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lundi 2 mai 2016

Lettre ouverte à l’Abbé Olivier Berteaux – Abbé Nicolas Pinaud

Nous vous laissons apprécier jusqu'au bout cette magnifique lettre de Mr l'Abbé Pinaud!

Lettre ouverte à l’abbé Olivier Berteaux,

prêtre de la Fraternité sacerdotale saint Pie X

Assistant du Supérieur du District du Canada

Directeur de l’École Saint-Famille à Lévis (Québec)

30 avril 2016
   ‘Le monde est pourri à force de silence’
Ste Catherine de Sienne
Monsieur l’abbé,
À Lévis, le dimanche 24 avril 2016, vous avez fait une mise au point, en réaction à l’homélie prononcée le dimanche précédent à Montréal par l’abbé Pierre Roy.
À une époque où il n’est plus possible d’éternuer discrètement, vous n’êtes sans doute pas étonné que ces deux interventions se retrouvent sur internet ? Ce qui m’a permis d’en prendre connaissance.
Ce que vous y affirmez est tellement erroné qu’il me paraît nécessaire de vous en faire part au moyen de cette lettre ouverte que pourront lire les fidèles que vous trompez.
D’abord l’homélie de l’abbé Pierre Roy :
Malgré la jeunesse du prédicateur, sa maîtrise et la sérénité de son discours m’impressionnent. Pas un mot n’est à retrancher et cette intervention me paraît d’autant plus courageuse qu’elle survient après la parution du dernier Cor Unum dans lequel Mgr Fellay écrit : « Nous assistons, Dieu merci de manière limitée, à ce pénible spectacle de prêtres, qui se veulent contre-révolutionnaires, mais qui n’hésitent pourtant pas à agir, à publier leurs opinions, comme si les supérieurs n’existaient plus. »
Après un commentaire simple et clair de la dernière Exhortation apostolique que l’abbé Roy qualifie légitimement d’apostate, il continue – ce qui vous remplit d’émotion – : « J’ai gardé le silence jusqu’à présent, mais je suis vraiment inquiet de ce qui se passe entre la tête de notre Fraternité et la Rome apostate. Vous le savez, de plus en plus, la volonté est exprimée de façon de plus en plus claire dans la Fraternité, de vouloir réussir à s’arranger avec ces gens. De vouloir au minimum recevoir de leur part une approbation, que ces gens puissent nous déclarer catholiques. …
Oui, je suis très inquiet qu’on puisse en arriver à penser que nous pouvons nous accorder avec ces gens-là, que nous pouvons nous établir sur le même fondement sur lequel sont établis ces gens. …
Oui, je suis inquiet. Beaucoup de prêtres, comme moi, sont inquiets. Si nous avons jusqu’à présent gardé le silence, c’est toujours dans cette espérance que ces chefs qui nous dirigent en ce moment puissent trouver le chemin, puissent retrouver la lumière. »
L’abbé Roy est un prêtre inquiet. Il n’est pas le seul dans la Fraternité saint Pie X. Il l’a confié à ses fidèles dont certains ne sont pas plus rassurés que lui. Vous le savez.
Cette inquiétude, qui provoque votre colère, est-elle surprenante ? Je ne le pense pas. Il suffit de se souvenir de l’avertissement de Mgr de Galaretta à Albano le 11 octobre 2011 :
« Pour le bien de la Fraternité et de la Tradition, il faut refermer au plus vite la « boîte de pandore », afin d’éviter le discrédit et la démolition de l’autorité, des contestations, des discordes et des divisions, peut-être sans retour ».
Nous y sommes.
Mgr Fellay lui-même n’ignore pas cette inquiétude qu’il qualifie de « méfiance » dans le Cor Unum de mars 2016 :
« …Cette méfiance, nous la constatons malheureusement chez un certain nombre  – assez réduit, il est vrai -, de nos propres membres, non seulement envers les autorités de l’Église officielle, mais aussi envers leurs propres supérieurs ! »
Est-il si inconvenant d’être méfiant envers les autorités de l’Église officielle ?! L’abbé Roy serait de ce nombre et quelques autres !
Mgr Fellay s’interroge sur l’origine de cette méfiance :
 « Il nous semble que souvent ces attitudes, un peu désespérées, proviennent de blessures personnelles, de frustrations, de déceptions par rapport aux supérieurs…
« Nous estimons donc qu’une partie du malaise que certains éprouvent ne provient pas immédiatement de la situation déplorable et incertaine dans laquelle se trouvent la société civile et l’Église, mais de ce manque de proximité ou de facilité d’un contact fréquent entre les supérieurs… »
N’ayant jamais eu le moindre contact avec l’abbé Pierre Roy, j’ignore les « frustrations personnelles qui l’auraient plongé dans cette attitude désespérée » ! … par contre il ne peut souffrir de l’éloignement de son supérieur, puisqu’ils vivent tous deux dans la même maison, où l’abbé Roy assume la fonction de directeur de la publication du bulletin du District. Ordinairement, ce n’est pas une fonction qu’un supérieur confie au premier-venu…
Les causes semblent donc ailleurs… mais l’enquête-pilote lancée par le Supérieur Général devrait pouvoir fournir des réponses sans tarder !!
Nous lisons en effet dans le même Cor Unum :
« Nous avons commencé à lancer une enquête-pilote auprès d’un certain nombre de confrères, leur demandant, tout en leur garantissant l’anonymat, leur avis sur la situation à divers niveaux d’opération. »
Si Menzingen me faisait parvenir cette enquête-pilote, peut-être pourrais-je faire profiter la FSSPX de mon expérience et apporter mon témoignage en ce qui concerne les « garanties d’anonymat » !
Votre réaction du 24 avril dernier.
Le dimanche suivant, vous avez fait une mise au point de 17 minutes. Pour donner à vos propos l’illusion de la sagesse, vous prenez l’attitude d’un grognard de la garde impériale à la voix théâtrale. Mais j’ose espérer que vos paroles ont outrepassé votre pensée, parce que vous avez énoncé beaucoup de niaiseries !
Comment pouvez-vous affirmer que « la Fraternité est un bien infiniment (!)précieux et que le cadeau qu’elle nous apporte, avant même la Messe, les Sacrements, le Catéchisme, c’est l’AUTORITÉ » ?
Ne voyez vous pas les conséquences épouvantables de ce primat de l’autorité sur la vérité ? Ce primat ne légitime-t-il pas toutes les idéologies totalitaires que nous connaissons ?
Vous martelez à plusieurs reprises que « ce principe de l’autorité est intangible. Ce principe disparu, c’est la mort et le chaos. »
N’êtes-vous pas en train de faire le procès de Mgr Lefebvre ? Niez-vous qu’il a refusé de se soumettre à l’autorité légitime ?
À vous écouter, Mgr Lefebvre serait la cause de notre situation. S’il n’avait pas désobéi, tout n’irait-il pas mieux dans le meilleur des mondes ?
Dès le commencement, votre mise au point est donc fondée sur une erreur ! Ensuite le vocabulaire militaire que vous employez pour vous donner un peu de consistance trahit une émotion mal maîtrisée qui prête à rire.
Quelques-unes de vos formules :
C’est la guerre et dans la guerre les lois changent – Lorsqu’il y a mutinerie, ce sont les lois martiales – C’est un tribunal d’exception – Il faut trancher dans le vif – On fusille sur le champ – Dans la garde impériale certains soldats vont jusqu’à donner leur vie pour l’empereur…
L’empereur est-ce Mgr Fellay ? Vous apprêtez-vous à mourir pour lui ?
Être un grand soldat consiste-t-il toujours à servir le Général ?
Le Lieutenant Degueldre qui disait : « Je préfère une désobéissance qui me coûte la vie plutôt qu’une obéissance qui me coûte l’honneur », ne fut-il pas un grand soldat ?
Le Colonel Bastien-Thiry n’est-il pas un bel exemple de héros chrétien ? Il est mort fusillé pour s’être rebellé contre la politique d’un chef félon. C’était glorieux et l’honneur de la France en était relevé.
Les Maréchaux du IIIème Reich, par contre, ont exécuté fidèlement les ordres reçus de l’autorité légitime. Certains d’entre eux ont fondé leur défense sur cette soumission à l’autorité légitime. Ils ont été pendus.
« Si on a pas un moral d’acier, dites-vous, si on n’est pas décidé à livrer un combat jusqu’au bout, nous sommes morts et nous ne sommes pas dignes de servir l’Église. »
Digne de servir quelle église par quel combat ? Celle qui jubile pour les 50 ans de la clôture de Vatican II ? Votre participation à l’année de la Miséricorde est-elle une manifestation de « votre morale d’acier »  ?
Voici encore quelques échantillons de votre mauvaise mise au point :
« La résistance c’est la subversion  – la perte de confiance dans ses supérieurs c’est la mort… – Si les supérieurs n’ont plus la possibilité d’être souples, félins, manœuvriers, nous sommes morts, nous n’avons plus de raison d’exister… – un peu de bon sens – je crains qu’on étale sa lâcheté… – Il va falloir qu’on fasse le ménage là-dedans… – il faut aller au front, au corps à corps – porter des coups, il faut prendre les armes… – Il faut tout risquer pour l’Église… – l’exemple des zouaves pontificaux… –  J’en appelle à l’honneur, j’en appelle à la loyauté, au bon sens tout simplement…»
Vous donnez vraiment l’impression d’être en plein délire.
Mais puisque vous qualifiez la Résistance de subversion. Venons-y. L’abbé Quilton l’a fait avant vous lors de mon procès. Il s’appuyait sur saint Thomas IIa IIæ q. 42 a. 2. Ça fait toujours sérieux de citer saint Thomas surtout quand on est professeur de séminaire ! Mais il ne suffit pas de le citer, encore faut-il le comprendre. Je lui ai démontré qu’il n’avait pas su appliquer sa citation à la situation présente. Il ne m’a pas contredit et je n’ai plus entendu parler de subversion.
Si vous souhaitez avoir une idée précise sur cette notion de subversion que vous invoquez, lisez les pages 247 à 255 des Actes de mon procès. Ça ne semble pas un effort surhumain. Après cela, vous n’affirmerez plus : « Certains ont pris leur responsabilité, ils se sont fait éjecter de la Fraternité, c’est dans l’ordre des choses. Ah ! les moyens employés n’ont pas été bons ? Encore une fois sur le front quant il y a trahison, il y a tribunal d’exception et on fusille. Ne jouons pas avec l’autorité. »
Vous affirmez pour impressionner vos fidèles mais cela ne prouve nullement la véracité de vos paroles.
Quand vous parlez de « montez au front,… de corps à corps,… de porter des coups,… de prendre les armes… » pensez-vous à la rencontre cordiale de Mgr Fellay avec François le 1er avril dernier ?!
« Vous en appelez à l’honneur… » l’honneur de servir Mgr Fellay ? l’honneur de servir l’autorité avant la Messe, les Sacrements et le Catéchisme ?
Votre jeune confrère en appelait à l’honneur de servir le Christ-Roi, c’est autre chose ! Et lorsque vous parlez de « faire le ménage là-dedans, » de quoi parlez-vous ? De Rome ? Est-ce bien cohérent pour qui n’a qu’un unique principe : le respect intangible de l’autorité ? Soyez conséquent avec vous-même !
Vous rappelez le souvenir glorieux des Zouaves. Oubliez-vous que le Pape de l’époque ne s’appelait pas François mais Pie IX ?
À la fin de votre mise au point, vous ne pouvez tout de même pas éviter une allusion à l’objection qui doit vous siffler souvent aux oreilles : ce danger que représente une approbation de la Rome moderniste.
Votre réponse est toujours la même, il n’y en a qu’une, toujours aussi consternante :
« De toute façon on ne peut pas faire l’économie de l’autorité – Gardons indéfectiblement confiance dans nos chefs – Tout nous dit que le premier principe de l’autorité est le principe qu’il faut défendre sinon il n’y aurait plus la Messe. »
Pour quelle trahison l’abbé Aulagnier a-t-il donc été éjecté de la Fraternité ? Celle que vous envisagez par soumission ? Celle que souhaite l’abbé Schmidberger dans sa note du 19 février dernier ?
Évidemment votre mise au point ne comporte pas un seul mot sur le fond du problème. Vous portez des accusations de lâcheté alors que vous êtes confortablement installé dans votre formule obsessionnelle : Autorité-obéissance !
Je doute fort que vous soyez destinataire du formulaire de l’enquête-pilote !
Votre mise au point manifeste-t-elle l’âme d’un soldat ou celle d’un petit valet ?
En tout cas, laissez-moi vous dire, Monsieur l’abbé : ce que vous avez fait dimanche à Lévis, c’est ben niaiseux !
pinaud
Abbé Nicolas Pinaud

samedi 9 janvier 2016

« Nous reconnaître tels que nous sommes » ? (R.P. Bruno OSB)

Dom Gérard OSB, prieur du Barroux


A la fin du « mot du supérieur général » (1er novembre 2015) du dernier bulletin Cor unum, Mgr Fellay donne quelques précisions aux membres de la Fraternité sur « la situation de l’Eglise et nos relations romaines ».

Bien des points seraient à commenter : « la sainte Eglise, malade, […] perdant chaque jour davantage son unité » (?) – « le pape […] se range plutôt du côté des progressistes » (vous croyez ?) – « la grâce de la fidélité à cette œuvre merveilleuse qu’est la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X »…

lundi 12 janvier 2015

Nouvelles rencontres informelles avec un prélat romain: Mgr Schneider (Note interne)

 Source Non Possumus

Note interne confidentielle de la Maison  Générale
Diffusion : membres prêtres
Date : le 18 décembre, 2014

Note  au    sujet   d’une    réunion   de   membres  de   la    Fraternité  avec  le   Cardinal Brandmüller.

Le 5 décembre 2014 a  eu  lieu  la  réunion annoncée entre des  membres de  la Fraternité et  le Cardinal Brandmüller. A cette rencontre, qui s’est déroulée en langue allemande à Zaitzkofen, étaient  présents  le  Cardinal  Brandmüller,  Mgr  Fellay, MM.  les   abbés  Schmidberger, Frey, Udressy, Wuilloud,  Gaudron et Kasteleiner.

La réunion a été  très  cordiale. Le Cardinal semble avoir  été  bien  impressionné par sa  visite  du séminaire, l’accueil du corps professoral et des séminaristes.

Lors  de  la réunion, Mgr Fellay  et  nos  prêtres ont  expliqué les  positions de  la Fraternité sur  le statut particulier du  concile Vatican  II, l’autorité de  ses documents, son  interprétation et  son caractère atypique de « concile pastoral ». Ils ont  insisté sur  le fait que l’on ne peut  pas  séparer les textes du concile Vatican  II de l’esprit du concile et des réformes qui l’ont suivi.

Les réponses du Cardinal aux  objections de la Fraternité restent dans  l’ensemble les mêmes que celles  de la Commission Ecclesia Dei.

D’un point  de vue théologique, cet  entretien n’a rien  apporté de nouveau. Les divergences entre les  deux  positions sont  claires. La rencontre a cependant permis au  Cardinal de  visiter  l’un de nos   séminaires,  d’y  rencontrer  les   prêtres, d’entendre  directement  les   objections  que   la Fraternité formule contre le  concile Vatican  II et  les  réformes postconciliaires, de  constater notre unité  doctrinale.

Deux  prochaines rencontres sont  prévues avec  Mgr Athanasius Schneider : l’une au séminaire Saint  Curé  d’Ars à Flavigny  en  janvier, et  l’autre en  février  au séminaire St. Thomas Aquinas  à Winona.

Cette note est une  information interne confidentielle, elle  ne  doit être diffusée sous aucun prétexte.  La   Maison  Générale  se   charge, si  nécessaire, de   la communication externe.

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vendredi 5 décembre 2014

Rencontre "informelle" à Zaitzkofen avec le cardinal Brandmuller début décembre 2014 (note interne)

La promesse des deux parties (FSSPX/Rome conciliaire) de "procéder par paliers mais dans un délai raisonnable vers le dépassement des difficultés ...dans la perspective désirée d’une pleine réconciliation" n'est pas une promesse en vain. Après leur rencontre œcuménique aux Philippines le 18 novembre dernier (voir http://www.francefidele.org/actualité-et-communiqués-de-l-union-sacerdotale/ ), les voici à nouveau engagés dans des rapports cordiaux, informels et... secrets.

Commentaire de France Fidèle: 

Ci-joint la note interne secrète adressée à tous les prêtres de la FSSPX ( ou presque car il semble que certains en aient été privés !) .La maison générale ose présenter cette énième rencontre avec un cardinal dans un séminaire  de la FSSPX, avec sept membres importants de cette congrégation, comme 'informelle'.Le but de cette  prétendue rencontre informelle serait  "de mieux faire connaître les positions de la Fraternité à des prélats plutôt bien disposés et capables d’écouter nos arguments". Pourtant n'y a-t-il pas eu de longues discussions théologiques à Rome avant 2011 ?  Le cardinal Brandmuller les ignore-t-il encore ?  Nous nous proposons de lui offrir les œuvres intégrales de Mgr Lefebvre.  Ces rencontres "informelles" rentrent donc dans le cadre des contacts qui doivent se multiplier entre la Rome conciliaire et la néo FSSPX. Le communiqué reconnaît d'ailleurs que cette rencontre fait suite à celle du 23 septembre dernier.On notera au passage qu'il n'y a aucun Français pour cette première rencontre : c'est une affaire strictement germano-suisse.


Note interne confidentielle de la Maison Générale
Diffusion : membres prêtres
Date : le 26 novembre 2014


Note au sujet d’une réunion de membres de la Fraternité avec le cardinal Brandmüller

Début décembre 2014 se tiendra la première des réunions qui doivent avoir lieu entre des membres de la Fraternité et des évêques. Ces entretiens, proposés par la Commission Ecclesia Dei à la suite de la rencontre entre Mgr Fellay et le cardinal Müller le mardi 23 septembre 2014 à Rome, sont des réunions informelles ; elles doivent se dérouler sans médiatisation ni publicité. Comme annoncé dans la note interne de la Maison Générale aux prêtres du 2 octobre 2014, le choix des lieux et interlocuteurs est laissé à l’initiative de la Fraternité.
Le but de la Maison Générale est de mieux faire connaître les positions de la Fraternité à des prélats plutôt bien disposés et capables d’écouter nos arguments.
Le cardinal Brandmüller est né en Allemagne, le 5 janvier 1929 ; il a été consacré évêque en novembre 2010 et créé cardinal la semaine suivante le 20 novembre 2010. Il est président émérite du Comité pontifical des sciences historiques. Il est l’un des co-auteurs de l’ouvrageDemeurer dans la vérité du Christ qui réfutent les thèses hétérodoxes du cardinal Walter Kasper lors du Consistoire du 20 février 2014. Voir DICI n° 301 du 20/09/14.
Cette réunion se déroulera en langue allemande à Zaitzkofen ; seront présents Mgr Fellay, MM. les abbés Schmidberger, Frey, Udressy, Wuilloud, Gaudron et Kasteleiner. Ils rencontreront le cardinal Brandmüller.
Le thème qui sera abordé sera le statut particulier du concile Vatican II – l’autorité de ses documents, son interprétation et son caractère atypique de « concile pastoral ».

Cette note est une information interne confidentielle, elle ne doit pas être diffusée, sous aucun prétexte. La Maison Générale se chargera si nécessaire de la communication externe par un communiqué.

Copie de l'original de la note: 

mercredi 15 octobre 2014

Note interne à la suite de l'entrevue de Mgr Fellay avec Mgr Muller (2 octobre 2014)

Note interne confidentielle de Menzingen suite à l'entrevue romaine
Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X
Note interne confidentielle de la Maison générale
Diffusion : membres prêtres
Le 2 octobre 2014

Le mardi 23 septembre 2014, Mgr Bernard Fellay, Supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X, a rencontré le cardinal Gerhard Ludwig Müller, Préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi. Il était accompagné des deux Assistants généraux de la Fraternité. Le cardinal Müller était entouré de Mgr Ladaria, secrétaire de la CDF, de Mgr Joseph Augustin di Noïa o.p., secrétaire-adjoint, et de Mgr di Pozzo, secrétaire de la Commission pontificale Ecclesia Dei et Mgr Descourtieux, de la même commission. La rencontre a eu lieu de 11 h. à 13h.
—   L’impression générale que laisse cette réunion est qu’il n’y a rien de nouveau (Cf. Communiqué de 2005 après l’audience au pape Benoît XVI repris littéralement dans celui de 2014) :
—   Comme précédemment, Mgr Fellay et ses Assistants ont été cordialement reçus.
—   On note que le Pape et la Congrégation pour la doctrine de la foi veulent maintenir les discussions et les contacts. Ils ne veulent pas couper.
—   Il n’y a pas de menace de sanction, mais une insistance sur l’obéissance et une insistance pour que nous régularisions la situation rapidement, en acceptant la déclaration doctrinale de 2012 (et la prélature), ce que nous avons à nouveau refusé en raison des ambiguïtés de ce document.
—   On nous demande d’accepter le magistère de l’Église comme norme de la foi, ce qui par principe n’est pas un problème pour un catholique, mais c’est l’application de cette acceptation à l’enseignement conciliaire et postconciliaire qui pose un grave problème, en raison de la rupture avec le magistère antérieur.
—   Ils ne comprennent pas, ou n’admettent pas, que le Concile lui-même puisse être pris en défaut, et donc ils ne peuvent pas remonter aux causes de la crise.
—   Il est difficile de faire passer notre position, ils ne comprennent pas ou ne veulent pas comprendre. Nous ne parlons pas le même langage.
—   Nos observations et oppositions sont vues comme secondaires ou même illusoires par rapport aux problèmes auxquels ils doivent faire face dans l’Église (prochain Synode sur la famille, etc.).
—   Les différences doctrinales demeurent (œcuménisme, liberté religieuse et collégialité, comme les problèmes posés par la nouvelle messe).
—   Rome demande, dans le cadre de ces discussions, des rencontres entre des membres de la Fraternité et des évêques, qui auront lieu de façon informelle : le choix des lieux et interlocuteurs étant laissé à notre initiative.

Nos intentions :
—   Maintenir le contact surtout lorsque l’initiative vient de Rome, c’est l’esprit et la pratique de Mgr Lefebvre.
—   Il s’agit d’utiliser ces rencontres pour exposer, expliquer notre position sur les causes de la crise de l’Église. C’est l’esprit missionnaire dans l’Église qu’il nous faut conserver.

—   Il faut être ferme sur le fond, la doctrine ; patient et charitable sur la forme.



Ces rencontres étaient déjà annoncées par l'abbé Pflugger à Flavigny, fin décembre 2013:


« On est dans un moment décisif pour la Tradition et la Fraternité. Crise vient du grec crisis qui
s'applique en médecine au cas d'un patient dont le moment est venu de statuer sur son avenir. Arrive-ton à vaincre la maladie ? Nous en sommes à ce point ou il faut décider sur l'avenir par rapport au pape, à l'Église. Donc, comment agir ?

Il faut regarder comment l'Église a agi dans le passé. Aujourd'hui, Suresnes, Mgr Tissier nous
poussent, mettent une certaine pression pour que nous fassions une déclaration claire, pure et dure, une profession de foi, qui mette les points sur les « i ». Ils [Ils ou certains...] demandent que nous ne
discutions pas avec Rome mais que nous proposions des petits textes basés sur la doctrine. Mais
faisons gaffe ! [Ce n'est pas aussi simple.] Dans le Credo, on ne professe pas qu'on renonce à
Vatican II et à la liberté religieuse !
Nous avons consulté quelques confrères sur l'opportunité de la publication de ces déclarations à
l'occasion des 25 ans des sacres ; un confrère français nous a écrit sur l'utilité de ce texte qu'il est
inaudible au clergé moderne [deux déclarations fermes (fin du Chapitre 2012, puis déclaration des
évêques en 2013) rappellent déjà notre position. Nos déclarations restent inaudibles pour le clergé
moderne], même à celui qui nous estime ! Parce qu'il manque d'une philo sérieuse pour nous
comprendre.

1er problème : sur un même texte, chacun voit de sa façon et les modernes ne voient pas ce qu'on y
voit. Exemple : à l'occasion de la manifestation interreligieuse à Buenos-Aires pour mémoriser
l'attaque contre les juifs, personne n'a compris notre lutte contre la liberté religieuse, on a pensé qu'on luttait contre les juifs parce qu'on a des fidèles très intelligents [qui n'ont pas percé le contexte / qui ont parlé en ce sens à la TV].

2ème problème : ils méconnaissent le magistère ante-conciliaire [parce qu'ils / et ils] sont submergés par des préoccupations pastorales. Leurs soucis sont totalement différents des nôtres qui nous focalisons sur Vatican II et la collégialité... [En publiant une telle déclaration.] Nous nous (faisons / ferions] plaisir à nous-mêmes et nous ne [faisons / ferions] pas avancer les choses.
La réforme consiste à travailler, à faire circuler « in capite et in membris », simultanément. In capite, c'est par rapport au pape, à Rome et ça a consisté dans les discussions doctrinales et nos efforts ne sont pas couronnés de succès pour l'instant. In membris c'est par rapport aux fidèles, aux paroisses et au clergé conservateur. Il faut maintenant intensifier le contact in membris.

En remontant plus loin dans l'histoire, on constate que la réforme carolingienne a consisté dans la
multiplication d'initiatives privées qui se sont élaborées en dehors du pouvoir romain sans l'affronter et que celui-ci a fini par approuver en légiférant. Le pape ne lance pas l'initiative mais c'est la base qui les lance, initiatives qui s'épanouissent jusqu'à ce que la tête les reprenne à son compte pour les
officialiser. Pour cela il faut une disposition suffisante des inférieurs pour se laisser conduire sinon la
tête ne peut pas reprendre à son compte la réforme. Le Motu Proprio est une étape, le pape ne peut pas aller plus vite et plus loin pour l'instant. Mgr a bien dit que ce sont les chiffres qui parleront. « De
l'histoire on n'apprend rien », dit... ? Les gens font toujours les mêmes bêtises ! Le changement
viendra de la multiplication de ces initiatives et par leur rencontre et leur union."