samedi 23 mai 2026

Adresse urgente aux prêtres de la Fraternité Saint-Pie X

Suite à la Déclaration foi catholique de l'abbé Pagliarani du 14 mai, l'abbé Salenave revient sur ce que devrait vraiment comporter une telle déclaration pour répondre aux urgences actuelles de la crise de l'Église dans la pleine fidélité à la démarche de Mgr Lefebvre ; il en propose un modèle à ses confrères, dont le texte s'inspire au plus près de la protestation de foi publiée en novembre 1974 par le Fondateur lui-même.



Déclaration de Fidélité Catholique

Fidèles à l’héritage de Mgr Marcel Lefebvre, et en particulier à sa mémorable «Déclaration » du 21 novembre 1974, nous adhérons de tout notre cœur, de toute notre âme, à la Rome catholique, gardienne de la foi catholique et des traditions nécessaires au maintien de cette foi, à la Rome éternelle, maîtresse de sagesse et de vérité. 

Selon l’exemple de ce grand prélat, intrépide défenseur de l’Église et du Siège apostolique, nous refusons par contre et avons toujours refusé de suivre la Rome néo-moderniste et néo-protestante qui s’est manifestée clairement dans le concile Vatican II, et après le Concile dans toutes les réformes et orientations qui en sont issues. 

Ces réformes et orientations, en effet, ont contribué et contribuent encore à la démolition de l’Église, à la perte de son esprit missionnaire, à la propagation de l’indifférentisme et du relativisme – par l’œcuménisme et le dialogue interreligieux –, à la ruine du sacerdoce, à l’anéantissement du sacrifice et des sacrements, à l’affaiblissement de l’autorité pontificale, à l’anarchie théologique, à la confusion de l’action pastorale, à la disparition de la vie religieuse, à un enseignement naturaliste et teilhardien dans les universités, les séminaires, la catéchèse, enseignement issu du libéralisme et du protestantisme condamnés maintes fois par le magistère solennel de l’Église.

Aucune autorité, même la plus élevée dans la hiérarchie, ne peut nous contraindre à abandonner ou à diminuer notre foi catholique clairement exprimée et professée par le magistère de l’Église depuis vingt siècles, et à l’époque récente par les textes clés de sa doctrine anti-libérale et antimoderniste, à savoir :

  • Mirari vos, de Grégoire XVI ; 
  • Quanta cura et le Syllabus, de Pie IX ; 
  • Immortale Dei et Libertas, de Léon XIII ; 
  • Pascendi, de Pie X (avec le serment antimoderniste) ; 
  • Quas primas et Mortalium animos, de Pie XI ; 
  • Humani generis, de Pie XII.
« Si nous-même, dit saint Paul, ou si un ange venu du Ciel vous annonçait autre chose que ce que je vous ai enseigné, qu’il soit anathème ! » Et l’Apôtre insiste : «Nous l’avons déjà dit et aujourd’hui je le répète : si quelqu’un vous prêche autre chose que ce que vous avez reçu, qu’il soit anathème ! » (Gal. 1, 8-9) 

Si donc une contradiction vient à se manifester dans les paroles ou les actes du pape, ainsi que dans les actes des dicastères romains, par rapport à la doctrine traditionnelle, alors nous choisissons ce qui a toujours été enseigné et nous faisons la sourde oreille aux nouveautés destructrices de l’Église,  et à  toute «herméneutique» prétendant démontrer la continuité entre ces nouveautés et le magistère constant des siècles passés. 

On ne peut modifier profondément la lex orandi (la liturgie) sans modifier la lex credendi (la règle de la foi). A messe nouvelle correspondent catéchisme nouveau, sacerdoce et séminaires nouveaux, « communautés » nouvelles, pastorale nouvelle (accès des divorcés remariés à l’eucharistie, bénédiction des duos d’homosexuels…), nouvelles formes de dévotion, nouveaux critères de sainteté, nouveau droit canon, Église charismatique, pentecôtiste, œcuméniste et désormais « synodale », poursuivant une chimérique fraternité humaine au détriment de sa mission d’évangélisation et d’annonce du salut, toutes choses opposées à l’orthodoxie, au magistère de toujours et à l’unité catholique. 

Cette Réforme étant issue du libéralisme, du modernisme, est tout entière empoisonnée ; elle sort de l’hérésie et aboutit à l’apostasie. Il est donc impossible à tout catholique conscient et fidèle d’adopter cette Réforme et de s’y soumettre de quelque manière que ce soit. 

La seule attitude de fidélité à l’Église et à la doctrine catholique, pour notre salut, est le refus catégorique d’acceptation de la Réforme, même s’il faut recourir, pour survivre, à des solutions canoniques d’exception – car « le salut des âmes est la loi suprême » – ou subir éventuellement d’injustes condamnations. 

C’est pourquoi, sans aucune rébellion, aucune amertume, aucun ressentiment, nous entendons maintenir la profession intégrale de la foi sous l’étoile du magistère de toujours, persuadés que nous ne pouvons rendre un service plus grand à la sainte Église catholique, au souverain pontife et aux générations futures. 

C’est pourquoi, aussi, nous nous en tenons fermement à tout ce qui a été cru et pratiqué dans la foi, les mœurs, le culte, l’enseignement du catéchisme, la formation du prêtre, l’institution de l’Église, par l’Église de toujours et codifié dans les livres parus avant l’influence moderniste du Concile, en attendant que la vraie lumière de la tradition dissipe les ténèbres qui obscurcissent le ciel de la Rome éternelle. 

En l’état, l’amour de l’Église et notre fidélité à la mémoire et au combat de Mgr Lefebvre requièrent, plus que jamais, une confession vigoureuse et publique de la foi face aux fauteurs d’erreurs quels qu’ils soient. 

Dans cet esprit, et pour hâter, autant qu’il dépend de nous, le retour de l’Église à sa propre tradition bimillénaire, nous supplions instamment le souverain pontife d’accomplir dès que possible, comme vicaire de Jésus-Christ, successeur de Pierre et Docteur de la foi, trois gestes de la plus haute importance : 

  • déclarer qu’il tient fermement, et dans le même sens que ses prédécesseurs, la doctrine de Grégoire XVI, Pie IX, Léon XIII, Pie X, Pie XI et Pie XII, dénonçant les erreurs de la « culture libérale » : ainsi serait réaffirmée, contre la fallacieuse « liberté religieuse » et les « droits-de-l’homme-sans-Dieu », la royauté sociale de Jésus-Christ ; 
  • rétablir le serment antimoderniste, prescrit en 1910 et abrogé en 1967, pour l’accès aux ordres de la hiérarchie ecclésiastique : ainsi serait donné un coup d’arrêt au processus de corruption de la foi dans le clergé et parmi les fidèles, cause de « l’apostasie silencieuse » des masses catholiques ; 
  • faisant usage du privilège de l’infaillibilité pontificale, condamner solennellement les textes de Vatican II contraires aux définitions irréformables du magistère antérieur : ainsi serait révoquée la prétendue autorité d’un concile « pastoral », « nouvelle Pentecôte » de l’Église, qui s’avère avoir été, et reste à ce jour, le plus grand désastre de son histoire. 
Enfin, pour obtenir la paix du monde, nous implorons également du pape qu’il daigne effectuer la consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie, selon la demande du Ciel transmise à Fatima, et dans les formes requises par cette demande. 

Ce faisant, avec la grâce de Dieu, le secours de la Vierge Marie, de saint Joseph, de saint Pie X, nous sommes convaincus de demeurer unis à l’Église, une, sainte, catholique, apostolique et romaine, ainsi qu’aux successeurs de Pierre, et d’être les «fidèles dispensateurs des mystères de Notre-Seigneur Jésus Christ in Spiritu Sancto ». 

En ce 21 novembre 2024, cinquantième anniversaire de la Déclaration de Mgr Lefebvre. 

Téléchargez la "Déclaration de Fidélité" ici

vendredi 22 mai 2026

La Fraternité Saint-Pie X, hier (1988) et aujourd’hui (2026)

L'abbé Dominique Rousseau poursuit son étude des sacres annoncés pour le 1er juillet. Il met en évidence les différences flagrantes entre la manière d'envisager les sacres en 1988 et aujourd'hui.

Source


                                  

Voici quatre textes :
  1. Le premier, signé par les supérieurs majeurs de la Fraternité Saint-Pie X, au lendemain de la sentence portée par Jean-Paul II, au sujet des sacres du 30 juin 1988 ;
  2. Le second, du 7 mars 2026, par l’abbé Pagliarani, supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X, à la veille des sacres annoncés au 1er juillet 2026.
  3. Le troisième, du supérieur général actuel, l’abbé Pagliarani : un texte de février 2026
  4. Le quatrième, du supérieur général (1982 – 1994) qui succéda à Monseigneur Lefebvre, l’abbé Schmidberger : un texte d’octobre 1991.
Est-ce même esprit qui anime ces ecclésiastiques ?

Confrontation par les textes.

1 –  Lettre ouverte des supérieurs de la FSSPX au cardinal Gantin, Préfet de la Congrégation des Évêques, du 6 juillet 1988

Écône, 6 juillet 1988

Éminence,

Réunis autour de leur Supérieur général, les Supérieurs des districts, séminaires et maisons autonomes de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, pensent bon de vous exprimer respectueusement les réflexions suivantes.

Vous avez cru devoir, par votre lettre du 1e juillet passé, faire savoir à Son Excellence Monseigneur Marcel Lefebvre, à Son Excellence Monseigneur Antonio de Castro Mayer et aux quatre évêques qu’ils ont consacrés le 30 juin dernier à Écône, leur excommunication latæ sententiæ. Veuillez vous-mêmes juger de la valeur d’une telle déclaration venant d’une autorité qui, dans son exercice, rompt avec celle de tous ses prédécesseurs jusqu’au pape Pie XII, dans le culte, l’enseignement et le gouvernement de l’Église.

Pour nous, nous sommes en pleine communion avec tous les papes et tous les évêques qui ont précédé le Concile Vatican II, célébrant exactement la messe qu’ils ont codifiée et célébrée, enseignant le catéchisme qu’ils ont composé, nous dressant contre les erreurs qu’ils ont maintes fois condamnées dans leurs encycliques et leurs lettres pastorales. Veuillez donc juger de quel côté se trouve la rupture. Nous sommes extrêmement peinés de l’aveuglement d’esprit et de l’endurcissement de cœur des autorités romaines.

En revanche, nous n’avons jamais voulu appartenir à ce système qui se qualifie lui-même d’Église Conciliaire, et se définit par le Novus Ordo Missæ, l’œcuménisme indifférentiste et la laïcisation de toute la Société. Oui, nous n’avons aucune part, nullam partem habemus, avec le panthéon des religions d’Assise ; notre propre excommunication par un décret de votre Éminence ou d’un autre dicastère n’en serait que la preuve irréfutable. Nous ne demandons pas mieux que d’être déclarés ex communione de l’esprit adultère qui souffle dans l’Église depuis vingt-cinq ans, exclus de la communion impie avec les infidèles. Nous croyons au seul Dieu, Notre-Seigneur Jésus-Christ, avec le Père et le Saint-Esprit, et nous serons toujours fidèles à Son unique Épouse, l’Église Une, Sainte, Catholique, Apostolique et Romaine.

Être donc associés publiquement à la sanction qui frappe les six évêques catholiques, défenseurs de la foi dans son intégrité et son intégralité, serait pour nous une marque d’honneur et un signe d’orthodoxie devant les fidèles. Ceux-ci ont en effet, un droit strict à savoir que les prêtres auxquels ils s’adressent ne sont pas de la communion d’une contrefaçon d’Église, évolutive, pentecôtiste, et syncrétiste. Unis à ces fidèles, nous faisons nôtres les paroles du prophète (1 Rois, vii, 3) : Preparate corda vestra Domino et servite Illi Soli : et liberabit vos de manibus inimicorum vestrorum. Convertimini ad Eum in toto corde vestro, et auferte deos alienos de medio vestri.« Attachez fermement votre cœur au Seigneur et servez-le Lui Seul : et Il vous délivrera des mains de vos ennemis. C’est de tout Notre cœur que vous devez revenir à Dieu ; ôtez du milieu de vous les dieux étrangers »

Confiants dans la protection de Celle qui a terrassé toutes les hérésies dans le monde entier, nous vous prions d’agréer, Éminence, l’assurance de notre dévouement à Celui qui est l’unique voie de salut.

A Ecône, le 6 juillet 1988

Suivent les signatures du Supérieur général, de tous les Supérieurs de districts de séminaires et maisons autonomes de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X dans le monde entier :
• M. l’abbé Franz Schmidberger, supérieur général,
• MM. les abbés Paul Aulagnier, supérieur du district de France,
• Franz-Joseph Maessen, supérieur du district d’Allemagne,
• Edward Black, supérieur du district de Grande-Bretagne,
• Anthony Esposito, supérieur du district d’Italie,
• François Laisney, supérieur du district des États-Unis,
• Jacques Emily, supérieur du district du Canada,
• Jean-Michel Faure, supérieur du district du Mexique,
• Gérard Hogan, supérieur du district d’Australie et Nouvelle-Zélande,
• Alain Lorans, directeur du séminaire d’Écône,
• Jean-Paul André, directeur du séminaire de Flavigny,
• Paul Natterer, supérieur du séminaire de Zaitzkofen,
• Andrés Morello, supérieur du séminaire de La Reja,
• William Welsh, directeur du séminaire de la Sainte-Croix en Australie,
• Michel Simoulin, recteur de l’institut Saint-Pie X à Paris,
• Patrice Laroche, sous-directeur du séminaire d’Écône,
• Philippe François, supérieur de la maison autonome de Belgique et du Luxembourg,
• Roland de Mérode, supérieur de la maison autonome des Pays-Bas,
• Georg Pfluger, supérieur de la maison autonome d’Autriche,
• Guillaume Devillers, supérieur de la maison autonome d’Espagne,
• Philippe Pazat, supérieur de la maison autonome du Portugal,
• Daniel Couture, supérieur de la maison autonome d’Irlande,
• Patrick Groche, supérieur de la maison autonome du Gabon,
• Franck Peek, supérieur de la maison autonome d’Afrique australe.
(Extrait de Fideliter N° 64 de juillet-août 1988, pages 11 et 12)

2 – Extrait de la lettre de l’abbé Pagliarani aux membres de la FSSPX, du 7 mars 2026 :

« Si nous venions à être déclarés excommuniés et schismatiques, cela ne signifierait pas que nous recherchions une telle sanction ni que nous nous en réjouissions, car elle serait objectivement injuste. Une chose est de se réjouir d’avoir une nouvelle humiliation à offrir à Dieu ; une autre serait de se réjouir, dans un esprit de défi, d’un mal et d’une injustice objective, qui provoque un scandale pour l’Église tout entière. Caritas non gaudet super iniquitatem – la charité ne se réjouit point de l’injustice. »


Bref commentaire : ce n’est pas le même état d’esprit qui anime, à 38 ans de distance, la lettre des supérieurs majeurs de la FSSPX et celle du supérieur général actuel. Ceux-là se réjouissaient de la prétendue excommunication fulminée par la Rome conciliaire, celui-ci prône une charité qui n’est plus combattive.

3 – Un deuxième texte de l’abbé Pagliarani éclaire son écrit (7 février, à La Martinerie, Châteauroux) :

« Que fera la Fraternité si Rome condamne les sacres ?

Question :

De manière plus concrète, en revenant à l’annonce que vous avez faite au sujet des sacres épiscopaux prévus le 1er juillet prochain pour la Fraternité Saint-Pie X — sacres qui donneront le pouvoir d’ordre, c’est-à-dire la capacité de conférer les sacrements, mais non le pouvoir de juridiction —, il faut demander au pape un mandat pontifical, comme le prévoit le droit canon.
Sans faire ni prophétie ni science-fiction, pensez-vous que le pape Léon XIV puisse accepter cette demande ? Ou du moins s’abstenir d’intervenir, en tolérant que les choses se fassent sans les approuver explicitement ? Comment voyez-vous la situation ?

Réponse :

Tout est possible. Oui, tout est possible.

Je dirais ceci : de même que Benoît XVI a levé les décrets d’excommunication en 2009 — ce qui paraissait assez inespéré —, je pense qu’un pape peut comprendre que la Fraternité agit avec une intention droite. Cela me paraît évident. Nous avons une intention droite. Nous sommes assez directs, comme nous l’avons dit : nous disons ce que nous pensons.

Le pape peut donc le comprendre, peut même l’apprécier, sans nécessairement partager notre position. Et, s’il a réellement le souci des âmes, alors, pour le bien de toutes ces âmes qui, d’une manière ou d’une autre, directement ou indirectement, ont recours à la Fraternité, ou voient en elle un point de référence, je pense qu’un pape peut théoriquement comprendre cette nécessité particulière de la part de la Fraternité.

C’est possible. Oui, c’est possible. Mais, encore une fois, tout cela dépend de Dieu, de la Providence, et de la bonne volonté du pape.

Je pense que le fait d’annoncer les sacres cinq ou six mois à l’avance nous permet, à nous, de nous préparer au pire ; mais cela permet aussi au pape de réfléchir, et, je l’espère, de recevoir encore de notre part des explications supplémentaires, afin de mieux comprendre notre bonne volonté.

Tout cela est possible. En revanche, je ne pense pas que le pape adhérera intégralement à la Tradition d’ici le 1er juillet. Humainement parlant, ce n’est pas la perspective. Mais qu’il puisse comprendre, cela, oui, c’est possible. »

4 – En 1991, le supérieur général de la Fraternité, l’abbé Schmidberger, avait lancé une croisade de prières, dont voici quelles étaient les intentions :

  • La conversion de Rome et des évêques ;
  • Le retour du Christ Roi des nation jadis chrétiennes ;
  • La prédication de la foi et la construction d’institutions du salut dans chaque pays où les âmes nous appellent.
  • La solution de la crise actuelle gît surtout à Rome et chez les évêques, Imminemment chez le Pape même. Il faudrait donc convertir surtout ceux-ci, dans le sens d’un retour à la pleine tradition de l’Église, de la doctrine le culte et le gouvernement.  (Cor unum, bulletin de liaison des membres de la FSSPX, n° 40, octobre 1991, éditorial)

Bref commentaire : deux supérieurs généraux, l’un en 1991, l’autre en 2026, ne disent pas la même chose, et même se contredisent. En effet : le premier fait prier pour la conversion du pape, le second n’envisage qu’une compréhension humaine de la nécessité des sacres épiscopaux.

Conclusion

C’est en 2012 que le principe énoncé en 2006 fut inversé : « Pas d’accord pratique sans accord doctrinal ». A tous ceux qui veulent y voir clair dans la crise qui secoue la FSSPX depuis lors, nous ne pouvons que recommander la lecture des « Commentaires Eleison » de Mgr Williamson. A l’heure actuelle, quatre tomes sont publiés. ( Volume 3  ou dans les centres de messe de la Fidélité)

Abbé Dominique Rousseau
Pentecôte 2026

mardi 19 mai 2026

A propos des sacres du 1er juillet : d'autres analyses

Il y a quelques jours, nous publiions l'analyse par l'abbé Girouard de la situation "pré-sacres" que nous vivons actuellemnt.  Voici maintenant l'analyse de l'abbé Dominique Rousseau et une autre de l'abbé Salenave. 

Abbé Dominique Rousseau : 

Un marché de dupes : les sacres de juillet 2026

L’échéance des sacres épiscopaux annoncés au 1er juillet 2026 à Ecône (FSSPX) se rapprochant, nous publions ce que nous avons écrit fin mars pour notre bulletin trimestriel « Scutum fidei », n° 27.
Voici le scénario : les sacres vont être effectués, sans mandat pontifical. Rome actuellement brandit le drapeau rouge des excommunications à venir ; mais avec l’entremise de Mgr Schneider, habile politicien entre Rome et la Fraternité, la sentence ne sera pas prononcée. Et Mgr Fellay, non moins habile, radieux comme toujours, dira que le miracle aura eu lieu. Un marché de dupes, où seuls les aveugles volontaires ne voient rien…

Nous reprenons en le citant un tertiaire franciscain : « Nos statuts déconseillent de nous rendre aux spectacles. Je n’irai pas à Ecône où il faudra un QR code pour assister aux sacres. »

La rédaction, 19 mai 2026

Des sacres dans la Fraternité Saint-Pie X

L’annonce en a été faite par son Supérieur général le 2 février dernier à Flavigny. Rome s’en est émue et l’abbé Pagliarani s’est rendu au Dicastère de la foi pour y rencontrer le Préfet, le cardinal Fernandez – dit Tucho -, promoteur et défenseur des hontes immorales (entre autres), qui déniait au mois de novembre le Titre glorieux de Médiatrice et de Corédemptrice à la Vierge Immaculée.
A la suite de cet entretien, l’abbé Pagliarani a consulté son Conseil et le 18 février, il écrivait une fin de non-recevoir aux menaces romaines. C’est honorable.

Mais… n’y a-t-il que cela à écrire sur le sujet ? Non certes, car les sacres ne sont pas encore réalisés. Le Supérieur général espère bien que le pape sera bienveillant. Voici ses propos, en réponse d’une question posée lors de la dernière université d’hiver de la FSSPX à Châteauroux :

Question : « Sans faire ni prophétie ni science-fiction, pensez-vous que le pape Léon XIV puisse accepter cette demande ? Ou du moins s’abstenir d’intervenir, en tolérant que les choses se fassent sans les approuver explicitement ? Comment voyez-vous la situation ? » 
Réponse : « Tout est possible. Oui, tout est possible.  Je dirais ceci : de même que Benoît XVI a levé les décrets d’excommunication en 2009 — ce qui paraissait assez inespéré —, je pense qu’un pape peut comprendre que la Fraternité agit avec une intention droite. Cela me paraît évident. Nous avons une intention droite. Nous sommes assez directs, comme nous l’avons dit : nous disons ce que nous pensons.
Le pape peut donc le comprendre, peut même l’apprécier, sans nécessairement partager notre position. Et, s’il a réellement le souci des âmes, alors, pour le bien de toutes ces âmes qui, d’une manière ou d’une autre, directement ou indirectement, ont recours à la Fraternité, ou voient en elle un point de référence, je pense qu’un pape peut théoriquement comprendre cette nécessité particulière de la part de la Fraternité.
C’est possible. Oui, c’est possible. Mais, encore une fois, tout cela dépend de Dieu, de la Providence, et de la bonne volonté du pape.
Je pense que le fait d’annoncer les sacres cinq ou six mois à l’avance nous permet, à nous, de nous préparer au pire ; mais cela permet aussi au pape de réfléchir, et, je l’espère, de recevoir encore de notre part des explications supplémentaires, afin de mieux comprendre notre bonne volonté.
Tout cela est possible. En revanche, je ne pense pas que le pape adhérera intégralement à la Tradition d’ici le 1er juillet. Humainement parlant, ce n’est pas la perspective. Mais qu’il puisse comprendre, cela, oui, c’est possible. »

samedi 16 mai 2026

Appel du Père Joseph Onuorah

 Source

Nous sommes heureux de soutenir et de recommander cet appel aux dons du Père Onuorah. Ce dernier donne des informations supplémentaires sur les travaux de construction de son prieuré au Nigéria.

Le budget prévu pour la maison du prêtre comprend une chambre pour moi et quelques autres chambres pour les prêtres et l'évêque de passage, ainsi que pour les prêtres et séminaristes invités. Il inclut également un petit oratoire, un salon, une salle à manger et une cuisine. Un budget de 7 000 USD pourrait permettre de mener à bien les travaux.

Nous avons commencé à creuser les fondations de la maison du Père samedi dernier, le 25 avril 2026. Nous avons poursuivi les travaux aujourd'hui, le 27 avril 2026, car nous n'avions pas pu les terminer samedi dernier. J'ai acheté quelques barres de fer, des sacs de ciment et du sable pour démarrer la construction.

Quelques photos illustrent mieux l'avancement des travaux.


Future église




Futur prieuré












vendredi 15 mai 2026

Défense de la mémoire de Mgr Williamson



Monseigneur Williamson vient d'être très méchamment calomnié par un prêtre pour "infidélité". Comme la devise et la vie de Mgr Williamson se caractérisaient par la Fidélité, l'abbé Salenave s'est permis de lui répondre en public.


 

jeudi 14 mai 2026

Lettre de Broadstairs 12 (Mai 2026)

 


Lettre de Broadstairs 12 (Mai 2026)

Nova et vetera

Veillez et priez

Nous avons achevé notre étude sur l'Église et la fin des temps. Pour envisager les événements futurs, nous nous sommes fondés exclusivement sur les prophéties qui font partie intégrante des Écritures divinement inspirées. Ainsi, notre travail s'appuie sur les sources mêmes qui fondent la Foi, et il serait donc imprudent de nier ce qui a été dit concernant la venue de l'Antéchrist, les apparitions d'Énoch et d'Élie, la conversion des Juifs et les signes annonciateurs du Jugement dernier.

Là où nous avons pu nous tromper, c'est dans les commentaires des différents passages de l'Apocalypse, ainsi que dans le déroulement des événements cités plus haut. Mais si nous avons eu raison, c'est bien en suivant les interprètes compétents, le plus souvent les Pères de l'Église.

Nous pensons ne pas nous tromper en voyant dans l'état actuel du monde les préludes à la crise finale décrite dans les Écritures saintes. Nous ne pouvons rien imaginer de pire que l'apostasie des nations chrétiennes, la perte de la foi chez tant d'âmes baptisées, le plan satanique de la guerre menée contre l'Église et la position de pouvoir des sectes maçonniques.

Cela dit, nous ne devons pas faire preuve d'une rigidité excessive dans notre réflexion. Notre époque est marquée par l'indécision et les tourments. L'humanité est anxieuse et hésitante. La bonté existe encore, et face à la propagande révolutionnaire et satanique, un mouvement de renaissance catholique se manifeste par de nombreux actes de générosité et d’initiatives religieuses. Ces deux courants s'affirment de jour en jour, et seul Dieu Tout-Puissant sait lequel l'emportera.

Il est certain également que la mission terrestre de l'Église est loin d'être terminée. Notre Seigneur a fait savoir que la fin des temps n'arriverait pas avant que l'Évangile n'ait été prêché au monde entier, ce qui n'est pas le cas pour le cœur de l'Afrique, la Chine ou le Tibet.

Comment l’Église portera-t-elle l’Évangile aux nations qui l’ignorent encore ou qui ne l’ont que partiellement reçu ? Sera-ce en temps de paix ou en temps de persécution ? Les deux hypothèses sont envisageables, car la vie de l’Église dépasse les calculs humains. On se souvient par exemple des victoires éclatantes remportées contre les infidèles au plus fort de la révolte protestante.

En réalité, la confiance la plus absolue dans le magnifique destin futur de l'Église n'est pas du tout incompatible avec nos réflexions et considérations sur la gravité de la situation actuelle.

Tout en pensant que nous participons aux prémices de la crise qui mènera à la venue de l'Antéchrist, nous devons nous garder de vouloir être précis quant au lieu et au moment exacts. De même qu'un voyageur peut voir, mais ne peut estimer la distance jusqu'à un horizon montagneux, il en va de même pour nous qui pouvons observer le déploiement du plan satanique sans connaître l'échelle de temps ni le cours exact des événements. Seul le Père céleste connaît le jour et l'heure…

En ces temps d'incertitude, mais toujours sous la protection divine, il nous faut veiller et prier. Veiller et prier car ces temps sont incontestablement périlleux (2 Timothée 3,1), parce que le danger de perdre la foi, à cette époque de scandale, est très grand.  

Veillez et priez afin que l'Église puisse poursuivre son œuvre d'illumination des âmes dans ce monde de ténèbres.

Veillez et priez afin de ne pas succomber à la tentation.

+ Paul Morgan

[Ceci achève le résumé de l'œuvre du Père Emmanuel André : « Le drame de la fin des temps », écrite en 1885]

——–

Postface de Mgr Jean-Joseph Gaume (1860) :

Voyez ce qui se passe autour de vous et discernez les signes des temps. La séduction est partout : dans les lois, dans la morale, dans les livres et les discours, dans les comportements publics et privés de la multitude. Le nombre et l'autorité des vérités catholiques diminuent de jour en jour. Comprenez bien et soyez convaincus que jamais votre position ne fut plus critique. Mais plutôt que de vous retirer du monde, efforcez-vous de vous préserver du mal.

Plus qu’en aucun temps, le chrétien doit être un soldat jusqu'à son dernier souffle. Si vous comprenez cela, les grandes épreuves qui nous attendent vous rempliront d'un grand courage et d'une sainte joie. En effet, ces événements sont la preuve inébranlable de votre Foi et le fondement inébranlable de votre espérance, car ils sont l'accomplissement tangible des prophéties de notre Divin Maître.

Tenez donc ferme, car le grand combat antichrétien annonce l'aube du jour de la Justice, où tout sera rétabli pour toujours. Ne vous contentez pas de voir, mais priez. Beaucoup ne surent pas discerner les signes annonçant le Déluge, et nombreux furent ceux qui ne reconnurent pas les signes précurseurs de la destruction de Jérusalem ; il en sera de même à la fin des temps…

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Rappel : Il est désormais possible de recevoir la version française des lettres et documents publiés sur Respice Stellam (Apostolat de la Maison de la Reine des Martyrs à Broadstairs) en en faisant la demande à lettredebroadstairsfrancais@gmail.com

mercredi 13 mai 2026

Un miracle pour éviter les excommunications : est-ce souhaitable ?

Le 30 avril dernier, l'abbé Girouard a écrit à ses groupes le message suivant.  Cette analyse nous semble intéressante à considérer pour comprendre les événements contemporains. 

 
Chers amis,

Il y a quelques jours, je vous informais que des sources vaticanes indiquaient que le Pape suivrait la voie de 1988 concernant les consécrations épiscopales de la FSSPX. Cette information provenait d'un article de Rorate Coeli.

Hier, LifeSiteNews a apporté des précisions :

Le cardinal Fernandez a déjà préparé un document d'excommunication et de schisme. On ignore s'il concernera tous les membres de la FSSPX, voire même les fidèles qui la soutiennent.

En réponse, Mgr Fellay a déclaré, lors d'un sermon à St. Mary's Kansas :
« Je préfère ne pas jouer les prophètes, mais je suis presque certain qu'il y a une forte probabilité que vous tous, nous y compris, soyons excommuniés, déclarés schismatiques. Cette probabilité est très élevée car ils l'ont déjà annoncé publiquement. Ils se forcent donc, pour ainsi dire, à le faire. Mais quoi qu'il en soit, Dieu peut faire des miracles. Ce n'est pas la fin », a-t-il affirmé.


L'invocation d'un miracle par Mgr Fellay à Rome rappelle à beaucoup d'entre nous, j'en suis sûr, les miracles qu'il espérait lorsqu'il a lancé deux croisades du Rosaire : pour la liberté de la messe traditionnelle et la levée des excommunications de 1988.

Vous vous souvenez peut-être aussi de la rapidité avec laquelle il a déclaré que les miracles s'étaient produits et de la nécessité de remercier publiquement la Vierge Marie.

Ce faisant, il induisait clairement le peuple en erreur et offensait la Vierge Marie. En effet, Notre-Dame ne peut nous offrir de présents empoisonnés. C'est impossible.

Or, le Motu Proprio Summorum Pontificum de 2007 était un mauvais document. En effet, il déclarait officiellement que la messe traditionnelle était moins bonne pour l'Église que le Novus Ordo, puisqu'il déclarait ce dernier comme la forme ordinaire de la liturgie romaine, et la messe tridentine comme une exception, une forme « extraordinaire ». De plus, il laissait aux évêques locaux le pouvoir de décider de la mise en œuvre effective du Motu Proprio.

Quant au décret de 2009 « levant » les excommunications, il n'a jamais abrogé le décret de 1988 lui-même. Il n'a jamais reconnu l'invalidité des excommunications. Il n'a jamais fait table rase du passé. Il a simplement indiqué que, par souci de bonne volonté, le Vatican suspendrait l'application du décret. Autrement dit : le décret existe toujours, mais son application est suspendue. Dans une affaire civile et pénale, la déclaration serait : « Votre condamnation pour un crime grave est toujours valable, mais, dans un geste de bienveillance, nous vous libérons de prison. » Il ne s'agit en aucun cas d'une déclaration d'innocence ni d'une condamnation injustifiée.

Comme vous pouvez le constater, les décisions romaines de 2007 et 2009 ne sauraient être considérées comme des réponses miraculeuses ou des dons de la Vierge Marie en réaction aux Croisades du Rosaire.

Or, depuis le 2 février dernier, nous assistons à un véritable théâtre d'opérations entre la FSSPX et Rome.
  • La FSSPX prétend renouer avec la voie tracée par Mgr Lefebvre, quitte à s'exposer à l'excommunication et à une déclaration de schisme comme en 1988.
  • Rome fait croire que tout est prêt. Il ne manque plus qu'une signature sur un parchemin.
Les deux camps s'empressent de répéter à qui veut l'entendre qu'un affrontement est inévitable. Cardinaux, évêques, prêtres et commentateurs conservateurs affirment tous qu'il faut éviter un tel conflit, trouver une solution avant qu'il ne soit trop tard. Ce serait une immense tragédie pour toute l'Église.

Le but de cette mise en scène est de nous tenir en haleine, de nous faire haleter, le front plissé d'une main et le chapelet serré de l'autre…

Mais voilà que Mgr Fellay, ce même personnage peu scrupuleux qui a tenté de nous duper en 2007 et 2009, ose espérer un miracle !

Nous prépare-t-il à voir comme un miracle un acte « miséricordieux et compatissant » du Pape qui, en réalité, a été décidé il y a des mois comme l'acte final du spectacle commencé le 2 février ?

Pour moi, le véritable miracle serait l'excommunication définitive de la FSSPX et de ses fidèles de l'Église conciliaire. Être déclaré sans communion avec une Église hérétique, schismatique de la Tradition de l'Église catholique, serait un honneur et une preuve de la véritable foi catholique !

Nous pourrions oublier toutes les manœuvres de Mgr Fellay et de ses acolytes (toujours à la tête de la FSSPX) depuis la fondation du GREC en 1997.

Alors la situation entre l'Église conciliaire et la FSSPX serait claire et bien définie, nous pourrions retrouver espoir en l'avenir de la véritable Église.

Nous verrons bien…

En attendant, le spectacle continue, mes amis. Préparez le pop-corn et gardez la bière au frais !

Abbé Girouard

mardi 14 avril 2026

Lettre de Broadstairs 11 (Avril 2026)

Voici la nouvelle Lettre de Broadstairs, rédigée par Mgr Paul Morgan qui poursuit l'apostolat à Broadstairs depuis le décès de Mgr Williamson. Il est désormais possible de recevoir la version française des lettres et documents publiés sur Respice Stellam (Apostolat de la Maison de la Reine des Martyrs à Broadstairs) en en faisant la demande à lettredebroadstairsfrancais@gmail.com

Nova et vetera

L’avènement du souverain Juge

Il est superflu de chercher l'heure précise du retour de Notre Seigneur, car c'est un secret impénétrable, inconnu de toute créature.

Toutefois, ce moment suprême, qui mettra fin au monde actuel de péché sera précédé de signes frappants qui captiveront l'attention des croyants comme des impies : la persécution de l'Antéchrist et l'apparition d'Énoch et d'Élie. Saint Paul affirme que le Jésus-Christ terrassera l'Antéchrist du souffle de Sa bouche, comme si le châtiment de l'homme de péché coïncidait avec le Second Avènement. Cependant, cette interprétation n'est pas partagée par tous, car les paroles de saint Paul pourraient signifier que la destruction de l'Antéchrist ne serait consommée qu'au jour du Jugement général, bien que sa mort soit déjà survenue quelque temps auparavant.

De plus, les Évangiles laissent clairement entendre qu'il y aura un certain laps de temps, quoique relativement bref, entre le châtiment du monstre et la consommation de toutes choses. Saint Thomas d'Aquin [Suppl. qu. 81, art. 1] répand une vive lumière sur le temps qui s'écoulera entre la mort de l'Antéchrist et la venue du Seigneur : « Avant l'apparition des signes du jugement, les impies se croiront en paix et en sécurité, car ils ne verront pas la fin du monde telle qu'ils l'imaginaient auparavant. » Dès lors, il est possible de formuler les conjectures plausibles suivantes, bien qu'elles ne relèvent que du domaine des simples probabilités.

Nous avons déjà parlé du triomphe retentissant de l'Église après la défaite de l'Antéchrist et de la façon dont elle ouvrira son cœur et ses bras à tous, à ses enfants, aux Juifs convertis, aux hérétiques convertis, aux descendants des enfants de Noé (Cham, Sem et Japhet) ; en un mot, réalisant la grande unité acquise par le Sang de l'Agneau de Dieu, lorsqu'il n'y aura qu'un seul troupeau et un seul berger.

Il y aura sans doute encore des personnes mauvaises et impies, même en ce temps de triomphe, mais il est permis de penser qu'elles seront cachées dans l'immensité de l'exaltation publique.

Cependant, ces jours merveilleux ne dureront que jusqu'à ce que les gens commencent à oublier ces événements solennels qui les ont conduits au bonheur, et alors une certaine tiédeur s'installera après la ferveur initiale, et cette transition se produira rapidement étant donné que l'Église n'aura plus d'ennemis à combattre.

Le même thème est développé par l'abbé Arminjon dans son ouvrage « Fin du monde présent. Mystères de la vie future ». Il écrit : « L'humanité, par un abus criminel des grâces, retournera à ses souillures. Tournant ses aspirations vers le monde, elle se détournera de Dieu Tout-Puissant, au point de ne plus voir le Ciel et ne plus se souvenir de Ses justes jugements. Toute foi sera éteinte dans les cœurs. La Divine Providence jugera qu'il n'y a plus aucun remède. »

« Ce sera comme au temps de Noé, lorsque les hommes vaquaient à leurs occupations habituelles jusqu'à ce que le déluge arrive et submerge le monde entier. De même, la catastrophe finale surviendra lorsque le monde se sentira le plus en sécurité, la civilisation sera à son apogée, l'argent abondant, avec des fêtes nationales et de grandes expositions. L'humanité se complaira dans une prospérité matérielle sans précédent, à l'image de cet homme de l'Évangile qui, se croyant à l'abri, ses greniers remplis, entendra soudain, au milieu de la nuit, un grand tumulte et une voix s'écrier : « Dieu est là, sortez à Sa rencontre ! » (Matthieu 25,6). »

Et l'auteur ajoute que ces hommes n'auront pas le temps de se repentir, bien que nous devions diverger sur ce point car la grande catastrophe sera en effet précédée de signes effrayants qui, ensemble, constitueront un appel suprême de la Miséricorde divine.

Le soleil s'obscurcira, la lune ne brillera plus et les lois du mouvement des astres sembleront suspendues. Les mers seront en proie à une grande turbulence, accompagnée de vagues gigantesques, et la terre sera secouée par des tremblements de terre, si bien que les hommes ne sauront où se réfugier. Enfin, la terre s'ouvrira et crachera un brasier infernal, tandis que dans le ciel apparaîtra une croix éclatante, annonçant la venue du Juge Souverain.

Nul ne peut dire combien de temps dureront ces signes. L'Écriture sainte affirme seulement que les hommes seront saisis de crainte, mais que certains se convertiront, comme au temps du Déluge, selon saint Pierre.

Quant aux justes, ils lèveront la tête avec confiance, et la croix resplendissante les comblera de joie. Ainsi l'Église aura accompli sa mission terrestre et le monde aura attendu qu'elle ait moissonné le dernier des élus.

(à suivre.)

Note reçue de Respice Stellam (sur telegram) :

Nous avons le plaisir de vous présenter le nouveau site Respice Stellam, entièrement remanié. Vous y trouverez les archives officielles de la « Lettre de Broadstairs » ainsi que tous les « Commentaires Eleison » en plusieurs langues, regroupés dans une base de données consultable. N’hésitez pas à le visiter pour vous familiariser avec son fonctionnement. Ce site comporte également une page dédiée aux dons en ligne destinés à soutenir la suite de l’apostolat de Mgr Williamson. Que Dieu vous bénisse.

lundi 13 avril 2026

Sermon de Mgr Michael Stobnicki pour la Vigile de la Pâques 2026

Sermon pour la Vigile de Pâques de S.E. Mgr  Michael Stobnicki - Evêque polonais de la Résistance Catholique 


Voici la traduction intégrale de ce sermon polonais en français :



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Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il


Nous nous réunissons en cette sainte nuit pour méditer le mystère de la résurrection de notre Seigneur Jésus-Christ. Pour méditer ce moment qui a changé le cours de l’histoire, ce moment où la mort a été vaincue, écrasée. Le vainqueur de la mort, de l'enfer et de Satan sort du tombeau comme un chef triomphant, comme celui qui nous conduit aux portes du Ciel qui ont été ouvertes.

Le Vendredi Saint, lorsque le Christ est mort sur la croix, comme l’a décrit l’apôtre saint Jean dans son Évangile, un centurion a ouvert son côté avec une lance. Il ne l’a pas transpercé ou blessé par hasard, mes chers frères, mais il l’a ouvert, car le coeur de Jésus est la porte du Ciel. En ce Vendredi Saint, alors que le Seigneur achevait son sacrifice expiatoire et payait la dette de l’ancienne faute, ces portes du Ciel se sont à nouveau ouvertes pour nous.

C'est à juste titre que saint Jean l'Évangéliste utilise ce verbe pour exprimer la réalité surnaturelle : l’ouverture des portes du Ciel. Et il ajoute que de ce coeur sont sortis du sang et de l'eau. Cela n'a pas seulement coulé, cela est sorti. À travers une porte, on sort et on entre. Par la porte ouverte du coeur de Jésus, la grâce de Dieu est sortie sur ce monde.

1) Le sang et l'eau symbolisent les sacrements de l'Église

En premier lieu, le thème principal de cette liturgie du Samedi Saint : le sacrement du baptême. Le baptême qui lave l'âme du péché originel. Le baptême qui verse la grâce de Dieu dans l'âme.

Chers fidèles, nous célébrons cette nuit bénie, la seule nuit qui fut digne de connaître l'heure de la résurrection. Cette nuit où le Christ a anéanti la mort. Cette nuit qui est étroitement liée au Vendredi Saint. On ne peut séparer le Vendredi Saint du matin de la Résurrection. On ne peut séparer la croix du Christ, sa passion et sa souffrance, de la gloire et de l'éclat de sa résurrection.

2) Le Mystère de la Chapelle d'Adam

Ceux d'entre vous qui ont eu la chance de visiter la Terre Sainte et la basilique du Saint-Sépulcre ont peut-être vu deux endroits particuliers qui expriment le mystère de cette nuit : le Calvaire et la chapelle d'Adam. Il s’avère, mes chers, que la chapelle d'Adam se trouve au pied du Calvaire, exactement sous le lieu de la crucifixion du Christ. Nous nous souvenons tous que les Évangiles indiquent qu’au moment où le Christ a expiré, il y eut un puissant tremblement de terre. Le rocher du Calvaire, sur lequel le Christ fut crucifié, s'est fendu. Cette fissure est encore visible aujourd'hui à travers plusieurs mètres de roche.

Ce tremblement de terre n'était pas un hasard. Lorsque le rocher s'est fendu, le sang qui coulait des plaies de Jésus et de la croix a coulé à travers cette fissure jusqu'au tombeau d'Adam, lavant son crâne.

Ainsi, ce lieu exprime de manière unique le mystère de la Rédemption. Notre premier père Adam, par qui la mort est entrée dans le monde, reposait précisément là où, des millénaires plus tard, la rédemption devait être accomplie. Et en ce Vendredi  Saint, le sang du Christ, le "Nouvel Adam", le Sauveur qui apporte la vie au monde, a coulé sur les restes d'Adam.

3) L'Exsultet

C'est pourquoi la Sainte Église proclame aujourd'hui dans l'Exsultet ces paroles qui nous semblent parfois impénétrables :

"Ô nuit, où le Christ, brisant les liens de la mort, est remonté victorieux des enfers. Car notre naissance ne nous aurait servi de rien, si nous n'avions pas été rachetés... Ô l'inestimable tendresse de ton amour ! Pour racheter l'esclave, tu as livré le Fils ! Ô faute d'Adam, certainement nécessaire, qui fut effacée par la mort du Christ ! Ô bienheureuse faute, qui nous a mérité un tel et si grand Rédempteur !"

Chers fidèles, nous nous penchons aujourd'hui sur le mystère de la rédemption. La Sainte Église nous fait prendre conscience de ce à quoi la passion de Jésus doit nous conduire. Qu'est-ce que la Rédemption ? La rédemption signifie pour nous une nouvelle naissance. Le Christ paie la dette de nos péchés et les lave de son propre sang, tout comme il a lavé les restes d'Adam.

4) Méditons  sur la Grâce du Baptême. 

Elle sera liée à une ferme résolution de garder et de préserver la grâce que nous avons reçue par le Saint Baptême. Une grâce insondable : ce lavage des fautes, cette libération du péché.

Prenons conscience de ce qu'est le Saint Baptême et de ce qu'il accomplit en nous. En méditant cette nuit sainte, où le Christ est descendu aux enfers pour en faire sortir les âmes des justes de l'Ancienne Alliance qui attendaient depuis des millénaires,  réalisons quelle grande grâce c'est pour nous tous d'avoir été baptisés et d'être catholiques.

Rappelons nous de la valeur du Sacrement . C'est une grâce insondable que, mes chers, nous méprisons souvent, que nous n'apprécions pas assez et que nous traitons comme quelque chose d'ordinaire. Pourtant, le sacrement du Saint Baptême n'est rien d'ordinaire, de banal ou de commun. Car dans le sacrement du Saint Baptême se produit exactement ce qui s'est passé le Vendredi Saint au Calvaire : le rocher du péché et de la servitude dans lesquels tu es né se fend. Ce rocher se brise et le sang du Christ lui-même coule sur toi. Il te lave.

Si seulement nous réalisions quelle grâce nous a touchés, nous désirerions vivre de cette grâce de Dieu, de cette grâce sanctifiante, et ne jamais la perdre. Car qui d'entre nous peut avoir la garantie qu'il aura encore l'occasion de retrouver cette grâce ?

5) Un Appel dans des Temps Difficiles

Nous vivons des temps difficiles, et des temps encore plus difficiles nous attendent. Ce Samedi Saint doit être pour nous tous une occasion, un appel à la ferme résolution de vivre par la grâce du Saint Baptême et de demeurer dans la grâce sanctifiante.

Ce n'est pas une évidence : c'est un don immense que nous avons reçu de la Très Sainte Trinité. Vivre de la grâce sanctifiante est quelque chose d'inouï : avoir en soi la vie de Dieu lui-même, devenir participant à la vie surnaturelle de la Sainte Trinité.

Persévérance et repentir

Ayons cette résolution de demeurer dans cette grâce baptismale et d'y persévérer jusqu'à la mort. Que celui qui demeure encore dans le péché s'en détache au plus vite ; que celui qui demeure dans le péché se lave au plus tôt par le "petit baptême", le sacrement de la sainte confession, et qu'il demeure dans la vigilance. Car nous ne connaissons ni le jour, ni l'heure. Cet avertissement du Seigneur Jésus devient particulièrement actuel et terrifiant, suscitant la crainte en nos temps.

6) Conclusion

En ce Samedi Saint de l'an du Seigneur 2026, je vous en prie ardemment : méditez ce qu'est la grâce du Saint Baptême. Méditez l'histoire d'Adam. Ce n'est pas un hasard si ses restes reposaient exactement à cet endroit ; c'était le plan de la Providence Divine pour nous faire comprendre ce qui s'accomplit par le baptême, le premier sacrement de la Nouvelle et Éternelle Alliance.

Cette fissure dans le rocher du Calvaire devient le témoignage de l'immense amour de Dieu et de l'action de sa Providence. Dieu réveille chacun par son inspiration à la conversion, à la rupture avec le péché et à la vie dans la grâce sanctifiante.

Ce qui est commun et quotidien finit par devenir banal, et nous cessons de l'apprécier. C'est ce qui est arrivé à notre foi catholique, au très saint sacrifice de la Messe et aux sacrements. Nos pères et nos ancêtres n'ont pas assez estimé ce grand don et cette grande grâce que Dieu a donnés à l'homme. Alors Dieu punit l'homme en lui retirant ce que celui-ci n'apprécie pas.

Puissions-nous ne pas expérimenter cette amère punition. Puisqu'il nous a été donné de connaître, par la grâce de Dieu, l'immensité de son amour et de sa foi catholique, une grande obligation nous incombe : vivre de cette foi et la professer jusqu'à la mort. Une  foi non falsifiée, non diluée ou adaptée aux besoins de l'homme moderne, fier et libéral.

Cette foi dont l'un des dogmes est : Extra Ecclesiam nulla salus — Hors de l'Église, point de salut. Celui qui ne professera pas la foi catholique et ne se lavera pas dans le sang de l'Agneau ne pourra pas entrer dans le royaume des Cieux.

Gardons cela devant les yeux et prenons aujourd'hui cette ferme résolution de vivre dans la grâce sanctifiante. Et s'il nous arrive de pécher, hâtons-nous vers le trône de la miséricorde, vers le sacrement de la confession.

"Ô bienheureuse faute, qui nous a mérité un tel et si grand Rédempteur !" Heureux l'homme qui a connu ce Rédempteur et Sauveur. Heureux l'homme qui, par ce Sauveur, a été appelé à l'Église, arche du salut, hors de laquelle il n'y a pas de salut.


Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il .



vendredi 10 avril 2026

Gustavo Corçao

Source





Par S.E. Mgr Thomas d’Aquin O.S.B.

Le 3 avril 2026

De constitution athlétique, de haute stature, environ 1,80 m, regard ferme mais plein de bonté, visage bien proportionné et agréable. D’un esprit très vif, avec des paroles pleines de grâce et d’une fine ironie qui ne blessait que les ennemis de l’Église. Avec ses amis, il était franc et direct, mais sans blesser. Intelligence étonnante. On dit qu’il était capable de jouer aux échecs avec trois adversaires en même temps, en tournant le dos à l’échiquier, gardant tous les coups en mémoire.

Il avait une gentillesse infinie envers ceux qui venaient le consulter. Il ne disait jamais non. Il interrompait son travail, ses articles ou ses livres, pour recevoir ceux qui le visitaient. Il était redouté par les communistes et les progressistes, mais il était la bonté même avec ses amis. Son honnêteté intellectuelle fut remarquable dans sa découverte des erreurs de Maritain et, par conséquent, dans la reconnaissance de ses propres erreurs en tant que disciple de Maritain.

Il écrivit Le Siècle du Néant (Le Siècle de l'Enfer, dans l'édition française) pour se rétracter de ses erreurs et proclamer hautement qu’il s’était laissé tromper par les catholiques libéraux. « Ils nous ont menti » fut le titre de l’un de ses articles à cette époque, qui s’étend approximativement de peu après la fin du Concile jusqu’à sa mort en 1978. Corção défendit admirablement la Tradition et combattit avec courage et talent les partisans des doctrines modernistes et de la théologie de la libération. Il aida d’innombrables âmes à demeurer fermes dans la vraie Foi.

mercredi 8 avril 2026

Mgr Marcel Lefebvre

 Source

Par S.E. Mgr Thomas d’Aquin O.S.B.

Le 28 mars 2026

Il existe une certaine ressemblance entre Mgr Lefebvre et Gustavo Corção. Tous deux étaient intrépides dans le combat et d’une immense bonté dans leurs rapports avec autrui. Tous deux ne refusaient jamais de recevoir ceux qui frappaient à leur porte et les écoutaient avec patience et bienveillance.

J’ai vu en Mgr Lefebvre, la première fois qu’il est venu dans notre monastère en France, une grande sérénité. Dans son sermon, il nous parla du livre de saint Louis-Marie Grignion de Montfort, L’Amour de la Sagesse éternelle, et dit que cet ouvrage était très utile pour comprendre la véritable place de la dévotion à la Sainte Vierge dans l’ensemble de la vie spirituelle. Il prêchait avec une grande paix, et c’est cela qui m’a le plus impressionné. À cette occasion, il conféra les ordres mineurs à deux de nos frères. Les modernistes ne nous ont pas pardonné cette visite de Mgr Lefebvre. Notre supérieur, Dom Gérard, fut suspendu a divinis (peine qui interdit à un prêtre d’exercer les actes du pouvoir d’ordre, comme célébrer la messe, entendre les confessions et administrer les autres sacrements), et notre communauté fut exclue de l’ordre bénédictin. Comme le disait le grand écrivain français Louis Veuillot : « il n’y a rien de plus sectaire qu’un libéral ».

Je profite pour dire un mot sur les catholiques libéraux, que Pie IX considérait comme les pires ennemis de l’Église, parce qu’ils sont dans l’Église, possèdent souvent la foi, mais agissent d’une manière contraire aux principes qu’ils professent comme catholiques. Mgr Lefebvre voit dans cette psychologie des libéraux l’explication que les sédévacantistes n’acceptent pas. Un pape libéral peut avoir la foi et agir contrairement aux principes de la foi. Voilà pourquoi Pie IX les accusait d’être les pires ennemis de l’Église. Il est regrettable que les sédévacantistes n’écoutent pas Mgr Lefebvre.

Après cette première rencontre à Bédoin, en France, j’ai pu voir Mgr Lefebvre plusieurs fois dans ma vie. Mais pour donner une description rapide de sa personnalité, je ne vois rien de mieux que de citer partiellement ce que François Brigneau a écrit et que Mgr Tissier a reproduit dans son livre sur la vie de Mgr Lefebvre :


L’âge n’a pas ralenti son pas. Le peu de temps dont il dispose pour accomplir l’immense tâche qui lui a été confiée ne l’a pas davantage précipité. Monseigneur a le pas serein des hommes qui savent ce qu’ils veulent et où ils vont. Ce qui frappe en lui, c’est la bonté. Je veux dire, le rayonnement de la bonté. Son sourire est comme la chaleur d’une main. Il nous émeut. Aussitôt, il nous donne le désir de devenir meilleurs. D’être moins indulgents envers nous-mêmes, envers nos fautes et nos défauts. D’être plus dignes du respect que, devant lui, nous éprouvons. Un seul homme m’a inspiré un sentiment semblable : le maréchal Pétain. Monseigneur Lefebvre et lui partagent la même majesté naturelle, la même autorité bienveillante et la même simplicité supérieure. Ce sont de ces hommes (…) qui suscitent spontanément des dévouements pouvant aller, sans effort, jusqu’au sacrifice, parce que nous savons d’instinct, avec une conviction profonde et immédiate, qu’ils se sont sacrifiés, dès le début, à leur devoir.

Toute la page mérite d’être lue. Pétain et Mgr Lefebvre sont ce qu’ils sont parce qu’ils se sont sacrifiés : l’un pour la patrie, l’autre pour Dieu.

C’est pourquoi nous aimons et suivons ce grand évêque que beaucoup ignorent ou, le connaissant, ne suivent pas ses enseignements. Puissions-nous, au moins, savoir tirer tout le profit du trésor que Dieu nous a donné en sa personne.

mardi 31 mars 2026

Des nouvelles du Nigéria



Suite à notre article de janvier,  l'abbé Christopher nous a fait parvenir quelques photos de l'avancement de la construction de la clôture bien nécessaire pour protéger le prieuré et les fidèles lors des incursions. 

"Dieu continue de veiller sur nous. Le 7 mars, six terroristes Fulani armés ont enlevé quatre personnes et les ont retenues dans la brousse, à environ 50 mètres derrière mon prieuré. Ils les ont libérées le 13 après avoir reçu plusieurs millions de nairas en rançon. 
Le projet de mesures de sécurité se poursuit au fur et à mesure que les fonds arrivent. Nous avons accompli 65 à 70 % du travail par la grâce de Dieu.
Je dois avouer que je suis très reconnaissant envers Dieu et envers nos donateurs, que Dieu a utilisés pour m’aider. Que Dieu les comble abondamment par le Christ Notre Seigneur."