mercredi 7 octobre 2020

Mgr Viganò commente la dernière encyclique à saveur maçonnique du Pape François


La dernière encyclique du Pape François était à peine publiée que le bulletin El Oriente, l'organe de communication de la Grande Loge d'Espagne, publie dans sa dernière édition un article intitulé "Le pape embrasse la Fraternité Universelle, le grand principe de la Maçonnerie". "Ce rêve fraternel est entré en collision avec l'intégrisme religieux qui , dans le cas de l'Eglise catholique, a conduit à des textes durs condamnant la tolérance de la Franc-Maçonnerie au XIXeme siècle". En revanche, la Grande Loge d'Espagne rappelle que la dernière encyclique du Pape François démontre " à quel point l'Eglise catholique actuelle est éloignée de ses anciennes positions. Dans Fratelli Tutti, le pape embrasse la Fraternité universelle, le grand principe de la Franc-Maçonnerie moderne". 

Alors une fois de plus, Mgr Vigano réagit en véritable évêque  et donne la lumière catholique à cette encyclique digne des égouts collecteurs modernistes.

Voici les réponses de Mgr Viganò à chacune des citations de l’encyclique qui lui ont été présentées par LifeSite:

274. De notre expérience de foi et de la sagesse accumulée au cours des siècles, mais aussi des leçons tirées de nos nombreuses faiblesses et échecs, nous, les croyants des différentes religions, savons que notre témoignage de Dieu profite à nos sociétés.

[NDT : le texte en français sur le site du Vatican est le suivant « À la faveur de notre expérience de foi et de la sagesse accumulée au cours des siècles, en apprenant aussi de nos nombreuses faiblesses et chutes, nous savons, nous croyants des religions différentes, que rendre Dieu présent est un bien pour nos sociétés ». Or selon moi il n’est pas équivalent à la version anglaise de LifeSiteNews traduite ci-dessus]. Le texte anglais recopié à partir du site du Vatican est : « From our faith experience and from the wisdom accumulated over centuries, but also from lessons learned from our many weaknesses and failures, we, the believers of the different religions, know that our witness to God benefits our societies. La version espagnole est équivalente à la version française : Desde nuestra experiencia de fe y desde la sabiduría que ha ido amasándose a lo largo de los siglos, aprendiendo también de nuestras muchas debilidades y caídas, los creyentes de las distintas religiones sabemos que hacer presente a Dios es un bien para nuestras sociedades. La version italienne est la suivante « A partire dalla nostra esperienza di fede e dalla sapienza che si è andata accumulando nel corso dei secoli, imparando anche da molte nostre debolezze e cadute, come credenti delle diverse religioni sappiamo che rendere presente Dio è un bene per le nostre società. ». Nous pouvons donc supposer que c’est la version anglaise officielle qui est défectueuse]

La proposition « nous, croyants des différentes religions, savons que notre témoignage de Dieu profite à nos sociétés » est volontairement équivoque: « rendre Dieu présent » ne signifie rien au sens strict (Dieu est présent en lui-même). Au sens large, si l'on entend « rendre Dieu présent par la présence d'une ou plusieurs religions » par opposition à «l' éloignement des valeurs religieuses » évoqué au § 275, [NdT « “departure from religious values » sur le site de LifeSiteNews or le mot « departure » ne figure pas dans la version anglaise sur le site du Vatican au §275.] comme semble le suggérer le texte, une telle proposition est erronée et hérétique, car elle met au même niveau la révélation divine du Dieu vivant et vrai avec les «prostitutions», comme la Sainte Écriture appelle les fausses religions. Affirmer que la présence de fausses religions « profite à nos sociétés » est également hérétique, car non seulement elle offense la Majesté de Dieu, mais elle légitime également l'action des dissidents, attribuant le mérite plutôt que la responsabilité pour la damnation des âmes et pour les guerres de religion menées contre l'Église du Christ par les hérétiques, les musulmans et idolâtres. Ce passage est également offensant car il implique subrepticement que ce « bien pour nos sociétés » a été acquis de manière générique [generically]« aussi en apprenant de beaucoup de nos faiblesses et échecs », alors qu'en réalité les « faiblesses et échecs » sont imputables aux sectes et seulement indirectement et «per accidens» aux hommes d’Église.

Enfin, je voudrais signaler que l'indifférentisme religieux, implicitement promu dans le texte Fratelli Tutti , qui définit comme "un bien pour nos sociétés" la présence de toute religion - au lieu de "la liberté et l'exaltation de la Sainte Mère Église" - nie en fait les droits souverains de Jésus-Christ, Roi et Seigneur des individus, des sociétés et des nations.

Pie XI, dans sa définitive [immortal] Encyclique Quas Primas , proclame: «Quelle merveille, alors, que celui que Saint Jean appelle le 'prince des rois de la terre' apparaisse dans la vision prophétique de l'Apôtre comme celui qui 'a sur Son vêtement et sur Sa cuisse écrit «Roi des rois et Seigneur des seigneurs!». C'est le Christ que le Père « a désigné héritier de toutes choses»; 'car Il doit régner jusqu'à ce qu'à la fin du monde Il ait mis tous Ses ennemis aux pieds de Dieu et du Père.' ”Et puisque les ennemis de Dieu ne peuvent être nos amis, la fraternité des peuples contre Dieu est non seulement ontologiquement impossible, mais théologiquement blasphématoire.


277. L'Église estime [estims] la manière dont Dieu agit dans les autres religions et «ne rejette rien de ce qui est vrai et saint dans ces religions. Elle a une haute estime pour leur mode de vie et de conduite, leurs préceptes et doctrines qui… reflètent souvent un rayon de cette vérité qui éclaire tous les hommes et toutes les femmes. (Décl. Nostra aetate, 2)

[ NdT version française copiée du site du Vatican : "L’Église valorise l’action de Dieu dans les autres religions et « ne rejette rien de ce qui est vrai et saint dans ces religions. Elle considère avec un respect sincère ces manières d’agir et de vivre, ces règles et ces doctrines qui […] reflètent souvent un rayon de la vérité qui illumine tous les hommes »".]

La référence au document conciliaire Nostra aetate est la confirmation du lien idéologique de la pensée hérétique bergoglienne avec les prémisses précédemment exposées par Vatican II. Dans les fausses religions il n'y a rien de vrai et saint « ex se » car tous les éléments de vérité qu'elles peuvent préserver sont de toute façon usurpés et utilisés pour dissimuler l'erreur et la rendre plus nuisible. Aucun respect ne peut être accordé aux fausses religions, dont les préceptes et les doctrines doivent être exclus et rejetés dans leur intégralité. Si donc parmi ces éléments de vérité et de sainteté Bergoglio veut inclure par exemple le concept d'un [NdT le problème est que la version latine de NA ne connait pas d’article « un Dieu unique » ou « le Dieu unique » ?] Dieu unique qui devrait rapprocher les catholiques de ceux qui professent une religion monothéiste, il faut préciser qu'il existe une différence substantielle et inévitable entre le vrai Dieu Un et Trine et le dieu miséricordieux de l'Islam.

277. D'autres boivent d'autres sources. Pour nous, la source de la dignité humaine et de la fraternité est dans l'Évangile de Jésus-Christ.

La seule source à partir de laquelle il est possible de boire est Notre Seigneur Jésus-Christ, à travers l'unique Église qu'Il a établie pour le salut des âmes. Ceux qui essaient d'étancher leur soif à partir d'autres sources ne l'étanchent pas et s'empoisonnent presque certainement. Il est également contestable que le concept hétérodoxe de dignité humaine et de fraternité dont il est question dans Fratelli Tutti se retrouve dans l'Évangile, qui contredit plutôt clairement cette vision horizontale, immanentiste et indifférentiste théorisée par Bergoglio. Enfin, la spécification «pour nous» est trompeuse, car elle relativise l'objectivité du message évangélique à une manière personnelle de voir ou d'expérimenter les choses, et par conséquent le prive de son autorité, qui découle de l'origine divine et surnaturelle de la Sainte Écriture.

279. […] Un droit humain fondamental ne doit pas être oublié dans le chemin vers la fraternité et la paix. C'est la liberté religieuse pour les croyants de toutes les religions.

La liberté de religion pour les croyants de toutes les religions n'est pas un droit de l'homme, mais un abus dépourvu de tout fondement théologique et, même avant cela, une telle liberté n'est ni philosophique ni logique. Ce concept de liberté religieuse - qui remplace la liberté d'une seule religion, la «liberté de la religion catholique d'exercer sa mission» et la «liberté des fidèles d'adhérer à l'Église catholique sans entrave de l'État» par le permis de adhérer à toute croyance, quelle que soit sa crédibilité et credenda (ce que nous devons croire) - est hérétique et inconciliables avec la doctrine immuable de l'Eglise. L'être humain n'a pas droit à l'erreur : la liberté de coercition expliquée par le magistère de Léon XIII dans l'encyclique Libertas praestantissimum ne supprime pas l'obligation morale de n'adhérer librement qu'au bien, puisque de la liberté de cet acte dépend sa moralité, c'est-à-dire sa capacité à mériter une récompense ou une punition. L'État peut tolérer l'erreur dans certaines situations, mais il ne peut jamais légitimement placer l'erreur sur le même plan que la vérité, ni considérer toutes les religions comme équivalentes ou non pertinentes : l'indifférentisme religieux est condamné par le Magistère, tout comme le relativisme religieux. L'Église a la mission de convertir les âmes à la vraie foi, en les arrachant aux ténèbres de l'erreur et du vice. La théorie d'un prétendu droit à l'erreur et à sa diffusion est aussi une offense à Dieu et une trahison de l'autorité par procuration des Pasteurs Sacrés, qu'ils doivent l’exercer aux fins pour lesquelles elle a été établie, et ne pas répandre l'erreur et discréditer l'Église du Christ. Il est incroyable que le Vicaire du Christ (j'ai oublié : Bergoglio a renoncé à ce titre !) puisse reconnaître tout droit aux fausses religions, puisque l'Église est l'Épouse de l'Agneau, et il serait blasphématoire de penser que Notre Seigneur pourrait avoir d’autres épouses .

281. […] «Dieu ne voit pas avec ses yeux, Dieu voit avec son cœur. Et l'amour de Dieu est le même pour tout le monde, quelle que soit la religion. Même s'ils sont athées, son amour est le même. Quand le dernier jour viendra, et qu'il y aura suffisamment de lumière pour voir les choses telles qu'elles sont vraiment, nous allons nous trouver assez surpris. (Tiré du film Pape François: Un homme de sa parole, de Wim Wenders (2018))

[NdT la version française sur le site du Vatican est « Dieu ne regarde pas avec les yeux, Dieu regarde avec le cœur. Et l’amour de Dieu est le même pour chaque personne, quelle que soit sa religion. Et si elle est athée, c’est le même amour. Au dernier jour et quand il y aura la lumière suffisante sur la terre pour voir les choses telles qu’elles sont, il y aura des surprises ! ».]

L'utilisation d'expressions percutantes et manquant de clarté et de sens est l'un des moyens que les Innovateurs utilisent pour insinuer les erreurs sans les formuler clairement. La proposition «Dieu ne regarde pas avec ses yeux, Dieu regarde avec son cœur» peut être au mieux une expression émouvante, mais dénuée de toute valeur doctrinale. Au contraire, cela nous porte à croire qu'en Dieu la connaissance et l'amour sont dissociés, que l'amour de Dieu est aveugle et que, par conséquent, l'orientation de nos propres actions n'a aucune valeur à ses yeux.

La proposition « L'amour de Dieu est le même pour chaque personne, quelle que soit sa religion» est gravement équivoque et trompeuse, plus insidieuse qu'une hérésie flagrante. Cela nous amène à croire que la réponse libre de l'homme et son adhésion à l'amour de Dieu sont sans rapport avec sa destinée éternelle.

Dans l'ordre naturel, Dieu crée chaque personne avec un acte d'amour gratuit : l'amour de Dieu s'étend à toutes ses créatures. Mais chaque personne humaine est créée en vue de l’adoption filiale et de la gloire éternelle. Dieu accorde à chaque personne les grâces surnaturelles nécessaires pour que chacun puisse Le connaître, L'aimer, Le servir, obéir à Sa loi inscrite dans le cœur, et ainsi parvenir à embrasser la Foi.

Dans l'ordre surnaturel, l'amour de Dieu pour une personne est proportionnel à son état de Grâce, c'est-à-dire dans la mesure où cette âme correspond au Don de Dieu par la Foi et les œuvres, méritant la récompense éternelle. Dans les plans de la Providence, l'amour pour le pécheur - y compris l'hérétique, le païen et l'athée - peut consister à accorder de plus grandes grâces touchant son cœur et le conduisant à la repentance et à l'adhésion à la vraie Foi.

« Quand le dernier jour arrivera et qu'il y aura suffisamment de lumière sur terre pour pouvoir voir les choses telles qu'elles sont, nous aurons plusieurs surprises » : cette proposition suggère que ce que l'Église enseigne peut en quelque sorte être réfuté le jour du Jugement dernier . Parmi ceux qui auront «plusieurs surprises», il y aura en réalité ceux qui croient pouvoir adultérer la Foi et l'Ordre Moral avec les délires des modernistes et l'adhésion aux idéologies perverses du siècle, et on verra que ce que l’Église a toujours prêché, et ce que l'anti-église nie obstinément, correspond exactement à ce que Notre Seigneur a enseigné aux Apôtres.

+ Carlo Maria Viganò, archevêque