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Par S.E. Mgr Thomas d’Aquin O.S.B.
Le 28 mars 2026
Il existe une certaine ressemblance entre Mgr
Lefebvre et Gustavo Corção. Tous deux étaient intrépides dans le combat et
d’une immense bonté dans leurs rapports avec autrui. Tous deux ne refusaient
jamais de recevoir ceux qui frappaient à leur porte et les écoutaient avec
patience et bienveillance.
J’ai vu en Mgr Lefebvre, la première fois
qu’il est venu dans notre monastère en France, une grande sérénité. Dans son
sermon, il nous parla du livre de saint Louis-Marie Grignion de Montfort, L’Amour
de la Sagesse éternelle, et dit que cet ouvrage était très utile pour
comprendre la véritable place de la dévotion à la Sainte Vierge dans l’ensemble
de la vie spirituelle. Il prêchait avec une grande paix, et c’est cela qui m’a
le plus impressionné. À cette occasion, il conféra les ordres mineurs à deux de
nos frères. Les modernistes ne nous ont pas pardonné cette visite de Mgr
Lefebvre. Notre supérieur, Dom Gérard, fut suspendu a divinis (peine
qui interdit à un prêtre d’exercer les actes du pouvoir d’ordre, comme célébrer
la messe, entendre les confessions et administrer les autres sacrements), et
notre communauté fut exclue de l’ordre bénédictin. Comme le disait le grand
écrivain français Louis Veuillot : « il n’y a rien de plus sectaire qu’un
libéral ».
Je profite pour dire un mot sur les
catholiques libéraux, que Pie IX considérait comme les pires ennemis de
l’Église, parce qu’ils sont dans l’Église, possèdent souvent la foi, mais
agissent d’une manière contraire aux principes qu’ils professent comme catholiques.
Mgr Lefebvre voit dans cette psychologie des libéraux l’explication que les
sédévacantistes n’acceptent pas. Un pape libéral peut avoir la foi et agir
contrairement aux principes de la foi. Voilà pourquoi Pie IX les accusait
d’être les pires ennemis de l’Église. Il est regrettable que les
sédévacantistes n’écoutent pas Mgr Lefebvre.
Après cette première rencontre à Bédoin, en
France, j’ai pu voir Mgr Lefebvre plusieurs fois dans ma vie. Mais pour donner
une description rapide de sa personnalité, je ne vois rien de mieux que de
citer partiellement ce que François Brigneau a écrit et que Mgr Tissier a
reproduit dans son livre sur la vie de Mgr Lefebvre :
L’âge
n’a pas ralenti son pas. Le peu de temps dont il dispose pour accomplir
l’immense tâche qui lui a été confiée ne l’a pas davantage précipité.
Monseigneur a le pas serein des hommes qui savent ce qu’ils veulent et où ils
vont. Ce qui frappe en lui, c’est la bonté. Je veux dire, le rayonnement de la
bonté. Son sourire est comme la chaleur d’une main. Il nous émeut. Aussitôt, il
nous donne le désir de devenir meilleurs. D’être moins indulgents envers
nous-mêmes, envers nos fautes et nos défauts. D’être plus dignes du respect
que, devant lui, nous éprouvons. Un seul homme m’a inspiré un sentiment
semblable : le maréchal Pétain. Monseigneur Lefebvre et lui partagent la même
majesté naturelle, la même autorité bienveillante et la même simplicité
supérieure. Ce sont de ces hommes (…) qui suscitent spontanément des
dévouements pouvant aller, sans effort, jusqu’au sacrifice, parce que nous
savons d’instinct, avec une conviction profonde et immédiate, qu’ils se sont
sacrifiés, dès le début, à leur devoir.
Toute la page mérite d’être lue. Pétain et Mgr
Lefebvre sont ce qu’ils sont parce qu’ils se sont sacrifiés : l’un pour la
patrie, l’autre pour Dieu.
C’est pourquoi nous aimons et suivons ce grand
évêque que beaucoup ignorent ou, le connaissant, ne suivent pas ses
enseignements. Puissions-nous, au moins, savoir tirer tout le profit du trésor
que Dieu nous a donné en sa personne.