samedi 28 mars 2026

Lettre de Broadstairs 10 (Mars 2026)

Voici déjà la dixième Lettre de Broadstairs, rédigée par Mgr Paul Morgan qui poursuit l'apostolat à Broadstairs depuis le décès de Mgr Williamson. Il est désormais possible de recevoir les lettres et documents publiés en en faisant la demande à lettredebroadstairsfrancais@gmail.com

Nova et Vetera

La conversion des Juifs


1.Le peuple juif est au cœur de l'histoire de l'humanité, ayant reçu une vocation divine en la personne d'Abraham. Il est, avant Notre-Seigneur, le peuple sacerdotal par excellence, dont l'état, selon saint Augustin, est tout entier prophétique. Il a donné naissance à la Vierge Marie et au Sauveur du monde. Il a formé le noyau de l'Église naissante. Tous ces privilèges font du peuple juif un peuple exceptionnel, dont les destinées demeurent mystérieuses.

Mais, par un renversement étrange et lamentable, dès l'instant où elle engendra le Sauveur du monde, la race élue mérita d'être rejetée, ayant refusé de reconnaître et d'adorer humblement Sa grandeur invisible. Il semble que Dieu Tout-Puissant ait voulu montrer par là que la vocation au christianisme n'a rien de charnel, puisque ceux qui sont liés au Christ par la chair sont rejetés pour leur orgueil tenace et charnel.

Leur rejet est-il définitif ? Non, car le Tout-Puissant a réservé une miséricorde infinie à ce peuple qui fut jadis le sien. Après de longues années sans roi, sans prince et sans sacrifice, les enfants d’Israël chercheront le Seigneur, leur Dieu ; et cela se produira à la fin des temps. (Osée 3,4-5)

Comme l’a annoncé le prophète Malachie, Élie sera l'instrument de ce merveilleux retour, rétablissant l'harmonie entre les saints ancêtres du peuple juif et leurs derniers descendants. Saint Paul établit un lien entre la réprobation des Juifs et la vocation des païens. Lorsque ces derniers seront tous entrés dans l'Église, alors tous les Juifs y entreront, et ce dans une joie universelle (Romains 11, 25-27).

Pour comprendre la profonde joie que cet événement capital suscitera dans l'Église à travers le monde, il convient de se tourner vers les épisodes prophétiques des Saintes Écritures qui l'annoncent. L'entrée du peuple juif dans l'Église est symbolisée par la réconciliation d'Ésaü avec Jacob, et plus particulièrement par l'acclamation, par ses frères, de Joseph squ'ils avaient rejeté (Genèse 45). Dans la parabole de l’enfant prodigue, les Juifs sont représentés par le fils aîné qui s'irrite du retour de son frère au foyer paternel. Finalement, il cède aux supplications de son père et se joint lui aussi au festin.

Quelle joie indescriptible pour l'Église, notre Sainte Mère, lorsque les enfants de Jacob reconnaîtront et proclameront Notre Seigneur béni !

2.Sans savoir quand aura lieu ce grand événement, nous espérons apporter un éclairage sur le sujet.

Au regard de la tradition, il semble certain que l'Antéchrist sera juif. Il apparaîtra comme le fruit de cette haine grandissante qui, depuis des siècles, aigrit le cœur des Juifs contre le Christ Jésus, leur tendre frère et ami incomparable.

Il semble également certain qu'une bonne partie des Juifs acclameront le faux messie avec honneur et inciteront le monde à faire de même par le biais des médias corrompus et de la haute finance.

Cependant, dans les temps qui précéderont la venue de l'homme de péché, un mouvement de conversion à l'Église se produira parmi les Juifs. Comme toujours, les grands événements sont annoncés par des préludes.

Saint Grégoire le Grand, dans son commentaire sur la mystérieuse prophétie d'Ézéchiel (chapitre 3), affirme que la fureur de la persécution sous l'Antéchrist s'abattra principalement sur les Juifs convertis, dont nul n’égalera la constance à supporter les souffrances pour le nom béni de Jésus. Il affirme également que la venue et la prédication du prophète Élie convertiront finalement le reste de sa nation.

Le saint pape, dans ses commentaires sur le Livre de Job, affirme également que la conversion de la plus grande partie d'Israël aura lieu sous les yeux mêmes de l'Antéchrist enragé.

3.Si l’Église jouit de telles consolations au temps de la grande persécution, combien plus encore au temps de son triomphe.

De même que le Tout-Puissant se sert même des anges déchus pour accomplir ses desseins, l'Antéchrist, malgré lui, sera utilisé comme le fléau du Seigneur. Ce fléau de fer anéantira les schismes, les hérésies, les fausses religions, le paganisme, l'islamisme et le judaïsme, en préparation du règne universel de l'Évangile.

Les Juifs eux-mêmes seront les principaux artisans de l'établissement du royaume de Dieu, ce qui amène saint Paul à s'exclamer : « Si le péché des Juifs a fait la fortune du monde, si les païens se sont enrichis par leur propre iniquité, que devons-nous espérer lorsqu'ils seront sauvés ? Si leur perte a signifié un monde réconcilié avec Dieu, que peut signifier leur conversion, sinon la vie ressuscitée d'entre les morts ? » (Romains 11, 12 et 15)

Revigorée par cette infusion de vie, l’Église prendra possession du monde avec la majesté d’une reine et la tendresse d’une mère.

La prochaine fois, nous verrons si ces événements constituent le prélude immédiat au Jugement dernier ou à une ère nouvelle.

(à suivre)