mercredi 8 juillet 2026

Retour de la SSPX à 2012

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Comme on pouvait s'y attendre la FSSPX vient d'être "excommuniée" par les modernistes romains. C'est en soi une grande grâce car cette sanction (en soi injuste), que les supérieurs ont tout fait pour éviter, établit un cordon sanitaire entre la tradition et le modernisme.

Mais il est toujours possible de résister à la grâce comme de l'accepter.

Si la SSPX accepte cette grâce de la séparation d'avec les modernistes, elle reconnaît alors que Mgr Williamson a eu raison de s'opposer au chapitre de 2012 et à toute la politique de ralliement par paliers avec Rome. Et que son opération survie (sacre de 6 évêques) était donc bien fondée et salutaire pour l'Église et les âmes.

Si au contraire la SSPX refuse cette grâce et reprend les contacts avec Rome dans plusieurs semaines, quand les passions seront retombées, alors les modernistes romains achèveront leur travail sur cette œuvre déjà très abîmée par 20 années de politique équivoque et malsaine.

Mgr Morgan et Mgr Zendejas [NdeR : article à paraître en français] nous ont mis en garde car pour le moment, rien ne semble gagné. En effet, les sirènes romaines risquent fort de reprendre. Voici par exemple ce que nous avons lu d'une personne adepte du ralliement :

"Ce décret est automatique et attendu. Il n’y a aucune surprise.
Ce qui sera significatif, ce sera la suite: dans quel cadre seront accueillis les transfuges de la SSPX, quel sort sera réservé aux communautés en régularité canonique, est ce que Rome laisse la porte ouverte à une reprise ultérieure du dialogue avec la Fraternité, etc.

Autrement dit, ces sacres sont un point de départ, pas un point d’arrivée. Tout commence…"

On peut hélas craindre que "tout recommence" tant que le mal n'a pas été purgé à la racine. Et ce mal, ce sont les décisions et orientations données par le chapitre de 2012.

Tant que la SSPX n'acceptera pas de revenir sur le chapitre de 2012 - auquel adhèrent les 4 nouveaux évêques - et reconnaîtra la pleine légitimité des 6 évêques de la Fidélité, il sera impossible aux catholiques fidèles de lui accorder confiance.

Pourquoi Rome englobe-t-elle les fidèles laïcs de la FSSPX dans l'excommunication ?

Le document romain, qui déclare l'excommunication à la suite des sacres conférés par la Fraternité Saint-Pie X, semble étendre cette sanction aux fidèles laïcs qui fréquentent habituellement ses chapelles.

Cette formulation peut surprendre. Peut-on réellement dire qu'un laïc « appartient » à la FSSPX ? En soi, il n'existe aucun formulaire d'adhésion, et la Fraternité Saint-Pie X n'est pas une association de fidèles laïcs, mais une société sacerdotale, comme son nom l'indique.

Un fidèle qui fréquente une chapelle tenue par des jésuites, des récollets ou des sulpiciens n'« appartient» pas pour autant à ces instituts. Il peut les soutenir, partager leur spiritualité ou leur apostolat, mais cela ne fait pas de lui un membre de ces communautés.

Comment, dès lors, Rome peut-elle considérer qu'un fidèle fréquentant les chapelles de la FSSPX « appartient » à cette œuvre ?

Une explication est peut-être possible.

En dehors d'une éventuelle imprécision de traduction, on pourrait comprendre que, depuis cette déclaration du 2 juillet, Rome considère désormais, de fait, l'existence d'une sorte d'« Église SSPX », ayant son centre à Menzingen, à laquelle seraient rattachés les fidèles qui la fréquentent régulièrement.
Si telle est bien l'analyse romaine, cela correspond précisément à la définition d'un schisme : l'existence d'une communauté ecclésiale distincte, structurée autour d'une autorité propre. La question ne serait donc pas d'abord doctrinale, mais disciplinaire et juridictionnelle.

Permettez-moi, à ce propos, une réflexion qui ne manquera sans doute pas de susciter des réactions.

Mgr Lefebvre aurait-il accepté que toute la Tradition catholique soit progressivement concentrée autour d'une seule œuvre ? Aurait-il approuvé la centralisation croissante opérée depuis une vingtaine d'années autour de la Maison générale de la SSPX, au point que presque rien ne puisse se faire, se dire ou se penser sans qu'elle en soit informée et n'intervienne, parfois par des décisions arbitraires et très gravement injustes ?  Mgr Lefebvre aurait il accepté que l'on chasse prêtres et évêques de la Fidélité au prétexte qu'ils ne sont pas DANS la SSPX ?

Aurait-il véritablement cautionné une telle évolution ?

Dès lors, Mgr Richard Williamson n'a-t-il pas, d'une certaine manière, eu raison d'accepter son exclusion de la Fraternité et de chercher ensuite à favoriser une organisation plus décentralisée de la Tradition, redonnant à chaque évêque, à chaque prêtre, à chaque père de famille et à chaque fidèle la responsabilité de ses propres décisions devant Dieu et devant toute l'Église ? Mgr Williamson ne nous répétait-il pas sans cesse que "le pasteur était frappé et les brebis dispersées", ce qui signifiait qu'il est tentant mais impensable de faire une église parallèle ?

Enfin, une dernière question mérite d'être posée. Même si cette sanction émane d'une autorité moderniste, est-elle pour autant entièrement dépourvue de fondement ? Est-elle totalement imméritée ?

Peut-être cette épreuve contribuera-t-elle à rappeler aux catholiques attachés à la Tradition leur responsabilité personnelle dans le combat de la foi, là où la Providence les a placés, plutôt que de s'en remettre systématiquement à une structure centrale.

Abbé Matthieu Salenave

Jubilé d’argent de M. l’abbé Salenave

A l'occasion du jubilé sacerdotal de l'abbé Salenave, l'abbé Pivert, qui le connaît depuis de nombreuses années, apporte son témoignage.


M. l’abbé Salenave en 2015 pour l’inauguration du prieuré N. D. du Christ-Roi ― La Villeneuve

M. l’abbé Salenave est un ami de longue date dont j’ai toujours apprécié le dévouement dans l’apostolat, la droiture et la simplicité. C’est pour ces raisons que nous sommes amis et que les épreuves de l’Église nous ont rapprochés. Il fêtera samedi son jubilé d’argent sacerdotal, ayant été ordonné le 29 juin 2001.

La première fois que nous nous sommes connus, il était animateur au MJCF et j’étais aumônier. C’était un camp en Italie plein de joie, de jeunesse, de sérieux et de soleil. Le suivant était en Écosse, toujours plein de joie, de jeunesse, de sérieux, mais la pluie avait remplacé le soleil. Malgré que nous nous soyons ensuite perdus de vue lors de son séjour au séminaire — six ans — et ses premières années de sacerdoce, l’estime mutuelle demeurait car nous partagions le même idéal.

Matthieu Salenave, animateur de province, en août 1994 avec M. l’abbé Pivert après la première communion d’un jeune du MJCF durant un camp en Écosse

Résistance au ralliement

Le ralliement de Mgr Fellay provoqua les mêmes inquiétudes chez nous deux et je me rappelle très bien une discussion après une conférence particulièrement envoûtante mais vide de Mgr Fellay. « C’est du nominalisme », lui dis-je. Chacun à notre poste, nous avons travaillé à maintenir la fidélité à l’héritage de Monseigneur Lefebvre, moi aux affaires canoniques et M. l’abbé Salenave sur Internet pour dévoiler ce que le supérieur de notre Fraternité nous cachait.

C’étaient les débuts d’Internet qui n’arrivait même pas dans mon prieuré et M. l’abbé Salenave fut, au service de la foi et de la vérité, un pionnier en la matière. La Révolution n’aime pas qu’on dévoile ses plans et ses manœuvres. Régulièrement, M. l’abbé pointait la lumière drue et précise de son projecteur sur Mgr Fellay, qui aurait bien préféré maintenir dans l’ombre ses visites chez les modernistes romains et sa trahison à petits pas.

Ce furent des années d’épreuve, car nous étions blessés dans ce que nous avions de plus cher, notre fidélité à l’Église et à la foi, telle que Monseigneur Lefebvre nous l’avait transmise. À côté de cela, les sévices que nous subissions personnellement étaient peu de chose. Heureusement, Monseigneur Williamson, encore plus maltraité que nous, mais courageux et clairvoyant, fut le berger que nous suivîmes tout naturellement.

C’est ainsi qu’avec quelques confrères nous fondions ce que beaucoup appelèrent la Résistance, et que je préférais appeler la Fidélité Catholique. Il y eut la brève Union Sacerdotale Marcel Lefebvre, car nous pensions qu’il fallait une structure, même minime, pour favoriser notre unité. Mais nous comprîmes vite, avec les lumières de Monseigneur Williamson, que la seule structure que la Providence nous demandait d’établir était celle de l’union dans l’esprit de foi et dans la charité fraternelle.

Grâce à Dieu, elle n’a jamais cessé, mais elle est bien mieux mise en valeur ainsi, dépouillée de tout apparat extérieur par la Providence. Des amitiés comme celles que je porte à M. l’abbé Salenave ne sont pas démonstratives. Elles ne mènent pas tambour battant des réalisations communes. Elles n’en sont que plus profondes et, finalement, à la fois plus vraies et plus efficaces. Plus efficaces parce que plus vraies.

Que Dieu bénisse votre courage et votre zèle, cher Confrère !

M. l’Abbé Matthieu Salenave dessert la Mayenne, la Basse Normandie, la Belgique, la Bretagne. Sa résidence habituelle est :

Prieuré Notre – Dame de Pontmain
6, rue Pasteur
53 390 Saint Aignan sur Roë (Mayenne)


Avec Mgr Williamson et M. l’abbé Pivert lors de l’ordination au sous-diaconat du Père Marcel de la Croix au prieuré N. D. du Christ-Roi, juillet 2018.


4 juillet à Saint Aignan : jubilé d'argent de l'abbé Salenave


A l'occasion des 25 années de sacerdoce de l'abbé Salenave, Mgr Ballini est venu d'Irlande et nous a donné un très beau sermon inspiré de saint Jérôme sur le combat catholique. Les fidèles, venus de loin, ont été ravis de cette journée. Merci mon Dieu!











Journée de joie et de paix à l'occasion de ce jubilé sous le regard de Mgr Lefebvre. Du haut des Cieux... Fier de ses successeurs !




jeudi 18 juin 2026

Mgr Schneider n'est pas Mgr Lefebvre

 RUPTURE THEOLOGIQUE



Mgr Schneider n'est pas Mgr Lefebvre


Nous vous avions récemment informé au sujet de Mgr Schneider qui devient la référence théologique quasi exclusive des supérieurs de la SSPX. Or, même si cet évêque peut sembler courageux dans son soutien public apporté à la SSPX, nous tenons à rappeler qu'il n'a pas grand chose de commun dans son analyse théologique de la crise et sa résolution pratique. Nous vous présentons un tableau qui manifeste les différences sur la critique du Concile. La rupture des supérieurs actuels avec Mgr Lefebvre n'est donc pas seulement pratique, elle est théologique. Mgr Schneider semble être celui qui ramènera la SSPX dans le giron de l'église conciliaire. Puissent les prêtres et les fidèles de bonne foi, réaliser la trahison en cours. Cliquez sur ce lien pour décourvir combien les supérieurs de la SSPX suivent Mgr Schneider : https://fsspx.news/fr/recherchez?searchterm=schneider

Télchargez le document ici

samedi 13 juin 2026

Lettre de Broadstairs 13 : Consécrations épiscopales à Écône

 



Lettre de Broadstairs 13 (Juin 2026)

Nova et vetera

Consécrations épiscopales d'Écône

Suite à l'annonce que la Fraternité Saint-Pie X a l’intention de consacrer quatre nouveaux évêques sans mandat pontifical en juillet prochain, quelques mots à ce sujet pourraient s'avérer opportuns.

L’Église a assurément besoin d’évêques validement consacrés, non seulement pour administrer les sacrements, mais surtout pour prêcher la Foi et dénoncer les erreurs modernes qui la menacent.

Nul doute que la Fraternité a également besoin d'évêques pour poursuivre son apostolat mondial, notamment parce que les deux évêques restants ne rajeunissent pas.

Ceci étant dit, il est important de comprendre que les consécrations à venir n’entraîneront pas automatiquement le retour de la Fraternité à sa position antérieure de distanciation vis-à-vis de l’Église conciliaire. « Il est impératif pour tout prêtre qui souhaite demeurer catholique de se séparer de l’Église conciliaire jusqu’à ce qu’elle soit revenue au magistère traditionnel de l’Église et à la foi catholique », [Mgr Marcel Lefebvre, « Itinéraire spirituel », 1990].

A cette époque, le principe directeur était de ne conclure aucun accord pratique avec la Rome moderne tant que celle-ci ne serait pas revenue à la Tradition catholique. Un tel retour se manifesterait par l'adhésion de Rome aux encycliques anti-libérales et anti-modernistes, au serment anti-moderniste, au règne social du Christ Roi et à une véritable consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie.

Ce principe a changé en 2012 lorsque des discussions doctrinales et la multiplication des contacts avec Rome ont abouti à ce que Benoît XVI propose à Mgr Fellay « la Rolls-Royce des accords », et ceci sans se soucier de la persévérance de Rome dans les erreurs modernes du libéralisme, du modernisme et du faux œcuménisme. Cet accord n'a pas été conclu en raison du refus de la Fraternité d'accepter la nouvelle messe et Vatican II, mais le mal avait été fait.

L’ « Année de la Miséricorde » (2015-2016), sous le pape François, a fait de la réintégration de la Fraternité au sein de « l’Église officielle » l’un de ses principaux buts. Cette intention était placée au même titre que celle de la réhabilitation des couples divorcés remariés hors de l’Église, ainsi que celle des couples homosexuels vivant des relations stables.

À cette même occasion, la Fraternité s'est vu octroyer, apparemment de manière unilatérale, une juridiction ordinaire pour les confessions, du fait qu'elle se trouvait sur la voie dite de la pleine communion avec Rome.

En 2017, la Société a conclu un accord pratique avec la Rome moderne concernant ses mariages, remettant de fait ces derniers dans les mains de la hiérarchie conciliaire locale.

Par conséquent, dans l'hypothèse peu probable où la Fraternité entendrait réellement renouer avec sa position ferme d'antan, telle que défendue par la dite Résistance, elle devrait faire une déclaration sans équivoque à cet effet. À défaut de cela et quoi qu’il en soit de possibles sanctions, la Fraternité continuerait simplement à souhaiter être reconnue par les autorités conciliaires et à cohabiter avec elles, espérant obtenir un jour une chapelle latérale dans leur basilique œcuménique.

Une telle déclaration devrait également inclure explicitement un rejet de l'accord pratique relatif aux mariages conclu en 2017, qui soumettait les bastions de la Tradition à la hiérarchie moderniste. Il s'agit d'une démarche bien différente d'une simple renonciation aux prétendues concessions obtenues jusqu'à présent. Auparavant, les mariages célébrés par la Fraternité étaient régis par la juridiction de suppléance, et les documents signés par les parties concernées en précisaient clairement les justifications.

Les mariages célébrés en vertu de cet accord, que ce soit par le délégué de l'ordinaire du lieu ou par délégation directe à un prêtre de la Fraternité, sont, dans les deux cas, soumis au nouveau Code de droit canonique et aux tribunaux matrimoniaux conciliaires. Ils sont donc potentiellement exposés à des procédures d'annulation accélérées et douteuses auxquelles les parties concernées peuvent désormais recourir de bonne foi ! Loin de renforcer le lien matrimonial, comme l'affirmaient alors les supérieurs de la Fraternité, cet accord pratique a en réalité affaibli les mariages et les familles catholiques traditionnels.

D'autres sujets devraient également figurer dans une déclaration : la pseudo-consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie par le pape François en 2022 (officiellement acceptée par la Fraternité à l'époque) ; la décision de ne plus procéder systématiquement à des ordinations conditionnelles pour les prêtres issus de l'Église conciliaire ; le dilemme moral posé par la position officielle de la Fraternité concernant la vaccination contre le Covid-19…

C’est pourquoi nous sommes quelque peu alarmés par le ralliement d’individus et de communautés jusque-là lucides à propos de la Fraternité Saint-Pie X, comme si tout allait revenir à la normale dans le combat pour la Foi en raison des sacres annoncés !

Nous voyons dans la confusion actuelle qui règne au sein de la Tradition catholique un exemple de la désorientation diabolique prophétisée par la Vierge Marie à Fatima. Puissions-nous continuer à œuvrer et à prier pour une véritable consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie, afin que, dans le triomphe qu'elle a promis, l'Église soit délivrée des fléaux et des agents du libéralisme, du modernisme et du naturalisme.

+ Paul Morgan

Le 12 juin 2026, fête du Sacré-Cœur

mardi 9 juin 2026

Les sacres, réponses à quelques questions

M. l'abbé Dominique Rousseau répond à diverses questions que peuvent se poser les fidèles sur les sacres :

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La Fraternité va procéder au sacre épiscopal de quatre prêtres. L’annonce en a été faite le 2 février par son Supérieur général lors des prises de soutane au Séminaire Saint-Curé d’Ars à Flavigny.

Face à cette annonce, comment réagir ? Nous ne parlons pas des ralliés à la Rome conciliaire depuis les sacres de 1988 : tous, plus ou moins, poussent des cris d’orfraie en brandissant les drapeaux usés de « schisme aggravé depuis 1988 », de « bras de fer » avec le Vatican par la FSSPX. Que les personnes intéressées par le sujet aillent naviguer sur la « toile » et regardent le « Forum catholique », les articles de « La Nef ». Tel n’est pas l’objet que nous nous proposons ici de traiter.

  • Doit-on se réjouir des sacres prévus au 1er juillet 2026 ?
Il est clair que l’Église a besoin, de par sa nature, d’évêques catholiques, dont l’épiscopat est certainement valide. Ce fut la raison des sacres de 1988, conférés à quatre prêtres de la Fraternité Saint-Pie X par leurs Excellences Monseigneur Marcel Lefebvre et Dom Antonio de Castro Mayer, venu tout exprès du Brésil pour cette « opération – survie ».

La FSSPX n’a plus à présent que deux évêques, Mgr Williamson en ayant été chassé en 2012 (et décédé le 29 janvier 2025) et Mgr Tissier de Mallerais est décédé le 8 octobre 2024. Seuls restent Mgr de Galaretta et Mgr Fellay, tous deux étant presque septuagénaires et usés après tant d’années à parcourir le monde.

  • Sacrements douteux
Tous les sacrements de « l’Église conciliaire » (l’expression est de Mgr Benelli, du 25 juin 1976) sont douteux, affirmait Mgr Lefebvre, en raison soit de la forme, de la matière et/ou de l’intention du ministre qui les confère. Douteux n’est pas synonyme d’invalide, notons-le bien. Mais si un gâteau est douteux en raison d’un poison qui y a peut-être été inséré, la prudence élémentaire est de ne pas le manger, aussi beau et alléchant soit-il. Il en est de même pour les sacrements.

Dans la Fraternité et de façon officielle, il n’est plus question de faire cette distinction « Église catholique » et « Église conciliaire ». Nous invitons le lecteur à se reporter à la brillante étude qu’avait faite en son temps Mgr Tissier de Mallerais sur cette question importante (voir Sel de la terre n° 85, été 2013, éditorial).

La prudence pastorale exigeait jusqu’à ces dernières années que tous ceux qui avaient reçu des sacrements douteux car réformés depuis les années postérieures à Vatican II reçoivent à nouveau, et sous condition, certains sacrements : la confirmation et l’ordre. C’en est fini de tout cela et nous savons de source certaine que les Supérieurs de la Fraternité ne veulent plus que les prêtres « Novus Ordo » qui se convertissent soient réordonnés sous condition, ce qui, selon eux, serait un acte sacrilège. Il en est de même pour l’épiscopat. Mgr Huonder, décédé à présent, n’a pas été inquiété pour son sacre et a exercé un apostolat épiscopal, en consacrant les saintes Huiles le Jeudi saint 2023 au Séminaire de la Fraternité en Allemagne.

Mgr Viganò, sacré en 1992 par Jean Paul II, a été reconsacré sous condition par Mgr Williamson en 2021. Le fait est suffisamment connu pour être ici noté.

  • Quelle fut la pensée de Mgr Lefebvre sur cette « Église conciliaire » ?
« Quoi de plus clair ! Désormais c’est à l’Église conciliaire qu’il faut obéir et être fidèle, et non plus à l’Église catholique. C’est précisément tout notre problème. Nous sommes suspens a divinis par l’Église conciliaire et pour l’Église conciliaire dont nous ne voulons pas faire partie. Cette Église conciliaire est une Église schismatique, parce qu’elle rompt avec l’Église catholique de toujours. Elle a ses nouveaux dogmes (dignité de la personne humaine), son nouveau sacerdoce (le sacerdoce commun des fidèles), ses nouvelles institutions (synode épiscopal, conseil épiscopal, conseil paroissial etc.), son nouveau culte (nouvelle messe) déjà condamnés par l’Église en maints documents officiels et définitifs. C’est pourquoi les fondateurs de l’Église conciliaire insistent tant sur l’obéissance à l’Église d’aujourd’hui, faisant abstraction de l’Église d’hier comme si celle-ci n’existait plus. L’Église qui affirme de pareilles erreurs est à la fois schismatique et hérétique. Cette Église conciliaire n’est donc pas catholique. Dans la mesure où le pape, les évêques, prêtres ou fidèles adhèrent à cette nouvelle Église, ils se séparent de l’Église catholique. L’Église d’aujourd’hui n’est la véritable Église que dans la mesure où elle continue et fait corps avec l’Église d’hier et de toujours. La norme de la foi catholique, c’est la Tradition. » (Lettre du 29 juillet 1976)

La Fraternité Saint-Pie X n’a plus le même discours depuis des années et ne dénonce plus « l’Église conciliaire ».

  • Avec ces sacres à venir, la Fraternité et la Résistance (ou Fidélité catholique) vont-elles se réunir ?
Apparemment, les obstacles se dissipent tels des nuages présents pendant de longues années (depuis 2012). Les nuages demeurent cependant et ce, pour plusieurs raisons, qui ne sont pas d’ordre sentimental, de susceptibilité froissée ou quoi que ce soit de cette sorte, qui serait somme toute accessoire : dans une famille, il faut se réconcilier après des orages. Le problème est plus profond.

En effet, eu égard à l’état de nécessité (perte de la foi généralisée, maintien de l’épiscopat sur les différents continents avec la période communiste de la soi-disant pandémie), Mgr Williamson a sacré entre 2015 et 2022 six évêques. Trois d’entre eux ont été sacrés de façon publique et les trois autres, secrètement. Ces trois évêques ont fait l’objet de bien des critiques, même de la part de notre clergé « résistant ». Mais ces cas de sacres secrets ont eu des précédents, en particulier celui-ci : Mgr Slipyj a procédé ainsi sous Paul VI en 1977 et la Fraternité a publié un article du Père Joseph OFM (alias abbé Régis de Cacqueray) : https://fsspx.news/fr/news/un-precedent-aux-sacres-la-fsspx-les-sacres-du-2-avril-1977-par-le-cardinal-slipyj-58983 . Que ceux qui, de tous bords, dénigrent ou boudent les sacres opérés par l’évêque britannique lisent attentivement l’article du père capucin.

  • La Fraternité et l’état de nécessité
Les évêques sacrés par Mgr Williamson sont de vrais évêques et la Fraternité devrait tenir compte de leur sacre, et faire appel à eux, sans avoir à sacrer d’autres évêques. Avec ces six évêques, l’état de nécessité invoqué par elle cesse : il y a des évêques. Mais non en fait ! Quelle en est la cause ? Ils ont, à leur passif, commis un péché irrémissible : ils ont quitté la Fraternité (du moins cinq d’entre eux, car Dom Thomas d’Aquin n’a jamais été membre de la FSSPX, puisque moine bénédictin). Nous avons montré, dans un autre texte, que « hors de la Fraternité, il n’y a point de salut » : https://havresaintjoseph-tradition.fr/un-marche-de-dupes-les-sacres-de-juillet-2026/ ).

  • La Fraternité veut-elle perdre ses acquis des années passées ?
Merci de vous reporter à l’article « Un marché de dupes »  pour voir la liste des « acquis ». Il est trop tôt pour savoir ce qui se passera le 2 juillet : excommunication ou non des évêques. Mgr Fellay espère toujours le « miracle », c’est-à-dire l’obtention du mandat de Léon XIV pour les sacres. Il est bien possible qu’il n’y ait pas d’excommunication. Imaginez en effet que Mgr Schneider, qui vante tant les sacres à venir, soit présent à Ecône. S’il assiste à la cérémonie, ce ne sera pas sans l’accord de Rome. Il fut l’ami de François, il l’est tout autant de Léon XIV. S’il célèbre la messe de saint Pie V, il célèbre tout autant la messe de Paul VI. Un évêque dans la ligne exacte de Benoît XVI.

  • Quelles seront (seraient) les conséquences des sacres sans mandat ?
Outre l’excommunication par la Rome néo-moderniste, synodale et courant à l’apostasie, les conséquences seront politiques, financières etc. En effet, que l’on se rappelle qu’au lendemain des sacres de 1988, l’État français bloqua les legs pour le district de France et ce n’est que dans les années 2000, que la Maison du district parvint, à force d’un travail méticuleux, à recouvrer ces biens gelés de façon inique.

Le Supérieur de district a des raisons bien humaines de craindre les sanctions lourdes qui s’abattront sur toutes les œuvres de son district : écoles, prieurés et tout ce qui leur appartient.

La persécution viendra. « Messire Dieu premier servi » sera-t-elle la bannière déployée, ou restera-t-elle au fond d’une poche, soigneusement et frileusement pliée?

  • Qu’aurait dû faire la Fraternité pour les sacres dont elle a besoin ?
Ne rien demander à Rome :
    • Comme la Fraternité le 28 juillet 1991 lors du sacre de Mgr Rangel, quelques mois après le décès de Dom Antonio de Castro Mayer (+ 25 avril 1991). Les consécrateurs furent trois des évêques sacrés en 1988 : Mgr Tissier de Mallerais, assisté de Mgr Williamson et Mgr de Galarreta (voir Revue « Fideliter » n° 83, septembre – octobre 1991.)
    • Comme également Mgr Williamson pour le sacre des six évêques.
    • Sacrer des évêques, les envoyer à des postes stratégiques dans des continents différents, à proximité de liaisons faciles (aéroports, autoroutes etc.). Ces évêques auraient été moins inquiétés (comme ceux sacrés par l’évêque britannique) que les tracas auxquels ils vont devoir s’affronter.

  • Quels sont les quatre élus à l’épiscopat ?
Les abbés Pascal Schreiber, suisse allemand, 53 ans ; Michael Goldade, américain, 45 ans ; Michel Poinsinet de Sivry, français, 42 ans ; Marc Hanappier, français, 36 ans.

Je ne parlerai que du premier mentionné. L’abbé Schreiber était supérieur du district de Suisse lorsque Mgr Huonder prit sa retraite en juin 2019, à l’école de Wangs. Il était bien clair que cet évêque ne ferait pas de ministère épiscopal. L’abbé Schreiber reçut ce prélat au séminaire de Zaitzkofen, dont il est actuellement directeur, le Jeudi saint 2023, et cet évêque consacra alors les saintes Huiles. Enfin, ce même abbé a célébré la messe pour le pèlerinage de la Pentecôte, en la vigile de cette fête. Pas un mot sur la crise de l’Église.

Nous avons déjà abondamment présenté qui fut Mgr Huonder et nous ajoutons, pour mémoire, ce rappel sur la validité des sacrements post-conciliaires, car cela concerne le cas de cet évêque : https://havresaintjoseph-tradition.fr/episcopat-conciliaire-valide-ou-non/ .

Ce court aperçu du « profil » de ce futur évêque n’augure rien de bon pour la défense de la Foi. Aîné des trois autres, il indiquera la route à ses plus jeunes confrères dans l’épiscopat. L’abbé Pagliarani a d’ailleurs bien décrit leur futur apostolat : 

« La cérémonie du 1er juillet n’aura d’autre but que de maintenir l’administration des sacrements de l’ordre et de la confirmation, ainsi que celle des sacramentaux réservés aux évêques, selon le rite traditionnel de la sainte Église romaine, et la foi de toujours. » (26 mai 2026).

Le Supérieur général de la Fraternité omet (et c’est grave) de dire que, de par sa nature, l’Évêque fait partie de l’Église enseignante, et n’est donc pas un « distributeur de sacrements ».

Les deux derniers mentionnés vivent au séminaire des Etats-Unis, depuis plusieurs années, avec Mgr Fellay. No comment !

  • Laissons la conclusion à Mgr Lefebvre : ses dernières paroles écrites
FIDELITER – Qu’est-ce que vous pouvez dire à ceux d’entre les fidèles qui espèrent toujours en la possibilité d’un arrangement avec Rome ?

Monseigneur – Nos vrais fidèles, ceux qui ont compris le problème et qui nous ont justement aidés à poursuivre la ligne droite et ferme de la Tradition et de la foi, craignaient les démarches que j’ai faites à Rome. Ils m’ont dit que c’était dangereux et que je perdais mon temps. Oui, bien sûr, j’ai espéré jusqu’à la dernière minute qu’à Rome on témoignerait d’un petit peu de loyauté. On ne peut pas me reprocher de ne pas avoir fait le maximum. Aussi maintenant, à ceux qui viennent me dire : il faut vous entendre avec Rome, je crois pouvoir dire que je suis allé plus loin même que je n’aurais dû aller. » (Entretien de Mgr Lefebvre à la revue Fideliter n° 79, janvier – février 1991)

Abbé Dominique Rousseau
9 juin 2026

samedi 6 juin 2026

Point sur les travaux de construction d'un prieuré au Nigéria




Message du Père Joseph ONUORAH :

Bénie soit la Très Sainte et Indivisible Trinité, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen.

Grâce à l'argent reçu il y a quelques jours, j'ai pu acheter près de 200 sacs de ciment, environ cinq chargements de sable et trois tas de pierres, et nous avons commencé à couler le sol en dalles de la maison du prêtre. Comme vous pouvez le voir sur les photos, le projet avance petit à petit. Nous en sommes là aujourd'hui, samedi 30 mai 2026.

Un grand merci pour votre aide, vos dons, vos contributions et vos prières. Ils sont le pilier de ce travail.

Transmettez encore une fois mes sincères remerciements aux donateurs.








vendredi 5 juin 2026

Même les saints ont eu leurs défaillances ! A notre tour d'être forts !

 Source

Pour une raison bien mystérieuse, le Bon Dieu permet aux saints ou aux saints personnages de tomber provisoirement dans des fautes assez graves. Pensons à la trahison de Saint Pierre, la signature de Sainte Jeanne d'Arc et, plus proche de nous, une signature bien troublante de Mgr Lefebvre le 5 mai 1988. Signature bien vite rétractée et regrettée.

Pourquoi s'agissait-il d'une faute de Monseigneur Lefebvre ?

Ce document était en effet en rupture avec toute sa ligne de conduite depuis le concile.

Si l'on cherche les éléments objectifs du protocole qui paraissent en tension avec sa ligne habituelle, on en trouve principalement quatre.

1. Acceptation du magistère de Vatican II

Le protocole signé affirme :

« Nous déclarons accepter la doctrine contenue dans le n° 25 de Lumen Gentium sur le Magistère ecclésiastique et l'adhésion qui lui est due ».

Or Mgr Lefebvre avait passé près de vingt ans à dénoncer certains enseignements de Vatican II, notamment sur :
  • la liberté religieuse ;
  • l'œcuménisme ;
  • la collégialité épiscopale.
Dans sa célèbre Déclaration du 21 novembre 1974, il écrivait :

« Nous refusons et avons toujours refusé de suivre la Rome de tendance néo-moderniste et néo-protestante. »

Cette déclaration est devenue le texte de référence de la FSSPX.

Ce protocole ne se contente pas de dire que certains textes du concile sont acceptables ; il reconnaît explicitement le principe d'adhésion au magistère décrit par Vatican II.

2. Fin de la polémique publique contre Rome

Le protocole stipule :

« nous nous engageons à avoir une attitude positive d'étude et de communication avec le Siège apostolique, en évitant toute polémique ».

Ceci contraste fortement avec les sermons, conférences et ouvrages de Mgr Lefebvre durant les années 1970-1980, où les critiques contre les réformes postconciliaires étaient extrêmement directes.

Le protocole l'engageait à une démarche beaucoup plus diplomatique avec Rome.

3. Reconnaissance explicite de la validité de la nouvelle messe

Le protocole affirme :

« Nous déclarons reconnaître la validité du Sacrifice de la messe (...) selon les rites promulgués par les papes Paul VI et Jean-Paul II ».

Est-ce une rupture ?
Oui, car Mgr Lefebvre déclarait que le nouveau rite était dangereux pour la foi et portait une orientation protestantisante. Reconnaître la validité semblait cohérent avec beaucoup de ses déclarations mais donnait l'impression d'une approbation pratique du rite.

4. Réconciliation canonique avec Rome

Le protocole prévoyait :
  • une reconnaissance officielle de la FSSPX ;
  • un statut canonique stable ;
  • une commission romaine ;
  • la possibilité d'un évêque issu de la Fraternité.
Pourquoi cela paraît-il contradictoire ?

Depuis plusieurs années, Mgr Lefebvre affirmait que les autorités romaines étaient profondément marquées par les erreurs postconciliaires.  Lui-même expliquera, dès le lendemain de la signature, qu'il avait perdu confiance dans les garanties proposées par Rome, surtout concernant la date de nomination d'un évêque. C'est l'une des raisons principales pour lesquelles il revint sur sa signature.

Si l'on cherche le point le plus délicat, ce n'est pas la nouvelle messe, mais plutôt l'article sur Lumen Gentium n°25 et l'acceptation du cadre magistériel de Vatican II.

Le raisonnement des critiques est : pendant vingt ans, Mgr Lefebvre a présenté certains enseignements conciliaires comme incompatibles avec la Tradition ; puis il signe un texte affirmant accepter la doctrine sur le magistère enseignée par Vatican II.

Conclusion

Si l'on compare le texte du protocole à la ligne publique de Mgr Lefebvre depuis 1974, les points qui peuvent être considérés comme des ruptures sont :
  • l'acceptation de la doctrine de Lumen Gentium n° 25 ;
  • l'engagement à éviter la polémique contre Rome ;
  • l'intégration canonique sous l'autorité romaine ;
  • dans une moindre mesure, la formulation sur la validité des rites réformés.
Le piège du protocole vient du fait qu'il contient simultanément des concessions à Rome et la reconnaissance explicite que certains enseignements de Vatican II paraissaient toujours « difficilement conciliables avec la Tradition ». C'est précisément cette ambiguïté qui explique pourquoi il a pu être signé le 5 mai puis rejeté par Mgr Lefebvre dès le lendemain.

Si Dieu a permis ce faux pas de Mgr Lefebvre dans le combat de la Foi contre les modernistes romains, n'est-ce pas pour nous apprendre à notre tour à ne pas tomber dans leurs pièges ?
Abbé Salenave

jeudi 4 juin 2026

Hollywood s’invite à Ecône

 Source


Voici l’annonce faite par le canal Telegram des Sacres 2026, d’un documentaire à venir et dont la bande annonce est déjà en ligne: https://www.youtube.com/watch?v=xx0TX7HGF1E

« Réalisée sur deux ans par deux jeunes étudiants, TRADITIO est l’un des projets cinématographiques les plus ambitieux jamais réalisés par la Fraternité. Composée de trois parties, cette série entend présenter l’apostolat des prêtres de la Fraternité à travers le monde ainsi que leur attachement à l’Église catholique et au successeur de saint Pierre. 

Cette série sera également diffusée les 1er et 2 juillet 2026 sur les écrans de la prairie et accompagnera les temps d’attente précédant les célébrations. Une belle occasion pour les participants présents en avance de découvrir cette réalisation. »

Les commentaires ne se sont pas fait attendre et Médias-Presse-Infos commente ainsi la parution de ce documentaire, reprenant en grande partie les mots du canal cité ci-dessus :

« Dans le cadre de la véritable dynamique qui entoure l’annonce des sacres de quatre nouveaux évêques, la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X dévoile un documentaire intitulé TRADITIO – Pour l’amour de l’Église.
Une pépite cinématographique en trois parties.
Réalisée sur deux ans par deux jeunes étudiants de Suisse et d’Allemagne en collaboration avec la Maison générale de la FSSPX, cette production de plus de quatre heures est l’un des projets cinématographiques les plus ambitieux jamais réalisés par la Fraternité.
Composée en trois parties, cette série entend présenter l’apostolat des prêtres de la Fraternité Saint-Pie X à travers le monde ainsi que leur attachement à l’Église catholique et au Successeur de saint Pierre.
Pour l’amour de l’Église est une série documentaire en trois parties, consacrée à la vie et à l’apostolat des prêtres de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X à travers le monde.
La diffusion sur les réseaux sociaux est annoncée ainsi :
  • Une œuvre de foi – 7 juin 2026 
  • Une œuvre d’espérance – 14 juin 2026 
  • Une œuvre de charité – 21 juin 2026
Cette série sera également diffusée les 1er et 2 juillet 2026 sur les écrans de la prairie et accompagnera les temps d’attente précédant les célébrations.
La bande annonce permet de déjà savourer la qualité cinématographique de cette série de trois reportages et de mieux découvrir et apprécier l’apostolat mondial de la FSSPX et le ministère du prêtre catholique au service de l’Église.»

On relèvera, sans forcer le texte, l’enthousiasme de ce média sous la plume d’Alain Depauw, qui note les « pépites », « la bande annonce du magnifique documentaire de la FSSPX ».

Parce que « la mémoire est la faculté qui oublie », dit-on, nous continuons à décrire, après avoir déjà relevé dans un autre texte ( https://havresaintjoseph-tradition.fr/la-fraternite-saint-pie-x-hier-1988-et-aujourdhui-2026/ ), ce que nous avons connu lorsque Ecône était Ecône, du vivant de Mgr Marcel Lefebvre. Nous n’allons pas jouer aux « Anciens » : « J’y étais ».

Cependant, il est bon de comparer deux faits majeurs dans l’Histoire de la Fraternité, avec celui qui arrive : la consécration de la Fraternité au Cœur Immaculé de Marie, puis les sacres de 1988.

Le premier événement eut lieu le 8 décembre 1984, non loin d’Ecône, à Martigny. Mgr Lefebvre consacra la Fraternité à l’Immaculée, en présence d’un grand nombre de prêtres, séminaristes (nous étions alors nombreux à Ecône ; de plus, le Séminaire d’Allemagne vint au complet, Flavigny n’était pas encore séminaire – 1986), de fidèles venus de plusieurs pays. La nuit qui précéda cette consécration et la Messe pontificale fut une nuit de prière et d’adoration continuelle. Pas de film pour « tuer le temps », comme cela va se passer sur la prairie d’Ecône début juillet. En effet les personnes étant passées par le portique électronique devront être présentes dès 6 h du matin pour la cérémonie qui commencera trois heures plus tard.

Il en fut de même pour les sacres du 30 juin 1988. La prière était au rendez-vous pour cette « opération – survie ».

A présent, on utilise le mot de « série », pour cette trilogie « Une œuvre de foi – 7 juin 2026 • Une œuvre d’espérance – 14 juin 2026 • Une œuvre de charité – 21 juin 2026 ». On passe au monde du cinéma. Nous avons déjà mis le doigt dessus : https://havresaintjoseph-tradition.fr/quatre-jours-dexception/ .

Avec ces sacres à venir, l’abbé Pagliarani aura réussi ce que Mgr Williamson annonçait, en le dénonçant, dès 2018, deux mois après son élection au faîte de la Fraternité Saint-Pie X : 

« S’il pense qu’il n’y a rien de plus pressé que d’unir les libéraux et les antilibéraux au sein de la Fraternité en ayant recours à des compromis politiques et des calculs humains, jamais il n’enrayera l’actuelle dégringolade de la Fraternité. Notre foi est notre victoire sur le monde, dit saint Jean (1 Jn 5, 4), et non notre politique. » (Commentaires Eleison, Tome 3, n° 582, p. 169)

Voici un autre aspect sur le même sujet.

Cette présentation des sacres, tous les écrits de l’abbé Pagliarani dans sa communication depuis février 2026, et celle de prêtres passant sur les plateaux
( https://www.youtube.com/watch?v=iW5jYixOZ7s ) donnent à réfléchir sur l’orientation des clercs de la Fraternité.

Nous avons mis en relief ( https://havresaintjoseph-tradition.fr/la-fraternite-saint-pie-x-hier-1988-et-aujourdhui-2026/ ) la différence de vue de la FSSPX dans le cours des années et surtout son glissement : hier on priait pour la conversion de Rome, aujourd’hui (cf. l’interview de l’abbé Gabard sur RCF Anjou, lien ci-dessus) ils cherchent désespérément un Mandat papal pour les sacres. Rien n’est dit sur la conversion du pape, les arguments sur l’état de nécessité manquent par ailleurs d’assise et demeurent dans le flou.

Concluons brièvement.

Ce n’est pas de l’esprit hollywoodien que les fidèles ont besoin ; c’est de celui de la prière et du sacrifice, et non des images et de « projets cinématographiques les plus ambitieux jamais réalisés par la Fraternité ». L’état de l’Église est pitoyable. On ne convertira ni Rome ni les fidèles gavés d’images par encore plus d’images et de musique (sauf par le grégorien et la polyphonie sacrée).

Prions le Rosaire, car nous sommes, disait sœur Lucie de Fatima, dans une « désorientation diabolique ».

Certains de nos amis,

– qui avaient tenu bon à travers les errements de la Fraternité Saint-Pie X,

– qui voyaient clair jusqu’ici 

commencent à vaciller.

Le Titanic sombre…


En la Fête du Très Saint Sacrement, 4 juin 2026
Abbé Dominique Rousseau

lundi 1 juin 2026

Pas de QR code pour assister au Saint Sacrifice de la Messe !

 Source



De nombreux fidèles ont été particulièrement surpris d'apprendre qu'il était désormais obligatoire d'avoir un QR code pour assister à certaines cérémonies catholiques (Jubilé romain de 2025 - sacres dans la SSPX du 1er juillet 2026). Certains prêtres n'y voient aucun problème de Foi et de morale. Est-ce le cas ? Est-il exagéré de refuser ce QR code qui a tout de même bien des avantages pratiques.

A cela nous répondons que dans l'esprit de la tradition catholique, le rejet du QR code et des outils de contrôle électronique ne relève pas d'une simple technophobie, mais d'une analyse théologique, anthropologique et eschatologique profonde.

Voici les principaux arguments qui expliquent pourquoi ces outils sont théologiquement problématiques et doivent être prohibés :

  • Nul n'est désormais censé ignorer le projet de Lucifer d'aboutir à la "Marque de la Bête" tel que le livre de l'Apocalypse nous l'explique (chapitre 13, versets 16-17) : 
« Elle fit que tous, petits et grands, riches et pauvres, libres et esclaves, reçussent une marque sur leur main droite ou sur leur front, et que personne ne pût acheter ni vendre, sans avoir la marque, le nom de la bête ou le nombre de son nom. »

Ainsi lorsqu'un outil technologique devient obligatoire pour participer à la vie en société (acheter, vendre, se déplacer, accéder au culte) et qui lie l'existence physique à un code d'identification, il devient une préfiguration — ou une mise en place technique — de cette "marque". Le fait de devoir être "marqué" (numériquement) ou "masqué" ou "vacciné" pour vivre fait évidemment partie du processus démoniaque de soumission à un pouvoir totalitaire antichristique.
  • L'atteinte à la dignité humaine et à la Création divine
La bonne philosophie et la révélation nous enseignent que l'homme est créé à l'image et à la ressemblance de Dieu (Imago Dei). Il possède une liberté intrinsèque et une dignité qui ne peuvent être conditionnées par un algorithme.

La réification de l'homme : réduire un être humain, temple du Saint-Esprit, à un identifiant numérique (un QR code) est une dégradation de l'homme. Il devient un produit traçable, une simple variable dans un système informatique.

Le libre arbitre étouffé : le contrôle électronique permanent supprime la liberté morale en contraignant les corps et les esprits par la surveillance, ce qui s'oppose à la liberté chrétienne.

  • La substitution de la Providence par le contrôle total
La doctrine sociale et spirituelle de l'Église a toujours enseigné la confiance en la Divine Providence. Inversement, le propre de la mentalité technocratique moderne est de vouloir tout anticiper, tout surveiller et tout contrôler par la machine.

Cette quête d'une sécurité et d'un contrôle absolus à travers des outils électroniques est une forme d'idolâtrie technologique, où l'État ou la machine remplacent Dieu comme gardien et juge des actions humaines.

  • L'exclusion et la rupture de la charité chrétienne !!
L'Évangile nous commande d'accueillir notre prochain, en particulier le pauvre, le marginal ou le malade.

Les outils de contrôle électronique (comme les pass sanitaires, les masques, les QR code ou les systèmes de crédit social) introduisent une ségrégation artificielle entre les "conformes" et les "non-conformes". Pour l'Église, interdire l'accès à un lieu de culte ou à la subsistance de base à cause d'un code numérique est une violation directe de la charité chrétienne et de la mission universelle de l'Église (qui doit appeler tous les hommes, sans condition technique). La petite grand mère qui n'a pas de téléphone portable ou internet sera privée de cérémonie !

En résumé : Dans l'esprit catholique, le QR code et le contrôle électronique ne sont pas de simples outils pratiques. Ils sont le symbole d'une société athée, matérialiste et technocratique qui cherche à inverser l'ordre divin en conditionnant la liberté humaine — don de Dieu — à une validation numérique permanente.

Auriez-vous imaginé un instant, à l'époque du Christ l'obligation d'un QR code pour s'approcher du Sauveur !!

Tout cela sent les prémisses de l'enfer. Fuyons ces procédés indignes de catholiques fidèles à la Tradition.

Abbé Matthieu Salenave 

mercredi 27 mai 2026

Des nouvelles des Philippines

L'abbé François Chazal vient de nous faire parvenir quelques photos de la situation dans les missions des Philippines.








La chapelle est de plus en plus belle, avec de beaux lustres tropicaux et effets de soleil.




Tour du bas que nous parachevons






Chemin de croix pendant la semaine sainte.


80 enfants au camp cette année. Les vocations viendront.


























Et le principal coupable de ces camps est l'abbé June Mark Ligan...





Quelques fidèles de El Salvador...
Et un grand merci a tous nos bienfaiteurs.
FC+