lundi 31 octobre 2016

Le Christ Roi. La messe au service du Règne du Christ. Le programme de Satan pour détruire ce règne.

 Le Christ Roi
Sermon de l'abbé Salenave
Paris 30 octobre 2016

Les deux corps mystiques : celui du Christ et celui de l'Antéchrist


Alors que nous sommes à la veille de la Toussaint et que l'Eglise va se réjouir de tous les élus qui ont gagné le Ciel et sont associés à Notre Seigneur pour l'éternité, il est bon de relire cet extrait de M Jean Vaquié qui évoque justement l'existence d'un corps mystique de l'antéchrist. L'église conciliaire qui est sous l'influence des forces maçonniques est évidemment un danger pour la Foi traditionnelle et à ce titre, elle est un élément capital pour éloigner les âmes du corps mystique de Notre Seigneur. Puissent ceux qui veulent se rallier (ou qui le sont déjà en esprit)  à cette Rome le comprendre !


LES DEUX CORPS MYSTIQUES : CELUI DU CHRIST ET CELUI DE L’ANTÉCHRIST


Nous savons tous fort bien que nous appartenons au "Corps mystique du Christ" et que nous sommes mêlés aux combats qui Lui sont imposés, non seulement au for interne, c'est-à-dire secrètement et à titre individuel, mais encore au for externe, c'est-à-dire publiquement et à titre collectif. Aussi aimerons-nous comprendre la nature, l'origine et les finalités de l'armée dont le sacrement de confirmation nous a fait les soldats. Le "miles Christi" (le soldat du Christ) servira d'autant mieux la cause de son chef qu'il aura une connaissance plus exacte de la milice dont il fait partie. Les deux semences originelles, la semence de la femme (la très Sainte Vierge) et la semence du serpent, ont prodigieusement proliféré. Elles ont donné naissance à deux immenses "corps mystiques" antagonistes que saint Augustin définit comme deux Cités , la Cité de Dieu et la Cité de Satan, et que saint Ignace de Loyola place sous deux étendards opposés.

Le Magistère romain a donné une forme définitive à cette importante doctrine :

"Depuis que, par la jalousie du Démon, le genre humain s'est misérablement séparé de Dieu, auquel il était redevable de Son appel à l'existence et des dons surnaturels, il s'est partagé en deux camps ennemis, lesquels ne cessent pas de combattre, l'un pour la vérité et pour la vertu, l'autre pour tout ce qui est contraire à la vertu et à la vérité". (Léon XIII, Humanum Genus).

Ces deux camps ennemis sont deux "corps" qui se comportent comme DEUX JUMEAUX INVERSES dont l'humanité est porteuse et dont elle va enfanter : "... la création tout entière gémit et souffre les douleurs de l'enfantement" (Rom. VIII,22). Les "chefs" de ces deux corps, c'est-à-dire les têtes de ces deux postérités, sont le Christ et l'Antéchrist. Le Christ est apparu avant l'Eglise, Il a donc précédé Son corps mystique, comme c'est le cas pour un enfant qui se présente bien et qui est destiné à la vie. L'Antéchrist, au contraire, paraîtra après son corps mystique, il viendra en dernier, à la fin des temps, comme chez un enfant qui se présente mal et qui meurt après sa naissance. Pendant tout le temps de leur gestation, ces deux corps auront été inversés. Ils auront été des frères ennemis. Pourquoi deux corps jumeaux ? Pourquoi ce double enfantement ?

On ne peut en donner qu'un début d'explication car la véritable cause de cette dualité se perd dans le mystère d'iniquité. En raison du déséquilibre provoqué par la chute, l'humanité a pullulé outre mesure. Elle a été le siège d'une prolifération intempestive parce que les forces de la nature, au lieu d'être domptées par la "discrétion" surnaturelle, se sont dévergondées : "...Je multiplierai tes grossesses". (Gen. III, 16). Le nombre final des hommes venus à l'existence sera, en fait, très supérieur à celui qui était nécessaire pour recruter le chœur des élus ; tous les hommes ne seront pas élus, il se sera formé, au cours de l'Histoire terrestre, un déchet humain, autrement dit un corps de réprouvés. C'est à ce corps que nous avons donné le nom de "corps mystique de l'Antéchrist", dénomination assez peu utilisée, il faut le reconnaître, mais qui n'est pas répréhensible et qui est très explicative. Ils sont deux frères séparés par la Personne de Notre Seigneur. Les deux corps mystiques antagonistes ont été représentés, au calvaire, par les deux larrons. Ils sont deux frères séparés par la personne de Notre Seigneur.

Celui de gauche représente le vieil homme dont saint Paul nous demande de nous dépouiller.

Celui de droite représente l'homme nouveau dont il veut que nous soyons revêtus.

Si maintenant, au lieu de considérer l'Histoire humaine dans son ensemble, nous regardons séparément les périodes des deux Testaments, voici ce que nous observons.

Toute l'Histoire du monde antique a été conditionnée par la formation de la Personne physique de N-S J-C, formation qu'il s'agissait de mener à bon terme. Tous les événements de cette période, même ceux qui lui paraissent les plus étrangers, aussi bien chez les Juifs que parmi les nations de la gentilité, étaient subordonnés à la formation de cette personne physique, qui devait être d'une importance universelle. C'est ce que l'on exprime quand on dit que l'Ancien Testament était charnel. Il s'agissait d'aboutir à l'Incarnation. Les prières des Justes de l'Ancienne Loi ont mérité la venue de la Vierge Marie. Et les prières de la Vierge Marie, parce qu'elles étaient suffisamment immaculées et intenses, ont mérité la venue du Verbe Incarné.

Quant au Nouveau Testament, il est spirituel. Sous l'empire de la Nouvelle Loi, l'Histoire du monde est conditionnée par la constitution du corps spirituel, c'est-à-dire du "corps mystique" de Notre -Seigneur. Le monde est invisiblement gouverné par Jésus-Christ de telle sorte que pas un événement ne s'y produit qui ne soit subordonné à cette constitution. L'action du démon, elle aussi, y concourt indirectement et finalement, car Jésus-Christ possède le haut domaine sur tout, même sur le royaume du "Prince de ce monde". […] nous sommes destinés à combattre pour l'achèvement de l'Église qui est le corps mystique de Notre Seigneur.

Si Dieu nous fait participer à ce combat […] Il ne faut pas nous étonner qu'aujourd'hui ce soit l'Eglise, sa nature, son existence, sa survie, qui soient particulièrement remises en question. Tel est le combat de notre génération. 

Tel est notre lot. Il n'est pas indifférent pour notre état d'esprit et pour notre "moral" de combattant de savoir à quelle phase de la bataille nous sommes réservés : témoigner de la divinité de l'Eglise, corps mystique de N.S.J.C.

extrait de l’étude de Jean Vaquié Réflexions sur les ennemis et la manœuvre

samedi 29 octobre 2016

Jésus Christ est roi (Cardinal Pie)


 A l'approche de la fête du Christ Roi, nous invitons nos lecteurs à lire ou à relire les oeuvres du Cardinal Pie. Puisse cet extrait vous y inviter.

Source: Bibliothèque de combat

Jésus-Christ est roi ; il n’est pas un des prophètes, pas un des évangélistes et des apôtres qui ne Lui assure Sa qualité et Ses attributions de roi. Jésus est encore au berceau, et déjà les Mages cherchent le roi des Juifs: Ubi est qui natus est, rex Judeorum ? Jésus est à la veille de mourir : Pilate lui demande : Vous êtes donc roi : Ergo rex es tu ? Vous l’avez dit, répond Jésus. Et cette réponse est faite avec un tel accent d’autorité que Pilate, nonobstant toutes les représentations des Juifs, consacre la royauté de Jésus par une écriture publique et une affiche solennelle.

Écrivez donc, écrivez, ô Pilate, les paroles que Dieu vous dicte et dont vous n’entendez pas le mystère. Quoi que l’on puisse alléguer et représenter, gardez-vous de changer ce qui est déjà écrit dans le ciel. Que vos ordres soient irrévocables, parce qu’ils sont en exécution d’un arrêt immuable du Tout-puissant. Que la royauté de Jésus-Christ soit promulguée en la langue hébraïque, qui est la langue du peuple de Dieu, et en la langue grecque, qui est la langue des docteurs et des philosophes, et en la langue romaine qui est la langue de l’empire et du monde, la langue des conquérants et des politiques. Approchez, maintenant, ô Juifs, héritiers des promesses ; et vous, ô Grecs, inventeurs des arts ; et vous, Romains, maîtres de la terre ; venez lire cet admirable écriteau ; fléchissez le genoux devant votre Roi.

Entendez les derniers mots que N.-S. adresse à Ses apôtres, avant de remonter au ciel : Toute puissance M’a été donnée au ciel et sur la terre. Allez donc et enseignez toutes les nations. Remarquez, mes frères, Jésus-Christ ne dit pas tous les hommes, tous les individus, toutes les familles, mais toutes les nations. Il ne dit pas seulement : Baptisez les enfants, catéchisez les adultes, mariez les époux, administrez les sacrements, donnez la sépulture religieuse aux morts. Sans doute, la mission qu’Il leur confère, comprend tout cela, mais elle comprend plus que cela, elle a un caractère public, social car Jésus-Christ est le roi des peuples et des nations. Et comme Dieu envoyait les anciens prophètes vers les nations et vers leurs chefs pour leur reprocher leurs apostasies et leurs crimes, ainsi le Christ envoie Ses apôtres et Son sacerdoce vers les peuples, vers les empires, vers les souverains et les législateurs pour enseigner à tous Sa doctrine et Sa loi. Leur devoir, comme celui de saint Paul, est de porter le nom de Jésus-Christ devant les nations et les rois et les fils d’Israël.
Ainsi, Jésus-Christ donne à Ses apôtres la mission officielle de prêcher son règne social, bien plus, Il veut que ce règne soit proclamé par tous les fidèles. Il le fera demander chaque jour par tout chrétien dans la prière du Pater. Jamais le divin fondateur du Christianisme n’a mieux révélé à la terre ce que doit être un chrétien, que quand il a enseigné à Ses disciples la façon dont ils devaient prier. En effet, la prière étant comme la respiration religieuse de l’âme, c’est dans la formule élémentaire qu’en a donnée Jésus-Christ qu’il faut chercher tout le programme et tout l’esprit du christianisme. Écoutons donc la leçon actuelle du Maître. Vous prierez donc ainsi, dit Jésus. Sic ergo vos orabitis. Notre Père qui êtes dans les cieux, que Votre nom soit sanctifié, que Votre règne arrive, que Votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel.

Le chrétien, ce n’est donc pas comme semble le croire et comme l’affirme tous les jours et sur tous les tons un certain monde contemporain, ce n’est donc pas un être qui s’isole en lui-même, qui se séquestre dans un oratoire indistinctement fermé à tous les bruits du siècle et qui, satisfait pourvu qu’il sauve son âme, ne prend aucun souci du mouvement des affaires d’ici-bas. Le chrétien, c’est le contre-pied de cela. Le chrétien, c’est un homme public et social par excellence, son surnom l’indique : il est catholique, ce qui signifie universel. Jésus-Christ, en traçant l’oraison dominicale, a mis ordre à ce qu’aucun des siens ne pût accomplir le premier acte de la religion qui est la prière, sans se mettre en rapport, selon son degré d’intelligence et selon l’étendue de l’horizon ouvert devant lui, avec tout ce qui peut avancer ou retarder, favoriser ou empêcher le règne de Dieu sur la terre.
Et comme assurément les œuvres de l’homme doivent être coordonnées avec sa prière, il n’est pas un chrétien digne de ce nom qui ne s’emploie activement dans la mesure de ses forces, à procurer ce règne temporel de Dieu et à renverser ce qui lui fait obstacle.

Mgr Pie – 8 novembre 1859 – Homélie sur le panégyrique de saint Émilien


jeudi 27 octobre 2016

Des signes dans le ciel pour le 100 ème anniversaire des apparitions de Fatima ?

Des signes décrits dans l’Apocalypse pendant le 100ème anniversaire des apparitions de Fatima ?

Des signes décrits dans l’Apocalypse pendant le 100ème anniversaire des apparitions de Fatima ?
Nous reproduisons ci-dessous l’article très intéressant paru dansThe Remnant écrit par Patrick Archbold et traduit par  le blog Dieu et moi le nul sans Lui

Le 23 Septembre 2017, nous allons voir la constellation de la Vierge avec le lever du soleil directement derrière elle ( pareil à la Femme revêtue du Soleil mentionnée dans l’Apocalypse ). Ces événements apparaîtront pendant le 100ème anniversaire des Apparitions de « La Femme revêtue du Soleil » c’est-à-dire Notre Dame de Fatima en 1917. Qu’est-ce que cela signifie ?


Un triste anniversaire : les trente ans d'Assise


L'IMMENSE SCANDALE D'ASSISE (27 OCTOBRE 1986)
Trente ans déjà, un triste anniversaire. 

C'est aujourd'hui le trentième anniversaire de l'horrible réunion d'Assise. Réunion qui, en humiliant la seule vraie religion de Notre Seigneur n'a pu qu'attirer la colère divine sur le genre humain. Aussi nous  invitons nos lecteurs à faire ce chemin de Croix pour réparer l'offense qui est faite à la Sainte Trinité puisqu'il est évident que ce ne sera plus la néo fsspx qui le fera officiellement.

CHEMIN DE CROIX de rÉparation

Seigneur Jésus, nous vous offrons ce chemin de croix spécialement en réparation de l’outrage et du blasphème portés contre votre divinité par les rencontres mondiales des religions pour la paix, qui se déroulent depuis trente ans à l’initiative des papes conciliaires.
Par les mérites infinis de votre très saint Cœur et ceux du Cœur immaculé de Marie, nous vous demandons le retour des autorités romaines à la foi catholique.

1ère station : JÉSUS EST CONDAMNÉ À MORT
L’alliance de la Rome conciliaire avec les ennemis de l’Église nous fait redire les paroles de Notre-Seigneur à ceux qui venaient l’arrêter : « C’est maintenant votre heure et la puissance des ténèbres. » L’Église est livrée par les princes des prêtres, défigurée, tournée en ridicule.
Mon Dieu, je crois en l’Église, une, sainte, catholique et apostolique.



 Paroles de Mgr Fellay avant juin 2009

 « Il faudra s’attendre à ce que Rome essaie de nous faire entrer dans l’amalgame universaliste, où on finirait par nous offrir une place « parmi les autres »…

« On peut bien penser que la tentation de rentrer dans « l’officialité » pourra être grande , à proportion des offres que la Rome œcuméniste pourra nous faire ; refusant alors d’entrer dans ce jeu de confusion , nous passerons pour les vilains méchants… »  
Mgr Fellay, mars 1995

« Que l’on fuie comme la peste le désir de prélature, souffle du monde qui jaillit de l’orgueil et du manque de l’esprit de foi. »                                 Mgr Fellay, octobre 1996

« …On souligne les points où nous sommes d’accord, ou au contraire, on estompe les points qui pourraient heurter… Cela introduit la confusion et le malaise chez les fidèles qui ne comprennent plus trop ce qui se passe. …Pas de tradi-œcuménisme chez nous. » Mgr Fellay, juin 1999
 
« La Fraternité Saint Pierre est en train de donner un lamentable exemple de cette compromission typiquement libérale. Pas à pas Ecclesia Dei les fait céder et les pousse davantage dans « la réalité de l’église » conciliaire. »                                                            Mgr Fellay, mars 2000

« Ce que Rome nous propose n’est pas ce que nous attendons : le retour de Rome à la tradition. Le gouffre doctrinal est immense… »                                          
Mgr Fellay, juin 2001

« Nous avons une étrange impression. Celle de ne pas se trouver sur la même planète que nos interlocuteurs romains. Rien que cela. Et dans ces circonstances, bien évidemment, faire un accord serait une catastrophe. »                                                         
Mgr Fellay, juin 2004

« Nous avons pu vérifier que Benoît XVI est lui aussi pape du Concile Vatican II et qu’en raison de sa vision des choses , il lui semble impossible de renoncer ou rejeter le concile. » Mgr Fellay, octobre 2005

« Pour survivre, nous devons garder l’autonomie dans laquelle nous nous trouvons. Ce n’est que le jour où le principe fondamental de la Tradition sera ancré de nouveau que nous pourrons aller de l’avant sur ce terrain pratique. »
Mgr Fellay, février 2006
 
« Vouloir faire autrement, précipiter un accord pratique sans le fondement doctrinal serait un suicide ».                                                                              
 Mgr Fellay, juin 2006

« Le fond du problème n’est pas une question de sentiments, mais bien la profonde divergence doctrinale et disciplinaire : voici l’église conciliaire à l’œuvre, une église avec laquelle nous aussi nous ne voulons pas et ne pouvons pas nous entendre. »
  Mgr Fellay, juin 2009

Et maintenant en 2016

  
"Rome nous offre une nouvelle structure [....] Nous devons donc être prudents, mais au point où les choses en sont, vous ne pouvez imaginer rien de mieux que cette offre."
Mgr Fellay, août 2016

mercredi 26 octobre 2016

La vocation sacerdotale en 2016 : comment choisir le séminaire ?



La vocation sacerdotale en 2016- 2017 : Comment choisir le séminaire ?
source : seminaireavrille.org

Le séminaire en retraite

La vocation : sa genèse et sa confirmation

Au vu des torrents d’âmes qui se perdent et d’une société qui fait de la haine de Dieu son pain quotidien, une âme bien née et profondément chrétienne ne peut pas ne pas ressentir ce désir d’offrir sa vie, de la mettre à la disposition de Notre Seigneur pour aider à parfaire son œuvre de rédemption. Ceci est un premier signe de l’appel de Dieu qui, avec des dispositions d’esprit, de cœur et de corps, peut laisser présager que l’appel de Notre Seigneur est bien réel.
Mais ce sera l’Eglise, par l’intermédiaire d l’évêque et des supérieurs, qui jugera de l’authenticité de cet appel qui, d’intérieur, doit devenir effectif et public.
C’est donc l’évêque qui appelle  le candidat au sacerdoce ; le concile de Trente l’affirme sans ambiguïté : « Sont dits appelés par Dieu, tous ceux qui sont appelés par les légitimes ministres de l’Eglise » (session 23, chap 18). Car l’Eglise est une société dont le gouvernement a été confié par Notre Seigneur aux apôtres et à leurs successeurs, les évêques. Dieu utilise donc des créatures (évêques) comme causes secondes pour confirmer la vocation d’un jeune homme. 

La vocation  en pleine tourmente  conciliaire

Ceci étant posé et évident pour tous, le problème est de savoir quel évêque et quel séminaire   peuvent aider un jeune homme désireux de servir Notre Seigneur, à authentifier sa vocation. Nous connaissons tous le célèbre livre « La blessure » de M. Dickès qui décrit l’ambiance décadente des séminaires après le concile Vatican II. Tout était fait pour faire perdre la vocation ou, si elle n’était pas perdue,  la déformer et pour la mettre au service de la nouvelle église conciliaire. Ainsi le choix d’Ecône semblait absolument incontournable pour les jeunes gens qui désiraient se mettre sous l’autorité d’un évêque qui tout en fortifiant leur vocation les formerait à devenir les prêtres dont le monde et les âmes avaient besoin.
Mais le démon n’allait pas laisser ruiner son plan en permettant à l’archevêque de continuer son œuvre de formation sacerdotale. Les évêques de France déclarèrent le séminaire d’Ecône « sauvage »… comme si les réformes conciliaires et l’esprit des nouveaux séminaires ne l’étaient pas ! 
Le flux de séminaristes ne cessant pas d’augmenter, Rome frappa l’archevêque d’une peine de suspens puis lui interdit  de procéder aux ordinations. Rien n’y fit, le flux ne tarissait pas, les vocations voulant échapper  à la théologie œcuménique et libérale.

La vocation ralliée

C’est en 1988 que le démon frappa le plus fort à l’occasion du sacre des 4 évêques par Mgr Lefebvre. Les modernistes créèrent la commission « Ecclesia Dei » pour attirer à eux les traditionalistes les plus faibles ou seulement attachés à la liturgie tridentine  afin de les empêcher de suivre l’archevêque dans son vrai combat de la Foi.  A ce moment se créèrent divers instituts ralliés (St Pierre, Christ Roi, IBP …) qui détournèrent sûrement de bons jeunes pour les mettre sous la dépendance directe ou indirecte des autorités modernistes. Le nombre actuel de ces jeunes, qui ne manquent peut -être pas d’une certaine générosité juvénile, ne doit pas cacher une grande indigence doctrinale en ce qui regarde le combat contre les erreurs modernes. Dans un interview paru récemment, le supérieur de l’IBP est obligé d’avouer que « Nous dépendons directement de Rome, de la commission Ecclesia Dei. Mon supérieur hiérarchique est le cardinal Muller, puisque la Commission a été rattachée il y a quelques années à la congrégation pour la doctrine de la foi. Nous avons effectivement ouvert une maison à Rome, notamment parce que nous avions des séminaristes qui avaient déjà suivi deux ou trois ans d’études qu’ils devaient poursuivre au sein des facultés romaines. » (https://present.fr/2016/10/14/un-petit-tour-de-force-du-bon-dieu/.
Donc l'IBP ne peut pas assurer un cursus traditionnel complet... et a recours aux universités conciliaires pour former ses séminaristes. Mais ce qui est le plus grave c’est que cette sorte de paravent traditionnel  va permettre à la révolution conciliaire de canaliser cette jeunesse dans les méandres de l’esprit néo-moderniste pour les ramener lentement mais sûrement vers l’adhésion aux idées du concile. 

La vocation sacerdotale depuis la crise de 2012


Et Ecône en 2016 ? Ecône est-il resté Ecône depuis la crise de 2012 ? Pour beaucoup, Ecône n’a pas changé  dans son enseignement. Si Ecône n’a pas varié matériellement et humainement, peut-on dire que l’orientation générale reste celle que désirait  Mgr Lefebvre ? Mgr souhaitait une sainteté sacerdotale qui ne fasse pas abstraction de l’apostasie romaine, qui désire mener le bon combat de la Foi et tenir fidèlement jusqu’à la conversion de Rome ou au moins celle du Pape de telle sorte qu’il soit redevenu parfaitement catholique. Nous avons tous admiré ces grands lutteurs de la Foi qui entourèrent Mgr Lefebvre après le Concile (tels Mgr de Castro Mayer, Mgr Ducaud Bourget, les abbés André, Coache, Serralda etc …). La grâce du sacerdoce s’épanouissait alors sous la forme d’un zèle enflammé pour résister à la folie conciliaire qui détruisait le Règne du Christ dans le monde. Ce zèle était immense chez Mgr Lefebvre et son indignation lors du scandale d’Assise en témoigne bien. Mais que penser d’une œuvre ou d’un séminaire où l’on forme des prêtres qui n’ont sous les yeux que diplomatie, louvoiement, tentatives d’accords en douce, compromissions, adaptations, silences calculés, relations cordiales, projets de prélatures  avec les pires démolisseurs de la Foi ? Est-il pensable que des jeunes gens enflammés pour servir la Vérité sans tache de Notre Seigneur et combattre le mal (qui est surtout à Rome aujourd’hui) ne se sentent pas déchirés intérieurement et en opposition plus ou moins latente avec leurs propres supérieurs. N’en seront-ils pas abîmés ou amoindris spirituellement ? Nous avons des témoignages multipliés de prêtres qui, sans vouloir faire le pas vers la résistance, « n’en peuvent plus de ce climat de division interne qui vient de la tête de la Fsspx ». Or nous savons tous qu’une maison divisée contre elle-même ne peut subsister. Il faut aux hommes, et surtout aux séminaristes, un climat de paix et de charité mutuelle qui ne peut venir que de l’union dans la vérité. Et c’est ce que nous essayons de faire modestement au séminaire sous l’égide de Notre Dame, Saint Louis-Marie et bien sûr de Mgr Lefebvre.
Mais nous ne sommes que de pauvres  et faillibles instruments du Bon Dieu et  c’est pourquoi nous n’hésitons  pas à recommander le séminaire Saint Louis-Marie à vos ardentes prières auprès de Dieu pour que cette petite graine puisse germer et former de bons prêtres pour Notre Seigneur  .
Abbé Matthieu Salenave

mercredi 12 octobre 2016

Baptême d'adulte au monastère de Santa Cruz



En la fête de Notre Dame des sept douleurs, S.E. Dom Thomas d'Aquin a donné le baptême sous condition à un converti du Protestantisme, venu de Sao Paulo.
Prions pour la persévérance de ce nouveau catholique.
Deo Gratias !

Voici ci dessous quelques photos de la cérémonie:



mardi 11 octobre 2016

De la condamnation de l’erreur

L’article suivant explique pourquoi l’erreur doit être réfutée (quelle que soit sa provenance), et aussi montre pourquoi la FSSPX, qui autrefois accomplissait ce devoir, doit plus que jamais, s’y remettre aujourd’hui. (M. l’abbé Chautard, présentement Recteur de l’institut universitaire St Pie X à Paris.)
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Le ministère critique de la Fraternité par M l’Abbé François-Marie Chautard
Le Chardonnet n° 239 de juin 2008   
[...] Quitte à travailler de l'intérieur, ne peut-on pas garder un silence respectueux sur les erreurs modernes répandues par les autorités tout en prêchant la bonne doctrine ?
A vrai dire, le silence respectueux n'est moralement possible que pour éviter un mal pire. L'histoire de saint Pie X nous en fournit un exemple avec l'Action Française, quand il estimait qu'une condamnation était inopportune et aurait entraîné bien plus d'inconvénients que d'avantages. Or, dans le cas présent, les circonstances sont telles que l'inconvénient qui résulte du silence (la négligence pour le bien commun de la foi et le scandale pour les fidèles) est pire que l'inconvénient qui résulte de la dénonciation de l'erreur (la mise apparente au ban de la société visible de l'Eglise conciliaire).
La réponse tient donc en un mot : le bien de la foi. Le bien de la foi suppose aujourd'hui la condamnation de l'erreur pour deux raisons :
- la garder soi-même. L'expérience prouve, hélas, qu'il ne suffit pas de prêcher la vérité mais qu'il faut aussi condamner les erreurs ;
- prévenir la chute de ceux qui pourraient être tentés d'y succomber.
Ajoutons les arguments suivants qui pèsent dans la balance et montrent qu'un véritable amour de la foi ne peut se conjuguer aujourd'hui avec un respectueux silence :
1. La vérité réclame la condamnation de l'erreur : « les prédicateurs de la vérité doivent faire deux choses, à savoir exhorter selon une sainte doctrine, et vaincre la contradiction »(1).
2. Le bien de la foi postule cette condamnation publique de l'erreur quand bien même l'autorité y tomberait : « En cas de nécessité, là où la foi est en péril, n'importe qui est tenu de faire connaître sa foi, soit pour instruire ou affermir les autres fidèles, soit pour repousser les attaques des infidèles » (2), « S'il y avait danger pour la foi, les supérieurs devraient être repris par les inférieurs, même en public. Aussi Paul, qui était soumis à Pierre, l'a-t-il repris pour cette raison »(3).
3. La vérité est bien mieux mise en évidence par la distinction d'avec l'erreur et la condamnation de celle-ci(4).
4. La vérité ne doit pas se cacher par peur des critiques qui existeront toujours quoi qu'il arrive : « Il vaut mieux causer du scandale que d'abandonner la vérité »(5).


5. La politique qui consiste à rechercher seulement les passages traditionnels dans le Magistère (sorte de scanner intellectuelle qui ne détecte que les passages traditionnels) est à la base la même qui soutient l'œcuménisme : ne voir que les bons aspects des religions (pour ne pas risquer de nuire à une entente qui favoriserait le rapprochement).
6. Les fondements rationnels de notre position reposent sur la trahison de Rome et l'abandon par celle-ci de la Tradition. Ne mentionner que les bons côtés de Rome conduirait petit à petit à oublier les raisons de notre combat et à retomber insensiblement dans les erreurs combattues.
7. Le meilleur service que nous puissions rendre à Rome est de ne pas nous taire sur les erreurs conciliaires et de rester ferme. Que dirait-on d'une épouse ou d'enfants qui ne préviendraient pas leur époux et père, lorsque ce dernier s'engagerait dans une voie mortelle ? Ne serait-ce pas là non de l'amour mais une lâcheté servile et cruelle ?
8. Cette clarté d'exposition et donc cette condamnation des erreurs est rendue plus nécessaire en raison de l'augmentation de la confusion dans l'Eglise et en particulier dans les milieux traditionnels. Cette confusion s'explique par :
- la pomme de discorde Ecclesia Dei qui plus de 20 ans après, ne cesse pas de réaliser son but : énerver les convictions et diviser les forces. De là.
- une palette de plus en plus variée de nuances doctrinales et donc une confusion des esprits plus grande, esprits qui ont du mal à se faire une idée, ce qui n'était pas le cas lorsque les deux « camps » étaient bien tranchés ;
- une jeunesse qui n'a pas connu les combats des vétérans, n'a pas eu à se positionner et a donc davantage besoin de précision ;
- une perte chez certains de l'habitude du combat et avec elle de réfléchir sur les raisons de celui-ci puisque la dernière crise qui remonte à 1988 avait permis de renouveler des convictions.
9. Ne mentionner que les bons côtés de Rome conduirait d'abord à croire que la crise touche à sa fin, puis dans un délai proche, à ne pas comprendre le refus des autorités de la Fraternité de conclure un accord avec Rome, et donc d'atténuer cette force de résistance.
Cela étant dit sur ce devoir critique, il reste à voir si les ralliés ont au moins conservé leurs positions de départ. [...]
 Remarques
(1) Saint Thomas d'Aquin, Comm. in 2.Cor. 2, leçon 3, n°72.
(2) Saint Thomas d'Aquin, Somme Théologique, II.II.q.3, a.2, ad 2.
(3) Saint Thomas d'Aquin, Somme Théologique, II.II.q.33, a.4, ad 2.
(4) C'est le procédé de saint Thomas qui pose les objections, l'affirmation de la vérité et la réponse aux objections.
(5) Saint Grégoire, Hom. 7 sur Ezéchiel.
Source: http://laportelatine.org/district/france/bo/20ansapres/critique/critique.php