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lundi 12 février 2018

Défendre Menzingen

Mgr Williamson réduit ici les arguments de ceux qui plaident pour une prélature.

 « Commentaire Eleison » par Mgr. Williamson – Numéro DLII (552)

Les paroles et les actes hasardés par l’actuel occupant du Siège de Pierre depuis maintenant cinq ans, sont autant de délits franchement anticatholiques auxquels Vatican II a ouvert la voie. Ce contexte rend de plus en plus incompréhensible l’attitude des successeurs de Mgr Lefebvre qui persistent à vouloir mettre la Fraternité sous contrôle romain. C’est pourtant ce qu’ils font. Est-ce l’attrait d’un chapeau de cardinal ? Ou bien, sont-ils fatigués du combat ? S’acharnent-ils pour être « reconnus » un jour par les Conciliaires ? Comment s’imaginent-ils que Mgr Lefebvre aurait approuvé ce qu’ils font ? Dieu le sait. Quoi qu’il en soit, ceux-là servent Menzingen qui s’entêtent à justifier la glissade qui depuis vingt ans emporte la Fraternité St Pie X bien loin des positions de Mgr. Lefebvre. Voici deux exemples récents.

Premier exemple. Pour défendre la poursuite par Mgr Fellay d’une prélature personnelle à Rome, un prêtre de la Fraternité St Pie X (http://​fsspx.​news/​en/​content/​34797) semble d’avis qu’une telle prélature protégera la FSSPX contre les modernistes romains. Mais, oui ou non, Rome contrôlera-t-elle cette prélature ? Si elle en a le contrôle, elle pourra prendre son temps, comme elle l’a fait déjà avec la Fraternité Saint-Pierre, mais elle profitera de ce contrôle pour étouffer peu à peu la Tradition dans la Prélature. Pour penser autrement, il faut simplement ne pas avoir encore compris qui sont ces Romains. Gustavo Corçao n’a-t-il pas dit : «  Seuls les saints croient au mal » ? Quant à Mgr Lefebvre, ne les a-t-il pas qualifiés d’antichrists ? Et si la Prélature ne sera pas sous contrôle romain, jamais ils ne l’accorderont.

Et ensuite ce prêtre tente de discréditer les adversaires de la Prélature en prétendant qu’ils di sent que Monseigneur a changé ses principes lorsqu’il a refusé le Protocole de mai 1988. La revendication est sans fondement. Comme le dit le prêtre lui-même, le changement de Monseigneur était purement prudentiel, suite à la démonstration définitive qu’avaient faite les Romains dans les négociations du Protocole qu’ils n’avaient aucune intention de s’occuper de la Tradition comme la Fraternité et Monseigneur l’entendaient. Tant que les Romains avaient semblé manifester le moindre intérêt pour la Tradition, Monseigneur a patienté, et il est allé aussi loin que possible pour les satisfaire (en fait plus loin dans le Protocole qu’il n’aurait dû le faire, comme il l’a admis plus tard). Mais une fois qu’ils avaient clairement montré que la Tradition ne les intéressait pas, Monseigneur s’est fait inexorable – à partir de ce moment-là, la diplomatie céderait la place à la doctrine, et les Romains devraient d’abord prouver que leur doctrine n’était pas autre que celle de la Tradition catholique Ce n’était là de la part de Monseigneur aucun changement de principes, mais seulement la reconnaissance finale que les Romains étaient décidés à déchristianiser, et non pas à rechristianiser, comme il l’écrivit un mois plus tard au cardinal Ratzinger.

De même, le blog Catholic Family News de novembre de l’année dernière sert Menzingen. De façon intelligente le blog se demande si le vrai piège de Rome pour attraper la Fraternité ne vise pas, plutôt que la reddition totale de la Fraternité, sa désintégration par le morcellement (en fait, Rome réalise les deux). Aussi Rome répète-t-elle les offres alléchantes dont chacune divise les prêtres de la Fraternité pour en détacher quelques-uns, tandis que Menzingen espère des monts et merveilles pour finir par se trouver cruellement déçu par une nouvelle exigence impossible de la part de Rome. Et le jeu va continuer jusqu’à ce que la Fraternité soit complètement défaite. Par conséquent, conclut CFN, la Fraternité doit à tout prix rester unie, et aucun prêtre de la Fraternité ne doit la quitter.

Mais, cher CFN, comment Mgr Lefebvre a-t-il fait pour construire la Fraternité en premier lieu ? Certes, lui aussi a souffert des divisions et défections sous sa direction. Les a-t-il surmontées en criant pour l’unité, l’unité, l’unité ? Mais c’était là le grand argument de Rome contre Mgr Lefebvre ! Son grand argument à lui était la Foi, la Vérité, la Foi. Plaider comme vous le faites pour l’unité de la Fraternité derrière ce Menzingen qui favorise Rome, c’est plaider pour la destruction de la Fraternité ! L’unité est toujours spécifiée par ce autour de quoi il faut s’unir. Sous Monseigneur, c’était autour de la vérité catholique, qui faisait toute la force de la Frate rnité. Depuis 2012, c’est autour de Menzingen, qui en cherchant à se soumettre aux Conciliaires de Rome fait actuellement la division et la ruine de la Fraternité, en amadouant les Conciliaires qu’elle est née pour combattre.
Courage, chers lecteurs. “La vérité est puissante et elle prévaudra”, avec ou sans la Fraternité St Pie X.

Kyrie eleison.La confusion règne, descendant d’en haut. Priez pour le pape et les évêques, avant qu’ils ne meurent !

mardi 14 novembre 2017

Proche prélature pour la FSSPX ?

Nous avons trouvé intéressantes ces quelques réflexions qui aident à voir où en est réellement la situation. 


Mgr Fellay vient de faire un tour de France, assez discret, des différentes communautés de la tradition en France. Nous n'avons pas eu vent de tous ses propos mais en résumé, nous savons qu'il défend mordicus sa position que le pape actuel nous veut du bien.


Ces genres de tournées sont en général des phases préparatoires pour les esprits : pas de grands discours publics ou de conférences houleuses mais un discours proche des autorités locales pour les rassurer sur la sincérité de leurs dispositions combatives, mais en même temps des paroles suffisamment floues et évasives pour commencer à ouvrir les esprits à l'idée d'un événement à venir.

lundi 10 juillet 2017

Voici le programme de François

Le site Reconquista reproduit un article paru dans le journal progressiste "La Croix" du 7 juillet dernier (à l'occasion des 10 ans du Motu Proprio). Alors que certains pensaient que la lettre du cardinal Müller était un coup d'arrêt dans le rapprochement canonique entre Rome et Menzingen, le pape revient et explicite le projet de prélature : preuve que la lettre du cardinal Müller n'était qu'un écran de fumée destiné à rassurer ceux qui s'inquiétaient de la reconnaissance des sacrements de la fsspx. Notons aussi au passage que toutes les reconnaissances canoniques (mariages, ordre, confessions) n'ont pas été remises en cause par le cardinal Müller.  La ralliement continue donc.

François envisagerait-il d’abolir Summorum Pontificum ?  
De Nicolas Senèze 
sur le site du journal La Croix


Le pape François réfléchit à l’avenir du motu proprio
Le pape, qui a conscience des tensions qu’a pu entraîner la possibilité pour les prêtres de choisir leur rite pourrait profiter de l’accord avec les lefebvristes pour réserver l’ancien rite à leur seule prélature personnelle.
Dans les couloirs du Vatican, Summorum Pontificum n’est plus vraiment un texte d’actualité. Plus importantes semblent être aujourd’hui les discussions avec la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX) pour qui le texte de Benoît XVI n’a pas forcément été une bonne nouvelle : en sortant du débat la question liturgique, le pape allemand avait en effet permis d’aller au fond des désaccords théologiques.

Selon la Commission « Ecclesia Dei », chargée à Rome du dialogue avec la FSSPX, ces désaccords seraient aujourd’hui aplanis. Seule manque encore la signature de Mgr Bernard Fellay au bas du document soumis il y a déjà plusieurs années. « S’ils ne signent pas, ils sont vraiment très bêtes, car on leur fait un pont d’or », commente un observateur qui a lu le texte. Le supérieur général de la FSSPX devrait signer après avoir convaincu les plus récalcitrants au sein de la Fraternité. Et probablement avant l’été 2018, date du prochain chapitre général au cours duquel son mandat sera remis en jeu. Être nommé à vie à la tête d’une prélature lui éviterait une réélection compliquée.

Le prêtre ne doit pas choisir son rite
Pour François, il s’agit d’abord d’un geste d’unité : partisan d’une « diversité réconciliée » et non d’une Église uniforme, il est persuadé que, du moment que la FSSPX se dit catholique, elle y a sa place. Reste à savoir si les lefebvristes trouveront leur place dans l’Église plurielle de François. « Que feront les évêques dans les diocèses avec la prélature lefebvriste en face d’eux ? »,interroge un observateur.
Spécialiste de liturgie, le théologien Andrea Grillo se souvient d’ailleurs comment, en son temps, Summorum Pontificum avait mis les évêques en difficulté, pris soudain entre des prêtres choisissant l’ancien rite et une Commission « Ecclesia Dei » ayant une lecture très large du texte. « En introduisant un choix subjectif du rite par le prêtre, le motu proprio a fragilisé l’unité liturgique de l’Église et créé parfois des Églises parallèles jusque dans les paroisses. C’est une rupture de la tradition », estime-t-il.
Ce proche du pape rappelle que, archevêque de Buenos Aires, le cardinal Bergoglio avait demandé à un prêtre plutôt adversaire de la forme extraordinaire de célébrer pour les fidèles traditionalistes. Justement pour souligner que le prêtre ne doit pas choisir son rite.

« l’ordinaire de l’Église n’est pas là »
Car en même temps, le pape argentin partage avec son prédécesseur une vision très pragmatique de l’ancien rite. Comme Benoît XVI parlait du « petit cercle de ceux qui utilisent l’ancien missel », François estime que son prédécesseur « a fait un geste juste et magnanime pour aller à la rencontre d’une certaine mentalité de quelques groupes et personnes nostalgiques qui s’étaient éloignées » (1). Mais il estime qu’il s’agit bien là d’une « exception » et que « l’ordinaire de l’Église n’est pas là ». « Vatican II et Sacrosanctum Concilium doivent être promus tels qu’ils sont », affirme le pape qui refuse toute idée de « réforme de la réforme ».
Selon Andrea Grillo, François envisagerait même, à terme, d’abolir Summorum Pontificum, à partir du moment où l’ancien rite serait préservé au sein de la prélature personnelle offerte à la FSSPX. « Mais il ne mettra pas cela en œuvre tant que Benoît XVI est en vie », prévient-il aussitôt.

En attendant, ce pape pour qui les demandes de certains, « trop jeunes pour avoir connu la liturgie préconciliaire », cachent une « rigidité défensive », se prépare à entamer un nouveau cycle de catéchèses du mercredi, justement sur la liturgie. « Cela montre sa volonté de prendre ce thème au sérieux, affirme Andrea Grillo. Mais ce sera l’occasion pour lui de parler plus du contenu de la liturgie que de sa forme et des rubriques. »
(1) Entretien avec le P. Antonio Spadaro en introduction de Nei tuoi occhi è la mia parola, Rizzoli, 2016

mardi 4 juillet 2017

Voici le programme de Mgr Fellay

Dans les lignes suivantes, M l'abbé Pivert analyse les derniers événements survenus dans les rapports mouvementés entre Rome et la FSSPX, apparemment mouvementés car la réalité est sans doute tout autre.

  1. Il est certain que Mgr Fellay refusera ces conditions. Il pouvait chercher un accord avec les modernistes tout en prétendant ne pas trahir la doctrine, mais il ne peut reconnaître le modernisme ouvertement et en tant que tel.
  2. Il va ainsi restaurer ou se donner une image de « tradi » et va pouvoir blâmer tout ceux qui se sont méfiés de lui et lui ont prêté l’intention de trahir. C’étaient bien eux les subversifs qui, en s’en prenant à une honnête autorité toujours fidèle, ont risqué l’éclatement de la Fraternité Saint Pie X.
  3. Il coupe l’herbe sous les pieds de ceux qui espéraient profiter du prochain chapitre général pour se débarrasser de lui en l’accusant de trahison. Certes, certains pourraient voir la manœuvre et voter malgré tout contre sa réélection, mais ils perdent les accusations les plus voyantes. Au contraire, les défenseurs de Mgr Fellay auront beau jeu de louer son habileté d’avoir maintenu le cap dans des discussions difficiles et délicates.
  4. Les bons prêtres qui ne veulent pas se rallier et qui ont comme seul critère de refuser l’accord signé en bonne et due forme perdent leur unique argument.
  5. Or, le problème est loin d’être résolu et le ralliement loin d’être écarté. C’est toujours le nouveau code moderniste qui régit la vie de la Fraternité Saint Pie X et de ses fidèles. Celle-ci ne forme toujours pas une élite capable de tout sacrifice jusqu’au martyre pour affronter les combats à venir. Et je ne parle pas de l’islam, je parle de la pression du modernisme, de celle du libéralisme, du monde moderne.
  6. Pendant ce temps, Mgr Fellay continuera à soupirer après la reconnaissance de Rome. Une porte lui est fermée, il cherchera une fenêtre par où passer. Il a suffisamment montré vers quoi tendaient son cœur et son esprit. Il a suffisamment montré sa duplicité notamment dans sa lettre de 2012 dont il reconnaissait lui-même qu’elle était plus qu’ambiguë et qu’on pouvait lui donner des significations contradictoires. Il a suffisamment déclaré que Rome demandait de mettre une sourdine aux critiques et qu’elle avait raison. Cette sourdine lui permettra de préserver l’avenir des négociations en attendant des temps meilleurs.
  7. Mgr de Galarreta continuera à faire des sermons convenus, comme celui du 29 juin dernier. Il connaissait pourtant déjà les exigences de Rome et il recommanda aux futurs prêtres « la sainteté de sacerdoce » qu’il présenta comme unique remède à tous les problèmes. Comme si on pouvait être un saint prêtre sans protéger le troupeau contre le loup, même et surtout lorsque le loup fait mine de s’éloigner. Comme si un saint prêtre ne devrait pas rendre compte au souverain juge du nombre de brebis qui lui furent confiées. On est loin des sermons de Mgr Lefebvre lors des ordinations : « À qui aurai-je affaire à Rome ? À des francs-maçons ? »
  8. Mgr Tissier de Mallerais continuera à prêcher la soumission aux supérieurs qui ont grâce d’état. Lui qui, en 1988, dans une lettre qu’il m’écrivait, me déclarait qu’on ne pouvait pas justifier les sacres, mais seulement suivre Mgr Lefebvre qui était le seul à savoir ce qu’il faisait ! Ce qu’il déclara de nouveau dans Fideliter. Lui qui déclarait à M. l’abbé Chazal que ce n’était pas au simple soldat de faire des remontrances à ses chefs. Oh, que l’apparente fermeté de Mgr Fellay semblera lui donner raison de lui avoir fait confiance !
  9. Et tout ce concert engraissera le libéralisme lequel est à deux niveaux. Celui de ceux qui aiment le monde, mais refusent ses excès, celui de ceux qui n’aiment pas le monde, mais jugent plus prudent de ne pas se le mettre à dos. La Fraternité Saint Pie X sera obèse de libéralisme.
  10. La Fidélité Catholique sera protégée de la troisième voie, de ceux qui souhaitaient une voie intermédiaire entre le ralliement à Rome et ce qu’ils appellent la désobéissance subversive des résistants.
       
    Vigilate et orate, dit Notre Seigneur à ses apôtres au moment où arrive la grande tribulation de la Passion : Veillez et priez.

    lundi 3 juillet 2017

    Menzingen arrive sur un nouveau palier.

    Un processus révolutionnaire ne peut s'opérer que par à-coups : il procède  par étapes (paliers) afin de pouvoir mieux arriver à ses fins. Ces étapes peuvent être multiples. Les raisons s'expliquent aisément : chaque étape de la révolution est bien souvent mal acceptée car elle nécessite des sanctions contre les réfractaires. 
    La dernière étape du ralliement s'est en effet mal passée en Franceavec l'histoire de la "reconnaissance" des mariages. Rome, qui est maître de l'agenda de ce ralliement, va donc tenter, par un procédé bien judicieux,  de calmer les mécontents. C'est ce que nous explique  Mikaël dans ce qui suit : 

     Menzingen (ab. Thouvenot ) a communiqué  un extrait d'une lettre récente (fin mai) que le cardinal Müller a envoyé à la maison générale. Voici le texte :
    Citation:
    Extrait d’une lettre récente du cardinal Muller à la FSSPX :

    « ……Comme vous le savez, le Pape François a manifesté, à maintes reprises, sa bienveillance envers votre Fraternité Sacerdotale, en accordant en particulier, à tous les prêtres membres, la faculté de confesser de manière valide les fidèles et en autorisant les Ordinaires des lieux à concéder des licences pour la célébration des mariages des fidèles qui suivent 1’activité pastorale dans votre Fraternité. D’autre part, la discussion se poursuit au sujet des questions relatives au plein rétablissement de la communion de votre Fraternité avec l’Eglise catholique.

    À ce sujet, avec l’approbation du Souverain Pontife, j’ai jugé nécessaire de soumettre à la Session Ordinaire de notre Congrégation, réunie le 10 mai dernier, le texte de la Déclaration doctrinale qui vous a été transmis durant la rencontre du 13 juin 2016, comme condition nécessaire en vue du plein rétablissement de la communion. Voici à ce propos, les décisions unanimes de tous les Membres de notre Dicastère :

    1) Il est nécessaire d’exiger des membres de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X l’adhésion à la nouvelle formule de la Professio fidei datant de 1988 (cf. annexe). En conséquence, il n’est plus suffisant de leur demander d’émettre la Professio fidei de 1962.

    2) Le nouveau texte de la Déclaration doctrinale doit comporter un paragraphe dans lequel les signataires déclarent, de manière explicite, leur acceptation des enseignements du Concile Vatican II et ceux de la période post conciliaire, en accordant aux dites affirmations doctrinales le degré d’adhésion qui leur est dû.

    3) Les membres de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X doivent reconnaître, non seulement la validité, mais aussi la légitimité du Rite de la Sainte Messe et des Sacrements, selon les livres liturgiques promulgués après le Concile Vatican Il.
    …»
    Le cardinal Muller ajoute que « au cours de 1’audience accordée au Cardinal Préfet, le 20 mai 2017, le Souverain Pontife a approuvé ces décisions. »
    -----------------------------------------

    Comment expliquer la diffusion de ce document par Menzingen alors que cette lettre semble marquer un coup d'arrêt au processus de ralliement tout en maintenant ce qui est déjà en place.

    La manœuvre est hélas classique et répétitive (depuis quelques années) chez les supérieurs de la fsspx et il semble aussi que les Romains s'amusent à ce jeu qui semble marcher à tous les coups :

    1) en juin 2012, alors que Mgr Fellay s'était largement compromis avec la déclaration doctrinale et que les prêtres et fidèles sombraient dans l'agitation et l'inquiétude, c'est Benoît XVI qui sauva le supérieur de la fsspx d'une déchéance certaine au chapitre suivant en exigeant une reconnaissance du concile Vatican II de la part des membres de la FSSPX.

    2) en mai 2016, le cardinal Müller pose encore une fois l'exigence d'une reconnaissance de concile alors que le pape venait d'accorder la "reconnaissance" du sacrement de pénitence.

    3) en mai 2017, alors que le pape lie juridiquement les mariages de la fsspx à l'église conciliaire, c'est au tour du cardinal Müller d'envoyer une fois de plus une missive remplie d'exigences impossibles à remplir. Cette lettre arrive à point nommé alors que l'agitation est importante en France.
    Menzingen se précipite alors pour diffuser urbi et orbi (via la "résistance" interne) cette lettre pour rassurer les gens inquiets.

    Le résultat final est excellent pour la politique ralliériste de Menzingen :

    1) les décisions sur le ralliement canonique au niveau sacramentel sont désormais entérinées (confession, ordres, mariages ).
    2) les fidèles français inquiets sont rassurés : "Vous voyez, se disent-ils, aucun accord n'est possible avec ces gens-là" : alors que l'accord canonique est presque achevé ! C'est vraiment du cynisme total.
    3) les opposants au ralliement sont totalement muselés : on leur jette à la figure ce document pour montrer que le fossé existe toujours entre Rome et la FSSPX.
    4) Mgr Fellay se refait une beauté de "pur et dur" sans avoir bougé le petit doigt, sinon d'avoir envoyé ce document vers la France.
    5) Et on rajoute la tarte à la crème du : "C'est la sainte Vierge qui nous a sauvés en ce centenaire de Fatima" et le tour est joué.

    Mais le temps nous montrera une fois de plus encore que tout cela n'est que diplomatie calculée pour avancer, quitte à reculer quelques jours, vers l'union achevée avec la Rome conciliaire.

    mercredi 19 avril 2017

    Combien de prêtres quitteront la "fsspx" en cas de prélature selon l'abbé Schmidberger

    Un interview récent de M l'abbé Schmidberger vient d'être publié sur un site catholique- moderniste allemand (http://de.catholicnewsagency.com/story/interview-mit-pater-schmidberger-sspx-berufungen-fatima-beichte-konzil-franziskus-1785)

    On a droit une nouvelle fois au blabla ralliériste de l'ancien supérieur de la fsspx mais c'est la finale qui est intéressante.

    Le journaliste lui demande en effet s'il ne craint pas une hémorragie de prêtres de la fsspx en cas de prélature

    Citation:

    BADDE: Fürchten Sie in dem Fall aber nicht eine enorme Zerreißprobe und mögliche Spaltung der Bruderschaft, weil ein nicht geringer Teil von Ihnen diesen Schritt womöglich nicht mehr mitmachen will - nach all den Jahren ihrer leidenschaftlichen Auseinandersetzung mit Rom?

    Badde: Ne craignez vous pas de tomber dans une grande épreuve et une possible division de la fraternité , parce qu'une partie non négligeable d'entre vous ne voudrait pas se joindre à cette étape - après toutes ces années de débats passionnés avec Rome?

    SCHMIDBERGER: Bei einer Regularisierung unserer Beziehung zu Rom würde uns vielleicht der eine oder andere Mitbruder verlassen; viele werden es aber bestimmt nicht sein. Bei der Bischofskonsekration 1988 waren es 17. Jedenfalls sehe ich nicht die Gefahr einer Spaltung.

    SCHMIDBERGER: A l'occasion d'une régularisation de nos relations avec Rome, l'un ou l'autre confrère pourrait nous quitter; mais beaucoup ne sont pas déterminés. Lors de la consécration épiscopale en 1988, il n'y a eu que 17 départs Quoi qu'il en soit, je ne vois pas le danger d'une scission.

    Il n'y a donc pas d'inquiétudes pour l'abbé Schmidberger, peu de prêtres quitteront la fsspx dans le cas d'une prélature.

    Comment interpréter cette analyse ?

    1) Soit l'abbé Schmidberger prend ses désirs pour la réalité, auquel cas il se trompe lourdement et va effectivement se trouver dans une crise effroyable. Nous ne le pensons pas .

    2) Soit l'abbé Schmidberger connaît bien la situation morale et spirituelle de l'actuelle fsspx (je pense que c'est le cas car il a eu le loisir de connaître les prêtres de la fsspx comme ancien supérieur de la fsspx et les vocations dans son actuel séminaire) et doit bien cerner l'état des prêtres dans leur ensemble.
    Cette analyse rejoint d'ailleurs celle de Marcel de Corte (et de Mgr Williamson) qui constatait la pénurie de personnalités. Le socialisme et le libéralisme ambiant a tellement perverti et annihilé les intelligences et donc les personnalités que l'on se trouve désormais devant une masse d'individu qui ne saura plus prendre des décisions salvatrices.

    Par Mikaël   ( source Résistance Catholique Francophone)

    lundi 10 avril 2017

    L'abbé Schmidberger parle de prélature

    La fin du reportage sur le site de Zaitzkofen se conclut ainsi (ordinations au sous-diaconat le 1er avril 2017) :

    « Les cinq Lévites recevront ensuite le diaconat, puis, en Juin 2018, ils monteront  à l'autel comme prêtres. Peut-être alors que la Fraternité aura déjà été établie en prélature personnelle par Rome » !

    (Die fünf Leviten sollen an der Pfingstoktav die Diakonatsweihe empfangen und dann Ende Juni 2018 als Priester an den Opferaltar treten. Vielleicht ist bis dahin die Bruderschaft von Rom schon als Personalprälatur errichtet.)


    mardi 4 avril 2017

    Mariages de la FSSPX reconnus par Rome

    Note de Reconquista : Un document romain du 27 mars dernier (voir ci-dessous) permet aux prêtres de la FSSPX de célébrer les mariages de "leurs" fidèles. Sans doute, avons-nous affaire ici au palier suivant dans le processus de fusion-ralliement; c'était en effet le dernier sacrement "à problème". Reste la confirmation. Qu'en sera-t-il du sacre d'un évêque ? 

    Nous reproduisons ci-dessous le texte romain, l'annonce qui en a été faite par La Porte Latine et l'analyse qu'en a faite un intervenant du forum Résistance catholique. 


    Nous nous permettons d'y ajouter une petite réflexion : a-t-on réalisé qu'en acceptant ce texte, les futurs époux se retrouvent soumis au code de 1983 (dont Mgr Lefebvre disait qu'il est pire que la nouvelle messe) ?
    Avant d'aboutir à une prélature entièrement organisée, il ne reste plus à Rome qu'à annuler la "suppression de la FSSPX".

    LETTRE DE LA COMMISSION PONTIFICALE “ECCLESIA DEI” AUX ORDINAIRES DES CONFÉRENCES ÉPISCOPALES CONCERNÉES AU SUJET DES PERMISSIONS POUR LA CÉLÉBRATION DE MARIAGES DE FIDÈLES DE LA FRATERNITÉ SAINT PIE X 

    Prot. : 61/2010

    Éminence,
    Excellence Révérendissime,
    Comme vous le savez, différents types de rencontres et d’initiatives sont en cours depuis longtemps pour ramener la Fraternité sacerdotale Saint Pie X dans la pleine communion. Ainsi le Saint-Père a-t-il récemment décidé d’accorder à tous les prêtres de cet institut les pouvoirs de confesser validement les fidèles (Lettre Misericordia et misera, n. 12), de manière à assurer la validité et la licéité du sacrement qu’ils administrent et à ne pas laisser les personnes dans le doute.
    Dans la même ligne pastorale, qui veut contribuer à rasséréner la conscience des fidèles, malgré la persistance objective, pour le moment, de la situation canonique d’illégitimité dans laquelle se trouve la Fraternité Saint Pie X, le Saint-Père, sur proposition de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi et de la Commission Ecclesia Dei, a décidé d’autoriser les Ordinaires du lieu à concéder aussi des permissions pour la célébration de mariages de fidèles qui suivent l’activité pastorale de la Fraternité, selon les modalités suivantes.
    Dans la mesure du possible, la délégation de l’Ordinaire pour assister au mariage sera donnée à un prêtre du diocèse (ou du moins à un prêtre pleinement régulier) pour qu’il reçoive le consentement des parties dans le rite du Sacrement qui, dans la liturgie du Vetus ordo, a lieu au début de la Sainte Messe ; suivra alors la célébration de la Sainte Messe votive par un prêtre de la Fraternité.
    En cas d’impossibilité ou s’il n’existe pas de prêtre du diocèse qui puisse recevoir le consentement des parties, l’Ordinaire peut concéder directement les facultés nécessaires au prêtre de la Fraternité qui célébrera aussi la Sainte Messe, en lui rappelant qu’il a le devoir de faire parvenir au plus vite à la Curie diocésaine la documentation qui atteste la célébration du Sacrement.
    Certaine que, de cette façon aussi, on pourra éviter les débats de conscience chez les fidèles qui adhèrent à la FSSPX et les doutes sur la validité du sacrement de mariage, tout en facilitant le chemin vers la pleine régularisation institutionnelle, cette Congrégation sait qu’elle peut compter sur votre collaboration.
    Au cours de l’audience du 24 mars 2017 accordée au Cardinal Président soussigné, le Souverain Pontife François a approuvé la présente Lettre et en a ordonné la publication.

    Rome, au siège de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, 27 mars 2017. 

    Gerhard Card. Müller
    Président

    + Guido Pozzo
    Archevêque titulaire de Bagnoregio
    Secrétaire



    Le Pape autorise la FSSPX à célébrer - sous certaines
    conditions - le mariage de ses fidèles – 27 mars 2017
    Le Pape François autorise la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X à célébrer - sous certaines conditions - le mariage de ses fidèles. Dans une lettre [Voir infra] de la Commission pontificale Ecclesia Dei aux Ordinaires des conférences épiscopales concernées, son président, le cardinal Gerhard Müller, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, précise que le Saint-Père « a décidé d’autoriser les ordinaires du lieu à concéder aussi des permissions pour la célébration de mariages de fidèles qui suivent l’activité pastorale de la Fraternité ».
    Le Pape François a approuvé cette lettre lors d'une audience le 24 mars 2017.

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    Analyse de Mikaë (Forum Résistance Catholique)


     Ce document est très intéressant car il conforte l'analyse de la résistance catholique en ce qui concerne le processus d'intégration de la fsspx dans l'église conciliaire.

    0) Il est dans la logique du Motu Proprio qui met en état d'infériorité le rite de toujours avec la Messe conciliaire : le prêtre de la fsspx est, dans le cas du mariage, mis au rabais par rapport au curé de la paroisse qui recevra les consentements.  La tradition est mise au service du modernisme. Du pur Ratzinger. 

    1) Il est dans la logique de la "levée" des excommunications de 2009 qui faisait cesser un soi-disant état de péché public de la fsspx pour la remettre dans un état de légalité : dans ce document, les autorités romaines soulignent bien l'état irrégulier de la fsspx. Les prêtres de la fsspx, en célébrant désormais des mariages dans le cadre de l'église officielle le devront à la miséricorde des autorités conciliaires ...

    2) Il est dans la logique de la déclaration de Mgr Fellay en 2012 qui n'a jamais été formellement rétractée auprès des autorités romaines et qui permet à Rome d'intégrer en douceur les fidèles de la fsspx sans que les modernistes ne s'en inquiètent outre mesure.

    3) Il est dans la logique de la reconnaissance des confessions de la fsspx dans le cadre de l'église conciliaire (pour l'année "jubilaire" et reconduite désormais en raison de la bonne conduite du supérieur général). 

    4) Il est dans la logique de la reconnaissance des ordinations sacerdotales des jeunes séminaristes de la néo fsspx. Si Rome reconnaît ces prêtres comme faisant partie de l'église officielle, il est bien logique qu'elle leur concède un peu de son ministère (on devrait dire que la fsspx sous traitera le ministère des curés modernistes )

    5) Il est logique surtout dans le fait que Rome donnera tôt ou tard une prélature qui ne sera que la finalisation légale d'un processus commencé depuis longtemps.

    Logiquement Menzingen ne pourra que s'en réjouir puisque son désir est d'arriver aussi à la prélature. Son communiqué officiel sera suffisamment édulcoré pour ne pas manifester une joie délirante et aussi pour rassurer les prêtres et les fidèles qui sont encore sous son influence. La maison générale de la fsspx  fera peut être un rappel sur le fait que les mariages de la fsspx étaient autrefois valides en raison de l'état de nécessité comme ils le firent le 1er septembre 2015 au sujet de reconnaissance des confessions par le pape (" La Fraternité Saint-Pie X exprime sa reconnaissance au Souverain Pontife pour ce geste paternel. Dans le ministère du sacrement de pénitence, elle s’est toujours appuyée, en toute certitude, sur la juridiction extraordinaire que confèrent les Normae generales du Code de droit canonique."). Ils souligneront sûrement le fait que cette délégation de mariages se faisait déjà au niveau local sans préciser qu'il s'agissait pour les fidèles d'avoir un lieu pour se marier et non un certificat de légalité conciliaire dont se moquent en général les bons fidèles.
    Les supérieurs de la fsspx seront par contre très discrets pour préciser sous quel régime canonique les mariages de la neofsspx se dérouleront.


    Que feront maintenant les fidèles qui ne veulent pas de cette église conciliaire ? 


     _______________________________________________________

     Deuxième analyse par  Mikaël  


    Le document pontifical ne fait pas allusion aux autres congrégations (capucins, bénédictins, fraternité de la Transfiguration etc..) . La seule allusion est faite aux "fidèles qui suivent l'activité pastorale de la fsspx". Autrement dit ce sont les prêtres de la fsspx qui sous délégueront aux prêtres de ces congrégations... dans la mesure où ils suivent et ne détournent pas les fidèles des activités pastorales de la fsspx ( en d'autres termes : le ralliement).

    On en arrive donc in fine à ce qui est en projet dans la prélature : la prélature sera sous l'autorité de Mgr Fellay qui pourra à son gré intégrer (ou désintégrer) des oeuvres sous sa juridiction. Mais cette même prélature devra elle même s'intégrer aux activités des diocèses et ne pourra pas faire abstraction des autorités locales pour les mariages (et autres sacrements).

    Dans un premier temps, Rome va tolérer que des mariages se fassent encore au sein de la fsspx sans passer par le curé local. Cette tolérance est en rapport avec les longues et "mauvaises" habitudes prises de conférer les sacrements sans en référer à la hierarchie au nom de l'état de nécessité. Mais puisque l'état de nécessité ne peut coexister avec la juridiction ordinaire (acceptée par menzingen par ses remerciements) , le moment ne peut pas ne pas arriver où la fsspx devra passer pour tous les mariages par l'ordinaire du lieu et lui confier le double des registres.

    Cette perspective est désormais inéluctable . 

     

    mardi 21 mars 2017

    La prélature, à deux doigts d'aboutir, selon un vaticaniste renommé

    Note de Reconquista : C’est le journaliste italien Marco Tosatti, spécialiste du Vatican, plume de Vatican Insider, qui nous donne cette information selon laquelle l'accord serait bien à deux doigts d'être signé. Nous ne pouvons pas ne pas publier cet article même si nous pensons que Rome sera très prudente pour finaliser ce processus de prélature car ces mêmes autorités  savent pertinemment qu'il y aura encore quelques résistances au sein de la (néo)fsspx. Mais il est non moins certain que Menzingen et Rome veulent aboutir à cette union tôt ou tard.  

    SOURCE - Marco Tossati (blog) - 20 mars 2017
    Des sources fiables indiquent que la Fraternité Saint-Pie X et le Vatican sont à deux doigts d’un accord. En fait, on attend juste que Mgr Fellay ait fait quelques retouches internes, pour franchir la grande étape: le retour total et officiel, en tant que prélature personnelle, des lefebvristes dans l'Eglise de Rome. De cette façon, Francis serait en mesure d'achever un processus qui a commencé sous le pontificat de Benoît XVI, et qui a échoué pour des questions théologiques, mais qui sont maintenant dépassées par la volonté du pape de ne pas demander à ce que soient définis et éclaircis tous les points sur les "I". En outre Mgr Lefebvre a écrit que si le Concile Vatican II est interprété dans l'herméneutique de la continuité, il n'y aurait pas de problème pour la pleine Communion avec Rome. Et il n'y a pas de problème parce que dans l'Eglise, comme déjà dit Benoît, le Concile est lu de cette façon. Voyez, ci-dessous, "Inter Multiplices A Vox", avec les intéressantes considérations développées par Mgr Fellay lors de son voyage en Pologne. Et même ceux-ci, mais avec toute la prudence nécessaire, il est entendu que le climat peut être mûr pour une annonce importante. En outre, le pape a une certaine sympathie pour les lefebvristes de mgr Lefebvre (et moins pour les traditionalistes dans sa propre maison), dont il a hérité, apparemment, d’une bonne impression que lui a fait la Fraternité quand il était archevêque de Buenos Aires.

    Dans une homélie, en Pologne, Mgr Fellay a démenti les rumeurs sur l'achat d'une propriété appartenant au Vicariat de Rome, Sante Marie Immaculée de l’Esquilino, pour en faire le futur siège de la fraternité. Et il dit vrai. Mais en réalité, dans la perspective d'une régularisation des relations avec le Saint-Siège, la Société s’intéresserait au domaine des Sœurs de l'Immaculée de la rue Monza, un ancien pensionnat, avec une église qui donne sur la rue. Le complexe pourrait devenir le nouveau siège romain de la FSSPX. Les photos que vous voyez sont liées à ce bâtiment.

    Au cours de l'homélie de la messe célébrée en Pologne le 3 mars 2017, Mgr Bernard Fellay, Supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X, est revenu sur les rumeurs au sujet de l'acquisition de biens immobiliers à Rome. Il l’a démentie, puis a de fait quelques précisions sur le projet de prélature personnelle proposé à la Fraternité Saint-Pie X à l'été 2015. Comme il l'avait dit dans l'interview à Radio Courtoisie du 26 Janvier 2017, la structure canonique correspond aux besoins et l'apostolat de la Fraternité dans le monde.
    Mgr Fellay a dit que la proposition écrite envoyée de Rome....

    lundi 27 février 2017

    Les Lefebvristes à la maison (conciliaire)

     Note de Reconquista : La nouvelle d'une proposition d'achat d'une magnifique maison dans le centre de Rome par la FSSPX confirmée et justifiée dernièrement par M l'abbé Lorans de la fsspx ne passe pas inaperçue chez les journalistes religieux de tous bords. Tel ce journaliste italien spécialisé dans les affaires religieuses qui analyse très objectivement cet évènement et le voit bien comme une phase très importante dans le lent processus de fusion entre la FSSPX et la Rome conciliaire. La fracture entre Français et Allemands (et Suisses) est très bien vue également.
     SOURCE - Matteo Matzuzzi - Il Foglio - 24 février 2017
    Les Lefebvristes à la maison

    All’Esquilino deviendra le Centre d’Étude de la FSSPX. Un accord est proche. Le rôle du pape a été décisif.
    Rome. La fracture entre la Fraternité Saint-Pie X (lefebvriste) et le Saint-Siège va être résorbée. L'accord pour la création d'une prélature personnelle –garantie d’une large autonomie de gestion et pastorale - est maintenant à portée de main. La négociation en vue de l’achat par Ecône du complexe de Santa Maria Immacolata all'Esquilino, non loin du Latran, confirme que le processus de négociation –lent et complexe– entre dans une phase de résolution positive. L'église néo-gothique, construite à la fin du XIXe et au début du XXe siècle pour les Frères de la Charité, est déjà flanqué d'un bâtiment occupé ces dernières années par une école élémentaire et un collège. Selon les informations du Foglio, cela deviendra un centre d'étude et, dans une deuxième phase, selon toute vraisemblance, le siège de la Maison générale lefebvriste. Le Pape serait intervenu directement pour accélérer le tout, via Mgr Guido Pozzo, secrétaire de la Commission Pontificale Ecclesia Dei. Mgr Bernard Fellay (Supérieur de la FSSPX), Mgr Alfonso de Galarreta et l'Assistant Général l’abbé Alain Nely, auraient séjourné du 17 au 20 janvier, à Sante Marthe. La Supérieure des Sœurs de la Fraternité a également assisté aux pourparlers. L’abbé Nely est la personne chargée de finaliser l'achat du complexe.

    Fracture entre les Français et les Allemands

    Il n’est pas surprenant que François ait un rôle de premier plan dans les négociations. Mgr Fellay a rappelé la même que la relation entre Bergoglio et la Fraternité a des racines profondes. «Il nous connaît de l'Argentine. Nous étions en contact avec lui, car un concordat permet aux prêtres étrangers d'obtenir un permis de séjour à condition que l'évêque soit d'accord. Quand nous avons eu des problèmes avec l'évêque local, qui ne voulait pas notre présence, nous avons rencontré le cardinal Bergoglio pour exposer le problème. Sa réponse –a ajouté le Supérieur de la FSSPX il y a un an– était claire : ‘‘Vous êtes catholiques, bien sûr, et vous n'êtes pas schismatiques. Je vais vous aider’’. Et il l'a fait. Il a contacté Rome, il a écrit au gouvernement une lettre en notre faveur». Plus tard, en tant que Pape, à l'occasion du Jubilé extraordinaire de la miséricorde, il a accordé aux fidèles qui fréquentent "pour diverses raisons" les églises desservies par des prêtres de la Fraternité, de recevoir valablement et légalement l'absolution sacramentelle de leurs péchés. Les pouvoirs ont été étendus au-delà la période du Jubilé "en faisant confiance à la bonne volonté de leurs prêtres pour récupérer la pleine communion dans l'Eglise catholique." Des problèmes restent cependant. Surtout du fait de la variété de la réalité interne des lefebvristes. La situation est à peu près celle de 2012, quand Mgr Fellay, de façon surprenante, a décidé de rejeter la main tendue par Benoît XVI, et de ne pas accepter les conditions théologiques qu’imposait Ratzinger pour conclure les négociations. Un facteur décisif a été la fracture entre la zone allemande de la fraternité et la zone française. S’il n’avait tenu qu’aux membres de la première, la FSSPX serait retournée à la Communion avec Rome il y a cinq ans. Les questions sur la table ont été jugées résolubles, et n’empêchent pas l'accord. La victoire, cependant, est sur les Français, beaucoup moins disposés à faire des compromis. Fellay semble prêt à sortir de l'impasse, même au prix de pertes douloureuses entre ses fidèles et les prêtres.

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    Un autre journaliste (Andrea Tornielli de la Stampa ) explique aussi la raison de la lenteur du processus de ralliement : "le Saint Siège sait, dit-il très clairement, que le processus est long et que le Supérieur doit avoir le temps d'expliquer et de faire accepter l'accord au sein de la Fraternité". C'est ce que ne comprennent malheureusement pas ceux qui prétendent "résister à l'intérieur de la Fsspx" en attendant que l'avenir s'éclaircisse. L'avenir est à la prélature et leur attente passive ne fait que conforter ce processus.

    SOURCE - Andrea Tornielli - La Stampa - 27 février 2017
    Le Pape a reçu en audience le secrétaire de la Commission Ecclesia Dei. Le Saint-Siège attend que Fellay signe la nouvelle déclaration doctrinale. On parle d'un possible nouveau siège romain.
           

    mercredi 22 février 2017

    Interview de Mgr Schneider le 5 février 2017

    Note de Reconquista : Dans cet extrait de l'interview, Mgr Schneider revient sur la proposition de prélature pour la (néo) FSSPX. Il peut paraître surprenant qu'un évêque, qui a visité cette œuvre, ne perçoive pas (ou plus) qu'il y a un problème de Foi à la base. Cela fausse tout le raisonnement catholique et sa conclusion pastorale. On se demande aussi ce que deviendront les pauvres fidèles de la tradition si un évêque diocésain refuse la prélature ? L abandon total . Cela paraît bien surprenant de la part d'un "berger". Aurions-nous affaire à un "mercenaire"? Mgr Fellay rentre donc dans cette logique pastorale cruelle.
    Heureusement le séminaire St Louis Marie d Avrillé prépare des pasteurs pour les temps à venir .
     

    Traduction par les soins de Reconquista.


    (…)Premièrement, récemment Mgr Fellay semble avoir accepté le gant que Son Excellence lui a tendu en décembre quand il a dit qu’il était irréaliste d’attendre que la situation soit parfaite avant de signer un accord avec Rome.  Selon ces déclarations, il semble qu’il y a une conviction de leur part d’aller de l’avant pour autant qu’il leur soit permis « d’être eux-mêmes ».  A ce stade, que diriez-vous à Mgr Fellay et au Pape François comme ultime tentative pour arriver à un accord ?

    Je dirais d’abord que ce n’est pas une question d’accord, parce que lorsque l’on parle d’accord, c’est qu’il y a des différences.   Mais dans ce cas, il n’y a pas de différences dans la Foi, dans la Foi catholique.  Donc je dirais que c’est plus une question de discipline, et donc c’est une question pastorale avec une communauté comme la FSSPX qui, c’est tout à fait évident, produit des fruits visibles pour construire la foi catholique et transmettre l’intégrité de la Foi catholique, la liturgie et la vie chrétienne comme elle a été pratiquée durant de siècles.  Mais le problème dans la manière dont ils travaillent et existent, c’est qu’ils n’ont pas la reconnaissance du Saint-Siège, ce qui est une exigence pour toute communauté catholique, une exigence indispensable  pour être catholique : avoir un lien canonique visible avec la Chaire de Pierre, le Vicaire du Christ.  (…)


    Merci Monseigneur.  La formule proposée d’une prélature personnelle semble être perçue par beaucoup comme la panacée ; cependant, le canon 297 du Code de Droit Canonique stipule clairement que l’établissement d’une prélature personnelle dans un diocèse exige la permission de l’évêque local.  Pensez-vous, Monseigneur, que sous cette forme canonique, la FSSPX pourra s’établir dans les diocèses dont l’évêque est hostile, ce qui pourrait être une grande majorité ? Comment prévoyez-vous le développement de la situation afin que cet accord ne soit pas enterré en pratique par ces évêques, comme cela se passe pour d’autres instituts comme la FSSP qui est seulement reçue par une petite minorité épiscopale ?

    Bien, je pense que ceci n’est vraiment pas le point fondamental.  En pratique, bien sûr, quand le Code de Droit Canonique l’établit, c’est une loi générale pour l’Église.  Une prélature personnelle, ou même un ordre de droit pontifical, doit demander la permission à l’évêque local avant d’ouvrir une maison ou commencer son apostolat.  C’est donc une pratique commune dans l’Église et qui existait déjà dans l’antiquité avant le Concile comme une loi canonique similaire, même si le terme prélature n’existait pas encore, mais cela
    existait de droit pontifical.  Mais je pense, de mon point de vue, que ce n’est pas une conclusion problématique parce que nous devons aussi faire confiance à la Providence de Dieu.  Nous ne pouvons pas agir dans l’Église comme une compagnie d’assurance avec une police d’assurance que cela arrivera dans le futur.  Nous sommes l’Église et non une entité séculière ou politique, mais bien surnaturelle. 

    Donc à l’heure actuelle, la FSSPX a de nombreux fidèles  et de nombreux endroits où ils travaillent et où eux-mêmes n’ont pas assez de prêtres - j’en ai eu connaissance – pour satisfaire les besoins de tous les endroits où ils sont déjà présents.  Pour autant que je sache, le Saint-Siège a décidé qu’au moment où la Prélature sera érigée, les endroits déjà existants, avec leurs maisons et églises, seront automatiquement reconnus sans avoir à demander au préalable une autorisation de l’évêque.  Cette disposition ne vaudra que pour les futures fondations.  Je pense qu’alors la Prélature pourra aller auprès d’autres évêques qui les acceptent et il y a des évêques qui accepteront, et  pour ces évêques qui refuseront, ils ne sont pas éternels, ils peuvent avoir un successeur qui acceptera.  Ainsi nous devons avoir une vision plus surnaturelle et avoir confiance. (…)

    lundi 13 février 2017

    Visite récente de Mgr Fellay à Rome en compagnie de la Mère Supérieure des sœurs de la FSSPX


    Visite récente de Mgr Fellay à Rome en compagnie de la Mère Supérieure des sœurs de la FSSPX :
    http://www.cathinfo.com/catholic.php?a=topic&t=43727&f=19&min=6&num=3

    D'après certains journalistes italiens, Mgr Fellay était au Vatican du 17 au 20 janvier.

    Il n'aurait pas  résidé  à la Maison du District de la FSSPX à Albano, mais aurait été était hôte à la maison Sainte Marthe. Mgr Fellay aurait demandé à la Mère Supérieure des sœurs de la FSSPX de venir à Rome, elle était logée à la maison du District pendant deux jours. Ces informations n'ont pas été encore confirmées.

    NB de reconquista : d'après le communiqué de l'abbé Lorans sur DICI  , Mgr Fellay ne serait pas venu à ce moment là. L'acquisition du bâtiment ne semble pas encore confirmé même si le processus est en cours.
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    Bp. Fellay was in the Vatican from January 17 to 20. 

     He didn't stay at the District House of the SSPX in Albano, he was hosted in St. Martha´s house.  Bp. Fellay asked the Mother Superior of the SSPX sisters to go to Rome, she was hosted in the District House for two days.  

    The priests and faithful of the SSPX in Rome are aware of this meeting. Even if it is an open secret, the meeting was not made official.









    ·        

    jeudi 2 février 2017

    Prélature Saint Pie X : qu'en penser ?




     Monsieur l'abbé Salenave donnera une conférence sur ce sujet :
    "Prélature Saint Pie X, qu'en penser ?"

    ce dimanche 12 février à 14h00 dans la région de Caen



    Pour tout renseignement s'adresser à : resistancecatholique2@gmail.com

    mercredi 1 février 2017

    Entretien de Mgr Fellay sur Radio Courtoisie

    Entretien enregistré à Radio Courtoisie le 13 janvier 2017
    Diffusé le 26 janvier 2017 sur Radio Courtoisie
    Mise en ligne sur la Porte Latine pour le 01 février 2017

    http://laportelatine.org/publications/entret/2017/170126_mgr_fellay_radio_courtoisie/170126_mgr_fellay_radio_courtoisie.mp3
    Voir en particulier à partir de 48 minutes 44 secondes :
    "Le problème n’est pas dans la structure [la prélature personnelle] ; la structure, je pense que… elle est assez bien établie. Il y a encore des points… des points, disons… de finesse. Le gros… la grande idée… elle est… elle est vraiment… elle est adéquate : elle correspond à nos besoins ; pour ça je suis… de ce côté-là, disons, je suis satisfait. Encore une fois, il y a des points à améliorer… tout ça… qui sont encore des points de discussion. Le problème n’est pas dans cette structure qui nous est offerte : s’il n’y avait que cette question-là, on dirait tout de suite « oui »." (48:44)

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    Note de reconquista : il n'y a eu aucune réaction officielle pour le moment au sein de la fsspx parmi les 613 prêtres . Seule la Résistance Catholique a réagi pour le moment.

    mercredi 9 novembre 2016

    Les dispositions relatives à la prélature de la FSSPX sont presque prêtes selon Mgr Fellay

    Les dispositions relatives à la prélature de la FSSPX sont presque prêtes

    FDans une discussion informelle, Mgr Fellay a déclaré que les dispositions relatives à la prélature dont devrait bénéficier la FSSPX étaient « presque prêtes », comme l’indique un article publié sur Rorate Caeli :


    "J’ai demandé à l’évêque s’il avait de bonnes nouvelles à partager avec nous au sujet du statut de prélature personnelle présenté par la rumeur comme une offre romaine destinée à intégrer pleinement et définitivement la Fraternité dans la vie de l’Eglise universelle. L’évêque a décrit ces dispositions comme “presque prêtes” et faisant l’objet d’ajustements. Son comportement et son expression manifestaient la confiance et la sérénité. Quand je lui ai demandé si la situation requerrait seulement des prières, il a répondu spontanément que les développements de nature canonique avaient progressé au delà de ce point…"

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    Voici le texte en anglais de la conversation entre le Père Cusick et Mgr Fellay : 


    lundi 8 juillet 2013

    Réponse de Mgr Fellay aux trois évêques - 14 avril 2012

    + Menzingen, le 14 avril 2012
    A NN. SS. Tissier de Mallerais, Williamson et de Galarreta,

    Excellences,

    Votre lettre collective adressée aux membres du Conseil général a retenu toute notre attention. Nous vous remercions pour votre sollicitude et votre charité.

    Permettez-nous à notre tour dans le même souci de charité et de justice de vous faire les observations qui suivent.

    Tout d’abord la lettre mentionne bien la gravité de la crise qui secoue l’Eglise et analyse précisément la nature des erreurs ambiantes qui pullulent. Cependant la description est entachée de deux défauts par rapport à la réalité de l’Eglise; elle manque de surnaturel et en même temps elle manque de réalisme.

    Elle manque de surnaturel. A vous lire, on se demande sérieusement si vous croyez encore que cette Eglise visible dont le siège est à Rome est bien l’Eglise de Notre Seigneur Jésus-Christ, une Eglise certes défigurée horriblement a planta pedis usque ad verticem capitis, mais une Eglise qui a quand même et encore pour chef Notre Seigneur Jésus-Christ. On a l’impression que vous êtes tellement scandalisés que vous n’acceptez plus que cela pourrait encore être vrai. Pour vous, Benoit XVI est-il encore pape légitime ? S’il l’est, Jésus-Christ peut-il encore parler par sa bouche ? Si le pape exprime une volonté légitime à notre sujet, qui est bonne, qui ne donne pas un ordre à l’encontre des commandements de Dieu, a-t-on le droit de négliger, de renvoyer d’un revers de main cette volonté ?

    Et sinon, sur quel principe vous basez vous pour agir ainsi ? Ne croyez-vous pas que si Notre Seigneur nous commande, il donnera aussi les moyens de continuer notre œuvre ? Or le pape nous a fait savoir que la préoccupation de régler notre affaire pour le bien de l’Eglise était au cœur même de son pontificat, et aussi qu’il savait bien que ce serait plus facile et pour lui et pour nous de laisser la situation présente en l’état. Donc c’est bien une volonté arrêtée et juste qu’il exprime.

    Avec l’attitude que vous préconisez, il n’y a plus de place ni pour les Gédéons ni pour les David, ni pour ceux qui comptent sur le secours du Seigneur. Vous nous reprochez d’être naïf ou d’avoir peur, mais c’est votre vision de l’Eglise qui est trop humaine et même fataliste; vous y voyez les dangers, les complots, les difficultés, vous ne voyez plus l’assistance de la grâce et du Saint-Esprit. Si l’on veut bien accepter que la divine Providence conduit les affaires des hommes, tout en leur laissant leur liberté, il faut alors aussi accepter que les gestes de ces dernières années en notre faveur sont sous sa gouverne. Or ils indiquent une ligne – pas toute droite – mais clairement en faveur de la Tradition. Pourquoi subitement celle-ci s’arrêterait, alors que nous faisons tout pour conserver notre fidélité et que nous accompagnons nos efforts d’une prière peu commune ? Le bon Dieu nous laisserait-Il tomber au moment le plus crucial ? Cela n’a pas beaucoup de sens. Surtout que nous n’essayons pas de lui imposer une quelconque volonté propre, mais que nous essayons de scruter à travers les événements ce que Dieu veut, étant disposés à tout, comme il Lui plaira.

    En même temps, elle manque de réalisme, et quant à l’intensité des erreurs et quant leur amplitude.

    Intensité: dans la Fraternité, on est en train de faire des erreurs du Concile des super hérésies, cela devient comme le mal absolu, pire que tout de la même manière que les libéraux ont dogmatisé ce concile pastoral. Les maux sont déjà suffisamment dramatiques pour qu’on ne les exagère pas davantage (cf Roberto de Mattei, Une histoire jamais écrite, p. 22; Mgr Gherardini, Un débat à ouvrir, p, 53, etc.,)

    Il n’y a plus aucune distinction. Alors que Monseigneur Lefebvre a fait plusieurs fois les distinctions nécessaires au sujet du libéral. Ce manque de distinction conduit l’un ou l’autre d’entre vous à un durcissement« absolu ». Cela est grave parce que cette caricature n’est plus dans la réalité et elle aboutira logiquement dans le futur à un vrai schisme. Et peut-être bien que ce fait est l’un des arguments qui me pousse à ne plus tarder à répondre aux instances romaines.

    Amplitude: d’une part on fait endosser aux autorités présentes toutes les erreurs et tous les maux que l’on trouve dans l’Eglise en délaissant le fait qu’elles essaient au moins en partie de se dégager des plus graves d’entre elles (la condamnation de « l’herméneutique de la rupture » dénonce des erreurs bien réelles). D’autre part, on prétend que TOUS sont enracinés dans cette pertinacité (« tous modernistes », « tous pourris »). Or cela est manifestement faux. Une grande majorité est toujours emportée dans le mouvement, mais pas tous.

    Au point qu’à la question cruciale entre toutes, celle de la possibilité de survivre dans les conditions d’une reconnaissance de la Fraternité par Rome, nous n’arrivons pas à la même conclusion que vous.

    Qu’il soit noté au passage que NOUS N’AVONS PAS CHERCHE un accord pratique. Cela est faux. Nous n’avons pas refusé a priori, comme vous le demandez, de considérer l’offre du pape. Pour le bien commun de la Fraternité, nous préférerions de loin la solution actuelle de statu quo intermédiaire, mais manifestement, Rome ne le tolère plus.

    En soi, la solution de la Prélature personnelle proposée n’est pas un piège. Cela ressort tout d’abord de ce que la situation présente en avril 2012 est bien différente de celle de 1988. Prétendre que rien n’a changé est une erreur historique.

    Les mêmes maux font souffrir l’Eglise, les conséquences sont encore plus graves et manifestes qu’alors; mais en même temps on peut constater un changement d’attitude dans l’Eglise, aidé par les gestes et actes de Benoît XVI envers la Tradition. Ce mouvement nouveau, né il y a au moins une dizaine d’années, va se renforçant. Il touche bon nombre (encore une minorité) de jeunes prêtres, de séminaristes et même déjà un petit nombre de jeunes évêques qui se distinguent nettement de leurs prédécesseurs, qui nous disent leur sympathie et leur soutien, mais qui sont encore passablement étouffés par la ligne dominante dans la hiérarchie en faveur de Vatican II. Cette hiérarchie est en perte de vitesse. Cela est objectif et montre qu’il n’est plus illusoire de considérer un combat «intra muros », dont nous sommes bien conscients de la dureté et difficulté. J’ai pu constater à Rome combien le discours sur les gloires de Vatican II que l'on va nous ressasser, s’il est encore dans la bouche de beaucoup, n’est cependant plus dans toutes les têtes. De moins en moins y croient.

    Cette situation concrète, avec la solution canonique qui est proposée, est bien différente de celle de 1988. Et quand nous comparons les arguments que Mgr Lefebvre avait donnés à l’époque, nous concluons qu’il n’aurait pas hésité à accepter ce qui nous est proposé. Ne perdons pas le sens de l’Eglise, qui était si fort chez notre vénéré fondateur.

    L’histoire de 1′Eglise montre que la guérison des maux qui la frappent se fait de manière habituelle graduellement, lentement. Et quand un problème est terminé, c’en est un autre qui commence… oportet haereses esse, Prétendre attendre que tout soit réglé pour arriver á ce que vous appelez un accord pratique n’est pas réaliste. II est bien probable á voir comment se déroulent les choses que la fin de cette crise prendra encore des dizaines d’années. Mais de refuser de travailler dans le champ parce qu’il s’y trouve encore de la mauvaise herbé, qui risque d’étouffer, de gêner la bonne herbé trouve une curieuse leçon biblique ; c’est Notre Seigneur lui-même qui nous fait comprendre avec sa parabole de l’ivraie qu’il y aura toujours, sous une forme ou une autre de la mauvaise herbe à arracher et à combattre dans son Eglise…

    Vous ne pouvez pas savoir combien votre attitude ces derniers mois – bien différente pour chacun d’entre vous – a été dure pour nous. Elle a empêché le supérieur général de vous communiquer et faire partager ces grands soucis, auxquels il vous aurait si volontiers associés, s’il ne s’était pas trouvé devant une incompréhension si forte et passionnée. Combien il aurait aimé pouvoir compter sur vous, sur vos conseils pour soutenir cette passe si délicate de notre histoire. C’est une grande épreuve, peut-être la plus grande de tout son supériorat. Notre Fondateur vénéré a donné aux évêques de la Fraternité une charge et des devoirs précis. Il a bien montré que le principe qui fait l’unité dans notre société, c’est le Supérieur Général. Mais depuis un certain temps déjà, vous essayez – chacun de manière différente – de lui imposer votre point de vue, même sous formes de menaces, et même publiquement Cette dialectique entre vérité/foi et autorité est contraire à l’esprit sacerdotal. Au moins aurait-il espéré que vous essayiez de comprendre les arguments qui le poussent à agir comme il a agi ces dernières années, selon la volonté de la divine providence.

    Nous prions bien pour chacun d’entre vous, pour que dans ce combat qui est loin d’être terminé, nous nous retrouvions tous ensemble, pour la plus grande gloire de Dieu et pour l’amour de notre chère Fraternité.

    Daigne Notre Seigneur ressuscité et Notre Dame vous protéger et vous bénir.

    +Bernard Fellay
    Niklaus Pfluger+
    Alain-Marc Nély+