Modernité, initié par Jean XXIII, qui ne se fait qu'avec miséricorde ou plutôt reddition et sans justice, c'est-à-dire en réfutant ses erreurs.

Contre le christianisme désarmé


Au contraire, "l'Église catholique insiste sur le principe que la vérité doit l'emporter sur l'erreur et que la vraie religion, lorsqu'elle est connue, doit être aidée dans sa mission spirituelle de préférence aux religions dont le message est plus ou moins lacunaire et dans lesquelles l'erreur est mélangée à la vérité" (3).

Le libéral anonyme


Les traditionalistes "fatigués" ou "naïfs", inconsciemment imprégnés de l'esprit libéral en matière de philosophie spéculative, politique et théologie, voudraient déterminer, selon leurs propres théories, le champ d'action et de compétence de l'Église pour la maintenir enfermée, narcissiquement dans la contemplation du culte traditionnel, dans la sacristie et l'empêcher d'avoir une action sociale de défense doctrinale de la vérité et de réfutation de l'erreur. C'est ce que prétendent tous ceux qui voudraient enfermer l'Église entre les quatre murs du temple, en séparant la religion de la vie, l'Église du monde et de la Société civile.

Or, plutôt que de se plier aux prétentions des hommes, l'Église doit se conformer aux mandats de Dieu. "Praedicate Evangelium omni creaturae". La bonne nouvelle se réfère à l'ensemble de la Révélation, avec toutes les conséquences qu'elle entraîne pour la conduite morale de l'homme, face à lui-même, dans la vie domestique, dans le sens du bien de la polis. "Instaurare omnia in Christo" (St Pie X), l'individu, la famille et l'Etat.

Un suicide imminent ?


Un accord pratique avec le néo-modernisme conduirait évidemment, peu à peu, à l'enfermement de la Tradition dans la sacristie avec reconnaissance officielle par le modernisme, comme ce fut le cas pour les Indiens d'Amérique, enfermés dans des réserves et dûment reconnus.

Mais, l'esprit catholique "ne se laissera jamais enfermer entre les quatre murs du temple. La séparation entre la religion et la vie, entre l'Église et le monde, est contraire à l'idée chrétienne et catholique" (Pie XII, Discours aux curés et aux prêtres de Rome, 16-03-1946).

Ipsa conteret: tota ratio spei meae Maria!


"La Société moderne est atteinte d'une effrayante fièvre de renouveau et infestée d'hommes qui profitent de tant de nos souffrances pour construire l'empire de leur abus, la tyrannie de leurs vices, le nid des luxures et des vols. Jamais le mal n'a revêtu des caractéristiques aussi vastes et apocalyptiques, jamais nous n'avons connu un tel danger. D'une heure à l’autre, nous pouvons perdre non seulement nos vies, mais toute notre civilisation et toute espérance. Il semble qu’à nous aussi le Seigneur dise : "Mon heure n'est pas encore venue", mais l'Immaculée, la Mère de Dieu, la Vierge qui est l'image et la tutelle de l'Église, nous a donné, déjà à Cana, la preuve qu'elle connaît et peut obtenir l'anticipation de l'heure de Dieu.

Et nous avons besoin que cette heure soit anticipée, qu'elle soit avancée, qu'elle soit immédiate, car nous pourrions presque dire : "Ô Mère, nous ne pouvons plus supporter cela !'. Pour nos péchés, nous méritons les derniers massacres, les exécutions les plus impitoyables. Nous avons chassé son Fils des écoles et des ateliers, des champs et des villes, des rues et des maisons. Nous l’avons chassé de ses propres églises, lui préférant Barabbas. Il est vraiment l’heure de Barabbas (...) Avec tout cela, confiants en Marie, nous sentons qu’il est l'heure de Jésus, l'heure de la rédemption [...]. Que Marie dise, comme à Cana : "Ils n'ont plus de vin" ; qu’elle le dise avec la même force d'intercession et, s’Il hésite, Il se nie, qu’elle surmonte Ses hésitations comme elle surmonte, par la pitié maternelle, notre indignité.

Qu'elle soit une Mère miséricordieuse pour nous, une Mère impérieuse pour Lui, qu'elle hâte Son heure, afin qu’il soit notre heure. Nous n’en pouvons faire, ô Marie. La génération humaine périt, si tu n’agis pas. Parle pour nous, ô silencieuse, parle pour nous, ô Marie !(4).

Don Nitoglia

NOTES

1 - En fait, ce n’est absolument pas vrai, voir le cas des Franciscains de l’Immaculée par le P. Manelli...
2 - Léon XIII, Encyclique Immortale Dei, du 1-11-1885.
3 - Jacques Maritain, Droits de l’homme et de la loi naturelle, Vita e Pensiero, Milan 1977, p. 24.
4 - A. Ottaviani, Il baluardo, Arès, Rome, 1961, pp. 279-283.

dimanche 18 février 2024

Tradition

Source

Par  Mgr Thomas d’Aquin (OSB) le 17 février 2024

Ordinations des Pères Albert et Laurent (Colombie) 
6 janvier 2024

Il faut avoir une doctrine très sûre pour comprendre et faire comprendre toute la vraie signification du mot Tradition, surtout en cette crise qui s’abat sur ​l’Église depuis Vatican II. 

La combat de Mgr Lefebvre contre les erreurs de Vatican II a pris le nom de Tradition : “Tradidi quod et accepi.” Ce combat n’est pas, à proprement parler, le combat de Mgr Lefebvre, bien sûr. Il est le combat de l’Église. C’est particulièrement l’opération survie de 1988, survie de toute l’Église.

Mgr Lefebvre ne voulait pas être appelé le chef de file des traditionalistes. Il se nommait simplement un évêque qui résiste, ce qui l’a fait accuser par Dom Gérard de « résistancialisme ». Résister par Fidélité, nom choisi en France pour désigner l’opposition à l’accordisme de Mgr Fellay. Nous pouvons dire la même chose aujourd’hui. Il y a des fidèles qui résistent et qui veulent continuer le combat de Mgr Lefebvre tel qu’il l’a conduit. Mais il n’est pas si facile d’avoir la sagesse de Mgr Lefebvre. Que ferons-nous, sinon supplier le Dieu des armées d’avoir pitié de nous ? Qu’il nous fasse combattre selon les règles de la prudence. Il a non seulement défendu le dépôt de la foi, mais aussi dénoncé quels étaient les ennemis de ce dépôt.

Il y a chez Monseigneur une prudence supérieure, un don de conseil pour discerner la vraie manière de combattre. La vraie manière n’était pas celle de Dom Gérard ni celle de l’abbé Bisig, fondateur de la Fraternité Saint-Pierre, ni celle d’aucune des communautés Ecclesia Dei (premiers mots du document qui a excommunié Mgr Lefebvre), ni celle de tous ceux qui ont adhéré aux invitations de Rome.

En quoi la manière de Dom Gérard déplaisait-elle à Mgr Lefebvre ? Elle lui déplaisait parce qu’elle livrait aux ennemis les vrais catholiques, la part choisie du troupeau. Il a été surpris qu’il n’y ait pas eu davantage de résistance à Dom Gérard au Barroux ; il aurait fallu se battre davantage. Livrer les âmes des moines, de ses prêtres, presque tous ordonnés par Mgr Lefebvre, et des bénédictines aussi... oui, Dom Gérard méritait d’être déposé. Mgr Lefebvre me l’a fait savoir. Il voulait que j’aille au Barroux pour cela. J’avoue que je n’ai eu ni courage ni force ni capacité de le faire. Mais c’est bien la conduite des vrais évêques et aussi des vrais saints, comme saint Pie V, qui délia les Anglais de l’obéissance à la reine Élisabeth. Dans le cas de Dom Gérard, il ne s’agissait pas directement d’hérésie, mais sa conduite allait mener les moines aux erreurs modernes de Vatican II.

Revenons aux traditionalistes. Essayons une définition : ceux qui, dans le combat actuel, ont suivi Mgr Lefebvre et le suivent encore. Voilà le mouvement de la Tradition. Tradition doctrinale et tradition prudentielle. Voilà la Tradition que nous avons appris à aimer auprès de Monseigneur, où il a pourfendu l’erreur, ranimé les courages, éclairé les doutes et communiqué à flots les grâces des sacrements. Suivons-le encore. Avec lui, plus qu’avec quiconque, nous avons la Tradition. Il est encore aujourd’hui l’homme capable du seul vrai ralliement qui peut unir tous les traditionalistes dans la vraie fidélité.

samedi 13 janvier 2024

Miles Christi XXV (partie II)

 Partie I

Die Huonde Wunde

1.       On pouvait donc s’attendre à ce que, par conséquent, la FSSPX ne fasse jamais entrer en son sein des évêques du Novus Ordo, surtout s’ils agissent et enseignent  comme évêques du Novus Ordo, comme on le voit en promouvant Huonder dans « Die Grosse Wunde », une série de conférences de ce dernier soigneusement présentées sur youtube.

Permettez-moi d’insister sur ce point : Le « munus docendi » de la FSSPX est en train de changer ; et par l’intermédiaire de Huonder, l’hostilité à l’égard de Vatican II s’évapore, ce qui est bien plus grave que le fait qu’il altère les sacrements.

Le nouvel Huonder reprend l’idée que Vatican II peut être accepté « à la lumière de la Tradition »,  et bien que Vatican II ait été bien intentionné et traditionnel, il a été dépassé par des radicaux qui ont causé des dommages signalés à juste titre par la FSSPX.

Avec le Diable et tous ses vieux singes, si quelque chose fonctionne, le tour sera répété encore et encore.  Même François utilise la terminologie « Traditiones Custodes » … pour enterrer la Tradition !  Notez bien que l’expression « à la lumière de la Tradition » se trouve pour la première fois dans le premier décret de Vatican II sur la liturgie, signé par le « Bon » pape Jean, latiniste et conservateur.

Devinez ce qui s’est passé par la suite : il n’y a aucun domaine dans lequel  la dévastation de la révolution ait été plus sévère que dans la liturgie.  Les photos bien documentées du mandat de Mgr Huonder comme évêque de Coire en sont une bonne preuve.  Il a même fréquenté une femme-évêque protestante et il est l’illustre promoteur du « Dies Judaicus » ou Journée juive, qui doit être célébrée dans toutes les paroisses suisses dans le but d’apprendre aux catholiques à se rapprocher de la tradition juive…

…Et c’est lui qui est présenté comme un champion de la Tradition !  Vraiment, en cela, seuls ceux qui veulent être trompés seront trompés.

2.       Et cela nous amène à la deuxième partie de l’argument : « Vous avez été blessés  »

Je retiens mes larmes à la pensée que dans le passé, c’est nous, catholiques traditionnels, qui avons été accusés de blesser notre mère l’Eglise par notre adhésion et notre fidélité à la Tradition.  Maintenant, les rôles sont inversés.

Le nouvel Huonder établit une série d’abus et persécutions subis par ceux dont le seul but était de maintenir la foi catholique et l’accès aux canaux de la grâce.  Tellement vrai, n’est-ce pas ? Depuis six décennies, l’autorité s’est dressée comme persécuteur de la vérité, et maintenant elle se retourne pour s’excuser.  Qui pourrait être impoli et rebelle au point de rejeter cette offre ?

Ce que le Vieux Singe espère toujours, c'est que les gens oublient ce qu'il fait ailleurs, à savoir avec Ecclesia Dei, qui est en train d'être mise en boîte, en partie sans succès, par le Pape François.

Certes, on nous dit que nous sommes "spéciaux", mais est-ce suffisant pour croire que Rome n'essaiera pas de nous mettre en boîte plus tard alors qu'elle essaie de mettre les autres en boîte avec beaucoup d'efforts ? Qui peut être aussi crédule ?

3.       Dans ce stratagème de "discerner et intégrer" se cache aussi un grand désir de restaurer les droits de ceux dont la conscience a été forcée  et de réparer "l'injustice, l'abus de pouvoir".

Le nouvel Huonder propose "un nouveau regard" sur la situation, pour "rétablir la confiance". Pour lui, la miséricorde et la compassion envers ceux qui ont été blessés (cf point 2.) vont de pair avec la prise de toutes les mesures appropriées pour réintégrer les victimes d'abus.

Si l'on en croit les scandales d'abus d'enfants, nous constatons, année après année, la grande capacité des responsables du Novus Ordo à approcher les victimes et à leur dire exactement ce qu'elles ont besoin d'entendre. C'est l'"Église à l'écoute", le "discernement et l'intégration", la "miséricorde et la compassion", ce que les politiciens lancent généralement à l'opinion publique dans le cas d'une situation à laquelle ils ne peuvent pas ou ne veulent pas remédier.  

Et ce qui m'étonne vraiment, c'est que Mgr Huonder ait l'audace de jeter dans son panier de compassion des plaintes concernant Traditiones Custodes et le mauvais traitement des prêtres Ecclesia Dei. Essaie-t-il de nous persuader, nous, les moutons dupes, que François va se laisser convaincre et devenir gentil avec ses détestés catholiques traditionnels "rétrogrades", "fixistes", "hypocritement ritualistes", "gardiens des cendres" ?  Avons-nous vu Huonder faire irruption dans son bureau et se plaindre directement à François (comme l'a fait Mgr Lefebvre avec Paul VI à Castel Gandolfo) et nous rapporter ensuite que ses efforts ont porté leurs fruits et que, pour preuve, François ne coupe désormais  plus les têtes ?

 Qui pourrait croire à de telles paroles en l'air ?


...A moins qu'il ne soit aveuglé par l'orgueil, l'orgueil collectif, bien au chaud dans le raisonnement moutonnier : «Comme nous sommes nombreux et que nous sommes grands, rien de mal ne nous arrivera », « Nous sommes assez grands pour avoir les libéraux d’un côté et nous de l’autre et nous leur survivrons », « Les sacrements douteux ne nous atteindront qu’après quelques années », etc.

La Nouvelle Rome a, plus ou moins, permis à Ecclesia Dei de s'étendre pendant 30 bonnes années, et elle s'est étendue, et puis ? Il en ira de même pour la FSSPX ; aucun d'entre nous ne devrait croire les rumeurs selon lesquelles la FSSPX va obtenir des évêques pour remplacer ceux 
qui vieillissent. Certes, Mgr Fellay, Mgr Tissier et Mgr Galarreta peuvent facilement continuer à travailler pendant 10 ans, mais qu'en sera-t-il dans 20 ans ? Ils auront alors 90 ans de moyenne d'âge et seront probablement tous morts en 2053.

Ainsi, comme leurs prédécesseurs de la FSP, la FSSPX sera favorisée pendant un certain temps biologique ; et nous voyons les séminaristes/vocations Ecclesia Dei migrer vers la FSSPX alors que les séminaires de la FSP sont en train d'être fermés. Au moment de la création de la FSP, le séminaire Mater Ecclesiae a été brusquement fermé, tout comme au moment de la collusion de la FSPX avec le Novus Ordo, la "Commission Ecclesia Dei" a également été fermée.



(à suivre)
 

dimanche 10 septembre 2023

Miles Christi XXV (été 2023 )

 


Vous n’apprenez pas de nouveaux tours à un vieux singe ; et si les vieux tours fonctionnent toujours, ils seront sans cesse répétés.  Nous parlons de vieux singes, dignes, expérimentés ; je ne donnerais pas cette garantie à de jeunes singes, de petits singes, ce que l’on ne trouve pas de nos jours parmi les simiens très expérimentés du Vatican.

En 2012, l’attrape était que « Rome a changé » et que les conditions étaient réunies pour « une reconnaissance canonique »…  Cependant, Rome a seulement changé vers le pire et la reconnaissance canonique a progressé par paliers, et surtout sans signature officielle comme Mgr Fellay l’avait dit à Jean-Pierre Maugendre dans un fameux entretien

En 2023, une dizaine d’années plus tard, l’intrusion du Novus Ordo prend place, graduellement et si adroitement que, cette fois, nous ne sommes pas témoins d’une longue liste d’expulsions et vexations qui se produisirent dix ans plus tôt.  Pourquoi ?  Le nouvel Huonder.  Néanmoins, cette intrusion est beaucoup plus grave parce qu’elle concerne les sacrements.

 

Mgr Lefebvre, pour de bonnes raisons, remit en question ce troisième « pouvoir de sanctifier » dans l’Eglise du Novus Ordo.  Dans son homélie historique du 30 juin 1988, il déclara qu’il procédait à ce sacre de quatre évêques précisément parce qu’on ne peut pas avoir une garantie  de la validité des ordinations (et sacres) dans le Novus Ordo en raison des altérations manifestes de la « réforme liturgique » qui a suivi Vatican II, par lesquelles la forme (« Spiritus principalis ») a été tempérée ; et, un peu comme pour la réforme de Cranmer (et de ses successeurs), presque toutes les annexes qui l’entourent ont été modifiées comme pour ne pas exprimer clairement l’intention de l’Eglise, mais de manière ambiguë, protestante.  (à suivre)

samedi 13 mai 2023

Mgr Huonder, un gentil grand-père ?

Epiphanie à Wangs

Nous publions, avec son aimable autorisation, le dossier complet établi par Monsieur l'abbé Dominique Rousseau concernant Mgr Huonder (Consécration des Saintes Huiles le 6 avril 2023, publication de trois vidéos enregistrées le 31 mars précédent) 

Source 


Le renard dans le poulailler

La cérémonie récente (Jeudi saint) au Séminaire de la Fraternité Saint-Pie X (FSSPX) a été très peu médiatisée.

De quoi s’agit-il ?

Mgr Vitus Huonder, ancien évêque de Coire (Suisse) a pris sa retraite dans l’école de Wangs (FSSPX) en mai 2019.

Il était annoncé que ce prélat ne ferait aucun ministère.

Les faits prouvent le contraire. Le dossier que vous lirez sous ce cette rubrique vous donnera des dates, des cérémonies, la dernière étant celle de la consécration des saintes Huiles ce Jeudi saint.

Aucun ministère ?

Allons donc : si la consécration des saintes Huiles n’est pas un ministère épiscopal, il faut réviser le dictionnaire, a minima

Par la suite, a été relayé sur Youtube Certamen (un média de langue allemande) et sur le site officiel de la Fraternité Saint-Pie X un témoignage filmé de Mgr Huonder.

Notre étude est en plusieurs temps : la consécration des Huiles et les doutes sur la personne consacrée puis l’analyse du « témoignage ».

Abbé Dominique Rousseau

Mai 2023

Sommaire :

- Mgr Huonder, suite

ou… une messe pontificale pour la consécration des saintes Huiles

- En réponse à quelques confrères prêtres

- Il a jugé convenable…

- « Dans la prière et le silence… »

- La sûreté des sacrements

- Les documents du Concile

- La nouvelle messe et le Concile Vatican II

- « Je continue mon mandat de 2015 »

ou… l’histoire du renard dans le poulailler


Mgr Huonder, suite
Ou… une messe pontificale pour la consécration des saintes Huiles

Le fait est passé, presqu’inaperçu. Mais pas tout à fait cependant.

Ce Jeudi saint, 6 avril 2023, au Séminaire allemand de la FSSPX, à Zaitzkofen, la messe de consécration des saintes Huiles n’a pas été célébrée par un évêque de la Fraternité Saint-Pie X. Par qui donc alors ?

dimanche 30 avril 2023

Rétrospective des "excommunications"

KE 824 (29 avril 2023)


L’Église n’est plus rien pour un « bon » moderniste,
Donc le « bon » Ratzinger nous a flanqué hors-piste.

Le 16 mars dernier, l’abbé Edward MacDonald, tête virtuelle de la « Résistance » catholique en Australie et en Nouvelle-Zélande, a écrit pour ses fidèles un excellent article sur la prétendue « excommunication » des quatre évêques consacrés par Mgr Lefebvre le 30 juin 1988, à Ecône en Suisse. L’article montre clairement comment les modernistes de Rome se sont joués des successeurs de Mgr Lefebvre à la tête de la FSSPX ; et comment ils ont de fait paralysé la défense de la vraie Foi catholique par la FSSPX, tant que cette dernière ne reviendra pas, dans les actes et pas seulement en paroles, à la lumineuse position de Mgr Lefebvre, qui plaçait l’intégrité de la Foi au-dessus de la fausse « obéissance » —

La question centrale de tout accord entre la FSSPX et Rome a toujours été : dorénavant, qui nomme les évêques de la FSSPX ? (Voir, par exemple, ce même Commentaire pour le 26 septembre 2009.) La raison en est que l’histoire de l’Église catholique regorge d’exemples de combats entre les amis et les ennemis de Dieu – habituellement et respectivement l’Église et l’État – pour la maîtrise de la nomination des évêques catholiques. Car l’Église catholique est une monarchie et non une « démocratie » moderne : ce sont les évêques qui font les fidèles catholiques et non les fidèles qui font les évêques.

Mgr Lefebvre et le cardinal Ratzinger l’avaient bien compris lorsqu’ils se sont rencontrés pour négocier un tel accord près de Rome en 1988. Le rusé cardinal faillit ravir à l’archevêque la maîtrise de la nomination des évêques de la FSSPX dans le Protocole (esquisse d’un accord) qu’ils signèrent le 5 mai. Cependant, avec la grâce de Dieu, Mgr Lefebvre se rendit compte qu’il mettait la Foi en péril ; il reprit sa signature le 6 mai et, avec l’aide de Mgr de Castro Mayer, consacra le 30 juin quatre de ses prêtres comme évêques dans le cadre de l’« Opération Survie ». Il affirma qu’il n’enfreignait aucune loi de l’Église : « Nous sommes persuadés : toutes ces accusations et toutes ces peines dont nous sommes l’objet sont nulles, absolument nulles ! C’est pourquoi nous n’en tenons absolument aucun compte » (2). La FSSPX a expliqué pourquoi Mgr Lefebvre avait raison dans une brochure : Ni schismatiques, ni excommuniés.

Cependant, une vingtaine d’années plus tard, Mgr Fellay estima que ces « excommunications » nulles et non avenues devaient être prises au sérieux : car il se sentait en dehors de l’Église visible (3). Quant au cardinal Ratzinger, il n’avait jamais admis que Mgr Lefebvre l’eût battu en 1988 et, en tant que pape Benoît XVI, il était toujours déterminé à maîtriser la nomination des évêques de
la FSSPX. L’une des conditions préalables à l’admission de la FSSPX dans l’Église visible était que le pape Benoît XVI lève les « excommunications » des quatre évêques de la FSSPX. La FSSPX pria pour que cela se produise et se réjouit lorsque les « excommunications » furent effectivement « levées » par le pape. N’ayant pas une foi suffisante, la FSSPX exprima sa gratitude au Pape pour sa bonne volonté et sa générosité.

Mais en 2023, la FSSPX a maintenant multiplié ses liens avec l’« Église visible ». Ses évêques sont plus âgés et la santé de certains d’entre eux s’est détériorée. Les fidèles se demandent pourquoi il n’y a pas de nouveaux évêques. C’est parce que la FSSPX s’est mise dans une impasse. En demandant la levée de ces « excommunications » complètement nulles, la FSSPX a reconnu implicitement qu’elles étaient réelles, et implicitement elle a promis qu’elle ne consacrerait plus jamais d’évêques sans
l’approbation de Rome, comme l’avait fait Mgr Lefebvre en 1988. Cela témoignerait d’une grande « ingratitude » envers le pape Benoît XVI, et ils mériteraient d’être ré-excommuniés.

Ainsi, de son vivant, Mgr Lefebvre a gagné les batailles avec Rome, alors que, démunis de la clarté de sa foi et de sa perspicacité sur la trahison du modernisme, ses successeurs n’ont pas été les guerriers qu’il fut. Et ils n’ont pas vu comment les tromperies (objectives) du malin Benoît XVI / Ratzinger leur avaient arraché le pouvoir sur leurs futurs évêques, paralysant ainsi, de fait, la FSSPX. Voici comment le pape François – ou son successeur – choisira le ou les prochains évêques de la FSSPX, qui formeront les prêtres et les fidèles de la FSSPX et les intégreront finalement dans l’Église conciliaire. Il est probable qu’il n’y aura qu’un vague murmure de protestation, car les fidèles de la FSSPX sont de plus en plus gentiment trompés en croyant au « renouveau » du catholicisme de Vatican II.

[Notes : (1) https ://laportelatine.org/formation/crise-eglise/sacres-1988/sacres-1988. (2) De nombreuses « églises chrétiennes » sont visibles, de sorte que ce n’est point la visibilité qui distingue des fausses « églises » l’unique vraie Église. Les catholiques doivent se trouver là où se trouvent toutes les quatre Notes, c’est-à-dire : Une, Sainte, Catholique et Apostolique. Et si une « église » visible n’a pas toutes ces quatre Notes, elle est anathème, et nous devons nous en détourner.]

Kyrie eleison.

lundi 24 avril 2023

Mgr Huonder mis en avant. Pourquoi ?

Suite aux polémiques qui sont apparues après la cérémonie de la Messe Chrismale de Mgr Huonder, dans un séminaire de la FSSPX, les responsables de communication de l'actuelle FSSPX se sont empressés de réaliser une série de vidéos pour défendre leur évêque Huonder. En visionnant la première vidéo qui se veut être une présentation de la série qui suivra, vous pourrez déjà constater les techniques de com' très en pointe (musique de fond apaisante, prises de vue professionnelles, lumières tamisées etc...) qui inquiètent plus qu'elles ne rassurent car elles ne sont là que pour compenser le creux des propos de l'évêque moderniste.

Quand on est dans le mensonge, il est difficile d'imiter la vérité...



mardi 19 juillet 2022

Mgr de Galarreta : manipuler sans se faire remarquer

Nous revenons aujourd'hui sur un personnage clé de la nouvelle FSSPX. Il ne s'agit pas de Mgr Fellay qui, lui, n'a jamais caché son jeu du ralliement complet de l'œuvre de Mgr Lefebvre. Nous voulons parler de Mgr Alfonso Ruíz de Galarreta Genua, né à Torrelavega (Cantabrie, Espagne) le 14 janvier 1957. Le Figaro du 11 juillet 2018 ne se trompe pas quand il affirme que l'élection de Mgr de Galarreta comme assistant de l'abbé Pagliarani ralentira l'accord avec Rome, il ne parle pas d'annuler. Entretenant avec l'abbé Pagliarani un double langage pour neutraliser toute résistance, il est sans doute le pire des pires parmi ceux qui ont trahi en toute connaissance de cause l'œuvre de Mgr Lefebvre.

L'évêque très fier devant son église madrilène au style plutôt cabalistique

(Eric Van den Bavière)

Source : Le Chevalier du Christ-Roi n°5 (15 mai 2019)

Mgr de Galarreta plaît parce qu'il affirme ne rien vouloir céder devant le modernisme. Pourtant il a tout fait pour faciliter le rapprochement avec la Rome moderniste. C'est pourquoi il est dangereux, plus que Mgr Fellay. Or c'est cet homme dangereux qui vient d'être promu 1er assistant de la Fraternité Saint Pie X.

Mgr de Galarreta est perçu comme un homme fort et clairvoyant qui ne lâchera pas devant la Rome moderniste

Personne ne peut nier que Mgr de Galarreta soit profondément clairvoyant sur les conséquences d'un accord avec une Rome non- convertie du modernisme.

Mgr de Galarreta a mis en garde, sur une longue période et de manière très détaillée, contre les dangers d'un accord avec la Rome non-convertie du modernisme. Il ne peut avoir oublié ses arguments:

-l'atteinte à la confession de la Foi: « Comment alors ne pas aller contre la confession et la défense publiques de la foi, contre la nécessairement publique protection des fidèles et de l'Église ? »[1]

- la perte des générations futures et de sa propre âme : la lucidité sur ce point est poignante et tous ne pourront qu'être saisis par le rapprochement entre ce passage et l'actuelle conduite de Mgr de Galarreta : « Vous me direz : c'est très dur. Oui, c'est très dur mais ce sera plus dur de perdre les générations qui viendront après nous et perdre notre âme. »[2]

- la soumission à des mauvaises autorités:« Obéir à qui, à quoi ? Comment nous soumettre et obéir à des autorités qui continueront à penser, à prêcher, et à gouverner en modernistes ? »[3]

- l'incorporation à un mauvais cadre: « Il faut regarder le cadre dans lequel ils entendent nous incorporer. Un accord est, qu'on le veuille ou non, nous intégrer dans leur système. »[4]

- la coopération au mal des conciliaires : « Je dis que nous ne pouvons pas coopérer avec ceux qui vont contre la foi catholique, c'est ce que dit l'apôtre saint Paul. » [5]

-l'exemple de la dévastation de Campos: « C'est dans ce contexte précis qu'on nous propose un accord purement pratique. Chose qui a été faite avec Campos, et nous en voyons sur trois ans les effets dévastateurs. »[6]

- une « Mise en garde autorisée - L'avertissement du R. P. Ferrer, secrétaire du Card. Cañizares : « Ne faites pas d'accord avec Rome, elle ne pourra pas tenir ce qu'elle vous promettra».  Nous avons reçu d'autres avertissements similaires à Rome. »[7]

- la duplicité des autorités de la Fraternité Saint Pie X : « Tout accord purement pratique supposerait une contradiction de notre part, une dissociation entre la foi qu'on a dans le cœur et la foi qu'on a aux lèvres. »[8]

- le non-respect de sa parole et de ses engagements : « Aller dans le sens d'un accord pratique serait renier notre parole et nos engagements devant nos prêtres, nos fidèles, Rome et devant tout le monde. »[9]

- l'encouragement à la mondanité : « Cela nous protège par exemple du désir immodéré du succès, des réussites, ce qui a été une occasion de chute pour beaucoup. (. ..) C'est là aussi la clef pour résoudre les problèmes de toutes les familles catholiques. »[10]

- le rapprochement du monde : « Il y a une préservation, un éloignement, une séparation donc un renoncement qui est inévitable si on ne veut pas être contaminé par l'esprit du monde. [11]

Pas mal pour un seul évêque ...

Il paraît fort parce qu'il a souvent répété qu'il refusait tout accord pratique sans accord doctrinal

Cette formule est une constante de ses prédications et écrits majeurs, comme les sermons d'ordinations de 2004, 2008, 2011 et le document de travail d'Albano d'octobre 2011.

Il paraît fort parce qu'il a su s'opposer publiquement à Mgr Fellay

Mgr de Galarreta a gagné ses galons de conservateur opposé à Mgr Fellay à l'occasion de sa présentation du document d'Albano de 2011 et sa signature au bas de la lettre des trois évêques de 2012, co-signée avec NNSS. Tissier de Mallerais et Williamson.

Il plaît parce qu'il veut éviter l'éclatement de la Fraternité Saint Pie X et de la Tradition, favorisant la paix et l'union des familles

Les citations de Mgr de Galarreta sont nombreuses, montrant l'importance capitale qu'il attache au sujet : « Le simple fait de s'engager dans cette voie engendrera chez nous le doute, des disputes, méfiances, partis, et surtout la division. », « provoquera la division et, par réaction, une guéguerre, l'anarchie. », il faut « éviter la division ». La mise en garde est constante chez Mgr de Galarreta, dans les années 2000 et 2010, et le distingue parmi ses confrères. Pour mémoire, Mgr Fellay n'avait pas peur de voir partir un nombre même élevé de récalcitrants.

Pour des familles traditionnelles déjà durement éprouvées depuis les années soixante par des divisions nombreuses, cette préoccupation était la bienvenue. Le risque de nouvelles séparations était redouté par beaucoup, dans un monde qui marginalise les traditionalistes.

Mgr de Galarreta a pourtant tout fait pour faciliter l'accord

Il a fait taire les oppositions et les opposants

Aux prêtres qui s'appuient sur les consignes données par Mgr Lefebvre après les sacres pour refuser l'accord avec Rome qui se profilait déjà (vers 2008-2010), il répondait en substance : Mgr Lefebvre est mort, ce n'est plus lui qui dirige la Fraternité, maintenant c'est nous. Or la situation a changé, et c'est à nous de prendre les nouvelles orientations.

Les témoignages sont nombreux.  Mgr de Galarreta a pratiqué cette démarche pour casser les oppositions auprès des communautés religieuses dont il était l'évêque référent : Dominicains, Capucins, Bénédictins ... Il a bien évidemment fait la même chose auprès des prêtres, religieux, religieuses et oblates de sa propre congrégation : l'abbé Mérel, à Unieux, pourrait témoigner, pour ne citer qu'un seul exemple. Il a également fait la même chose auprès des fidèles, comme par exemple à Bailly, près de Versailles, en 2016.[12]

Il n'a pas pris la défense de Mgr Williamson lors de l'exclusion de celui-ci de la Fraternité Saint Pie X.

Il justifie par avance toutes les dérives ...

... car, selon lui, la Fraternité Saint Pie X a raison même quand elle se trompe! Voici une citation de Mgr de Galarreta, le 13 octobre 2012 à Villepreux, que Dieu a dû apprécier à sa juste valeur : « Il est presque impossible que la majorité des Supérieurs de la Fraternité se trompe dans une matière prudentielle. Et si cela, par un hasard impossible, cela arrive, et bien, tant pis, de toute façon on va faire ce que la majorité pense. » La dernière phrase a généralement été effacée des retranscriptions, mais j'ai écouté l'enregistrement original, le passage y est. Le plus étonnant est que la foule ne l'interpelle pas avec colère, car il s'agit de la trahison pure et simple de sa charge pastorale par l'acceptation à l'avance d'une décision erronée prise à la majorité du Chapitre Général.

C'est lui qui a trouvé l'astuce des « conditions préalables» (autorisation universelle de la messe traditionnelle, «levée» des excommunications, discussions doctrinales), ce qui a per- mis d'enclencher le processus d'accord

À Écône, en 2008, à l'occasion du sermon des ordinations, il avoue : « Ce que nous demandons depuis longtemps, ce sont les étapes avec les préalables ». Pourtant ces conditions prouvent que Rome veut un accord, mais non pas qu'elle soit sortie du modernisme, ce qui est la seule condition pour un rapprochement légitime.

C'est lui qui a trouvé la distinction entre les points négociables et les points non négociables du Chapitre Général de 2012, ce qui a rassuré les inquiets.

Il défend cette distinction avec une grande chaleur le 13 octobre 2012, à Villepreux. Pourtant, il admet, le même jour, qu'au moins un point négociable ne l'était pas (l'autorité des évêques modernes). Mais il n'a rien changé par la suite, s'est justifié, et a continué de plus belle à favoriser l'accord.

Sa phrase «pas d'accord pratique sans accord doctrinal» est un écran de fumée

Il a approuvé tous les accords pratiques sans accord doctrinal avec pour conséquence d'accepter la doctrine moderniste.

Ces accords pratiques ont entraîné la reconnaissance du code de « droit » canonique moderne pour  les mariages en 2017.

Il a justifié l'accord sur les ordinations en 2016 et trouve normal que, en contrepartie, la Fraternité communique à Rome le nom des prêtres ordonnés. Imagine-t-on  Cadoudal communiquant à Napoléon le nom des chefs de la chouannerie en échange d'une reconnaissance ?

Il n'a pas élevé la voix contre la reconnaissance des absolutions données par les prêtres de la Fraternité Saint Pie X, et ce, par deux fois, en 2014 et 2015, à l'occasion de l'année de la «miséricorde».

Il n'a pas non plus protesté contre les autres reconnaissances, plus discrètes, sur des points d'administration et de procédure judiciaire, qui engendrent une présence de plus en plus forte du nouveau code de « droit » de 1983 au sein de la Fraternité.

Il a tout avalisé et défendu. Voici les faits, le reste est illusion et conjecture.

Comment comprendre cette apparente contradiction

Ce qui gêne Mgr de Galarreta n'est pas de changer, mais de changer au mauvais moment.

La meilleure lumière pour comprendre cette contradiction réside dans cette phrase, écrite par lui en 2011 : « Ce n'est pas le moment de changer la décision du Chapitre de 2006 (pas d'accord pratique sans solution de la question doctrinale) et il n'est pas correct ni prudent de se lancer à préparer les esprits dans le sens contraire, avant qu'il n'y ait chez nous la conviction, le consensus et la décision de changer. »

Cette phrase montre la fourberie du personnage : on rassure pour changer les mentalités plus à son aise et, ainsi, favoriser l'accord.

Par ailleurs, le lecteur averti appréciera à sa juste valeur de subversion et de désobéissance à Mgr Lefebvre l'incise suivante : « préparer les esprits dans le sens contraire ».

 Mgr de Galarreta n'a jamais été, par principe et malgré toutes ses belles paroles, opposé à un accord purement pratique et ce, bien avant 2012.

Nous sommes malheureusement bien obligé de le constater et de lui arracher son masque publiquement comme nous devons le faire pour les libéraux qui ont une influence dans l’Éֹglise.

En 2004, à Écône, il prédit que l'accord viendra « en son temps» et qu'il ne sera « pas purement pratique ». Que l'accord soit venu en son temps, nous le concédons. Mais que veut dire son fameux «pas d'accord purement pratique », alors qu'il a fait tout le contraire?  Il s'agissait d'une phrase rassurante, diplomatique, conciliante.

En 2008, nous avons vu qu'il dit avoir endossé « depuis longtemps » l'initiative des « conditions préalables », dont l'octroi par Rome s'est soldé par une triple injure. Première injure, envers la messe de toujours : « rite extraordinaire », placé après le nouveau, dit« ordinaire ». Deuxième injure, l'exaltation du nouveau rite « canonisé » et placé au-dessus de celui de toujours. Troisième injure, l'impiété envers NNSS Lefebvre et de Castro Mayer jamais réhabilités par Rome et dont l'excommunication ne fut pas retirée, et envers les prêtres de la Fraternité Saint Pie X toujours considérés par Rome comme suspens a divinis.

En outre, ce n'est pas la levée des excommunications qu'il fallait demander puisqu'elles ne valaient rien, mais que Rome déclare leur nullité et leur injustice.

En 2011, dans le document d'Albano où il se pose en soi-disant opposant, Mgr de Galarreta écrit qu'un accord est par principe envisageable. Il est envisageable moyennant une majorité du Chapitre Général. Il est envisageable malgré  tout ce que Mgr de Galarreta entrevoit de destruction de la foi traditionnelle. Il donne le change, et cela montre sa malice, en ce que 99 % du document est contre l'accord, et 1 %  pour. Mais le principe de l'accord est à dessein contenu dans le 1 % .

Nous avons rapporté également que le jeu des conditions « préalables », « négociables» et « non-négociables », est sorti de sa boîte à outils.

De 2012 à 2018, il contresigne tous les actes de forfaiture de Mgr Fellay, comme vu plus haut.

Esprit faux, il a l'art de vider les mots de leur sens, alors qu'il n'est pas nominaliste comme Mgr Fellay.

Pour subvertir, il faut changer le sens des mots, et Mgr de Galarreta ne s'en prive pas.

Ainsi, dans le sermon d'ordinationà Écône en 2017, que veut dire « sainteté du prêtre » ? Le prêtre peut-il être « saint» en laissant approcher les loups du troupeau?

Que veut dire « Mgr Lefebvre est un modèle» (2004) ? Un modèle de prudence surnaturelle ou un modèle d'accord « en son temps » avec les ennemis de l'Église?

Et « la reconnaissance des ordinations est unilatérale » (2016), alors que cette reconnaissance se fait moyennant la communication des noms des futurs prêtres?

Que veut dire « zèle amer » pour qualifier la conduite des opposants à un accord (2011) ?

La liste est longue.

Conclusion

Mgr de Galarreta est un homme faible qui, en paroles, s'oppose au loup, mais qui, en acte, tremble devant son ombre. N'osant pas s'en prendre au loup, il ne lui reste, pour maintenir son autorité, qu'à s'en prendre aux brebis qui condamnent sa lâcheté. C'est donc le complice idéal.

Il a été le complice et faux-opposant de Mgr Fellay, ce qui a permis à cet évêque ambitieux de rester au sommet de sa congrégation en 2018 malgré les résultats catastrophiques de son discret travail de subversion : arrimage et soumission à une Rome plus destructrice que jamais de la foi et des mœurs.

Cette explication donne une grande clarté à l'ensemble de l'œuvre de l'évêque depuis 20 ans. Si Mgr Fellay était le promoteur officiel de l'accord, Mgr de Galarreta en était, lui, le promoteur officieux. La gauche triomphante contre la droite discrète. Le Monde-Fellay contre Le Figaro-Galarreta. Pourquoi Le Figaro ? Parce qu'il n'a pas d'esprit de combat. Parce que ses oppositions sont feutrées et ses idées sans nerf. Parce que les aveux publics de ses discrètes trahisons se font toujours au compte- gouttes, en milieu bourgeois et convenu: Albano, Paris 5ième , Versailles, Villepreux ... pour ne surtout pas se faire lyncher par une assemblée de fidèles de base trop attachés à la foi et à Mgr Lefebvre ...

Que les résistants de l'intérieur cessent de s'appuyer sur Mgr de Galarreta tant qu'il ne sera pas revenu de son « accordisme ». Qu'ils prient plutôt pour qu'il devienne un bon évêque et un modèle de vraie sainteté sacerdotale, c'est-à-dire un pasteur qui protège le troupeau contre le loup au lieu de le lui livrer.

Monseigneur, nous ne cherchons qu'à vous aider sur le chemin d'une conversion qui ferait le plus grand bien à l'Église, à la Fraternité Saint Pie X et aux âmes.


[1] Document de travail, Albano, oct. 2011

[2] Sermon, Écône, 29 juin 2004

[3] « Obéir à qui, à quoi? Comment nous soumettre et obéir à des autorités qui continueront à penser, à prêcher, et à gouverner en modernistes? Nous avons des fins et des buts contraires (...) : acceptation du Concile Vatican II et ses principes libéraux. Pour l'essentiel rien n'est changé, il n'y a pas de « retour». Mgr Lefebvre [disait] : « Ce ne sont pas les sujets qui font les supérieurs, mais les supérieurs qui font les sujets» (Fideliter n°70, p. 6). Albano, octobre 2011

[4] « Il faut regarder le cadre dans lequel ils entendent nous incorporer. Un accord est, qu'on le veuille ou non, nous intégrer dans leur système. ( ... ) En particulier il y aura sous-entendus trois principes que nous accepterions implicitement: 1. Relativisme de la vérité, même dogmatique (...) 2. On peut interpréter tout Vatican II en accord avec la Tradition. (...) C'est « l'herméneutique de la continuité». (...) 3. La vérité de foi évolue, les dogmes aussi (...) la Tradition est vivante (...) ». Albano, octobre 2011

[5] « Je dis que nous ne pouvons pas coopérer avec ceux qui vont contre la foi catholique, c'est ce que dit l'apôtre saint Paul ( ... ) il ne s'agit pas seulement de refuser une confusion du point de vue doctrinal, du point de vue théologique de la foi, du point de vue du culte, mais même du point de vue pratique de l'action, nous ne pouvons pas travailler ensemble parce que nous allons dans un sens contraire, absolument contraire, et il s'agit de la foi. » Sermon, Écône, 29 juin 2004

[6] Sermon, Écône, 29 juin 2004

[7] Albano, octobre 2011

[8] « Tout accord purement pratique supposerait une contradiction de notre part, une dissociation entre la foi qu'on a dans le cœur et la foi qu'on a aux lèvres.  Autrement dit, entre la foi catholique et la confession de la foi catholique. Cela nous met dans une duplicité, cela relève de l'astuce, et non pas de la prudence. Car il faudrait - au moins publiquement - faire croire que nous admettons ce qui se passe actuellement dans l'Église à Rome. » Sermon, Écône, 29 juin 2004

[9] Albano, octobre 2011

[10] Sermon, Écône, 29 juin 2004

[11] « Il y a une préservation, un éloignement, une séparation donc un renoncement qui est inévitable si on ne veut pas être contaminé par l'esprit du monde. C'est comme s'il y avait la peste qui se généralise. Une fois qu'on a attrapé la peste, c'est très difficile de s'en sortir. Le meilleur remède c'est de ne pas l'attraper, de l'éviter. Et pour l'éviter, il faut prendre des mesures ». Écône, 29 juin 2004

[12] Cette conférence de Bailly de 2016 est intéressante en ce que Mgr de Galarreta présente la trame de sa justification: dans la vie il faut prendre des risques sans tenter Dieu. Or l'ennemi abandonne des tranchées, donc nous nous en saisissons. Mgr de G. croit-il à ce qu'il dit? En octobre 2011, il disait exactement le contraire dans la conclusion de son document de travail: « Nous ne devons pas devancer la Providence, c'est Elle qui résoudra la crise. ( ... ) Il nous faut plus de raisons pour changer que pour rester dans la ligne sûre et éprouvée que nous avons. Or, c'est le contraire qui arrive. » Nous avons montré que c'est en 2011 qu'il ne croyait pas à ce qu'il disait - ce qui ne l'empêchait pas d'être lucide sur les conséquences. Sermon à Saint- Nicolas du Chardonnet.