mardi 19 juin 2018

Un "appel à la Fidélité"


Lettre ouverte au Chapitre de la FSSPX

Le site MEDIAS-PRESSE.INFO (ici) a publié récemment un texte faisant état de l’inquiétude des fidèles à l’approche du Chapitre général de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X prévu pour le mois prochain.

Nous partageons cette inquiétude, ainsi que les quatre demandes formulées dans la Lettre ouverte, même si nous aimerions en ajouter une supplémentaire concernant la reconnaissance des quatre évêques de la Fidélité catholique, NN. SS. Williamson, Faure, Thomas d’Aquin, et Zendejas, injustement rejetés par les autorités actuelles de la FSSPX.

Malgré cela, cette initiative mérite d’être soutenue, et nous encourageons ceux de nos lecteurs qui se retrouveraient dans son message à donner leur adhésion au texte de la Lettre ouverte en suivant les indications fournies sur le site.

On peut accompagner l’adhésion d’un court commentaire, et si l’on souhaite, donner son nom par simples initiales.

Reconquista

Des nouvelles d'Asie


Petites missions sur l'île Bohol



Stagnante pendant des années, notre petite mission de Dagohoy a deux minuscules petits enfants, Malitbog et La Esperanza.

Cette dernière est trop pauvre pour les prêtres diocésains qui réclament de l'argent, en particulier pour les sacrements.



La cloche avec son petit ton contre-Ut a une bonne portée sur la vallée, mais une Messe chantée a 4 servants n'est pas ou, pour mieux dire, est vraiment une mince affaire.




Comme dans le rite Éthiopien, les fidèles assistent a la messe de l'extérieur, ce qui renforce la sacralité du Sacrifice.


Voyage de Mgr Williamson




Mgr Willimason s'est rendu au Japon, à Akita : ici, devant les cotons qui recueillirent les larmes versées par la statue, ensuite authentifiées par l'université d'Akita.  Aujourd’hui, quasiment rien ne transpire de ces événements, ni du message plutôt sombre (et pas assez kumbaya), ni de la Sœur Agnès, qui fut expulsée et continue son existence a Honshu.








Les fidèles coréens ont aussi profité de la visite de Monseigneur deux dimanches d'affilée.


dimanche 17 juin 2018

Des préparatifs de Rome ?

Kyrie eleison DLXX ( 16 juin 2018 )

Comment prétendre ainsi qu’il n’y a pas conflit ?
Un combat pour la Foi, c’est tout ce que l’on vit !


Dans le contexte de crise qui submerge l’Église catholique depuis Vatican II (1962–1965), voilà subitement deux initiatives récentes des autorités romaines qui paraissent bien surprenantes. En effet, toutes deux ont l’air de favoriser la Tradition catholique que par ailleurs le pape François semble par maint côté vouloir éliminer une fois pour toutes. Le Grand Méchant Loup voudrait-il vraiment se montrer gentil envers le Petit Chaperon Rouge, ou bien ces deux gestes ne sont-ils que des ruses destinées à piéger la Fraternité Saint-Pie X dans la tanière conciliaire ? Serait-ce que Rome aussi prépare le Chapitre Général de la Fraternité prévu pour la mi-juillet ?

La première de ces deux initiatives est venue de la Commission Ecclesia Dei. On se souvient que cette institution fut créée à Rome en 1988 pour ralentir la tradition catholique qui menaçait de se développer à un rythme accéléré. Or, à la mi-février de cette année, Ecclesia Dei accordait à la Fraternité Saint-Pierre, d’orientation semi-traditionnelle, l’usage des rites liturgiques hautement traditionnels de la Semaine Sainte. Ces rites ont été utilisés durant plusieurs siècles avant que la réforme liturgique lancée par le cardinal Bugnini dans les années 1950 n’ait conduit à la nouvelle messe introduite à la fin des années 1960. Cette ancienne liturgie de la Semaine Sainte devient de plus en plus populaire auprès des catholiques qui répudient la nouvelle messe. La raison en est qu’elle contient de nombreux traits allant à l’encontre de la nouvelle liturgie moderniste que Paul VI, par une astuce administrative, a réussi à imposer à l’Église universelle en 1969. Faut-il croire que Rome se désengage enfin de la nouvelle messe ?

Non pas. Comme dit le célèbre vers de Virgile : « Quoi qu’il en soit, je crains les Grecs, même lorsqu’ils font des cadeaux ». Ce don fait à la Tradition peut très bien avoir été conçu par Rome pour persuader tous les Petits Chaperons Rouges, en particulier les participants au Chapitre Général de Juillet, qu’après tout le Grand Méchant Loup n’est pas aussi méchant qu’on le dit. Le Chapitre de juillet prochain est important pour Rome car ce bastion de la Foi, érigé par Monseigneur Lefebvre, doit être démantelé, parce qu’il a constitué de par son intense combat pour la Foi un véritable barrage entravant la marche du Nouvel Ordre Mondial, entrave sans aucune proportion avec la force numérique de la Fraternité Saint Pie X. Depuis la mort de Mgr Lefebvre, ce combat a été gravement affaibli, mais Rome peut craindre que le Chapitre ne le ressuscite. La volonté de Rome est qu’on élise comme Supérieur Général encore un libéral, à la rigueur un candidat de compromis, mais en tout cas pas un combattant de la Foi !

L’autre action inattendue de Rome a eu lieu le 16 mai dernier, lorsqu ’un journaliste bien connue du Vatican, Andrea Tornielli, a mis en lumière un extrait d’un livre publié récemment par un fonctionnaire romain sur le Pape Paul VI (1963–1978). L’extrait est un compte-rendu détaillé de la conversation de septembre 1976 entre le pape et Mgr Lefebvre, tenue dans les deux mois qui suivirent la messe de Lille célébrée par l’archevêque devant une foule immense. Cette messe a marqué le début du mouvement traditionnel, de sorte que le pape a voulu freiner l’archevêque. La conversation dura un peu plus d’une demi-heure et les Romains prirent des notes. Peu après, Mgr Lefebvre en donna une version quelque peu différente du script maintenant dévoilé par Rome. Mais pourquoi les Romains ont-ils gardé par devers eux cette relation plus complète pendant 42 ans ? Et pourquoi décident-ils de la publier maintenant ?

La réponse doit se situer dans le “quelque peu différente”. L’admirable site Internet d’Amérique Latine, Non possumus, a publié côte à côte la version romaine et le propre récit de Mgr Lefebvre. Les lecteurs de Non possumus peuvent vérifier par eux-mêmes comment les Romains ont blanchi l’aveuglement de Paul VI et leur propre vilenie. Exemple emblématique : Paul VI y a accusé l’archevêque de demander à ses séminaristes de prêter serment contre le pape, ce qui était absolument faux. L’archevêque a déclaré qu’il était prêt à jurer sur un crucifix que le pape l’avait accusé de faire prêter un tel serment. Un porte-parole romain a alors officiellement démenti qu’il ait été fait mention dans la conversation d’un tel serment.

De même, la version de Rome dissimule l’abîme qui sépare de la foi de l’Archevêque le modernisme de Paul VI. Tout se passe comme si les Capitulants n’auraient nul besoin de s’inquiéter de cette distance infinie séparant la Rome Conciliaire de la Fraternité Saint Pie X : qu’ils élisent c omme Supérieur encore un libéral, mais un candidat de compromis fera aussi l’affaire !

Kyrie eleison.

jeudi 14 juin 2018

LA STRATÉGIE DE LA MAISON GÉNÉRALE

OU LE PROGRAMME - ELECTORAL ? - DE MGR FELLAY


Sous la signature de Mgr Fellay, un texte fort intéressant est paru ce jour sur le site de La Porte Latine.

Rédigé dans la perspective d'une réunion prévue à Rome le 23 juin, le message apparaît comme une confirmation de la stratégie actuelle du Supérieur Général face à la dérive des autorités romaines : la Fraternité Saint-Pie X doit revenir à la réclamation première de Mgr Lefebvre...

"- Très Saint Père, laissez-nous faire l'expérience de la Tradition !"

Ce qui se traduit en clair par : "Cessons d'attaquer Rome ! Et plutôt que d'exiger du pape la condamnation solennelle des erreurs conciliaires et une profession publique de la foi catholique, ... démontrons à l'Eglise que nous sommes les meilleurs !"

Les membres du Chapitre général FSSPX de juillet sont désormais bien avertis...

Et avec eux, les lecteurs de Reconquista.

La crise dans l’Eglise : quelles racines, quels remèdes ?

 par Mgr Fellay – 14 juin 2018 Posted by La Porte Latine

Message de Mgr Bernard Fellay, Supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X, à la journée d’étude

Cette journée d’étude est très utile, car il est plus que nécessaire aujourd’hui de remonter aux racines de la crise dans l’Eglise. En septembre dernier, lors de la publication de la Correctio filialis que j’ai signée, je souhaitais que « le débat sur ces questions majeures s’amplifie, afin que la vérité soit rétablie et l’erreur condamnée », c’est dire que j’adhère pleinement à l’objectif que vous vous êtes fixé : « Le rejet de ces erreurs et le retour, avec l’aide de Dieu, à la Vérité catholique complète et vécue, est la condition nécessaire de la renaissance de l’Eglise. » (Présentation du congrès du 23 juin 2018)

Correspondance entre le cardinal Ottaviani et Mgr Lefebvre

Votre démarche s’inscrit dans la ligne d’un échange de correspondance peu connu entre le cardinal Ottaviani et Mgr Lefebvre, qui peut nous fournir un éclairage précieux. Cet échange a eu lieu un an après la fin du Concile, en 1966.

En effet, le 24 juillet 1966, le cardinal Alfredo Ottaviani, alors Pro-préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, faisait parvenir aux évêques une lettre dans laquelle il dressait la liste de 10 erreurs qui s’étaient manifestées après le concile Vatican II. On peut y lire ces affirmations dont l’actualité, plus de 50 ans après, demeure intacte :

« La vérité objective et absolue, ferme et immuable, n’est presque pas admise par certains, qui soumettent toutes choses à un certain relativisme et ceci pour la raison fallacieuse que toute vérité suit nécessairement le rythme de l’évolution de la conscience et de l’histoire ». (n° 4)

« Des erreurs non moindres sont répandues dans le domaine de la théologie morale. En effet certains, non en petit nombre, osent rejeter la règle objective de la moralité ; d’autres n’acceptent pas la loi naturelle, mais affirment la légitimité de la morale de situation, comme ils disent. Des opinions pernicieuses sont proposées sur la moralité et la responsabilité en matière sexuelle et matrimoniale ». (n° 9)

La remise en cause de « la vérité objective et absolue » et de « la règle objective de la moralité », la promotion d’un « relativisme », la légitimation de « la morale de situation », telles sont les racines de la crise dans l’Eglise.

Le 20 décembre 1966 Mgr Marcel Lefebvre, alors Supérieur général des Pères du Saint-Esprit, répondit au cardinal Ottaviani par une liste de doutes. Ces dubia n’étaient pas les siens, mais ceux qu’il voyait s’introduire dans l’enseignement officiel, à la suite du Concile : « Qu’il s’agisse

– de la transmission de la juridiction des évêques,
– des deux sources de la Révélation,
– de l’inspiration scripturaire,
– de la nécessité de la grâce pour la justification,
– de la nécessité du baptême catholique,
– de la vie de la grâce chez les hérétiques, schismatiques et païens,
– des fins du mariage,
– de la liberté religieuse,
– des fins dernières, etc.

Sur ces points fondamentaux, la doctrine traditionnelle était claire et enseignée unanimement dans les universités catholiques. Or, de nombreux textes du Concile sur ces vérités permettent désormais d’en douter ».

Au sujet de cette clarté de la doctrine traditionnelle rendue trouble à partir du Concile, l’aveu – 24 ans après – du P. Peter Henrici s.j., dans son article « La maturation du Concile » (in Communio n° 92, nov.-déc. 1990, p. 85 et sqq.), confirme le bien-fondé de l’inquiétude de Mgr Lefebvre. Le théologien suisse n’hésite pas, en effet, à voir au Concile « l’affrontement de deux traditions différentes de la doctrine théologique, qui ne pouvaient, au fond, se comprendre mutuellement ! ».


Conséquences pratiques des doutes et erreurs


Mais Mgr Lefebvre ne se contentait pas d’énoncer et de dénoncer les doutes nouvellement apparus, il ajoutait aussitôt au cardinal Ottaviani : « Les conséquences en ont été rapidement tirées et appliquées dans la vie de l’Eglise ». Suivent alors, sous la plume de Mgr Lefebvre, les conséquences pratiques, pastorales, de ces doutes :

– Les doutes sur la nécessité de l’Eglise et des sacrements entraînent la disparition des vocations sacerdotales.

– Les doutes sur la nécessité et la nature de la « conversion » de toute âme entraînent la disparition des vocations religieuses, la ruine de la spiritualité traditionnelle dans les noviciats, l’inutilité des missions.

– Les doutes sur la légitimité de l’autorité et l’exigence de l’obéissance provoqués par l’exaltation de la dignité humaine, de l’autonomie de la conscience, de la liberté, ébranlent toutes les sociétés en commençant par l’Eglise, les sociétés religieuses, les diocèses, la société civile, la famille. (…)

– Les doutes sur la nécessité de la grâce pour être sauvé provoquent la mésestime du baptême désormais remis à plus tard, l’abandon du sacrement de pénitence. (…)

– Les doutes sur la nécessité de l’Eglise source unique de salut, sur l’Eglise catholique seule vraie religion, provenant des déclarations sur l’œcuménisme et la liberté religieuse, détruisent l’autorité du Magistère de l’Eglise. En effet, Rome n’est plus la « Magistra Veritatis » unique et nécessaire.

Proposition de remèdes concrets

Face à ces maux, Mgr Lefebvre propose respectueusement à l’adresse du Souverain Pontife des remèdes concrets : « Que le Saint-Père (…) daigne par des documents importants proclamer la vérité, poursuivre l’erreur, sans crainte des contradictions, sans crainte des schismes, sans crainte de remettre en cause les dispositions pastorales du Concile »

Il demande au pape de soutenir efficacement les évêques fidèles : « Daigne le Saint-Père :

– encourager les évêques à redresser la foi et les mœurs individuellement, chacun dans leurs diocèses respectifs, comme il convient à tout bon pasteur ; – soutenir les évêques courageux, les inciter à réformer leurs séminaires, à y restaurer les études selon saint Thomas ;
sur « les racines de la crise dans l’Eglise »,  Rome, 23 juin 2018.
– encourager les supérieurs généraux à maintenir dans les noviciats et les communautés les principes fondamentaux de toute ascèse chrétienne, surtout l’obéissance ;
– encourager le développement des écoles catholiques,
– la presse de saine doctrine,
– les associations de familles chrétiennes ;
– enfin réprimander les fauteurs d’erreurs et les réduire au silence ».

A son humble niveau, dans la Fraternité Saint-Pie X qu’il fonda en 1970, Mgr Lefebvre s’est efforcé de mettre en œuvre ces remèdes : enseignement thomiste dans les séminaires, ascèse chrétienne et obéissance inculquées aux séminaristes ; et autour des prieurés : écoles catholiques, presse catholique, associations de familles chrétiennes.

Cette mise en œuvre pratique était essentielle pour le fondateur de la Fraternité : faire ce qui est possible à son niveau, avec les grâces de son état, mais en n’oubliant jamais – comme il l’écrit au cardinal Ottaviani – que « le Successeur de Pierre et lui seul peut sauver l’Eglise ».

De l’exclusif à l’inclusif… et retour 

Il convient d’ajouter ici qu’aux yeux de Mgr Lefebvre, cette mise en œuvre pratique est un remède efficace au relativisme. Il veut répondre au plan doctrinal, mais aussi au plan pastoral parce qu’il a conscience de la dimension idéologique des nouveautés postconciliaires. Or on ne peut répondre de façon purement spéculative à une idéologie, car elle ne verra dans cette réponse qu’une idéologie contraire et non pas le contraire d’une idéologie. Tel est le mode de raisonnement de ce relativisme subjectiviste qui dilue « la vérité objective et absolue » et « la règle objective de la moralité ».

En fait, les « doutes » dénoncés plus haut ont pour conséquence la remise en cause de l’essentiel, à savoir la mission salvifique de l’Église, par la promotion de ce « christianisme secondaire » si bien analysé par Romano Amerio. Cette perte de vue de l’essentiel brouille l’enseignement doctrinal et moral jusque-là clair. Lorsque la mission salvifique de l’Église n’est plus centrale, ni prioritaire, plus rien n’est hiérarchisé, ni structuré harmonieusement, et l’on a tendance à justifier les contradictions, les incohérences – qui sont beaucoup plus que des « doutes » !

Dès lors, on va faire en sorte que ce qui dans la bouche de Notre Seigneur était exclusif : ou l’un ou l’autre (« Nul ne peut servir deux maîtres, car ou il haïra l’un et aimera l’autre, ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. » Mt 6, 24), devienne conciliable ou inclusif, comme on dit aujourd’hui. On remplacera le ou l’un ou l’autre par la formule et l’un et l’autre « qui combine le ciel et le monde en un composé, dont la partie dominante qui donne au composé son caractère, est le monde » (Romano Amerio, Iota unum, étude sur les variations de l’Église catholique au XXe siècle, Nouvelles Éditions Latines, 1987, p. 417). – Cela au nom d’une « miséricorde pastorale », englobant immigration, droits de l’homme et écologie…

C’est pourquoi Mgr Lefebvre a tant insisté pour qu’on laisse à la Fraternité Saint-Pie X une entière liberté pour « faire l’expérience de la Tradition ». Face à l’idéologie relativiste et à ses conséquences stérilisantes pour L’Église (vocations en déclin, pratique religieuse en chute constante…), il savait qu’il fallait expérimentalement opposer les fruits de la Tradition bimillénaire. Il souhaitait que ce retour à la Tradition permette, un jour, à l’Église de se la réapproprier. Remonter aux racines de la crise, c’est – dans le même temps – remonter à la Tradition : des effets aux causes, des fruits à l’arbre, comme nous y invite Notre Seigneur. Et là, il n’y a pas d’idéologie qui tienne, car les faits et les chiffres ne sont pas « traditionalistes », encore moins « lefebvristes », ils sont bons ou mauvais, comme l’arbre qui les produit.

Qu’à partir de cette expérience modeste mais irréfutable, L’Église puisse se réapproprier sa Tradition, tel est le but de Mgr Lefebvre et de son œuvre. Et nous ne pouvons que faire nôtre la conclusion de sa lettre au cardinal Ottaviani :

« Sans doute suis-je bien téméraire de m’exprimer de cette manière ! Mais c’est d’un amour ardent que je compose ces lignes, amour de la gloire de Dieu, amour de Jésus, amour de Marie, de son Église, du Successeur de Pierre, évêque de Rome, Vicaire de Jésus-Christ ».

Mgr Bernard Fellay

La Porte Latine du 14 juin 2018

24 juin : Ordination sacerdotale à Santa Cruz

Dom Thomas d'Aquin nous annonce l'ordination sacerdotale du Frère Jean-Baptiste ce 24 juin prochain.

Il nous demande de prier pour lui, pour qu'il soit un saint prêtre, pour la gloire de Dieu et le Salut des âmes.

Ci-dessous quelques photos de son ordination diaconale.













mardi 12 juin 2018

Pèlerinage au Mont Saint Michel le Samedi 29 septembre

Saint Michel Archange est le grand protecteur de la Sainte Eglise, du Sacerdoce, de la Sainte Messe et surtout de la Papauté. Aussi SE Mgr Williamson a-t-il vivement encouragé les catholiques fidèles à venir prier le grand Archange en raison des circonstances dramatiques où nous nous trouvons actuellement. 
Il semble que les ultimes bastions de la chrétienté soient ébranlés en profondeur par les hordes infernales entrevues par le pape Léon XIII. 

Comme cette année le 29 septembre tombe un samedi, il sera d'autant plus facile pour les pèlerins de venir d'assez loin pour implorer ce grand Archange de nous secourir. 

 Voici donc les premières modalités de ce pèlerinage sur le quel nous aurons l'occasion de revenir.



Ce pèlerinage se déroule donc le samedi 29 : il est possible de contacter un responsable pour réserver des chambres du vendredi au dimanche pour assister aux Messes des prêtres et évêques qui diront la Messe dans la région.

 Vous pouvez encore réserver des chambres à des prix très raisonnables près du Mont Saint Michel au 06 44 98 48 92 (délais très limités)

Tract pdf " pèlerinage au Mont Saint Michel" 

samedi 9 juin 2018

Les libéraux préparent le Chapitre

Kyrie eleison DLXIX ( 9 juin 20128 )

Capitulants, la Foi doit passer en premier.
Même si Menzingen il faudra reléguer !


Pas tout le monde ne dort. Il y a en France quelqu’un qui surveille les préparatifs des libéraux en vue du prochain Chapitre général de la Fraternité Saint-Pie X. La Fraternité y aura encore, probablement pour la dernière fois, la possibilité de se lever, comme Mgr Lefebvre l’a fait, pour la défense de la foi catholique contre le concile Vatican II. Une personne, qu’importe son nom, a écrit sur le site Fidélité catholique francophone (ici)  un excellent article dénonçant les funestes propos que le Secrétaire Général de la Fraternité, l’abbé Christian Thouvenot, a tenus au début de cette année lors d’une interview parue dans le bulletin de la Fraternité du District d’Allemagne. Ce qui suit doit beaucoup à cet article.

Commençons par les funestes propos en question : « Il est vraisemblable que la question du statut de Prélature personnelle soit posée lors du Chapitre. Mais c’est le Supérieur général seul qui conduit la Fraternité et qui a la responsabilité des relations de la Tradition avec le Saint-Siège. Mgr Lefebvre, en 1988, avait tenu a bien préciser cet aspect ». Ces propos sont funestes parce qu’ils correspondent à la vision de Menzingen, siège de la Fraternité où travaille l’Abbé Thouvenot. Il y prépare les membres et les sociétés amies de la Fraternité au Chapitre Général lors duquel Mgr Fellay voudrait arriver à faire dépendre de lui seul, et en toute légalité apparente, l’acceptation d’une Prélature personnelle offerte par Rome. Par ce stratagème, il mettrait fin, une fois pour toutes, à la capacité de la Fraternité de défendre la Foi en résistant au Novus Ordo et au Concile Vatican II. Propos funestes, en vérité, parce qu’ils sont ou ambigus ou erronés.

En premier lieu, le Supérieur Général n’est pas la seule personne à la tête de la Fraternité. Certes, les Statuts établis par Mgr Lefebvre stipulent que le Supérieur Général, une fois élu, est doté de pouvoirs considérables pour au moins 12 ans. Mgr Lefebvre voulait en effet que le Supérieur Général ait suffisamment de temps pour réaliser quelque chose sans être entravé comme lui-même le fut par les Pères du Saint-Esprit. Mais le Chapitre Général qui se réunit tous les six ou douze ans est au-dessus du Supérieur Général. C’est le Chapitre Général qui édicte les orientations que doit suivre le Supérieur Général. En théorie, le Chapitre Général de 2012 avait prévu que toute « normalisation canonique » nécessiterait un vote majoritaire du Chapitre. Mais, dans les faits, Mgr Fellay a déjà « normalisé » avec Rome les confessions, les ordinations et les mariages. Et voilà maintenant que le Secrétaire Général suggère que Mgr Fellay peut, tout seul, « normaliser » le reste sans que le Chapitre général ait son mot à dire ! Les quarante Capitulants de Juillet prochain ont-ils conscience de l’enjeu que révèle ce discours de Menzingen ? Sont-ils prêts à l’accepter ?

Deuxièmement, l’abbé Thouvenot prétend que seul Mgr Fellay est responsable des relations entre la Tradition catholique et le Saint-Siège. Sans aucun doute, Rome et Mgr Fellay lui-même aimeraient qu’il en fût ainsi. De cette manière, Rome pourrait récupérer d’un seul coup toute la « Tradition » et Mgr Fellay pourrait ainsi étendre à proportion son empire. Mais la « Tradition » est un ensemble composite et hétérogène d’instituts et de communautés religieuses qui, certainement, ne souhaitent pas tous être pris dans la rafle conciliaire, ni tous se retrouver sous la houlette de Mgr Fellay. C’est la raison pour laquelle Mgr Lefebvre répétait qu’il ne voulait pas qu’on dise qu’il était le chef de la Tradition catholique. Mais aujourd’hui, Mgr Fellay et son secrétaire jouent tous les deux le jeu de la Rome conciliaire.

Troisièmement, si Mgr Lefebvre a souligné, au moment des sacres de 1988, que lui seul était responsable des relations de la Fraternité avec Rome, c’était parce qu’il savait que les jeunes collaborateurs qui l’entouraient ne sauraient faire face à la ruse des Romains, comme, hélas, nous avons pu le vérifier depuis sa mort en 1991. Il ne faut donc pas chercher la raison de ses propos dans la confiance qu’il aurait eue dans la structure de la Fraternité pour doter le Supérieur Général d’une grâce spéciale qui le mettrait à l’abri des Romains conciliaires. Si l’on veut se tromper, ce n’est pas par une structure que l’on sera sauvé. Mais Mgr Lefebvre pouvait-il en faire autrement ? Il fallait bien qu’il disparaisse un jour ou l’autre !

Chers lecteurs, si vous connaissez un capitulant du Chapitre de juillet prochain, demandez-lui s’il est au courant de ce que dit le Secrétaire général !

Kyrie eleison.

jeudi 7 juin 2018

M. L’ABBÉ COOPER : « MGR WILLIAMSON EST COMME UN PÈRE POUR MOI »

Le 24 octobre 2012, Mgr Fellay décidait avec son petit conseil d'expulser  Mgr Williamson de la FSSPX afin de faciliter le processus de ralliement à l'église conciliaire. Une grande majorité des prêtres de la FSSPX n'a jamais admis une telle décision qui, au delà de son aspect profondément injuste, a aussi heurté le sens sacerdotal de tous ceux qui avaient pu approcher ou bénéficier du ministère de Mgr Williamson. M L'abbé Cooper fut l'un d'entre eux : M l'abbé Pivert nous rapporte son beau témoignage. 

Site de M. l'abbé Pivert

L’abbé Cooper prêtre de la Fraternité Saint Pie X, est décédé récemment. Voici l’admirable hommage qu’il avait rendu à Mgr Williamson juste après que celui-ci eut prononcé les paroles qui ont fait trembler le monde.

« […] je connais Monseigneur Williamson depuis vingt-neuf années. Il a donné la toute première retraite à Winona. Il a été recteur du séminaire à partir de ma deuxième année de séminaire. Il était mon directeur spirituel et je suis sûr que je ne serais pas prêtre si Mgr Williamson n’avait pas été là. Et je pense qu’il y a plusieurs prêtres qui diraient la même chose, qu’ils ne seraient jamais devenus prêtres ou séminaristes si Mgr Williamson n’avait pas été là. Vous avez assisté à ses sermons et vous pouvez certainement dire qu’il n’y a jamais eu de meilleur prédicateur. Vous allez à ses retraites et vous dites : « C’est le meilleur prédicateur de retraite ! ». Vous allez à ses conférences et à ses cours et vous dites : « Il n’y a jamais eu de meilleur professeur ! ». C’est un très, très bon évêque. Et je veux que vous vous souveniez de tout ce qu’il a souffert pendant le temps où il a été responsable du district des États-Unis […] et tout ce qu’il a fait pour nous. Je veux que vous vous rappeliez ces choses pour que vous vous souveniez de prier pour lui et pour que vous ne gardiez pas dans votre cœur de ressentiment contre lui. […] Mgr Williamson ne fuit jamais la controverse. Il dit ce qu’il pense. Il ne pourrait parler contre sa pensée.

Il est un homme de grande compétence et de grande intelligence. Souvenez-vous de ce que cet homme a fait pour nous… et n’oubliez jamais tous les sacrifices qu’il a faits.

J’espère que vous pouvez dire que je l’aime tendrement. Il est comme un père pour moi… et je pense pour beaucoup d’entre vous aussi en raison des sacrifices qu’il a faits pour nous. […] Donc, mes chers amis, priez pour Monseigneur Williamson. Souvenez-vous de ce qu’il a fait pour l’Église et faites de votre mieux pour toujours le soutenir. Et surtout par la prière. »

Source : Extrait de Fr Cooper on Bishop Williamson . https ://www.youtube.com/watch ?v=0cU48UztP4k)

mercredi 6 juin 2018

Conférence de M l'abbé Morgan sur les sacres de 1988

Voici donc la conférence filmée que M l'abbé Morgan a bien voulu donner à la chapelle de Vedrin en ce dimanche 3 juin 2018. M l'abbé Morgan nous raconte  ce qu'il a vécu de cette opération survie en direct. Il a vécu de très près ces événements historiques puisqu'il était à l'époque grand cérémoniaire. C'est à lui que Mgr Lefebvre confia cette grande cérémonie. Il nous rapporte des anecdotes inédites et touchantes avec tout son flegme britannique. 

Nos auditeurs voudront bien nous excuser des quelques imperfections techniques de la vidéo ... nous n'avons pas les moyens techniques de la néo-fsspx mais nous espérons que tout le monde en tirera un sujet d'édification. 



"Mozart mis en Cause" par Mgr Williamson

Kyrie eleison DLXVIII ( 2 juin 2018 )

La nature a besoin de musique. Que les deux soient prisés.
Un prix est à payer, quand l’une ou l’autre est méprisée.


A la suite du numéro 550 de ces “Commentaires” qui a fait l’éloge de Mozart (27 janvier 2018), nous avons reçu d’un lecteur une lettre personnelle dans laquelle il nous confiait que le célèbre compositeur lui posait un problème : Mozart n’était-il pas un franc-maçon passionné ? N’a-t-il pas laissé passer la seconde moitié de sa vie sans composer d’œuvre majeure pour l’Église catholique ? Quant à ses opéras, ne traitent-ils pas des relations hommes-femmes et les questions de moralité de façon très relâchée ?

Assurément, la musique est d’une importance telle pour les âmes que les objections de ce lecteur valent la peine qu’on y réponde publiquement, afin que les personnes qui ne connaissent pas encore Mozart soient encouragées – sans y être obligées, évidemment – à écouter sa musique pour leurs moments de détente. Rappelons donc quelques principes pour répondre à chacune des trois objections de notre lecteur.

Que Mozart ait été franc-maçon soulève un principe très important. Certes, on ne peut pas séparer l’artiste de son art, cependant on doit distinguer l’un de l’autre. Ce qui fait la bonté morale d’un artiste en tant que personne, n’est pas la même chose que ce qui fait la bonté artistique de ses œuvres (Summa Theologiae, 1a 2ae, Q57, Art.3). Ainsi, Picasso était, en tant que personne, une crapule ; tandis que son art, d’un point de vue purement artistique, est brillant. A l’inverse, d’innombrables peintres victoriens ont bien pu être personnellement d’une haute moralité, alors que leurs peintures sont tristes comme la pluie. Ainsi, l’esprit maçonnique a certainement influencé une partie de la musique composée par Mozart dans sa maturité, notamment la “Flûte Enchantée”, mais la musique en tant que telle ne relève certainement pas de la guerre menée contre Dieu par la Franc-maçonnerie. C’est bien plutôt aux parents catholiques de Mozart et à son éducation d’enfant dans l’environnement d’une Autriche hautement catholique sous l’impératrice Marie-Thérèse. qu’elle doit son innocence et sa beauté.

En seconde lieu, étant donné que la Messe en Do Mineur et le Requiem sont restés inachevés, il est exact de dire que Mozart, dans sa maturité, n’a pas composé d’œuvre majeure pour l’Église. Mais combien de fois ces deux œuvres sont-elles interprétées, et avec quel impact religieux ! Et connaît-on un morceau de musique jouée ou chantée dans les chapelles et les églises catholiques aussi souvent que “l’Ave Verum “ de Mozart ? De plus, si nous savons distinguer la musique implicitement catholique de la musique qui l’est explicitement, qui pourrait nier que Mozart, tout comme Shakespeare, soit un formidable soutien des valeurs catholiques ? Nous voulons parler, dans le cas de Mozart, des valeurs d’harmonie, d’or dre, d’équilibre et de joie qu’éprouvent d’innombrables auditeurs en l’écoutant. Ces grands artistes, implicitement catholiques de par leur héritage, ne sont-ils pas une miséricorde de Dieu permettant aux post-catholiques de jouir de valeurs catholiques sans qu’ils s’en rendent compte ? Car, si les post-catholiques s’en rendaient compte, ne s’empresseraient-ils pas de répudier ces valeurs, à l’instar des libéraux acharnés qui « déconstruisent » actuellement Shakespeare dans leurs prétendues « universités » ? Sans doute Mozart subit-il le même sort dans leurs « conservatoires de musique ». En fait, les acteurs et les musiciens libéraux d’aujourd’hui arrivent-ils même à s’approcher du cœur de Shakespeare ou de Mozart ? Non ! Et que cela nous dit-il de ce cœur ? Qu’il ne plaît point aux libéraux !

Troisièmement, certains opéras de Mozart sont en partie tellement légers que Beethoven les méprisait : « Jamais je n’aurais pu composer d’opéras aussi frivoles » disait-il. Mais cela laisse de côté les passages plus sérieux des mêmes opéras. Il y a, d’un côté, la coquetterie de Zerlina mais, de l’autre, la damnation de Don Juan au milieu des flammes de l’enfer ; d’un côté le badinage du Comte, mais de l’autre ses sincères regrets exprimés à la Comtesse souffrante ; d’un côté le Sérail, mais de l’autre, la mise en valeur du pardon. Dans un monde déchu, la vie réelle se déroule tantôt de façon comique, tantôt de façon sérieuse. Voyez comment, au début de “Don Juan”, Mozart combine musicalement le duel et la mort d’un duelliste avec la panique brouillonne de Leporello, ce lapin au service de Don Juan. Il est certain que Mozart, tout comme Shakespeare, « a vu la vie de façon équilibrée et dans son entier », comme a dit Matthew Arnold du grand dramaturge grec, Sophocle.

En conclusion, il est clair que Mozart reste par  un côté assez coquin (voir le film “Amadeus”), et qu’il fait partie intégrante de cette chrétienté, déjà décadente, de la fin du 18ème siècle. Cependant, par rapport à la décadence enregistrée depuis lors, ne dirait-on pas que sa musique s’approche de celle des anges, tout en évitant de paraître inaccessible à nous autres modernes ? Tout homme nuit à son âme en fréquentant une musique de bas étage, sans valeur intrinsèque de mélodie, d’ harmonie ni de rythme. Par contre, en général il ne pas nuira pas à son âme en fréquentant Mozart, bien au contraire.

Kyrie eleison.