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vendredi 10 avril 2026

Gustavo Corçao

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Par S.E. Mgr Thomas d’Aquin O.S.B.

Le 3 avril 2026

De constitution athlétique, de haute stature, environ 1,80 m, regard ferme mais plein de bonté, visage bien proportionné et agréable. D’un esprit très vif, avec des paroles pleines de grâce et d’une fine ironie qui ne blessait que les ennemis de l’Église. Avec ses amis, il était franc et direct, mais sans blesser. Intelligence étonnante. On dit qu’il était capable de jouer aux échecs avec trois adversaires en même temps, en tournant le dos à l’échiquier, gardant tous les coups en mémoire.

Il avait une gentillesse infinie envers ceux qui venaient le consulter. Il ne disait jamais non. Il interrompait son travail, ses articles ou ses livres, pour recevoir ceux qui le visitaient. Il était redouté par les communistes et les progressistes, mais il était la bonté même avec ses amis. Son honnêteté intellectuelle fut remarquable dans sa découverte des erreurs de Maritain et, par conséquent, dans la reconnaissance de ses propres erreurs en tant que disciple de Maritain.

Il écrivit Le Siècle du Néant (Le Siècle de l'Enfer, dans l'édition française) pour se rétracter de ses erreurs et proclamer hautement qu’il s’était laissé tromper par les catholiques libéraux. « Ils nous ont menti » fut le titre de l’un de ses articles à cette époque, qui s’étend approximativement de peu après la fin du Concile jusqu’à sa mort en 1978. Corção défendit admirablement la Tradition et combattit avec courage et talent les partisans des doctrines modernistes et de la théologie de la libération. Il aida d’innombrables âmes à demeurer fermes dans la vraie Foi.

mercredi 8 avril 2026

Mgr Marcel Lefebvre

 Source

Par S.E. Mgr Thomas d’Aquin O.S.B.

Le 28 mars 2026

Il existe une certaine ressemblance entre Mgr Lefebvre et Gustavo Corção. Tous deux étaient intrépides dans le combat et d’une immense bonté dans leurs rapports avec autrui. Tous deux ne refusaient jamais de recevoir ceux qui frappaient à leur porte et les écoutaient avec patience et bienveillance.

J’ai vu en Mgr Lefebvre, la première fois qu’il est venu dans notre monastère en France, une grande sérénité. Dans son sermon, il nous parla du livre de saint Louis-Marie Grignion de Montfort, L’Amour de la Sagesse éternelle, et dit que cet ouvrage était très utile pour comprendre la véritable place de la dévotion à la Sainte Vierge dans l’ensemble de la vie spirituelle. Il prêchait avec une grande paix, et c’est cela qui m’a le plus impressionné. À cette occasion, il conféra les ordres mineurs à deux de nos frères. Les modernistes ne nous ont pas pardonné cette visite de Mgr Lefebvre. Notre supérieur, Dom Gérard, fut suspendu a divinis (peine qui interdit à un prêtre d’exercer les actes du pouvoir d’ordre, comme célébrer la messe, entendre les confessions et administrer les autres sacrements), et notre communauté fut exclue de l’ordre bénédictin. Comme le disait le grand écrivain français Louis Veuillot : « il n’y a rien de plus sectaire qu’un libéral ».

Je profite pour dire un mot sur les catholiques libéraux, que Pie IX considérait comme les pires ennemis de l’Église, parce qu’ils sont dans l’Église, possèdent souvent la foi, mais agissent d’une manière contraire aux principes qu’ils professent comme catholiques. Mgr Lefebvre voit dans cette psychologie des libéraux l’explication que les sédévacantistes n’acceptent pas. Un pape libéral peut avoir la foi et agir contrairement aux principes de la foi. Voilà pourquoi Pie IX les accusait d’être les pires ennemis de l’Église. Il est regrettable que les sédévacantistes n’écoutent pas Mgr Lefebvre.

Après cette première rencontre à Bédoin, en France, j’ai pu voir Mgr Lefebvre plusieurs fois dans ma vie. Mais pour donner une description rapide de sa personnalité, je ne vois rien de mieux que de citer partiellement ce que François Brigneau a écrit et que Mgr Tissier a reproduit dans son livre sur la vie de Mgr Lefebvre :


L’âge n’a pas ralenti son pas. Le peu de temps dont il dispose pour accomplir l’immense tâche qui lui a été confiée ne l’a pas davantage précipité. Monseigneur a le pas serein des hommes qui savent ce qu’ils veulent et où ils vont. Ce qui frappe en lui, c’est la bonté. Je veux dire, le rayonnement de la bonté. Son sourire est comme la chaleur d’une main. Il nous émeut. Aussitôt, il nous donne le désir de devenir meilleurs. D’être moins indulgents envers nous-mêmes, envers nos fautes et nos défauts. D’être plus dignes du respect que, devant lui, nous éprouvons. Un seul homme m’a inspiré un sentiment semblable : le maréchal Pétain. Monseigneur Lefebvre et lui partagent la même majesté naturelle, la même autorité bienveillante et la même simplicité supérieure. Ce sont de ces hommes (…) qui suscitent spontanément des dévouements pouvant aller, sans effort, jusqu’au sacrifice, parce que nous savons d’instinct, avec une conviction profonde et immédiate, qu’ils se sont sacrifiés, dès le début, à leur devoir.

Toute la page mérite d’être lue. Pétain et Mgr Lefebvre sont ce qu’ils sont parce qu’ils se sont sacrifiés : l’un pour la patrie, l’autre pour Dieu.

C’est pourquoi nous aimons et suivons ce grand évêque que beaucoup ignorent ou, le connaissant, ne suivent pas ses enseignements. Puissions-nous, au moins, savoir tirer tout le profit du trésor que Dieu nous a donné en sa personne.