mercredi 23 mai 2018

Le ralliement "en marche"

Chartres/Paris = Paris /Chartres
Cardinal Sarah

Par Joseph

Un article digne d'attention a été publié récemment sur le site rallié "Riposte Catholique" sous le titre "Une édition positive pour le pèlerinage Chartres-Paris". A la lecture d'un tel article, on comprend vite pourquoi le journaliste rallié se réjouit autant.

Le journaliste souligne en effet les ressemblances entre les deux
Cardinal Fellay ?
pèlerinages et se demande pourquoi ils ne pourraient pas désormais fusionner en un seul d'autant que celui de la FSSPX tend passablement à s'essouffler malgré le harcèlement hebdomadaire des prieurs pour pousser les gens à venir "pour faire nombre". 

Le journaliste souligne d'abord le fait que beaucoup de jeunes pèlerins n'ont pas connu le combat des années 80 ni le sacre de 1988 . Cette jeunesse ne connaît donc plus les raisons fondamentales du combat des années 80 et les graves raisons d'une séparation d'avec le monde rallié. On devine ce qu'exprime de manière sous jacente ce journaliste rallié : "Pourquoi donc se diviser désormais puisque l’événement de 1988 est bien loin et qu'il n'est plus désormais un sujet de discorde entre nous". On imagine les conséquences d'un tel discours : les jeunes aspirent en effet à l'unité et à l'oubli des querelles des anciens, surtout s'ils ne se doutent pas des graves enjeux qui s'y trouvent. Sauf que les ralliés (les cadres car la plupart des jeunes sont assez ignorants) n'ont absolument rien lâché de leur trahison de 1988 : ils ont abandonné le combat pour le Règne du Christ-Roi et se réfugient désormais derrière la fausse bannière de la Messe de St Pie V. Une apparente fermeté sur la piété ou la question du foyer chrétien peuvent en leurrer plus d'un mais, globalement, ce monde rallié a entériné les principales réformes du concile et du nouveau code en ce qui concerne les fins du mariage, l'usage des méthodes dites naturelles en matière de procréation et aussi la question des procédures en nullité. 

    Citation : 
À titre anecdotique, lors de la messe célébrée le dimanche de Pentecôte, le plus âgé des célébrants est né en 1984: il est ainsi venu au monde après la mise en place des pèlerinages traditionnels. Il existe donc tout une jeunesse qui n’a pas connu les circonstances climatériques des années 1980, notamment lors de la fameuse année 1988. Il y a surtout une génération de prêtres et de fidèles nés ou ayant vécu dans le sillage des du pèlerinage unique (c’était le cas jusqu’en 1988), puis des deux pèlerinages. Les fruits ont été importants.
 Note de Reconquista : le journaliste évoque sans doute la messe du Lundi de Pentecôte (les célébrants de la messe du dimanche étaient nés avant 1984)

Le journaliste évoque ensuite un autre point commun chez les deux prédicateurs (Mgr Fellay d'un côté et le cardinal Sarah de l'autre) qu'il nomme "fermeté et hauteur". Entendez par là le fait de faire des sermons très spirituels et fermes d'apparences mais qui n'attaquent jamais les fauteurs de trouble.  Quand un libéral dit qu'il faut se méfier du "zèle amer", entendez-le comme un désir de ne surtout pas condamner celui qui détruit la Foi. C'est le propre des libéraux d'agir ainsi. A contrario, imaginez un peu un sermon de Mgr Lefebvre (ou Mgr Williamson c'est pareil) à Chartres cette année ! 

Citation : 
Il faut aussi noter certains discours et signes. Alors que dans l’autre pèlerinage, le cardinal Sarah a été extrêmement tonique, délivrant un message ferme, Mgr Fellay a, lui aussi, fait preuve de hauteur. Dans son sermon du dimanche de Pentecôte, le supérieur de la Fraternité Saint-Pie X a souligné le rôle du Saint-Esprit dans l’Église et mis en garde contre les risques de zèle amer dans les circonstances ecclésiales actuelles. C’est un appel à prendre de la hauteur dans la situation présente.

Le journaliste s'étonne donc, à juste titre, de la nécessité de deux pèlerinages en sens inverses. Doctrinalement, cela n'a plus de sens ! D'autant que la FSSPX est dans la perspective et la finalisation d'une réconciliation avec la Rome moderniste. Mais il élude la question de ce double pèlerinage en évoquant le grand nombre de pèlerins. Un seul pèlerinage serait trop lourd. Alors autant en laisser deux, chacun pourrait ainsi choisir son sens en fonction de ses critères amicaux, géographiques et non plus en rapport avec le combat de la Foi. Ce constat d'évidence (bien vu par un journaliste rallié) devrait donc amener les fidèles de la tradition à ne plus fréquenter ce pèlerinage mais à en multiplier localement sous la responsabilité de bons prêtres. 
Citation: 
Dans la perspective d’une réconciliation à terme avec Rome – au-delà même de la question de la personnalité de tel pape -, une telle démarche présente tout son intérêt, notamment en raison d’une augmentation significative des effectifs de l’autre pèlerinage. On pourrait donc penser qu’à terme deux pèlerinages ne seront pas de trop entre Paris et Chartres à cause de l’inévitable question de la “ventilation” des pèlerins du Paris-Chartres qui a rassemblé 15 000 personnes. Cette question finira par se poser un jour ou l’autre.
Jeunes de Paris/Chartres ou de Chartres /Paris ?

idem 


mardi 22 mai 2018

SERMON : LE ST ESPRIT, LE MONDE ET LA MISÉRICORDE PENTECÔTE 2018

M. l'abbé Pivert était en pèlerinage avec les Amis de St Jean Bosco dans la région de Rocamadour mais il n'a pas oublié les fidèles isolés et leur a offert ce très beau sermon que nous vous incitons à écouter à l'occasion de cette octave. Ecoutez bien le début de son enregistrement puisque l'abbé y fait des annonces
qui pourraient en intéresser plus d'un ! 



Journée Brito-Normande pour la Fidélité Catholique

A l'occasion de la fête de la Pentecôte, les Bretons et les Normands de la Fidélité Catholique ont choisi d'enterrer la hache de guerre (au sujet de l'appartenance du Mont St Michel à l'un ou l'autre) pour se retrouver non loin du Mont en question et fêter ainsi le plus dignement possible la grande fête de la Pentecôte afin d'implorer en ce temps de fièvres spirituelles l'abondance des 7 dons.

C'est donc pour la deuxième année consécutive que cet évènement  de joie fraternelle se reproduit et qui permet ainsi de réchauffer les âmes et les cœurs dans le dur combat que les catholiques doivent mener contre la déliquescence des forces de la Tradition . Mais ne nous attardons là dessus ; bien au contraire cette belle journée a été une occasion pour les paroissiens Normands et Bretons de manifester leur désir de  continuer à construire localement une vie catholique sur les bases saines d'une authentique Foi et Charité. C'est d'ailleurs ainsi, dans cet esprit, que le Père Calmel envisageait l'établissement de ces fortins de chrétienté.

Près de 150 personnes se sont donc retrouvés dans un cadre champêtre près d'une jolie chapelle Brito-Normande comme il se devait. Le séminaire s'est aussi déplacé et a pu donner du faste liturgique à cette occasion. Un père dominicain est venu en renfort pour confesser les nombreuses personnes qui désiraient se purifier en ce jour pour recevoir en abondance les grâces du Saint Esprit.

Malgré (et peut être grâce à) la simplicité des moyens et des lieux, les fidèles ont pu se retrouver et s'unir sur l'essentiel et repartir ainsi avec l'âme réconfortée par les lumières et les grâces reçues en ce jour. Que Dieu continue ainsi à bénir ses Normands et Bretons fidèles !  



dimanche 20 mai 2018

Songes “Pieux” – II

Kyrie eleison DLXVI (19 mai 2018)

Le monde ne peut rien en problèmes d’Église.
Il n’y a que la Foi qui surmonte la crise.

Il est une chose certaine : entre la Tradition catholique et le Concile Vatican II, la réconciliation est impossible. Croire pourtant qu’on puisse les concilier est tentant, car les textes des 16 documents du Concile énoncent bien sûr un certain nombre de vérités catholiques. Mais l’esprit du Concile oriente tout vers une nouvelle religion centrée sur l’homme, et puisque c’est l’esprit qui a inspiré la lettre de ces documents, même les vérités catholiques qu’ils contiennent sont tributaires de ce « renouveau » conciliaire et en font forcément partie. Assurément, les modernistes ont profité des vérités catholiques et de la hiérarchie, mais uniquement comme un cheval de Troie pour dissimuler leurs hérésies et pour faire passer leur poison libéral. Si bien que même les vérités catholiques, contenues dans les documents conciliaires, sont empoisonnées. Déjà Mgr Lefebvre, en 1990, en avait pris conscience : il avait déclaré que Vatican II était infecté à 100% par le subjectivisme. A contrario, Mgr Fellay déclarait en 2001 que les documents de Vatican II étaient acceptables à 95%.

Certes, on est tenté de prétendre que la tradition catholique et Vatican II sont conciliables. Car cette opinion supprime tout tiraillement entre la soumission à l’Autorité Catholique d’une part et la fidélité à la Vérité catholique d’autre part. Comme l’a dit Mgr Lefebvre, depuis le Concile les catholiques sont forcés ou bien d’obéir aux Papes conciliaires et d’abandonner ainsi la Tradition catholique, ou bien de s’accrocher à la Tradition et de “désobéir” aux Papes. D’où la tentation, pour sortir de ce dilemme, de prétendre que de façon ou d’autre la Tradition et le Concile sont conciliables. Mais la réalité est tout autre. Le fait majeur régissant maintenant toute la vie de l’Église, c’est que le Concile et la Tradition sont en fait incompatibles ; et il en sera ainsi jusqu’à ce que l’autorité de l’Église revienne à la vérité catholique de toujours.

Cependant, pour Mgr Fellay, Supérieur Général de la FSSPX, la Tradition Catholique peut se marier avec la Rome conciliaire. Depuis qu’il a approuvé dans les années 1990 les pourparlers du GREC visant à la réconciliation, il s’acharne à réunir la Tradition et le Concile. Son problème ? C’est qu’il n’arrive pas à comprendre que le modernisme conserve certaines apparences catholiques, comme un cheval de Troie destiné à tromper les âmes catholiques. Or, sous le faux-semblant catholique, il n’existe plus aucun cheval catholique. Mais Mgr Fellay croit que le faux cheval possède toutes les qualités d’un vrai cheval, si bien que, selon lui, si seulement la FSSPX s’y dévoue, il peut devenir un authentique cheval catholique. Hélas, il n’y a que trop de Traditionalistes qui ont cru bon suivre ce feu follet de rallier la Rome conciliaire. Les Romains, quant à eux, ne se sont jamais laissés tromper – ils se sont finement accommodés à cette politique, en faisant des concessions apparentes à la Fraternité et à la Tradition, en autorisant par exemple les confessions, les ordinations et les mariages, et en faisant croire à Mgr Fellay, à plusieurs reprises, qu’une reconnaissance canonique était imminente. Mgr Fellay n’a-t-il pas déclaré une fois qu’il ne manquait plus à l’accord que « le coup de tampon » ? Par contre les autorités vaticanes ne s’y méprennent pas : la Tradition catholique est inconciliable avec leur Concile, donc chaque fois qu’elles ont conduit Mgr Fellay au bord de l’accord, elles ont insisté pour que la Fraternité se soumette au Concile.

Ce faisant, après chaque « concession » acceptée par Mgr Fellay au nom de la Fraternité, les Romains l’ont enfoncé dans leur piège, en sorte qu’il lui est devenu toujours plus difficile de faire marche arrière. Car avec chaque « concession », l’accord avec Rome est devenu davantage une réalité dans la pratique, même sans le « coup de tampon », et en retenant celui-ci les Romains se sont joués de Mgr Fellay comme un pêcheur se joue d’un poisson : comment pourrait-il maintenant se défaire des « concessions » accordées, et admettre que sa politique de 20 ans n’a été qu’une erreur ? Et pourtant ! C’est depuis le début qu’il fait fausse route. N’ayant pas la foi de Mgr Lefebvre, il a pris le problème de l’Église pour un problème de la Fraternité, et pour en sortir il a préféré mettre sa confiance dans une politique purement humaine. Mais bien sûr, avec leurs 2000 ans d’expérience politique, ce sont les Romains qui ont été les plus habiles en politique. Voici comment ils peuvent lui parler maintenant – “Excellence, cessez de jouer avec nous. Voilà des années que nous vous faisons toutes sortes de concessions , pendant que vous n’en faites aucune” (ce serait un gros mensonge, puisque toute “concession” conciliaire acceptée est de fait une concession faite à Rome). “Donc avant juillet, ou bien vous acceptez le Concile, ou bien nous vous excommunions, et vos 20 ans de Supériorat sont en ruines. Au choix !”

Sans doute les Romains s’exprimeraient-ils de manière moins grossière pour mettre le Supérieur Général au pied du mur, mais à qui la faute ? C’est lui qui n’aurait jamais dû se mettre à genoux devant une autorité sans foi ni loi. Dans le cas de l’Église catholique, l’Autorité sans la Foi, c’est une Autorité sans autorité.

Kyrie eleison.

jeudi 17 mai 2018

Chute et dérive du Barroux

M. Chiron vient de publier une biographie sur Dom Gérard *, fondateur du monastère du Barroux. Ouvrage de commande, il ne pouvait donc être qu' une sorte d'hommage posthume. Le livre d'Yves Chiron met certes en évidence les beaux aspects de la vie de Dom Gérard mais il y manque évidemment le grand reproche, qu'une histoire digne de ce nom ne pourra pas méconnaître longtemps : celui d'avoir finalement baissé la garde devant cette "Hérésie du XXe siècle".  Dom Gérard a trahi le bon combat de la Foi.

Un théologien de la FSSPX, M. l'abbé Gleize, se pose aujourd'hui la question de cette trahison.

Comment se fait-il qu'après avoir, durant l'été 1987, récusé comme une rupture l'enseignement conciliaire sur la liberté religieuse, Dom Gérard ait fini par y voir l'écho de la Révélation divine ? « Je crois que ce qui a contribué à perdre Dom Gérard », explique Mgr Lefebvre, « c'est son souci de s'ouvrir à tous ceux qui ne sont pas avec nous et qui peuvent aussi profiter de la liturgie traditionnelle. C'est ce qu'il écrivait en substance dans la Lettre aux amis du monastère, deux ans après son arrivée au Barroux. Nous voulons essayer, disait-il, de ne plus avoir cette attitude critique, stérile, négative. Nous allons nous efforcer d'ouvrir nos portes à tous ceux qui éventuellement n'auraient pas nos idées, mais qui aimeraient la liturgie, afin de les faire profiter, eux aussi, des bienfaits de la vie monastique. Dès cette époque, je m'étais inquiété de ce que je considérais comme une opération très dangereuse. C'était l'ouverture de l'Église au monde et l'on a bien dû constater que c'est le monde qui a converti l'Église. Dom Gérard s'est laissé contaminer par ce milieu qu'il a reçu dans son monastère". (Source)

Ce même théologien  verrait-il par hasard le même processus est en cours dans sa propre congrégation ? Oui, très probablement. Cette citation de Mgr Lefebvre, choisie par le théologien d'Ecône, n'est sûrement pas un accident.

Pour mieux comprendre l'ampleur de cette chute et des dérives du Barroux, nous vous invitons à écouter la conférence d'un ancien Père du Barroux, le RP Bruno, qui explique de façon très claire comment s'est produite, mois après mois, cette chute et quelles en furent les conséquences pour le monastère.



   



* Ouvrage d'Yves Chiron : « Tourné vers le Seigneur ».

mercredi 16 mai 2018

Des prêtres dans le purgatoire en 1904 ? Pourquoi ? Et en 2018 ?


Louise-Marguerite Claret de la Touche (1868-1915) est une authentique mystique dont les écrits
et les visions ont été reconnus et approuvés par l'Eglise (Cardinal Merry Del Val en 1910) . A la demande de ses supérieures et de son directeur spirituel (le RP Charrier), elle notera ses visions et entretiens sur un journal intime. En 1904, elle eut une vision des âmes en purgatoire; à cette occasion, elle aperçut beaucoup de prêtres (nous sommes sous le Pontificat de Saint Pie X !).  Dieu lui révéla que beaucoup de prêtres s'y trouvaient "par défaut de zèle pour l'Eglise". Que dire en 2018 ? Les autorités modernistes n'ont pas seulement un défaut de zèle pour l'Eglise mais ils détruisent et corrompent cette même Eglise. Et que dire aussi de beaucoup d'évêques et de prêtres de la Tradition qui veulent désormais se rallier à une caricature d'Eglise. Si le purgatoire fut le lot de prêtres qui servaient une Eglise saine (sous St Pie X), que deviendront ceux qui n'ont pas de scrupules à se mettre silencieusement sous l'autorité canonique de l'église conciliaire ? 

Vision de la Soeur Louise Marguerite Claret de la Touche 
3 novembre 1904
 Je priais pour les âmes du Purgatoire et j’avais un grand désir de délivrer par mes prières unies aux mérites infinis de Jésus, les âmes qui sont les plus chères à son Cœur, celles qu’il désire le plus de voir bientôt dans la gloire. 
Il me semble qu’une voix intérieure me disait: « Prie donc pour les âmes des prêtres ». Je n’y avais pas encore pensé à ces âmes de prêtres retenues dans le Purgatoire. 
Je vis qu’il y en avait beaucoup dans ce lieu d’expiation et de purification, et je connus que le plus grand nombre y était pour avoir manqué de dévouement à l’Eglise et d’amour pour les âmes. C’est moins pour les négligences qu’ils ont dans le service direct de Dieu que pour le défaut de zèle et d’amour pour l’Eglise et les âmes, que ces privilégiés de Jésus demeurent au Purgatoire. Mais le désir que Notre-Seigneur a de les voir sortir de ce lieu est immense. Comme je me demandais pourquoi Dieu reprochait si souvent aux prêtres ce défaut de zèle et d’amour, cette explication me fut donnée: Si un homme abandonne son épouse chaste et fidèle, s’il refuse à ses enfants la nourriture qui leur est nécessaire, n’est-il pas bien coupable? 
Le prêtre est uni à l’Eglise comme un époux avec son épouse, épouse toute fidèle et souverainement pure; s’il manque de dévouement à ses intérêts; s’il est indifférent à ses douleurs, à ses joies; si, sans se tourner contre elle, il ne se préoccupe ni de sa gloire, ni de sa conservation, ni de son développement; s’il laisse les âmes dont il a été fait le père, sans leur donner la nourriture spirituelle de vérité et d’amour dont elles ont besoin pour vivre, pour se développer et pour grandir, ne commet-il pas une grande faute? 
Toutes les prières que je ferai pendant ce mois, je les offrirai pour les âmes des prêtres.

Oh! que je voudrais qu’à la fin de ce mois, Jésus reçoive dans son ciel, presse sur son Cœur un grand nombre de ces âmes sacerdotales qu’il aime tant !

mardi 15 mai 2018

ESQUISSES D’EXIL PAR SERGE ICIAR

Messe occasionnelle d'un prêtre réfractaire 
Les circonstances actuelles de la crise de la FSSPX amènent de plus en plus de bons catholiques de la Tradition à prendre des distances avec les prieurés de la Fraternité, tels ces fidèles qui, durant la révolution, n'assistaient qu'aux messes des prêtres réfractaires (cf. image ci-contre). Mais en 2018, d'où vient cette résolution ? Après 1988, Mgr Lefebvre* (lire la note ci-dessous ) demandait aux catholiques de la Tradition de ne pas fréquenter les chapelles ralliées en raison du climat libéral et mondain qui y régnait et surtout de la trahison du combat catholique pour le Règne du Christ-Roi. Trente ans plus tard, c'est le même conseil de Mgr Lefebvre qu'appliquent des catholiques  parce que, d'une part, ils ne veulent pas se trouver sous l'autorité canonique des modernistes  et que, d'autre part, ils veulent s'éloigner de ce climat délétère de compromission avec l'Eglise conciliaire. Cette décision peut paraître difficile en raison de la pénurie actuelle de prêtres non ralliés (ou réfractaires au concile) mais il existe des témoignages édifiants et contemporains qui montrent combien la Providence veille sur ceux qui  restent fidèles sans compromissions à la Tradition.  Nous vous livrons ici un témoignage intéressant. 

Voici le témoignage d’un chef de service des douanes qui, pendant deux ans, sanctifia le dimanche chez soi.

Esquisses d’exil[1]

Premier contact avec « notre » île d’exil, dimanche 16 décembre 2007, au terme d’un voyage de plus de dix-huit heures, aux environs de minuit notre avion atterrit, sur la piste de l’aéroport de Saint-Pierre et Miquelon, en pleine tempête de neige et avec deux heures de retard.


Dure épreuve. Pénurie alimentaire ; les rayons des magasins sont désespéramment vides. Les insulaires, sont habitués, ils ont fait leur plein mercredi dernier à l’arrivée du navire de desserte. Prochain approvisionnement le 19.


Pénurie spirituelle. Cette année nous n’aurons ni veillée, ni messe pour Noël. Malgré mes efforts je n’ai pas pu retarder ma mutation. Intérêt du service oblige.

Et pourtant.

Le diocèse de Saint-Pierre compte 6 057 habitants, « cinq clochers », deux prêtres incardinés. Il est constitué en un vicariat apostolique. Terre de mission, son vicaire apostolique, à l’époque Mgr Fischer, comme Mgr Lefebvre, est un spiritain. La comparaison s’arrête là.

Comme nous aurons l’occasion de le découvrir à l’occasion des seules messes protocolaires auxquelles j’ai dû participer, les assemblées sont nombreuses ; veilles traditions de pêcheurs basques, normands et bretons. Mais, conformément à nos craintes, nous sommes en plein dans l’esprit de Vatican II : lecture de l’Épître et des prières communes par des laïcs, communion distribuée par une religieuse ! Des petites filles servent la messe…

Non, décidément nous n’irons pas à cette messe.

Nous avons tout prévu. Nous sanctifions nos dimanches en suivant la liturgie sur nos missels et en respectant les dispositions requises. Chants grégoriens du graduel, de l’alléluia, de l’offertoire et de la communion avec nos CD de la Schola Bellarmina. Bonnes répétitions pour notre retour ; si Dieu le veut. Nous pratiquons la communion spirituelle.

Nous faisons également dire des messes par nos bons prêtres de France, en action de grâce ou pour des intentions particulières, et nous maintenons nos liens avec eux. Bienfait de la Providence, en février 2009, M l’abbé Pivert répondant à nos demandes[2] nous adresse un imprimé autographié qui comporte au verso le « Souvenez-vous, ô Notre Dame du Sacré Cœur… » et une communion spirituelle « Mon Jésus je suis si petit, vous êtes si grand et pourtant vous voulez vous donner à moi… » . Cette prière sera dite chaque dimanche jusqu’à notre retour en Métropole en février 2010. Elle est toujours dans mon missel ; le cas échéant.

Régulièrement, nos vacances ou mes déplacements professionnels, sont mis à profit afin de nous permettre de sanctifier la plupart des fêtes d’obligation.

Forts de tous ces soutiens, nous avons traversé ces années d’épreuves en restant « en union avec Notre Seigneur et Notre Dame ».

Deo gratias.

Vive le Christ Roi.

[1] Titre inspiré par celui de l’ouvrage d’Alexandre Soljenitsyne : Le grain tombé entre les meules. Esquisses d’exil.

[2] M l’abbé Pivert nous renouvelle ainsi le témoignage de son amitié en rappelant que « Le saint abbé Alfred de Rievaulx enseigne à ses moines que, contrairement aux autres hommes qui ont peu d’amis, les chrétiens, eux en ont beaucoup ; et Mgr Lefebvre disait que c’est encore plus vrai des « traditionalistes » qui ont des amis d’une rare qualité. »

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* Voici ce que Mgr Lefebvre pensait en 1989 de la messe chez les ralliés ou de la messe à indult (cela s'applique à la Messe semi-ralliée de la FSSPX). Il est très sévère, il parle de Messes "attrape-nigauds". Voulons-nous être des nigauds ?

« Cher monsieur l’abbé..., (lettre à un prêtre de la FSSPX)
« À votre bonne lettre, reçue hier à Saint Michel, je réponds aussitôt pour vous dire ce que je pense au sujet de ces prêtres qui reçoivent un « celebret » de la Commission Romaine, chargée de nous diviser et de nous détruire.
« Il est évident qu’en se mettant dans les mains des autorités actuelles conciliaires, ils admettent implicite­ment le Concile et les Réformes qui en sont issues, même s’ils reçoivent des privilèges qui demeurent exceptionnels et provisoires.
« Leur parole est paralysée pour cette acceptation. Les Évêques les surveillent !
« C’est bien regrettable que ces prêtres ne prennent pas conscience de cette réalité. Mais nous ne pouvons tromper les fidèles.
« Il en est de même pour ces « Messes traditionnelles » ! organisées par les diocèses (messes à indult). Elles sont célébrées entre deux Messes conciliaires. Le prêtre célébrant dit aussi bien la nouvelle que l’ancienne. Comment et par qui est distribuée la sainte communion ? Quelle sera la prédication ? Etc...
« Ces Messes sont des « attrape-nigauds » qui entraînent les fidèles dans la compromission !
« Beaucoup ont déjà été abandonnés.
« Ce qu’ils doivent changer, c’est leur doctrine libérale et moderniste.
« Il faut s’armer de patience et prier. L’heure de Dieu viendra.
« Que Dieu vous accorde de saintes fêtes de Pâques.
« Bien cordialement vôtre en Christo et Maria. »

(Mgr Lefebvre, Saint Michel en Brenne, le 18 mars 1989)

dimanche 13 mai 2018

Vœux « Pieux » – I

Kyrie eleison DLXV  ( 14 mai 2018)

Ô, Pauvre Menzingen, perdu dans ses vœux « pieux » !
Le néo-modernisme est un beau songe creux.


Un collègue français a rédigé en juin dernier un bon article sur la question de savoir s’il était opportun ou non pour la Fraternité Saint-Pie X d’obtenir des autorités romaines un statut canonique qui protégerait supposément ses intérêts. Il est bien évident que Menzingen, Quartier Général de la Fraternité en Suisse, croit fermement qu’on obtiendra un tel statut et, si le Supérieur Général actuel est réélu en juillet pour un troisième mandat, la Fraternité continuera de poursuivre ce but. Toutefois, d’après Acampo (n° 127 de juin 2017), il est tout autre que clair qu’un tel objectif doive être poursuivi. Pour quelles raisons ? Nous résumons ci-dessous l’article original qui occupe huit pages entières.

L’auteur y soutient qu’en aucun cas la FSSPX ne doit se soumettre à des autorités ecclésiastiques omnipotentes et imbues des principes de la Révolution française qu’incarne Vatican II, car ce sont les Supérieurs qui font les inférieurs, et non les inférieurs qui font les Supérieurs. Mgr Lefebvre a fondé la Fraternité pour résister à Vatican II parce que celui-ci a trahi la Foi catholique. En se soumettant aux autorités conciliaires, la Fraternité rejoindrait les prévaricateurs qui abandonnent la Foi.

Car ces autorités sont ou les évêques diocésains ou le Pape. Or, en ce qui concerne les évêques, ceux qui sont carrément hostiles à la Fraternité pourraient s’avérer moins dangereux que ceux qui peuvent se montrer amicaux, mais qui ne comprennent pas les exigences absolues de la Tradition catholique, car ces exigences ne sont pas seulement du fait de la Fraternité Saint-Pie X. Ensuite, en ce qui concerne le Pape, lorsque ses paroles et ses actes montrent qu’il agit contre cette Tradition catholique qu’il a précisément la charge de défendre, les catholiques ont le droit et le devoir non seulement de se protéger contre la manière dont il abuse de son autorité, mais aussi de lutter contre leur propre besoin inné de suivre dans l’obéissance l’autorité catholique. Certes, en théorie, un pape conciliaire peut promettre à la FSSPX une protection spéciale mais, dans la pratique, ne sera-t-il pas porté par ses propres convictions à tout faire pour que la Fraternité reconnaisse le Concile et abandonne la Tradition ? Compte tenu de la grande autorité dont il jouit, en tant que Pape, pour imposer sa volonté, les responsables de la Fraternité n’ont-ils pas le devoir d’éviter de se trouver sur son chemin ?

L’expérience montre que les Traditionalistes qui rejoignent la Rome conciliaire, commencent par se taire quant aux erreurs du Concile, pour finir, généralement, par les approuver. En acceptant de se taire dans un premier temps ils se rendent plus ou moins incapables de transmettre la Foi, et par une pente naturelle, de compromis en compromis, ils risquent même de finir par perdre la Foi. C’est la Foi qui a fait insister à Mgr Lefebvre que si les Romains ne veulent pas renouer avec la doctrine des Papes dans les grandes Encycliques anti-libérales – ce qu’ils n’ont pas encore fait, et ce qu’ils ne sont certes pas sur le point de faire – un dialogue entre Romains et les Traditionalistes est totalement inutile, et – il aurait pu ajouter – positivement dangereux pour la Foi.

L’article énumère également huit objections à cette position, données ici en italique, suivies d’une courte réponse :—

  1. Avec la Prélature Personnelle, Rome offre à la Fraternité une protection spéciale. – Protection des évêques diocésains, peut-être, mais pas de l’autorité suprême du Pape dans l’Église. 
  2.  Les demandes de Rome ont diminué. – Uniquement parce que les « concessions » visent à une coopération pratique plus efficace pour obtenir la soumission des catholiques. Les communistes connaissent bien cette tactique. 
  3. La FSSPX insiste pour être acceptée par Rome « telle qu’elle est », c’est-à-dire Traditionnelle. – Pour les Romains, cela signifie : « tels que vous serez devenus, une fois que la coopération pratique vous aura fait voir combien nous sommes gentils. » 
  4. La Fraternité pourra donc continuer d’attaquer les erreurs du Concile. Il n’y aura pas de changement sur ce point. – Rome a tout son temps pour demander avec insistance des changements toujours plus importants. 
  5. Mais le pape François aime la Fraternité ! – Tout comme le « Grand Loup » méchant aimait la petite « Chaperon Rouge » ! 
  6. La Fraternité a trop de vertu pour être trompée par Rome. – Vaine illusion ! Mgr Lefebvre lui-même a d’abord été trompé par le Protocole du 5 mai 1988. 
  7. Plusieurs communautés Traditionnelles ont rejoint Rome sans perdre la vraie Messe. – Mais plusieurs d’entre elles se sont mises à défendre plusieurs erreurs majeures du Concile. 
  8. Le pape François, en tant que personne , est dans l’erreur, mais sa fonction est sacrée. – Reconnaître le caractère sacré de sa fonction ne peut pas m’obliger à suivre ses erreurs personnelles, c’est-à-dire la mauvaise utilisation de sa fonction. La vraie Foi est au-dessus du pape.

Kyrie eleison.

vendredi 11 mai 2018

Neuvaine au Saint-Esprit pour préparer la Pentecôte

En tout temps et plus encore dans les nôtres, il nous faut des lumières spéciales du Saint Esprit pour avancer dans le chemin du ciel. Le monde, le démon, notre nature mauvaise risqueraient de nous faire dévier à gauche ou à droite sans que nous nous en rendions compte parce que nos forces naturelles sont insuffisantes.  Seule la puissance du Saint-Esprit pourra nous garder dans le chemin de la vérité et de la Fidélité Catholique. 
Il est donc vivement conseillé de réciter (ou de chanter) la neuvaine au Saint-Esprit du vendredi 11 mai au samedi 19 mai (Vigile de la Pentecôte). 



Veni, creator Spiritus,
Mentes tuorum visita,
Imple superna gratia
Quae tu creasti pectora.
Qui diceris Paraclitus,
Altissimi donum Dei,
Fons vivus, ignis, caritas
Et spiritalis unctio.
Tu septiformis munere,
Digitus paternae dexterae,
Tu rite promissum Patris,
Sermone ditans guttura.
Accende lumen sensibus,
Infunde amorem cordibus,
Infirma nostri corporis
Virtute firmans perpeti.
Hostem repellas longius
Pacemque dones protinus;
Ductore sic te praevio
Vitemus omne noxium.
Per te sciamus da Patrem,
Noscamus atque Filium;
Teque utriusque Spiritum
Credamus omni tempore.
Deo Patri sit gloria,
Et Filio, qui a mortuis
Surrexit, ac Paraclito
In saeculorum saecula.
Amen.



mercredi 9 mai 2018

La Fraternité est-elle encore sacerdotale ?

Une réaction intéressante de "Joseph" au sujet du dernier éditorial de "La lettre à nos frères prêtres n°77" de M. l'abbé Bouchacourt. Cette lettre est normalement destinée aux prêtres de l'Eglise conciliaire mais elle est lue, hélas, par beaucoup de fidèles de la Tradition. Ce genre de prose révèle une confusion très inquiétante des supérieurs actuels de la FSSPX entre les deux sacerdoces et n'aidera ni les fidèles de la Tradition à prier pour la conversion du pape et des prêtres modernistes, ni les prêtres modernistes à prendre des distances avec ce pape ultra réformateur. 

Y-a-t-il une différence entre le sacerdoce catholique et le sacerdoce des modernistes ? Pour nous oui mais il semble que non pour M. l'abbé Bouchacourt ! Lisez ce petit mot du supérieur de district de France qui invite les fidèles à répondre à l'invitation du pape qui veut convoquer un synode sur le thème des vocations.  Et ce, sans aucune distinction ou restriction. Comme si le pape actuel avait l'intention de former des prêtres franchement catholiques et antimodernistes comme à Avrillé !! On croit rêver ... mais non.

L'abbé Bouchacourt déplore qu'il n'y ait que 79 prêtres diocésains qui devaient être ordonnés pour l'année 2017.  Mais que valent ces 79 prêtres dont aucun n'aura reçu une formation correcte ? Même s'ils étaient 200 ou 300, le problème serait le même puisque la question n'est pas numérique mais de Foi ! Et nous savons qu'ils ont tous été plus ou moins moulinés à la théologie de Congar, Rahner, de Lubac , Ratzinger etc ... Ils ont tous quasiment irrécupérables.

La Fraternité était effectivement SACERDOTALE parce qu'elle formait des prêtres catholiques qui n'écoutaient pas la voix des mauvais papes qui sont à Rome. Mais elle considère aujourd'hui que "nous pouvons répondre à l'invitation du Pape". Invitation que nous savons tous être très peu catholique.

Joseph




samedi 5 mai 2018

Croisade de la Charité



Pour ce mois de mai, nous vous proposons d'étudier ce que Saint Thomas d'Aquin dit de la Charité et des mérites que nous pouvons acquérir en la mettant en pratique.  A contrario, sans la Charité, cela ne sert de rien (nous dit Saint Paul) !

mercredi 2 mai 2018

Judas, Apôtre et diable ~ Bergolio, Pape ou démon ?


Une étude de Don Curzio Nitoglia

Prologue

Une personne (par exemple, Judas Iscariote) peut-elle être en même temps l'apôtre de Jésus-Christ et le diable?

Dans les écrits Saint Paul , il est divinement révélé que les apôtres sont des « ministres de Dieu et les dispensateurs des mystères de Dieu » (2 Cor, V, 20.) Et - toujours dans l'Ecriture Sainte (Genèse, III, 1;. Apoc, XII, 9, XX, 2) - le diable est l'Ange se retournant contre Dieu et donc précipité en enfer (voir Concile de Latran IV, DB 428, Saint Thomas d'Aquin, S. Th., I, q. .). Comment concilier ces deux concepts? Nous chercherons une réponse en utilisant la Révélation divine (Sainte Ecriture et Tradition, interprétée par le Magistère de l'Église).

L’Évangile


Dans l’Évangile de Saint Jean (VI, 71-72), nous lisons: "Jésus répondit : Ne t'ai-je pas choisi parmi les Douze? Pourtant, l'un de vous est un diable. Il parlait de Judas Iscariote, fils de Simon: il était sur le point de Le trahir et était l'un des Douze ". Son «siège» d'apôtre n'était donc pas vacant.