mercredi 7 août 2013

Les pierres crieront (abbé J. Pfeiffer: sermon du 29 juillet 2012)



Ce sermon a été traduit en français à la demande de l'abbé Pfeiffer. Ce sermon est sur le glissement doctrinal de la Fraternité Saint Pie X, la faiblesse de la Déclaration du Chapitre de 2012, les faux arguments en faveur d'un accord. 

                
Dimanche 29 juillet 2012


Nous sommes le 9ème dimanche après la Pentecôte.[lectures de l'épître et de l'Evangile]
L’évangile d’aujourd’hui raconte un épisode du dimanche des Rameaux [ndlr : Jésus pleure sur Jérusalem]. Notre Seigneur Jésus-Christ expérimente beaucoup d’émotions différentes et bien des choses se passent ce jour-là. Le Vendredi Saint, les sentiments de Notre-Seigneur ne changent pas, tandis que le dimanche des Rameaux, il commence tout d’abord calmement la journée avec ses apôtres, au sommet de la montagne. Origène nous dit qu’il descend de la montagne où  devaient se tenir certains de ses disciples venus à sa rencontre. Ils constituaient une partie du peuple qui le suivait et qui l’attendait près de la ville, à l’extérieur des remparts. Il les rejoint donc en bas de la montagne puis se rapproche de la ville et pleure. Après avoir pleuré, il entre dans la ville.
Quand il entre en ville, le peuple l’acclame : Hosanna au Fils de David… Notre Roi est venu parmi nous. Une fois arrivé en ville, Jésus va au temple et se met en colère. Il rentre dans l’enceinte du temple, renverse les tables des changeurs d’argent et dit : Vous avez fait de la maison de mon père un repaire de brigands.
[Et donc en un jour, Jésus passe par toute une série d’émotions] Il est calme. Il pleure. Il est acclamé. Il se met en colère.
Aujourd’hui, quelques considérations sur les « pierres qui  crieront »,tirées en partie d’Origène et de St Grégoire le Grand, s’appliquent à la présente crise de notre Fraternité. Dans le texte précédant l’Evangile d’aujourd’hui, Notre Seigneur descend de la montagne et les gens le louent déjà. Saint Matthieu nous dit qu’ils le louaient dans la ville, mais saint Luc affirme qu’ils le louaient déjà à l’extérieur de la ville. Les pharisiens  ont très probablement réprimandé Jésus tout le long de cette procession. Tandis que les enfants et le peuple le louaient, il y avait toujours des pharisiens qui étaient là.  Ils suivaient partout Jésus pour essayer de le faire tomber dans des pièges. Ils ont dit à Jésus :Faites-les arrêter. Jésus leur a répondu, dans le verset qui précède l’Evangile d’aujourd’hui : Si ces enfants se taisent, alors les pierres crieront.
Origène dit que le Christ demande à être loué. Que Dieu demande à être loué. Et ce jour-là, les enfants le louent. C’est le jour où il a besoin d’être loué, où il doit être loué. Et ce jour-là, les pharisiens disent : Ne laissez pas les gens vous honorer… Mais le peuple continue à l’acclamer et Jésus répond : S’ils ne m’acclament pas, alors ce seront les pierres qui crieront.
Alors, Origène nous explique la chose suivante : le Vendredi Saint, le Christ n’était pas loué. Le Vendredi Saint, ses propres apôtres l’ont abandonné. Ils l’ont abandonné la nuit du Jeudi saint. Même saint Jean ne croyait plus pleinement. Il pensait alors que son Maître était mort et parti. Il n’y avait plus aucune louange de Jésus le Vendredi Saint… C’est pourquoi, ce jour-là, les pierres ont crié. Nous voyons, dit Origène, que le Vendredi Saint, le jour où Jésus est mort, le jour où il n’était pas loué, ce jour-là, les pierres ont crié. Quand Notre-Seigneur Jésus-Christ est mort, il y a eu un tremblement de terre et une clameur est sortie des pierres. Il y a eu une résurrection des morts qui sont sortis de leurs tombes de pierre. Ils sont ressuscités des morts et sont apparus à beaucoup. Et qu’ont fait ces morts qui sont apparus à beaucoup ? Ils ont loué le Christ. Les pierres ont crié.
Notre Seigneur Jésus-Christ est un Dieu jaloux et il demande à être loué. Quand il descend de la montagne, il dit que si les enfants ne le louent pas, les pierres crieront. Origène nous a expliqué pourquoi. Si nous continuons à descendre de la montagne, nous trouvons les enfants qui le louent. Ils continuent à le louer lorsqu’il entre en ville. Peut-être que hors de la ville, se trouvaient ceux qui le louaient parce qu’ils lui étaient fidèles. Peut-être qu’à l’intérieur de la ville, se trouvaient ceux qui le louaient seulement parce qu’il était populaire ce jour-là. Notre Seigneur Jésus-Christ fut très populaire. Il est devenu populaire le dimanche des Rameaux : c’est pourquoi ce jour-là, la foule lui a fait un triomphe.
Et que fait Notre Seigneur Jésus-Christ ? Il pleure. Il pleure. Alors que tout le monde Le loue, Il pleure… Il dit : Jérusalem, tu n’as pas connu le temps où tu étais visitée. Pourquoi pleure-t-il ? Parce que ces gens n’ont pas reconnu le temps où ils étaient visités. Le jour du dimanche des Rameaux, le Christ visite son peuple. Il visite la ville de Jérusalem, Il visite le peuple juif. Ils savent qu’Il le visite et ils viennent à  sa rencontre, à la porte, ils viennent à sa rencontre à l’intérieur de la ville et ils le louent ; mais il n’est pas heureux de leurs louanges. Il n’en est pas heureux. Il pleure parce que ces gens n’ont pas reconnu le temps où ils étaient visités. Le Christ les avait déjà visités par Jérémie le Prophète. Il les avait déjà visité par Isaïe. Il les a visités à travers les prophètes de l’Ancien Testament. Il les visitera le Vendredi Saint. C’est le jour où Il fera sa visite solennelle, à Jérusalem, et ce jour-là, il apportera aux âmes le salut. Mais ce jour-là, ils ne Le loueront pas.
Ils ne reconnaissent pas le moment où ils sont visités. Aujourd’hui, ce n’est pas le jour de la visite. C’est Vendredi Saint qui est le jour de la visite. Le jour de sa visite, on ne le louera pas. On se moquera de lui, on le méprisera, on le crucifiera.
Le jour de la visite, vous ne louerez pas… En vérité , Je vous le dis : il ne restera pas de cette ville pierre sur pierre.
Saint Grégoire le Grand parle de ces pierres. Il dit qu’il ne restera pas pierre sur pierre. D’abord, il faut que ces pierres soient les unes sur les autres. Quand on entend parler de pierres, on peut se reporter aux Corinthiens. St Paul dit, en se référant aux Juifs : ils ont tous été conduits par la nuée, tous ont mangé la même nourriture spirituelle et tous ont bu la même boisson spirituelle quand Moïse a frappé le rocher dans le désert et que l’eau en a coulé. Ils ont bu de cette eau qui a coulé du rocher, c'est-à-dire la vraie doctrine qui vient du rocher qui est Jésus-Christ. Mais Dieu n’a pas été content de la plupart d’entre eux.
Quand on l’a crucifié, sa croix a été placée sur le rocher du Golgotha ; et le rocher souvent signifie la doctrine, l’enseignement. Notre Seigneur Jésus-Christ a dit : S’ils ne me louent pas, les pierres crieront. Il doit y avoir une louange du Christ, conforme à la Foi. Quand les protestants modernes, les modernistes, les Hindous et les ennemis de Dieu louent Jésus-Christ aujourd’hui, ils disent qu’ils aiment Jésus-Christ, ils prêchent son nom, mais ils ne croient pas qu’il est Dieu. Ils ne croient pas dans son Eglise. Ils ne croient pas que les ennemis de Dieu seront damnés. Ils ne croient pas qu’il y a une bonne doctrine. Ils pensent qu’il y a des hérésies, mais ils ne croient pas que les hérésies sont mauvaises. Ils prononcent le nom de Jésus-Christ, qui est Notre Seigneur, en un autre sens… « Ce n’est pas celui qui me dit : Seigneur, Seigneur, qui entrera dans le royaume des cieux, mais celui qui fait la volonté de mon Père. » La doctrine est changée. Saint Grégoire nous dit qu’ils ont empilé des pierres pour construire la cité de Jérusalem, mais que ce sont les pierres des pensées corrompues.
Si vous regardez ce qui s’est passé 500 ans avant la venue de Jésus-Christ, les Juifs ont corrompu leurs pensées au sujet du Messie. Auparavant, 1000 ans après Moïse, ils avaient adoré Baal et les faux dieux… Mais pendant les 500 dernières années qui ont précédé la venue du Messie, après les 70 ans de captivité sous Nabuchodonosor, quand les Juifs sont revenus en Israël, ils n’ont plus adoré de faux dieux ; en revanche, ils ont changé d’idée sur le Messie. Cela est très semblable à ce qui s’est passé dans l’Eglise il y a 500 ans.
Les Protestants et les Anglicans ont commencé à changer d’idée sur Dieu. Puis les hérétiques dans notre Eglise en ont fait autant. Ce changement et ces idées corrompues sont entrées dans notre Eglise d’une façon visible et publique dans les années soixante. Ces idées sont entrées dans notre Eglise de telle sorte que nous disions toujours que nous croyons en Jésus-Christ, mais que nous n’y croyions pas vraiment. Les pensées corrompues sont arrivées…
St Grégoire le Grand dit que les pierres sont empilées les unes sur les autres : une pensée corrompue est placée au-dessus d’une autre idée corrompue jusqu’à ce qu’éventuellement la maison soit construite. Hérode a reconstruit le temple qu’avait construit Esdras… Ce qui se passe à présent dans notre Eglise, c’est la reconstruction du temple. Vatican II essaye de reconstruire le temple de l’Eglise mais ce temple reconstruit n’a pas la même taille. Ce n’est pas le même temple que le précédent, tombé en décadence à cause de la corruption. Donc il y a des pensées corrompues… Et St Grégoire dit que ces pierres seront rejetées au loin. Il ne restera pas pierre sur pierre. Ces pierres seront rejetées. Il a écrit : Allez voir Jérusalem  (c’était à son époque, en 600 après Jésus-Christ). Allez à Jérusalem et vous verrez que Jérusalem est encore déserte, parce que lorsqu’elle a été détruite, sa destruction fut si cruelle et si méchante que les Juifs n’ont pas voulu retourner dans leur ville. Ils ont donc pris des pierres de la cité qui était initialement Jérusalem et ils ont construit une nouvelle cité en dehors des murs, à l’emplacement du Golgotha et du tombeau du Christ. Le Golgotha était en effet en dehors des murs.  C’est là  que fut construite la nouvelle Jérusalem, après l’an 70. Ils sont partis et ils ont construit une nouvelle cité en dehors des murs en prenant des pierres de l’ancienne cité, parce qu’ils ne voulaient pas retourner au même endroit.
 Il s’est passé la même chose à Goa, en Inde, lorsque Goa a été décimée par une grande peste à cause de la malédiction de St François Xavier, au XVIème siècle. En tout, les trois quarts de la ville moururent. L’année suivante, les gens refusèrent de retourner dans la ville. Ils avaient peur de cette ville. Ils ont donc construit une autre ville à côté, la ville de Panjim, et c’est là où vivent les gens, jusqu’à ce jour. Il n’y a plus que les touristes qui vont dans Goa, où l’on peut encore y voir de vieilles églises, mais plus personne n’y habite à ce jour.
Et donc Dieu détruisit la cité de Jérusalem et ils reconstruisirent une nouvelle ville, en dehors de l’ancienne.
 [Spirituellement,] on ne s’aperçoit pas du changement au moment où il se réalise. Les pierres sont les pensées corrompues empilées les unes sur les autres. Il y a un très lent changement des pensées. Quand ils ont reconstruit le temple, ils ont pensé  que le nouveau temple était identique au premier, mais en fait, ils l’ont fait différemment. Origène nous fait aussi remarquer que le dimanche des Rameaux, tandis que le Christ pleurait, la ville ne pleurait pas. Les gens ne savaient pas que c’était le moment de pleurer. S’ils avaient su ce qui allait arriver, ils auraient pleuré, mais ils ne savaient pas ce qui allait arriver ; c’est pourquoi ils n’ont pas pleuré. Ils ne voyaient aucun nuage à l’horizon.
L’abbé Urban Snyder avait coutume de nous expliquer ainsi la huitième station du chemin de Croix : Pourquoi Jésus a-t-il dit aux femmes de Jérusalem qui pleuraient : Ne pleurez pas sur moi, mais pleurez sur vous et sur vos enfants ? Parce qu’Il pensait :Si vous saviez ce qui va arriver à vos enfants, à vos enfants qui ne vont pas se convertir, à vos enfants qui n’embrasseront pas la vraie religion, lorsqu’ils auront 35 à 40 ans, quand les Romains viendront dans cette ville de l'an 68 à l’an 70… Ils mourront de la mort la plus horrible et la plus vile… Si vous saviez cela, vous ne pleureriez pas sur Moi. C’est pourquoi, pleurez plutôt sur vous et sur vos enfants. Origène nous dit que les gens ne savaient pas qu’il était temps de pleurer. Ils pensaient que c’était le temps de la paix.
C’est la grave tentation qui est entrée dans la Fraternité Saint Pie X, ces derniers mois. Certains disent que c’est un temps de paix. D’autres disent qu’il est temps de pleurer.
Avant la destruction de Jérusalem, en 68 après Jésus-Christ, il y eut beaucoup de signes dans le ciel. Flavius Josèphe les décrit. Il raconte qu’une fois, on vit dans le ciel un chariot conduit par un ange tenant une épée. Ce chariot tournait autour de la ville de Jérusalem, dans le ciel. Les gens virent le signe. Certains dirent : cela signifie que Dieu est en colère contre Jérusalem et qu’il va la détruire. Mais d’autres répondirent : Non, cela signifie que Dieu est content de Jérusalem et qu’Il va la protéger des Romains.
Et il y eut une discussion parmi les juifs, pour savoir ce que ce signe signifiait. Il y eut d’autres signes de ce genre dans le ciel : on voyait des guerriers mêlés à des anges… Tout le monde voyait cela et débattait pour savoir ce que ces signes signifiaient.
Considérons la Fraternité Saint Pie X et le combat de la Tradition. Nous avons subi un changement. Les modernistes l’appelleraient un changement radical, qui change toute notre orientation. Au début, ce changement radical n’est pas apparu de façon évidente, parce qu’il n’y avait pas de signes extérieurs. Quand on conduit sur l’autoroute et qu’on prend une sortie, on est au début tout près de la route initiale… Mais après un court moment, on est loin, très loin dans une autre direction. Quand ce changement nous emmène dans une autre direction, quand il emmène toute notre organisation, toute la Fraternité, toute la Tradition dans une autre direction, ce peut être appelé un changement radical. Certains disent que c’est une bonne chose, d’autres disent que c’en est une mauvaise. Par contre, il y a une chose que nous ne pouvons pas faire, c’est mentir. Ce serait un mensonge que de dire qu’il n’y a pas eu de changement : c’est un troisième groupe médiocre  qui dit cela et ce ne peut être toléré. Il y a donc un groupe qui affirme qu’il y a eu un changement et que c’est bien, un autre groupe qui affirme qu’il y a eu un changement et que c’est mal, et enfin un groupe intermédiaire qui dit qu’il n’y a pas eu de changement. Ce groupe intermédiaire se trompe complètement. Il y a eu un changement. Le temple de la Tradition a été reconstruit, mais il n’est pas de la même facture que celui qui a été construit par Esdras, en l’occurrence ici, Mgr Lefebvre. Lors de la reconstruction du temple de la Tradition, quand Hérode le grand a reconstruit le temple, le temple était plus grand. Il était plus beau et il était prêt pour la venue du Christ. Mais ce n’était pas le même temple que celui construit par Esdras.
De même, la Fraternité Saint Pie X est en quelque sorte en train d’être reconstruite, mais ce n’est pas la même. Regardons seulement deux choses : dans la déclaration de 1974, Mgr Lefebvre expose la doctrine, la charte, l’essence du combat de la Tradition, pourquoi les catholiques traditionalistes résistent, quelle est notre essence... Non seulement, nous savons en quoi elle consiste, mais nos ennemis aussi le savent : c’est dit dans les deux premiers paragraphes de la déclaration de 1974. «  Nous adhérons de tout cœur, de toute notre âme à la Rome catholique, gardienne de la Foi catholique et des traditions nécessaires au maintien de cette foi, à la Rome éternelle, maîtresse de sagesse et de vérité. » C’est le côté positif. Nous adhérons à la Rome éternelle, c'est-à-dire la Rome de nos pères, la Rome qui a deux mille ans. Puis vient le second paragraphe : « Nous refusons… » Il y a le côté positif de la Tradition qui accepte et le côté négatif, qui refuse. Saint Thomas d’Aquin nous dit que personne ne peut dire qu’il aime, s’il ne hait aussi, car la haine est l’une des passions qui vient de l’amour. Si vous aimez l’argent, vous haïssez la pauvreté. Si vous aimez la santé, vous haïssez la maladie. Si vous aimez Dieu, vous détestez le péché. Si vous aimez la vérité, vous haïssez l’erreur.
Mais si vous n’aimez ni la vérité, ni l’erreur, alors, cela vous est égal. Par contre, si nous aimons, l’amour appelle la haine.
 «  Nous adhérons de tout coeur, de toute notre âme aux traditions nécessaires au maintien de cette foi, à la Rome éternelle, maîtresse de sagesse et de vérité. » Voici le côté positif.
Et à présent, voyons le côté négatif : « Nous refusons par contre et avons toujours refusé de suivre la Rome de tendance néo-moderniste et néo-protestante qui s’est manifestée clairement dans le concile Vatican II et après le concile dans toutes les réformes qui en sont issues. »
Ceci a été cité par le Chapitre général de 2006, mais le mot « toutes »a été enlevé de la citation. On ne disait pas « toutes les réformes »,mais « les réformes ». En avril 2012, cette phrase a été de nouveau citée par M . l’abbé Schmidberger, mais cette fois, il a dit : « certaines des réformes ». Mgr Lefebvre a dit « toutes les réformes ».
Nous les rejetons toutes parce que « toutes ces réformes, en effet, ont contribué et contribuent encore à la démolition de l’Eglise, à la ruine du Sacerdoce, à l’anéantissement du Sacrifice et des Sacrements, à la disparition de la vie religieuse, à un enseignement naturaliste et teilhardien dans les Universités, les Séminaires, la catéchèse, enseignement issu du libéralisme et du protestantisme condamnés maintes fois par le magistère solennel de l’Eglise. »  C’est très clair [dans ce texte] que nous sommes contre.
Plus loin, pour qu’il n’y ait pas de confusion, Mgr Lefebvre répète encore : « Cette Réforme étant issue du libéralisme, du modernisme, est tout entière empoisonnée ; elle sort de l’hérésie et aboutit à l’hérésie, même si tous ses actes ne sont pas formellement hérétiques. Il est donc impossible à tout catholique conscient et fidèle d’adopter cette Réforme et de s’y soumettre de quelque manière que ce soit. »
Si nous suivons le nouveau changement de la Fraternité St Pie X, nous ne souhaitons pas épouser la réforme, mais nous sommes sur le point de nous y soumettre d’une certain façon. C’est pourquoi c’est une orientation différente. A présent, cette déclaration [de 1974] n’est plus vraie pour la Fraternité Saint Pie X et c’est officiel que le 14 juillet 2012, à la fin du Chapitre général, on inaugure une nouvelle Déclaration, une nouvelle Charte.
Pour qu’il n’y ait pas de confusion, Mgr Lefebvre a dit : nous devons maintenir cette position d’adhérer à la Rome éternelle et de ne pas nous soumettre à l’Eglise moderniste en quelque façon que ce soit. Nous devons faire ceci « en attendant que la vraie lumière de la Tradition dissipe les ténèbres qui obscurcissent le ciel de la Rome éternelle. » [Déclaration de 1974]
Maintenant, la néo-FSSPX pourrait légitimement prétendre qu’elle suit Mgr Lefebvre, si elle peut démontrer qu’en Juillet 2012, l'obscurité n’obscurcit plus le ciel de la Rome éternelle…
Mais il est plus sombre qu'il ne l'était en 1974. Il n'est pas moins sombre. Il y a plus d'âmes qu'en 1974 qui vont en enfer tous les ans. C’est plus facile de se perdre et il y a davantage de pièges. Il y a davantage d’embûches. Il y a plus de mensonges, plus de dangers sur un seul sujet de Foi en 2012 qu'il n'y en avait en 1974. C'est bien pire que cela ne l'était alors. Il y a beaucoup plus de confusion.
En 2012, il y a un changement :  « Nous avons déterminé et approuvé les conditions nécessaires à une normalisation canonique éventuelle. » Nous sommes prêts à passer sous l'obéissance à Rome, à condition que nous obtenons les trois conditions suivantes : pouvoir enseigner la foi et condamner les personnes qui ont promu les erreurs de Vatican II, [pouvoir utiliser exclusivement la liturgie de 1962] et que nous obtenions un évêque. Selon Mgr Lefebvre, ce ne sont pas des conditions.
Et quel est le but de la nouvelle orientation ? Tout à la fin de la nouvelle déclaration, [il est indiqué] :« Enfin nous nous tournons vers la Vierge Marie […] Qu’elle daigne garder dans l’intégrité de la foi, dans l’amour de l’Eglise, dans la dévotion au successeur de Pierre, tous les membres de la Fraternité Saint-Pie X et tous les prêtres et fidèles qui œuvrent dans les mêmes sentiments, afin qu’elle nous garde et nous préserve tant du schisme que de l’hérésie.»
Actuellement, c'est notre désir en 2012 d’avoir une grande dévotion envers le successeur de saint Pierre, un grand amour de l'Eglise… C’est notre désir que nous maintenons l'intégrité de la foi, dans quel but ? Afin que nous, membres de la Tradition, ne puissions tomber ni dans le schisme ni dans  l'hérésie. Donc, pour notre conservation personnelle.
Que dit Mgr Lefebvre ? Dans la déclaration 1974, quelle est sa conclusion ? La conclusion de Mgr Lefebvre en 1974 est la suivante :« En faisant cela, (c'est-à-dire en enseignant la vérité et en rejetant les erreurs du Concile) « nous sommes convaincus de demeurer fidèles à l'Eglise Catholique et Romaine, à tous les successeurs de Pierre, et d'être les fidèles dispensateurs des mystères de Notre Seigneur Jésus- Christ dans le Saint-Esprit. Amen. »
Notez la différence d’orientation. Les deux sont bonnes. L'une vise à soi-même. L'autre vise à l'Église. Mgr Lefebvre vise le bien de l'Église. Ce qu'il fait est pour le bien de l'Eglise. Il a dit de nombreuses fois : je ne peux pas prêter la main à la destruction de l'Eglise. Nous devons dire aussi que nous ne pouvons pas prêter la main à la destruction de l'Eglise ou de la Fraternité à laquelle nous appartenons [en souscrivant] à un changement de doctrine.
Nous avons dit clairement depuis 42 ans que nous ne pouvions accepter d'être sous la tutelle de Rome en aucune manière que ce soit jusqu'à ce que la lumière soit de retour à Rome, jusqu'à ce qu'il y ait une profession de foi.
On ne fait pas des conditions aux supérieurs. Si un supérieur donne un ordre immoral, je dois lui désobéir. S'il donne un bon ordre, je dois lui obéir. Mais il n'existe pas de troisième option intermédiaire, qui serait : je vais obéir si vous me donnez ceci, si vous me donnez cela. Si c'est un ordre légitime, je dois obéir sans conditions. Si c'est un ordre illégitime, je dois désobéir sans conditions. De toute façon, il ne peut y avoir aucune condition.
Ainsi, l’établissement de conditions constitue en soi un problème. C'est comme si nous nous faisions nous-mêmes égaux au pape, ce que nous ne sommes pas. Nous ne le sommes pas. Nous ne sommes pas égaux au Pape. On ne pose pas de conditions au pape. Les seules conditions que nous posons, ce sont celles que le Christ a posées aux papes, que la Foi a imposées aux papes.
Le Pape est le principal protecteur et défenseur de notre sainte foi catholique romaine. Quand il fait cela, c’est un bon Pape. Quand il va à l'encontre de cela, c’est un mauvais pape. Quand il fait le bien, il doit être obéi. Quand il fait le mal, on doit lui désobéir. Et s'il évolue dans une direction opposée à Dieu, on doit lui désobéir. Et sur ce point, Mgr Lefebvre a été très clair en 1987 [ndlr : le 01.09.1987, Conférence aux prêtres à Ecône pour la retraite sacerdotale]. Il a répété la doctrine essentielle de la déclaration de 1974. Il a parlé au cardinal Ratzinger, qui est aujourd'hui le pape Benoît XVI, le même homme, et il lui a dit : "Même si vous nous accordez un évêque, même si vous nous accordez une certaine autonomie par rapport aux évêques, même si vous nous accordez toute la liturgie de 1962, si vous nous accordez de continuer les séminaires et la Fraternité comme nous le faisons actuellement, nous ne pourrons pas collaborer, c’est impossible ; parce que nous travaillons dans des directions diamétralement opposées : vous, vous travaillez à la déchristianisation de la société, de la personne humaine, de l’Église, nous, nous travaillons à la christianisation.” C’est pourquoi, non.

Pourquoi ne voulons-nous pas travailler avec Rome ? Parce que Rome est dans l'apostasie. Rome a réalisé la prophétie que la Vierge Marie a fait à La Salette : Rome perdra la foi et deviendra le siège de l'Antéchrist. Et Rome a perdu la foi, et agit comme si elle était le siège de l'anti-Christ. Elle emmène les âmes loin de Dieu. Il y a une grande confusion.
En ces temps de confusion, nous devons rester fermes sur ce qui est certain. Et ce qui est certain, c'est la foi, et ce qui est certain, c'est la direction dans laquelle marchent nos pères depuis 2000 ans. Essayer de trouver un moyen terme ne marchera pas.
Il y a des personnes dans la Fraternité qui soutiennent qu'il est maintenant temps de retourner à Rome, parce qu'une fois que nous y serons, nous pourrons prêcher la foi et les convertir de l'intérieur. Mgr Lefebvre n'était pas d'accord avec cette opinion. Mais c'est l'opinion de certains, aujourd'hui dans la Fraternité et dans la Tradition, que nous devons aller à l'intérieur de Rome et aller à l'intérieur des paroisses et essayer de les convertir de l'intérieur. Mais Mgr Lefebvre a dit : « Ce ne sont pas les sujets qui font les supérieurs, mais les supérieurs qui font les sujets » [Fideliter n°70, p. 6] Donc, si nous allons vers les supérieurs modernistes en tant que sujets, ils nous rendrons modernistes, nous ne les rendrons pas catholiques.
Et rappelez-vous, aussi, que les méchants causent des dégâts moins grands que les hommes qui semblent bons. Si vous avez un enfant qui  rencontre quelqu'un qui l’embarque dans l’impureté, la drogue et le rock  pendant quelques années, il finit par se rendre compte qu’il ne peut pas vivre avec des criminels, qu’il ne peut pas rester toujours dans l’impureté, la drogue, et le rock, qu’il doit se convertir. Mais s’il rencontre un ami protestant vraiment gentil qui est une personne honnête, merveilleuse, l’étape suivante, c’est un mariage avec le gentil ami protestant et ils vont ensuite à l'église protestante où les gens sont gentils, contrairement à ceux de nos églises, où ils peuvent comprendre ce que le prédicateur dit, contrairement à ceux de nos églises, et où tout est tellement mieux. Ils vivent une belle vie paisible jusqu'au jour où ils mourront et iront en enfer. Et ils ne se repentiront jamais.
Quand un homme, bon dans son cœur, répand l’erreur, il fait beaucoup plus de dégâts qu'un homme mauvais qui répand erreur parce que l’on peut toujours sentir le mal dans le cœur de ceux qui sont malhonnêtes. Mais quand un homme bon est aveuglé, il provoque plus de dommages. C'est pourquoi, même Lénine a déclaré que les idiots utiles sont si importants pour le communisme, c'est-à-dire qu’il pense qu’il est bon d’utiliser ceux qui ne sont pas communistes, même ceux qui sont contre le communisme, tant qu'ils font la volonté des communistes et qu’ils jettent les bases du communisme. Les idiots utiles sont parfois plus utiles que les hommes mauvais, qui font avancer les choses dans notre sens. Et en ce moment, nous sommes en train de nous faire tromper.
Nous devons dire clairement qu’il y a eu un changement. Il y a eu un changement. La raison de ce changement doit être justifiée. S'il est vrai que la Fraternité Saint Pie X a besoin de retourner à Rome, que Rome est vraiment en train de se convertir, que Rome est vraiment améliorée et que si nous retournons « à l'intérieur » nous les convertirons, cela doit être démontré. La preuve est à la charge de ceux qui veulent faire le changement. Nous n'avons pas à suivre aveuglément le supérieur en vertu de la sainte obéissance.
 Nous ne devons pas oublier que chaque prêtre de la Fraternité Saint-Pie X et chaque prêtre [indépendant] traditionnel dans le monde, vit dans une désobéissance quotidienne. À l'heure actuelle, nos églises, où qu'elles se trouvent - à Menzingen en Suisse, à Denver, dans le Colorado où j’étais avant, ou aux Philippines, partout, nous avons des églises qui ne sont pas approuvées par l'évêque local. Elles ne figurent pas dans le livre et le registre. Elles ne sont pas répertoriées, elles ne sont pas approuvées. Si vous demandez à l'évêque… Je me souviens à Denver :
 - Il n'y a pas d'Eglise Saint Isidore à Denver,  a-t-on répondu.
 - Mais si, il y en a une, justement là-bas.
- Ce n'est pas une église du diocèse, pas approuvée.
- Nous aimerions envoyer nos documents de mariage dans le diocèse, disaient-ils :
- l’Eglise saint Isidore ? Il n'y a pas d'Eglise Saint Isidore [geste de déchirer des papiers].
A la date de juillet 2012, dans chaque paroisse de la Fraternité Saint Pie X, nous vivons quotidiennement dans la désobéissance légitime et convenable vis-à-vis de l'évêque local. Alors, dire aux gens de la Tradition, vous devez obéir, obéir, obéir… Il y a un dicton : Ceux qui vivent dans des maisons de verre ne devraient pas jeter des pierres. [ndlr : c'est à dire : Il faut être sans défaut pour critiquer autrui.] Avons-nous oublié ?
Un fidèle m'a dit hier : « nous sommes obligés d'obéir à Mgr Fellay. Mgr Fellay est le Supérieur général de la Fraternité Saint Pie X. Comme  Supérieur général de la Fraternité Saint Pie X, il a autorité sur les membres de la Fraternité. »
Aucun d'entre vous n’est membre de cette Fraternité et, par conséquent, il n'a aucune autorité sur vous. Il a autorité sur moi. Il a autorité sur les membres de la Fraternité. Et ce pouvoir est limité. Le supérieur général a autorité sur les membres de la Fraternité dans le but de satisfaire les besoins, les orientations et les statuts de cette Fraternité. Tout comme le pape doit correspondre au rôle des papes, les supérieurs généraux doivent correspondre aux buts des supérieurs généraux.
Le supérieur général n’a autorité sur aucun fidèle du monde, c’est l’évêque du lieu. Ici, c’est Mgr Kurtz. Le pape Benoît XVI a autorité. Tous les évêques du monde entier qui sont les Ordinaires des diocèses, ont un droit divin qui leur vient de Dieu, sur nos âmes. Lorsque nous sommes dans le diocèse de Louisville, l'autorité est l'évêque de Louisville. Mais nous lui désobéissons. Et pourquoi lui désobéissons-nous ? Parce qu'il veut que nous acceptions le Concile Vatican II, le modernisme, ces choses qui vont contre la foi. Et c'est pourquoi nous disons à juste titre à l'évêque de Louisville, «  Nous adhérons de tout cœur à la Rome éternelle et nous refusons par contre et avons toujours refusé de suivre la Rome de tendance néo-moderniste et néo-protestante qui s’est manifestée clairement dans le concile Vatican II et après le concile dans toutes les réformes qui en sont issues. »
La sagesse se trouve dans cette simple ligne de conduite. Comment décidons-nous des réformes qui sont bonnes et de celles qui sont mauvaises ? Sommes-nous vraiment assez intelligents ? Qu'est-ce qui se passera quand nous aurons changé toutes nos prières ? L’abbé Celier, un des prêtres approuvés de la Fraternité, a recommandé il y a plusieurs années que nous faisions une sorte de messe hybride, que nous prenions les bons éléments de la nouvelle et que nous prenions les bons éléments de l'ancienne et que nous les mélangions ensemble dans une sorte du nouveau rite hybride. D'autres ont déjà essayé ces dernières années. Ce n'est pas quelque chose que nous pouvons faire. Nous ne pouvons pas faire cela. Et s’il est juste de le faire, alors ceux qui en font la promotion doivent offrir de meilleurs arguments que de dire que les prêtres seraient en paix, les gens heureux, et que nous devons faire confiance au Supérieur général qui nous a menés si merveilleusement depuis 18 ans. Peut-être, mais ce n’est pas une raison pour modifier notre foi. Peut-être qu'il a été capable de nous conduire merveilleusement ces 18 dernières années parce que nous sommes restés dans la même doctrine, nous sommes demeurés fermes dans la même condamnation des erreurs, comme nous avions déjà fait les années précédentes.
Et il y a un autre argument auquel on ne peut pas échapper si l’on est honnête. Un bon nombre de prêtres qui parlent entre eux disent : même si la Fraternité conclut un accord avec Rome, même si elle baisse, je continuerai à prêcher en chaire contre les erreurs, mais j’irai à l'intérieur de cette structure qui n'est pas contre les erreurs.Vous ne pouvez pas faire cela. Vous ne pouvez pas avoir les deux. Il y a beaucoup de prêtres dans le Novus Ordo, des prêtres de la Fraternité Saint-Pierre, qui sont de très bons prêtres, des hommes très bons, et beaucoup d'entre eux sont très contrariés par ces divers problèmes. Un prêtre me dit qu'il prêche en ce moment d'une manière indirecte contre les erreurs qui sont dans la Fraternité, en affichant la déclaration de 1974. Beaucoup de prêtres actuellement affichent la déclaration 1974 à l'arrière de l'église. Beaucoup de prêtres le font, mais ils ne disent pas qu'il y a quelque chose de mal dans la déclaration de 2012. Vous êtes censés le deviner.
Le devoir du pasteur est de ne pas laisser les gens comprendre les choses par eux-mêmes. Le devoir du pasteur est d'expliquer clairement les erreurs et les problèmes, parce que la question est la suivante : Est-ce que la déclaration de 2012 du Chapitre général nuit gravement aux âmes ? Est-ce que cette déclaration signifie un changement de direction de la Fraternité en s’écartant de l’orientation de Mgr Lefebvre ? Est-ce que cela signifie que la Fraternité travaille actuellement pour un but différent de celui pour lequel elle a été créée ? Ce sont des questions très graves, et je crois que la réponse est oui. Et quels sont les effets ? Les effets sont une modification de l'enseignement… Premier temps : Nous voulons aller à Rome mais sans transiger avec Rome ; c'est notre souhait à cause d'un grand désir de convertir Rome. Et c'est un désir très bon, un désir que nous devrions tous avoir. Mais nous devons nous rappeler que c'est la Vierge Marie qui  convertira Rome et pas nous. Mais néanmoins, c'est un très bon désir.
Puis ensuite, quand nous avançons dans le désir, nous commençons à faire des compromis afin de réaliser ce désir. C'est ce qui arrive. Nous n'avons pas l'intention que cela se produise, mais cela arrive. Le Supérieur Général nous a dit il y a quelques mois aux Philippines, qu’il ne parlait pas directement contre Assise III parce qu'il était en pourparlers avec les fonctionnaires romains et qu’il devait leur être agréable. Mais dans le même temps, le supérieur de France et d'autres parlent publiquement contre Assise III. Donc vous pouvez parler publiquement contre Assise III en chaire, mais le Supérieur général ne s'exprimera pas publiquement contre Assise III parce qu'il travaille avec Rome. A quoi cela équivaut-il ? Cela équivaut à un compromis.
Ce n'est pas intentionnel, ce n'est pas désiré, l'intention est bonne. Mais quand on arrête d'enseigner la vérité et de condamner les erreurs avec clarté, la confusion mène toujours à l'erreur. Aussi nous devons continuer à rester fermement attachés à la déclaration de 1974, à tenir fermement le cap de la Fraternité et nous ne devons pas construire un nouveau temple différent de l'ancien.
A la fin du Dimanche des Rameaux, Notre Seigneur a commencé dans le calme. Puis il est descendu de la montagne, et a pleuré. Et il est descendu plus avant, et il y a eu de la joie. Et enfin il y a eu une punition quand il est entré dans le temple et a renversé les tables.
Il est possible que si nous, qui sommes les bastions de la tradition - ou qui sommes censés être les bastions de la tradition – nous, qui nous sommes publiquement prononcés contre les erreurs et contre ceux qui favorisaient les erreurs, il est possible que si nous cessons de faire cela, une punition vienne du ciel ; ce serait une possibilité et nous devons être prêts à ce que tombe cette punition.
«Tu n'as pas connu le temps où je t’ai visité. »
Et saint Grégoire le Grand dit : "Et il a construit une nouvelle Jérusalem et elle fut construite au sommet du Golgotha." Le Golgotha ​​était hors des murs de l’ancienne Jérusalem. Mais les Juifs eux-mêmes, bouleversés par l'horreur de la tragédie de 70, ont déplacé les pierres, toutes les pierres, hors de cette ville et ils ont construit une nouvelle ville à l'extérieur de celle-ci. Et il est possible que si nous : fidèles, prêtres et évêques, si nous ne résistons pas ouvertement, clairement et courageusement, ancrés sur les fondements posés par Mgr Marcel Lefebvre en 1970, Notre Seigneur Jésus-Christ et la Sainte Vierge décident de construire une nouvelle maison. Ils peuvent s’en aller construire une autre maison. La foi va continuer, les erreurs seront condamnées, il y aura toujours des voix pour communiquer la vérité.
Origène dit que même si les gens ne suivaient pas le Christ, il continuait à prêcher. A la fin de l'Evangile d'aujourd'hui, il est dit : « Et Il s’asseyait tous les jours dans le temple et prêchait. » Même s’ils ne l’écoutaient pas, il  continuait d’enseigner tous les jours dans le temple. Et saint Grégoire le Grand dit : Pourquoi a-t-il fait cela ? Jusqu'au moment de sa mort, le Christ continuera à communiquer la vérité à ceux qui la rejettent, afin qu'ils puissent se repentir et revenir à lui.
La vérité sera toujours enseignée. Les erreurs seront toujours condamnées par quelqu'un au sein de notre sainte Église. Et si nous arrêtons de le faire, si nous cessons de le faire, alors les pierres de la Tradition catholique seront déplacées hors de la vieille ville de Jérusalem ou de l’ancienne FSSPX et un nouvel édifice sera reconstruit ailleurs. Peut-être qu’un évêque moderniste se convertira, quelqu'un comme le cardinal Mahony par exemple, l'un des pires, peut être que quelqu'un comme lui va se convertir, va recevoir la grâce de la Sainte Vierge et fondera [une nouvelle congrégation] qui luttera contre les erreurs, tel un nouveau saint Paul, qui a commencé comme ennemi de Dieu et a fini comme le plus grand des apôtres. La Sainte Vierge peut  tout faire.
Nous ne devons pas faire la grave erreur de croire que la FSSPX est indéfectible, qu'elle ne peut pas se tromper. C’est une offense à Dieu. Il y a quelques semaines, un prêtre a dit à l’abbé Chazal, qui prêchait en même temps que moi, le 27 mai, que Mgr Fellay avait la grâce d'état. L’abbé Chazal a répondu : le Pape Paul VI a eu également la grâce d'état, et c’était une plus grande grâce et un plus grand état.La réponse fut : « Je sais, mais c’était le Pape… Nous parlons du Supérieur général. »
C’est un prêtre qui parle… comme si le Supérieur général était supérieur au pape. Il n'en est rien. Nous aimons le Supérieur général. Nous l’honorons, nous le respectons et lui obéissons autant que nous le pouvons, mais il n'est pas plus grand que le pape. Il n'est pas indéfectible, la Fraternité Saint Pie X n'est pas indéfectible. Elle peut s'effondrer.
C’est la Sainte Eglise qui est indéfectible. La foi ne peut jamais s'effondrer, et nous devons rester fidèles à cette foi, fidèles à la Rome éternelle et fidèles à la Fraternité de saint Pie X traditionnelle et correcte, qui n'était bonne que dans la mesure où elle restait fidèle à la Rome éternelle. Et si elle n'est pas fidèle à Rome, elle est inutile et pire qu'inutile. Nous devons prier pour que notre Fraternité reste fidèle à [la vraie] Rome et n’ait pas une fausse paix.
Reconnaissez qu'il y a eu un changement et étudiez-le. Soit vous y croyez et vous le suivez. Soit, après étude, vous le rejetez et vous vous en tenez à Mgr Lefebvre, mais ne restez pas au milieu. Ne soyez pas un de ceux qui disent : Tout est pareil, rien n'est changé, tout est merveilleux. La dernière émission de radio de l'Empereur du Japon en 1945 a été : « Tout est merveilleux… » Puis elle a été suivie par :« Nous nous sommes rendus. » Et beaucoup de Japonais ont été choqués parce que de 1941 à 1945, ils avaient uniquement entendu :« Tout est merveilleux, nous battons les Américains, tout va bien, ne vous inquiétez pas des bombes », etc., et puis tout d'un coup :« Nous nous sommes rendus aujourd'hui. »  Cela ne doit pas arriver à notre Fraternité.
Je vais m’arrêter à cela, et que Dieu vous bénisse tous. Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen. 

Lettre aux amis et bienfaiteurs du prieuré Our Lady of Mount Carmel, Boston, Ky (décembre 2012, abbé J. Pfeiffer)

Traduction pour Avec l'Immaculée par Vias Tuas Domine



Chers amis et bienfaiteurs,



Le calendrier Maya prédisait la fin du monde pour le 21 décembre 2012. Selon l'Agence France-Presse le pape Benoît XVI voit la consommation du monde d'une façon plus encourageante.



«Lors de son allocution hebdomadaire à l'Angelus, de la fenêtre de ses appartements du Vatican sur la Place Saint Pierre, Benoît XVI a parlé d'extraits de la Bible qui mentionnent que "le soleil, la lune, les étoiles tomberont du ciel". Plusieurs films et documentaires ont promu l'idée que l'ancien calendrier Maya prédit ce jugement dernier pour le 21 décembre 2012. Mais Benoît XVI dit que Jésus "ne décrit pas la fin du monde quand il emploie des images apocalyptiques il n'agit pas en prophète(1). Au contraire, il veut empêcher ses disciples d'être curieux au sujet des dates et des prévisions; il veut leur donner la clé du bon chemin à suivre aujourd'hui et demain, pour entrer dans la vie éternelle.» On s'attend à ce que 90,000 personnes se préparent un évènement important dans la cité de Guatemala le 21 décembre au cas où la fin du monde survienne, tandis qu'on organise des tours pour promouvoir la fuite du jugement. 

Les Maya avaient-ils une meilleure compréhension de la fin du monde que notre pape actuel ? Comment se peut-il que le chef de l'Eglise Catholique dise que "Jésus n'agissait pas en prophète" ? Au moins, les Mayas savaient que le monde finirait en catastrophe. Le pape Benoît XVI n'a pas affirmé que la fin du monde était une vérité essentielle de notre Credo.

2012 n'a pas été la fin du monde. Mais ce fut l'année qui a marqué un changement majeur dans l'histoire de notre bien aimée F.S.S.P.X. Est-ce l'année qui projette une nouvelle ère pour la Tradition ? Ou est-ce l'année qui marque la fin de la F.S.S.P.X telle que l'a voulue Mgr Lefebvre ?

Dans l'édition de mars 2012 du bulletin interne de la F.S.S.P.X., Cor Unum, le supérieur général communiquait aux membres de la F.S.S.P.X qu'étant donné que les choses avaient changé à Rome, la F.S.S.P.X. devait prendre une nouvelle attitude.

Le 14 juillet 2012 le Chapitre général de la F.S.S.P.X. faisait une déclaration qui indiquait un abandon effroyable de la position claire de Mgr Lefèbvre et du précédent Chapitre général de 2006. Le nouveau Chapitre déclarait : « les nouveautés du Concile Vatican II demeurent teintées d'erreurs....nous trouvons notre guide sûr dans ce Magistère ininterrompu. » Ce Magistère inclut-il Vatican II ou non ? N'est-ce pas là un langage ambigu? Cette nouvelle F.S.S.P.X déclarait aussi qu'elle«attendait le jour où un débat ouvert et sérieux ( avec Rome ) devienne possible.»
L'ancienne F.S.S.P.X. n'attendait pas; elle condamnait hardiment, publiquement et clairement Vatican II et son esprit mauvais en face des papes, des évêques, des prêtres et du monde entier sans égard aux personnes. L'ancienne F.S.S.P.X de Mgr Lefebvre déclarait que Vatican II était le fruit d'un nouveau Magistère contenant des erreurs et des hérésies. Dans l'ancienne F.S.SP.X nous ne trouvions pas «un guide sûr dans le Magistère ininterrompu (de la nouvelle Rome ) qui par son autorité transmet le dépôt révélé de la Foi en harmonie parfaite avec les vérités que l'Eglise entière a toujours professées partout.» Nous répétions simplement l'enseignement de notre fondateur qui disait en 1974 :«Il est donc impossible à tout catholique conscient et fidèle d'adopter cette Réforme et de s'y soumettre de quelque manière que ce soit. » (Mgr Lefebvre, Déclaration du 21 novembre 1974).

2012 marque l'année de la disparition du monde de l'ancienne F.S.S.P.X. à Menzingen.
Le monde de la nouvelle F.S.S.P.X., née officiellement le 14 juillet 2012, a apporté à nos chapelles un langage ambigu mêlant les deux Magistères opposés dans un Magistère deux en un-- « deux en une seule chair »--. La nouvelle F.S.S.P.X. regarde la bataille entre la Tradition et le Modernisme comme une bataille entre époux dans un mariage difficile, tandis que l'ancienne F.S.S.P.X. voyait simplement la Rome moderniste comme quelque chose « que nous refusons et avons toujours refusé » (Mgr Lefebvre, Déclaration de 1974) puisqu'une telle union est un adultère impensable.

La nouvelle F.S.S.P.X nous a donné de nouvelles conditions pour accompagner sa nouvelle doctrine. « Nous avons défini et approuvé des conditions nécessaires pour une éventuelle normalisation canonique. » Ainsi, six nouvelles conditions accompagnent la nouvelle charte du 14 juillet de notre nouvelle F.S.S.P.X. incluant une demande que Rome accorde « la liberté de prêcher la vérité » -- une liberté qu'aucun martyr n'a demandée (1ère condition ) et nous engageant à soumettre notre troupeau aux loups modernistes (2ème condition désirable ).
2012 fut l'année où ces nouvelles conditions de compromis ont remplacé le combat catholique de Mgr Lefebvre qui considérait comme une très grave obligation de prêcher la vérité avec ou sans permission et n'aurait pas admis que le troupeau qui lui demandait le pain de la pure Foi fut placé sous l'autorité de loups modernistes. Mgr Lefebvre attendait et espérait rien de moins que la conversion complète de la Rome conciliaire de l'évolutionnisme moderniste à la Rome éternelle de la Foi catholique romaine inchangée de nos ancêtres.

2012 a marqué la fin de l'unité de l'ancienne F.S.S.P.X. basée sur la doctrine de la Foi remplacée par une nouvelle unité trouvée dans la personne du supérieur général « unis à son Supérieur général » (14 juillet 2012, Déclaration du Chapitre général).

2012 fut la première année de la division évidente à l'intérieur des rangs de la F.S.S.P.X. Ce fut l'année de la division de ses 4 évêques. 3 contre 1 et 1 contre 3 (7 avril et 14 avril : lettres des évêques). Cette division portait sur la nature même de la lutte des catholiques contre l'hérésie moderniste. Le signe le plus grave de cette division fut l'expulsion de Mgr Williamson et la mise à l'écart de Mgr Tissier de Mallerais, maintenant en exil non-officiel à Chicago.

Ce fut l'année des refus d'ordinations, des refus de communion, de l'expulsion de prêtres, de nouvelles déclarations, de menaces aux fidèles, de confusion dans l'âme de quelques-uns, de crainte chez plusieurs, de peines dans le coeur de ceux qui aiment l'oeuvre du saint archevêque, Mgr Lefebvre.

2012 fut l'année où les autorités de la F.S.S.P.X. ont adopté un langage ambigu et ont pris une direction toute nouvelle.

2012 marque l'année où les chaires de la F.S.S.P.X. ont mis en garde non contre les erreurs et les hérésies du Concile mais contre l'étude de la crise à l'intérieur de la Tradition.

2012 marque l'année où les chaires de la F.S.S.P.X. sont devenues les organes de la diffusion d'une ligne de conduite d'un parti qui demande aux fidèles de ne rien faire que de faire confiance et d'obéir aux supérieurs qui ont la « grâce d'état » pour mieux connaître ce qui est le bon chemin pour tous. 

Autrefois les chaires de la F.S.S.P.X. demandaient aux fidèles d'étudier la crise de l'Eglise afin de comprendre les méfaits du modernisme et de la Nouvelle Messe et aussi de connaître et d'aimer la réponse à cette crise : la Vraie Foi, la Vraie Messe et les vrais sacrements et la fidèle observance des demandes de Notre-Dame à Fatima afin de hâter le rétablissement d'un ordre social catholique.

Dans les jours glorieux de la F.S.S.P.X. on ouvrait des chapelles dans des sous-sols, dans des garages. Dans ces sous-sols, où souvent les ornements du prêtre étaient mal assortis, Grand-maman et ses petits enfants ainsi que quelques entêtés qui se joignaient à eux étaient d'accord pour que le prêtre prêche la seule Foi qui convienne au monde que Dieu a fait . Quand on répétait à grand-papa ce que le prêtre avait dit---parce que l'appareil auditif de grand papa ne fonctionnait pas (même si on l'entendait siffler tout au cours de la messe )---lui aussi acquiesçait de tout son coeur et rêvait du futur où la Tradition reviendrait à l'Eglise où il avait été baptisé et au triomphe de la Vierge Marie dans tous les coins du monde.


Qu'est-il arrivé ? "J'ai contre toi que tu t'est relâchée de ton premier amour " (Apocalypse, 2:4 ). Ainsi le Seigneur avertissait l'Eglise d'Ephèse."Souviens-toi donc d'où tu es tombée, repens-toi et reviens à tes premières oeuvres; sinon , je viendrai à toi, et j’ôterai ton chandelier de sa place, à moins que tu ne te repentes." (Apocalypse, 2:5 )

Qu'allons-nous faire ? Nous devons continuer à « travailler à notre salut avec crainte et tremblement », demeurant fidèles à la Foi de toujours attendant le jour de la conversion de Rome par la victoire de Notre-Dame prophétisée à Fatima.

Nous avons maintenant un site web sspxmary.com qui sera mis à jour autant que possible avec les derniers horaires de messe. Un autre siteinthissignyoushallconquer.com va essayer de vous tenir informés.


Il y a maintenant 5 prêtres vivant au « prieuré des prêtres expulsés » à Notre-Dame du Mont Carmel. S.V.P. gardez-les dans vos prières : les abbés David Hewko, François Chazal (France ), Arturo Vargas (Mexique ), Richard Voigt et moi-même ainsi qu'une trentaine d'autres prêtres, indépendants ou de la F.S.S.P.X. qui demeurent fidèles dans la ligne ferme tracée par Mgr Lefebvre pour notre lutte contre le modernisme qui va s'amplifiant dans le monde.

                                               Abbé Joseph Pfeiffer.

Note de Avec l'Immaculée :
(1) Pour être précis, le mot exact employé par le pape a été : "voyant", mis entre guillemets. L'abbé Pfeiffer emploie le mot prophète, car dans certaines traductions anglaises, on a employé ce mot : ex : http://www.theage.com.au/world/pope-dismisses-december-doomsday-20121119-29l4q.html
Il est parfaitement clair qu'à travers cette expression ambiguë de "voyant", c'est à Jésus en tant que prophète que s'attaque le pape. Le contexte des paroles avant et après ne permet pas d'en douter. C'est d'ailleurs pour cela que certaines versions officielles anglaises ont choisi ce mot. Nous remercions l'abbé Pfeiffer de nous avoir informés de cette affirmation incroyable du pape.

Interview de l'abbé Pfeiffer à Rivarol (Juillet 2013)



Depuis qu’une crise sans précédent a traversé la Fraternité Saint Pie X l’année dernière, l’abbé Joseph Pfeiffer, prêtre américain d’une quarantaine d’années au tempérament de feu, s’est particulièrement illustré dans la résistance face aux accords entre les traditionalistes “lefebvristes” et la Rome moderniste. 

RIVAROL : Monsieur l’Abbé, pourriez-vous commencer, s’il vous plaît, par vous présenter à nos lecteurs qui ne vous connaissent pas encore …

Abbé Joseph PFEIFFER : Je suis prêtre de la Fraternité Saint-Pie X fondée par Mgr Marcel Lefebvre en 1970. J’ai été ordonné Prêtre à Winona au Minnesota. J’ai ensuite officié dans divers Prieurés et Maisons de Retraites des Etats-Unis durant onze années et, par la suite, j’ai été muté en Asie en 2005 pour le district asiatique de la Fraternité, dont le quartier général se trouve à Singapour. J’ai officié aux Philippines durant un an puis trois ans et demi en Inde et, ensuite, à nouveau six mois aux Philippines. Et puis, la crise de l’année dernière est arrivée, la crise visible de la FSSPX. J’en ai été expulsé le 4 octobre 2012, une expulsion toutefois invalide bien que le document d’“expulsion” fût remis à cette date. Aussi, depuis l’année dernière, moi-même et d’autres prêtres ont évolué dans cette résistance contre la nouvelle tournure que prend la FSSPX. 

R. : Pourriez-vous nous rappeler brièvement ce qu’est la Fraternité Saint-Pie X, son histoire et ses objectifs ?

Abbé J. P. : Oui… La FSSPX fut fondée au moment où une catastrophe dans l’Eglise [ndlr : le “concile” Vatican II] fit éloigner une large majorité des évêques catholiques de la doctrine catholique enseignée depuis 2 000 ans, du fait qu’ils approuvèrent le modernisme et les erreurs du monde moderne. Ils ont voulu rapprocher l’Eglise et le monde, provoquant ainsi la perte de millions d’âmes. Une masse considérable de fidèles catholiques rejeta alors la Foi durant cette catastrophe des années 1960 jusqu’à nos jours. C’est dans cette ambiance que Mgr Lefebvre fonda un Séminaire international de la FSSPX afin de combattre le libéralisme dans le monde et cette organisation fut très forte dans le combat contre les erreurs de notre temps. Combattre les erreurs de notre temps signifie préserver le Sacerdoce Catholique et toutes choses relevant du Sacerdoce qui offre le Saint Sacrifice à Dieu et qui résiste aux erreurs modernes contre tout ce qui envoie les âmes en Enfer. La Fraternité fut fidèle à ce travail durant ces quarante dernières années mais, depuis, il y a eu du changement. La Fraternité était censée suivre une voie mais, tout doucement, elle a dévié de sa direction. Cette nouvelle direction est devenue visible l’année dernière, où elle fut rendue publique. C’est pourquoi approximativement une cinquantaine de Prêtres se sont levés. Ces derniers n’étaient, par ailleurs, pas tous membres de la Fraternité — ceux-ci étant de l’ordre de vingt ou trente, puisqu’il faut également compter les communautés amies qui refusèrent la nouvelle théologie. Cette nouvelle approche doctrinale est manifeste quand les meneurs de la FSSPX prétendent, dans la nouvelle ligne de communication officielle de la FSSPX, que la nouvelle “Messe” est légitimement promulguée ; ce qui a été déclaré dans une lettre du 15 avril 2012 de Mgr Fellay à Rome ; ce qui a été déclaré officiellement et doctrinalement dans le bulletin officiel de la FSSPX de mars 2013. Dans cette dernière déclaration, la FSSPX confirme officiellement qu’elle considère la nouvelle “Messe” comme légitiment promulguée. Je pense aussi au nouveau « Droit Canon » qui est accepté dans toutes les lois ecclésiastiques, et pas seulement dans les lois disciplinaires qui ne sont pas contraires à la Foi. Et bien d’autres choses que nous allons voir… Tout ceci représente une tournure majeure vers le libéralisme au sein de la Fraternité Saint-Pie X qui ne permet plus à celle-ci de nous défendre clairement contre les erreurs du concile. Par conséquent, nous autres, prêtres, nous nous sommes levés pour la résistance contre l’accord avec Rome qui a été rendu public l’année dernière. Cet accord avec Rome aurait mené à une perte de la Foi et à une perte massive des âmes. Clairvoyants, nous nous sommes levés afin de résister à cette nouvelle politique. Ils nous ont ordonné à tous de nous taire. Mais nous refusons de rester silencieux dans la défense de la Foi, c’est pourquoi certains d’entre nous ont été expulsés de la Fraternité. 
R. : Ce mouvement de résistance est-il toujours d’actualité étant donné les récentes prises de position de Mgr Fellay depuis la nouvelle déclaration doctrinale des trois évêques du 27 juin 2013 ? La FSSPX n’a t-elle pas démontré sa fidélité aux principes de son fondateur, au final ?

Abbé J. P. : Il y a eu ces deux derniers mois des signes d’un retour en arrière, d’un apparent retour sur cet accord avec Rome et sur les déclarations libérales de Mgr Fellay datant de l’année dernière. Celui-ci a par ailleurs dit qu’il n’avait pas l’intention de changer la position de Mgr Lefebvre. Il a récemment déclaré à des sœurs Carmélites l’exact opposé de ce qu’il a dit en 2012. Ainsi, il semble y avoir une rétractation apparente. Or, quand nous regardons d’un peu plus près le contenu doctrinal actuel, nous constatons qu’il n’y a pas de rétractation. Et l’un des documents importants à ce sujet — un document qui, je le pense, sera incontournable pour l’avenir — est celui du 27 juin 2013 ; à savoir la déclaration des évêques de la Fraternité à l’occasion du 25e anniversaire. 

R. : Ce document a pourtant réjoui bon nombre de traditionalistes … N’est-il pas en totale contradiction avec la précédente tentative d’accord doctrinal avec la Rome moderniste ?

Abbé J. P. : Détrompez-vous … Cette déclaration commune relève de la nouvelle doctrine, pas de l’ancienne. L’un des arguments de nos ennemis — les ennemis de notre mouvement de résistance — est que ce nouveau texte est une réitération de l’enseignement de Mgr Lefebvre et une réitération de l’enseignement traditionnel de la Fraternité Saint-Pie X. Comme s’il n’y avait pas de changement. Cela est faux. Pour commencer, nous pouvons jeter un coup d’œil au point numéro 3 des 12 points de cette déclaration. Voici ce qui est indiqué : « A la suite de Mgr Lefebvre, nous affirmons que la cause des erreurs graves qui sont en train de démolir l’Église ne réside pas dans une mauvaise interprétation des textes conciliaires — une “herméneutique de la rupture” qui s’opposerait à une ”herméneutique de la réforme dans la continuité” —, mais bien dans les textes mêmes, en raison du choix inouï opéré par le concile Vatican II. » La première fois que vous lisez ceci, vous apercevez des mots-clés et vous vous mettez à penser que Mgr Fellay, Mgr Tissier de Mallerais et Mgr de Galarreta condamnent fermement les erreurs du concile. Mais en réalité, ils ne le font pas. Ce que ce point stipule, c’est que la cause des graves erreurs est issue d’un choix dans les textes. La cause de l’erreur dans les textes en vertu d’un choix… Or, cause et effet sont deux choses différentes. Vous savez que les nuages ​​sont la cause de la pluie. Mais les nuages et la pluie sont deux choses différentes. Ainsi, la cause et l’effet sont pas les mêmes. Donc, si nous déclarons que la cause de l’erreur est dans le texte, cela signifie que les erreurs ne sont pas dans le texte. Ce point 3 explique clairement que les erreurs ne sont pas dans le texte. La cause (laquelle ?) de l’erreur est dans le texte en vertu d’un choix (lequel ?). Nous constatons que ce document, cette nouvelle déclaration, affirme une nouvelle doctrine, et non celle de la Fraternité Saint-Pie X. Autre exemple, le point numéro 6 : « La liberté religieuse exposée par Dignitatis humanae et son application pratique depuis cinquante ans, conduisent logiquement à demander au Dieu fait homme de renoncer à régner sur l’homme qui se fait Dieu, ce qui équivaut à dissoudre le Christ. » Ce point nous parle de la liberté religieuse de Dignitatis humanae et de son application pratique aujourd’hui. Il nous explique que la liberté religieuse conduit à exiger que Dieu fait homme renonce à Son Règne. C’est complètement faux. La liberté religieuse ne conduit pas à ce que Dieu renonce à Son Règne. La liberté religieuse est une hérésie condamnée par les Papes au 19e siècle, elle est une hérésie qui est la négation des droits de Dieu fait homme. Elle ne conduit pas à la négation, elle est la négation. On pourrait dire, à titre d’exemple, que le mari qui bat sa femme, qui ne lui donne pas d’argent et qui est un ivrogne peut conduire sa femme à demander le divorce. Il peut amener sa femme à quitter la maison. Mais cela ne signifie pas que la femme va demander le divorce. Cela ne signifie pas qu’elle va quitter la maison. Donc, si vous dites que la liberté religieuse conduit à l’exigence que Dieu renonce à son règne, cela signifie que la liberté religieuse n’est pas un déni de la royauté du Christ ! Ce raisonnement est gravement erroné et peut également être considéré comme hérétique. Et puis, peu après, dans ce même point numéro 6, nous trouvons une attaque indirecte mais très claire et très dangereuse contre l’importance de la Bienheureuse Vierge Marie pour notre époque. Il se poursuit ainsi : « Au lieu d’une conduite inspirée par une foi solide dans le pouvoir réel de Notre-Seigneur Jésus-Christ, nous voyons l’Eglise honteusement guidée par la prudence humaine et doutant tellement d’elle-même qu’elle ne demande plus rien d’autre aux Etats que ce que les loges maçonniques veulent bien lui concéder : le droit commun, au milieu et au même rang que les autres religions qu’elle n’ose plus appeler fausses. » Ainsi, la nouvelle église, l’« Eglise d’aujourd’hui », serait à présent guidée par la prudence humaine et le doute de soi. Ce n’est pas vrai. La Bienheureuse Vierge Marie a dit à La Salette que Rome deviendrait le siège de l’Antéchrist, ce qui ne signifie pas qu’elle est guidée par une prudence humaine mais bien guidée par une prudence diabolique. C’est le diable qui combat Dieu. C’est Dieu qui combat le diable. Et nous voyons ici exposée une explication naturaliste humaine sur la crise dans l’Eglise. Des évêques ne devraient pas communiquer de cette façon naturaliste. Il ne s’agit pas d’un problème de prudence humaine mais bien d’un problème d’erreur, un problème de prudence démoniaque. Donc, c’est aussi un point très grave. 

R. : Le point 11 de cette déclaration semble également faire débat…

Abbé J. P. : Oui, nous pouvons enfin évoquer le numéro 11, nous passons les autres… Le point numéro 11 est tout simplement une répétition du problème de l’année dernière. Ce point commence par cette phrase : « Cet amour de l’Eglise explique la règle que Mgr Lefebvre a toujours observée : suivre la Providence en toutes circonstances, sans jamais se permettre de la devancer. » Il n’est pas bon de faire une telle declaration, comme ça, sans donner ni explications ni exemple. Nous devrions « suivre la Providence » ? Alors donnez-nous un exemple pour nous permettre de suivre la Providence. Cette idée est émise sans aucune référence, cela est dangereux. La suite… « soit que Rome revienne bientôt à la Tradition et à la foi de toujours — ce qui rétablira l’ordre dans l’Eglise —, soit qu’elle nous reconnaisse explicitement le droit de professer intégralement la foi et de rejeter les erreurs qui lui sont contraires, avec le droit et le devoir de nous opposer publiquement aux erreurs et aux fauteurs de ces erreurs, quels qu’ils soient ». Ce point 11 est très grave car il dit que nous attendons que Rome se convertisse ou que Rome nous permette simplement de reconnaître notre droit à être Catholiques et à condamner les erreurs. Que faisons-nous en attendant ? Parce que Rome n’a pas reconnu notre droit, donc que faisons-nous maintenant? Soit nous attendons que Rome se convertisse, option A, soit nous attendons que Rome remplisse toutes les conditions, à savoir les six conditions de l’année de crise 2012 : donc nous désirons toujours un accord avec Rome. S’ils se convertissent, c’est sympa. S’ils ne se convertissent pas, c’est bien. La conversion n’est plus nécessaire. C’est l’enseignement très clair et très grave du point 11. D’après Mgr Lefebvre, la conversion de Rome est nécessaire. A présent, avec cette déclaration, ce n’est plus nécessaire. Il y a d’autres points qui posent problème dans ce document. Mais cette declaration du 27 juin confirme la nouvelle doctrine de la Fraternité et rend d’autant plus nécessaire que les prêtres de la Fraternité Saint-Pie X désireux de rester fidèles à Mgr Lefebvre se lèvent et condamnent clairement ces faux enseignements. 

R. : Quel est l’avenir de la résistance ? Désirez-vous fonder un organisme ou en rester à une simple association de prêtres? Comptez-vous lancer un séminaire ?

Abbé J. P. : Nous avons deux points. Tout d’abord, chaque prêtre — et les fidèles — doivent, quand ils constatent une attaque contre la Foi, se lever, et ce, même s’ils se lèvent seuls. Comme Saint Jérôme disait : si tout le monde écoute, je vais prêcher la Vérité. Si quelques-uns écoutent, je vais prêcher la Vérité. Si personne n’écoute, je vais tout de même prêcher la Vérité parce que je sais que Dieu entend et qu’Il va me juger et me demandera si j’ai prêché la Vérité. Nous continuons tout simplement le travail de la Fraternité dont nous avons été injustement expulsés. Lors de nos réunions, nous avons discuté de l’importance de maintenir une connexion internationale, en gardant une sorte d’association dans la continuité des travaux de la Fraternité Saint-Pie X. La clé de cette organisation est que nous allons fournir un séminaire. Cela est nécessaire. Il doit y avoir un séminaire pour la formation des futurs prêtres. Au moins quinze prêtres m’ont dit qu’il y avait une nécessité absolue de lancer un séminaire au plus vite parce que nous ne pouvons plus recommander l’envoi de jeunes hommes aux six séminaires de la Fraternité en raison du changement de doctrine rencontré à l’intérieur de ces séminaires. Plus de vingt jeunes hommes provenant des quatre coins du monde attendent le démarrage de ce séminaire. Le lieu a été établi dans le Kentucky. Nous aurons quelques prêtres qui prendront part à l’enseignement des séminaristes avec le soutien de prêtres du Brésil, du Mexique, d’Europe et d’Asie. Et si nous dépendons de la Divine Providence, de la protection de Notre-Dame, nous maintiendrons fermement la Vérité et irons de l’avant dans la défense de celle-ci. En ce qui concerne notre combat, nous devons préciser que si nous combattons la nouvelle tournure que prend la Fraternité Saint-Pie X, nous ne sommes pas contre les personnes au sein de celle-ci. Nous nous battons simplement pour la Vérité catholique, la Doctrine Catholique, contre les erreurs modernes, et ce, d’une manière qui soit claire afin que nous puissions préserver la Foi Catholique et protéger les brebis qui nous appellent de partout dans le monde afin de recevoir la doctrine sans aucun compromis. 

Propos recueillis par Jean-Michel ERICHE

Asian Report 1 (abbé Chazal) Juin 2013

(Certains passages manquent dans la traduction)

Cher abbé Pfeiffer,

Merci d'avoir attendu si longtemps [pour avoir quelques nouvelles], car je prêchais seul une retraite à Tagaytay... et je ne suis pas comme Josey Wales, capable de prêcher une retraite entière tout en portant la sollicitude de toutes les Églises, en organisant un réseau de résistance mondiale et en faisant la direction spirituelle d’âmes perdues de l'autre côté de l'hémisphère via le téléphone portable.

Le voyage en Asie de Mgr Williamson a donné un coup de fouet à tous les centres. Il a vu 400 personnes, a donné 52 confirmations, beaucoup de discours, consacré deux calices et tout le monde a apprécié sa bonne humeur, ses mots d’esprit et sa british touch. Il est opérationnel, mais je suis d'accord avec vous, il n’a pas encore donné toute sa mesure. Mais le fait que nous ayons discuté si longtemps sur la question [des sacres épiscopaux] démontre qu'au moins il n'est pas irrité par le sujet et cela souligne une volonté de comprendre que, s'il quitte ce monde, nous laissant orphelins, soit son âme est perdue ou alors c’est que nous n'avons pas besoin de sacrements. " Pour un peu vous me convertiriez..." me dit-il, alors que j’empilais une tonne d’arguments. L’abbé de Tanouarn, un des premiers de nos français libéraux, dit que Mgr Williamson ne sacrera pas ; je pense que cela présage du contraire.

En conséquence je me sens entièrement exonéré de l'obligation de venir en Virginie. J'ai fait ma part. Mais, pourriez-vous s'il vous plaît lui donner une copie de Gods and Generals comme cadeau d’anniversaire [des 25 ans des sacres] ou au moins faites-lui écouter sur grand écran le discours à la brigade Stonewalls de Virginie, en disant : « de même que nous nous n’irons jamais ailleurs donner à d’autres personnes l’esprit novus ordo, de même nous ne permettrons jamais à personne de venir chez nous donner à nos fidèles l’esprit novus ordo [anglais : novusordoize]»

Le groupe coréen est en croissance, 40 personnes étaient présentes pour la confirmation de dimanche. À la messe, suivant le dimanche après la visite de l'évêque, la chapelle était presque pleine. Il y avait de nombreux jeunes avec de nouveaux visages, mais je ne peux pas dire si nous allons revenir au niveau d'avant la crise de 2012 en Corée.

Aux Philippines, les cérémonies de Manille au Emmy Cortez se sont très bien passées pour le petit groupe. Encore une fois, la maison de Julie Cordova est devenue trop petite pour la messe dominicale Nous devons chercher un autre endroit ; tout le groupe de Tanay nous appelle, grâce à l’abbé Suelo. La région de Manille regroupe une centaine d’âmes, mais je pense que la FSSPX va contre-attaquer à Tanay. L’abbé Suelo dit qu'ils tiendront. La venue de l’abbé Suelo est le principal résultat de la visite de l’évêque à Manille. S'il continue comme ça, d'autres soldats vont nous rejoindre. Pour ma part je suis extrêmement soulagé par ce bon vieux prêtre combattif. L’abbé Suelo est autant de la vieille école qu’on puisse l’être, comme vous le savez si bien.

A Leyte, 150 personnes se sont présentées à Maasin, ils sont venus également de Santa Cruz, Sogod, Ormoc et Hindang. Les paroissiens de Bato ont été totalement endoctrinés et nous appellent des schismatiques, comme le fait l’abbé Laisney (qui, soit dit en passant, refuse de répondre à L'illusion Liberale II et me traite de fou). Mgr Williamson a vraiment aimé son séjour, c'était comme des vacances pour lui, marchant sur le rivage de la mer et s’amusant de ma défaite aux échecs, en plein air, avec l’abbé Suelo. Nous avons eu une procession du Saint-Sacrement dans les rues de Maasin, avec beaucoup d’objets liturgiques manquants et des rubriques omises, mais le Bon Dieu comprend que nous partons de presque zéro. Son Excellence a examiné la situation Maasin et a conclu la même chose que nous : [qu’il fallait avoir ?] une grande bienveillance envers ces bonnes personnes qui n’auraient pas dû être inquiétées ou scandalisées.

Puis nous avons traversé vers Dagohoy à Bohol, pour rencontrer un groupe qui est dans la Tradition depuis 20 ans, mais qui n'a jamais été visité par un évêque pour les confirmations. Ils étaient 40 dont 13 confirmands. L'évêque a vraiment aimé cette petite chapelle, au milieu de nulle part, et bien sûr le responsable, Romeo, était absent ! Les Philippins sont les Philippins! J’aurais souhaité qu'il eût pu rencontrer Loyd aussi, un pilier de la paroisse !

Puis nous avons traversé à Cebu et rencontré 50 personnes, dont la moitié d'entre eux si tard que ceux d'entre eux qui en avaient besoin ne purent pas recevoir la confirmation. Ramses fait un excellent travail. Nous étions pressés, mais l'évêque a donné trois discours (en raison des nouveaux arrivants), rompant des lances avec l'avocat Bakalso, que je respecte toujours beaucoup. J'ai également amené l'évêque à Lola Bertha, […] Mais encore une fois, l'évêque était heureux de la voir et lui a dit que tout allait bien et qu'il comprenait la situation. Je vais commencer à donner des messes dominicales à Cebu, grâce à la flexibilité donnée par l’abbé Suelo, dont la santé s'améliore au moment même où il déménage. Le confinement dans sa chambre, jour après jour, à Manille, semble être la cause de ses problèmes pulmonaires. À confirmer, cependant. Je croise les doigts.

Une autre chose à noter, Son Excellence a dit que nous fassions tout notre possible pour les trois ou quatre aspirants au sacerdoce, puis il descendit, et bénit la future maison de Batangas. Elle devrait ouvrir en Septembre. Mais si les séminaristes peuvent être envoyés chez vous, ce serait encore une solution que je préfère, car nous ne sommes pas assez, (même si le Père Kramer vient pour quelques mois), pour les former complètement. L'évêque m'a dit de leur enseigner les éléments suivants : le latin, l'Écriture, encycliques, histoire et anglais. Pas de spiritualité. […] J'ai vraiment confiance que vous allez faire la même chose avec le Séminaire sur la Hillbelly, […] Je suis prêt, comme promis, à vous donner trois mois en trois fois par an pour vous aider dans cette tâche, et si je reçois un troisième prêtre pour l'Asie orientale, sans vous demander d'échanger vos circuits de messe avec moi, même si cela serait mieux. Tout le monde vous attend.

Ensuite, nous avons pris l'avion pour Singapour, pour 20 personnes, principalement les Yeo. Ils étaient très bons et ont parlé longuement avec Son Excellence. Il a pris deux bons jours de repos, nous sommes allés à admirer la gloire de Babylone la Grande. Comme c'est mon habitude, je lui ai lu les chapitres correspondants de l'Apocalypse à partir du haut de l'Hôtel et Casino Sands, le lieu babylonique le plus fou que je connaisse. Nous avons également pris un thé à l'Hôtel de la tombola, une relique brillante du passé de quelque puissance oubliée.

Les personnes clés du groupe Malaisie étant à l'étranger, j'ai annulé la visite de l'évêque, mais ils vont avoir la messe mensuelle en Juillet. Nous avons également omis le Japon (15 âmes), Iloilo (20 personnes hier), et d'autres petits centres avec les nouveaux groupes qui nous appellent maintenant et que je n'ai pas commencé à visiter.

Les nouvelles en Inde sont bonnes, l’abbé Valan est indestructible, l’abbé Pancras se joint bien à la mêlée, et les préparatifs pour l'Australie sont presque terminés. Ils ne passeront pas !

Venez en Novembre.
En Jésus et Maria,

François Chazal FSSPX-mc

mardi 6 août 2013

Mge Williamson: entretien à Rivarol du 2 août 2013

La politique de rapprochement de Mgr Fellay avec ce que Mgr Lefebvre appelait la “Rome moderniste” a conduit à des tensions et à des déchirures au sein de la Fraternité Saint-Pie X. Afin que nos lecteurs puissent se faire par eux-mêmes une idée sur la question, nous donnons la parole aux deux principaux chefs de file de l’opposition à la politique de la direction de la FSSPX qui ne sont en général jamais interrogés par les media. Mgr Richard Williamson, que l’on ne présente plus, et l’abbé Joseph Pfeiffer, chef de la FSSPX de Stricte Observance, nous expliquent ainsi librement leur position. 

(Les trois premières questions et réponses sur l'affaire Williamson et la Shoah, que l'on peut lire en intégralité dans RIVAROL ont été supprimées dans cette version sur le FC, que nous présentons ci-dessous) 

R. : Il y a quelques semaines a été rendu publique le fameux préambule doctrinal du 15 avril 2012 dans lequel Mgr Fellay reconnaît explicitement la promulgation légitime de la nouvelle messe, accepte le nouveau code de droit canon de Jean Paul II et affirme la validité de tous les nouveaux sacrements de l’église conciliaire. Que pensez-vous de ce document qui n’a jamais été clairement rétracté sur le fond ? 

Mgr W. : La Déclaration Doctrinale (ou Préambule Doctrinal) du 15 avril, 2012, soumis aux autorités romaines par Mgr Fellay et son Conseil Général comme base d’un accord pratique à l’avenir entre Rome et la Fraternité St Pie X, est un désastre du premier ordre. Elle représente la capitulation essentielle de Mgr Fellay devant la Rome moderniste. Acceptée par Rome, elle aurait mis fin à l’œuvre de Mgr Lefebvre, cette œuvre héroïque de résistance à l’apostasie par ailleurs presque totale des hommes de l’église conciliaire. Et Mgr Fellay n’a nullement rétracté la doctrine pourrie de cette Déclaration. Tout indique au contraire qu’il entend mener à bout sa propre œuvre de destruction de celle de Mgr Lefebvre. Si on ne réussit pas à faire démissionner Mgr Fellay, c’est la fin de la Fraternité St-Pie X de Mgr Lefebvre. 

R. : Par ailleurs, que pensez-vous de la déclaration doctrinale des trois évêques de la FSSPX du 27 juin 2012 et notamment de son paragraphe 11 qui ouvre la voie au principe d’un accord pratique avec la Rome moderniste ? Comment expliquez-vous que vos deux confrères dans l’épiscopat, Mgr Tissier et Mgr de Galarreta, qui avaient cosigné avec vous le 7 avril 2012 une lettre contre la politique “rallimentiste” de la maison générale aient depuis tourné casaque et semblent défendre Mgr Fellay ? 

Mgr W. : La Déclaration des trois évêques du 27 juin n’est guère meilleure. Elle a été conçue et pondue pour calmer le jeu, pour apaiser les esprits catholiques mis en état d’alerte par les agissements du Quartier Général de la Fraternité et ses efforts de rallier la Rome Conciliaire, efforts devenus publics à partir du mois de mars, 2012. Mais attention ! Très clairement le paragraphe 11 laisse encore la porte ouverte à la trahison de la Fraternité par un accord pratique et non doctrinal avec les autorités romaines, et on décèle partout ailleurs dans cette nouvelle Déclaration la main de Mgr Fellay, à savoir des mots habilement choisis pour dire le contraire de ce qu’ils paraissent dire. Apparemment on critique la nouvelle religion. De fait on y va avec le dos de la cuillère. Document à étudier de près. Un catholique ne peut faire confiance à rien de ce qui sort actuellement du Menzingen de Mgr. Fellay. 

R. : Pouvez-vous évaluer les forces qui résistent ouvertement aujourd’hui à la politique “accordiste” de Menzingen ? Comment expliquez-vous que la résistance soit numériquement si modeste ? 

Mgr W. : Pourquoi la résistance à ces infamies de Menzingen, à cette trahison affreuse de la Foi par ces chefs de la Fraternité, a-t-elle été si peu vigoureuse ? Bonne question. Ma réponse serait que le monde moderne est profondément malade. Après Vatican II la résistance n’a pas été forte dans la totalité de l’Église. 50 ans plus tard la résistance à la même maladie est encore moins forte. L’homme moderne est pourri, il est mourant. 
Mais les catholiques croyants et clairvoyants ont commencé à réagir. La « Résistance » a éclaté d’abord aux États-Unis au printemps de l’année dernière, elle s’est manifestée peu après en Amérique du Sud et en Angleterre, mais en Europe continentale elle n’est pas pressée. Je pense pourtant qu’elle viendra, parce que pas tout le monde ne veut tourner le dos à la vérité, et elle fera son chemin, lentement mais sûrement. Les Italiens disent, « Chi va piano va sano, chi va sano va lontano ». La Résistance ira loin — jusqu’au Ciel, si Dieu veut ! 

R. : Des fidèles de la Fraternité ayant manifesté de la sympathie pour la résistance ont été privés de communion ou/et d’absolution d’après divers témoignages. Par ailleurs, à la suite de la lettre ouverte des 37 prêtres de la FSSPX à Mgr Fellay, plusieurs ecclésiastiques de la Fraternité qui ont été sanctionnés et ont reçu un « décret pénal » (sic) ont porté plainte pour piratage de leur messagerie électronique, usurpation d’identité, faux et usage de faux. Que pensez-vous de l’emploi de telles méthodes à l’égard de ces prêtres ? 

Mgr W. : De telles méthodes sont une honte, et péché grave au regard de la saine moralité, mais elles sont tout à fait normales et tout à fait justifiées au regard du libéralisme fantaisiste et tyrannique qui s’est emparé de la direction de la Fraternité St-Pie X. Le libéralisme est l’adoration de la liberté humaine à la place de l’adoration de Dieu, donc au fond c’est la croisade contre Dieu. Or Dieu est divin, donc cette croisade libérale a une dimension divine, donc la fin justifie les moyens. Donc Mgr Fellay et ses complices sont convaincus qu’ils ont le droit de faire n’importe quoi pour écraser — je dis bien écraser — toute résistance à leur ralliement à la Rome conciliaire. Mais un tel délire ne date pas d’hier. Notre-Seigneur n’a-t-il pas prédit à ses Apôtres que la synagogue les mettrait à mort au nom de la vraie religion ? (Jn. XVI, 2) 

R. : Que pensez-vous des premiers pas de François Ier, de sa collusion encore plus grande avec le judaïsme, l’islam, de son immigrationnisme, et de sa volonté de “canoniser” avant la fin de l’année Jean Paul II et Jean XXIII ? N’est-ce pas là une façon de “canoniser” Vatican II ? Et cela ne pose-t-il pas le problème de l’autorité, tous les manuels de théologie d’avant Vatican II enseignant que le pape est infaillible lorsqu’il procède à des canonisations ? D’après les théologiens catholiques il s’agit en effet d’une certitude théologique. Que pensez-vous de tout cela ? 

Mgr W. : L’acharnement dont font preuve les chefs de l’église conciliaire pour canoniser les pontifes conciliaires (tous les pontifes depuis Jean XXIII) manifeste la ferme volonté des ennemis de Dieu d’en finir avec la religion catholique et de la remplacer par la nouvelle religion du Nouvel Ordre Mondial. Dès lors à une néo-église correspondent des néo-saints à fabriquer par une procédure démantelée et “rénovée” pour les “canoniser”. Comme toujours avec le modernisme, les mots restent les mêmes, mais le contenu est complètement différent. Dès lors les catholiques croyants n’ont à se faire aucun souci pour l’infaillibilité de ces néo-canonisations. Elles procèdent d’un sosie de l’Église catholique. 
Mais alors qu’est-ce que ce sosie ? Question délicate, parce que pour deux sous on se fait traiter de “sédévacantiste”, mot qui arrive actuellement à effarer les braves gens presqu’autant que le mot “antisémite”. Mais il s’agit de cerner la réalité, de « porter un jugement juste », comme dit Notre-Seigneur, et de ne pas se laisser tromper par les apparences, les émotions ni les mots. 
Donc en réalité, par ce que Sœur Lucie de Fatima a nommé une « désorientation diabolique », les hommes d’Église depuis les années 1950 et 1960 ont laissé pervertir leur foi catholique par les idées et idéaux de la Révolution au sens large du mot, à savoir par cette insurrection radicale de l’homme moderne contre son Dieu et Créateur. Pourtant ces traîtres restent les hommes d’Église dans ce sens qu’il n’y en a pas d’autres qui « occupent la chaire de Moïse », comme dit Notre-Seigneur ( Mt. XXIII, 2). 
Autrement dit, le sosie en question est l’Église occupée non pas par des hommes qui ne sont pas des hommes d’Église, mais par des hommes dont les têtes sont occupées par une nouvelle religion qui n’est absolument pas catholique. Ce qui n’empêche pas que dans cette Église faussée, quelques évêques, plusieurs prêtres et bon nombre de fidèles peuvent avoir gardé la Foi catholique. Ils se trouvent sur une pente glissante et bien dangereuse, mais on ne peut pas dire qu’ils soient en-dehors de la vraie Église. 
Bref, je traiterais avec ces autorités de la Néo-église comme j’agirais envers un père de famille provisoirement fou. Je ne prêterais aucune attention à sa folie si ce n’est l’attention nécessaire pour observer le moment où sa folie prend fin, et je ne cesserais de l’aimer, et même de respecter l’autorité intrinsèque à sa qualité de père. 

R. : Benoît XVI est considéré par les media comme un « pape émérite », s’habille en blanc comme son successeur, porte comme lui la calotte, les deux hommes se rencontrent devant les caméras. Cette façon de se moquer de la papauté n’est-elle pas un signe parmi d’autres qu’ils ne croient pas eux-mêmes être (ou avoir été) les vicaires du Christ ? 


Mgr W. : Plutôt que de dire que Benoît XVI et le Pape François ne croient pas qu’ils soient Papes, je dirais que l’un et l’autre conçoivent à leur propre manière ce que c’est que d’être Pape. Par exemple leurs deux façons de concevoir cette fonction ne sont-elles pas différentes entre elles ? C’est le subjectivisme qui fait que l’un et l’autre se sentent libres d’adapter à ce qu’ils pensent être les besoins de l’heure l’institution absolument objective et immuable de Notre-Seigneur. Et les ennemis de Dieu se gaussent du ridicule auquel ils soumettent ainsi l’institution de Notre-Seigneur. C’est pour cela qu’on les a mis sur le Siège de Pierre. Patience. Dieu sait ce qu’il fait, et il n’a pas démissionné ! 

R. : Les “accordistes” et les anti-“accordistes” à la FSSPX s’envoient régulièrement à la figure des citations authentiques mais totalement contradictoires de Mgr Lefebvre, les unes allant dans le sens d’un accord pratique (« laissez-nous faire l’expérience de la Tradition »), les autres refusant tout accord avant toute « conversion doctrinale de la Rome moderniste ». Les tensions qui existent au sein de la FSSPX et des communautés amies n’ont-elles donc pas pour origine les propres contradictions et fluctuations internes du fondateur qui a d’abord et avant tout été un pragmatique ? De plus, peut-on d’un côté affirmer que la nouvelle messe est un poison pour la foi, que le nouveau code de droit canon est entaché d’erreurs voire d’hérésies, que Vatican II est lui aussi hétérodoxe voire hérétique et en même temps prétendre que tout cela vient de l’Eglise catholique et du vicaire du Christ ? N’est-on pas là en face d’une impasse intellectuelle et doctrinale, d’une aporie qui explique en grande partie ce qui se passe aujourd’hui mais aussi les précédentes scissions qui, à intervalles réguliers, ont marqué l’histoire de la FSSPX ? Vingt-cinq ans après les sacres n’est-il pas temps de procéder sereinement par souci de la vérité et par cohérence doctrinale à un droit d’inventaire du “lefebvrisme” ? 

Mgr W. : Je ne crois pas qu’il faille dire que Mgr Lefebvre était avant tout un pragmatique, ni qu’il se contredisait. C’était avant tout un homme de foi et de doctrine. Il était bien pragmatique, mais toujours au service de la Foi. Comme tous les catholiques à partir de la scission entre l’Autorité et la Vérité réalisée par Vatican II, il était déchiré entre son respect de l’Autorité et son amour de la Vérité, mais chez lui c’était toujours la Vérité qui primait sur l’Autorité, comme il faut qu’elle le fasse. Donc toute contradiction entre ses paroles en faveur de l’une et de l’autre est plus apparente que réelle, comme il ressort du livre récent de l’abbé Pivert, Mgr Lefebvre, Nos Rapports avec Rome. Et les sacres de 1988 ont été la conclusion logique et l’épanouissement naturel de toute sa vie précédente au service de l’Église. 
Mais on ne va pas diviniser Mgr Lefebvre pour autant. Ce qui est vrai, c’est que Mgr Lefebvre était quand même un fils de son époque, et alors il n’a pas tout à fait échappé à ce que j’ai l’habitude d’appeler le “Cinquantisme”, à savoir cette forme que prenait le catholicisme des années 1950, caractérisé en bref par un excès de respect pour les autorités de l’Église, excès qui a conduit directement à la catastrophe du Concile. Par exemple après les sacres de 1988, Mgr Lefebvre a lu le grand ouvrage anti-libéral d’Emmanuel Barbier, et on témoigne qu’il en aurait dit, « Si j’avais lu cet ouvrage avant de fonder Écône, j’aurais donné à mon séminaire une autre orientation », à savoir davantage contre-révolutionnaire. En effet, les prêtres formés dans les divers séminaires de la Fraternité-St Pie X sont en général des prêtres admirables pour leur piété sacerdotale, mais trop peu d’entre eux ont compris la malice profonde de ce monde moderne, en apparence si gentil et innocent, mais en réalité faisant la guerre à Dieu. Ce manque de formation contre-révolutionnaire se fait payer chèrement dans la crise actuelle de la Fraternité et il n’est pas sûr qu’elle survivra.

R. : La promotion-sanction du dynamique et anti-“ralliériste” abbé Xavier Beauvais qui quittera lors du premier trimestre 2014 Saint-Nicolas pour la maison autonome d’Espagne et du Portugal où la FSSPX n’a qu’une poignée de fidèles et son remplacement à Paris par le “ralliériste” abbé Patrick de La Rocque, fondateur de la Lettre à nos frères prêtres, membre éminent du GREC et qui avait ouvert un magnum de champagne en 2007 pour remercier Benoît XVI du “Motu Proprio” qui affirme la primauté de la “messe de Luther” sur celle de toujours ne témoignent-ils pas de la volonté inchangée de Mgr Fellay de se placer à terme sous la dépendance de la Rome moderniste ? 

Mgr W. : En effet, l’une des preuves que Mgr Fellay ne change absolument pas de cap, mais ne fait que reculer pour mieux sauter vers la Rome conciliaire, c’est l’annonce que l’abbé Beauvais doit être remplacé à St-Nicolas du Chardonnet à Paris par l’abbé de la Rocque. Ce dernier est bien brave, mais il est loin d’être aussi ferme et clairvoyant que l’abbé Beauvais. Hélas, on peut craindre que l’abbé Beauvais n’“obéisse” à sa mutation, par respect excessif de l’autorité qui trahit la Foi. C’est la grande maladie de tant de “bons” évêques et prêtres après Vatican II. Prions pour l’abbé Beauvais. Il ne suffit plus aujourd’hui d’être un “bon” prêtre. Notre-Seigneur a besoin de héros ! 

R. : En France la loi Taubira instituant le « mariage homosexuel » a été votée et est appliquée malgré une très forte mobilisation populaire. Que vous inspire cette abominable législation dans un pays qui fut la fille aînée de l’Eglise ? 

Mgr W. : On dit en latin, la corruption de ce qui est meilleur fait le pire. Plus la France est bonne, plus elle est mauvaise lorsqu’elle se corrompt. La même règle s’applique à toutes les personnes, familles et nations. Patience. On se souvient que Pie X prophétisait une glorieuse résurrection de la France, aujourd’hui si abîmée. Et il n’est pas difficile de prévoir qu’elle se remettra à la tête des nations, non pas parce qu’elle cherchera sa gloire nationale, pas du tout, mais parce qu’elle ne cherchera plus rien d’autre que la gloire de Dieu, et la Royauté Sociale, Mondiale, et Globale, de son divin Fils, Notre-Seigneur Jésus-Christ. Vive la France qui s’oubliera elle-même, et ne voudra servir que Dieu, Dieu et Dieu ! 

Propos recueillis par Jérôme BOURBON, . 

RIVAROL numéro 3105 daté du vendredi 2 août 2013. www.rivarol.com Editions des Tuileries, Tour Ancône, 82 boulevard Masséna, 75013 Paris.

lundi 5 août 2013

Avis

Fra Angelico: la Visitation

Les vacances de membres de l'équipe vont nous obliger à réduire la cadence des mises en ligne de nos deux blogs.
Neanmoins nous continuerons à mettre en ligne certains documents à étudier en vue de les mattre aux archives: actes du magistère, textes de Mgr Lefebvre ...
Durant les deux semaines prochaines, en raison du départ de l'administrateur principal, nous ne pourrons répondre aux mails que vous nous enverrez.
En vous assurant de nos prières,
In Christo Rege,
L'équipe de Reconquista et de son blog vidéo Cristiada.video

Nouvelles de la Résistance en Asie (avril 2013): Percée de la résistance en Inde


Grâce aux techniques d'intimidation prises à l'égard des fidèles, condamnés à ne plus avoir la Messe, l'abbé Valan Rajkumar s'est vu obligé de prendre le contrôle de l'ensemble des missions qui gravitent autour de Chennai, capitale du Tamil Nadu.


Entre les centres de messes de Saidapet (50), Bangalore (50 au nord de la ville, à notre grande surprise), Margao (50 aussi sont venus pour la messe du Bon Pasteur) et le village de RN Kandighai (300), l'abbé Valan s'occupe désormais de 450 fidèles auxquels il faut ajouter tous ceux qui sont dispersés dans ce vaste pays. A titre d'exemple, Roland Fernandez nous attend a Delhi, et quelques familles attachées à la position de Mgr Lefebvre sont présentes dans le golfe persique. Il faut aussi ajouter le reste du Tamil nadu, ou nous sommes aidés dorenavant par le père Pancras, un vieil ami de Mgr Williamson. Il viendra à Chennai tous les mois pour s'occuper des veillées nocturnes du premier vendredi du mois, un vrai marathon spirituel. Le père Xavier Ignatius nous a aussi reçu a bras ouverts, il nous demande de l'aider à construire une Eglise pour  ses 100 fidèles de Tuticorin, et s'impatiente a l'égard de la FSSPX officielle, parce que rien n'a été fait  en 30 ans de présence de la Fraternité pour ce groupe qui est l'un des meilleurs de l' Inde. 

Nous avons été très bien reçus à Bombay et Vasai ou la grande partie des fidèles comprennent très bien ce qui se produit en ce moment dans la Tradition. Le fait que nous n'avons pas pu les visiter pendant onze mois depuis la crise de mai dernier, ne les a pas empêchés de s'informer et de se préparer à nous recevoir. La réception à Palayamkottai laissa tout de même à désirer, sans surprise cependant.

Si on ajoute les missions de l'Extrême orient, plus de 1000 fidèles, 7 prêtres et 4 séminaristes potentiels échappent à la mainmise libérale.

On peut conclure qu'en moins d'un an les débuts de la Résistance sont prometteurs en Asie. La coordination est parfaite, avec l'organisation des visites extérieures, les soutiens financiers, les publications (nous projetons l'impression de 2000 missels d'autel), et l'émergence d'une hiérarchie ad hoc, informelle pour le moment. Le comportement excessif et libéral de certain prêtres locaux, l'expulsion de Mgr Williamson et la déclaration lamentable du 15 avril 2012  (non rétractée quant à sa substance) ont permis à beaucoup d'yeux de s'ouvrir.

In Iesu et Maria


Francois Chazal+

samedi 3 août 2013

Prière de Saint François d'Assise

 
 
Seigneur, faites de moi un instrument de votre paix! 
 
Là où il y a de la haine, que je mette l'amour. 
 
Là où il y a l'offence, que je mette le pardon.
 
Là où il y a la discorde, que je mette l'union.
 
Là ou il y a l'erreur, que je mette la vérité.
 
Là où il y a le doute, que je mette la foi.
 
Là où il y a le désespoir, que je mette l'espérance.
 
Là où il y a les ténèbres, que je mette ta lumière.
 
Là où il y a la tristesse, que je mette la joie.
 
O Seigneur, que je ne cherche pas tant
 
à être consolé...qu'à consoler
 
à être compris...qu'à comprendre
 
à être aimé...qu'à aimer
 

Car

c'est en donnant...qu'on reçoit

c'est en s'oubliant ...qu'on trouve

c'est en pardonnant...qu'on est pardonné

c'est en mourrant...qu'on ressucite à l'éternelle vie.


 


Saint François d'Assise

Prière de Saint Ignace (prière scoute)


Seigneur Jésus, apprenez-nous
À être généreux
À vous servir comme vous le méritez
À donner sans compter
À combattre sans souci des blessures
À travailler sans chercher le repos
À nous dépenser sans attendre d'autre récompense
Que celle de savoir que nous faisons votre sainte Volonté.

jeudi 1 août 2013

Serment anti-moderniste

Comme premier texte du magistère, nous avons choisi le motu proprio Sacrorum Antistitum, ou Serment anti-moderniste. A lire et relire ... 

Télécharger le document ici


Vatican, le 1er septembre 1910
Serment anti-moderniste

Moi, N..., j'embrasse et reçois fermement toutes et chacune des vérités qui ont été définies, affirmées et déclarées par le magistère infaillible de l'Eglise, principalement les chapitres de doctrine qui sont directement opposés aux erreurs de ce temps.
Et d'abord, je professe que Dieu, principe et fin de toutes choses, peut être certainement connu, et par conséquent aussi, démontré à la lumière naturelle de la raison "par ce qui a été fait" Rm 1,20 , c'est-à-dire par les œuvres visibles de la création, comme la cause par les effets.
Deuxièmement, j'admets et je reconnais les preuves extérieures de la Révélation, c'est-à-dire les faits divins, particulièrement les miracles et les prophéties comme des signes très certains de l'origine divine de la religion chrétienne et je tiens qu'ils sont tout à fait adaptés à l'intelligence de tous les temps et de tous les hommes, même ceux d'aujourd'hui.
Troisièmement, je crois aussi fermement que l'Eglise, gardienne et maîtresse de la Parole révélée, a été instituée immédiatement et directement par le Christ en personne, vrai et historique, lorsqu'il vivait parmi nous, et qu'elle a été bâtie sur Pierre, chef de la hiérarchie apostolique, et sur ses successeurs pour les siècles.
Quatrièmement, je reçois sincèrement la doctrine de la foi transmise des apôtres jusqu'à nous toujours dans le même sens et dans la même interprétation par les pères orthodoxes ; pour cette raison, je rejette absolument l'invention hérétique de l'évolution des dogmes, qui passeraient d'un sens à l'autre, différent de celui que l'Eglise a d'abord professé. Je condamne également toute erreur qui substitue au dépôt divin révélé, confié à l'Epouse du Christ, pour qu'elle garde fidèlement, une invention philosophique ou une création de la conscience humaine, formée peu à peu par l'effort humain et qu'un progrès indéfini perfectionnerait à l'avenir.
Cinquièmement, je tiens très certainement et professe sincèrement que la foi n'est pas un sentiment religieux aveugle qui émerge des ténèbres du subconscient sous la pression du cœur et l'inclination de la volonté moralement informée, mais qu'elle est un véritable assentiment de l'intelligence à la vérité reçue du dehors, de l'écoute, par lequel nous croyons vrai, à cause de l'autorité de Dieu souverainement véridique, ce qui a été dit, attesté et révélé par le Dieu personnel, notre Créateur et notre Seigneur.
Je me soumets aussi, avec la révérence voulue, et j'adhère de tout mon cœur à toutes les condamnations, déclarations, prescriptions, qui se trouvent dans l'encyclique Pascendi (3475-3500) et dans le décret Lamentabili 3401- 3466, notamment sur ce qu'on appelle l'histoire des dogmes.
De même, je réprouve l'erreur de ceux qui affirment que la foi proposée par l'Eglise peut être en contradiction avec l'histoire, et que les dogmes catholiques, au sens où on les comprend aujourd'hui, ne peuvent être mis d'accord avec une connaissance plus exacte des origines de la religion chrétienne.
Je condamne et rejette aussi l'opinion de ceux qui disent que le chrétien savant revêt une double personnalité, celle du croyant et celle de l'historien, comme s'il était permis à l'historien de tenir ce qui contredit la foi du croyant, ou de poser des prémices d'où il suivra que les dogmes sont faux ou douteux, pourvu que ces dogmes ne soient pas niés directement.
Je réprouve également la manière de juger et d'interpréter l'Ecriture sainte qui, dédaignant la tradition de l'Eglise, l'analogie de la foi et les règles du Siège apostolique, s'attache aux inventions des rationalistes et adopte la critique textuelle comme unique et souveraine règle, avec autant de dérèglement que de témérité.
Je rejette en outre l'opinion de ceux qui tiennent que le professeur des disciplines historico-théologiques ou l'auteur écrivant sur ces questions doivent d'abord mettre de côté toute opinion préconçue, à propos, soit de l'origine surnaturelle de la tradition catholique, soit de l'aide promise par Dieu pour la conservation éternelle de chacune des vérités révélées ; ensuite, que les écrits de chacun des Pères sont à interpréter uniquement par les principes scientifiques, indépendamment de toute autorité sacrée, avec la liberté critique en usage dans l'étude de n'importe quel document profane.
Enfin, d'une manière générale, je professe n'avoir absolument rien de commun avec l'erreur des modernistes qui tiennent qu'il n'y a rien de divin dans la tradition sacrée, ou, bien pis, qui admettent le divin dans un sens panthéiste, si bien qu'il ne reste plus qu'un fait pur et simple, à mettre au même niveau que les faits de l'histoire : les hommes par leurs efforts, leur habileté, leur génie continuant, à travers les âges, l'enseignement inauguré par le Christ et ses apôtres.
Enfin, je garde très fermement et je garderai jusqu'à mon dernier soupir la foi des Pères sur le charisme certain de la vérité qui est, qui a été et qui sera toujours "dans la succession de l'épiscopat depuis les apôtres", non pas pour qu'on tienne ce qu'il semble meilleur et plus adapté à la culture de chaque âge de pouvoir tenir, mais pour que "jamais on ne croie autre chose, ni qu'on ne comprenne autrement la vérité absolue et immuable prêchée depuis le commencement par les apôtres.
Toutes ces choses, je promets de les observer fidèlement, entièrement et sincèrement, et de les garder inviolablement, sans jamais m'en écarter ni en enseignant ni de quelque manière que ce soit dans ma parole et dans mes écrits. J'en fais le serment ; je le jure. Qu'ainsi Dieu me soit en aide et ces saints Evangiles.