jeudi 14 mai 2026

Lettre de Broadstairs 12 (Mai 2026)

 


Lettre de Broadstairs 12 (Mai 2026)

Nova et vetera

Veillez et priez

Nous avons achevé notre étude sur l'Église et la fin des temps. Pour envisager les événements futurs, nous nous sommes fondés exclusivement sur les prophéties qui font partie intégrante des Écritures divinement inspirées. Ainsi, notre travail s'appuie sur les sources mêmes qui fondent la Foi, et il serait donc imprudent de nier ce qui a été dit concernant la venue de l'Antéchrist, les apparitions d'Énoch et d'Élie, la conversion des Juifs et les signes annonciateurs du Jugement dernier.

Là où nous avons pu nous tromper, c'est dans les commentaires des différents passages de l'Apocalypse, ainsi que dans le déroulement des événements cités plus haut. Mais si nous avons eu raison, c'est bien en suivant les interprètes compétents, le plus souvent les Pères de l'Église.

Nous pensons ne pas nous tromper en voyant dans l'état actuel du monde les préludes à la crise finale décrite dans les Écritures saintes. Nous ne pouvons rien imaginer de pire que l'apostasie des nations chrétiennes, la perte de la foi chez tant d'âmes baptisées, le plan satanique de la guerre menée contre l'Église et la position de pouvoir des sectes maçonniques.

Cela dit, nous ne devons pas faire preuve d'une rigidité excessive dans notre réflexion. Notre époque est marquée par l'indécision et les tourments. L'humanité est anxieuse et hésitante. La bonté existe encore, et face à la propagande révolutionnaire et satanique, un mouvement de renaissance catholique se manifeste par de nombreux actes de générosité et d’initiatives religieuses. Ces deux courants s'affirment de jour en jour, et seul Dieu Tout-Puissant sait lequel l'emportera.

Il est certain également que la mission terrestre de l'Église est loin d'être terminée. Notre Seigneur a fait savoir que la fin des temps n'arriverait pas avant que l'Évangile n'ait été prêché au monde entier, ce qui n'est pas le cas pour le cœur de l'Afrique, la Chine ou le Tibet.

Comment l’Église portera-t-elle l’Évangile aux nations qui l’ignorent encore ou qui ne l’ont que partiellement reçu ? Sera-ce en temps de paix ou en temps de persécution ? Les deux hypothèses sont envisageables, car la vie de l’Église dépasse les calculs humains. On se souvient par exemple des victoires éclatantes remportées contre les infidèles au plus fort de la révolte protestante.

En réalité, la confiance la plus absolue dans le magnifique destin futur de l'Église n'est pas du tout incompatible avec nos réflexions et considérations sur la gravité de la situation actuelle.

Tout en pensant que nous participons aux prémices de la crise qui mènera à la venue de l'Antéchrist, nous devons nous garder de vouloir être précis quant au lieu et au moment exacts. De même qu'un voyageur peut voir, mais ne peut estimer la distance jusqu'à un horizon montagneux, il en va de même pour nous qui pouvons observer le déploiement du plan satanique sans connaître l'échelle de temps ni le cours exact des événements. Seul le Père céleste connaît le jour et l'heure…

En ces temps d'incertitude, mais toujours sous la protection divine, il nous faut veiller et prier. Veiller et prier car ces temps sont incontestablement périlleux (2 Timothée 3,1), parce que le danger de perdre la foi, à cette époque de scandale, est très grand.  

Veillez et priez afin que l'Église puisse poursuivre son œuvre d'illumination des âmes dans ce monde de ténèbres.

Veillez et priez afin de ne pas succomber à la tentation.

+ Paul Morgan

[Ceci achève le résumé de l'œuvre du Père Emmanuel André : « Le drame de la fin des temps », écrite en 1885]

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Postface de Mgr Jean-Joseph Gaume (1860) :

Voyez ce qui se passe autour de vous et discernez les signes des temps. La séduction est partout : dans les lois, dans la morale, dans les livres et les discours, dans les comportements publics et privés de la multitude. Le nombre et l'autorité des vérités catholiques diminuent de jour en jour. Comprenez bien et soyez convaincus que jamais votre position ne fut plus critique. Mais plutôt que de vous retirer du monde, efforcez-vous de vous préserver du mal.

Plus qu’en aucun temps, le chrétien doit être un soldat jusqu'à son dernier souffle. Si vous comprenez cela, les grandes épreuves qui nous attendent vous rempliront d'un grand courage et d'une sainte joie. En effet, ces événements sont la preuve inébranlable de votre Foi et le fondement inébranlable de votre espérance, car ils sont l'accomplissement tangible des prophéties de notre Divin Maître.

Tenez donc ferme, car le grand combat antichrétien annonce l'aube du jour de la Justice, où tout sera rétabli pour toujours. Ne vous contentez pas de voir, mais priez. Beaucoup ne surent pas discerner les signes annonçant le Déluge, et nombreux furent ceux qui ne reconnurent pas les signes précurseurs de la destruction de Jérusalem ; il en sera de même à la fin des temps…

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Rappel : Il est désormais possible de recevoir la version française des lettres et documents publiés sur Respice Stellam (Apostolat de la Maison de la Reine des Martyrs à Broadstairs) en en faisant la demande à lettredebroadstairsfrancais@gmail.com

mercredi 13 mai 2026

Un miracle pour éviter les excommunications : est-ce souhaitable ?

Le 30 avril dernier, l'abbé Girouard a écrit à ses groupes le message suivant.  Cette analyse nous semble intéressante à considérer pour comprendre les événements contemporains. 

 
Chers amis,

Il y a quelques jours, je vous informais que des sources vaticanes indiquaient que le Pape suivrait la voie de 1988 concernant les consécrations épiscopales de la FSSPX. Cette information provenait d'un article de Rorate Coeli.

Hier, LifeSiteNews a apporté des précisions :

Le cardinal Fernandez a déjà préparé un document d'excommunication et de schisme. On ignore s'il concernera tous les membres de la FSSPX, voire même les fidèles qui la soutiennent.

En réponse, Mgr Fellay a déclaré, lors d'un sermon à St. Mary's Kansas :
« Je préfère ne pas jouer les prophètes, mais je suis presque certain qu'il y a une forte probabilité que vous tous, nous y compris, soyons excommuniés, déclarés schismatiques. Cette probabilité est très élevée car ils l'ont déjà annoncé publiquement. Ils se forcent donc, pour ainsi dire, à le faire. Mais quoi qu'il en soit, Dieu peut faire des miracles. Ce n'est pas la fin », a-t-il affirmé.


L'invocation d'un miracle par Mgr Fellay à Rome rappelle à beaucoup d'entre nous, j'en suis sûr, les miracles qu'il espérait lorsqu'il a lancé deux croisades du Rosaire : pour la liberté de la messe traditionnelle et la levée des excommunications de 1988.

Vous vous souvenez peut-être aussi de la rapidité avec laquelle il a déclaré que les miracles s'étaient produits et de la nécessité de remercier publiquement la Vierge Marie.

Ce faisant, il induisait clairement le peuple en erreur et offensait la Vierge Marie. En effet, Notre-Dame ne peut nous offrir de présents empoisonnés. C'est impossible.

Or, le Motu Proprio Summorum Pontificum de 2007 était un mauvais document. En effet, il déclarait officiellement que la messe traditionnelle était moins bonne pour l'Église que le Novus Ordo, puisqu'il déclarait ce dernier comme la forme ordinaire de la liturgie romaine, et la messe tridentine comme une exception, une forme « extraordinaire ». De plus, il laissait aux évêques locaux le pouvoir de décider de la mise en œuvre effective du Motu Proprio.

Quant au décret de 2009 « levant » les excommunications, il n'a jamais abrogé le décret de 1988 lui-même. Il n'a jamais reconnu l'invalidité des excommunications. Il n'a jamais fait table rase du passé. Il a simplement indiqué que, par souci de bonne volonté, le Vatican suspendrait l'application du décret. Autrement dit : le décret existe toujours, mais son application est suspendue. Dans une affaire civile et pénale, la déclaration serait : « Votre condamnation pour un crime grave est toujours valable, mais, dans un geste de bienveillance, nous vous libérons de prison. » Il ne s'agit en aucun cas d'une déclaration d'innocence ni d'une condamnation injustifiée.

Comme vous pouvez le constater, les décisions romaines de 2007 et 2009 ne sauraient être considérées comme des réponses miraculeuses ou des dons de la Vierge Marie en réaction aux Croisades du Rosaire.

Or, depuis le 2 février dernier, nous assistons à un véritable théâtre d'opérations entre la FSSPX et Rome.
  • La FSSPX prétend renouer avec la voie tracée par Mgr Lefebvre, quitte à s'exposer à l'excommunication et à une déclaration de schisme comme en 1988.
  • Rome fait croire que tout est prêt. Il ne manque plus qu'une signature sur un parchemin.
Les deux camps s'empressent de répéter à qui veut l'entendre qu'un affrontement est inévitable. Cardinaux, évêques, prêtres et commentateurs conservateurs affirment tous qu'il faut éviter un tel conflit, trouver une solution avant qu'il ne soit trop tard. Ce serait une immense tragédie pour toute l'Église.

Le but de cette mise en scène est de nous tenir en haleine, de nous faire haleter, le front plissé d'une main et le chapelet serré de l'autre…

Mais voilà que Mgr Fellay, ce même personnage peu scrupuleux qui a tenté de nous duper en 2007 et 2009, ose espérer un miracle !

Nous prépare-t-il à voir comme un miracle un acte « miséricordieux et compatissant » du Pape qui, en réalité, a été décidé il y a des mois comme l'acte final du spectacle commencé le 2 février ?

Pour moi, le véritable miracle serait l'excommunication définitive de la FSSPX et de ses fidèles de l'Église conciliaire. Être déclaré sans communion avec une Église hérétique, schismatique de la Tradition de l'Église catholique, serait un honneur et une preuve de la véritable foi catholique !

Nous pourrions oublier toutes les manœuvres de Mgr Fellay et de ses acolytes (toujours à la tête de la FSSPX) depuis la fondation du GREC en 1997.

Alors la situation entre l'Église conciliaire et la FSSPX serait claire et bien définie, nous pourrions retrouver espoir en l'avenir de la véritable Église.

Nous verrons bien…

En attendant, le spectacle continue, mes amis. Préparez le pop-corn et gardez la bière au frais !

Abbé Girouard

mardi 14 avril 2026

Lettre de Broadstairs 11 (Avril 2026)

Voici la nouvelle Lettre de Broadstairs, rédigée par Mgr Paul Morgan qui poursuit l'apostolat à Broadstairs depuis le décès de Mgr Williamson. Il est désormais possible de recevoir la version française des lettres et documents publiés sur Respice Stellam (Apostolat de la Maison de la Reine des Martyrs à Broadstairs) en en faisant la demande à lettredebroadstairsfrancais@gmail.com

Nova et vetera

L’avènement du souverain Juge

Il est superflu de chercher l'heure précise du retour de Notre Seigneur, car c'est un secret impénétrable, inconnu de toute créature.

Toutefois, ce moment suprême, qui mettra fin au monde actuel de péché sera précédé de signes frappants qui captiveront l'attention des croyants comme des impies : la persécution de l'Antéchrist et l'apparition d'Énoch et d'Élie. Saint Paul affirme que le Jésus-Christ terrassera l'Antéchrist du souffle de Sa bouche, comme si le châtiment de l'homme de péché coïncidait avec le Second Avènement. Cependant, cette interprétation n'est pas partagée par tous, car les paroles de saint Paul pourraient signifier que la destruction de l'Antéchrist ne serait consommée qu'au jour du Jugement général, bien que sa mort soit déjà survenue quelque temps auparavant.

De plus, les Évangiles laissent clairement entendre qu'il y aura un certain laps de temps, quoique relativement bref, entre le châtiment du monstre et la consommation de toutes choses. Saint Thomas d'Aquin [Suppl. qu. 81, art. 1] répand une vive lumière sur le temps qui s'écoulera entre la mort de l'Antéchrist et la venue du Seigneur : « Avant l'apparition des signes du jugement, les impies se croiront en paix et en sécurité, car ils ne verront pas la fin du monde telle qu'ils l'imaginaient auparavant. » Dès lors, il est possible de formuler les conjectures plausibles suivantes, bien qu'elles ne relèvent que du domaine des simples probabilités.

Nous avons déjà parlé du triomphe retentissant de l'Église après la défaite de l'Antéchrist et de la façon dont elle ouvrira son cœur et ses bras à tous, à ses enfants, aux Juifs convertis, aux hérétiques convertis, aux descendants des enfants de Noé (Cham, Sem et Japhet) ; en un mot, réalisant la grande unité acquise par le Sang de l'Agneau de Dieu, lorsqu'il n'y aura qu'un seul troupeau et un seul berger.

Il y aura sans doute encore des personnes mauvaises et impies, même en ce temps de triomphe, mais il est permis de penser qu'elles seront cachées dans l'immensité de l'exaltation publique.

Cependant, ces jours merveilleux ne dureront que jusqu'à ce que les gens commencent à oublier ces événements solennels qui les ont conduits au bonheur, et alors une certaine tiédeur s'installera après la ferveur initiale, et cette transition se produira rapidement étant donné que l'Église n'aura plus d'ennemis à combattre.

Le même thème est développé par l'abbé Arminjon dans son ouvrage « Fin du monde présent. Mystères de la vie future ». Il écrit : « L'humanité, par un abus criminel des grâces, retournera à ses souillures. Tournant ses aspirations vers le monde, elle se détournera de Dieu Tout-Puissant, au point de ne plus voir le Ciel et ne plus se souvenir de Ses justes jugements. Toute foi sera éteinte dans les cœurs. La Divine Providence jugera qu'il n'y a plus aucun remède. »

« Ce sera comme au temps de Noé, lorsque les hommes vaquaient à leurs occupations habituelles jusqu'à ce que le déluge arrive et submerge le monde entier. De même, la catastrophe finale surviendra lorsque le monde se sentira le plus en sécurité, la civilisation sera à son apogée, l'argent abondant, avec des fêtes nationales et de grandes expositions. L'humanité se complaira dans une prospérité matérielle sans précédent, à l'image de cet homme de l'Évangile qui, se croyant à l'abri, ses greniers remplis, entendra soudain, au milieu de la nuit, un grand tumulte et une voix s'écrier : « Dieu est là, sortez à Sa rencontre ! » (Matthieu 25,6). »

Et l'auteur ajoute que ces hommes n'auront pas le temps de se repentir, bien que nous devions diverger sur ce point car la grande catastrophe sera en effet précédée de signes effrayants qui, ensemble, constitueront un appel suprême de la Miséricorde divine.

Le soleil s'obscurcira, la lune ne brillera plus et les lois du mouvement des astres sembleront suspendues. Les mers seront en proie à une grande turbulence, accompagnée de vagues gigantesques, et la terre sera secouée par des tremblements de terre, si bien que les hommes ne sauront où se réfugier. Enfin, la terre s'ouvrira et crachera un brasier infernal, tandis que dans le ciel apparaîtra une croix éclatante, annonçant la venue du Juge Souverain.

Nul ne peut dire combien de temps dureront ces signes. L'Écriture sainte affirme seulement que les hommes seront saisis de crainte, mais que certains se convertiront, comme au temps du Déluge, selon saint Pierre.

Quant aux justes, ils lèveront la tête avec confiance, et la croix resplendissante les comblera de joie. Ainsi l'Église aura accompli sa mission terrestre et le monde aura attendu qu'elle ait moissonné le dernier des élus.

(à suivre.)

Note reçue de Respice Stellam (sur telegram) :

Nous avons le plaisir de vous présenter le nouveau site Respice Stellam, entièrement remanié. Vous y trouverez les archives officielles de la « Lettre de Broadstairs » ainsi que tous les « Commentaires Eleison » en plusieurs langues, regroupés dans une base de données consultable. N’hésitez pas à le visiter pour vous familiariser avec son fonctionnement. Ce site comporte également une page dédiée aux dons en ligne destinés à soutenir la suite de l’apostolat de Mgr Williamson. Que Dieu vous bénisse.

lundi 13 avril 2026

Sermon de Mgr Michael Stobnicki pour la Vigile de la Pâques 2026

Sermon pour la Vigile de Pâques de S.E. Mgr  Michael Stobnicki - Evêque polonais de la Résistance Catholique 


Voici la traduction intégrale de ce sermon polonais en français :



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Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il


Nous nous réunissons en cette sainte nuit pour méditer le mystère de la résurrection de notre Seigneur Jésus-Christ. Pour méditer ce moment qui a changé le cours de l’histoire, ce moment où la mort a été vaincue, écrasée. Le vainqueur de la mort, de l'enfer et de Satan sort du tombeau comme un chef triomphant, comme celui qui nous conduit aux portes du Ciel qui ont été ouvertes.

Le Vendredi Saint, lorsque le Christ est mort sur la croix, comme l’a décrit l’apôtre saint Jean dans son Évangile, un centurion a ouvert son côté avec une lance. Il ne l’a pas transpercé ou blessé par hasard, mes chers frères, mais il l’a ouvert, car le coeur de Jésus est la porte du Ciel. En ce Vendredi Saint, alors que le Seigneur achevait son sacrifice expiatoire et payait la dette de l’ancienne faute, ces portes du Ciel se sont à nouveau ouvertes pour nous.

C'est à juste titre que saint Jean l'Évangéliste utilise ce verbe pour exprimer la réalité surnaturelle : l’ouverture des portes du Ciel. Et il ajoute que de ce coeur sont sortis du sang et de l'eau. Cela n'a pas seulement coulé, cela est sorti. À travers une porte, on sort et on entre. Par la porte ouverte du coeur de Jésus, la grâce de Dieu est sortie sur ce monde.

1) Le sang et l'eau symbolisent les sacrements de l'Église

En premier lieu, le thème principal de cette liturgie du Samedi Saint : le sacrement du baptême. Le baptême qui lave l'âme du péché originel. Le baptême qui verse la grâce de Dieu dans l'âme.

Chers fidèles, nous célébrons cette nuit bénie, la seule nuit qui fut digne de connaître l'heure de la résurrection. Cette nuit où le Christ a anéanti la mort. Cette nuit qui est étroitement liée au Vendredi Saint. On ne peut séparer le Vendredi Saint du matin de la Résurrection. On ne peut séparer la croix du Christ, sa passion et sa souffrance, de la gloire et de l'éclat de sa résurrection.

2) Le Mystère de la Chapelle d'Adam

Ceux d'entre vous qui ont eu la chance de visiter la Terre Sainte et la basilique du Saint-Sépulcre ont peut-être vu deux endroits particuliers qui expriment le mystère de cette nuit : le Calvaire et la chapelle d'Adam. Il s’avère, mes chers, que la chapelle d'Adam se trouve au pied du Calvaire, exactement sous le lieu de la crucifixion du Christ. Nous nous souvenons tous que les Évangiles indiquent qu’au moment où le Christ a expiré, il y eut un puissant tremblement de terre. Le rocher du Calvaire, sur lequel le Christ fut crucifié, s'est fendu. Cette fissure est encore visible aujourd'hui à travers plusieurs mètres de roche.

Ce tremblement de terre n'était pas un hasard. Lorsque le rocher s'est fendu, le sang qui coulait des plaies de Jésus et de la croix a coulé à travers cette fissure jusqu'au tombeau d'Adam, lavant son crâne.

Ainsi, ce lieu exprime de manière unique le mystère de la Rédemption. Notre premier père Adam, par qui la mort est entrée dans le monde, reposait précisément là où, des millénaires plus tard, la rédemption devait être accomplie. Et en ce Vendredi  Saint, le sang du Christ, le "Nouvel Adam", le Sauveur qui apporte la vie au monde, a coulé sur les restes d'Adam.

3) L'Exsultet

C'est pourquoi la Sainte Église proclame aujourd'hui dans l'Exsultet ces paroles qui nous semblent parfois impénétrables :

"Ô nuit, où le Christ, brisant les liens de la mort, est remonté victorieux des enfers. Car notre naissance ne nous aurait servi de rien, si nous n'avions pas été rachetés... Ô l'inestimable tendresse de ton amour ! Pour racheter l'esclave, tu as livré le Fils ! Ô faute d'Adam, certainement nécessaire, qui fut effacée par la mort du Christ ! Ô bienheureuse faute, qui nous a mérité un tel et si grand Rédempteur !"

Chers fidèles, nous nous penchons aujourd'hui sur le mystère de la rédemption. La Sainte Église nous fait prendre conscience de ce à quoi la passion de Jésus doit nous conduire. Qu'est-ce que la Rédemption ? La rédemption signifie pour nous une nouvelle naissance. Le Christ paie la dette de nos péchés et les lave de son propre sang, tout comme il a lavé les restes d'Adam.

4) Méditons  sur la Grâce du Baptême. 

Elle sera liée à une ferme résolution de garder et de préserver la grâce que nous avons reçue par le Saint Baptême. Une grâce insondable : ce lavage des fautes, cette libération du péché.

Prenons conscience de ce qu'est le Saint Baptême et de ce qu'il accomplit en nous. En méditant cette nuit sainte, où le Christ est descendu aux enfers pour en faire sortir les âmes des justes de l'Ancienne Alliance qui attendaient depuis des millénaires,  réalisons quelle grande grâce c'est pour nous tous d'avoir été baptisés et d'être catholiques.

Rappelons nous de la valeur du Sacrement . C'est une grâce insondable que, mes chers, nous méprisons souvent, que nous n'apprécions pas assez et que nous traitons comme quelque chose d'ordinaire. Pourtant, le sacrement du Saint Baptême n'est rien d'ordinaire, de banal ou de commun. Car dans le sacrement du Saint Baptême se produit exactement ce qui s'est passé le Vendredi Saint au Calvaire : le rocher du péché et de la servitude dans lesquels tu es né se fend. Ce rocher se brise et le sang du Christ lui-même coule sur toi. Il te lave.

Si seulement nous réalisions quelle grâce nous a touchés, nous désirerions vivre de cette grâce de Dieu, de cette grâce sanctifiante, et ne jamais la perdre. Car qui d'entre nous peut avoir la garantie qu'il aura encore l'occasion de retrouver cette grâce ?

5) Un Appel dans des Temps Difficiles

Nous vivons des temps difficiles, et des temps encore plus difficiles nous attendent. Ce Samedi Saint doit être pour nous tous une occasion, un appel à la ferme résolution de vivre par la grâce du Saint Baptême et de demeurer dans la grâce sanctifiante.

Ce n'est pas une évidence : c'est un don immense que nous avons reçu de la Très Sainte Trinité. Vivre de la grâce sanctifiante est quelque chose d'inouï : avoir en soi la vie de Dieu lui-même, devenir participant à la vie surnaturelle de la Sainte Trinité.

Persévérance et repentir

Ayons cette résolution de demeurer dans cette grâce baptismale et d'y persévérer jusqu'à la mort. Que celui qui demeure encore dans le péché s'en détache au plus vite ; que celui qui demeure dans le péché se lave au plus tôt par le "petit baptême", le sacrement de la sainte confession, et qu'il demeure dans la vigilance. Car nous ne connaissons ni le jour, ni l'heure. Cet avertissement du Seigneur Jésus devient particulièrement actuel et terrifiant, suscitant la crainte en nos temps.

6) Conclusion

En ce Samedi Saint de l'an du Seigneur 2026, je vous en prie ardemment : méditez ce qu'est la grâce du Saint Baptême. Méditez l'histoire d'Adam. Ce n'est pas un hasard si ses restes reposaient exactement à cet endroit ; c'était le plan de la Providence Divine pour nous faire comprendre ce qui s'accomplit par le baptême, le premier sacrement de la Nouvelle et Éternelle Alliance.

Cette fissure dans le rocher du Calvaire devient le témoignage de l'immense amour de Dieu et de l'action de sa Providence. Dieu réveille chacun par son inspiration à la conversion, à la rupture avec le péché et à la vie dans la grâce sanctifiante.

Ce qui est commun et quotidien finit par devenir banal, et nous cessons de l'apprécier. C'est ce qui est arrivé à notre foi catholique, au très saint sacrifice de la Messe et aux sacrements. Nos pères et nos ancêtres n'ont pas assez estimé ce grand don et cette grande grâce que Dieu a donnés à l'homme. Alors Dieu punit l'homme en lui retirant ce que celui-ci n'apprécie pas.

Puissions-nous ne pas expérimenter cette amère punition. Puisqu'il nous a été donné de connaître, par la grâce de Dieu, l'immensité de son amour et de sa foi catholique, une grande obligation nous incombe : vivre de cette foi et la professer jusqu'à la mort. Une  foi non falsifiée, non diluée ou adaptée aux besoins de l'homme moderne, fier et libéral.

Cette foi dont l'un des dogmes est : Extra Ecclesiam nulla salus — Hors de l'Église, point de salut. Celui qui ne professera pas la foi catholique et ne se lavera pas dans le sang de l'Agneau ne pourra pas entrer dans le royaume des Cieux.

Gardons cela devant les yeux et prenons aujourd'hui cette ferme résolution de vivre dans la grâce sanctifiante. Et s'il nous arrive de pécher, hâtons-nous vers le trône de la miséricorde, vers le sacrement de la confession.

"Ô bienheureuse faute, qui nous a mérité un tel et si grand Rédempteur !" Heureux l'homme qui a connu ce Rédempteur et Sauveur. Heureux l'homme qui, par ce Sauveur, a été appelé à l'Église, arche du salut, hors de laquelle il n'y a pas de salut.


Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il .



vendredi 10 avril 2026

Gustavo Corçao

Source





Par S.E. Mgr Thomas d’Aquin O.S.B.

Le 3 avril 2026

De constitution athlétique, de haute stature, environ 1,80 m, regard ferme mais plein de bonté, visage bien proportionné et agréable. D’un esprit très vif, avec des paroles pleines de grâce et d’une fine ironie qui ne blessait que les ennemis de l’Église. Avec ses amis, il était franc et direct, mais sans blesser. Intelligence étonnante. On dit qu’il était capable de jouer aux échecs avec trois adversaires en même temps, en tournant le dos à l’échiquier, gardant tous les coups en mémoire.

Il avait une gentillesse infinie envers ceux qui venaient le consulter. Il ne disait jamais non. Il interrompait son travail, ses articles ou ses livres, pour recevoir ceux qui le visitaient. Il était redouté par les communistes et les progressistes, mais il était la bonté même avec ses amis. Son honnêteté intellectuelle fut remarquable dans sa découverte des erreurs de Maritain et, par conséquent, dans la reconnaissance de ses propres erreurs en tant que disciple de Maritain.

Il écrivit Le Siècle du Néant (Le Siècle de l'Enfer, dans l'édition française) pour se rétracter de ses erreurs et proclamer hautement qu’il s’était laissé tromper par les catholiques libéraux. « Ils nous ont menti » fut le titre de l’un de ses articles à cette époque, qui s’étend approximativement de peu après la fin du Concile jusqu’à sa mort en 1978. Corção défendit admirablement la Tradition et combattit avec courage et talent les partisans des doctrines modernistes et de la théologie de la libération. Il aida d’innombrables âmes à demeurer fermes dans la vraie Foi.

mercredi 8 avril 2026

Mgr Marcel Lefebvre

 Source

Par S.E. Mgr Thomas d’Aquin O.S.B.

Le 28 mars 2026

Il existe une certaine ressemblance entre Mgr Lefebvre et Gustavo Corção. Tous deux étaient intrépides dans le combat et d’une immense bonté dans leurs rapports avec autrui. Tous deux ne refusaient jamais de recevoir ceux qui frappaient à leur porte et les écoutaient avec patience et bienveillance.

J’ai vu en Mgr Lefebvre, la première fois qu’il est venu dans notre monastère en France, une grande sérénité. Dans son sermon, il nous parla du livre de saint Louis-Marie Grignion de Montfort, L’Amour de la Sagesse éternelle, et dit que cet ouvrage était très utile pour comprendre la véritable place de la dévotion à la Sainte Vierge dans l’ensemble de la vie spirituelle. Il prêchait avec une grande paix, et c’est cela qui m’a le plus impressionné. À cette occasion, il conféra les ordres mineurs à deux de nos frères. Les modernistes ne nous ont pas pardonné cette visite de Mgr Lefebvre. Notre supérieur, Dom Gérard, fut suspendu a divinis (peine qui interdit à un prêtre d’exercer les actes du pouvoir d’ordre, comme célébrer la messe, entendre les confessions et administrer les autres sacrements), et notre communauté fut exclue de l’ordre bénédictin. Comme le disait le grand écrivain français Louis Veuillot : « il n’y a rien de plus sectaire qu’un libéral ».

Je profite pour dire un mot sur les catholiques libéraux, que Pie IX considérait comme les pires ennemis de l’Église, parce qu’ils sont dans l’Église, possèdent souvent la foi, mais agissent d’une manière contraire aux principes qu’ils professent comme catholiques. Mgr Lefebvre voit dans cette psychologie des libéraux l’explication que les sédévacantistes n’acceptent pas. Un pape libéral peut avoir la foi et agir contrairement aux principes de la foi. Voilà pourquoi Pie IX les accusait d’être les pires ennemis de l’Église. Il est regrettable que les sédévacantistes n’écoutent pas Mgr Lefebvre.

Après cette première rencontre à Bédoin, en France, j’ai pu voir Mgr Lefebvre plusieurs fois dans ma vie. Mais pour donner une description rapide de sa personnalité, je ne vois rien de mieux que de citer partiellement ce que François Brigneau a écrit et que Mgr Tissier a reproduit dans son livre sur la vie de Mgr Lefebvre :


L’âge n’a pas ralenti son pas. Le peu de temps dont il dispose pour accomplir l’immense tâche qui lui a été confiée ne l’a pas davantage précipité. Monseigneur a le pas serein des hommes qui savent ce qu’ils veulent et où ils vont. Ce qui frappe en lui, c’est la bonté. Je veux dire, le rayonnement de la bonté. Son sourire est comme la chaleur d’une main. Il nous émeut. Aussitôt, il nous donne le désir de devenir meilleurs. D’être moins indulgents envers nous-mêmes, envers nos fautes et nos défauts. D’être plus dignes du respect que, devant lui, nous éprouvons. Un seul homme m’a inspiré un sentiment semblable : le maréchal Pétain. Monseigneur Lefebvre et lui partagent la même majesté naturelle, la même autorité bienveillante et la même simplicité supérieure. Ce sont de ces hommes (…) qui suscitent spontanément des dévouements pouvant aller, sans effort, jusqu’au sacrifice, parce que nous savons d’instinct, avec une conviction profonde et immédiate, qu’ils se sont sacrifiés, dès le début, à leur devoir.

Toute la page mérite d’être lue. Pétain et Mgr Lefebvre sont ce qu’ils sont parce qu’ils se sont sacrifiés : l’un pour la patrie, l’autre pour Dieu.

C’est pourquoi nous aimons et suivons ce grand évêque que beaucoup ignorent ou, le connaissant, ne suivent pas ses enseignements. Puissions-nous, au moins, savoir tirer tout le profit du trésor que Dieu nous a donné en sa personne.

mardi 31 mars 2026

Des nouvelles du Nigéria



Suite à notre article de janvier,  l'abbé Christopher nous a fait parvenir quelques photos de l'avancement de la construction de la clôture bien nécessaire pour protéger le prieuré et les fidèles lors des incursions. 

"Dieu continue de veiller sur nous. Le 7 mars, six terroristes Fulani armés ont enlevé quatre personnes et les ont retenues dans la brousse, à environ 50 mètres derrière mon prieuré. Ils les ont libérées le 13 après avoir reçu plusieurs millions de nairas en rançon. 
Le projet de mesures de sécurité se poursuit au fur et à mesure que les fonds arrivent. Nous avons accompli 65 à 70 % du travail par la grâce de Dieu.
Je dois avouer que je suis très reconnaissant envers Dieu et envers nos donateurs, que Dieu a utilisés pour m’aider. Que Dieu les comble abondamment par le Christ Notre Seigneur."





samedi 28 mars 2026

Lettre de Broadstairs 10 (Mars 2026)

Voici déjà la dixième Lettre de Broadstairs, rédigée par Mgr Paul Morgan qui poursuit l'apostolat à Broadstairs depuis le décès de Mgr Williamson. Il est désormais possible de recevoir les lettres et documents publiés en en faisant la demande à lettredebroadstairsfrancais@gmail.com

Nova et Vetera

La conversion des Juifs


1.Le peuple juif est au cœur de l'histoire de l'humanité, ayant reçu une vocation divine en la personne d'Abraham. Il est, avant Notre-Seigneur, le peuple sacerdotal par excellence, dont l'état, selon saint Augustin, est tout entier prophétique. Il a donné naissance à la Vierge Marie et au Sauveur du monde. Il a formé le noyau de l'Église naissante. Tous ces privilèges font du peuple juif un peuple exceptionnel, dont les destinées demeurent mystérieuses.

Mais, par un renversement étrange et lamentable, dès l'instant où elle engendra le Sauveur du monde, la race élue mérita d'être rejetée, ayant refusé de reconnaître et d'adorer humblement Sa grandeur invisible. Il semble que Dieu Tout-Puissant ait voulu montrer par là que la vocation au christianisme n'a rien de charnel, puisque ceux qui sont liés au Christ par la chair sont rejetés pour leur orgueil tenace et charnel.

Leur rejet est-il définitif ? Non, car le Tout-Puissant a réservé une miséricorde infinie à ce peuple qui fut jadis le sien. Après de longues années sans roi, sans prince et sans sacrifice, les enfants d’Israël chercheront le Seigneur, leur Dieu ; et cela se produira à la fin des temps. (Osée 3,4-5)

Comme l’a annoncé le prophète Malachie, Élie sera l'instrument de ce merveilleux retour, rétablissant l'harmonie entre les saints ancêtres du peuple juif et leurs derniers descendants. Saint Paul établit un lien entre la réprobation des Juifs et la vocation des païens. Lorsque ces derniers seront tous entrés dans l'Église, alors tous les Juifs y entreront, et ce dans une joie universelle (Romains 11, 25-27).

Pour comprendre la profonde joie que cet événement capital suscitera dans l'Église à travers le monde, il convient de se tourner vers les épisodes prophétiques des Saintes Écritures qui l'annoncent. L'entrée du peuple juif dans l'Église est symbolisée par la réconciliation d'Ésaü avec Jacob, et plus particulièrement par l'acclamation, par ses frères, de Joseph squ'ils avaient rejeté (Genèse 45). Dans la parabole de l’enfant prodigue, les Juifs sont représentés par le fils aîné qui s'irrite du retour de son frère au foyer paternel. Finalement, il cède aux supplications de son père et se joint lui aussi au festin.

Quelle joie indescriptible pour l'Église, notre Sainte Mère, lorsque les enfants de Jacob reconnaîtront et proclameront Notre Seigneur béni !

2.Sans savoir quand aura lieu ce grand événement, nous espérons apporter un éclairage sur le sujet.

Au regard de la tradition, il semble certain que l'Antéchrist sera juif. Il apparaîtra comme le fruit de cette haine grandissante qui, depuis des siècles, aigrit le cœur des Juifs contre le Christ Jésus, leur tendre frère et ami incomparable.

Il semble également certain qu'une bonne partie des Juifs acclameront le faux messie avec honneur et inciteront le monde à faire de même par le biais des médias corrompus et de la haute finance.

Cependant, dans les temps qui précéderont la venue de l'homme de péché, un mouvement de conversion à l'Église se produira parmi les Juifs. Comme toujours, les grands événements sont annoncés par des préludes.

Saint Grégoire le Grand, dans son commentaire sur la mystérieuse prophétie d'Ézéchiel (chapitre 3), affirme que la fureur de la persécution sous l'Antéchrist s'abattra principalement sur les Juifs convertis, dont nul n’égalera la constance à supporter les souffrances pour le nom béni de Jésus. Il affirme également que la venue et la prédication du prophète Élie convertiront finalement le reste de sa nation.

Le saint pape, dans ses commentaires sur le Livre de Job, affirme également que la conversion de la plus grande partie d'Israël aura lieu sous les yeux mêmes de l'Antéchrist enragé.

3.Si l’Église jouit de telles consolations au temps de la grande persécution, combien plus encore au temps de son triomphe.

De même que le Tout-Puissant se sert même des anges déchus pour accomplir ses desseins, l'Antéchrist, malgré lui, sera utilisé comme le fléau du Seigneur. Ce fléau de fer anéantira les schismes, les hérésies, les fausses religions, le paganisme, l'islamisme et le judaïsme, en préparation du règne universel de l'Évangile.

Les Juifs eux-mêmes seront les principaux artisans de l'établissement du royaume de Dieu, ce qui amène saint Paul à s'exclamer : « Si le péché des Juifs a fait la fortune du monde, si les païens se sont enrichis par leur propre iniquité, que devons-nous espérer lorsqu'ils seront sauvés ? Si leur perte a signifié un monde réconcilié avec Dieu, que peut signifier leur conversion, sinon la vie ressuscitée d'entre les morts ? » (Romains 11, 12 et 15)

Revigorée par cette infusion de vie, l’Église prendra possession du monde avec la majesté d’une reine et la tendresse d’une mère.

La prochaine fois, nous verrons si ces événements constituent le prélude immédiat au Jugement dernier ou à une ère nouvelle.

(à suivre)

mardi 10 mars 2026

Mission au Congo

Du 1er au 12 février, l'abbé Dominique Rousseau s'est rendu au Congo en vue de la bénédiction du pont "Coeur Immaculé".  Mais ce "prétexte" fut l'occasion d'un véritable apostolat.  



Nous vous invitons à découvir cette mission sur le site de l'abbé Rousseau



mercredi 4 mars 2026

Mgr Williamson à propos des négociations entre la FSSPX et Rome

Ce qu'écrivait déjà Mgr Williamson en 2003 reste d'actualité et nous donne une bonne grille de lecture des événements auxquels nous assistons.

Source

 


Lettres du recteur du séminaire Saint-Thomas-d'Aquin
Volume 4 Les Lettres de Winona, Partie 3
Monseigneur Richard Williamson
Lettre n° 232

5 mai 2003

Deux rumeurs – et d'autres à venir ?

Comme on pouvait s'y attendre, Rome ne laisse pas la Fraternité Saint-Pie-X tranquille. Un cardinal de la Nouvelle Église déclare : « Tant que la FSSPX agira de la sorte, nous ne pourrons avoir la paix. » Par tous les moyens, la Nouvelle Église doit absolument contrer la FSSPX, aussi insignifiante soit-elle numériquement, car ce qu'elle représente finira tôt ou tard par nuire à la Nouvelle Église, comme c'est déjà le cas.

Ces dernières semaines, deux rumeurs ont circulé en provenance de Rome. La première prétend que trois des quatre évêques de la FSSPX seront « réintégrés dans la communion » lors d'une messe tridentine publique célébrée par le cardinal Castrillón dans une grande basilique romaine le samedi 24 mai. La seconde affirme que l'indult de la messe tridentine sera étendu à tous les prêtres catholiques avant la fin de l'année 2003. Seul Dieu sait si Rome a voulu donner raison à ces rumeurs, ni même si elle en a le pouvoir. Quoi qu'il en soit, ces deux rumeurs sont de nature à mettre la FSSPX sous pression. Et comme beaucoup d'autres pourraient ébranler sa stabilité, il nous faut rester vigilants. Au risque de répéter ce que nous avons déjà dit, et même à maintes reprises, permettez-moi d'expliquer pourquoi, même si Rome semble faire preuve d'une grande générosité, la FSSPX doit être extrêmement prudente.

Le problème fondamental réside dans la « modernisation » de l'Église catholique, amorcée – ou du moins manifestée – dans les années 1960 par le Concile Vatican II (1962-1965), dont les seize documents ont révolutionné la doctrine catholique, et par le Nouvel Ordo de la Messe (1969), qui a bouleversé l'essence même de la pratique de l'Église, à savoir la liturgie de la messe. Puisque, par principe, l'Église catholique ne peut changer, les modernisateurs ont prétendu – et prétendent encore – que cette mise à jour n'avait rien changé d'essentiel. Or, les « catholiques » modernisés ressemblent si peu aux catholiques traditionnels que le changement était manifestement fondamental, et, rétrospectivement, Vatican II et le Nouvel Ordo de la Messe ont clairement posé les fondements de ce qui se voulait une religion nouvelle.

Aujourd'hui, l'ancienne religion catholique, centrée sur Dieu, et la nouvelle religion conciliaire, centrée sur l'homme, s'opposent. Or, comme toute guerre est en fin de compte une guerre de religion, une contradiction entre religions ne peut mener qu'à la guerre. Les conciliaristes se doivent, par fidélité à leur nouvelle foi, d'extirper et d'anéantir l'ancienne foi, tandis que les catholiques ont le devoir de refuser et de condamner cette fausse religion, avec tous ses fastes et toutes ses œuvres. C'est pourquoi, peu après Vatican II, les conciliaristes prétendaient qu'il s'agissait du concile le plus important de l'histoire de l'Église, tandis qu'une minorité de catholiques le dénonçait comme l'introduction, au sein de l'Église catholique, des principes anti-catholiques du monde moderne. De même, en 1969, le pape conciliariste Paul VI affirmait que la messe traditionnelle était abolie, alors qu'une poignée d'évêques et de prêtres catholiques la maintenaient en vie, notamment – ​​mais pas exclusivement – ​​Mgr Lefebvre et la Fraternité Saint-Pie-X qu'il avait fondée.

Voici le cœur du problème, qu'il ne faut jamais perdre de vue. Nous sommes face à une guerre entre deux religions qui ne peut prendre fin qu'avec la disparition de l'une ou de l'autre. Les catholiques doivent mener ce combat avec les armes de la Vérité. Les conciliaristes, quant à eux, peuvent le mener par tous les moyens à leur disposition. Par la juste punition divine infligée à de nombreux catholiques pour leur tiédeur, les conciliaristes ont pu occuper la quasi-totalité des postes de pouvoir et d'influence au sein de l'Église. Ils s'en sont pleinement servis pour établir leur nouvelle religion.

Cependant, les catholiques avaient et ont toujours pour eux la Vérité, qui « est puissante et triomphera ». Les conciliaristes n'ont pu empêcher Mgr Lefebvre de dénoncer Vatican II et de préserver l'ancienne messe. Ils se sont jusqu'à présent montrés incapables d'empêcher la FSSPX de poursuivre sur cette voie. Or, la survie de leur nouvelle religion repose sur la destruction de l'ancienne, qui démontre la fausseté de Vatican II et de la nouvelle messe. C'est pourquoi ils doivent détruire, démanteler, paralyser ou corrompre la FSSPX, qui représente pour l'instant la plus importante résistance organisée au conciliarisme.

Une stratégie romaine aussi vieille que le monde est bien connue : « Diviser pour mieux régner ». D'où la première rumeur, prétendant que trois des quatre évêques de la FSSPX pensent d'une certaine manière, tandis que le quatrième en pense une autre. Mais l'un puis l'autre des trois évêques ont d'abord nié ces allégations, et le troisième l'aurait sans doute fait publiquement lui aussi, mais il n'en avait probablement pas envie. (Quant au quatrième, il s'est délecté de la publicité !) Et si, comme le voulait la rumeur, Rome pense que 70 % des prêtres de la FSSPX seraient heureux d'être « réintégrés » auprès des trois prétendus évêques, alors Rome connaît nos prêtres aussi peu qu'elle connaît nos évêques.

La seconde rumeur évoque une autre stratégie, aussi vieille que le monde : « les noyer sous les compliments », par exemple en promettant d'accorder en 2003 la condition préalable exigée en 2001 par la FSSPX pour entamer des négociations avec Rome, à savoir l'autorisation pour tous les prêtres d'utiliser librement l'ancien rite de la messe. Or, il est loin d'être certain que Rome puisse tenir une telle promesse en raison d'une partie des évêques conciliaires du monde. Mais si tel était le cas, la FSSPX se réjouirait de voir que la libre utilisation du véritable rite de la messe entraînerait une diffusion croissante de la grâce dans toute l'Église, les prêtres prenant conscience du trésor qui leur serait rendu. Cependant, même si Rome avait également « réintégré » les quatre évêques de la FSSPX, les autres conditions préalables de 2001 étant remplies, la FSSPX ne s'était engagée en 2001 que pour entamer des négociations de réconciliation avec Rome. Or, il est presque certain que les conciliaristes exigeraient désormais de la FSSPX qu'elle reconnaisse d'une manière ou d'une autre Vatican II, ce qu'elle ne peut faire. Ce sont les documents mêmes de ce concile, et non ses suites, qui sont imprégnés de la nouvelle religion.

Néanmoins, la stratégie de « l'étouffement par la bienveillance » présente de réels avantages pour Rome. Imaginons que Rome passe outre l'avis de ses propres évêques et déclare unilatéralement : « La FSSPX est simplement réconciliée avec Rome et réintégrée dans l'Église, y compris ses quatre évêques, sans conditions, sans exigences » ! Que ferait alors la FSSPX ? Si elle refusait, elle passerait pour une personne malhonnête. Mais si elle acceptait, notre marginalisation actuelle, motivée par une volonté de protection, prendrait fin, et nous serions exposés à une multitude de contacts néfastes avec des «catholiques » qui, ignorant tout du problème du conciliarisme, n'ont aucune compréhension véritable du catholicisme. Cela pourrait signifier la fin de la défense de la Foi par la FSSPX.

Une telle proposition de Rome est peut-être improbable, voire impossible, mais, pour affaiblir la FSSPX, ce serait sans doute la solution la plus judicieuse. Quoi qu'il en soit, elle met en lumière le problème fondamental. Même si ces Romains parlaient exactement le même langage que la FSSPX, leur religion moderniste les empêcherait d'interpréter les choses de la même manière. La « réconciliation » serait donc purement verbale, et non réelle, et la FSSPX perdrait la protection que lui confère sa marginalisation actuelle.

Alors pourquoi même envisager de négocier quoi que ce soit avec ces Romains ? Premièrement, « ils occupent le siège de Moïse » (Mt 23,2), ce qui leur confère une influence considérable sur le salut ou la damnation éternelle de millions d’âmes. Deuxièmement, avec les lourdes responsabilités qui en découlent, ils ont eux-mêmes des âmes à sauver, et certains d’entre eux pourraient encore tirer profit d’un contact avec des catholiques anti-conciliaires. C’est pourquoi l’archevêque Lefebvre a maintenu des contacts avec les Romains jusqu’en mai 1988.

Cependant, ces contacts prirent fin avec les consécrations épiscopales de juin de la même année, lorsque, comme le déclara l'archevêque, Rome avait démontré par ses actes un tel mépris pour les âmes que le problème était passé résolument du domaine diplomatique à celui du dogme. Ainsi, chaque fois qu'un cardinal Castrillón Hoyos insiste aujourd'hui sur la diplomatie, il compromet, de notre point de vue, tout contact avant même qu'il ne commence. Car si la FSSPX négociait sur autre chose que le dogme, les conséquences seraient désastreuses pour la Foi, comme on vient de le constater une fois de plus avec les prêtres de Campos, au Brésil.

Mais un dogme inflexible peut-il seulement être conçu par des esprits malléables, pour qui les mots n'ont de sens que dans une perspective flexible ? Personnellement, je pense que la plupart des esprits sont aujourd'hui tellement perdus dans l'imaginaire que seul un châtiment pourra les ramener à la réalité, et pour cela, il faudra arracher un grand nombre d'âmes à cette vie. Priez, chers lecteurs, pour que la FSSPX agisse selon la volonté de Dieu.

La nature particulièrement insidieuse du conciliarisme, de par sa ressemblance apparente avec le catholicisme, sera un thème central de la session doctrinale masculine qui se tiendra à Winona cet été. Le sujet sera complexe : trois encycliques majeures de Jean-Paul II, consacrées à Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu le Saint-Esprit, seront au programme. Les ouvrages du professeur Dörmann, disponibles aux éditions Angelus Press, nous serviront de guide précieux.

Durant tout le mois de mai, implorons tout particulièrement l'aide et la protection de la Mère de Dieu, et prions le Rosaire pour l'aider à obtenir le salut de millions d'âmes perdues dans un monde en proie à la confusion.

Richard Williamson

lundi 23 février 2026

Un dialogue est il possible entre les modernistes et la tradition catholique ?

Ce dimanche 22 février; l'abbé Salenave a donné les explications suivantes aux fidèles.

Le dialogue est une stratégie maçonnique classique. Elle consiste à mettre à égalité la vérité et l'erreur. C'est là son premier crime.

Puis ensuite de négocier : comme si la lumière devait négocier avec les ténèbres ? Pour cela on emploie soit la méthode douce des propositions alléchantes, soit par la peur du coup de massue.

Devant cette méthode ne vaut que le combat, la joute. On ne discute pas avec des pervers (de la Foi que sont les modernistes). On ne discute pas avec un système perverti de haut en bas comme l'est l'église concilaire. On continue tranquillement son oeuvre, on dénonce le pervers et on prie pour la conversion des pervers. 

jeudi 19 février 2026

Que devons-nous retenir de la réponse de Menzingen ?

Nous recopions ici une partie de la Réponse envoyée par l'abbé Pagliarani au Cardinal Fernandez en date du 18 février 2026.  Nous terminerons par quelques considérations 




(.....)

Ainsi, dans le constat partagé que nous ne pouvons pas trouver d’accord sur la doctrine, il me semble que le seul point sur lequel nous pouvons nous rejoindre est celui de la charité envers les âmes et envers l’Église.

En tant que cardinal et évêque, vous êtes avant tout un pasteur : permettez-moi de m’adresser à vous à ce titre. La Fraternité est une réalité objective : elle existe. C’est pourquoi, au fil des années, les Souverains Pontifes ont pris acte de cette existence et, par des actes concrets et significatifs, ont reconnu la valeur du bien qu’elle peut accomplir, malgré sa situation canonique. C’est également pour cela que nous nous parlons aujourd’hui.

Cette même Fraternité vous demande uniquement de pouvoir continuer à faire ce même bien aux âmes auxquelles elle administre les saints sacrements. Elle ne vous demande rien d’autre, aucun privilège, ni même une régularisation canonique qui, dans l’état actuel des choses, s’avère impraticable en raison des divergences doctrinales. La Fraternité ne peut pas abandonner les âmes. Le besoin des sacres est un besoin concret à court terme pour la survie de la Tradition, au service de la sainte Église catholique.

Nous pouvons être d’accord sur un point : aucun d’entre nous ne souhaite rouvrir des blessures. Je ne répéterai pas ici tout ce que nous avons déjà exprimé dans la lettre adressée au pape Léon XIV, et dont vous avez directement connaissance. Je souligne seulement que, dans la situation présente, la seule voie réellement praticable est celle de la charité.

Au cours de la dernière décennie, le pape François et vous-même avez abondamment prôné « l’écoute » et la compréhension des situations particulières, complexes, exceptionnelles, étrangères aux schémas ordinaires. Vous avez également souhaité une utilisation du droit qui soit toujours pastorale, flexible et raisonnable, sans prétendre tout résoudre par des automatismes juridiques et des schémas préétablis. La Fraternité ne vous demande rien d’autre dans le moment présent – et surtout elle ne le demande pas pour elle-même : elle le demande pour ces âmes dont, comme déjà promis au Saint-Père, elle n’a d’autre intention que de faire de véritables enfants de l’Église romaine.

Enfin, il est un autre point sur lequel nous sommes également d’accord, et qui doit nous encourager : le temps qui nous sépare du 1er juillet est celui de la prière. C’est un moment où nous implorons du Ciel une grâce spéciale et, de la part du Saint-Siège, de la compréhension. Je prie en particulier pour vous le Saint-Esprit et – ne le prenez pas comme une provocation – son épouse très sainte, la Médiatrice de toutes les grâces.

Je tiens à vous remercier sincèrement pour l’attention que vous m’avez accordée, et pour l’intérêt que vous voudrez bien porter à la présente question.

(.....)


Nous avons distingué en rouge les passages qui portent le message essentiel de ce texte, à savoir la demande d'une tolérance romaine et d'une "compréhension" pour les positions de résistance catholique de la Fraternité, afin de respecter son souci prioritaire du bien des âmes qui viennent à elle du fait des circonstances dramatiques de la crise actuelle.

Face à cette posture "minimaliste" d'une FSSPX timorée, il faut rappeler la seule urgence incontournable : que des voix épiscopales se lèvent pour demander aux autorités romaines - au Cardinal Fernandez, mais surtout à Léon XIV -, non pas d'organiser une co-existence - plus ou moins pacifique... - entre la Tradition et l'Église issue de la révolution de Vatican II, mais de proclamer solennellement la foi authentique de l'Église éternelle !

Ce serait se placer ainsi dans la fidélité et la continuité de la protestation catholique de Mgr Lefebvre de novembre 1974.

Et c'est, sans aucun doute, la seule voix que la Rome d'aujourd'hui, toujours "conciliaire" et désormais "synodale", DOIT IMPÉRATIVEMENT ENTENDRE !