Il y a quelques jours, nous publiions l'analyse par l'abbé Girouard de la situation "pré-sacres" que nous vivons actuellemnt. Voici maintenant l'analyse de l'abbé Dominique Rousseau et une autre de l'abbé Salenave.
L’échéance des sacres épiscopaux annoncés au 1er juillet 2026 à Ecône (FSSPX) se rapprochant, nous publions ce que nous avons écrit fin mars pour notre bulletin trimestriel « Scutum fidei », n° 27.
Voici le scénario : les sacres vont être effectués, sans mandat pontifical. Rome actuellement brandit le drapeau rouge des excommunications à venir ; mais avec l’entremise de Mgr Schneider, habile politicien entre Rome et la Fraternité, la sentence ne sera pas prononcée. Et Mgr Fellay, non moins habile, radieux comme toujours, dira que le miracle aura eu lieu. Un marché de dupes, où seuls les aveugles volontaires ne voient rien…
Nous reprenons en le citant un tertiaire franciscain : « Nos statuts déconseillent de nous rendre aux spectacles. Je n’irai pas à Ecône où il faudra un QR code pour assister aux sacres. »
La rédaction, 19 mai 2026
Des sacres dans la Fraternité Saint-Pie X
L’annonce en a été faite par son Supérieur général le 2 février dernier à Flavigny. Rome s’en est émue et l’abbé Pagliarani s’est rendu au Dicastère de la foi pour y rencontrer le Préfet, le cardinal Fernandez – dit Tucho -, promoteur et défenseur des hontes immorales (entre autres), qui déniait au mois de novembre le Titre glorieux de Médiatrice et de Corédemptrice à la Vierge Immaculée.
A la suite de cet entretien, l’abbé Pagliarani a consulté son Conseil et le 18 février, il écrivait une fin de non-recevoir aux menaces romaines. C’est honorable.
Mais… n’y a-t-il que cela à écrire sur le sujet ? Non certes, car les sacres ne sont pas encore réalisés. Le Supérieur général espère bien que le pape sera bienveillant. Voici ses propos, en réponse d’une question posée lors de la dernière université d’hiver de la FSSPX à Châteauroux :
Question : « Sans faire ni prophétie ni science-fiction, pensez-vous que le pape Léon XIV puisse accepter cette demande ? Ou du moins s’abstenir d’intervenir, en tolérant que les choses se fassent sans les approuver explicitement ? Comment voyez-vous la situation ? »
Réponse : « Tout est possible. Oui, tout est possible. Je dirais ceci : de même que Benoît XVI a levé les décrets d’excommunication en 2009 — ce qui paraissait assez inespéré —, je pense qu’un pape peut comprendre que la Fraternité agit avec une intention droite. Cela me paraît évident. Nous avons une intention droite. Nous sommes assez directs, comme nous l’avons dit : nous disons ce que nous pensons.
Le pape peut donc le comprendre, peut même l’apprécier, sans nécessairement partager notre position. Et, s’il a réellement le souci des âmes, alors, pour le bien de toutes ces âmes qui, d’une manière ou d’une autre, directement ou indirectement, ont recours à la Fraternité, ou voient en elle un point de référence, je pense qu’un pape peut théoriquement comprendre cette nécessité particulière de la part de la Fraternité.
C’est possible. Oui, c’est possible. Mais, encore une fois, tout cela dépend de Dieu, de la Providence, et de la bonne volonté du pape.
Je pense que le fait d’annoncer les sacres cinq ou six mois à l’avance nous permet, à nous, de nous préparer au pire ; mais cela permet aussi au pape de réfléchir, et, je l’espère, de recevoir encore de notre part des explications supplémentaires, afin de mieux comprendre notre bonne volonté.
Tout cela est possible. En revanche, je ne pense pas que le pape adhérera intégralement à la Tradition d’ici le 1er juillet. Humainement parlant, ce n’est pas la perspective. Mais qu’il puisse comprendre, cela, oui, c’est possible. »
Nous sommes heureux de soutenir et de recommander cet appel aux dons du Père Onuorah. Ce dernier donne des informations supplémentaires sur les travaux de construction de son prieuré au Nigéria.
Le budget prévu pour la maison du prêtre comprend une chambre pour moi et quelques autres chambres pour les prêtres et l'évêque de passage, ainsi que pour les prêtres et séminaristes invités. Il inclut également un petit oratoire, un salon, une salle à manger et une cuisine. Un budget de 7 000 USD pourrait permettre de mener à bien les travaux.
Nous avons commencé à creuser les fondations de la maison du Père samedi dernier, le 25 avril 2026. Nous avons poursuivi les travaux aujourd'hui, le 27 avril 2026, car nous n'avions pas pu les terminer samedi dernier. J'ai acheté quelques barres de fer, des sacs de ciment et du sable pour démarrer la construction.
Quelques photos illustrent mieux l'avancement des travaux.
Monseigneur Williamson vient d'être très méchamment calomnié par un prêtre pour "infidélité". Comme la devise et la vie de Mgr Williamson se caractérisaient par la Fidélité, l'abbé Salenave s'est permis de lui répondre en public.
Nous avons achevé notre étude sur
l'Église et la fin des temps. Pour envisager les événements futurs, nous nous
sommes fondés exclusivement sur les prophéties qui font partie intégrante des
Écritures divinement inspirées. Ainsi, notre travail s'appuie sur les sources
mêmes qui fondent la Foi, et il serait donc imprudent de nier ce qui a été dit
concernant la venue de l'Antéchrist, les apparitions d'Énoch et d'Élie, la
conversion des Juifs et les signes annonciateurs du Jugement dernier.
Là où nous avons pu nous tromper,
c'est dans les commentaires des différents passages de l'Apocalypse, ainsi que
dans le déroulement des événements cités plus haut. Mais si nous avons eu
raison, c'est bien en suivant les interprètes compétents, le plus souvent les
Pères de l'Église.
Nous pensons ne pas nous tromper
en voyant dans l'état actuel du monde les préludes à la crise finale décrite
dans les Écritures saintes. Nous ne pouvons rien imaginer de pire que
l'apostasie des nations chrétiennes, la perte de la foi chez tant d'âmes baptisées,
le plan satanique de la guerre menée contre l'Église et la position de pouvoir
des sectes maçonniques.
Cela dit, nous ne devons pas
faire preuve d'une rigidité excessive dans notre réflexion. Notre époque est
marquée par l'indécision et les tourments. L'humanité est anxieuse et
hésitante. La bonté existe encore, et face à la propagande révolutionnaire et satanique,
un mouvement de renaissance catholique se manifeste par de nombreux actes de
générosité et d’initiatives religieuses. Ces deux courants s'affirment de jour
en jour, et seul Dieu Tout-Puissant sait lequel l'emportera.
Il est certain également que la
mission terrestre de l'Église est loin d'être terminée. Notre Seigneur a fait
savoir que la fin des temps n'arriverait pas avant que l'Évangile n'ait été
prêché au monde entier, ce qui n'est pas le cas pour le cœur de l'Afrique, la
Chine ou le Tibet.
Comment l’Église portera-t-elle
l’Évangile aux nations qui l’ignorent encore ou qui ne l’ont que partiellement
reçu ? Sera-ce en temps de paix ou en temps de persécution ? Les deux
hypothèses sont envisageables, car la vie de l’Église dépasse les calculs
humains. On se souvient par exemple des victoires éclatantes remportées contre
les infidèles au plus fort de la révolte protestante.
En réalité, la confiance la plus
absolue dans le magnifique destin futur de l'Église n'est pas du tout
incompatible avec nos réflexions et considérations sur la gravité de la
situation actuelle.
Tout en pensant que nous
participons aux prémices de la crise qui mènera à la venue de l'Antéchrist,
nous devons nous garder de vouloir être précis quant au lieu et au moment
exacts. De même qu'un voyageur peut voir, mais ne peut estimer la distance jusqu'à
un horizon montagneux, il en va de même pour nous qui pouvons observer le
déploiement du plan satanique sans connaître l'échelle de temps ni le cours
exact des événements. Seul le Père céleste connaît le jour et l'heure…
En ces temps d'incertitude, mais
toujours sous la protection divine, il nous faut veiller et prier. Veiller et
prier car ces temps sont incontestablement périlleux (2 Timothée 3,1), parce
que le danger de perdre la foi, à cette époque de scandale, est très
grand.
Veillez et priez afin que
l'Église puisse poursuivre son œuvre d'illumination des âmes dans ce monde de
ténèbres.
Veillez et priez afin de ne pas
succomber à la tentation.
Voyez ce qui se passe autour de
vous et discernez les signes des temps. La séduction est partout : dans les
lois, dans la morale, dans les livres et les discours, dans les comportements
publics et privés de la multitude. Le nombre et l'autorité des vérités
catholiques diminuent de jour en jour. Comprenez bien et soyez convaincus que jamais
votre position ne fut plus critique. Mais plutôt que de vous retirer du monde,
efforcez-vous de vous préserver du mal.
Plus qu’en aucun temps, le
chrétien doit être un soldat jusqu'à son dernier souffle. Si vous comprenez
cela, les grandes épreuves qui nous attendent vous rempliront d'un grand
courage et d'une sainte joie. En effet, ces événements sont la preuve
inébranlable de votre Foi et le fondement inébranlable de votre espérance, car
ils sont l'accomplissement tangible des prophéties de notre Divin Maître.
Tenez donc ferme, car le grand
combat antichrétien annonce l'aube du jour de la Justice, où tout sera rétabli
pour toujours. Ne vous contentez pas de voir, mais priez. Beaucoup ne surent
pas discerner les signes annonçant le Déluge, et nombreux furent ceux qui ne
reconnurent pas les signes précurseurs de la destruction de Jérusalem ; il
en sera de même à la fin des temps…
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Rappel : Il est désormais possible de recevoir la version française des lettres et documents publiés sur Respice Stellam (Apostolat de la Maison de la Reine des Martyrs à Broadstairs) en en faisant la demande à lettredebroadstairsfrancais@gmail.com
Le 30 avril dernier, l'abbé Girouard a écrit à ses groupes le message suivant. Cette analyse nous semble intéressante à considérer pour comprendre les événements contemporains.
Il y a quelques jours, je vous informais que des sources vaticanes indiquaient que le Pape suivrait la voie de 1988 concernant les consécrations épiscopales de la FSSPX. Cette information provenait d'un article de Rorate Coeli.
Hier, LifeSiteNews a apporté des précisions :
Le cardinal Fernandez a déjà préparé un document d'excommunication et de schisme. On ignore s'il concernera tous les membres de la FSSPX, voire même les fidèles qui la soutiennent.
En réponse, Mgr Fellay a déclaré, lors d'un sermon à St. Mary's Kansas :
« Je préfère ne pas jouer les prophètes, mais je suis presque certain qu'il y a une forte probabilité que vous tous, nous y compris, soyons excommuniés, déclarés schismatiques. Cette probabilité est très élevée car ils l'ont déjà annoncé publiquement. Ils se forcent donc, pour ainsi dire, à le faire. Mais quoi qu'il en soit, Dieu peut faire des miracles. Ce n'est pas la fin », a-t-il affirmé.
L'invocation d'un miracle par Mgr Fellay à Rome rappelle à beaucoup d'entre nous, j'en suis sûr, les miracles qu'il espérait lorsqu'il a lancé deux croisades du Rosaire : pour la liberté de la messe traditionnelle et la levée des excommunications de 1988.
Vous vous souvenez peut-être aussi de la rapidité avec laquelle il a déclaré que les miracles s'étaient produits et de la nécessité de remercier publiquement la Vierge Marie.
Ce faisant, il induisait clairement le peuple en erreur et offensait la Vierge Marie. En effet, Notre-Dame ne peut nous offrir de présents empoisonnés. C'est impossible.
Or, le Motu Proprio Summorum Pontificum de 2007 était un mauvais document. En effet, il déclarait officiellement que la messe traditionnelle était moins bonne pour l'Église que le Novus Ordo, puisqu'il déclarait ce dernier comme la forme ordinaire de la liturgie romaine, et la messe tridentine comme une exception, une forme « extraordinaire ». De plus, il laissait aux évêques locaux le pouvoir de décider de la mise en œuvre effective du Motu Proprio.
Quant au décret de 2009 « levant » les excommunications, il n'a jamais abrogé le décret de 1988 lui-même. Il n'a jamais reconnu l'invalidité des excommunications. Il n'a jamais fait table rase du passé. Il a simplement indiqué que, par souci de bonne volonté, le Vatican suspendrait l'application du décret. Autrement dit : le décret existe toujours, mais son application est suspendue. Dans une affaire civile et pénale, la déclaration serait : « Votre condamnation pour un crime grave est toujours valable, mais, dans un geste de bienveillance, nous vous libérons de prison. » Il ne s'agit en aucun cas d'une déclaration d'innocence ni d'une condamnation injustifiée.
Comme vous pouvez le constater, les décisions romaines de 2007 et 2009 ne sauraient être considérées comme des réponses miraculeuses ou des dons de la Vierge Marie en réaction aux Croisades du Rosaire.
Or, depuis le 2 février dernier, nous assistons à un véritable théâtre d'opérations entre la FSSPX et Rome.
La FSSPX prétend renouer avec la voie tracée par Mgr Lefebvre, quitte à s'exposer à l'excommunication et à une déclaration de schisme comme en 1988.
Rome fait croire que tout est prêt. Il ne manque plus qu'une signature sur un parchemin.
Les deux camps s'empressent de répéter à qui veut l'entendre qu'un affrontement est inévitable. Cardinaux, évêques, prêtres et commentateurs conservateurs affirment tous qu'il faut éviter un tel conflit, trouver une solution avant qu'il ne soit trop tard. Ce serait une immense tragédie pour toute l'Église.
Le but de cette mise en scène est de nous tenir en haleine, de nous faire haleter, le front plissé d'une main et le chapelet serré de l'autre…
Mais voilà que Mgr Fellay, ce même personnage peu scrupuleux qui a tenté de nous duper en 2007 et 2009, ose espérer un miracle !
Nous prépare-t-il à voir comme un miracle un acte « miséricordieux et compatissant » du Pape qui, en réalité, a été décidé il y a des mois comme l'acte final du spectacle commencé le 2 février ?
Pour moi, le véritable miracle serait l'excommunication définitive de la FSSPX et de ses fidèles de l'Église conciliaire. Être déclaré sans communion avec une Église hérétique, schismatique de la Tradition de l'Église catholique, serait un honneur et une preuve de la véritable foi catholique !
Nous pourrions oublier toutes les manœuvres de Mgr Fellay et de ses acolytes (toujours à la tête de la FSSPX) depuis la fondation du GREC en 1997.
Alors la situation entre l'Église conciliaire et la FSSPX serait claire et bien définie, nous pourrions retrouver espoir en l'avenir de la véritable Église.
Nous verrons bien…
En attendant, le spectacle continue, mes amis. Préparez le pop-corn et gardez la bière au frais !
Voici la nouvelle Lettre de Broadstairs, rédigée par Mgr Paul Morgan qui poursuit l'apostolat à Broadstairs depuis le décès de Mgr Williamson. Il est désormais possible de recevoir la version française des lettres et documents publiés sur Respice Stellam (Apostolat de la Maison de la Reine des Martyrs à Broadstairs) en en faisant la demande à lettredebroadstairsfrancais@gmail.com
Nova et vetera
L’avènement du souverain Juge
Il est superflu de chercher l'heure
précise du retour de Notre Seigneur, car c'est un secret impénétrable, inconnu
de toute créature.
Toutefois, ce moment suprême, qui
mettra fin au monde actuel de péché sera précédé de signes frappants qui
captiveront l'attention des croyants comme des impies : la persécution de
l'Antéchrist et l'apparition d'Énoch et d'Élie. Saint Paul affirme que le Jésus-Christ
terrassera l'Antéchrist du souffle de Sa bouche, comme si le châtiment de
l'homme de péché coïncidait avec le Second Avènement. Cependant, cette
interprétation n'est pas partagée par tous, car les paroles de saint Paul
pourraient signifier que la destruction de l'Antéchrist ne serait consommée
qu'au jour du Jugement général, bien que sa mort soit déjà survenue quelque
temps auparavant.
De plus, les Évangiles laissent
clairement entendre qu'il y aura un certain laps de temps, quoique relativement
bref, entre le châtiment du monstre et la consommation de toutes choses. Saint
Thomas d'Aquin [Suppl. qu. 81, art. 1] répand une vive lumière sur le temps qui
s'écoulera entre la mort de l'Antéchrist et la venue du Seigneur :
« Avant l'apparition des signes du jugement, les impies se croiront en
paix et en sécurité, car ils ne verront pas la fin du monde telle qu'ils
l'imaginaient auparavant. » Dès lors, il est possible de formuler les
conjectures plausibles suivantes, bien qu'elles ne relèvent que du domaine des
simples probabilités.
Nous avons déjà parlé du triomphe
retentissant de l'Église après la défaite de l'Antéchrist et de la façon dont
elle ouvrira son cœur et ses bras à tous, à ses enfants, aux Juifs convertis,
aux hérétiques convertis, aux descendants des enfants de Noé (Cham, Sem et
Japhet) ; en un mot, réalisant la grande unité acquise par le Sang de
l'Agneau de Dieu, lorsqu'il n'y aura qu'un seul troupeau et un seul berger.
Il y aura sans doute encore des
personnes mauvaises et impies, même en ce temps de triomphe, mais il est permis
de penser qu'elles seront cachées dans l'immensité de l'exaltation publique.
Cependant, ces jours merveilleux ne
dureront que jusqu'à ce que les gens commencent à oublier ces événements
solennels qui les ont conduits au bonheur, et alors une certaine tiédeur
s'installera après la ferveur initiale, et cette transition se produira
rapidement étant donné que l'Église n'aura plus d'ennemis à combattre.
Le même thème est développé par
l'abbé Arminjon dans son ouvrage « Fin du monde présent. Mystères de la vie future
». Il écrit : « L'humanité, par un abus criminel des grâces, retournera à ses
souillures. Tournant ses aspirations vers le monde, elle se détournera de Dieu
Tout-Puissant, au point de ne plus voir le Ciel et ne plus se souvenir de Ses
justes jugements. Toute foi sera éteinte dans les cœurs. La Divine Providence
jugera qu'il n'y a plus aucun remède. »
« Ce sera comme au temps de Noé,
lorsque les hommes vaquaient à leurs occupations habituelles jusqu'à ce que le
déluge arrive et submerge le monde entier. De même, la catastrophe finale
surviendra lorsque le monde se sentira le plus en sécurité, la civilisation sera
à son apogée, l'argent abondant, avec des fêtes nationales et de grandes
expositions. L'humanité se complaira dans une prospérité matérielle sans
précédent, à l'image de cet homme de l'Évangile qui, se croyant à l'abri, ses
greniers remplis, entendra soudain, au milieu de la nuit, un grand tumulte et
une voix s'écrier : « Dieu est là, sortez à Sa rencontre ! » (Matthieu 25,6). »
Et l'auteur ajoute que ces hommes
n'auront pas le temps de se repentir, bien que nous devions diverger sur ce
point car la grande catastrophe sera en effet précédée de signes effrayants
qui, ensemble, constitueront un appel suprême de la Miséricorde divine.
Le soleil s'obscurcira, la lune ne
brillera plus et les lois du mouvement des astres sembleront suspendues. Les
mers seront en proie à une grande turbulence, accompagnée de vagues
gigantesques, et la terre sera secouée par des tremblements de terre, si bien
que les hommes ne sauront où se réfugier. Enfin, la terre s'ouvrira et crachera
un brasier infernal, tandis que dans le ciel apparaîtra une croix éclatante,
annonçant la venue du Juge Souverain.
Nul ne peut dire combien de temps
dureront ces signes. L'Écriture sainte affirme seulement que les hommes seront
saisis de crainte, mais que certains se convertiront, comme au temps du Déluge,
selon saint Pierre.
Quant aux justes, ils lèveront la
tête avec confiance, et la croix resplendissante les comblera de joie. Ainsi
l'Église aura accompli sa mission terrestre et le monde aura attendu qu'elle ait
moissonné le dernier des élus.
Nous avons le plaisir de vous présenter le nouveau site Respice Stellam, entièrement remanié. Vous y trouverez les archives officielles de la « Lettre de Broadstairs » ainsi que tous les « Commentaires Eleison » en plusieurs langues, regroupés dans une base de données consultable. N’hésitez pas à le visiter pour vous familiariser avec son fonctionnement. Ce site comporte également une page dédiée aux dons en ligne destinés à soutenir la suite de l’apostolat de Mgr Williamson. Que Dieu vous bénisse.
Sermon pour la Vigile de Pâques de S.E. Mgr Michael Stobnicki - Evêque polonais de la Résistance Catholique
Voici la traduction intégrale de ce sermon polonais en français :
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Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il
Nous nous réunissons en cette sainte nuit pour méditer le mystère de la résurrection de notre Seigneur Jésus-Christ. Pour méditer ce moment qui a changé le cours de l’histoire, ce moment où la mort a été vaincue, écrasée. Le vainqueur de la mort, de l'enfer et de Satan sort du tombeau comme un chef triomphant, comme celui qui nous conduit aux portes du Ciel qui ont été ouvertes.
Le Vendredi Saint, lorsque le Christ est mort sur la croix, comme l’a décrit l’apôtre saint Jean dans son Évangile, un centurion a ouvert son côté avec une lance. Il ne l’a pas transpercé ou blessé par hasard, mes chers frères, mais il l’a ouvert, car le coeur de Jésus est la porte du Ciel. En ce Vendredi Saint, alors que le Seigneur achevait son sacrifice expiatoire et payait la dette de l’ancienne faute, ces portes du Ciel se sont à nouveau ouvertes pour nous.
C'est à juste titre que saint Jean l'Évangéliste utilise ce verbe pour exprimer la réalité surnaturelle : l’ouverture des portes du Ciel. Et il ajoute que de ce coeur sont sortis du sang et de l'eau. Cela n'a pas seulement coulé, cela est sorti. À travers une porte, on sort et on entre. Par la porte ouverte du coeur de Jésus, la grâce de Dieu est sortie sur ce monde.
1) Le sang et l'eau symbolisent les sacrements de l'Église
En premier lieu, le thème principal de cette liturgie du Samedi Saint : le sacrement du baptême. Le baptême qui lave l'âme du péché originel. Le baptême qui verse la grâce de Dieu dans l'âme.
Chers fidèles, nous célébrons cette nuit bénie, la seule nuit qui fut digne de connaître l'heure de la résurrection. Cette nuit où le Christ a anéanti la mort. Cette nuit qui est étroitement liée au Vendredi Saint. On ne peut séparer le Vendredi Saint du matin de la Résurrection. On ne peut séparer la croix du Christ, sa passion et sa souffrance, de la gloire et de l'éclat de sa résurrection.
2) Le Mystère de la Chapelle d'Adam
Ceux d'entre vous qui ont eu la chance de visiter la Terre Sainte et la basilique du Saint-Sépulcre ont peut-être vu deux endroits particuliers qui expriment le mystère de cette nuit : le Calvaire et la chapelle d'Adam. Il s’avère, mes chers, que la chapelle d'Adam se trouve au pied du Calvaire, exactement sous le lieu de la crucifixion du Christ. Nous nous souvenons tous que les Évangiles indiquent qu’au moment où le Christ a expiré, il y eut un puissant tremblement de terre. Le rocher du Calvaire, sur lequel le Christ fut crucifié, s'est fendu. Cette fissure est encore visible aujourd'hui à travers plusieurs mètres de roche.
Ce tremblement de terre n'était pas un hasard. Lorsque le rocher s'est fendu, le sang qui coulait des plaies de Jésus et de la croix a coulé à travers cette fissure jusqu'au tombeau d'Adam, lavant son crâne.
Ainsi, ce lieu exprime de manière unique le mystère de la Rédemption. Notre premier père Adam, par qui la mort est entrée dans le monde, reposait précisément là où, des millénaires plus tard, la rédemption devait être accomplie. Et en ce Vendredi Saint, le sang du Christ, le "Nouvel Adam", le Sauveur qui apporte la vie au monde, a coulé sur les restes d'Adam.
3) L'Exsultet
C'est pourquoi la Sainte Église proclame aujourd'hui dans l'Exsultet ces paroles qui nous semblent parfois impénétrables :
"Ô nuit, où le Christ, brisant les liens de la mort, est remonté victorieux des enfers. Car notre naissance ne nous aurait servi de rien, si nous n'avions pas été rachetés... Ô l'inestimable tendresse de ton amour ! Pour racheter l'esclave, tu as livré le Fils ! Ô faute d'Adam, certainement nécessaire, qui fut effacée par la mort du Christ ! Ô bienheureuse faute, qui nous a mérité un tel et si grand Rédempteur !"
Chers fidèles, nous nous penchons aujourd'hui sur le mystère de la rédemption. La Sainte Église nous fait prendre conscience de ce à quoi la passion de Jésus doit nous conduire. Qu'est-ce que la Rédemption ? La rédemption signifie pour nous une nouvelle naissance. Le Christ paie la dette de nos péchés et les lave de son propre sang, tout comme il a lavé les restes d'Adam.
4) Méditons sur la Grâce du Baptême.
Elle sera liée à une ferme résolution de garder et de préserver la grâce que nous avons reçue par le Saint Baptême. Une grâce insondable : ce lavage des fautes, cette libération du péché.
Prenons conscience de ce qu'est le Saint Baptême et de ce qu'il accomplit en nous. En méditant cette nuit sainte, où le Christ est descendu aux enfers pour en faire sortir les âmes des justes de l'Ancienne Alliance qui attendaient depuis des millénaires, réalisons quelle grande grâce c'est pour nous tous d'avoir été baptisés et d'être catholiques.
Rappelons nous de la valeur du Sacrement . C'est une grâce insondable que, mes chers, nous méprisons souvent, que nous n'apprécions pas assez et que nous traitons comme quelque chose d'ordinaire. Pourtant, le sacrement du Saint Baptême n'est rien d'ordinaire, de banal ou de commun. Car dans le sacrement du Saint Baptême se produit exactement ce qui s'est passé le Vendredi Saint au Calvaire : le rocher du péché et de la servitude dans lesquels tu es né se fend. Ce rocher se brise et le sang du Christ lui-même coule sur toi. Il te lave.
Si seulement nous réalisions quelle grâce nous a touchés, nous désirerions vivre de cette grâce de Dieu, de cette grâce sanctifiante, et ne jamais la perdre. Car qui d'entre nous peut avoir la garantie qu'il aura encore l'occasion de retrouver cette grâce ?
5) Un Appel dans des Temps Difficiles
Nous vivons des temps difficiles, et des temps encore plus difficiles nous attendent. Ce Samedi Saint doit être pour nous tous une occasion, un appel à la ferme résolution de vivre par la grâce du Saint Baptême et de demeurer dans la grâce sanctifiante.
Ce n'est pas une évidence : c'est un don immense que nous avons reçu de la Très Sainte Trinité. Vivre de la grâce sanctifiante est quelque chose d'inouï : avoir en soi la vie de Dieu lui-même, devenir participant à la vie surnaturelle de la Sainte Trinité.
Persévérance et repentir
Ayons cette résolution de demeurer dans cette grâce baptismale et d'y persévérer jusqu'à la mort. Que celui qui demeure encore dans le péché s'en détache au plus vite ; que celui qui demeure dans le péché se lave au plus tôt par le "petit baptême", le sacrement de la sainte confession, et qu'il demeure dans la vigilance. Car nous ne connaissons ni le jour, ni l'heure. Cet avertissement du Seigneur Jésus devient particulièrement actuel et terrifiant, suscitant la crainte en nos temps.
6) Conclusion
En ce Samedi Saint de l'an du Seigneur 2026, je vous en prie ardemment : méditez ce qu'est la grâce du Saint Baptême. Méditez l'histoire d'Adam. Ce n'est pas un hasard si ses restes reposaient exactement à cet endroit ; c'était le plan de la Providence Divine pour nous faire comprendre ce qui s'accomplit par le baptême, le premier sacrement de la Nouvelle et Éternelle Alliance.
Cette fissure dans le rocher du Calvaire devient le témoignage de l'immense amour de Dieu et de l'action de sa Providence. Dieu réveille chacun par son inspiration à la conversion, à la rupture avec le péché et à la vie dans la grâce sanctifiante.
Ce qui est commun et quotidien finit par devenir banal, et nous cessons de l'apprécier. C'est ce qui est arrivé à notre foi catholique, au très saint sacrifice de la Messe et aux sacrements. Nos pères et nos ancêtres n'ont pas assez estimé ce grand don et cette grande grâce que Dieu a donnés à l'homme. Alors Dieu punit l'homme en lui retirant ce que celui-ci n'apprécie pas.
Puissions-nous ne pas expérimenter cette amère punition. Puisqu'il nous a été donné de connaître, par la grâce de Dieu, l'immensité de son amour et de sa foi catholique, une grande obligation nous incombe : vivre de cette foi et la professer jusqu'à la mort. Une foi non falsifiée, non diluée ou adaptée aux besoins de l'homme moderne, fier et libéral.
Cette foi dont l'un des dogmes est : Extra Ecclesiam nulla salus — Hors de l'Église, point de salut. Celui qui ne professera pas la foi catholique et ne se lavera pas dans le sang de l'Agneau ne pourra pas entrer dans le royaume des Cieux.
Gardons cela devant les yeux et prenons aujourd'hui cette ferme résolution de vivre dans la grâce sanctifiante. Et s'il nous arrive de pécher, hâtons-nous vers le trône de la miséricorde, vers le sacrement de la confession.
"Ô bienheureuse faute, qui nous a mérité un tel et si grand Rédempteur !" Heureux l'homme qui a connu ce Rédempteur et Sauveur. Heureux l'homme qui, par ce Sauveur, a été appelé à l'Église, arche du salut, hors de laquelle il n'y a pas de salut.
Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il .
De constitution athlétique, de haute stature, environ 1,80
m, regard ferme mais plein de bonté, visage bien proportionné et agréable. D’un
esprit très vif, avec des paroles pleines de grâce et d’une fine ironie qui ne
blessait que les ennemis de l’Église. Avec ses amis, il était franc et direct,
mais sans blesser. Intelligence étonnante. On dit qu’il était capable de jouer
aux échecs avec trois adversaires en même temps, en tournant le dos à
l’échiquier, gardant tous les coups en mémoire.
Il avait une gentillesse infinie envers ceux qui venaient le
consulter. Il ne disait jamais non. Il interrompait son travail, ses articles
ou ses livres, pour recevoir ceux qui le visitaient. Il était redouté par les
communistes et les progressistes, mais il était la bonté même avec ses amis.
Son honnêteté intellectuelle fut remarquable dans sa découverte des erreurs de
Maritain et, par conséquent, dans la reconnaissance de ses propres erreurs en
tant que disciple de Maritain.
Il écrivit Le Siècle du Néant (Le Siècle de l'Enfer,
dans l'édition française) pour se rétracter de ses erreurs et proclamer
hautement qu’il s’était laissé tromper par les catholiques libéraux. « Ils nous
ont menti » fut le titre de l’un de ses articles à cette époque, qui s’étend
approximativement de peu après la fin du Concile jusqu’à sa mort en 1978.
Corção défendit admirablement la Tradition et combattit avec courage et talent
les partisans des doctrines modernistes et de la théologie de la libération. Il
aida d’innombrables âmes à demeurer fermes dans la vraie Foi.
Il existe une certaine ressemblance entre Mgr
Lefebvre et Gustavo Corção. Tous deux étaient intrépides dans le combat et
d’une immense bonté dans leurs rapports avec autrui. Tous deux ne refusaient
jamais de recevoir ceux qui frappaient à leur porte et les écoutaient avec
patience et bienveillance.
J’ai vu en Mgr Lefebvre, la première fois
qu’il est venu dans notre monastère en France, une grande sérénité. Dans son
sermon, il nous parla du livre de saint Louis-Marie Grignion de Montfort, L’Amour
de la Sagesse éternelle, et dit que cet ouvrage était très utile pour
comprendre la véritable place de la dévotion à la Sainte Vierge dans l’ensemble
de la vie spirituelle. Il prêchait avec une grande paix, et c’est cela qui m’a
le plus impressionné. À cette occasion, il conféra les ordres mineurs à deux de
nos frères. Les modernistes ne nous ont pas pardonné cette visite de Mgr
Lefebvre. Notre supérieur, Dom Gérard, fut suspendu a divinis (peine
qui interdit à un prêtre d’exercer les actes du pouvoir d’ordre, comme célébrer
la messe, entendre les confessions et administrer les autres sacrements), et
notre communauté fut exclue de l’ordre bénédictin. Comme le disait le grand
écrivain français Louis Veuillot : « il n’y a rien de plus sectaire qu’un
libéral ».
Je profite pour dire un mot sur les
catholiques libéraux, que Pie IX considérait comme les pires ennemis de
l’Église, parce qu’ils sont dans l’Église, possèdent souvent la foi, mais
agissent d’une manière contraire aux principes qu’ils professent comme catholiques.
Mgr Lefebvre voit dans cette psychologie des libéraux l’explication que les
sédévacantistes n’acceptent pas. Un pape libéral peut avoir la foi et agir
contrairement aux principes de la foi. Voilà pourquoi Pie IX les accusait
d’être les pires ennemis de l’Église. Il est regrettable que les
sédévacantistes n’écoutent pas Mgr Lefebvre.
Après cette première rencontre à Bédoin, en
France, j’ai pu voir Mgr Lefebvre plusieurs fois dans ma vie. Mais pour donner
une description rapide de sa personnalité, je ne vois rien de mieux que de
citer partiellement ce que François Brigneau a écrit et que Mgr Tissier a
reproduit dans son livre sur la vie de Mgr Lefebvre :
L’âge
n’a pas ralenti son pas. Le peu de temps dont il dispose pour accomplir
l’immense tâche qui lui a été confiée ne l’a pas davantage précipité.
Monseigneur a le pas serein des hommes qui savent ce qu’ils veulent et où ils
vont. Ce qui frappe en lui, c’est la bonté. Je veux dire, le rayonnement de la
bonté. Son sourire est comme la chaleur d’une main. Il nous émeut. Aussitôt, il
nous donne le désir de devenir meilleurs. D’être moins indulgents envers
nous-mêmes, envers nos fautes et nos défauts. D’être plus dignes du respect
que, devant lui, nous éprouvons. Un seul homme m’a inspiré un sentiment
semblable : le maréchal Pétain. Monseigneur Lefebvre et lui partagent la même
majesté naturelle, la même autorité bienveillante et la même simplicité
supérieure. Ce sont de ces hommes (…) qui suscitent spontanément des
dévouements pouvant aller, sans effort, jusqu’au sacrifice, parce que nous
savons d’instinct, avec une conviction profonde et immédiate, qu’ils se sont
sacrifiés, dès le début, à leur devoir.
Toute la page mérite d’être lue. Pétain et Mgr
Lefebvre sont ce qu’ils sont parce qu’ils se sont sacrifiés : l’un pour la
patrie, l’autre pour Dieu.
C’est pourquoi nous aimons et suivons ce grand
évêque que beaucoup ignorent ou, le connaissant, ne suivent pas ses
enseignements. Puissions-nous, au moins, savoir tirer tout le profit du trésor
que Dieu nous a donné en sa personne.
Suite à notre article de janvier, l'abbé Christopher nous a fait parvenir quelques photos de l'avancement de la construction de la clôture bien nécessaire pour protéger le prieuré et les fidèles lors des incursions.
"Dieu continue de veiller sur nous. Le 7 mars, six terroristes Fulani armés ont enlevé quatre personnes et les ont retenues dans la brousse, à environ 50 mètres derrière mon prieuré. Ils les ont libérées le 13 après avoir reçu plusieurs millions de nairas en rançon.
Le projet de mesures de sécurité se poursuit au fur et à mesure que les fonds arrivent. Nous avons accompli 65 à 70 % du travail par la grâce de Dieu.
Je dois avouer que je suis très reconnaissant envers Dieu et envers nos donateurs, que Dieu a utilisés pour m’aider. Que Dieu les comble abondamment par le Christ Notre Seigneur."
Voici déjà la dixième Lettre de Broadstairs, rédigée par Mgr Paul Morgan qui poursuit l'apostolat à Broadstairs depuis le décès de Mgr Williamson. Il est désormais possible de recevoir les lettres et documents publiés en en faisant la demande à lettredebroadstairsfrancais@gmail.com
Nova et
Vetera
La conversion des Juifs
1.Le peuple juif est au cœur de l'histoire de l'humanité, ayant reçu une vocation divine en la personne d'Abraham. Il est, avant Notre-Seigneur, le peuple sacerdotal par excellence, dont l'état, selon saint Augustin, est tout entier prophétique. Il a donné naissance à la Vierge Marie et au Sauveur du monde. Il a formé le noyau de l'Église naissante. Tous ces privilèges font du peuple juif un peuple exceptionnel, dont les destinées demeurent mystérieuses.
Mais, par un renversement étrange et lamentable, dès l'instant où elle engendra le Sauveur du monde, la race élue mérita d'être rejetée, ayant refusé de reconnaître et d'adorer humblement Sa grandeur invisible. Il semble que Dieu Tout-Puissant ait voulu montrer par là que la vocation au christianisme n'a rien de charnel, puisque ceux qui sont liés au Christ par la chair sont rejetés pour leur orgueil tenace et charnel.
Leur rejet est-il définitif ? Non, car le Tout-Puissant a réservé une miséricorde infinie à ce peuple qui fut jadis le sien. Après de longues années sans roi, sans prince et sans sacrifice, les enfants d’Israël chercheront le Seigneur, leur Dieu ; et cela se produira à la fin des temps. (Osée 3,4-5)
Comme l’a annoncé le prophète Malachie, Élie sera l'instrument de ce merveilleux retour, rétablissant l'harmonie entre les saints ancêtres du peuple juif et leurs derniers descendants. Saint Paul établit un lien entre la réprobation des Juifs et la vocation des païens. Lorsque ces derniers seront tous entrés dans l'Église, alors tous les Juifs y entreront, et ce dans une joie universelle (Romains 11, 25-27).
Pour comprendre la profonde joie que cet événement capital suscitera dans l'Église à travers le monde, il convient de se tourner vers les épisodes prophétiques des Saintes Écritures qui l'annoncent. L'entrée du peuple juif dans l'Église est symbolisée par la réconciliation d'Ésaü avec Jacob, et plus particulièrement par l'acclamation, par ses frères, de Joseph squ'ils avaient rejeté (Genèse 45). Dans la parabole de l’enfant prodigue, les Juifs sont représentés par le fils aîné qui s'irrite du retour de son frère au foyer paternel. Finalement, il cède aux supplications de son père et se joint lui aussi au festin.
Quelle joie indescriptible pour l'Église, notre Sainte Mère, lorsque les enfants de Jacob reconnaîtront et proclameront Notre Seigneur béni !
2.Sans savoir quand aura lieu ce grand événement, nous espérons apporter un éclairage sur le sujet.
Au regard de la tradition, il semble certain que l'Antéchrist sera juif. Il apparaîtra comme le fruit de cette haine grandissante qui, depuis des siècles, aigrit le cœur des Juifs contre le Christ Jésus, leur tendre frère et ami incomparable.
Il semble également certain qu'une bonne partie des Juifs acclameront le faux messie avec honneur et inciteront le monde à faire de même par le biais des médias corrompus et de la haute finance.
Cependant, dans les temps qui précéderont la venue de l'homme de péché, un mouvement de conversion à l'Église se produira parmi les Juifs. Comme toujours, les grands événements sont annoncés par des préludes.
Saint Grégoire le Grand, dans son commentaire sur la mystérieuse prophétie d'Ézéchiel (chapitre 3), affirme que la fureur de la persécution sous l'Antéchrist s'abattra principalement sur les Juifs convertis, dont nul n’égalera la constance à supporter les souffrances pour le nom béni de Jésus. Il affirme également que la venue et la prédication du prophète Élie convertiront finalement le reste de sa nation.
Le saint pape, dans ses commentaires sur le Livre de Job, affirme également que la conversion de la plus grande partie d'Israël aura lieu sous les yeux mêmes de l'Antéchrist enragé.
3.Si l’Église jouit de telles consolations au temps de la grande persécution, combien plus encore au temps de son triomphe.
De même que le Tout-Puissant se sert même des anges déchus pour accomplir ses desseins, l'Antéchrist, malgré lui, sera utilisé comme le fléau du Seigneur. Ce fléau de fer anéantira les schismes, les hérésies, les fausses religions, le paganisme, l'islamisme et le judaïsme, en préparation du règne universel de l'Évangile.
Les Juifs eux-mêmes seront les principaux artisans de l'établissement du royaume de Dieu, ce qui amène saint Paul à s'exclamer : « Si le péché des Juifs a fait la fortune du monde, si les païens se sont enrichis par leur propre iniquité, que devons-nous espérer lorsqu'ils seront sauvés ? Si leur perte a signifié un monde réconcilié avec Dieu, que peut signifier leur conversion, sinon la vie ressuscitée d'entre les morts ? » (Romains 11, 12 et 15)
Revigorée par cette infusion de vie, l’Église prendra possession du monde avec la majesté d’une reine et la tendresse d’une mère.
La prochaine fois, nous verrons si ces événements constituent le prélude immédiat au Jugement dernier ou à une ère nouvelle.
Du 1er au 12 février, l'abbé Dominique Rousseau s'est rendu au Congo en vue de la bénédiction du pont "Coeur Immaculé". Mais ce "prétexte" fut l'occasion d'un véritable apostolat.