Saint Pie X, Mgr Lefebvre, Mgr Williamson : trois époques, un même souci
Trois hommes, trois époques, trois responsabilités bien différentes : saint Pie X fut pape, Mgr Lefebvre archevêque et fondateur, Mgr Williamson évêque consacré par ce dernier.
Pourtant, un même fil peut être suivi de l’un à l’autre : la conviction que la foi catholique est un dépôt à transmettre et non une matière à remodeler selon les modes du temps.
Saint Pie X affronta directement le modernisme, qu’il dénonça avec une vigueur exceptionnelle dans Pascendi.
Mgr Lefebvre, plusieurs décennies plus tard, dénonça les erreurs condamnées par saint Pie X dans les transformations doctrinales et liturgiques qui suivirent Vatican II. Il fit donc de la formation sacerdotale, de la messe traditionnelle et de la transmission du catéchisme les piliers de son œuvre.
Mgr Williamson, consacré évêque par Mgr Lefebvre en 1988, voulut à son tour poursuivre cette résistance contre la tentation de s'accomoder avec les ennemis de Dieu.
Chez les trois hommes apparaît une même vigilance contre cette tentation permanente de vouloir réconcilier le catholicisme avec l’esprit dominant en diminuant ce qui dérange cet esprit.
Saint Pie X combattit pour préserver la foi du modernisme.
Mgr Lefebvre combattit pour conserver la Tradition catholique parce qu'il voyait le modernisme triomphant dans l'Église .
Mgr Williamson voulut maintenir cette même ligne lorsqu’il vit qu'elle était de nouveau abandonnée par des catholiques libéraux qui souhaitaient se réconcilier avec les modernistes.
Les situations historiques ne sont évidemment ni identiques ni juridiquement comparables. Mais leur point commun peut tenir en une formule : la vérité ne devient pas fausse parce qu’elle est impopulaire et minoritaire, et l’erreur ne devient pas vraie parce qu’elle est devenue sympathique et majoritaire.
De saint Pie X à Mgr Lefebvre, puis de Mgr Lefebvre à Mgr Williamson, c’est cette volonté de transmission sans compromis qu’ils ont, chacun à sa manière, revendiquée.