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mardi 9 juin 2026

Les sacres, réponses à quelques questions

M. l'abbé Dominique Rousseau répond à diverses questions que peuvent se poser les fidèles sur les sacres :

Source



La Fraternité va procéder au sacre épiscopal de quatre prêtres. L’annonce en a été faite le 2 février par son Supérieur général lors des prises de soutane au Séminaire Saint-Curé d’Ars à Flavigny.

Face à cette annonce, comment réagir ? Nous ne parlons pas des ralliés à la Rome conciliaire depuis les sacres de 1988 : tous, plus ou moins, poussent des cris d’orfraie en brandissant les drapeaux usés de « schisme aggravé depuis 1988 », de « bras de fer » avec le Vatican par la FSSPX. Que les personnes intéressées par le sujet aillent naviguer sur la « toile » et regardent le « Forum catholique », les articles de « La Nef ». Tel n’est pas l’objet que nous nous proposons ici de traiter.

  • Doit-on se réjouir des sacres prévus au 1er juillet 2026 ?
Il est clair que l’Église a besoin, de par sa nature, d’évêques catholiques, dont l’épiscopat est certainement valide. Ce fut la raison des sacres de 1988, conférés à quatre prêtres de la Fraternité Saint-Pie X par leurs Excellences Monseigneur Marcel Lefebvre et Dom Antonio de Castro Mayer, venu tout exprès du Brésil pour cette « opération – survie ».

La FSSPX n’a plus à présent que deux évêques, Mgr Williamson en ayant été chassé en 2012 (et décédé le 29 janvier 2025) et Mgr Tissier de Mallerais est décédé le 8 octobre 2024. Seuls restent Mgr de Galaretta et Mgr Fellay, tous deux étant presque septuagénaires et usés après tant d’années à parcourir le monde.

  • Sacrements douteux
Tous les sacrements de « l’Église conciliaire » (l’expression est de Mgr Benelli, du 25 juin 1976) sont douteux, affirmait Mgr Lefebvre, en raison soit de la forme, de la matière et/ou de l’intention du ministre qui les confère. Douteux n’est pas synonyme d’invalide, notons-le bien. Mais si un gâteau est douteux en raison d’un poison qui y a peut-être été inséré, la prudence élémentaire est de ne pas le manger, aussi beau et alléchant soit-il. Il en est de même pour les sacrements.

Dans la Fraternité et de façon officielle, il n’est plus question de faire cette distinction « Église catholique » et « Église conciliaire ». Nous invitons le lecteur à se reporter à la brillante étude qu’avait faite en son temps Mgr Tissier de Mallerais sur cette question importante (voir Sel de la terre n° 85, été 2013, éditorial).

La prudence pastorale exigeait jusqu’à ces dernières années que tous ceux qui avaient reçu des sacrements douteux car réformés depuis les années postérieures à Vatican II reçoivent à nouveau, et sous condition, certains sacrements : la confirmation et l’ordre. C’en est fini de tout cela et nous savons de source certaine que les Supérieurs de la Fraternité ne veulent plus que les prêtres « Novus Ordo » qui se convertissent soient réordonnés sous condition, ce qui, selon eux, serait un acte sacrilège. Il en est de même pour l’épiscopat. Mgr Huonder, décédé à présent, n’a pas été inquiété pour son sacre et a exercé un apostolat épiscopal, en consacrant les saintes Huiles le Jeudi saint 2023 au Séminaire de la Fraternité en Allemagne.

Mgr Viganò, sacré en 1992 par Jean Paul II, a été reconsacré sous condition par Mgr Williamson en 2021. Le fait est suffisamment connu pour être ici noté.

  • Quelle fut la pensée de Mgr Lefebvre sur cette « Église conciliaire » ?
« Quoi de plus clair ! Désormais c’est à l’Église conciliaire qu’il faut obéir et être fidèle, et non plus à l’Église catholique. C’est précisément tout notre problème. Nous sommes suspens a divinis par l’Église conciliaire et pour l’Église conciliaire dont nous ne voulons pas faire partie. Cette Église conciliaire est une Église schismatique, parce qu’elle rompt avec l’Église catholique de toujours. Elle a ses nouveaux dogmes (dignité de la personne humaine), son nouveau sacerdoce (le sacerdoce commun des fidèles), ses nouvelles institutions (synode épiscopal, conseil épiscopal, conseil paroissial etc.), son nouveau culte (nouvelle messe) déjà condamnés par l’Église en maints documents officiels et définitifs. C’est pourquoi les fondateurs de l’Église conciliaire insistent tant sur l’obéissance à l’Église d’aujourd’hui, faisant abstraction de l’Église d’hier comme si celle-ci n’existait plus. L’Église qui affirme de pareilles erreurs est à la fois schismatique et hérétique. Cette Église conciliaire n’est donc pas catholique. Dans la mesure où le pape, les évêques, prêtres ou fidèles adhèrent à cette nouvelle Église, ils se séparent de l’Église catholique. L’Église d’aujourd’hui n’est la véritable Église que dans la mesure où elle continue et fait corps avec l’Église d’hier et de toujours. La norme de la foi catholique, c’est la Tradition. » (Lettre du 29 juillet 1976)

La Fraternité Saint-Pie X n’a plus le même discours depuis des années et ne dénonce plus « l’Église conciliaire ».

  • Avec ces sacres à venir, la Fraternité et la Résistance (ou Fidélité catholique) vont-elles se réunir ?
Apparemment, les obstacles se dissipent tels des nuages présents pendant de longues années (depuis 2012). Les nuages demeurent cependant et ce, pour plusieurs raisons, qui ne sont pas d’ordre sentimental, de susceptibilité froissée ou quoi que ce soit de cette sorte, qui serait somme toute accessoire : dans une famille, il faut se réconcilier après des orages. Le problème est plus profond.

En effet, eu égard à l’état de nécessité (perte de la foi généralisée, maintien de l’épiscopat sur les différents continents avec la période communiste de la soi-disant pandémie), Mgr Williamson a sacré entre 2015 et 2022 six évêques. Trois d’entre eux ont été sacrés de façon publique et les trois autres, secrètement. Ces trois évêques ont fait l’objet de bien des critiques, même de la part de notre clergé « résistant ». Mais ces cas de sacres secrets ont eu des précédents, en particulier celui-ci : Mgr Slipyj a procédé ainsi sous Paul VI en 1977 et la Fraternité a publié un article du Père Joseph OFM (alias abbé Régis de Cacqueray) : https://fsspx.news/fr/news/un-precedent-aux-sacres-la-fsspx-les-sacres-du-2-avril-1977-par-le-cardinal-slipyj-58983 . Que ceux qui, de tous bords, dénigrent ou boudent les sacres opérés par l’évêque britannique lisent attentivement l’article du père capucin.

  • La Fraternité et l’état de nécessité
Les évêques sacrés par Mgr Williamson sont de vrais évêques et la Fraternité devrait tenir compte de leur sacre, et faire appel à eux, sans avoir à sacrer d’autres évêques. Avec ces six évêques, l’état de nécessité invoqué par elle cesse : il y a des évêques. Mais non en fait ! Quelle en est la cause ? Ils ont, à leur passif, commis un péché irrémissible : ils ont quitté la Fraternité (du moins cinq d’entre eux, car Dom Thomas d’Aquin n’a jamais été membre de la FSSPX, puisque moine bénédictin). Nous avons montré, dans un autre texte, que « hors de la Fraternité, il n’y a point de salut » : https://havresaintjoseph-tradition.fr/un-marche-de-dupes-les-sacres-de-juillet-2026/ ).

  • La Fraternité veut-elle perdre ses acquis des années passées ?
Merci de vous reporter à l’article « Un marché de dupes »  pour voir la liste des « acquis ». Il est trop tôt pour savoir ce qui se passera le 2 juillet : excommunication ou non des évêques. Mgr Fellay espère toujours le « miracle », c’est-à-dire l’obtention du mandat de Léon XIV pour les sacres. Il est bien possible qu’il n’y ait pas d’excommunication. Imaginez en effet que Mgr Schneider, qui vante tant les sacres à venir, soit présent à Ecône. S’il assiste à la cérémonie, ce ne sera pas sans l’accord de Rome. Il fut l’ami de François, il l’est tout autant de Léon XIV. S’il célèbre la messe de saint Pie V, il célèbre tout autant la messe de Paul VI. Un évêque dans la ligne exacte de Benoît XVI.

  • Quelles seront (seraient) les conséquences des sacres sans mandat ?
Outre l’excommunication par la Rome néo-moderniste, synodale et courant à l’apostasie, les conséquences seront politiques, financières etc. En effet, que l’on se rappelle qu’au lendemain des sacres de 1988, l’État français bloqua les legs pour le district de France et ce n’est que dans les années 2000, que la Maison du district parvint, à force d’un travail méticuleux, à recouvrer ces biens gelés de façon inique.

Le Supérieur de district a des raisons bien humaines de craindre les sanctions lourdes qui s’abattront sur toutes les œuvres de son district : écoles, prieurés et tout ce qui leur appartient.

La persécution viendra. « Messire Dieu premier servi » sera-t-elle la bannière déployée, ou restera-t-elle au fond d’une poche, soigneusement et frileusement pliée?

  • Qu’aurait dû faire la Fraternité pour les sacres dont elle a besoin ?
Ne rien demander à Rome :
    • Comme la Fraternité le 28 juillet 1991 lors du sacre de Mgr Rangel, quelques mois après le décès de Dom Antonio de Castro Mayer (+ 25 avril 1991). Les consécrateurs furent trois des évêques sacrés en 1988 : Mgr Tissier de Mallerais, assisté de Mgr Williamson et Mgr de Galarreta (voir Revue « Fideliter » n° 83, septembre – octobre 1991.)
    • Comme également Mgr Williamson pour le sacre des six évêques.
    • Sacrer des évêques, les envoyer à des postes stratégiques dans des continents différents, à proximité de liaisons faciles (aéroports, autoroutes etc.). Ces évêques auraient été moins inquiétés (comme ceux sacrés par l’évêque britannique) que les tracas auxquels ils vont devoir s’affronter.

  • Quels sont les quatre élus à l’épiscopat ?
Les abbés Pascal Schreiber, suisse allemand, 53 ans ; Michael Goldade, américain, 45 ans ; Michel Poinsinet de Sivry, français, 42 ans ; Marc Hanappier, français, 36 ans.

Je ne parlerai que du premier mentionné. L’abbé Schreiber était supérieur du district de Suisse lorsque Mgr Huonder prit sa retraite en juin 2019, à l’école de Wangs. Il était bien clair que cet évêque ne ferait pas de ministère épiscopal. L’abbé Schreiber reçut ce prélat au séminaire de Zaitzkofen, dont il est actuellement directeur, le Jeudi saint 2023, et cet évêque consacra alors les saintes Huiles. Enfin, ce même abbé a célébré la messe pour le pèlerinage de la Pentecôte, en la vigile de cette fête. Pas un mot sur la crise de l’Église.

Nous avons déjà abondamment présenté qui fut Mgr Huonder et nous ajoutons, pour mémoire, ce rappel sur la validité des sacrements post-conciliaires, car cela concerne le cas de cet évêque : https://havresaintjoseph-tradition.fr/episcopat-conciliaire-valide-ou-non/ .

Ce court aperçu du « profil » de ce futur évêque n’augure rien de bon pour la défense de la Foi. Aîné des trois autres, il indiquera la route à ses plus jeunes confrères dans l’épiscopat. L’abbé Pagliarani a d’ailleurs bien décrit leur futur apostolat : 

« La cérémonie du 1er juillet n’aura d’autre but que de maintenir l’administration des sacrements de l’ordre et de la confirmation, ainsi que celle des sacramentaux réservés aux évêques, selon le rite traditionnel de la sainte Église romaine, et la foi de toujours. » (26 mai 2026).

Le Supérieur général de la Fraternité omet (et c’est grave) de dire que, de par sa nature, l’Évêque fait partie de l’Église enseignante, et n’est donc pas un « distributeur de sacrements ».

Les deux derniers mentionnés vivent au séminaire des Etats-Unis, depuis plusieurs années, avec Mgr Fellay. No comment !

  • Laissons la conclusion à Mgr Lefebvre : ses dernières paroles écrites
FIDELITER – Qu’est-ce que vous pouvez dire à ceux d’entre les fidèles qui espèrent toujours en la possibilité d’un arrangement avec Rome ?

Monseigneur – Nos vrais fidèles, ceux qui ont compris le problème et qui nous ont justement aidés à poursuivre la ligne droite et ferme de la Tradition et de la foi, craignaient les démarches que j’ai faites à Rome. Ils m’ont dit que c’était dangereux et que je perdais mon temps. Oui, bien sûr, j’ai espéré jusqu’à la dernière minute qu’à Rome on témoignerait d’un petit peu de loyauté. On ne peut pas me reprocher de ne pas avoir fait le maximum. Aussi maintenant, à ceux qui viennent me dire : il faut vous entendre avec Rome, je crois pouvoir dire que je suis allé plus loin même que je n’aurais dû aller. » (Entretien de Mgr Lefebvre à la revue Fideliter n° 79, janvier – février 1991)

Abbé Dominique Rousseau
9 juin 2026

jeudi 4 juin 2026

Hollywood s’invite à Ecône

 Source


Voici l’annonce faite par le canal Telegram des Sacres 2026, d’un documentaire à venir et dont la bande annonce est déjà en ligne: https://www.youtube.com/watch?v=xx0TX7HGF1E

« Réalisée sur deux ans par deux jeunes étudiants, TRADITIO est l’un des projets cinématographiques les plus ambitieux jamais réalisés par la Fraternité. Composée de trois parties, cette série entend présenter l’apostolat des prêtres de la Fraternité à travers le monde ainsi que leur attachement à l’Église catholique et au successeur de saint Pierre. 

Cette série sera également diffusée les 1er et 2 juillet 2026 sur les écrans de la prairie et accompagnera les temps d’attente précédant les célébrations. Une belle occasion pour les participants présents en avance de découvrir cette réalisation. »

Les commentaires ne se sont pas fait attendre et Médias-Presse-Infos commente ainsi la parution de ce documentaire, reprenant en grande partie les mots du canal cité ci-dessus :

« Dans le cadre de la véritable dynamique qui entoure l’annonce des sacres de quatre nouveaux évêques, la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X dévoile un documentaire intitulé TRADITIO – Pour l’amour de l’Église.
Une pépite cinématographique en trois parties.
Réalisée sur deux ans par deux jeunes étudiants de Suisse et d’Allemagne en collaboration avec la Maison générale de la FSSPX, cette production de plus de quatre heures est l’un des projets cinématographiques les plus ambitieux jamais réalisés par la Fraternité.
Composée en trois parties, cette série entend présenter l’apostolat des prêtres de la Fraternité Saint-Pie X à travers le monde ainsi que leur attachement à l’Église catholique et au Successeur de saint Pierre.
Pour l’amour de l’Église est une série documentaire en trois parties, consacrée à la vie et à l’apostolat des prêtres de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X à travers le monde.
La diffusion sur les réseaux sociaux est annoncée ainsi :
  • Une œuvre de foi – 7 juin 2026 
  • Une œuvre d’espérance – 14 juin 2026 
  • Une œuvre de charité – 21 juin 2026
Cette série sera également diffusée les 1er et 2 juillet 2026 sur les écrans de la prairie et accompagnera les temps d’attente précédant les célébrations.
La bande annonce permet de déjà savourer la qualité cinématographique de cette série de trois reportages et de mieux découvrir et apprécier l’apostolat mondial de la FSSPX et le ministère du prêtre catholique au service de l’Église.»

On relèvera, sans forcer le texte, l’enthousiasme de ce média sous la plume d’Alain Depauw, qui note les « pépites », « la bande annonce du magnifique documentaire de la FSSPX ».

Parce que « la mémoire est la faculté qui oublie », dit-on, nous continuons à décrire, après avoir déjà relevé dans un autre texte ( https://havresaintjoseph-tradition.fr/la-fraternite-saint-pie-x-hier-1988-et-aujourdhui-2026/ ), ce que nous avons connu lorsque Ecône était Ecône, du vivant de Mgr Marcel Lefebvre. Nous n’allons pas jouer aux « Anciens » : « J’y étais ».

Cependant, il est bon de comparer deux faits majeurs dans l’Histoire de la Fraternité, avec celui qui arrive : la consécration de la Fraternité au Cœur Immaculé de Marie, puis les sacres de 1988.

Le premier événement eut lieu le 8 décembre 1984, non loin d’Ecône, à Martigny. Mgr Lefebvre consacra la Fraternité à l’Immaculée, en présence d’un grand nombre de prêtres, séminaristes (nous étions alors nombreux à Ecône ; de plus, le Séminaire d’Allemagne vint au complet, Flavigny n’était pas encore séminaire – 1986), de fidèles venus de plusieurs pays. La nuit qui précéda cette consécration et la Messe pontificale fut une nuit de prière et d’adoration continuelle. Pas de film pour « tuer le temps », comme cela va se passer sur la prairie d’Ecône début juillet. En effet les personnes étant passées par le portique électronique devront être présentes dès 6 h du matin pour la cérémonie qui commencera trois heures plus tard.

Il en fut de même pour les sacres du 30 juin 1988. La prière était au rendez-vous pour cette « opération – survie ».

A présent, on utilise le mot de « série », pour cette trilogie « Une œuvre de foi – 7 juin 2026 • Une œuvre d’espérance – 14 juin 2026 • Une œuvre de charité – 21 juin 2026 ». On passe au monde du cinéma. Nous avons déjà mis le doigt dessus : https://havresaintjoseph-tradition.fr/quatre-jours-dexception/ .

Avec ces sacres à venir, l’abbé Pagliarani aura réussi ce que Mgr Williamson annonçait, en le dénonçant, dès 2018, deux mois après son élection au faîte de la Fraternité Saint-Pie X : 

« S’il pense qu’il n’y a rien de plus pressé que d’unir les libéraux et les antilibéraux au sein de la Fraternité en ayant recours à des compromis politiques et des calculs humains, jamais il n’enrayera l’actuelle dégringolade de la Fraternité. Notre foi est notre victoire sur le monde, dit saint Jean (1 Jn 5, 4), et non notre politique. » (Commentaires Eleison, Tome 3, n° 582, p. 169)

Voici un autre aspect sur le même sujet.

Cette présentation des sacres, tous les écrits de l’abbé Pagliarani dans sa communication depuis février 2026, et celle de prêtres passant sur les plateaux
( https://www.youtube.com/watch?v=iW5jYixOZ7s ) donnent à réfléchir sur l’orientation des clercs de la Fraternité.

Nous avons mis en relief ( https://havresaintjoseph-tradition.fr/la-fraternite-saint-pie-x-hier-1988-et-aujourdhui-2026/ ) la différence de vue de la FSSPX dans le cours des années et surtout son glissement : hier on priait pour la conversion de Rome, aujourd’hui (cf. l’interview de l’abbé Gabard sur RCF Anjou, lien ci-dessus) ils cherchent désespérément un Mandat papal pour les sacres. Rien n’est dit sur la conversion du pape, les arguments sur l’état de nécessité manquent par ailleurs d’assise et demeurent dans le flou.

Concluons brièvement.

Ce n’est pas de l’esprit hollywoodien que les fidèles ont besoin ; c’est de celui de la prière et du sacrifice, et non des images et de « projets cinématographiques les plus ambitieux jamais réalisés par la Fraternité ». L’état de l’Église est pitoyable. On ne convertira ni Rome ni les fidèles gavés d’images par encore plus d’images et de musique (sauf par le grégorien et la polyphonie sacrée).

Prions le Rosaire, car nous sommes, disait sœur Lucie de Fatima, dans une « désorientation diabolique ».

Certains de nos amis,

– qui avaient tenu bon à travers les errements de la Fraternité Saint-Pie X,

– qui voyaient clair jusqu’ici 

commencent à vaciller.

Le Titanic sombre…


En la Fête du Très Saint Sacrement, 4 juin 2026
Abbé Dominique Rousseau

mardi 26 mai 2026

«Quatre jours d'exception»

 Source


S’il n’y a plus de billets pour le Puy du Fou ou le Zoo de Beauval, il y a un spectacle à Ecône… Le marketing est incroyable !


Depuis les années « branding » la FSSPX s’est en effet mise à la page du monde et le titre de cet article n’est pas de nous : vous pourrez le vérifier en effet sur le site même du Séminaire international de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, Ecône, «Le séminaire de l’espoir », un livre édité en 1986, deux ans avant les sacres conférés à quatre prêtres par Nos Seigneurs Marcel Lefebvre et Antonio de Castro Mayer.

Voici le site d’Ecône, avec ces « Quatre jours d’exception » : https://econe2026.ch

En 1988, beaucoup de fidèles du monde entier sont venus au Séminaire pour ces sacres historiques. Alors, rien de tout cet appareil technologique que l’on va voir trente-huit ans plus tard. Les fidèles se logeaient où ils voulaient, où ils pouvaient, à l’hôtel, chez des amis, en caravane, sous tente, à la belle étoile encore… Pas de QR code…

Car pour cette « édition 2026 », que ne verra-t-on pas ?

La machine mondialiste en marche à Ecône pour les sacres épiscopaux !

Les termes employés ci-dessus ne sont pas exagérés. Voyons de plus près.

La Fraternité Saint-Pie X met en place un bracelet électronique qui sera remis à chaque personne sur place à Ecône. Ce bracelet contiendra une somme que la personne aura mise sur son compte via le site. Aucun n’argent ne circulera sur place. Et les gens paieront avec ce bracelet.

Pour que personne ne puisse affirmer que ce que j’écris est une tromperie, voici les liens du canal Telegram de la FSSPX pour ces futurs sacres :

– QR CODE : https://t.me/econe2026/46

– Bracelet de paiement : https://t.me/econe2026/55


Voici des concessions de taille au système mondialiste. Si on peut ergoter sur le fait que le QR code est répandu abondamment, et qu’il équivaut aux codes-barres, la question du bracelet électronique est un pas en avant vers ce que veulent les mondialistes.

Chers prêtres que nous avons connu durant notre séminaire, vous ne pouvez pas en conscience ne rien dire, ne rien faire. Si vous n’avez pas le courage de parler, du moins abstenez-vous de vous rendre à Ecône fin juin, début juillet !

Chers fidèles, restez chez vous durant cette même période, ou en tout cas ne franchissez pas la frontière suisse pour vous rendre à Ecône !

Résistez tous à ce « show » mondialiste, où l’esprit du monde, ennemi de Dieu est à l’œuvre, sous l’apparence de bien.

En ce lundi de Pentecôte 2026

Abbé Dominique Rousseau

vendredi 22 mai 2026

La Fraternité Saint-Pie X, hier (1988) et aujourd’hui (2026)

L'abbé Dominique Rousseau poursuit son étude des sacres annoncés pour le 1er juillet. Il met en évidence les différences flagrantes entre la manière d'envisager les sacres en 1988 et aujourd'hui.

Source


                                  

Voici quatre textes :
  1. Le premier, signé par les supérieurs majeurs de la Fraternité Saint-Pie X, au lendemain de la sentence portée par Jean-Paul II, au sujet des sacres du 30 juin 1988 ;
  2. Le second, du 7 mars 2026, par l’abbé Pagliarani, supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X, à la veille des sacres annoncés au 1er juillet 2026.
  3. Le troisième, du supérieur général actuel, l’abbé Pagliarani : un texte de février 2026
  4. Le quatrième, du supérieur général (1982 – 1994) qui succéda à Monseigneur Lefebvre, l’abbé Schmidberger : un texte d’octobre 1991.
Est-ce même esprit qui anime ces ecclésiastiques ?

Confrontation par les textes.

1 –  Lettre ouverte des supérieurs de la FSSPX au cardinal Gantin, Préfet de la Congrégation des Évêques, du 6 juillet 1988

Écône, 6 juillet 1988

Éminence,

Réunis autour de leur Supérieur général, les Supérieurs des districts, séminaires et maisons autonomes de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, pensent bon de vous exprimer respectueusement les réflexions suivantes.

Vous avez cru devoir, par votre lettre du 1e juillet passé, faire savoir à Son Excellence Monseigneur Marcel Lefebvre, à Son Excellence Monseigneur Antonio de Castro Mayer et aux quatre évêques qu’ils ont consacrés le 30 juin dernier à Écône, leur excommunication latæ sententiæ. Veuillez vous-mêmes juger de la valeur d’une telle déclaration venant d’une autorité qui, dans son exercice, rompt avec celle de tous ses prédécesseurs jusqu’au pape Pie XII, dans le culte, l’enseignement et le gouvernement de l’Église.

Pour nous, nous sommes en pleine communion avec tous les papes et tous les évêques qui ont précédé le Concile Vatican II, célébrant exactement la messe qu’ils ont codifiée et célébrée, enseignant le catéchisme qu’ils ont composé, nous dressant contre les erreurs qu’ils ont maintes fois condamnées dans leurs encycliques et leurs lettres pastorales. Veuillez donc juger de quel côté se trouve la rupture. Nous sommes extrêmement peinés de l’aveuglement d’esprit et de l’endurcissement de cœur des autorités romaines.

En revanche, nous n’avons jamais voulu appartenir à ce système qui se qualifie lui-même d’Église Conciliaire, et se définit par le Novus Ordo Missæ, l’œcuménisme indifférentiste et la laïcisation de toute la Société. Oui, nous n’avons aucune part, nullam partem habemus, avec le panthéon des religions d’Assise ; notre propre excommunication par un décret de votre Éminence ou d’un autre dicastère n’en serait que la preuve irréfutable. Nous ne demandons pas mieux que d’être déclarés ex communione de l’esprit adultère qui souffle dans l’Église depuis vingt-cinq ans, exclus de la communion impie avec les infidèles. Nous croyons au seul Dieu, Notre-Seigneur Jésus-Christ, avec le Père et le Saint-Esprit, et nous serons toujours fidèles à Son unique Épouse, l’Église Une, Sainte, Catholique, Apostolique et Romaine.

Être donc associés publiquement à la sanction qui frappe les six évêques catholiques, défenseurs de la foi dans son intégrité et son intégralité, serait pour nous une marque d’honneur et un signe d’orthodoxie devant les fidèles. Ceux-ci ont en effet, un droit strict à savoir que les prêtres auxquels ils s’adressent ne sont pas de la communion d’une contrefaçon d’Église, évolutive, pentecôtiste, et syncrétiste. Unis à ces fidèles, nous faisons nôtres les paroles du prophète (1 Rois, vii, 3) : Preparate corda vestra Domino et servite Illi Soli : et liberabit vos de manibus inimicorum vestrorum. Convertimini ad Eum in toto corde vestro, et auferte deos alienos de medio vestri.« Attachez fermement votre cœur au Seigneur et servez-le Lui Seul : et Il vous délivrera des mains de vos ennemis. C’est de tout Notre cœur que vous devez revenir à Dieu ; ôtez du milieu de vous les dieux étrangers »

Confiants dans la protection de Celle qui a terrassé toutes les hérésies dans le monde entier, nous vous prions d’agréer, Éminence, l’assurance de notre dévouement à Celui qui est l’unique voie de salut.

A Ecône, le 6 juillet 1988

Suivent les signatures du Supérieur général, de tous les Supérieurs de districts de séminaires et maisons autonomes de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X dans le monde entier :
• M. l’abbé Franz Schmidberger, supérieur général,
• MM. les abbés Paul Aulagnier, supérieur du district de France,
• Franz-Joseph Maessen, supérieur du district d’Allemagne,
• Edward Black, supérieur du district de Grande-Bretagne,
• Anthony Esposito, supérieur du district d’Italie,
• François Laisney, supérieur du district des États-Unis,
• Jacques Emily, supérieur du district du Canada,
• Jean-Michel Faure, supérieur du district du Mexique,
• Gérard Hogan, supérieur du district d’Australie et Nouvelle-Zélande,
• Alain Lorans, directeur du séminaire d’Écône,
• Jean-Paul André, directeur du séminaire de Flavigny,
• Paul Natterer, supérieur du séminaire de Zaitzkofen,
• Andrés Morello, supérieur du séminaire de La Reja,
• William Welsh, directeur du séminaire de la Sainte-Croix en Australie,
• Michel Simoulin, recteur de l’institut Saint-Pie X à Paris,
• Patrice Laroche, sous-directeur du séminaire d’Écône,
• Philippe François, supérieur de la maison autonome de Belgique et du Luxembourg,
• Roland de Mérode, supérieur de la maison autonome des Pays-Bas,
• Georg Pfluger, supérieur de la maison autonome d’Autriche,
• Guillaume Devillers, supérieur de la maison autonome d’Espagne,
• Philippe Pazat, supérieur de la maison autonome du Portugal,
• Daniel Couture, supérieur de la maison autonome d’Irlande,
• Patrick Groche, supérieur de la maison autonome du Gabon,
• Franck Peek, supérieur de la maison autonome d’Afrique australe.
(Extrait de Fideliter N° 64 de juillet-août 1988, pages 11 et 12)

2 – Extrait de la lettre de l’abbé Pagliarani aux membres de la FSSPX, du 7 mars 2026 :

« Si nous venions à être déclarés excommuniés et schismatiques, cela ne signifierait pas que nous recherchions une telle sanction ni que nous nous en réjouissions, car elle serait objectivement injuste. Une chose est de se réjouir d’avoir une nouvelle humiliation à offrir à Dieu ; une autre serait de se réjouir, dans un esprit de défi, d’un mal et d’une injustice objective, qui provoque un scandale pour l’Église tout entière. Caritas non gaudet super iniquitatem – la charité ne se réjouit point de l’injustice. »


Bref commentaire : ce n’est pas le même état d’esprit qui anime, à 38 ans de distance, la lettre des supérieurs majeurs de la FSSPX et celle du supérieur général actuel. Ceux-là se réjouissaient de la prétendue excommunication fulminée par la Rome conciliaire, celui-ci prône une charité qui n’est plus combattive.

3 – Un deuxième texte de l’abbé Pagliarani éclaire son écrit (7 février, à La Martinerie, Châteauroux) :

« Que fera la Fraternité si Rome condamne les sacres ?

Question :

De manière plus concrète, en revenant à l’annonce que vous avez faite au sujet des sacres épiscopaux prévus le 1er juillet prochain pour la Fraternité Saint-Pie X — sacres qui donneront le pouvoir d’ordre, c’est-à-dire la capacité de conférer les sacrements, mais non le pouvoir de juridiction —, il faut demander au pape un mandat pontifical, comme le prévoit le droit canon.
Sans faire ni prophétie ni science-fiction, pensez-vous que le pape Léon XIV puisse accepter cette demande ? Ou du moins s’abstenir d’intervenir, en tolérant que les choses se fassent sans les approuver explicitement ? Comment voyez-vous la situation ?

Réponse :

Tout est possible. Oui, tout est possible.

Je dirais ceci : de même que Benoît XVI a levé les décrets d’excommunication en 2009 — ce qui paraissait assez inespéré —, je pense qu’un pape peut comprendre que la Fraternité agit avec une intention droite. Cela me paraît évident. Nous avons une intention droite. Nous sommes assez directs, comme nous l’avons dit : nous disons ce que nous pensons.

Le pape peut donc le comprendre, peut même l’apprécier, sans nécessairement partager notre position. Et, s’il a réellement le souci des âmes, alors, pour le bien de toutes ces âmes qui, d’une manière ou d’une autre, directement ou indirectement, ont recours à la Fraternité, ou voient en elle un point de référence, je pense qu’un pape peut théoriquement comprendre cette nécessité particulière de la part de la Fraternité.

C’est possible. Oui, c’est possible. Mais, encore une fois, tout cela dépend de Dieu, de la Providence, et de la bonne volonté du pape.

Je pense que le fait d’annoncer les sacres cinq ou six mois à l’avance nous permet, à nous, de nous préparer au pire ; mais cela permet aussi au pape de réfléchir, et, je l’espère, de recevoir encore de notre part des explications supplémentaires, afin de mieux comprendre notre bonne volonté.

Tout cela est possible. En revanche, je ne pense pas que le pape adhérera intégralement à la Tradition d’ici le 1er juillet. Humainement parlant, ce n’est pas la perspective. Mais qu’il puisse comprendre, cela, oui, c’est possible. »

4 – En 1991, le supérieur général de la Fraternité, l’abbé Schmidberger, avait lancé une croisade de prières, dont voici quelles étaient les intentions :

  • La conversion de Rome et des évêques ;
  • Le retour du Christ Roi des nation jadis chrétiennes ;
  • La prédication de la foi et la construction d’institutions du salut dans chaque pays où les âmes nous appellent.
  • La solution de la crise actuelle gît surtout à Rome et chez les évêques, Imminemment chez le Pape même. Il faudrait donc convertir surtout ceux-ci, dans le sens d’un retour à la pleine tradition de l’Église, de la doctrine le culte et le gouvernement.  (Cor unum, bulletin de liaison des membres de la FSSPX, n° 40, octobre 1991, éditorial)

Bref commentaire : deux supérieurs généraux, l’un en 1991, l’autre en 2026, ne disent pas la même chose, et même se contredisent. En effet : le premier fait prier pour la conversion du pape, le second n’envisage qu’une compréhension humaine de la nécessité des sacres épiscopaux.

Conclusion

C’est en 2012 que le principe énoncé en 2006 fut inversé : « Pas d’accord pratique sans accord doctrinal ». A tous ceux qui veulent y voir clair dans la crise qui secoue la FSSPX depuis lors, nous ne pouvons que recommander la lecture des « Commentaires Eleison » de Mgr Williamson. A l’heure actuelle, quatre tomes sont publiés. ( Volume 3  ou dans les centres de messe de la Fidélité)

Abbé Dominique Rousseau
Pentecôte 2026

mardi 19 mai 2026

A propos des sacres du 1er juillet : d'autres analyses

Il y a quelques jours, nous publiions l'analyse par l'abbé Girouard de la situation "pré-sacres" que nous vivons actuellemnt.  Voici maintenant l'analyse de l'abbé Dominique Rousseau et une autre de l'abbé Salenave. 

Abbé Dominique Rousseau : 

Un marché de dupes : les sacres de juillet 2026

L’échéance des sacres épiscopaux annoncés au 1er juillet 2026 à Ecône (FSSPX) se rapprochant, nous publions ce que nous avons écrit fin mars pour notre bulletin trimestriel « Scutum fidei », n° 27.
Voici le scénario : les sacres vont être effectués, sans mandat pontifical. Rome actuellement brandit le drapeau rouge des excommunications à venir ; mais avec l’entremise de Mgr Schneider, habile politicien entre Rome et la Fraternité, la sentence ne sera pas prononcée. Et Mgr Fellay, non moins habile, radieux comme toujours, dira que le miracle aura eu lieu. Un marché de dupes, où seuls les aveugles volontaires ne voient rien…

Nous reprenons en le citant un tertiaire franciscain : « Nos statuts déconseillent de nous rendre aux spectacles. Je n’irai pas à Ecône où il faudra un QR code pour assister aux sacres. »

La rédaction, 19 mai 2026

Des sacres dans la Fraternité Saint-Pie X

L’annonce en a été faite par son Supérieur général le 2 février dernier à Flavigny. Rome s’en est émue et l’abbé Pagliarani s’est rendu au Dicastère de la foi pour y rencontrer le Préfet, le cardinal Fernandez – dit Tucho -, promoteur et défenseur des hontes immorales (entre autres), qui déniait au mois de novembre le Titre glorieux de Médiatrice et de Corédemptrice à la Vierge Immaculée.
A la suite de cet entretien, l’abbé Pagliarani a consulté son Conseil et le 18 février, il écrivait une fin de non-recevoir aux menaces romaines. C’est honorable.

Mais… n’y a-t-il que cela à écrire sur le sujet ? Non certes, car les sacres ne sont pas encore réalisés. Le Supérieur général espère bien que le pape sera bienveillant. Voici ses propos, en réponse d’une question posée lors de la dernière université d’hiver de la FSSPX à Châteauroux :

Question : « Sans faire ni prophétie ni science-fiction, pensez-vous que le pape Léon XIV puisse accepter cette demande ? Ou du moins s’abstenir d’intervenir, en tolérant que les choses se fassent sans les approuver explicitement ? Comment voyez-vous la situation ? » 
Réponse : « Tout est possible. Oui, tout est possible.  Je dirais ceci : de même que Benoît XVI a levé les décrets d’excommunication en 2009 — ce qui paraissait assez inespéré —, je pense qu’un pape peut comprendre que la Fraternité agit avec une intention droite. Cela me paraît évident. Nous avons une intention droite. Nous sommes assez directs, comme nous l’avons dit : nous disons ce que nous pensons.
Le pape peut donc le comprendre, peut même l’apprécier, sans nécessairement partager notre position. Et, s’il a réellement le souci des âmes, alors, pour le bien de toutes ces âmes qui, d’une manière ou d’une autre, directement ou indirectement, ont recours à la Fraternité, ou voient en elle un point de référence, je pense qu’un pape peut théoriquement comprendre cette nécessité particulière de la part de la Fraternité.
C’est possible. Oui, c’est possible. Mais, encore une fois, tout cela dépend de Dieu, de la Providence, et de la bonne volonté du pape.
Je pense que le fait d’annoncer les sacres cinq ou six mois à l’avance nous permet, à nous, de nous préparer au pire ; mais cela permet aussi au pape de réfléchir, et, je l’espère, de recevoir encore de notre part des explications supplémentaires, afin de mieux comprendre notre bonne volonté.
Tout cela est possible. En revanche, je ne pense pas que le pape adhérera intégralement à la Tradition d’ici le 1er juillet. Humainement parlant, ce n’est pas la perspective. Mais qu’il puisse comprendre, cela, oui, c’est possible. »

mardi 10 mars 2026

Mission au Congo

Du 1er au 12 février, l'abbé Dominique Rousseau s'est rendu au Congo en vue de la bénédiction du pont "Coeur Immaculé".  Mais ce "prétexte" fut l'occasion d'un véritable apostolat.  



Nous vous invitons à découvir cette mission sur le site de l'abbé Rousseau. 



lundi 10 novembre 2025

Retraite sacerdotale en Angleterre

 Source


Malgré leur éloignement et leur séparation en raison du contexte de crise, des prêtres de la résistance catholique ont pu se retrouver à Broastairs, chez Mgr Morgan, pour suivre ensemble une retraite pendant une semaine. Cet événement est important pour chaque prêtre car il manifeste le lien de la foi et de la charité entre eux avec, en plus, l'autorité morale d'un évêque fidèle au bon combat de la foi. C'est aussi et surtout l'occasion, par la prière et le silence, de reprendre des forces spirituelles pour vivre authentiquement leur sacerdoce dans leurs missions respectives, comme nous l'avaient enseigné Mgr Lefebvre et Mgr Williamson, et de faire le point sur ce qu'il faut réformer pour rester fidèles à Dieu et à l'Église.






mercredi 15 octobre 2025

« La Bible d’une grand-mère », revisitée

Dans cet article, Monsieur l'abbé Dominique Rousseau, après analyse, nous met en garde face à la dernière réédition de l'œuvre magistrale de la Comtesse de Ségur : La Bible d'une Grand-Mère.   Qui possède les enfants tient l’avenir !

Source

Voici un titre bien étrange n’est-ce pas?


Cela mérite explication, et je ne m’y déroberai pas.

De quoi s’agit-il ?

Ayant vu que « La Bible d’une grand-mère » de la Comtesse de Ségur venait d’être éditée par les Éditions Triomphe, je l’ai acquise. Le travail de présentation est soigné, de belles lettrines commencent les chapitres, les gravures sont à la hauteur de ce travail. Bref, la vue est gâtée par le bel ouvrage.

Après l’avoir feuilleté et vu rapidement tout ce que je viens d’écrire, j’ai commencé par le commencement, à savoir l’avertissement de l’éditeur, Triomphe en l’occurrence. Lisons ensemble :

« Dans le texte original de La Bible d’une grand-mère de la comtesse de Ségur, la foi expliquée et transmise aux enfants s’appuie sur le catéchisme et la tradition catholiques, mais fait place aussi à certaines croyances scientifiques et certaines habitudes sociales et religieuses de l’auteur et de l’époque. Pour leur très grande majorité, elles sont expliquées de façon très identifiable dans le dialogue de la grand-mère avec ses petits-enfants, et participent au style voire au charme du texte. Quand cela est nécessaire, elles sont expliquées par des notes en bas de page que nous avons ajoutées.

Certaines conceptions, toutefois, ne sont plus recevables de nos jours, compte tenu des progrès effectués depuis deux siècles dans les connaissances et les relations entre les confessions religieuses. C’est ce qui a conduit à corriger quelques passages du texte qui suit, afin qu’il soit recevable en toute sérénité dans les familles, par les jeunes lecteurs d’aujourd’hui. (Les mots en gras sont de notre fait, pour souligner l’optique de l’éditeur). En fin d’ouvrage, on trouvera une notice qui donne le détail de ces corrections, par souci d’honnêteté envers le lecteur d’aujourd’hui.

Il est par ailleurs utile de savoir que le texte de L’Évangile d’une grand-mère et des Actes des apôtres d’une grand-mère a été écrit et publié avant le texte de La Bible d’une grand-mère (Ancien Testament) qui ont été replacés dans leur continuité chronologique et par souci de cohérence. »

Mes remarques suivront la lecture de la notice, annoncée dès cet avertissement de l’éditeur. Disons de suite qu’elles ne seront pas exhaustives : j’irai au principal et au plus important.

Lisons maintenant donc (page 835) les « Précisions sur les corrections ».

« Les corrections et actualisations portées au texte de cette Bible une grand-mère, limitées au strict nécessaire et voulues au bénéfice du lecteur d’aujourd’hui, ont été guidés par le souci d’en retirer principalement les erreurs scientifiques manifestes, les jugements de valeurs condescendants envers d’autres peuples et religions, en particulier le peuple juif, et les préjugés misogynes. (Les mots en gras sont de notre fait, pour souligner l’optique de l’éditeur).

Ainsi, concernant la chronologie historique, on pouvait fermement croire au XIXe siècle qu’Adam avait été créé 4000 ans avant la naissance du Christ. Nous avons supprimé cette mention qui n’était pas à l’avantage du texte quand elle prétendait dater historiquement le récit de la création ainsi que les épisodes majeurs de la Genèse jusqu’à Abraham. Quand cela était pertinent, elle a été remplacée par l’expression « milliers d’années » qui ne dénature pas l’approche du texte original et qui n’est pas non plus trompeuse.

Deuxièmement, l’infidélité du peuple d’Israël face à la bonté de Dieu durant le récit biblique ainsi que l’incrédulité des dignitaires religieux juifs face à l’avénement du Christ conduisent la comtesse de Ségur et ses jeunes interlocuteurs à adopter à plusieurs reprises un ton critique sévère et sans nuances vis-à-vis des Juifs, irrecevable pour l’éditeur et pour le lecteur contemporains. Cette approche, symptomatique d’un tour d’esprit antisémite de l’époque, et bien qu’elle soit mise en scène par le biais des réflexions puériles par nature, a nécessairement été atténuée afin de ne pas généraliser à tout un peuple les fautes de quelques-uns. (Les mots en gras sont de notre fait, pour souligner l’optique de l’éditeur).

Pour être plus en phase avec une compréhension améliorée du mystère d’Israël dans l’économie du salut dont nous bénéficions aujourd’hui, la mention globalisante « les Juifs » a ainsi régulièrement laissé la place aux formulations suivantes : « des Juifs », « les hauts religieux juifs » ou encore « la foule ».

Énoncés à l’occasion d’incises, les quelques propos lapidaires justifiant la mort brutale des méchants en affirmant l’infériorité des croyants d’autres confessions chrétiennes ont eux aussi été retirés, car ils n’apportaient rien au développement du récit. (Les mots en gras sont de notre fait, pour souligner l’optique de l’éditeur).

Dans le même esprit, les quelques passages décrivant les femmes comme inférieures aux hommes nous ont paru datés et parfaitement dispensables.

L’ensemble de ces interventions laisse le texte original intact dans son écrasante majorité et garantie au lecteur une expérience de découverte authentique de l’œuvre de la comtesse de Ségur. »

Voilà la façon dont est présentée cette œuvre de la comtesse de Ségur. Elle est falsifiée, n’en déplaise aux nouveaux éditeurs.

Elle est le résultat d’un faux œcuménisme. Lorsque l’éditeur écrit ceci : « (…) affirmant l’infériorité des croyants d’autres confessions chrétiennes ont eux aussi été retirés, car ils n’apportaient rien au développement du récit », la différence qui était faite dans l’édition originale était nette. Il existe une religion vraie (celle que Notre-Seigneur a établie, la religion catholique), et les fausses religions, qui ne mènent pas à Dieu mais qui viennent du diable et qui mènent les âmes en enfer. Ce discours déplaît, il est « irrecevable pour l’éditeur et pour le lecteur contemporains. » Ceci est dit de l’éditeur pour ce qui concerne les Juifs. Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants, s’écria le peuple furieux, lors du procès de Jésus. Tandis que l’édition du Triomphe termine là la phrase, l’édition originale était bien plus complète et précise sur le sort qui fut celui du peuple déicide. La voici : « Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants, s’écria le peuple furieux qui jusque-là avait été le peuple de Dieu, et qui, depuis ce jour où il devint assassin de son Dieu, fut maudit comme Caïn, et condamné comme lui à errer sur la terre, méprisé et haï par toutes les nations et dans tous les siècles. » La comtesse de Ségur reprenait par ces mots la doctrine multiséculaire de l’Église, qui n’avait cessé d’enseigner cela à toutes les générations.

Il serait bien long de faire une étude, page après page, en parallèle, de ces deux éditions, celle écrite par la Comtesse, sous l’oreille attentive de son fils, Mgr de Ségur, le prélat aveugle mais qui y voyait bien clair dans la Foi catholique, et cette édition de 2025, imbue des erreurs de Vatican II.

Cette nouvelle édition n’est pas à recommander. Elle est même à condamner. La Comtesse n’a pas écrit ainsi. Le lecteur est trompé, quoi qu’en disent les Éditions Triomphe. Loin d’être un triomphe, cette édition est désastre.

Où peut-on trouver alors le texte authentique, de nos jours ?


Les Éditions Saint-Remi, en 2023, ont réédité ces beaux textes, avec les approbations de nombreux évêques. Voici le jugement du cardinal Donnet, archevêque de Bordeaux, en 1865 :

 « Votre expérience, madame, et votre foi plus encore, vous ont inspiré de venir en aide aux enfants en donnant sous le titre modeste de l’Évangile d’une grand-mère, le récit des actions et des paroles de Notre-Seigneur Jésus-Christ expliquées avec autant de charme que de solidité aux jeunes intelligences que vous vous proposez d’atteindre.

C’est un traité complet de la religion dans lequel je n’ai trouvé, après l’avoir lu attentivement dans l’une de mes visites pastorales, que le véritable esprit de l’Église et de très gracieux développements. »

Nous faisons nôtres ces avis de l’Église enseignante.

Et nous ne voulons pas de cette nouvelle « Bible d’une grand-mère », car elle est revisitée, falsifiée et donc mensongère.

Abbé Dominique Rousseau

13 octobre 2025

Anniversaire des Apparitions de Notre-Dame à Fatima

PS : nous nous permettons d'ajouter une autre édition existante : celle de éditions DMM

lundi 7 août 2023

Sacre de Mgr Paul MORGAN rendu public

Souvenir du sacre épiscopal








Beaucoup d’entre vous connaissent Monsieur l’abbé Paul Morgan.

Il est estimé pour ses vertus, sa bonté, son fair-play également (il ne peut renier sa patrie !). Dans la Fraternité Saint-Pie X, il fut Supérieur de maison autonome (Philippines pendant quatre ans) et de district (Grande Bretagne, Irlande et pays scandinaves pendant douze ans). Il a l’habitude des responsabilités et Mgr Williamson, dans le contexte de notre monde agité et fragile (l’épisode Covid a tellement chamboulé la vie de tout le monde…), l’a sacré évêque, de façon secrète le 14 février 2022, dans des circonstances qui exigeaient la plus grande discrétion.
 
Les évêques de la Fidélité catholique prennent de l’âge, leur santé devient précaire pour certains. Mgr Faure est un miraculé du Covid par exemple, son état fut critique durant des mois. Mgr Thomas d’Aquin OSB au Brésil également a une santé fragile. Quant à Mgr Williamson, robuste s’il en est, il a depuis mars dernier 83 ans.
 
Il est temps à présent de publier le fait et c’est hier, dimanche 6 août que Mgr Morgan a célébré publiquement sa première messe pontificale, dans son pays d’origine, en présence de Mgr Williamson qui l’a sacré évêque.

Vivant côte à côte depuis quatre ans en Auvergne et nous connaissant depuis quarante ans (depuis nos années de séminaire), le nouvel évêque m’a fait l’honneur de m’inviter pour cette occasion et je veux vous dire ma joie d’avoir fait un court déplacement en Angleterre en cette fête de la Transfiguration. Une messe pontificale a été célébrée pour la première fois par celui qui fut le cérémoniaire des Sacres de 1988, choisi par Mgr Lefebvre pour cette si importante cérémonie à Ecône, jour de «l’opération – survie » pour le sacerdoce catholique. Mgr Lefebvre avait ordonné prêtre l’abbé Morgan la veille des Sacres, le 29 juin.
 
Il n’y a pas de doute que, depuis l’éternité, l’Archevêque ne se réjouisse du choix fait par l’un de ses successeurs dans l’épiscopat de l’abbé Morgan, pour devenir à son tour évêque en nos temps de grande apostasie.

Chers fidèles qui connaissez l’abbé Morgan, priez pour ce nouvel évêque, recevez-le comme vous l’avez reçu : avec simplicité et joie ! Il continuera son ministère habituel depuis l’Auvergne où il réside, en France, en Belgique, en Angleterre. Il sera certainement sollicité pour un ministère épiscopal (confirmations, ordinations, consécrations diverses).

Je ne doute pas qu’il sera pour nous tous un soutien fidèle, un ferment solide de consolidation dans la Foi, au sein de notre monde agité. Avec l’humour qu’on lui connaît, il continuera à propager la Foi avec sérénité.

Il faut pour la sainte Église de vrais évêques catholiques, non contaminés par des demi-vérités. Ce fut le mot d’ordre et la ligne fixée par Mgr Lefebvre et la Fraternité Saint-Pie X jusqu’en 2012 : « Pas d’accord pratique sans accord doctrinal. » Les faits ont montré le contraire depuis et c’est la raison des sacres successifs opérés par Mgr Williamson depuis 2015. Le sacre de l’abbé Morgan est dans cette optique logique, non schismatique, mais profondément catholique. Mgr Williamson l’a rappelé hier dans son sermon, reprenant les termes du 29 août 1987, d’une lettre de Mgr Lefebvre aux futurs évêques : 

« (…) C'est pourquoi, convaincu de n'accomplir que la sainte Volonté de Notre Seigneur, je viens par cette lettre vous demander d'accepter de recevoir la grâce de l'épiscopat catholique, comme je l'ai déjà conférée à d'autres prêtres en d'autres circonstances. 
Je vous conférerai cette grâce, confiant que sans tarder le Siège de Pierre sera occupé par un successeur de Pierre parfaitement catholique en les mains duquel vous pourrez déposer la grâce de votre épiscopat pour qu'il la confirme. 
Le but principal de cette transmission est de conférer la grâce de l'ordre sacerdotal pour la continuation du vrai Sacrifice de la Sainte Messe, et pour conférer la grâce du sacrement de confirmation aux enfants et aux fidèles qui vous la demandent. (…) »

Mgr Lefebvre ne pensait pas que la crise dans l’Église durerait aussi longtemps… Mais elle se poursuit et il convient pour les âmes de les prémunir des dangers qui les guettent, par de bons évêques. Mgr Morgan sera un appui pour ces âmes !
 
Cher ami, cher Monseigneur, nous vous disons « ad multos annos » et vous assurons de nos prières, pour un ministère épiscopal saint et fructueux, pour la consolation des âmes assoiffées de Vérité !
 

Abbé Dominique Rousseau
A Montaigut-en-Combraille, le 7 août 2023



Après la première messe épiscopale publique de Mgr Morgan 
le dimanche 6 août 2023, fête de la Transfiguration

samedi 13 mai 2023

Mgr Huonder, un gentil grand-père ?

Epiphanie à Wangs

Nous publions, avec son aimable autorisation, le dossier complet établi par Monsieur l'abbé Dominique Rousseau concernant Mgr Huonder (Consécration des Saintes Huiles le 6 avril 2023, publication de trois vidéos enregistrées le 31 mars précédent) 

Source 


Le renard dans le poulailler

La cérémonie récente (Jeudi saint) au Séminaire de la Fraternité Saint-Pie X (FSSPX) a été très peu médiatisée.

De quoi s’agit-il ?

Mgr Vitus Huonder, ancien évêque de Coire (Suisse) a pris sa retraite dans l’école de Wangs (FSSPX) en mai 2019.

Il était annoncé que ce prélat ne ferait aucun ministère.

Les faits prouvent le contraire. Le dossier que vous lirez sous ce cette rubrique vous donnera des dates, des cérémonies, la dernière étant celle de la consécration des saintes Huiles ce Jeudi saint.

Aucun ministère ?

Allons donc : si la consécration des saintes Huiles n’est pas un ministère épiscopal, il faut réviser le dictionnaire, a minima…

Par la suite, a été relayé sur Youtube Certamen (un média de langue allemande) et sur le site officiel de la Fraternité Saint-Pie X un témoignage filmé de Mgr Huonder.

Notre étude est en plusieurs temps : la consécration des Huiles et les doutes sur la personne consacrée puis l’analyse du « témoignage ».

Abbé Dominique Rousseau

Mai 2023

Sommaire :

- Mgr Huonder, suite

ou… une messe pontificale pour la consécration des saintes Huiles

- En réponse à quelques confrères prêtres

- Il a jugé convenable…

- « Dans la prière et le silence… »

- La sûreté des sacrements

- Les documents du Concile

- La nouvelle messe et le Concile Vatican II

- « Je continue mon mandat de 2015 »

ou… l’histoire du renard dans le poulailler


Mgr Huonder, suite
Ou… une messe pontificale pour la consécration des saintes Huiles

Le fait est passé, presqu’inaperçu. Mais pas tout à fait cependant.

Ce Jeudi saint, 6 avril 2023, au Séminaire allemand de la FSSPX, à Zaitzkofen, la messe de consécration des saintes Huiles n’a pas été célébrée par un évêque de la Fraternité Saint-Pie X. Par qui donc alors ?

mardi 8 juin 2021

Jubilé de diamant du Curé Epiney (60 ans de sacerdoce)

Sources photographies abbé Rousseau 

Monsieur le Curé de Riddes, l’abbé Pierre Épiney, a fêté ses soixante ans de Sacerdoce, entouré d’un évêque et de plusieurs prêtres, sans compter ses fidèles paroissiens de Riddes.

Etaient présents Mgr Jean-Michel Faure, supérieur du séminaire St Louis-Marie Grignion de Montfort  et d’une dizaine de confrères.  Mgr Williamson devait être présent mais la dictature sanitaire l'a empêché de quitter le sol anglais.

M. l'abbé Epiney est une figure vénérable chez les catholiques valaisans et Mgr Lefebvre avait grande estime pour Monsieur le Curé. Ce dernier n'avait pas hésité à suivre Mgr Lefebvre lors des sacres de 1988. Mais sa prise de position contre le ralliement de la FSSPX à la Rome moderniste, à partir de 2012, lui ont désormais fermé les portes du séminaire d'Ecône. Tel le vénérable Eléazar qui ne voulut pas manger des viandes aux idoles malgré son âge très avancé, M. le curé de Riddes n'a pas voulu manger du plat du ralliement malgré sa faible santé et sa solitude. Bel exemple de Fidélité au bon combat de la Foi et bel exemple pour les prêtres de Mgr Lefebvre ! Et honte à ceux qui lui ont fermé les portes. 

Mais si les croix de la Fidélité peuvent parfois faire souffrir le prêtre, la joie de se savoir soutenu par d'autres confrères met du baume au cœur et permet de continuer ce bon combat jusqu'au bout.  C'est ainsi qu'une dizaine de prêtres sont venus de Suisse, d’Allemagne, d’Italie et de France, pour entourer le Jubilaire dès la veille du 3 juin, et partager un repas qui ressemble un peu à celui de Jésus avant la Cène. 

Le jour de la Fête-Dieu, Monsieur le Curé a célébré la sainte Messe. Et tout le monde a pu se réjouir de la vigueur spirituel de celui que certains nomment "le Rocher du Valais". 

Que la Fidélité de M. le Curé soit un exemple pour nous tous !


vendredi 2 avril 2021

Un dimanche de Pâques non sanctifié ??

Notre confrère, M l'abbé Dominique Rousseau, vient de publier un article pour mettre en garde tous les prêtres et les fidèles de la Tradition de ne pas tenir compte de la directive aberrante qui a été publiée par le supérieur de district de France de la Fraternité St-Pie X au sujet de la Messe de Pâques. Le dimanche de Pâques est en effet le plus solennel des dimanches de l'année car l'Eglise universelle se réjouit de la Résurrection du Sauveur. Il est dont aberrant d'inviter les fidèles à sanctifier la veille pour se dispenser de sanctifier le Saint Jour de Pâques. Que Dieu nous préserve d'une telle impiété ! 


« Nous sommes bien obligés de constater... »

Ainsi s’exprimait régulièrement Mgr Lefebvre, obligé de constater la dégringolade des Autorités romaines face à la doctrine immuable de l’Église enseignant la Vérité.

Nous constatons nous-mêmes, par les écrits, les faits, que la FSSPX dans ses Supérieurs s’écarte de ce que son Fondateur lui a légué.

Et même, aujourd’hui, davantage encore. Un fait, un écrit le montre : la Semaine sainte connaît, cette année encore, des difficultés pour la célébration des Offices. Couvre-feu, confinement pour certains départements (avant que cela ne soit étendu à tout le pays !).

L’abbé de Jorna par une circulaire officielle datée du 25 mars dernier, vient d’établir des consignes pour les Jours saints. Nous publions ci-joint sa lettre, dont nous transcrivons l’essentiel. Soit dit en passant, en ce jour anniversaire de la mort de Mgr Lefebvre (25 mars 1991), le Supérieur de district aurait pu faire au moins allusion au saint Archevêque. Que nenni. Monseigneur a depuis quelques mois son mausolée à Ecône, requiescat in pace...

Voici l’essentiel de cette lettre :

« On peut dire plusieurs messes du jeudi saint dans le même lieu de culte de façon que les fidèles puissent rentrer avant 19h00. De même le vendredi saint : on peut célébrer plusieurs actions liturgiques vespérales. Ces deux cérémonies ne peuvent pas être anticipées avant 14h00.
Par contre le samedi saint, on ne peut pas célébrer plusieurs vigiles dans le même édifice, car on ne peut en aucun cas séparer la messe du samedi de la bénédiction de l’unique cierge pascal.
La vigile pascale peut être célébrée dès 16h00 : elle dispense les fidèles qui y assistent de la messe du dimanche de Pâques ainsi que les prêtres des matines et laudes du dimanche. »
Nous n’avons rien à dire sur les horaires. Couvre-feu oblige bien que les Anges gardiens soient là pour protéger prêtres et fidèles de la maréchaussée ! Mais passons, l’essentiel de ce que j’ai à dire est ailleurs et largement plus sérieux et grave.

Car en ce qui concerne le Samedi saint et la messe du Dimanche de Pâques, il y a à redire et je transcris à présent le commentaire autorisé du RP Marcel Dubois, Rédemptoriste canadien, qui a rédigé les lignes suivantes en 1957, suite à la réforme de la Semaine sainte sous Pie XII en 1955.

La veillée pascale – Précepte dominical (n. 21, p. 173) : « Ceux qui assistent à la cérémonie de nuit, et donc à la messe après minuit, ont rempli le précepte de l’assistance à la messe le jour de Pâques. Là où la célébration aura lieu dans la soirée, il faudra avertir les fidèles qu’ils sont obligés d’entendre le lendemain la messe dominicale. »

Voici maintenant en relief les consignes de l’abbé de Jorna et le commentaire du Père Dubois.

- Abbé de Jorna, 2021 : « ... La vigile pascale peut être célébrée dès 16h00 : elle dispense les fidèles qui y assistent de la messe du dimanche de Pâques ainsi que les prêtres des matines et laudes du dimanche... »

- Père Dubois, 1957 : « ... Là où la célébration aura lieu dans la soirée, il faudra avertir les fidèles qu’ils sont obligés d’entendre le lendemain la messe dominicale. »

Il faut choisir. Pour nous, nous nous en tiendrons à la Tradition et souhaitons vivement que des prêtres de la FSSPX et des fidèles réagissent aux directives déviantes.

N’est-ce pas un palier de plus, après celui des confessions (2015), des mariages (2017), dans la pente irrémédiable et sans retour du libéralisme ?

Après le concile, la messe anticipée du dimanche passa comme une lettre à la poste. Et demain, la Fraternité Saint-Pie X par la faute de ses supérieurs, sombrera dans les mêmes errements. C’est mathématique.

Saintes fêtes pascales aux bons fidèles qui assisteront aussi à la messe du dimanche de Pâques !

Abbé Dominique Rousseau

28 mars, dimanche des Rameaux