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samedi 5 octobre 2024

Mgr Lefebvre après 1988 - I et II

KE 896 (14 septembre 2024)


Le libéral, ce loup vêtu comme un agneau,

Est jugé par son fruit, car il perd le troupeau.

« Je suis ‘libre’, dit-il, mais je n’ai aucun droit, »

« Car je suis enchaîné, Dieu me tient par sa Loi. »

« Au diable, Paradis ! Je fais ce que je veux ! »

« Peu importent pour moi, la Loi, l’Enfer et Dieu  ! ! »

Après les quatre consécrations épiscopales de juin 1988, Mgr Lefebvre vit plus clairement que jamais que les conciliaires romains ne sont pas des serviteurs de la Foi catholique. En 1989, il donna un long entretien en France, hélas très abrégé ci-dessous. (Entretien original complet à https ://laportelatine.org/formation/crise-eglise/ecclesiadeisme/un-an-apres-les-sacres-entretien-de-mgr-lefebvre-a-fideliter-juin-1989.)

Pourquoi ces consécrations ?

Depuis déjà plusieurs années j’essayais de faire entendre à Rome qu’avançant en âge, il me fallait assurer ma succession. Ils craignaient ces consécrations épiscopales, alors ils faisaient allusion à la possibilité d’avoir un évêque, qui soit pour moi un successeur.

Je suis allé à Rome pour des colloques, mais sans confiance dans leur succès. J’ai voulu aller aussi loin que possible pour montrer la bonne volonté qui était la nôtre. Mais très vite, nous nous sommes aperçus que nous avions affaire à des gens qui n’étaient pas honnêtes. Rome a soulevé la question du Concile, dont nous ne voulions pas entendre parler. Nous avons trouvé une formule acceptable à la rigueur. Je n’ai obtenu qu’un seul évêque, alors que j’en demandais trois. Cela était déjà presque inacceptable. Et quand, avant même de signer le protocole, nous demandions quand nous pourrions avoir cet évêque, la réponse était évasive. Impossible d’avoir une date.

L’accumulation de méfiance et de réticence m’a poussé à exiger la nomination d’un évêque pour le 30 juin. C’était cela, ou je faisais des évêques. Face à cette mise en demeure, le cardinal Ratzinger a dit : « Si c’est comme cela, le protocole est aboli. C’est fini, il n’y a plus de protocole. Vous rompez les relations ». C’est lui qui l’a dit, ce n’est pas moi.

Mgr Lefebvre n’aurait-il pas dû rester dans l’Église ?

jeudi 8 février 2024

Libéralisme pratique

KE 855 (2 décembre 2023)

Supprimons le réel, dit l’homme en plein délire.

Et Dieu ? Patient, Il montre un triste et doux sourire.

Un lecteur nous envoie des questions profondes sur l’histoire récente de l’Église, de la Fraternité Saint Pie X et du mouvement dit de ‘Résistance’. Un jour, lorsque notre Mère l’Église reprendra ses esprits — comme elle le fait déjà doucement — les ombres et les ténèbres se dissiperont, et l’histoire se manifestera pleinement dans la vérité et la charité. En attendant, voici des esquisses de réponses.

1.       Comment pouvez-vous être contre toute structure pour la ‘Résistance’ ? Y a-t-il quoi que ce soit de catholique qui puisse prospérer sans structure ?

La force de la ‘Résistance’, c’est d’abord la Vérité, et ensuite le caractère très peu contraignant des liens entre les divers petits groupes qui résistent à la révolution de Vatican II. Cette révolution s’est rapidement imposée à une grande partie de l’Église catholique parce que les catholiques étaient trop obéissants à leurs autorités infidèles. De même, la plus grande partie de la FSSPX a été rapidement émoussée en 2012, parce que ses prêtres étaient trop respectueux de l’autorité de leurs chefs officiels qui voulaient revenir dans le giron de la Rome apostate. Ils n’ont plus servi la vraie Église ou la vraie Foi, comme le faisait Mgr Lefebvre, mais eux-mêmes. Au contraire, s’emparer d’une petite poche de Résistants n’amènera pas nécessairement à s’emparer même d’une deuxième poche. Ainsi, la Foi survivra jusqu’à ce que Dieu décide de restaurer en Son temps, dans la Foi, la structure catholique.

2.       Les dirigeants de la FSSPX trompés par les fonctionnaires romains apostats au milieu des années 1990 étaient-ils motivés par l’ambition personnelle ?

Ce n’est pas impossible, mais leur problème était avant tout leur manque de foi dans les moyens divins pour résoudre la crise de l’Église, en plus de leur confiance excessive dans la politique purement humaine du Vatican. Contrairement à Mgr Lefebvre, ils ne saisissent pas la dimension divine et pré-apocalyptique de la crise mondiale ; ils la conçoivent donc en termes plus ou moins limités et mondains, ratant ainsi complètement le coche. Comparez avec Mgr Lefebvre, qui a toujours eu en vue la ruine complète de l’Église. Comparez également avec Mgr Viganò, qui s’interroge constamment sur la chute universelle de l’Église et du monde, provoquée par Vatican II.

3.       Le Chapitre général de 1994 a-t-il prouvé clairement ces déficiences des dirigeants de la FSSPX ?

Prouvé, oui, mais prouvé clairement, pas dans l’immédiat. Les participants à ce Chapitre général donnaient l’impression de gentils enfants se livrant à des jeux, plutôt que de guerriers d’âge adulte menant une lutte gigantesque pour la gloire de Dieu et le salut des âmes dans un environnement extrêmement dangereux. Il faut être saint pour croire au mal, disait Gustavo Corçao. Les chers et pieux jeunes prêtres de ce Chapitre ne semblaient pas à la hauteur de la gravité du moment.

4.       Quand selon vous les deux camps des Suivistes et des Résistants de la FSSPX se sont-ils séparés l’un de l’autre ?

Les éléments de division étaient déjà sûrement présents dans les années 1980. Je connais un prêtre qui, en 1982, après avoir professé pendant cinq ans à Ecône, a été envoyé outre-Atlantique pendant plus de 25 ans, très probablement pour être mis à l’écart. Les jeunes séminaristes devaient être préparés à obéir aux libéraux qui se voyaient déjà à la tête de la FSSPX, en remplacement d’un Mgr Lefebvre vieillissant. Ce dernier avait été merveilleux pour son temps, se disaient-ils, mais il était de plus en plus dépassé à cause de sa condamnation implacable des modernistes romains. Car ces modernistes étaient considérés comme la véritable Autorité de l’Église ; qui plus est, ils devenaient meilleurs chaque jour ! Attention, ces dirigeants libéraux de la FSSPX ne se considèrent pas comme des libéraux, bien au contraire. Ils se voient même infiltrer la Rome moderniste et la convertir à la Tradition catholique. Est-ce possible ? Ils n’ont aucune idée de la profondeur et de la gravité de la croisade menée par les libéraux pour détruire l’Église catholique.

5.       L’affrontement Suivistes-Résistants a-t-il toujours existé au sein de la Fraternité St Pie X ?

Oui, certainement. Mgr Lefebvre avait lu l’abbé Barbier (1851–1925) sur l’histoire de l’affrontement du libéralisme avec le catholicisme aux 19ème et 20ème siècles. Il nous disait que cette lecture lui avait fait comprendre que la seule différence, dans ce même affrontement, entre avant et après Vatican II était qu’avant, c’étaient les catholiques qui commandaient, alors qu’après, c’étaient les libéraux. Tant que l’archevêque a été en vie, son magnétisme personnel a maintenu la FSSPX catholique, mais dès sa mort en 1991, le magnétisme constant de Rome pour les catholiques a commencé à reprendre son ascendant. Soyons patients. Dieu ne se laissera pas faire, ni par le Diable, ni par les anges ou les ecclésiastiques déchus.

Kyrie eleison.

dimanche 17 juillet 2022

La faillite du libéralisme


Mgr Williamson nous présente ici le libéralisme dans sa forme extrême, à savoir l'esprit d'indépendance et l'homme érigé comme un tout absolu indépendant de sa propre nature et de sa vraie nature sociale. Nous constatons aujourd'hui les conséquences sociales de ces théories : elles sont effrayantes. 

 KE 780 (25 juin 2022)

Liberté-de, peut-être... Liberté-pour quoi 

La liberté-de, seule, est sans Foi ni loi !

Sur le site de la TFP, on trouve un autre excellent article de John Horvat d’il y a un mois intitulé « Alors que le libéralisme vole en miettes, où devrions-nous chercher des solutions ? » (https://www.tfp.org/as-liberalism-crashes-where-should-we-look-for-solutions/ – non traduit en français) Notez bien que ces Commentaires ne sont pas plus d’accord avec tout ce qui paraît sur le site de la TFP que la TFP n’a l’obligation d’être d’accord avec tout ce qui paraît dans ces Commentaires. Cependant, les articles de John Horvat ont une exceptionnelle capacité de mettre en lien ce monde athée avec Dieu, parce que la profondeur de la doctrine de l’Église lui permet de saisir pleinement le spectacle de l’impiété. 

La Modernité présente le libéralisme comme le commencement de l’histoire. Avant le libéralisme et ses revendications, il n’y avait rien qu’ignorance et ténèbres. Le libéralisme prend tout le crédit du progrès et de la sécurité du monde moderne. Ainsi, alors que le libéralisme s’effondre et part en miettes, la plupart des libéraux excluent instinctivement de considérer ce qui lui préexistait comme une possible solution. 

Or quelque chose d’absolument exceptionnel existait avant le libéralisme. C’était la Chrétienté dite médiévale. La Civilisation chrétienne transforma l’Occident en un modèle de charité et d’ordre. La Chrétienté n’était certes pas parfaite, mais elle reconnaissait et travaillait dans les limites d’une nature humaine déchue. Elle était fermement établie sur la réalité, et non sur la fantaisie. La Chrétienté fut la première Civilisation à multiplier les hôpitaux et les universités. On lui doit le gouvernement représentatif et le règne de la loi. C’est sous son influence que les arts et la musique se sont épanouis. 

Le libéralisme a grandi sur les « Lumières » et les horreurs de la Révolution française. Il donna naissance à un siècle de désordre, d’industrialisation massive et de matérialisme. Les mouvements politiques libéraux persécutèrent l’Église, entravant ses libertés et confisquant ses propriétés. Les gouvernements libéraux transformèrent les œuvres charitables de l’Église en froides bureaucraties. 

Le libéralisme laïcisa et profana la société en donnant corps à l’illusion de pouvoir vivre dans un monde sans Dieu. La Modernité a payé le prix fort pour maintenir cette fiction. Le système sans-Dieu engendra de terribles guerres et des idéologies contre-nature. Aujourd’hui, le libéralisme est en faillite. Ses contradictions internes détruisent toutes les structures d’ordre restantes.  Se tourner vers le libéralisme pour résoudre la crise qu’il a provoquée n’apporte aucun remède. Tout au plus produira-t-il des versions extrêmes de lui-même. Il vaut beaucoup mieux regarder vers ce qu’il y avait avant le libéralisme, et donc retourner aux sources de la Civilisation chrétienne. 

La Civilisation chrétienne est née de prémisses bien différentes. Elle travaille avec la nature humaine et non contre elle. Son système fait confiance à des structures organiques qui se développent naturellement et spontanément dans un ordre social orienté vers le bien commun. Cette pratique de la subsidiarité multiplie de manière inouïe les libertés, vu que chaque unité sociale cherche à combler ses besoins et à aider les autres dans ce qui leur manque. Une Civilisation chrétienne n’est pas une tyrannie de Dieu, comme les libéraux n’ont cesse de gémir. Au contraire, le temporel et le spirituel y cherchent à prendre soin de leurs propres et respectives activités et responsabilités. Une telle société quand elle se livre à la pratique de la vertu, peut s’épanouir économiquement et politiquement tout aussi bien qu’elle sert à diriger les âmes vers la sanctification et le salut éternel. 

Et pourtant, beaucoup de libéraux préfèrent insister sur la folie qu’un homme puisse être une femme et une femme puisse être un homme, plutôt que d’admettre la réalité merveilleuse de la nature humaine créée par Dieu. Ils préféreront plutôt poursuivre un délire que de vivre dans une liberté ordonnée qui se soumet à la loi de la morale naturelle. La seule issue de sortie pour ceux qui croient encore à la vérité, à la Tradition et à Dieu, est de rejeter le mythe libéral et ses prémisses viciées. Le Fidèle a le devoir de chercher les solutions en dehors de la petite cage libérale et de retourner à cette Vérité et à cette Beauté chrétiennes – toujours anciennes, toujours nouvelles – qui appellent toujours les âmes. 

Kyrie eleison

jeudi 30 juin 2022

Rerum Novarum II

KE 778 (11 juin 2022)

Vous voulez guider l’homme ? Eh bien, la place est prise ! 
Le Dieu qui l’a fait, lui, a fait aussi l’Église.

En 1891, dans sa fameuse encyclique Rerum Novarum aux évêques catholiques, le pape Léon XIII fustigea le Socialisme à cause de son opposition radicale à la nature donnée par Dieu à l’homme (Voyez le Commentaire de la semaine dernière). On estima à l’époque que le pape n’était pas l’ami de la classe ouvrière, dont les intérêts étaient soi-disant protégés par le Socialisme. C’était tout le contraire. Toute la seconde partie de l’encyclique donne la vraie solution aux problèmes réels de cette fin du 19ème siècle, pour lesquels le Socialisme s’avéra être une fausse solution. Puisqu’en ce 21ème siècle athée, le monde continue à se laisser séduire par le Socialisme et le Communisme des Mondialistes dans la même guerre contre Dieu, regardons – même brièvement – la vraie solution du pape. 

Il dit que cette solution doit venir de trois sources. La première et principale, l’Église catholique. La deuxième, l’État, qu’il appela à jouer un rôle particulier dans la protection des travailleurs. Et la troisième, les associations privées d’employeurs et d’employés, dont il précisa qu’elles devaient jouer un rôle très important. Mais le pape commença par dissiper les solutions chimériques aux problèmes sociaux, solutions qui cherchaient à éliminer tant 1) les inégalités naturelles visiblement inhérentes à tous les hommes que 2) la dureté – qui n’est pas naturelle – de cette « vallée de larmes », conséquence du péché. Les Catholiques savent que les inégalités sont naturelles à la création, qu’elles existent pour refléter la variété infinie du Créateur, et ils savent que la souffrance, la mort et la concupiscence ne sont entrées dans la création que par le péché originel de l’homme. 

Ainsi, le Communisme, en promouvant la lutte des classes et la révolte contre toute autorité, n’est pas naturel mais contre-nature. Et l’Église se propose la première de créer l’harmonie des classes et le respect de l’autorité, par ses moyens propres de justice naturelle et de charité surnaturelle. En justice, les ouvriers doivent travailler et respecter leurs employeurs ; les employeurs doivent respecter leurs travailleurs et s’occuper de leur bien spirituel et physique, en particulier en payant un juste salaire qui ne doit pas être déterminé comme le moindre montant qui évite à l’employeur de passer au tribunal. Dans la vision d’éternité de la charité, la richesse est plutôt un obstacle qu’une aide au salut, de sorte que le riche doit partager avec le pauvre, et le pauvre ne pas envier le riche. La foi détruit donc deux erreurs opposées, le Socialisme et le Capitalisme Libéral, en modérant le désir excessif des hommes pour la richesse. 

De même pour l’État (RN 46). Sa fonction première est la sauvegarde du bien commun de tous ses membres, non des seuls riches. De fait, les riches peuvent la plupart du temps subvenir eux-mêmes à leurs besoins, tandis que les pauvres peuvent facilement se retrouver dans la misère. Et dans la condition délabrée de la classe ouvrière en 1891, cela signifie que l’État doit intervenir en leur faveur. La loi doit protéger leurs mœurs, leur dignité et leurs conditions de travail, en établissant une protection spéciale des femmes et des enfants et en aidant les ouvriers à devenir des propriétaires. C’est ainsi que l’Église catholique posa les prémices de l’État-providence moderne. Léon XIII fut largement incompris en son temps, mais 40 ans après, Pie XI salua le bien accompli grâce à Rerum Novarum

Et troisièmement, le pape appela à créer et favoriser toutes sortes d’associations privées, comme les corporations médiévales, où les hommes puissent se rassembler non pas tant horizontalement au sein de la même classe, que verticalement, toutes classes confondues au sein du même métier, pour tirer vers le haut la prospérité de chaque classe. Les associations chrétiennes de cette sorte furent d’un immense profit, mais au lieu de les aider, les États anti-religieux les entravèrent. Que l’on s’occupe spécialement du bien religieux des travailleurs, mais que l’on prévoie aussi leur maladie, leur chômage, leur vieillesse et leurs accidents. Que l’exemple des Catholiques convertisse les Socialistes ! 

Par cette doctrine sur l’Église, l’État et les associations d’aide aux travailleurs, le Pape prouva qu’il condamnait non seulement le Socialisme mais aussi le Capitalisme Libéral qui, en plaçant la recherche du profit au-dessus du souci des hommes, avait réduit les travailleurs à une grande misère. Mais les Mondialistes reviennent à cette même grave erreur. Profiteront-ils de l’enseignement du pape Léon XIII ? On peut en douter. 

Kyrie eleison

vendredi 10 décembre 2021

Clergé catholique - libéral : pourquoi cette division ?

5ème conférence sur le libéralisme par M. l'abbé Salenave 

1° La théorie du clergé libéral : thèse et hypothèse
2° Pourquoi existe-t-il un clergé libéral ?


La Chaîne France Fidèle sur youtube est désormais bloquée pour quelques semaines en raison du non respect des normes sanitaires covidiques. Mais vous pouvez toujours retrouver les prêtres de la Fidélité et les vidéos sur la chaîne de secours "France Fidèle Reconquista

Vous pouvez soutenir là aussi l'apostolat de l'abbé Salenave par vos prières et vos dons: https://www.payassociation.fr/francefidele/dons

dimanche 21 mars 2021

Mutinerie à bord

" Il dépend toujours de nous de consentir ou de ne pas consentir au chaos général, de céder ou de résister ". Telle est la leçon que nous rappelle le RP Emmanuel-Marie dans la dernière Plume du Foyer d'Avrillé (La Plume du Foyer n°75 - Février-mars 2021).  Que ce soit la tyrannie du covidisme, la crise de l'Eglise, le libéralisme spirituel  dans la FSSPX, il dépend de nous de ne pas y consentir, de prendre des moyens pratiques pour ne pas laisser la canaille nous mener par le bout de nez.  Nous remercions le père Emmanuel-Marie de nous inviter à prendre de bonnes  et fermes décisions pratiques pour ne pas mourir spirituellement sous les coups de la mutinerie libérale.  


Le mot du Père
Mutinerie à bord



Dans le numéro spécial d'Itinéraires consacré à Jacques Perret (n° 228), Jean Madiran a donné un compte rendu très intéressant de l'ouvrage Mutinerie à bord, que Perret écrivit en 1948 et réédita en 1969 (l'édition la plus récente est de 2006).

« Lisez Mutinerie à bord, écrit Madiran. Je dis lisez, parce que c'est l'un des moins lus, mais s'il fallait absolument ne retenir qu'un seul livre de Perret, je choisirais celui-là.

"En mai 1864 il y avait dans le port de Cette un trois-mâts nantais qui portait un nom rare et édifiant : Foederis Arca. C'était l'arche d'alliance, la nef mystique, la communion des fidèles, le refuge des pécheurs ... " Un mois plus tard, le navire au nom de nef mystique disparaissait en mer, à la suite d'une mutinerie dont le récit fait tout l'ouvrage. Mutinerie exemplaire, leçon de choses que l'on pourrait dire scientifique, mettant en un relief irrécusable le processus de démission par lequel une autorité, toute autorité, toutes les autorités se défont de leurs propres mains. Il leur suffit d'accepter, fût-ce tacitement, ce qui n'est pas acceptable. »

Passons sur le détail de la rébellion. L'équipage, rassemblé à la hâte, composé de canailles, pille dans la cargaison (un chargement de vins et spiritueux) et s'insurge de plus en plus contre l'autorité au fil de la traversée. Et le vieux capitaine, M. Richebourg, malgré les encouragements de son solide second, M. Aubert, cède peu à peu, d'abord secrètement (« les démissions de l'autorité sont d'abord intérieures et secrètes», note Madiran), puis ouvertement.

Au vingt-septième jour se situent la conversation centrale et le sommet du livre.

« - Je me rends bien compte (dit le capitaine) que j'ai perdu la main. Ces dernières années la fortune a voulu que je fusse trop bien servi. [. . . ]. Et maintenant je ne suis plus d'âge à retrouver la poigne.

- On devient trop bon, dit Aubert à tout hasard.

- Mais oui ! la clémence du gâteux. Ces maudits salopards ne doivent rien à ma bonté. Mon père sans doute en aurait déjà pendu un ou deux [. . .]. Moi aussi je l'aurais fait, jeune capitaine de vingt-quatre ans, à une époque où les balançoires d'opinion publique et la pleurnicherie des moralistes ne venaient pas encore flanquer la pagaye dans les lois naturelles de la navigation, ni donner mauvaise conscience au capitaine pour un coup de garcette sur le dos d'un vaurien. Mais le siècle est pourri et c'est la faute des mœurs aussi bien si j'ai peur de sévir [. . .]. Vous ne dites rien, Aubert ? Vous pensez qu'il est encore temps ?

- L'usage des pistolets vous appartient, capitaine.

- Je pense qu'il en sera temps, le moment venu.

- Qu'est-ce que c'est que ça, capitaine : le moment venu ? Du train où nous allons, votre moment venu le sera trop tard, capitaine. (Mais Aubert reprend, en faisant l'optimiste, c'est-à-dire en trichant un peu sans y croire :) Nous sommes là à nous monter la tête, à broyer du noir, à transformer en pirates sanguinaires un ramassis de couards abrutis par l'alcool et en fin de compte le bateau taille sa route et nous voilà tout de même à moitié chemin.

- Je remets donc l'autre moitié entre les mains de Dieu, déclara M.Richebourg.

Le second admit qu'un capitaine pouvait à bon droit compter sur la Providence, mais fit respectueusement observer que, pour commencer, c'était plutôt Dieu qui mettait les bateaux entre les mains des capitaines. »

Dès lors, le processus de décomposition va suivre son cours.

Quelques jours plus tard, l'équipage massacre le capitaine et le second. Les mutins coulent le navire. Ils partent en canots et assassinent le mousse, parce que toute défaillance grave de l'autorité entraîne toujours le massacre des enfants ...

Mutinerie à bord contient la substance de plusieurs traités et discours sur le commandement, l'ordre, la société, souligne Madiran.

Il est clair, en effet, que la crise actuelle du monde occidental, dans l'Etat, dans l'Eglise, à l'école, dans les familles ... , est l'histoire d'une « mutinerie à bord» et d'une démission de l'autorité.

« On peut réfléchir et s'interroger. On peut se demander à quel moment le capitaine, pour maintenir à bord l'ordre et l'autorité, aurait dû ne pas céder. [. . .] Mais peu importe. L'important est que le capitaine était là pour cela, il était là pour ne pas céder quand il faut ne pas céder, quoi qu'il puisse arriver. En cédant il n'a évité ni un massacre ni une mutinerie qui n'étaient peut-être pas évitables : mais en cédant, il y a en quelque sorte consenti. »

Sans doute, le désordre qui sévit aujourd'hui est-il devenu humainement irréversible. Il ne dépend pas, il ne dépend plus de nous d'empêcher le chaos général. Mais, à la place qui est la nôtre, il dépend toujours de nous d'y consentir ou de ne pas y consentir, de céder ou de résister. C'est la leçon de Jacques Perret.

Les barbares modernes peuvent bien tout emporter dans leur mutinerie contre l'ordre divin et humain, les autorités officielles peuvent les y encourager ou baisser les bras, nous ne donnerons pas, quant à nous et avec la grâce de Dieu, notre consentement.

Père Emmanuel-Marie

[Jacques PERRET, Mutinerie à bord, édition Dilettante, 2006]

dimanche 14 février 2021

Mgr Viganò rappelle aux catholiques la véritable obéissance


Dans un courrier public adressé à un prêtre qui lui posait diverses questions concernant l'obéissance due à une autorité catholique, Mgr Viganò rappelle (dans le même esprit que Mgr Lefebvre)  en quoi consiste la véritable obéissance catholique. C'est par une obéissance mal comprise que le modernisme a pu étendre ses ravages dans le troupeau du Christ depuis Vatican II. En termes forts, qui rappellent véritablement ceux que Mgr Lefebvre avait prononcés dans diverses conférences aux fidèles, Mgr Viganò invite les fidèles catholiques à résister de toutes leurs forces aux injonctions des pasteurs conciliaires. On s'étonnera alors de ce que l'abbé Gleize, professeur à Ecône,  a pu récemment écrire sur cet archevêque
"Nous voulons bien croire qu’un Mgr Viganò passe la mesure et que l’extravagance manifeste de ses propos entame de plus en plus la crédibilité que l’on pouvait a priori reconnaître à un ancien nonce." Si nous remplaçons  "Viganò" par "Lefebvre", nous comprenons mieux l'abîme qui sépare les actuels responsables de la FSSPX de la pensée de leur fondateur. 


Révérend et cher prêtre du Christ,

J'ai reçu votre lettre, dans laquelle vous me soumettez des questions graves sur la crise d'autorité dans l'Église, crise qui s'est intensifiée ces dernières années et en particulier lors de «l'urgence pandémique», à l'occasion de laquelle la gloire de Dieu et le salut des âmes ont été mis de côté au profit d'une prétendue santé du corps. Si j'ai l'intention de rendre publique ma réponse détaillée à votre lettre, c'est parce qu'elle répond aux nombreux fidèles et prêtres qui m'écrivent de partout, m'exposant leurs interrogations et tourments de conscience sur ces mêmes questions graves.

Le problème d'une autorité pervertie – c'est-à-dire qui n'agit pas dans les limites qui sont les siennes ou qui s'est donnée de manière autonome une fin opposée à celle qui la légitime – est abordée par les Saintes Écritures pour nous rappeler que omnis potestas a Deo (Rm 13, 1) et qui resistit potestati, Dei ordinationi resistit (Rm 13, 2). Et si saint Paul nous dit d'obéir à l'autorité civile, à plus forte raison nous sommes tenus d'obéir à l'autorité ecclésiastique, en raison de la primauté des questions spirituelles sur les questions temporelles.

Vous observez que ce n'est pas à nous de juger l'autorité, car le Fils de l'homme reviendra pour faire justice à la fin des temps. Mais si nous devions attendre le jour du Jugement pour voir les méchants punis, dans quel but la Majesté divine aurait-elle établi une autorité temporelle et spirituelle sur terre ? N'est-ce pas leur travail, en tant que vicaires du Christ Roi et Grand Prêtre, de gouverner leurs sujets sur cette terre, d'administrer la justice et de punir les méchants ? Quel sens auraient les lois s'il n'y avait pas quelqu’un pour les faire respecter, sanctionnant ceux qui les violent ? Si l'arbitraire de ceux qui sont constitués en autorité n'était pas puni par ceux qui ont autorité sur eux, comment les sujets – civils et ecclésiastiques – pourraient-ils espérer obtenir justice sur terre ?

Je crains que votre objection, selon laquelle les ecclésiastiques qui détiennent un pouvoir dérivant de l'autorité de la charge exercée ne puissent être jugés qu'à la fin des temps, conduise d'une part au fatalisme et à la résignation des sujets, et d'autre part constitue une sorte d'incitation à abuser de leur pouvoir chez les supérieurs.

samedi 23 janvier 2021

La Fraternité réorientée

Kyrie eleison DCCVI - 706 - (23 janvier 2021)

Certains de nos lecteurs pourraient penser que Mgr Williamson exagère quand il écrit que la 
Fraternité Saint Pie X a fait défection dans le combat de la Foi car "il reste quand même quelques bons prêtres et de bons sermons à l'occasion". Là n'est pas le problème puisque la gravité de la situation de la FSSPX c'est l'orientation générale que cette oeuvre poursuit depuis quelques années. Explications argumentées de Mgr Williamson.

Las ! La Fraternité a été abusée.
Qui pourra, désormais, sauver l’humanité
?

L’abbé Pagliarani, Supérieur Général de la FSSPX, a publié en novembre dernier un texte commémorant le 50ème anniversaire de la fondation de la Fraternité en 1970. L’abbé Edward McDonald, prêtre de la "Résistance" en Australie, a écrit un intéressant commentaire là-dessus que nous résumons ci-après.

1. L’abbé Pagliarani pose la question suivante : "La flamme ("celle d'une charité sans peur") reçue de notre Fondateur est-elle encore vivante ? Exposée à une crise qui se prolonge indéfiniment dans l'Église et dans le monde, cette précieuse torche ne risque-t-elle pas de s'affaiblir avant de défaillir ? – L’abbé Pagliarani laisse cette question en suspens.

2. C’est à peine si, au fil du texte, l’abbé Pagliarani mentionne le Concile Vatican II. Pourtant, sans Vatican II, la FSSPX aurait-elle une raison d’être ? Car Rome est la source de toutes ces erreurs sur la foi, sur la doctrine et la morale que la FSSPX a combattues. Les papes post-conciliaires n’ont-ils pas mis en application les enseignements venant du Concile? Le centre de l'apostasie est au Vatican ; son siège est là. Or, l’abbé Pagliarani ne mentionne même pas les erreurs de Vatican II. Pourquoi ces omissions ? C’est que, pour lui, le combat est bel et bien terminé : la FSSPX fait maintenant, avec Vatican II et l'Église conciliaire, cause commune contre le mouvement de la "Résistance".

3. L’abbé Pagliarani réduit la voilure aux dimensions du combat propre à "la vie spirituelle". Pour Mgr Lefebvre, le Règne de Notre Seigneur Jésus-Christ tenait la première place ; procurer aux âmes la vie spirituelle découlait nécessairement de ce but premier. Maintenant, l’abbé Pagliarani fait de la vie spirituelle une priorité en disant, "Notre combat, c'est de permettre à Notre Seigneur Jésus-Christ d'être l'axe de notre vie spirituelle, la source de toutes nos pensées, de toutes nos paroles et de tous nos actes."

4. Pour l’abbé Pagliarani, tout a été dit : il n'y a plus de bataille doctrinale à mener. La FSSPX souhaite simplement continuer à parler, répétant sans doute des arguments déjà exprimés contre les erreurs de Vatican II. Mais, de fait, la FSSPX laisse ainsi dormir les erreurs de Vatican II, car beaucoup de nouvelles choses sont à dire, justement parce que, maintenant, le Pape ne cesse de développer de nouvelles erreurs à partir des documents de Vatican II. Qu’en est-il de la réfutation concernant Amoris Laetitia ? La FSSPX l’a-t-elle seulement entreprise ? Si la FSSPX ne trouve là rien de nouveau à dire, c'est qu'elle a cessé de lutter contre les erreurs du Vatican.

5. L'archevêque Viganò trouve beaucoup de choses nouvelles à dire sur les erreurs de l'Église conciliaire. Pourquoi la FSSPX ne peut-elle faire de même ? Simplement parce qu'elle a capitulé et qu’elle a été réduite au silence. Elle ne peut plus défendre les droits de Notre Seigneur Jésus-Christ. En novembre 2020, le père Daniel Themann, supérieur du district australien de la FSSPX, a interdit à ses membres de manifester publiquement contre un culte publiquement rendu à Satan dans le Queensland. Les fidèles ont dû se contenter de réparer calmement les sacrilèges dans leur chapelle.

6. La lassitude est un thème récurrent dans la lettre du l'abbé Pagliarani – ce n'est pas le cas des saints. Eux ne se fatiguent jamais, ne se lassent jamais de la bataille. Mgr Lefebvre ne s'est jamais lassé du combat. Il était déjà à la retraite lorsqu'il reprit les armes pour une nouvelle bataille contre l'Église conciliaire. A l’inverse, la FSSPX, lasse, incapable d’efforts, a déposé les armes. Elle n'a "rien de nouveau à dire".

7. Depuis plus de quinze ans, les séminaires de la FSSPX ne donnent plus aux séminaristes la formation doctrinale nécessaire pour combattre les erreurs modernes. Au contraire, le modernisme et le libéralisme ont été encouragés dans les séminaires. Désormais, les ordinands sont disposés à faire des compromis sur la vérité ; avec empressement ils coopèrent avec les évêques diocésains modernistes et se soumettent à eux. L’abbé Wegner, ancien supérieur du district des États-Unis, s'est un jour vanté d'avoir conclu des accords avec quarante évêques américains, tous modernistes et libéraux conciliaires.

8. Tout prêtre, resté à la FSSPX après sa capitulation, a décidé – si ce n’est explicitement, du moins tacitement – d'accepter cette nouvelle orientation de la FSSPX. Ce ne sont plus des catholiques militants. L'Église est indéfectible. La FSSPX ne l'était pas. Elle a fait défection.

9. Il ne reste plus d'organisation importante, capable de s'opposer à l'assaut des forces du mal qui, sous la forme du communisme athée, sont en train de conquérir la société. La stérilisation de la FSSPX a tari la dernière grande source de grâces et de bénédictions qui pouvait irriguer le monde. Les quelques poches de résistance qui subsistent ne sont pas en mesure d'arrêter, voire simplement d'entraver, l'asservissement du monde au communisme.

Kyrie eleison.

lundi 13 avril 2020

La Mise au Tombeau de l'Eglise

Kyrie eleison DCLXV ( 11 avril 2020 )

A l’Église même enterrée de petits groupes peuvent donner vie,
Et dès qu’elle ressuscitera, elle vivra de mille manières.


Si l’on en croit le message de Notre-Dame de La Salette et du Vénérable Barthélémy Holzhauser, ce que nous vivons aujourd’hui n’est que le terme du cinquième âge du monde ; ce n’est pas encore la fin du septième et dernier âge. Le cinquième âge devra bel et bien s’achever dans un grand châtiment préludant au sixième âge ; le sixième âge sera bref, mais il sera le théâtre du plus grand et du plus glorieux triomphe de l’Église dans toute son histoire. Puis viendra le septième âge, celui de l’apparition de l’Antéchrist. Ce dernier âge connaîtra la plus grande persécution de toute l’histoire de l’Église avant la fin du monde, tel que nous le connaissons ; mystérieusement, notre monde cédera la place à « de nouveaux cieux et une nouvelle terre » (II P. III, 13). Était-ce là ce que saint Pierre, le vénérable Holzhauser et Notre-Dame de La Salette voulaient dire ? Si tel est le cas, l’Église sortira certainement de la tombe où elle gît actuellement, avant de s’envoler pour le Ciel à la fin du monde. Dès lors, toute la question est de savoir comment elle pourra survivre dans son tombeau actuel, et comment elle en sortira.

En fait, il est essentiel de comprendre que l’Eglise appartient à Dieu, que l’Eglise est dirigée par l’Esprit de Dieu, et que l’action de cet Esprit Saint est comparable à celle du vent qui souffle où il veut. On sait qu’il est là parce qu’on l’entend, mais on ne sait ni d’où il vient ni où il va (Jean III, 8). C’est ainsi que les pensées de Dieu dépassent largement nos pensées humaines. Par exemple, nous devons nous habituer à ce que les premiers deviennent les derniers et les derniers les premiers (Mt. XX, 16). C’est ainsi que depuis la fondation de la Fraternité St Pie X en 1970, jusqu’en 2012, date à laquelle ses dirigeants ont posé les conditions du retour de la Fraternité sous l’égide de la Rome conciliaire, la FSSPX combattait en tête pour la défense de la Foi ; mais depuis 2012, elle est devenue officiellement comme le toutou des Romains. Le Système semble avoir englouti la Fraternité et, de la première place qu’elle tenait, elle risque de descendre bientôt à l’une des dernières places, car le Démon ne la laissera pas s’arrêter à mi-chemin.

De nombreux catholiques de tradition ont souhaité, de tout leur cœur, qu’une Fraternité-bis se forme pour prendre la relève. Mais Dieu voulait-Il vraiment une Fraternité-bis ? Peut-être que non. Les années 2010 n’étaient plus les années 1970 ou 1980 où Mgr Lefebvre avait pu étendre la Fraternité au monde entier. La corruption des cœurs et des esprits était déjà bien plus avancée que dans les années 1970. Et depuis 2012, elle s’accélère encore. Voyez comme les hommes d’aujourd’hui manquent de bon sens et comment cette faculté ne cesse de décroître. Bien sûr, la grâce de Dieu peut transformer des êtres humains corrompus en catholiques accomplis, mais Dieu ne force que rarement le libre arbitre humain. Si bien que, lorsque les hommes persistent à vouloir transformer leur vie intérieure en un cloaque, l’hélicoptère de la grâce surnaturelle de Dieu peut préférer ne pas atterrir, de peur de sombrer dans un marécage fangeux.

Or, il est certain que Dieu maintiendra l’Eglise dans les années 2020. Ne fût-ce qu’au moyen d’un mouvement de « Résistance » sans structure ni organisation, traversé de conflits endémiques surgissant entre ses membres qui s’affrontent les uns les autres ! Mais il suffit que ces résistants partagent au moins la même vraie Foi pour que leur mouvement puisse prendre sa place au front du combat. Voire, leur manque de structure peut même présenter un avantage. Comment cela ? Parce que, s’il n’y a qu’une seule tête, sa capture risque d’entraîner la chute de toute la structure, car l’homme moderne n’est-il pas rare qui sait comment il faut obéir ou désobéir ? Par contre, pour peu que les résistants aient un minimum de bon sens et de charité, ils peuvent même s’entendre entre eux, sans avoir à se dévorer les uns les autres. Et si le terme « Résistance » n’est pas une étiquette dont on puisse être fier, ce n’est pas non plus une mauvaise chose, car depuis longtemps la situation dépasse les étiquettes.

En tout cas, pour les catholiques qui souhaitent sauver leur âme en gardant la vraie Foi, ce qui est vital, c’est de voir comment et pourquoi le monde qui nous entoure mine et corrompt la Foi catholique. Ce n’est pas nécessairement par manque de bonne volonté ni de bonnes intentions, bien au contraire. Alors que les premiers protestants étaient des ennemis de la Foi déclarés et obstinés, leurs successeurs, les libéraux du monde entier, peuvent se montrer sincèrement amicaux envers les catholiques. A condition toutefois que ceux-ci partagent leur principe de base, selon lequel la vérité ne peut être que subjective. Pour le libéral, il n’y a qu’un seul dogme : affirmer que tous les autres dogmes sont facultatifs, que les idées sont sans importance, que « tout ce dont vous avez besoin, c’est de l’amour », que toutes les religions ont le même et unique Dieu, etc. Ce dogme est devenu tellement viscéral qu’il n’est même plus remis en question. C’est d’ailleurs pourquoi il est si dangereux. La vérité est exclue du tribunal avant même d’ avoir pu y mettre les pieds. Mais s’il n’y a pas de vérité, comment peut-il y avoir un vrai Dieu ?

Kyrie eleison.

mercredi 7 novembre 2018

T.F.P. sur le libéralisme

Kyrie eleison DXC ( 3 novembre 2018)

Tu ne veux plus de Dieu ? Le chaos tu auras !
Car tout ordre et décence – et le Ciel – tu perdras.

Quels qu’aient été, à ses débuts, les défauts de l’organisation connue sous le titre de la T.F.P. (Tradition, Famille, Propriété), et quels qu’ils soient encore aujourd’hui, nous constatons avec plaisir qu’elle fait actuellement du bon travail aux Etats-Unis. Dans une lettre circulaire paraissant régulièrement (disponible sur tfp@tfp.org), cette organisation publie de courts essais sur trois sujets qui permettent d’expliquer le rôle que la foi catholique doit jouer dans notre monde démoniaque. Ces essais ne sont ni trop abstraits, pour que tout lecteur puisse les comprendre, ni trop superficiels. Sans être infaillibles, ils font preuve de réflexion et de bon sens. Ils abordent souvent des problèmes importants touchant l’Église et le monde actuel. Voici par exemple, tiré de la lettre américaine T.F.P. du mois dernier, un résumé des : “Quatre caractéristiques de l’esprit libéral qui détruisent la société” :

Le morcellement de la société actuelle et sa division entre deux pôles est le signe indubitable que quelque chose va terriblement mal. Les conservateurs jettent souvent la pierre aux militants libéraux qui sont à l’œuvre en politique et dans les médias, mais l’activité dissolvante de ces libéraux provient en fait de toute une mentalité libérale, partout répandue. Par exemple, peut-on encore trouver quelqu’un qui refuse les principes du libéralisme classique tels qu’ils sont inscrits dans la Constitution américaine ? Or, ces principes étaient modérés à l’époque par l’héritage chrétien américain, mais cet héritage chrétien étant maintenant largement répudié et ces principes toujours mieux acceptés, ce n’est qu’aujourd’hui que la plénitude de leur pouvoir corrosif se manifeste. Pour comprendre d’où vient le chaos actuel, examinons donc quatre caractéristiques de la mentalité libérale.

1. L’esprit libéral fuit toujours la vérité objective. Voulant paraître plus gentilles et charitables que les “conservateurs sans cœur”, d’une demi-vérité à l’autre les libéraux glissent dans des erreurs qu’ils ont commencé par refuser. Au départ, par exemple, les libéraux pourront bien s’opposer au crime, mais dans la pratique ils le promeuvent en se montrant laxistes à l’égard des criminels, en raison de supposées injustices que ces derniers ont pu subir.

2. Pour remplacer la vérité objective, désagréable et impersonnelle, l’esprit libéral est toujours à la recherche d’opinions subjectives plaisantes, ou de jugements personnels, afin de se légitimer dans sa propre manière de penser et d’agir. Un exemple classique vient d’une décision de la Cour Suprême en 1992, qui prétendait justifier l’avortement : “Au cœur de la liberté se trouve le droit de définir sa propre conception de l’existence, du sens de l’univers et du mystère de la vie humaine.”

3. L’esprit libéral définira toujours la liberté de travers, comme le droit de faire ce que l’on veut. Par cette définition erronée, les lubies et l’utopie peuvent finalement prendre le dessus. Les libéraux mettent alors en doute tout ce qui contredit leurs lubies, mais jamais ce qui les confirme.

4. L’esprit libéral déteste toujours les règles et les lois. Systématiquement il les trouve trop restrictives. En réalité, les lois consistent pour toute société en des préceptes raisonnables, proposés par l’autorité compétente, comme étant essentiels au bien commun de la société. Mais les libéraux ne supportent même pas les règles du vêtement et de la grammaire si, à leur goût, ils y subissent trop de restrictions ! Ainsi, pour remplacer le vrai Dieu de la Justice qui est le Dieu des Dix Commandements, ils fabriquent leur propre dieu, un dieu avant tout de compassion qui sera un dieu de dix Recommandations.

Bref, ces quatre caractéristiques sont toutes centrées sur le moi. Selon le libéralisme, chacun détermine pour lui-même ce qui est vrai et ce qui est faux, ce qui est bien et ce qui est mal. C’est ainsi que s’effondre la société.

Car en réalité, le libéralisme en tant que tel est incapable de créer un ordre social ou une société, il ne peut que produire un naufrage social. S’il a survécu jusqu’à présent, c’est uniquement grâce à la solidité de l’ordre chrétien dont il a hérité, mais qu’il sape dans ses fondements. Les libéraux dépendent de ce qu’ils détruisent et détruisent ce dont ils dépendent. En 2018, ils nous rapprochent toujours plus du chaos. Le libéralisme est intrinsèquement antisocial. Aucune société ne peut être faite de membres antisociaux. Le libéralisme ne peut que rendre les gens de plus en plus seuls, isolés et frustrés. En rendant sacro-saint l’individu, il ne peut que transformer la vie humaine toujours plus en une guerre de tous contre chacun, en une croisade d’affrontements mutuels sans fin.

Kyrie eleison.