vendredi 14 avril 2017

Judas et les judas

14 avril 2012 - 14 avril 2017 
Note : comment concevoir qu'un des intimes du Sauveur ait pu devenir un traître ? Si Notre-Seigneur permit cette chute effrayante, c'est pour donner une leçon à toute l’Église jusqu'à la fin des temps. Ceux que Jésus s'est choisi pour intimes (même les évêques et les prêtres  de la tradition) peuvent devenir, hélas, des judas. Prions pour eux en ce vendredi saint.

Avez-vous jamais entendu l'expression : « un apostat » ? Elle désigne ceux qui connurent la grâce et l'intimité divine et qui plus tard l'abandonnèrent. C'est à eux que Notre-Seigneur fait allusion dans la parabole du semeur : « II n'y a pas en eux de racines ; ils sont inconstants, survienne la tribulation ou la per­sécution à cause de la parole, ils succombent aussitôt ». Appelons-les des « apostats » ; d'autres les appel­lent des renégats.

Personne n'a jamais quitté l’Église, corps du Christ, à cause d'une raison ; beaucoup l'ont quittée à cause d'une chose qui peut être l'orgueil, l'ambition, l'illusion, la sécheresse, la chair, l'un des mille et un succé­danés de la divinité. Ce qui illustrera le mieux cette vérité, c'est l'étude de Judas, l'homme qui quitta Notre-Seigneur pour une chose et de qui le Maître dit : « Mieux vaudrait pour cet homme qu'il ne fût jamais né ».

Un petit enfant naquit un jour à Kerioth. Les amis et les parents vinrent apporter des présents au bébé car il était l'enfant de la promesse. Non loin de là un autre Enfant naissait dans le village de Bethléem. Et parce qu'il était, lui aussi, l'enfant d'une promesse, des amis vinrent, apportant en présents l'or, l'encens et la myrrhe. Ces deux enfants grandirent ; un jour, l'homme de Bethléem rencontra l'homme de Kerioth à la séparation des eaux, et le Seigneur choisit Judas pour son apôtre.

Seul parmi les apôtres, il était originaire de la Judée, et puisque les gens de Judée étaient des administrateurs (économe peut-être polyglotte ?) plus habiles que les Galiléens, à Judas fut confiée la bourse apostolique. Sans doute était-il naturellement le plus apte à cette tâche. Utiliser les dispositions naturelles d'un homme, c'est le garder autant que cela est possible de l'apostasie, de la brouille et du méconten­tement. Mais aussi, les tentations dans la vie nous viennent sou­vent des choses pour lesquelles nous avons les plus grandes aptitudes.

Il faut qu'il y ait d'abord une faute intérieure avant que se produise la faute extérieure. Judas était avare. L'avarice est un péché pernicieux ; alors que les autres vices s'affaiblissent avec l'âge, l'avarice est toujours jeune. La cupidité de Judas se révéla particulièrement chez Simon quand celle qui n'était point conviée, la pécheresse, fit irruption pendant le souper, versa du baume sur les pieds de Notre-Seigneur et l'essuya de ses cheveux. Et la maison fut remplie de parfum.

Judas assistait au repas ce jour-là. Judas savait que la tra­hison du Seigneur était proche. Marie, la pécheresse, savait que sa mort était proche. Mettant le masque de la charité, Judas fei­gnit la colère devant le gaspillage du baume précieux. « Pourquoi n'a-t-on pas vendu ce parfum trois cents deniers pour les donner aux pauvres ? Il dit cela, non qu'il se souciât des pauvres, mais parce qu'il était voleur, et qu'ayant la bourse, il dérobait ce qu'on y mettait ».

Notre-Seigneur ne rendit point à Judas l'affront que lui fai­sait ce dernier. Il y a dans ses paroles quelque chose d'indiciblement triste et de si patient, de si tendre et de si doux : « Laisse-la ». Certes il ne saurait y avoir de gaspillage au service du divin amour.

Il y aura toujours des âmes pareilles à Judas pour se scan­daliser des richesses offertes au Christ dans son Église. Si un homme peut, sans causer le scandale, donner des joyaux à la femme qu'il aime, pourquoi l'âme ne pourrait-elle, en tribut d'amour, verser son abondance aux pieds du Dieu qu'elle aime ?

Notre-Seigneur loua la femme, disant qu'elle l'avait oint pour sa sépulture. Judas fut choqué. Ainsi Il allait donc mourir !

Un peu plus tard, le mercredi de la Semaine sainte, Notre-Sei­gneur prédit à ses apôtres ce qui allait arriver. Judas entendit Ses paroles : « Vous savez qu'après deux jours ce sera la pâque, et que le Fils de l'Homme sera livré pour être crucifié ».

Le Christ allait être crucifié. C'était sûr. Dans le cataclysme général, il fallait que Judas sauvât quelque chose pour satisfaire sa cupidité. « Alors l'un des Douze, appelé Judas Iscariote, alla trouver les Princes des Prêtres et leur dit « Que voulez-vous me donner et je vous le livrerai » ? Et ils lui comptèrent trente pièces d'argent. » Huit cents ans plus tôt Zacharie avait prophétisé : « Si vous le trouvez bon, octroyez-moi mon salaire ; sinon, laissez. Et ils pesèrent mon salaire, trente sicles d'argent ». (Zacharie XI, 12.) Celui qui revêtit la forme du serviteur fut vendu pour le prix d'un esclave.

Le lendemain soir, à la dernière Cène, quand Notre-Seigneur fit Son testament, Il nous légua ce que jamais mourant n'a pu léguer, c'est-à-dire Lui-même, le Sauveur parla de nouveau de la trahison : « ...L'un de vous va me trahir ». Les disciples se regardèrent l'un l'autre, disant : « Est-ce moi, Seigneur, est-ce moi » ?

Aux yeux de Dieu, nulle conscience n'est pure ; nul ne peut être assuré de son innocence. Judas demanda donc : « Est-ce moi, Rabbi » ? Le Seigneur répondit : « Tu l'as dit ». Alors Judas sortit, et « c'était la nuit ». C'est toujours la nuit quand on se détourne de Dieu.

Quelques heures plus tard, Judas descendait la colline de Jérusalem à la tête d'une troupe de soldats. Bien qu'il fît pleine lune cette nuit-là, les soldats ne connaissant pas celui qu'ils devaient appréhender, demandèrent à Judas un signe. « Celui que j'embrasserai, c'est lui, arrêtez-Le. »

Traversant le ruisseau du Cédron et pénétrant dans le Jardin, Judas jeta les bras autour du cou de Notre-Seigneur et d'un bai­ser flétrit ses lèvres. Un mot en retour : « Ami ». Puis la ques­tion : « Trahis-tu donc le Fils de l'Homme par un baiser » ? Ce fut la dernière parole que Jésus adressa à Judas. Judas avait droit au veau gras, mais il préféra le veau d'or.

Seul, Judas savait où trouver Notre-Seigneur à la nuit close. Les soldats l'ignoraient. C'est du dedans que le Christ dans son Église est livré aux mains de ses ennemis. C'est du mauvais catho­lique que vient la trahison. Ce ne sont pas les ennemis qui font à la cause du Christ le plus grand mal, mais ceux que l’Église a entourés dès le berceau et qui ont été élevés dans la foi. Le scandale des apostats fournit des occasions aux ennemis encore craintifs. Les ennemis accomplissent l'œuvre sanglante de la cru­cifixion, mais ceux qui ont vécu dans l'union avec le Christ leur préparent la voie.

Judas montra pour la cause de l'ennemi plus de zèle que pour la cause de Notre-Seigneur. De même, les hommes qui quittent l’Église cherchent en l'attaquant à apaiser leur conscience inquiète. Puisque leur conscience se refuse à les laisser tranquilles, ils refusent de laisser tranquille le guide de leur conscience. Le Voltaire railleur fut le Voltaire qui abandonna l’Église. La haine n'est pas due à l'incroyance, mais bien l'incroyance à la haine. L’Église inquiète les pécheurs dans leur péché ; ils sentent que s'ils pouvaient la chasser du monde, ils pourraient pécher avec impunité.

Mais pourquoi trahir par un baiser ? C'est que trahir la divi­nité est un crime si abominable qu'il faut toujours le faire précé­der de quelque marque d'affection. Que de fois dans les discussions religieuses, entendons-nous une louange du Christ dans son Église, suivie d'un « mais » qui introduit l'insinuation malveil­lante.

Nous pouvons attaquer les choses humaines sans chercher des excuses, nul besoin en ce cas d'un amour hypocrite pour servir de fourreau à l'épée qui tue. Mais en présence du sacré et du divin, il faut feindre l'affection quand l'affection devrait être sans feinte.

Nombreux sont ceux qui attaquent les croyances de l’Église pour la seule raison, disent-ils, qu'ils voudraient garder pure sa doctrine. S'ils s'en prennent à sa discipline, c'est qu'ils veulent conserver une liberté, ou même une licence, qu'ils croient essen­tielle à la piété. S'ils accusent l’Église de n'être pas assez spiri­tuelle, c'est qu'ils prétendent être les défenseurs de l'idéal le plus élevé — pourtant jamais aucun d'entre eux ne nous dit quel point de spiritualité doit atteindre l’Église avant qu'ils s'y rattachent. Mais chaque fois la déférence envers la religion précède l'hosti­lité à l'égard de la divinité : « Salut, Rabbi, et il l'embrassa ».

Le crime ne fut pas plus tôt commis que Judas en éprouva le dégoût. Les sources profondes du remords jaillirent dans son âme, mais, comme tant d'âmes de nos jours, il porta son remords à la mauvaise adresse. Il retourna vers ceux avec qui il avait trafiqué. Il avait vendu le Seigneur pour trente pièces d'argent.

Le prix reçu pour la trahison de la divinité est hors de toute proportion avec sa valeur réelle. Toutes les fois que nous vendons le Christ, que ce soit pour la richesse ou pour l'avancement, tels ceux qui abandonnent leur foi parce qu'ils ne peuvent faire une carrière politique en portant la croix sur leurs épaules, nous nous sentons toujours frustrés au bout du compte.

Rien d'étonnant à ce que Judas reportât les trente pièces d'argent à ceux qui les lui avaient données, et qu'il les envoyât rouler et tinter sur le pavé du Temple en disant : « J'ai péché en livrant le sang innocent ». Il ne voulait plus de ce qu'il avait tant désiré naguère. Tout l'attrait avait disparu. Ceux-là même à qui il rendit l'argent n'en voulurent pas. Cet argent n'était bon à rien qu'à acheter le champ du sang. Il restitua l'argent, les âmes ne sont pas sauvées par l'abandon de leur avoir, mais par le don de leur être.

Éprouver le dégoût du péché ne suffit pas. Il faut aussi le repentir. L’Évangile nous dit : « Judas, qui l'avait trahi, voyant que Jésus était condamné, se repentit ». Mais Judas ne se repentit pas au vrai sens du mot. Ses sentiments changèrent. Il ne se repentit pas envers Notre-Seigneur, « il se repentit en lui-même ». Cela, c'est de la haine de soi, et la haine de soi conduit au suicide. Se haïr soi-même, c'est déjà se tuer. La haine de soi n'est salutaire que si elle est associée à l'amour de Dieu.

La désillusion et le dégoût, c'est peut-être un pas fait dans le sens de la religion, ce n'est pas la religion elle-même. Certains croient aimer Dieu parce que la vie n'a pas tenu toutes ses pro­messes, ou parce que leurs rêves ne se sont pas réalisés. Ils sou­piraient après un bonheur terrestre, il n'a été qu'un mirage. Les dépressions économiques, les chagrins, la maladie, les déceptions les ont peu à peu détachés du monde où ils ne trouvent guère, de plaisir. Ils n'ont plus l'espoir de recouvrer leur jeunesse, ils se mettent à détester faiblement le péché. Ils confondent la sagesse avec la satiété. Ils jugent des vertus par les vices dont ils s'abstiennent. Ils se soucient peu de l'approbation ou de la désapprobation du monde. Les amis anciens ne les intéressent plus ; ils n'en peuvent trouver de nouveaux.

Le résultat c'est, qu'au bout d'un certain temps, ils cherchent un réconfort dans la religion. Ils gardent les commandements parce qu'ils n'ont pas de motif assez fort pour ne pas les observer. Ils cessent de boire, et de se livrer aux autres vices parce que cela ruine leur santé. Leur vertu c'est l'inertie, ils ressemblent à des icebergs dans les courants froids de l'Arctique. Parce qu'ils sont remplis d'anxiété, de complexes et de craintes, ils se mettent à lire Freud et apprennent qu'il faut, d'une manière ou d'une autre, sublimer leurs émotions. Ils se repentent, mais ils se repentent pour eux-mêmes. Ils regrettent leur sort, mais ils ne regrettent pas d'avoir offensé Dieu.

Et quand donc commença la trahison de Judas ? Le premier témoignage de sa chute que nous ayons dans les Évangiles se rapporte au jour où Notre-Seigneur annonça qu'il léguerait sa personne au monde dans l'Eucharistie. Dans la merveilleuse his­toire de ce grand sacrement, s'introduit la suggestion que le Sau­veur savait quel était celui qui le trahirait. Notre-Seigneur venait d'annoncer qu'il continuerait à être présent dans le monde, caché sous la forme du pain. Ses paroles sublimes laissaient entendre que l'union avec lui serait plus intime que l'union entre le corps et les aliments que nous mangeons : « De même que le Père qui est vivant m'a envoyé, et que je vis par le Père, ainsi celui qui me mange vivra aussi par Moi... Celui qui mange ce pain vivra éternellement ».

Notre-Seigneur, sachant ce qui se passait dans les âmes, poursuit : « Mais il en est parmi vous qui ne croient pas ». Et l’Évangile ajoute : « Car Jésus savait dès le commencement qui étaient ceux qui ne croyaient point, et qui était celui qui le tra­hirait ».

La trahison eut lieu la nuit même où Notre-Seigneur donna ce qu'il avait promis de donner pour la vie du monde, c'est-à-dire, la sainte Eucharistie.

Dans tout l’Évangile, aucun récit ne révèle mieux que la tragédie de l'apôtre traître, la puissance qu'a une passion unique pour enlacer, enchaîner un caractère d'homme, pour s'en emparer et le dégrader.

Quelles influences religieuses auraient pu être meilleures que celles dont fut entouré Judas, lui qui reçut dans son esprit, dans sa mémoire et dans son cœur l'empreinte de la Vie unique, incom­parable, d'où rayonnait l'ardeur de la sagesse et de la charité ? C'est donc nous qui le connaissons, nous qui possédons sa vérité et sa vie, c'est donc nous qui pouvons le blesser plus que ceux qui l'ignorent. Peut-être ne jouerons-nous jamais les grands rôles de traîtres ; nous trahirons par des signes insignifiants, pareils au baiser de Judas ; par le silence quand nous devrions prendre sa défense ; par la crainte de la moquerie quand nous devrions proclamer notre foi ; par une critique quand nous devrions porter témoignage ; par un haussement d'épaules quand nous devrions joindre les mains dans la prière. Vraiment le Sei­gneur peut bien demander : « Mon ami, vas-tu trahir le Fils de l'Homme par un baiser » ?

Judas descendit la vallée de Hinnom, la vallée des souvenirs terribles - la vallée de la Géhenne - il marchait sur le sol froid et pierreux au milieu des rochers aigus, entre les arbres noueux et rabougris auxquels ressemblait son âme torturée et tortueuse.  Tout semblait porter témoignage contre lui : la poussière : il y était destiné ; le roc : c'était son cœur ; les arbres surtout parlaient, leurs branches étaient des bras accusateurs, des doigts qui le désignaient ; leurs nœuds étaient, semblait-il, autant d'yeux. Les feuilles frémissaient, refusant de participer à son inutile des­truction. Leur murmure semblait dire que tous les autres arbres de leur espèce trembleraient de honte jusqu'au jour final des Assises Suprêmes.


Prenant une corde dans sa ceinture (comme cette ceinture lui rappelait celle de Pierre où pendaient les clefs du Ciel !), il la lança sur une branche maîtresse, et en assujettit l'extrémité autour de son cou. On eût dit que le vent lui apportait l'écho de paroles entendues un an plus tôt : « Venez à moi, vous qui peinez et qui êtes accablés, et vous trouverez le repos de vos âmes ». Mais il se repentait pour lui-même, et non pas envers Dieu.

Et tandis que le soleil s'obscurcissait, des deux côtés opposés de Sion, deux arbres prenaient place dans l'histoire : l'arbre du Calvaire, celui de l'espérance — l'arbre de Hinnom, celui du désespoir. Sur l'un était pendu Celui qui allait réunir le ciel et la terre ; et sur l'autre, celui qui voulait être étranger à la terre comme au ciel.

Le plus triste, c'est qu'il aurait pu être saint Judas. Il possé­dait ce que possède toute âme : une immense capacité de sain­teté et de paix. Soyons sûrs que, quels que soient nos péchés, sans égard pour les abîmes de nos trahisons, il est toujours une main tendue pour nous étreindre, un visage où brille la lumière du pardon, une voix divine qui nous dit la parole que jusqu'à la fin entendit Judas : « Mon ami ».

Mgr Scheen


lundi 10 avril 2017

L'abbé Schmidberger parle de prélature

La fin du reportage sur le site de Zaitzkofen se conclut ainsi (ordinations au sous-diaconat le 1er avril 2017) :

« Les cinq Lévites recevront ensuite le diaconat, puis, en Juin 2018, ils monteront  à l'autel comme prêtres. Peut-être alors que la Fraternité aura déjà été établie en prélature personnelle par Rome » !

(Die fünf Leviten sollen an der Pfingstoktav die Diakonatsweihe empfangen und dann Ende Juni 2018 als Priester an den Opferaltar treten. Vielleicht ist bis dahin die Bruderschaft von Rom schon als Personalprälatur errichtet.)


dimanche 9 avril 2017

Dieu Transcendant

Kyrie Eleison DVIII (8 avril 2017)



Aux hommes c’est ingrat si leur Dieu les dépasse.

N’empêche, le Bon Dieu de très loin les surclasse !


Si jamais il y a un moment de l’année où il convient en particulier de contempler la souffrance et mort de Notre Seigneur Jésus-Christ, c’est sûrement aujourd’hui, à la veille du Dimanche des Rameaux, juste avant la Semaine Sainte. Et chaque année cette contemplation devient plus nécessaire depuis 50 ans, parce que la souffrance de l’Église qui a éclaté avec Vatican II se fait toujours plus scandaleuse, toujours plus mystérieuse. Nous avons tous besoin de nous rappeler que Dieu est mystérieux, autrement dit qu’ Il dépasse infiniment nos petits esprits humains. « Car mes pensées ne sont pas les vôtres, ni vos voies les miennes. Car autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, autant mes pensées à Moi sont au-dessus des vôtres. » (Is. LV, 8–9).

Cette grande leçon nous est enseignée par le cinquième Mystère Joyeux du Rosaire, où à l’âge de douze ans Notre Seigneur a permis que sa Mère et St Joseph le perdissent pour leur rappeler qu’ Il devait s’occuper des choses de son Père. Sa Mère ne comprenait pas – « Mon Fils, pourquoi avez-vous agi ainsi avec nous ? » En effet, Il avait causé à ses parents humains trois jours d’anxiété intense – « Votre père et moi nous vous cherchions tout affligés. » Notre Seigneur leur répondit comme s’ils n’avaient eu aucune raison de s’affliger – « Ne saviez-vous pas qu’il faut que je sois aux choses qui regardent Mon Père ? » Mais leur anxiété avait été si intense que cette réponse n’était pas humainement compréhensible – « Mais ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait. » Néanmoins au lieu de Lui poser encore des questions, Marie « conservait toutes ces choses en son cœur, » pour mieux pénétrer dans les raisons de Dieu, même si elle n’avait pu comprendre.

Au futur Chef de l’Église, Pierre sur laquelle elle serait bâtie, la même leçon des voies de Dieu qui transcendent infiniment les nôtres devait être enseignée, même si plus rudement qu’à la tendre Mère de Dieu. Humain, par trop humain, Pierre reproche à Notre Seigneur Son audace pour avoir osé dire aux Apôtres qu’il montait à Jérusalem pour souffrir et mourir. La réponse de Notre Seigneur est mordante : « Retire-toi de Moi, Satan ! » et pourtant la réponse n’est pas essentiellement différente de celle qu’ Il a donnée à Sa Mère, « car tu ne goûtes pas les choses de Dieu, mais celles des hommes » (Mt. XVI, 21–23). Pierre venait d’être élu comme Pierre de l’Église (Mt. XVI, 16–18). A lui moins qu’à tout autre homme il ne pouvait être permis de penser plutôt humainement que divinement quand il devrait gouverner l’Église.

 
Pourtant Notre Seigneur reconnaît bien la pensée par trop humaine des hommes dès qu’il s’agit des choses de Dieu. Voilà pourquoi bientôt après avoir fait à Pierre ce reproche si dur, Il l’emmène avec Jean et Jacques sur le Mont Tabor pour que Sa Transfiguration y permît à Sa divinité de paraître tout éblouissante à travers Son humanité. Cela permettrait aux Apôtres d’être secoués jusqu’à la moelle par le déicide atroce qui aura lieu à Jérusalem, mais trois d’entre eux pourraient rendre témoignage de ce qu’ils auraient vu de leurs propres yeux, même avant la Passion, de la divinité qui brillait comme le soleil du dedans de l’homme crucifié sur le Calvaire (cf. II Pierre I, 16–18).

Et de nos propres jours ? Les Catholiques savent que l’Église est la continuation sur terre de la vie Incarnée du Christ sur terre, et donc en principe ils savent de même que tout comme les 33 ans du Christ se sont terminés par Sa Passion et Mort, de même l’Église Militante peut prendre fin sur terre en saignant de toutes ses blessures jusqu’à ce qu’elle soit virtuellement éteinte. Néanmoins, voir ceci en réalité arriver sous ses yeux est apte à secouer la foi de maint brave croyant – « Mais comment est-ce possible que ces Papes-ci, ces Cardinaux et ces Évêques constituent l’autorité de Dieu dans la structure de Son Église ? » Bien sûr, ils n’en sont pas en général les représentants dignes, mais où ailleurs trouve-t-on ceux qui constituent sa structure ? Patience. Même traîné au Calvaire, c’était Dieu. Même traîné dans le Nouvel Ordre Mondial, c’est Dieu. Mais Il n’a pas encore dit Son dernier mot !

Kyrie eleison.

samedi 8 avril 2017

MILES CHRISTI XIII (fin)

Note de Reconquista : Voici le dernière partie de cet article de l'abbé Chazal...

Pendant ce temps, les prêtres de la résistance font de leur mieux pour suivre le droit canon et ceux qui ne le font pas se retrouvent seuls, n'en faisant qu'à leur tête. La défense de la Foi n'est pas une excuse pour faire fi de la prudence des anciens, car nous n'avons pas lancé tout ce mouvement pour suivre notre volonté propre, espérons-le, mais la loi dans son essence et dans sa substance. Le Droit Canon requiert un cursus spécifique au séminaire et ce, de manière explicite : il faut étudier intégralement les 24 thèses thomistes prévues par saint Pie X pendant les années de philosophie. Nous n'avons pas le droit de nous dispenser de ces contraintes. J'ai été littéralement épouvanté lorsque l'abbé Suneel m'a dit qu'à Boston, on dissuadait les séminaristes d'étudier seuls dans leur cellule, sans parler du fait qu'il n'y ait pas de cours de Droit Canon, ni de Dogme, ni de Théologie morale, ni de cosmologie, ni de psychologie, etc... ce qui signifie que l'enseignement dispensé aux séminaristes n'est rien d'autre qu'une totale immersion dans la sagesse "universelle" d'un gourou (qui est au demeurant un bon orateur). 

Les âmes ne tireront aucun profit de tout ce fatras et elles mépriseront les prêtres s'ils sont ignorants. Ce n'est pas ce que veut l'Église : "Tradidi quod et accepi." Nous devons transmettre ce que nous avons reçu, "in eodem sensu, in eamdem forma et in eodem modo". 

Pour autant que je puisse en juger de par mes échanges avec mes confrères "non-kentuckiens", la collaboration canonique se déroule en toute courtoisie et charitable entraide. Les confrères ne viennent pas s'ingérer dans notre travail, ni aboyer autour de nous, mais, au contraire, nous aident dans les situations difficiles auxquelles il peut nous arriver d'être confrontés et nous offrons notre aide en retour. Tous les prêtres indépendants et tous les groupes de prêtres reprennent de facto des responsabilités territoriales et s'attachent à un troupeau particulier : "Je connais mes brebis et mes brebis me connaissent" et dans chaque zone géographique un chef spirituel émerge naturellement. L'ordre canonique est l'ordre de la raison. Il n'est donc pas surprenant que, lorsque des hommes raisonnables collaborent, cet ordre canonique soit restauré. 

Notre organisation n'est pas parfaite (il en était d'ailleurs de même au temps de Mgr Lefebvre) mais elle est suffisante. En cas de nécessité, ce que le droit prévoit n'est pas l'epikeia illimitée ni une absence de loi mais bien ce règne de la loi qu'il nous faut continuer à bâtir, avec certaines dispenses là où le Droit Canon ne règle pas la question. 

Un de nos prêtres est accusé. Que faisons-nous? L'évêque ordonne à un prêtre versé dans le Droit Canon de faire une enquête, de rechercher preuves et témoins. Ledit prêtre ne les ayant pas trouvés, l'affaire est classée, tandis que le courageux évêque supporte patiemment les calomnies, sa principale intention étant de soutenir le prêtre, de se porter garant de sa probité. Le jeu en vaut la chandelle, car c'est le règne du droit que l'on défend alors et non la cause d'un seul homme: "Fiat jus, ruat caelum." 

Un autre de nos confrères est accusé. De nouveau, l'évêque ordonne une enquête. Cette fois, le cas est sérieux, il s'avère qu'il y a des preuves. L'évêque se résout alors à exclure le prêtre de nos rangs, et comme ce confrère voulait rejoindre la résistance dans le seul but d'échapper à la justice, nous renvoyons l'affaire à Menzingen et à son chronique refus de prononcer ces embarrassants verdicts de dégradation. 

D'autres prêtres, tel l'abbé T., ont essayé de se rapprocher de nous...Ils ont juste essayé.  75% de nos aspirants sont rejetés.


Un autre confrère dans le sacerdoce a gravi la montagne jusqu'à nous. Il avait l'air très aimable et très convaincant, mais ses états de service étaient déplorables. 

À mesure que les années passent, nous prions pour que l'Esprit de Jésus-Christ soit davantage présent dans nos milieux et que disparaisse cet esprit d'anarchie qui est la note dominante dans un trop grand nombre de nos "paroisses". On ne peut pas dire que le cas de l'abbé Pfeiffer soit la preuve du contraire, car ce prêtre est désormais livré à lui-même et les portes se ferment devant lui, non pour des raisons doctrinales (sauf à considérer sa communicatio in sacris avec Moran) mais pour des raisons canoniques, comme par exemple l'acceptation de séminaristes qui ont des empêchements graves n'admettant pas de dispense, ses calomnies à l'égard de Mgr Thomas d'Aquin et du Père Jean et de toute personne figurant sur la liste noire de Greg Taylor. 

L'abbé Pfeiffer allègue que tout évêque convient pour une ordination dès lors qu'il est "valide".  La licéité n'est pas son problème. Il a bien tort! 

Mettre en avant l'epikeia signifie qu'on est déjà dispensé de toutes les lois ou qu'on les a transgressées, selon le côté de la médaille que l'on regarde, mais cela signifie aussi que l'on ne peut pas collaborer avec qui que ce soit et, par conséquent, cela veut certainement dire aussi : "Ne venez pas vous plaindre si personne ne veut collaborer avec vous."  Vous vous retrouvez tout seul, surtout parce que vous proclamez que la foi seule suffit à couvrir tous ces péchés...alors que la résistance se propose de résister à toute forme de volonté propre, que celle-ci se cache derrière les pièges de l'autorité (nouvelle Rome, Menzingen) ou de la "pure foi" (Kentucky). 


Gel du conflit avec la FSSPX: 


Après la désastreuse interview accordée par Mgr Fellay à "Conflict Zone" en mars dernier, nous n'avons plus guère entendu parler de lui (excepté la petite phrase: "La prélature est prête" à Dillwyn).  Je commençais à avoir le sentiment qu'il était en train de s'assagir. Et juste au moment où je me laissais aller à cette opinion, je reçois des nouvelles qui prouvent le contraire. Je résume : "Je vois que notre pape actuel, le pape François, a le souci des âmes...des périphéries... Il veut aller à la recherche de la brebis perdue... ce souci s'étend à tout l'univers, et donc aussi à nous-mêmes." 

En outre, de source sûre, le Supérieur Général de la FSSPX a déclaré dans la même interview qu'il ne manquait plus qu'un "coup de tampon" et la garantie du crocodile de Rome qu'il nous prendra "tels que nous sommes". 

Nous n'avons donc pas menti au cours de ces cinq années, alors que de nombreuses déclarations du style "L'accord a été annulé" ou "Il n'y a pas d'accord" étaient bel et bien des mensonges. 

Nous n'entendons plus beaucoup de prêtres de la FSSPX s'opposer ouvertement à l'entente qui sera bientôt conclue. Ce qui est effrayant, c'est que celui qui accepte qu'on lui raconte un mensonge est prêt pour le mensonge suivant : "La Fraternité combattra plus efficacement le modernisme après la signature de l'accord." Prions pour qu'il n'en soit rien et que de nombreux prêtres se réveillent. 

J'aimerais bien tomber nez à nez avec un prêtre de la FSSPX pour lui poser quelques questions intéressantes, mais le dernier que j'aie vu devant moi au terminus du voyage en bateau courait si vite... et il était en meilleure forme que moi... 

Il y a trois mois, "l'ancien combattant" Tim Pfeiffer m'a dit que si un accord venait à être signé, ce serait une bonne chose, "car cela signifierait que nous sommes prêts. "... et c'est le meilleur prêtre de la Fraternité que je connaisse en Asie. 

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Espérons que certains d'entre eux prendront conscience que la résistance, malgré toutes ses imperfections, est en train de mettre de l'ordre dans ses affaires (voir schéma ci-dessus) et est beaucoup mieux organisée qu'auparavant. C'était notre souhait, en 2012, qu'au moment du naufrage du cuirassé, un croiseur de combat ou un destroyer se tienne prêt à prendre à son bord d'autres survivants. 

Le reproche du cardinal Burke: 

Cependant, pour l'instant, la proie peut encore frétiller dans la gueule du crocodile. On peut penser que c'est trop peu et trop tard, trop tard pour lancer des "Dubia" à la tête du crocodile, mais soyons beau joueur et admettons que le cardinal Burke nous donne une idée de ce qui pourrait arriver en des temps meilleurs....les inférieurs du pape saisiraient l'occasion et appelleraient un chat un chat. 

À suivre.

PAX

+Abbé Chazal

jeudi 6 avril 2017

Embellissement de la chapelle de M. l'abbé Ballini en Irlande

La fidélité catholique a beau vivre dans une certaine pauvreté, cela ne dispense pas les prêtres de veiller à la beauté du culte et surtout de l'autel qui est le centre de la vie sacerdotale. M l'abbé Ballini a réussi à aménager avec peu de moyens une belle chapelle.





mercredi 5 avril 2017

Un vicaire silencieux , par un prêtre encore dans la (néo) fsspx


Nous invitons nos lecteurs à lire attentivement, jusqu'au bout, cette petite histoire d'un prêtre qui, lors de la révolution française n'a pas voulu suivre ses confrères à la guillotine pour des motifs de prudence. L'abbé de Blois nous décrit, d'une façon un peu imaginaire, les raisons pour lesquelles ce prêtre ne fait pas le pas. Ce conte imaginaire ne serait il pas ce que des prêtres de la fsspx n'osent pas faire aujourd'hui : rejoindre la résistance ? L'abbé de Blois nous donne la réponse. 



mardi 4 avril 2017

Mariages de la FSSPX reconnus par Rome

Note de Reconquista : Un document romain du 27 mars dernier (voir ci-dessous) permet aux prêtres de la FSSPX de célébrer les mariages de "leurs" fidèles. Sans doute, avons-nous affaire ici au palier suivant dans le processus de fusion-ralliement; c'était en effet le dernier sacrement "à problème". Reste la confirmation. Qu'en sera-t-il du sacre d'un évêque ? 

Nous reproduisons ci-dessous le texte romain, l'annonce qui en a été faite par La Porte Latine et l'analyse qu'en a faite un intervenant du forum Résistance catholique. 


Nous nous permettons d'y ajouter une petite réflexion : a-t-on réalisé qu'en acceptant ce texte, les futurs époux se retrouvent soumis au code de 1983 (dont Mgr Lefebvre disait qu'il est pire que la nouvelle messe) ?
Avant d'aboutir à une prélature entièrement organisée, il ne reste plus à Rome qu'à annuler la "suppression de la FSSPX".

LETTRE DE LA COMMISSION PONTIFICALE “ECCLESIA DEI” AUX ORDINAIRES DES CONFÉRENCES ÉPISCOPALES CONCERNÉES AU SUJET DES PERMISSIONS POUR LA CÉLÉBRATION DE MARIAGES DE FIDÈLES DE LA FRATERNITÉ SAINT PIE X 

Prot. : 61/2010

Éminence,
Excellence Révérendissime,
Comme vous le savez, différents types de rencontres et d’initiatives sont en cours depuis longtemps pour ramener la Fraternité sacerdotale Saint Pie X dans la pleine communion. Ainsi le Saint-Père a-t-il récemment décidé d’accorder à tous les prêtres de cet institut les pouvoirs de confesser validement les fidèles (Lettre Misericordia et misera, n. 12), de manière à assurer la validité et la licéité du sacrement qu’ils administrent et à ne pas laisser les personnes dans le doute.
Dans la même ligne pastorale, qui veut contribuer à rasséréner la conscience des fidèles, malgré la persistance objective, pour le moment, de la situation canonique d’illégitimité dans laquelle se trouve la Fraternité Saint Pie X, le Saint-Père, sur proposition de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi et de la Commission Ecclesia Dei, a décidé d’autoriser les Ordinaires du lieu à concéder aussi des permissions pour la célébration de mariages de fidèles qui suivent l’activité pastorale de la Fraternité, selon les modalités suivantes.
Dans la mesure du possible, la délégation de l’Ordinaire pour assister au mariage sera donnée à un prêtre du diocèse (ou du moins à un prêtre pleinement régulier) pour qu’il reçoive le consentement des parties dans le rite du Sacrement qui, dans la liturgie du Vetus ordo, a lieu au début de la Sainte Messe ; suivra alors la célébration de la Sainte Messe votive par un prêtre de la Fraternité.
En cas d’impossibilité ou s’il n’existe pas de prêtre du diocèse qui puisse recevoir le consentement des parties, l’Ordinaire peut concéder directement les facultés nécessaires au prêtre de la Fraternité qui célébrera aussi la Sainte Messe, en lui rappelant qu’il a le devoir de faire parvenir au plus vite à la Curie diocésaine la documentation qui atteste la célébration du Sacrement.
Certaine que, de cette façon aussi, on pourra éviter les débats de conscience chez les fidèles qui adhèrent à la FSSPX et les doutes sur la validité du sacrement de mariage, tout en facilitant le chemin vers la pleine régularisation institutionnelle, cette Congrégation sait qu’elle peut compter sur votre collaboration.
Au cours de l’audience du 24 mars 2017 accordée au Cardinal Président soussigné, le Souverain Pontife François a approuvé la présente Lettre et en a ordonné la publication.

Rome, au siège de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, 27 mars 2017. 

Gerhard Card. Müller
Président

+ Guido Pozzo
Archevêque titulaire de Bagnoregio
Secrétaire



Le Pape autorise la FSSPX à célébrer - sous certaines
conditions - le mariage de ses fidèles – 27 mars 2017
Le Pape François autorise la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X à célébrer - sous certaines conditions - le mariage de ses fidèles. Dans une lettre [Voir infra] de la Commission pontificale Ecclesia Dei aux Ordinaires des conférences épiscopales concernées, son président, le cardinal Gerhard Müller, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, précise que le Saint-Père « a décidé d’autoriser les ordinaires du lieu à concéder aussi des permissions pour la célébration de mariages de fidèles qui suivent l’activité pastorale de la Fraternité ».
Le Pape François a approuvé cette lettre lors d'une audience le 24 mars 2017.

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Analyse de Mikaël  (Forum Résistance Catholique)


 Ce document est très intéressant car il conforte l'analyse de la résistance catholique en ce qui concerne le processus d'intégration de la fsspx dans l'église conciliaire.

0) Il est dans la logique du Motu Proprio qui met en état d'infériorité le rite de toujours avec la Messe conciliaire : le prêtre de la fsspx est, dans le cas du mariage, mis au rabais par rapport au curé de la paroisse qui recevra les consentements.  La tradition est mise au service du modernisme. Du pur Ratzinger. 

1) Il est dans la logique de la "levée" des excommunications de 2009 qui faisait cesser un soi-disant état de péché public de la fsspx pour la remettre dans un état de légalité : dans ce document, les autorités romaines soulignent bien l'état irrégulier de la fsspx. Les prêtres de la fsspx, en célébrant désormais des mariages dans le cadre de l'église officielle le devront à la miséricorde des autorités conciliaires ...

2) Il est dans la logique de la déclaration de Mgr Fellay en 2012 qui n'a jamais été formellement rétractée auprès des autorités romaines et qui permet à Rome d'intégrer en douceur les fidèles de la fsspx sans que les modernistes ne s'en inquiètent outre mesure.

3) Il est dans la logique de la reconnaissance des confessions de la fsspx dans le cadre de l'église conciliaire (pour l'année "jubilaire" et reconduite désormais en raison de la bonne conduite du supérieur général). 

4) Il est dans la logique de la reconnaissance des ordinations sacerdotales des jeunes séminaristes de la néo fsspx. Si Rome reconnaît ces prêtres comme faisant partie de l'église officielle, il est bien logique qu'elle leur concède un peu de son ministère (on devrait dire que la fsspx sous traitera le ministère des curés modernistes )

5) Il est logique surtout dans le fait que Rome donnera tôt ou tard une prélature qui ne sera que la finalisation légale d'un processus commencé depuis longtemps.

Logiquement Menzingen ne pourra que s'en réjouir puisque son désir est d'arriver aussi à la prélature. Son communiqué officiel sera suffisamment édulcoré pour ne pas manifester une joie délirante et aussi pour rassurer les prêtres et les fidèles qui sont encore sous son influence. La maison générale de la fsspx  fera peut être un rappel sur le fait que les mariages de la fsspx étaient autrefois valides en raison de l'état de nécessité comme ils le firent le 1er septembre 2015 au sujet de reconnaissance des confessions par le pape (" La Fraternité Saint-Pie X exprime sa reconnaissance au Souverain Pontife pour ce geste paternel. Dans le ministère du sacrement de pénitence, elle s’est toujours appuyée, en toute certitude, sur la juridiction extraordinaire que confèrent les Normae generales du Code de droit canonique."). Ils souligneront sûrement le fait que cette délégation de mariages se faisait déjà au niveau local sans préciser qu'il s'agissait pour les fidèles d'avoir un lieu pour se marier et non un certificat de légalité conciliaire dont se moquent en général les bons fidèles.
Les supérieurs de la fsspx seront par contre très discrets pour préciser sous quel régime canonique les mariages de la neofsspx se dérouleront.


Que feront maintenant les fidèles qui ne veulent pas de cette église conciliaire ? 


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 Deuxième analyse par  Mikaël  


Le document pontifical ne fait pas allusion aux autres congrégations (capucins, bénédictins, fraternité de la Transfiguration etc..) . La seule allusion est faite aux "fidèles qui suivent l'activité pastorale de la fsspx". Autrement dit ce sont les prêtres de la fsspx qui sous délégueront aux prêtres de ces congrégations... dans la mesure où ils suivent et ne détournent pas les fidèles des activités pastorales de la fsspx ( en d'autres termes : le ralliement).

On en arrive donc in fine à ce qui est en projet dans la prélature : la prélature sera sous l'autorité de Mgr Fellay qui pourra à son gré intégrer (ou désintégrer) des oeuvres sous sa juridiction. Mais cette même prélature devra elle même s'intégrer aux activités des diocèses et ne pourra pas faire abstraction des autorités locales pour les mariages (et autres sacrements).

Dans un premier temps, Rome va tolérer que des mariages se fassent encore au sein de la fsspx sans passer par le curé local. Cette tolérance est en rapport avec les longues et "mauvaises" habitudes prises de conférer les sacrements sans en référer à la hierarchie au nom de l'état de nécessité. Mais puisque l'état de nécessité ne peut coexister avec la juridiction ordinaire (acceptée par menzingen par ses remerciements) , le moment ne peut pas ne pas arriver où la fsspx devra passer pour tous les mariages par l'ordinaire du lieu et lui confier le double des registres.

Cette perspective est désormais inéluctable . 

 

lundi 3 avril 2017

MILES CHRISTI XIII (suite)

Résumé : Dans cette quatrième partie, l'abbé Chazal nous entretient de difficultés inhérentes à la situation très particulière que nous vivons : celle qui résulte de la défaillance des autorités.

Dans nos milieux, l'un des facteurs d'anarchie est la prolifération de théologiens laïques en pantoufles et autres bloggers aux idées très arrêtées, qui se font justice eux-mêmes. Non que ce soit leur faute : ce désordre provient du vide de pouvoir qui fait suite à l'abus de confiance commis par les autorités. Et cependant, sans en avoir conscience, ces laïques se saisissent du glaive du pouvoir spirituel et s'arrogent le droit de condamner des fidèles, des groupes de fidèles, des clercs et même des évêques, en fonction des erreurs qu'ils perçoivent. Ils ne se rendent pas compte que c'est là une chose que nous faisons le moins possible et toujours avec grande patience. Nous avons montré une grande patience à l'égard de l'abbé Pfeiffer, lui donnant de charitables avertissements et il n'en a pas été autrement avec Mgr Fellay : pendant un très long temps (trop longtemps selon l'abbé Ceriani, qui considère cette patience comme du libéralisme), nous avons supporté ses prises de position libérales.

Goa Janvier 2017
Je le répète, les fidèles aux idées très arrêtées commencent toujours bien. Il était nécessaire de dénoncer et d'exposer certains faits. Il fallait les porter à la connaissance du public en raison de la négligence de leur devoir envers la Vérité de tant de prêtres qui se cachaient derrière une fausse notion du bien commun, permettant ainsi à un mal commun de prospérer.
Il n'en reste pas moins vrai que l'Église catholique est dirigée par les clercs et cette affirmation ne relève aucunement du cléricalisme. Notre Seigneur Lui-même ne s'est pas dispensé de cet ordre par Lui établi et son douloureux soupir : "Père, si ce Calice ne peut passer sans que Je le boive..." est généralement interprété comme une référence à l'immense nombre d'âmes qui se perdront, malgré tous les efforts de Jésus-Christ, en raison de la trahison des clercs. Et pourquoi Judas est-il devenu apôtre?

Cebu Février 2017
Les commentateurs hyper-opiniâtres tirent profit de la perte de confiance qui coïncide avec les abus de confiance perpétrés à notre époque. Et tandis que les prêtres et les évêques reconstruisent une autre ligne de résistance, ils sont la cible de prêtres et de laïques qui grossissent les problèmes aux yeux du public, alors que la situation est calme et que les choses avancent, le rejet le plus total de l'Église conciliaire sous tous ses aspects étant un facteur d'unité (après notre Foi et notre lien juridique).

Mais nous finissons par ignorer purement et simplement ces gens, parce que c'est sur le champ de bataille, au sein des groupes, dans les chapelles, les maisons et les séminaires que les choses se décident, et non à l'intérieur de la blogosphère, qui a eu un temps son utilité.

Enfin et surtout, disons que si, nous, clercs, laissions le glaive du pouvoir spirituel entre les mains des laïques, ce serait un véritable carnage... Le peu qui demeure du "petit reste" serait instantanément massacré. Malgré tous leurs défauts épouvantables, les prêtres ont une maternité naturelle à l'égard des petites brebis que ne possèdent pas (du moins à en croire les blogs) les laïques. "Tamquam nutrix fovens filium suum..." (Épître de la fête de Saint Pie X). Avant de nous séparer de qui que ce soit, nous devons user de patience, de bonté; nous devons parler, exhorter, supplier, prodiguer conseil sur conseil...l'exclusion des sacrements et l'expulsion étant l'ultime recours, après que le délinquant a longuement et amplement abusé de notre patience.
Cebu Février 2017

Pourquoi tout ce discours? Ne suis-je pas en train de devenir sentimental au lieu de rester doctrinal? Ne favorisé-je pas le chaos avec cette maternité sacerdotale fraîchement découverte?

Non, car je ne fais pas autre chose que ce qu'a fait Notre Seigneur. Remarquez bien que Jésus-Christ disait toujours la Vérité. La meilleure explication que l'on puisse trouver à son choix du peuple juif est qu'Il a voulu montrer sa divine, son infinie longanimité en supportant les nuques les plus raides de toute la galaxie."Comme il est étrange que Dieu ait choisi les Juifs", dit Chesterton...  Étrange et pourtant pas si étrange que ça. C'est la manière d'agir du Bon Dieu.

Donc, lorsque des fidèles nous demandent de mettre à la porte tel ou tel homme, tel ou tel prêtre, la réponse est non, à moins qu'il n'y ait péril grave et imminent, ce qui est rare.

Bien sûr, certains nous parleront des périls qui nous menacent de près. L'exagération du danger est une des formes de la lâcheté. La plupart des gens qui doivent être exclus s'en vont d'eux-mêmes, comme ce fut le cas, à Melbourne, pour le comité révolutionnaire, les sédévacantistes amers et les libéraux impénitents. Que Dieu nous pardonne pour ceux que nous avons perdus par notre propre faute, car Seul Notre Seigneur Jésus-Christ peut dire: "J'ai gardé ceux que Vous m'avez donnés et Je n'en ai perdu aucun."

Comment le Christ a été tué par le péché et comment le Christ a tué le péché


L'enthousiasme de la Charité par M. l'abbé Pivert

Source : https://abbe-pivert.com/parcourir-voie-christ-enthousiasme/

Un très beau sermon de M l'abbé Pivert pour bien profiter du temps de la Passion et comprendre que Notre Seigneur est venu nous apporter la vraie liberté et la vraie joie, alors que le monde  nous enchaîne dans la tristesse d'un froid légalisme.
M.l'abbé Pivert nous montre que Notre Seigneur nous a essentiellement ouvert une voie.
Une aide pour les parents et les enfants afin de bien comprendre la vraie notion de liberté et d'obéissance.

Pour écouter le sermon : ici

Pour le télécharger : ici 

dimanche 2 avril 2017

Lent Déclin – II

Kyrie Eleison DVII (1er avril 2017)


Il s’est bien égaré, notre monde moderne.

Si je le suis, pareil ! Il faut que je discerne.


La lettre originale venant des États-Unis, et résumée ici il y a une semaine, était bien plus longue que son résumé, où beaucoup de choses intéressantes ont été omises. Voici encore deux paragraphes précieux, sur la tournure que prennent l’éducation et les jeunes femmes dans la Tradition. La grande leçon qui en sort est toujours la même – si je ne vis pas à la hauteur de ce que je pense, ma pensée ne pourra pas ne pas baisser au niveau de ma vie. Patience. Le Bon Dieu ne demande pas l’impossible, mais Il s’attend bien à ce que nous fassions notre possible.

Peut-être est-ce le domaine de l’éducation où le modernisme entame plus qu’ailleurs le mouvement de la Tradition. Toutes sortes de pratiques modernes ont pénétré dans les écoles sans que personne ne semble s’en être aperçu. La philosophie pédagogique et psychologique des années ‘50 et ‘60 s’y est introduite, suivie de tous les mots à la mode et de tout l’attirail qui lui correspond. Les professeurs ancien style sont devenus le problème. Toute une armée moderne d’administrateurs, de spécialistes en programmes scolaires, d’experts en éducation, de psychiatres pour enfants, etc., est maintenant aux commandes, et elle promet de tout améliorer du côté surtout du monde, par exemple pour les résultats d’examens, l’entrée aux universités, et les carrières bien payantes. Il devient d’autant plus difficile de distinguer les écoles supposément Traditionnelles des écoles publiques.

La révolution sociale qui pénètre chaque jour plus dans les enfants de nos écoles se montre surtout dans les jeunes femmes. Il y a une nouvelle souche virulente de féminisme Traditionnel. Beaucoup de nos filles ont absorbé le poison moderne de vouloir être les concurrentes égales des hommes. Depuis très jeunes on les dresse contre les hommes. Elles veulent rivaliser avec eux, et elles pensent qu’elles peuvent faire presque tout ce que peut faire un homme. Elles pensent que seule la capacité physique doit limiter ce qu’elles peuvent faire. Et qu’est-ce qu’en dit la Tradition ? Elles n’en ont cure, ou presque. Elles avalent les mêmes mensonges qui ont déjà ruiné une ou deux générations de filles. Elles se font l’idée qu’elles peuvent bien réussir une carrière professionnelle, dans n’importe quel domaine, et en même temps être une bonne épouse et mère catholique. Dans les cercles de la Tradition on n’entend plus le vieux principe qu’une femme doit rester au foyer, il est même ouvertement méprisé. Et ce qui est le pire de tout, nos filles entendent ces choses non pas dans le monde mais chez nos propres fidèles. Il y a trop de femmes qui exercent une autorité publique dans nos écoles, et il y a trop de femmes qui enseignent. Voici en pratique la Révolution, et cela présente un exemple très mauvais à nos filles, qu’aucune prédication ne saura contrer. Et pourtant, à quoi profite-t-il qu’une femme s’habille modestement si elle agit en homme pour tout le reste, surtout socialement, économiquement et politiquement ? Il y a quelques années tout le monde savaient ces vérités-là, et pas seulement les Traditionalistes, mais voilà qu’aujourd’hui on les promeut comme si elles font partie de la Tradition même.


Mais qu’est-ce qui est si mauvais à l’éducation moderne et à ses méthodes modernes ? Réponse, le cœur et l’âme de la vraie éducation, c’est la Foi catholique, ce qui signifie des adultes croyants qui profitent de l’autorité qui leur vient de la (vraie) Église pour transmettre aux enfants, par un contact humain, direct et vivant, d’abord comment arriver au Ciel, et ensuite comment mener une vie saine d’adulte qui n’empêche pas d’aller au Ciel. Car combien de ces « administrateurs, spécialistes en éducation, psychiatres d’enfants, etc., » ont une expérience directe de la salle classe, encore moins la Foi ? Sans la Foi, la salle de classe actuelle est devenue une jungle, pleine de bêtes féroces. Il n’est guère surprenant si les « experts » la fuient. Ils n’ont aucune idée ni la capacité de former quiconque.

Et qu’est-ce qui est si mauvais aux femmes modernes ? Les hommes modernes, qui leur ont permis de se déchaîner. Dieu a fait les femmes pour être soumises à leurs hommes, même avant la Chute. Alors que peut faire une brave fille ? Prier St Joseph et Ste Anne qui ont tous les deux réussi un mariage céleste, pour trouver un mari qu’elle puisse respecter. Le bras de Dieu n’est point raccourci par la méchanceté des hommes (cf. Is. LIX, 1). Et les hommes ? Vos femmes vous obéiront d’autant plus facilement que vous-mêmes vous obéirez à Dieu (I Cor. XI, 3).

Kyrie eleison.

samedi 1 avril 2017

Croisade de la Charité

Le texte du mois d'avril est paru.  Dans deux semaines, nous serons à la veille de Pâques et la Joie qui l'accompagne.  Cette joie ne doit pas être uniquement réservée à cette période; elle nous est toujours nécessaire pour agir en toute Charité.


Nous souhaitons à tous nos lecteurs une bonne fin de Carême et de Saintes et joyeuses fêtes pascales!