lundi 23 juillet 2018

La déclaration de 1974 filtrée par le chapitre de 2018 :

Gillou47 a fait pour nous le relevé des passages supprimés par les capitulants, le résultat est que cette adresse du chapitre 2018 exprime le contraire de la déclaration de 1974.  

Les capitulants : tous des menteurs...  Jugez-en par vous-même.

Nous adhérons de tout cœur, de toute notre âme à la Rome catholique, gardienne de la foi catholique et des traditions nécessaires au maintien de cette foi, à la Rome éternelle, maîtresse de sagesse et de vérité.

Nous refusons par contre et avons toujours refusé de suivre la Rome de tendance néo-moderniste et néo-protestante qui s’est manifestée clairement dans le concile Vatican II et après le concile dans toutes les réformes qui en sont issues.

Toutes ces réformes, en effet, ont contribué et contribuent encore à la démolition de l’Église, à la ruine du Sacerdoce, à l’anéantissement du Sacrifice et des Sacrements, à la disparition de la vie religieuse, à un enseignement naturaliste et teilhardien dans les Universités, les Séminaires, la catéchèse, enseignement issu du libéralisme et du protestantisme condamnés maintes fois par le magistère solennel de l’Église.

Aucune autorité, même la plus élevée dans la hiérarchie, ne peut nous contraindre à abandonner ou à diminuer notre foi catholique clairement exprimée et professée par le magistère de l’Église depuis dix-neuf siècles.

« S’il arrivait, dit saint Paul, que nous-même ou un Ange venu du ciel vous enseigne autre chose que ce que je vous ai enseigné, qu’il soit anathème. » (Gal. 1, 8.)

N’est-ce pas ce que nous répète le Saint-Père aujourd’hui? Et si une certaine contradiction se manifestait dans ses paroles et ses actes ainsi que dans les actes des dicastères, alors nous choisissons ce qui a toujours été enseigné et nous faisons la sourde oreille aux nouveautés destructrices de l’Église.

On ne peut modifier profondément la « lex orandi » sans modifier la « lex credendi ». A messe nouvelle correspond catéchisme nouveau, sacerdoce nouveau, séminaires nouveaux, universités nouvelles, Église charismatique, pentecôtiste, toutes choses opposées à l’orthodoxie et au magistère de toujours.

Cette Réforme étant issue du libéralisme, du modernisme, est tout entière empoisonnée ; elle sort de l’hérésie et aboutit à l’hérésie, même si tous ses actes ne sont pas formellement hérétiques. Il est donc impossible à tout catholique conscient et fidèle d’adopter cette Réforme et de s’y soumettre de quelque manière que ce soit.

La seule attitude de fidélité à l’Église et à la doctrine catholique, pour notre salut, est le refus catégorique d’acceptation de la Réforme.

C’est pourquoi sans aucune rébellion, aucune amertume, aucun ressentiment nous poursuivons notre oeuvre de formation sacerdotale sous l’étoile du magistère de toujours, persuadés que nous ne pouvons rendre un service plus grand à la Sainte Église Catholique, au Souverain Pontife et aux générations futures.

C’est pourquoi nous nous en tenons fermement à tout ce qui a été cru et pratiqué dans la foi, les mœurs, le culte, l’enseignement du catéchisme, la formation du prêtre, l’institution de l’Église, par l’Église de toujours et codifié dans les livres parus avant l’influence moderniste du concile en attendant que la vraie lumière de la Tradition dissipe les ténèbres qui obscurcissent le ciel de la Rome éternelle.

Ce faisant, avec la grâce de Dieu, le secours de la Vierge Marie, de saint Joseph, de saint Pie X, nous sommes convaincus de demeurer fidèles à l’Église Catholique et Romaine, à tous les successeurs de Pierre, et d’être les « fideles dispensatores mysteriorum Domini Nostri Jesu Christi in Spiritu Sancto ».

dimanche 22 juillet 2018

Intelligence Artificielle – II

Kyrie eleison DLXXV (21 juillet 2018)

Le monde ne sera pas conquis par les machines,
Mais détruit par les rêves concevant ces machines


En fait, le concept d’intelligence artificielle est une contradiction dans les termes. Tout ce qui est artificiel (tout artefact) ne peut pas être intelligent. Tout ce qui est intelligent ne peut pas être artificiel. La raison en est que tout être intelligent doit (en tant que tel) avoir la vie, être d’essence spirituelle et être libre. Or, tout artefact (en tant que tel) est d’ordre matériel, inanimé et ne peut donc pas être libre. Par conséquent, aucun artefact ne peut être intelligent dans le vrai sens du terme, et aucun être véritablement intelligent ne peut être un artefact. Dieu seul peut créer une intelligence. L’homme ne peut créer que des choses artificielles.

Pour démontrer cela, partons de ce qui fut dit dans les “Commentaires” de la semaine dernière. Parmi les êtres spirituels, il y a trois ordres : le Créateur (1), les anges (2), et les hommes(3) ; et parmi les êtres matériels, il y a quatre ordres : les hommes (3), les animaux (4), les végétaux (5) et les minéraux(6). On voit par là que l’homme est la créature la plus complexe, puisque lui seul participe à la fois du monde spirituel et du monde matériel. Si quelqu’un affirme que l’homme est purement matériel, il profère l’erreur probablement la plus grossière qu’on puisse commettre en philosophie, à savoir : prétendre que seuls existent les êtres matériels. Cette erreur est largement répandue dans notre monde matérialiste d’aujourd’hui, mais une telle affirmation implique ou bien que cette personne n’a jamais pensé ou aimé, ou plutôt qu’elle nie la nature même de sa propre expérience. Si la matière seule existait, pourquoi les hommes auraient-ils un sens si aigu de leur propre dignité ? Et pourquoi se comporteraient-ils comme si la liberté était ce qui leur importait le plus ?

Pratiquement, on peut classer les six ordres d’êtres selon qu’ils dépassent plus ou moins la matière. Le minéral (6) est enfermé dans la matière, mais les végétaux (5) ne le sont pas totalement : ils vivent et bougent, bien qu’ils restent encore fixés en un lieu et ne connaissent rien en dehors d’eux-mêmes. Les animaux (4) vivent et bougent, et ils ne restent pas fixés sur place. Et par les sens et le désir, ils connaissent les choses matérielles existant autour d’eux. Les hommes (3) vivent, bougent et ne sont pas fixés en un lieu. Non seulement ils accèdent, par les sens et le désir sensoriel, à la connaissance des particularités du monde matériel existant autour d’eux, mais ils possèdent de surcroît l’intelligence et le désir par la volonté ; si bien qu’ils peuvent, par abstraction, connaître des universaux immatériels existant autour d’eux, ce qui représente une énorme avancée dans l’ascension de l’esprit se libérant de la matière. Le mot “intelligence” vient du latin “intus-lego”, qui signifie “ je lis à l’intérieur “. Autrement dit, à partir des choses perçues par les sens, l’intelligence lit, à l’intérieur de ces choses, leur forme ou leur essence immatérielle. C’est possible du fait que l’intelligence, et la volonté qui la suit, sont toutes deux des facultés spirituelles, appartenant à cette partie de l’homme qui, comme telle, ne dépend pas de la matière, mais la surmonte et dépasse.

De ces deux facultés, découle la liberté de la volonté humaine (3), qu’aucun autre animal (4) ne peut partager car tous sont contraints par leurs instincts. Et cette liberté, même pour le plus athée des matérialistes, atteste la dignité supérieure de l’être humain, le plaçant au-dessus des animaux (4). Encore faut-il que l’athée en question soit assez honnête pour reconnaître ce fait. Au-dessus de l’homme existent les anges (2) qui sont des êtres purement spirituels et intelligents mais encore particuliers, alors que le Créateur (1 ) est l’Être spirituel universel, Dieu Lui-même, que nulle matière ni particularité ne peut limiter.

Ainsi, l’homme (3) est un être spirituel et vivant par son âme immortelle. Son intelligence et sa volonté sont le fondement de son libre arbitre, le rendant libre. Et maintenant posons-nous la question : un ordinateur ou un robot est-il un “artefact”, un objet fabriqué, ou bien est-ce un être spirituel vivant et libre ? Premièrement, la vie ne lui vient pas de l’intérieur. La nature répand une profusion de semences, humaines, animales et végétales dans tous les sens, et chaque semence contient la vie. Mais, en dépit de l’effort considérable poursuivi sur de nombreuses années, l’art et la science humains n’ont pas réussi à créer une graine contenant la vie à l’intérieur d’elle-même (et l’on se doute bien que ça n’arrivera jamais). Deuxièmement, si rien de ce qui est fait par l’art humain ne possède la vie, à plus forte raison l’ordinateur ne peut être spirituel, car un être spirituel (3) suppose une forme élevée de vie. Enfin, troisièmement, aucun ordinateur ou robot fabriqué par l’homme ne peut être libre, parce que le libre arbitre suppose une intelligence spirituelle qu’aucun art humain ne peut fabriquer. Même un ange n’a pas la capacité de créer une intelligence spirituelle (3). Dieu (1) seul le peut ; Dieu, Créateur de toutes choses.

Par conséquent les ordinateurs et les robots informatiques (6) ne peuvent pas être animés, et restent inaptes à prendre la moindre initiative en dehors du programme dont on les a équipés. Ils ne peuvent être dits intelligents dans le plein sens du terme, parce que cela renvoie à un être spirituel que Dieu seul peut créer. Il s’ensuit qu’ils n’ont pas de liberté les rendant capables de prendre par eux-mêmes une décision. Ce ne sont que de simples machines (6), confinées dans leur programme matériel (6). Les créditer d’une passion humaine quelconque, d’une pensée originale ou de la liberté, relève d’un matérialisme infantile.

Kyrie eleison.

samedi 21 juillet 2018

"COUCOU ! "

Le Rhin se jette dans le Tibre .... via la Suisse !
Coucou !  Nous revoilà !
....pour encadrer la "nouvelle" Direction dans la "Bonne direction"... du ralliement !



Des conseillers généraux

Suite au "scoop" d'hier, nous vous proposons l'analyse de l'abbé Girouard. 

Une nouveauté dans la structure de la FSSPX : les Conseillers Généraux 


Par l’abbé Girouard (20 juillet 2018) 

Chers fidèles, 

J’ai appris par Cathinfo (et j’ai vérifié sur DICI et ils le confirment aujourd’hui) que le Chapitre Général de la FSSPX a créé deux nouveaux postes administratifs de haut niveau dans sa structure de direction. En effet, le Chapitre a institué la fonction de « Conseiller Général » qui sera exercée par deux membres de la FSSPX élus par le Chapitre. Leur responsabilité officielle est d’assister le Supérieur Général (et ses deux Assistants) dans la gestion quotidienne de la FSSPX. Ils feront partie du Conseil Général. 

C’est une nouveauté pour la Fraternité. En effet, j’ai regardé à nouveau ma copie des Statuts de la FSSPX et il est très clair que traditionnellement le Conseil Général est composé du Supérieur Général et de ses deux Assistants. Donc, maintenant, avec cette nouvelle innovation, le Conseil aura cinq membres au lieu de trois. 

Alors qu’il est tout à fait dans les pouvoirs d’un Chapitre Général de faire de telles modifications dans les Statuts, un pareil changement, à cette période de l’histoire de la Fraternité, soulève quelques questions sérieuses. Ceci est amplifié par le fait que les deux officiers élus par le Chapitre pour remplir ces nouvelles fonctions ne sont nul autre que Mgr Bernard Fellay et l’abbé Franz Schmidberger ! 

Ceux qui sont familiers de la voie libérale adoptée officiellement par la Fraternité depuis 2012, lors de son dernier Chapitre Général, et, non officiellement, depuis l’approbation du GREC par Mgr Fellay en 1997, verront immédiatement l’importance de ces deux facteurs. (Pour ceux qui ne le savent pas, le GREC est un groupe formé de prêtres de la FSSPX, de l’Indult et du Novus Ordo, créé dans le but de susciter une réconciliation entre la Rome non convertie et la FSSPX). 

Ainsi, la création de ces deux postes et la nomination des deux officiers pour les occuper ne peut signifier rien d’autre que l’intensification des efforts du Conseil Général pour que la Fraternité obtienne un accord officiel avec la Rome non convertie. 

Et j’atteins cette conclusion pour plusieurs raisons : 

1. Le développement de la Fraternité depuis le dernier Chapitre (2012) n’est pas tel que le Conseil Général ordinaire ait besoin d’avoir deux membres supplémentaires pour la gestion quotidienne de la Fraternité. 

2. Les Statuts originaux fournissaient déjà au Conseil Général un mécanisme l’assurant qu’il pouvait obtenir une aide supplémentaire, et temporaire, de tout autre membre de la Fraternité, à tout moment où il en sentait le besoin. Cela fut fait, par exemple, lors de la réunion des Supérieurs Majeurs à Albano en octobre 2011, qui fut convoquée pour étudier les propositions faites par Rome le mois précédent. De tels mécanismes sont bien prévus dans les anciens Statuts de la FSSPX. C’est pourquoi il n’était pas nécessaire de créer ces deux nouveaux postes, à moins que … 

3. Les deux personnes choisies pour être les deux premiers Conseillers Généraux ont tous deux eu de fréquentes et importantes rencontres avec les officiels romains, parfois même avec les Papes, à l’époque où ils étaient Supérieurs Généraux (1982-1994 / 1994-2018). C’est pourquoi, c’est une prudente hypothèse de penser qu’ils ont été élus par le Chapitre PARCE QU’ils ont une si vaste expérience dans les échanges avec la Rome moderne et PARCE QUE leur position en faveur d’un tel accord est bien établie. 

4. Ceci étant dit, je pense qu’il n’est pas farfelu de croire que ces deux nouveaux postes ont été, en réalité, CREES TOUT SPECIALEMENT POUR CES DEUX PERSONNES, pour qu’ainsi ils puissent travailler « en coulisses » avec les dignitaires romains, en ayant tout de même une certaine crédibilité officielle aux yeux de Rome. Ainsi ces deux Conseillers Généraux pourront être utilisés par le Supérieur Général comme une «Commission Spéciale » chargée de réaliser les travaux préparatoires à un accord avec Rome. 

5. Pendant que la « Commission Spéciale » travaillera en arrière-plan avec les officiels romains, le Supérieur Général lui-même, et ses deux Assistants, pourront garder leur distance officielle par rapport à de telles négociations. Donc ils pourront, si nécessaire, invoquer un « plausible déni » face à des questions gênantes regardant les relations de la Fraternité avec Rome. 

En d’autres mots, un tel changement dans les Statuts de la Fraternité est une indication claire que le Chapitre Général entend prendre tous les moyens nécessaires, et ce de façon très énergique, pour en arriver enfin à un accord avec la Rome non convertie. Les Supérieurs Majeurs ont appris à la dure qu’une telle manœuvre doit être réalisée avec les meilleurs outils disponibles, et non pas au hasard comme dans le passé. Ils semblent avoir réalisé que les Statuts originaux définissant les mécanismes administratifs de la Fraternité n’étaient pas adaptés aux efforts requis pour parvenir à un accord avec Rome. En effet, les tumultes éprouvés depuis 2012 leur ont montré que de telles négociations devaient désormais être accomplies de manière « plus prudente », en vue d’éviter une résistance ouverte des membres « du rang » de la Fraternité. C’est pourquoi ils ont changé les Statuts et choisi Mgr Fellay et l’abbé Schmidberger pour occuper ces nouveaux postes. 

Ceci n’est rien d’autre qu’un aveuglement volontaire de l’intelligence et un endurcissement du cœur. En effet, au lieu d’écouter les arguments sérieux et convaincants de la Résistance contre un accord avec la Rome non convertie, le Chapitre Général a décidé de changer les Statuts afin d’obtenir une « reconnaissance » officielle de Rome. Espérons que cette imitation de l’obstination du Pharaon n’amène pas sur la Fraternité les plaies que Dieu envoya sur l’Egypte ! 

Continuons de prier et de nous sacrifier ! Seul Dieu peut nous sauver ! 

Abbé P. Girouard

mardi 17 juillet 2018

Fidélité au testament de Monseigneur Lefebvre ou parjure

Le chapitre de la FSSPX va s'achever dans quelques jours. Reviendra-t-il sur la révolution accomplie en 2012 ? Révolution qui a consisté essentiellement à admettre le principe subversif d'un accord sans la conversion de Rome (ou au moins du Pape). Si la FSSPX était fidèle au testament de son fondateur, les capitulants abandonneraient clairement cette voie.  Si ce chapitre ne revient pas dessus, nous saurons comment juger ce dernier. 
Mikaël nous rappelle l'importance pour les catholiques de la vraie fidélité à ce testament. 

Source : Mikaël

Les paroles testamentaires de Mgr Lefebvre aux quatre évêques à l'occasion des sacres de 1988 ne sont pas à prendre à la légère puisqu'elles résument toute sa connaissance Romaine et tous ses rapports avec Rome. 

Quand Mgr Lefebvre exige des 4 évêques : "Qu'ils remettent leur épiscopat entre les mains du pape redevenu parfaitement Catholique" , il faut prendre ces paroles pour ce qu'elles disent, et à la lettre. 

1) remettre leur épiscopat : c'est à dire qu'ils doivent mettre leurs personnes et leurs oeuvres au service direct du souverain pontife, accepter ses ordres sur eux et les transmettre à ceux dont ils auraient la charge.

2) entre les mains du pape : Mgr Lefebvre n'a pas parlé d'une commission ou d'un organisme (ecclesia dei) qui aurait des apparences de tradition mais seulement dans la personne du souverain pontife. Mgr Lefebvre, dans ses déboires avec les commissions romaines et les prélats de tous ordres s'est bien rendu compte que le grand responsable de ses échecs était le pape lui même. Il a donc conclu que, seule, l'autorité papale convertie pourrait garantir la sécurité de la tradition. C'est éminemment théologique. 

3) Un pape parfaitement catholique : si Mgr Lefebvre a rajouté cet adverbe "parfaitement" , c'est justement pour contrer l'esprit libéral qu'il avait bien discerné chez certains membres de sa fraternité. L'idée d'un accord avec un pape non converti mais donnant quelques illusions de tradition (ou de sympathies) pouvait en faire tomber plus d'un. Le pape doit donc être parfaitement converti et sa catholicité ne devra pas faire de doutes. Parmi les signes de cette parfaite catholicité, il y aura par exemple le rappel de tout le magistère antérieur au concile vatican II et spécialement toutes les encycliques antilibérales. Et bien sûr la consécration de la Russie. 

Que penser de ceux qui envisagent l'idée d'une structure rattachée juridiquement à Rome, avec toutes les garanties (apparentes) pour continuer le combat de la Foi ? 

Pour des prêtres ou des évêques qui ne sont pas de la FSSPX, on ne peut que leur reprocher d'être gravement imprudent et de ne pas tenir compte des faits et des échecs de tous ceux qui ont cru à cette alternative. 

Pour des évêques et des prêtres de la FSSPX, renier un ordre explicite et testamentaire, ne serait ce pas un parjure, voire une forme de parricide ?


Télécharger la lettre aux futurs 4 évêques : ici

lundi 16 juillet 2018

L’intelligence Artificielle – I

Mgr Williamson répond ici, en bon réaliste et philosophe thomiste, à ceux qui seraient fascinés par la nouvelle mode de l'intelligence artificielle. Conclusion sans appel : les machines, c'est zéro.  

Kyrie Eleison n° 574
SE Mgr Williamson

Insondable bêtise des hommes qui, en vain Prennent l’ordinateur pour un être divin ! 

L’intelligence artificielle semble s’attirer actuellement de plus en plus d’attention. En fait, les formidables progrès réalisés ces dernières années dans le développement des ordinateurs et des machines connectées, impressionnent tellement les gens qu’ils envisagent sérieusement qu’on puisse confier à des robots informatiques un nombre croissant de tâches effectuées ordinairement par les hommes, voire même des tâches d’ordre divin. Quiconque a gardé tant soit peu de bon sens sait qu’il y a des limites strictes que la capacité des machines ne saurait dépasser ; mais les mêmes personnes savent aussi que le bon sens est aujourd’hui méprisé par les médias, la politique, l’éducation, etc., tous ces moyens à la botte du Nouvel Ordre Mondial, qui a grand intérêt à couper toujours davantage les gens de la réalité, afin de les rendre plus faciles à maîtriser. Il est temps de rappeler ici quelques vérités élémentaires. 

Tous les êtres se répartissent en six catégories : en dessous de Dieu, Créateur de toutes choses, les créatures se rangent en cinq ordres : les anges, les êtres humains, les animaux, les végétaux et les minéraux. Ces cinq ordres sont clairement distincts les uns des autres, en dépit des programmes de télévision qui font de leur mieux pour brouiller les traits distinctifs, en particulier entre les hommes et les animaux. Mais, dans la réalité, les distinctions sont claires. En partant du bas : 

Le minéral ne fait qu’ exister parce qu’en lui ne réside ni aucune vie ni aucun mouvement de soi-même. 

Le végétal, en plus d’exister, vit aussi, de par son organisation interne : il a la capacité d’ingérer (par exemple l’eau), de grandir et de se reproduire. 

L’animal est doté de ces trois capacités mais, en outre, il peut recevoir des sensations ; en d’autres termes, par certaines facultés sensorielles ou par l’ensemble des cinq sens (la vue, l’ouïe, l’odorat, le toucher et le goût), il accède à une connaissance des choses existant autour de lui.

L’homme possède toutes les capacités ou facultés matérielles de l’animal et du végétal mais, en outre, il partage avec les anges les facultés spirituelles de l’esprit et de la volonté ; autrement dit, outre la capacité de sentir, il est capable de raisonner ; autrement dit, il possède une intelligence capable de lire (lego) les essences universelles à l’intérieur (intus) des perceptions sensibles, et la capacité de vouloir en fonction de ce que l’esprit a perçu. L’animal est dépourvu de cette intelligence et volonté. Quand un animal se comporte de manière apparemment intelligente, comme l’abeille par exemple, ce n’est dû qu’à l’instinct dont le Créateur, suprêmement intelligent, a pourvu tout animal.

Les anges sont dotés d’une intelligence et d’une volonté, mais ils sont dépourvus des facultés matérielles présentes chez les animaux, car les anges sont purement spirituels. (Les facultés animales de la connaissance par les sens et du désir sensoriel n’existent qu’avec la matière, absente chez les anges.) 

Il en résulte que tout ce qui est de l’ordre humain, tout ce qui est humain en tant que tel, est spécifié par ce qui est l’apanage de l’homme seul et qui n’appartient ni aux animaux, ni aux végétaux ni aux minéraux. 

Quant aux machines, elles font entièrement partie de l’ordre minéral : elles sont essentiellement (par essence) inanimées. Quel que soit leur degré de complexité, on ne trouve dans la machine nul principe, nulle origine de vie ou de mouvement. Quel que soit le mouvement qu’elle exécute, grâce à l’électricité par exemple, la machine ne peut l’accomplir sans quelque apport externe. Il s’ensuit que toute activité proprement humaine, intelligente, échappe complètement aux ordinateurs. Tout ce qu’ils peuvent faire, c’est d’enregistrer ce qui leur vient de l’extérieur, ce qui est observable et calculable dans le comportement des gens ; ils peuvent produire des statistiques et des feuilles de calcul, c’est-à-dire des chiffres, pour lesquels ils sont faits. Churchill, politicien nullement saint mais assez humain, disait, “Il y a trois sortes de mensonges : les mensonges ordinaires, les gros mensonges et les statistiques”. Pourquoi les statistiques sont-elles « mensongères », si ce n’est parce que ce qui est proprement humain leur échappe totalement ? 

Voici un exemple. À New York il y a peut-être 15 ans de là, un groupe d’experts en informatique a conçu un ordinateur, Deep Blue, pour jouer aux échecs contre Kasparov, le champion du monde d’échecs. Or, s’il est un jeu adapté aux ordinateurs, c’est bien le jeu d’échecs, où on est capable d’analyser des milliards de possibilités en quelques minutes, voire quelques secondes, et où on parvient donc à jouer un coup qui ne laisse rien au hasard. Mais, devinez ce qui s’est passé ? Après quelques parties, les experts ont dû adapter les programmes de l’ordinateur afin de correspondre à la façon dont Kasparov jouait ! Les ordinateurs sont privés de vie intérieure et d’initiative ; ils ne peuvent former de pensée, ni sortir en dehors de ce pour quoi on les a programmés ; ils sont absolument incapables de réagir aux éventualités se présentant en dehors de leur programme. Intelligence, vous disiez ? – êtres humains, un ; machines, zéro ! 

Kyrie eleison.

jeudi 12 juillet 2018

Message de l'abbé Girouard à propos de l'élection dans la FSSPX

Dans ce message à ses paroissiens, l'abbé Girouard fait une pertinente
synthèse de la nouvelle situation à la tête de la FSSPX, petit résumé à retenir !



Et bien, non seulement le Chapitre a-t-il choisi un libéral comme Supérieur Général (L’abbé Pagliarani, qui fut celui qui sauva Mgr Fellay de la critique lors du chapitre de 2012), mais ils ont aussi choisi deux archi libéraux pour ses assistants : 

- Mgr De Galarreta, qui, dans sa conférence d’octobre 2012 à Villepreux, a défendu le chapitre de 2012, et il alla si loin qu’il a dit que 50 % + 1 des voix seraient suffisants pour réaliser un accord avec Rome 

- L’abbé Bouchacourt qui, comme supérieur de district en Argentine, a obtenu que le Cardinal Bergoglio « reconnaisse » la FSSPX dans ce pays et qui, comme supérieur du district de France, a continuellement combattu et « cogné » sur la Résistance. 

Mgr Fellay a préparé le chemin depuis 1997 et cette nouvelle équipe de supérieurs semble avoir été bien choisie pour mettre en œuvre la « reconnaissance » par Rome qui sera sans doute annoncée prochainement. 

Si la Fraternité signe un accord, elle dira que c’est un cadeau de la Sainte Vierge en réponse à la dernière Croisade du Rosaire. 

Une raison de plus pour prier et se sacrifier, et participer à ce 13 juillet de jeûne au pain et à l’eau. 

Que Dieu vous bénisse, 

Abbé Patrick Girouard

"Un ordinariat pourrait être pris en considération " (Abbé Pagliarani)

La Fraternité St Pie X a un nouveau supérieur général en la personne de l'abbé
Pagliarani. Il est donc intéressant de savoir quelles sont les positions du nouveau supérieur sur la question des accords avec la Rome moderniste. L'abbé Pagliarani avait répondu à un journaliste en juillet 2011 pour donner sa position sur cette question.  Il n'envisage pas (comme l'implorait Mgr Lefebvre aux 4 évêques en 1988) la conversion du Pape pour l'acceptation d'un ordinariat. L'essentiel pour lui est que l'offre soit suffisamment alléchante et apparemment sûre pour être acceptée . L'abbé Pagliarani plaide donc pour que la FSSPX ait sa place dans l'église conciliaire. Il ne reste donc plus qu'à Rome à offrir une belle situation canonique pour que le nouveau supérieur s'y engouffre.   


Marco Bongi - Les discussions théologiques entre la FSSPX et les Autorités Romaines touchent à leur terme. Même si aucun communiqué officiel n'a été encore émis pour le moment, nombreux sont ceux qui, sur la base d'indiscrétions, les commentent, en jugeant qu'elles ont échoué.  Pourriez-vous nous en dire plus à ce sujet ?


Don Davide Pagliarani - Je pense que c'est une erreur préjudicielle que de considérer que les discussions ont échoué. Peut-être que ceux qui tirent ces conclusions sont ceux qui s'attendaient à ce que les discussions aboutissent à un résultat étranger aux finalités des discussions mêmes. Le but des discussions n'a jamais été de déboucher sur un accord concret, mais bien de rédiger un dossier clair et précis, qui souligne les positions doctrinales respectives à remettre au Pape et au Supérieur Général de la Fraternité. À partir du moment où les deux commissions ont travaillé patiemment, en traitant en substance tous les thèmes figurant à l'ordre du jour, je ne vois pas pourquoi l'on devrait considérer que les discussions ont échoué. Les discussions auraient échoué si - pour une raison absurde - les représentants de la Fraternité avaient rédigé des rapports qui ne correspondraient pas exactement à ce que la Fraternité soutient, par exemple s'ils avaient dit qu'après tout la collégialité ou la liberté religieuse représentent des adaptations au monde moderne parfaitement conciliables avec la Tradition. Dans la mesure où une certaine discrétion a été observée, je pense pouvoir dire qu'il n'y a pas de risque que l'on aboutisse à cet échec. Et celui qui ne saisit pas suffisamment l'importance de ce témoignage de la part de la Fraternité et de celui qui est en jeu, pour le bien de l'Église et de la Tradition, inévitablement ne peut que formuler des jugements qui se placent dans d'autres perspectives.

D'après vous, quelles perspectives pourraient être erronées ?

A mon humble avis, il existe une zone traditionaliste, plutôt hétérogène, qui, pour des raisons diverses, attend quelque chose d'une hypothétique régularisation canonique de la situation de la Fraternité.

1) Bien sûr, il y a ceux qui espèrent un effet positif pour l'Église universelle ; et à ces amis, que je considère néanmoins comme sincères, je dirais pourtant de ne pas se faire d'illusions ; la Fraternité n'a pas la mission, ni le charisme, de changer l'Église en un jour. La Fraternité entend simplement coopérer, afin que l'Église se réapproprie intégralement Sa Tradition, et elle ne pourra continuer à travailler lentement pour le bien de l'Église que dans la mesure où elle continuera à être, comme toute œuvre d'Église, une pierre d'achoppement et un signe de contradiction : avec ou sans régularisation canonique, qui n'interviendra que lorsque la Providence jugera que les temps sont venus. En outre, je ne pense pas qu'une hypothétique régularisation - à l'heure actuelle - supprimerait cet état de nécessité qui, dans l'Église continue à subsister, et qui a justifié jusqu'à maintenant l'action de la Fraternité même.

2) D'un autre côté, tout à fait opposé, il existe des groupes que je définirais comme conservateurs, dans le sens un peu bourgeois du terme, qui s'empressent de dire que les discussions ont échoué, en les assimilant à des pourparlers pour parvenir à un accord : l’intention, mal dissimulée, est de pouvoir démontrer le plus rapidement possible que la Tradition, telle que la Fraternité l'incarne, ne pourra jamais avoir droit de cité dans l'Église. Cet empressement est déterminé non pas seulement par un amour désintéressé pour l'avenir de l'Église et pour la pureté de Sa Doctrine, mais plutôt par une peur réelle de l'impact que la Tradition proprement dite puisse avoir face à la fragilité de positions conservatrices ou néo-conservatrices. En réalité, cette réaction révèle une lente prise de conscience - même si elle n'est pas reconnue - de l’inconsistance et de la faiblesse intrinsèque de ces positions.

3) Mais il me semble surtout voir en cela l'existence de groupes et de positions qui attendent un certain bénéfice d'une régularisation canonique de la Fraternité, sans pour autant faire leur le combat que mène la Fraternité, mais en en prenant sur elle les devoirs et les conséquences.

Il existe en effet, dans l'archipel varié du monde traditionaliste, de nombreux "commentateurs" qui, bien qu'exprimant un fort désaccord avec la ligne de la Fraternité, font remarquer avec un grand intérêt le développement de notre œuvre, en espérant qu'il aura des répercussions positives sur leurs positions ou sur les situations locales dans lesquelles ils sont engagés. Je suis impressionné par les fibrillations auxquelles ces commentateurs sont sujets chaque fois que la moindre rumeur affleure sur l'avenir de la Fraternité. Pourtant, je pense que ce phénomène est facile à expliquer.

Pourquoi?

Il s'agit d'une catégorie de fidèles ou de prêtres qui sont fondamentalement déçus et qui sentent - et à juste titre - un certain sens d'instabilité pour leur situation future. Ils se rendent compte que la majorité des promesses dans lesquelles ils ont cru peinent à être maintenues et appliquées. Ils espéraient qu'avec le Summorum Pontificum tout d'abord, et avec l'Universae Ecclesiae ensuite, la pleine citoyenneté et la liberté étaient garanties et efficacement protégées pour le rite tridentin ; mais ils se rendent compte que la chose ne se passe pas si pacifiquement, surtout en ce qui concerne les évêques. Et par conséquent - et malheureusement - si ces groupes s'intéressent à l'issue de l'histoire de la Fraternité, ce n'est pas à cause des principes doctrinaux qui la régissent, ni à cause de la portée qu'elle pourrait avoir sur l'Église, mais plutôt dans une perspective "instrumentale" : à savoir que la Fraternité est perçue comme une formation de prêtres qui n'ont désormais plus rien à perdre, mais qui, s'ils obtiennent quelque chose d'important pour leur congrégation, créeront un précédent juridique auquel à leur tour eux-mêmes pourront se référer.

Ce comportement, qui est moralement discutable et peut-être aussi un peu égoïste, a néanmoins deux avantages :

- avant tout, celui de démontrer paradoxalement que la position de la Fraternité est la seule crédible, dont pourra sortir quelque chose d'intéressant, et à laquelle nombreux sont ceux qui se réfèrent malgré eux ;

- le deuxième avantage est de souligner que si la voie doctrinale n'est pas privilégiée, afin de permettre à l'Église de se réapproprier Sa Tradition, alors immanquablement on glissera dans une perspective diplomatique, faite de calculs incertains et de résultats instables, et l'on s'expose à de dramatiques déceptions.

Si le Vatican, par hypothèse, offrait à la Fraternité l'opportunité de se structurer en Ordinariat immédiatement assujetti au Saint Siège, comment cette proposition pourrait-elle reçue ?

Elle pourrait être prise sereinement en considération, sur la base des principes et des priorités, et surtout de la prudence surnaturelle dont les Supérieurs de la Fraternité se sont toujours inspirés.

( Note de Reconquista : les principes et la faisabilité d'un accord canonique ont été acceptés au chapitre de 2012 )

Pourriez-vous nous en dire plus ?

Je ne peux que répéter ce qui a déjà été clairement expliqué par mes Supérieurs : la situation canonique dans laquelle se trouve actuellement la Fraternité est la conséquence de sa résistance aux erreurs qui infestent l'Église ; par conséquent, la possibilité pour la Fraternité de s'approcher d'une situation canonique régulière ne dépend pas de nous, mais de l'acceptation par la hiérarchie de la contribution que la Tradition peut fournir pour la restauration de l'Église.

Si l'on n'envisage aucune régularisation canonique, cela signifie simplement que la hiérarchie n'est pas encore suffisamment convaincue de la nécessité et de l'urgence de cette contribution. Dans ce cas, il faudra attendre encore quelques années, en espérant une augmentation de cette conscience, qui pourrait grandir proportionnellement et en parallèle avec l'accélération du processus d'auto-destruction de l'Église.

"Le peu que nous puissions faire à Rome est probablement plus important que le grand bien que nous pouvons faire ailleurs". Cette phrase est lourde de sens. Elle a été prononcée par Mgr De Galarreta aux ordinations sacerdotales d'Écône, et elle concerne directement notre district. Bien entendu, elle se référait surtout aux discussions théologiques ; mais il est évident que l'image aussi de la Fraternité en Italie, du fait de sa proximité par rapport à Rome, revêt une importance toute particulière. Vous qui êtes le Supérieur du District italien, comment avez-vous vécu cette affirmation si importante?

Ce que l'évêque a dit à Écône correspond à une conviction profonde de la Fraternité, et l'affirmation me paraît évidente pour une esprit authentiquement catholique : je n'y vois là rien de surprenant. Je pense que Mgr De Galarreta synthétise parfaitement l'esprit romain avec lequel la Fraternité veut servir l'Église Romaine : c'est-à-dire, faire tout le possible afin que l'Église se réapproprie Sa Tradition, à commencer par Rome elle-même.

L'histoire de l'Église nous enseigne qu'aucune réforme universelle, efficace et durable n'est possible, si Rome ne fait pas sa propre réforme et si la réforme ne part pas de Rome.

Sur ces points, de nombreux observateurs extérieurs prétendent qu'il existe une division interne à la FSSPX, entre une aile, dite "romaine", plus prête à dialoguer avec les autorités, et une autre aile, "gallicane" celle-là, qui serait hostile à toute approche du Pape. Au-delà de cette simplification excessive, et dans la limite dans laquelle Vous pouvez- Vous exprimer, trouvez-vous que cette idée est fondée ?

Comme dans toute société humaine, il existe dans la Fraternité aussi, des nuances et des sensibilités différentes entre les différents membres. Et penser qu'il puisse en être autrement serait un peu puéril?

Pourtant, je pense que l'on tombe facilement dans les simplifications évoquées ci-dessus lorsque l'on perd la sérénité de jugement, ou lorsque l'on s'exprime en se basant sur des jugements tout faits : on finir par créer des partis, pour y caser sans discernement les uns plutôt que les autres.

Les membres de la Fraternité comprennent clairement que l'identité de leur congrégation est construite sur un axe défini et précis qui s'appelle la Tradition : c'est sur ce principe, universellement partagé au sein de la Fraternité qu'est construite l’unité de la Fraternité elle-même, et je pense qu'objectivement il est impossible de trouver un principe identitaire et de cohésion plus fort : c'est justement cette cohésion de base sur l'essentiel qui permet aux individus d'avoir des nuances différentes sur tout ce qui est discutable.

Je pense qu'une certaine impression de non-homogénéité peut provenir de la grande différence de tons que les membres de la Fraternité emploient en des lieux différents, dans des situations différentes, dans des pays différents et surtout face à des positions très diverses et contradictoires, que les représentants de la hiérarchie officielle expriment à notre égard et à l'égard de tout ce qui a le goût de Tradition. La perception de ces données diminue chez ceux qui évaluent les affirmations séparées en les sortant de leur contexte et en les nivelant on line devant leur écran. Il s'agit certainement de considérations dont l'évidence n'est pas immédiate pour l'observateur extérieur.

Le 13 mai dernier a été publiée l'instruction Universae Ecclesiae, qui entend discipliner concrètement l'application du Motu Proprio "Summorum Pontificum". Comment cet important document est-il évalué par la FSSPX?

Il s'agit d'un document de synthèse, qui d'une part exprime la nette volonté de mettre en application les directives sur le motu proprio, et de l'autre, tient compte des nombreuses objections, explicites et implicites, que les épiscopats ont manifesté àl'égard du Summorum Pontificum, qui - et ce n'est un secret pour personne - sont fondamentalement hostiles à la reprise du Rite Tridentin.

Avant tout, il est précisé que la reprise de la Liturgie de 1962 est une loi universelle pour l'Église ; deuxièmement, l'instruction fait un net effort pour défendre majoritairement en matière strictement juridique les prêtres empêchés par leurs ordinaires dans l'usage du Missel tridentin.

C'est avec une certaine finesse qu'il est rappelé aux évêques que c'est précisément à eux de garantir ces droits…pour la défense desquels il est possible de faire un recours sontre ces mêmes ordinaires. Voici pour être très bref les points qui me semblent être les plus positifs.

Pourtant, l’article 19 de l'Instruction "Universae Ecclesiae" déclare que ne sont pas autorisés à demander la Saint Messe de toujours les fidèles qui ne reconnaissent pas la validité et la légitimité du Missel Réformé par Paul VI. Que pensez-vous de cette limitation ?

Pour être sincère, je suis incapable de la juger, parce que je la trouve incompréhensible. J'ai toujours considéré que le Saint Rite de la Messe avait une valeur intrinsèque, surtout quant à la fin latreutique (1) qui lui est propre.

Toute autre considération mise à part, il est impossible de comprendre sur quelle base juridique ou théologique la valeur d'un rite pluriséculaire déclaré jamais abrogé, et la possibilité de le célébrer, puissent être déterminées par les dispositions subjectives de celui qui assiste ou le demande. On entre ici dans une perspective folle et impraticable. Par exemple, que devrait faire un prêtre qui se rendrait compte que sur dix fidèles qui demandent la célébration de la Sainte Messe, cinq auraient des objections sur le Messe de Paul VI ? Que devrait faire un prêtre s'il avait lui-même de très graves réserves sur le nouveau rite, à partir du moment où la limitation ne concerne que les fidèles ? (2) Si les deux rites sont considérés comme deux formes équivalentes du même rite romain, il n'est pas possible de comprendre pourquoi le rite tridentin est tellement dangereux qu'il faut effectuer une sorte d'examen préalable d'admission. Enfin, si l'on entre honnêtement dans une telle logique, il n'est pas possible de comprendre pourquoi il n'est pas demandé aux prêtres et aux évêques, qui refusent ouvertement le rite tridentin, de s'abstenir de célébrer le rite nouveau tant qu'ils ne démordent pas de leur jugement.

Je pense que l'article 19 de l'Instruction, s'il est d'une part l'expression d'un comportement diplomatique typique, peut malheureusement de l'autre être assimilé à une sorte de chantage moral mal dissimulé. Il révèle la conscience, de la part des évêques, que la Messe Tridentine véhicule inévitablement une ecclésiologie incompatible avec celle du Concile et du Novus Ordo. Par conséquent, la Messe tridentine ne peut être accordée qu'en exerçant un contrôle direct sur les consciences des fidèles. Ce qui semble plutôt alarmant.

Y a-t-il, d'après vous, d'autres points dans ce document où émerge la volonté d'exercer un contrôle de ce genre ?

À mon humble avis, il y en a un en particulier. Alors que le motu proprio reprenait, outre le Missel, le libre usage de tous les livres liturgiques, l'Instruction interdit cet usage dans un cas bien précis : celui des ordinations sacerdotales, exception faite pour les institutions religieuses, se référant à l'Ecclesia Dei, ou qui utilisent déjà le rite tridentin (Cf. art 31).

La chose est assez surprenante, surtout dans le cas des ordinations diocésaines, considérant que l'ecclésiologie moderne insiste tellement pour reconnaître dans l'évêque diocésain le modérateur de la liturgie et le véritable liturgiste, en tant que successeur des Apôtres ; toutefois, l'explication semble être suffisamment évidente si nous nous référons aux compris classiques typiquement curials.

Il est évident que, alors qu'une institution Ecclesia Dei est directement contrôlée par l'organisme du Vatican compétent, avec un statut signé et contre-signé (je donnerai un exemple ici même), un évêque qui utilise les livres liturgiques de 1962, ne pourrait l'être dans les mêmes termes.

Par conséquent, la demande formelle et péremptoire de procéder aux ordinations selon le nouveau est le signe extérieur considéré comme suffisant pour démontrer que les ordinands, et l'évêque même, acceptent pleinement l'article 19 de l'Instruction, adoptant le nouveau rite pour l'évènement indubitablement le plus important et significatif de leur vie et de la vie du diocèse. Cette demande a, somme toute, une valeur semblable à la pratique quasi universelle inhérente à l'application de l'indult de 1984: Dans les différents diocèses où l’indult était permis, il était demandé de ne pas célébrer en rite traditionnel à Noël et à Pâques, afin de permettre aux fidèles de manifester leur propre lien avec la paroisse et donc leur acceptation du rite de Paul VI.

Et dans cette même ligne, l'injonction imposée en l'an 2000 à la Fraternité Saint-Pierre d'accepter que ses membres puissent célébrer librement selon le nouveau rite, est tout à fait significative ; tout comme à l'invitation chaleureuse à concélébrer avec les évêques diocésains au moins le Jeudi Saint, pour exprimer sa communion avec l'ordinaire local, et donc leur publique et parfaite acceptation du Novus Ordo Missae ; notons que bine que la Fraternité Saint Pierre soit une institution Ecclesia Dei, la mesure s'était révélée nécessaire justement au moment où au sein de la congrégation se faisaient entendre les oppositions les plus fortes au rite de Paul chez certains membres réfractaires. C'est dans cette même situation que fut destitué directement par l’Ecclesia Dei celui qui était alors Supérieur général et remplacé par un prêtre choisi non pas par le Chapitre, mais imposé par l’Ecclesia Dei même.

Il était alors Préfet de la Congrégation pour le Culte Divin : le cardinal Medina Estevez, tandis que le cardinal Castrillon Hoyos avait depuis peu pris la charge de Président de l'Ecclesia Dei.

Ainsi, l'injonction de l'Instruction, avec l'art 19, semble s'inspirer plus à l'indult de Jean-Paul II, qu'au motu propriode Benoît XVI. MAis à présent il a été certifié par Benoît XVI lui-même que l'indult de 1984 prétendait accorder généreusement, dans certains cas et à certaines conditions précises, l’usage d'un Missel qui en réalité n'avait jamais été abrogé : l’Universae Ecclesiae semble retomber dans cette absurdité juridique et morale, compréhensible uniquement dans un contexte de mépris et de peur - je préfère ne pas parler de haine - envers tout ce qui sent le "tridentino".

Dulcis in fundo, puisque tous savent que la Fraternité n'acceptera jamais l'article l’article 31, ni l’art. 19, tous les mécontents d'une part la critiquent à cause de sa "désobéisance", cherchant ainsi à bien montrer qu'eux sont dans la "légalité", et de l'autre, l'observent, espérant que son intransigeance pourra leur faire profiter eux aussi de quelque chose de positif.

Et c'est ainsi que repart ce mécanisme du “sequebatur a longe ut videret finem”, et de l'espérance instrumentale sur la Fraternité, dont nous avons déjà parlé.

L'année 2011 marque les vingt ans de la mort de Mgr Marcel Lefebvre. Deux décennies ont passé, et pourtant sa figure continue de faire discuter ; et même, il semble presque que, plus le temps passe, plus il suscite l'intérêt dans les milieux ecclésiaux et culturels. À votre avis, à quoi est due cette "deuxième jeunesse" d'un Prélat, jugé par beaucoup comme anachronique et vieux ?

Mgr Lefebvre a incarné quelque chose d'insurmontable : la Tradition de l'Église. Et s'il y a eu un évêque dans lequel la Tradition n'a jamais cessé d'être "vivante" (si je peux me permettre l'expression), c'est bien l'évêque "rebelle". Par exemple, l'unique prélat qui n'a jamais cessé de célébrer publiquement dans le rite traditionnel, alors considéré par erreur comme abrogé et banni, a été le fondateur de la Fraternité Saint Pie X : il ne s'est pas limité à retransmettre aux nouvelles générations un missel imprimé et poussiéreux, mais il a gardé et transmis un trésor vivant et réel, présent quotidiennement sur l'Autel, dont il était complètement saisi dans toute sa personne.

Si vraiment une prise de conscience est amorcée, que la crise de l'Église prend ses racines et se manifeste surtout dans une crise du Sacerdoce et de la Liturgie, il est inévitable de se référer à celui qui a dépensé toutes ses énergies pour sauver l'Homme, et pour sauver le sacerdoce et la liturgie.

Il est donc inévitable que l'on parle de Messe tridentine ou de Tradition, et même que le plus réticent soit obligé à parler de lui, ne serait-ce que pour prendre ses distances et pour s'auto-certifier politiquement correct. Mais celui qui parle de lui, en bien ou en mal, ne peut pas le faire sans parler d'une Tradition qui, loin d'être "lefebvriste", est simplement et pour toujours catholique.

Propos recueillis par Marco Bongi


Notes

(1) Se dit du sacrifice offert à Dieu pour reconnaître son souverain domaine sur toutes les créatures.

(2) En réalité, le simple prêtre est tenu de reconnaître la pleine légitimité du nouveau rite au moins le jour de son ordination, comme cela est expliqué plus loin.

mercredi 11 juillet 2018

Ce que disent les ennemis de la tradition catholique au sujet du chapitre

Les libéraux de tous bords se penchent sur le chapitre de la FSSPX : cet événement sonne déjà pour eux comme une victoire. Le Figaro, par exemple, souligne le fait que les anti-ralliements n'ont quasi plus voix au chapitre, pour les capitulants, la question principale n'étant plus de s'éloigner de Rome mais de savoir à quelle vitesse il faut achever le processus de ralliement.  


"Chez les lefebvristes, une élection décisive pour le rapprochement avec Rome"
Jean-Marie Guénois  - 10 juillet 2018
Source : Le Figaro

La normalisation des rapports de la Fraternité Saint-Pie X avec le Vatican dépendra du nouveau supérieur.

Le dossier «Écône» pourrait revenir dans l'actualité. Écône, c'est d'abord le nom d'un village fleuri, posé à flanc de montagne, dans le Valais suisse. Mais Écône est surtout un symbole mondial depuis le 30 juin 1988. Mgr Marcel Lefebvre - chef de file de l'opposition aux évolutions du concile Vatican II - ordonnait alors quatre évêques, contre l'avis de Rome. Il entendait assurer l'avenir de la Fraternité Saint-Pie X qu'il avait fondée. Mais il ouvrait de facto une forme de schisme avec Rome. Ses fidèles et ses prêtres étaient alors qualifiés «d'intégristes». Cette rupture historique marqua le pontificat de Jean-Paul II. Elle est en partie résolue aujourd'hui, mais le lien avec Rome n'est pas encore rétabli.

Mgr Lefebvre. mort en 1991, repose dans le prieuré d'Écône. qui est aussi l'un des importants séminaires de la Fraternité (lire ici-dessous). Son successeur. Mgr Bernard Fellay, de nationalité suisse, élu en 1994 - l‘un des quatre évêques qu‘il avait ordonnés - arrive aujourd'hui à la fin d'un deuxième mandat de supérieur général. On saura ce mercredi si les 41 membres du «Chapitre général» réunis à Ecône jusqu'au 11 juillet, vont le reconduire ou non pour un troisième mandat de douze ans. Du résultat pourrait dépendre un déblocage de ce que l'on a appelé «l'affaire Lefebvre». Avec, à terme, le rétablissement de relations formelles entre la Fraternité et le Saint -Siège.


« Les résistants »


Non pas que Mgr Fellay, s‘il est réélu - il est le favori - soit opposé à une normalisation des relations avec Rome. Mais tant au Vatican qu'à Écône, aucune discussion sérieuse ne pouvait être envisagée ces derniers temps sans que celuiqui est amené à présider aux destinées de la Fraternité Saint-Pie X pour les douze années à venir soit connu ou confirmé.

Comme dans toute élection religieuse, il n'y a pas de candidature. Plusieurs autres noms circulent. On parle d‘un Italien, l'abbé Davide Pagliarani, d'un Français, l'abbé Patrick Duverger, d'un Suisse, Firmin Udressy. Pour élire un supérieur général, les deux tiers des 41 capitulants doivent s‘unir sur un nom. Tous votent à bulletins secrets.

Cette élection ne va toutefois pas débloquer d'un coup de baguette magique ce dossier épineux, mais elle pourrait créer les conditions d'un accord final avec Rome.

Il y a bien sûr des opposants à ce rapprochement, au sein de la Fraternité. Ils sont plutôt présents en France et se dénomment «les résistants». Mais ils ont peu voix au chapitre, pourrait-on dire, au sens figuré comme au sens propre, car ils n'auraient pas les voix pour s‘imposer. D'ailleurs, le tristement célèbre Mgr Richard Williamson - l‘un des quatre évêques ordonnés par Mgr Lefebvre - qui avait défrayé la chronique par ses propos négationnistes et avait été exclu de la Fraternité Saint-Pie X en 20l2, ne participe pas a cette réunion. ll vit désormais en Angleterre, son pays natal, où il a lui-même ordonné trois évoques en rupture avec Rome et avec Écône.

A dire vrai, et selon des sources internes bien informées, la tendance dominante n'est donc pas dans l'éloignement de Rome mais dans une problématique de lent rapprochement. Les divergences ne portent pas sur le principe, mais sur la méthode, les conditions, et le calendrier.

Paradoxalement en effet, le pontificat du pape François, qui hérisse les lefebvristes avec ses avancées interreligieuses et œcuméniques, a déglacé la situation par un changement total de méthode.

En théologien scrupuleux. le pape Benoît XVI - qui a tout de même levé les excommunications des évêques ordonnés par Mgr Lefebvre tout en rétablissant, à titre extraordinaire, le rite ancien de la messe en latin - avait créé une commission d'évaluation théologique des désaccords pour trouver la réconciliation. Elle s’est soldée par un échec tant les débats, notamment sur l’œcuménisme et sur le dialogue interreligieux, sont importants a propos du concile Vatican II.

Vers le traditionalisme

En pasteur, le pape argentin ne s'occupe pas des querelles théologiques mais regarde plutôt les prêtres et leur apostolat qu'il appréciait en Argentine.

Ce qui a fait dire à Mgr Fellay, le 28 juin 2018 dans le journal allemand le Tagespost, qu'il est «optimiste» pour une réconciliation dans le cadre d'une «prélature» où la Fraternité garderait une autonomie tout en répondant directement au Pape.

A suivre, donc, mais «le traditionalisme n'est pas en voie de disparition, conclut Gérard Leclerc, auteur de Rome et les lefebvristes (Salvator). Bien au contraire, dans l'Eglise catholique, l‘équilibre se porte vers le traditionalisme».

Présentation du séminaire en un tract

Source : Séminaire Saint Louis Marie

Un tract est à la disposition de ceux qui souhaitent faire connaître le Séminaire Saint Louis Marie Grignion de Montfort autour d’eux. Ce petit tract permettra à beaucoup de personnes de la Tradition de connaître le sérieux des études et de l’esprit qui règne dans ce séminaire fondé en 2015.

Si certains souhaitent recevoir ces tracts couleurs et aussi s’abonner aux « Nouvelles du Séminaire », qu’ils n’hésitent pas à écrire au séminaire et ils recevront gratuitement le nombre de tracts demandés et « Les Nouvelles du Séminaire ».

 Pour s’abonner :

Séminaire Saint Louis Marie Grignion de Montfort
10, avenue de la Haye aux Bonshommes
49240 Avrillé



tract à télécharger en pdftract séminaire

lundi 9 juillet 2018

Capitulants, Soyez Sur Vos Gardes !


Par Mgr Williamson,

Numéro DLXXIII (573)

Capitulants amis, ne rendez pas les armes ! 
Seigneur, que l’heure est grave ! 
Allez, sonnez l’alarme !

Souvenez-vous, Capitulants de la Fraternité Saint-Pie X, qui allez prendre part au prochain Chapitre, de l’importance des élections auxquelles vous allez procéder. Elles détermineront la direction de la Fraternité pour les 12 prochaines années. Souvenez-vous de la grave responsabilité qui est la vôtre ! Vous n’allez pas, dans quelques jours, vous rendre à une garden-party pour jeunes enfants. De fait, vos décisions auront des répercussions qui s’étendront potentiellement à toute l’Église, voire au monde entier !

Méfiez-vous de l’atmosphère qui pourait régner au Chapitre, dans laquelle tous éprouveraient le plaisir d’être ensemble, comme dans une garden-party où personne ne doit gâcher cette bonne atmosphère qui fausse la réalité. Vous êtes tous engagés sur la ligne de front dans la bataille finale, placés entre la Vierge et le Diable (dit sœur Lucie de Fatima).

 Souvenez-vous de la crise de l’Église déchaînée par Vatican II, qui est à l’origine de la fondation de votre Fraternité. Certes Mgr Lefebvre a créé des séminaires pour maintenir le vrai sacerdoce et la vraie spiritualité catholiques, mais surtout dans un esprit de combat afin de sauver la Foi catholique. Car de quelle utilité seraient les prêtres ou la spiritualité, si plus personne n’avait la Foi ? De ce point de vue, la vraie Messe elle-même est un moyen et non pas la fin.

 Méfiez-vous de ceux qui prétendent que la crise est révolue ; que la Rome conciliaire n’est plus conciliaire ; ou que le pape François aime bien la Fraternité. Lui et les affidés qui l’entourent ne peuvent aimer la Fraternité qu’à la condition qu’elle cesse de résister au concile. Ils ne l’aimeront pleinement que lorsqu’elle sera devenue une éminente propagandiste de l’apostasie dans l’Église universelle.

 Souvenez-vous de votre Fondateur, de Mgr Lefebvre, en particulier de s conseils et des avertissements qu’il a prodigués à la fin de sa vie, entre les consécrations épiscopales de 1988 et sa mort en 1991. Ces consécrations, effectuées contre la volonté expresse du Pape, ne venaient en rien contredire ses services antérieurs, loyalement rendus à l’Église : elles furent sa gloire suprême, car rien d’autre qu’il n’ait fait n’a mieux défendu et soutenu la foi catholique !

 Méfiez-vous, lorsqu’on vous dira que Monseigneur avait toujours à cœur de s’entendre avec les autorités romaines. Certes, il parlait avec elles, mais lorsqu’en 1988 elles finirent par refuser de protéger la Tradition, il fit passer résolument la doctrine avant la diplomatie. Mais, depuis 2012, la diplomatie est de retour et passe avant la doctrine !

 Souvenez-vous que toute l’Eglise a du écouter Mgr Lefebvre, car il parlait vrai et sa Fraternité était à la pointe du glorieux combat pour la Foi. À partir de 2012, quel fut le co mbat de la Fraternité ? Depuis qu’elle a renoncé à la primauté de la doctrine, elle devient de plus en plus semblable à d’autres congrégations relevant d’Ecclesia Dei, et les meilleurs prêtres de la Fraternité sont plongés dans la confusion : « Que devons-nous défendre maintenant ? », s’interrogent-ils.

 Méfiez-vous des décisions qui entérineraient, comme en 2012, la primauté de la pratique sur la doctrine, privilégiant l’unité des hommes avant la vérité divine, préférant l’homme à Dieu. Jamais le monde n’a autant eu besoin de Dieu que maintenant ! Jamais l’Église n’a autant eu besoin de témoigner de la Vérité divine ! Est-ce maintenant que le témoignage de la Fraternité devrait disparaître ?

 Souvenez-vous combien les réunions, telles qu’un Chapitre Général, sont aisément manipulables par des libéraux bien préparés, comme ce fut le cas à Vatican II. N’hésitez pas à rencontrer d’autres confrères et à discuter avec eux avant le début du Chapitre. Les libéraux l’ont certainement déjà fait ; il se peut même qu’ils aient décidé par avance de toutes les questions importantes. Par tous les moyens, essayez d’enrayer les arrangements tout faits qu’ils ont prévus ! Parlez haut et fort, avant que la vérité ne disparaisse !

 Prenez garde ! Ne renoncez pas à la grâce, ne renoncez pas à la réalité, ne restez pas docilement au pays des rêves ! Méfiez-vous de “la paix et de l’unité” pour tout, sauf pour la Vérité. L’année 2018 sera, pour la Fraternité, celle de la mort ou de la vie. Un compromis ne signifiera pas la victoire. Ne finissez pas comme de simples béni-oui-oui ; au contraire : débattez de ce que la vraie Eglise attend de la vraie Fraternité.

 Kyrie eleison.