lundi 15 octobre 2018

"Saint Paul VI" : êtes-vous réservé ou scandalisé ?


Deux conceptions opposées de l'Eglise
Nous publions ce soir une intéressante réaction de Joseph qui se demande comment Mgr Lefebvre aurait perçu la pseudo-canonisation de Paul VI et la réaction de l'actuelle FSSPX. 

Imaginons quelques instants le retour de Mgr Lefebvre parmi nous en ce mois d'octobre 2018.

On  lui annonce deux nouvelles : la canonisation du Pape Paul VI et le communiqué de l'actuelle FSSPX (communiqué lu dans toutes les chapelles de la Fraternité le dimanche 14 octobre).
"Saint" Paul VI ??

Par la première nouvelle, il apprend que Rome a réussi l'exploit de découvrir un "miracle" de ce pape, ce qui permet de le mettre sur les autels et de le faire prier par la foule catholique et les générations à venir ; de la deuxième nouvelle, il apprend que l'actuelle FSSPX émet seulement "de sérieuses réserves", sans oser publier une protestation solennelle à la hauteur de l'événement.
Communiqué de la FSSPX

FSSPX-News titre sobrement "Communiqué de la Maison générale au sujet de la canonisation de Paul VI", et se déclare "perplexe". La Porte latine, de son côté, annonce bien "une scandaleuse canonisation" (titre), parce qu'on laisse un peu de liberté éditoriale à la France, par crainte de réactions explosives des gaulois (!), mais le corps du communiqué n'est que la re-transcripiton intégrale du texte de Menzingen (la liberté a des limites !). 

De quoi Mgr Lefebvre serait-il vraiment choqué ? 

De l'acte incroyable de Rome sans doute : "que peut-il sortir de bon de la Rome apostate ?", se désolerait-il sûrement.

Mais bien plus gravement, c'est de la capitulation de ses successeurs que le Prélat serait très profondément scandalisé ! "Où sont les Maccabées ?" redirait-il indigné, comme dans sa lettre d'août 1986 à huit cardinaux peu avant la réunion d'Assise !

De son vivant, comment aurait-il pu imaginer que ce pape - sous tous rapports pire qu'un Luther - qui a réussi à protestantiser la masse des catholiques en l'espace de dix ans, qui a fait mourir de chagrin des cardinaux, qui a détruit l'Eglise de fond en comble dans sa liturgie, dans son chant sacré, dans sa langue, qui a été à l'origine des réformes les plus audacieuses d'inspiration libérale et moderniste, qui a été soutenu par les loges (cf. la liste des francs-maçons dévoilée par le journaliste Pecorreli, assassiné quelques temps après), ... honoré par les instances maçonniques italiennes après son décès...

… et qui l’a personnellement suspendu a divinis pour crime de fidélité à la tradition catholique !
...  puisse être proposé à la vénération des fidèles pour l'héroïcité de ses vertus personnelles et l'exemplarité de son pontificat ?!

Mais surtout, comment aurait-il pu imaginer que sa propre Fraternité puisse, moins de trente ans après son décès, n'avoir que "des réserves" et des perplexités sur cette pseudo-canonisation ?! 

Apprenant cette deuxième nouvelle, le grand Fondateur aurait alors compris que sa propre Oeuvre était, à son tour, victime de ce qu'il avait lui même dénoncé dans l'Eglise. 

Pauvre Eglise défigurée par des hiérarques indignes !

Pauvre Mgr Lefebvre... victime d'une misérable trahison posthume !

samedi 13 octobre 2018

ADRESSE AU SUPERIEUR GENERAL DE LA FSSPX

Au sujet d’un article récent de l’abbé J.M. GLEIZE 


Nous relevons sur le site Gloria.tv une intéressante contribution de Correctio Marcelis aux débats en cours au sein de la Tradition, qui met en évidence le piège dans lequel s’est enfermée la Fraternité Saint-Pie X par la faute de Mgr Fellay. 
Face à un naufrage désormais inéluctable, son successeur trouvera-t-il la force surnaturelle de redresser à temps la barre du navire en perdition ? 

Le 13 octobre 2018 

A l’attention de Monsieur l’abbé D. PAGLIARANI 

Monsieur le Supérieur général, 

Lorsque, du haut de leur chaire, les Docteurs se croient importants… ils s’exposent à subir la Correctio (filialis !) des simples fidèles. 

L’abbé Jean-Michel Gleize, théologien réputé et professeur d’ecclésiologie au Séminaire international d’Ecône, a signé le 10 octobre sur le site officiel FSSPX-news un long article (180 lignes) intitulé : 


A l’évidence, par le choix du support de publication, un tel texte engage non seulement son signataire, mais également l’ensemble de la hiérarchie responsable de la Maison générale de Menzingen, et vous-même en premier lieu en votre qualité de Supérieur général. 

Il s’agit d’une savante contribution – par endroits excessivement savante ! – au débat en cours sur la crise de l’Eglise « conciliaire », et sur la position toujours ambiguë  de  la  FSSPX,  « ni schismatique »   nous  dit-on,  mais  pas  non  plus  en   « pleine communion » avec cette Eglise. 

Sur ces sujets, l’abbé Gleize commente abondement les déclarations faites en Pologne par Mgr Pozzo en juillet dernier. 

Il précise que les autorités romaines persistent à exiger l’adhésion de la Fraternité à une « déclaration doctrinale approuvée par le pape François et présentée par la Congrégation de la doctrine de la foi. » 

Cette exigence conduit à une situation de blocage, puisque les Supérieurs de la FSSPX ne sont pas prêts à signer une telle « déclaration doctrinale » qui répute partie intégrante du magistère, et par conséquent faisant autorité dans l’Eglise, le funeste Concile Vatican II et les orientations doctrinales et pastorales des cinq derniers papes. 

De la sorte, l’abbé Gleize et vous-même, Monsieur le Supérieur général, donnez à penser que la reconnaissance canonique de la Fraternité est, en l’état, devenue improbable, voire impossible, puisqu’elle dépend de la ratification d’un texte… que vous n’envisagez pas de signer (cela équivaudrait effectivement à renier l’héritage de votre Fondateur). 

On imagine facilement que ce raidissement sera présenté à l’opinion comme un repli par rapport aux orientations plus « ouvertes » de Mgr Fellay vis-à-vis de Rome, et comme l’assurance que l’érection de la Fraternité en Prélature personnelle n’est plus à l’ordre du jour… 

Pour rassurer encore les fidèles, vous avez laissé écrire par l’éminent abbé Gleize  que  « le problème est  donc  bel  et  bien,  d’abord  et  avant  tout,  doctrinal.    C’est   de  sa solution que doit dépendre,  aux yeux même de Rome,  la reconnaissance canonique » : ce qui implique en clair que les discussions avec Rome sont inutiles, parce que sans issue ! 

Mais ce faisant, vous semblez ne pas apercevoir que le pape, plus « rusé » (furbo en italien) qu’il le dit lui-même, a depuis trois ans pris l’initiative et acquis une bonne longueur d’avance dans le processus de rapprochement en cours avec la Fraternité. 

Votre prédécesseur était convaincu de sa propre fidélité à l’héritage de Mgr Lefebvre et aux principes contenus dans la Déclaration de 1974 ; il prétendait résister à Rome, et dicter ses conditions pour une reconnaissance canonique acceptable. 

Mais le pape François a su discerner les faiblesses et les contradictions de Mgr Fellay, et en bon tacticien, il a choisi de « prouver le mouvement en marchant » ! 

- Comment donc ? objectera-t-on… 

- Tout simplement en conférant unilatéralement à la Fraternité la juridiction sur les sacrements - une juridiction « conciliaire » selon la lettre et l’esprit du nouveau Droit canon, là est le problème ! -,    cela sous l’argument  spécieux   de   « répondre au bien » de ses « frères ». « Le pape s’inquiète du salut spirituel des fidèles de la Fraternité Saint Pie X » précise Mgr Pozzo. Mais vu les coups qu’elle porte régulièrement à la foi et la morale,  on peut  douter que la Rome  actuelle  «s’inquiète» vraiment du sort des catholiques de la Tradition ! 

Ainsi, François n’a demandé la permission à personne pour mettre le pied dans la Fraternité dès septembre 2015, escomptant bien que Mgr Fellay, naturellement porté au compromis, et fragilisé par certaines de ses actions antérieures (déclaration du 15 avril 2012, entrevue du 23 septembre 2014 à Rome, notamment), ne s’opposerait pas à une normalisation canonique discrète, sacrement par sacrement, libéralement offerte par le pape, « sans contrepartie »… 

Négligeant d’appliquer les règles de protection énoncées en juillet 2012 qui l’obligeaient à convoquer son Chapitre pour se faire autoriser à accepter la juridiction sur les confessions – infraction qui aurait dû en principe être sanctionnée en interne - , Mgr Fellay s’est au contraire empressé de remercier le pape François le jour même (1er septembre 2015), refermant ainsi sur lui-même et sur toute la Fraternité le piège tendu par les romains ! 

A partir de cette première avancée, le pape a complété le dispositif quelques mois plus tard en faisant déclarer – juin 2016 – les ordinations de la Fraternité désormais « tolérées, sans sanction », et au printemps 2017 en concédant la juridiction pour les mariages. A part une réaction de prieurs de France et de certaines communautés de religieux, les dispositions romaines ont été globalement acceptées. 

Depuis lors, le pape François « mène en bateau » les autorités de la Maison générale. 

Appliquant sa formule favorite « cheminons, cheminons, cheminons ! », il est persuadé que le temps travaille désormais pour lui, tandis que la Fraternité, minée par ses courants d’opinion et l’impuissance de sa « résistance interne », se délite lentement. 

Le 12 septembre dernier, au « Club des Hommes en noir », l’abbé de Tanoüarn faisait justement remarquer : 

« - Je ne suis pas sûr que la Fraternité Saint-Pie X demande davantage que ce qu’elle a obtenu aujourd’hui du pape François, et c’est cela qui est amusant, c’est qu’on a une (nouvelle) équipe qui ne veut plus faire d’accord, mais l’accord a été fait !... et finalement tout le monde est bénéficiaire dans cette affaire : ceux qui disent « on ne fera pas d’accord » peuvent continuer à le dire, parce que de toute façon l’accord existe, concrètement, pratiquement.  Un prêtre, c’est l’homme qui donne les sacrements, et les sacrements peuvent être donnés en toute légitimité, aujourd’hui, par la Fraternité Saint-Pie X dans l’Eglise. » 

L’abbé Celier, participant à la réunion de ce Club comme prêtre de la Fraternité, n’a émis aucune réserve sur les propos de son confrère.

Au contraire, il a tenu à ajouter : « - Je précise bien que cette nouvelle équipe (élue par le Chapitre de juillet) ne s’est aucunement opposée à ces nouvelles facilités (concernant les sacrements) ». 

Soyons clairs : la Fraternité s’est laissé berner et ligoter, mais le plus choquant… c’est qu’elle semble s’en accommoder assez bien ! 

Refusant de professer la nouvelle « foi » de l’Eglise conciliaire, condition mise par le pape à sa régularisation, mais ayant imprudemment accepté un rattachement canonique sur le point essentiel de la juridiction des sacrements, elle se retrouve maintenant dans une situation intenable. 

Privée de marge de manœuvre face à Rome, la FSSPX ne peut plus désormais, empêtrée qu’elle est dans ses contradictions :
- ni se réconcilier avec Rome dans les conditions admises par Mgr Lefebvre, qui enjoignait à ses évêques de « déposer la grâce de leur épiscopat » entre les mains d’un pape « parfaitement catholique », ce qui ne correspond pas à ce jour au profil du pontife régnant, loin s’en faut !
- ni procéder, vu la situation catastrophique de l’Eglise, à une nouvelle « opération-survie » par le sacre d’un ou plusieurs évêques, puisque de toute évidence la Fraternité ne paraît pas disposée à subir de nouvelles excommunications. 

Nous n’avons pas la naïveté de penser que François prépare la relève des trois évêques actuels de la Fraternité  - qui prennent chaque année de l’âge -,  ni qu’il envisage,  le moment venu,   de  désigner  un  candidat  parmi  les  « clones »   de  Mgr Lefebvre (s’il en existe au sein de la FSSPX, et que le pape décide d’en faire cadeau à la Tradition pour assurer sa « survie »). 

Dans ces conditions, considérant surtout le salut des âmes, a-t-on le droit de laisser dans l’incertitude l’avenir du ministère épiscopal au sein de la Fraternité ? 

Peut-on donc garantir que celle-ci restera en mesure, jusqu’à l’issue de la crise, de poursuivre le combat du Fondateur pour la sauvegarde de la foi et du sacerdoce ? 

D’une telle impasse, Monsieur l’abbé, la Fraternité ne peut sortir que par un retour à la fidélité au message authentique de Mgr Lefebvre, et à cet effet nous vous demandons respectueusement et instamment : 

1°) de reconnaître les erreurs du supériorat précédent, qui ont conduit l’œuvre de Mgr Lefebvre à la crise la plus grave de son histoire, et d’en tirer les conséquences sur le concours effectif de Mgr Fellay à la gouvernance de la Fraternité en tant que Conseiller (de même, une rétractation formelle de sa malheureuse  déclaration  du  15 avril 2012 serait indispensable), 

2°) de rappeler à Mgr de Galarreta, désormais Premier assistant, ses positions très fermes de l’automne 2011 à Albano, sachant que ses évolutions ultérieures ont déconcerté de nombreux fidèles, 

3°) de renoncer officiellement à la juridiction « ordinaire » concédée par le pape pour les sacrements, et de revenir au régime  de  suppléance  attaché  à « l’état de nécessité » prévu par le droit, régime qui fut en vigueur dans la Fraternité de 1976 à 2015, 

4°) de reprendre résolument l’offensive contre la « Rome néo-moderniste et néo-protestante »,  dans l’esprit de la Déclaration  du  21 no- vembre 1974, en réclamant au Souverain pontife le retour de l’Eglise à sa Tradition  bimillénaire  par  une  profession  publique  de  la  foi  catholique  dans  son intégrité (voir ici), à commencer par les trois mesures prioritaires suivantes : 

- dénoncer les erreurs de la culture libérale, en réaffirmant la Royauté sociale de Jésus-Christ à l’encontre de la « liberté religieuse » et des « droits de l’homme sans Dieu », 

- rétablir le serment antimoderniste pour l’accès aux ordres de la hiérarchie ecclésiastique, dans le but d’enrayer le processus de corruption de la foi qui mène les âmes à l’apostasie et à la perdition, 

- condamner solennellement les textes de Vatican II contraires aux définitions irréformables du magistère antérieur, révoquant ainsi la prétendue autorité d’un concile « pastoral » qui se révèle être, cinquante ans après, le plus grand désastre de l’histoire de l’Eglise. 

… et, en outre, rappeler au pape qu’il reste toujours à consacrer la Russie au Cœur Immaculé de Marie, selon la demande du Ciel transmise à Fatima, et dans les formes requises par cette demande. 


A défaut de ces actions courageuses,  entreprises sans tarder,  la  fin  de  l’œuvre  de  Mgr Lefebvre apparaît à terme inéluctable, tant il est vrai que « tout royaume divisé contre lui-même court à sa ruine » ! 

C’est à vous qu’il appartient, Monsieur l’abbé, à raison de la charge que vous avez reçue du Chapitre en juillet, de faire usage de votre autorité de Supérieur général pour conjurer cette issue fatale. 

Veuillez croire à nos ferventes prières, et à nos sentiments respectueux. 

Correctio Marcelis 


Dernière minute : 

Le vendredi 12 octobre, est paru sur FSSPX-News un entretien avec l’abbé Davide Pagliarani : 266 lignes de considérations diverses, fort instructives sur la pensée profonde du nouveau Supérieur général, et les messages qu’il entend faire passer. 
Le rôle de la Fraternité dans la crise actuelle de l’Eglise, et l’état des rapports avec les autorités romaines, sont largement traités. 
On notera toutefois que, dans ses réponses, l’abbé Pagliarani ne fait aucune allusion à la nouvelle situation canonique de la Fraternité résultant des concessions du pape François sur la juridiction des sacrements ! 
Le diagnostic posé par la présente « Adresse » sur la paralysie des autorités de Menzingen face à la Rome conciliaire se trouve ainsi, hélas, confirmé…


mardi 9 octobre 2018

Conférence de Mgr Williamson au colloque de Paris

Conférence donnée par SE Mgr Williamson le dimanche 7 octobre 2018 Les 7 âges de l'Eglise






Pour télécharger la conférence : ici 

lundi 8 octobre 2018

Colloque à Paris pour les 30 ans des sacres

A l'occasion des 30 ans des sacres, un colloque a été organisé à Paris ce dimanche 7 octobre pour évoquer l'importance de cet événement dans toute la vie de l'Eglise. 

Dans son sermon du  matin, Mgr Williamson a souligné la portée de la réaction catholique de Mgr Lefebvre, dont les effets se sont fait sentir jusque dans des communautés dites ralliés qui, sans la résistance du grand archevêque, n'auraient sûrement pas aujourd'hui la possibilité de célébrer la Messe traditionnelle.  Mais si la Messe a été une première victoire de Mgr Lefebvre dont beaucoup profitent aujourd'hui,  Mgr Williamson a surtout insisté sur le fait du combat fondamental de Mgr Lefebvre : combat pour la vérité et contre le mensonge moderniste. Car, dit-il, le concile Vatican II, tout comme une certaine religion d'après guerre, a été avant tout un concile de mensonge. Et l'oeuvre de l'archevêque a été une résistance tenace à cet esprit faux.

Mgr Williamson a tenu a préciser que, même si l'on pouvait encore  trouver quelques restes de Foi Catholique, des belles cérémonies religieuses dans telle ou telle oeuvre de la tradition, il n'en restait pas moins que "la Fidélité catholique", avec ses divers centres répartis un peu partout, demeurait actuellement le bastion des âmes qui recherchent autre chose que les simples apparences de catholicisme. 

L'après midi fut l'occasion pour Mgr Faure de parler de l'oeuvre du séminaire. Puis à l'abbé Pivert de la nécessité d'une élite.

Mgr Williamson a clos le colloque par une magnifique  conférence dont nous publierons la vidéo sous peu.


Allocution de SE Mgr Faure sur le séminaire

Abbé Pivert : la formation d'une élite catholique

Conférence de SE Mgr Williamson (la vidéo sera publiée prochainement)





dimanche 7 octobre 2018

Féminité sans Prix – I

Kyrie eleison DLXXXVI ( 6 octobre 2018 )

Sainte Anne, Ô Sainte Anne ! Trouvez-moi vite un homme
Mais pas n’importe quel ! Sainte Anne, ma patronne.


Les défenseurs d’une cité doivent combattre en se ruant là où les soldats d’une armée ennemie franchissent les remparts. Les serviteurs de Dieu doivent combattre là avant tout où le salut des âmes est le plus compromis. C’est pourquoi nos Commentaires et les Lettres du Directeur qui les ont précédés, reviennent si souvent sur la déféminisation de la femme comme sur la dévirilisation des hommes. En créant la complémentarité d’Adam et d’Eve, Dieu a donné à la nature et à la vie humaines leur fondement. Mais lorsque l’homme brise ce dessein, lorsque les infectes manipulations du « genre » avec tout ce qui les accompagne – prétendent mettre au rebut le plan divin, on peut se demander comment la grâce surnaturelle de Dieu pourra encore descendre dans ces natures humaines si radicalement détraquées. Et, sans la grâce, où finit l’homme ?

Théoriquement, les femmes catholiques ne devraient pas avoir trop de difficulté pour comprendre et accepter la vocation que Dieu leur assigne. Mais dans la pratique, une propagande pro-féministe implacable se diffuse par l’enseignement et par une abjecte activité médiatique. Si bien que, l’orgueil aidant, le mirage d’un pouvoir chimérique arrive à supplanter, même chez les femmes catholiques, les instincts les plus naturels et le sens donné par Dieu de leur véritable rôle dans la vie. Voici quelques propos rudes mais sages d’ Irène Claremont de Castillejo, tirés de Knowing Woman : Feminine Psychology (Connaissance de la femme : Psychologie féminine) :—


“Toute fille dont la féminité se développe sans qu’elle sache que l’amour en est la valeur suprême, se trouve déjà spirituellement violée. Car la spiritualité féminine s’exprime dans une attitude d’attente, d’inclination et de disponibilité spirituelle pour rencontrer son contraire, condition préalable au plein épanouissement intérieur de la femme. Sans cela, elle devient la proie d’un esprit masculin se développant en elle, l’esclave d’un esprit qui la pousse à une hyperactivité intellectuelle ou physique, en dehors de toute relation avec un homme, et dans laquelle elle-même ne se reconnaît pas. Cette femme est possédée.”


Reproduisons ici encore un texte de Henry Makow, Ph.D. : Les femmes occidentales ont perdu leur pouvoir d’aimer :

“Les femmes occidentales se sont fait berner en poursuivant le pouvoir au lieu de l’amour. Paradoxalement, elles n’ont jamais eu aussi peu de pouvoir. Elles veulent qu’on les aime mais n’ont plus d’amour à offrir en retour. Dans le film War Games paru en 1983, le héros, Matthew Broderick, est un génie de l’informatique qui déclenche accidentellement un compte à rebours nucléaire et doit lutter de vitesse pour éviter une catastrophe. Son amie, interprétée par Ally Sheedy, joue le second rôle, l’aidant, l’encourageant et l’admirant. Il est le chef, mais la présence de son amie informe, valide et accentue tout ce qu’il fait. Tout se passe comme si ce qu’il faisait, il le faisait pour elle. En fait, c’est ainsi que fonctionne l’hétérosexualité. La femme mandate l’homme en confiant son propre pouvoir à son mari. C’est ainsi que la femme aime : en « faisant confiance », en s’enrôlant en tant que Second auprès de son Capitaine. Si ce film se refaisait aujourd’hui, c’est elle qui serait la Capitaine, lui serait émasculé, et ils finiraient par se séparer.

“Depuis Chaucer jusqu’à Freud, les hommes se sont demandé : ‘Que veulent les femmes ?’ La réponse est très simple : elles veulent qu’on les aime. Plus précisément, elles demandent que leur mari les aime d’un amour passionné tout le long de leur vie. Mais qu’est-ce qui pousse un homme à aimer une femme de cette manière ? Le sacrifice qu’elle consent. En liant son sort à celui de son mari, en acceptant qu’il soit son chef et en le servant lui et leurs enfants. En d’autres termes, l’amour durable se mérite par des actes. Il ne se fonde ni sur le sex-appeal (qui disparaît) ni sur de bons mots spirituels. Il est construit sur des liens de RECONNAISSANCE.

“En apprenant aux femmes à être égoïstes au lieu de se sacrifier, le féminisme les a dépossédées du bien qu’elles avaient en réserve : l’amour. Tout ce qu’il leur reste à donner c’est l’acte du mariage en dehors du mariage. Dans la mesure où elles refusent de se rendre à un mari aimant, elles seront réduites à se donner à des étrangers” (Fin de citation de Makow).

« Mais, Excellence, où sont-ils, ces capitaines ? Où sont ces maris amoureux potentiels qui pourraient assurer leur rôle de chef ? Les hommes d’aujourd’hui sont des lavettes, y compris les catholiques traditionnels ! » Femmes ! De même que, sans vous en rendre compte, vous avez perdu votre féminité, de même les hommes ont perdu leur virilité, à cause de cette vile culture qui sévit aujourd’hui. Vous devez prier : Dieu peut facilement vous trouver un jeune homme. Priez Sainte-Anne, comme ci-dessous, mais d’abord, promettez-lui que si elle vous trouve un homme, vous êtes prête et toute disposée à vous soumettre à lui. De cette façon, elle sera plus encline à vous en chercher un. Dès lors, ne vous privez pas de l’importuner jusqu’à vous rendre insupportables ! Le ciel n’en prendra pas ombrage. —Lc. XVIII, 2–8.

Kyrie eleison.

jeudi 4 octobre 2018

Le concile Vatican II ne serait pas la cause profonde de la crise....

Abbé Jurgen Wegner

"La tentation est de chercher des réponses faciles et une simple chaîne de causalité pour expliquer la corruption dans l'Église" (Abbé Wegner, supérieur de district de la FSSPX) 


Le 29 septembre 2018, M. l'abbé Jurgen Wegner, supérieur du district de la FSSPX aux États-Unis, a écrit une lettre aux fidèles concernant la crise des abus dans l'Église. Il a rappelé que ''bien que nous ne puissions ignorer les effets négatifs du Concile Vatican II et de ses conséquences sur le Corps mystique du Christ, je crains que les racines de la crise des abus sexuels ne soient plus profondes.''

Source : FSSPX.org

Citation:
"Je comprends que dans cette période de confusion et de crise, la tentation est de chercher des réponses faciles et une simple chaîne de causalité pour expliquer la corruption dans l'Église. Faites attention. Bien que nous ne puissions ignorer les effets négatifs du Concile Vatican II et de ses conséquences sur le Corps mystique du Christ, je crains que les racines de la crise des abus sexuels ne soient plus profondes."

Cette lettre a été saluée par Massimo Faggioli, qui affirme que "la FSSPX manifeste plus de modération que bien des catholiques en pleine communion avec Rome". 

Cette réaction de l'abbé Wegner n'est pas seulement une attaque directe contre Mgr Williamson, qui ne cesse de souligner avec clairvoyance l'origine du mal. Elle est surtout symptomatique de la capitulation des autorités de Menzingen, et les spécialistes ne s'y trompent pas quand ils saluent cette attitude de modération de la FSSPX. Elle révèle effectivement quelque chose de très inquiétant sur le plan doctrinal et spirituel : 

1° M l'abbé Wegner ne croit plus dans la logique des principes ("la tentation est de chercher des réponses faciles et une simple chaîne de causalité"). Pour cet abbé, l’exercice normal de la logique relèverait d’une « tentation » : très inquiétant de la part d’un clerc qui a appris la philosophie au séminaire, et notamment la logique ! Les mauvais principes produisent toujours de mauvais fruits. Les mauvais principes conciliaires (liberté religieuse, collégialité, œcuménisme, pour ne citer que ceux-là) ont généré toutes sortes de fruits détestables (dont le nouveau code de droit canon, synthèse législative de ces erreurs). Il n’est donc pas téméraire d’affirmer que l'homosexualité d'un certain clergé n'est que la conséquence de l’oblitération des principes en matière de foi et de morale.

2° L'abbé Wegner ne voit plus que ce sont justement les principes libéraux, d’origine maçonnique, répandus dans la société civile depuis trois siècles qui ont désormais pénétré l'esprit des hommes d'Eglise et expliquent ce que nous voyons depuis 50 ans dans l'église conciliaire en pleine débâcle.

3° Pour l’abbé Wegner, les effets négatifs ne seraient pas tous dus au Concile ! Il est bien vrai que, sous la loi universelle du péché, le monde n'a jamais été au bon niveau moral : d’où le châtiment du Déluge, et s’agissant spécialement de l’homosexualité, la destruction de Sodome et Gomorrhe. Mais on se demande alors pourquoi Mgr Lefebvre parlait du Concile Vatican II comme d’une sorte de troisième guerre mondiale, capable d’anéantir la foi dans l'âme de millions de catholiques !

Pour l'abbé Wegner ce mal semble passer au second plan. C'est la preuve que les supérieurs de la néo FSSPX ne voient plus que le bien suprême des âmes est la foi intègre. L'abbé Wegner se situe ainsi dans l'axe de la déplorable déclaration doctrinale d’avril 2012 de Mgr Fellay, qui tendait à relativiser la dérive doctrinale du Concile lui-même.

Par conséquent, l'actuelle FSSPX ne lutte plus contre le cancer qui ronge l’Eglise et mène le monde à sa ruine, et qui est précisément le concile Vatican II et son esprit libéral et maçonnique, fondamentalement opposé au Règne social de Jésus-Christ.

Ne voulant plus combattre l'ennemi principal, l'actuelle FSSPX recherche des « terrains de substitution » à dominante « pastorale » pour justifier son existence et le rôle qu’elle entend jouer désormais officiellement au service de l’Eglise pour la formation et la sainteté du sacerdoce, la diffusion du bon catéchisme, et le redéploiement de la liturgie traditionnelle. Ses actions prioritaires visent donc désormais à obtenir, après la régularisation canonique de ses sacrements, un modus vivendi doctrinal avec la Rome conciliaire, dans l’espoir de recupérer progressivement, au profit de la Tradition, les champs d’apostolat délaissés par les diocèses moribonds (l’abbé de Jorna y a fait allusion récemment sur la Porte latine).

Cette logique-là n’est pas une « tentation », … mais la triste réalité des mauvais calculs humains de l’équipe de Menzingen (ancienne et nouvelle) !


Pour les âmes, les conséquences de déclarations comme celles de l’abbé Wegner seront désastreuses à plus ou moins long terme : puisque la foi intègre est la racine de toute justification, comment les pauvres pécheurs (même homosexuels) pourront-ils retrouver le chemin du ciel si les pasteurs, qui devraient être le sel de terre par leur doctrine irréprochable et leur prédication courageuse, viennent à s'affadir en ne désignant pas la racine des maux actuels ? 

Ne pas dénoncer le mal véritable comme le fit Saint Pie X dans son encyclique "Pascendi", c'est détourner les malades du bon remède pour les laisser rechercher des solutions humaines, qui les conduiront à des impasses et aux plus grands malheurs.

mercredi 3 octobre 2018

Souvenirs du Pèlerinage au Mont Saint Michel


Répondant généreusement à l'appel des évêques fidèles, les pèlerins sont arrivés des quatre coins de la France pour prier Saint Michel et lui demander ces grâces spéciales de force et fidélité dans cette lutte sur-humaine et ultime (sans doute) que chacun doit mener pour garder la Foi et la Charité et arriver plus sûrement aux portes de l'éternité bienheureuse. Saint Michel est en effet l'Archange du jugement mais il est aussi l'ange du combat.


Car les catholiques ont à combattre comme jamais il en fut sans doute dans toute l'histoire de l'Eglise Catholique : combat contre un monde globalement et savamment apostat, mené par des ennemis qui travaillent à perdre les âmes, ennemis tout puissants financièrement, numériquement  etc...
Combat surtout contre la Rome moderniste qui doit, hélas,  se prolonger aujourd'hui dans une résistance  à ceux qui ont presque remis tous les sacrements et l'épiscopat entre les mains d'une Rome qui détruit positivement la Foi.

Saint Michel est donc l'Archange très puissant et très bon qui n'a certes pas besoin de beaucoup d'âmes pour repousser les miasmes spirituels et les influences  dépravées du prince de ce monde mais il a lui a fallu tout de même une bonne centaine de pèlerins en ce 29 septembre pour continuer à terrasser l'ennemi infernal.

"Si vous pensez que les temps sont mauvais et que nous sommes affrontés à de formidables systèmes qui, s'arrogeant le droit de réviser la loi divine, veulent emprisonner les âmes pour les rende incapables de vivre avec Dieu en esprit et en vérité, qui pourriez-vous mieux appeler à votre secours que Saint Michel Archange ? La sublime question qui nomme l'Archange Qui est comme Dieu ? ne s'adresse pas au seul Lucifer, ni même à ses seuls anges, elle s'adresse aussi à chaque homme et, singulièrement aux chefs des peuples" (Abbé CP Chanut)














lundi 1 octobre 2018

Sermon de Mgr Williamson le dimanche 30 septembre 2018

A l'occasion d'une Messe d'ordination au diaconat (du Frère Marcel de la Croix de la communauté de la Villeneuve), Mgr Williamson a adressé un mot qui mérite particulièrement d'être écouté. 

PS : il manque 10 secondes de paroles à la 2ème minute. Veuillez-nous en excuser. 




dimanche 30 septembre 2018

"Tout est rentré dans l'ordre dans la FSSPX" ! Vraiment ?

Discussion entre un jeune et Mgr Williamson
au Mont Saint Michel
le 29 septembre 2018
Nous reproduisons ci-dessous un échange entre deux jeunes gens de la tradition au sujet de la crise de la FSSPX. Le premier se persuadait que la crise la FSSPX était maintenant derrière . Le second lui remet les idées en place. 

Quant à ceux qui disent "tout est rentré dans l'ordre grâce au chapitre", voici ce que j'ai répondu à l'un d'entre eux : 

« Tout est rentré dans l’ordre »

Cette phrase est très significative. Car en disant cela tu admets qu’il y a eu désordre. Sur ce point, je ne peux être que d’accord.

En effet, c’est un grave désordre lorsque la FSSPX, dans sa déclaration doctrinale de 2012, affirme que la messe bâtarde a été « légitimement promulguée », la FSSPX affirme donc à Rome que le rite moderniste est légitime.

En effet, c’est un grave désordre lorsque le cardinal Hoyos déclare en janvier 2009 au Corriere Della Sera : « Une chose est sûre : la pleine communion arrivera. Dans nos conversations, Mgr Fellay a reconnu le Concile Vatican II, il l’a reconnu théologiquement. Ne restent que quelques difficultés. » Le supérieur général de la FSSPX a donc accepté Vatican II.

En effet, c’est un grave désordre lorsque, le 15 décembre 2009, le supérieur de la FSSPX écrit au cardinal Castrillon : “Nous acceptons et faisons nôtres tous les conciles jusqu’à Vatican II au sujet duquel nous émettons des réserves”. Plus grave encore, la FSSPX trafique les textes lorsque ceux-ci vont vraiment trop vite pour les « lents au ralliement ». En effet, le supérieur général dira que sa lettre contenait ceci : “Nous acceptons et faisons nôtres tous les conciles jusqu’à Vatican I. Mais nous ne pouvons qu’émettre des réserves au sujet du Concile Vatican II.” Osservatore Vaticano écrira que : « C’est bien entendu la première version qu’a reçue le cardinal Castrillón. La seconde version n’est pas à proprement parler un faux : c’est une traduction à l’usage de l’opinion publique de la FSSPX. » Je ne parlerai même pas de la lettre du supérieur général de la FSSPX au pape Benoît XVI à propos de cette fameuse déclaration doctrinale (http://www.lasapiniere.info/archives/692)

En effet, c’est un grave désordre lorsque l’abbé Quilton, un nouveau professeur de théologie morale à Ecône, écrit le document intitulé « la position officielle non-officielle de la Fraternité en matière de droit canon ». L’affirmation la plus choquante affirme de façon explicite que dorénavant, la FSSPX va suivre le Nouveau Code, mais à la lumière de l’ancien code. La Déclaration doctrinale du 15 avril affirme que la FSSPX suit surtout le nouveau code de 1983. Le protocole du 5 mai que Mgr Lefebvre avait refusé en 1988, n’acceptait que les aspects disciplinaires de ce nouveau code. Donc il n’est pas correct d’affirmer que cette Déclaration s’inspire du protocole de 1988 : non, au lieu de cela, il s’agit d’une capitulation canonique entière.

En effet, c’est un grave désordre lorsque la maison générale de la FSSPX n’a fait AUCUN communiqué suite au scandale d’Assise III. Cela change par rapport à la lettre de Mgr Fellay à JPII en 1999 (http://laportelatine.org/district/france/bo/naples07/naples07.php#assise2). Ce même Mgr Fellay disait pourtant en 2002 en parlant de Campos : (Campos)souligne les points du pontificat actuel qui paraissent favorables, on passe sous un révérencieux silence ce qui ne va pas… […] c’est le chemin d’une compromission qui a été choisi. Pour avoir la paix avec Rome, il faut cesser de se battre. […] Pour nous, avant de nous lancer, nous voulons la certitude de la volonté de Rome de soutenir la Tradition, les marques d’une conversion. » (Lettre aux Amis et Bienfaiteurs n° 63). Ne peut-on pas dire de même de l’actuelle FSSPX ? Je ne parle pas de déclaration de district ou de prêtres, mais de déclaration officielle de la maison générale.

En effet, c’est un grave désordre quand le supérieur général de la FSSPX va à Rome le jour même où le Saint Père installe une statue de Luther au Vatican. Être reconnu « tel que nous sommes » ne me plaît pas dans des conditions pareilles.

En effet, c’est un grave désordre qui se passe dans la néo FSSPX. À tel point que même le MJCF a cru bon d’écrire ce communiqué : http://www.lasapiniere.info/archives/2206
Je ne parle même pas des avancées scandaleuses en faveur d’une réconciliation de la FSSPX avec l’église conciliaire. Alors vous me direz : « il n’y a pas de contrepartie ! » Et alors ? Cela reste un « ralliement pratique » par étapes alors même que le problème doctrinal est écarté. Mais cela n’est pas étonnant, L’agence de presse du Vatican déclarait le 29 août 2005: « La rencontre s’est déroulée dans un climat d’amour pour l’Église et de désir d’arriver à la communion parfaite. Quoique conscients des difficultés, il a été manifesté la volonté de procéder par ETAPES et dans un temps raisonnable. » 

Maintenant que j’ai montré en quoi je suis d’accord avec toi sur le désordre dans la FSSPX, vient notre désaccord, en quoi « tout est revenus dans l’ordre » ? Car de tout ce que j’ai dit, et j’ai passé beaucoup de choses, rien n’a été rétracté par la FSSPX. Les propos libéraux de la FSSPX n’ayant pas été rétractés, parler d’ordre est, soit de la naïveté, soit un aveuglement volontaire. Tout cela me fait penser à François Fillon qui se déclare anti-IVG (en idée) mais qui affirme qu’il ne changera pas la loi sur l’avortement (dans la pratique). J’espère que l’abbé Pagliarani ne sera pas comme François Fillon. Il faut prier pour lui. Mais rien n’est encore rentré dans l’ordre. On attend des faits, les paroles ne comptent pas. Si le nouveau supérieur de la FSSPX est réellement conservateur, cela se verra vite dans les faits. Car, comment demander à l’Église de reconnaître les erreurs du concile et de le prouver en pratique si on n’est pas capable de le faire dans notre camp ? Pour retrouver la confiance dans la FSSPX, il faut qu’elle condamne son attitude libérale depuis 2011, qu’elle réintègre les prêtres, évêques qui ont courageusement dénoncé la glissade libérale, et aussi, qu’elle revienne aux principes de 2006, « pas d’accord pratique sans accord doctrinal », qu'elle rejette le code moderniste et nie la légitimité de la messe bâtarde.

Je terminerai par dire que je ne te comprends pas. Tu admets qu’il y a eu désordre, tu dois donc par le fait même admettre la légitimité d’une résistance. Alors pourquoi condamner celle-ci ? Pourquoi dire qu’il n’y avait pas nécessité ? Dans la mesure où la FSSPX tombe, il y a nécessité. Et tu devrais aussi admettre, que depuis le Chapitre, rien n’a changé dans les faits et donc que la résistance doit continuer.

vendredi 28 septembre 2018

AFFAIRE VIGANÒ : VARIATIONS A MENZINGEN

FSSPX-News, organe de la Maison générale de la Fraternité Saint-Pie X, signale et commente un récent courrier explosif de Mgr Carlo Maria Viganò, ancien nonce apostolique aux Etats-Unis, réitérant ses accusations à propos des scandales de mœurs révélés dans l’Eglise, et dénonçant de nouveau l’attitude complice du pape François.

Le site suisse fait preuve cette fois d’un zèle inhabituel, puisque le texte concerné, qu’il publie le 28, porte la date du 29 septembre !

C’est dire combien on craint d’encourir de nouveau le reproche de garder le silence, ne serait-ce que quelques jours, sur un nouveau rebondissement de ce scandale majeur du pontificat de François (voir l’article de Reconquista du 22 septembre).

On note incidemment que la revue allemande Der Spiegel, par exemple, a changé de camp et s’en prend maintenant à François, … signal intéressant adressé à l’opinion bien pensante.

Pour sa part, après avoir dans un premier temps négligé l’événement et s’être réfugiée dans l’abstention sans doute pour ménager ses relations avec le Vatican, la tête de la Fraternité opte désormais pour une position offensive, et se range du côté de ceux qui attaquent le pape.

Il y a des girouettes, même sur le toit des églises !

Quoi qu’il en soit de cet apparent revirement de la Maison générale, une question nous vient à l’esprit :

- La FSSPX va-t-elle réclamer la démission du pape, comme Mgr Viganò l’avait fait lui-même dans son premier texte en date du 22 août ? Il faudrait dans ce cas avertir l’abbé Celier : représentant la Fraternité au « Club des Hommes en noir », il déclarait le 12 septembre que pour sa part, il n’aurait pas formulé une telle demande (« car c’est grave », précisait-il…)

Sans aller si loin dans l’audace, il est désormais acquis que la Fraternité ne pourra plus avoir ce zèle catholique qu'avait Mgr Lefebvre pour présenter au pape François ces suppliques élémentaires qui avaient été présentées à la fin de l’article de Reconquista et rappelées ci-après :

1°) dénoncer les erreurs de la culture libérale, en réaffirmant à l’encontre de la « liberté religieuse » et des « droits de l’homme sans Dieu », la Royauté sociale de Jésus-Christ,

2°) rétablir le serment antimoderniste pour l’accès aux ordres de la hiérarchie ecclésiastique, dans le but d’enrayer le processus de corruption de la foi qui mène les âmes à l’apostasie et à la perdition,

3°) condamner solennellement les textes de Vatican II contraires aux définitions irréformables du magistère antérieur, révoquant ainsi la prétendue autorité d’un concile « pastoral » qui se révèle être, cinquante ans après, le plus grand désastre de l’histoire de l’Eglise.

… et, en outre, rappeler au pape qu’il reste toujours à consacrer la Russie au Cœur Immaculé de Marie, selon la demande du Ciel transmise à Fatima, et dans les formes requises par cette demande.

Il va de soi que ces quelques demandes ne pourraient être raisonnablement crédibles que dans la mesure où les évêques, qui se veulent dans la fidélité à Mgr Lefebvre,  respectent son ultime testament et ne remettent leur épiscopat que dans les mains d'un Pape vraiment catholique.

Tout le reste n’est que manœuvres opportunistes et bons propos sans lendemains, qui ruinent chaque jour un peu plus le crédit de ceux qui se prétendent encore fidèles au message de Mgr Lefebvre…


Petrus Helveticus

jeudi 27 septembre 2018

Une âme attaquée

Voici un très beau commentaire Eleison de Mgr Williamson.  Monseigneur répond aux âmes affolées par l'apostasie générale et aux doutes spirituels que le démon saura instiller par le biais de cette apostasie.  A méditer. 

Kyrie eleison DLXXXIV ( 22 septembre  )

Quand les eaux sont bien troubles, Satan s’en va pêcher . . .
Que Marie intercède, afin de nous sauver !


Les révélations de Mgr Viganò portant sur la grave corruption morale de certains hauts dignitaires de l’Église, Pape François y compris, sont susceptibles d’ébranler sérieusement la foi des catholiques qui ont fait confiance aux ecclésiastiques officiels tout au long des 50 dernières années, parce qu’ils n’ont pas vu – ou n’ont pas voulu voir – de problème particulier dans le Concile Vatican II (1962–1965). Il y a trois semaines, avant même que le rapport de Mgr Viganò ait été publié, nous citions dans ces “Commentaires” les propos d’un catholique porté au bord du désespoir par les révélations du Procureur Général de l’État de Pennsylvanie, faisant état de scandales similaires perpétrés dans la Néo-église de cet État. La menace d’une avalanche de tels scandales étant maintenant bien établie, nous allons cette semaine montrer dans ces “Commentaires” comment le Diable tourne son artillerie lourde contre un autre catholique, dans l’intention de lui faire perdre la Foi. Voici quelques-uns des obus lancés par le Diable, tels que les rapporte notre correspondant. Nous y ajoutons de brèves réponses, dans l’espoir de fortifier dans la foi d’autres âmes qui risquent dans un futur proche d’être pareillement ébranlées :

J’ai assisté, dans ma ville natale, à une messe dans le nouveau rite. Elle était célébrée pour des Sœurs par l’évêque auxiliaire local. Son sermon sur le Sacré-Cœur était irréprochable sur le plan doctrinal, et très édifiant. Pourtant, un de mes amis a vu de ses propres yeux le même évêque embrasser un séminariste ! Pour moi, cet évêque est un problème angoissant : comment peut-il croire au Sacré-Cœur dont il prêche si bien sur l’amour ?

Réponse : C’est un moderniste, comme la plupart des ecclésiastiques de l’Église “rénovée” par Vatican II, également appelée “Néo-église”. Le modernisme veut « adapter l’Église catholique au monde moderne anticatholique » ; il y parvient en faisant dépendre la réalité objective du sentiment subjectif. Toutefois, le processus de subjectivisation de la réalité peut prendre du temps, de sorte qu’un ecclésiastique qui tombe dans le modernisme ne perd pas nécessairement tout de suite sa foi catholique objective, même si celle-ci est déjà sapée dans son âme. Dieu seul peut savoir exactement à quel moment cet ecclésiastique perd la foi. Disons que si cet évêque croit en Vatican II, il est certainement sur le chemin conduisant à la perte de la foi, et il y est déjà suffisamment avancé pour pécher gravement contre le sixième Commandement, mais pas encore assez loin pour avoir perdu toute notion de qui est le Sacré-Cœur.

Mais pour détruire la vérité catholique avec autant d’aisance que le font les imposteurs romains, ils doivent la connaître. S’ils la connaissent, nul doute qu’ils en connaissent aussi la force. Et s’ils en connaissent la force, comment ont-ils pu cesser d’y croire ? À moins que tout cela n’ait jamais été qu’un conte de fées, un conte aussi faux que n’importe quelle autre religion, l’Église catholique n’étant en rien supérieure aux autres, et l’homme n’ayant de toute manière aucun moyen d’accéder à la Vérité divine ?

Réponse : Pour avoir la Foi Catholique, l’esprit humain doit accepter beaucoup de vérités surnaturelles qui, tout en n’étant pas contraires à la raison, sont au-dessus de sa portée naturelle. Pour accepter de se soumettre à ces vérités, l’intelligence doit être poussée par la volonté. Si la volonté cesse de pousser l’intelligence, ou pousse dans une direction opposée, la foi disparaîtra de son intelligence. Or, le modernisme est orgueilleux, parce que dans la Néo-église l’homme prend la place de Dieu. En conséquence, il est possible que les imposteurs romains, comme vous les appelez si bien, aient été dès le début des francs-maçons ou des infiltrés communistes ; comme il se peut également qu’au tout début, ils aient cru, comme Judas Iscariote, mais l’orgueil leur inspirant le désir de prendre la place de Dieu et de remodeler l’Église à leur idée, a subjugué leur volonté. Si bien que leur intelligence a perdu la foi. Dieu seul sait ce qu’il en est dans l’âme d’un homme.

Se pourrait-il que nous soyons trompés ? Ne sommes-nous pas engagés dans une guerre sans fin en vue d’une promesse bien fragile du Ciel ? Nous sommes incapables de savoir quoi que ce soit sur Dieu. Ne vaudrait-il pas mieux pour nous que Dieu n’existât pas ? Dans le chaos d’aujourd’hui, je ne peux m’empêcher de penser que l’Église est une affaire purement humaine, de sorte qu’il y a des moments où j’envie les gens qui mènent une vie heureuse sans Dieu.

Réponse : Mon cher ami, même si les gens sans Dieu se prétendent “heureux”, une vie heureuse sans Dieu est une pure illusion. Nous, les êtres humains, nous sommes tous sortis des mains de Dieu ; notre âme a été directement créée par Dieu avec pour finalité d’aller à Dieu, corps et âme. Le monde et l’Église sont aujourd’hui dans le chaos, précisément parce qu’ils essaient de se passer de Lui.

Il semblerait que nous soyons également prédestinés au Ciel ou à l’Enfer, et que notre libre arbitre ne puisse pas y faire grand-chose.

Réponse : “Le venin est dans la queue”, disaient les Latins, en prenant l’image du scorpion. La conclusion que vous tirez, lourde de sens, est une hérésie épouvantable qui prouve que le diable joue le tout pour le tout pour faire pour ébranler votre foi. Récitez le chapelet pour obtenir l’aide de la Mère de Dieu. Je vous envoie ma bénédiction.

Kyrie eleison.