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samedi 21 octobre 2017

Crises libérales du temps de Mgr Lefebvre

Le séminaire d'Ecône n'a pas toujours connu la tranquillité. Mgr Lefebvre parle d'un cycle de crises tous les trois ans depuis la fondation du séminaire : alternance de crises sédévacantistes et crises libérales. En mai 1986, Ecône connaît une dure crise libérale au point que le directeur dut renvoyer 8 séminaristes d'un coup. Mgr Lefebvre en parle avec tristesse car il se rend bien compte que ces jeunes ont été manipulés par Rome. Cette conférence s'applique parfaitement à la crise actuelle que connaît la FSSPX. Mgr Lefebvre parle de ces catholiques de la Tradition qui craignent par dessus tout de "faire schisme avec Rome". Nous vous invitons à écouter cette belle conférence qui pourra conforter et éclairer beaucoup d'âmes dans la tourmente actuelle.

Conférence à télécharger ici 

mardi 11 octobre 2016

De la condamnation de l’erreur

L’article suivant explique pourquoi l’erreur doit être réfutée (quelle que soit sa provenance), et aussi montre pourquoi la FSSPX, qui autrefois accomplissait ce devoir, doit plus que jamais, s’y remettre aujourd’hui. (M. l’abbé Chautard, présentement Recteur de l’institut universitaire St Pie X à Paris.)
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Le ministère critique de la Fraternité par M l’Abbé François-Marie Chautard
Le Chardonnet n° 239 de juin 2008   
[...] Quitte à travailler de l'intérieur, ne peut-on pas garder un silence respectueux sur les erreurs modernes répandues par les autorités tout en prêchant la bonne doctrine ?
A vrai dire, le silence respectueux n'est moralement possible que pour éviter un mal pire. L'histoire de saint Pie X nous en fournit un exemple avec l'Action Française, quand il estimait qu'une condamnation était inopportune et aurait entraîné bien plus d'inconvénients que d'avantages. Or, dans le cas présent, les circonstances sont telles que l'inconvénient qui résulte du silence (la négligence pour le bien commun de la foi et le scandale pour les fidèles) est pire que l'inconvénient qui résulte de la dénonciation de l'erreur (la mise apparente au ban de la société visible de l'Eglise conciliaire).
La réponse tient donc en un mot : le bien de la foi. Le bien de la foi suppose aujourd'hui la condamnation de l'erreur pour deux raisons :
- la garder soi-même. L'expérience prouve, hélas, qu'il ne suffit pas de prêcher la vérité mais qu'il faut aussi condamner les erreurs ;
- prévenir la chute de ceux qui pourraient être tentés d'y succomber.
Ajoutons les arguments suivants qui pèsent dans la balance et montrent qu'un véritable amour de la foi ne peut se conjuguer aujourd'hui avec un respectueux silence :
1. La vérité réclame la condamnation de l'erreur : « les prédicateurs de la vérité doivent faire deux choses, à savoir exhorter selon une sainte doctrine, et vaincre la contradiction »(1).
2. Le bien de la foi postule cette condamnation publique de l'erreur quand bien même l'autorité y tomberait : « En cas de nécessité, là où la foi est en péril, n'importe qui est tenu de faire connaître sa foi, soit pour instruire ou affermir les autres fidèles, soit pour repousser les attaques des infidèles » (2), « S'il y avait danger pour la foi, les supérieurs devraient être repris par les inférieurs, même en public. Aussi Paul, qui était soumis à Pierre, l'a-t-il repris pour cette raison »(3).
3. La vérité est bien mieux mise en évidence par la distinction d'avec l'erreur et la condamnation de celle-ci(4).
4. La vérité ne doit pas se cacher par peur des critiques qui existeront toujours quoi qu'il arrive : « Il vaut mieux causer du scandale que d'abandonner la vérité »(5).


5. La politique qui consiste à rechercher seulement les passages traditionnels dans le Magistère (sorte de scanner intellectuelle qui ne détecte que les passages traditionnels) est à la base la même qui soutient l'œcuménisme : ne voir que les bons aspects des religions (pour ne pas risquer de nuire à une entente qui favoriserait le rapprochement).
6. Les fondements rationnels de notre position reposent sur la trahison de Rome et l'abandon par celle-ci de la Tradition. Ne mentionner que les bons côtés de Rome conduirait petit à petit à oublier les raisons de notre combat et à retomber insensiblement dans les erreurs combattues.
7. Le meilleur service que nous puissions rendre à Rome est de ne pas nous taire sur les erreurs conciliaires et de rester ferme. Que dirait-on d'une épouse ou d'enfants qui ne préviendraient pas leur époux et père, lorsque ce dernier s'engagerait dans une voie mortelle ? Ne serait-ce pas là non de l'amour mais une lâcheté servile et cruelle ?
8. Cette clarté d'exposition et donc cette condamnation des erreurs est rendue plus nécessaire en raison de l'augmentation de la confusion dans l'Eglise et en particulier dans les milieux traditionnels. Cette confusion s'explique par :
- la pomme de discorde Ecclesia Dei qui plus de 20 ans après, ne cesse pas de réaliser son but : énerver les convictions et diviser les forces. De là.
- une palette de plus en plus variée de nuances doctrinales et donc une confusion des esprits plus grande, esprits qui ont du mal à se faire une idée, ce qui n'était pas le cas lorsque les deux « camps » étaient bien tranchés ;
- une jeunesse qui n'a pas connu les combats des vétérans, n'a pas eu à se positionner et a donc davantage besoin de précision ;
- une perte chez certains de l'habitude du combat et avec elle de réfléchir sur les raisons de celui-ci puisque la dernière crise qui remonte à 1988 avait permis de renouveler des convictions.
9. Ne mentionner que les bons côtés de Rome conduirait d'abord à croire que la crise touche à sa fin, puis dans un délai proche, à ne pas comprendre le refus des autorités de la Fraternité de conclure un accord avec Rome, et donc d'atténuer cette force de résistance.
Cela étant dit sur ce devoir critique, il reste à voir si les ralliés ont au moins conservé leurs positions de départ. [...]
 Remarques
(1) Saint Thomas d'Aquin, Comm. in 2.Cor. 2, leçon 3, n°72.
(2) Saint Thomas d'Aquin, Somme Théologique, II.II.q.3, a.2, ad 2.
(3) Saint Thomas d'Aquin, Somme Théologique, II.II.q.33, a.4, ad 2.
(4) C'est le procédé de saint Thomas qui pose les objections, l'affirmation de la vérité et la réponse aux objections.
(5) Saint Grégoire, Hom. 7 sur Ezéchiel.
Source: http://laportelatine.org/district/france/bo/20ansapres/critique/critique.php

lundi 3 octobre 2016

Mgr Tissier: Sermon à Saint Nicolas (novembre 2007)

Sermon donné à Saint Nicolas à l'occasion du Symposium de Paris (9, 10 et 11 novembre 2007).
L'ivraie et le bon grain: les modernistes cachés au sein même de l'Eglise.

La vraie Foi est toute divine: soumission à Dieu et à sa révélation.
Faut il cesser la lutte avec les modernistes ? Accepter une réconciliation ?
Au contraire: donnons un témoignage par notre attitude de rejet du Concile, témoignons de notre Foi !

Ne crions pas victoire trop vite: préparons nous à un combat de longue haleine. Persévérons dans notre combat, avec humilité.

Ce combat est une grâce pour nous: il faut qu'il y ait des hérétiques pour exercer la persévérance des bons (Saint Augustin). Soyons donc dans l'action de grâce.

Armons nous: nous luttons contre le diable: prenons des armes spirituelles: la Foi, basée sur la saine philosophie, le catéchisme. Formons nous par les Exercices spirituels de Saint Ignace.



vendredi 16 septembre 2016

Se sanctifier dans et PAR la crise...


Nous avons reçu d'un ami l'extrait suivant:

« …Toute hérésie, par les attaques qu’elle dirige contre un dogme, engendre chez les catholiques les plus aimants de leur foi un mouvement instinctif à se grouper autour de lui pour le défendre, et les amènent ainsi à l’approfondir et à s’en nourrir. Il en résulte que les orientations spirituelles des âmes se trouvent nécessairement sous l’influence des luttes menées par l’Église contre les erreurs du temps. Leur sanctification ne s’opère pas dans une sorte d’isolement spirituel de l’époque où elles vivent mais dans un engagement intérieur, souvent très douloureux, à s’unir profondément aux mouvements les plus intimes de la défense de l’Église et de sa vie militante. Et ce n’est qu’au prix de l’acceptation d’une telle posture que les âmes s’élèvent. » 
(M. l'abbé de Cacqueray, Lettre aux Amis et Bienfaiteurs N° 71, 2007)

jeudi 16 juin 2016

A propos des disciples de Feeney


A propos des disciples de Feeney


Lettre du Supérieur de district – mai 2001


Pendant ce saint temps de l’année de l’Eglise, nous remercions Dieu de la grâce de notre baptême sacramentel, par lequel nous fûmes ensevelis avec le Christ de sorte que de la même façon que le Christ est ressuscité des morts, nous puissions vivre dans la nouveauté de la vie, en devenant les enfants adoptifs de Dieu et héritiers du Ciel par la grâce sanctifiante que le Bon Dieu a daigné nous accorder.

Néanmoins, que devons-nous dire de tous ceux qui n’ont pas eu la chance de recevoir cette même grâce du baptême sacramentel ? Il peut paraître à première vue que c’est un détail technique d’ordre théologique. Cependant, vous devez être mis au courant d’un certain groupe de gens, disciples de l’abbé Feeney, qui ont essayés d’infiltrer l’Eglise durant ces derniers 50 ans, et qui continuent à le faire, grâce à la paralysie actuelle de la structure de l’autorité de l’Eglise. En prétextant être ultra-rigide et super-stricts, ils nient le baptême de sang et le baptême de désir, malgré l’enseignement universel des Pères de l’Eglise et du Magistère, enseignement qui est repris dans tout catéchisme.

En fait, ils ne sont rien d'autre que des libéraux sous-couverts, qui se basent sur l'affirmation que l'enseignement de l'Eglise à propos du baptême de sang et de désir n'est pas formellement défini et ils en déduisent que c'est optionnel. Et que donc on est libre de croire ce qu'on veut. La fascination entière que certains de ces disciples de Feeney ont au sujet du "dogme", leur effort constant pour faire le prosélytisme de leur opinion, et leur refus d'accepter les affirmations objectives et répétées des Père de l'Eglise, des théologiens et des papes et leur effort incessant pour infecter les catholiques traditionnels, tout cela montre combien leur erreur est réellement dangereuse et non-catholique.

Il est certainement vrai que nous catholiques nous devons vouloir défendre le dogme "hors de l'Eglise, point de salut" ainsi que l'enseignement de l'Eglise sur la nécessité du sacrement de baptême. Etant donné que les libéraux nient si facilement ces doctrines, il est certainement très aisé de comprendre que des catholiques puissent réagir de façon extrême dans leur interprétation de ces enseignements. Néanmoins, il est tout-à-fait inacceptable pour un catholique de nier volontairement et en toute connaissance de cause, l'enseignement explicite de l'Eglise sur la question du baptême de sang et de désir. Car ce n'est pas parce que ces questions n'ont pas été formellement définies qu'elles sont des extras optionnels à prendre ou à laisser.

Il existe en fait différentes façons selon lesquelles l'enseignement de l'Eglise nous est présenté. Et la plus solennelle de toute est la définition "de fide catholica". L'opposé de cette définition est une hérésie. Néanmoins, l'Eglise nous propose plusieurs enseignements d'une manière moins formelle, non comme faisant l'objet d'une définition directe, comme celles qu'on retrouve dans les enseignements constants des Pères de l'Eglise, des Conciles ou des papes. De tels enseignements font partie du dépôt de la Foi, alors qu'ils n'ont pas encore été définis, et incluent des choses comme l'existence des Limbes, ou que Marie est Médiatrice de toutes les grâces, ou les enseignements comme l'Assomption, l'Immaculée Conception et la Transsubstantiation, cela avant qu'ils n'aient été définis formellement.

Ces enseignements ont toujours fait partie du Dépôt de la Foi. Et avant qu'ils n'aient été définis, ils étaient considérés comme "proxima fidei", c'est-à-dire proche de la Foi, de sorte que ceux qui en connaissance de cause les nient sont suspect d'hérésie. C'est dans cette catégorie que l'on trouve les enseignements de l'Eglise à propos du baptême de sang et le baptême de désir. Beaucoup de travaux érudits (je recommande le livre de l'abbé Rulleau, "Baptême de Désir" et le nouveau livre de l'abbé Laisney "le Feeneyism est-il catholique?" publié par Angelus Press) reprennent la liste de textes de Pères de l'Eglise et de théologiens, qui sont unanimes à enseigner que le baptême de sang et de désir est possible. Ce texte du Concile de Trente, à lui seul, devrait néanmoins suffire:

"... ce transport (à l'état de grâce) après la promulgation de la Bible ne peut pas s'effectuer excepté par la purification de la régénération ou son désir ... " (Denzinger [Dz], "Les Sources du Dogme Catholique", 796)

L'erreur des disciples de Feeney est par conséquent une très grave erreur, car en niant la possibilité réelle du baptême de sang et de désir, cela nie que Dieu Lui-même puisse octroyer de façon exceptionnelle la grâce de la justification, et donc le salut éternel à ceux qui meurent en état de grâce sanctifiante. Or, ceci est enseigné de façon explicite par le Concile de Trente dans son Décret sur la Justification (Session vi, ch. 6, Dz 798). Dieu n'est pas limité par les sacrements, mais Dieu qui s'en sert comme moyens ordinaires pour infuser la grâce sanctifiante dans l'âme, peut Lui même fournir directement la grâce qui est normalement reçue à travers les sacrements, en infusant une Foi super-naturelle dans les enseignements de l'Eglise, un espoir super-naturel pour la miséricorde de Dieu, une charité super-naturelle et la contrition parfaite pour tous les péchés. Il s'agit d'une grâce rare et dont on ne peut pas présumer, mais celui qui en nie la possibilité, nie le pouvoir de la grâce, et donne de Dieu l'image d'un monstre injuste qui condamne en enfer les catéchumènes et les martyrs qui meurent sans baptême sans qu'ils y soient pour quoi que ce soit.

On ne peut nier que cette simplification en noir et blanc de l'enseignement de l'Eglise sur la nécessité du sacrement de baptême et sur la nécessité d'appartenir à l'unique vraie Eglise, attire des catholiques attachés à la Tradition. La raison se trouve dans la substitution de l'enseignement de l'Eglise par l'opinion privée, ce qui est typique du libéralisme, mais aussi dans un légalisme d'esprit étroit qui néglige la primauté de la grâce, et donc celle de la vie intérieure, rendant le caractère sacramentel plus important que la grâce du sacrement pour lequel nous recevons le caractère. Les sacrements sont pour les hommes et pas le contraire. Leur unique objectif est de nous faire devenir des membres mystiques du corps du Christ, afin de nous donner la grâce sanctifiante et les grâces actuelles nécessaires pour notre salut. La triste conséquence ce ces attitudes est que beaucoup de disciples de Feeney sont imperméables aux explications de l'enseignement de l'Eglise, qu'ils manquent aussi de docilité dans d'autres aspects de la vie Catholique, qu'ils sortent délibérément des textes isolés hors de leur contexte pour justifier leur fausse opinion, et qu'ils cherchent des arguments légalistes pour discréditer la condamnation de l'abbé Feeney par le Saint Office en 1949, et son excommunication en 1952.

L'objectif des lignes ci-dessus est de vous informer de la gravité du sujet qui n'est pas du tout ouvert au libre choix. Pour parler avec objectivité, les disciples de Feeney commettent un péché grave contre la Foi, même si ils ne s'en rendent pas compte. Cela explique que la Fraternité Saint Pie X ne permette aucun prosélytisme de cette erreur ni dans ses chapelles ni autour d'elles ni à l'égard de ses fidèles, pas même par le bouche-à-oreille ni par des fascicules à distribuer. Si nous étions dans un temps normal pour l'Eglise, Rome continuerait à agir avec autorité, en condamnant cette erreur et peut être en faisant une définition "de fide" à propos du baptême de sang et de désir. Si les disciples de Feeney choisissent de tirer parti de la confusion actuelle provoquée par la perte de l'autorité de l'Eglise, nous n'avons nous aucune excuse pour contribuer à cette confusion soit en fragilisant soit en manquant de clarté dans notre affirmation de l'enseignement de l'Eglise, tel qu'il se trouve dans le "Catéchisme du Concile de Trente".

Que Saint Joseph artisan nous aide à travailler à notre salut dans la crainte et le tremblement, et que la Sainte Mère nous place sous son manteau pour nous protéger de façon toute spéciale pendant ce mois ou abonde la grâce.

Avec l’assurance de mon dévouement en Jésus, Marie et Joseph

Abbé Peter R. Scott

samedi 2 janvier 2016

Le grand problème de l’accord pratique ... par Mgr Fellay en 2007

Pour donner la réponse, contactez les dominicains d'Avrillé: dominicains-avrille@wanadoo.fr

Giotto - le Baiser de Judas
Qui a prononcé les paroles suivantes : Mgr Lefebvre ? Mgr Tissier de Mallerais ? Mgr de Galarreta ? Le Père Jean ? L’abbé Beauvais ? L’abbé de Cacqueray ? L’abbé Bouchacourt ? L’abbé Schmidberger ? (liste non exhaustive) Nous offrons un abonnement gratuit d’un an à la revue Le Sel de la terre à la première personne qui trouvera. 

Le grand problème de l’accord pratique :
on ne peut vraiment travailler
que si l’on est d’accord sur les principes

Pourquoi ne veut-on pas aller sur le chemin d’un accord pratique ?
Si vous voulez, c’est assez simple: tant que la base, dite ou non dite, d’un tel accord, ce sont les principes modernes introduits par le Concile, si nous acceptons cela, nous sommes fichus.
Même s’ils nous donnent une structure où l’on ait plus ou moins comme on fait actuellement entre nous, même s’ils nous donnent des évêques, même s’ils nous permettent de continuer nos séminaires, si la base, si le fondement auquel nous sommes tenus, ce sont les principes modernes, tôt ou tard, ces principes reviennent à la surface.
Je vous donne un exemple, ou quelques exemples. C’est très simple. Forcément, si nous sommes dans une telle situation, nous avons des rapports avec eux, ici ou là. Ces rapports, ce n’est pas nécessairement toujours des rapports amicaux; ça peut aussi être conflictuel. S’il y a un conflit, qu’est-ce qu’on fait ? On va voir le juge. Et le juge, comment est-ce qu’il juge ? Eh bien, d’après la loi. Si la loi, c’est la loi moderne, c’est cette loi-là qui va juger.
Je vous donne un exemple : le mariage.
Aujourd’hui, je ne sais pas combien de mariages sont annulés dans l’Église moderne, au nom d’un article du nouveau droit canon, qui vraiment est une injure : c’est le divorce ouvert. Ça s’appelle immaturité. Je connais des cas invraisemblables. Par exemple, voilà quelqu’un – ils ne s’entendaient plus, malheureusement – qui veut se « remarier ». Il était déjà marié devant l’Église, alors il va voir le tribunal ecclésiastique et il dit : « Ma femme était immature. » Mais la femme ne voulait pas être immature ! Alors c’est lui qui s’est déclaré immature… et le mariage a été annulé !
C’est comme ça que ça marche!
Imaginez que ces gens-là viennent chez nous, nous disons : « Cela ne va pas du tout. Ecoutez, cher Monsieur, vous êtes vraiment marié avec votre première femme ; la deuxième, ce n’est pas votre vraie femme. »
L’Église officielle dit
oui; nous on dit non; comment est-ce qu’on fait? où est-ce qu’on va ? On arrive à des situations insolubles.
Prenons l’exemple de la nouvelle messe.
Nous disons : « La nouvelle messe est mauvaise. Il ne faut pas aller communier à ces nouvelles messes parce que si vous communiez, en recevant la communion qui est le fruit de cette messe, vous dites que vous êtes d’accord avec cette nouvelle messe. »
Nous disons : il ne faut pas aller communier. Donc quand on va dire des messes dans des endroits où est dite la nouvelle messe, on prend nos hosties, nos calices et ainsi de suite. Alors imaginez que le curé du lieu voie ça : eh bien il est furieux, évidemment, il est fâché. Alors qu’est-ce qu’ils font ? Ils nous dénoncent à Rome ; ils nous dénoncent à l’évêque et on est reparti pour une bagarre.
Voyez, par des exemples concrets, j’ai essayé de vous montrer que c’est IM-POS-SIBLE !
Tant que Rome ne revient pas, vraiment ne déconnecte pas — ça ne veut pas dire que tout est réglé dans l’Église, évidemment non — on ne peut vraiment travailler que si on est d’accord sur les principes. Et c’est pourquoi nous insistons, et ré-insistons, et disons, qu’il faut d’abord discuter des principes avec Rome avant de pouvoir faire un accord. Sinon, encore une fois, c’est du suicide.

samedi 23 mai 2015

Lettres à nos confrères prêtres





Lettre de liaison entre les membres de la Fraternité Saint-Pie X (n° 5 – printemps 2015)


En avril 2013, Mgr Fellay affirmait que la Fraternité n’avait pas changé hormis des « changements superficiels » : « des prêtres âgés », « plus de maisons dans davantage de pays » bref un « développement normal […] Nous avions alors quatre évêques et nous en avons maintenant trois. C’est aussi un changement. Mais en soi il n’a rien de fondamental, rien d’essentiel. »[1]



Fin janvier 2014, l’abbé de Cacqueray avait espéré « que la brisure » entre Mgr Fellay et les signataires de “l’Adresse aux fidèles” « soit résorbée » et il confiait avant de quitter le District :

« J’espère de tout cœur, qu’étant donné qu’il n’est pas d’actualité pour la Fraternité de tenter quoi que ce soit avec un pape tel que je viens d’en parler ; eh bien, j’espère que certains de ces prêtres et de ces fidèles considèreront que après des moments difficiles, la Fraternité reste fidèle à la ligne qui est la sienne et le reconnaissant, que nous de notre côté nous aurons la compréhension pour réaccepter, sans rien dire, parmi nous les prêtres qui sont partis. Parmi eux bien sûr, je les connais, ce sont des frères d’armes, des prêtres de valeur qui n’ont pas démérité dans leur apostolat tout au long de ces années et donc c’est triste de les avoir vus partir et j’espère que si tout n’a été qu’une équivoque entre la fraternité et eux, eh bien, que cette équivoque sera vraiment résolue, c’est ce que j’espère de tout cœur. »[2]


Face à ces témoignages, on serait tenté de conclure que le constat de 2012 des trois évêques, dans leur lettre au Conseil général reconnaissant « dans la Fraternité des symptômes [d’un] amoindrissement dans la confession de la Foi », était faussement alarmiste…

                  Tout va très bien ?



vendredi 17 janvier 2014

Premier jour de la neuvaine au Saint Enfant Jésus de Prague 17 janvier


Le texte intégral de la neuvaine peut être lu ici et téléchargé au format pdf.

PRIERE POUR CHAQUE JOUR
Ô Dieu, venez à mon aide
Seigneur, hâtez vous de me secourir.
Gloire au Père, au Fils et au Saint Esprit comme il était au commencement maintenant et toujours dans les siècles des siècles. Amen !
Notre Père…

Premier Jour: L'INCARNATION
Ô Très Doux Enfant-Jésus, qui pour notre salut éternel, êtes descendu des splendeurs du Père et qui conçu de l'Esprit-Saint, n'avez point dédaigné le sein d'une Vierge; Verbe fait chair qui avez pris la forme d'un esclave, ayez pitié de nous.
R. Ayez pitié de nous, Jésus Enfant, ayez pitié de nous.
Je vous salue Marie,
prière au Saint Enfant Jésus du Révérend Père Cyrille, et invocations

PRIERE AU SAINT ENFANT-JÉSUS
Révélée par la Sainte Vierge au Révérend Père Cyrille, Carme déchaussé.
O Enfant Jésus, j'ai recours à vous. Je vous en prie, par votre Sainte Mère, assistez-moi dans cette nécessité (ici on expose l'objet de sa demande), car je crois fermement que votre divinité peut me secourir. J'espère avec confiance obtenir votre sainte grâce. Je vous aime de tout mon cœur et de toutes les forces de mon âme. Je me repens sincèrement de mes péchés et je vous supplie, ô bon Jésus de me donner la force d'en triompher. Je prends la résolution de tout faire pour ne plus vous offenser, et je viens m'offrir à vous dans la disposition de tout souffrir plutôt que de vous déplaire; Désormais, je veux vous servir avec fidélité. Pour l'amour de vous, ô Divin Enfant, j'aimerai mon prochain comme moi-même. Enfant plein de puissance, ô Jésus, je vous en conjure de nouveau, assistez-moi dans cette circonstance (nommez-la), faîtes-moi la grâce de vous posséder éternellement avec Marie et Joseph dans le ciel, et de vous adorer avec les Saint Anges. Ainsi soit-il.

INVOCATIONS AU SAINT ENFANT-JÉSUS DE PRAGUE
Enfant-Jésus, Roi de gloire, ayez pitié de nous.
Enfant-Jésus, notre vrai Dieu et Seigneur Ayez pitié de nous.
Enfant-Jésus, dont la puissance opère tant de merveilles, Ayez pitié de nous.
Enfant-Jésus, dont l'amabilité console les affligés Ayez pitié de nous.
Enfant-Jésus, dont la miséricorde pardonne nos péchés, Ayez pitié de nous.
Enfant-Jésus, dont la force soutient notre faiblesse, Ayez pitié de nous.
Enfant-Jésus, dont la puissance nous protège contre tous les maux, Ayez pitié de nous.
Enfant-Jésus, dont le souverain pouvoir triomphe de l'enfer, Ayez pitié de nous.
Enfant-Jésus, dont la gracieuse image attire nos cœurs, Ayez pitié de nous.
Enfant-Jésus, dont le doux et saint Nom réjouit les fidèles, Ayez pitié de nous.
Enfant-Jésus, dont la Majesté remplit l'univers, Ayez pitié de nous.
O Divin Enfant-Jésus, daignez augmenter en nous, l'amour et la dévotion envers votre sainte Enfance. Exaucez-nous.
Divin Enfant, ne retirez jamais de nous, votre main qui opère tant de merveilles, et préservez-nous des malheurs qui nous menacent, Exaucez-nous.
Divin Enfant, soyez toujours notre consolation et notre refuge dans votre image miraculeuse, Exaucez-nous.
V. Jésus, doux et humble de cœur,
R. Rendez mon cœur semblable au vôtre.
Prions 
Enfant-Jésus, notre Roi, nous vous en conjurons, prosternés devant votre sainte image, jetez un regard de clémence sur nos cœurs suppliants et pleins d'angoisse. Que votre Cœur si bon, si incliné à la pitié, se tourne vers nous et nous accorde les grâces que nous lui demandons avec instance. Délivrez-nous de la tristesse et du découragement, de tous les maux et difficultés qui nous accablent. Par les mérites de votre Sainte Enfance, daignez nous exaucer et nous accorder la consolation et le secours dont nous avons besoin, afin que nous vous louions avec le Père et le Saint-Esprit, dans les siècles des siècles.
Ainsi soit-il.
Saint Enfant-Jésus, écoutez-nous.
Saint Enfant-Jésus, bénissez-nous
Saint Enfant-Jésus, exaucez-nous

mercredi 18 décembre 2013

La Nouvelle Église à la Dérive, Devons-Nous en Rire ou en Pleurer?, par l'abbé Girouard (2007)

Chers lecteurs:
J’aimerais vous parler au sujet d’une paroisse de Régina (Saskatchewan) nommée ‘Little Flower’ (‘Petite Fleur’, d’après Ste Thérèse de l’Enfant-Jésus). Et je ne vais pas lui faire une fleur, c’est le moins qu’on puisse dire. Le bulletin de cette paroisse annonce en première page que le Père Bill Mahoney est le ‘Prêtre Modérateur’, et la Soeur Mel Hruska est la ‘Ministre Paroissiale’ (‘Parish Minister’). Ne riez pas, c’est vrai. J’ai le bulletin entre les mains. Ce que je comprend de ces divers titres est que la Soeur, étant Ministre Paroissiale, fait à peu près tout ce que Monsieur le Curé faisait autrefois, et que le Père Bill est là pour ‘modérer’ ses transports d’enthousiasme, pour s’assurer qu’elle n’aille pas jusqu’à dire les paroles de la consécration sur le pain et le vin. Vous comprendrez mieux pourquoi j’affirme cela, quand je porterai à votre connaissance une des annonces les plus importantes de l’édition du 3 septembre 2006 de ce bulletin paroissial... Laissez-moi donc vous la reproduire mot à mot:

« ASSEMBLÉE DOMINICALE EN L’ABSENCE DE PRÊTRE, LES 9 & 10 SEPTEMBRE: La fin de semaine des 9 et 10 septembre, le Père Bill ne sera pas à la paroisse. À cette occasion, nous substituerons une Assemblée Dominicale en l’Absence de Prêtre à la place des Messes du Samedi/Dimanche. Pour quelques-uns, la réaction naturelle pourrait être de chercher une autre église où une Messe dominicale serait célébrée. Cependant il faudrait savoir qu’il est très important que les paroissiens montrent leur loyauté et leur support envers leur propre communauté paroissiale même quand le prêtre n’est pas disponible. Selon les directives de l’Église et de l’évêque du lieu, l’assistance à ces Assemblées Dominicales en l’Absence de Prêtre suffit pour l’accomplissement du devoir de sanctification du dimanche. Soyez certains que ceux qui présideront ces assemblées le feront avec la plus grande révérence et dévotion. S’il vous plaît, appuyez-les dans leur ministère par votre active participation et votre prière d’encouragement. »
 

Ah! N’est-ce pas que c’est beau? Soeur Mel (aucun lien de parenté avec Mel Gibson) va remplacer le Père Bill pour les Assemblées du ‘Samedi-Dimanche’ et du ‘Dimanche-Dimanche’! Bill le Modérateur va être en train de relaxer quelque part, et ne sera donc pas là pour ‘modérer’ Soeur Mel. Elle aura enfin tout le sanctuaire pour elle seule... Alors s.v.p. allez-y pour l’ « appuyer par votre active participation... » Et puis vous êtes chanceux: Elle vous garantit, une semaine à l’avance, qu’elle fera preuve « de la plus grande révérence et dévotion »! Je voudrais bien être moi-même en mesure d’en promettre autant à mes fidèles! Peut-être devrais-je lui demander quel est son secret... Et puis que peut donc signifier cet avertissement au sujet de la nécessité de démontrer son support et sa loyauté vis-à-vis de sa paroisse, en n’allant pas à une autre où il y aurait une Messe? Aller à la Messe le dimanche, n’est-ce pas ce que sont supposés faire les Catholiques? Ou alors, recevoir votre argent est devenu plus important que votre réception des grâces venant de la Messe et de la Communion? Ils disent que l’Église et l’évêque du lieu ont décrété que l’assistance aux ‘Assemblées Dominicales en l’Absence de Prêtre’ (ADAP) suffit à remplir le devoir dominical...

J’ai vérifié dans le Nouveau Code de Droit Canon et, mes Aïeux! C’est effectivement écrit en toutes lettres! Mais c’est bien enveloppé dans une belle ruse. En effet, les Canons # 1246 n.1, 1247, et 1248 n.1 réaffirment la doctrine traditionnelle sur le sujet, à savoir que les dimanches et d’autres jours spécifiques sont des Fêtes d’obligation pour tous les Catholiques, et que ceux-ci se doivent de participer à la Messe en ces jours, et que cette obligation est remplie quand ils assistent à une Messe célébrée dans n’importe lequel des rites Catholiques. Jusqu’ici pas de problème... Là où le bât blesse, cependant, est au Canon 1248 n.2 qui dit: « Si à cause du manque d’un ministre sacré, ou pour toute autre grave cause, la participation à l’Eucharistie devient impossible, il est spécialement recommandé que les fidèles prennent part à la liturgie de la parole, si elle est célébrée dans l’église paroissiale ou dans un autre lieu sacré... » Je dois avouer que je me sens un petit peu nigaud quand je lis cela. Il m’est simplement impossible d’en découvrir la logique. Prenez donc le temps de relire cette citation à nouveau... Elle donne deux raisons pour lesquelles un fidèle n’est plus obligé d’aller à la Messe les dimanches et jours de fêtes d’obligation, et où il se doit plutôt de participer à une ‘liturgie de la parole’ (on ne dit même plus Parole): 1- Quand il n’y a pas de prêtre disponible pour dire la Messe (d’accord, ça je peux comprendre...). 2- Quand il y a n’importe quelle autre grave cause. Et c’est là mon problème: Quelle cause grave peut-il exister de ne pas aller à la Messe si le prêtre est, en fait, disponible pour dire la Messe à la paroisse? La maladie? Une panne de voiture? (Ces causes ont traditionnellement été admises). Car le manque de logique c’est ceci: Si vous ne pouvez assister à votre Messe de paroisse pour ces raisons graves, comment le Canon 1248 n.2 peut-il vous demander d’assister à une ADAP dans votre paroisse ou dans un autre lieu sacré? De plus, il ne devrait pas y avoir d’ADAP à votre église, parce que, souvenez-vous, le prêtre est disponible pour dire la Messe! La seule façon qui me reste pour expliquer ces ‘autres graves causes’ qui dispenseraient un fidèle d’assister à la Messe, et qui lui feraient s’acquitter de son devoir dominical en assistant à une ADAP à sa paroisse, alors que le prêtre est de fait disponible, est de considérer trois possibilités: 1- Le prêtre est bien là, mais il est trop paresseux pour dire la Messe, alors il laisse une ‘Ministre Paroissiale’ présider une ‘liturgie de la parole’, et il fait semblant d’être intéressé.; 2- Il est endormi à la sacristie et personne n’est capable de le réveiller; 3- Il est trop soûl pour trouver la ‘table’ de célébration... Si vous êtes capables de trouver une meilleure explication au manque de logique de ce Canon, faites-le moi savoir, ça m’intéresse...

En définitive, nous sommes ici en présence d’un procédé typique de Vatican II. Premièrement, on réaffirme une vérité Catholique traditionnelle. Deuxièmement, on la renie en pratique. Dans les Canons # 897, 898, et 899, le Nouveau Code exprime de très belle manière la doctrine sur l’Eucharistie, le Sacrifice de la Messe, etc. Les Canons # 1246 n.1, 1247, et 1248 n.1 font de même par rapport à l’obligation d’assister à la Messe les dimanches et jours de Fêtes d’obligation. Mais le Canon 1248 n. 2 vient détruire et annuler toutes ces belles paroles avec une directive d’ordre pratique: Les fidèles devraient assister à une ‘liturgie de la parole’ dans leur paroisse s’il n’y a pas de prêtre disponible, ou s’il y a ‘quelque autre cause grave’ qui rend l’obligation d’assister à la Messe impossible à observer.

Le bulletin du 3 septembre 2006 de la paroisse de la ‘Petite Fleur’ nous donne un exemple de l’impact concret qu’a le Nouveau Code de Droit Canon sur la vie quotidienne des Catholiques modernes. En un mot, il leur envoie ce message: Oui, la Messe est une bonne chose, mais une liturgie de la parole fait aussi bien l’affaire. Or c’est exactement ce que Luther disait dans les commencements de sa révolte contre l’Église. Et après quelque temps, c’est la ‘parole’ qui primait! Les Protestants alors se mirent en effet à utiliser les mots de Notre Seigneur (« Quand deux ou trois d’entre vous s’assemblent pour prier... ») pour affirmer qu’Il est présent les dimanches parce que les gens sont réunis pour prier, et parce qu’Il est la Parole qui se lit... Or c’est exactement ce que dit l’Introduction au Missel de Paul VI (Cf. l’Institutio Generalis # 7). Le Canon # 1248 n. 2 est simplement une autre preuve de ce que l’Église Moderne est en train de devenir de plus en plus Protestante en esprit et en œuvres. Remercions donc le bon Dieu de nous avoir donné la grâce de comprendre qu’il y a cette terrible crise dans l’Église! ?


Communicantes Avril-Juin 2007 No.8

vendredi 6 décembre 2013

Le nouveau chemin de croix, par l'abbé Girouard (2005)

Le nouveau chemin de croix

Le nouveau chemin de croix
Par M. l’abbé Patrick Girouard
Quand sa vieille mère traditionaliste, Mme Lina Sirois, se mourait, en mai 2004, Mme Claudette Paré, épouse de mon ami Denis, fut à ses côtés pendant plusieurs jours. Cela se passait à Rivière-Bleue, au Québec. Denis et Claudette vivent en Caroline du Nord (USA). Alors la distance et les circonstances rendaient les choses difficiles, spécialement dû au fait que les enfants modernistes de Mme Sirois, encouragés par le curé de la paroisse, ont refusé de se conformer à ses dernières volontés, pourtant consignées par écrit devant témoins. Mme Sirois a donc eu des funérailles Novus Ordo et, comme le disait Claudette : « Il n’y a simplement pas eu de Messe! ». Mais Mme Sirois eut la grâce d’avoir quatre Messes de requiem traditionnelles dites par des prêtres de la Tradition ailleurs au pays, et par la suite un trentain grégorien fut célébré pour le repos de son âme. De plus, dans les mois qui ont précédé son décès, Mme Sirois a reçu les Sacrements par la Fraternité, donc elle repose en paix. Mais la controverse au sujet des funérailles a causé un grand stress à Denis et Claudette, et donc ils ont beaucoup prié. Un beau jour, dans le but de s’unir à Notre Seigneur dans son Chemin de Croix, Claudette entra dans la chapelle de la résidence pour personnes âgées, et elle se dirigea vers la Première Station. La pauvre âme, qui allait chercher quelque consolation dans une chapelle catholique, allait recevoir un coup terrible : Les Modernistes avaient changé le Chemin de Croix! Dans leur furie révolutionnaire, ils avaient jusqu’à maintenant laissé cette dévotion tranquille. Maintenant que tant de changements ont eu lieu, ils cherchent avec appétit des traditions à démolir. En octobre 2002, ils ont changé le Rosaire (Cf. Communicantes #14). En ce jour de mai 2004, voici que nous découvrions qu’ils ont aussi changé le Chemin de Croix, une tradition vieille de plusieurs siècles, qui rappelle les derniers moments de Jésus-Christ. Claudette fut tellement ébranlée, qu’elle me téléphona le jour même à Winnipeg. Je lui demandai alors de retourner à la chapelle pour prendre en note les détails, et me les envoyer. Comparons maintenant l’ancien Chemin de Croix avec le nouveau :
ANCIEN CHEMIN DE CROIX
NOUVEAU « CHEMIN DE CROIX »
1- Jésus est condamné par Pilate
1- La Dernière Cène au Cénacle
2- Jésus reçoit sa Croix
2- L'Agonie au Jardin des Oliviers
3- Jésus tombe pour la 1ère fois
3- Jésus devant le Sanhédrin
4- Jésus rencontre Sa Sainte Mère
4- Jésus devant Pilate
5- Simon de Cyrène aide Jésus à porter Sa Croix
5- Jésus est flagellé et couronné d'épines
6- Véronique essuie la Face de Jésus
6- Jésus porte Sa Croix
7- Jésus tombe une deuxième fois
7- Jésus aidé par le Cyrénéen
8- Jésus console les femmes de Jérusalem
8- Jésus exhorte les femmes de Jérusalem
9- Jésus tombe pour la troisième fois
9- Jésus est dépouillé de Ses vêtements
10- Jésus est dépouillé de Ses vêtements
10- Jésus pardonne au bon larron
11- Jésus est cloué à la Croix
11- Jésus entre Marie et Jean
12- Jésus meurt sur la Croix
12- Jésus meurt sur la Croix
13- Jésus est descendu de la Croix et remis à Sa Mère
13- Jésus est mis au tombeau
14- Jésus est mis au tombeau
14- La Résurrection
 
Un commentaire rapide :
L’espace et le temps de me permettent pas de faire un commentaire exhaustif des changements qui ont eu lieu dans le Chemin de Croix avec cette nouvelle version. Il est néanmoins facile de constater qu’il ne s’agit plus du tout d’un Chemin de Croix. Nous sommes plutôt en face d’un résumé de la Passion ET de la Résurrection. Vous avez probablement déjà entendu la Fraternité parler de la nouvelle théologie moderniste mettant l’accent sur le Mystère Pascal. C’est-à-dire que les éléments plus sombres ou plus difficiles de la Révélation que nous a donnée Notre-Seigneur, sont mis en sourdine, et que l’emphase est mise sur la « Lumière de la Résurrection ». Il y en effet chez les Modernistes une tendance théologique selon laquelle on ne devrait pas se concentrer sur la Passion et autres sujets douloureux, tels que l’Enfer, le péché, l’absence de Salut en dehors de l’Église, etc. Nous voyons cette nouvelle théologie à l’œuvre ici. Le Chemin de Croix traditionnel, une dévotion qui débuta à Jérusalem sur le véritable site, et qui fut exportée en Occident au Moyen-âge, dans la foulée des Croisades, se devait d’être aboli. Cette dévotion, si propre à nous amener à la compassion et à l’amour envers notre Sauveur, si instructive aussi au sujet de l’impact de nos péchés, et de la nécessité de continuer à lutter malgré nos fautes, cette dévotion, dis-je, devait être édulcorée. Il y a aussi lieu de craindre que les multiples indulgences conférées au vrai Chemin de Croix ne puissent s’appliquer à la nouvelle dévotion, parce que ce n’est plus un Chemin de Croix.(1) De plus, certains des moments les plus douloureux des dernières heures de Jésus ont disparu du nouveau Chemin de Croix : Les trois chutes de Notre Seigneur (3, 7,9èmes Stations); Sa rencontre avec Sa Mère (4èmeStation); le clouage à la Croix (11ième Station). D’autres moments très intenses ont aussi été mis de côté : Sa réception de la Croix (2ème Station), avec quel grand amour n’a-t-il pas accueilli l’instrument de notre Rédemption? Aussi, le courage et l’amour de Ste Véronique, essayant Sa Face si noble et sainte, quoique défigurée (6ème Station); Sa remise à Sa Mère (13ème Station). Comment ces Modernistes osent-ils dépouiller le bon peuple catholique de sa vieille tradition? Comme c’est rude! Comme c’est barbare! Je ne crois pas que ce soit un jugement téméraire que de dire que ce changement a pris place sans que les paroissiens de Rivière-Bleue aient été consultés. Hélas, telle est leur manière habituelle de procéder. Mais quand bien même cela serait, alors il faudrait dire que la paroisse n’avait aucun droit de faire une telle chose. Le Chemin de Croix appartient à Notre Sainte Mère l’Église! Tout catholique en voyage a le droit d’entrer dans une église ou une chapelle, et de se retrouver chez lui. À cause des changements qui ont eu lieu à Rivière-Bleue, une catholique dans la détresse s’est vue refuser le droit de trouver sa consolation en s’unissant à  Notre Seigneur sur la Voie du Calvaire. Notre Seigneur va sûrement demander des comptes à ceux qui ont ainsi laissé tomber un de « Ses petits ». Prions pour que cette nouvelle « dévotion » ne s’étendre pas à d’autres paroisses à travers le monde!
(1) À Montréal, pour ceux qui vont à la chapelle St-Joseph nous connaissons les modifications à sa bonne guise de l’abbé Pons pour le chemin de croix. La question à se poser est : est-ce que les indulgences sont conférées dans ces cas de modification?

COMMUNICANTES – N°22 – Janvier-Mars 2005 p.28-29