jeudi 26 janvier 2023

Mgr Viganò à propos de la "Semaine de prières pour l'unité des Chrétiens"

Nous invitons nos lecteurs à lire ce sermon que Mgr Viganò a prononcé hier, en la fête de la conversion de Saint Paul. Il remet les choses de l'Eglise dans une juste perspective et montre que les clercs modernistes persécutent, comme Saul avant sa conversion, les catholiques fidèles à la Tradition. Nous en profitons pour confier à vos prières un prêtre diocésain qui découvre la Tradition et risque d'être chassé de son diocèse sous peu. Prions pour ce prêtre et encore plus pour cet évêque persécuteur.

Sermon du 25 janvier 2023    


VAS ELECTIONIS EST MIHI ISTE

Source

Homélie de l’archevêque Carlo Maria Viganò en la fête de la conversion de l’apôtre saint Paul


Egregie Docteur Paule, mores instrue,

Et nostra tecum pectora in cœlum trahe ;

Velata dum meridiem cernat fides,

Et solis instar sola regnet caritas.


O glorieux Docteur Paul, enseignez les lois

et attirez nos esprits avec vous au ciel,

jusqu’à ce que la foi obscurcie aperçoive le midi.

et que la Charité seule règne à l’image du soleil.


La conversion de saint Paul est une conquête de saint Étienne, et ce n’est pas par hasard que la divine Liturgie place cette fête quelques jours après celle du Protomartyr, que le Juif Saul, obéissant à l’Ancienne Loi et fidèle exécuteur de la volonté des Grands Prêtres, vit martyriser sous ses yeux et peut-être martyrisa lui-même, croyant accomplir une action conforme aux préceptes observés par tout Juif orthodoxe. Dom Guéranger commente : Pour compléter la cour de notre grand Roi, il convenait d’élever de part et d’autre de la crèche les deux puissants piliers de l’Église, l’Apôtre des Juifs et l’Apôtre des Gentils : Pierre avec les clés et Paul avec l’épée. Ainsi Saul, de juif pratiquant et persécuteur des chrétiens, devient Paul, conquérant des païens à l’Évangile.

Aujourd’hui, la puissance du Christ abat son ennemi, et sa miséricorde le relève, faisant de lui un champion de la foi et le compagnon du Prince des Apôtres, avec lequel il versera son propre sang dans l’Urbe : O Roma felix, quæ duorum Principum es consecrata glorioso sanguine, chantons-nous dans l’hymne Decora lux. Heureuse Rome, consacrée par le sang glorieux des deux princes ! Un sang glorieux parce que de lui, versé pour l’amour du Christ, naît non pas la mort mais la vie, non pas la défaite mais la victoire, non pas l’ignominie du supplice mais la gloire de la palme du martyre.

Lorsque les pasteurs obéissaient à Dieu et ne poursuivaient pas les tromperies de ce monde, de la fête de la Chaire de saint Pierre à Rome à celle de la Conversion de saint Paul, l’Octave de prière était organisée pour la conversion des non-catholiques, des schismatiques, des hérétiques et des païens. La nouvelle église, dans la lignée de Vatican II, a renié sa mission et cherche à cacher ce qui nous sépare des sectes et des idolâtres, en mettant l’accent sur ce qui, selon eux, nous unit. Et ce moment de prière est devenu la « Semaine pour l’unité des chrétiens », faisant passer les objectifs d’un œcuménisme insensé avant la mission surnaturelle de la prédication de la vraie foi. Je vous invite donc à prier pour les clercs et prélats qui persécutent les bons catholiques, et pour ceux qui, comme Saul, croient respecter les préceptes de la loi alors qu’ils sont dans l’erreur. Nous demandons au Seigneur de se montrer à eux et de les convertir, comme l’Apôtre des Gentils a été converti.

Ne soyez pas surpris par ce parallèle : le voile du Temple déchiré pour de bon au moment de la mort du Sauveur sur la Croix a mis fin à l’ancienne Alliance, faisant de l’Église du Christ le nouvel Israël, et des baptisés le nouveau peuple élu. Cette Alliance nouvelle et éternelle, scellée dans le Sang de l’Agneau dont les sacrifices du Temple étaient une figure, accueillait de nombreux enfants de la Synagogue, éclairés par les prophéties messianiques et confirmés par les miracles du Seigneur : parmi eux, beaucoup qui, comme Saul, obéissaient à la Loi jusqu’à ce qu’ils soient touchés par la Grâce qui leur montrait l’accomplissement des Écritures en Jésus-Christ. Et tandis que l’aveuglement de la perfidie ne permettait pas de voir la Lumière venue dans le monde et la rejetait ; tandis que le Sanhédrin conspirait avec Pilate dans la crainte de voir son pouvoir compromis et cachait aux simples les vérités inscrites dans les rouleaux d’Isaïe et des saints Prophètes… Alors que Saul essayait dans toutes les synagogues de forcer les chrétiens, par des menaces, à blasphémer (Ac 26,11), c’est-à-dire à nier la divinité du Christ et sa venue en tant que Messie promis, le grand miracle de la conversion se préparait : instantanée, immédiate, rapide comme l’éclair comme toutes les choses concernant Dieu.

Le chemin de la conversion est parfois ardu et long, parsemé de difficultés et de chutes ; mais la conversion elle-même se produit avec la force et la puissance dont le Seigneur est capable, lorsqu’Il nous touche avec la lumière de la Vérité et le feu de la Charité. Qui es-tu, Seigneur ? demande Saul, jeté à bas de son cheval ; Je suis Jésus, que tu persécutes (Ac 9, 5). Dans la lumière éblouissante où résonne la voix du Christ, l’un des inquisiteurs les plus redoutés du Temple reconnaît le miracle, comprend le divin Artificier, se tourne vers lui en l’appelant  « Seigneur », obéit à l’ordre de se rendre à Damas. Il reste ébloui et aveugle pendant trois jours, et, pendant trois jours, il jeûne, en préparation mystique de l’épiphanie du Christ.

Avec un autre miracle, Ananias est chargé d’aller guérir Saul de Tarse, et il est étonné parce que le Juif a l’autorisation des grands prêtres d’arrêter tous ceux qui invoquent Son nom (Ac 9,14). Et le Seigneur lui répond : « Va, car il est un de mes instruments choisis pour porter mon nom devant les peuples, les rois et les enfants d’Israël ; et je lui montrerai combien il doit souffrir pour mon nom » (ibid., 15-16). Se rendant donc auprès de Saul, Ananias lui impose les mains et le guérit, faisant tomber de ses yeux le voile de l’aveuglement, figure de l’obscurcissement de la vue de l’âme. Rempli de l’Esprit Saint, Saul fut immédiatement baptisé (ibid., 18) et reçut le nom de Paul.

Aujourd’hui encore, un sanhédrin de partisans de Vatican II envoie ses ministres dans les synagogues pour persécuter les catholiques traditionnels, afin qu’ils soient punis et amenés à observer les rites réformés. Aujourd’hui encore, il existe des Saul zélés et terribles qui recherchent les fidèles pour les « forcer à blasphémer », à nier l’enseignement du Christ et à obéir aux grands prêtres et aux scribes du peuple. Beaucoup d’entre eux croient qu’ils sont justes et respectent la loi. Mais la puissance de Dieu, qui renverse les orgueilleux, veut toucher l’âme de ceux-là comme elle l’a fait avec Saül. C’est pour ceux-là, chers fidèles, que je vous invite à prier : que le Seigneur montre sa puissance pour les renverser de leurs certitudes granitiques, pour les désaveugler dans leur orgueil ; et qu’il use de sa miséricorde envers eux pour les relever, leur rendre la vue spirituelle, les remplir du Saint-Esprit et en faire ses apôtres.

Nous prions pour que les prélats et les prêtres qui obéissent aujourd’hui au Sanhédrin romain, qui ne veulent pas reconnaître le Christ Roi tout en rendant hommage à César, soient éclairés par la Grâce du SeigneurPour qu’ils puissent retourner dans les synagogues comme Paul pour proclamer Jésus le Fils de Dieu (ibid., 20), pour prouver que Jésus est le Christ (ibid., 22), pour prêcher que le Sacrifice de l’Alliance nouvelle et éternelle est renouvelé sur l’autel de ceux qu’ils ont persécutés jusqu’à présent. Prions pour que, même de ce Monseigneur, de cet Évêque, de ce Cardinal, on puisse dire : Mais n’est-ce pas lui qui, à Jérusalem, s’est déchaîné contre ceux qui invoquent ce nom et qui est venu ici précisément pour les conduire enchaînés aux grands prêtres ? (ibid., 21).

Si nous savons témoigner de notre Foi dans le Seigneur et de notre fidélité au Saint Sacrifice de la Messequi est le cœur et l’âme battante de notre très sainte Religion, nous pourrons faire avec ces âmes touchées par la Grâce ce que les disciples ont fait à Damas : leur parler du Christ, les faire rester avec nous pour qu’elles grandissent et marchent dans la crainte du Seigneur (ibid., 31). Peut-être ce prélat qui est venu nous forcer à accepter les rites réformés voudra-t-il célébrer la Sainte Messe traditionnelle, découvrant combien son propre sacerdoce est confirmé et nourri par la divine Liturgie, combien son âme de lévite trouve un accomplissement parfait dans la répétition des paroles du Sauveur qui s’immole sur l’autel, comme il s’est immolé une fois pour toutes sur la Croix. Peut-être que cet évêque venu avec des intentions de combat se rendra-t-il compte qu’il persécute le Christ, et voudra devenir son apôtre et son disciple, après avoir été son persécuteur par ordre du Sanhédrin.

Et il comprendra – comme nous avons compris, par la grâce de Dieu et malgré notre indignité – combien il doit souffrir pour l’amour de mon nom.

C’est notre souhait le plus cher, c’est notre prière, c’est la raison de notre témoignage.

Ainsi soit-il.

25 janvier 2023

En la fête de la conversion de Saint Paul Apôtre

mardi 24 janvier 2023

Nations, prêtez l'oreille !

KE 808 (7 janvier 2023)

Petit troupeau, dit Dieu, ne sois pas effrayé, 
C’est ainsi que Je veux, Moi, que tu sois taillé.

Les 150 Psaumes de l’Ancien Testament ont le Bon Dieu comme Auteur principal, comme du reste toute la Bible ; quant aux êtres humains que Dieu a inspirés pour les composer, et notamment le roi David, ils ne sont que les auteurs instrumentaux de ces Psaumes. Lors des horreurs de la guerre des tranchées, durant la 1ère Guerre Mondiale, la Grande-Bretagne a remis un exemplaire du Nouveau Testament et des Psaumes à chacun de ses soldats au front. Devant la menace terrifiante d’une 3ème Guerre Mondiale, les lecteurs de ces Commentaires feront bien de se familiariser avec le manuel de prière rédigé par Dieu lui-même : les Psaumes, qui ne passeront jamais de mode. 

Voici par exemple le Psaume 2 qui vise directement cette 3ème Guerre Mondiale. Les nations feraient mieux de prêter attention au Bon Dieu et à Son Fils unique, le Messie, Notre Seigneur Jésus-Christ : car Dieu existe, et Il se moque de leurs efforts insensés pour Le défier et chasser Dieu le Fils de Son monde. D’ailleurs, les nations paieront le prix si elles ne reviennent pas rapidement à la raison. Le psaume comporte quatre parties, en gras ci-dessous : 

I. Vanité du complot des nations contre Dieu et contre Jésus-Christ 

1. Pourquoi les nations conspirent-elles, et les peuples complotent-ils en vain ? 2. Les rois de la terre se dressent, et les grands se liguent, contre le Seigneur et contre son Christ : 3. « Brisons nos chaînes, et rejetons loin de nous nos entraves. » À partir de 1717, la franc-maçonnerie a été créée par les ennemis de Dieu, pour détruire surtout l’Église catholique. Avec le slogan de son humanisme impie « Liberté, Égalité, Fraternité », la F.·.-M.·. a si bien réussi à infecter l’esprit des hommes, qu’en 2023, peu d’entre eux sont encore capables ne serait-ce que d’imaginer que tourner le dos à Dieu est le fond de leur gigantesque problème actuel. Ils devront l’apprendre par la souffrance. 

II. Tout complot de ce genre est voué à l’échec et au châtiment 

4. Celui qui siège dans les cieux s’en amuse ; le Seigneur les tourne en dérision. 5. Puis il leur parlera dans sa colère, et il les terrifiera dans sa fureur : 6. « J’ai établi mon roi sur Sion, ma montagne sainte. » L’homme moderne, qui n’a aucune idée de Dieu, n’a aussi aucune idée du ridicule devant Dieu de toutes ses postures et de son bellicisme. Ceci étant dit, l’homme moderne a intérêt à faire attention, car s’il continue à mettre Dieu en colère, la 3ème Guerre Mondiale sera dévastatrice. La solution de Dieu est la montagne de « Sion », à savoir la Jérusalem de l’Ancien Testament, qui figure ici la « montagne sainte » du Nouveau Testament, c’est-à-dire l’Église catholique. 

III. Par décret divin, Jésus-Christ est Roi des rois, et Seigneur de toutes les nations 

7. Je proclamerai le décret du Seigneur. Il m’a dit : « Tu es mon Fils, aujourd’hui je t’ai engendré. 8. Demande-moi, et je ferai des nations ton héritage, et des extrémités de la terre ta possession. 9. Tu les briseras avec une verge de fer, et tu les mettras en pièces comme le vase d’un potier. » Le Père divin engendre de toute éternité le divin Fils, et une fois que le Dieu Fils s’incarne dans l’histoire humaine, Il n’a qu’à demander, et le Père lui donnera « tout pouvoir au Ciel et sur la terre » (Mt 28, 18). Un pouvoir tel que, si les péchés des hommes le rendaient nécessaire, non seulement l’Ukraine mais toutes les nations du monde pourraient être réduites en morceaux. 

IV. Conclusion pratique : nations, agissez avec sagesse ; c’est l’homme pieux qui est béni 

10. Maintenant, rois, agissez sagement ; apprenez, princes de la terre. 11. Servez le Seigneur avec crainte, et réjouissez-vous avec Lui en tremblant. 12. Embrassez la discipline, de peur qu’Il ne s’irrite, et que vous ne périssiez hors de la voie juste, car Sa colère s’enflamme rapidement. 13. Heureux tous ceux qui se réfugient en Lui. La crainte de Dieu est le commencement de la sagesse. Le mépris de Dieu par l’homme moderne peut avoir des conséquences terribles. Mais les âmes qui craignent Dieu dans la droiture n’ont rien d’autre à craindre, même en 2023. 

Kyrie eleison. 

lundi 16 janvier 2023

Nos prières ont été entendues !

Première cérémonie épiscopale de Mgr G. Ballini


Il y a deux semaines, nous avions relayé la prière pour obtenir de saints évêques.  Et la semaine dernière, nous apprenions que nous avons un nouvel évêque.  Nos prières avaient donc été exaucées par avance.  Pour Dieu, il n'y a pas de temps !

Ce nouvel évêque a entrepris son ministère épiscopal avec l'ordination, ce vendredi 13 janvier, de l'abbé Joseph Ortolano lors d'une magnifique cérémonie !















Bénédiction de l'évêque
par le jeune prêtre


Deo gratias !

jeudi 12 janvier 2023

Croisade de la Charité



En ce jour, nous commémorons le Baptême de Notre Seigneur et nous savons tous que le Saint Esprit est  descendu sur Lui sous forme d'une colombe.  Mais pourquoi cet oiseau ?  Que symbolise-t-il ?  Les qualités que doivent avoir les âmes pour recevoir le Saint Esprit et vivre dans la Charité

lundi 9 janvier 2023

Benoît XVI et la Messe

Le néo-conservatisme aura vécu

Mgr Ganswein avoue 


Un texte de FSSPX-News publié le 6 janvier revient sur les révélations de Mgr Ganswein à propos des motivations exactes de Benoît XVI lors de la publication de son Motu proprio sur la messe en 2007 :

https://fsspx.news/fr/news-events/news/propos-de-mgr-ganswein-sur-benoit-xvi-dans-un-journal-allemand-79139

L’article se conclut en ces termes :

Il faut reconnaître que le motu proprio Summorum pontificum a été l’occasion pour de nombreuses personnes de découvrir ou de redécouvrir la messe traditionnelle et de s’y attacher, et pour certains d’aller au-delà dans une découverte de la tradition, malgré l’intention initiale.

On appréciera la précision : « … malgré l’intention initiale » !

Que Dieu sache tirer le bien (ou un certain bien) du mal, et des (mauvaises) intentions d’un pape… pourquoi pas ?

Mais ce n’est pas à la Fraternité Saint-Pie X de nous tenir ce discours…

Car, pour sa part, elle a largement contribué à désorienter les esprits après la publication du Motu proprio de juillet 2007 : cf. par exemple l’accueil chaleureux réservé à ce texte par le district de France sous la plume de l’abbé Loïc Duverger, assistant :


A l’époque, la FSSPX avait certainement conscience de ce que reconnaît explicitement aujourd’hui Mgr Ganswein, à savoir que cette libéralisation de l’ancienne messe par le pape Benoît XVI visait à « à éloigner (les fidèles) de Lefebvre ».

Mais elle a parlé et agi comme si elle ne voyait pas cette intention oblique, en tout cas elle ne l’a jamais dénoncée, préférant se montrer ouverte et positive vis-à-vis de Rome sur ce dossier sensible de la messe…

Devant la sévère remise au pas de la liturgie traditionnelle sous le pontificat de François, et pour sauvegarder sa posture officielle de résistance à l’apostasie, la Maison générale de Menzingen cherche maintenant à faire oublier la duplicité de ses comportements passés.

Mais cela ne trompe personne, surtout pas les vrais traditionalistes attachés, au-delà de la liturgie, au combat prioritairement doctrinal de Mgr Lefebvre pour la défense de la foi… combat qui est de moins en moins, aujourd’hui, celui de la «néo-FSSPX ».

Faut-il rappeler que le Fondateur lui-même mettait en garde, en 1988, contre le dialogue avec le « serpent romain », désignant ainsi les autorités « conciliaires » de l’Eglise, et précisément le pape Jean Paul II et son Préfet de la CDF le Cardinal Josef Ratzinger, futur Benoît XVI

jeudi 5 janvier 2023

Un nouvel évêque pour l'Eglise et la Tradition

Mgr Giacomo BALLINI

KE 807 (31 décembre 2022)
LA TRADITION SE RENFORCE

À « Rome » on ne veut pas veiller sur les agneaux ?
Alors gardons la Foi près de pasteurs loyaux !

(Toutes nos excuses pour l’apparition tardive de cette KE particulier)

La nouvelle année commence, et il est prévu d’ordonner un nouveau prêtre pour la Tradition catholique sur l’île d’Émeraude, par un évêque qui est bien connu dans ce pays comme prêtre, mais pas comme évêque. Le fait est qu’il a été consacré en privé il y a presque deux ans, en janvier 2021, alors que la fausse crise du Covid battait son plein, avec toutes les restrictions concernant les déplacements. Il était alors envisageable que l’Eire puisse être complètement coupée de l’Angleterre pour une durée indéterminée, et alors, qu’est ce qui aurait continué à protéger, au Pays des Saints et des Savants, ces catholiques qui ont compris les dangers qui existent contre leur Foi, qu’ils viennent de la Néo-église ou de la Néo-FRATERNITE ST PIE X ? Ces catholiques-ci ne sont sans doute pas nombreux, mais ils ont pour l’avenir de l’Église une importance rare à cause de leur rare compréhension de l’immuable Foi catholique. Cette précieuse consécration aurait pu rester inconnue plus longtemps, mais les circonstances semblent devenir de plus en plus contraires à la Tradition catholique.

Car, de la même manière que les évêques catholiques sont essentiels à la survie de l’Église par leur pouvoir sacramentel d’ordonner des prêtres et de consacrer des évêques, ainsi des évêques traditionnels ont été essentiels à la survie de la Tradition catholique. Et si Mgr Lefebvre a consacré quatre évêques en 1988 sans la claire permission des dirigeants officiels de l’Église à Rome, que personne ne pense qu’il ait lancé un défi pur et simple à ces dirigeants, car ils avaient donné leur permission de principe pour le sacre d’au moins un évêque. Mais lorsqu’il s’est agi de fixer une date pour cette consécration, le cardinal Ratzinger a été dilatoire au possible, et Mgr Lefebvre a donc clairement compris qu’il ne pourrait jamais utiliser en pratique la permission qui lui avait été accordée en principe par l’autorité de l’Église. Mgr Lefebvre a alors vu à ce moment décisif que la Vérité Catholique ne serait jamais correctement défendue par les modernistes au pouvoir à Rome, et il est donc passé à l’acte avec la consécration comme évêques de quatre de ses propres prêtres, pour assurer, comme il l’a appelée, « l’Opération Survie » de la Tradition Catholique. Ni plus, ni moins.

À l’époque, de nombreux fidèles catholiques n’ont pas compris son action, et l’ont vertement condamnée. Mais, après la Pachamama, et Traditionis Custodes qui prétend abolir le rite traditionnel de la messe, et nombre d’autres hérésies ruisselant du sommet de la Néo-église, beaucoup de ces mêmes catholiques admettent aujourd’hui que c’est en bonne partie grâce à ces consécrations de 1988 que la véritable Église a survécu. Dans cette crise sans précédent de l’Église – précipitée par ses propres dirigeants qui ont scindé en deux l’Autorité et la Vérité catholiques à Vatican II (1962–1965) – Mgr Lefebvre n’a jamais méprisé ou défié la véritable Autorité de l’Église. Il a seulement mis la Vérité de la Tradition au-dessus de cette Autorité incarnée par les néo-modernistes, et grâce à lui, un nombre croissant de catholiques possèdent encore une Tradition à laquelle ils puissent se rallier. Parmi eux, les âmes honnêtes reconnaissent la dette incommensurable de notre Mère l’Église envers son Archevêque.

Nous voici au début des années 2020, et le Bon Dieu n’a toujours pas jugé bon de réunir la Vérité et l’Autorité catholiques, de sorte que les néo-modernistes contrôlent toujours « Rome », et que la Foi doit toujours être défendue malgré « Rome ». En conséquence, ce que Mgr Lefebvre a commencé en plaçant la Vérité avant l’Autorité doit être poursuivi. Si la Vérité catholique doit être préférée en dernier ressort à l’Autorité catholique quand l’« Autorité » s’oppose à cette Vérité – alors qu’elle n’a été instituée par Notre Seigneur que pour la défendre – cependant, surtout dans un monde dégénéré, la Vérité a besoin de cette Autorité pour la protéger : de sorte que sans cette Autorité en haut lieu, la Vérité connaît d’inextricables difficultés. Par exemple, les successeurs de Mgr Lefebvre ont eu pour diriger la Fraternité après sa mort de tels problèmes, que dans une politique de déférence envers « Rome » qui est allée bien au-delà du raisonnable, ils ont tellement changé la FSSPX de son Fondateur qu’elle a maintenant besoin d’un nouveau nom, disons, la « Néo-fraternité ». Et comme après Vatican II, la masse des Catholiques a suivi ses dirigeants depuis l’Église vers la Néo-église, ainsi de même, la masse des fidèles de la FSSPX de Mgr Lefebvre a suivi ses successeurs depuis sa Fraternité vers la « Néo-FSSPX », parce que ces fidèles s’appuient encore sur l’approbation officielle des néo-modernistes de « Rome ».

C’est pourquoi, comme en 1988, ou plus encore aujourd’hui, il est nécessaire pour la survie de la Tradition catholique de consacrer des évêques sans l’Autorité romaine, pour ainsi dire, afin de maintenir par-dessus tout la défense de la Foi comme elle a été lancée par Mgr Lefebvre. D’où la consécration en privé de Mgr Giacomo Ballini le 14 janvier 2021 ici en Angleterre. La crise du Covid, encore en cours, a montré avec quel courage il a su veiller à la Messe et à la Foi de toujours.

Kyrie eleison.

mardi 27 décembre 2022

Prière pour obtenir de saints évêques

Nous avons relevé cette prière dans la Lettre des dominicains d'Avrillé (n°104 - Décembre 2022) Au vu de la situation actuelle dans l'Eglise, nous ne pouvons que vous encourager à la réciter ! 

 
Saint John Fisher, évêque de Rochester, lança cette prière vers Dieu au cours d'un sermon prononcé en 1508. Il fut martyrisé en 1535 par le roi anglican Henri VIII.

Seigneur, Vous avez promis que votre Évangile serait prêché  dans le monde entier; suscitez des hommes capables d'accomplir  cette mission.

Les Apôtres n'étaient que de l'argile molle et malléable, jusqu'à ce qu'ils soient durcis par le feu de l'Esprit. Mon bon Seigneur, qu'il en soit ainsi pour votre Église militante; transformez son sol mouvant en pierres solides; érigez dans votre Église des piliers forts et puissants, capables de supporter de lourds labeurs, de longues veilles, la pauvreté, la soif, la faim, et la chaleur; qu'ils ne craignent pas les menaces des princes, ni les persécutions, ni la mort; mais qu'ils acceptent de souffrir avec courage les calomnies, la honte et toutes sortes de supplices, pour la gloire et la louange de votre saint nom.

Ainsi, ô mon bon Seigneur, la vérité de votre Évangile sera prêchée dans le monde entier.

C'est pourquoi, Seigneur très miséricordieux, nous vous supplions d'exercer cette miséricorde en en montrant les effets dans votre Église.


Pour télécharger ici

dimanche 25 décembre 2022

Viens, Enfant Jésus !

KE 806 (24 décembre 2022)

Qu’une épée enflammée perce et déchire plutôt ton cœur,
Que de scandaliser un des petits de Notre Seigneur !

Le miracle relaté ci-dessous a eu lieu quelques jours avant la Noël 1956, dans la Hongrie occupée par les communistes. L’histoire nous a été transmise par l’intermédiaire d’un certain abbé Norbert, curé à Budapest, qui est ensuite passé à l’Ouest. Certains lecteurs de ces Commentaires doivent la connaître. Le texte est tiré de https ://americaneedsfatima.org/childrens-stories/come-infant-jesus. Nous remercions l’association America Needs Fatima. 

Gertrude, institutrice dans une école de filles, était une militante communiste fanatique. Elle s’était donnée la mission d’essayer d’arracher la foi catholique de ses élèves : elle se moquait constamment de leur religion, ou encore leur enseignait le marxisme. Une certaine Angèle, élève intelligente, dévouée, et déjà une petite meneuse, demanda à l’abbé Norbert de la laisser recevoir la Sainte Communion tous les jours, pour l’aider à supporter la persécution continue de son institutrice. « Elle te persécutera encore plus », prévint l’abbé Norbert, mais la petite fille de dix ans insista en disant qu’elle avait plus que jamais besoin de Jésus. 

Comme il fallait s’y attendre, à partir de ce jour, Gertrude, qui devinait confusément une différence, commença une véritable campagne de torture psychologique. Le 17 décembre, la maîtresse d’école avait imaginé un tour cruel, qui devait porter un coup mortel à ce qu’elle appelait « les vieilles superstitions qui infestent l’école ». D’une voix toute douce, elle continua à enseigner aux enfants le matérialisme athée, en affirmant que seules existent les choses que l’on peut voir et toucher. Pour illustrer son propos, elle demanda à Angèle de sortir de la pièce. Puis elle demanda à toute la classe de l’appeler. Les filles crièrent « Angèle, entre ! », et Angèle entra comme demandé, intriguée, mais pressentant un piège. 

« Vous voyez, les filles, » expliqua soigneusement Gertrude, « comme Angèle est une personne vivante, quelqu’un que nous pouvons voir, entendre et toucher. Lorsque nous l’appelons, elle nous entend. Mais supposons. . que nous appelions l’Enfant Jésus, en qui certaines d’entre vous semblent croire . . . pensez-vous qu’Il vous entendrait ? » Il y eut un silence de mort ; puis quelques voix dirent timidement : « Oui, nous le pensons. » « Et toi, Angèle ? », demanda l’institutrice. Angèle a enfin compris. Elle s’était attendue à un piège, mais pas de cette taille-là. Cependant elle répond avec une foi ardente : « Oui ! Je crois qu’Il m’entend ! ». Gertrude se met alors à rire fort et longtemps. Puis, elle se tourne vers la classe, et tire sa cartouche : « Eh bien ! Appelle-Le alors ! » Silence. Les arguments de la communiste avaient eu une certaine efficacité. 

Angèle se précipite soudain devant la classe, les yeux brillants. Elle fait face à ses camarades de classe, et elle crie : « Écoutez les filles, nous allons L’appeler ! Appelons toutes ensemble : « Viens, Enfant Jésus ! » Toutes les filles se lèvent d’un bond et commencent à crier : « Viens, Enfant Jésus, viens, Enfant Jésus. . . ». Gertrude est déstabilisée. Elle ne s’était pas attendue à cette réaction. Mais les filles continuent. Un halo d’espérance se dégage maintenant du petit chef. Lorsque l’attente est à son comble, la porte de la salle de classe s’ouvre sans bruit, une intense lumière se met à y briller, puis cette lumière entre dans la salle de classe et augmente légèrement, comme la lumière d’un feu intense mais sans violence. Au milieu de cette splendeur, brille un globe d’une lumière encore plus claire. 

Alors que les filles et l’enseignante regardent, immobiles, le globe s’ouvre et révèle un bel Enfant vêtu d’une tunique brillante. Son sourire est si ravissant que les petites filles sourient en retour, plongées dans une paix et une joie parfaites. Puis, doucement, le globe se referme et disparaît par la porte. Les enfants regardent encore avec ravissement en direction de la porte, lorsqu’elles sont ramenées sur terre par un cri aigu. « Il est venu ! » crie la maîtresse d’école terrifiée, « Il est venu . . .  ! ! ! ». Et elle s’enfuit dans le couloir. 

L’abbé Norbert a interrogé les petites filles une par une. Il a attesté sous serment qu’il n’avait pas trouvé la moindre contradiction dans leurs récits. Quant à Gertrude, elle a été internée dans un asile. L’énorme choc de l’apparition avait affecté son esprit impie et elle n’a plus jamais cessé de répéter : « Il est venu, Il est venu ! » 

Kyrie eleison

samedi 24 décembre 2022

Saint et joyeux Noël à tous nos lecteurs et abonnés !

 


Les responsables du site Reconquista, les membres de la Compagnie de Marie - CMSPX tiennent à souhaiter un très saint et joyeux Noël à tous leurs lecteurs et amis.

Que l'Enfant-Dieu soutienne tous Ses fidèles, malgré la solitude et la haine d'un monde apostat !

Que l'Enfant-Jésus leur assure consolations et grâces dans le combat pour la Fidélité !

samedi 17 décembre 2022

Un an après "Odette" aux Philippines

En attendant le prochain super typhon, une nouvelle église bien plus grande que la précédente, est en construction grâce à vous. Elle fait 19 mètres de large, plus de dix mètres de haut, la longueur dépendra de ce que nous gagnerons sur la pente.


L'autel pour la "Missa de gallo", une coutume espagnole pour toute l'octave qui précède Noël, messe à 4 heures du matin.






Livraison de gros graviers pour le bétonnage... 5 sacs par mobylette. Elles arrivent par la route escarpée construite par l'abbé Elias Guiao qui sera ordonné le 11 février prochain.


Tout paraît temporaire, mais il nous faut une grande église pour les grands offices de l'année. 




La maçonnerie en pierre est de piètre qualité, sauf l'autel... et encore.





Quand nous serons riches, le marbre viendra recouvrir tout cela. En attendant, la pierre naturelle a son charme, et même son sens liturgique.


Merci à vous chers bienfaiteurs. Nous avons à nouveau une plus grande et, peut être, plus belle chapelle.

 
In Iesu et Maria,


François Chazal+






mercredi 7 décembre 2022

Croisade de la Charité

En ce temps de l'Avent, méditons sur ces paroles des Anges : " Et Paix aux hommes de bonne volonté". Quel est le lien avec la Charité ?

samedi 3 décembre 2022

79 séminaristes – IV

KE 801 (19 novembre 2022) 

Si notre monde hait les guerriers de la foi,
Il les réclame aussi dans son grand désarroi  !

Dans de nombreux cas, il n’est pas facile de décider s’il faut préférer la justice ou la miséricorde. La Néo-fraternité Saint-Pie-X n’enseignera pas à ses 79 nouveaux séminaristes la leçon la plus importante de son fondateur, Mgr Lefebvre (1905–1991) ? Ce péril doit-il être dénoncé une nouvelle fois ? ou aurait- il dû être moins souligné qu’il ne l’a été dans les trois derniers Commentaires ? La grande leçon de Mgr Lefebvre est capitale, parce qu’elle est capitale pour l’avenir de l’Église universelle. Elle est capitale au point qu’un dernier numéro de ces Commentaires sera consacré non pas à ce que la Néo-fraternité fait encore de bien au service de l’Église, mais à ce qu’elle fait de mal, ou plutôt à ce qu’elle aurait pu faire de mieux si elle n’avait pas officiellement méprisé l’équilibre entre Vérité et Autorité institué par son Fondateur.

Lorsqu’en 1970, Mgr Lefebvre a fondé la Fraternité Saint-Pie X avec son séminaire traditionnel à Fribourg, en Suisse, il a pris soin de s’assurer qu’il ne s’agirait pas d’un « séminaire sauvage », mais que l’Église donnerait son approbation officielle moyennant un décret de l’Ordinaire du lieu. La Nouvelle Église de Vatican II (1962–1965) n’appréciait pas ce qu’elle voyait, mais la « Rome » officielle a attendu quelques années avant d’intervenir, sans doute dans l’espoir que la Fraternité et son séminaire traditionnels échoueraient d’eux-mêmes. Quand la prospérité de ces derniers est devenue indéniable, alors les modernistes ont frappé. En 1975, ils ont « supprimé » la Fraternité et ordonné que le séminaire d’Écône soit fermé. Mgr Lefebvre a refusé d’obéir, car il existe dans la vraie Église une procédure impartiale de droit canonique relative à de telles suppressions et fermetures, et cette procédure n’avait pas été correctement suivie.

L’« Évêque de fer » a donc continué avec sa Fraternité à défendre la Vérité, tandis que « Rome » avec toute son « Autorité » poursuivait sa persécution, au motif que rien de ce qui s’oppose à son Autorité ne peut appartenir à la Vérité ou à l’unité catholique. En temps normal, ce motif est vrai, car l’Autorité catholique est normalement soudée à la Vérité catholique ; mais, tout à fait anormalement, à Vatican II, l’Autorité catholique a jeté la Vérité par la fenêtre pour la « mettre à jour ». Aujourd’hui, il ne fait aucun doute que nombre de collègues de Mgr Lefebvre ont bien vu qu’il avait raison et que « Rome » avait tort, mais la force de l’Autorité catholique est telle que pas un seul évêque ne l’a soutenu en public avant 1981. Cela n’a pas perturbé Mgr Lefebvre. En 1982, pour l’aider à préparer sa succession, il a nommé un Supérieur Général pour prendre en charge l’administration de la Fraternité, désormais répandue dans le monde entier, mais il s’est réservé toutes les relations de la Fraternité avec Rome, sans doute parce qu’il craignait que les Chaperons rouges dirigeant la Fraternité ne soient tous dévorés vivants par les grands méchants loups de Rome – il les connaissait bien...

L’histoire lui a donné raison. Tant qu’il a vécu, les petits Chaperons rouges ont suivi sa ligne « la Vérité précède l’Autorité », et ont placé la doctrine avant la diplomatie. Mais dès sa mort quasiment, ils faisaient les yeux doux aux modernistes romains. Les contacts avec « Rome » ont repris, et à ce jour, la Néo-fraternité ne consacrera pas d’elle-même, comme Mgr Lefebvre l’a fait en 1988, les évêques catholiques dont la Vérité a grand besoin dans le monde entier. Au contraire, elle attendra que le meurtrier de la Tradition donne son « feu vert » pour que la Néo-fraternité consacre ces évêques pour la Tradition ! Oh, désarmants Chaperons rouges ! Mais ceux qui commettent des meurtres sont des meurtriers ! Qu’allez-vous imaginer ? Mais tels sont les fruits de la ligne « l’Autorité précède la Vérité ».

La Néo-fraternité s’attache à son erreur avec un zèle amer. Ainsi, le prêtre qui a écrit l’excellent article sur la Tour de Babel, résumé dans deux Commentaires (763 et 788 !), a été réprimandé par son (jeune) Supérieur pour avoir écrit en public sur l’actualité. Ce vrai vétéran de la vérité ne peut même plus écrire sur « la philosophie ou la théologie » ! Il ne peut désormais écrire que sur des sujets « spirituels ou édifiants » ! Autre exemple : un séminariste clairvoyant craint que la « gentillesse » ne soit amenée à prendre le pas sur le « combat pour la Foi » dans son séminaire FSSPX, et que tout séminariste combatif, c’.-à-d. ayant du caractère, ne soit découragé, châtré et mis au placard. Donc, si la Néo-fraternité suit son cours, 79 séminaristes deviendront 79 petits Chaperons rouges ? Dieu nous en préserve !

Kyrie eleison.