mercredi 16 octobre 2013

Voici quelques liens que nous avons récemment ajouté à nos listes. Nous vous conseillons vivement de les visiter.
Résistance:
Réflexion catholique: excellent site proposant des textes importants et des études sur la crise actuelle, nous vous invitons particulièrement à télécharger deux documents sur le problème de la messe des ralliés, très importants dans la crise actuelle.
Les Réfractaires, site dédié à M. l'abbé Pinaud,

Autres sites intéressants:
http://www.existence-dieu.com/: site d'apologétique

Nous vous invitons aussi à visiter le site Austremoine.org, qui a récemment publié, entre autres articles intéressants: La Consécration du pape François, Nous avons tous le devoir de crier notre colère, le sermon de Paques 1986 de Mgr Lefebvre (où il pose la question du sédévacantisme avant Assise), et d'autres articles que nous vous invitons à lire.

Nous vous invitons de même à écouter la conférence de l'abbé de Caqueray à Villepreux aux Journées de la Tradition, le 12 octobre 2013. (voir la vidéo). On peut seulement regretter de cette excellente conférence, un petit ajout: [condamnons les erreurs] derrière Mgr Lefebvre et nos supérieurs. A part ça, elle est très bonne: Vox clamans in deserto.

Vous avez certainement lu la lettre ouverte de M. l'abbé Moulin sur la Sapinière, cette lettre est très interressante et montre que nous ne sommes pas seuls. Cette lettre est disponible sur Un Eveque s'est levé, Avec l'Immaculée (en note de l'article), Réflexion catholique...

Quelques vidéos du cardinal Bergoglio

n'ayons pas pour autant de regrets pour Benoit XVI

2012: le cardinal Bergoglio célèbre Hanukkah à Buenos Aires



Messe des enfants du cardinal Bergoglio:


lundi 14 octobre 2013

Conférence faite au Brésil par l'abbé Joseph Pfeiffer de la FSSPX le 25 Janvier 2013 (Transcription et traduction)



Ce que nous vivons en ce moment dans la tradition catholique, je crois personnellement qu'on peut le résumer en une phrase de Notre Dame de Fatima. Elle a dit que la Russie répandra ses erreurs à travers le monde. Et nous pouvons dire que la Russie a répandu ses erreurs dans la Fraternité Saint-Pie X, et dans la Tradition catholique.

Une règle à comprendre au sujet du diable : le diable nous dit que nous devons être impatients, mais le diable n'est jamais impatient, le diable est très patient. Je suis du Kentucky et nous raffolons du basket-ball, c'est presque partie de notre religion. Si vous tenez un ballon de basket et que vous le laissez aller, il descend et puis il rebondit , mais si vous le prenez et que vous le jetez avec force, il rebondit encore plus. C'est la même chose lorsque nous commettons de façon soudaine un grave péché mortel. Il s'agit d'une chute, mais parce que c'est une chute brusque, le danger, du point de vue du d
iable, c'est que nous pourrions rebondir. Donc, si le diable a le choix, il ne va pas nous jeter en bas, il va prendre le ballon et l'abaisser doucement juste à un centimètre au-dessus du sol, puis le laisser aller. Le même péché mortel, mais aucun rebond. Mon ancien curé irlandais avait coutume de dire : «Vous ne perdez pas la foi pendant la nuit ». Vous la perdez lentement, petit à petit à petit, et un jour vous vous réveillez et vous n'êtes plus catholique, et vous ne le savez même pas. Un des amis de mon père, qui a été élevé comme catholique en même temps que mon père, a cessé d'aller à la messe en latin il y a trente ans en raison de problèmes dans sa chapelle. Maintenant, il dit : «Je suis encore un vrai catholique de tradition, je n'ai pas cessé d'être traditionnel, j'ai seulement cessé d'aller à la messe traditionnelle locale de la FSSPX à cause des problèmes avec les prêtres, mais je pense la même chose. » Le seul problème est qu'il croit maintenant au contrôle des naissances, il croit maintenant en Mère Angelica, il accepte maintenant d'aller à la nouvelle messe, il croit désormais que la politique moderne et la politique «conservatrice» sont profondément bonnes ; il ne croit pas la même chose du tout, mais il pense qu'il le fait. C'est ce qui se passe à la Fraternité Saint-Pie X.

Veillée pascale à Santa Cruz avec Mgr Williamson (avril 2013)
















samedi 12 octobre 2013

Lettre de l'abbé Trincado à Mgr Fellay: 12 octobre 2012


Le samedi 13 octobre 2012, Mgr Fellay a donné rendez-vous à l’abbé Trincado. Celui-ci lui a remis la lettre que vous allez lire. Ensuite, l’abbé Bouchacourt s’est joint à la conversation. À 15h10 l’abbé Trincado a été convoqué à nouveau et, en présence de Mgr Fellay et du prieur, l’abbé Bouchacourt lui a remis une monition engageant une procédure de renvoi, fondée principalement sur la publication du courriel envoyé à l’abbé Chazal. L’abbé Trincado a rappelé que ce courriel avait été publié par erreur. Il a déclaré cependant qu’il ne rétractait pas ce qui était dit dans cette communication.


Note de la rédaction : Le blog Avec l’Immaculée n’a à ce sujet pas commis d’imprudence ou d’indiscrétion puisque le courriel en question était déjà publié au moins sur trois autres sites quand nous l’avons publié.


La publication de la lettre ci-dessous sur le site Avec l’Immaculée est faite avec l’autorisation directe de l’abbé René Miguel Trincado Cvjetkovic.






Mendoza, 12 Octobre 2012


A son Excellence Révérendissime, Mgr Bernard Fellay




Excellence,




Par la présente lettre, je tiens à exprimer avec tout le respect dû à Votre Excellence Révérendissime, ma profonde préoccupation au sujet de l'état actuel de notre congrégation et de l'avenir de celle-ci.


Depuis le milieu de cette année, la FSSPX est dans un état caractérisé, en interne, de division profonde et de grave crise de confiance dans l'autorité, et, à l'extérieur, on note un affaiblissement sensible de nos forces dans la défense de la foi et un discrédit croissant. On respire, en effet, un autre air dans la congrégation, très différent de l'air habituel ; entre nous, nous voyons s’installer la confusion, la discorde, la peur, la méfiance et la délation.




Cet effondrement interne touche toute la congrégation, de nos évêques jusqu’aux laïcs ; c’est la crise la plus générale et profonde qui a jamais existé en 42 ans de la vie de la FSSPX. La fracture est liée à la façon dont votre Excellence mène les négociations en cours avec la Rome libérale. Le secret qui est retombé sur les pourparlers a entraîné une série de dangers évidemment prévisibles, mais Votre Excellence n'a pas pris les moyens efficaces pour les contrer. Dans ces circonstances, certains membres de la congrégation, fatigués par le long combat ou cédant aux tendances dominantes libérales, ont approuvé l’idée d’un accord avec la Rome moderniste, tandis que d'autres la réprouvent parce qu'ils pensent qu'il n’est pas raisonnable de supposer que l'Eglise va sortir de la terrible crise qu’elle connaît depuis le fatidique Vatican II, en soumettant la Tradition au pouvoir des libéraux. On peut se demander : Quelle serait l'utilité d'une régularisation canonique dans le contexte actuel ? Sommes-nous en faute aux yeux de Dieu, d’être restés pendant quatre décennies en marge de la structure officielle, dominée sans aucun contrepoids par les modernistes ? Est-il réaliste de penser que nous pourrions arriver à être ce contrepoids ? Est-il raisonnable de prétendre se soumettre à des autorités libérales dont l’objectif obstiné est de nous amener au Concile Vatican II ? Une telle chose n'est-elle pas clairement suicidaire ? Ou est-ce que le pape actuel a cessé d’être un vrai libéral ? Certaines nominations faites récemment par le Saint-Père, comme celles du Cardinal Müller, ne prouvent-t-elle pas qu'il est irrationnel de se mettre entre les mains de la Rome actuelle ?




Peu importe que l'initiative de cet accord soit venue du Vatican ou de nos supérieurs, puisque la simple acceptation de la possibilité d'une paix - nécessairement fausse et injuste - avec ceux qui continuent à détruire l'Église, constitue une illusion claire et très dangereuse. On prétend que le protocole de 1988 serait un précédent en faveur de cet accord, mais c’est bien le contraire, car s’il s’agit de suivre un exemple, on doit imiter les saints hommes dans leurs réussites, et non pas dans leurs erreurs, et nous savons que Mgr Lefebvre a rapidement et expressément rétracté son erreur et son intention passagère de régulariser la congrégation en la soumettant au pouvoir de la hiérarchie moderniste (cf. lettre au Saint-Père du 02/06/88). Nous devons nous en tenir à son ultime et définitive volonté et non pas à un désir temporaire qui fut explicite, sans ambiguïté et définitivement révoqué.




Dans le cadre des négociations avec Rome, Votre Excellence a souvent recours à l'utilisation d'expressions ambiguës. L'ambiguïté a acquis, de cette façon, des droits de citoyenneté dans la FSSPX. Cette nouvelle façon de parler aux modernistes et au monde cause, entre autres maux, un grave scandale pour de nombreux traditionalistes. Il n’y a pas de doute que, dans les circonstances actuelles de progressive extinction de la foi, défendre la vérité avec des mots clairs et précis devant les destructeurs de la religion catholique et devant tous les hommes, est un devoir grave. La première charité est la vérité. Le diable s'est servi de l'ambiguïté pour sa grande victoire appelée Vatican II, et maintenant nous allons nous battre contre l'ambiguïté avec davantage d'ambiguïté? Votre Excellence, cependant, a choisi de diluer et de mélanger avec des paroles équivoques plusieurs vérités comme précisément la condamnation catégorique et sans équivoque que depuis 42 ans nous avons fait du concile, concile qui est la cause principale de l'état actuel et désastreux d’apostasie générale, ce qui entraîne la damnation de beaucoup d'âmes. Les ambiguïtés de Votre Excellence ont entraîné, comme cela était parfaitement prévisible, un grande quantité de rumeurs, sans que Votre Excellence juge opportun de les dissiper.




Dans la Fraternité Saint Pie X, il y a un «nouveau style» et pas seulement au niveau des mots. Ses notes caractéristiques sont l'ambiguïté, la diplomatie, le secret, l'hésitation et la timidité. Ce grave changement est en train de saper notre combat contre les erreurs qui empoisonnent l'Eglise et contre les loups en vêtements de brebis qui les diffusent, et dans le même temps, nous ne rappelons plus les bases : nous ne sommes déjà plus la Congrégation de Prêtres de ce « si, si, no, no » que le Christ a commandé, de prêtres qui appellent les choses par leur nom quoi qu’il advienne et quoi qu'il arrive. La façon de gouverner de votre Excellence révérendissime est autoritaire envers vos subordonnés et excessivement douce et condescendante envers les ennemis. Cela a un impact catastrophique à tous les niveaux de la vie de la Fraternité. Les soldats, pour le meilleur ou pour le pire, suivent leur général. C’est pourquoi, la vieille attitude de guerre directe, virile et résolue contre les ennemis du Christ, qu’on admirait dans nos prêtres, a cédé la place au calcul diplomatique, à la peur, au découragement, voire à la lâcheté. Un exemple est la déclaration du Chapitre de juillet, à un moment où toute l'Église nous regardait avec attention. Cette déclaration n’est pas exempte d’une certaine ambiguïté et d’une certaine faiblesse. Les six conditions pour une régularisation, récemment publiées, sont nettement insuffisantes et montrent aussi une faiblesse certaine devant la Rome moderniste.




Dans ce scénario malheureux, la confiance entre les membres de la congrégation est particulièrement blessée. Comment faire confiance à un Supérieur qui a rejeté les conseils et les avertissements de tous les autres évêques et de notre Fondateur ? En mai, nous avons pu lire une correspondance entre les quatre évêques, dans laquelle Votre Excellence révérendissime tente d'imposer sa propre opinion aux trois autres évêques, afin de parvenir à un accord avec Rome. Par lettre datée du 7 Avril, les trois autres évêques mettent en garde le Conseil général : « Monseigneur, messieurs les abbés, veuillez faire attention, vous conduisez la Fraternité à un point où elle ne pourra plus rebrousser chemin, à une profonde division sans retour et, si vous aboutissez à un tel accord, à des puissantes influences destructrices qu’elle ne supportera point. Si jusqu’à présent les évêques de la Fraternité l’ont protégée, c’est précisément parce que Mgr Lefebvre a refusé un accord pratique. Puisque la situation n’a pas changé substantiellement, puisque la condition émise par le Chapitre de 2006 ne s’est nullement réalisée (changement doctrinal de Rome qui permettrait un accord pratique), écoutez encore votre Fondateur. » En dépit de ces mots Votre Excellence est allée de l'avant dans la tentative de parvenir à un accord avec Rome.




Quelques mois plus tôt [NDLR, à Albano], Mgr de Galarreta avait également averti Votre Excellence, de façon également très claire, des conséquences prévisibles si l’on poursuivait avec cette intention : « Aller dans le sens d’un accord pratique serait renier notre parole et nos engagements devant nos prêtres, nos fidèles, Rome et devant tout le monde. […] Une telle démarche manifesterait une grave faiblesse diplomatique, de la part de la Fraternité, et à vrai dire, plus que diplomatique. Ce serait une faute de cohérence, de droiture et de fermeté, ce qui aurait comme effet la perte de crédibilité et de l'autorité morale dont nous jouissons. » Mais Votre Excellence n’a pas écouté Mgr de Galarreta.




Aucun cas n’a été fait par Votre Excellence des avertissements de ses pairs, mais vous avez continué à diriger notre bateau dans les récifs de l'accord. Si, finalement, il n'a pas été signé, cela est uniquement dû au Pape qui, de façon surprenante, a élevé les exigences par rapport à ce que Votre Excellence était disposée à accepter (cf. conférence de Mgr Tissier de Mallerais du 16/09/12) Aujourd'hui, nous subissons les conséquences prévisibles, sérieuses et peut-être irréparables d’une telle attitude obstinée incompréhensible.




Excellence, s’il apparait très surprenant que vous ayez choisi d'ignorer les avertissements apparemment unanimes de vos pairs, bien pire et plus inquiétant est le fait que Votre Excellence Révérendissime a déclaré que la volonté des modernistes romains l'emporte sur le bien de la Fraternité Saint Pie X : « Pour le bien commun de la Fraternité, nous préfèrerions de loin la solution actuelle de statu quo intermédiaire, mais manifestement Rome ne le tolère plus " (Réponse aux 3 évêques, 14/04/14). Lire: les libéraux et les modernistes à Rome ne tolèrent plus.




Par conséquent, compte tenu de ce qui précède, et en considérant :


1) que la FSSPX connaît une grave crise provoquée par un exercice très déficient de l'autorité qui n’a pas pris les mesures conduisant à prévenir les maux facilement prévisibles que nous regrettons aujourd'hui,


2) que cette situation perdurant nous détruira peu à peu, sans qu’il soit besoin d’un quelconque accord avec Rome,


en tant que membre de cette congrégation, je demande respectueusement à Votre Excellence, pour le bien de l'Eglise, pour le bien de la FSSPX et pour son propre bien, qu’elle démissionne dès que possible de son poste de Supérieur Général. Seul le remplacement des autorités existantes par d'autres clairvoyantes, vraiment diligentes quant au devoir essentiel d’assurer notre unité et de conserver l'esprit qui a toujours caractérisé notre congrégation, permettra que la FSSPX retrouve le chemin juste et saint par lequel Mgr Lefebvre l’a conduite.




Veuillez aggréer, Excellence Révérendissime, l’expression de mes salutations distinguées dans le Christ,


Padre René Miguel Trincado Cvjetkovic






VERSION ESPAGNOLE: 



Mendoza, 12 de octubre de 2012


Su Excelencia Reverendísima


Monseñor Bernard Fellay


Presente.


Excelencia:


Por medio de la presente, expreso a S.E.R., con el debido respeto, mi profunda preocupación por el estado actual de nuestra congregación, así como por el futuro de la misma.


Desde mediados del presente año, la FSSPX se encuentra en un estado caracterizado, en lo interno, por una profunda división y una crisis grave de confianza en la autoridad, y, en lo externo, por un notorio debilitamiento de nuestras de fuerzas en la defensa de la fe y un creciente desprestigio. Se respiran, en efecto, otros aires en la congregación, muy distintos a los de siempre, pues vemos que entre nosotros se ha instalado la confusión, la discordia, el miedo, la sospecha y la delación.


Este quiebre interno alcanza a toda la congregación, desde nuestros Obispos hasta los laicos, siendo el más general y profundo que haya existido en los 42 años de vida de la FSSPX. La fractura se debe al modo en que S.E. conduce las actuales conversaciones con la Roma liberal. El secreto que ha recaído sobre dichas conversaciones, ha significado una serie de peligros obviamente previsibles, pero S.E.R. no ha dispuso los medios eficaces para contrarrestarlos. En estas circunstancias, algunos miembros de la congregación, cansados por la larga lucha o cediendo a las tendencias liberales dominantes, aprueban la idea un acuerdo con la Roma modernista, mientras otros la reprueban porque piensan que no es razonable suponer que la Iglesia va a salir de la terrible crisis por la que atraviesa desde el fatídico Vaticano II, sometiendo la Tradición al poder de los liberales. Cabe preguntarse: ¿cuál sería la utilidad de una regularización en el contexto actual? ¿Estamos en falta a los ojos de Dios, al permanecer por cuatro décadas al margen de la estructura oficial, dominada sin contrapeso alguno por los modernistas? ¿Es realista pensar que nosotros podríamos llegar a ser ese contrapeso? ¿Es razonable pretender someterse a unas autoridades liberales cuyo obstinado objetivo es llevarnos al Concilio Vaticano II? ¿Acaso tal cosa no es claramente suicida? ¿O es que el Papa actual ha dejado de ser un verdadero liberal? Ciertos nombramientos recientemente hechos por el Santo Padre, como el del Card. Müller, ¿no prueban que es irracional ponerse en manos de la Roma actual?


No es relevante que la iniciativa de ese acuerdo haya provenido del Vaticano o de nuestros superiores, pues la sola aceptación de la posibilidad de una paz -necesariamente falsa e injusta- con los que no cesan de destruir la Iglesia, constituye una manifiesta y peligrosísima ilusión. Se pretende que el protocolo de 1988 sería un precedente en pro de este acuerdo, pero sucede más bien lo contario, pues si de seguir ejemplos se trata, se debe imitar a los hombres santos en sus aciertos, no en sus yerros, y sabemos que Mons. Lefebvre pronta y expresamente retractó su errada y pasajera intención de regularizar la congregación sometiéndola al poder de la Jerarquía modernista (cfr. carta al Santo Padre de 2-6-88). Debemos atenernos a su última y definitiva voluntad, no a una voluntad temporal que fue explícita, inequívoca y definitivamente revocada.


En el marco de las negociaciones con Roma, S.E. ha recurrido frecuentemente al empleo de expresiones ambiguas. La ambigüedad ha adquirido, con eso, derechos de ciudadanía en la FSSPX. Este nuevo modo de hablar ante los modernistas y ante el mundo está causando, entre otros males, grave escándalo a muchos tradicionalistas. No hay duda en cuanto a que, en las actuales circunstancias de progresiva extinción de la fe, defender la Verdad con palabras claras y precisas ante los destructores de la religión católica y ante todos los hombres, es un gravísimo deber. La primera caridad es la verdad. El demonio se valió de la ambigüedad para esa gran victoria suya llamada Vaticano II, ¿y ahora nosotros combatiremos la ambigüedad con más ambigüedad? Su Excelencia, no obstante, ha optado por diluir con palabras equívocas varias verdades, entre ellas, precisamente, la condena categórica e inequívoca que por 42 años hemos hecho del concilio, causa principal del actual desastroso estado de apostasía general y de la consiguiente condenación de muchísimas almas. Las ambigüedades de S.E. han generado, como también era perfectamente previsible, una gran cantidad de rumores, sin que Su Excelencia dispusiera lo pertinente para disiparlos oportunamente.


Existe desde ahora en la FSSPX, y no sólo al nivel de las palabras, un “nuevo estilo” cuyas notas características son la ambigüedad, la diplomacia, el secretismo, la vacilación y la pusilanimidad. Este grave cambio está debilitando nuestro combate contra los errores que envenenan la Iglesia y contra los lobos con piel de oveja que los difunden, y a la vez, nos está desprestigiando con fundamento: ya no somos la congregación de los Sacerdotes de aquel “sí sí, no no” que manda Cristo; la de los que llaman las cosas por su nombre, pase lo que pase y venga lo que venga. El modo de conducción, S.E.R., que además de lo dicho, es autoritario para con los súbditos y excesivamente blando y condescendiente para con los enemigos, está repercutiendo desastrosamente en todos los niveles de la vida de la FSSPX. Los soldados, para bien o para mal, siguen a su General; por eso la antigua actitud de directa, varonil y resuelta beligerancia ante los enemigos de Cristo, que se admiraba en nuestros Sacerdotes, ha dado paso al cálculo diplomático, al temor, al desánimo y hasta a la cobardía. Así es como la declaración del Capítulo de julio, en momentos en que toda la Iglesia nos miraba atentamente, no estuvo exenta de cierta ambigüedad y de cierta debilidad. Las seis condiciones para una regularización, recientemente dadas a conocer, son claramente insuficientes e igualmente demostrativas de cierta debilidad ante la Roma modernista.


En este infeliz escenario, la confianza entre los miembros de la congregación está particularmente herida. ¿Cómo confiar en un Superior que desecha los consejos y advertencias de todos los otros Obispos y de nuestro Fundador? En mayo hemos podido leer un intercambio epistolar entre los cuatro Obispos, en el que S.E.R. intenta imponer su propio parecer a éstos últimos, en orden a lograr el acuerdo con Roma. Mediante carta fechada el 7 de abril, los otros tres Obispos advertían al Consejo General: “Monseñor, Padres, pongan atención, ustedes conducen a la Fraternidad a un punto sin retorno, a una profunda división sin marcha atrás y, si ustedes llegan a un tal acuerdo, a poderosas fuerzas destructivas que Ella no soportará. Si hasta el presente los obispos de la Fraternidad la han protegido, es precisamente porque Monseñor Lefebvre rechazó un acuerdo práctico. Puesto que la situación no ha cambiado substancialmente; puesto que la condición emitida por el Capítulo del 2006 no se ha realizado (cambio de rumbo por parte de Roma que permita un acuerdo práctico), escuchen de nuevo a su Fundador.” Pese a estas palabras, Su Excelencia siguió adelante en el intento por lograr el acuerdo con Roma.


Varios meses antes, Mons. de Galarreta había advertido también a Su Excelencia, de modo igualmente claro, sobre las consecuencias previsibles que tendría el hecho de proseguir con ese intento: “Avanzar hacia un acuerdo práctico sería renegar de nuestra palabra y de nuestros compromisos con nuestros sacerdotes, nuestros fieles, Roma y frente a todo el mundo. Tal procedimiento manifestaría una grave debilidad diplomática por parte de la Fraternidad, y a decir verdad, más que diplomática. Sería una falta de coherencia, de rectitud y de firmeza, lo que tendría como efectos la pérdida de credibilidad y de la autoridad moral que gozamos”. Pero S.E. no escuchó a Mons. de Galarreta.


Ningún caso hizo Su Excelencia de los avisos de sus pares, sino que siguió dirigiendo nuestra nave hacia las rocas del acuerdo. Si finalmente éste no se firmó, se debió únicamente a que el Papa, sorpresivamente, elevó las exigencias por sobre lo que S.E. estaba dispuesto a aceptar (cfr. conferencia de Mons. Tissier de Mallerais de 16-9-12) Hoy sufrimos las previsibles, graves y quizá irreparables consecuencias de tal empecinada e incompresible actitud.


Excelencia: si resulta altamente sorprendente que haya optado por desechar el parecer y las advertencias unánimes de sus pares, mucho peor y mucho más preocupante es el hecho de que S.E.R. haya dicho que la voluntad de los modernistas romanos prima sobre el bien de la FSSPX: “Por el bien común de la Fraternidad, preferiríamos de lejos la solución actual de status quo intermedio, pero manifiestamente Roma no lo tolera más” (respuesta a los 3 Obispos, 14-4-12). Léase: los liberales y modernistas de Roma no lo toleran más.


Por tanto, teniendo en cuenta lo antes expuesto, y considerando -primero- que la FSSPX se encuentra en una gravísima crisis provocada por un muy deficiente ejercicio de la autoridad, al no haber tomado ésta las medidas conducentes a evitar los males fácilmente previsibles que hoy lamentamos; y -segundo- que esta situación, de persistir, nos irá destruyendo paulatinamente sin necesidad de algún acuerdo con Roma; como miembro de esta congregación, respetuosamente ruego a Su Excelencia que por el bien de la Iglesia, por el bien de la FSSPX y por su propio bien, dimita cuanto antes del cargo de Superior General. Sólo el reemplazo de las actuales autoridades por otras previsoras, verdaderamente diligentes en cuanto al deber esencial de velar por nuestra la unidad, y que conserven el espíritu que siempre caracterizó a nuestra congregación, hará posible que la FSSPX vuelva al recto y santo camino por el que la condujo Monseñor Lefebvre.


Saluda atentamente a S.E.R, en Cristo,


P. René Miguel Trincado Cvjetkovic

jeudi 10 octobre 2013

Ralentissement de l'activité de notre blog

En raison de divers devoirs d'état des membres de notre équipe, le blog Reconquista se voit obligé de réduire sa cadence de parution, ce qui nous permettra de nous consacrer à la rédaction de notre bulletin.
Ce ralentissement n'est que provisoire et le rythme reprendra nous l'espérons prochainement.
En union de prières, 

Compagnie de Marie: Qu'y a-t-il derrière ce nom ? (abbé CHAZAL)

Suite à notre article précédent à ce sujet, voici un article plus complet sur la Compagnie de Marie, rédigé par l'abbé Chazal, et également publié pour la première fois en septembre 2013.


Qu’y a-t-il derrière ce nom ?
Alors que les forces de la Résistance se rassemblent,  on a tenté de donner des noms à cette Résistance, à titre provisoire, la dénomination la plus catastrophique étant le qualificatif de « stricte observance », signifiant « je suis plus saint que toi ».
Je vous soumets le projet suivant. Beaucoup de prêtres de la résistance sont en faveur, et nous commençons à utiliser l'acronyme... J'espère que nous allons nous y tenir.
-I-
Le premier point qui est peut-être le point le plus important est que nous restons et que nous serons toujours des prêtres de la Fraternité Saint-Pie X. Notre expulsion est invalide parce que nous avons maintenu la volonté du fondateur et le but de notre institut qui est le sacerdoce de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Ce sacerdoce souffre d'une attaque épouvantable puisque Vatican II, la nouvelle messe et toutes les mauvaises réformes, en particulier le nouveau code de droit canon, commencent à être reconnus de façon suicidaire par la direction de la Fraternité elle-même, quoique puisse faire penser la pratique du double langage.
Par conséquent, nous refusons d'admettre que nous sommes les auteurs de la séparation entre la FSSPX officielle et un reste de celle-ci qui adhère exactement à l’esprit initial de la Fraternité. Notre serment antimoderniste, le " promitto " de nos ordinations, notre formule d'engagement originelle et les vœux faits par ceux qui ne peuvent plus accepter l'inacceptable, précisément en raison de ces mêmes engagements, demeurent pleinement en vigueur, que dis-je, sont pleinement accomplis en cette occasion douloureuse.
En outre, les règles et règlements de notre fondateur sont très sages et très mesurés, un peu comme la règle de saint Benoît. Le recours aux dons du Saint-Esprit comme dénominateur commun leur donne une merveilleuse profondeur. Ils ont très bien fonctionné pendant quarante ans, et nous n'avons pas le loisir de réinventer de fond en comble tout un ensemble de règles et de cérémonies pour les prêtres, les séminaristes et les religieux. Nous estimer plus sages que Mgr Lefebvre serait certainement présomptueux.
En gardant le nom de la FSSPX, nous conservons aussi automatiquement l'autre nom de notre Ordre « Apôtres de Jésus et de Marie ».
Ceci étant dit, les mêmes constitutions ont besoin d’être amendées pour remédier à la centralisation désastreuse, l’affairisme et la bureaucratisation de la Fraternité en général, et à l’accumulation dangereuse de pouvoir du Supérieur général sur une durée excessive. Certains changements secondaires peuvent être faits sur la façon dont les prêtres sont formés. 

 -II-
Donc le nom de FSSPX doit rester, mais un qualificatif doit être ajouté.
Puisque la Fraternité, comme le dit l’abbé Wegner, est clairement en train d’opérer son rebranding en tant que société non-combattante, en changeant le ton de son discours public, alors qu’il est bien connu que son fondateur l’a décrite comme une petite armée de reconstructeurs, nous devons résister fermement contre les maux libéraux de ce temps, qui sont :

# Les désirs concomitants de se conformer au monde moderne et d'être reconnus dans notre différence.
# le refus du Nullam partem. (Nous devons reconnaître, bien au contraire, l'inimitié qui règne entre la descendance de la Femme et celle du serpent. Nous ne devons avoir aucune part, rien à voir -- cf. déclaration de 1974 -- avec les hérétiques, si haut placés qu'ils soient à Rome.) 
# La fatigue croissante, l'apathie et la perte de la flamme sacerdotale, (ce qui n'est pas trop surprenant, après quarante ans de lutte).
# Et enfin, le règne de l'anarchie intellectuelle.
Il semble donc opportun de nous appeler une armée, ou mieux encore, moins qu’une armée, un corps d'armée.
Les corps d'armée ont été initialement conçus pour attaquer l'ennemi plus rapidement et avec plus de souplesse afin de tirer parti des possibilités avant qu'elles ne disparaissent. Par conséquent, il s'agit d'une structure plus légère et plus flexible que toute une armée encombrante. Un corps d'armée comprend trois branches : infanterie, cavalerie et artillerie. Dans la même veine, nous allons lancer un réseau entier composé de prieurés, de maisons de formation (écoles et séminaires) et de maisons de retraite, mais d'une façon plus légère et plus efficace.
Nous espérons donc donner une formation plus dure et plus frugale à nos séminaristes afin qu'ils apprennent, non pas à se faire plaisir en un vaniteux ego spirituel, mais comment plaire à Dieu. « Christus non sibi placuit » (Rm XV , 3). Les magnifiques bâtiments ne sont pas indiqués en ces temps où les familles sont amenées à lutter et à vivre elles-mêmes modestement.
Puis, répétons-le, précisément parce que la solution de Fatima est méprisée, Notre-Dame reste de plus en plus «  toute la raison de notre espérance » (St Bernard). Elle nous conduit dans la bataille comme Deborah, parce que c'est la volonté de Dieu que la victoire lui soit attribuée (Juges IV, 9) . Comme Monseigneur nous l’a dit à l’occasion de son Immaculée Conception, elle est aux antipodes de ce mélange mortel de vérité et d’erreur et de ce désir de se faire reconnaître par une équipe d’impies, quelles que soient les places qu’ils occupent injustement.
Puisse-t-elle nous rendre capables de rester fermes dans la Vérité, en toute humilité, devant notre Dieu, qui est la Vérité première ou la Vérité elle-même, puis devant les hommes auxquels est due la Vérité, comme première Charité.   

François Chazal CM SPX.

mercredi 9 octobre 2013

Documents à télécharger: aidez nous en les partageant autour de vous

Nous vous invitons à télécharger les documents suivants, qui autrement risquent d'être supprimés. S'ils le sont et que vous n'arrivez pas à les télécharger, signalez le nous et nous essaieront de les remettre ne ligne, mais cela prendra du temps.


File Name: Léon XIII- Depuis le jour, au clergé de France.pdf
Download Link: http://www.sendspace.com/file/544kox

File Name: Supremi Apostolatus Officio (Léon XIII) sur le Rosaire.pdf
Download Link: http://www.sendspace.com/file/qq9nue

File Name: Sermon du pape François à Lampedusa [traduction française].pdf
Download Link: http://www.sendspace.com/file/4ofoxq

File Name: Le sort des Chrétiens en Syrie- des terroristes islamistes ont enlevé 200 femmes chrétiennes pour les violer à mort.pdf
Download Link: http://www.sendspace.com/file/6le356

File Name: interview Mgr Fellay CNS.docx
Download Link: http://www.sendspace.com/file/j2vcpq

File Name: Abbé JC Ortiz- La nouvelle herméneutique de Mgr Fellay. La FSSPX a-t-elle changé sa position -.pdf
Download Link: http://www.sendspace.com/file/5s3q03

File Name: StPieXIlFermoPropositosurlActi
onCatholique.pdf
Download Link: http://www.sendspace.com/file/39mb22

File Name: StPieXmotuproprioSacrorumAntistitumouSermentanti-moderniste.pdf
Download Link: http://www.sendspace.com/file/suwf48

File Name: Léon XIII- Aeterni Patris (4 août 1879).pdf
Download Link: http://www.sendspace.com/file/qllsku

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2001: Accords avec Rome ? La lucidité de l'abbé de Jorna

Jugement de l'abbé de Jorna sur les accords avec Rome du 15 mai 2001
Interview de M. l’abbé de Jorna,
Supérieur du Séminaire Saint Pie X d’Ecône
par Giovanni Pelli - 15 mai 2001

Le Père Benoit de Jorna, 49 ans, ordonné prêtre par Mgr Marcel Lefebvre en 1984, a dirigé le district de France de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X. Depuis 1996, il est le supérieur du Séminaire traditionaliste d’Ecône en Valais. Il a accepté de nous recevoir dans son bureau pour répondre à quelques questions d’actualité.
Père de Jorna, les rumeurs, désormais confirmées de part et d’autre, sur la reprise du dialogue entre Ecône et le Pape, ont-elles eu des répercussions dans la vie de votre séminaire?
– Il y a bien un peu d’agitation à Ecône mais c’est uniquement pour la Fête-Dieu qui approche: les préparatifs vont bon train. Il y aura même un ciborium et un ostensoir géant tout en bois, réalisés par les séminaristes eux-mêmes. Sinon le séminaire reste tout à fait serein, ce n’est pas la première fois dans l’histoire du séminaire que des discussions ont lieu, et toujours après un moment d’espoir, ce fut l’impasse. C’est pourquoi nous sommes sans trop d’illusions.
On sent quand même chez les prêtres lefebvristes, que ces nouvelles propositions romaines, ont surpris. On ne s’y attendait vraiment pas ?
– Ce qui est nouveau, c’est qu’elles sont faites après 13 ans de « black-out total » de la part de Rome. Il ne fallait plus parler de l’œuvre de Mgr Lefebvre. Dans le monde médiatique d’aujourd’hui, le silence tue !
Et puis tout à coup, il y a changement de stratégie. A l’occasion du pèlerinage des traditionalistes à Rome, qui fut un remarquable succès, les autorités romaines nous félicitent pour son organisation, son esprit de foi et de piété. J’apprécie les fables de La Fontaine: tout le monde connaît le Corbeau et le Renard…. Aussi ma réaction première a été de me demander où donc était le fromage convoité. Car souvenons-nous bien de ce que, si effectivement les basiliques ont été ouvertes à notre pèlerinage, celui-ci n’a pas eu le droit d’y célébrer une seule fois la messe traditionnelle.
Ne nous leurrons pas, les autorités romaines n’ont pas découvert en août 2000 que nous existions. Ils nous connaissent parfaitement.
Aussi ces propositions sont de la part de Rome, non pas un changement de position fondamentale sur la crise de l’Eglise, mais une nouvelle stratégie à notre égard dont le but est probablement toujours le même : neutralisation de la réaction aux réformes conciliaires. Comme le disait très bien le dernier communiqué officiel des autorités de la Fraternité Saint Pie X: Nous ne voulons pas être parqués ou mis dans une sorte de zoo dans l’église conciliaire. 

N’a-t-on pas l’impression que dix ans après la mort de l’archevêque Lefebvre, les autorités romaines semblent dire : sacres, excommunications, tout cela c’est de l’histoire ancienne… tournons la page, ne regardons plus le passé, mettons nos forces en commun pour construire l’Eglise du IIIème millénaire ?
– Justement le problème est là : l’église du troisième millénaire pour eux doit être pluraliste. Tous les courants de pensée doivent pouvoir s’y côtoyer. La Rome de l’antiquité païenne était le lieu où tous les cultes avaient droit de cité. La messe traditionnelle peut avoir sa place dans la Rome conciliaire, du moment qu’elle ne cherche pas à chasser les nouvelles liturgies. 

Quel est l’obstacle majeur à un accord : la messe en latin ou l’acceptation de Vatican II ?
- Personnellement je ne crois pas à des discussions qui ne porteraient pas sur le fond: sur Vatican II, sur la nouvelle messe, intrinsèquement mauvaise comme nous l’avons toujours affirmé dans la Tradition, sur le nouveau code de droit canonique, qui fait entrer la nouvelle ecclésiologie de Vatican II dans la législation de l’Eglise. 

Justement un livre a été remis au Saint-Père : c’est une critique de la nouvelle liturgie. Des cardinaux ont attaqué violemment ce livre. N’a t-il pas été publié pour bloquer toutes les négociations ?
Parmi les autorités romaines, celles qui veulent aboutir à un accord avec nous, veulent un accord purement pratique et non doctrinal. Ils nous l’ont dit. C’est cette disposition de leur part qui empêche a priori un possible accord. La remise du livre sur la nouvelle liturgie visait à montrer que notre attachement à la messe traditionnelle n’était pas une question de sensibilité mais une question de foi. Dans l’entretien que l’abbé Sélégny – secrétaire général de la Fraternité – a eu avec le Cardinal préfet de la Congrégation du clergé à l’occasion de la remise de ce livre, il l’a clairement réaffirmé : nous refusons la nouvelle liturgie car elle met en danger notre foi catholique. C’est déjà ce qu’exprimait clairement et de façon très concise il y a trente ans l’irremplaçable « Bref examen critique de la nouvelle messe » des cardinaux Ottaviani et Bacci. 

Parlons quand même du côté pratique d’un accord. La presse italienne évoquait récemment un projet de vicariat apostolique pour les fidèles lefebvristes, c’est tout à fait nouveau comme proposition ?
- Non pas un vicariat mais une administration apostolique; et effectivement, cela ne nous avait jamais encore était proposé. En soi ce serait effectivement une proposition très séduisante. Mais prenons garde: une administration apostolique, c’est une situation exceptionnelle pour temps exceptionnel. L’administrateur dépend directement de Rome, des congrégations des évêques et de la Secrétairerie d’Etat, il est révocable à merci. L’administration elle-même peut être supprimée du jour au lendemain. L’accepter supposerait de notre part une très grande confiance dans le milieu romain actuel. Nous n’en sommes pas là – loin de là. Je me demande si Rome ne nous voit pas comme le loup famélique de la fable  » le loup et le chien ». Le chien fait bombance mais son cou est pelé !…. mon col romain n’est pas un collier!
Pourtant le cardinal Castrillon-Hoyos semble un homme de dialogue, de contact, extrêmement ouvert. On parle de sa présence au pèlerinage de la Fraternité Saint-Pierre à la Pentecôte, peut-être au vôtre qui se fait à la même date, sur le même lieu mais dans le sens inverse. La presse affirme qu’il vient de prendre contact en Suisse même avec votre Fraternité…
- Il est bien venu en Suisse mais pas au séminaire, croyez-moi. Mais nous avions eu la visite du cardinal Gagnon en 1987. Et il en était reparti enchanté de la formation qui était donnée à Ecône. Il l’a écrit dans le livre d’or. Donc à Rome on sait très bien comment les séminaristes sont formés chez nous.
Supposons que demain les traditionalistes reçoivent un statut officiel dans l’Eglise, cela entraînera-t-il une modification de l’enseignement auprès de vos séminaristes ? Enseignement que l’on dit sérieux mais un peu fermé…
– Regardez ma bibliothèque, elle n’est pas fermée. Tous les théologiens modernes y sont. J’enseigne la dogmatique et la philosophie. Seulement nous les passons au crible de la tradition et de St Thomas : et ils y résistent très mal. Pourtant ce sont eux qui ont été les inspirateurs du Concile. Aussi quand on nous parle du Concile interprété à la lumière de la tradition… je reste plus que dubitatif.
Le cardinal Ratzinger – qui justement était un des ces grands théologiens qui ont fait le Concile – parle d’un long chemin encore à parcourir avant de parvenir à la réconciliation avec les fidèles attachés exclusivement à la messe de Pie V. Pourtant quand on voit les gestes d’ouverture de Jean-Paul II vis-à-vis de l’Eglise orthodoxe, récemment en Grèce, ou même vis-à-vis de l’Islam, ne devrait-on facilement pouvoir s’entendre avec un tel homme?
- Après 20 ans de pontificat, Jean-Paul II n’a pas changé. Il est toujours le pape d’Assise. L’idée qui le mène, c’est le nouvel œcuménisme issu de Vatican II. Beaucoup se demandent les raisons de son attitude actuelle vis-à-vis des traditionalistes. Certains disent qu’il veut effacer la condamnation de Mgr Lefebvre de son pontificat. Je pense personnellement qu’il veut nous intégrer dans cette église pluraliste. Intégration qui serait notre désintégration.
Père de Jorna, vous ne semblez guère optimiste sur un réconciliation immédiate. J’ai pu rencontrer quelques-uns de vos séminaristes. Ils sont jeunes, sympathiques, plutôt sceptiques eux aussi quant à un aboutissement possible des discussions actuelles. Mais s’il n’y a pas accord quel sera leur avenir dans l’Eglise de demain ?
- Rome est très pressée d’aboutir. Nous le sommes beaucoup moins, comme le disait Mgr Fellay récemment. Après Vatican II, le train des réformes s’est mis en marche, petit à petit il a pris de la vitesse. Il manifeste de plus en plus la puissance insoupçonnée de ses machines qui ne sont que le développement de la doctrine de Vatican II. On nous presse: Vite, vite! montez! montez! demain il ira tellement vite que vous ne pourrez plus le prendre en marche. Mais le problème, voyez vous, c’est que ce TGV marche à contresens. Il s’élance à une vitesse de plus en plus folle vers l’anti-christianisme total comme le disait si bien Mgr Lefebvre en 1987.
La solution n’est pas pour demain; peut-être pour le prochain pontificat ou le suivant. Mais comme vous le dites, nos séminaristes sont jeunes. Ils ont l’avenir devant eux, ils sont préparés à une guerre d’usure. Et le travail apostolique qui les attend est déjà impressionnant.
Certains disent que par notre scepticisme nous nous enfermons dans un ghetto ! Au contraire, un ghetto est précisément un espace libre organisé par un pouvoir politique pour éviter qu’une secte ne devienne Eglise! Un accord pratique sans accord doctrinal, c’est cela qui nous renfermerait totalement dans un ghetto. Et pour l’instant il n’y a probablement pas d’accord doctrinal possible.
Une dernière question : les consécrations épiscopales de 1988 ont entraîné une rupture dans la Fraternité lefebvriste. Rome a encouragé la fondation de la Fraternité Saint Pierre pour les prêtres qui n’ont pas accepté cette attitude de Mgr Lefebvre. Est – ce que depuis la reprise des discussions avec le cardinal Castrillon Hoyos, des contacts existent avec ces anciens membres de la Fraternité ?
- La situation de la Fraternité Saint Pierre est intenable. Ils ont voulu se mettre sous la protection des autorités romaines: en un mot faire confiance. Et regardez comme ils sont traités. Peut-être encore plus mal que nous. Rome semble nous respecter actuellement plus qu’eux. Leur société est au bord de l’explosion. Le cardinal Castrillon Hoyos a été extrêmement sévère avec eux. C’est d’ailleurs ce qui doit nous faire réfléchir. Car le cardinal, alors même qu’il était en discussion avec notre supérieur général, affirmait dans une lettre à un évêque indien que nous étions hors de l’Eglise. Alors ? deux langages différents en fonction du type d’interlocuteur ?
Dans l’Eglise, c’est la vérité qui libère, pas la diplomatie !
Propos recueillis par Giovanni Pelli pour « Il Bollettino delle parrocchie dell’isola »