jeudi 8 février 2024

Libéralisme pratique

KE 855 (2 décembre 2023)

Supprimons le réel, dit l’homme en plein délire.

Et Dieu ? Patient, Il montre un triste et doux sourire.

Un lecteur nous envoie des questions profondes sur l’histoire récente de l’Église, de la Fraternité Saint Pie X et du mouvement dit de ‘Résistance’. Un jour, lorsque notre Mère l’Église reprendra ses esprits — comme elle le fait déjà doucement — les ombres et les ténèbres se dissiperont, et l’histoire se manifestera pleinement dans la vérité et la charité. En attendant, voici des esquisses de réponses.

1.       Comment pouvez-vous être contre toute structure pour la ‘Résistance’ ? Y a-t-il quoi que ce soit de catholique qui puisse prospérer sans structure ?

La force de la ‘Résistance’, c’est d’abord la Vérité, et ensuite le caractère très peu contraignant des liens entre les divers petits groupes qui résistent à la révolution de Vatican II. Cette révolution s’est rapidement imposée à une grande partie de l’Église catholique parce que les catholiques étaient trop obéissants à leurs autorités infidèles. De même, la plus grande partie de la FSSPX a été rapidement émoussée en 2012, parce que ses prêtres étaient trop respectueux de l’autorité de leurs chefs officiels qui voulaient revenir dans le giron de la Rome apostate. Ils n’ont plus servi la vraie Église ou la vraie Foi, comme le faisait Mgr Lefebvre, mais eux-mêmes. Au contraire, s’emparer d’une petite poche de Résistants n’amènera pas nécessairement à s’emparer même d’une deuxième poche. Ainsi, la Foi survivra jusqu’à ce que Dieu décide de restaurer en Son temps, dans la Foi, la structure catholique.

2.       Les dirigeants de la FSSPX trompés par les fonctionnaires romains apostats au milieu des années 1990 étaient-ils motivés par l’ambition personnelle ?

Ce n’est pas impossible, mais leur problème était avant tout leur manque de foi dans les moyens divins pour résoudre la crise de l’Église, en plus de leur confiance excessive dans la politique purement humaine du Vatican. Contrairement à Mgr Lefebvre, ils ne saisissent pas la dimension divine et pré-apocalyptique de la crise mondiale ; ils la conçoivent donc en termes plus ou moins limités et mondains, ratant ainsi complètement le coche. Comparez avec Mgr Lefebvre, qui a toujours eu en vue la ruine complète de l’Église. Comparez également avec Mgr Viganò, qui s’interroge constamment sur la chute universelle de l’Église et du monde, provoquée par Vatican II.

3.       Le Chapitre général de 1994 a-t-il prouvé clairement ces déficiences des dirigeants de la FSSPX ?

Prouvé, oui, mais prouvé clairement, pas dans l’immédiat. Les participants à ce Chapitre général donnaient l’impression de gentils enfants se livrant à des jeux, plutôt que de guerriers d’âge adulte menant une lutte gigantesque pour la gloire de Dieu et le salut des âmes dans un environnement extrêmement dangereux. Il faut être saint pour croire au mal, disait Gustavo Corçao. Les chers et pieux jeunes prêtres de ce Chapitre ne semblaient pas à la hauteur de la gravité du moment.

4.       Quand selon vous les deux camps des Suivistes et des Résistants de la FSSPX se sont-ils séparés l’un de l’autre ?

Les éléments de division étaient déjà sûrement présents dans les années 1980. Je connais un prêtre qui, en 1982, après avoir professé pendant cinq ans à Ecône, a été envoyé outre-Atlantique pendant plus de 25 ans, très probablement pour être mis à l’écart. Les jeunes séminaristes devaient être préparés à obéir aux libéraux qui se voyaient déjà à la tête de la FSSPX, en remplacement d’un Mgr Lefebvre vieillissant. Ce dernier avait été merveilleux pour son temps, se disaient-ils, mais il était de plus en plus dépassé à cause de sa condamnation implacable des modernistes romains. Car ces modernistes étaient considérés comme la véritable Autorité de l’Église ; qui plus est, ils devenaient meilleurs chaque jour ! Attention, ces dirigeants libéraux de la FSSPX ne se considèrent pas comme des libéraux, bien au contraire. Ils se voient même infiltrer la Rome moderniste et la convertir à la Tradition catholique. Est-ce possible ? Ils n’ont aucune idée de la profondeur et de la gravité de la croisade menée par les libéraux pour détruire l’Église catholique.

5.       L’affrontement Suivistes-Résistants a-t-il toujours existé au sein de la Fraternité St Pie X ?

Oui, certainement. Mgr Lefebvre avait lu l’abbé Barbier (1851–1925) sur l’histoire de l’affrontement du libéralisme avec le catholicisme aux 19ème et 20ème siècles. Il nous disait que cette lecture lui avait fait comprendre que la seule différence, dans ce même affrontement, entre avant et après Vatican II était qu’avant, c’étaient les catholiques qui commandaient, alors qu’après, c’étaient les libéraux. Tant que l’archevêque a été en vie, son magnétisme personnel a maintenu la FSSPX catholique, mais dès sa mort en 1991, le magnétisme constant de Rome pour les catholiques a commencé à reprendre son ascendant. Soyons patients. Dieu ne se laissera pas faire, ni par le Diable, ni par les anges ou les ecclésiastiques déchus.

Kyrie eleison.

mercredi 7 février 2024

L'enfer éternel (par l'abbé Chazal)

Il y a quelques mois, nous vous annoncions la prochaine parution, en français, du livre de l'abbé Chazal : "L'enfer éternel". Il est paru et vous pouvez, d'ors et déjà, le commander ici.

Après les extraits publiés en novembre 2022, voici un autre chapitre qui vous donnera un aperçu de cette synthèse sur un sujet, ô combien, important!


Chapitre 39


La perte de Dieu varie en proportion du degré d’aversion de Dieu

La damnation des catholiques est beaucoup plus lourde à supporter


SAINT Alphonse dit que le tourment de la perte de Dieu, ou douleur de la damnation, « sera considérablement augmenté par le souvenir des grâces que Dieu a accordées, et de l’amour qu’Il a manifesté pendant la vie. L’âme se rappellera surtout l’amour de Jésus-Christ qui a versé Son sang et exposé Sa vie pour son salut ; mais que, par ingratitude, pour ne pas renoncer à ses misérables satisfactions, elle a consenti à perdre Dieu son souverain bien ; puis elle constatera qu’il ne lui reste plus aucun espoir de Le retrouver » (La voie du salut, ch. 10).

Baronius raconte qu’après son apostasie tristement célèbre, l’Empereur Julien conçut une si grande haine contre le Saint Baptême, que jour et nuit, il cherchait un moyen d’effacer le sien. Il fit préparer à cet effet un bain de sang de chèvre et s’y plongea, voulant que le sang impur d’une victime consacrée à Vénus effaçât de son âme le caractère sacré du Baptême. Ce comportement vous paraît abominable, mais si le plan de Julien avait pu réussir, il est certain qu’il souffrirait beaucoup moins en Enfer. (SLPM)

Ce qui donne à « l’Histoire d’Annette » son grand motif de crédibilité, à mon avis, c’est la liste très précise et circonstanciée des grâces qui lui ont été accordées par Dieu pour éviter sa damnation. Toutes ces grâces se sont maintenant transformées en supplices, et elle ne manque pas de mentionner que les catholiques souffrent beaucoup plus que les non catholiques en Enfer (« Mais on exigera beaucoup de celui à qui l’on a beaucoup donné ; et plus on aura confié à quelqu’un, plus on lui demandera. » – Lc 12, 48). Les différences remarquables entre les souffrances de l’Enfer découlent également du rôle que le réprouvé a joué dans la damnation des autres. Le sort des diables eux-mêmes nous renseigne : car ils savent qu’ils augmentent leur punition à chaque nouvelle âme qu’ils amènent en Enfer.

lundi 5 février 2024

Où est le remède aux maux de la Tradition ?

Source

Par Son Excellence Mgr Thomas d’Aquin, OSB, le 1er février 2024



La Tradition souffre de divers maux, dus aux divisions internes et aux attaques externes. Elle est affaiblie par la faiblesse de ses membres, ce qui amplifie l’audace de ses ennemis.

Tout d’abord, où se trouve la Tradition ? Elle réside dans la fidélité au dépôt de la foi. Celui qui garde ce dépôt préserve la Tradition. Nous pouvons dire : là où se trouve le dépôt de la foi, là est la Tradition.

Mais la Tradition, c’est aussi le combat pour la foi, un combat dans lequel Mgr Lefebvre, plus que personne, a été exemplaire. Alors, garder la Tradition, c’est combattre comme a combattu Mgr Lefebvre.

Saint Paul nous parle du combat selon les règles ; les règles de la prudence, autant que de la foi. Pourtant, la prudence de Mgr Lefebvre est difficile à imiter. Qui peut prétendre à sa prudence ? Mgr Lefebvre a été un disciple et imitateur de Saint Pie X. Tous deux sont inimitables dans la conduite du combat. Qui sommes-nous pour nous déclarer fidèles et parfaits disciples de ces deux serviteurs de Dieu ? Mais nous savons une chose : ce sont eux les modèles. Ce sont eux le remède doctrinal et prudentiel à la crise qui menace constamment la Tradition.

Nous ne devrions pas être scandalisés de voir des divisions, soit dans la Fraternité, soit dans la Résistance. Mgr Lefebvre a connu des difficultés, des divisions, des oppositions internes et externes à la Fraternité. Professeurs, prêtres amis, communautés alliées, séminaristes, laïcs, de partout Mgr Lefebvre a connu la contradiction. Nous ne devrions pas être scandalisés par les oppositions et les divisions. Nous devrions, oui, aimer le bon combat, le combat de notre conversion en même temps que la défense publique de la foi, comme l’ont fait Saint Pie X et Mgr Lefebvre.

Rassemblons leur héritage, tout leur héritage de combat contre le modernisme, contre les modernistes et les libéraux.

Ils ont vaincu le monde. Nous aussi, nous le vaincrons si nous agissons comme eux, avec cette humilité de piété filiale qui nous pousse à les invoquer, à les étudier, à les comprendre et à appliquer leurs principes d’action dans la situation actuelle.

Voilà le remède qui, sous la protection de celle qui a vaincu toutes les hérésies et tous les hérétiques, nous donnera la victoire et la vraie union entre ceux qui se réclament de l’Église, une, sainte, catholique, apostolique et persécutée.

samedi 3 février 2024

La validité des Consécrations

KE 864 (3 février 2024) 


Sacre de Mgr Thomas d'Aquin (19 mars 2016)

Évêques, prêtres ou sœurs, votre vie est-elle creuse ?

Soyez en ordre avec Dieu ! Suivront des grâces nombreuses.

La validité des consécrations épiscopales conférées selon le nouveau rite du pape Paul VI issu de Vatican II a récemment fait l’objet d’une nouvelle controverse parmi les catholiques traditionnels. Dit autrement, sommes-nous sûrs qu’un prêtre consacré dans ce nouveau rite est véritablement devenu évêque lui-même ? La question est d’une importance extrême, car de la validité des évêques dépend la survie même de l’Église catholique et la possibilité pour les âmes d’aller au Ciel, car les âmes ont absolument besoin de prêtres et de sacrements pour mourir dans cet état de grâce sanctifiante sans lequel elles encourent le grave danger de tomber en Enfer.

Il existe en gros deux écoles de pensée sur la question. L’immense majorité des catholiques ne voit aucun problème, y compris la Néo-fraternité Saint-Pie X, réorientée en 2012 par les successeurs de Mgr Lefebvre à la tête de cette Fraternité (Mgr Lefebvre avait fondée celle-ci en 1970 pour défendre la foi et l’Église contre les ravages de la révolution conciliaire.) « Voyons, Vatican II (1962–1965) n’a pas pu être un tel désastre, disent-ils, et les ennemis de Dieu n’ont pas pu recevoir Sa permission d’atteindre un tel pouvoir dans l’Église, qu’ils aient pu réussir à compromettre sérieusement les sources mêmes de son avenir », à savoir le rite de consécration de ses futurs chefs. « L’idée même en est ridicule ! Vatican II a été mauvais, mais pas à ce point. » Si, hélas !

Car regardez les fruits ! Ils montrent infailliblement ce qui est à l’œuvre. Entre 20 ans avant et 20 ans après le Concile, une multitude d’hôpitaux et d’écoles catholiques, de couvents, de séminaires, de prieurés, de monastères ont tous été fermés ou transformés en entrepôts pour les pommes (Ps 78, 1). Y a-t-il jamais eu à n’importe quelle autre époque autant de vocations abandonnées, ou si peu de nouvelles vocations, que dans la période qui a suivi Vatican II ? Pourquoi ? Certainement parce qu’aujourd’hui, par exemple, les masses sont persuadées qu’un travailleur social est plus utile qu’un prêtre. Là où il n’y a pas la Foi, du moins telle qu’on la comprenait avant le Concile, l’évêque et le prêtre ne sont plus que le pâle éclat de ce qu’ils sont, et il ne leur reste plus qu’à se livrer à une mauvaise imitation de quelqu’un de complètement différent, comme un travailleur social. Mais qui devrait prêcher cette Foi ? Les évêques et les prêtres ! Avec Vatican II, le Diable a tout de même brillamment retourné l’esprit des clercs ! Peut-être que, après tout, le nouveau rite de consécration n’est pas complètement étranger au problème des évêques ...

L’abbé Alvaro Calderón est l’un des meilleurs théologiens de la Fraternité, en poste au séminaire sacerdotal de cette Fraternité en Argentine. Il y a plus de dix ans, il a écrit un traité sur la question de la validité du nouveau rite de consécration des évêques. Il a conclu que ce rite est « très probablement valide », mais pas de manière certaine. Or, des évêques valides étant absolument essentiels à la vie et à la survie de l’Église, cette ombre de doute est donc encore trop grande, et tous les évêques catholiques seulement consacrés avec le nouveau rite devraient consentir à être re-consacrés sous condition dans l’ancien rite également, avec son ancienne forme sacramentelle certainement valide. De même, ajoute l’abbé, tous les prêtres ordonnés uniquement selon le rite conciliaire devraient demander une ré-ordination sous condition avec le rite traditionnel pour guérir les graves défauts de leur sacerdoce conciliaire.

Et où l’abbé Calderón repère-t-il l’ombre d’un doute ? En ce que l’intention du nouveau rite n’est pas de faire des évêques revêtus d’une autorité royale, soutenus par l’autorité divine, placés immédiatement au-dessus des agneaux, véritables nuées tonnantes de Dieu ; mais plutôt un gentil médiateur diocésain, un administrateur démocratique, obéissant à la lettre à une religieuse féministe, sorte de dragon local qui tyrannise tous les coqs des poulaillers à des kilomètres à la ronde, et qui rêve du jour où enfin elle pourra célébrer les lambeaux qui restent de la Sainte Messe — hommes, gardez les femmes à leur place, car hors de contrôle elles sont insupportables ! Dieu premier servi !

Kyrie eleison

samedi 27 janvier 2024

Pourquoi la Résistance existe-t-elle ?

Source


Par Son Excellence Mgr Thomas d’Aquin, OSB 

La cause de l'existence de la Résistance n'est autre que Mgr Fellay avec ses paroles et ses actes. Ses paroles ont minimisé la gravité de la crise et du Concile. Ses actes ont exposé la Tradition au même sort que les communautés Ecclesia Dei.

Mgr Fellay n'a pas parlé comme Mgr Lefebvre. Mgr Lefebvre a dénoncé avec vigueur les erreurs du Concile ainsi que ceux qui étaient à l'origine de ces erreurs. Il a mis en garde pratiquement tous les papes conciliaires contre leurs responsabilités. Il a dit à Jean-Paul II que s'il continuait sur la voie de l'œcuménisme, il ne serait plus le bon pasteur, et dans le dessin sur Assise, il a dit, avec des images et des mots, que Jean-Paul II irait en enfer s'il restait œcuméniste. Il a dit au cardinal Ratzinger que lui, Ratzinger, était contre la christianisation de la société. Il a dénoncé l'apostasie de la Rome conciliaire. Il a dénoncé les erreurs et leurs auteurs, quels qu'ils soient. Il a défendu les prêtres et les fidèles contre la contagion moderniste. Il s'est exposé à une excommunication invalide mais infamante. Il n'a pas reculé dans la défense de la France contre le danger musulman. Il nous a protégés contre la tentation accordiste de Dom Gérard. Il a été, en un mot, comme les évêques d'autrefois : le défenseur de la chrétienté et du fondement de la chrétienté qui est la foi. Il a été l'homme des vertus théologales, défendant notre foi et toutes les vertus.

Qu'en est-il de Mgr Fellay ? A-t-il poursuivi les actions de Mgr Lefebvre ? Non. En paroles et en actes, Mgr Fellay s’est écarté de Mgr Lefebvre.

En ce qui concerne la liberté religieuse, il a minimisé la gravité de ce que le Concile avait dit. Il n'a pas dit aux papes ce que Mgr Lefebvre avait dit. Il n'a pas attaqué les erreurs comme Mgr Lefebvre. Il n'a pas parlé des deux églises comme Mgr Lefebvre. Il n'a pas distingué clairement l'Église officielle de l'Église catholique, mais a parlé d'une "Église concrète", confondant les fidèles et même les prêtres.

Qu'est-ce que cette église concrète ? Sommes-nous obligés d'être dans cette église ? Nous sommes dans l'Église catholique. Nous reconnaissons le pape, mais pas l'Église conciliaire dont parlait le cardinal Benelli. Nous reconnaissons le pape, mais pas sa doctrine ni ses actes contre la Tradition. Ces actes ne sont pas catholiques, mais anticatholiques.

C'est sous l'influence de Mgr Fellay que le chapitre 2012 a modifié le principe énoncé par le chapitre 2006 : pas d'accord pratique sans accord doctrinal. Cela n'a pas plu à Mgr Fellay et a été modifié. Sous certaines conditions, la Fraternité peut désormais conclure des accords pratiques sans accord doctrinal. C'est une lacune. Une lacune qui pourrait conduire la Fraternité sur la voie des communautés Ecclesia Dei. Elle n'est pas allée aussi loin, mais elle a baissé la garde et Rome en a profité.

Mgr Fellay a supprimé les résistances internes à la Fraternité, en expulsant Mgr Williamson et quelques prêtres, puis il en a puni d'autres, comme les sept doyens qui ont protesté à juste titre contre le document de Rome sur les mariages. Mgr Fellay a désorganisé la Tradition, il s'est écarté de la ligne de Mgr Lefebvre et a fait en sorte que d'autres s'en écartent aussi. C'est la raison d'être de la Résistance : résister à cet écartement.

Nous voulons suivre Mgr Lefebvre en tout, dans la doctrine mais aussi dans les solutions pratiques, car, comme l'enseignent Aristote et saint Thomas, les exemples des anciens servent de principes d'action. Nous suivons Mgr Lefebvre dans la doctrine et dans l'action, en particulier par rapport à la Rome moderniste, afin de rester fidèles à la Rome éternelle, maîtresse de vérité et de sainteté.

25 janvier 2024

samedi 13 janvier 2024

Miles Christi XXV (partie II)

 Partie I

Die Huonde Wunde

1.       On pouvait donc s’attendre à ce que, par conséquent, la FSSPX ne fasse jamais entrer en son sein des évêques du Novus Ordo, surtout s’ils agissent et enseignent  comme évêques du Novus Ordo, comme on le voit en promouvant Huonder dans « Die Grosse Wunde », une série de conférences de ce dernier soigneusement présentées sur youtube.

Permettez-moi d’insister sur ce point : Le « munus docendi » de la FSSPX est en train de changer ; et par l’intermédiaire de Huonder, l’hostilité à l’égard de Vatican II s’évapore, ce qui est bien plus grave que le fait qu’il altère les sacrements.

Le nouvel Huonder reprend l’idée que Vatican II peut être accepté « à la lumière de la Tradition »,  et bien que Vatican II ait été bien intentionné et traditionnel, il a été dépassé par des radicaux qui ont causé des dommages signalés à juste titre par la FSSPX.

Avec le Diable et tous ses vieux singes, si quelque chose fonctionne, le tour sera répété encore et encore.  Même François utilise la terminologie « Traditiones Custodes » … pour enterrer la Tradition !  Notez bien que l’expression « à la lumière de la Tradition » se trouve pour la première fois dans le premier décret de Vatican II sur la liturgie, signé par le « Bon » pape Jean, latiniste et conservateur.

Devinez ce qui s’est passé par la suite : il n’y a aucun domaine dans lequel  la dévastation de la révolution ait été plus sévère que dans la liturgie.  Les photos bien documentées du mandat de Mgr Huonder comme évêque de Coire en sont une bonne preuve.  Il a même fréquenté une femme-évêque protestante et il est l’illustre promoteur du « Dies Judaicus » ou Journée juive, qui doit être célébrée dans toutes les paroisses suisses dans le but d’apprendre aux catholiques à se rapprocher de la tradition juive…

…Et c’est lui qui est présenté comme un champion de la Tradition !  Vraiment, en cela, seuls ceux qui veulent être trompés seront trompés.

2.       Et cela nous amène à la deuxième partie de l’argument : « Vous avez été blessés  »

Je retiens mes larmes à la pensée que dans le passé, c’est nous, catholiques traditionnels, qui avons été accusés de blesser notre mère l’Eglise par notre adhésion et notre fidélité à la Tradition.  Maintenant, les rôles sont inversés.

Le nouvel Huonder établit une série d’abus et persécutions subis par ceux dont le seul but était de maintenir la foi catholique et l’accès aux canaux de la grâce.  Tellement vrai, n’est-ce pas ? Depuis six décennies, l’autorité s’est dressée comme persécuteur de la vérité, et maintenant elle se retourne pour s’excuser.  Qui pourrait être impoli et rebelle au point de rejeter cette offre ?

Ce que le Vieux Singe espère toujours, c'est que les gens oublient ce qu'il fait ailleurs, à savoir avec Ecclesia Dei, qui est en train d'être mise en boîte, en partie sans succès, par le Pape François.

Certes, on nous dit que nous sommes "spéciaux", mais est-ce suffisant pour croire que Rome n'essaiera pas de nous mettre en boîte plus tard alors qu'elle essaie de mettre les autres en boîte avec beaucoup d'efforts ? Qui peut être aussi crédule ?

3.       Dans ce stratagème de "discerner et intégrer" se cache aussi un grand désir de restaurer les droits de ceux dont la conscience a été forcée  et de réparer "l'injustice, l'abus de pouvoir".

Le nouvel Huonder propose "un nouveau regard" sur la situation, pour "rétablir la confiance". Pour lui, la miséricorde et la compassion envers ceux qui ont été blessés (cf point 2.) vont de pair avec la prise de toutes les mesures appropriées pour réintégrer les victimes d'abus.

Si l'on en croit les scandales d'abus d'enfants, nous constatons, année après année, la grande capacité des responsables du Novus Ordo à approcher les victimes et à leur dire exactement ce qu'elles ont besoin d'entendre. C'est l'"Église à l'écoute", le "discernement et l'intégration", la "miséricorde et la compassion", ce que les politiciens lancent généralement à l'opinion publique dans le cas d'une situation à laquelle ils ne peuvent pas ou ne veulent pas remédier.  

Et ce qui m'étonne vraiment, c'est que Mgr Huonder ait l'audace de jeter dans son panier de compassion des plaintes concernant Traditiones Custodes et le mauvais traitement des prêtres Ecclesia Dei. Essaie-t-il de nous persuader, nous, les moutons dupes, que François va se laisser convaincre et devenir gentil avec ses détestés catholiques traditionnels "rétrogrades", "fixistes", "hypocritement ritualistes", "gardiens des cendres" ?  Avons-nous vu Huonder faire irruption dans son bureau et se plaindre directement à François (comme l'a fait Mgr Lefebvre avec Paul VI à Castel Gandolfo) et nous rapporter ensuite que ses efforts ont porté leurs fruits et que, pour preuve, François ne coupe désormais  plus les têtes ?

 Qui pourrait croire à de telles paroles en l'air ?


...A moins qu'il ne soit aveuglé par l'orgueil, l'orgueil collectif, bien au chaud dans le raisonnement moutonnier : «Comme nous sommes nombreux et que nous sommes grands, rien de mal ne nous arrivera », « Nous sommes assez grands pour avoir les libéraux d’un côté et nous de l’autre et nous leur survivrons », « Les sacrements douteux ne nous atteindront qu’après quelques années », etc.

La Nouvelle Rome a, plus ou moins, permis à Ecclesia Dei de s'étendre pendant 30 bonnes années, et elle s'est étendue, et puis ? Il en ira de même pour la FSSPX ; aucun d'entre nous ne devrait croire les rumeurs selon lesquelles la FSSPX va obtenir des évêques pour remplacer ceux 
qui vieillissent. Certes, Mgr Fellay, Mgr Tissier et Mgr Galarreta peuvent facilement continuer à travailler pendant 10 ans, mais qu'en sera-t-il dans 20 ans ? Ils auront alors 90 ans de moyenne d'âge et seront probablement tous morts en 2053.

Ainsi, comme leurs prédécesseurs de la FSP, la FSSPX sera favorisée pendant un certain temps biologique ; et nous voyons les séminaristes/vocations Ecclesia Dei migrer vers la FSSPX alors que les séminaires de la FSP sont en train d'être fermés. Au moment de la création de la FSP, le séminaire Mater Ecclesiae a été brusquement fermé, tout comme au moment de la collusion de la FSPX avec le Novus Ordo, la "Commission Ecclesia Dei" a également été fermée.



(à suivre)
 

samedi 6 janvier 2024

Il y a 10 ans, l'Adresse aux fidèles

Nous fêtons aujourd'hui les 10 ans de la rédaction et de la signature par 45 prêtres de l'Adresse aux Fidèles. Il était important de rappeler cet anniversaire pour souligner le courage de ces 45 prêtres qui n'ont pas craint de signer cette Adresse. Celle-ci a été l'occasion pour eux de manifester leur attachement au combat de la Foi Catholique et leur désapprobation des nouvelles orientations libérales des supérieurs de la FSSPX. La plupart des signataires ont payé cher pour avoir apposé leur nom à cette Adresse : renvois, sanctions, perte de tout ministère etc...Certains ont eu peur et se sont, hélas, rétractés mais la grande majorité des signataires restent fiers de cet engagement catholique. 

Cette Adresse fut comme un écho réactualisé de la déclaration du 21 novembre 1974 de Mgr Lefebvre. 

Que le souvenir de cette salutaire réaction catholique nous aide à tenir fidèlement le cap, d'autant que cette première action a pu aider, par la suite, d'autres confrères (et évêques) à poser eux-mêmes des actes courageux, voire héroïques, pour le maintien de la Foi Catholique !

Les origines de la réaction des 45 prêtres (par l'abbé Salenave le jour anniversaire de la rédaction de l'Adresse)





Source

ADRESSE AUX FIDÈLES

Fidèles à l’héritage de Mgr Marcel Lefebvre, et en particulier à sa mémorable « Déclaration » du 21 novembre 1974, nous adhérons de tout notre cœur, de toute notre âme, à la Rome catholique, gardienne de la foi catholique et des traditions nécessaires au maintien de cette foi, à la Rome éternelle, maîtresse de sagesse et de vérité.

Selon l’exemple de ce grand prélat, intrépide défenseur de l’Eglise et du Siège apostolique, nous refusons par contre et avons toujours refusé de suivre la Rome néo-moderniste et néo-protestante qui s’est manifestée clairement dans le Concile Vatican II, et, après le Concile, dans toutes les réformes et orientations qui en sont issues.

Depuis l’an 2000 et surtout à partir de 2012 les autorités de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X font le chemin inverse en se rapprochant de la Rome moderniste.

La déclaration doctrinale du 15 avril 2012, suivie de l’exclusion d’un évêque et de nombreux prêtres et confirmée par la condamnation du livre ‘Mgr Lefebvre Nos rapports avec Rome’, tout cela montre la pertinacité dans cette voie qui conduit à la mort.

Aucune autorité, même la plus élevée dans la hiérarchie, ne peut nous contraindre à abandonner ou à diminuer notre foi catholique clairement exprimée et professée par le magistère de l’Eglise depuis vingt siècles.

Sous la protection de Notre-Dame gardienne de la foi, nous entendons poursuivre l’opération survie commencée par Mgr Lefebvre.

En conséquence, dans les circonstances tragiques où nous nous trouvons, nous mettons notre sacerdoce à la disposition de tous ceux qui veulent demeurer fidèles au combat de la foi. C’est pourquoi, dès maintenant, nous nous engageons à répondre aux demandes qui nous seront faites pour soutenir vos familles dans leurs tâches éducatives, offrir la formation sacerdotale aux jeunes gens qui le désireront, et assurer la messe, les sacrements et la formation doctrinale partout où il le faudra.

Quant à vous, nous vous exhortons à être des apôtres zélés pour le règne du Christ-Roi et de Marie-Reine.

Vive le Christ-Roi !

Notre-Dame gardienne de la foi, protégez-nous !

Saint Pie X, priez pour nous !

Le sept janvier deux mille quatorze.

Nous sommes à la disposition de nos confrères prêtres : certains n’ont pas pu ou pas souhaité, dans un premier temps du moins, s’associer à notre démarche. Qu’ils n’hésitent pas à prendre contact avec l’un d’entre nous (discrétion assurée).
Nous sommes de même à la disposition des religieux et religieuses de la Tradition qui comprennent l’extrême gravité de la situation actuelle.

Liste de signataires

1. Abbé de Mérode (prieur, France)
2. Abbé Koller (prieur, France)
3. Abbé Vignalou (France)
4. Abbé Hubert de Sainte-Marie d’Agneau (France)
5. Abbé Nicolas Pinaud (France)
6. Abbé Matthieu Salenave (France)
7. Abbé Olivier Rioult (France)
8. Père Pierre-Marie OP et les 10 autres pères d’Avrillé (France)
19. Père Bruno OSB (France)
20. Père Avril, fondateur de l’œuvre de Notre-Dame de Salérans (France)
21. Père Raffali et sa communauté des Stellamarins (France)
22. Abbé Picot (Kenya)
23. Abbé Jean-Michel Faure (Amérique du sud, Membre du chapitre de 2012)
24. Abbé Chazal (Asie)
25. Abbé Florian Abrahamowicz (Italie)
26. Abbé Brühwiller (Suisse)
27. Abbé Fuchs Martin (Autriche)
28. Abbé Girouard (Canada)
29. Abbé David Hewko (USA)
30. Abbé Pierre-Célestin Ndong Ondo (Gabon)
31. Abbé Ernesto Cardozo (Brésil)
32. Abbé Arturo Vargas (Mexique)
33. Abbé Fernando Altamira (Colombie)
34. Abbé Hugo Ruiz (Mexique)
35. Abbé Juan-Carlos Ortiz (Australie)
36. Abbé Frank Sauer (Allemagne)
37. Abbé Eduardo Suelo (Asie)
38. Abbé Richard Voigt (USA)
39. Abbé Arnold Trauner (Autriche)
40. Abbé Trincado (Mexique)
41. Abbé Valan Rajkunan (Asie)
42. Père Raphaël Arizaga OSB (Mexique)
43. Père Thomas d’Aquin Ferreira da Costa OSB (Brésil)
44. Père Jahir Brito, FMBV (Brésil)
45. Père Joaquim Daniel Maria de Sant’ana, FMBV (Brésil)

jeudi 4 janvier 2024

La ruine de l'Europe - II

 KE 858 (23 décembre 2023)

L’homme refusant Dieu se replie entre humains

Qui, bientôt, proscriront le Beau, le Vrai, le Bien.


La semaine dernière, ces ‘Commentaires’ ont présenté sans trop d’explications ce qui est ni plus ni moins que le résumé d’un excellent article, écrit par un nationaliste français signant « Militant », sur la situation actuelle de la France et de l’Europe (https://jeune-nation.com/nationalisme/natio-france/prenons-un-seul-parti-celui-de-la-france-helleno-chretienne). Dans une revue politique, un tel article peut sembler étranger à la religion, mais c’est là tout son intérêt, car ces Commentaires voudraient prouver que les problèmes les plus graves de la politique humaine ne peuvent être résolus sans la Religion catholique. Prouver cela est plus facile à dire qu’à faire, car la mentalité toute entière de l’homme moderne veut que la politique, l’économie, l’art, la médecine, le droit, la musique, etc., n’aient rien à voir avec la religion, ou que la religion n’ait rien à voir avec eux. Autrement dit, il faut établir que le meilleur des arguments politiques ne peut que tourner court.

Commençons par un résumé de cet article encore plus bref que celui de la semaine dernière, en sept points :

1. La France et l’Europe s’effondrent. Nous, nationalistes, annonçons depuis longtemps la catastrophe.

2.     Mais depuis les années 1950, les catastrophes politiques se succèdent, sans réaction de l’opinion publique.

3.      Depuis le Moyen-Âge, la France exerçait une influence largement bienfaisante sur le monde.

4.    Aujourd’hui, la France et l’Europe s’inféodent à grands pas aux ‘banksters’ de New York et de Londres.

5.   Par leur guerre par procuration en Ukraine, les USA ont tué la concurrence en Europe et en Allemagne.

6.     C’est la fin d’un monde, et pourtant les plus hautes institutions françaises se taisent, dociles et suivistes.

7.   Solution : en politique, il faut être efficace. Préservons nos trésors culturels pour des temps meilleurs.

Et maintenant, voyons si cette solution est de nature à résoudre la catastrophe évoquée au début ...

1.     En effet, les hommes qui aiment leur pays ne se contentent pas d’assister en somnambules à sa destruction. Au moins, les nationalistes voient un problème grave et tirent la sonnette d’alarme, ce qui est tout à leur honneur. Mais s’ils ont des yeux pour voir, ils doivent reconnaître que la ‘politique’ telle qu’on l’entend aujourd’hui est fichue, morte, kaputt. Pourquoi ?

2.  Les nationalistes, observant l’absence même de réaction du public, devraient se demander comment on peut refaire une nation à partir d’êtres humains défaits. Or qui défait l’homme moderne ? Et qui peut encore le refaire ? Une famille et un foyer solides ? Comparée à la religion, que peut apporter la politique à la famille et au foyer ? Il n’y a aucune comparaison possible !

3.    Chers Français, regardez bien cette gloire de la France au Moyen-Âge ! D’où pensez-vous qu’elle vienne ? De la politique ? Pas du tout ! Elle est venue de l’Église. Pas des protestants, des « Humanistes » ou des révolutionnaires français. C’est de l’Église catholique que la France a reçu de Dieu ses dons exceptionnels pour éclairer le monde.

4.  Chers amis français, ne reprochez pas aux Anglo-Saxons vos propres révolutions contre Dieu. C’est ici et non ailleurs que se trouve la source empoisonnée de tous vos problèmes politiques, qui infectent maintenant le monde. Les problèmes coûteux n’ont pas de solution à vil prix : trahir Dieu ne peut avoir de remède purement politique !

5.     Certes, les États-Unis ont beaucoup à se reprocher, comme l’Angleterre, mais ils n’ont jamais été destinés par Dieu à être à la tête des nations. Une France nationaliste et égoïste n’a pas non plus été conçue par Dieu pour être à la tête des nations, mais seulement la France catholique et désintéressée, à la manière de Mgr Lefebvre. Voyez ce que sa piété française a réalisé dans le monde entier.

6.      Mais pourquoi la France est-elle actuellement dirigée par des individus aussi infâmes ? Parce que ce sont ces hommes qui sont actuellement élus, s’il vous plaît, dans un cadre ‘politique’ et ‘démocratique’. Et c’est pareil dans toute l’Europe. L’homme moderne ne croit ni en Dieu ni en la religion, mais en l’homme et en la politique. Faut-il s’étonner des ruines qui en résultent ?

7.    Il n’est pas étonnant que ce bon écrivain nationaliste en arrive à une solution aussi faible. Il est vrai que les moines médiévaux ont sauvegardé des trésors de la culture antique pour le bénéfice de toute l’humanité, des siècles plus tard, mais par quoi étaient-ils motivés ? Non par la politique, mais par cette religion qui enseigne la valeur inaltérable du Beau, du Bien et du Vrai.

À l’évidence, la politique est soumise à la religion, ou à l’absence de religion ; et la religion, ou son absence, gouverne la politique. La raison n’en est pas longue à chercher. Dieu existe, infiniment au-dessus de Ses créatures purement humaines, et en Lui elles « vivent, se meuvent et ont l’existence », à chaque instant (Actes 18, 28). La politique n’est nulle part aussi proche que Dieu de tout homme vivant. En effet, la religion est la relation que tout homme ne peut pas ne pas avoir avec ce Dieu si intime en lui, alors que la politique n’est que la relation extérieure que l’homme établit avec ses semblables. Mais si un homme refuse de croire en Dieu, alors tout naturellement sa politique devient sa religion de substitution. Nationalistes, faites attention !

Kyrie eleison

mercredi 3 janvier 2024

Bruits de sacres pour la néo FSSPX ?

 


Le 24 décembre 2023, sur telegram, l’abbé Salenave faisait la mise au point suivante :

Depuis un an au moins, on entend régulièrement certains prêtres de l'actuelle FSSPX annoncer à leurs ouailles qu'il y aura bientôt de nouveaux évêques pour la FSSPX. Sauf que ces bruits n'ont pas de caractère officiel. Les raisons de ces bruits récurrents sont assez évidentes :

1) ils viennent de prêtres qui ne supportent pas l'idée que les 6 sacres opérés par Mgr Williamson puissent être parfaitement légitimes. Pour eux n'est légitime que ce qui vient de la  FSSPX.

Le petit feuillet du Pointet procède de cet esprit: empêcher les inquiets de quitter le « Titanic FSSPX » pour rejoindre les barques de la Fidélité Catholique.

2) D'autres prêtres sont légitimement inquiets de l'avenir de la FSSPX et ne veulent pas imaginer que l'avenir de leur congrégation dépend désormais d'évêques "conservateurs" comme un  Mgr. Huonder - projuif - ou un Mgr Schneider - bi-ritualiste.  Ils font alors courir le bruit d'un sacre pour faire pression sur les autorités  de la FSSPX en Suisse. Mais ils oublient que Mgr  Fellay considère qu'il vaut mieux aujourd'hui s'appuyer sur ces évêques conciliaire conservateurs que sur les évêques de la Fidélité.  Ces bruits ne procèdent donc que de graves tensions internes : le supérieur général demande lui-même de répandre ces rumeurs (au prétexte de rassurer les fidèles) sans d'ailleurs fixer de date ! Tout cela n'est que de la basse communication. 

Quand bien même la FSSPX se risquerait à proposer un candidat à l'épiscopat, ce dernier sera de toute façon prisonnier (comme Mgr Tissier)  des nouvelles orientations de la congrégation depuis 2012. Il ne pourra être accepté comme évêque que dans la mesure où il accepte les orientations ralliéristes du Chapitre de 2012.

En bref, un évêque franchement catholique pour la néo FSSPX revient en quelque sorte à croire au Père Noël.


Il y a quelques jours, Mgr Thomasd’Aquin a fait un communiqué sur ce même sujet :

Réponse au Père Jean-François Mouroux

+

PAX

Par Son Excellence Mgr Thomas d'Aquin, OSB

Le Révérend Père Jean-François Mouroux, supérieur du prieuré de São Paulo, dans une lettre adressée à ses fidèles, cherche à les préparer aux futures consécrations dans la FraternitéSaint-Pie X.

Il en profite pour parler de la Résistance. Il écrit:

« Nous avons des exemples du contraire (c'est-à-dire des exemples de frivolité en matière de consécrations) : le mouvement dit de « Résistance », dirigé par Mgr Williamson depuis 2012, compte déjà sept évêques, sans compter les consacrés secrètement qui pourraient sortir du chapeau à tout moment. »

Il faut rappeler qu'en 1988, il y avait six évêques dans la Tradition : Mgr Lefebvre, Mgr Antonio de Castro Mayer, Mgr Williamson, Mgr Tissier de Mallerais, Mgr de Galarreta et Mgr Fellay.

Mgr Lefebvre avait demandé à Mgr Antonio de Castro Mayer en 1987 de nommer quelques prêtres de Campos pour être consacrés en 1988. Même si Mgr Antonio n'avait pas répondu à l'époque, un évêque (ou plus d'un) aurait porté le nombre à au moins sept. Où est la légèreté ? Où est l'excès d'évêques ? Le monde est très grand et le nombre de fidèles qui veulent la Tradition n'est pas petit et est réparti dans le monde entier. L'Église a toujours eu beaucoup d'évêques. Ce n'est pas le nombre, mais le principe qui justifie les consécrations. Mgr Lefebvre a déjà expliqué ce principe. Nous ne pouvons que le suivre. D'ailleurs, deux des évêques de la Résistance ont plus de 80 ans. Je ne vois pas où est la légèreté.

La Résistance a beaucoup moins de fidèles que la Fraternité. Cependant, les voyages qui fatiguent les évêques de la Fraternité fatiguent aussi ceux de la Résistance. Sept évêques, ce n'est pas trop.

Ce qui est le plus important dans la grave crise qui a conduit Mgr Lefebvre à consacrer en 1988, et qui a conduit Mgr Tissier à consacrer Mgr Licínio en 1991, c'est ce qui a conduit Mgr Williamson à consacrer également. Cette crise est l'apostasie de Rome avec ses tendances néo-modernistes et néo-protestantes.

C'est ce qui nous a poussés à nous éloigner de cette Église conciliaire, comme l'a conseillé Mgr Lefebvre, en disant que c'était un devoir strict pour tout prêtre qui voulait rester catholique.

Ce n'était pas et ce n'est pas le refus de l'autorité qui a fait bouger et qui fait encore bouger la Résistance. Dès qu'un Pape fidèle à la Tradition siégera sur le trône de Saint Pierre, l'épiscopat des évêques de la Résistance devra être remis entre les mains de ce Pape pour qu'il en dispose à sa guise, selon l'autorité qui lui aura été conférée par Notre-Seigneur.

Que Notre-Dame du Bon Conseil nous guide et nous conduise au port sûr de l'éternité, après avoir conduit de nombreuses âmes au salut éternel pour la gloire de Dieu le Père, le Fils et le Saint-Esprit.


Sur ce même sujet, nous vous conseillons de réécouter la conférence de Mgr Morgan sur les raisons qui justifiaient les « sacres secrets ».

mardi 2 janvier 2024

La ruine de l'Europe I

KE 857 (16 décembre 2023)

France, tu peux jouer de ton nationalisme,

Mais l’ordre mondial tient par ton Catholicisme!

L’effondrement de la France et de l’Europe en général est une réalité catastrophique. Il ne s’est pas produit en un instant. Le travail de sape est en cours depuis longtemps, comme l’ont bien vu les nationalistes français qui en ont prédit les graves conséquences, aujourd’hui évidentes, pour la société et la civilisation. Des écrivains célèbres et des journaux comme Rivarol ont depuis longtemps tiré la sonnette d’alarme, alors que les événements catastrophiques se sont succédés sans fin.

Après l’effondrement de l’empire colonial français et la trahison de l’Algérie française, le soulèvement étudiant de mai 68 à Paris a montré que le peuple français en général était prêt à accepter le renversement de tout sens commun, de toute tradition, de toute saine morale, c’-à-d. de tout ce qui faisait la grandeur de notre civilisation. Puis ce fut la légalisation de l’avortement, le gouvernement socialiste de 1981, l’antiracisme, l’immigration provoquée, la dissolution de la famille, les LGBT, les transgenres, la pédophilie, l’adrénochrome (une horreur inouïe), la vente d’organes, le ‘changement climatique’, les ‘chemtrails’, etc. Pourtant, l’opinion publique n’a guère réagi. Les gens ont pu être un peu secoués un instant ou deux, mais ils se sont rangés rapidement. Pourtant, on parle d’’amélioration du niveau de vie’, comme s’il y avait eu une réelle amélioration de la vie alors qu’en fait, il ne s’est agi que de progrès techniques — de meilleures machines permettant d’obtenir davantage de biens matériels. Résultat, la nécessité pour le ménage d’avoir deux salaires au lieu d’un seul éloigne la mère du foyer — surtout celle qui n’aime pas élever ses enfants.

Pendant longtemps, la France a rayonné dans le monde entier, généralement en bien. Aujourd’hui cependant, elle s’enfonce elle-même dans un déclin moral et économique, dans une crise sociale et intellectuelle si graves qu’elle ne peut plus exercer une telle influence. Pire encore, elle rejette, méprise et ignore tout ce qu’elle a accompli autrefois. Mais étonnamment, même réduit au rôle de marionnette de maîtres sataniques formant une oligarchie de mondialistes matérialistes et gnostiques, cet ‘Occident’ se comporte encore comme s’il avait vocation à diriger le monde, un peu à la manière des juifs talmudiques qui prétendent être les prêtres de l’humanité.

Et depuis le Covid, monstrueux mensonge destiné à tester jusqu’où peut aller la manipulation de l’homme moderne, les peuples de l’Europe de Charlemagne n’ont cessé de s’asservir aux ‘banksters’ de Londres et de New York. Le plan de dépopulation qui sous-tend le Covid remonte au moins aux années 1970, lorsque Jacques Attali, encore aujourd’hui conseiller du gouvernement français, déclarait dans un entretien public : « Les bouches inutiles ont leur place à l’abattoir. » D’où les ‘vaccinations’ dangereuses et mortelles.

La France, elle, est dépecée et vendue au profit des États-Unis et d’intérêts privés. L’Europe est déchirée par l’attaque des États-Unis et de l’OTAN contre la Russie, avec les vils médias et leurs commentateurs qui vomissent des mensonges contre la Russie tandis que, par-dessus tout, la classe politique dans son entier garde le silence. Par leur guerre par procuration en Ukraine, qui a tué un demi-million de Blancs, les États-Unis ont obtenu au moins une chose : la puissance économique de l’Europe et la concurrence de l’Allemagne sont brisées — les entreprises allemandes s’installent aux États-Unis. Les Américains sont loin de se douter que l’histoire montre que de telles ‘victoires’ sont le signe de la chute imminente d’un empire. En outre, l’Occident a lié son destin à celui de l’État israélien qu’il vénère, au moment où le reste du monde rejette cette arrogance et cette dégénérescence, et n’accepte pas ce que l’Israël fait aux Palestiniens.

Face à cette infamie de la France de Charlemagne, l’absence totale de réaction de toutes les plus hautes institutions françaises signe la fin d’un monde. Elles regardent, silencieuses et dociles, la France rouler vers les poubelles de l’histoire. Certains espèrent que cela durera suffisamment longtemps, d’autres continuent à somnoler, ivres de leur propre propagande. Ceux qui détiennent le pouvoir s’efforcent de faire taire toute opposition, la guerre mondiale étant pourtant suspendue au-dessus de leurs têtes.

Notre tâche en politique est de faire tout ce qui peut avoir un effet, mais elle est principalement de préserver pour des temps meilleurs les meilleurs fruits du glorieux passé de la France, tout comme au 6ème siècle, tandis que l’Empire romain était submergé par les barbares, les moines préservaient dans les monastères les gloires de l’Antiquité. Ces gloires préservées ont joué un rôle important par la suite, dans l’édification de 1500 ans de civilisation européenne et chrétienne.

Kyrie eleison.

vendredi 29 décembre 2023

Croisade de la Charité




En ce temps de Noël, contemplons l'Enfant de la crèche qui nous aidera à croître en Charité, véritable amour de Dieu et du prochain, en luttant contre l'orgueil racine de tous les maux. 

jeudi 28 décembre 2023

À propos de la déclaration Fiducia Supplicans, par Dom Thomas d'Aquin



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PAX

À propos de la déclaration Fiducia Supplicans

En union avec Mgr Lefebvre et sa déclaration du 21 novembre 1974, nous adhérons nous aussi de tout notre cœur et de toute notre âme à la Rome catholique, gardienne de la foi catholique et des traditions nécessaires au maintien de cette foi, c'est-à-dire à Rome éternelle, maîtresse de sagesse et de vérité.

Au contraire, a déclaré Mgr Lefebvre, nous refusons et avons toujours refusé de suivre la tendance néo-moderniste et néo-protestante de Rome, qui s'est manifestée dans le Concile Vatican II et, après le Concile, dans toutes les réformes qui en ont émergé.

Cela indique déjà notre position face à un énième fruit de cette Rome à tendance néo-moderniste et néo-protestante. De quelle bénédiction s’agit-il ? Comment pouvons-nous amener ceux qui sont dans le péché à penser que Dieu peut bénir leur péché abominable ? Une pénitence, une absolution suivie d'une véritable conversion, tout ce qui peut y conduire est salutaire. Mais est-ce ce que nous voyons dans cette bénédiction ambiguë et hypocrite ? Non. Ce que nous constatons, c’est une aggravation constante du mal et la perte d’âmes.

Jusqu'à ce qu'un Pape entièrement fidèle à la Tradition revienne sur le fauteuil de Pierre, nous ne pourrons pas recevoir ce qui vient de la Rome actuelle comme s'il venait de la Rome éternelle. Il faut écouter et mettre en pratique les conseils laissés par Mgr Lefebvre : « C'est un devoir strict, pour tout prêtre qui veut rester catholique, de se séparer de cette Église conciliaire, jusqu'à ce qu'elle retrouve le chemin de la Tradition, du Magistère et la foi catholique ». Oui, nous devons nous séparer spirituellement du pape François, même si nous le reconnaissons comme pape. Un Pape qui n'agit pas comme le Bon Pasteur.

Tout ce que fait l’Église Conciliaire est entaché des faux principes de la Nouvelle Théologie condamnés par Pie XII mais adoptés par Vatican II. Cela se voit chez tous les papes conciliaires, de Jean XXIII à François.

Nous refusons de boire à cette fontaine empoisonnée que nous offre l'Église conciliaire, qui a causé et causera certainement tant de mal à l'Église jusqu'à l'arrivée d'un pape véritablement catholique. Que Notre-Dame, qui a vaincu toutes les hérésies, obtienne que l'Église voie bientôt ce Pape.

+ Thomas d'Aquin, OSB
Le 27 décembre 2023