jeudi 13 décembre 2018

Second voyage missionnaire en Ouganda (14 - 30 novembre 2018)

Par M. l'abbé Pierre Célestin N'dong Ondo

Certains de nos lecteurs ne connaissent peut être pas bien encore M l'abbé N'dong Ondo. C'est un ancien confrère de la Fraternité ordonné en 2001 à Ecône. Victime des injustices et des purges libérales de Mgr Fellay, la providence l'a donc obligé à rester au Gabon.  Fidèle, lui aussi à la Tradition et à Mgr Lefebvre, il s'est donc tourné vers les évêques de la Fidélité, sous l'autorité morale desquels il fait son apostolat. Et Dieu bénit manifestement son labeur, fruit d'années de sacrifices. Dans son dernier bulletin il nous fait part de son  aventure missionnaire en Ouganda : 



1   Un jour à Kampala

Nous décollons de Libreville avec une heure de retard en raison d'une forte pluie en cet après-midi du 14 novembre. Au décollage de Kigali, au Rwanda, nous avons à nouveau une heure de retard pour une raison qui m'est inconnue. Nous arrivons donc à Entebbe, en Ouganda, avec une heure de retard à 2h du matin.

Quand je sors de l'aéroport, j'ai la désagréable surprise de constater que je ne suis pas attendu. Des personnes de bonne volonté me viennent en aide et appellent mes deux contacts en Ouganda. Mais à cette heure tardive de la nuit, personne ne répond car ils dorment du sommeil du juste. Une heure plus tard, une personne de bonne volonté appelle à nouveau et enfin Francis répond. Francis est le coordinateur de notre apostolat en Ouganda. Il est surpris de me savoir à l'aéroport car il m'attendait pour le lendemain. Six heures plus tard, il arrive enfin à l'aéroport : il était temps !

Il me conduit chez une famille, membre des Marian Workers. Je découvre ce mouvement marial pour la première fois. Plus tard, j'apprendrais que cette famille est en fait à l'origine de ce mouvement marial. Nous passons juste la nuit et le lendemain après- midi, nous nous dirigeons vers Masaka, à environ 3h de route de Kampala. La famille et les autres personnes présentes me demandent de revenir car elles veulent assister à nouveau à la messe tridentine. Je leur réponds de ne pas s'inquiéter car j'ai prévu de revenir pour prêcher une retraite de saint Ignace.

2   Deux jours à Masaka

A notre arrivée à Masaka, je suis reçu en grande pompe avec des chants traditionnels. Dans la soirée, Agatha, nous rejoint. C'est mon second contact en Ouganda et elle travaille en soutien à Francis. Nous sommes chez maman Anastasia, une sexagénaire avec un caractère bien trempé. Lors des changements liturgiques, elle a décidé purement et simplement de ne plus mettre les pieds à l'église. Pendant toutes ces années, son grand désir était de pouvoir assister à nouveau à la messe comme avant.
Le lendemain samedi, je prépare les baptêmes du dimanche. A l'origine, huit baptêmes étaient prévus mais trois familles se sont désistées par crainte du curé. Il restait donc cinq enfants à baptiser dont une fillette de sept ans. Malheureusement, elle n'a pas pu répondre de façon satisfaisante aux questions de catéchisme. Elle sera donc baptisée lors de mon prochain voyage en Ouganda.

Le lendemain dimanche, après la messe, je baptise quatre enfants puis nous prenons un repas de réjouissance tous ensemble. Ensuite, c'est le départ pour Kabale, lieu de naissance de Francis. Je laisse derrière moi un groupe de plus de cinquante personnes très intéressées par la messe de toujours. Ce groupe est sous la ferme et maternelle direction de maman Anastasia. Elle était dans une joie extraordinaire de pouvoir enfin assister à nouveau à cette messe qu'elle avait connue dans sa jeunesse. Plus tard, j'apprendrais qu'elle est un membre des Marian Workers.

3    Quatre jours à Kabale

Groupe de Kabale
Nous arrivons très tard à Kabale et nous passons la nuit chez les parents d'Agatha. Le lendemain, nous devons trouver refuge chez les Marian Workers, tout près de là. Les parents d'Agatha ne peuvent pas me garder plus longtemps par crainte du curé.

Les Marian Workers de la localité sont regroupés depuis un ou deux jours dans une résidence mise à leur disposition par une dame vivant en Angleterre. En fait, ils m'attendent car ils veulent la messe tridentine. Il est prévu que je passe quatre jours en leur compagnie. Ils auront donc la messe de toujours mais je leur donnerai aussi quelques cours de catéchisme du concile de Trente.

A mon arrivée, il a bien au moins une cinquantaine de personnes en prières. Je remarque une femme habillée en religieuse et une autre qui pleure en se roulant sur le sol. Pour la messe du lendemain, la salle est bondée, il y a environ 70 personnes. Lors de la communion, la dame en pleurs de la veille s'écroule immédiatement après avoir reçu la sainte hostie. Je suis très intrigué par une telle chose. Après la messe, je remarque un monsieur allongé comme inconscient et la dame habillée en religieuse est également allongée comme en extase. Je me demande alors à qui ai-je affaire ? Où suis-je ?

Un peu plus tard, la dame habillée en religieuse et trois autres personnes responsables du groupe demandent à me parler. Je pense qu'ils ont remarqué mon étonnement devant toutes ces manifestations. Ils m'expliquent que cela est courant chez eux, les Marian Workers, et que la dame habillée en religieuse reçoit des messages de la Vierge Marie en faveur du groupe. D'ailleurs, après la messe, elle a reçu un message de sainte Vierge à mon intention. La dame n'explique aussi que c'est à la demande de la Mère de Dieu, qu'elle s'habille en religieuse. Je leur réponds que je n'ai aucune évidence que ces manifestations viennent vraiment de Dieu et que par conséquent, je ne peux ni les approuver, ni les repousser. J'ajoute que le temps me permettra d'y voir plus clair. Je demande alors de me raconter l'histoire des Marian Workers depuis les origines mais je suis surpris de les voir se dérober les uns après les autres. Pourquoi une telle débandade ? Me cacheraient-ils quelque chose ? Je leur demande également des explications au sujet de la dame qui s'est écroulée après avoir communiée. Là encore, pas de réponse. Que se passe-t- il ?

Le lendemain, je fais appel à cette dame et je lui explique qu'elle ne devrait pas perturber la messe de cette manière. Elle semble plutôt humble et gêné. Elle me répond qu'elle ne comprend pas ce qui lui arrive. Toujours est-il qu'à la messe suivante, elle ne s'est pas écroulée après avoir communiée. Un peu plus tard, les trois responsables du groupe viennent me demander d'aller rendre visite à un de leurs autres groupes, situé à Kisoro soit environ 2h de route de Kabale. J'accepte d'y aller afin d'en apprendre davantage sur eux. Enfin, je fais la connaissance de Stidia, ancienne novice chez la FSSPX au Kenya. Elle m'explique ce qui s'est passé au Kenya et exprime son désir toujours intact de consacrer sa vie à Dieu dans la Tradition. Elle se dit disposé à venir au Gabon dans ce but si nécessaire.

4   Un jour à Kisoro

Groupe de Kisoro
Ce mercredi matin, comme prévu la veille, nous nous rendons à Kisiro. Nous nous arrêtons d'abord sur un terrain que le groupe a acheté afin d'y construire une maison de communauté. A un certain point, nous rencontrons plusieurs singes dont deux babouins marchant tranquillement sur la chaussée dans l'attente de friandises de la part des voyageurs routiers. Nous arrivons dans la soirée et nous faisons le programme du lendemain.

Le lendemain, confessions, messe et conférence sur la Tradition. Après le repas de midi, nous prenons une photo de groupe avant le retour à Kabale. Il y avait environ une quarantaine de personnes. Avant de passer la nuit chez les parents d'Agatha, nous devons nous rendre de l'autre côté de Kabale pour bénir deux salles de prières chez deux membres du groupe dont le président. C'est très tard que nous sommes enfin conduits chez les parents d'Agatha pour une courte nuit avant le départ pour Kampala. C'est l'âme brisée que je quitte ce groupe car ils sont chassés des paroisses en raison de leur attachement à la Tradition. Ils sont comme des orphelins sans prêtres pour s'occuper d'eux. Ils me supplient donc de revenir les voir dès que possible.

5  Six jours à Kampala

Groupe de Kampala
Le voyage retour vers Kampala a duré une éternité : 10h de temps dont près de 2h sur place à Kabale à attendre que le bus soit complet. A Masaka, deux dames nous rejoignent pour Kampala. Une des deux est maman Anastasia qui m'a reçu chaleureusement à chez elle, à Masaka. Les deux dames veulent assister à la retraite que je dois prêcher à Kampala. Nous y arrivons en début de soirée mais les embouteillages sont tellement nombreux que nous n'arriverons à notre destination finale que 2h plus tard. La fatigue est telle que je vais directement me coucher. Je suis de retour dans cette famille qui est à l'origine des Marian Workers.

Samedi est le premier jour de la retraite. Trois personnes sont venues de Kabale (Francis, Agatha et Stidia) et deux personnes de Masaka, celles qui nous rejointes dans le bus. La retraite est également l'occasion de donner des conférences sur la Tradition et d'enseigner comment assister à la messe tridentine. J'en profite aussi pour connaître plus profondément les Marian Workers car je suis à l'endroit même où tout a commencé, dans cette modeste famille de Kampala de 16 enfants. Je reçois enfin toutes les explications nécessaires sur l'histoire de ce mouvement marial. Les fondateurs sont encore vivants sauf un, le père de famille.

Tout commence en janvier 1988 lors de l'année mariale proclamée par le pape Jean- Paul II. Une des filles de la maisonnée affirme recevoir des messages de la Mère de Dieu pour établir ce mouvement. La sainte Vierge lui aurait demandé de s'habiller en religieuse. Elle aurait aussi demandé des prières régulières et quotidiennes ; la dévotion et la consécration au Sacré-Cœur et au Cœur Immaculée de Marie ; la modestie chrétienne dans le vêtement ; la réception fréquente des sacrements ; l'étude et l'enseignement du catéchisme ; la communion à genoux et sur la langue ; le jeûne chaque mardi et vendredi ; la prière en famille ; l'abstinence de boisson alcoolisée ; le refus de la télévision ; la régularisation du concubinage par le mariage chrétien sans prétexter le manque d'argent ; tout cela en esprit de sacrifice, de pénitence, d'expiation et pour la conversion des pécheurs. Le mouvement s'est répandu dans tout l'Ouganda mais aussi au Kenya et en Tanzanie. En Ouganda, j'ai donc été en contact avec les groupes de Kampala, Kisiro, Kabale et Masaka. Les membres de ce mouvement marial ont été persécutés par les autorités ecclésiastiques jusqu'à être chassés pour la plupart des paroisses. Ces persécutions ont entraîné beaucoup de division parmi eux, certains acceptant les conditions des curés pour pouvoir rester dans les paroisses comme la communion debout et dans la main.
Excepté les cinq personnes venues de Kabale et Masaka, tous les assistants à la retraite étaient des Marian Workers soit de Kampala, soit d'autres localités du pays.

Certains n'assistaient qu'à quelques activités en fonction de leur disponibilité. Une religieuse avec près de 60 ans de vie consacrée a tout fait pour assister pendant quelques jours à la retraite. Elle est persécutée dans sa congrégation en raison de son attachement à la Tradition. Elle est ainsi envoyée de couvent en couvent pour la décourager mais elle tient bon depuis plusieurs années. Une autre religieuse a aussi assisté à presque toute la retraite. Elle par contre a dû quitter son couvent en raison des persécutions qu'elle subissait car elle était attachée à la Tradition. Il y avait constamment une dizaine de personnes à la retraite qui semble-t-il a été une belle réussite. J'espère en prêcher une autre mais cette fois-ci à Kabale. J'ai aussi rencontré un monsieur de 53 ans, ancien séminariste dans les années 80. Il a été renvoyé du séminaire car il était trop attaché à la Tradition. Il a gardé intact son désir de devenir prêtre dans la Tradition. Je ne sais si je pourrai l'aider à réaliser ce désir.

6   Vocations

La première vocation sérieuse est celle de Francis, notre coordinateur, pour le sacerdoce. Mon désir est de le faire venir au Gabon avant juin prochain pour qu'il apprenne le français et puisse ensuite commencer sa formation sacerdotale à mes côtés. Il commencerait alors sa première année de philosophie.

L'autre vocation sérieuse est celle de Stidia comme religieuse. Elle ne parle pas français mais elle suffisamment jeune pour pouvoir l'apprendre sans difficulté particulière. Elle a déjà une certaine expérience de la vie religieuse après son postulant et son noviciat chez les sœurs de la FSSPX au Kenya. Après l'arrivée de Francis, je désire la faire venir au Gabon pour y mener cette vie religieuse. Son adaptation à la vie gabonaise sera plus facile s'il y a déjà un ougandais dans notre communauté du Gabon. Elle sera une aide précieuse pour la régularité de la vie de prière, pour le catéchisme auprès des filles et des femmes et pour les tâches matérielles que nous pourrons lui confier.

Enfin, il y aurait cette vocation sacerdotale tardive à étudier sans oublier la possibilité d'offrir un refuge à ces deux religieuses persécutées en Ouganda. La langue sera une difficulté à surmonter si jamais nous devons aller dans le sens de les faire venir au Gabon en ce qui concerne les deux religieuses. Nous laissons tout cela entre les mains de la divine Providence.

7   Besoin d'aide financière

Cet apostolat en Ouganda a un certain coût que malheureusement ni moi, ni ces fidèles ougandais ne sont pour l'instant en tout cas, pas capables de supporter. La véritable difficulté est l'achat des billets d'avion entre le Gabon et l'Ouganda. C'est ici que je demande instamment votre aide. J'ai l'intention de faire le voyage deux fois par an : un premier voyage entre janvier et juin ; puis, un second voyage entre juillet et décembre. J'ai également besoin de votre aide pour le billet de Francis pour qu'il puisse venir au Gabon. Pour l'année prochaine, les besoins sont donc de trois billets d'avion : deux pour moi et un pour notre futur séminariste. Le prix du billet aller-retour est de 700 euros environ. Toute aide sera la bienvenue.

Saints martyrs de l'Ouganda : priez pour nous !

Pour aider mon apostolat au Gabon et en Ouganda :

IBAN: GA21 4002 4000 0108 1069 2770 108 SWIFT: ECOCGALIXXX 
Par email : pndongondo@gmail.com 
Par téléphone : (241) 06 27 24 09 ou 07 44 20 86 
Par lettre : Ndong Ondo Ondzaghe Pierre Célestin B.P. 19407 Libreville GABON



mercredi 12 décembre 2018

Croisade de la Charité

Savoir demander et surtout remercier Notre Seigneur 
Ce mois-ci, couronné de la belle fête de Noël, penchons-nous  sur notre esprit gratitude

Quel  plus beau cadeau Dieu pouvait-Il nous donner ?  Comment réagissons-nous face à ce don et à tant d'autres qui nous viennent de Dieu ou de nos semblables ?

Bon Avent et Sainte Fête de Noël !


Jésus se donne à nous pour Noël

lundi 10 décembre 2018

Le général Tauzin se consacre pour la France

Alors que la presque totalité des autorités civiles et religieuses ne veulent plus défendre l'Ordre social chrétien mais se mettent au service de la Révolution, nous tenons à diffuser sur Reconquista la prière que ce général vient de prononcer en ces jours funestes pour la France. Nul doute que le Ciel saura entendre une telle prière. 

LE GÉNÉRAL TAUZIN SE CONSACRE POUR LA FRANCE

 "Quant à moi, soldat et homme politique, je m'engage pour le cas où vous, Seigneur Jésus, et vous, Vierge Marie, m'en donneriez l'autorité, à réaliser toutes les demandes que vous avez faites pour la France depuis si longtemps et celles que vous pourriez faire à l'avenir. Je m'y engage quoiqu'il puisse m'en coûter, et vous ici, vous êtes mes témoins."


La vertu de vengeance

La vengeance est une vertu ! M. l'abbé Pivert nous l'explique.

La DS19 de De Gaulle
Le héros qui voulut venger l'honneur
de la France trahie

dimanche 9 décembre 2018

Le Sel de la terre n°106



ÉDITORIAL
Trois siècles de subversion maçonnique

ÉTUDES
★ Frère PIERRE-MARIE O.P. : Le sort des enfants morts sans baptême
★ Émile KELLER : A qui profite le libre échange

TROIS SIÈCLES DE SUBVERSION MAÇONNIQUE
★ Frère EMMANUEL-MARIE O.P. : Le mystère d’iniquité dans saint Paul
★ Christian LAGRAVE : La franc-maçonnerie et Satan
★ Alexandre-Olivier MUSEY : La pénétration des principes maçonniques dans l’Église
★ Pierre HILLARD : Aux sources de la franc-maçonnerie, la synagogue

VIE SPIRITUELLE
★ DOMINICUS :
– « Veritas » : sermon pour la fête de saint Dominique
– L’assomption (Les mystères du Rosaire – suite)

LECTURES
★ DOCUMENTS :
– Les rapports avec Rome (MAUBERT)
– La vertu du signe de la croix et la franc-maçonnerie
– L’aveuglement maçonnique
– Le mécanisme de la suzeraineté occulte
– Le mythe laïc de l’État « neutre » : l’aveu d’un haut initié

★ RECENSIONS :
– L’Amitié de Jésus-Christ
– Controverse Gouguenheim : le bilan
– La France divisée contre elle-même
– Comment notre monde a cessé d’être chrétien
– Le Gaullisme, maladie sénile de la droite

★ PARMI LES LIVRES REÇUS



samedi 8 décembre 2018

Message aux gilets jaunes

Regnum Galliae
Regnum Mariae
Le remède au mal qui tue la France n'est pas l'argent mais Jésus-Christ, Sauveur des âmes et des nations. Puissent les événements actuels aider les Français (clergé et évêques compris) à une authentique conversion au véritable message évangélique. 


Vous aimez la France et vous voulez la sauver:
Il vous faut savoir qui la tue et qui peut la sauver.

Qui tue la France?

Il porte un nom, il s’appelle Mammon, le dieu de l’Argent. Ce dieu ogre se sert des bangsters, de la Haute finance, de la franc-maçonnerie, de l’Union européenne, de la BCE, des instances mondialistes… Le président MACRON en est le fidèle serviteur.

Qui peut sauver la France?

Ce Sauveur a un nom que tout le monde connaît, même si les serviteurs de Mammon font tout leur possible depuis plus de deux siècles pour que les petits Français l’ignorent. Il va venir dans quelques semaines le jour de Noël.

N’en cherchez pas d’autre, car c’est Dieu qui l’a voulu ainsi:

Jésus-Christ est le seul Sauveur des individus et des sociétés

Pour sauver la France il faut revenir à JÉSUS-CHRIST, il faut étudier son message et le mettre en pratique.

Y compris dans le domaine social et économique, Jésus-Christ a donné des lois qu’il faut suivre si l’on veut vivre en paix et heureux. Ces lois sont contenues dans la DOCTRINE SOCIALE de l'Eglise (Rerum Novarum de Léon XIII, Quadragesimo Anno de Pie XI). La connaissez-vous ? Sinon n’hésitez pas à nous contacter.

Prières pour la France

Jésus Sauveur, sauvez-moi, sauvez la France!
Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous!
Sainte Vierge Marie, Reine de France, priez pour nous!
Saint Michel Archange, protecteur de la France, priez pour nous!
Saint Martin, Apôtres des Gaules, priez pour nous!
Saint Rémi, qui avez baptisé Clovis, premier roi de France, priez pour nous!
Bienheureux Charlemagne, fondateur de l’empire chrétien des Francs, priez pour nous!
Saint Louis, modèle des Rois chrétiens, priez pour nous!
Sainte Clotilde,reine de France, priez pour nous!
Sainte Jeanne d’Arc, qui avez sauvé la France, priez pour nous!
Tous les saints de France, sauvez la France!

                                                                 ________________________

Sur le Règne Social du Christ :

Encyclique de Pie XI : Quadragesimo anno 
Etude de la question Doctrine Sociale de l'Eglise 

Sur le Règne Social de Notre-Dame :   Etude 

jeudi 6 décembre 2018

Quel acte urgent pour la FSSPX ?

Renoncer à ses sacrements « crypto-conciliaires »…



Même doctrine ?
même juridiction ?
mêmes sacrements ?

Source

Comme on le sait, l’abbé Davide Pagliarani a été élu Supérieur général de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X le 11 juillet 2018.

A part le communiqué de la Maison générale du 21 juillet à l’issue du Chapitre, plusieurs nominations à des postes de responsabilité, quelques mutations, une interview du 12 octobre sur FSSPX-News, et ses entretiens romains du 22 novembre avec Mgr Pozzo et le Cardinal Ladaria-Ferrer, le nouveau Supérieur général n’a posé pour l’instant aucun acte majeur, ni prononcé aucune déclaration susceptible d’attirer particulièrement l’attention des observateurs…

A la suite des deux mandats de 12 ans de Mgr Fellay, et de cinq mois de transition, la "ligne" de ce nouveau supériorat devrait commencer à apparaître plus précisément. Les incertitudes s’accumulant à l’horizon de l’Eglise, et au sein même de la Fraternité, tous les yeux sont maintenant fixés sur Menzingen : continuité ou rupture par rapport à la démarche initiée en 2012 ? achèvement de la normalisation canonique ou reprise de l’affrontement avec la Rome conciliaire ?

Actuellement au cœur du problème, il y a la juridiction reçue du pape de 2015 à 2017 sur les sacrements : officiellement ignoré dans les instances supérieures de la FSSPX, le sujet fait débat à la base et les avis divergent parmi les prêtres et les fidèles, certains voyant dans ces mesures un pré-ralliement qui ne veut pas dire son nom, les autres s’accrochant à une vision formaliste de la question ("la juridiction du pape François ? … c’est celle de l’Eglise : en discuter, c’est être schismatique, résistant ou sedevacantiste ! ").

Pour être fixés sur les intentions du pape et de la Maison générale à propos du futur statut de la Fraternité, il ne paraît pas réaliste de devoir attendre l’issue des nouvelles " discussions doctrinales" demandées à Rome le 22 novembre, car les précédentes ont duré près de deux ans (octobre 2009 à juin 2011), et l’urgence est là...

C’est pourquoi, pour dissiper le malaise actuel et réaffirmer son attachement au message doctrinal de Mgr Lefebvre, il serait très approprié que la Fraternité pose dès maintenant un acte simple, mais de haute signification : elle renoncerait à la juridiction reçue du pape François sur les sacrements – à commencer par le sacrement de pénitence – non par refus de principe de l’autorité du pape et de sa juridiction, mais parce que, dans le contexte où elle a été concédée, une telle reconnaissance canonique implique et « véhicule » une agrégation progressive de la Fraternité Saint-Pie X à la Rome « conciliaire »… non convertie.

On reviendrait donc au régime de la juridiction "extraordinaire" (dite aussi "de suppléance") dont la FSSPX usait légitimement depuis la suspense a divinis de son Fondateur par le pape Paul VI en juillet 1976.

S'il consentait à faire ce geste important, l'abbé Pagliarani devrait évidemment agir officiellement, en tant que Supérieur engageant la Maison générale, le Conseil, et la Fraternité toute entière vis-à-vis de Rome, et publier sa décision.

Ce faisant, il mettrait fin aux états d'âme de certains prêtres - notamment français - qui prétendent continuer à exercer leur ministère au confessionnal selon la juridiction "extraordinaire" liée à l'état de nécessité, ce en quoi d'ailleurs ils se trompent puisque la juridiction "ordinaire" de l'Eglise - conciliaire - est la seule en vigueur actuellement dans la Fraternité suite à l'acceptation et aux remerciements de Mgr Fellay adressés au pape le 1er septembre 2015.

Sans attendre, donc, la mise en place du nouveau processus de "discussions doctrinales" – car les romains savent laisser "pourrir " les situations quand cela les arrange ! -, cette première action d'urgence permettrait d'éclairer et de libérer la conscience des fidèles, qui croient pour la plupart être pardonnés de leurs péchés comme "aux temps de Mgr Lefebvre" (1976-2015), et qui le sont en fait, et en droit, par l'effet de la bonté "paternelle" du pape François, qui se préoccupe - paraît-il - des âmes des fidèles de la Tradition... depuis l'année 2015 ! (cf. la lettre pontificale à Mgr Fisichella concédant la juridiction dans le cadre de l’Année de la miséricorde, et les commentaires de Mgr Pozzo).

Mais hélas, à vues immédiates, une telle suggestion a peu de chances de prospérer. Pour quelles raisons ?

1°) parce qu’on perçoit nettement que l'abbé Pagliarani n’est pas disposé à remettre en cause la démarche de son prédécesseur vers une plus complète "normalisation" canonique, soit qu’il adhère personnellement à cette option… soit qu’il s’y résigne.

Deux indices le donnent à penser :

- d’une part, le contenu de la circulaire interne révélée par Mgr Williamson dans son Commentaire du 27 octobre, qui réaffirme le rôle principal du Supérieur général pour les "contacts avec le Saint-Siège" dans la perspective d’une "modification du statut canonique" de la Fraternité : cette éventualité n’est donc pas purement virtuelle, même si pour rassurer l’opinion, on laisse entendre qu’on garde le pied sur le frein, en attendant "avec prudence" que vienne "l’heure dictée par la Divine Providence",

- d’autre part, la confirmation de l’acceptation de la juridiction sur les sacrements reçue de Rome depuis 2015, ces "nouvelles facilités" étant désormais considérées comme un fait acquis ("la nouvelle équipe" ne s’y est "aucunement opposée" a même précisé l’abbé Celier). A preuve supplémentaire, l’interview précitée du 12 octobre du Supérieur général, qui ne fait aucune allusion à cette question canonique essentielle : tout à fait incroyable, ... mais vrai ! Comme si on ne voulait pas voir que c'est par les sacrements que le pape a mis le pied dans la Fraternité pour l’intégrer sournoisement, "par paliers", à son Eglise conciliaire…

2°) parce qu’un geste public du nouveau Supérieur général contre la juridiction "radioactive" de Rome, "irradiée" des erreurs libérales du Concile – ces qualificatifs imagés sont empruntés à l’abbé Puga, sans toutefois l’engager bien entendu ! -, reviendrait à désavouer Mgr Fellay comme personnellement responsable de l'actuelle confusion sacramentelle au sein de la Fraternité par suite de ses décisions malheureuses et juridiquement irrégulières de 2015-2017.

Mais s'il arrivait par impossible que - grâce à Dieu, et suivant les encouragements de Mgr Williamson (Commentaire 594 du 1er décembre) - l'abbé Pagliarani fasse preuve d'autorité personnelle et impose sa décision de récuser la juridiction reçue du pape pour les sacrements, il s'ouvrirait alors au sein de la FSSPX une crise opposant au grand jour :

- d'une part, les tenants incorrigibles d'une "régularisation" romaine (NB : à rediscuter "de zéro", sans horizon précis, et dans des conditions incertaines, face à un pape doctrinalement "volatile" et qui se dit "rusé", ce qui implique la poursuite de l'aventure initiée en 2012, pour le plus grand dommage de tous et la ruine quasi-certaine de la Fraternité),

- d'autre part, les vrais fidèles à l'héritage de Mgr Lefebvre et à sa protestation de foi catholique face à l'apostasie, qui ne veulent pas entendre parler d'une telle "régularisation" – ni des sacrements "crypto-conciliaires" qui lui servent de "faux-nez" – tant que Rome ne sera pas revenue à sa tradition bimillénaire.

Que sonne bientôt l’heure de cette nécessaire clarification !

Sacramentus


mardi 4 décembre 2018

Procession en l'honneur de l'Immaculée Conception

Comme tous les ans, une magnifique procession en l'honneur de l'Immaculée sera organisée dans les rues d'Angers. 

 Notez cependant quelques changements. La Messe aura lieu au couvent dominicain à 18h00 et la procession aux flambeaux à 20h00 à partir du Tertre Saint Laurent. 

mercredi 28 novembre 2018

Analyse des nouvelles discussions avec Rome


Par M. l'abbé Girouard,  le 22 novembre 2018 


Chers paroissiens d’Aldergrove et Post Falls, 

Le nouveau supérieur de la néo-FSSPX, l’abbé Pagliarani, a été reçu aujourd’hui à Rome par le président de la Commission Ecclesia Dei (Mgr Pozzo). Il avait demandé une telle rencontre après son élection en juillet. Vous pourrez trouver plus de détails dans le lien suivant :  Source

Permettez-moi juste de dire ceci : 
  1. Comment un véritable amoureux et soldat du Christ-Roi peut-il souhaiter rencontrer les membres d’une telle organisation (l’Eglise Conciliaire) qui, comme l’a écrit Mgr Lefebvre, L’a découronné ? Comment une personne, ayant une claire vision de la Foi catholique et du culte pur dû au Dieu Tout-Puissant, peut-elle engager des discussions et négociations avec des ennemis de Dieu non repentis ? Comment peut-on prétendre travailler au salut des âmes alors que l’on « discute » avec ces responsables non repentis de la perte de millions d’âmes (beaucoup d’entre eux étant nos proches) ? 
  2.  La Fraternité a déjà discuté durant deux ans (2009-2011). Les résultats officiels furent qu’elles ont mis en évidence des différences doctrinales inconciliables entre l’Eglise Conciliaire et la Fraternité. Mais nous savons que Rome n’a pas changé depuis 2011, si ce n’est en pire. Nous savons aussi qu’ils ne sont pas sur le point de s’améliorer et de rejeter Vatican II et ses « réformes ». C’est pourquoi, de telles nouvelles discussions doctrinales, si elles doivent avoir un seul objectif, doivent tenter d’obtenir une autre conclusion que celle de 2009-2011, et ceci ne peut uniquement se réaliser que si la Fraternité est prête à changer ses propres vues doctrinales. (En pratique, l’abandon en 2012 de la Déclaration de 2006 était déjà un changement de doctrine, un virage vers le libéralisme). 
  3. Malgré cette conclusion « décevante » des discussions de 2009-2011, Rome proposa, le 14 septembre 2011, un « Préambule » en vue d’un accord. Il fut étudié et rejeté lors de la réunion spéciale des supérieurs majeurs à Albano en octobre 2011. Le fait que ce « Préambule » soit même étudié et discuté par les autorités de la FSSPX, malgré l’échec des discussions doctrinales de 2009-2011, et le fait qu’il soit refusé à Mgr Williamson d’y assister (à cause de son refus de fermer son blogue « Commentaires Eleison » qui dénonçait ces tractations avec Rome), nous montre que le désir d’une « normalisation » était déjà fort dans de nombreux cœurs… 
  4. Malgré ce refus du « Préambule » romain en octobre 2011, le Supérieur Général de la Fraternité à cette époque (Mgr Fellay) maintint des contacts avec Rome, et lui proposa sa propre version du Préambule le 15 avril 2012. Cette « Déclaration » destinée à Rome n’était que légèrement différente du Préambule romain de 2011. Mgr Fellay reçut alors l’assurance de ses « amis » romains que cette Déclaration était acceptée par le Pape, et qu’il serait convoqué à Rome en juin pour signer l’accord final. Alors Mgr Fellay et ses collaborateurs entreprirent une tournée mondiale de conférences, sermons et interviews télévisées pour promouvoir cette idée d’une « reconnaissance » romaine. 
  5. La seule chose qui empêcha cet accord formel entre Rome et la Fraternité à ce moment, ce fut la fuite, le 10 mai 2012, des lettres échangées les 7 et 14 avril de cette année-là entre Mgr Fellay et les trois autres évêques de la FSSPX qui étaient opposés à cette Déclaration (qu’il leur avait soumise avant de l’envoyer à Rome le 15 avril). Cette fuite et le voyage « promotionnel » de Mgr Fellay et ses amis ayant créé une forte réaction publique de nombreux prêtres de la FSSPX, Rome déclara, le 16 mai 2012, que le cas de Mgr Fellay et celui des trois évêques dissidents devraient être négociés séparément avec Rome. C’était une manière de dire que, en raison des dissensions internes au plus niveau dans la Fraternité, un accord général entre la Rome conciliaire et la Fraternité n’était pas possible à ce moment. En d’autres mots : avant que Rome puisse « normaliser » la Fraternité, celle-ci devait remettre de l’ordre dans ses rangs et revenir avec un front uni. 
  6. Alors, Rome, comme promis, convoqua Mgr Fellay à Rome. Il s’y conforma rapidement et le 13 juin, il était là-bas. Mais il lui fut donné à signer une nouvelle version de sa Déclaration du 15 avril, dans laquelle il y avait un paragraphe supplémentaire demandant l’entière acceptation de Vatican II. Ainsi Rome permettait-elle à Mgr Fellay de sauver la face à l’intérieur de la Fraternité, en lui donnant une raison officielle de refuser la dernière proposition romaine, et donc de paraître à nouveau « traditionnel ». Mgr Fellay déclara alors que tous les contacts avec Rome étaient suspendus et que la Fraternité était « revenue au point de départ ». (13 juin 2012)
  7.  Malgré ce « vaillant » refus de la proposition romaine de juin par Mgr Fellay, le Chapitre Général subséquent (Juillet 2012) fit un changement à 180° de la politique de la Fraternité, et déclara officiellement que la Déclaration du Chapitre Général de 2006 (« Pas d’accord pratique sans accord doctrinal », c’est –à-dire pas d’accord avec la Rome non-convertie) était désormais nulle et non nécessaire, et qu’une reconnaissance par la Rome non-convertie pouvait maintenant être acceptée, pour autant que Rome remplisse trois « conditions nécessaires » pour protéger l’ « identité » et la « mission » de la Fraternité. (Je reviendrai sur ce point plus loin) 
  8. En outre, le Chapitre Général de 2012, grâce à l’intervention de l’abbé Pagliarani (Et oui ! le nouveau Supérieur Général !), ne condamna pas Mgr Fellay pour sa proposition du 15 avril à Rome. De plus, il en sortit une Déclaration finale d’unité, disant explicitement que la Fraternité, après quelques temps de difficultés, avait retrouvé son unité. Plus tard, le Supérieur Général et ses assistants procédèrent à l’expulsion officielle, ou au déplacement « dans la brousse », de tous ceux qui avaient exprimé publiquement leur opposition à l’abandon de la politique de 2006, c’est-à-dire Mgr Williamson et quelques prêtres (votre humble serviteur étant l’un d’eux). Ainsi, seulement quelques mois après que Rome ait envoyé le message que les Supérieurs de la FSSPX avaient besoin de « remettre de l’ordre dans ses rangs » et de se présenter « avec un front uni », il fut visible que ces souhaits avaient été accomplis. 
  9. Cela conduisit à davantage de rencontres avec les officiels romains, et même avec le Pape François, et à l’adoption par Mgr Pozzo et Mgr Fellay, en septembre 2014, de la résolution de « régulariser » la situation de la FSSPX, et d’arriver à la « pleine communion », en travaillant « par palier ». Ils déclarèrent aussi qu’une « régularisation » pourrait s’opérer avant que tous les points de divergence soient éclaircis, et que ces « questions difficiles » pourraient être traitées, dans une atmosphère de « charité fraternelle », après la « normalisation ». 
  10. Ceci fut suivi de « concessions » de la part de Rome qui « régularisèrent » l’administration de sacrements par la Fraternité : la Pénitence (d’abord provisoirement en 2015, et ensuite à titre définitif en 2016) ; les Saints Ordres (2016) ; et le Mariage (2017). Ces « concessions » amenèrent la Fraternité, au moins pour l’administration de ces trois sacrements, sous l’autorité du Code de Droit Canon de 1983 (qui, comme l’a écrit J-P II dans sa Préface, met sous forme de lois les enseignements de Vatican II). Ces « concessions » furent toutes acceptées, avec gratitude et officiellement, par le Conseil Général de la Fraternité (Mgr Fellay et ses deux assistants). 
Tout ce qui précède nous montre que les discussions doctrinales de 2009-2011 ont mené à un tel point que, sans la fuite, en mai 2012, des lettres échangées par les quatre évêques, la Fraternité aurait été « reconnue », au printemps 2012, par la Rome non-convertie, et il lui aurait été donné un statut de Prélature Personnelle. 

Et même si ce plan ne fut pas réalisé en juin 2012, il a néanmoins conduit à des changements radicaux dans les orientations de la Fraternité et parmi ses membres, seulement quelques mois plus tard ! 
(Une rapide remarque au sujet des « conditions nécessaires » à un accord avec l’Eglise Conciliaire décrétées lors du Chapitre Général de 2012 : Ces « conditions » posées par la néo-FSSPX sont une réminiscence du langage utilisé dans tous les accords signés par les autres Sociétés traditionnelles et l’Eglise Conciliaire ! En effet, tous ces accords affirment que Rome promet de protéger « la grâce et le charisme propres » de l’Institut ! Maintenant, réfléchissez un tout petit peu, et vous verrez à quel point un tel langage est très révélateur ! Effectivement, si Rome déclare qu’être Catholique est «une grâce et un charisme propres » de l’institut religieux qui nécessite une approbation spéciale et une protection de la part de Rome, cela implique que Rome ne considère pas le fait d’être Catholique comme le « courant dominant » et « normal » dans l’Eglise Conciliaire ! Et la raison en est que l’Eglise Conciliaire est officiellement œcuménique depuis la fin du Concile (1965). En d’autres mots, lorsque l’Eglise Conciliaire « reconnaît » un institut traditionnel,
  • Elle déclare implicitement que l’Eglise Conciliaire est différente de l’Eglise Catholique 
  • Elle accepte la Tradition dans un esprit d’œcuménisme, c’est-à-dire celui de « L’unité dans la diversité ». ) 
Revenons au 22 novembre 2018 : à présent, que pouvons-nous raisonnablement espérer de la requête de l’abbé Pagliarani de ré-ouvrir les « discussions doctrinales » avec Rome ? 

Evidemment, rien de bon ! 

En effet, durant les discussions doctrinales de 2009-2011, la Fraternité était toujours officiellement guidée par la Déclaration du Chapitre Général de 2006 (mentionnée au point 7). De plus, durant ces discussions, la Fraternité avait trois de ses quatre évêques opposés à un accord « pratique » avec la Rome non-convertie. La Fraternité pouvait aussi compter en son sein sur un bon nombre de prêtres farouchement anti-libéraux, qui n’avaient pas peur d’ « aboyer face aux loups déguisés en agneaux » publiquement. 

Mais, en 2018, la Fraternité commencera une nouvelle série de discussions doctrinales avec la Rome Conciliaire sur une base beaucoup plus faible ! Parce que depuis 2012, la Fraternité a changé en profondeur ! 

En effet, depuis 2012 : 
  1. La Fraternité a accepté le principe d’un accord avec une Eglise Conciliaire qui resterait Conciliaire. 
  2. Elle a expulsé tous ses membres qui étaient publiquement anti-libéraux, et Mgr De Galarreta et Mgr Tissier ont changé d’avis et rejoint Mgr Fellay. 
  3. En acceptant les trois « concessions » romaines de 2015, 2016 et 2017, elle s’est déjà placée sous la juridiction du Code de Droit Canon moderniste de 1983 et sous les autorités modernistes. 
  4. Le Chapitre Général de 2018 a de nouveau négligé de condamner la Déclaration de Mgr Fellay du 15 avril 2012, qui avait été initialement approuvée par le Pape Benoît XVI. 
  5. Ce même Chapitre Général de 2018 a élu à sa tête cinq Supérieurs Majeurs qui ont été actifs dans la recherche d’une « régularisation » par l’Eglise Conciliaire. 
  6. Il adopta également une tournure de phrase ambiguë qui peut être interprétée comme donnant au nouveau Supérieur Général pleine et absolue autorité pour signer unilatéralement un accord avec l’Eglise Conciliaire, c’est-à-dire sans avoir besoin de l’approbation d’un nouveau Chapitre Général. (Evidemment, une telle ambiguïté dans les propres documents officiels de la Fraternité n’est pas de bon augure pour la clarté des discussions à venir avec Rome !) 
C’est pourquoi, si les discussions de 2009-2011 amenèrent la Fraternité solide au bord d’un accord formel avec l’Eglise Conciliaire, nous avons des raisons de craindre que les discussions de 2018 conduiront une Fraternité faible à accepter formellement de rendre « entière » ce qui n’a été jusqu’ici qu’un régularisation « partielle », en d’autres termes, à aller d’un « Communion » partielle à une « Communion » entière. Ceci peut uniquement apporter un désastre en ce monde et dans l’autre. 

Les Supérieurs, membres et fidèles de la néo-FSSPX devraient se souvenir de l’avertissement donné par Notre-Seigneur dans le Livre de l’Apocalypse : « Sortez de Babylone (c’est-à-dire la Grande Babylone sise sur les sept collines = la Rome Prostituée), mon peuple, de peur que vous n’ayez part à ses péchés et que vous ne receviez de ses plaies. » (Apocalypse 18:4 ) 

Que Dieu ait pitié de Son Eglise ! 

Abbé P. Girouard

Traduction par nos soins, revue et approuvée par l'abbé Girouard

lundi 26 novembre 2018

Jeu de l'Oie de la Fraternité Saint-Pie X

En 2015, la FSSPX est entrée
dans une case sans retour. 

Retour à la case départ ? 

Mais quelle case départ ? 


M Sean Johnson a publié il y a quelques jours une très bonne analyse de la situation. Il nous rappelle l'image du Jeu de l'Oie, fréquemment évoquée par l'ancien Supérieur Général à propos des relations de la   Fraternité Saint-Pie X avec les autorités romaines. 

Après l'entrevue de l'abbé Pagliarani du 22 novembre à Rome,  à quelle case départ la FSSPX se retrouve-t-elle aujourd'hui ? On pourrait penser à l'année 2009, époque du début des discussions doctrinales avec Rome. Pour sa part, CMS estime qu'il suffit de remonter à l'année 2015. Dans sa réponse à Sean Johnson, il nous explique pourquoi : 

Cher Sean,

Votre analyse est fouillée et très intéressante. Le "jeu de l'Oie" est la meilleure image de la valse-hésitation des autorités de la Fraternité face à Rome. Mais les fidèles apprécient de moins en moins cette situation.

Sans remonter au début de ce "Jeu de l'Oie", c’est-à-dire au point de départ de l'itinéraire en zigzag du ralliement (certains le placent dès 1994, d'autres vers 2000, quelques-uns en 2006, et les plus nombreux en 2012), on peut concilier tout le monde sur une "case départ" plus récente, qui est en réalité le 1er septembre 2015.

A cette date fatidique - mais passée inaperçue - le pape a « mis le pied » dans la Fraternité par la concession de la juridiction sur la confession (et l'extrême-onction).

"Un peu rusé" comme il se qualifie lui-même, François n'a pas demandé son avis au Supérieur général de la Fraternité, n'ayant d'ailleurs nullement à le faire en sa qualité de Souverain pontife, chef suprême de l'Eglise universelle.

Le soir même de ce 1er septembre 2015, Mgr Fellay a remercié le pape pour son "geste paternel".  Et il a "omis" de recueillir l'autorisation de son Chapitre : pourquoi en effet respecter cette procédure prescrite par le Chapitre de 2012 pour toute "éventuelle normalisation canonique" ?... puisqu'il ne s'agissait pas d'un "accord" entre Rome et Menzingen, mais d'une mesure unilatérale du pape relevant indiscutablement de ses pouvoirs : tout s'est joué sur ce subtil distinguo !

Mais on sait que remercier son bienfaiteur... vaut accord sur le bienfait reçu.

Qui plus est, Mgr Fellay a feint la surprise ("comme tout le monde, je l'ai appris par la presse", a-t-il écrit), alors que le processus avait été mis en place en accord avec les autorités romaines un an avant, lors de l'entrevue du 23 septembre 2014 avec le Cardinal Müller : "les parties ont convenu de procéder par paliers (...) dans un délai raisonnable vers le dépassement des difficultés (...) dans la perspective d'une pleine réconciliation", disait le communiqué du Vatican. 

Le premier "palier", c'était donc le sacrement de pénitence ! On connaît les paliers suivants de 2016 (l'ordre) et de 2017 (mariages), et la situation de paralysie qui en résulte désormais pour la Fraternité face à Rome, spécialement sur la question des futures (et indispensables) consécrations épiscopales. Peut-on risquer une deuxième excommunication ?

C'est pourquoi, pour faire diversion, on se remet à "parler doctrine", et à vouloir reprendre sur de nouvelles bases les "discussions doctrinales" de 2009-2011. Mais chacun sait qu'on s'engage ainsi dans la même impasse, car la crise de l'Eglise n'a fait qu'évoluer en pire sur les dix dernières années. Où sont les points de convergence entre la foi de Mgr Lefebvre et celle du pape François, entre la Royauté sociale de Jésus-Christ et les embrassades œcuméniques et inter-religieuses de ce pontificat calamiteux ? Ce sont les "attelages" impossibles dénoncés par l'Apôtre.

Alors, veut-on revenir aujourd'hui à la bonne "case départ" du Jeu de l'Oie ?

Il suffit que la Maison Générale de Menzingen récuse officiellement la juridiction "ordinaire" concédée par le pape "par morceaux" (septembre 2015, juin 2016, et mars 2017) pour les sacrements, sachant que ces mesures, par elles-mêmes légitimes selon le droit de l'Eglise, dissimulaient en fait un "pré-ralliement" par étapes de la Fraternité à la Rome conciliaire.

C'est ce que l'abbé Denis Puga, vicaire à Saint-Nicolas, qualifie de "décision officielle matériellement bonne (mais) profondément radioactive", car "irradiée par les erreurs libérales du Concile" (Le Chardonnet, avril 2018). 

Un prêtre de la prétendue "résistance interne" aura-t-il le courage de demander publiquement à ses Supérieurs le retour au régime de la suppléance de juridiction prévu par le droit canon et hérité de l'époque de Mgr Lefebvre, vu l'état de nécessité plus que jamais évident dans l'Eglise ?

A lui tout seul, il pourrait ainsi sortir la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X du piège où le pape l'a enfermée...

Une fronde, un petit caillou, ... il reste à trouver un David !