Nous recopions ici une partie de la Réponse envoyée par l'abbé Pagliarani au Cardinal Fernandez en date du 18 février 2026. Nous terminerons par quelques considérations
(.....)Ainsi, dans le constat partagé que nous ne pouvons pas trouver d’accord sur la doctrine, il me semble que le seul point sur lequel nous pouvons nous rejoindre est celui de la charité envers les âmes et envers l’Église.En tant que cardinal et évêque, vous êtes avant tout un pasteur : permettez-moi de m’adresser à vous à ce titre. La Fraternité est une réalité objective : elle existe. C’est pourquoi, au fil des années, les Souverains Pontifes ont pris acte de cette existence et, par des actes concrets et significatifs, ont reconnu la valeur du bien qu’elle peut accomplir, malgré sa situation canonique. C’est également pour cela que nous nous parlons aujourd’hui.Cette même Fraternité vous demande uniquement de pouvoir continuer à faire ce même bien aux âmes auxquelles elle administre les saints sacrements. Elle ne vous demande rien d’autre, aucun privilège, ni même une régularisation canonique qui, dans l’état actuel des choses, s’avère impraticable en raison des divergences doctrinales. La Fraternité ne peut pas abandonner les âmes. Le besoin des sacres est un besoin concret à court terme pour la survie de la Tradition, au service de la sainte Église catholique.Nous pouvons être d’accord sur un point : aucun d’entre nous ne souhaite rouvrir des blessures. Je ne répéterai pas ici tout ce que nous avons déjà exprimé dans la lettre adressée au pape Léon XIV, et dont vous avez directement connaissance. Je souligne seulement que, dans la situation présente, la seule voie réellement praticable est celle de la charité.Au cours de la dernière décennie, le pape François et vous-même avez abondamment prôné « l’écoute » et la compréhension des situations particulières, complexes, exceptionnelles, étrangères aux schémas ordinaires. Vous avez également souhaité une utilisation du droit qui soit toujours pastorale, flexible et raisonnable, sans prétendre tout résoudre par des automatismes juridiques et des schémas préétablis. La Fraternité ne vous demande rien d’autre dans le moment présent – et surtout elle ne le demande pas pour elle-même : elle le demande pour ces âmes dont, comme déjà promis au Saint-Père, elle n’a d’autre intention que de faire de véritables enfants de l’Église romaine.Enfin, il est un autre point sur lequel nous sommes également d’accord, et qui doit nous encourager : le temps qui nous sépare du 1er juillet est celui de la prière. C’est un moment où nous implorons du Ciel une grâce spéciale et, de la part du Saint-Siège, de la compréhension. Je prie en particulier pour vous le Saint-Esprit et – ne le prenez pas comme une provocation – son épouse très sainte, la Médiatrice de toutes les grâces.Je tiens à vous remercier sincèrement pour l’attention que vous m’avez accordée, et pour l’intérêt que vous voudrez bien porter à la présente question.(.....)
Nous avons distingué en rouge les passages qui portent le message essentiel de ce texte, à savoir la demande d'une tolérance romaine et d'une "compréhension" pour les positions de résistance catholique de la Fraternité, afin de respecter son souci prioritaire du bien des âmes qui viennent à elle du fait des circonstances dramatiques de la crise actuelle.
Face à cette posture "minimaliste" d'une FSSPX timorée, il faut rappeler la seule urgence incontournable : que des voix épiscopales se lèvent pour demander aux autorités romaines - au Cardinal Fernandez, mais surtout à Léon XIV -, non pas d'organiser une co-existence - plus ou moins pacifique... - entre la Tradition et l'Église issue de la révolution de Vatican II, mais de proclamer solennellement la foi authentique de l'Église éternelle !
Ce serait se placer ainsi dans la fidélité et la continuité de la protestation catholique de Mgr Lefebvre de novembre 1974.
Et c'est, sans aucun doute, la seule voix que la Rome d'aujourd'hui, toujours "conciliaire" et désormais "synodale", DOIT IMPÉRATIVEMENT ENTENDRE !