mardi 18 février 2020

Que valent les cardinaux "conservateurs" ?

Un fait récent et révélateur : 

"Le cardinal Raymond Burke devait célébrer une messe selon le rite traditionnel le 15 février dans la cathédrale d'Ostuni, en Italie.

Puis, le diocèse local de Brindisi a commencé à intriguer, rapporte LaNuovaBq.it.

Le recteur de la cathédrale a exigé que la messe soit célébrée en privé et à huis clos. Seuls les organisateurs, quelques hommes d'affaires, ont été autorisés à y assister."

C'est alors que Burke a choisi d'annuler la messe.

Ce fait, anodin en soi, révèle l'état d'esprit des évêques "conservateurs". Ce n'est pas ainsi qu'aurait agi un combattant de la Foi comme le fut Mgr Lefebvre.  Rappelons  brièvement cet état d'esprit du monde rallié : 

1° Ils ne veulent pas pleinement suivre la Tradition.
2° Ils veulent être dans l’obéissance.
3°  Ils veulent être dans la légalité (situation canonique régulière) ; être relevé des censures.
4° Ils veulent être dans l’Église ; l’Église est visible.
5° Ils veulent travailler dans " l’Église" à ce que la Tradition retrouve son droit de cité.
6° Ils veulent s’opposer à "l’esprit de parti" et au "schisme".

Mgr Lefebvre a répondu en théorie et en pratique à toutes ces objections : 

1° Suivre pleinement la Tradition consiste à conserver la foi, dénoncer les erreurs, garder l’ancienne messe pour des motifs de foi, rejeter le Concile en raison de son opposition au règne de Jésus-Christ. Les ralliés ne veulent se centrer que sur la Messe et le catéchisme... et au final ils abandonnent même la Messe quand cela nuit à l'unité pastorale du diocèse !

2° Mgr Lefebvre rappelle les fondements de la véritable obéissance : « Ce n’est pas cela que nous enseigne la loi naturelle, ni le Magistère de l’Église. L’obéissance suppose une autorité qui donne un ordre ou édicte une loi. Les autorités humaines, même instituées par Dieu, n’ont d’autorité que pour atteindre le but assigné par Dieu et non pas pour s’en détourner. Lorsqu’une autorité use de son pouvoir à l’encontre de la loi pour laquelle ce pouvoir lui est donné, elle n’a pas droit à l’obéissance et on doit lui désobéir." Mgr Lefebvre aurait-il obéi à l'évêque de Brindisi dans ces conditions ?

3° L' argument  de légalité repose sur un désordre. Ce qui fait l’appartenance à l’Église, c’est d’abord la foi, l’adhésion à toutes les vérités enseignées par l’Église. La loi, le droit canon (celui de 1917 bien sûr !) sont au service de la foi et de la sanctification des âmes et non l’inverse. Le cardinal Burke  abandonne le combat de la Foi pour obéir à l'évêque du lieu. 

4° Argument de rester dans l'Eglise visible.  Mgr Lefebvre : « Cette histoire d’Église visible de Dom Gérard et de M. Madiran est enfantine. C’est incroyable que l’on puisse parler d’Église visible pour l’Église conciliaire par opposition à l’Église catholique que nous essayons de représenter et de continuer. Je ne dis pas que nous sommes l’Église catholique. Je ne l’ai jamais dit. Personne ne peut me reprocher d’avoir jamais voulu me prendre pour un pape. Mais, nous représentons vraiment l’Église catholique telle qu’elle était autrefois puisque nous continuons ce qu’elle a toujours fait. C’est nous qui avons les notes de l’Église visible : l’unité, la catholicité, l’apostolicité, la sainteté. C’est cela qui fait l’Église visible. » (Mgr Lefebvre, Fideliter n°70, p. 6)

5° Travailler dans l'Eglise ? Il y a là deux illusions : illusion d’être dans l’Église catholique si on demeure dans l’Église conciliaire, soumis aux évêques modernistes qui détournent de la foi catholique ; et fausse conception de l’autorité : ce n’est pas l’inférieur qui a le pouvoir de changer quelque chose dans l’Église, mais le supérieur. 

6° S'opposer à l'esprit de schisme ?  Sur cette objection, elle n’existe que pour ceux qui ne savent pas la différence entre désobéissance nécessaire à une autorité quelconque et le refus de reconnaître cette autorité pour ce qu’elle est (comme pour les sédévacantistes). Désobéir au Pape n’est pas se séparer de l’Église, il faut y ajouter autre chose : se constituer sa propre autorité indépendante. Mgr Lefebvre n'a jamais voulu constituer ou créer une Eglise parallèle. Il avait le souci de répéter que ses évêques et prêtres n'avaient pas de juridiction ordinaire ...

Pour conclure sur cette Messe annulée par le Cardinal Burke à Brindisi, Mgr Lefebvre, quant à lui , l'aurait fermement maintenue, quitte à la célébrer devant la cathédrale ou dans une arène ! C'est toute la différence entre les combattants de la Foi et les libéraux.