jeudi 12 juillet 2018

Message de l'abbé Girouard à propos de l'élection dans la FSSPX

Dans ce message à ses paroissiens, l'abbé Girouard fait une pertinente
synthèse de la nouvelle situation à la tête de la FSSPX, petit résumé à retenir !



Et bien, non seulement le Chapitre a-t-il choisi un libéral comme Supérieur Général (L’abbé Pagliarani, qui fut celui qui sauva Mgr Fellay de la critique lors du chapitre de 2012), mais ils ont aussi choisi deux archi libéraux pour ses assistants : 

- Mgr De Galarreta, qui, dans sa conférence d’octobre 2012 à Villepreux, a défendu le chapitre de 2012, et il alla si loin qu’il a dit que 50 % + 1 des voix seraient suffisants pour réaliser un accord avec Rome 

- L’abbé Bouchacourt qui, comme supérieur de district en Argentine, a obtenu que le Cardinal Bergoglio « reconnaisse » la FSSPX dans ce pays et qui, comme supérieur du district de France, a continuellement combattu et « cogné » sur la Résistance. 

Mgr Fellay a préparé le chemin depuis 1997 et cette nouvelle équipe de supérieurs semble avoir été bien choisie pour mettre en œuvre la « reconnaissance » par Rome qui sera sans doute annoncée prochainement. 

Si la Fraternité signe un accord, elle dira que c’est un cadeau de la Sainte Vierge en réponse à la dernière Croisade du Rosaire. 

Une raison de plus pour prier et se sacrifier, et participer à ce 13 juillet de jeûne au pain et à l’eau. 

Que Dieu vous bénisse, 

Abbé Patrick Girouard

"Un ordinariat pourrait être pris en considération " (Abbé Pagliarani)

La Fraternité St Pie X a un nouveau supérieur général en la personne de l'abbé
Pagliarani. Il est donc intéressant de savoir quelles sont les positions du nouveau supérieur sur la question des accords avec la Rome moderniste. L'abbé Pagliarani avait répondu à un journaliste en juillet 2011 pour donner sa position sur cette question.  Il n'envisage pas (comme l'implorait Mgr Lefebvre aux 4 évêques en 1988) la conversion du Pape pour l'acceptation d'un ordinariat. L'essentiel pour lui est que l'offre soit suffisamment alléchante et apparemment sûre pour être acceptée . L'abbé Pagliarani plaide donc pour que la FSSPX ait sa place dans l'église conciliaire. Il ne reste donc plus qu'à Rome à offrir une belle situation canonique pour que le nouveau supérieur s'y engouffre.   


Marco Bongi - Les discussions théologiques entre la FSSPX et les Autorités Romaines touchent à leur terme. Même si aucun communiqué officiel n'a été encore émis pour le moment, nombreux sont ceux qui, sur la base d'indiscrétions, les commentent, en jugeant qu'elles ont échoué.  Pourriez-vous nous en dire plus à ce sujet ?


Don Davide Pagliarani - Je pense que c'est une erreur préjudicielle que de considérer que les discussions ont échoué. Peut-être que ceux qui tirent ces conclusions sont ceux qui s'attendaient à ce que les discussions aboutissent à un résultat étranger aux finalités des discussions mêmes. Le but des discussions n'a jamais été de déboucher sur un accord concret, mais bien de rédiger un dossier clair et précis, qui souligne les positions doctrinales respectives à remettre au Pape et au Supérieur Général de la Fraternité. À partir du moment où les deux commissions ont travaillé patiemment, en traitant en substance tous les thèmes figurant à l'ordre du jour, je ne vois pas pourquoi l'on devrait considérer que les discussions ont échoué. Les discussions auraient échoué si - pour une raison absurde - les représentants de la Fraternité avaient rédigé des rapports qui ne correspondraient pas exactement à ce que la Fraternité soutient, par exemple s'ils avaient dit qu'après tout la collégialité ou la liberté religieuse représentent des adaptations au monde moderne parfaitement conciliables avec la Tradition. Dans la mesure où une certaine discrétion a été observée, je pense pouvoir dire qu'il n'y a pas de risque que l'on aboutisse à cet échec. Et celui qui ne saisit pas suffisamment l'importance de ce témoignage de la part de la Fraternité et de celui qui est en jeu, pour le bien de l'Église et de la Tradition, inévitablement ne peut que formuler des jugements qui se placent dans d'autres perspectives.

D'après vous, quelles perspectives pourraient être erronées ?

A mon humble avis, il existe une zone traditionaliste, plutôt hétérogène, qui, pour des raisons diverses, attend quelque chose d'une hypothétique régularisation canonique de la situation de la Fraternité.

1) Bien sûr, il y a ceux qui espèrent un effet positif pour l'Église universelle ; et à ces amis, que je considère néanmoins comme sincères, je dirais pourtant de ne pas se faire d'illusions ; la Fraternité n'a pas la mission, ni le charisme, de changer l'Église en un jour. La Fraternité entend simplement coopérer, afin que l'Église se réapproprie intégralement Sa Tradition, et elle ne pourra continuer à travailler lentement pour le bien de l'Église que dans la mesure où elle continuera à être, comme toute œuvre d'Église, une pierre d'achoppement et un signe de contradiction : avec ou sans régularisation canonique, qui n'interviendra que lorsque la Providence jugera que les temps sont venus. En outre, je ne pense pas qu'une hypothétique régularisation - à l'heure actuelle - supprimerait cet état de nécessité qui, dans l'Église continue à subsister, et qui a justifié jusqu'à maintenant l'action de la Fraternité même.

2) D'un autre côté, tout à fait opposé, il existe des groupes que je définirais comme conservateurs, dans le sens un peu bourgeois du terme, qui s'empressent de dire que les discussions ont échoué, en les assimilant à des pourparlers pour parvenir à un accord : l’intention, mal dissimulée, est de pouvoir démontrer le plus rapidement possible que la Tradition, telle que la Fraternité l'incarne, ne pourra jamais avoir droit de cité dans l'Église. Cet empressement est déterminé non pas seulement par un amour désintéressé pour l'avenir de l'Église et pour la pureté de Sa Doctrine, mais plutôt par une peur réelle de l'impact que la Tradition proprement dite puisse avoir face à la fragilité de positions conservatrices ou néo-conservatrices. En réalité, cette réaction révèle une lente prise de conscience - même si elle n'est pas reconnue - de l’inconsistance et de la faiblesse intrinsèque de ces positions.

3) Mais il me semble surtout voir en cela l'existence de groupes et de positions qui attendent un certain bénéfice d'une régularisation canonique de la Fraternité, sans pour autant faire leur le combat que mène la Fraternité, mais en en prenant sur elle les devoirs et les conséquences.

Il existe en effet, dans l'archipel varié du monde traditionaliste, de nombreux "commentateurs" qui, bien qu'exprimant un fort désaccord avec la ligne de la Fraternité, font remarquer avec un grand intérêt le développement de notre œuvre, en espérant qu'il aura des répercussions positives sur leurs positions ou sur les situations locales dans lesquelles ils sont engagés. Je suis impressionné par les fibrillations auxquelles ces commentateurs sont sujets chaque fois que la moindre rumeur affleure sur l'avenir de la Fraternité. Pourtant, je pense que ce phénomène est facile à expliquer.

Pourquoi?

Il s'agit d'une catégorie de fidèles ou de prêtres qui sont fondamentalement déçus et qui sentent - et à juste titre - un certain sens d'instabilité pour leur situation future. Ils se rendent compte que la majorité des promesses dans lesquelles ils ont cru peinent à être maintenues et appliquées. Ils espéraient qu'avec le Summorum Pontificum tout d'abord, et avec l'Universae Ecclesiae ensuite, la pleine citoyenneté et la liberté étaient garanties et efficacement protégées pour le rite tridentin ; mais ils se rendent compte que la chose ne se passe pas si pacifiquement, surtout en ce qui concerne les évêques. Et par conséquent - et malheureusement - si ces groupes s'intéressent à l'issue de l'histoire de la Fraternité, ce n'est pas à cause des principes doctrinaux qui la régissent, ni à cause de la portée qu'elle pourrait avoir sur l'Église, mais plutôt dans une perspective "instrumentale" : à savoir que la Fraternité est perçue comme une formation de prêtres qui n'ont désormais plus rien à perdre, mais qui, s'ils obtiennent quelque chose d'important pour leur congrégation, créeront un précédent juridique auquel à leur tour eux-mêmes pourront se référer.

Ce comportement, qui est moralement discutable et peut-être aussi un peu égoïste, a néanmoins deux avantages :

- avant tout, celui de démontrer paradoxalement que la position de la Fraternité est la seule crédible, dont pourra sortir quelque chose d'intéressant, et à laquelle nombreux sont ceux qui se réfèrent malgré eux ;

- le deuxième avantage est de souligner que si la voie doctrinale n'est pas privilégiée, afin de permettre à l'Église de se réapproprier Sa Tradition, alors immanquablement on glissera dans une perspective diplomatique, faite de calculs incertains et de résultats instables, et l'on s'expose à de dramatiques déceptions.

Si le Vatican, par hypothèse, offrait à la Fraternité l'opportunité de se structurer en Ordinariat immédiatement assujetti au Saint Siège, comment cette proposition pourrait-elle reçue ?

Elle pourrait être prise sereinement en considération, sur la base des principes et des priorités, et surtout de la prudence surnaturelle dont les Supérieurs de la Fraternité se sont toujours inspirés.

( Note de Reconquista : les principes et la faisabilité d'un accord canonique ont été acceptés au chapitre de 2012 )

Pourriez-vous nous en dire plus ?

Je ne peux que répéter ce qui a déjà été clairement expliqué par mes Supérieurs : la situation canonique dans laquelle se trouve actuellement la Fraternité est la conséquence de sa résistance aux erreurs qui infestent l'Église ; par conséquent, la possibilité pour la Fraternité de s'approcher d'une situation canonique régulière ne dépend pas de nous, mais de l'acceptation par la hiérarchie de la contribution que la Tradition peut fournir pour la restauration de l'Église.

Si l'on n'envisage aucune régularisation canonique, cela signifie simplement que la hiérarchie n'est pas encore suffisamment convaincue de la nécessité et de l'urgence de cette contribution. Dans ce cas, il faudra attendre encore quelques années, en espérant une augmentation de cette conscience, qui pourrait grandir proportionnellement et en parallèle avec l'accélération du processus d'auto-destruction de l'Église.

"Le peu que nous puissions faire à Rome est probablement plus important que le grand bien que nous pouvons faire ailleurs". Cette phrase est lourde de sens. Elle a été prononcée par Mgr De Galarreta aux ordinations sacerdotales d'Écône, et elle concerne directement notre district. Bien entendu, elle se référait surtout aux discussions théologiques ; mais il est évident que l'image aussi de la Fraternité en Italie, du fait de sa proximité par rapport à Rome, revêt une importance toute particulière. Vous qui êtes le Supérieur du District italien, comment avez-vous vécu cette affirmation si importante?

Ce que l'évêque a dit à Écône correspond à une conviction profonde de la Fraternité, et l'affirmation me paraît évidente pour une esprit authentiquement catholique : je n'y vois là rien de surprenant. Je pense que Mgr De Galarreta synthétise parfaitement l'esprit romain avec lequel la Fraternité veut servir l'Église Romaine : c'est-à-dire, faire tout le possible afin que l'Église se réapproprie Sa Tradition, à commencer par Rome elle-même.

L'histoire de l'Église nous enseigne qu'aucune réforme universelle, efficace et durable n'est possible, si Rome ne fait pas sa propre réforme et si la réforme ne part pas de Rome.

Sur ces points, de nombreux observateurs extérieurs prétendent qu'il existe une division interne à la FSSPX, entre une aile, dite "romaine", plus prête à dialoguer avec les autorités, et une autre aile, "gallicane" celle-là, qui serait hostile à toute approche du Pape. Au-delà de cette simplification excessive, et dans la limite dans laquelle Vous pouvez- Vous exprimer, trouvez-vous que cette idée est fondée ?

Comme dans toute société humaine, il existe dans la Fraternité aussi, des nuances et des sensibilités différentes entre les différents membres. Et penser qu'il puisse en être autrement serait un peu puéril?

Pourtant, je pense que l'on tombe facilement dans les simplifications évoquées ci-dessus lorsque l'on perd la sérénité de jugement, ou lorsque l'on s'exprime en se basant sur des jugements tout faits : on finir par créer des partis, pour y caser sans discernement les uns plutôt que les autres.

Les membres de la Fraternité comprennent clairement que l'identité de leur congrégation est construite sur un axe défini et précis qui s'appelle la Tradition : c'est sur ce principe, universellement partagé au sein de la Fraternité qu'est construite l’unité de la Fraternité elle-même, et je pense qu'objectivement il est impossible de trouver un principe identitaire et de cohésion plus fort : c'est justement cette cohésion de base sur l'essentiel qui permet aux individus d'avoir des nuances différentes sur tout ce qui est discutable.

Je pense qu'une certaine impression de non-homogénéité peut provenir de la grande différence de tons que les membres de la Fraternité emploient en des lieux différents, dans des situations différentes, dans des pays différents et surtout face à des positions très diverses et contradictoires, que les représentants de la hiérarchie officielle expriment à notre égard et à l'égard de tout ce qui a le goût de Tradition. La perception de ces données diminue chez ceux qui évaluent les affirmations séparées en les sortant de leur contexte et en les nivelant on line devant leur écran. Il s'agit certainement de considérations dont l'évidence n'est pas immédiate pour l'observateur extérieur.

Le 13 mai dernier a été publiée l'instruction Universae Ecclesiae, qui entend discipliner concrètement l'application du Motu Proprio "Summorum Pontificum". Comment cet important document est-il évalué par la FSSPX?

Il s'agit d'un document de synthèse, qui d'une part exprime la nette volonté de mettre en application les directives sur le motu proprio, et de l'autre, tient compte des nombreuses objections, explicites et implicites, que les épiscopats ont manifesté àl'égard du Summorum Pontificum, qui - et ce n'est un secret pour personne - sont fondamentalement hostiles à la reprise du Rite Tridentin.

Avant tout, il est précisé que la reprise de la Liturgie de 1962 est une loi universelle pour l'Église ; deuxièmement, l'instruction fait un net effort pour défendre majoritairement en matière strictement juridique les prêtres empêchés par leurs ordinaires dans l'usage du Missel tridentin.

C'est avec une certaine finesse qu'il est rappelé aux évêques que c'est précisément à eux de garantir ces droits…pour la défense desquels il est possible de faire un recours sontre ces mêmes ordinaires. Voici pour être très bref les points qui me semblent être les plus positifs.

Pourtant, l’article 19 de l'Instruction "Universae Ecclesiae" déclare que ne sont pas autorisés à demander la Saint Messe de toujours les fidèles qui ne reconnaissent pas la validité et la légitimité du Missel Réformé par Paul VI. Que pensez-vous de cette limitation ?

Pour être sincère, je suis incapable de la juger, parce que je la trouve incompréhensible. J'ai toujours considéré que le Saint Rite de la Messe avait une valeur intrinsèque, surtout quant à la fin latreutique (1) qui lui est propre.

Toute autre considération mise à part, il est impossible de comprendre sur quelle base juridique ou théologique la valeur d'un rite pluriséculaire déclaré jamais abrogé, et la possibilité de le célébrer, puissent être déterminées par les dispositions subjectives de celui qui assiste ou le demande. On entre ici dans une perspective folle et impraticable. Par exemple, que devrait faire un prêtre qui se rendrait compte que sur dix fidèles qui demandent la célébration de la Sainte Messe, cinq auraient des objections sur le Messe de Paul VI ? Que devrait faire un prêtre s'il avait lui-même de très graves réserves sur le nouveau rite, à partir du moment où la limitation ne concerne que les fidèles ? (2) Si les deux rites sont considérés comme deux formes équivalentes du même rite romain, il n'est pas possible de comprendre pourquoi le rite tridentin est tellement dangereux qu'il faut effectuer une sorte d'examen préalable d'admission. Enfin, si l'on entre honnêtement dans une telle logique, il n'est pas possible de comprendre pourquoi il n'est pas demandé aux prêtres et aux évêques, qui refusent ouvertement le rite tridentin, de s'abstenir de célébrer le rite nouveau tant qu'ils ne démordent pas de leur jugement.

Je pense que l'article 19 de l'Instruction, s'il est d'une part l'expression d'un comportement diplomatique typique, peut malheureusement de l'autre être assimilé à une sorte de chantage moral mal dissimulé. Il révèle la conscience, de la part des évêques, que la Messe Tridentine véhicule inévitablement une ecclésiologie incompatible avec celle du Concile et du Novus Ordo. Par conséquent, la Messe tridentine ne peut être accordée qu'en exerçant un contrôle direct sur les consciences des fidèles. Ce qui semble plutôt alarmant.

Y a-t-il, d'après vous, d'autres points dans ce document où émerge la volonté d'exercer un contrôle de ce genre ?

À mon humble avis, il y en a un en particulier. Alors que le motu proprio reprenait, outre le Missel, le libre usage de tous les livres liturgiques, l'Instruction interdit cet usage dans un cas bien précis : celui des ordinations sacerdotales, exception faite pour les institutions religieuses, se référant à l'Ecclesia Dei, ou qui utilisent déjà le rite tridentin (Cf. art 31).

La chose est assez surprenante, surtout dans le cas des ordinations diocésaines, considérant que l'ecclésiologie moderne insiste tellement pour reconnaître dans l'évêque diocésain le modérateur de la liturgie et le véritable liturgiste, en tant que successeur des Apôtres ; toutefois, l'explication semble être suffisamment évidente si nous nous référons aux compris classiques typiquement curials.

Il est évident que, alors qu'une institution Ecclesia Dei est directement contrôlée par l'organisme du Vatican compétent, avec un statut signé et contre-signé (je donnerai un exemple ici même), un évêque qui utilise les livres liturgiques de 1962, ne pourrait l'être dans les mêmes termes.

Par conséquent, la demande formelle et péremptoire de procéder aux ordinations selon le nouveau est le signe extérieur considéré comme suffisant pour démontrer que les ordinands, et l'évêque même, acceptent pleinement l'article 19 de l'Instruction, adoptant le nouveau rite pour l'évènement indubitablement le plus important et significatif de leur vie et de la vie du diocèse. Cette demande a, somme toute, une valeur semblable à la pratique quasi universelle inhérente à l'application de l'indult de 1984: Dans les différents diocèses où l’indult était permis, il était demandé de ne pas célébrer en rite traditionnel à Noël et à Pâques, afin de permettre aux fidèles de manifester leur propre lien avec la paroisse et donc leur acceptation du rite de Paul VI.

Et dans cette même ligne, l'injonction imposée en l'an 2000 à la Fraternité Saint-Pierre d'accepter que ses membres puissent célébrer librement selon le nouveau rite, est tout à fait significative ; tout comme à l'invitation chaleureuse à concélébrer avec les évêques diocésains au moins le Jeudi Saint, pour exprimer sa communion avec l'ordinaire local, et donc leur publique et parfaite acceptation du Novus Ordo Missae ; notons que bine que la Fraternité Saint Pierre soit une institution Ecclesia Dei, la mesure s'était révélée nécessaire justement au moment où au sein de la congrégation se faisaient entendre les oppositions les plus fortes au rite de Paul chez certains membres réfractaires. C'est dans cette même situation que fut destitué directement par l’Ecclesia Dei celui qui était alors Supérieur général et remplacé par un prêtre choisi non pas par le Chapitre, mais imposé par l’Ecclesia Dei même.

Il était alors Préfet de la Congrégation pour le Culte Divin : le cardinal Medina Estevez, tandis que le cardinal Castrillon Hoyos avait depuis peu pris la charge de Président de l'Ecclesia Dei.

Ainsi, l'injonction de l'Instruction, avec l'art 19, semble s'inspirer plus à l'indult de Jean-Paul II, qu'au motu propriode Benoît XVI. MAis à présent il a été certifié par Benoît XVI lui-même que l'indult de 1984 prétendait accorder généreusement, dans certains cas et à certaines conditions précises, l’usage d'un Missel qui en réalité n'avait jamais été abrogé : l’Universae Ecclesiae semble retomber dans cette absurdité juridique et morale, compréhensible uniquement dans un contexte de mépris et de peur - je préfère ne pas parler de haine - envers tout ce qui sent le "tridentino".

Dulcis in fundo, puisque tous savent que la Fraternité n'acceptera jamais l'article l’article 31, ni l’art. 19, tous les mécontents d'une part la critiquent à cause de sa "désobéisance", cherchant ainsi à bien montrer qu'eux sont dans la "légalité", et de l'autre, l'observent, espérant que son intransigeance pourra leur faire profiter eux aussi de quelque chose de positif.

Et c'est ainsi que repart ce mécanisme du “sequebatur a longe ut videret finem”, et de l'espérance instrumentale sur la Fraternité, dont nous avons déjà parlé.

L'année 2011 marque les vingt ans de la mort de Mgr Marcel Lefebvre. Deux décennies ont passé, et pourtant sa figure continue de faire discuter ; et même, il semble presque que, plus le temps passe, plus il suscite l'intérêt dans les milieux ecclésiaux et culturels. À votre avis, à quoi est due cette "deuxième jeunesse" d'un Prélat, jugé par beaucoup comme anachronique et vieux ?

Mgr Lefebvre a incarné quelque chose d'insurmontable : la Tradition de l'Église. Et s'il y a eu un évêque dans lequel la Tradition n'a jamais cessé d'être "vivante" (si je peux me permettre l'expression), c'est bien l'évêque "rebelle". Par exemple, l'unique prélat qui n'a jamais cessé de célébrer publiquement dans le rite traditionnel, alors considéré par erreur comme abrogé et banni, a été le fondateur de la Fraternité Saint Pie X : il ne s'est pas limité à retransmettre aux nouvelles générations un missel imprimé et poussiéreux, mais il a gardé et transmis un trésor vivant et réel, présent quotidiennement sur l'Autel, dont il était complètement saisi dans toute sa personne.

Si vraiment une prise de conscience est amorcée, que la crise de l'Église prend ses racines et se manifeste surtout dans une crise du Sacerdoce et de la Liturgie, il est inévitable de se référer à celui qui a dépensé toutes ses énergies pour sauver l'Homme, et pour sauver le sacerdoce et la liturgie.

Il est donc inévitable que l'on parle de Messe tridentine ou de Tradition, et même que le plus réticent soit obligé à parler de lui, ne serait-ce que pour prendre ses distances et pour s'auto-certifier politiquement correct. Mais celui qui parle de lui, en bien ou en mal, ne peut pas le faire sans parler d'une Tradition qui, loin d'être "lefebvriste", est simplement et pour toujours catholique.

Propos recueillis par Marco Bongi


Notes

(1) Se dit du sacrifice offert à Dieu pour reconnaître son souverain domaine sur toutes les créatures.

(2) En réalité, le simple prêtre est tenu de reconnaître la pleine légitimité du nouveau rite au moins le jour de son ordination, comme cela est expliqué plus loin.

mercredi 11 juillet 2018

Ce que disent les ennemis de la tradition catholique au sujet du chapitre

Les libéraux de tous bords se penchent sur le chapitre de la FSSPX : cet événement sonne déjà pour eux comme une victoire. Le Figaro, par exemple, souligne le fait que les anti-ralliements n'ont quasi plus voix au chapitre, pour les capitulants, la question principale n'étant plus de s'éloigner de Rome mais de savoir à quelle vitesse il faut achever le processus de ralliement.  


"Chez les lefebvristes, une élection décisive pour le rapprochement avec Rome"
Jean-Marie Guénois  - 10 juillet 2018
Source : Le Figaro

La normalisation des rapports de la Fraternité Saint-Pie X avec le Vatican dépendra du nouveau supérieur.

Le dossier «Écône» pourrait revenir dans l'actualité. Écône, c'est d'abord le nom d'un village fleuri, posé à flanc de montagne, dans le Valais suisse. Mais Écône est surtout un symbole mondial depuis le 30 juin 1988. Mgr Marcel Lefebvre - chef de file de l'opposition aux évolutions du concile Vatican II - ordonnait alors quatre évêques, contre l'avis de Rome. Il entendait assurer l'avenir de la Fraternité Saint-Pie X qu'il avait fondée. Mais il ouvrait de facto une forme de schisme avec Rome. Ses fidèles et ses prêtres étaient alors qualifiés «d'intégristes». Cette rupture historique marqua le pontificat de Jean-Paul II. Elle est en partie résolue aujourd'hui, mais le lien avec Rome n'est pas encore rétabli.

Mgr Lefebvre. mort en 1991, repose dans le prieuré d'Écône. qui est aussi l'un des importants séminaires de la Fraternité (lire ici-dessous). Son successeur. Mgr Bernard Fellay, de nationalité suisse, élu en 1994 - l‘un des quatre évêques qu‘il avait ordonnés - arrive aujourd'hui à la fin d'un deuxième mandat de supérieur général. On saura ce mercredi si les 41 membres du «Chapitre général» réunis à Ecône jusqu'au 11 juillet, vont le reconduire ou non pour un troisième mandat de douze ans. Du résultat pourrait dépendre un déblocage de ce que l'on a appelé «l'affaire Lefebvre». Avec, à terme, le rétablissement de relations formelles entre la Fraternité et le Saint -Siège.


« Les résistants »


Non pas que Mgr Fellay, s‘il est réélu - il est le favori - soit opposé à une normalisation des relations avec Rome. Mais tant au Vatican qu'à Écône, aucune discussion sérieuse ne pouvait être envisagée ces derniers temps sans que celuiqui est amené à présider aux destinées de la Fraternité Saint-Pie X pour les douze années à venir soit connu ou confirmé.

Comme dans toute élection religieuse, il n'y a pas de candidature. Plusieurs autres noms circulent. On parle d‘un Italien, l'abbé Davide Pagliarani, d'un Français, l'abbé Patrick Duverger, d'un Suisse, Firmin Udressy. Pour élire un supérieur général, les deux tiers des 41 capitulants doivent s‘unir sur un nom. Tous votent à bulletins secrets.

Cette élection ne va toutefois pas débloquer d'un coup de baguette magique ce dossier épineux, mais elle pourrait créer les conditions d'un accord final avec Rome.

Il y a bien sûr des opposants à ce rapprochement, au sein de la Fraternité. Ils sont plutôt présents en France et se dénomment «les résistants». Mais ils ont peu voix au chapitre, pourrait-on dire, au sens figuré comme au sens propre, car ils n'auraient pas les voix pour s‘imposer. D'ailleurs, le tristement célèbre Mgr Richard Williamson - l‘un des quatre évêques ordonnés par Mgr Lefebvre - qui avait défrayé la chronique par ses propos négationnistes et avait été exclu de la Fraternité Saint-Pie X en 20l2, ne participe pas a cette réunion. ll vit désormais en Angleterre, son pays natal, où il a lui-même ordonné trois évoques en rupture avec Rome et avec Écône.

A dire vrai, et selon des sources internes bien informées, la tendance dominante n'est donc pas dans l'éloignement de Rome mais dans une problématique de lent rapprochement. Les divergences ne portent pas sur le principe, mais sur la méthode, les conditions, et le calendrier.

Paradoxalement en effet, le pontificat du pape François, qui hérisse les lefebvristes avec ses avancées interreligieuses et œcuméniques, a déglacé la situation par un changement total de méthode.

En théologien scrupuleux. le pape Benoît XVI - qui a tout de même levé les excommunications des évêques ordonnés par Mgr Lefebvre tout en rétablissant, à titre extraordinaire, le rite ancien de la messe en latin - avait créé une commission d'évaluation théologique des désaccords pour trouver la réconciliation. Elle s’est soldée par un échec tant les débats, notamment sur l’œcuménisme et sur le dialogue interreligieux, sont importants a propos du concile Vatican II.

Vers le traditionalisme

En pasteur, le pape argentin ne s'occupe pas des querelles théologiques mais regarde plutôt les prêtres et leur apostolat qu'il appréciait en Argentine.

Ce qui a fait dire à Mgr Fellay, le 28 juin 2018 dans le journal allemand le Tagespost, qu'il est «optimiste» pour une réconciliation dans le cadre d'une «prélature» où la Fraternité garderait une autonomie tout en répondant directement au Pape.

A suivre, donc, mais «le traditionalisme n'est pas en voie de disparition, conclut Gérard Leclerc, auteur de Rome et les lefebvristes (Salvator). Bien au contraire, dans l'Eglise catholique, l‘équilibre se porte vers le traditionalisme».

Présentation du séminaire en un tract

Source : Séminaire Saint Louis Marie

Un tract est à la disposition de ceux qui souhaitent faire connaître le Séminaire Saint Louis Marie Grignion de Montfort autour d’eux. Ce petit tract permettra à beaucoup de personnes de la Tradition de connaître le sérieux des études et de l’esprit qui règne dans ce séminaire fondé en 2015.

Si certains souhaitent recevoir ces tracts couleurs et aussi s’abonner aux « Nouvelles du Séminaire », qu’ils n’hésitent pas à écrire au séminaire et ils recevront gratuitement le nombre de tracts demandés et « Les Nouvelles du Séminaire ».

 Pour s’abonner :

Séminaire Saint Louis Marie Grignion de Montfort
10, avenue de la Haye aux Bonshommes
49240 Avrillé



tract à télécharger en pdftract séminaire

lundi 9 juillet 2018

Capitulants, Soyez Sur Vos Gardes !


Par Mgr Williamson,

Numéro DLXXIII (573)

Capitulants amis, ne rendez pas les armes ! 
Seigneur, que l’heure est grave ! 
Allez, sonnez l’alarme !

Souvenez-vous, Capitulants de la Fraternité Saint-Pie X, qui allez prendre part au prochain Chapitre, de l’importance des élections auxquelles vous allez procéder. Elles détermineront la direction de la Fraternité pour les 12 prochaines années. Souvenez-vous de la grave responsabilité qui est la vôtre ! Vous n’allez pas, dans quelques jours, vous rendre à une garden-party pour jeunes enfants. De fait, vos décisions auront des répercussions qui s’étendront potentiellement à toute l’Église, voire au monde entier !

Méfiez-vous de l’atmosphère qui pourait régner au Chapitre, dans laquelle tous éprouveraient le plaisir d’être ensemble, comme dans une garden-party où personne ne doit gâcher cette bonne atmosphère qui fausse la réalité. Vous êtes tous engagés sur la ligne de front dans la bataille finale, placés entre la Vierge et le Diable (dit sœur Lucie de Fatima).

 Souvenez-vous de la crise de l’Église déchaînée par Vatican II, qui est à l’origine de la fondation de votre Fraternité. Certes Mgr Lefebvre a créé des séminaires pour maintenir le vrai sacerdoce et la vraie spiritualité catholiques, mais surtout dans un esprit de combat afin de sauver la Foi catholique. Car de quelle utilité seraient les prêtres ou la spiritualité, si plus personne n’avait la Foi ? De ce point de vue, la vraie Messe elle-même est un moyen et non pas la fin.

 Méfiez-vous de ceux qui prétendent que la crise est révolue ; que la Rome conciliaire n’est plus conciliaire ; ou que le pape François aime bien la Fraternité. Lui et les affidés qui l’entourent ne peuvent aimer la Fraternité qu’à la condition qu’elle cesse de résister au concile. Ils ne l’aimeront pleinement que lorsqu’elle sera devenue une éminente propagandiste de l’apostasie dans l’Église universelle.

 Souvenez-vous de votre Fondateur, de Mgr Lefebvre, en particulier de s conseils et des avertissements qu’il a prodigués à la fin de sa vie, entre les consécrations épiscopales de 1988 et sa mort en 1991. Ces consécrations, effectuées contre la volonté expresse du Pape, ne venaient en rien contredire ses services antérieurs, loyalement rendus à l’Église : elles furent sa gloire suprême, car rien d’autre qu’il n’ait fait n’a mieux défendu et soutenu la foi catholique !

 Méfiez-vous, lorsqu’on vous dira que Monseigneur avait toujours à cœur de s’entendre avec les autorités romaines. Certes, il parlait avec elles, mais lorsqu’en 1988 elles finirent par refuser de protéger la Tradition, il fit passer résolument la doctrine avant la diplomatie. Mais, depuis 2012, la diplomatie est de retour et passe avant la doctrine !

 Souvenez-vous que toute l’Eglise a du écouter Mgr Lefebvre, car il parlait vrai et sa Fraternité était à la pointe du glorieux combat pour la Foi. À partir de 2012, quel fut le co mbat de la Fraternité ? Depuis qu’elle a renoncé à la primauté de la doctrine, elle devient de plus en plus semblable à d’autres congrégations relevant d’Ecclesia Dei, et les meilleurs prêtres de la Fraternité sont plongés dans la confusion : « Que devons-nous défendre maintenant ? », s’interrogent-ils.

 Méfiez-vous des décisions qui entérineraient, comme en 2012, la primauté de la pratique sur la doctrine, privilégiant l’unité des hommes avant la vérité divine, préférant l’homme à Dieu. Jamais le monde n’a autant eu besoin de Dieu que maintenant ! Jamais l’Église n’a autant eu besoin de témoigner de la Vérité divine ! Est-ce maintenant que le témoignage de la Fraternité devrait disparaître ?

 Souvenez-vous combien les réunions, telles qu’un Chapitre Général, sont aisément manipulables par des libéraux bien préparés, comme ce fut le cas à Vatican II. N’hésitez pas à rencontrer d’autres confrères et à discuter avec eux avant le début du Chapitre. Les libéraux l’ont certainement déjà fait ; il se peut même qu’ils aient décidé par avance de toutes les questions importantes. Par tous les moyens, essayez d’enrayer les arrangements tout faits qu’ils ont prévus ! Parlez haut et fort, avant que la vérité ne disparaisse !

 Prenez garde ! Ne renoncez pas à la grâce, ne renoncez pas à la réalité, ne restez pas docilement au pays des rêves ! Méfiez-vous de “la paix et de l’unité” pour tout, sauf pour la Vérité. L’année 2018 sera, pour la Fraternité, celle de la mort ou de la vie. Un compromis ne signifiera pas la victoire. Ne finissez pas comme de simples béni-oui-oui ; au contraire : débattez de ce que la vraie Eglise attend de la vraie Fraternité.

 Kyrie eleison.

vendredi 6 juillet 2018

L'HONNEUR DE L'EXCOMMUNICATION

30ème anniversaire de la lettre collective du 6 juillet 1988.  


On se souvient que la cérémonie du 30 juin 1988 avait donné lieu à l’excommunication latae sententiae des deux évêques consécrateurs, Mgr Lefebvre et Mgr de Castro-Mayer, et des quatre nouveaux évêques sacrés ce jour-là pour la « survie de la Tradition » et la sauvegarde du sacerdoce catholique.

Le 6 juillet suivant, dans un mouvement d’indignation unanime, les vingt-quatre prêtres responsables de la Fraternité de l’époque (dont le Supérieur général, l’abbé Franz Schmidberger), avaient signé une lettre ouverte au Cardinal Gantin, préfet de la Congrégation des évêques, pour demander à être frappés de la même sentence canonique, la considérant comme « une marque d’honneur et un signe d’orthodoxie devant les fidèles ».

Ci-après cette lettre, transcrite du site de La Porte latine :

Éminence,
 Réunis autour de leur Supérieur général, les Supérieurs des districts, séminaires et maisons autonomes de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, pensent bon de vous exprimer respectueusement les réflexions suivantes.
Vous avez cru devoir, par votre lettre du 1e juillet passé, faire savoir à Son Excellence Monseigneur Marcel Lefebvre, à Son Excellence Monseigneur Antonio de Castro Mayer et aux quatre évêques qu'ils ont consacrés le 30 juin dernier à Écône, leur excommunication latae sententiae. Veuillez vous-mêmes juger de la valeur d'une telle déclaration venant d'une autorité qui, dans son exercice, rompt avec celle de tous ses prédécesseurs jusqu'au pape Pie XII, dans le culte, l'enseignement et le gouvernement de l'Église. 
Pour nous, nous sommes en pleine communion avec tous les papes et tous les évêques qui ont précédé le Concile Vatican II, célébrant exactement la messe qu'ils ont codifiée et célébrée, enseignant le catéchisme qu'ils ont composé, nous dressant contre les erreurs qu'ils ont maintes fois condamnées dans leurs encycliques et leurs lettres pastorales. Veuillez donc juger de quel côté se trouve la rupture. Nous sommes extrêmement peinés de l'aveuglement d'esprit et de l'endurcissement de cœur des autorités romaines. 
En revanche, nous n'avons jamais voulu appartenir à ce système qui se qualifie lui-même d'Église Conciliaire, et se définit par le Novus Ordo Missæ, l'œcuménisme indifférentiste et la laïcisation de toute la Société. Oui, nous n'avons aucune part, nullam partem habemus, avec le panthéon des religions d'Assise ; notre propre excommunication par un décret de votre Éminence ou d'un autre dicastère n'en serait que la preuve irréfutable. Nous ne demandons pas mieux que d'être déclarés ex communione de l'esprit adultère qui souffle dans l'Église depuis vingt-cinq ans, exclus de la communion impie avec les infidèles. Nous croyons au seul Dieu, Notre-Seigneur Jésus-Christ, avec le Père et le Saint-Esprit, et nous serons toujours fidèles à Son unique Épouse, l'Église Une, Sainte, Catholique, Apostolique et Romaine. 
Être donc associés publiquement à la sanction qui frappe les six évêques catholiques, défenseurs de la foi dans son intégrité et son intégralité, serait pour nous une marque d'honneur et un signe d'orthodoxie devant les fidèles. Ceux-ci ont en effet, un droit strict à savoir que les prêtres auxquels ils s'adressent ne sont pas de la communion d'une contrefaçon d'Église, évolutive, pentecôtiste, et syncrétiste. Unis à ces fidèles, nous faisons nôtres les paroles du prophète (1 Rois, vii, 3) : Preparate corda vestra Domino et servite Illi Soli : et liberabit vos de manibus inimicorum vestrorum. Convertimini ad Eum in toto corde vestro, et auferte deos alienos de medio vestri.“Attachez fermement votre cœur au Seigneur et servez-le Lui Seul : et Il vous délivrera des mains de vos ennemis. C'est de tout Notre cœur que vous devez revenir à Dieu ; ôtez du milieu de vous les dieux étrangers” 
Confiants dans la protection de Celle qui a terrassé toutes les hérésies dans le monde entier, nous vous prions d'agréer, Éminence, l'assurance de notre dévouement à Celui qui est l'unique voie de salut. 
A Ecône, le 6 juillet 1988

Suivent les signatures du Supérieur général, de tous les Supérieurs de districts de séminaires et maisons autonomes de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X dans le monde entier :


M. l'abbé Franz Schmidberger, supérieur général,
MM. les abbés Paul Aulagnier, supérieur du district de France,
Franz-Joseph Maessen, supérieur du district d'Allemagne,
Edward Black, supérieur du district de Grande-Bretagne,
Anthony Esposito, supérieur du district d'Italie,
François Laisney, supérieur du district des États-Unis,
Jacques Emily, supérieur du district du Canada,
Jean-Michel Faure, supérieur du district du Mexique,
Gérard Hogan, supérieur du district d'Australie et Nouvelle-Zélande,
Alain Lorans, directeur du séminaire d'Écône,
Jean-Paul André, directeur du séminaire de Flavigny,
Paul Natterer, supérieur du séminaire de Zaitzkofen,
Andrés Morello, supérieur du séminaire de La Reja,
William Welsh, directeur du séminaire de la Sainte-Croix en Australie,
Michel Simoulin, recteur de l'institut Saint-Pie X à Paris,
Patrice Laroche, sous-directeur du séminaire d'Écône,
Philippe François, supérieur de la maison autonome de Belgique et du Luxembourg,
Roland de Mérode, supérieur de la maison autonome des Pays-Bas,
Georg Pfluger, supérieur de la maison autonome d'Autriche,
Guillaume Devillers, supérieur de la maison autonome d'Espagne,
Philippe Pazat, supérieur de la maison autonome du Portugal,
Daniel Couture, supérieur de la maison autonome d'Irlande,
Patrick Groche, supérieur de la maison autonome du Gabon,
Franck Peek, supérieur de la maison autonome d'Afrique australe.

Considérant les chemins ultérieurs de ces signataires, et les choix très divergents de certains, nos lecteurs prendront conscience, s’il en était besoin :

- des bienfaits dispensés par l’autorité lorsqu’elle combat courageusement pour le bien et résiste publiquement au mal, donnant à ceux qui dépendent d’elle l’exemple de la vertu de force, soudant l’unité du groupe et des membres entre eux,

- au contraire, de la lourde responsabilité assumée par ceux qui, à la tête de l’œuvre de Mgr Lefebvre depuis trois décennies, ont opéré un habile renversement  face à la Rome conciliaire, abandonnant peu à peu les positions de leur Fondateur tout en protestant hypocritement de leur fidélité à son héritage, et introduisant ainsi la confusion et la division dans les rangs de la Fraternité,

- hélas aussi, de la faiblesse de caractère et de l’irrésolution des « bons » prêtres, qui par une obéissance mal comprise à des supérieurs défaillants, en arrivent maintenant à dire, et à faire, à peu près le contraire de ce qu’ils pensaient il y a trente ans… (en parcourant la liste ci-dessus, on constatera des « retournements de soutane » peu glorieux !).

Heureusement, l’honneur reste sauf, mais comme d’habitude c’est par la lucidité et le courage de quelques-uns seulement, au nombre desquels l’abbé Jean-Michel Faure, élevé depuis à l’épiscopat, et actuellement « excommunié » comme ses trois confères évêques de la Fidélité.

Il faudra donc attendre que la Rome néomoderniste redevienne la Rome éternelle pour que ces prétendues « excommunications » soient réputées, par la voix d’un pape « parfaitement catholique », …. n’avoir jamais existé, et que la mémoire des deux prélats consécrateurs se trouve ainsi réhabilitée à la face de toute l’Eglise.

Alors, seront reconnus et justement loués les quelques « survivants » de la lettre du 6 juillet 1988 qui seront restés fidèles à leur signature !


Petrus Romanus



Dernière minute : Après son méchant éditorial dans le Seignadou de juillet-août (repris sur Tradinews le 4 juillet), on suggère à M. l’abbé Michel Simoulin d’adresser au pape François une copie de la lettre collective du 6 juillet 1988, sans omettre surtout d’y joindre la liste complète des signataires.

Et on lui souhaite de recevoir enfin de Rome « la marque d’honneur » et le « signe d’orthodoxie » de cette excommunication qu’il réclame en vain. 




mercredi 4 juillet 2018

Tournée épiscopale de Mgr Zendejas en Asie

Confirmations à GOA


A CEBU : Prise de soutane












Une Élection-Survie ?

Kyrie eleison DLXXIII ( 30 juin 2018 )

La Fraternité a servi. Peut-elle continuer ?
A Dieu de voir comment l’Eglise est conservée.


La prochaine élection des trois principaux dirigeants de la Fraternité Saint-Pie X aura lieu dans une quinzaine de jours environ. L’enjeu est d’une grande importance. Durant les 20 premières années de son existence, la FSSPX réussit à s’opposer, avec une rare efficacité, à la nouvelle religion centrée sur l’homme qui, à la suite du Concile Vatican II, avait pris le dessus et occupait l’Église catholique. Mais, depuis vingt ans hélas, le Supérieur Général n’a cessé d’affaiblir cette institution face aux responsables romains qui manœuvrent à la tête de la nouvelle religion conciliaire. Sera-t-il ou ne sera-t-il pas réélu pour un troisième mandat à la mi-juillet ? S’il est réélu, on ne voit pas comment la Fraternité pourra échapper au contrôle des conciliaires. S’il n’est pas réélu, celui qui le remplacera devra bénéficier d’un miracle surnaturel ou faire preuve de grandes qualités naturelles pour restaurer la Fraternité dans l’intention originelle de son Fondateur et pour rétablir Jésus-Christ sur Son Trône en tant que Dieu et Roi de tous les hommes. C’est pourquoi ceux qui tirent la sonnette d’alarme à propos de la pénétration du libéralisme à l’intérieur de la Fraternité n’agissent certes pas en ennemis, mais en amis.

Est-il possible que la noble tentative de Mgr Lefebvre de combattre le libéralisme athée en fondant la Fraternité en 1970 ait été vouée à l’échec dès le départ ? Certes, Monseigneur avait avec lui le Bon Dieu, ainsi que le prouvent tant d’interventions quasi-miraculeuses dans les débuts de la Fraternité ; mais, d’un autre côté, il avait contre lui l’Église conciliaire et le monde moderne tout entier : ce qui était la norme depuis la primitive Église des Apôtres et des martyrs, à savoir la civilisation chrétienne, était, à son époque, devenu tout à fait anormal. Tant et si bien qu’ on peut se demander comment les jeunes vocations, qu’il avait attirées dans les années 1970 et 1980 et qui sont maintenant à la tête de sa Fraternité, auraient pu connaître cet ordre relativement normal de l’Église ? Ordre que lui-même avait connu entre les deux guerres mondiales. Et alors comment auraient-ils pu construire ce qu’ils ne connaissaient pas ? Et comment, humainement parlant, pourraient-ils aujourd’hui échapper à la pression qu’exerce le monde contemporain contre tout ce qu’il juge anormal ?

Car il est devenu tout à fait normal que les hommes ne croient plus en Dieu ou, s’ils croient en Lui, qu’Il soit traité comme quantité négligeable. Tout ce qu’il lui reste à faire, c’est de se tenir à l’écart. Face, l’homme gagne ; pile, Dieu perd. Tout bien considéré, Dieu est si bon qu’il ne pourrait jamais condamner un être humain aux feux éternels de l’enfer. Par ailleurs, les hommes sont si bons que le simple fait d ’être homme leur confère une telle dignité, qu’ils méritent tous d’aller au Ciel. Dieu ne nous a-t-il pas donné la vie pour que nous en jouissions ? Et donc, en nous prescrivant les dix commandements, comment a-t-il pu vouloir que nous n’en jouissions pas ? L’église d’hier a donné cette impression, mais, après des siècles de paysannerie arriérée, l’homme de l’âge technique est maintenant arrivé à l’âge adulte. Il était plus que temps que la vieille église cède le pas à l’église du Nouvel Ordre Mondial. C’est maintenant une église qui resplendit par l’intégration plutôt que par l’exclusion ; par la liberté plutôt que par les interdits ; par le libéralisme plutôt que par le catholicisme.

N’empêche, d’un point de vue surnaturel personne ne peut exclure la possibilité d’une aide miraculeuse venue du Ciel, par laquelle le Chapitre Général de la FSSPX choisira trois dirigeants qui comprendront ce que Dieu attend de la Fraternité. Ceux-ci promettront alors de lui donner, avec Son aide, une Fraternité rétablie dans sa vocation de témoin, dans toute l’Église, de la Royauté Sociale du Christ-Roi et de la seule vraie Religion, instituée par le Dieu incarné. Mais, humainement parlant, personne ne doit se faire d’illusion quant à la probabilité d’une telle aide miraculeuse. Dieu ne doit ses miracles à personne. Il était déjà miraculeux que la Fraternité pût naître, survivre, prospérer et rayonner dans toute l’Église durant 40 ans. Peut-être a-t-elle ainsi joué son rôle en transmettant la Tradition aussi longtemps que Dieu l’a voulu. Maintenant, tout ce qu’il lui reste à faire, c’est d’observer comment le même flambeau passera à d’autres. Dieu seul sait. Les hommes proposent, et Dieu dispose.

Pour notre part, nous prions : Très Sainte Mère de Dieu, obtenez de votre divin Fils que le Chapitre Général de la Fraternité se choisisse, pour les 12 prochaines années, des dirigeants qui soient de véritables serviteurs du Christ, qui n’opposent à Ses intérêts ni ambition ni calculs humains, mais qui œuvrent pour la restauration de sa Royauté sur l’humanité tout entière, pour le triomphe de votre Cœur Immaculé et pour le salut des âmes. Ainsi soit-il.

Kyrie eleison.

lundi 2 juillet 2018

Mgr Fellay, les louanges et les opprobres...

Nous relevons sur le forum fidélité catholique un billet d'humeur de Mikaël sur le sermon des ordinations  du 29 juin, nous en faisons profiter nos lecteurs.   

A Rome

En Suisse

Double langage, ambiguïtés, contradictions, le Supérieur Général de la FSSPX se montre expert sur ces registres de l’expression écrite ou orale…

Dans son sermon des ordinations à Ecône, ce 29 juin 2018, on l’entend exalter l’idéal du prêtre configuré à Jésus-Christ, les grandeurs du sacerdoce, le sens de la croix, du sacrifice, de l’oblation, et il rappelle fort justement aux ordinands à qui il va imposer les mains :

« Le disciple n’est pas au dessus du Maître. Vous aurez, soyez-en certains, des opprobres de ce monde ! Et si vous n’en avez que des louanges, alors posez-vous des questions » (audio, mn 17:00).

« Bienheureux (serez-vous) lorsque vous aurez à souffrir, qu’on dira quelque chose de méchant, de
Expulsion d'Argentine
mauvais contre vous, à cause de Moi ! », rappelle-t-il encore avec le Christ (min 19:00)

Dans une interview de mai 2016 au journal « La Croix », le pape François disait de la Fraternité :

« A Buenos Aires, j’ai toujours parlé avec eux. Ils me saluaient, me demandaient une bénédiction à genoux. Ils se disent catholiques. Ils aiment l’Eglise. Mgr Fellay est un homme avec qui on peut dialoguer. Ce n’est pas le cas d’autres éléments un peu étranges, comme Mgr Williamson (…). Je pense, comme je l’avais formulé en Argentine, que ce sont des catholiques en chemin vers la pleine communion (…) On dialogue bien, on fait un bon travail » (La Porte latine, 17 mai 2016).

Deux questions :

- Qui reçoit les louanges de François ?
- Qui reçoit de lui « quelque chose de méchant » ?

Il serait peut-être temps que Mgr Fellay lui aussi … « se pose des questions » !

vendredi 29 juin 2018

Fin d'année scolaire au Séminaire Saint Louis-Marie Grignion


Source photos :  https://sajm-siteofficiel.blogspot.com/2018/06/photos-des-seminaristes-de-la-sajm-et.html

Ces quelques photos vous donneront un petit aperçu de la vie au séminaire pendant quelques jours : cérémonies, processions, sorties, études... Hélas, nous n'avons pas de photos des séminaristes en train de suer sur leurs examens de fin d'année mais vous pouvez facilement imaginer que les pères dominicains ont su faire travailler les neurones des séminaristes en latin, métaphysique, liturgie, théologie etc ... Les séminaristes auront réellement mérité leurs "vacances".
En septembre prochain, le séminaire ouvrira sa 4ème année. Prions avec ferveur et persévérance pour que Dieu envoie de nombreux ouvriers à sa vigne.

Répétition liturgique
Sortie du séminaire

Cours de latin intensif

Cérémonie de confirmations

Mgr Faure à l'occasion d'une cérémonie de confirmation

Messe dominicale, communion des séminaristes

Promenade avec les pères. Black and white

Prière  avec les pères au champ des martyrs d'Avrillé

Sortie à Béhuard


Pour aider le séminaire 

Soit pour aider à la pension d'un séminariste, à la location ou l'achat du séminaire, à l'achat d'ornements liturgiques (le séminaire est très démuni pour le moment) . Tous les renseignements sur :