mercredi 10 mai 2017

Jeudi 11 mai : Sacre de Mgr Zendejas

Demain à 9h00 locale (15h00 heure française), débutera la cérémonie du Sacre de Mgr Zendejas par les trois évêques de la Tradition ( SE Mgr Richard Williamson, SE Mgr Thomas d'Aquin et SE Mgr Jean Michel Faure). 

Vous pourrez suivre en direct (si le lien fonctionne ) la cérémonie sur ce lien YouTube.com/SoldierofCTK

Nous vous invitons à prier pour le nouvel évêque afin qu'il soit un digne héritier spirituel de Mgr Lefebvre et de Mgr Williamson.
Puis le lendemain, le vendredi 12 mai , les quatre évêques réunis consacreront la Russie au Cœur Immaculé de Marie. 

mardi 9 mai 2017

Panique à Menzingen

Suite à la très courageuse lettre des 7 doyens, Menzingen (via l'abbé Bouchacourt et  plus spécialement M l'abbé Loïc Duverger)  essaye d'étouffer cette ultime réaction de survie avant la fatale prélature qui emporterait définitivement la FSSPX dans l'église conciliaire. Voici la lettre qui menace ces bons confrères courageux. 

Documents à télécharger en pdf : " Lettre du supérieur de district" et "Étude de Menzingen"


Menzingen a donc sorti précipitamment un document (truffé d'erreurs canoniques) pour répondre aux objections soulevées par les 7 doyens. On notera au passage que Menzingen avoue implicitement ne plus reconnaître l'état de nécessité ( et donc la crise de l’Église)  puisqu'elle accepte la juridiction conciliaire pour les mariages. 






Mais les 7 doyens signataires et les communautés amies tiennent bon et sont solidaires. Nous prierons spécialement pour eux . L'avenir de la Tradition est dans leur courage à la suite de Mgr Lefebvre et de Mgr Williamson. 

lundi 8 mai 2017

Une grande fracture spirituelle se manifeste au sein de la fsspx

Par Marcello Giana
Source : gloriatv

Alors que la France est occupée et distraite par des "élections" présidentielles, un évènement d'une très grande importance s'est passé ces jours-ci au sein de la fsspx (Fraternité Sacerdotale St Pie X). En effet, 7 Doyens du district de France et 3 supérieurs de communautés religieuses amies de la fsspx ont cosigné un document titré :

Ce document a été ensuite lu dans diverses chapelles (St Nicolas) de la fsspx par les doyens eux-mêmes.
Cette lettre "ouverte" fait suite à la reconnaissance canonique par le pape François des mariages de la fsspx. Le pape François, dans le cadre du rapprochement entre la fsspx et les autorités romaines, avait en effet publié un document dans lequel il déclarait que les mariages de la fsspx pourront être reconnus valides dans la mesure où ils seront célébrés dans le cadre du diocèse et qu'ils seront dès lors enregistrés dans les archives épiscopales.
Suite à ce document émanant du pape, le supérieur actuel de la fsspx (Mgr Fellay) s'était réjoui et avait "remercié profondément le Saint-Père pour sa sollicitude pastorale".
Mais il semble désormais que la ligne de conduite des supérieurs de la fsspx (rapprochement, ralliement ou prélature) ne soit pas acceptée par une partie notable de prêtres de la fsspx, surtout en France.
Jusqu'ici, il semblait que cette résistance au ralliement de la fsspx n'était que le cheval de bataille de Mgr Williamson et des prêtres de la résistance. Beaucoup de prêtres de la fsspx paraissaient faire grief au prélat anglais de diviser la fsspx et semblaient suivre assez passivement la politique de ralliement que Mgr Fellay avait commencée depuis le début des années 2000 et accélérée depuis le chapitre de l'été 2012.
Mais désormais la fracture spirituelle entre ceux qui souhaitent se rallier à Rome et ceux qui ne veulent pas apparaît au grand jour au sein de la fsspx. Cette lettre des doyens est un refus à peine voilé de ce processus en cours.
Que va-t-il désormais se passer ? Difficile de le prévoir mais ce qui est désormais certain, c'est l'existence d'une fracture profonde au sein de l’œuvre de Mgr Lefebvre.

Cette situation de division interne qui apparaît désormais en public n'est-elle pas la confirmation que la vérité seule est le ciment interne de toute société ?

Marcello Giana

dimanche 7 mai 2017

A propos des mariages dans la FSSPX

Note : Alors que Menzingen a remercié le Pape François pour son document concernant les mariages dans la FSSPX, nous portons à votre connaissance le document de certains doyens du district de France 

Bien chers fidèles,

Le 4 avril dernier, la commission pontificale Ecclesia Dei rendait publique une lettre de son président, le cardinal Müller, relative aux mariages célébrés par les prêtres de la FSSPX. Explicitement approuvé par le pape qui en a ordonné la publication, ce document entend régir les mariages célébrés dans le cadre de la Tradition catholique.

Suite à cette lettre, une vaste campagne de communication, émanant d’horizons très différents, veut laisser croire que par ce geste, le pape reconnaît purement et simplement les mariages que nous célébrons, voire reconnaît la validité de tous les mariages que nous avons pu célébrer jusque-là. La réalité est, hélas, bien différente.

Parce que cette question vous touche au plus près, qu’elle concerne votre foyer, vos enfants en âge de contracter mariage, votre avenir, nous nous devons de vous éclairer tant sur la portée réelle de ce document romain que sur notre attitude.

[L’évidente validité de nos mariages]

Vous le savez, depuis quarante ans maintenant, les autorités romaines refusent de reconnaître la validité des mariages que nous célébrons, et ce malgré le droit de l’Église
.
Certes, ce droit prévoit que le sacrement de mariage soit célébré devant le curé de paroisse ou son délégué, ainsi que devant au moins deux témoins[1]. C’est ce qu’on appelle la forme canonique du mariage, nécessaire à sa validité. Or les prêtres de la Fraternité Saint-Pie X n’étant ni curés de paroisse ni délégués par eux, certains soutiennent que les mariages qu’ils célèbrent sont invalides, par défaut de forme canonique. Sous ce motif, les tribunaux tant romains que diocésains n’hésitent pas à déclarer nuls ces mariages. Ce faisant, ils s’opposent pourtant au droit le plus fondamental de l’Église[2].

En effet, ce même droit canon[3] prévoit le cas où « il n’est pas possible d’avoir ou d’aller trouver sans grave inconvénient un assistant compétent selon le droit ». Si une telle situation était prévue durer trente jours, alors la loi ecclésiastique reconnaît aux futurs le droit d’échanger validement et licitement leurs consentements devant les seuls témoins laïcs ; sans curé de paroisse donc, ni de prêtre délégué par lui. Cependant, pour la licéité de l’acte, ces futurs mariés doivent faire appel si c’est possible à n’importe quel prêtre. Un mariage ainsi célébré l’est selon la forme appelée extraordinaire. C’est sous cette forme que, depuis quarante ans, nous recevons validement et licitement l’échange de vos consentements, sans qu’aucun doute soit possible.

[L’état de nécessité]

Car vous le savez, il n’existe hélas aucun doute sur la situation extraordinairement dramatique que traverse l’Église[4]. Celle-ci subit toujours plus aujourd’hui ce que Mgr Lefebvre appelait “le coup de maître de Satan” : « Diffuser les principes révolutionnaires par l’autorité de l’Église elle-même.[5] » Nous voyons en effet les autorités de l’Église, depuis le siège de Pierre jusqu’au curé de paroisse, porter directement atteinte à la foi catholique par un humanisme dévoyé qui, plaçant au pinacle le culte de la conscience, détrône d’autant Notre Seigneur Jésus-Christ. Ainsi, la royauté du Christ sur les sociétés humaines est simplement ignorée, voire combattue, et l’Église est saisie par cet esprit libéral qui se manifeste spécialement dans la liberté religieuse, l’œcuménisme et la collégialité. A travers cet esprit, c’est la nature même de la Rédemption réalisée par le Christ qui est remise en cause, c’est l’Église catholique, unique arche du salut, qui est niée dans les faits. La morale catholique elle-même, déjà ébranlée dans ses fondements, est renversée par le pape François, par exemple lorsque celui-ci ouvre explicitement la voie à la communion des divorcés « remariés » vivant maritalement.

Cette attitude dramatique des autorités ecclésiales entraine sans aucun doute un état de nécessité pour le fidèle. En effet, il y a non seulement grave inconvénient, mais encore réel danger à remettre son salut entre les mains de pasteurs imbus de cet esprit « adultère[6] », délétère tant pour la foi que pour la morale. Nous n’avons d’autre choix que de nous protéger d’une telle autorité, parce qu’elle « est dans une situation d’incohérence et de contradiction permanente » et que, « tant que cette équivoque ne sera pas dissipée, les désastres se multiplieront dans l’Église.[7] » Nous vivons ces circonstances où la véritable obéissance réclame de désobéir[8], car « il vaut mieux obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes » (Ac 5, 29).

Aussi longtemps que cette équivoque des autorités ecclésiales ne sera pas dissipée, persistera également le grave inconvénient prévu par le canon 1098, et sera donc justifiée la célébration de mariages selon la forme extraordinaire.

De plus, le mariage impliquant comme tout sacrement une profession de foi, on ne peut contrer le droit des fidèles aux sacrements en leur imposant un ministre qui oriente habituellement son ministère dans la direction adultère officialisée à Vatican II, alors qu’ils ont la possibilité d’en référer à un prêtre indemne de cette prévarication de la foi.

[La portée du document romain]

A la lumière de ces principes apparaît la portée réelle du document romain. Persistant dans la ligne désastreuse de Vatican II, les autorités romaines prétendent tout simplement vous priver de la forme extraordinaire du mariage, par négation de l’état de nécessité. Ce document veut donc vous obliger à recourir pour votre mariage à un prêtre diocésain, ne laissant aux prêtres de la FSSPX que la possibilité de célébrer la messe qui suit. La Commission Ecclesia Dei prévoit en effet que, « dans la mesure du possible, la délégation de l’Ordinaire pour assister au mariage [des fidèles de la FSSPX] sera donnée à un prêtre du diocèse (ou du moins à un prêtre pleinement régulier) pour qu’il reçoive le consentement des parties […] ; suivra alors la célébration de la Sainte Messe votive par un prêtre de la Fraternité. » 

C’est seulement « en cas d’impossibilité ou s’il n’existe pas de prêtre du diocèse qui puisse recevoir le consentement des parties, [que] l’Ordinaire peut concéder directement les facultés nécessaires au prêtre de la Fraternité. » Autrement dit, c’est seulement et seulement si il existe un cas de nécessité – dont on ignore la nature, puisqu’il ne s’agit plus du grave dommage que l’esprit libéral cause à la foi catholique – que l’évêque pourra donner délégation à un prêtre de la Fraternité Saint-Pie X. Tout autre mariage célébré par un prêtre de la FSSPX sans délégation explicite de l’Ordinaire continuera à être considéré invalide par les actuels détenteurs de l’autorité suprême.

Outre qu’une telle décision est aussi injuste que nulle, elle fait une nouvelle entorse à l’esprit du droit. La commission Ecclesia Dei s’y permet en effet ce que même le nouveau code de droit canonique s’était interdit, à savoir mettre sous la coupe de l’Ordinaire la forme extraordinaire du mariage, et ce au dépend du droit naturel au mariage[9].

[Nos mariages, très certainement valides hier, aujourd’hui et demain]

Aussi, tant que durera cet état dramatique de l’Église et l’équivoque destructrice dans laquelle vivent les plus hautes autorités de l’Église, nous continuerons pour notre part à user de la forme extraordinaire du mariage, sans la laisser indûment régenter par l’Ordinaire.

Nous continuerons donc à célébrer validement et licitement vos mariages dans nos églises et chapelles, comme nous l’avons toujours fait jusque-là, nous en référant pour cela aux canons 1098 de l’ancien code et 1116 du nouveau, indépendamment de toute entente préalable avec l’Ordinaire.

A ceux qui objecteraient qu’une telle pratique serait désormais invalide puisque les autorités ecclésiastiques offrent une possible délégation de l’Ordinaire, nous leur répondrons que l’état de nécessité qui légitime notre façon de faire n’est pas canonique mais dogmatique, que l’impossibilité de recourir aux autorités en place n’est pas physique mais morale. Nous ne voulons tout simplement pas abandonner les âmes qui, acculées par les circonstances, se confient à notre ministère. Elles n’ont pas fui des autorités prévaricatrices pour qu’on les leur impose au cours d’une des cérémonies les plus importantes de leur vie. Par ailleurs ceux qui nous font une telle objection montrent qu’ils connaissent bien peu le droit de l’Église, lequel raisonne inversement. Celui-ci permet en effet à des fidèles de se placer volontairement dans le cas de nécessité pour contracter validement et licitement un mariage selon la forme extraordinaire, quand bien même ils auraient la possibilité de faire autrement[10].

Dans le cas où certains fidèles obtiendraient d’un curé la possibilité de voir leur mariage célébré dans son église paroissiale, nous nous en tiendrons à nos sages coutumes établies par le temps. Dans la mesure où ce curé serait habituellement bien disposé vis-à-vis de la Tradition de l’Église et nous laisserait le soin de la prédication, nous ne verrions pas d’objection à ce que celui-ci reçoive les consentements selon le rituel traditionnel, tout en laissant à un prêtre de notre Fraternité la célébration de la messe[11]. Mais nous refuserons cette célébration de la messe si, délégation devant être donnée, celle-ci nous était refusée, au profit par exemple d’un prêtre Ecclesia Dei.

Pour le bien du sacrement de mariage, pour le bien de vos foyers, pour le bien de vos âmes, nous n’entendons pas non plus soumettre la cause de vos mariages à une juridiction ecclésiastique dont les tribunaux déclarent nuls des mariages certainement valides, sous le faux prétexte du manque de maturité psychologique des contractants. Nous savons en outre combien ces mêmes tribunaux entérinent de fait le divorce catholique par le biais de la procédure simplifiée de nullité de mariage promulguée par le pape François. C’est pourquoi nous continuerons à ne reconnaître comme ultime juge de ces questions que la commission Saint Charles Borromée, que la Fraternité Saint Pie X a dû établir précisément en raison de ces déclarations de nullité certainement invalides.

[Conclusion]

Enfin, qu’il nous soit permis d’exprimer notre grand étonnement au sujet de cette décision romaine et de l’écho qu’elle a reçu. La prélature personnelle que l’on fait miroiter à la Fraternité Saint-Pie X était censée nous reconnaître tels que nous sommes, et nous garder dans l’indépendance à l’endroit des Ordinaires du lieu. Or les premières décisions prises consistent à soumettre injustement nos mariages à ces Ordinaires, avant de conditionner demain l’ouverture de nos nouvelles Maisons à leur approbation. C’est dire combien la duplicité de langage ne règne pas seulement dans le domaine de la foi et de la morale, mais encore dans ces questions canoniques.

Aussi, en cette année centenaire des apparitions de Fatima, nous invoquons le Cœur Immaculé de Marie non pas pour qu’Elle mette fin à notre situation canonique jugée irrégulière par certains, mais afin que l’Église soit libérée de son occupation moderniste et que ses plus hautes autorités retrouvent le chemin suivi par l’Église jusqu’à Vatican II. C’est alors que nos évêques pourront remettre leur épiscopat entre les mains du Souverain Pontife[12].

Le 7 mai 2017,
Abbé David ALDALUR, Doyen du doyenné de Bordeaux
Abbé Xavier BEAUVAIS, Doyen du doyenné de Marseille
Abbé François-Xavier CAMPER, Doyen du doyenné de Lyon
Abbé Bruno FRANCE, Doyen du doyenné de Nantes
Abbé Thierry GAUDRAY, Doyen du doyenné de Lille
Abbé Patrick de LA ROCQUE, Doyen du doyenné de Paris
Abbé Thierry LEGRAND, Doyen du doyenné de Saint-Malo
Ont également cosigné cette lettre :
R.P. JEAN-MARIE, Supérieur de la Fraternité de la Transfiguration
R.P. PLACIDE, Prieur du monastère bénédictin de Bellaigue
R.P. ANTOINE, Gardien du monastère capucin de Morgon

[1] Code de 1917, canon 1094; Code de 1983, canon 1108
[2] Ce sont en effet les axiomes fondamentaux du droit qui sont en jeu : La loi suprême est le salut des âmes, et Les sacrements sont pour les hommes bien disposés
[3] Code de 1917, canon 1098 ; Code de 1983, canon 1116
[4] Quand bien même un doute aurait subsisté quant à l’existence de cette situation d’exception autorisant l’usage de la forme extraordinaire du mariage, il faut souligner que, selon le droit, l’Église suppléerait au manque de juridiction (Code de 1917, canon 209 ; Code de 1983, canon 144), gardant donc à l’acte toute sa validité.
[5] Mgr Lefebvre, Le coup de maître de Satan, Editions saint Gabriel, 1977, p. 5-6
[6] Mgr Lefebvre, Déclaration publique à l’occasion de la consécration épiscopale de plusieurs prêtres de la FSSPX, in Fideliter, hors série des 29 et 30 juin 1988
[7] Mgr Lefebvre, Le coup de maître de Satan, Editions saint Gabriel, 1977, p. 5-6
[8] Mgr Lefebvre, L’obéissance peut-elle nous obliger à désobéir ?, note du 29/03/1988 in Fideliter, hors série des 29 et 30 juin 1988
[9] Cf. André Sale, La forma straodinaria e il ministro della celebrazione del matrimonio secondo il codice latino e orientale, éditions Pontificia Universita Gregoriana, Rome 2003, pp. 142 à 154 : à la veille du concile Vatican II, plusieurs évêques et cardinaux demandèrent une modification du canon 1098 relatif à la forme extraordinaire du mariage. Pour éviter les abus dans l’usage de cette forme, ils proposèrent qu’elle ne puisse être utilisée sans que les époux aient tenté au moins un recours à l’Ordinaire, et jamais contre l’avis de ce dernier. Aussi, un projet de modification dudit canon fut proposé lors de la 4ème session du concile : « [Forma extraordinaria celebrationis matrimonii] Ad valide contrahendum matrimonium coram solis testibus extra periculum mortis, praeter conditiones praescriptas in can. 1098 CIC, requiritur : a) ut petitio Ordinario loci facienda, si fieri possit, omissa non fuerit, vel matrimonium non celebretur nisi post mensem ab interposita petitione sine responsione ; b) ut matrimonium non celebretur contra ordinarii vetitum (Conc. Vatic. II ; Periodus III, in AS 3, pars 8, 1075) [La forme extraordinaire de la célébration du mariage] Pour contracter validement un mariage en dehors du péril de mort et devant les seuls témoins, et au-delà des conditions prescrites au can. 1098, il est requis : a) que la demande à faire auprès de l’Ordinaire du lieu, n’ait pas été omise, si possible, ou que le mariage ne soit pas célébré avant une durée d’un mois postérieure à l’envoi de la demande et sans avoir obtenu de réponse ; b, que le mariage ne soit pas célébré contre l’interdiction de l’Ordinaire ».. Après une discussion difficile, les pères conciliaires décidèrent majoritairement de laisser la décision entre les mains du Pape et de la Commission pour la révision du droit canonique. Cette Commission aborda plusieurs fois ce point (en 1970, 1975, 1977, 1978 et 1982), mais les discussions furent âpres. Finalement, le canon 1116 du nouveau code reprenait substantiellement le canon 1098, sans y introduire le moindre devoir de recourir à l’ordinaire pour utiliser la forme extraordinaire du mariage. Le motif en était que soit assuré le droit naturel au mariage en toutes circonstances.
[10] Le 13 mars 1910, la Sacrée Congrégation des Sacrements déclare valide le mariage devant les seuls témoins de ceux qui se rendent, pour tourner la loi, dans une région où existe l’impossibilité commune. Cf. Naz, Traité de Droit Canonique in. can. 1098, T. II  n° 426 p.377 note 2.
[11] Ce faisant, nous n’entendrions pas pour autant entériner l’injustice manifeste de la nouvelle décision romaine, laquelle rend inapte un prêtre de la Fraternité Saint Pie X à recevoir juridiction d’un curé de paroisse, et frustre ce dernier d’un pouvoir qui lui est pourtant ordinaire.
[12] Mgr Lefebvre, Déclaration publique à l’occasion de la consécration épiscopale de plusieurs prêtres de la FSSPX, in Fideliter, hors série des 29 et 30 juin 1988

Double Consécration

Note : à notre époque aussi, le Cœur Immaculé triomphe.

Kyrie Eleison DXII (7 mai 2017)

En ruines autour le Diable tout submerge,
Mais à l’œuvre toujours voyez la Sainte Vierge.

Comme commentaire sur les Consécrations d’un nouvel évêque et de la Russie qui doivent avoir lieu la semaine prochaine à Vienne en Virginie, USA, voici le témoignage d’un autre lecteur de ce « Commentaire », venant du Brésil. Son témoignage met les Consécrations du 11 et du 12 mai dans le contexte de la crise actuelle du monde et de l’Église, contexte qui ne leur prête ni trop ni trop peu d’importance, mais qui met en relief le rôle central joué dans les deux cas par le Cœur Douloureux et Immaculé de Marie. Il écrit :—

« Dans le “Commentaire” je lis vos références constantes à tous les quinze Mystères du Saint Rosaire. Dans une lettre des années 1930, Sœur Lucie de Fatima a écrit que si seulement les autres nations comme le Portugal étaient consacrées au Cœur Immaculé de Marie, « le Ciel leur donnerait des grâces aussi grandes sinon plus grandes encore. » Évidemment le Ciel veut sauver les nations du monde par le Cœur de Marie, et quiconque comprend cela a déjà reçu de Dieu une grâce spéciale. Pourtant quelle autre nation que le Portugal a fait avec tous ses évêques une telle Consécration ? Aucune, que je sache.

« Mais si le grand nombre des hommes ne profite pas des merveilles du Cœur Immaculé, Elle daigne encore donner Sa grâce aux humbles laïcs, comme nous pouvons en témoigner ici au Brésil. En 2011 notre chapelle fut consacrée au Cœur Immaculé, et une chaîne suspendue au mur symbolise son Saint Esclavage à la Sainte Vierge. En particulier depuis des années maintenant nous pratiquons les Cinq Premiers Samedis. Lorsque nous n’avons pas de Messe, nous faisons ce que nous pouvons, moyennant un chapelet, une Communion spirituelle, la méditation de quinze minutes sur les Mystères du Rosaire et un acte de réparation au Cœur Immaculé, comme Notre Dame nous a demandé de le faire.

« Son Rosaire, tous les quinze Mystères, a été prié tous les jours depuis 2011 devant le Saint Sacrement par l’un ou l’autre groupe d’entre nous, tous les jours, et les grâces sans nombre que nous en avons reçues sont à peine à croire. Cette Dévotion du Rosaire et des Premiers Samedis est très spéciale pour Dieu, même par ces temps aussi mauvais que les nôtres. Elle est la lumière de nos temps de ténèbres et d’apostasie. Nous devons pratiquer cette Dévotion et étudier toute l’histoire des apparitions de Fatima, et appliquer ce que nous y apprenons à notre vie de tous les jours et aux groupes de la “Résistance”.

« Étant donné les difficultés que l’on a à vivre dans un monde libéral sans le Christ, étant donné que la Révolution mine cette forteresse de la Tradition qu’était autrefois la Fraternité St Pie X, étant donné notre grande misère et nos nombreux péchés, on n’exagérerait nullement à dire que c’est grâce au Rosaire et aux Premiers Samedis que nous maintenons une Chrétienté en miniature, un groupement catholique avec une ambiance catholique, avec de bons amis et une formation doctrinale, solide et spirituelle, anti-libérale et contre-révolutionnaire. Nous avons nos problèmes humains, bien sûr, mais nous recevons beaucoup de grâces du Cœur Immaculé. Par le moyen des quinze Mystères tous les jours, nous témoignons des merveilles accomplies par la Sainte Vierge dans une personne, une ville, même un pays. Béni soit le Rosaire de la Vierge Marie ! »

Voici la grandeur et la petitesse des Consécrations de la semaine prochaine. Elles sont petites en n’aidant à maintenir qu’au niveau le plus humble, dans un monde qui s’est livré au Diable, de petites enclaves de Chrétienté. De telles enclaves sont possibles partout, et partout elles sont d’une valeur infinie, parce qu’il y a une grandeur infinie à contribuer au salut des âmes pour toute l’éternité. Et pour les deux Consécrations, c’est au Cœur Immaculé de la Très Sainte Vierge en particulier que vont nos remerciements.

Kyrie eleison.

samedi 6 mai 2017

Victoire du Rosaire en 2017 ?

 Note : A l'occasion de ce premier samedi du mois de mai 2017 et à la veille d'évènements politiques français qui engagent plus profondément la France dans un processus mondialiste (qui n'est qu'un communisme déguisé et cravaté), il est bon de se rappeler que toute victoire catholique n'est qu'une victoire de Notre Dame et donc du Rosaire. C'est Elle seule qui écrase le serpent infernal. Les catholiques sont actuellement abandonnés par la hiérarchie officielle et tyrannisés par le pouvoir mondialiste. Cette permission divine n'a qu'un but : laisser toute la gloire de la victoire à Notre Dame. Raison de plus de s'attacher au Rosaire

Les grandes victoires du rosaire par le RP Marie-Dominique (O.P. ) du couvent de la Haye aux Bonshommes.  Extrait du Sel de la terre n°41


I) Victoire sur les Cathares

AU DÉBUT du XIIIe siècle, en Languedoc, peu de temps après avoir été révélé à saint Dominique, le rosaire apparaissait à la fois comme une arme de guerre invincible contre les ennemis de l’Église (bataille de Muret le 12 septembre 1213), mais aussi comme une méthode de prédication extrêmement efficace pour combattre l’hérésie et convertir les âmes (1) (2). Ainsi fut vaincu un fléau, « vraie guerre sociale, qui laissait trop prévoir ce que serait désormais l’histoire pour la cité sainte (3) », car « on étouffa la doctrine des Albigeois au moins quant à sa prédominance extérieure ; mais elle resta sourdement comme semence de toutes les erreurs qui devaient éclater au XVIe siècle (4) ». Victoires sur l’islam

« Lorsque les nations chrétiennes de l’Orient, celles qui avaient transmis aux Occidentaux le flambeau de la foi qu’elles ont laissé s’éteindre chez elles, eurent assez fatigué la justice divine par les sacrilèges hérésies dont elles défiguraient l’auguste symbole de la foi, Dieu déchaîna sur elles, du fond de l’Arabie, le déluge de l’islamisme qui engloutit les chrétientés premières. [...] C’est notre tour maintenant, nations occidentales, si nous ne revenons pas au Seigneur Notre Dieu !. »

Aux XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles, l’invasion menaçait l’Europe chrétienne. Mais celle-ci eut assez de foi pour la repousser, en prenant l’arme du rosaire : spécialement à Lépante (7 octobre 1571), Vienne (12 septembre 1683) et Peter- wardein (26 juillet 1716) (5) (6) (7) .

Ces victoires furent à l’origine des fêtes liturgiques du Saint Nom de Marie (12 septembre) et de la solennité de Notre-Dame du très saint Rosaire (premier dimanche d’octobre).

II) Victoires sur le protestantisme

La révolution protestante de 1517, préparée par la Renaissance, fut la première grande étape de l’apostasie des nations (8).

 La Rochelle : 1er novembre 1628

Lorsqu’au XVIIe siècle le protestantisme menaça dangereusement le royaume de France, ce fut encore le rosaire qui l’en délivra (9) .

A la tête d’une puissante armée, le roi Louis XIII s’efforçait de réduire à l’obéissance la ville de La Rochelle, soutenue par l’Angleterre, et qui était devenue le boulevard du protestantisme en France. Sur l’ordre du monarque, le rosaire fut d’abord récité solennellement au couvent dominicain du Faubourg Saint-Honoré à Paris, en présence de toute la cour. On le priait à deux chœurs, selon la coutume dominicaine. Puis le roi appela le père Louvet O.P., célèbre prédicateur à l’époque, afin de prêcher une mission à l’armée avec plusieurs frères prêcheurs. On distribua 15 000 chapelets parmi les troupes et, chaque soir, les protestants...

vendredi 5 mai 2017

Des nouvelles d'Austrasie

Hua Hin, 2th to 4th of May 2017

Dear Faithful, 
The priest annual meeting went well, we elected a regional superior, clipped the powers of the Superior General a bit, for starters; discussed priestly matters to organize better; and doctrinal aspects on sedevacantism, Islam, pfeifferism, and problems and lessons to be drawn from neo-SSPX disasters. We exchanged our views on the apostolate, canonical registers, and Fr Suneel renewed his engagement.

Fr Francois Chazal

Fr Valan D.Rajakumar 

Fr Rémi Picot 

Fr Arogya Suneel Pio

Br June Mark, secretary.




Traduction par les soins de Reconquista : 


Hua Hin (Thaïlande) du 2 au 4 mai 2017

Chers fidèles, 

La réunion sacerdotale annuelle s'est bien déroulée, d'abord, nous avons élu le supérieur régional et limité un peu les pouvoirs du Supérieur Général; nous avons discuté de questions sacerdotales pour mieux nous organiser, et d'aspects doctrinaux sur le sédévacantisme, l'islam, le "pfeifferisme", et les problèmes et leçons à tirer du désastre de la néo-FSSPX.  Nous avons échangé nos points de vue sur l'apostolat, les registres canoniques, et l'abbé Suneel a renouvelé son engagement.

Abbé Francois Chazal
Abbé Valan D.Rajakumar
Abbé Rémi Picot
Abbé Arogya Suneel Pio
Frère June Mark, secrétaire

mercredi 3 mai 2017

Croisade de la Charité

Le texte du mois de mai est paru.  En cette année du centième anniversaire des apparitions de Fatima, ne pouvions-nous trouver un aspect de la Charité dans la première de ces apparitions ?  Certes...  Il n'en manque pas; lorsque Notre-Dame nous parle, c'est toujours pour augmenter en nos âmes l'amour de Dieu et du prochain.  Regardons Lucie qui ne monopolise pas la conversation sur elle-même ...

Lettre amicale à un prieur pour corriger quelques points ...

objet: Votre bulletin en progrès , mais peut mieux faire...
Trifouillis, le 3 mai 2017
Dies natalis du Père Calmel en 1975

Monsieur le Prieur,

La crainte serait-elle le début de la sagesse?

Pas si sûr, si la crainte d'une prélature personnelle n'est due qu'aux seules frasques du pape François, et non à la crainte d'être incorporé officiellement à une contre-façon de l'Église.

Je constate encore de graves erreurs argumentaires dans votre dernier Bulletin.

1- Votre réponse à Mgr Schneider
Vous écrivez: « Mgr Lefebvre aurait sûrement accepté sans hésiter la proposition canonique d'une prélature personnelle », (dixit Mgr Schneider), oui probablement au regard du droit canonique; mais certainement pas au regard de la doctrine à laquelle est attachée la prélature ».
Hé bien c'est faux!
Pour Mgr Lefebvre comme pour le canoniste abbé Coache, autant le codex 1917 est « NSJC au for externe » (abbé Coache), autant le codex 1983 est « Le Concile antichrist au for externe ». Avec le recul, il devient évident que la signature du protocole de mai 1988 fut aussi le fruit d'une pression interne à « Ecône » de la part de nombre de vocations sacerdotales et religieuses qui étaient « en retard d'une apocalypse », et qui le sont encore au sein du GREC. La rétractation de signature dès le lendemain par Mgr Lefebvre fut une grâce immense, incommensurable, pour la survie éternelle d'un nombre incalculable d'âmes perdues.

Mais le martyre n'a rien à voir avec le suicide, et le témoin catholique rien à voir avec le bonze thibétain, le kamikase japonais, ou le djihadiste assassin autant que suicidaire. Mgr Lefebvre ne tient pas seulement d'Athanase, mais aussi de la Pucelle Sainte Jeanne d'Arc, avec tout ce que cela comporte de « juridiction » et Royaume légitime. Vous et vos semblables même sortis d'Ecône n'avez pas intégré ni vraiment compris les mots pourtant plus que frappants du père Calmel, de Mgrs Lefebvre et de Castro-Mayer:

l'appareil des modernistes est le pandemonium de l'antéchrist, nous avons affaire à une contre-façon de l'Église, nullam partem, ce code canonique est pire que le novus ordo.

Même Mgr Tissier de Mallerais ne fait plus, ou amoindrit, le « lien organique » entre la cause matérielle et la cause formelle, c'est-à-dire entre le corps de l'église dite conciliaire et l'obéissance à sa « juridiction » , la Rome refusée par Mgr Lefebvre dès Novembre 1974. Ne parlons même pas de l'abbé Pfluger pour qui il faut revenir en 1974, les sacres de 1988 étant probablement une « regrettable erreur, partagée entre Rome et Mgr Lefebvre », et qui tout en accusant tout opposant à « Rome » de sédévacantiste « pratique », se garde bien de le dire de Mgr Lefebvre...

Lorsque Mgr Tissier parle à juste titre d'être en état de grâce, il « oublie » de préciser que cela n'est possible que dans le « royaume de la grâce ». Or la Rome conciliaire pseudo-canonisée du codex 1983, est à la Rome de toujours du codex 1917, ce que le royaume d'Angleterre fut au Royaume de France du temps de la Pucelle. Ce que Mgr Lefebvre voyait fort bien et que Mgr Tissier ne voit plus très bien, c'est le rôle primordial des causes efficientes (paternités), dont la juridiction est au principe des causes finales à atteindre, et des moyens institués par NSJC pour y parvenir. « Ce sont les supérieurs qui font les inférieurs ». Pour Mgr Lefebvre, le refus de la Rome conciliaire et de son droit canon est tout aussi absolu, que le refus du magistère objectif (dogme) qu'elle prétend imposer « de jure catholico » comme étant la doctrine de l'Église, et qui de surcroît met en doute le seul pouvoir surnaturel, le pouvoir d'ordre lui-même et tous les sacrements qui transmettent la grâce. Dans la « Rome conciliaire et son droit canon 1983 », les papes de l'Église sont absolument empêchés d'agir comme « papes dans l'Eglise ». Ils sont comme le roi de France qu'il faut « sortir » de l'emprise du royaume d'Angleterre.

Le motif du refus de prélature n'est donc pas seulement « conjoncturel » (aujourd'hui le pape François, demain un nouveau Benoit), mais « structurel »: dans la « Rome réformée », révolutionnée, aucun pape ne peut exercer la véritable papauté selon NSJC, mais seulement une contre-façon de papauté. S'il a et garde le « primat juridique » sur les évêques, ceux-ci ne peuvent le suivre dans son éventuelle « abdication » en tant que Pontife selon l'ordre du Christ de « relier » l'homme à NSJC, et non l'homme à l'Homme. Accepter toute « juridiction romaine » actuellement, sous prétexte qu'elle est « ordinaire », c'est accepter la soumission de la papauté à une pseudo-papauté, celle du Royaume de Luther, assassin du Royaume de la grâce. Quant aux tradis ralliés, ils sont hélas les « bourguignons » qui ne refusent pas que le roi de France (le pape) reste assujetti au royaume d'Angleterre (la Rome conciliaire).

Ste Jeanne d'Arc ne sélectionna pas les plus vertueux des soldats, mais accepta beaucoup de pécheurs. La ligne de clivage n'est donc pas d'abord la sainteté morale des fidèles, mais leur conviction à bouter l'intrus hors du Royaume. Les « intrus » actuels sont les libéraux et modernistes introduits jusqu'à Rome, mais où qu'ils soient dans nos rangs. Mais aussi nos « bourguignons », tradis de culte mais libéraux pactisant avec la Rome occupée, sa juridiction de perdition par la justification luthérienne.

2- votre « oecuménisme ».
Vous écrivez: « Quand les plus hautes autorités romaines permettront aux fidèles de la tradition de demeurer ce qu'ils sont, c'est-à-dire catholiques avec tout ce que cela suppose et sous-entend, qu'elles prouveront par des actes concrets et sérieux cette bonne volonté, qu'elles arrêteront de se comporter en Ponce Pilate, préférant un monde déicide à Jésus-christ et à son Corps mystique bimillénaire, alors certaines choses pourront être envisagées ».

D'abord je mets au défi quiconque de donner un sens précis à votre charabia, parfaitement insignifiant, équivoque, ambigu comme un texte conciliaire. Ce verbiage creux me rappelle Gaudium et Spes...

Ensuite, c'est réduire le rôle du pape à celui - au mieux - de l'empereur Constantin, accordant enfin la « liberté de leur culte » aux catholiques, mais dans une « église romaine » qui n'en interdit aucunement tous les autres... Au mieux, car vous ne parlez que de droit et non de devoir, ni ne précisez « qu'au milieu de tous les autres », la Rome conciliaire actuelle ferait comme Constantin, privilégier la Tradition sur les « autres »! Au contraire, la prélature personnelle sera liée par Rome à une tolérance aussi « extra-ordinaire » dans cette « église », que l'y est déjà le « rite extra-ordinaire » des ralliés, son catéchisme « toléré », ses canons et calendriers liturgiques (à quelle date la solennité du Christ-Roi?), etc, etc... Quand on sait le sort de tout « privilège » dans la Révolution, mieux vaut se passer de celui-là, venant en outre d'une Rome finalement sans foi ni loi...

Enfin, je ne vois pas du tout en quoi ce voeu pieux interdirait le « prélat personnel Mgr Fellay » de figurer comme « étant reconnu pour ce qu'il est », entre le pape émérite Benoit et le pape François à … Assise 2017? Vous continuez donc à faire vôtre l'erreur magistrale que fait Mgr Fellay sur le concept même de la « conversion de Rome », texte que vous m'avez fait lire peu après votre arrivée au prieuré.

J'avais pourtant fait remarquer que si les individus peuvent se convertir, et ce en changeant d'église précisément, c'est-à-dire d'obéissance à une juridiction d'église, les personnes morales elles ne peuvent se convertir sans … disparaître! Or le droit canonique précise que non seulement l'Eglise est une personne morale, mais même qu'au sein de l'Eglise, Rome en est une aussi, comme « église diocèse dont l'évêque est le successeur de Pierre » ! Cette « église diocèse » n'a la primauté sur les autres diocèses du monde, que parce que son évêque a la primauté de gouvernement voulu par NSJC sur les autres apôtres. Mais comme tout apôtre « n'a d'autorité que pour la vérité », celui de Rome aussi peut ne pas avoir l'autorité de la vérité quand il professe l'erreur. Et encore moins quand il abuse de son autorité subjective pour « institutionnaliser, pseudo-canoniser » un appareil juridique, un système de gouvernement (législatif, exécutif, coercitif), qui non seulement écrase le Corps mystique dans les âmes, mais « solve et coagule » toutes les vérités révélées dans un magma égout collecteur d'hérésies.

Pour Mgr Lefebvre, la conversion du pape et des évêques passe nécessairement par le refus de la Rome conciliaire telle que codifiée 1983. En effet, le droit est à la vérité, ce que seule la tolérance est à l'erreur. Mais il y a subversion à faire l'inverse: tolérer la vérité et donner le droit à l'erreur.

Or c'est bien ce que vous envisagez: une église de la « liberté » pour tous, style Maritain, dans laquelle la Tradition apostolique (je constate que vous ne mettez plus de majuscule à votre « tradition », la réduisant donc à une « coutume » parmi d'autres?), serait simplement « reconnue pour ce qu'elle est », ni plus ni moins que Luther, Boudha, Vischnou, etc..., seraient « reconnus pour ce qu'ils sont » au sein de cette même « église ». Et vous appelez cela la « conversion de Rome »? Je rêve... La Tradition apostolique reconnue « canoniquement » comme tout aussi « catholique et de droit catholique», que toutes les fausses religions. Cherchez l'erreur....

Quoique également insuffisamment argumentée, je préfère la dernière position de votre confrère Mr l'abbé François dans son sermon récent de Pâques 2017 au Trévoux. Ce faisant, il protège en Bon pasteur les ouailles qui lui sont confiées, d'une part de la pollution toxique des erreurs conciliaires, d'autre part de l'intrusion d'un évêque tel que Mgr Planet, qui à Carcassonne, prépare machiavéliquement son entrée future dans les paroisses de Mr l'abbé Simoulin, qui ne pourra pas s'y opposer après l'avoir tant cherché...

Le refus catégorique doit donc bien être celui de s'incorporer pseudo-canoniquement dans un corps social non animé du St Esprit, qui est d'abord Esprit de Vérité avant d'être de Charité, ou dont la Charité n'est au service que de la Vérité, et non d'une liberté de perdition. In fine, la conversion du pape, pas forcément de Rome, passe par sa signature au bas de la déclaration de Mgr Lefebvre de Novembre 1974. Utopie ? NSJC a dit à Soeur Lucie de Fatima : « Ils connaîtront le sort du Roi de France. Ils se repentiront, mais ce sera tard... ». Le sort du roi de France fut la décapitation. Ici celle des papes conciliaires se fait par lobotomie de la raison droite, et par son remplacement par « l'imagination au pouvoir », slogan de mai 1968, dans la tête de papes de l'Eglise, mais élus par des conclaves toujours aussi infiltrés (intelligence pervertie de modernisme, d'agnosticisme comblé de gnoses). Leur « foi » est celle d'handicapés mentaux, incapables de droite raison sauf catastrophe évidente et encore... Il faudra donc d'autres catastrophes et une implosion de la pseudo-papauté conciliaire romaine, pour « mériter » des papes non selon Lupus a Volpe, mais selon le salut des âmes.

A vrai dire, la crise n'est pas seulement celle de la foi, mais de son support naturel, le bon sens auquel s'adresse les paraboles de l'Evangile. Tous les documents du « magistère conciliaire » heurtent le simple bon sens... On est en « royaume d'utopie », dénoncées par St Pie X comme destructrices de la Cité chrétienne.

En attendant, s'il faut être social, charitable et même accueillant, que ce soit sans concessions aux utopies, erreurs et pompes conciliaires, et aux clercs ou prélats qui en sont les colporteurs « canoniques » ou « pseudo-canonisés ». Les âmes seront bien gardées...

Recevez, Monsieur le Prieur, l'expression de mon respect pour votre personne et votre fonction sacerdotale, mais aucunement pour certains arguments gravement erronés dans la crise actuelle, et désolants de la part de clercs qui manifestement sont loin d'avoir correctement intégré l'essentiel du testament spirituel de Mgr Lefebvre,

In Christi veritatis rege, per semper puram virginem Mariam,

parvulus dysmas


source : résistance catholique francophone

lundi 1 mai 2017

Bon et mauvais pasteur selon St Thomas d'Aquin

Sermon à l'occasion du dimanche du Bon Pasteur
par l'abbé Salenave à Espiet. Cliquez sur la photo pour le son :

https://soundcloud.com/maunoir-1/bon-pasteur-2017



Sermon de Pâques de l'abbé François au Trévoux

Note : Nous vous proposons la lecture de cette très bonne analyse de l'ambiguïté de la situation actuelle de la FSSPX vis-à-vis de Rome. Gageons que l'abbé François continue sur ce bon chemin .

Sermon de M. l’abbé Philippe François le dimanche de Pâques 16 avril 2017 au Trévoux.  Lu sur  MPI 

Nous vous proposons la transcription du sermon prononcé par M. l’abbé Philippe François en la fête de Pâques 2017, le 16 avril, au Monastère du Trévoux. M. l’abbé y exerce les fonctions d’aumônier des Petites Sœurs de Saint François.

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.

Mes révérendes sœurs,
Mes bien chers frères,

Notre Seigneur est ressuscité. Il est ressuscité comme il l’a dit : « Resurrexit sicut dixit ». Et nous chanterons tout à l’heure au Credo : « Et resurrexit tertia die secundum scripturas – Il est ressuscité le troisième jour selon les Écritures ». Saint Jean nous dit dans sa première Épître : « Voici la victoire qui a vaincu le monde, notre foi » (Jean 5,4). Car si le Christ n’est pas ressuscité comme il l’avait prédit, notre foi est vaine ; mais il est ressuscité le troisième jour. Seul Dieu est le maître de la vie et de la mort. Il est ressuscité, donc il est Dieu. Et voilà la preuve de la divinité de notre sainte religion. C’est le mystère de ce jour de Pâques, c’est la joie de l’alléluia. Ce doit être la grâce de la fête de Pâques. Quelle grâce particulière apporte-t-elle à nos âmes, comme toute fête ? Eh bien ! c’est de renforcer notre foi en Notre Seigneur Jésus-Christ, renforcer notre foi dans le règne de Notre Seigneur Jésus-Christ, renforcer notre foi dans la royauté sociale de Notre Seigneur Jésus-Christ. Il est vrai Dieu et vrai Homme. Parce qu’il est vrai Homme, il a pu souffrir et mourir. Parce qu’il est vrai Dieu, il a repris sa vie offerte pour nous arracher à l’enfer éternel. Donc, Pâques fortifie notre foi en Notre Seigneur, vrai Roi. Et si notre foi en Notre Seigneur est fortifiée, par là-même est fortifiée aussi notre foi en son Épouse unique et très aimée, la Sainte Église catholique romaine.

Et cela est très nécessaire dans le temps d’épreuve que nous vivons.

Il y a quinze jours, comme vous l’avez appris, Rome donnait à certaines conditions la juridiction aux prêtres de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX) pour faire les mariages. « Bonne nouvelle ! » me disait mon cordonnier, nous approchons de la sortie du tunnel. En réalité, cette juridiction, nous est déjà donnée par l’Église dans les principes du droit qui s’appliquent en temps de crise, dans l’état de nécessité où nous nous trouvons. Depuis bientôt cinquante ans, les mariages, qui sont faits dans les prieurés de la FSSPX et dans la Tradition, sont valides. Mais si on accepte la décision de Rome, on doit accepter le nouveau code de droit canonique et les tribunaux conciliaires qui appliquent ce nouveau code. Or ce nouveau code détruit le mariage. Il change la définition du mariage. Ce sacrement n’a plus d’abord pour première fin la procréation et l’éducation catholique des enfants, mais il met en première fin la bonne entente des époux et leur soutien mutuel. Et cette définition, voyez-vous, a conduit à déclarer nuls des dizaines de milliers de mariages depuis quarante ans, parce que, comme les époux ne s’entendaient plus, les juges ecclésiastiques conciliaires ont dit qu’il n’y avait pas eu de mariage. Et ces déclarations de nullité de mariages, qui avaient été conclus validement et qu’on a déclarés nuls, se sont encore accélérées par la procédure que le pape lui-même a mise en place il y a un an et demi et qui les facilitent davantage.

Ceci, c’était il y a quinze jours ; et puis il y a bientôt deux ans, c’étaient les pouvoirs de confesser qui étaient accordés aux prêtres de la Fraternité, comme s’ils ne les avaient pas encore eus. Or ces pouvoirs de confesser validement, l’Église les donne à vos prêtres dans la crise, parce que le droit canon prévoit dans les circonstances exceptionnelles que nous vivons, la juridiction de suppléance. Monseigneur Lefebvre nous rappelait souvent un des grands principes du code de droit canon de saint Pie X : « le salut des âmes, c’est la loi suprême de l’Église ».

Ces deux événements et d’autres nous montrent qu’un processus de régularisation canonique est en cours depuis Benoît XVI et avec le pape François vis-à-vis de la FSSPX, mais aussi de toute la famille de la Tradition.

Ce processus de régularisation canonique actuellement en cours peut se comparer au processus d’inflammation d’une bûche de bois vert. Lorsqu’on jette une bûche de bois vert sur la flamme, elle est incapable de prendre feu, car il y a un obstacle : c’est la sève. Alors la flamme commence à lécher la bûche pour la réchauffer et faire sortir la sève. Cette dernière une fois sortie, la bûche s’enflamme. De même dans notre cas, il y aurait un obstacle au statut canonique, c’est la méfiance réciproque entre le monde conciliaire et nous. Les gestes de « bienveillance » de la part du pape ont pour rôle de faire tomber cet obstacle. Ces gestes n’impliquent pas formellement de dépendance canonique envers les autorités romaines. L’obstacle de la méfiance une fois tombé, plus grand-chose n’empêchera l’octroi du statut définitif, qui est le statut de la prélature personnelle, en discussion depuis six ans entre les supérieurs de la FSSPX et le Saint-Siège. Il y aurait donc l’octroi de cette prélature personnelle, cette fois-ci avec dépendance effective du Saint-Siège. Notamment, l’évêque, supérieur de la prélature personnelle, sera nommé par le Pape et pourra donc aussi être révoqué par le Souverain Pontife.

Alors la question se pose : pouvons-nous entrer dans une telle structure canonique ?

Pour répondre à cette question, mes bien chers frères, il faut nous demander si la situation à Rome a changé à un point tel qu’on pourrait aujourd’hui envisager une solution canonique, chose que nous regardions comme impossible, il y a peu. Hélas ! force nous est de constater que rien d’essentiel n’a changé. Les actes du Pape sont de plus en plus graves. L’accumulation des scandales pendant les quatre ans de son pontificat nous laisse vraiment penser qu’avec lui le modernisme s’est fait chair. La réaction de quelques cardinaux conservateurs ou de prélats, si elle est courageuse et mérite d’être saluée, cette réaction ne remet cependant pas en cause les principes de la crise ; au contraire, on se raccroche toujours au Concile Vatican II, bien interprété soi-disant par le pape Benoît XVI. L’attitude du Saint-Siège vis-à-vis de ce qui est traditionnel n’est pas bienveillante, loin de là. L’expérience des Franciscains de l’Immaculée nous le rappelle ainsi que le traitement que subissent le cardinal Burke et les autres cardinaux qui se sont opposés, à l’occasion du synode, à la déclaration post-synodale sur la famille « Amoris laetitia ». Enfin, les exigences de Rome vis-à-vis de nous sont fondamentalement toujours les mêmes. Il faut toujours, même si on le demande avec moins d’insistance, accepter le concile avec sa liberté religieuse, son œcuménisme et sa collégialité.

Alors quels sont précisément les fondements de nos refus antérieurs d’un accord avec Rome ? Plus exactement, pouvons-nous accepter un accord avec une Rome néo-moderniste ? Une telle acceptation nous ferait entrer dans le pluralisme conciliaire. Elle ferait taire nos attaques contre les erreurs modernes et mettrait notre foi en un danger prochain. Par conséquent, la solution canonique ne peut être envisageable qu’avec une Rome convertie doctrinalement, qui aura prouvé sa conversion en œuvrant au règne de Notre Seigneur Jésus-Christ et en luttant contre les adversaires de ce règne.

En nous mettant entre les mains des autorités romaines, nous mettrions en péril notre bien particulier, non moins que le bien commun de l’Église.

Notre bien particulier d’abord : car nous sommes responsables de notre âme et donc de notre foi. Or sans la foi, on ne peut être sauvé (Hébreux 11,6) et nul ne peut se décharger de cette responsabilité sur les autres.

Ensuite, nous mettrions en péril le bien commun de l’Église. En effet, nous ne sommes pas maîtres de la foi en ce sens que nous ne pouvons la modifier à notre gré. La foi est le bien de l’Église, car c’est par la foi que celle-ci vit de la vie de son divin Époux. La foi est un bien commun non seulement parce qu’elle est commune à tous les catholiques, mais encore parce qu’il faut le concours de tous, bien que pas dans la même mesure pour tous, afin de la conserver. La confirmation fait de vous, mes bien chers frères, des soldats du Christ. Tout chrétien doit être prêt à s’exposer pour défendre la foi. Et le caractère sacerdotal, joint à la mission de l’Église, donne aux prêtres le devoir sacré de la prêcher et de la défendre publiquement en combattant l’erreur. Nous sommes dans l’Église militante qui est attaquée de toutes parts par l’erreur. Ne plus élever publiquement la voix contre celle-ci, c’est devenir son complice. Et c’est cela que nous vivons dans la Tradition, notamment depuis 2011. En 2011 se renouvela le scandale abominable d’Assise et les autorités de la Fraternité, malheureusement, nous le déplorons, se sont tues. En 2015 a eu lieu la canonisation impensable de Jean-Paul II et les autorités de la Fraternité se sont tues.

Donc il nous est impossible aujourd’hui de nous mettre par une solution canonique entre les mains des autorités néo-modernistes à cause de leur néo-modernisme. C’est là le véritable obstacle à notre reconnaissance par ces autorités.

Ce faisant, notez-le bien mes bien chers frères, loin de remettre en cause l’autorité du pape, nous sommes convaincus de lui rendre le premier des services, qui est celui de la vérité. Par nos prières, nous supplions le Cœur Immaculé de Marie d’obtenir au Souverain Pontife la grâce de la conversion doctrinale, afin qu’à nouveau, il « confirme ses frères dans la foi » (Luc 22,32). Car nous sommes catholiques, nous sommes donc romains, nous sommes catholiques romains attachés indéfectiblement au siège de Pierre, à l’enseignement infaillible de tous les successeurs de Pierre, jusqu’au concile Vatican II. Nous sommes de la Rome éternelle, qui est l’ennemie irréconciliable de la Rome néo-protestante et néo-moderniste. Il n’y a pas de paix possible avec l’Église conciliaire.

Et nous prions aussi chaque jour pour les supérieurs de la FSSPX pour qu’ils ne tombent pas dans le piège qui est tendu à notre chère Fraternité. Qu’ils retrouvent la prudence, l’intrépidité et la fermeté de Monseigneur Lefebvre dans son combat pour le Christ-Roi !

Donc nous ne pouvons pas – non possumus – entrer dans une structure canonique nous soumettant à une autorité moderniste.

Nous le disons parce que c’est notre devoir. Comment cela ?

C’est notre devoir d’abord vis-à-vis de Notre Seigneur et de sa Sainte Église. Nous n’avons pas le droit de nous exposer à faire la paix avec ceux qui les trahissent.

C’est notre devoir ensuite pour nous-mêmes, parce que nous avons notre âme à sauver et qu’on ne peut se sauver sans la foi intègre.

Enfin, c’est notre devoir à l’égard des fidèles qui ont recours à notre ministère. Nous n’avons pas le droit de les conduire tout doucement vers les pâturages empoisonnés de Vatican II.

Mes révérendes sœurs, mes bien chers frères, dans la tourmente et la confusion actuelle, nous devons demeurer fidèles aux principes catholiques authentiques et rester enracinés en eux. Et afin qu’ils soient la lumière qui nous éclaire et guide nos pas, nous devons en tirer les conséquences pratiques et les appliquer rigoureusement dans notre vie de tous les jours et dans nos attitudes quotidiennes. La cohérence et la non-contradiction sont la conséquence logique de l’adhésion pleine et entière à la Vérité, qui est Notre Seigneur Jésus-Christ. Comme le disait le cardinal Pie, la charité, qui est le lien de la perfection, doit être dictée et réglée par la vérité et c’est dans cet esprit de charité que nous devons agir.

Alors en ce dimanche de Pâques, l’heure présente est l’heure de la belle vertu d’espérance, car nous voyons, peut-être avec plus de lucidité, l’insuffisance des moyens humains. Mais Notre Seigneur sort aujourd’hui du tombeau, comme hier, et avec lui son Église !

Que la Très Sainte Vierge Marie, que Notre-Dame de la Sainte-Espérance, qui seule au matin de Pâques a su conserver l’espérance, que la Très Sainte Vierge Marie maintienne aussi en notre cœur la divine espérance, la Sainte Espérance, celle qui plaît à Dieu, celle qui ne sera pas déçue pour l’éternité !

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.

dimanche 30 avril 2017

Dieu Embauche

Kyrie eleison DXI ( 29 avril 2017)

De l’univers entier c’est Dieu qui est le Maître.
Donc Son ciel se remplit malgré maint vilain traître.

Sur de brûlants problèmes actuels l’abbé Jean-Michel Gleize, Professeur de Théologie au Séminaire d’Écône de la Fraternité St Pie X, a rédigé deux articles qui jettent une lumière intéressante sur leur solution. D’abord, le Pape peut-il tomber dans l’hérésie formelle ? Réponse, peut-être, parce qu’on n’a pas toujours cru comme depuis quelques siècles que les Papes sont aussi libres d’erreur. Et ensuite, le document papal Amoris Laetitia montre-t-il que le Pape François est tombé dans l’hérésie formelle ? Réponse, dans le sens strict des mots, non, mais en effet, oui, parce que le néo-modernisme subvertit la doctrine tout en faisant semblant de la maintenir. Cette deuxième question devra attendre un autre numéro de ce « Commentaire », mais pour ne pas se laisser piéger entre le libéralisme et le sédévacantisme, l’abbé Gleize a dû commencer par la première question.

Dans son premier article (qui est plus court), il dit qu’à partir de la dite Réforme Protestante, les théologiens catholiques en général, notamment St Robert Bellarmin, ont tenu que le Pape ne peut pas tomber dans le refus conscient et pertinace d’un dogme défini de l’Église, i.e. dans l’hérésie formelle. Pour étayer leur thèse ils citent l’ordre de Notre Seigneur à St Pierre de confirmer ses frères dans la foi (Lc.XXII, 32), ce qui supposerait que Pierre lui-même ne peut pas la perdre. Et jamais dans toute l’histoire de l’Église, disent-ils, un Pape n’est tombé dans l’hérésie formelle. Par contre avant la révolution Protestante, dit l’abbé Gleize, les théologiens catholiques du 12me au 16me siècle ont jugé en général qu’un Pape peut tomber dans l’hérésie formelle, et cette opinion continue jusqu’aujourd’hui, tout en étant moins commune.

L’abbé conclut qu’en vue surtout des Papes Conciliaires, les théologiens plus récents n’ont pas prouvé leur thèse. Quant à l’argument que Pierre sera toujours protégé par Notre Seigneur de l’hérésie formelle, il faut répondre que la foi est un acte de l’esprit poussé par le libre-arbitre, et il est bien rare que Dieu interrompe le libre-arbitre des hommes. Quant aux Papes dans l’histoire, il y a le cas d’Honorius, anathématisé par ses successeurs pour avoir favorisé l’hérésie monothélite. Certes, tous n’acceptent pas cette conclusion de l’abbé, mais si on la considère du point de vue historique des Sept Époques de l’Église, elle se défend.

Par trois Époques (Apôtres 33–70, Martyrs 70–312, Docteurs 312–500+) l’Église s’est hissée à la Quatrième Époque, les mille ans de la Chrétienté triomphante (500+-1517). Mais vers la fin de ce Moyen Age le Diable, aidé par le péché originel, rongeait la Chrétienté, et les hommes ont lancé la Cinquième Époque, celle de l’Apostasie (1517–2017 ?). Ici les Chrétiens décadents ont inventé une forme d’hypocrisie après l’autre (Protestantisme, Libéralisme, Communisme, entre autres) pour rendre hommage à la vertu et la civilisation chrétiennes, tout en se « libérant » pour profiter du dernier vice, tel le « mariage » de même sexe. Or le Bon Dieu aurait pu faire durer sans fin le Moyen-Age, mais pour cela il aurait fallu interrompre le libre-arbitre. Donc Il a préféré douer Son Église d’un faisceau de Saints spéciaux pour mener la Contre-Réforme, ce qui lui a valu sur les 500 ans suivants, pour varier la population de Son Ciel, une moisson de Saints post-médiévaux. Donc comme antidote à la corruption de l’homme post-médiéval Dieu aurait choisi de renforcer l’autorité dans Son Église pour que les âmes voulant se sauver, mais ne le voulant plus assez par la vertu intérieure, pussent au moins être dirigées encore vers le Ciel par l’autorité extérieure. A ce moment-là, bien sûr, le Diable s’est mis à travailler surtout les autorités élevées de l’Église, et après quatre siècles et demi, c’est comme si le Bon Dieu a dit, « Si vous ne voulez plus de Mon Église à Moi, alors ayez la vôtre, » et voilà Vatican II.

Tout cela fait que l’autorité dans l’Église est en ruines, humainement irréparables, et Dieu va recourir à d’autres moyens pour faire sortir de notre monde spirituellement épuisé une nouvelle moisson d’âmes.
Un Châtiment garantira l’éclat initial de l’Église de la Sixième Époque, mais le Diable et le péché originel y auront comme matière à travailler une nature humaine affaiblie en profondeur par le libéralisme de la Cinquième Époque, en sorte qu’il ne leur faudra pas longtemps pour faire arriver la Septième Époque, celle de l’Antichrist. Mais celle-ci sera en même temps l’Époque de quelques-uns des plus grands Catholiques de toute l’histoire de l’Église – une moisson de Saints exceptionnels.

Kyrie eleison.