lundi 25 novembre 2013

M. l'abbé de Cacqueray est-il encore libre d'écrire ce qu'il pense ?


Par Winston Smith*
Ce texte nous a été adressé par des lecteurs de notre blog. Il a été revu et approuvé par plusieurs prêtres de la Résistance. 
N'hésitez pas à laisser un commentaire dans l'onglet prévu à cet effet en bas de l'article ou à nous contacter à l'adresse suivante: resistancecatholique2@gmail.com
On nous avait prédit un texte fort par l’abbé de Cacqueray concernant les prochaines « canonisations » » de Jean XXIII et Jean-Paul II. Nous l’attendons toujours ! Son dernier éditorial, Canoniser le saint qui excommunia Mgr Lefebvre, paru sur le Fidéliter n° 216 manque singulièrement de mordant mais pis encore, et je paraphrase George Orwell, par son laxisme en matière de langage il facilite à son tour la confusion de notre pensée. Mais monsieur l’abbé de Cacqueray n’est peut-être plus libre d’écrire ce qu’il pense. C’est bien possible même car cet article ne ressemble pas à sa forte lettre contre Assise III. Mais ce qui est écrit est écrit. Regardons de plus près…
Naturellement l’abbé de Cacqueray ne considère pas Jean-Paul II un saint. Donc il veut dire autre chose avec ce titre. Un lapsus ? Pas possible, on l’aurait corrigé ! De l’ironie ? Peut-être. Mais attention monsieur l’abbé, vos prêtres et vos fidèles ne comprennent pas les documents trop subtils.
« La réaction de François Mauriac à la nouvelle de la canonisation du pape Pie X se traduisit par cette parole devenue tristement célèbre : « Ce saint-là n'est pas de ma paroisse ! » Le modernisme de Jean XXIII et de Jean-Paul II ne se résume pas juste à une tendance « paroissiale », ce sont des hommes avec une autre religion comme disait Monseigneur Lefebvre et qui ont remplacé la vraie religion avec leur religion conciliaire. Nous pensons que vous êtes d’accord avec cela mais certains à la Fraternité, par exemple Mgr Fellay et l’abbé Gleize parlent volontiers de tendance moderniste au sein de l’Eglise. Votre comparaison avec la parole de François Mauriac ne risque-t-elle pas alors de prêter à confusion et de renforcer cette idée fausse de Mgr Fellay relayée par l’abbé Gleize et d’autres ?
« Étant donné qu'aucun deuxième miracle n'a pu être déniché pour être placé au crédit du pape Jean XXIII, c'est la convocation du concile Vatican II qui a été avancée par le pape François comme un argument décisif en faveur de sa canonisation. » En parlant d’absence de deuxième miracle, le lecteur comprend qu’il y en aurait un premier dont vous ne semblez pas contester la légitimité ! Et pourtant…
« Là où le pape François considère qu'il y a un motif particulier pour la canonisation de Jean XXIII, nous y voyons au contraire une raison particulière de blâmer son attitude et son gouvernement. » L’attachement de Jean XXIII au concile Vatican II est un peu plus qu’une attitude ou une gouvernance blâmable ! Et le pauvre pape François n’est pas le seul à vouloir canoniser ce funeste concile : c’est une hiérarchie tout entière, y compris nos «nouveaux amis romains», pourrie par le libéralisme et qui occupe l’Eglise depuis 50 ans qui doit être dénoncée et combattue.
« Sa canonisation signifierait surtout l'accréditation officielle par l'Église de toute la nouvelle doctrine œcuménique accompagnée des gestes insensés qu'elle promeut. » Mais de quelle Eglise parlez-vous monsieur l’abbé ? Ecrire ainsi « Eglise » ne doit et ne peut signifier en vérité que « Eglise, une, sainte, catholique, apostolique ». Et ce qui est légitimement promulgué par l’Eglise ne peut nuire aux âmes et doit être suivi. Vous n’avez pas le droit alors d’écrire (dans le même texte qui plus est) : « ils seront peut-être considérés comme des saints par l'Église conciliaire mais cette canonisation n'en fera pas pour autant des saints de l'Église catholique. » Devons-nous croire désormais, à la suite de Mgr Fellay, que c’est une même Eglise qui canonise Pie X et Jean XXIII ? Mais un saint Pie X pour l’Eglise et un saint Jean XXIII pour l’Eglise conciliaire ? Quelle confusion ! Et puis ce n’est pas aujourd’hui seulement que « l’Eglise (mais l’église conciliaire n’est-ce pas ?) accrédite officiellement la nouvelle doctrine œcuménique ! » Ça fait plus de 40 ans que la fausse doctrine de Vatican II a supplanté odieusement mais bien officiellement la vraie doctrine catholique. En octobre 2011, n’écriviez-vous pas un beau « Chemin de Croix en réparation du scandale d’Assise III  à l’initiative de Benoit XVI » où vous osiez parler de la Sainte Face « couverte des crachats de la nouvelle religion ».
Mais pourtant, vous écrivez aujourd’hui : « Comme vient de le dire Mgr Bernard Fellay, nous avons un authentique moderniste à la tête de l'Église. C'est pourquoi il veut canoniser ses prédécesseurs modernistes. » Comme si son prédécesseur Benoit XVI n’est pas, lui-aussi, un authentique moderniste et tout aussi responsable de ces « canonisations » ! Au fond, François n’est que le digne fils de Benoit, certes au modernisme plus voyant mais pas forcément le plus dangereux des deux. Cependant il est devenu, au sein de la Fraternité, le bouc-émissaire facile pour permettre à son fluctuant Supérieur Général de s’en sortir à la Big Brother : « Nous avons toujours été en guerre contre l’Estasia. » (in 1984, George Orwell).
« Il est grand temps d'intensifier nos prières, et même de commencer des prières et des jeûnes publics…» Oui, prions et jeûnons, vous avez bien raison de nous y inviter monsieur l’abbé. Mais prions avec les bons mots. Ce n’est pas l’Eglise catholique qui canonise mais ce qu’il convient d’appeler, avec Mgr Lefebvre, « une nouvelle église » ! Ces « canonisations » sont parfaitement logiques dans le dessein maçonnique du Concile Vatican II et parfaitement logiques dans l’enseignement de TOUS les papes post-conciliaires. Il est urgent de distinguer comme auparavant vous saviez le faire si clairement la secte conciliaire et ses œuvres diaboliques de l’Eglise catholique et ses œuvres divines.
Orwell disait « quand l’atmosphère générale est mauvaise, le langage ne saurait rester indemne. » Hélas, l’atmosphère générale à la Fraternité est mauvaise et nous venons de faire le constat que votre langage, hélas, n’a pas su rester indemne. De grâce monsieur l’abbé retrouvez votre liberté de parole, la Foi est plus importante qu’une unité factice autour d’un Supérieur Général qui, par la « nouvelle direction » qu’il impose à la Fraternité, est responsable de toutes les divisions. Les choses seront ainsi plus claires, les positions plus nettes, et, même si des divisions de fond resteront, l’atmosphère générale sera tout de suite moins irrespirable.


Winston Smith est le personnage principal de 1984 qui est réfractaire, entre autres, à la Novlangue que l'état totalitaire veut imposer et impose pour mieux manipuler les esprits. 






Appel aux dons pour les Philippines

L'abbé Chazal a besoin d'argent pour reconstruire la Chapelle de Dagohoy qui a été détruite lors des derniers événements aux Philippines. Il y a aussi des fidèles qui ont besoin d'aide matérielle. Il faudrait envoyer vos dons en Australie sur le compte bancaire de la personne ci-dessous à qui l'abbé Chazal a délégué le travail de collecter tous les dons. 

Nom du compte : Elizabeth Copley    BSB: 064-111   Account number: 10185161

Lettre initiale de l'abbé Chazal :

Dear Friends
I need someone to establish a fundraiser for: 
1. Rebuilding the destroyed chapel of Dagohoy2. Assisting our faithful who sufferd from the 7.2 earthquake, then the supertyphoon, and this with the remainder from the construction money.
This appeal should be posted on all our websites, and i will collect the funds when i shall visit all the missions in december, then close the fund. I think it is the simplest and quickest. Romeo of Dagohoy works in construction, that would enable me to put him at work immediately.Hopefully, as far as our faithful of the resistance are concerned, our four missions of Maasin, Santa Cruz, Hindang, and Ormoc are on a protected side of the island of Leyte. I hear that the villagers of our missions in Bohol have suffered from the typhoon as well. No damage for our 20 faithful of Cebu. The XSPX chapel of Tacloban has probably been disintegrated, and most of the faithful there may have lost everything.

Abbé Chazal: 

"(...) Nous sommes en train de distribuer 4000 dollars préliminaires à Ormoc, où tous les toits ont été arrachés par la force des vents...
Il est difficile d'acheter les matériaux nécessaires, donc il faudra du temps pour que les choses se fassent. 40 personnes ont assisté à la messe de l'abbé Pfeiffer à Ormoc.
Aux premières nouvelles, il apparaît qu'aucun fidèle de Tacloban n'a été tué, mais un de nos fidèles d'Hindang a perdu son frère qui habitait sur l’île de Samar.
Les lignes d'électricité sont démolies, et dans le meilleur des cas le courant reviendrait à la Noël.
Pour le moment les dégâts sont essentiellement matériels, en ce qui concerne nos fidèles, mais le pays est dévasté et aura du mal à se relever. Merci à tous ceux qui nous aident.(...)"

Rappel d'Avec l'Immaculée :
Envoyer l'argent sur le compte de la personne ci-dessous qui a été chargée par l'abbé Chazal de récolter les fonds. C'est en Australie :

Elizabeth Copley    BSB: 064-111    Account number: 10185161

samedi 23 novembre 2013

Vague de profanations en Argentine: pensons à réparer par nos prières

Durant les derniers 45 jours, 5 églises ont été profanées dans diverses parties de l’Argentine. Les agresseurs brûlent et cassent le mobilier, volent des reliques et images et envoientun message antichrétien par la manipulation de symboles religieux (crucifix renversés.. ). L’Eglise publie un communiqué dans lequel elle demande aux autorités de garantir la liberté de culte.
Cette fin de semaine, le temple de la Première Eglise Méthodiste de Buenos Aires a connu des détériorations tandis qu’à Cordoba, les délinquants mirent le feu aux portes de la chapelle del Monte et volèrent des reliques.
L’église de St Ignace de Loyola (Buenos Aires) et la Cathédrale de Mar del Plata connurent aussi des profanations.
La dernière attaque connue est celle qu’a subi dimanche l’église St Antoine de Padoue où un confessionnal et la porte de l’église furent brûlées, une petite chapelle détruite, un Christ cassé, des ciboires et images saintes volés, les tubes de l’orgue datant de 1882 endommagés, la croix de l’autel retournée, les chaises renversées dans toute l’église.

Profanation dun tabernacle à Asuncion:

La vague de profanations antichrétiennes continue de se propager en Argentine. Cette fois, les faits ont été commis dans la chapelle de la Maison de l’Esprit Saint à Asuncion
Durant la matinée du 14 novembre, des inconnus ont profané et endommagé le tabernacle de la chapelle de la Maison de l’Esprit Saint d’Asuncion à Bahia Blanca
L’archevêque a publié un communiqué: « Ceux qui ont fait cela (destruction de portes, armoires, vols de ventilateurs et de tondeuses à gazon) ont aussi brisé un tabernacle dans lequel se gardaient les hosties consacrées. Ce tabernacle était composé de marbre et de bronze. Ils l’ont jeté au sol, forcé la porte et volé le calice avec le Saint Sacrement. On a retrouvé sur le sol des restes d’hosties mais pas de calice ».
« Nous nous sentons profondément meurtris et consternés par cet acte de profanation de la Sainte Eucharistie qui constitue le trésor le plus grand de l’Eglise et dans lequel on vénère la Présence réelle du Corps et du Sang de NSJC »  a dit Mgr Guillermo José Garlatti
Dans l’immeuble de la Maison de l’Esprit Saint, situé rue Rincon 3910, à la périphérie de Bahia Blanca, existe une école sur trois niveaux. Historiquement, l’immeuble appartenait au séminaire. Le lendemain des faits, la communauté éducative a participé à une messe de réparation.
L’archevêque de Bahia Blanca, Mgr Garlatti, a demandé que soient offertes dans toutes les paroisses et communautés religieuses la célébration de la Sainte Messe et les oraisons spéciales de réparation pour cet acte « qui non seulement nous remplit de douleur mais également touche les croyances les plus nobles des fidèles catholiques ».

Foi d'abord Commentaire éleison 332 (23 novembre 2013)


Numéro CCCXXXII (332)
23 nov. 2013

FOI D’ABORD
La grande leçon enseignée par Mgr Lefebvre (1905-1991) aux Catholiques qui avaient des oreilles pour entendre, c’était que la Foi passe avant l’obéissance. La triste leçon que nous avons dû apprendre depuis, c’est qu’on continue de faire passer l’obéissance avant la Foi. Ce Commentaire, sans cesse aiguillonné par la confusion actuelle dans l’Église, le monde et la Fraternité St Pie X, et poussé par elle à remonter aux principes, a souvent essayé d’expliquer pourquoi la Foi doit passer avant tout.
Prenez par exemple les arguments d’un « bon » confrère qui par courriel m’a accusé récemment de mal juger l’état actuel de la Fraternité. Ma résistance à la Néo-fraternité (comme je l’appelle) il accuse : 1) d’avoir des motifs trop personnels, 2) d’oublier le bien de l’Église, 3) d’être inconsistante avec des positions que j’ai prises avant, 4) de manquer de réalisme catholique, 5) de s’opposer à l’infaillibilité de l’Église, 6) de faire de chacun son propre Pape, 7) de proposer une vision moderniste de l’Église, 8) d’être protestant, 9) de rejeter l’union avec Rome et finalement 10) d’éloigner les âmes de l’Église.
Or je ne suis pas un Mgr Lefebvre et je n’ai aucune prétention de l’être, mais je pose la question suivante : ce confrère se rend-il compte que tous ces arguments (sauf le troisième) il aurait pu les appliquer il y a quarante ans à la résistance de Mgr Lefebvre aux autorités officielles de l’Église à Rome ? Pourtant cette résistance fut 1) motivée uniquement par le besoin urgent de défendre la Foi, 2) pour le bien de l’Église, 4) d’une façon parfaitement réaliste (comme l’ont prouvé les fruits de sa Fraternité), 5) ne s’opposant point à l’infaillibilité de l’Église mais la démontrant par sa résistance même, 6) rappelant l’Église de toujourscomme mesure des Papes, 7) contre toute démence du néo-modernisme, 8) contr e le renouveau du Protestantisme par le néo-modernisme, 9) pour l’union avec la Rome catholique de toujours, et finalement 10) une aide importante pour beaucoup d’âmes vraiment catholiques à garder la Foi au lieu de la perdre.
Et qu’est-ce qui a justifié cette prise de position par Mgr Lefebvre il y a quarante ans ? Qu’est-ce qui a prouvé qu’il n’était pas, malgré les apparences, un rebelle comme Luther, mais vraiment catholique et un grand serviteur de l’Église ? Sa doctrine, sa doctrine, sa doctrine ! Là où Luther a nié toute une série d’enseignements de l’Église, Mgr Lefebvre en a affirmé tous et chacun. C’est au nom de la doctrine de la Foi qu’il a tenu tête aux Papes Conciliaires et à ces autorités de l’Église qui la subvertissaient par le fond en renouvelant et en adoptant les erreurs épouvantables du modernisme.
Donc qu’est-ce qui justifie maintenant une certaine résistance aux chefs de la Fraternité ? Comment ceux qui résistent peuvent-ils prétendre être les serviteurs les plus fidèles de la Fraternité ? Par la doctrine, la doctrine, la doctrine. La Déclaration de la mi-avril de 2012 démontra une défaillance doctrinale épouvantable au sommet de la Fraternité, et cette Déclaration a beau avoir été « retirée », son contenu, loin d’avoir été rétracté, a même été défendu comme étant, par exemple, « trop subtil » pour le commun des Catholiques ! Et on ne peut pas dire que les documents officiels de la Fraternité du 14 juillet, 2012, ou du 27 juin, 2013, aient proprement rectifié le mal. La preuve en est que la politique pratique d u QG de la Fraternité n’a en rien changé. Cher confrère, la Fraternité à laquelle vous appartenez a été fondée sur le principe que la Foi passe avant l’obéissance, et maintenant vous voulez soutenir cette Fraternité en faisant passer l’obéissance apparente à cette Fraternité avant la Foi ? Étudiez les documents et observez les actions !
Kyrie eleison.
P.S. Quelqu’un a-t-il un jeu complet des traductions espagnoles ou françaises de ce Commentaire à partir du moment où elles ont commencé à paraître (vers le numéro 110)? Prière de nous le dire.  editorial@dinoscopus.org ou info@dinoscopus.org

vendredi 22 novembre 2013

Communiqué des abbés Faure et Rioult

Discussion en français: Un évêque s'est levé
English translation: Archbishop Lefebvre Forum
Español: Non Possumus

 "Tout homme qui fait quelque chose a contre lui : ceux qui voudraient faire la même chose, ceux qui font précisément le contraire et surtout la grande arméedes gens, beaucoup plus sévères, qui ne font rien. » (J. Clarétie)
Avant toute choses, quelques informations pour saisir que la situation continue à se dégrader. Dans certaines écoles, on en vient peu à peu à ne plus tolérer la critique envers François : « il faut voir les bonnes choses… ». En cours de doctrine, un enfant intervient : « on m’a dit que les évêques et les papes d’aujourd’hui sont proches des protestants… » Réponse de la religieuse : « vous jugez les évêques et le pape, vous ne le devez pas. »
Une Mère Générale, de passage dans une de ses maisons, parle aux filles du ‘’bienheureux’’ José-Gabriel Brochero qui est un nouveau ‘’béatifié’’ de François (14 septembre 2013). Comment feront les enfants pour comprendre que les ‘’saints’’ de François (Jean XXIII, Jean-Paul II) ne sont pas des saints ?
Dans des maisons religieuses et des prieurés, on lit et on censure le courrier. Certains supérieurs sont de plus en plus cassant et refusent toute discussion. Beaucoup de gens ont pu apprécier l’intervention claire de M. l’abbé Rousseau sur la scandaleuse imposture de l’annonce des canonisations des mondialistes Jean XXIII et Jean-Paul II. Son indignation était légitime et normale. Mais la Maison Générale a fait savoir à M. l’abbé Rousseau qu’il n’aurait pas dû agir sous le coup de la passion !
Menzingen ne recule qu’en apparence et sous la pression.
En août 2012, Mgr Fellay nommait M. l’abbé Pierre-Marie Berthe professeur au séminaire de Flavigny. M. l’abbé de Cacqueray s’y opposa manifestant que si ce confrère avait des qualités, il avait aussi des faiblesses libérales qui le rende impropre à la formation des futurs prêtres. On passa outre ces objections ! Durant une année, ce professeur dispensa au séminaire un enseignement choquant rapporté par plusieurs séminaristes ébranlés : débats sur la nouvelle attitude à adopter envers les ralliés, méditations sur la base des encycliques de Benoît XVI et des textes de Vatican II… De plus, ce professeur n’hésita pas à s’en prendre publiquement devant les séminaristes à l’abbé de Cacqueray, le traitant à l’envie d’ultra rigide. Il fallut la pression conjuguée de plusieurs prêtres, pour que, devant la peur d’un scandale grandissant, Mgr Fellay accepte sa mutation.
Même le séminaire d’Écône, malgré la droiture de son directeur, n’est pas épargné. M. l’abbé Quilton est professeur de Morale : il justifie et applique sans problème le nouveau code. Il a été aussi désigné procureur dans le procès de M. l’abbé Pinaud : il a justifié le vol des correspondances privées réalisé par M. l’abbé Wailliez aidé de M. l’abbé Thouvenot. Plus grave encore, dans l’Acte d’accusation à l’encontre de M. l’abbé Pinaud, M. l’abbé Quilton y affirme au sujet d’un accord avec Rome : « Ce péril pour la foi, quand bien même il aurait été réel, ne permettait pas d’inciter les sujets à la rébellion. ». M l’abbé Cadiet, lui, déclare que Dignitatis humanae, compris dans les justes limites, n’est pas opposé à la Tradition…
Le tribunal établi par Mgr Fellay pour juger M. l’abbé Pinaud l’a frappé d’une suspens a divinis… M. l’abbé Wuilloud lui interdit de dire la messe en privé, de confesser, de prêcher… Le juge reproche à M. l’abbé Pinaud d’avoir oser écrire dans sa dernière défense : « en raison des nombreuses concessions qu’elle a fait au Concile et aux réformes conciliaires inacceptables, à elle seule, la Déclaration doctrinale du 15 avril 2012 constitue un péril pour la foi qui légitime la révolte, car cette Déclaration doctrinale n’est pas un texte ‘minimaliste’, comme l’écrit Mgr Fellay dans l’éditorial de Cor Unum n° 102. »
Ne nous y trompons pas, la Maison générale n’a pas changé, elle s’est juste adaptée aux nouvelles circonstances. Le néoesprit se répand en douceur. Les apparences trompent les naïfs et rassurent ceux qui veulent être rassurés. Vous comprenez donc qu’il faut penser à l’avenir. Tant qu’un supérieur général intègre n’aura pas fait revenir la Fraternité aux principes de son fondateur, nous devons agir.
En conséquence, nous lançons un appel aux fidèles : Nous pensons, en 2014, nous établir en France de manière un peu structurée. Nous avons déjà quatre projets possibles. Si de votre côté, vous avez aussi des projets (Chapelle, groupe motivé, jeunes qui pensent se consacrer à Dieu, école…), n’hésitez pas à nous en faire part, en écrivant, jusqu’au 24 décembre 2013, à : Abbé Olivier Rioult – 18 avenue des Acacias – 59320 Sequedin.
Dans le courant de janvier, nous pourrons faire un bilan, vous visiter et, si cela est possible, prendre la meilleure décision qui soit. Qu’en ces temps de lâcheté et de mollesse, la passion de NSJC soit notre consolation et que la douceur de l’Evangile d’un Dieu qui nous a aimé au point de donner sa vie pour nous et de se faire nourriture dans notre exil nous aide à servir Dieu avec zèle et gratitude.
Bon avent et saint Noël
Les abbés J.M. Faure et O. Rioult

Schisme ? Mgr Lefebvre


- Monseigneur, n’êtes-vous pas au bord du schisme ?


- C’est la question que se posent beaucoup de catholiques à la lecture des dernières sanctions prises par Rome contre nous ! Les catholiques, pour la plupart, définissent ou imaginent le schisme comme la rupture avec le pape. Ils ne poussent pas plus loin leur investigation. Vous allez rompre avec le pape ou le pape va rompre avec vous, donc vous allez au schisme. Pourquoi rompre avec le pape est-ce faire schisme ? Parce que là où est le pape là est l’Église catholique. C’est donc en réalité s’éloigner de l’Église catholique. Or l’Église catholique c’est une réalité mystique qui existe non seulement dans l’espace et sur la surface de la terre, mais aussi dans le temps et dans l’éternité.

Pour que le pape représente l’Église et en soit l’image, il doit non seulement êtreuni à elle dans l’espace mais aussi dans le temps, l’Église étant essentiellement une tradition vivante. Dans la mesure où le pape s’éloignerait de cette tradition, il deviendrait schismatique, il romprait avec l’Église. Les théologiens comme saint Bellarmin, Cajetan, le cardinal Journet et bien d’autres ont étudié cette éventualité. Ce n’est donc pas une chose inconcevable. Mais, en ce qui nous concerne, c’est le Concile Vatican Il et ses réformes, ses orientations officielles, qui nous préoccupent plus que l’attitude personnelle du pape, plus difficile à découvrir.

Ce Concile représente, tant aux yeux des autorités romaines qu’aux nôtres, une NOUVELLE ÉGLISEqu’ils appellent L’ÉGLISE CONCILIAIRE. Nous croyons pouvoir affirmer, en nous en tenant à la critique interne et externe de Vatican Il, c’est-à-dire en analysant les textes et en étudiant les avenants et aboutissants de ce Concile, que celui-ci, tournant le dos à la Tradition et rompant avec l’Église du passé, est un CONCILE SCHISMATIQUE. On juge l’arbre à ses fruits. Désormais, toute la grande presse mondiale, américaine et européenne, reconnaît que ce Concile est en train de ruiner l’Église catholique à tel point que même les incroyants et les gouvernements laïcs s’en inquiètent.

Un pacte de non-agression a été conclu entre l’Église et la maçonnerie. C’est ce qu’on a couvert du nom d’aggiornamento, d’ouverture au monde, d’oecuménisme. Désormais, l’Église accepte de n’être plus la seule religion vraie, seule voie de salut éternel. Elle reconnaît les autres religions comme des religions soeurs. Elle reconnaît comme un droit accordé par la nature de la personne humaine que celle-ci soit libre de choisir sa religion et qu’en conséquence un État catholique n’est plus admissible.

Admis ce NOUVEAU PRINCIPE, c’est toute la doctrine de l’Église qui doit changer son culte, sonsacerdoce, ses institutions. Car tout jusqu’alors dans l’Église manifestait qu’elle était seule à posséder la Vérité, la Voie et la Vie en Notre-Seigneur Jésus-Christ qu’elle détenait en personne dans la sainte Eucharistie, présent grâce à la continuation de Son sacrifice. C’est donc unrenversement total de la tradition et de l’enseignement de l’Église qui s’est opéré depuis le Concile et par le Concile.

Tous ceux qui coopèrent à l’application de ce bouleversement acceptent et adhèrent à cette nouvelle Église conciliaire comme la désigne Son Excellence Mgr Benelli dans la lettre qu’il m’adresse au nom du Saint-Père, le 25 juin dernier, et entrent dans le schisme.

L’adoption des thèses libérales par un concile ne peut avoir eu lieu que dans un concile pastoral non infaillible et ne peut s’expliquer sans une secrète et minutieuse préparation que les historiens finiront par découvrir à la grande stupéfaction des catholiques qui confondent l’Église catholique et romaine éternelle avec la Rome humaine et susceptible d’être envahie par des ennemis couverts de pourpre.Comment pourrions-nous, par une obéissance servile et aveugle, faire le jeu de ces schismatiques qui nous demandent de collaborer à leur entreprise de DESTRUCTION DE L’ÉGLISE ?

L’autorité déléguée par Notre-Seigneur au pape, aux évêques et au sacerdoce en général est au service de la foi en sa divinité et de la transmission de Sa propre vie divine. Toutes les institutions divines ou ecclésiastiques sont destinées à cette fin. Tous les droits, toutes les lois, n’ont pas d’autre but. Se servir du droit, des institutions, de l’autorité pour ANÉANTIR LA FOI CATHOLIQUE et ne plus communiquer la vie, c’est pratiquer l’avortement ou la contraception spirituelle. Qui osera dire qu’un catholique digne de ce nom peut coopérer à un crime pire que l’avortement corporel ?

C’est pourquoi nous sommes soumis et prêts à accepter tout ce qui est conforme à notre foi catholique, telle qu’elle a été enseignée pendant deux mille ans, mais nous refusons tout ce qui lui est opposé. On nous objecte : c’est vous qui jugez de la foi catholique. Mais n’est-ce pas le devoir le plus grave de tout catholique de juger de la foi qui lui est enseignée aujourd’hui par celle qui a été enseignée et crue pendant vingt siècles et qui est inscrite dans des catéchismes officiels comme celui de Trente, de saint Pie X et dans tous les catéchismes d’avant Vatican II ? Comment ont agi tous les vrais fidèles face aux hérésies ? Ils ont préféré verser leur sang plutôt que de trahir leur foi.

Que l’hérésie nous vienne de quelque porte-parole que ce soit aussi élevé en dignité qu’il puisse être, le problème est le même pour le salut de nos âmes. A ce propos il y a chez beaucoup de fidèles une ignorance grave de la nature et de l’extension de l’infaillibilité du pape. Beaucoup pensent que toute parole sortie de la bouche du pape est infaillible.

D’autre part, s’il nous apparaît certain que la foi enseignée par l’Église pendant vingt siècles ne peut contenir d’erreur, NOUS AVONS BEAUCOUP MOINS L’ABSOLUE CERTITUDE QUE LE PAPE SOIT VRAIMENT PAPE. L’hérésie, le schisme, l’excommunication ipso facto, l’invalidité de l’élection sont des causes qui éventuellement peuvent faire qu’un pape ne l’ait jamais été ou ne le soit plus.

Dans ce cas, évidemment très exceptionnel, l’Église se trouverait dans une situation semblable à celle qu’elle connaît après le décès d’un souverain pontife. Car enfin un PROBLÈME GRAVE se pose à la conscience et à la foi de tous les catholiques depuis le début du pontificat de Paul VI. Comment un pape vrai successeur de Pierre, assuré de l’assistance de l’Esprit-Saint, peut-il présider à la destruction de l’Église, la plus profonde et la plus étendue de son histoire en l’espace de si peu de temps, ce qu’aucun hérésiarque n’a jamais réussi à faire ?

À CETTE QUESTION IL FAUDRA BIEN RÉPONDRE UN JOUR, mais laissant ce problème aux théologiens et aux historiens, la réalité nous contraint à répondre pratiquement selon le conseil de saint Vincent de Lérins : « Que fera donc le chrétien catholique si quelque parcelle de l’Église vient à se détacher de la communion de la loi universelle ? Quel autre parti prendre sinon préférer au membre gangrené et corrompu, le corps dans son ensemble qui est sain, et si quelque contagion nouvelle s’efforce d’empoisonner, non plus une petite partie de l’Église mais l’Église tout entière à la fois ! Alors encore son grand souci sera de s’attacher à l’antiquité, qui, évidemment, ne peut plus être séduite par aucune nouveauté mensongère ! ».

Nous sommes donc bien décidés à continuer notre œuvre de restauration du sacerdoce catholique quoi qu’il arrive, persuadés que nous ne pouvons rendre de meilleur service à l’Église, au pape, aux évêques et aux fidèles. Qu’on nous laisse faire l’expérience de la tradition.



Mgr Marcel Lefebvre, Écône, le 2 août 1976 – Interview pour le Figaro

jeudi 21 novembre 2013

Abbé Marcel Lacheteau: RIP

Nous confions à vos prières le repos de l'âme de Monsieur l'abbé Marcel Lacheteau, prêtre fidèle au combat de la Tradition, décédé le mardi 19 novembre 2013.
Il était dans la 70ème année de son sa sacerdoce et la 96ème année de son âge.
Ses funérailles seront célébrées selon le rite traditionnel le samedi 23 novembre 2013 à 10 H 30 à Le BUSSEAU (79240) suivies de l'inhumation au cimetière du village dans le caveau de famille.
Le District de France de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X

mercredi 20 novembre 2013

Si le sel perd sa saveur... (abbé J. Pfeiffer: 24 novembre 2012)


Sermon du 24 novembre 2012

Traduction par Vias Tuas Domine pour Avec l'Immaculée

Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi-soit-il.

C'est aujourd`hui la fête de saint Jean de la Croix et c'est le temps de dire « Bénie soit la bouche de l'homme juste qui contemple la sagesse ».Nous offrons cette messe d'un docteur de l'Eglise--confesseur de l'Eglise--qui contemple la sagesse. Et nous parlons aussi du prêtre. « Vous êtes le sel de la terre, vous êtes la lumière du monde.» Si le sel s'affadit, comment le salera-t-on ? Et quel est l'objet de la lumière...la lumière du monde ? On place la lumière sur un piédestal et le devoir du prêtre, en tout temps partout, est de prêcher la vérité, à temps et à contretemps. Notre devoir est de prêcher la vérité. Nous sommes les disciples du Christ, nous avons l'obligation de prêcher la vérité et la vérité doit être enseignée. Le professeur qui n'enseigne pas ne remplit pas son devoir.  

 Nous sommes au temps dans lequel Notre-Seigneur a dit:« Vous êtes la lumière du monde ». La lumière n'a pas de valeur en soi et le sel n'a pas de valeur en soi. Si vous mangez du sel vous n'aurez pas une santé florissante. On ne mange pas le sel directement. Mais si vous avez de la viande ou d'autres aliments que vous salez, la nourriture sera meilleure et se conservera mieux. Elle ne développera pas des toxines qui rendent malades. Le sel n'est pas bon en lui-même mais il est bon pour préserver de la corruption et rendre la nourriture meilleure au goût.  

 Le prêtre est le sel de la terre. Il apporte avec lui Jésus-Christ et il apporte la vérité catholique et il doit "saler" le monde. Le prophète Elisée s'aperçut un jour que l'eau était mauvaise. Cette eau était empoisonnée et ne pouvait pas être consommée. Il prit du sel et en mit dans l'eau. Le prêtre fait la même chose quand il bénit l'eau--nous faisons comme Elizée quand nous préparons l'eau bénite--nous mettons du sel dans l'eau et d'amère elle devient douce. Depuis le péché d'Adam et Eve le monde est menacé de se corrompre et nous devons y mettre du sel afin de le préserver de la corruption. Si on met du sel sur une plaie c'est très souffrant mais ça peut la purifier. Le sel est donc cause de souffrances quand il est en contact avec une plaie. Et le prêtre doit être "le sel " et s'il n'est plus "sel " il a perdu sa saveur.  

 C'est donc ainsi que le démon attaque l'Eglise le plus durement. Comment peut-il la détruire? S'il n'y a que de mauvais prêtres. Il y aura toujours de mauvais prêtres, des Judas à travers l'histoire de l'Eglise. Il y aura toujours de mauvais évêques et  il y aura toujours de mauvais évêques et il y aura toujours des hommes mauvais et Notre-Seigneur nous a avertis qu'il y en aurait du commencement à la fin .« Le royaume des cieux est comme un champ où il y a de l'ivraie. Nous savons donc qu'il y aura toujours des hommes mauvais à l'intérieur de l'Eglise, pas seulement du bon blé. Des ennemis entreront dans l'Eglise au milieu de la nuit et sèmeront les mauvaises graines dans le champ. C'est pourquoi Notre-Seigneur a permis qu'il y ait un Judas parmi les apôtres et non seulement Judas mais à un certain moment tous les 12 se sont éloignés de Dieu.  Tous les 12 se sont enfuient la nuit avant qu'Il soit crucifié. On ne doit donc pas être surpris de voir des mauvais sujets; mais ce qui est troublant c'est de constater que le sel a perdu sa saveur. Un homme mauvais peut avoir du sel mais il n'est pas bon--c'est un poison. Le bon prêtre est comme le sel mais l'homme mauvais est un poison. Quand l'Eglise se détruit ce n'est pas ce n'est pas à cause des mauvais catholiques mais parce des prêtres, des évêques et des papes ont perdu leur saveur. Ce n'est pas qu'ils sont devenus méchants mais ils ont perdu leur saveur; ils ne salent plus la viande et la viande se corrompt facilement. La viande transmet des maladies et les fidèles qui la consomment deviennent malades; ce n'est pas que le prêtre est mauvais mais il est comme Héli. 

Héli fut un prêtre qui ne faisait pas grand mal mais il laissait ses fils mal agir sans les reprendre. Lui-même était un homme de prière mais il ne corrigeait pas ses fils. Comme il remplissait mal ses devoirs de grand-prêtre Dieu avertit Samuel qu'Héli et ses fils mourraient ensemble. Héli n'était pas méchant mais ses fils l'étaient. Comment devinrent-ils mauvais ? Parce que leur père ne remplissait pas son devoir.  

Je ne sais pas qui l'a dit mais c'est une vérité bien connue que le mal ne se répand pas à cause des hommes mauvais mais parce que les bons ne font rien. La puissance  du démon dans l'Eglise n'est pas venue seulement à cause de la présence de quelques maçons et de ce que des  hommes méchants ont occupé des postes importants, changeant les lois et introduisant des hérésies dans l'Eglise mais c'est surtout parce que les bons ont perdu leur saveur; les bons prêtres et les bons évêques ne voulaient plus déplaire.

 Saint Jean Chrysostome dit  que; « La majorité des prêtres vont en enfer ». Pourquoi ? Ce n'est pas à cause des choses mauvaises qu'ils font. Les prêtres sont des pécheurs. Plusieurs accomplissent de très mauvaises choses. Mais saint Jean Chrysostome dit : « la majorité des prêtres iront en enfer , non pas à cause du mal qu'ils auront fait mais à cause du bien qu'ils n'auront pas fait.»
Supposons que beaucoup de malades ayant besoin de remèdes ou de chirurgie sont allongés dans cette salle et qu'il s'y trouve aussi un docteur. Ce n'est pas le docteur qui a rendu les gens malades mais il a des médicaments et il sait très bien ce qui devrait être fait. Cependant, au lieu d'agir, il s'en va en disant : « Vous savez, j'ai autre chose à faire » et il laisse mourir tout ce monde. Le médecin est coupable... Et les prêtres sont médecins des âmes.
Ce médecin n'a pas causé la maladie, direz-vous, il n'a pas fait une vilaine chose mais il est coupable et devra être puni parce qu'il n'a pas soigné ces malades alors qu'il le pouvait. Il en sera de même pour beaucoup de bons prêtres, de bons évêques, de bons papes. Ils seront en grand danger de perdre leur âme même s'ils sont bons, parce qu'ils ont perdu leur saveur. Ils ne mettent plus le sel sur les plaies et ne salent plus la viande. Ils n'agissent plus comme le sel, ils ne remplissent plus leur devoir de prêtre. 

On ne met pas la chandelle sous le boisseau. Anciennement, si vous mettiez une chandelle sous le boisseau --ce n'était pas une lampe électrique--si vous mettiez la chandelle sous le boisseau vous risquiez de mettre le feu à la maison. Mais on met la chandelle sur un candélabre et ainsi on peut travailler la nuit. Le prêtre est un homme qui travaille la nuit, dans la nuit du monde. La tragédie qui se déroule présentement dans l'Eglise c'est que beaucoup de bons prêtres--des hommes bons ayant bon cœur--ne veulent plus offenser personne; ils ne veulent plus porter la croix; ils ne veulent plus risquer de faire mal. 

C'est un peu comme le général qui, faisant face à une bataille, ne veut pas perdre un seul homme. Et comme il ne veut pas perdre non plus, il ne bouge pas. Il est pris en embuscade et il est détruit. Le devoir d'un général ne consiste pas seulement à protéger ses soldats; il doit engager la bataille et gagner la guerre. Il doit attaquer et vaincre l'ennemi. Il doit protéger son pays. Il doit agir. 

C'est la tragédie qui se déroule maintenant dans l'Eglise et même à l'intérieur de la Tradition. Depuis plus de 40 ans c'est très visible dans l'Eglise car beaucoup de prêtres n'étaient pas d'accord pour remplacer l'autel par une table dans les années '60, ils n'aimaient pas les filles comme servants de messe, ils n'aimaient pas donner la communion dans la main, ils n'ont pas aimé se faire interdire de prêcher sur l'enfer. Ils n'aimaient pas ces choses mais pour garder leur poste et bien paraître, ils se sont dit : «Bien, je vais m'assurer que les servants seront habillés convenablement et je vais avertir mes bons paroissiens de venir communier de ma main seulement. N'allez pas aux laïques et je vous encourage tous à communier à genoux.» De cette façon il espérait garder son monde à Dieu.

Mais le devoir du prêtre est de dire la vérité. L'abbé Hannifin, mon vieux curé en 1970 était un prêtre catholique dans une paroisse libérale. On vint à lui en  en 1969 avec la Nouvelle Messe. « M. l'abbé, vous allez dire la Nouvelle Messe.» -« NON ! Nous ne l'aimons pas. Dommage, mais allez dans une autre église, ça ne se passera pas ici.» On a voulu lui imposer un conseil pastoral, il l'a refusé. Et il a continué à dire la Messe Traditionnelle, il a refusé les ministres laïques, il refusé la Nouvelle Messe et il ne la permettait pas dans son église, l'église St Michel à Fairfield, Kentucky. Et jusqu'en 1973 il n'y a pas eu de Nouvelle Messe. Beaucoup de gens, les responsables des activités paroissiales, de la chorale, étaient très fâchés. Ils n'aimaient pas ce vieil Irlandais grognon mais des fidèles du diocèse, incluant ma famille, ont su que l'abbé Hannifin disait la vraie messe et enseignait la vraie foi. Alors ils sont venus et ils ont gardé la foi parce que ce prêtre ne s'occupait pas de ce qu'on pensait de lui. Il savait que devant Dieu, s'il disait cette Nouvelle Messe, il ne sauverait pas son âme. Il devait choisir sans s'occuper de ce que les autres faisaient. 

Maintenant nous sommes dans une situation semblable à l'intérieur de la FSSPX. Il y a beaucoup de bons prêtres. Ces dernières semaines une nouvelle directive aux supérieurs de districts, aux prieurs et aux prêtres  est arrivée de Menzigen: « les supérieurs de district, les prieurs et les prêtres ne doivent pas parler des relations avec Rome. Seul Menzigen va donner les communications officielles. Si on vous demande, ne dites rien , nous aurons les communications officielles d'en-haut.» Mais quelles sont ces tractations avec Rome ? Ce sont des négociations avec des loups. Les négociations avec Rome sont des négociations avec ceux qui travaillent à la perte des âmes qui nous sont confiées. Et quand un berger fait face à un loup il ne l'accueille pas gentiment. Quand le berger rencontre le loup il le combat. Et quand le berger se fait dire des mensonges il réfute directement les mensonges. Quand le berger voit que son troupeau est menacé il doit le protéger. 

Quand l'abbé Chazal a rencontré Mgr Tissier de Mallerais, celui-ci lui a dit: « Je suis d'accord avec vous et l'abbé Pfeiffer. Je suis d'accord avec ce que vous prêchez, mais vous devriez vous taire. Vous taire et attendre que moi, comme évêque et nous les capitaines décidions de parler.» L'abbé lui a répondu:« Vous admettez que nous prêchons la vérité, que nous devons nous méfier de cette tendance libérale vers le modernisme dans la F.S.S.P.X., qu'on doit se méfier d'un faux accord avec Rome qui détruit notre troupeau, et nous devrions nous taire. Bien, nous ne nous tairons pas! Quand le berger refuse de défendre le troupeau c'est le chien qui est la seconde ligne de défense. Alors quand vous serez prêt à nous rejoindre, nous serons là en train de japper. Si le chien fait défaut, c'est le bélier avec ses petites cornes qui est la troisième ligne de défense. 

En effet, nous devons combattre contre les ennemis de Dieu. Dans la crise actuelle, si nous faisons un accord avec Rome--on nous dit qu'il n'en n'est plus question mais ils le veulent toujours--ils nous disent que c'est fini parce qu'ils ne croient pas que ça va aboutir maintenant--mais c'est plutôt pour faire taire les opposants qu'ils paraissent y avoir renoncé car ils désirent toujours se soumettre à la Rome moderniste. Les six conditions élaborées comme conditions officielles pour un accord sont mauvaises. Ça ne correspond pas aux conditions que notre fondateur aurait exigées. Celles-ci se résument à une seule : Que Rome revienne à Dieu, que Rome revienne à la vraie foi, que Rome soit elle-même! 

Saint Bernard avait coutume de dire : « Quand vous péchez, vous n'êtes plus vous-mêmes» et il disait aux gens : « Allez, soyez vous-mêmes. Vous n'êtes plus vous-mêmes.» Quand nous péchons nous ne sommes plus nous-mêmes et c'est la même chose pour Rome. Quand Rome s'oppose à Dieu, quand Rome pèche, Rome n'est plus Rome! Nous attendrons que Rome reprenne ses sens. 

Vous vous souvenez du roi Nabuchodonosor. L'Ecriture Sainte nous dit qu'il était le plus grand des rois mais un jour il a perdu l'esprit parce qu'il était trop orgueilleux. Le bon Dieu a voulu lui montrer que de lui-même il n'était pas si puissant. Pendant sept  ans il ne se croyait plus roi, il se prenait pour une vache, et pendant sept ans il a mangé de l'herbe. Le peuple de Babylone a dû attendre qu'il redevienne lui-même. Après sept ans d'humiliation condamné à manger de l'herbe Dieu l'a guéri et il est redevenu un grand roi. 

De même, depuis 40 ans notre Eglise romaine à Rome, le siège de la Sainte Eglise Catholique Romaine a perdu la tête et se comporte comme une bête. Attendons patiemment qu'elle redevienne elle-même. Et quand Rome sera redevenue elle-même alors nous serons prêts à lui obéir et à la suivre. Mais  nous ne ferons pas d'accord aussi longtemps qu'elle se comporte comme une vache, aussi longtemps qu'elle mange de l'herbe, aussi longtemps que Rome n'est plus Rome, aussi longtemps qu'elle agit comme le siège de l'Antéchrist--comme la Sainte Vierge l'a dit à La Salette : « Rome sera le siège de l'Antéchrist. Rome perdra la foi et sera le siège de l'Antéchrist.» Le siège est le signe de l'autorité, du pouvoir. En d'autres mots, de Rome viendront de mauvaises ordonnances, de Rome viendront la direction, la coordination et la préparation de la venue de l'Antéchrist et l'extension de son royaume.   

Nous avons vu cela clairement en octobre de l'an dernier, quelques semaines après Assise, le pape Benoît XVI  a déclaré :« Nous encouragerons une économie mondiale , nous voulons une monnaie universelle. Nous avons besoin d'un gouvernement mondial », et ce ne sera pas un gouvernement soumis au Christ. C'est un gouvernement qui détruira les droits que l'homme a de servir Dieu et qui a déjà nié les droits de Dieu. Nous avons un monde en marche pour le règne de l'Antéchrist et qui nous dit que nous devons le préparer ? Le pape.  

Qu'est-il est arrivé ? Au cours de la messe d'aujourd'hui on lit : « Le ciel et la terre peuvent passer mais mes paroles ne passeront pas. En  vérité, je vous le dis tout ce que les prophètes ont annoncé se réalisera. » Mais il y a deux ou trois semaines, le 14 novembre, le pape Benoît XVI fit allusion au calendrier Maya dans son allocution à l'Angelus. Selon les Mayas, on devrait voir la fin du monde le 21 décembre 2012. Et le pape dit : « Nous n'avons pas à nous soucier de ces prophéties de malheur. Quand Notre-Seigneur a parlé de ces choses négatives, selon Benoît XVI, il n'agissait pas en prophète. Il n'essayait pas de prophétiser. Il disait seulement : « Soyez bons, soyez gentils et préparez-vous pour le ciel.» Il n'essayait pas de faire le prophète et pourtant Jésus-Christ a bien dit : « Toutes les prophéties de ce livre se réaliseront.» L'enseignement de notre mère, la Sainte Eglise Romaine ne considère pas Notre-Seigneur Jésus-Christ  et ses prophéties de la même manière que Benoît XVI et la Rome moderniste. Ce n'est pas pareil. Et saint Paul a dit :« Si un ange venu du ciel vous enseigne une doctrine différente que ce que je vous ai enseigné; ou si moi-même ou un ange du ciel vous enseigne quelque chose de différent, ne l'écoutez pas.»

 Souvenez-vous de la sagesse d'Ulysse quand il se préparait à approcher des sirènes. Il dit aux Grecs : « Attachez-moi à un arbre, attachez-moi au mât et peu importe les instructions que je vous donnerai, n'écoutez pas. Je serai tellement pris par les sirènes que je vous commanderai d'arrêter le navire, de le diriger vers les sirènes et nous mourrons tous. Alors je vous commande de ne pas m'obéir tant que les sirènes chanteront; et ce fut de la part d'Ulysse une très sage précaution.  

 C'est aussi notre directive. Les sirènes du modernisme chantent à Rome. Peu importe les offres merveilleuses et les beaux chants grégoriens que l'on chante à la messe moderne. (Je prie souvent dans des églises du Nouvel Ordo,,;  je vois des prêtres portant de beaux ornements romains, portant de beaux calices, chantant le Kyrie au cours de la nouvelle messe; c'est très beau.)  Mais la messe est toujours un sacrilège; c'est toujours la nouvelle messe. « Mais ça paraît tellement mieux! Ne devrions-nous pas accepter ?» Tant que les sirènes chantent, gardez le capitaine attaché au mât et ne l'écoutez pas. Tant qu'il n'arrêtera pas d'écouter le chant des sirènes, et cela ne s'est pas encore produit, nous ne changerons pas notre position.  

 On nous dit que la Tradition vit une nouvelle époque. Les choses ne sont plus comme avant. Mgr Fellay nous écrivait le 18 mars 2012--c'est une lettre aux prêtres, non encore publiée; c'est la lettre de notre Cor Unum, lettre interne, le bulletin officiel de la Fraternité-- Il dit : « Les choses sont bien différentes de 2006. En 2006 le Chapitre disait de ne pas faire d'accord avec Rome et de ne pas même considérer un accord jusqu'à ce que Rome se convertisse, mais maintenant la situation est changée. En 2006 on voyait l'Eglise s'effondrer. En 2006 on voyait tout s'écrouler mais c'est indéniable que les vieux évêques de Vatican II meurent et que les jeunes veulent revenir à la Tradition. Il y a un mouvement de retour à la Tradition dans l'Eglise, même si ce n'est pas très visible. C'est indéniable qu'en 2012 la situation n'est plus la même qu'en 2006.»  C'est ce qu'il nous disait, à nous prêtres,  le 18 mars, pour nous préparer à une nouvelle orientation, à une nouvelle attitude de la Tradition.  

  Ne le croyez pas ! Les choses n'ont pas changées!! Les sirènes chantent encore et tentent toujours de nous attirer vers les rochers afin de faire couler le navire. Pour demeurer fidèles au Christ, nous ne pouvons pas écouter le chant des sirènes. Nous devons continuer à lutter contre le modernisme présent dans l'Eglise, non pas nous amuser avec lui. Maintenant on désire s'amuser avec lui. Nous croyons que chaque fois qu'on pénètre dans Rome on s'approche des rochers. Ne nous pensons pas aussi habile que Mark Twain travaillant dans les bas-fonds sans danger. Tous les autres ont coulé. Tous les autres ont fait naufrage en allant à Rome, et nous serions différents ? Pourquoi ? Parce que nous sommes la FSSPX et nous sommes insubmersibles. Nous ne pouvons pas nous laisser prendre dans ce piège; nous devons continuer à parler hardiment. 

 Plusieurs prêtres me disent : « Ce n'est pas mon heure. Pour le moment je vais travailler de l'intérieur. Je ne parlerai pas pour le moment mais je vais attendre qu'il y ait un signe plus clair.» C'est comme au temps où Notre-Seigneur faisait des miracles par milliers et les Juifs lui disaient : « Montre-nous un signe! »  

Combien de signes voulez-vous? Tous les jours, on nous rapporte des déclarations libérales. Nous trouvons plein de modernisme dans le pape Benoît XVI et chaque jour il déclare quelque chose de mauvais comme le 14 novembre que Jésus-Christ n'avait pas l'intention de prophétiser. Aujourd'hui, les nouvelles nous rapportent qu'il veut créer des cardinaux venant les pays musulmans pour paraître plus sympathiques envers eux. Est-ce qu'il va choisir des cardinaux catholiques/ musulmans pour qu'ils nous aiment plus parce que, vous savez, ils aiment le rouge ou quelque chose comme ça. Mais c'est fou! Il ne parle plus comme le vicaire du Christ. Il voudrait qu'on construise plus de mosquées. Et ça, en 2012.

 Quel signe montre que cet homme s'éloigne du modernisme ? On ne le voit pas. Alors, continuons sans rien changer. Et ne croyez pas la fausse nouvelle que la situation a changé. Elle n'a pas changé et nous continuerons  comme avant tant que Rome ne se convertira pas. C'est très simple et Dieu amènera sa conversion à son heure. Notre-Dame apportera la victoire à son heure et c'est d'Elle que nous attendons la victoire. En attendant, nous continuons notre travail sans nous soumettre aux modernistes.  

 Nous devons agir comme le sel; nous devons apporter la lumière. La lumière est pour les autres. Si vous voulez mieux voir dans votre maison vous ne projetez pas la lumière dans vos yeux--vous vous aveugleriez. La lumière doit éclairer les objets que vous désirez voir. Si la lumière n'est pas projetée sur l'objet qu'on veut voir, c'est inutile. Le prêtre doit éclairer les blattes dans l'Eglise afin qu'elles courent se cacher. La meilleure façon de se débarrasser des blattes c'est de faire la lumière. Le prêtre doit démasquer le mal et éclairer le bien. Il doit faire connaître la vérité et  dénoncer le mal présent dans l'Eglise, aujourd'hui. C'est là le devoir du prêtre : faire la lumière! Non pas seulement pour lui-même mais la lumière sur le candélabre pour éclairer le monde.
 
 Soyons le sel de la terre et la lumière du monde, comme le Christ nous l'ordonne et Il nous bénira. Que Dieu vous bénisse tous! Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.