mardi 4 octobre 2022

Aveugles et conducteurs d'aveugles

KE 794 (1er octobre 2022)

– Nous, hommes, monterons jusqu’à Ton Trône, ô Dieu !
– Mes amis, évitez un désastre furieux !

Un vieux et célèbre proverbe latin dit : « Ceux que les dieux veulent perdre, ils les rendent d’abord fous. »

Par son actuelle décadence morale et sa stupidité suicidaire, nous savons que l’Europe est devenue folle. Il est fort à craindre qu’elle ne se laisse tromper, d’une manière dont elle ne peut s’en prendre qu’à elle-même, et qu’elle ne contribue ensuite à induire le monde entier en erreur. C’est l’argument d’un certain Patrick Foy dans une lettre circulaire adressée aux « amis et interlocuteurs » fin août dernier. Remarquez comment, caractéristique de l’homme moderne, il ne fait aucune référence ni aux dieux ni au seul vrai Dieu. Mais son analyse lucide de l’état actuel de l’Allemagne (où il habite), tout en restant sur le plan naturel, ne contredit en rien une analyse pleinement surnaturelle. Bien au contraire.

Mon Dieu ! l’Allemagne va-t-elle rentrer dans le mur ? D’après ce que j’ai lu, sauf médias américains de grand chemin, la réponse à cette question semble être « Oui. Si rien ne change, l’Allemagne rentrera dans le mur cet hiver. » Il est certain que la possibilité existe. Tout se résume à la guerre en Ukraine déclenchée par Washington, et au fait que l’Allemagne, comme le reste de l’Europe, a été assez stupide pour gober la fable de Washington et suivre sa voie suicidaire.

La porte de sortie vers un règlement négocié avec l’Ukraine, avant l’intervention russe du 24 février, a été murée lorsque l’UE et l’OTAN, surtout l’Allemagne et la France, se sont retirées de l’accord de Minsk II. Cet accord, que l’Ukraine a signé, avec la France et l’Allemagne comme garants, aurait fourni un certain degré d’autonomie au sein de l’Ukraine pour certaines régions orientales russophones de ce pays. Si vous regardez la carte actuelle du champ de bataille, c’est cette zone limitée que la Russie occupe maintenant. C’est cette zone qui voulait se détacher de l’Ukraine et rejoindre la Fédération de Russie. La population russe qui y réside demandait de l’aide à Poutine depuis que la CIA et les néo-conservateurs avaient déterré la hache de guerre, envoyant Victoria Nuland pour orchestrer le coup d’État de 2014 à Kiev, qui a renversé le gouvernement élu.

Il n’est pas nécessaire d’entrer dans des détails affligeants. Le fait est que Washington a décroché le téléphone, et a dit à Berlin et Paris : « Annulez Minsk II ! » Les négociations avec Moscou ont été étouffées. Minsk II a été jeté aux oubliettes. Cela a conduit directement et logiquement à la guerre que nous avons maintenant, et aux sanctions écrasantes qui ont suivi contre la Russie, dictées à nouveau par Washington. Il me semble que cela faisait partie d’un plan. Le clown de Londres, Boris Johnson, a encouragé Berlin et Paris dans leur folie. Maintenant, l’économie européenne s’effondre par manque d’énergie – que la Russie fournissait régulièrement !  La Russie n’était pas (et n’est pas) un ennemi de l’Europe. Elle était un partenaire. Mais dès que l’Allemagne et la France ont jeté Minsk II par-dessus bord et laissé Washington dicter l’ordre du jour, l’Europe était condamnée.  De toute évidence, les dirigeants européens ne peuvent plus concevoir leurs propres intérêts. Il est tellement plus facile de recevoir ses ordres de Washington.

David Stockman, grand manitou du budget sous le président Reagan dans les années 1980, a le mieux résumé les conséquences économiques dans son billet du 23 août, L’hiver arrive. Il écrit que la perte que l’Europe s’est elle-même infligée de l’approvisionnement en énergie russe, imposée par Washington, signifiera « à la lettre, des millions de foyers plongés dans le froid et l’obscurité en Europe, et des prix de l’énergie atteignant la lune. »

Peut-être que les choses ne seront pas mauvaises à ce point, dit M. Foy, mais rien de cela n’était nécessaire, aussi bien la guerre en Ukraine que le boomerang des sanctions contre la Russie, sans parler des conséquences pour le monde entier. Il se peut, conclut l’auteur, que Berlin, Paris et Londres soient tous devenus des caniches incapables de penser par eux-mêmes. Mais il faut surtout blâmer les cerveaux à Washington, qui se mêlent des affaires européennes depuis la fin de la guerre froide en 1989.

Kyrie eleison.

jeudi 15 septembre 2022

Qu'est-ce que la «REALITE» ? - III

KE 791 (10 septembre 2022) 

Saint Thomas est le grand guérisseur des esprits,
Lisez-le en latin, l’exercice est sans prix  !

En un seul article de sa Summa Theologiæ pleine de bon sens (Ia, q. 85, a.2), saint Thomas d’Aquin réfute, avec quelque 500 ans d’avance, les imbécillités de Kant et de ses nombreux disciples dans les temps modernes, à savoir que notre esprit humain ne peut connaître que les apparences des choses qui nous entourent. Car selon Kant, nous, les êtres humains, ne pouvons pas connaître la réalité des choses telles qu’elles sont réellement au-delà de leurs apparences. La chose, telle qu’elle est en elle-même (en allemand « das Ding an sich ») est absolument inconnaissable par nous. Si tel est le cas, nous pouvons nous demander comment nous pouvons même savoir qu’il existe un « Ding an sich » derrière les apparences des choses. En conséquence, les disciples de Kant n’ont plus porté aucune attention à une soi-disant réalité en soi, ou réalité extra-mentale. Résultat : la « philosophie » moderne a fait ses valises pour « Alice au Pays des Merveilles », rejoint l’ensorcelant sourire du chat du Cheshire encore dans l’arbre après la disparition du chat. Au revoir, la réalité. Bienvenue à toutes les fantaisies imaginables !

Saint Thomas a deux arguments de bon sens pour faire tomber ce misérable Kant de son piédestal.  Je vois par exemple un cheval dans un pré. Physiquement, le cheval n’est évidemment pas dans ma tête, mais seulement une certaine représentation du cheval. Maintenant, problème :

1) cette représentation du cheval par laquelle je connais le cheval est-elle comme une fenêtre ouverte sur le cheval de sorte que je connaisse le cheval lui-même ; ou

2) cette représentation est-elle elle-même ce que je connais, comme une peinture du cheval qui dépeint le cheval mais ne me donne aucune vue sur le cheval lui-même ?

Pour Saint Thomas, les représentations dans notre esprit sont comme des fenêtres sur la réalité extérieure à notre esprit. Pour Kant, elles sont comme des peintures derrière ou au-delà desquelles nous ne pouvons rien voir. Pour l’Aquinate, elles sont ce par quoi nous connaissons ; pour Kant, elles sont ce que nous connaissons.

Premier argument de Saint Thomas : si nous ne connaissons, pour ainsi dire, que le sourire du chat et pas le chat lui-même, alors comment pouvons-nous avoir une quelconque connaissance des chats ou de toute réalité extra-mentale ? Il n’existe plus de science ni de connaissance de la réalité extérieure à notre esprit. Et si nous ne connaissons rien en dehors de notre esprit, mais seulement nos propres représentations à l’intérieur de notre esprit, alors c’est la fin de toute connaissance de la réalité, et la fin de toute science. Évidence ! Plus d’un « savant » contemporain finit par perdre prise sur la réalité de sa propre « science », parce qu’à l’instar de la quasi-totalité du monde actuel, il a laissé le kantisme lui faire perdre la tête.

Second argument : si nous ne connaissions que les représentations de notre esprit, alors toutes ces représentations seraient vraies, car la vérité consiste en la conformité de notre esprit à la réalité qui lui est extérieure. Or si nous ne pouvions rien savoir au-delà de nos propres représentations, nous n’aurions aucun accès à une quelconque réalité extérieure pour pouvoir dire si nos représentations lui sont conformes ou non. Ainsi, tous les jugements de notre esprit basés sur nos propres représentations deviendraient vrais, car ils seraient conformes à eux-mêmes. Ainsi, Paul pourrait juger que le miel est amer tandis que Pierre pourrait juger qu’il est doux, et tous deux auraient raison ! Ni l’un ni l’autre n’aurait accès à une réalité objective autre que les représentations que chacun s’en fait, pour trancher le conflit de leurs opinions contradictoires. Exit la loi de non-contradiction. Exit la possibilité d’une discussion. Exit toute pensée objective. Entre en scène la « philosophie » moderne.

Saint Thomas est objectif par-dessus tout. Dans le même Article, il poursuit en expliquant que dans la vie réelle, la forme même de l’objet extérieur à notre esprit

1) donne à cet objet son existence, et

2) in-forme également notre esprit, c’est-à-dire procure l’existence même de nos pensées à notre esprit.

En d’autres termes, non seulement nos esprits sont capables de saisir la réalité extra-mentale ; mais encore, ils sont totalement incapables de fonctionner sans elle (du moins à l’origine de leur pensée). Par conséquent, la base même de la pensée humaine doit être objective, et cette base (pour autant qu’elle soit connaissable) peut être invoquée pour régler tout conflit d’opinions subjectives. Et, inscrite dans la réalité objective, la loi de non-contradiction – rien ne peut être et ne pas être en même temps et sous le même rapport – est également la base de notre pensée. Nos représentations de la réalité sont donc bien des fenêtres qui ouvrent fidèlement sur la réalité extérieure à notre esprit, et non des peintures qui bouchent la vue sur toute réalité située au-delà ou derrière elles, comme le prétend l’abominable Kant, qui s’est entêté jusqu’à la ruine de toute prise sur la réalité, et de toute pensée objective.

Kyrie eleison

mercredi 14 septembre 2022

Croisade de la Charité

En ce mois de septembre, nous nous penchons sur la Charité à pratiquer dans le réel et à l'instant présent ! 

mardi 13 septembre 2022

Qu'est-ce que la «REALITE» ? - II

KE 790 (3 septembre 2022)

Dieu bénisse les maîtres enseignant comme ils vivent, 
Et ne fabriquant pas d’idées folles et nocives !

La semaine dernière, ces « Commentaires » ont vivement suggéré que pour juger de ce qu’est la réalité, le bon sens est bien supérieur aux soi-disants « savants et intellectuels ». Le problème des « savants » est que leur esprit est généralement confiné à la matière, ou aux choses matérielles ; donc ils n’ont très communément aucune idée des choses spirituelles, ou « invisibles » comme les nomme le Credo de Nicée (325). Cela en fait de mauvais juges de la partie la plus élevée de la réalité. Quant aux « intellectuels », la masse de leurs esprits est subjuguée par Kant (1724–1804), souverain-maître implicite du département de philosophie des « universités » modernes, lesquelles se font un devoir de mépriser le bon sens. En effet, notre bon sens peut être défini comme notre compréhension naturelle et venant de Dieu, des réalités qui nous entourent depuis la naissance jusqu’à la mort. Or, depuis la fin du 18ème siècle surtout, l’homme fait la guerre à Dieu et à la nature. 

C’est pourquoi, aujourd’hui, le bon sens est progressivement éliminé de l’esprit des hommes par leurs prétendus chefs, de sorte que, par exemple, les hommes doivent être féminins, les femmes masculines, et les enfants doivent soi-disant changer de sexe avant 12 ans sous peine d’avoir raté leur vie. 

Mais comment ce qui reste de bon sens à l’homme ordinaire peut-il résister devant les études et la science des « philosophes » ? Une équipe de footballeurs amateurs pourrait-elle battre une équipe de professionnels ? Normalement, les professionnels de n’importe quel sport battent facilement les amateurs, et les hommes ordinaires suivent leurs chefs. Et ainsi, celui qui suit son bon sens dans la société actuelle sera facilement persuadé qu’il a tort. Cependant, Aristote (384–322 av. J.-C.), grand philosophe connu pour son analyse de la réalité encore largement valable aujourd’hui, a dit un jour de ses collègues : « Il n’y a pas de stupidité qu’il n’y ait eu un philosophe pour la professer. » Ainsi, lorsqu’il s’agit des principes philosophiques de la vie, les professionnels n’ont pas toujours raison. 

Distinguons deux sens du mot « philosophie ». Ou bien « philosophie » renvoie à l’activité intellectuelle des hommes qui pensent, étudient, lisent et écrivent des livres, souvent dans des universités : il s’agit des philosophes professionnels. Ou bien « philosophie » définit les principes selon lesquels vit un homme, consciemment ou inconsciemment. Et comme aucun homme ne peut vivre sans avoir de tels principes, alors, dans ce second sens, tout homme vivant possède une certaine philosophie, qu’il soit amateur ou professionnel. 

Ces deux sens ne sont pas identiques. Dans le premier sens, si un philosophe écrit un livre, il peut le faire pour une variété d’autres motifs que d’analyser la réalité. Il peut écrire de la philosophie pour gagner sa vie, pour faire de l’argent, pour se faire un nom, etc. Et dans ce cas, il peut croire ou non à ce qu’il écrit, il peut écrire sciemment une absurdité, très éloignée de ce qu’il sait de la réalité. Dans tous les cas, il veut que les gens le prennent au sérieux, il doit donc au moins leur faire croire qu’il écrit ce qu’il croit être réel. Il se peut donc que je ne sache pas s’il est véridique ou non. 

Si je veux savoir ce que le philosophe professionnel pense vraiment, je dois me tourner vers le second sens du terme et, au lieu d’écouter ce qu’il dit ou de lire ce qu’il écrit, je dois regarder comment il vit, car cela me dira forcément ce qu’il pense vraiment. Voilà pourquoi l’exemple personnel est tellement plus parlant et persuasif que les simples mots. Si Mgr Lefebvre a fait tant de bons prêtres, c’est avant tout par son propre exemple. Si donc je veux savoir ce que tel ou tel philosophe pense vraiment de la réalité, je dois regarder ses actions plutôt que d’écouter ses paroles. 

Enfin, nous arrivons à ces « philosophes » qui enseignent, à la suite de Kant, que l’esprit humain ne peut pas savoir ce qui se cache derrière les apparences des choses. Fort bien. Mais comment agissent-ils ? Vivent-ils comme s’ils ne savaient pas que l’eau sert à laver ou le café à être bu ? Bien sûr que non. Comment Kant aurait-il pu se rendre à pied à l’université de Koenigsberg chaque matin s’il n’avait pas su faire la différence entre une porte et un mur, entre un escalier et une chaise ? Il n’aurait jamais pu vivre s’il avait pris au sérieux ses propres bêtises. L’énorme avantage de saint Thomas d’Aquin est que son système correspond au sens commun. Le « Docteur commun » de Dieu se conforme au bon sens donné par Dieu. 

Kyrie eleison. 

jeudi 8 septembre 2022

Nativité de la Sainte Vierge et vision sur cette merveilleuse nativité - 8 septembre


Cette fête ancienne se célébrait à Rome dès le VIIe siècle, et le Pape Innocent IV, pour accomplir le vœu que les Cardinaux en avaient fait avant l’élection de son prédécesseur, y ajouta une octave au Ier Concile de Lyon, tenu en 1245.

C’est la date du 8 septembre qui a servi à fixer celle de la fête de l’Immaculée Conception, neuf mois auparavant (8 septembre - 8 décembre). Marie est inséparable de Jésus dans le plan divin, aussi la liturgie lui applique-t-elle ce que tous nos livres Saints disent de la Sagesse éternelle qui est le Verbe « par Lequel tout a été fait » (Jn, I, 3).

Comme le Christ, la Vierge préside en effet à toute l’œuvre de la création, c’est elle, avec son Fils, que Dieu eut surtout en vue en créant le monde.

Tout est miracle dans l’histoire de la sainte Vierge ; sa naissance ne fait point exception, et, bien que pauvre et vulgaire aux yeux du monde, elle apparaît aux yeux de la Foi entourée des plus éclatantes merveilles.

Aussi est-ce avec raison que l’Église s’écrie en ce jour : « Votre naissance, ô Marie, Mère de Dieu, a rempli tout le monde de consolation et d’allégresse, parce que le Soleil de justice, Jésus-Christ, notre Dieu, est né de vous, Lui qui nous a tirés de la malédiction où nous étions plongés et nous a comblés de bénédictions ; Lui qui, ayant ruiné l’empire de la mort, nous a introduits dans la vie éternelle ».

mercredi 31 août 2022

Qu'est-ce que la « RÉALITÉ » ? – I

KE 789 (27 août 2022)
Kant

Les communistes et les « savants » aiment la folie de Kant,
Mais les catholiques haïssent les monstres qu’elle enfante.

La question est aussi fondamentale que sa réponse est incertaine de nos jours. En cause, une confusion savamment entretenue. Et les « savants » eux-mêmes brouillent les pistes.

Pour preuve, voici un article récemment paru dans la section « nouvelles positives » de l’édition en ligne de l’« Epoch Times » du 21 août. L’article est intitulé « La réalité est-elle un hologramme ? un consensus social ? Ou le seul fruit de votre esprit ? Des savants expliquent ce qu’est vraiment la réalité ». Évidemment, nous sommes tous impatients de découvrir ce qu’est vraiment la réalité ! Examinons donc quelques citations de ces « savants » reproduites dans l’article, et flanquons chacune d’elles d’un commentaire catholique.

1) Albert Einstein (1879–1955). Peu avant sa mort, il aurait dit : « La réalité n’est qu’une illusion, bien qu’elle soit très persistante. » La réalité à laquelle Einstein fait ici référence est sans doute la réalité hors de l’esprit, ou extra-mentale. Et bien sûr, nombre d’êtres humains sont convaincus que le monde qui les entoure est à l’extérieur de leur propre esprit, et pas seulement à l’intérieur. C’est du bon sens. Mais le « savant » moderne estime bien entendu qu’il est au-dessus du bon sens, et il est convaincu que sa « science » sait mieux, et qu’elle ne reste pas à la superficie. Pourtant, comme Einstein semble l’avouer, le bon sens est « très persistant ». L’homme ordinaire sait que son chien n’est pas qu’une invention de son imagination ou de son esprit.

2) Werner Heisenberg (1901–1976). Pionnier de la physique quantique, il aurait dit : « Les mêmes forces organisatrices qui ont façonné la nature dans toutes ses formes ont également façonné la structure de nos esprits. » Cette déclaration a un sens vrai  : Dieu a créé à la fois la réalité extra- mentale et les esprits humains pour saisir cette réalité. Mais ici Heisenberg veut suggérer que nos esprits, de par leur nature, sont inaptes à capter les formes dans ce qu’ils saisissent de la nature qui les entoure. En d’autres termes, nos esprits ne peuvent connaître la réalité extérieure telle qu’elle est en elle-même, indépendamment de nos esprits. Cette suggestion est complètement fausse, car ce qu’il appelle les « forces organisatrices », et ce que les Catholiques appellent « Dieu », ont façonné nos esprits précisément pour connaître la réalité extra-mentale telle qu’elle est en elle-même, et non telle que « construite » par nos esprits dans le processus de la connaissance. De soi, nos esprits sont vides.

3) Peter Russell (né en 1946). Physicien et auteur religieux se proposant de combiner la science et la spiritualité. Il aurait déclaré : « L’illusion survient lorsque nous confondons la réalité que nous expérimentons avec la réalité physique, la chose-en-soi. » Or, cet écrivain est ouvert à la « spiritualité », il n’est donc pas un matérialiste primaire. Mais il n’en reste pas moins un kantien, coupé de la réalité extra-mentale. Car que dit-il ? Ce que nous, êtres humains, « expérimentons de la réalité » n’est pas la même chose que la réalité extra-mentale (qu’il appelle ici « réalité physique » ou « chose-en-soi », selon l’expression même de Kant : « das Ding an sich »).

En d’autres termes, comme Einstein, comme Heisenberg le suggère et comme la masse des « intellectuels » et des « scientifiques » d’aujourd’hui, mais à rebours des gens ordinaires qui ont encore un peu de bon sens, Russell accepte la proposition folle du « philosophe » allemand Emmanuel Kant (1724–1804). Selon ce dernier, l’esprit humain est intrinsèquement et absolument incapable de savoir ce qu’est une chose : nous ne pouvons connaître que ses apparences, tandis que notre propre esprit bricole en lui-même ce qu’est la « chose-en-soi », derrière ou au-delà des apparences ou phénomènes. D’où tant de « philosophes » modernes captivés par les sirènes de la phénoménologie. Pourtant, combien de ces phénoménologues auront eu un chien à eux, en la réalité extra-mentale duquel ils n’ont jamais douté un seul instant ! Le chien devait être nourri tous les jours, il fallait absolument l’empêcher d’exercer certaines fonctions naturelles à l’intérieur de la maison tous les jours etc.

Cette paralysie de l’esprit humain par Kant – et il ne faisait que systématiser l’apostasie de l’Europe tout autour de lui – est cruciale à éviter pour les Catholiques et pour quiconque veut sauver son âme. Comment puis-je prendre au sérieux un quelconque Dieu extra-mental s’il n’existe aucune réalité extra-mentale que je puisse connaître ? Lorsque l’Armée Rouge envahit la ville de Koenigsberg en 1945, elle détruisit des choses de toutes sortes, mais elle respecta soigneusement tous les monuments dédiés à Kant, comme on peut le constater encore aujourd’hui.... Rendez-vous pour le CE de la semaine prochaine !

Kyrie eleison.

mardi 30 août 2022

La catastrophe "vaccinale" en chiffres officiels pour l'Angleterre

Nous avons traduit pour les lecteurs de Reconquista un article anglais qui révèle les chiffres officiels des décès liés à la soupe chimique en Angleterre. Ce n'est pas du délire complotiste, ce sont des chiffres officiels de l'ONS; le nombre de décès, par catégorie, parmi les vaccinés est de loin la plus élevée que pour les non-vaccinés. Le bilan est donc effrayant. Et ce n'est sans doute que le commencement puisque les effets secondaires graves ne sont pas pris en compte dans cette analyse. 

Une personne vaccinée sur 482 est décédée dans le mois suivant la vaccination contre le Covid-19 en Angleterre selon le gouvernement britannique

Source : https://expose-news.com/2022/08/13/1-in-every-482-dead-1-month-covid-vaccination/

Le gouvernement britannique a révélé qu'une personne sur 482 vaccinées contre le Covid-19 en Angleterre est malheureusement décédée dans le mois suivant la réception d'une dose d'injection de Covid-19.

Pendant des mois, les institutions gouvernementales ont affirmé qu'elles ne détenaient aucune donnée sur les décès par statut vaccinal. Mais ils vous ont menti.

Le 6 juillet, une institution gouvernementale britannique, connue sous le nom d'Office for National Statistics, a publié un ensemble de données sur les décès par statut vaccinal en Angleterre entre le 1er janvier 2021 et le 31 mai 2022, qui peut être trouvé ici , et c’est horrible à lire.

Le tableau 9 de l'ensemble de données contient des chiffres sur « le nombre de périodes entières de tous les décès enregistrés, regroupés selon le nombre de semaines après la vaccination où les décès sont survenus ; pour les décès impliquant le COVID-19 et les décès n'impliquant pas le COVID-19, les décès survenus entre le 1er janvier 2021 et le 31 mai 2022, Angleterre. »

Voici un aperçu de la façon dont l'ONS présente les données :


Comme vous pouvez le voir, l'ONS ne nous facilite toujours pas la tâche en révélant le nombre total de décès, mais avec un peu de patience et des calculs simples, nous pouvons facilement le découvrir nous-mêmes.

Le tableau suivant montre le nombre total de décès dans un délai d'un mois à cinq semaines suivant la vaccination contre le Covid-19 en Angleterre entre le 1er janvier 2021 et le 31 mai 2022 -



Selon l'Office for National Statistics, entre le 1er janvier 2021 et le 31 mars 2022, un total de 9 891 personnes sont décédées avec le Covid-19 dans le mois suivant la vaccination, et un total de 82 255 personnes sont décédées de toute autre cause dans le mois suivant la vaccination.

Cela signifie qu'au total, 92 146 personnes sont décédées dans le mois suivant la vaccination contre le Covid-19 entre janvier 2021 et mai 2022.

Sur la base du nombre de personnes qui ont reçu au moins une dose d'une injection de Covid-19 en Angleterre, cela équivaut à 1 personne vaccinée sur 482 qui a malheureusement perdu la vie dans le mois suivant la vaccination contre le Covid-19.

L'Agence britannique de sécurité sanitaire a publié discrètement un rapport hebdomadaire intitulé " Rapport hebdomadaire national de surveillance de la grippe et du COVID-19" qui contient des montagnes de données monotones. Cependant, cachés au plus profond de ce rapport, se trouvent les chiffres de la vaccination contre le Covid-19 en Angleterre par dose.

Le tableau suivant est tiré de la page 65 du rapport de la semaine 27 et montre la couverture vaccinale en Angleterre par âge –

Nous avons créé le tableau suivant sur la base des chiffres fournis par l'UKHSA ci-dessus, montrant le taux total de vaccination par rapport au total des refus de vaccination en Angleterre par dose –



Selon l'UKHA, 44,48 millions de personnes ont reçu une dose unique, 41,8 millions de personnes ont reçu deux doses et 32,9 millions de personnes ont reçu trois doses au 3 juillet 2022.

Par conséquent, en utilisant des calculs simples, nous constatons qu'une personne vaccinée sur 482 est décédée dans le mois suivant la vaccination contre le Covid-19 en Angleterre.

44 480 115 (personnes vaccinées) / 92 146 (décès) = 482 = 1 décès pour 482 personnes vaccinées

Beaucoup de gens diront probablement qu'il fallait s'y attendre avec autant de personnes vaccinées. Mais ces mêmes personnes ne prendront pas la peine d'étayer leur argument par des preuves. Parce que s'il faut s'y attendre, comment expliquent-ils exactement le fait que les taux de mortalité pour 100 000 sont  plus bas parmi les non vaccinés de chaque groupe d'âge ?

Au cours de chaque mois depuis le début de 2022, les 18 à 39 ans partiellement vaccinés et doublement vaccinés ont été plus susceptibles de mourir que les 18 à 39 ans non vaccinés. Les 18 à 39 ans triplement vaccinés ont cependant eu un taux de mortalité qui s'est aggravé au cours du mois suivant la campagne massive de rappel qui a eu lieu au Royaume-Uni en décembre 2021.

Nous observons également une tendance similaire parmi tous les autres groupes d'âge.

Les graphiques suivants montrent les taux de mortalité mensuels standardisés selon l'âge et par statut vaccinal parmi chaque groupe d'âge pour les décès non-Covid-19 en Angleterre entre janvier et mai 2022, les chiffres peuvent être trouvés dans le tableau 2 du même ensemble de données ONS contenant les décès suite à la vaccination Covid -19  











Les chiffres officiels publiés discrètement par le gouvernement britannique fournissent des preuves irréfutables que les vaccins Covid-19 sont mortels et tuent des milliers de personnes.

Sinon, comment expliquez-vous le fait que les vaccinés sont beaucoup plus susceptibles de mourir que les non vaccinés dans chaque groupe d'âge ?

Il n'est pas étonnant qu'une personne sur 482 vaccinées contre le Covid-19 en Angleterre soit malheureusement décédée dans le mois qui a suivi la réception d'une dose d'injection de Covid-19.

Que faire ?

Quand quelqu'un s'aventure à proposer une théorie, ou analyser la situation actuelle très difficile, la plupart d'entre nous demande aussitôt : qu'est-ce qu'il faut faire ? La première chose est de bien penser. Mais il se trouve que penser est la dernière chose que nous voulons. L'école (éducation nationale) a réussi à enlever la jugeote et a éradiqué la comprenette. BFMTV ne fait que finaliser le processus. 


Depuis le primaire jusqu'à l'université, notre pensée a subi un traitement diabolique : elle est encombrée, déroutée, savonnée, gelée, lancée sur de fausses pistes, réduite au court bouillon du diplôme et finalement laquée à l'extérieur avec tous les caramels de la pédanterie et de l'arrogance. 

Voyez tous ces énarques, les science-potistes qui occupent nos administrations. Écoutez M. Macron déclarer stupidement la guerre à la Russie. Il est l'image parfaite de celui qui est atteint par ces maladies de l'esprit. 

On passe par toutes les formes de déformation de l'esprit. 

Voici une petite liste des travers que nous retrouvons chez ceux qui nous gouvernent : l'utopie, l'imprudence, l'impossibilité, l'insolence, la dureté de cœur, l'isolationnisme, l'effronterie, l'indiscrétion, le ressentiment social, la futilité, l'inopportunité, la faute de vision politique, le touche à tout, l'obscurantisme, le capitalisme, le socialisme, le mondialisme etc.... 

On retrouve aussi ces choses dans le monde ecclésiastique (Rosmini il y a un siècle, mais surtout à Rome actuellement). Si le monde ne pense pas bien, alors le communisme mondialiste 2.0 ou alors une autre recette politique mal pensée s'imposera. Il ne reste alors que la force de l'Esprit Saint et le bon sens paysan pour faire le grand ménage. 

Si les hommes, et plus spécialement les chrétiens, ne se décident pas à passer le balai, c'est l'antéchrist qui le passera à leur place. Alors nous avons à commencer par nous laver nous-même. Pensons bien et prions pour bien penser.

vendredi 19 août 2022

Avis de décès : M. Joël Morin



C’est avec douleur que nous faisons part du rappel à Dieu de Monsieur Joël MORIN. 

Né le 29 septembre 1965 en la fête de l’Archange saint Michel, le Bon Dieu l’a rappelé à Lui le 16 août 2022, suite à long cancer supporté avec résignation. 

Il a enseigné la véritable histoire pendant de longues années au Foyer Saint-Thomas à Avrillé, après avoir pris ses distances avec l'enseignement et la pédagogie de certaines écoles dites traditionnelles. 

Passionné par sa matière, il aura tout fait pour essayer de faire passer l'esprit contre-révolutionnaire aux jeunes gens tant il savait que la révolution savait s'incruster dans les âmes par le biais d'un mauvais enseignement de l'histoire. 

Dans cet esprit d'historien catholique, avec un très grand sens du devoir et de la discrétion, il a collaboré à la revue Le Sel de la Terre en rédigeant de très nombreux articles historiques et apologétiques sous divers noms de plume, en particulier sur la question juive ( Michel Laurigan : La chronologie d'un engrenage - L'Eglise et la synagogue ) ou la question du protestantisme (Michel Defaye : Le protestantisme assassin). Il aidait les pères dominicains d'Avrillé à organiser les Journées Jean Vaquié; il organisait aussi régulièrement des périples en Vendée avec des jeunes gens pour leur faire saisir, sur le terrain, l'ampleur du combat catholique pour la sauvegarde de la cité catholique. Son cœur était aussi très romain puisqu'il se rendait souvent à Rome avec les écoliers. Il aimait à leur faire découvrir les fondements et le rocher de la civilisation chrétienne. 


Très attaché à l'œuvre de sauvegarde sacerdotale entreprise par Mgr Lefebvre, il avait très bien saisi le drame du ralliement de la FSSPX en 2012 et suivait de près l'actualité de la résistance catholique. Nous en parlions à chaque fois que nous nous rencontrions et il s'inquiétait de savoir si ce front de la résistance se renforçait ou s'affaiblissait tant il était attaché à la vraie civilisation. Il est bien possible que cette inquiétude devant la faiblesse de la réaction catholique face aux menées libérales et à l'effondrement de notre civilisation ait pu avoir des conséquences fatales sur sa santé tant il était sensible. 

Mais Dieu saura récompenser ce vaillant catholique pour avoir su mener le bon combat jusqu'au terme de sa vie terrestre. 

Les funérailles de notre cher ami auront lieu au Couvent de la Haye-aux-Bonshommes à Avrillé le lundi 22 août à 10h00, en la fête du Cœur Immaculé de Marie. 



mardi 16 août 2022

Croisade de la Charité



En ce mois d'août, étudions, méditons ce texte du Père Calmel : "Charité surnaturelle et noblesse humaine".  Nous en tirerons une meilleure compréhension de l'équilibre nécessaire pour pratiquer la vraie Charité !

lundi 15 août 2022

Le Rosaire, solution au mondialisme

KE 787 (13 août 2022)

Si les foules priaient à nouveau le Rosaire,
Les hommes sortiraient de leurs pires misères !

Jeune-nation.com/lectures/nouveaute-imposture-trahison-de-macron, présente le nouveau livre de M. Vernochet, auteur qui n’a jamais épargné sa peine depuis de nombreuses années pour dénoncer les misères de notre temps.

1) Trois alinéas présentent le livre en résumant les problèmes politiques et civilisationnels actuels qui y sont développés.

2) Ces Commentaires apportent une solution qui a pour elle l’Autorité Divine : le Rosaire de la Vierge Marie. Ils disent comment et pourquoi cette solution est La solution à des problèmes de cet ordre.

1) Le problème : Par commodité, beaucoup ne veulent pas savoir, ni même s’intéresser à la toile que les mondialistes tissent depuis longtemps. Il faut dire que les règles que ces mondialistes imposent sont subtilement forgées. Les restrictions sont ainsi censées faciliter notre vie ; et l’étouffement des libertés publiques et personnelles doit décharger les nations du fardeau d’avoir encore une âme. Les nations sans âme deviennent des foules de « consommateurs » achetant des choses qui ont un prix mais pas de valeur, et ces foules sont prêtes pour la tyrannie numérique. Pour vaincre les réticences, le mondialisme avance à coup de crises et de peurs manipulées et exploitées : « pandémie », conflit avec la Russie . . . . L’Hydre « globalisée », elle-même secouée de crises et de peurs, se barricade, tourmentée, dans quelques capitales occidentales.

Nos sociétés sont donc au bord de l’effondrement. Il s’agit maintenant de choisir entre le retour à un certain ordre naturel, ou la réinitialisation transhumaniste promise par le Forum Économique Mondial de Klaus Schwab. Le transhumanisme consiste à numériser l’homme, à le rendre compatible avec une machine, ensuite à le fondre avec cette machine, enfin à envoyer la mixture finale dans un grand ordinateur unique. Nos dirigeants sans conscience vont donc nous envoyer à la torture et à la mort, les yeux rivés sur la chimère du « Progrès ».

Des imposteurs comme Macron en France et Trudeau au Canada se sont hissés au pouvoir par le mensonge et la manipulation. Marionnettistes en chef de ce projet super-libéral, messianique et totalitaire, ils prétendent préparer un gouvernement mondial. Ils transforment surtout en antichambre de l’enfer les pays qui les ont portés au pouvoir. Tout ce qu’ils touchent se transforme en trahison des peuples : climat, Ukraine etc.

2) La solution : Tout d’abord, pourquoi la Vierge Marie ? Parce que Dieu existe et qu’Il veut que tous les hommes soient sauvés (2 Tim. 2, 4) ; parce que le Diable existe aussi, qu’il veut que tous les hommes aillent en enfer et qu’il est un adversaire trop fort pour les simples hommes (cf. Eph. 6, 12). C’est le Diable qui est le principal responsable des problèmes du monde moderne tels qu’ils ont été décrits ci-dessus. C’est donc à Dieu seul que revient la solution. Mais comme la nature humaine déchue s’enfonce de plus en plus dans les ténèbres à mesure que le monde finit sa course, Dieu confie de plus en plus le salut du monde à sa douce Mère. Elle est une Médiatrice que les pécheurs repousseront moins facilement même que le Cœur Sacré de son Fils. C’est pourquoi, surtout depuis 1789, date à laquelle la Révolution française a lancé – si l’on peut dire – le monde moderne, la Très Sainte Vierge a été spécialement désignée par Dieu pour intervenir auprès de Lui en faveur de l’humanité. Par exemple, Dieu veut donc que cela soit publiquement manifesté par la diffusion de la dévotion au Cœur Immaculé de Marie.

Pourquoi la Vierge Marie promeut-Elle presque toujours la prière du Saint Rosaire, lorsqu’Elle intervient auprès des hommes ? Parce que c’est une prière simple et humble. Elle occupe nos bouches avec la louange de Jésus et de sa Mère ; nos esprits, avec les Mystères de la vie commune de Jésus et de Marie ; et nos doigts avec le chapelet qui continuera à prier pour nous quand nos esprits s’égareront, et qui rappellera nos esprits à la prière quand ils cesseront de s’égarer. En bref, le Rosaire est adapté par-dessus tout pour aider notre nature humaine déchue à se tourner vers Son divin Fils, vers Dieu, par Son intermédiaire. Dernière vérité importante : Marie ne retient rien pour Elle-même de l’attention ou de l’adoration due à Son Fils ! Dire le contraire serait comme accuser le cou de ne pas envoyer le sang à la tête.

Kyrie eleison

mardi 2 août 2022

Mgr Viganò à propos de la visite papale au Canada

 



Source 

 

Rends compte de ton intendance, car maintenant tu ne peux plus être intendant. (Lc 16, 2)

"Ma femme, quand on lui demande qui l'a convertie au catholicisme, répond toujours : "le diable"". - G.K. Chesterton

Ce n'est pas un hasard si Satan est appelé un διάβολος, avec le double sens de menteur et d'accusateur. Satan ment parce qu'il déteste la Vérité, c'est-à-dire Dieu dans son Essence. Il ment parce que s'il disait la vérité, il révélerait ses propres tromperies. Il ment parce que ce n'est qu'en mentant qu'il peut aussi être l'accusateur de nos frères, "celui qui jour et nuit les accuse devant notre Dieu" (Ap 12,10). Et de même que la Très Sainte Vierge, tabernacle du Verbe incarné, est advocata nostra, de même Satan est notre accusateur et celui qui inspire un faux témoignage contre le juste.

La Révolution - qui est le renversement du kosmos divin pour instaurer le chaos infernal - n'ayant pas d'arguments pour discréditer l'Église du Christ et la société chrétienne qu'elle a inspirée et guidée au cours des siècles, a recours à la calomnie et à la manipulation de la réalité. La Cancel Culture n'est rien d'autre que la tentative de faire le procès de la Civitas Dei pour la condamner sans preuve, en imposant la civitas diaboli comme contrepartie de la prétendue liberté, égalité et fraternité. Pour ce faire, comme cela est évident, elle empêche les masses de connaître la vérité, car sa tromperie est basée sur l'ignorance et la mauvaise foi.

Cette prémisse est nécessaire pour comprendre la gravité du comportement de celui qui usurpe le pouvoir de vicaire découlant de l'autorité suprême de l'Église pour la calomnier et l'accuser devant le monde, dans une parodie grotesque du procès du Christ devant le Sanhédrin et Pilate. À cette occasion également, l'autorité civile écouta les fausses accusations portées contre Notre-Seigneur et, bien que reconnaissant son innocence, le fit flageller et couronner d'épines pour plaire au peuple excité par les grands prêtres et les scribes, puis l'envoya à la mort en le crucifiant avec le plus humiliant des supplices. Les membres du Sanhédrin ont ainsi abusé de leur autorité spirituelle, comme le préfet de Judée a abusé de son autorité civile.

La même farce s'est répétée au cours de l'histoire des milliers et des milliers de fois, car derrière chaque mensonge, derrière chaque accusation infondée contre le Christ et contre son Corps mystique qu'est l'Église, se cache le diable, le menteur, l'accusateur. Et il est évident, au-delà de tout doute raisonnable, que cette action satanique inspire les événements rapportés dans la presse ces derniers jours, depuis le perfide mea culpa de Bergoglio pour les prétendus péchés de l'Église catholique commis au Canada contre les peuples indigènes, jusqu'à sa participation à des rites païens et à des cérémonies infernales d'évocation des morts.

En ce qui concerne les "fautes" des missionnaires jésuites, je pense que Corrispondenza Romana (ICI) a répondu de manière exhaustive, en énumérant la brutalité dont les Martyrs du Canada ont été victimes de la part des Indiens Iroquois. Il en va de même pour les prétendues accusations relatives aux pensionnats indiens que l'État avait confiés à l'Église catholique et aux anglicans afin de civiliser les indigènes et de favoriser l'assimilation de la culture chrétienne du pays. On découvre ainsi que "les Oblats [de Marie Immaculée] ont été les seuls défenseurs de la langue et du mode de vie traditionnels des Indiens du Canada, contrairement au gouvernement et à l'Église anglicane, qui insistaient sur une intégration qui déracinait les autochtones de leurs origines". Nous apprenons également que le prétendu "génocide culturel" des autochtones dont la Commission de vérité et réconciliation a eu à connaître en 2008 s'est ensuite transformé, sans aucun fondement de vérité ou de probabilité, en "génocide physique", grâce à une campagne médiatique absolument fausse qui a été soutenue par le Premier ministre Justin Trudeau, un élève de Klaus Schwab et un partisan notoire du mondialisme et de l'Agenda de Davos...

Mais si la vérité a également été officiellement reconnue par des experts et des historiens non partisans, le culte du mensonge a néanmoins poursuivi son inexorable processus, culminant avec les excuses officielles du chef de l'Église, exigées par Trudeau et immédiatement faites siennes par Bergoglio, qui ne pouvait attendre d'humilier une fois de plus l'institution qu'il représente indignement. Dans leur empressement à se plier au récit officiel et à faire plaisir à leurs maîtres, Trudeau et Bergoglio considèrent comme un détail négligeable l'inexistence totale de preuves concernant les fosses communes fantômes dans lesquelles des centaines d'enfants auraient été secrètement enterrés. Cela devrait suffire à démontrer leur mauvaise foi et la prétention de leurs accusations et mea culpa ; aussi parce que le régime de la presse exige la tête des ennemis du peuple avec des procès sommaires, mais se garde bien de réhabiliter les innocents faussement accusés.

Le but de cette sale opération médiatique n'est que trop évident : discréditer le passé de l'Église catholique comme étant coupable des pires atrocités, afin de légitimer sa persécution actuelle, tant par l'État que par la Hiérarchie elle-même. Parce que cette Église, l'Église catholique "intolérante", "rigide", qui a prêché l'Évangile à tous les peuples et qui a laissé ses missionnaires être martyrisés par des tribus plongées dans la barbarie du paganisme, ne doit plus exister, ne doit pas faire de "prosélytisme" - "un non-sens solennel", "un péché très grave contre l'œcuménisme" - et ne doit pas prétendre avoir une Vérité à enseigner aux nations pour le salut des âmes. Et Bergoglio veut nous faire savoir qu'il n'a rien à voir avec cette Église, tout comme il déteste la doctrine, la morale et la liturgie de cette Église, au point de persécuter impitoyablement les nombreux fidèles qui ne se sont pas encore résignés à le suivre vers l'abîme de l'apostasie et qui voudraient honorer Dieu avec la messe apostolique.

Non pas que l'on ait jamais pensé que Jorge Mario puisse être catholique de quelque manière que ce soit : chaque expression, chaque geste, chaque mouvement qu'il fait trahit une telle impatience pour ce qui rappelle de près ou de loin Notre Seigneur que ses attestations d'irréligiosité et d'impiété sacrilège sont désormais superflues. Le voir assister impassiblement aux rites sataniques d'évocation des morts effectués par un chaman aggrave incroyablement le scandale d'avoir rendu un culte idolâtre à la Pachamama infernale dans la basilique vaticane, la profanant ainsi juste au-dessus de la sépulture du Prince des Apôtres.

Demander pardon pour les inexistants "péchés des missionnaires" est un acte méprisable et sacrilège de soumission au Nouvel Ordre Mondial qui trouve une correspondance parfaite dans les silences complices et les protections scandaleuses dont Bergoglio est responsable envers les véritables victimes d'abus de ses protégés. Nous pouvons l'entendre demander pardon en Chine, en Afrique et parmi les icebergs de l'Antarctique, mais nous ne l'entendrons jamais prononcer un mea culpa pour les abus et les crimes commis en Argentine, pour les horreurs de la mafia lavande de McCarrick et de ses complices, et de ceux qu'il a promus comme ses collaborateurs. Nous ne l'entendrons jamais présenter des excuses crédibles pour s'être prêté au rôle de caution de la campagne de vaccination, un vaccin dont nous savons aujourd'hui qu'il est à l'origine d'un nombre terrifiant de morts subites et d'effets indésirables. Il ne se frappera jamais la poitrine pour ces péchés ; il en est même fier et sait qu'un geste de repentance sincère ne serait pas apprécié par ses principaux partisans, qui ne sont pas moins coupables que lui.

Nous voici donc devant le menteur, l'accusateur. Nous voici devant le persécuteur impitoyable du bon clergé et des fidèles d'hier et d'aujourd'hui, l'allié zélé des ennemis du Christ et de l'Église. L'adversaire acharné de la messe catholique, participant œcuménique aux rites sataniques et aux cérémonies païennes. Un homme divisé dans son âme par son double rôle de chef de la secte qui occupe le Vatican et d'inquisiteur de l'Église catholique. À ses côtés, dans ce spectacle sordide, son enfant de chœur Trudeau, qui propage la doctrine du genre et l'idéologie LGBTQ au nom de l'inclusion et de la liberté, mais qui n'a pas hésité un instant à réprimer dans le sang les révoltes justes et légitimes du peuple canadien, privé de ses droits fondamentaux sous l'excuse de l'urgence pandémique.

Ils forment un beau couple, sans aucun doute ! Tous deux ont été parrainés dans leur carrière par l'élite mondialiste anti-chrétienne. Tous deux ont été placés à la tête d'une institution avec pour mission de la démolir et de disperser ses membres. Tous deux sont des traîtres à leur rôle, à la justice et à la vérité.

Ces procès sommaires peuvent, peut-être, être appréciés par des contemporains de mauvaise foi ou dans l'ignorance, mais ils ne résistent pas au jugement de l'histoire, et encore moins au jugement sans appel de Dieu.

Le jour viendra où il sera appelé à rendre compte de son administration : "Redde rationem villicationis tuæ : jam enim non poteris villicare - Rends compte de ton intendance, car maintenant tu ne peux plus être intendant" (Lc 16, 2), dit le maître de la parabole de l'Évangile d'hier. Jusqu'à ce moment, en tant que membres baptisés et vivants du Corps mystique, prions et faisons pénitence, afin d'éloigner de nous les châtiments que ces scandales font peser sur l'Église et sur le monde. Invoquons l'intercession des martyrs du Canada, qui ont été outragés par l'accusateur assis sur le trône de Pierre, afin qu'ils obtiennent du trône de Dieu la libération de l'Église du fléau actuel.

+ Carlo Maria Viganò, Archevêque

1er août 2022

S. Petri ad Vincula

Ss. Martyrum Machabæorum