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samedi 30 septembre 2023

Les femmes dans la Bible - III

KE 842 (2 septembre 2023)

Dieu est source sans fin d’innombrables trésors,

Mais l’homme chérit plus le désordre et la mort.


La féminisation des hommes et la masculinisation des femmes, si répandues dans le pauvre monde d’aujourd’hui, constituent un bouleversement si universel et si radical de la nature humaine qu’il faudrait, pour rendre justice à cette dernière, nombre de ces Commentaires (ils ne font qu’une seule page). Cependant, la propagande de cette guerre très particulière menée contre les êtres humains est si forte autour de nous que le bon sens a besoin de toute l’aide possible, et peut-être au moins d’un numéro de plus de ces Commentaires, pour aider les lecteurs à formuler le problème tel qu’il doit être formulé, c’-à-d. en Dieu.

Car voici en effet le point le plus important pour comprendre (un certain nombre de lecteurs l’ont sans doute déjà compris) comment le monde entier peut tomber dans la folie du féminisme et de l’anti-masculinisme. Si Dieu existe et si c’est Lui qui a conçu toutes les créatures, spirituelles et matérielles, alors Il a bien sûr conçu l’être humain comme homme et femme pour vivre sur terre comme tous les autres animaux matériels, mâle et femelle, mais avec une âme spirituelle, avec la raison et le libre-arbitre, au contraire de tous les animaux purement matériels, afin qu’homme et femme puissent répondre à Son amour créateur et mériter de partager Sa félicité éternelle. L’être humain est fait pour rien de moins que l’éternité.

Ainsi, devant Dieu, l’homme et la femme ont une vocation égale au Ciel et une dignité spirituelle égale. Mais, durant notre brève vie sur terre, Dieu a prévu non pas l’égalité entre l’homme et la femme, mais des rôles complémentaires, pour créer des familles, qui sont de petites sociétés, qui requièrent non pas l’égalité, mais un chef, avec l’autorité de diriger et de décider pour l’ensemble de la famille. Et Il pourvoit généralement les hommes en dons pour la tête, tandis qu’Il dispense habituellement aux femmes les dons du cœur, qui permettent aux mères de répandre l’amour et le bonheur dans la famille. Ainsi, une inégalité terrestre et temporaire pour les femmes doit les conduire à une égalité éternelle au Ciel.

Mais imaginons maintenant que dans le monde entier, les êtres humains chassent Dieu de leur vie. Il n’y a plus de Créateur, plus d’Auteur de la vie humaine et de la nature, plus d’éternité ou de vie éternelle. Nous sommes les produits aléatoires d’une « évolution » purement matérielle qui se moque éperdument du plan divin, de la destinée de l’homme et de l’éternité. N’empêche, l’humanité a appris du Christ, à travers la chrétienté, la dignité et l’égalité de tous les hommes, et cet héritage a donné aux êtres humains un sens aigu de leur propre valeur. Ils en ont profité et ne veulent pas s’en défaire. Mais sans Dieu, il n’y a plus ni spectacle du passé ni garantie pour l’avenir. Par conséquent, une égalité de dimension divine doit être introduite dans cette petite vie de dimension humaine, dans laquelle elle ne peut pas se laisser comprimer, pas plus qu’une pinte ne peut entrer d’un coup dans un verre à demi. Il s’ensuit, avec toutes sortes de symptômes, l’insatisfaction de la vie moderne. Des personnes sans Dieu, mais autrefois chrétiennes, veulent les fruits de Dieu sans les racines. Cela ne peut pas marcher. Cela ne marchera pas. Mais les êtres humains s’obstinent à essayer de faire en sorte que cela marche, parce qu’ils ne veulent pas revenir à Dieu pour mener cette vie selon les conditions de Dieu plutôt que selon les leurs. En fait, ils choisissent l’enfer, et ils sont en train de transformer ce monde en un vestibule de l’enfer.

Et voici un argument de poids en faveur de l’existence de Dieu. Si le fait de l’exclure, comme l’humanité le fait aujourd’hui, pouvait rendre tout le monde durablement heureux et prospère, cela pourrait confirmer que l’homme ne vient pas de Dieu et qu’il n’est pas censé aller vers Lui. Au contraire, si les hommes d’aujourd’hui sont profondément troublés et insatisfaits, comme l’indiquent leurs politiciens qui promettent continuellement le changement sous une forme ou une autre, mais un changement qui n’en finit jamais, n’est-ce pas une indication que les hommes sont faits pour autre chose que pour suivre le libéralisme et le matérialisme ? Pour autre chose que pour s’affranchir des Dix Commandements ou courir frénétiquement après l’argent ? Si les hommes pouvaient faire réussir le libéralisme et le matérialisme, c’est alors qu’il faudrait désespérer de la vie humaine. Or, l’homme sent que la vie ne peut pas être seulement « indigente, dégoûtante, animale et brève » (Thomas Hobbes (1588–1679), Léviathan 1, 13, 9) et, partant, la condition désespérée des hommes autour de nous est même un signe d’espoir !

Les féministes et les anti-masculinistes sont, au plus profond, des guerriers de la grande guerre contre Dieu. Mais ils ne gagneront pas !

Kyrie eleison.

lundi 11 septembre 2023

La femme dans la Bible – II

KE 841 (26 août 2023)

Les saints Pierre et Paul, à propos des femmes, enseignent la même chose :

c'est aux hommes de les diriger, au nom de Dieu.

 

Sûrement peu de lecteurs de ces « Commentaires » se sont rendu compte, avant de lire ceux de la semaine dernière, à quel point le Nouveau Testament aborde directement la question, si controversée aujourd'hui, de l'homme et de la femme. Ou, lorsqu’ils voient ces citations rassemblées, dans quelle mesure elles disent la même chose et dans quelle mesure ce qu’elles disent s’écarte de l’enseignement et de la pratique de l’homme et de la femme modernes. Commentons les citations :

Gen. II, 18-24 : Un compagnon

Même avant la création de la toute première femme, elle a été conçue par Dieu pour être orientée vers son homme ; être son épouse fidèle (« deux dans une seule chair »), lui permettre d'avoir des enfants et de fonder une famille (comme aucun autre homme ne pourrait le faire), fonder une nouvelle génération (« quitter son père et sa mère »), perpétuer l'humanité. , pour éventuellement peupler la terre (et non la dépeupler : Gen. IX, 1, 7). Tout cela, Adam l’a immédiatement compris. Les féministes d'aujourd'hui tentent de s'éloigner de cette orientation vers l'homme, mais elle est bien trop profonde dans leur nature, et quel que soit leur degré de réussite, c'est un désastre pour les femmes et les hommes. Voir MIGTOW, une réaction des hommes face au féminisme dénaturant les femmes. L'homme et la femme sont conçus par Dieu avec une merveilleuse complémentarité, comme de tête et de cœur chez un être humain, ils ont besoin l'un de l'autre, et la nature les réunira toujours.

Gen. III, 16 : La Chute : punition, soumission

Même avant la Chute, Ève était subordonnée à Adam, car dans la Création de Dieu, il y a partout de l'ordre et de la hiérarchie, et non de l'égalité et du désordre. À l'homme, Dieu donne des dons de raison pour faire de lui le chef de la famille et de la société, à la femme, il donne des dons d'amour pour faire d'elle le cœur de la famille et du foyer. Mais alors qu'avant la Chute cette subordination naturelle de la femme était indolore, après la Chute par laquelle Ève avait fait tomber Adam, dans le cadre de sa punition divine, cette subordination est devenue douloureuse. C’est par la grâce surnaturelle dans un mariage chrétien que la douleur est atténuée, mais par la fierté du féminisme, la douleur ne fait qu’empirer.

1 Cor. XI, 3-12 : Hiérarchie

L'enseignement de saint Paul est on ne peut plus clair : 1 Dieu. 2 Christ. 3 Homme. 4 Femme. Voici la clé du féminisme. Si l’homme rejette Dieu et Christ, la femme rejettera naturellement l’homme. Si l'homme veut rétablir l'ordre dans son foyer et dans sa société, il doit commencer par se soumettre à Dieu par le Christ. Il est donc tout à fait raisonnable d’affirmer que les véritables auteurs du féminisme désastreux d’aujourd’hui sont plutôt les hommes que les femmes.

Éph. V, 21-33 : Mariage

Ainsi dans cette citation plus longue qui sert d'épître à la messe de mariage catholique, les versets 24 et 33 rappellent à la future épouse son devoir d'être soumise et respectueuse envers son mari, mais tous les autres versets s'adressent au mari, pour lui dire de prendre soin de sa femme, comme le Christ prend soin de son propre corps, l'Église. C’est un exemple sublime pour un mariage à suivre. Cela dépend de l'homme de donner la bonne direction à sa femme.

Col. III, 18-21 : Famille

Voici la complémentarité essentielle : Maris, aimez vos femmes ; Femmes, soyez soumises à vos maris.

1 Tim. II, 9-15 : Le salut par la maternité

Quand les hommes sont impies, comme aujourd’hui, alors les femmes prennent le relais, dans la société comme au foyer, et parfois elles doivent le faire. Avec les résultats malheureux que nous observons tout autour de nous, car les femmes sont par nature non pas pour exercer de l'autorité, mais pour donner et recevoir de l'amour, notamment en étant mères.

Tite II, 4-5 : Centré sur le foyer

Tout comme l’homme doit être créatif par son travail, la femme doit être créative en fondant une famille et un foyer.

1 Pierre III, 1-7 : Deux autres raisons pour les épouses de se soumettre

Premièrement : l’insoumission des épouses est si contre nature que, pratiquée par les chrétiens, elle discréditera le Christ. Deuxièmement : les femmes sont plus faibles que les hommes et devraient donc céder, tandis que les hommes devraient veiller à leur faiblesse.

Kyrie Eleison

samedi 24 octobre 2020

Famille fortunée


Voici un admirable Kyrie que tout bon père de famille devrait méditer et assimiler. Ce témoignage nous enseigne ce qu'il faut tenir pour rester dans la vérité catholique et la nécessité d'être près de la terre qui elle "ne ment pas" (Ph. Pétain). 



Kyrie eleison DCXCIII ( 24 octobre 2020 )

"La famille peut vivre, aujourd'hui et demain.
Le Bon Dieu aidant, il y a un chemin."


Humainement parlant, l'horizon est bien sombre autour de nous ; les forces démoniaques s’acharnent à déchiqueter la famille parce qu’elle est le moyen conçu par Dieu pour mettre les âmes sur le chemin du Ciel. C’est pourquoi il est opportun de résumer, pour les lecteurs de ces "Commentaires", un courriel envoyé à leur rédacteur en chef par un homme vivant aux États-Unis, père d’une famille de huit enfants. Il n'est ni désespéré ni effrayé. Il vit en pleine brousse. Une fois par mois, il peut assister à la messe traditionnelle dans une chapelle près de chez lui. Son exemple montre qu’il est toujours possible de raison garder. Voici l'essentiel de son courriel.

« Nous survivons spirituellement et sacramentellement dans notre chapelle de la Résistance, grâce à une messe mensuelle. Nous continuerons d’en avoir besoin, aussi longtemps que nous aurons besoin de la messe et des sacrements. Je ne pense pas que ce besoin (ou la crise dans l'Église) se termine de sitôt. La chapelle marche bien mais aux deux dernières messes, la fréquentation était plus faible. Pour diverses raisons, bon nombre de catholiques traditionnels semblent céder à la panique provoquée par les médias.

Notre famille se porte bien, nous n'avons pas à nous plaindre. Nous attendons bientôt notre neuvième enfant. Nous avons eu encore un garçon récemment. Tout le monde remarque à quel point il est différent des filles. Il explore tout, se plonge dans tout, s'intéresse plus aux "choses", aux machines, aux équipements, etc. qu'aux personnes. Comme nous avons plusieurs filles, nous remarquons vraiment les différences innées entre garçons et filles. Tous nos enfants aiment la musique, parce que je leur apprends à l’aimer et à la sentir : la mélodie, l'harmonie, le rythme, et à goûter les paroles. Nous écoutons de la musique folklorique, surtout irlandaise, une variété de musique instrumentale et classique, et du chant. En revanche, toute chanson venant de là où règnent l'angoisse, le désespoir, la dépression, la haine, etc., est mauvaise, laide et est à rejeter.

Je travaille à plein temps depuis mon bureau à domicile pour une œuvre catholique qui semble chaque année prendre de plus en plus de force catholique, contrairement à la FSSPX qui possédait autrefois la vérité complète, mais qui d'année en année est en train de la perdre. Si l’œuvre pour laquelle je travaille continue à être fidèle à la Vérité comme elle l'a été jusqu’ici, elle devra devenir un jour pleinement traditionnelle ou trahir en changeant de cap. Il n'y a pas d'autre choix. Je travaille aussi manuellement dans nos jardins que nous venons d'agrandir, ayant appris, il y a quelques années, la méthode de jardinage du "Jardin d’Eden". Notre sol est d’argile pure et très pauvre, mais avec du paillage (mulch), on peut imiter la nature de Dieu, en permettant au sol de s’enrichir à partir du pourrissement de matières organiques. Grâce à une source récemment découverte de copeaux de bois gratuits, j’ai de quoi faire mon propre paillis. Tous mes enfants m'aident à utiliser cette nouvelle technique pour traiter nos arbres fruitiers et commencer à faire des plates-bandes. Nous espérons pouvoir bientôt produire ici une quantité suffisante de nourriture. A présent, nous avons deux parterres de jardin mesurant jusqu'à 1 500 pieds carrés (Circa 140 m²).

Nous sommes très préoccupés par les résultats des Élections de cette année. Mon sentiment est que 2016 fera figure d’un jeu d'enfant en comparaison avec 2020, quand on pense à toute cette folie de COVID, aux émeutes d’ampleur nationale parce qu’un noir a fait une overdose de Fentanyl. Peut-être le combat se déroule-t-il simplement entre les vrais méchants (Deep State) d’une part, et des méchants moins graves, des rivaux d’autre part (Trump et ses associés). Peut-être Trump est-il simplement moins mauvais ? Peut-être n’a-t-il pas pris part aux sacrifices d'enfants, à la torture d'enfants ou à d'autres actes diaboliques comme d’autres l’ont fait ? Mes espoirs sont limités. Mais je ne pense pas que Trump soit du côté de l'État profond. Je voterai pour lui en raison de ses actions sans précédent contre l'avortement, et en faveur de la liberté en général.

Financièrement, nous nous en sortons, grâce aux nombreuses bénédictions du Ciel. Mais la plus grande des bénédictions est d’avoir appris, encore adolescent, les méfaits de l'usure pratiquée par les banques. Sans cette connaissance de l'économie, je serais peut-être irréprochable et sans péché, mais toujours profondément endetté et dans la misère. Ma femme aussi a toujours été sobre ; nous avons donc toujours vécu selon nos moyens, renonçant au luxe et travaillant dur, si bien que, maintenant, nous en récoltons les fruits. Nous sommes aujourd'hui complètement libérés de nos dettes, même avec huit enfants et un seul revenu modeste. Je fais remarquer à mes enfants qu'il a fallu des années de vie frugale et de travail acharné pour y arriver, mais maintenant c’est fait.

Quant à la chapelle locale, beaucoup d'âmes y viennent mais, hélas, ne reviennent pas. Pourtant, certains cherchent aujourd'hui une messe tridentine où ils peuvent continuer à recevoir la Sainte Communion sur les lèvres, alors que notre diocèse l'interdit : "Covid" oblige! Voilà pour la Tradition dépendant de l'Eglise officielle ! Je me demande souvent les raisons pour lesquelles Dieu permet tant de revers à la Tradition. Est-ce qu'Il purifie « le petit reste », cherchant plus la qualité que la quantité ? On observe, chez les non-catholiques comme dans les familles catholiques traditionnelles, que les enfants ne tiennent pas " pleinement leur place" dans la génération montante, même lorsque les parents semblent solides. Les marées du monde passent sans relâche sur les jeunes gens et les usent. Certains sont légèrement affaiblis, d'autres plus gravement, tandis que d'autres s’écroulent complètement. En vérité, « si ces jours n’étaient pas abrégés, les élus eux-mêmes ne pourraient être sauvés ».

Kyrie eleison

SE Mgr Richard Williamson

lundi 25 novembre 2019

La révolution contre le père

Les dominicains d'Avrillé viennent de publier un excellent article concernant la destruction du
Le diplôme préféré de la république Française
rôle paternel. Il rejoint le constat fait dernièrement par SE Mgr Williamson. Il ne se passe pas un jour, voire une heure, sans que nous soyons les témoins de faits gravissimes et proprement impensables à l'encontre du père : féminisme délirant, procédures et persécutions contre les pères de famille par le biais d'épouses révoltées (même parmi des catholiques de la tradition !) etc ....  Ces pauvres femmes ne se rendent pas compte que leurs enfants sans père seront les futurs esclaves de la république. Ce n'est pas une simple décadence morale liée à une usure mais le produit logique de la "révolution" organisée par les loges. A chacun d'entre nous d'en prendre la mesure et de lutter contre ce mécanisme diabolique.


Il y a cinquante ans, en 1969, le docteur Pierre Simon, pionnier français de la pilule contraceptive, était élu grand maître de la Grande Loge de France. Dix ans plus tard, en 1979, ayant réussi à faire légaliser l’avortement, il expliquait que ce n’était que le début du plan maçonnique. L’étape suivante était l’insémination artificielle (devenue aujourd’hui PMA : procréation médicalement assistée), qui allait permettre d’éliminer le père :
Avec la pilule, on dispose d’une vie sexuelle normale sans procréation ; avec l’insémination artificielle, la procréation va se dérouler sans acte sexuel […]. La sexualité sera dissociée de la procréation, et la procréation de la paternité. C’est tout le concept de famille qui est en train de basculer ici : le père n’est plus le géniteur, mais celui qui élève l’enfant. […] [Il y aura] d’un côté le couple affectif et sexuel – la femme procréatrice, l’homme non géniteur – ; de l’autre, la société, médiatisée par le médecin, qui rapproche la demande d’enfant d’une disponibilité de semence anonyme, contrôlée et gouvernée par la « banque du sperme » […] [1].
A l’heure où nous écrivons ces lignes, ce basculement atteint son point critique, puisque le Parlement français s’apprête à légaliser la « PMA pour toutes ». Certains enfants n’auront donc même pas de père adoptif. Quelles en seront les conséquences ?

Le syndrome des janissaires

Si les éducateurs observent depuis longtemps les carences dont souffrent les enfants privés de père, Bernard Gibello en a trouvé un type saisissant dans les janissaires de l’empire ottoman : arrachés tout petits à leurs parents chrétiens pour être enrôlés de force dans l’armée musulmane, ces malheureux devenaient des guerriers fanatiques, compensant leur besoin d’un père par une soumission inconditionnelle au tyran turc. André Bergevin résume et commente ainsi les analyses du psychologue : 
Les traits de caractère présentés par les enfants sans éducation paternelle consistante ont été rassemblés par Gibello sous le nom de syndrome des Janissaires ; en effet ces soldats d’élite (fréquemment homosexuels) tenaient leurs particularités au fait d’avoir été enlevés à leurs familles (chrétiennes) et d’avoir subi, en milieu musulman, une déstabilisation religieuse et surtout un conditionnement leur faisant remplacer l’image de leur père réel, par l’image abstraite du sultan au service duquel ils mettaient servilement leur agressivité. 
[…] Des personnalités semblables étaient nombreuses chez les redoutables S.A. hitlériens. On peut aussi rappeler que Armand Maloumian qui connut le Goulag de l’intérieur, raconte qu’en 1948, le N.K.V.D. organisa des orgies sexuelles entre déportés et déportées jusqu’alors rigoureusement séparés. On fit ensuite croire aux femmes enceintes qu’elles seraient libérées au bout d’un an, pour qu’elles prennent soin de leur progéniture. Évidemment il n’en fut rien, mais leurs enfants furent confisqués par l’État soviétique qui les éleva dans des écoles spécialisées, pour en faire, principalement, des policiers intégralement dévoués à la cause de leur seul père identifiable : l’État communiste. Il est instructif de voir comment des régimes autoritaires, très variés, et à des époques différentes, ont su parfaitement instrumentaliser l’agressivité domesticable et instrumentalisable des enfants sans père et sans famille. 
Ceux qui démolissent aujourd’hui l’autorité paternelle, souhaitent-ils les autoritarismes qui demain pourraient avoir besoin de « Janissaires » pour imposer des dictats peu populaires ? Est-ce un hasard si (en 1997) un haut gradé de la Gendarmerie, dans une réunion d’étude, définissait spontanément et curieusement ses nouvelles recrues ainsi : « ni Dieu, ni père ! ». La première partie de la définition est banale en cette époque matérialiste, mais la seconde peut surprendre ceux qui ne connaîtraient pas les travaux de Gibello. […] 
Les hommes ont tellement besoin d’un père à honorer et à suivre, que s’il est absent ou simplement évanescent, et si Dieu est ambigu, ils peuvent se rabattre sur l’image d’une autorité étatique, et se satisfaire de ce substitut, qu’avec leurs pairs, ils serviront aveuglement les armes à la main. Tout déclin du paternalisme est une chance pour l’autoritarisme centralisé, c’est-à-dire une chance pour la tyrannie [2].
La logique révolutionnaire
Dans la France des valeurs républicaines, ce scénario suscite de curieuses résonnances. N’a-t-on pas pu dire que la Déclaration des droits de l’homme avait été écrite pour un citoyen « naissant enfant trouvé et mourant célibataire [3] » ? « En coupant la tête de Louis XVI – renchérissait Balzac – la République a coupé la tête à tous les pères de famille [4] ». Dès 1792, Rabaut Saint-Étienne, président de l’Assemblée nationale, proclamait que l’État doit « s’emparer de l’homme dès le berceau, et même avant sa naissance, car l’enfant qui n’est pas né appartient déjà à la Patrie [5] », tandis que le député révolutionnaire Joseph Lequinio, soucieux de fraternité universelle, proclamait : « Il serait heureux pour l’espèce humaine, que tous les enfants ne connussent point leur père [6]. »

Un acharnement diabolique
Après l’autorité surnaturelle de l’Église, rien ne contrarie davantage la Révolution que l’autorité naturelle du père de famille, précisément parce qu’elle est naturelle c’est-à-dire indépendante de l’État. Comme toute idéologie totalitaire, la Révolution ne peut supporter une autorité antérieure à la sienne. Depuis deux cents ans, sous prétexte de « libérer », elle travaille sans relâche à isoler les individus, en les privant de toute racine, toute tradition, toute attache, tout lien humain et toute protection naturelle face à l’État tout-puissant. Dès 1793, le futur rédacteur du Code civil proclamait hautement :
La voix impérieuse de la raison s’est fait entendre. Il n’y a plus de puissance paternelle. Un homme ne saurait avoir de pouvoirs directs sur un autre, fût-ce son fils [7].

Le Code civil de Napoléon
napoleon code

Dans cette destruction méthodique de la famille, la responsabilité du Code civil napoléonienest écrasante. Mgr Delassus constatait :
Ce code a été fait pour détruire les familles, abolir l’hérédité, anéantir les traditions locales et isoler les individus, annihiler et détruire progressivement toutes les influences territoriales et industrielles au bénéfice du capital anonyme et cosmopolite […]. Il n’y a plus chez nous, légalement du moins, que des familles instables. L’esprit et le texte du Code civil sont opposés à toute consolidation, à toute perpétuation. Il n’attache à la famille que l’idée d’une société momentanée qui se dissout à la mort d’un des contractants [8].
Pour appuyer ses dires, le prélat contre-révolutionnaire citait Frédéric Le Play déplorant « le lamentable spectacle de la liquidation perpétuelle qu’opère le partage forcé des héritages » et il soulignait que cet effet était prévu et explicitement voulu. Le 6 juin 1806, Napoléon écrivait à son frère Joseph, devenu roi de Naples :
Je veux avoir à Paris cent familles, toutes s’étant élevées avec le trône et restant seules considérables. Ce qui ne sera pas elles va se disséminer par l’effet du Code civil. Établissez le Code civil à Naples ; tout ce qui ne vous est pas attaché va se détruire en peu d’années, et ce que vous voulez conserver se consolidera [9].
Ce plan cynique venait d’Angleterre. Au 18e siècle, la reine Anne imposa aux Irlandais catholiques le partage égal et forcé, conservant aux protestants la faculté de tester selon les lois anglaises ; le sol d’Irlande passa ainsi peu à peu, inexorablement, aux mains des lords protestants
Du divorce à l’union libre
Même cynisme dans la légalisation du divorce. Officiellement, la loi d’Alfred-Isaac Naquet(1881) ne visait que quelques cas extrêmes, particulièrement douloureux. Mais peu à peu, toutes les restrictions disparaissent. Alors que cette loi de 1881 prohibait encore, en cas d’adultère, le mariage entre complices, l’interdiction est supprimée en 1904 ; le délai avant un nouveau « mariage » est abrégé en 1907 et, progressivement, tout est fait pour faciliter la procédure.

S’agit-il d’une dérive ? Évidemment non, puisque Naquet publiera en 1908 un ouvrage très clairement intitulé : Vers l’union libre. Mais il fallait procéder par étapes. Naquet confiait à son ami P. Abram :
Pour légitimer l’union libre, il faudrait un changement de notre mentalité. Car, au fond, le mariage nous est plutôt imposé par nos mœurs que par nos lois… Or on ne change pas la mentalité d’une nation par un décret ou une loi, surtout quand cette mentalité est, comme la nôtre, aussi imbue de préjugés catholiques [10].
Pour « déconstruire » ces « préjugés », il faut recourir à la ruse et au mensonge. Descendre lentement l’escalier, en assurant solennellement à chaque marche qu’il n’est aucunement question de descendre la suivante et en marquant, au besoin, une pause suffisamment prolongée pour faire oublier la promesse.

En 1884, dans la loi Naquet, le divorce n’était qu’un remède exceptionnel, sanctionnant une faute grave. Dès 1886, la procédure est simplifiée. On passe rapidement de 3000 divorces en 1885 à 23 000 en 1938, 35 000 en 1950, 110 000 en 1981. Entre temps, en 1975, on a légalisé le divorce par consentement mutuel.

De la contraception à l’avortement
Mêmes techniques de manipulation pour attaquer l’enfant à naître.

En 1963, pour promouvoir la contraception, le Mouvement Français pour le Planning Familial (MFPF) la présente comme le remède contre l’avortement, et, pour les besoins de la cause, met en garde contre celui-ci :
Il détruit la vie d’un bébé après qu’elle a commencé. Il est dangereux pour votre vie et votre santé. Il peut vous rendre stérile.
 Une fois la contraception admise, le Planning familial « oublie » qu’elle était censée barrer la route à l’avortement, et commence à demander la légalisation de celui-ci. En 1970, le Docteur Elton Kessel avoue au congrès de la Fédération internationale du Planning Familial (IPPF) à Tokyo :
Si jusqu’à présent l’avortement n’a pas été préconisé par les responsables du Planning familial, c’est que cela aurait nui à la réputation du mouvement. Maintenant que les esprits évoluent, le Planning familial peut changer de tactique [11].
En parallèle, pour émouvoir l’opinion publique, on n’hésite pas à truquer les chiffres, en multipliant par six le nombre des avortements clandestins, et par quarante celui des femmes mortes des suites d’un avortement [12].

Vers l’enfant sans père

Les grandes manœuvres pour la fabrication artificielle d’enfants sans père commencent dans les années 1990. Dès qu’a été obtenue la PMA pour les couples souffrant d’infertilité (1994), la campagne pour les « couples » homosexuels est lancée.

Le 3 novembre 1998, Élisabeth Guigou, garde des Sceaux et ministre de la Justice, défend en ces termes le projet de Pacte civil de solidarité(Pacs) à l’Assemblée nationale :

Les opposants au PACS prétendent que celui-ci serait dangereux pour le mariage. […] Certains ajoutent encore une menace : le pacte ne serait qu’une première étape vers le droit à la filiation pour les couples homosexuels ! Ceux qui le prétendent n’engagent qu’eux-mêmes. […] Je dis avec la plus grande fermeté que ce droit ne doit pas être confondu avec un hypothétique droit à l’enfant. Un couple, hétérosexuel ou homosexuel, n’a pas de droit à avoir un enfant en-dehors de la procréation naturelle. Les lois récentes sur la procréation médicalement assistée […] n’ont pas pour but de permettre des procréations de convenance sur la base d’un hypothétique droit à l’enfant.

Je n’ignore pas les procès d’intention sur un éventuel « après » de cette proposition de loi qui préparerait des évolutions plus fondamentales de notre droit. Ce texte serait « une valise à double fond ». Je m’élève avec la plus grande énergie contre de telles insinuations.


Ce vocabulaire de contrebande, qui fait croire que ce texte cacherait autre chose et que vos rapporteurs et le Gouvernement exerceraient une fraude à la loi, est inacceptable.
Quatorze ans plus tard, la même Élisabeth Guigou explique qu’il s’agissait d’une ruse :

A l’époque, l’important était de faire passer le PACS. Il y avait une résistance farouche au PACS à l’Assemblée, mais aussi dans la société avec des manifestations, des débordements verbaux inadmissibles […] Donc, l’important, c’était de dissocier le PACS du mariage, sur le plan légal et sur le plan symbolique. En 1998, il n’était pas possible de mettre sur la table la question du mariage homosexuel, même au sein du gouvernement, il a fallu que j’insiste. A l’époque c’était quelque chose qui était beaucoup moins admis dans la société, vous ne trouverez plus personne opposé au pacs aujourd’hui. Aujourd’hui, j’ai évolué sur le mariage, j’ai considéré, en parlant avec les associations que, dès lors qu’il s’agissait de consentement mutuel entre deux adultes, il n’était pas possible de refuser une égalité des droits. La société a beaucoup évolué, moi même je garde mes interrogations sur l’adoption ; il faut trouver comment écrire dans le code civil comment s’organise la filiation d’un enfant qui est adopté par un couple homo.
En réalité, le but avait été clairement annoncé, dès 1900, par les grands pontes de la Ligue (maçonnique) des droits de l’homme, qui déclaraient, lors de l’exposition universelle de Paris :
Partisan résolu de l’éducation intégrale de l’enfant par la collectivité, notre groupe ne reconnaît pas l’utilité de la protection des parents […] notre groupe est socialiste révolutionnaire, par conséquent internationaliste antipatriote. Dans la famille, nous voyons l’embryon de la tribu, de la province, de la nation ; dans le paterfamilias, l’embryon du chef, du seigneur, du roi. […] Nous voulons la personnalité autonome dans la société harmonique. Point n’est besoin de la succession d’intermédiaires : famille, province, nation, entre l’individu et la collectivité. Point de famille, partant point de tyrannie du chef de famille. La famille naturelle de l’individu, c’est l’humanité [13].
Derrière ce cri de haine contre la famille humaine, on reconnaît aisément la révolte du prince de l’égoïsme : le démon Lucifer. Enfermé dans la stérilité de son orgueil, qui ne peut enfanter que le mensonge, Satan ne peut supporter la pensée du Dieu-Père, qui non seulement, de toute éternité, donne sa vie divine au Verbe éternel mais qui, en plus, a voulu créer les hommes pour les élever à cette filiation divine, en les incorporant à son Fils unique.
« Les ennemis contre lesquels nous avons à lutter ne sont pas des êtres de chair ; ce sont les Principautés et les Puissances de l’enfer, les chefs du monde des ténèbres, les esprits malfaisants répandus dans l’univers. Prenez donc les armes de Dieu, pour être capables de résister à l’heure du combat […]. Avant tout, ayez la foi ; elle est le bouclier où viendront s’éteindre les flèches incendiaires du Malin. » [Eph 6]


[1] — Pierre Simon (1925-2008), De la vie avant toute choses, Paris, Mazarine, 1979, p. 221-222. Cité par Christian Lagrave dans Le Sel de la terre 94, p. 103.

[2] — André Bergevin, Révolution permissive et sexualité, De la tolérance comme argument à la transgression comme processus, Pars, F. X. de Gibert, 2003, p. 366-367.

[3] — La formule est d’Ernest Renan, dans la préface de ses Questions contemporaines (Paris , Lévy, 1868, p. III).

[4] — « Sais-tu, mon enfant, quels sont les effets les plus destructifs de la Révolution ? Tu ne t’en douterais jamais. En coupant la tête à Louis XVI, la Révolution a coupé la tête à tous les pères de famille. Il n’y a plus de famille aujourd’hui, il n’y a plus que des individus (…). En proclamant l’égalité des droits à la succession paternelle, ils ont tué l’esprit de famille, ils ont créé le fisc ! Mais ils ont préparé la faiblesse des supériorités et la force aveugle de la masse, l’extinction des arts, le règne de l’intérêt personnel (…). Nous sommes entre deux systèmes : ou constituer l’État par la Famille, ou le constituer par l’intérêt personnel : la démocratie ou l’aristocratie, la discussion ou l’obéissance, le catholicisme ou l’indifférence religieuse, voilà la question en peu de mots. » Honoré de Balzac, La Comédie humaine, Scènes de la vie privée, Mémoires de deux jeunes mariées (1840) (Œuvres complètes de H. de Balzac, vol. 2, A. Haussiaud, 1855, p. 45). — Même interprétation de la Révolution chez la féministe Élisabeth Badinter (L’un est l’autre, Paris, Odile Jacob, 1986, p. 192-198).

[5] — Jean-Paul Rabaut Saint-Étienne (1743-1793), membre du Comité d’instruction publique de la Convention, discours à la Convention, 21 décembre 1792 .

[6] — Joseph Lequinio (1755-1812), Les préjugés détruits, chapitre XV, Des bâtards, Paris, Desenne, 1793, p. 160.

[7] — Jean-Jacques-Régis de Cambacérès (1753-1824), discours à la Convention, 9 août 1793.

[8] — Mgr Henri Delassus, L’Esprit familial dans la maison, dans la cité et dans l’État, Desclée, Lille, 1910, p. 133-135. — Voir à ce sujet : Jean Gasselin, « Mgr Delassus et l’esprit familial » dans Le Sel de la terre 81, p. 23-28.

[9] — Cité par Mgr Henri Delassus, ibid., p. 133.

[10] — Cité par Paul Abram, L’Évolution du mariage (Paris, E. Sansot, 1908, avec préface de Léon Blum), p. 117. Voir aussi les autre citations données par Christian Lagrave dans Le Sel de la terre 94, p. 96-97.

[11] — Cité par Marie-Andrée Lagroua Weill-Hallé, L’Avortement de papa, Paris Fayard, 1971, ch. 1.

[12] — Sur le truquage des statistiques par l’INED, en France, voir Bel et Lagrange, Complot contre la vie (SPF, 1979), ainsi que l’article de Jean Legrand dans Itinéraires 322 (avril 1988), avec la réponse de l’INED dans Itinéraires n° 327. — Sur le truquage des statistiques aux États-Unis, voir l’aveu du Docteur Nathanson (« Nous avons falsifié le nombre des avortements illégaux »), dans Présent du samedi 23 novembre 1985.

[13] — Lucien Brunswick (membre du comité central de la Ligue des droits de l’homme), discours au congrès féministe organisé à Paris lors de l’exposition universelle de 1900 (5-8 septembre) avec Ferdinand Buisson et René Viviani. (Congrès international de la condition et des droits de la femmes, Paris, 1901, p. 388-389 ; cité par Christian Lagrave dans « Le féminisme contre la famille », Le Sel de la terre 94, p. 94.)