vendredi 30 octobre 2026

Que penser des diverses réunions œcuméniques (Assise 1986, 2026,...)


Dans la lignée des décrets du concile Vatican II (Nostra Aetate), depuis plus de 40 ans, les autorités officielles de l’Église organisent des réunions dites « oecuméniques». Celles-ci rassemblent les principaux chefs des diverses religions du monde actuel. Ces réunions se proposent de résoudre les problèmes humains (guerre, écologie, immigration…) en appelant à une coopération et à la paix entre les différentes religions. Ces réunions sont organisées par les autorités romaines actuelles. Il semblerait que les fondations Bill Gates soient aussi impliquées financièrement dans ces réunions. Que faut-il en penser dans la mesure où les autorités romaines les avaient jadis condamnées ?

Nous allons parcourir les diverses objections sachant que la principale se résume à celle-ci : l’Église a reçu du Christ la mission d’annoncer l’unique vraie foi. Elle ne peut réunir publiquement des représentants de religions contradictoires pour des manifestations religieuses autour d’une cause commune sans entretenir une équivoque sur la vérité religieuse.

Voici quelques raisons qui amènent tout catholique à condamner et à ne jamais participer à ces réunions œcuméniques malgré les slogans pacifiques et humanitaires.

1. Mortalium Animos de Pie XI (1928)

Pie XI condamne les rassemblements religieux fondés sur l’idée que les religions seraient « toutes plus ou moins bonnes et louables ». Il rappelle que la véritable religion repose sur la Révélation divine. Une rencontre patronnée par le pape et accordant une visibilité publique à plusieurs religions risque de suggérer qu’elles constituent des voies spirituelles équivalentes. Face à cette condamnation, les défenseurs d’Assise osent prétendre ne pas vouloir établir une religion commune car leur intention affichée n’est pas le relativisme, mais la coopération pour la paix. Or les actes prouvent l’inverse de cette intention par l’organisation de prières.

2. Premier commandement et cultes non chrétiens

Ex 20, 3 ; Mt 4, 10 ; 1 Co 10, 20-21 rappellent l’exclusivité du culte dû à Dieu et le refus de l’idolâtrie. La théologie morale distingue présence civile, assistance passive et participation active à un rite. Or dans ces réunions, il y a une reconnaissance cérémonielle de rites incompatibles avec la foi catholique dans la mesure où les organisateurs prévoient et organisent un temps de prière pour chaque religion. Or il Il est théologiquement faux de laisser croire que les prières juives, musulmanes, hindoues ou bouddhistes soient agréables en soi à Dieu. Bien au contraire, ces prières attisent la colère de Dieu sur les hommes qui ne veulent pas Le prier comme Il le Veut.

3. Règne social du Christ et Quas Primas (1925)

Pie XI enseigne que la royauté du Christ concerne les individus, sociétés et gouvernants (Mt 28, 18 ; Col 1, 16-17 ; Jn 14, 6). Or une paix présentée principalement comme fruit du dialogue religieux universel ne remplace pas, dans l’expression publique, la paix fondée sur la reconnaissance du Christ-Roi. Les rencontres d’Assise mettent en avant coexistence, dialogue et solidarité. C’est un camouflage hypocrite qui suffit à prouver que toute omission du Christ dans un discours particulier équivaut à la négation virtuelle de sa royauté.

4. Risque d’indifférentisme religieux

Grégoire XVI (Mirari Vos, 1832) et Pie IX (Syllabus, 1864) condamnent l’idée que le choix d’une religion serait indifférent au salut. Des responsables de religions différentes priant successivement pour la paix donnent au spectateur l’impression d’une équivalence de leurs démarches spirituelles. Le problème porte ainsi sur la « pédagogie des gestes », même sans déclaration explicite d’égalité. Des déclarations comme celle du pape Jean-Paul II, Dominus Iesus (2000) qui réaffirme elle-même l’unicité du Christ et refuse de présenter les religions comme des voies équivalentes de salut, ne retire rien à ce scandale. Car ce sont les actes et les gestes qui comptent dans ces réunions.

5. Mission de conversion et d’évangélisation

Le mandat missionnaire (Mt 28, 19) ordonne d’enseigner les nations et de baptiser. La pratique missionnaire de l’Église subordonne donc le dialogue à l’annonce de la foi. Dans ces réunions, on privilégie fraternité et rencontre sans jamais appeler à la conversion. Les organisateurs soutiennent qu’une coopération ponctuelle pour la paix ne supprime ni l’évangélisation ni la profession de foi, et poursuit un objet distinct. Or la multiplication dans tous les diocèses du monde et la réitération de ces réunions prouvent au contraire qu’il ne s’agit pas d’une coopération ponctuelle mais d’une volonté de répandre cet esprit « d’Assise » chez tous les fidèles.

Assise 2026

6. La paix du Christ et la paix humaine

C’est le Christ qui est la vraie et seule paix : « C’est lui qui est notre paix » (Ep 2, 14). Quas Primas  lie la paix durable au règne du Christ. Or à Assise en 2026, les rencontres ont particulièrement souligné le dialogue et la paix « désarmée et désarmante ». Autrement dit sans le Christ. On peut faire un tableau pour illustrer les deux conceptions opposées de l’œcuménisme :

Doctrine mise en avant par Pie XI

  1. Paix du Christ par le règne du Christ
  2. Reconnaissance de la royauté du Christ
  3. Mission de conversion et christianisation
  4. Primauté de la vérité religieuse

Orientation publique des rencontres d’Assise

  1. Paix par le dialogue et le rapprochement
  2. Coopération entre traditions religieuses
  3. Rencontre et solidarité internationales
  4. Recherche de buts humains communs
Le tableau dégage une différence de langage et de finalité immédiate ; il démontre, à lui seul, une contradiction doctrinale formelle.

7. Le témoignage du pape et le scandale énorme 

Jean-Paul II a réuni les représentants de grandes religions à Assise le 27 octobre 1986 pour une journée de prière pour la paix. Mgr Lefebvre estimait que cette réunion et les gestes interreligieux étaient un scandale terrifiant pour les fidèles. Le problème se formule ainsi : un acte public favorise l’idée d’équivalence religieuse même si son auteur réaffirme explicitement la doctrine catholique sur l’unité salvifique du Christ car les gestes sont bien plus parlants que les écrits.

8. Prier ensemble ou se réunir pour prier ?

Les organisateurs essayent d'expliquer qu'il y a une différence entre prière commune au sein d’un rite syncrétique et une réunion dans laquelle chaque confession prie séparément. Ils prétendent ne pas vouloir la constitution d’une religion universelle. Or la séparation purement matérielle des prières ne suffit pas à éviter une association symbolique entre cultes.

Conclusion : trois jugements distincts
  1. Ce qui est certain doctrinalement : l’équivalence de toutes les religions comme voies de salut est incompatible avec la foi catholique.
  2. Une critique théologique de ces réunions est fondée : ces cérémonies interreligieuses provoquent confusion et indifférentisme pratiques.
  3. Il est donc immoral de promouvoir, défendre ou assister à de telles réunions.
Références principales
    Pie XI, Quas Primas (11 décembre 1925)
  • Pie XI, Mortalium Animos (6 janvier 1928) 
  • Grégoire XVI, Mirari Vos (15 août 1832) 
  • Pie IX, Syllabus (8 décembre 1864) 
  • Congrégation pour la doctrine de la foi, Dominus Iesus (6 août 2000)  
  • Interventions de Jean-Paul II à Assise (27 octobre 1986) 
  • Rencontres pour la paix d’Assise (25–27 octobre 2026). 
Textes pontificaux : vatican.va 

Abbé Matthieu Salenave

dimanche 25 octobre 2026

19 juillet en Belgique : jubilé d'argent de l'abbé Salenave

 Source


Le week-end dernier a été riche pour la Fidélité Catholique en Belgique : un mariage le samedi - les consentements sont reçus par Mgr Morgan - et messe de jubilé le dimanche avec prédication par Mgr Morgan également. Notre évêque nous aura invité à mieux connaître le "bon combat de la Foi".

Les Belges avaient tout bien organisé pour ces deux jours : une belle chapelle médiévale - une salle de réception très digne, et bien sûr beaucoup d'humour belge en chanson... Sans oublier la spécialité de nos cousins belges : une bande dessinée relatant l'histoire des combats catholiques de ces dernières années de votre serviteur.

Que Dieu bénisse les catholiques de la Fidélité en Belgique, ainsi que leur paisible persévérance dans la vérité.









Addendum :

Comme promis lors de la fête de juillet, l'abbé Salenave a reçu une nouvelle aube.






vendredi 23 octobre 2026

La Tradition sauvée par un tampon de Rome !

Ou les extraordinaires aventures du canoniste de Menzingen…




On croyait que Mgr Lefebvre avait sauvé la Tradition en invoquant l'état de nécessité, le salut des âmes et la crise de la foi.

Quelle erreur ! Il suffisait apparemment de trouver une irrégularité administrative dans les bureaux du Vatican !

L'abbé Di Sorco - sans doute responsable des affaires canoniques - vient de découvrir l'arme absolue contre l'excommunication : le décret serait juridiquement mal ficelé ! Une signature insuffisante, une compétence discutable, une approbation pontificale manquante… Voilà de quoi faire trembler les modernistes !

Pendant que Rome met le feu à la maison, nos canonistes vérifient si les pompiers ont correctement rempli leur formulaire d'intervention.

Mais le plus savoureux reste cette affirmation : "nos confessions et nos mariages sont valides puisque nous avons reçu des concessions du pape "!

Admirable !

Ainsi, les autorités romaines seraient modernistes lorsqu'elles enseignent, dangereuses lorsqu'elles gouvernent, mais parfaitement catholiques lorsqu'elles délivrent des autorisations !

On refuse leur doctrine, on dénonce leurs erreurs, on désobéit à leurs décisions… mais on conserve précieusement leurs tampons administratifs !

« Nous résistons à votre révolution doctrinale, mais surtout, Monseigneur, ne nous retirez pas notre permis de confesser ! »

Et l'état de nécessité dans tout cela ? Le danger pour la foi ? La juridiction de suppléance ? Le salut des âmes ? Silence ! Nous sommes désormais dans le grand combat des formulaires.  Autrefois, saint Athanase résistait aux Ariens. Aujourd'hui, certains semblent surtout vouloir vérifier si leur excommunication porte le bon cachet.

La Tradition n'a plus besoin de défenseurs : elle a trouvé son service juridique !

Et bientôt, sur la porte des chapelles, cette magnifique inscription :

« Nous résistons à la Rome moderniste… avec son autorisation, si possible ! »

Décidément, de l'état de nécessité à la nécessité d'un tampon, il n'y avait qu'un pas. Menzingen vient de le franchir !

Paulus Paul

Note : article paru sur le site officiel de la Fraternité saint-Pie X : Le décret d’excommunication est-il juridiquement …

Dernières nouvelles du Nigéria

Monseigneur Morgan, qui se prépare à visiter les missions du Nigéria dans les prochaines semaines, nous transmet quelques nouvelles.  Prions pour que ce voyage épiscopal apporte beaucoup de fruits spirituels et un soutien aux prêtres nigérians fidèles.

De la part du père Mike Chigbata


Grâce à la providence divine, j'ai pu acquérir un terrain à Asaba, que je m'efforce actuellement d'aménager. Ma priorité immédiate est de clôturer la propriété, puis d'entamer la construction d'un presbytère modeste.



Je suis donc disposé à recevoir les offrandes pour les messes, ainsi que les dons de généreux bienfaiteurs, pour ce projet.

Asaba demeure l'un des endroits les plus sûrs du sud-est du Nigéria, et je crois que nous ne pouvons nous permettre d'interrompre notre apostolat ici simplement à cause de la difficulté à trouver un logement convenable. L'établissement de notre propre presbytère nous apporterait la stabilité et nous permettrait de continuer à servir les fidèles sans l'incertitude et le fardeau de déménagements répétés.

Je soumets humblement ce besoin à Votre Excellence, vous demandant tout particulièrement vos prières, vos bénédictions et toute l'aide que vous pourrez nous apporter.



Que le Seigneur vous récompense abondamment pour votre sollicitude paternelle et votre générosité constantes envers nous.

Avec toute ma gratitude et mes prières, veuillez agréer, Monseigneur, l'expression de mes sentiments les plus sincères dans le Christ.

Révérend Père Michael Chigbata,
Supérieur de district, Fidélité catholique  Mission Saint-Pie-X, Nigéria

Je joins ci-dessous mes comptes nigérian et américain au cas où quelqu'un demanderait ces informations:

Voici les détails de mon compte en dollars américains :
Banque : Access Bank PLC
Nom du compte : Nnalue Michael Chigbata
Numéro de compte : 1443743455
Code SWIFT/BIC : ABNGNGLA
Code guichet : 044021870
Adresse de la banque : 999C Danmole Street, près d’Idejo Street, Victoria Island, Lagos, Nigeria

Mon adresse personnelle :
Père Michael Chigbata,
1, avenue MaryLand, Anaku,
Ayamelum LGA
, BP 689, Awka,
État d’Anambra, Nigéria.
Numéro de téléphone :
+2348039538460.

Et voici le témoignage du père Joseph Onuorah —

Je souhaite vous informer humblement de l'ouverture prochaine d'une école catholique traditionnelle à Orlu. Elle s'appellera l'Académie Notre-Dame du Mont-Carmel, à Owerre-ebeiri, Orlu, dans l'État d'Imo, au Nigéria.

Si nous avons besoin de manuels scolaires catholiques traditionnels, nous vous serions reconnaissants de bien vouloir nous les fournir lors de votre visite en novembre. Si la quantité est importante, nous pouvons les expédier par fret.

Nous serions reconnaissants de vos conseils et de votre soutien paternels pour cette école.
Merci, Seigneur.  Que Dieu vous bénisse.







Voici le niveau atteint par la future maison des prêtres











Grâce à Dieu, le toit de la future église à Orlu est en train d'être posé.

jeudi 22 octobre 2026

Analyse des événements révolutionnaires du 17 octobre 2026. Quels remèdes ?

Source

Nous assistons à des scènes de violences et de pillages qui secouent Paris et plusieurs villes françaises. Le gouvernement semble laisser volontairement se développer ces désordres dans le but de justifier progressivement l'instauration de mesures d'exception et de renforcer son contrôle sur la population.

  • Une multiplication des violences et des pillages. 
On assiste à des destructions de commerces, des incendies et des pillages dont les conséquences économiques sont graves pour les petits commerçants, déjà fragilisés par les crises précédentes et les difficultés d'assurance.
  • Une passivité suspecte du gouvernement
On s'étonne de l'absence de véhicules blindés Centaure dans Paris, alors que les autorités disposent de moyens policiers et techniques considérables. Ces violences auraient pu être davantage anticipées et contenues.  Il y a donc une volonté politique évidente de laisser la situation se dégrader.
  • Des groupes de casseurs organisés
On distingue des pillards opportunistes des groupes de type Black Bloc qui sont structurés, mobiles et entraînés, avec des financements internationaux, notamment liés à George Soros et à des réseaux mondialistes.
  • Le risque d'une guerre civile provoquée par étapes
Le pouvoir favorise une escalade progressive : violences et pillages répétés, insécurité et désorganisation économique, puis couvre-feux et mesures exceptionnelles et éventuel recours à l'article 16 de la Constitution.  On doit craindre que des mesures d'exception soient ensuite employées contre les opposants politiques, les journalistes indépendants et les mouvements dissidents.
  • Des risques de pénuries alimentaires
La répétition des destructions pourrait empêcher les commerces de reconstituer leurs stocks. Les supermarchés, les pharmacies et les circuits d'approvisionnement alimentaire risquent progressivement de se trouver en rupture de stoks. .
  • Une justice à deux vitesses
Il y a en plus une différence de traitement entre les mouvements patriotiques, sévèrement réprimés, et les groupes révolutionnaires d'extrême gauche, qui bénéficieraient d'une plus grande tolérance. M. Jean-Luc Mélenchon, le Nouveau Parti anticapitaliste et Juan Branco ne sont absolument pas inquiétés.
  • La solution en temps de révolution : la Croix contre les Black Blocs
- Le noir est le symbole de la révolution, des destructions, de la terreur et du désordre.
- La contre-révolution doit se référer à la Croix, symbole de la cité chrétienne, qui protège les personnes et porte secours aux victimes. Les chrétiens et ceux qui aiment la patrie pourraient s'organiser autour de la Croix, avec pour devise : « Prier, Protéger et Soigner ».
  • Retrouver une responsabilité collective
Les Français ne doivent pas attendre une intervention de l'État qui, pour le moment favorise ce climat de guerre civile. Il faut donc développer l'entraide locale, la protection des commerces et des habitations, ainsi que la solidarité entre voisins dans la charité chrétienne, comme cela s'est vu dans le Sud-Ouest pendant les incendies.

Ces embryons d'organisation constitueraient un début de vraie liberté.

Dieu vous bénisse !

Abbé Matthieu Salenave

mardi 20 octobre 2026

Lettre de Broadstairs 17 (Octobre 2026)

Nova et vetera (Mt. 13,52)

UNE VÉRITABLE OBÉISSANCE AU SAINT-SIÈGE EST NÉCESSAIRE POUR GARDER LA FOI

[Extrait du chapitre 3 de l'ouvrage de Mgr Louis-Gaston de Ségur, « Le bon combat de la foi », 1872]

Nota bene : il est évident que ce chapitre s'applique aux papes préconciliaires qui ont fidèlement transmis ce qu'ils avaient reçu, par opposition aux papes conciliaires novateurs, parce que la foi est toujours première…

La foi elle-même est un acte d’obéissance, car elle consiste en la soumission raisonnable de notre intelligence à la vérité révélée. Et il est du devoir des papes, des évêques et des prêtres de transmettre fidèlement cet enseignement éternel.

L'incrédulité, le manque de foi, est une révolte contre cette soumission à l'autorité suprême de Dieu et de ses représentants visibles sur terre.

La vie chrétienne, comme nous l'avons déjà dit, est fondée sur la foi, et la foi elle-même repose sur l'enseignement constant des papes. Saint François de Sales disait jadis, au sujet de l'autorité et de l'enseignement : « Le Pape et l'Église, c’est tout un. » L'enseignement de l'Église, l'enseignement ininterrompu des papes, est la règle de la Foi.  L'une des erreurs fondamentales du protestantisme est de prétendre que l'Écriture seule est la règle de la foi, en opposition à l'autorité vivante et à l'enseignement de l'Église.

Nous devons veiller avec la plus grande vigilance à préserver notre intelligence de tout ce qui s'écarte de la règle de la foi, du Magistère traditionnel de l'Église. Un des signes de la prédestination (c'est-à-dire d’être sur le chemin du salut) est cette fidélité à l'enseignement catholique traditionnel et la véritable obéissance.

Notre siècle est marqué par une perte de foi due à une perte de véritable obéissance. Son mal le plus profond est un esprit d'indépendance vis-à-vis des autorités légitimes. Ce mal infecte même les catholiques pieux et sincères. Il s'insinue dans leurs cœurs et les conduit à des jugements personnels et erronés, même sur les décisions les plus importantes du magistère et de l'enseignement perpétuel de l'Église.

On observe des personnes de toutes conditions et de tous états critiquer, voire rejeter, les enseignements du Siège Apostolique, inventant ainsi leurs propres doctrines sans référence à la règle suprême de la foi et à la soumission obéissante requise à ses principes.

Nous constatons ici un immense danger, non seulement pour la piété, mais pour la foi elle-même. C'est d'ailleurs ainsi que naissent les hérésies, avec un penchant pour l'obstination, l'orgueil et la révolte. Et la pente glissante vers l'hérésie est plus rapide qu'on ne l'imagine : la foi se perd, et la révolte devient publique et officielle.

Dans le souci de préserver la foi, la véritable obéissance au Saint-Siège doit être notre préoccupation première. À cette fin, il ne faut pas hésiter à sacrifier toutes les considérations individuelles concernant les amitiés, le respect, la déférence, l'estime, la reconnaissance et l'engagement. Surtout, il faut se départir de toute clique méprisable, qu'elle soit politique ou religieuse, cette dernière étant plus dangereuse encore car elle donne l'apparence d'une piété catholique.

Ces cliques religieuses incitent leurs partisans à substituer dans la pratique, sinon en théorie, leur chef, qu'il soit laïc, prêtre ou même évêque, à l'autorité divine et suprême du Pontife romain et des Sacrées Congrégations.

Ce point mérite toute notre attention car il constitue le fondement de la question de la soumission catholique et, par conséquent, de la foi. Nous ne sommes pas les disciples d'un homme, d'un maître ou d'un évêque en particulier. Notre doctrine n'est celle d'aucun individu ; nous ne nous inclinons ni devant sa réputation, ni devant son savoir, ni devant sa vertu personnelle ; nous nous agenouillons plutôt aux pieds du Vicaire du Christ Jésus; notre doctrine est celle du chef infaillible de l'Église ; nous sommes avec ceux qui sont avec lui ; nous sommes contre ceux qui sont contre lui.

Nous sommes avec lui par notre docilité à ses enseignements et par la conformité de nos actions à ces enseignements. « Mes enfants, dit saint Jean, ne vous contentez pas d'aimer en paroles seulement, mais aussi en vérité et en actes. » Ainsi, l'adhésion d'un véritable catholique à l'Église consiste en actes et en sa soumission sincère aux enseignements pontificaux traditionnels.

De nombreuses personnes de bonne volonté ont récemment risqué de sombrer dans la révolte, le schisme et l'hérésie concernant l'encyclique de 1864, Quanta Cura, relative aux erreurs modernes, et le décret du concile Vatican I sur l'infaillibilité pontificale. Il nous faut demeurer catholiques, fidèles et simples, en respectant scrupuleusement l'enseignement et la condamnation des papes. Quant à l'Église, le pape est non seulement infailliblement assisté pour définir les vérités doctrinales, mais aussi pour les définir au moment opportun.

Ces âmes présomptueuses qui préfèrent leur propre « infaillibilité » à celle du Vicaire du Christ s'égarent du chemin royal de la vérité et de l'obéissance. Nous ne devons pas les suivre, mais plutôt préserver notre foi en luttant contre notre propre volonté par les armes divines d'une humble soumission et de la vraie doctrine.

À suivre. Prochain article : « L'importance de lire dans une perspective de foi ».

dimanche 20 septembre 2026

Lettre de Broadstairs 16 (Septembre 2026)

 

Nova et vetera

Pour garder la foi, il faut se battre.

Extrait de l'ouvrage de Mgr de Ségur, 1872, « Le Bon Combat pour la Foi, chapitre 2. »

« J’ai combattu le bon combat, j’ai gardé la foi », écrivait saint Paul peu avant sa mort. Puissions-nous tous en dire autant à l’heure de notre dernier souffle.

La foi est comme la vie ; elle ne se préserve pas toute seule.  Nous l’avons reçue et il nous faut la préserver et la défendre, comme nous le ferions pour la vie de notre corps. En effet, nous devons œuvrer encore plus pour cette vie supérieure fondée sur la foi, la vie surnaturelle, la vie de la foi.

Cette vie véritable provient de l’union sanctifiante de nos âmes avec Jésus-Christ, de même que la vie humaine provient de l’union vivifiante de nos corps avec nos âmes. Notre Seigneur est la vie céleste et divine des âmes. La foi est sa lumière, que le Saint-Esprit répand en nous par la grâce.

C’est pourquoi il faut à tout prix rester fidèle à Notre Seigneur, demeurer dans sa grâce et préserver le trésor divin de la foi.

Et ce, malgré les nombreuses difficultés intérieures et extérieures. Le Ciel se gagne par une conquête ; la vie chrétienne est un combat ; Jésus-Christ est le chef des armées, et l’Église est une société militante. Le monde est le grand champ de bataille où Satan et ses sbires luttent sans relâche contre Notre Seigneur et ses soldats.

C'est pourquoi, pour préserver le don de la Foi, nous devons lutter. Nous marchons entourés d'ennemis : les mauvais exemples, la contagion de l'indifférentisme, les erreurs modernes du naturalisme (= anti-surnaturalisme) et l’esprit de révolte omniprésent.  Nous avons à craindre et éviter les pièges des mauvaises doctrines, des fausses politiques, des faux enseignements ou des lectures malsaines.

De plus, nous devons lutter contre les ennemis intérieurs qui ne sont pas moins dangereux et qui, si on leur laisse carte blanche, sont capables d’altérer, puis d’obscurcir, puis de diminuer, puis d’éteindre entièrement les lumières divines de la foi dans nos âmes baptisées.

Quel combat ! Il embrasse chaque aspect de notre existence et rien n'y échappe, ni l'âge ni la condition. Ce combat est obligatoire. Celui qui dépose les armes est perdu. L'ennemi est toujours là, cherchant par mille moyens à nous attirer dans ses pièges afin de nous faire perdre d'abord la vie de la foi, puis la foi elle-même.

Nous avons la joie de comprendre le don céleste de la foi, pour nous-mêmes et pour les autres. « Charité bien ordonnée commence par soi-même », dit le proverbe ; aussi, si nous voulons préserver la foi de nos frères, nous devons commencer par la conserver en nous et autour de nous.  Si nous désirons raviver la foi chez les autres, commençons par nous-mêmes en utilisant tous les moyens capables de faire de nous de véritables fidèles. Personne ne peut donner ce qu'il ne possède point ; par conséquent, si nous ne commençons pas par nous-mêmes, nous ne pourrons combattre efficacement, pour le bien d'autrui, dans le bon combat pour la foi.

Dans le contexte révolutionnaire que nous traversons, cette vigueur est plus indispensable que jamais. Dans notre pauvre pays (la France), ravagé depuis plus de trois siècles par tant d'erreurs et de négations, nous ressemblons aux habitants des régions marécageuses dont l'atmosphère malsaine empoisonne le sang et provoque facilement la fièvre.

La fièvre la plus maligne, si pernicieuse qu'elle nous menace tous, c'est le rationalisme, qui s’insinue partout comme un gaz toxique. Elle sape insidieusement en chacun de nous la vie de la foi, le règne de Jésus-Christ dans nos âmes. 

Le danger est universel. Le pape Pie IX nous met en garde à ce sujet dans sa célèbre Encyclique du 8 décembre 1864 [Quanta Cura avec le Syllabus des erreurs*, condamnant 80 propositions erronées]. Soyons vigilants, car nous sommes contraints de vivre dans ce climat délétère ; prenons toutes les précautions nécessaires et, quel qu’en soit le prix, préservons notre foi. 

* Le document est divisé en dix sections ciblant des erreurs modernes spécifiques :

- Le panthéisme et le naturalisme, qui affirment que Dieu est identique à la nature ou qu'il n'existe pas d'Être suprême distinct de l'univers

- Le rationalisme affirme que la raison humaine est le seul juge de la vérité et de la moralité, sans qu'il soit nécessaire de recourir à Dieu ou à la révélation divine.

- L’indifférentisme religieux affirme que chaque personne est libre d’embrasser n’importe quelle religion ou aucune, ou encore que toutes les religions mènent également au salut éternel.

– Le socialisme, le communisme et les sociétés secrètes, qui menacent l’Église et l’ordre social.

– Les partisans du progrès moderne, qui souhaitent que l’Église et le Pape se réconcilient avec le progrès, le libéralisme et les valeurs modernes.

[À suivre. Prochain épisode : La véritable obéissance au Siège de Pierre]   

+Mgr Paul Morgan

lundi 14 septembre 2026

3 septembre 2026 : Mgr Ballini célèbre une messe pontificale aux Philippines

Début septembre, a eu lieu la réunion des prêtres du Corps marial de Saint Pie X au séminaire du Cœur de Jésus et de Marie à Cebu, en présence de Mgr Ballini.



 Liste des prêtres participant à la réunion sacerdotale MCSPX à Cebu :

1. Mgr Giacomo Ballini — Italie / Irlande
2. Père Edward MacDonald — Australie / Nouvelle-Zélande
3. Le P. Pio Arogya Suneel Reddy — Inde
4. Le P. Valan Rajakumar Devasahayam — Inde
5. Père Andrew Kim — Corée / Philippines et Asie
6. Fr. François Chazal — France / Philippines and Asia
7. Le P. Elias Guiao — Cebu, Philippines / Malaisie
8. Père John CD — Laguna, Philippines / Malaisie
9. Le P. Juin Mark Ligan — Cebu, Philippines / Malaisie



La construction du bâtiment en fer du séminaire est maintenant achevée à environ 75 %.


Le jeudi, fête de saint Pie X, Mgr Ballini a célébré une messe pontificale.